INTERMED n°109

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Actu : L'EDITO • EN BREF

L'édito Terre brûlée

Quatre mois bientôt que la Russie, en violation de toutes les règles du droit international, a envahi son voisin ukrainien, appliquant une politique de la terreur par la destruction systématique des infrastructures civiles et la russification à marche forcée des territoires conquis. Une politique de la terre brûlée qui rappelle les pires heures de l’Histoire. À Nice, le conflit prend une résonance particulière, et pas seulement parce que la Riviera abrite yachts et pied-à-terre au luxe extravagant de nombreux oligarques russes. De la cathédrale orthodoxe au Château Valrose - où le Club fêtait le 31 mai dernier le lancement de son annuaire 2022 - les traces de la présence de la communauté russe sont nombreuses. Le Club ne pouvait faire l’impasse sur cette actualité brûlante, en s’interrogeant sur le rôle des médias dans la guerre et en rendant hommage, aussi, à notre confrère de BFM tué sur le théâtre des opérations. Que faire contre le flot de fake news et la guerre de la désinformation à laquelle se

Sommaire

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N°109 - Juin 2022

livre l’agresseur russe ? Intermed donne également la parole à Thierry Wolton, spécialiste de l’histoire du communisme, qui revient sur le système de pensée de Vladimir Poutine, « l’ex-petit espion » du KGB nostalgique de la grande Russie. Lutter contre les fake news, voilà une noble mission dont la presse doit s’emparer. C’est aussi le rôle du Club, un rôle qu’il doit jouer en priorité auprès du public le plus vulnérable aux dérives des réseaux sociaux : la jeunesse. Saluons l’initiative de deux de nos membres, Laurence Dionigi et Laurent Quilici, qui ont répondu à l’invitation de la classe d’une école de L’Ariane pour aller expliquer aux élèves en quoi consiste le métier de journaliste, comment repérer les bonnes sources d’information et se méfier des manipulations. Le Club continuera à l’avenir à s’engager dans cette voie

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Vincent-Xavier Morvan, président du Club de la presse Méditerranée 06

L'Édito / En bref / L'actu vue par Kristian ... 2 Focus médias : Bon vivant Magazine..........3 Dossier :Guerre en Ukraine, les médias otages de la désinformation.. 4-11 Culture : Antoine Pierini / Fondation Hartung Bergman..............12-13 Focus Annonceur : Caisse d'Epargne....14 Actu photo .............................................16 Hommage : BIanchini / Münch..............18 Actu Club : CPM06 à l'école à l'Ariane/ Musée Masséna.................................19-20 Diaporama soirée MédiasCom'06..........21

Directeur de la publication - Rédacteur en chef : Vincent-Xavier Morvan / Rédacteur en chef adjoint : Paul Barelli / Secrétaire de rédaction - Infographiste : Marion Guinochet Ont collaboré à ce numéro : Paul Barelli, Yann Coatsaliou, Philippe Dejardin, Laurence Dionigi, Matthias Galante, Kristian, Nicole Laffont, Vincent-Xavier Morvan , Laurent Quilici. Edition : Club de la Presse Méditerranée 06 / Maison des associations Nice Nord 2 Place Fontaine du Temple 06100 Nice /Tél. : 06 60 45 23 45 / info@clubpresse06.com / www.clubpresse06.com / ISSN : 2107-7002

En bref... Au bout du crayon

L’association Le Crayon présente l’exposition « Au bout du crayon : exilés mirants, réfugiés - Caricatures, dessins de presse et liberté d’expression » 250 dessinateurs de presse du monde entier s’engagent pour la cause des exilés, migrants et réfugiés, dont notre confrère Kristian, membre du club. Leurs oeuvres sont exposées du 17 juin au 1er juillet 2022, à la salle du garage de Ramatuelle

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L'actu

vue par Kristian

Dessin paru dans Nice-Matin (17/06/22)

Dessin paru dans le Dauphiné Libéré (17/06/22)


