Intermed n° 110 - Décembre 2022

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L'édito En bref

Clap de fin pour 2022. L’année entrera dans l’Histoire comme celle où l’Europe a renoué avec la guerre, avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie d'un Poutine aux funestes desseins. Huit journalistes, dont un Français, y ont perdu la vie. Fidèle à sa vocation d’accueil, la Côte d’Azur a accueilli des milliers d’Ukrainiens fuyant la mort et les destructions. Prions pour qu’ils retrouvent au plus vite leur patrie, en vainqueurs.

Après deux années de crise sanitaire, et dans un registre plus réjouissant, Nice a aussi retrouvé sa vocation touristique. La ville est en constante évolution. Ici, l’on détruit un théâtre. Là, on prépare un hôtel de police… Le Club de la presse, lui aussi,

est un « work in progress ». Ses activités ont repris de plus belle, visites de lieux culturels, rencontres avec des médias, comme vous pourrez le lire dans les pages suivantes. Il a pris part aux débats qui agitent la cité, comme nous le faisons encore dans ce 110e numéro d’Intermed à propos de l’attentat du 14 juillet 2016. Mais il nous reste tant de choses à construire. Rendezvous donc en 2023 pour de nouvelles aventures !.

Vincent-Xavier Morvan, président du Club de la presse Méditerranée 06

Captivant, ce film reconstitue de manière extrêmement documentée l’enquête qui a déclenché l’affaire Weinstein, portée par Carey Mulligan et Zoe Kazan. Ces deux journalistes d’investigation du New York Times ont mis en lumière l’un des scandales les plus effarants de leur génération qui est à l’origine du mouvement #Metoo.

Leur investigation a brisé des décennies de silence autour du problème des agressions sexuelles dans le milieu du cinéma hollywoodien. Ce film montre l’importance du journalisme d’investigation et comment il peut révéler au grand jour la vérité.

She Said, réalisé par Maria Schrader .

par Kristian

She said Hommage au journalisme d'investigation L'actu vue

• 2 • Actu : L'Edito • EN BREF
progress L'Édito / En bref / L'actu vue par Kristian ... 2 Livre / Tribune........................................3 Culture : Fernand Léger/Pierre Skira / Mamac ................................................4-6 Dossier : 14 juillet 2016..... 8-10 Documentaire : Joyaux de la tristesse / Le silence des cellules ...................12-15 Focus Partenaire : Orange....16-17 Actu Club : Smart Radio / Musée de la Photo / BFM ......................................18-19 Actu photo........................................20-23
Work in
Sommaire Directeur de la publication - Rédacteur en chef : Vincent-Xavier Morvan / Rédacteur en chef adjoint : Paul Barelli / Secrétaire de rédaction - Infographiste : Marion Guinochet Ont collaboré à ce numéro : Abdel Azdine, Paul Barelli, Stèvelan Chaizy-Gostovitch, Kristian, Nicole Laffont, Alejandro Martinez Gonzalez, Vincent-Xavier Morvan. Edition : Club de la Presse Méditerranée 06 / Maison des associations Nice Nord2 Place Fontaine du Temple 06100 Nice /Tél. : 06 60 45 23 45 / info@clubpresse06.com / www.clubpresse06.com / ISSN : 2107-7002
N°110 - Déc 2022 Coupe du Monde 2022

Max Clanet Du journalisme d’investigation au roman d’espionnage

Journaliste d’investigation opiniâtre, Max Clanet s’est illustré sur des affaires sensibles telles que le crash de la caravelle Ajaccio Nice le 11 septembre 1968 (95 morts).

Au fil de ses enquêtes, il s’est heurté au « secret défense ». Aussi s’est-il reconverti dans l’écriture de polars et de romans d’espionnage.

Livre Tribune

Max Clanet est natif de Carcassonne. Le premier tome issu de sa série Les dossiers secrets de l'Élysée : L'Affaire Kior situe l’intrigue de ce polar publié aux éditions LBS dans l’Aude et l’Ariège. Cette série composée de quatre romans est sur le point de bénéficier d'une adaptation audiovisuelle .

Les dossiers de l’Élysée : L’Affaire Kior de Max Clanet, disponible en librairie et sur internet. Tarif : 15 €.

Attention, confusion

Tous les codes esthétiques d'un site d'information. Un article de une, des brèves, le mot "info", la météo. Lorsque l'on arrive sur le site info.nice.fr et que l'on ne se rend pas en bas de page, difficile de comprendre pour le lecteur la différence entre ce site internet et celui des médias qui vérifient les informations et offrent aux lecteurs, auditeurs et téléspectateurs le contradictoire indispensable pour se forger une opinion.

En effet, il faut se rendre en bas du site internet et cliquer sur les mentions légales pour se rendre compte que le directeur de publication est la direction

des relations publiques et que la propriété du site appartient à la ville de Nice.

Le site a même son slogan : "votre actualité en continu" et reprend les codes des sites d'informations locaux.

Les ressemblances sont troublantes. Les lecteurs de nos médias doivent désormais redoubler de vigilance lorsqu'ils se rendent sur un site internet d'informations.

Est-il tenu par une collectivité ?

Les articles sont-ils écrits par des journalistes ?

Des questions qu'il faut se poser .

Stèvelan Chaizy-Gostovitch

La réponse de la mairie : La ville de Nice précise que son fil info « Info Nice » « n’est pas un média », c'est « un prolongement » de son Internet et de son magazine, « comme le font toutes les grandes villes depuis un moment déjà ». Elle indique n’y publier « que des informations municipales et en lien avec elles ». Elle ajoute qu’une nouvelle charte graphique est en cours « qui permettra d’identifier qu’il s’agit bien de la ville de Nice ». Le nom devrait également changer.