Focus médias

Focus médias • 3 •

BonVivant Magazine, le blog lifestyle de la communauté internationale de la Côte d’Azur Notre consoeur Nicole Ruskell a lancé cette publication sur le web pour rebondir après l’arrêt de Riviera Insider. Le top 5 des meilleurs brunchs pour la fête des mères, l’ouverture à Cannes de la première galerie d’art en France consacrée aux NFT… Depuis trois semaines, la communauté internationale présente sur la Côte d’Azur dispose d’une nouvelle source d’informations sur les meilleures sorties culturelles et autres découvertes gastronomiques avec le lancement du blog Bon Vivant Magazine. Aux manettes, l’Américaine Nicole Ruskell, qui publie ce magazine avec une associée australienne, Chloé Braithwaite. Jusqu’en décembre dernier, date de l’arrêt de la publication, Nicole était la rédactrice en chef de la revue Riviera Insider, un trimestriel bien connu du public anglophone de la Côte d’Azur. Le lancement

de ce blog, lui aussi rédigé dans la langue de Shakespeare, permet ainsi à la journaliste de rebondir, entre autres projets qu'elle tente de mener à bien. Le magazine, gratuit, se décline aussi sur Instagram, Facebook, Pinterest et TikTok. Les premiers retours sont positifs, note Nicole Ruskell, qui envisage à terme de transformer ce blog en publication à part entière. C’est tout le mal que le Club de la presse lui souhaite !

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CPM06


DOSSIER GUERRE EN UKRAINE, LES

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DOSSIER

MÉDIAS OTAGES DE LA DÉSINFORMATION

Pour la première fois depuis l’affaire des missiles de Cuba en octobre 1962 où s’est profilé le péril nucléaire, une guerre « asymétrique » à 2000 km de Paris nous replonge dans le cauchemar d’une extension mondiale du conflit russo-ukrainien. Les images, parfois trafiquées, diffusées par les deux belligérants ont envahi notre quotidien. C’est la partie visible de l’iceberg. Ce qui se trame depuis trois mois est une guerre de l’ombre : cyber attaques, intenses actions des services secrets. Etranges « suicides » d’anciens proches de Vladimir Poutine. Russes et Ukrainiens pratiquent la désinformation tous azimuts. L’ensemble de la sphère médiatique mondiale semble pris en otage par le déferlement considérable sur les réseaux sociaux des fake news. Qui croire ? Dans ce contexte, la profession de journaliste peut et doit constituer un antidote au poison de la propagande. Pour cela, encore faut-il que les rédactions se donnent les moyens suffisants pour envoyer sur le terrain des professionnels de l’investigation, du grand reportage. Le public exige de ces spécialistes des conflits un travail de fond, minutieux. La gigantesque « boutique des médias » numérisés où l’information se métamorphose parfois en « produit » devrait inciter, toute utopie exclue, une « contre-offensive » de la profession : l’impérieuse nécessité pour les journalistes de faire preuve d’une grande vigilance, une vérification des faits et le respect du public. Les principes du CNR, Conseil National de la Résistance, sont plus que jamais d’actualité. Dans sa charte du 15 mars 1944, le CNR se fixait d’assurer entre autre « la liberté de la presse, son honneur, et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ». L’Appel du 18 juin 1940 de Charles De Gaulle - très peu écouté ce jour-là - nous rappelle que c’était un message anti-propagande majeur. Prémonitoire. Là cessent les rapprochements. Les journalistes ne sont pas des historiens. Qui peut lancer un appel aujourd’hui pour lutter contre les manipulations ? Et être entendu. Nous avons souvent évoqué, au sein de notre modeste Club de la Presse Méditerranée 06 les principes fondateurs de notre association : seule l’éthique, le travail en pool de journalistes, l’union fait la force, peuvent crédibiliser notre travail. Sans verser dans l’excès d’émotionnel. Souvent inévitable compte tenu des évènements.