Livre • 3 •

Paysage nouveau au musée Fernand Léger de Biot

« La figure humaine, le corps humain n’est pas plus important dans l’intérêt plastique qu’un arbre, une plante, un fragment de rocher, un cordage. Il s’agit de composer un tableau avec ces objets en ayant soin de choisir ceux qui peuvent réaliser une composition ». Fernand Léger savait donner vie à une forêt entière avec simplement quelques lignes par la magie d’un assemblage soigné et profondément réfléchi.

C’est cet aspect de son œuvre qu’un nouvel accrochage au Musée National qui lui est dédié, à Biot, permet de découvrir cet automne. Une présentation inédite de tableaux, dessins, céramiques et tapisseries centrés sur le paysage. L’occasion de découvrir notamment des pièces

récentes acquises par le musée. Les paysages de Fernand Léger affirment une singularité qui est en quelque sorte sa signature. Volontiers ponctués de signaux urbains ou industriels ils s’inscrivent dans une quête de modernité propre au début du 20e siècle. En juxtaposant objets manufacturés, voire mécaniques et éléments naturels Fernand Léger a révolutionné les représentations classiques . Lui qui affirmait que « la rue peut être considérée comme un des Beaux-Arts » s’est profondément imprégné de l’atmosphère des villes, de la frénésie qui s’en empare, du travail quotidien de leurs habitants pour réaliser des tableaux inclassables, offrant une vision nouvelle du monde qui nous entoure. Oscillant entre son attachement pro-

fond à la campagne française et sa fascination pour le développement urbain, en particulier aux Etats-Unis, Fernand Léger poursuivit ses recherches picturales, aboutissant à un genre nouveau ouvrant des horizons insoupçonnés. Ce sont ces paysages inédits que le musée de Biot met à l’honneur cette fois. Après le cinéma (auquel une précédente exposition était consacrée) place à la nature habillée des lignes géométriques et des couleurs franches de l’artiste .

Nicole Laffont Fernand Léger et le paysage. Musée national Fernand Léger 255, chemin du Val de Pôme. Biot Tél: +33 (0)4 93 53 87 20 Jusqu’au 27 février 2023

Culture
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Les façons d’être du pastel avec

au musée

Le pastel ne triche pas, ne fait pas de cadeau. Il exige un œil aiguisé et une main fébrile. Il voisine avec le doute. Et c’est sans doute pour cette raison que

ne sert pas à grand-chose, si n’est peut-être à poser des questions. Et la grande question pour moi aujourd’hui est celle de la forme ». Même s’il se si-

que tout est dit.

Pour la première fois ses pastels et une ensemble de gravures sont réunis dans la grande salle du musée Picasso, à Antibes. « Ils nous communiquent une émotion forte et intime. A qui sait les voir, à qui accepte le besoin d’être émerveillé, ils font un signe d’avenir réconfortant » écrit JeanLouis Andral, directeur du Musée.

A l’adolescence Pierre Skira avait visité la grotte de Lascaux (alors ouverte au public) et avait reçu un coup au cœur en découvrant l’art préhistorique ornant les parois. Ces images gravées dans sa mémoire l’ont sans coute conduit à rechercher une sorte d’essentiel, jouant sur l’intensité et sur la densité de la peinture afin de faire ressortir la forme enfin achevée. Une forme qui, même si elle n’est pas figurative, laisse imaginer bien des paysages.

Une façon d’être artiste qui peut revendiquer les mots de Picasso qui disait: « La peinture est plus forte que moi : elle me fait faire ce qu’elle veut. ».

le peintre Pierre Skira l’a choisi dans les années 80 et ne l’a plus quitté. « Le doute est l’humain. La peinture

tue dans la mouvante abstraite Pierre Skira traque les contours et ne quitte l’œuvre que lorsqu’il a le sentiment

Culture
Musée Picasso. Château Grimaldi. Place Mariejol. Antibes. tel (+33) 4 929 054 20 Jusqu’au 8 janvier 2023
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Pierre Skira
Picasso d’Antibes

« Devenir fleur » au MAMAC Culture

Point d’orgue d’une biennale consacrée aux reines du végétal sous l’intitulé « Fleurs ! », manifestation qui a illuminé cet été les différents musées de la ville, le MAMAC (Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain ) de Nice nous propose cet automne de « Devenir fleur ». Une invite en quelque sorte à se penser comme un part du tout, comme une parcelle de l’environnement , comme des êtres dépendant avant tout de la nature. Indispensable en ces temps où la prise de conscience écologique fait tâche d’huile au sein de toutes les générations. C’était d’ailleurs l’esprit de cette manifestation estivale qui a investi l’été dernier la plupart des musées niçois.

Fleurs ! Un mot pour réveiller les traditions et le patrimoine historique d’une ville bordée par la mer et surnommée, depuis le siècle passé, la vallée aux fleurs. Du mimosa à l’œillet, des roses antibioses aux violettes de Tour-

rette-sur-Loup en passant par le jasmin grassois… Les fleurs sont partout. Elles embaument les rivages azuréens. et l’arrière-pays.

Aussi Nice, la capitale azuréenne, s’est mise en scène l’été dernier avec onze

expositions qui ont exploré, chacune à sa façon, le caractère floral du paysage niçois. Remarquable l’exposition du musée Matisse qui a initié un dialogue entre David Hockney et le Maître qui avait élu domicile à Cimiez, émouvante la présentation du musée Masséna qui a exploré les affinités de la cité avec les fleurs, bouquets de tous les âges avec « Fleurs d’artifice » au musée des BeauxArts Jules Chéret qui a exposé une centaine d’œuvres du 14e au 20e siècle… La biennale a fleuri un peu partout cet été et se termine à présent au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain.. Cet automne, une quarantaine d’artistes venant de vingt pays différents se sont donné rendez-vous au MAMAC, aux prises avec cette thématique qui sonne comme une injonction. « Devenir fleur » C’est peut-être apprendre à s’adapter

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aux changements climatiques, à pratiquer une espèce de sobriété en tentant de sauver l’essentiel, à savoir la planète sur laquelle vous vivons, l’air que nous respirons.

Les fleurs sont partie prenante car d’elles dépendent la nourriture des humains, des abeilles, des insectes. Parfois prisées simplement pour leur élégance et leur esthétique, elles jouent en fait un rôle fondamental dans la préservation de l’équilibre environnemental. C’est donc sur ce thème qu’ont réfléchi les plasticiens nous offrant des visions

minimalistes ou des installations marquantes, des pastels ou des compositions éclatantes, des photos, des peintures, des dessins. Chacun son style, chacun sa pensée. Mais, au bout du compte, une palette d’expressions singulières riche en émotions et en découvertes. Avec plusieurs œuvres créées in situ, les artistes investissant les larges espaces du musée spécialement pour l’occasion. « « Devenir fleur » fait état des formes d’écoute que les artistes, depuis les années 1960, entretiennent avec le végétal. Ainsi, est semé un nou-

veau langage.

Et, l’agapanthe, la pivoine, le lin et le jasmin, le pissenlit, le rosier de Damas, la fleur de paon et de banane, égrènent un élan de résistance, de solidarité et de communion : un devenir fleur ». Une invite à aller cueillir avec enthousiasme toutes ces fleurs artistiques.

« Devenir fleur ». MAMAC. Place Yves Klein, Nice.

Tel (+33) 4 97 13 42 01. Jusqu’au 30 avril 2023

Un essai de Thierry Wolton : Les nouvelles routes de notre servitude

Le CPM06 s’est toujours efforcé d’ouvrir le débat sur la révolution numérique et son impact sur les médias. Notre attention s’est portée sur un essai, « Les nouvelles routes de notre servitude; Aliénation. Normalisation. Soumission » de Thierry Wolton (Grasset). Essayiste, historien, journaliste, il est l’auteur d’une monumentale « Histoire Mondiale du communisme» en trois volumes.

Chercheur intransigeant, il dresse un constat sévère qui devrait susciter une réflexion dans les rédactions.

Internet, les réseaux sociaux et la multitude d’applications disponibles ont radicalement bouleversé notre rapport au réel. Internet alimente les fractures sociales tout en promouvant un conformisme normalisateur.

Cependant, l’auteur ne se livre pas à un procès du numérique. Et s’il ironise sur le fait qu’il ne possède pas de téléphone mobile, il avoue qu’Internet lui est devenu indispensable, un outil « dont je suis admiratif et auquel je suis

redevable ». Wolton démolit plusieurs mythes. En particulier celui de l’Internet libre et gratuit. Libre, la toile ne l’est pas puisqu’il faut montrer patte blanche pour accéder à n’importe quel site : identifiant,

sons sur notre passage valent de l’or par l’exploitation qui en est faite. » Dans le processus d’aliénation de l’internaute l’algorithme joue un rôle clef. Après avoir établi un profil sur une plate-forme nous l’alimentons avec nos données. Dans le cas de l’information au sens large l’algorithme de recommandation enferme l’internaute dans un monde clos.

De l’aliénation à la normalisation il n’y a qu’un pas. Les nouvelles technologies imposent à nos vies la multiplication des contrôles. « N’avons-nous le choix qu’entre l’assujettissement du consommateur aux Big Tech ou celui du citoyen aux Etats supposés en réguler les effets ? », s’interroge Thierry Wolton, qui redoute que la société de contrôle à la chinoise soit notre horizon.

CPM06

mot de passe… « Gratuite, elle l’est en trompe l’œil, souligne-t-il, car à défaut de péages, les données que nous lais-

Thierry Wolton "Les nouvelles routes de ntre servitude" 216 pages, 19,50 euros.

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Attentat du 14 juillet 2016 : faut-il un procès sur le dispositif de sécurité ?

Après le verdict qui vient de condamner lourdement huit personnes ayant apporté leur concours à l’auteur de l’attentat de Nice sur la promenade des Anglais il y a six ans, la plupart des victimes réclament maintenant un deuxième procès, cette fois sur les failles éventuelles du dispositif de sécurité mis en place ce soir-là. Le Club ouvre le débat.

"Le Club de la presse Méditerranée 06 se fixe, parmi ses missions, de disséquer l’actualité et son traitement par les journalistes. Nous avons toujours ouvert le débat sur l’exercice de notre profession. Il est amené aussi à s’interroger sur ce qui fait débat au sein de notre société. Le Club est au coeur de la cité. Dans cette optique, le CPM 06 est le premier club en France qui a organisé, avec l’Université de Nice, trois colloques sur le terrorisme islamiste l’année précédant les attentats de Charlie et les attaques dans Paris en 2015. Nice, l’année suivante, était à son tour frappée. Le 14 juillet 2016, le camion bélier de Mohamed Lahouaiej Bouhlel a tué 86 personnes (dont quinze enfants et adolescents) et en a blessé des dizaines d’autres en dévastant 1 850 mètres de Promenade des Anglais en 4 minutes et 17 secondes.

De cette nuit d’horreur, de nombreux journalistes conservent des images ineffaçables. Avec le recul, quelle est aujourd’hui leur lecture des causes de cette tragédie ? Certes, le procès des

comparses du conducteur du camion bélier ne portait pas sur les conditions de sécurité. Cependant, de nombreuses victimes, parmi les centaines de parties civiles constituées, réclament aujourd’hui un deuxième procès sur le dispositif de sécurité lui-même. Quelles questions cela pose-t-il ? De nombreux éléments évoqués lors du procès mettent à jour des failles. Une information judiciaire est ouverte depuis 2017 sur le dispositif de sécurité mis en place. L’enquête « est entre les mains de deux magistrats instructeurs », a précisé à 20 Minutes le procureur de la République Xavier Bonhomme. Mais « la volonté du parquet de Nice est d’aller au bout des investigations », a-t-il ajouté, précisant que l’objet de ce dossier est l’infraction de « mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée des obligations de sécurité ». Le maire de Nice Christian Estrosi et l’État se sont rejetés la responsabilité. À quelle autorité imputer un éventuel relâchement de la vigilance ? Municipalité, préfecture ? Cette problématique est au cœur du dossier sur