DOSSIER

Que pensent les Français du traitement médiatique de la guerre en Ukraine ? Seulement 59 % des Français font confiance aux informations diffusées par les médias sur le conflit, selon une enquête Ifop pour l’agence LaFrenchCom. Arte et France TV arrivent en tête des médias. Les Français sont-ils satisfaits de la manière dont les médias couvrent la guerre en Ukraine depuis l’offensive militaire russe le 24 février ? C’est pour répondre à cette question que l’agence de communication de crise LaFrenchCom a lancé une enquête d’opinion avec l’institut Ifop. Pour l’occasion, 1 007 personnes représentatives des Français de 18 ans et plus ont été interrogées début mars par internet et leur sentiment est mitigé.

59 % seulement disent faire confiance aux informations diffusées par les

médias sur le conflit. Ce sont les Français affichant une proximité politique avec La France Insoumise qui sont les plus suspicieux, avec seulement 47 % des personnes interrogées qui ont confiance. À l’inverse, les Français proches de LREM affichent la plus grande confiance (79 %). Les moins de 25 ans sont seulement 49 % à avoir confiance, à l’opposé des 65 ans et plus, qui affichent le taux de confiance le plus élevé, à 68 %. En termes de médias, c’est Arte (70 %) et France Télévisions (67 %) qui sont les deux sources d’information les

plus plébiscitées par les Français pour leur fiabilité, à respectivement 70 % et 67 %. Suivent notamment TF1 (66 %), la presse quotidienne nationale (66 %) et la presse quotidienne régionale (64 %). Du côté des chaînes d’information, France Info TV (67 %) devance largement LCI (59 %), Cnews (53 %) et BFMTV (49 %). Les réseaux sociaux sont au plus bas sur le critère de la fiabilité : 21 % des personnes interrogées ont confiance dans les informations relatives à la guerre en Ukraine diffusées sur Twitter, 20 % sur Facebook

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3 500 journalistes sur place se livrent aussi à une guerre de l’information

L’ONG grecque iMedD, centrée sur la transparence et l’indépendance du journalisme, a enquêté sur le traitement de l’information en Ukraine. « L’invasion russe de l’Ukraine constitue le premier conflit militaire avec une telle concentration de journalistes sur le terrain », dont nombreux sont « inexpérimentés », indique l’iMedD dans cette enquête sur le traitement de l’information en Ukraine. L’ONG évoque des problèmes liés à

« l’enregistrement incomplet du nombre de journalistes » en Ukraine et « des retards pris dans les procédures d’accréditation des médias et les documents offrant des garanties de sécurité ». Pour l’ONG, cela constitue « la preuve que les journalistes exercent leurs fonctions dans des conditions

précaires qui peuvent parfois avoir des conséquences fatales ». Reporters sans Frontières (RSF), qui enregistre les violations de la liberté des médias en Ukraine, a jusqu’à présent fait état « d’au moins vingt attentats contre des professionnels des médias depuis le début des hostilités »

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DOSSIER

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Reporters sans frontières documente les attaques visant directement les professionnels des médias portant un brassard « Presse » et déplore de plus en plus de journalistes morts et blessés dans l’exercice de leur métier. RSF

offre un soutien aux journalistes sur le terrain. Une enquête pour « crimes de guerre » a été ouverte après le décès de notre confrère de BFM TV Frédéric Leclerc-Imhoff, 32 ans. Il a été mortellement touché pendant qu’il accompa-

gnait un convoi destiné à évacuer des civils dans la région de Louhansk. C’est le huitième journaliste tué en Ukraine, selon RSF, depuis le début de l’offensive russe, le 24 février

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La guerre en Ukraine attire les journalistes free-lance Le déclenchement du conflit a vu nombre de journalistes indépendants affluer en Ukraine. Ils sont nombreux mais pas libres de leurs mouvements. Comme sur tous les terrains de guerre, ils travaillent avec les armées, ou des groupes armés : difficile de rester seul dans la nature. Beaucoup de pigistes ou de photographes sont partis couvrir le conflit, parfois sans y être préparés. Le Monde a consacré un article à ce phénomène. « Pour un jeune photographe, un conflit à moins de 2 000 kilomètres de chez lui, c’est quand même une occasion professionnelle », remarque Wilfrid