la sécurité. Le 20 octobre, à Paris, le président de la cour d’assises spéciale antiterroriste Laurent Raviot a questionné longuement Christian Estrosi, adjoint à la sécurité au moment des faits. « Ne pensez-vous pas, rétrospectivement, qu’il a pu manquer quelque chose dans la vigilance des pouvoirs publics, nationaux ou municipaux, quant à l’organisation du dispositif de sécurité ?» « N’y a-t-il pas eu une forme de relâchement après l’Euro 2016, qui s’était achevé quatre jours plus tôt ? », a-t-il questionné. Christian Estrosi a rétorqué : « A posteriori, on peut toujours se demander pourquoi on n’avait pas imaginé ce qui était alors impensable ». L’actuel maire de Nice a mis en cause le préfet Adolphe Colrat. « Je ne suis que le modeste élu d’une collectivité qui doit se ranger aux choix de l’État en matière de sécurité sur les grands événements », a souligné Christian Estrosi. Lequel a par ailleurs précisé que les effectifs de la police municipale avaient participé à nombreux exercices pour s’entraîner à différentes hypothèses : « Il n’avait jamais été demandé à la Ville de mettre

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en place des glissières béton », a déclaré l’actuel maire de Nice. Comment expliquer aussi que le camion n’ait pas été repéré ? Le chauffeur a effectué quinze repérages en quatre jours, neuf en camion, six à vélo, parcourant 180 km. « Toutes ces manœuvres au volant du camion de 19 tonnes dans une zone réservée aux 1,3 tonne auraient dû attirer l’attention de la police municipale », a soutenu Me

Samia Maktouf, avocate qui défendait plusieurs victimes au procès de Paris. Le verdict de ce dernier n’a pas effacé la douleur des proches des victimes. Les huit accusés ont été condamnés à des peines de deux à dix-huit années de prison. Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud, tous deux condamnés à dix-huit ans de prison, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste. Ramzi Arefa, qui écope de

douze ans de prison, a été reconnu coupable d'association de malfaiteurs. Désormais, il apparait urgent que les deux magistrats en charge de l’enquête depuis 2017 sur le dispositif de sécurité se prononcent. Ils le doivent aux victimes.

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Ma nuit du 14 juillet 2016

À mon domicile, vers 22h15, à 1 km de la Promenade, j’ai perçu de multiples sirènes de véhicules de secours. J’ai songé à un important accident de circulation ! Je me suis interrogé : « Ou alors est-ce un attentat ? Non, pas à Nice ! »

Ce déni de réalité a volé en éclats lorsque j’ai été alerté, quelques minutes après, qu’un camion bélier avait ravagé la Promenade. J’ai entendu des hurlements de panique. Des voisins venaient d’échapper au camion zigzaguant, telle une moissonneusebatteuse, happant le maximum de

Est-ce une raison ?

On a beau chercher, on peine à trouver un exemple d’attentat terroriste commis de par le monde dans les dernières années qui ait donné lieu à un procès mettant en cause non pas les auteurs, chose courante, mais ceux censés les prévenir. Ne parlons pas de l’attaque sur les tours jumelles de New York, de celle du RER, des trains espagnols ou belges, des terrasses de café parisiennes ou des salles de spectacles de Manchester et ailleurs ou encore des boîtes gay américaines… Sauf à vivre dans un cocon, on voit mal comment éviter qu’un individu déterminé à commettre un crime ne passe à l’action et, par voie de conséquence, à qui imputer une quelconque responsabilité. Mais même pour les manifestations organisées par des autorités précises, match au Stade de France, marathon de Boston ou marché de Noël à Berlin, la question n’a pas été posée, ou en tout cas n’a pas donné lieu à un aussi vif débat qu’à Nice. Comment se faitil alors que l’attentat de la Prom’ fasse exception, et que dès les premières

victimes. Ces rescapés avaient été poussés par des passants sur la plage ! Leur survie tenait à quelques secondes.

Un deuxième groupe de terroristes était-il sur le point de surgir ? Les rumeurs les plus folles ont torturé les esprits durant cette nterminable nuit. Rue du Congrès, des policiers du Raid bloquaient l’accès à la Promenade. Après de nombreuses images indicibles - les draps recouvrant la centaine de corps allongés face la mer, les cris des blessés -, j’ai croisé le regard de Christian Estrosi. Au centre de se-

cours au Centre Universitaire Méditerranéen. Contenant son émotion, il m’a fait un signe bienveillant.

Ce n’était pas l’adjoint à la sécurité mais un Niçois qui s’efforçait de conjurer sa vision des enfants blessés à l’hôpital Lenval d’où il venait. Son regard portait toute la douleur de la cité.

heures après sa commission, la polémique soit née au point de déchirer les co-organisateurs de la Prom’ Party du 14 juillet 2016, l’État et la Ville, les autorités préfectorales et les élus en charge de la sécurité ? Est-ce une raison pour ne pas s’interroger sur les éventuels manquements qui auraient pu être commis ce soir-là par l’un ou l’autre, ou les deux, de ces organisateurs ? La lucidité commande par ailleurs de ne pas se tromper de coupable. Qui est responsable de l’attaque de Nice, si ce n’est l’auteur principal, abattu ce soirlà, et ses connaissances qui viennent d’être jugées par une cour d’assises spéciale à Paris ? À vouloir à tout prix trouver un responsable, on en viendrait presque à exonérer de leurs responsabilités le coupable principal et ceux qui ont apporté leur concours à son oeuvre funeste. Est-ce une raison pour ne pas envisager, aussi, de voir si de simples mesures de bon sens auraient pu, à tout le moins, freiner les ardeurs même du plus résolu des assassins ? Jean-Michel Prêtre, procureur de la

République de Nice au moment des faits et dans les mois qui ont suivi, avait justifié le classement de l’affaire de la sécurisation de la Prom’ en faisant remarquer que, ce soir-là, dans toute la France, se tenaient des feux d’artifice pas davantage plus sécurisés que celui de Nice. Pourquoi, dès lors, reprocher quelque chose aux organisateurs de Nice et pas à ceux de Strasbourg, Brest ou Arcachon ? À Cannes, par exemple, la Croisette était-elle barrée ce soir-là à la circulation par des plots en béton ? Et ailleurs en France, quelles mesures de cet ordre avaient été prises ? Est-ce une raison pour ne pas se demander si ce qui avait manifestement été fait pour l’Euro de football quelques jours avant à Nice sur le parcours menant les spectateurs au stade de l’Allianz Riviera avec des protections en béton, n’aurait pas pu être envisagé pour sauvegarder les 30 000 spectateurs du feu d’artifice de la promenade des Anglais ?.

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Vincent-Xavier Morvan

Documentaire

« Joyaux de la tristesse »

La détresse des mères

célibataires au Maroc

Journaliste, réalisateur, mais aussi chercheur en sociologie, Mohamed Nabil nous fait découvrir les coulisses des films documentaires « Joyaux de la tristesse » et « Le silence des cellules », œuvres d’une coproduction maroco-allemande qui mettent en lumière une réalité dont on parle peu : les mères célibataires et les femmes en prison au Maroc.

Un témoignage saisissant

Dans le film « Joyaux de la tristesse », le réalisateur aborde la problématique des mères célibataires se retrouvant à l'écart de la société de manière discriminatoire et arbitraire par la famille, la société et l'État. Mohamed Nabil donne la parole à ces mères, mais aussi aux représentants du culte, d'organisations humanitaires, de défenseurs des droits humains et de l'État marocain. Ceuxci développent leur vision des choses et éclairent la complexité de ce phénomène. Le film de M. Nabil est un témoignage saisissant qui nous donne l'occasion de réfléchir et de poser des questions. Une référence esthétique et artistique signée par une équipe allemande et marocaine. Le chant, la poésie, la musique, mais aussi le langage de l'image qui les accompagne reste

expressif pour tous les amoureux du septième art.

La sensibilité du sujet

Mohamed Nabil réside à Berlin et ne cesse d’écrire et de braquer ses caméras sur les sujets « tabous » concernant la gent féminine. C’est une question qui le préoccupe depuis son cursus universitaire en philosophie et en sciences sociales où il consacre son mémoire à « La sexualité dans la société marocaine ». Plus tard, le journalisme le mène à écrire des nouvelles traitant de thématiques sur les femmes. « La question féminine reste primordiale pour moi. Je trouve que la femme marocaine est marginalisée dans sa propre société. Je suis plus créatif en travaillant sur un sujet féminin. J’ai des marges beaucoup plus vastes et libres. Même en ce qui concerne le montage,

la construction de l’image demeure plus passionnante », explique-t-il.

Pour le réalisateur, le traitement de ce genre de sujets peut aider à mettre de la lumière sur l’avenir de la société marocaine qui reste interminablement patriarcale. « La question des femmes me donne du souffle pour avancer et faire des films, chacun est le début d’un autre film original », témoigne-t-il. Les « Joyaux de la tristesse » aborde la problématique des mères célibataires. Un film dont le tournage n’a certainement pas été des plus simples, vu la sensibilité du sujet dans un pays patriarcal. La première complication du réalisateur aura été dans la recherche de femmes pour témoigner devant la caméra. « J’ai eu énormément de difficultés dans ma recherche de témoignages. Mon travail de journaliste m’a beaucoup aidé à ob-

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tenir les contacts pour faire un casting réussi. Le sujet reste très sensible et la majorité des femmes ne veulent pas se dévoiler devant la caméra pour raconter leurs histoires intimes. Une mère célibataire est déjà une personne rejetée, mal vue et liée à ce qu’on appelle au Maroc "Hchouma". J’ai pu heureusement dépasser toutes ces difficultés pour faire un film plus expressif et créatif », remarque Mohamed Nabil.

L’art restera toujours un moyen de dénoncer

des choses et remédier à d’autres

C’est toute une aventure que le réalisateur a vécue avec des témoignages frappants, dévoilant la souffrance et le rejet que vivent les mères célibataires de « Joyaux de la tristesse ». Ce phénomène ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des années, de plus en plus de femmes au Maroc donnent naissance à des enfants hors mariage. Le documentaire de M. Nabil livre leur quotidien de mères ostracisées par la famille, la

société et l’État subissant les pires des discriminations. Outre ces déclarations poignantes, plusieurs experts et intervenants appartenant aux ONG marocaines, aux associations des droits de l’Homme et au gouvernement marocain donnent leur point de vue sur ce problème épineux, témoignant de la complexité de ce phénomène dans toutes ses dimensions.

« Ce genre de sujet permet de constater à quel point les sociétés arrivent à vivre la contradiction entre le fait que la femme représente la moitié de la société et celui de sa marginalisation. Je souhaite que ce film puisse ouvrir un débat social au Maroc, mais aussi à l’extérieur du pays, sur la situation de la femme marocaine en général et sur celle de la mère célibataire en particulier. Car l’art restera toujours un moyen de dénoncer des choses et remédier à d’autres », témoigne Mohamed Nabil.

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« Le Silence des cellules » Entre

rêve et liberté, l’univers carcéral des femmes marocaines

Ce film de Mohamed Nabil a pour titre « Le Silence des cellules ». Cependant, ce silence n'est pas le seul outil d'expression cinématographique que le réalisateur a adopté. En effet, il les fait parler d’un langage concret, leur permettant ainsi de se répandre derrière les murs. Des murs qui révèlent les traits de l'autre face cachée de la société des femmes marocaines, ouvrant une fenêtre spacieuse, malgré les barreaux, entre le rêve de liberté et la règle intérieure de retenue, une fenêtre par laquelle le spectateur surplombe un espace couvert de terrible silence.