Estève, directeur associé de l’agence de photos Hans Lucas. « Certains sont partis par romantisme, par envie de briller, etc. Toutes sortes de raisons pas toutes respectables, commente Jean-Marc Tanguy, journaliste freelance spécialisé dans les opérations militaires. Il ne faut pas les juger, mais

se demander pourquoi. » Pourquoi, aussi, beaucoup sont arrivés sur place sans préparation, dépourvus de gilet pare-balles, de casque ou de trousse médicale d’urgence

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La guerre en Ukraine : le règne de la désinformation

L’ONG NewsGuard, centre de suivi de la désinformation sur la Russie et l’Ukraine, a identifié et surveille 229 sites qui diffusent de la désinformation sur ce conflit. Parmi ces sites figurent des médias d’État russes tels que ceux qui ont été visés par des sanctions temporaires de certaines plateformes depuis le début de l’invasion russe.

Mais de nombreux sites ne sont pas des outils officiels de propagande de l’État russe, et ne sont donc pas sanctionnés par les plateformes. Ils font toutefois aussi la promotion de faux conte-

nus soutenant le gouvernement de Vladimir Poutine. Ces sources incluent des sites anonymes, des fondations et des sites de recherche au financement obscur – dont certains au moins sont


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liés au gouvernement russe sans que cela soit révélé aux lecteurs. Les trois sites les plus influents connus pour être financés et opérés par le gouvernement russe sont les médias d’État RT, TASS, et Sputnik News. L’équipe de NewsGuard surveille ces sites, et les dizaines d’autres identifiés comme colportant de la désinformation. La Russie déploie une stratégie multiple pour introduire, amplifier, et diffuser des récits faux et déformés dans le monde entier – en s’appuyant sur un mélange de médias d’État officiels, de sites et comptes anonymes, et d’autres méthodes pour distribuer une

propagande qui promeut les intérêts du Kremlin et sape ceux de ses ennemis. Les sites financés par le Kremlin utilisent des plateformes numériques comme YouTube, Facebook, Twitter et TikTok pour promouvoir ces récits. NewsGuard suit la piste de ces sources et analyse leurs méthodes depuis 2018, et fournit ses données sur les efforts de propagande russe au Département d’Etat américain, au U.S. Cyber Command, et à d’autres gouvernements et groupes travaillant sur des sujets de défense. En 2020, le centre d’engagement global du département d’Etat américain,

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citant les données de NewsGuard, a validé les recherches de NewsGuard. Force est de constater que d’autres opérations de grande envergure fomentées par les Russes sont redoutées par les services secrets les mieux informés. Le contrôle de l’information diffusée par les médias reste un enjeu crucial pour les acteurs du conflit. L’émergence des réseaux sociaux a accéléré une profonde reconfiguration de la circulation de l’information

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Désinformation : l’Ukraine n’est pas en reste De son côté , la désinformation antiRussie ou pro-Ukraine, reprise par les autorités ukrainiennes, a aussi commencé à émerger. Ces récits ont tendance à donner une image triomphante des forces armées ukrainiennes, tout en relayant des allégations anti-Russie

sans fondement. Un flux croissant de mésinformation anti-russe s’est propagé en ligne. Certains sites pro-Ukraine et de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux ont ainsi partagé de fausses informations sur la guerre, allant d’images manipu-

lées du mythique « Fantôme de Kyiv » à des images trompeuses de supposées attaques russes

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Dossier Paul Barelli et CPM06

Suivi de 229 sites de désinformation sur la Russie et l’Ukraine. L’équipe de NewsGuard a identifié : • • • • •

Sites anglophones : 99 Sites francophones : 42 Sites en allemand : 21 Sites en italien : 25 Autres : 42