"La femme perdue dans le cycle de la domination masculine

Le « Silence des cellules » est le deuxième volet du film documentaire « Jawaher Al-Hazn » de Mohamed Nabil, dans lequel il transcrit l'enfermement et renvoie au sort de la vie des femmes perdues dans le cycle de la domination masculine, au sein de la strate inférieure de l'échelle sociale marocaine. On y trouve l'intérêt de M. Nabil pour la vie féminine dans ses écrits littéraires et médiatiques, et plus clairement dans sa trilogie cinématographique documentaire, à commencer par « Women's Dreams », qui relate la vie de

trois femmes berlinoises, appartenant à des couches sociales et des fonctions sociales différentes, interrogeant leur regard sur soi à travers des changements, dans son rapport aux transformations de la société allemande.

Un prisonnier d’approbation administrative

« Je désirais faire un film sur les femmes dans les prisons marocaines. J'ai attendu deux ans avant d'avoir l'autorisation de tourner pendant seulement six jours. Mais lorsque je suis arrivé en prison, j'avais l'impression d'être dans un film », raconte M. Nabil. Le défi que le réalisateur a traversé pour ce film a été

de longue haleine. Frappant aux portes bureaucratiques, jusqu’à devenir un prisonnier d’approbation administrative en attente de l’accord du permis par l’administration. À l'intérieur des cellules, des fantômes et des voix de cadavres sans visages, le discours effrayant des geôliers. Ils regardent, ils ouvrent, ils ferment les portes et les serrures. Quant aux prévenues, elles parlent d'auto-souffrance, ou de culpabilité, et implorent le pardon, dont le seul espoir est le roi. Elles parlent d’écriture comme d'un refuge pour briser l'isolement, relisent en arabe et en français ce qu'ils ont écrit sur la souffrance de soi et le désir de liberté, de vie de famille.

Documentaire
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Ces conversations, malgré leur drame, révèlent la peur, de sorte que leur discussion ne concerne que leur propre sphère, reflétant une satisfaction artificielle de ce qui se passe à l'intérieur des murs de la prison, sans franchir les lignes qui ont été tracées avant d'entrer dans l’arène de l'interview cinématographique. Une autre position dans laquelle des voix fortes s'expriment, représentées par d'autres à l'extérieur de la prison, évaluent dans le film l'expérience de l'enfer qu’elles ont vécue à l'intérieur des prisons (réformées) marocaines. Dans son film, le réalisateur ne se limite pas à donner la parole à des détenues, mais aussi à une surveillante. Elle retrace son expérience et son ressenti en prison et celle de ses anciens et nouveaux collègues, à l'intérieur de la prison.

La résistance des femmes

Le film apporte une sorte de paradoxe dans le regard extérieur et intérieur de la prison, entre le regard de femmes ordinaires d'une petite frange de la société. Les femmes aux exigences simples travaillent et vivent comme les autres femmes. Et les femmes au centre de l'autorité et de la prise de décision comme la gynécologue, la directrice de

la prison et ses assistantes, qui donnent l'impression que leurs relations avec les détenus sont basées sur la compréhension, l'harmonie et l'écoute de l'autre, et que les problèmes auxquels les détenues peuvent être confrontées dans cet espace sont comme tous les problèmes de la vie générale des femmes en dehors de la prison.

L'écrivaine marocaine et militante des droits de l'homme Fatna El-Bouih parle de l'endurance et de la résistance des femmes à l'intérieur et à l'extérieur de la prison et des transformations négatives qu'a connues l'institution carcérale marocaine, à travers son expérience en tant que prisonnière politique pendant cinq ans dans les années de plombles années soixante-dix -. Dans son livre « Atma's Talk », F. El-Bouih appelle également à la création de conditions sanitaires et humaines pour les femmes dans les prisons, déclarant : « Les femmes donnent la vie, et quand vous mettez une femme dans la cellule, vous emprisonnez la vie. La prison c'est la solitude, la prison c'est la folie pour une femme quand tu la mets dans ce champ elle lui ajoute une nouvelle corde. Ce sont toutes pour moi des formes d'arrestation féminine ». Un vrai débat dans la société marocaine s’impose : les rela-

tions sexuelles hors mariage, même si elles constituent un délit, sont une réalité. Elles peuvent conduire à des naissances non désirées. C’est une autre réalité... Comment agir en amont et en aval pour éviter aux enfants un statut « d’enfant illégitime » ? Pénaliser leurs mères juridiquement et socialement n’est certainement pas la solution ! Le film « Le silence des cellules » n'aborde pas la méthode de reproduction ou d'aliénation de la réalité, pour autant il œuvre à créer un espace chargé de questions difficiles et prudentes sur un domaine qui a été tenu secret, caché dans la vie des marocains.

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Partenaires 2022

Orange :

Responsable de la communication du groupe Orange pour la zone AlpesMaritimes, Var et Bouches-du-Rhône, Valérie Perotti revient sur les activités et les actualités de son entreprise dans la région et précise les contours de sa mission.

Entretien avec Valérie Perotti Propos recueillis par Vincent-Xavier Morvan

Vincent-Xavier Morvan : Comment le groupe Orange s’organise-t-il dans la région ?

Valérie Perotti : Sur la zone qui me concerne nous sommes très précisément 4 881 personnes. Nous sommes très ancrés sur ce territoire et globalement c’est une volonté du groupe d’être au plus proche des clients. Je fais partie de la direction Grand Sud-Est d’Orange, qui recouvre les régions Paca, Corse et Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est basée à Lyon et Marseille. Le fait d’avoir une telle entité, avec une autonomie financière et d’action, est justement ce qui nous permet de travailler l’ancrage sur le territoire avec des équipes de proximité. Nous avons énormément

d’autonomie pour un grand groupe coté en Bourse. Beaucoup de décisions sont prises localement, même si les actions sont menées en lien avec la stratégie nationale du groupe.