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DOSSIER DOSSIER

Poutine, l’ex- « petit espion » nostalgique de la Grande Russie

Thierry Wolton, historien du communisme, décrypte la stratégie de Poutine. Thierry Wolton, qui avait participé à un débat du Club de la Presse 06 en 2014, a accepté de réserver à notre club un passionnant entretien sur la problématique de l’Ukraine. Journaliste, historien, essayiste, Thierry Wolton est l’auteur d’« Une histoire mondiale du communisme », en trois volumes chez Grasset : « Les Bourreaux » (2015), « Les Victimes » (2016), « Les Complices » (2017). Il a reçu le prix Aujourd’hui pour son œuvre magistrale sur les régimes communistes. Son livre « Le KGB en France » (1986) en a fait un spécialiste du monde de l’espionnage soviétique, puis russe. Cela fait plus de trente années que Thierry Wolton parcourt le labyrinthe communiste, hanté par ses 80 millions de victimes. Sur son chemin surgissent d’inquiétants hommes de l’ombre. Tel Vladimir Poutine. Implacable, il a gravi tous les échelons du KGB pour s’emparer du pouvoir en Russie. Ce que l’historien a relaté en détails dans « Le KGB au pouvoir, le système Poutine » (2008, Buchet Chastel). Et dans de nombreux autres ouvrages.


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son arrivée au pouvoir, au début des années 2000, il déclara que la disparition de l’Union soviétique avait été « la plus grande catastrophe géopolitique du XXè siècle ». Un siècle qui, rappelons-le, a connu deux guerres mondiales, des camps d’exterminations, entre autres malheurs.

Entretien avec Thierry Wolton Propos recueillis par Paul Barelli

Club de la presse : Prémonitoire, votre expertise du monde communiste vous a-t-elle convaincu que Vladimir Poutine se lancerait dans la guerre en Ukraine ? L’impensable, a titré Libération. Ce terme est-il approprié ? Nombreux sont ceux qui ont exclu la guerre.

Thierry Wolton : Fidèle à ses origines communistes – il ne l’est plus désormais -, Poutine a une vérité de langage en ce qui concerne ses objectifs, ses intérêts. En effet, dans le passé, les dirigeants communistes n’ont jamais caché leurs intentions, même les plus terribles. Un exemple : au lendemain de la prise du pouvoir par les bolcheviks, en 1917, l’un des leaders a averti que le nouveau régime ferait 10 millions de morts. Bien plus de Russes et d’autres peuples ont péri par la suite, mais le programme était annoncé. Il fallait écouter Poutine pour comprendre ce qu’il avait l’intention de faire. Peu après

Ce n’est pas tant la reconstitution de l’empire soviétique qui l’obsède, que la gloire de la Russie, qu’elle redevienne la grande nation qu’elle était à l’époque de l’URSS et du glacis socialiste à l’Est de l’Europe. Cette nostalgie l’habite. Pour preuve, la réécriture des livres d’Histoire sous son règne. Le XXè siècle russe vu par lui se limite à la Grande guerre patriotique, nom donné au Second conflit mondial par la propagande soviétique, appellation qu’il a reprise. En ce temps-là, le pays brillait de tout son prestige pour avoir stoppé l’expansion allemande. D’où l’admiration qu’il porte à Staline.

Imposer une grande Russie Aujourd’hui, lorsqu’il parle de dénazifier l’Ukraine, on peut se demander si son logiciel n’est pas bloqué à cette époque justement, et s’il n’aspire pas à être le nouveau Vojd (guide en russe, nom donné à Staline) de toutes les Russie. Il veut en tout cas une grande Russie, respectée pour sa force, quelque soit


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le prix que doivent en payer les autres peuples. En ce sens, il cherche à récupérer ce qu’il estime indispensable à son rayonnement. Son interventionnisme dans plusieurs conflits dans le monde (Proche-Orient, Afrique) participe de ce dessein de grandeur recherché. Son emprise sur la Biélorussie, et sur les républiques d’Asie centrale également. Les occupations militaires en Géorgie, en Crimée aussi. (Re)mettre la main sur l’Ukraine est la cerise sur le gâteau si j’ose dire. Donc, si l’on avait su écouter Poutine, surtout ces derniers mois, et les revendications qu’il avançait, il était évident que l’invasion était programmée, aussi déraisonnable que cela puisse paraître à nous autres Européens épris de paix. Club de la presse : L’attaque de l’armée russe en Ukraine par sa soudaineté apparente est-elle une menace pour l’Europe et l’Occident supérieure aux pires épisodes de la guerre froide ?