V-X M : Et dans les Alpes-Maritimes ? V P : Nous sommes 1 564 personnes, avec une particularité, près de 600 d’entre elles sont basées à SophiaAntipolis.

V-X M : Quelles sont vos activités ? V P : Le coeur de nos activités, c’est le déploiement des réseaux, le fixe, avec la fibre, et le mobile, avec la 4G et maintenant la 5G. Sur le territoire qui me concerne, 112 communes, dont 39 dans les Alpes-Maritimes, sont d’ores et déjà éligibles à la fibre. C’est Nice, Cannes, Antibes mais aussi La Gaude, Falicon, Biot… La 5G est une solution pour désengorger la 4G et cela va permettre de déployer des services à partir de 2023-2024. Elle est aussi trois fois moins énergivore que la 4G et à terme elle le

• 16 • FOCuS PARTENAIRE
« Le coeur de nos activités, c’est le déploiement des réseaux »
PARTENAIRE

sera dix fois moins.

V-X M : Quelles activités avez-vous à Sophia-Antipolis ?

V P : Nous développons à Sophia le portail national orange.fr. Notre entité Orange Innovation travaille de son côté sur l’intelligence artificielle. La Live Box Pro a ainsi été développée ici, à Sophia, comme la télécommande de la télé d’Orange. Nous avons aussi Orange Business Services, une entité internationale spécifique qui travaille pour des clients qui ont besoin de réseaux internationaux. Dans le reste de la région nous avons aussi des activités spécifiques à La Seyne-surMer et à Marseille pour les câbles sousmarins et une entité dédiée à la cybersécurité, également à Marseille, Orange Cyber Défense. Elle met à disposition des entreprises, les grandes comme les PME ou les TPE qui sont elles aussi très concernées, son expertise en la matière. On embauche beaucoup, notamment des hackers éthiques qui testent la fiabilité des installations.

V-X M : Quel est le rôle de la communication ?

V P : Nous sommes une douzaine de personnes réparties entre Marseille et Lyon. J’ai moi-même un poste d’expertise. Notre rôle, c’est de travailler l’image du groupe sur nos territoires, de gérer les partenariats locaux et d’exploiter les partenariats nationaux, et de répondre aux médias et gérer les relations avec eux. En revanche, toute la partie publicité est gérée par le national. En pratique, nous travaillons par pôles d’expertise et je fais appel par exemple à l’équipe Orange Events au niveau de la direction régionale

pour tous les événements qui concernent ma zone, par exemple pour le festival Jazz à Juan ou encore le Tour de France 2024.

V-X M : Quels sont les sujets qui vous occupent le plus aujourd’hui ?

V P : Le déploiement des réseaux. La fibre, notamment, est très attendue. Dans les Alpes-Maritimes, 80 % des foyers et des locaux commerciaux sont éligibles à la

fibre. Il y a aussi la cybersécurité, et toutes les questions de RSE.

V-X M : Et les boutiques Orange ?

V P : Régulièrement, on en ouvre et on en ferme pour s’adapter à l’évolution de la clientèle locale. Nous n’avons aucune stratégie de fermeture. Ces boutiques évoluent, notamment dans l’accompagnement des clients .

• 17 • FOCuS PARTENAIRE

Actu Club

Pot du mois chez Smart Radio

On ne présente plus Smart Radio, cette agence de contenu de presse radiophonique fondée pendant le confinement par notre camarade Jacques Thérence (lire Intermed n°108). Dédiée au monde de la radio et présente également sur le web avec le site Écoutez l’info, elle emploie deux ans après sa création une dizaine de journalistes qui fournissent en flashs d’informations de nombreuses stations de France et de Navarre.

Cette équipe dynamique a accueilli le 23 septembre dans ses locaux de la rue de Paris, en plein centre de Nice, les membres du Club avides de découvrir cette pépite du paysage audiovisuel local.

Merci encore à eux et à bientôt !.

« Je veux connaître la nature dans ses plus fortes expressions… Je viens en admirateur, en contemplatif. Je suis venu goûter au sentiment profond, serein, d’une infinie liberté. » Ce sentiment de liberté est contagieux et la fascination à l’œuvre devant les images de Vincent Munier. Le Club de la Presse en a fait l’expérience lors d’une visite orchestrée et savamment commentée par Stéphane Tallon, Directeur du

Musée de la Photographie Charles Nègre.

Nous sommes entrés avec délice dans l’univers immaculé de cet explorateur qui , aux antipodes des photographes animaliers habituels, nous offre des compositions paysagères d’une rare intensité. Sur les traces de la panthère des neiges, ce fauve élégant qui se cache sur les hauts plateaux du Tibet, ce « troisième pôle » selon l’artiste , il a gravi les sommets,

Le Club de la Presse au Musée de la Photographie • 18 • Actu Club

Actu Club

attendu dans le froid glacial l’objectif à la main. Et le miracle s’est produit. L’animal est apparu et sa silhouette se fond dans la neige comme un point d’orgue dans la composition. Une célébration poétique et intelligente de la nature fière, immense et toujours recommencée.

« Ce n’est plus la panthère qui est camouflée dans le paysage mais le monde qui s’est incorporé à elle. » nous dit Sylvain Tesson, écrivain voyageur de l’extrême, qui a publié deux ouvrages avec Vincent Munier.

N.L.