Thierry Wolton : Sans aucun doute. C’est la fin d’une époque, celle qui va de la chute du communisme en Europe (1989-91) à la défaite occidentale en Afghanistan l’an dernier. Nous entrons dans une période de glaciation diplomatique dont nul ne peut savoir ce qui va en sortir. Cela ne veut pas dire que l’OTAN, les Occidentaux vont être en guerre directement contre la Russie, et éventuellement contre ses soutiens (Chine, Iran notamment), mais il est certain que cela va tanguer fort.

querait d’être mondiale. Cette invasion de l’Ukraine va provoquer des difficultés économiques en cascade qui n’épargneront ni l’Europe ni le reste du monde. Il va falloir s’accrocher, a moins bien sûr que Poutine revienne à la raison, ce qui est peu probable. Le Dniepr est son Rubicon, une fois franchi je doute qu’il renonce à sa Grande Russie. Club de la presse : L’accession au pouvoir du chef de l’Etat russe a été favorisée par son appartenance au KGB. Est-il vrai qu’il n’était pas un as espion ?

Thierry Wolton : Il faut savoir que les « organes », nom donné au KGB à l’époque soviétique, étaient l’ossature du régime sur laquelle le système reposait car le pays était en ruines, économique, sociologique, écologique, etc. Quand l’URSS s’est effondrée, les « organes » ont survécu. Ils ont attendu que la situation se décante, ils ont déshonoré le seul homme qui pouvait leur faire obstacle – Boris Eltsine, dont les frasques ont fini par le desservir –, afin de récupérer tout le pouvoir avec Poutine, nommé par un Eltsine acculé, rappelons-le.

Poutine était un « petit espion »

À cette époque, Poutine était une simple marionnette des organes, un petit espion, mais déjà un bon intriguant comme il en avait fait la preuve dans les années 1990 à Saint-Pétersbourg, où il a commencé à s’enrichir. Le pouvoir corrompt, Entrée dans la guerre le pouvoir absolu corrompt absolument. tiède Au Kremlin, Poutine a pris goût à ce pouNous entrons en guerre tiède où tous les voir, il est devenu le premier de ses pairs coups vont être permis sans pour autant en permettant à tous de s’enrichir sans franchir de ligne rouge, tout au moins vergogne sur le dos du pays. Aujourd’hui, espérons-le, car alors la déflagration ris- son pouvoir est total, ce qui ne veut pas

dire qu’il est à l’abri d’un « accident » si ses folies coûtent trop cher à ses amis, les mafieux des services secrets. Club de la presse : Comment expliquez-vous les volte-face récents de Poutine, sa paranoïa pour reprendre les propos du ministre des Affaires Etrangères. S’est-il durci, isolé au fil des années ?

Thierry Wolton : Poutine ne s’est pas durci, il a pris de l’assurance. D’abord, il a reconstitué une armée performante, avec de vraies avancées technologiques. Ensuite il a constaté le recul incessant des Occidentaux dans le monde, des Américains en particulier. Enfin, il a vu combien la démocratie ne faisait plus recette avec un peu partout les poussées populistes et la progression des idées d’extrême-droite dont il se sent proche. Même moralement, éthiquement, ces régimes démocratiques ne se portent pas bien sous la pression des revendications sociétales (wokisme, genrisme, décolonialisme, cancel culture, etc.) qui détricotent nos manières de vivre. Bref, il a jugé que toutes ces faiblesses l’autorisaient à avancer ses pions. De son point de vue, le moment était venu de passer à l’offensive. Maintenant, il y a une chose que l’histoire enseigne, en tout cas celle du XXè siècle : il ne faut pas sous-estimer la capacité de résistance de la démocratie. La partie qui vient de commencer sera longue, Poutine va sans doute marquer les premiers points, il n’est pas certain en revanche qu’il l’emporte au final, qu’il réalise son rêve de grande Russie. Club de la presse : Dans cette guerre aux images relativement rares, quel est le rôle de la désinformation, côté ukrainien et russe ?


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Thierry Wolton : Côté ukrainien je doute qu’il y ait beaucoup de désinformation à part celle qui consiste à dire que le pays vaincra, ce qui est le propre de toutes les nations agressées, pour se remonter le moral. Côté russe, le régime poutinien est passé maître en la matière (vieil héritage du KGB), au travers des réseaux sociaux que des équipes spéciales des services secrets et des trolls alimentent de mensonges, appuyés par des médias, dont Russia Today (RT en France) très offensifs. D’où l’intérêt de fermer ce canal de propagande/désinformation. Club de la presse : Dans le dernier tome « Les complices » de votre « Histoire mondiale du communisme », vous dénoncez la cécité volontaire de nombreux intellectuels, hommes politiques français face aux massacres perpétrés sous Staline. Dans un contexte certes différent, les Occidentaux n’ont-ils pas été bernés également par Poutine grand manipulateur ? Certains ont-ils fermé les yeux ?

Thierry Wolton : À l’époque de Staline l’aveuglement était idéologique, certains croyaient que le communisme représentait l’avenir de l’Humanité, qu’il fallait donc soutenir l’URSS quoiqu’elle fasse. Des dizaines de millions de personnes dans le monde se sont ainsi rendues complices des crimes contre l’Humanité qui s’y perpétraient. Poutine a lui aussi profité d’un certain aveuglement, d’une autre nature, dû aux fausses idées que ses admirateurs occidentaux se sont faites de lui. Il a été vu comme le rempart des valeurs occidentales sous prétexte de son rejet des changements sociétaux qui bousculent le monde. Or Poutine n’a jamais été autre chose qu’un satrape qui ne songe qu’à s’enrichir lui et son clan, et qu’à brutaliser son peuple pour jouir du pouvoir le plus longtemps possible.

D’autres admirateurs ont aimé son bonapartisme, l’ordre qu’il fait régner en Russie. À la chute du communisme, beaucoup de complices des crimes passés se sont sentis mal moralement. Aujourd’hui, ceux qui ont chanté la gloire de Poutine, principalement aux extrêmes de droite et de gauche de l’échiquier politique, mais pas uniquement, sont mal à l’aise car l’invasion de l’Ukraine révèle son vrai visage. Le club de la presse : Les sanctions économiques contre la Russie peuvent-elles faire fléchir Vladimir Poutine ?

Thierry Wolton : Tout dépend de leur importance. L’exclusion de la Russie du système bancaire mondial peut compliquer ses ambitions. Certes, la Russie dispose d’importantes réserves monétaires, le gaz et le pétrole peuvent servir d’arme économique notamment vis-à-vis de l’Europe dépendante. Je pense toutefois qu’il a sous-estimé la réaction occidentale, en raison des faiblesses dont j’ai parlé. C’est son erreur. Il est désormais le dos au mur : il ne peut pas reculer sous peine de perdre la face, et si la résistance ukrainienne, soutenue par les Occidentaux (livraison d’armes, protection du ciel ukrainien par exemple) freine la progression de l’armée russe, il sera de plus en plus rejeté par la communauté internationale, y compris par ses amis chinois qui ne voudront plus d’un si encombrant allié. En résumé, la plus grande fermeté dans les sanctions est sans doute la meilleure façon de mettre fin à la tragédie actuelle. Le club de la presse : Dans votre « Histoire mondiale du communisme » vous écrivez : « Le pire est toujours certain ». Est-ce le cas aujourd’hui avec Vladimir Poutine ?