Pot du mois chez BFM Côte d’Azur

À tout seigneur, tout honneur. Nous étions une trentaine à nous presser le 24 novembre dans les locaux flambant neufs de BFM Côte d’Azur, près de l’Arénas à Nice-Ouest. Il faut dire que son arrivée il y a un an, suite à la reprise d’Azur TV, a donné un sérieux coup de neuf au paysage audiovisuel de la région (lire Intermed n°108). Le Club a découvert les coulisses de la chaîne et fait connaissance avec l’équipe de journalistes enthousiastes emmenée par Nicolas Galup. Elle a assisté à la fabrication des émissions en direct en ayant le plaisir de croiser ce soir-là le procureur de la République de Nice Xavier Bonhomme invité de l’émission Azur Politiques diffusée chaque jeudi soir à l'antenne. Merci à BFM Côte d’Azur pour cet accueil, avec une mention particulière à Benoît Ruiz, figure de BFM depuis des années sur la Côte et membre de notre Club. CPM06

• 19 • Actu Club

ACTU PHOTO

La page Actu Photo d'Intermed est née en 2008. Elle a pour but de présenter une petite partie du travail du photojournalisme en montrant les deux faces d’une photo : l’image et sa légende originale.

Sélectionnées par le photographe et traitant d’un évènement du département ayant une portée nationale, ces photos n’ont pas pour autant vocation à être un résumé de l’actualité locale. Dans ce numéro, Intermed a choisi de mettre en lumière le travail d'Alejandro Martinez Gonzalez.

• 20 • ACTu PHOTO

Ci-contre : Nice, le 13/10/22. Vue d'ensemble de la salle du conseil municipal de Nice avec Christian Estrosi qui est également sur l'écran et les adjoints au Maire, Graig Monetti, Anthony Borré et Anne Ramos-Mazzucco. General view of the Nice city council room with Christian Estrosi who is also on the screen and the deputy mayors, Graig Monetti, Anthony Borré and Anne Ramos-Mazzucco.

© Alejandro Martinez Gonzalez / Collectif DR.

Page de gauche : Nice, le 18/10/22. Un membre de Sud Rail allume un fumigène sur l 'Avenue Jean Médecin à Nice durant la manifestation de la CGT pour la hausse des salaires.

A member of Sud Rail lights a smoke bomb on Avenue Jean Medecin in Nice during the CGT demonstration for higher wages.

© Alejandro Martinez Gonzalez / Collectif DR.

Ci-dessous : Nice, le 29/10/22. Une messe célébrée par l'évèque Jean-Philippe Nault en hommage aux victimes de l'attaque au couteau dans la Basilique de Notre Dame de l'Assomption à Nice, les portraits des trois victimes sont exposés devant l'autel de l'église, Vincent Loques, Simone Barreto Silva et Nadine Devillers.

A mass celebrated by Bishop Jean-Philippe NAULT in homage to the victims of the knife attack in the Basilica of Notre Dame de l'Assomption in Nice, the portraits of the three victims are exposed in front of the church altar, Vincent Loques, Simone Barreto Silva and Nadine Devillers.

© Alejandro Martinez Gonzalez / Collectif DR.

Ci-dessous : Nice, le 10/10/22

La communauté ukrainienne simule un bombardement et se protège sous le drapeau ukrainien sur la place Massena à Nice lors de la manifestation anti bombardement à Kiev.

The Ukrainian community simulates a bombing and protects itself under the Ukrainian flag on the Massena square in Nice during the anti-bombing demonstration in Kiev.

DR.

© Alejandro Martinez Gonzalez / Collectif Nice, le 02/10/20. Un passant sur la Promenade des Anglais admire la mer Méditerranée qui forme des vagues énormes dans la Baie des Anges durant la tempête Alex. A passer-by on the Promenade observes the Mediterranean Sea forming huge waves in the Baie des Anges during storm Alex. © Alejandro Martinez Gonzalez / Collectif DR.

Nice, le 01/10/22. L'association Gang Des Crânes Rasés et la Ville de Nice ont organisé un défilé pour la lutte contre le cancer du sein avec 36 femmes atteintes de ce même cancer, il s'est déroulé sur la place du Palais de Justice, ce défilé a ouvert les différentes manifestations qui se déroulent durant tout le mois d'Octobre Rose.

The association GANG DES CRANES RASES and the City of Nice organized a parade for the fight against breast cancer with 36 women suffering from this same cancer, it took place on the square of the courthouse, this parade opens the different events that will take place during the whole month of Pink October.

Nice, le 13/10/22 Une jeune iranienne manifeste sur la place du Palais de Justice à Nice pour lutter pour les droits de la femme en Iran. A young Iranian woman protest on the square of the Palais de Justice in Nice to fight for womens rights in Iran.

© Alejandro Martinez Gonzalez / Collectif DR

ÊTRE UTILE, C’EST ÊTRE PROCHE DE VOUS !

Être une banque coopérative, au plus proche du territoire, de ses sociétaires et de ses clients particuliers, professionnels et entreprises. Être une banque régionale qui anime la vie locale, participe activement au développement économique azuréen et assume toute sa part de responsabilité sociétale. Être enfin une banque qui privilégie la proximité avec un réseau de 127 agences, 8 Centres d’Affaires Entreprises - dont 3 spécialisés en immobilier d’exception, viticulture et nautisme - 2 filières expertes en parfumerie et tourisme, 6 agences Banque Privée et une banque en ligne basée à Nice. C’est tout cela être utile.

Caisse d’Epargne et de Prévoyance Côte d’Azur, société anonyme coopérative à directoire et conseil d’orientation et de surveillance, régie par les articles L.512-85 et suivants du Code monétaire et financier – Capital social 515.033.520 euros – 455, promenade des Anglais, 06200 Nice – 384 402 871 RCS NICE – Intermédiaire d’assurance, immatriculé à l’ORIAS sous le n° 07 002 199. Titulaire de la carte professionnelle Transactions sur immeubles et fonds de commerce, sans perception d’effets ou valeurs, n° CPI 0605 2017 000 019 152 délivrée par la CCI Nice-Côte d’Azur, garantie par la Compagnie Européenne de Garanties et Cautions, 16 rue Hoche, Tour KUPKA B, TSA 39999, 92919 LA DEFENSE Cedex.

Caisse d'Epargne, annonceur du Club de la presse 06

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