DOSSIER

Thierry Wolton : Dans une certaine mesure, oui. Cela tient au fait que les démocraties ont tendance à mésestimer leurs ennemis, croyant même qu’elles pourraient les raisonner. Les semaines qui ont précédé l’invasion de l’Ukraine l’ont encore montré. Cette naïveté repose en grande partie sur le désir de paix des peuples qui ont la chance de vivre libres. Mais la plupart des régimes autoritaires, dictatoriaux et surtout totalitaires – comme la Chine aujourd’hui -, ne raisonnent absolument pas comme ça. Les dirigeants de ces pays ont leur programme, ils veulent en général renforcer leur pouvoir et leur influence aux dépens des autres, notamment de leur étranger proche.

Avec cet adversaire le pire est toujours certain Un régime qui opprime son peuple est toujours un danger pour le reste du monde, c’est une loi de l’histoire. Voilà pourquoi, vis-à-vis de ce type d’adversaire, le pire est toujours certain car nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde qu’eux, si l’on peut dire. Avoir une vision pessimiste peut réserver de bonnes surprises, être optimiste peut conduire à bien des désillusions. Il faut surtout être réaliste, et ne pas croire que le monde entier aspire au même bonheur

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Culture

Les éclats de verre d’Antoine Pierini à la villa Kerylos de Beaulieu

« En rêvant la Méditerranée » le maître verrier, artiste, designer Antoine Pierini a investi la villa Kerylos de Beaulieu. Le chef d’œuvre architectural rêvé par l’archéologue et mécène Théodore Reinach, et conçu par Emmanuel Pontremoli. renferme meubles, vaisselle, objets, éléments de décoration fidèles à l’esprit de la Grèce antique. La plongée dans cet univers culturel fabuleux dont est issue notre civilisation s’enrichit cet été des éclats de verre d’un créateur qui, loin de renier cet héritage, s’ancre dans les fondations de ce monument exceptionnel pour s’élancer vers d’autres rivages, avec audace. Le pari est réussi Antoine Pierini ose les contrastes, joue sur les oppositions et ses œuvres d’une évidente modernité se marient parfaitement avec les décors de cette demeure néo-antique. Dans la salle des Naïades , une série de bulles abstraites, « Les collines »,

évoquent les dunes du désert mais peuvent aussi sembler des gouttes d’eau devenues géantes sou l’effet du

entre la terre matrice et le monde des idées cher aux philosophes grecs. Des sculptures de verre exigeant un travail d’orfèvre. Les amphores font partie intégrante du décor. Antoine Pierini est arrivé « Après la bataille » et a posé, dans la salle à manger, non loin des pièces antiques des éclats de verre qui captent la lumière et envoient un camaïeu d’orangé dans la pièce. Une accumulation superbe. Enfin, parmi les pièces les plus marquantes on retient une installation invraisemblable dans la Galerie des Antiques qui se situe au niveau des flots. Des dizaines de plaques de verre jouant sur le clavier des bleus composent cette « Mer Intérieure », une mer d’émotions qui secoue l’âme. Une véritable tempête sous un crâne. Magique

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Nicole Laffont

souffle. Dans la cour intérieure les « Colonnes roseaux » matérialisent une quête d’élévation vers le ciel, un trait d’union

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Jusqu’au 18 septembre « En rêvant la Méditerranée ». Antoine Pierini. Villa Kérylos. Impasse Gustave Eiffel. Beaulieu-sur-Mer. Tel ( +33) 4 93 01 01 44


Plongée dans les archives de la fondation Hartung Bergman,

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C’est une villa lumière qui s’ouvre sur les oliviers, où chaque fenêtre permet un cadrage comme s’il s’agissait de révéler un tableau. Une villa blanche maquillée par le vert des plantes et le bleu de la piscine. Ancienne villa-atelier d’Hans Hartung et Anna-Eva Bergman, figures incontournables de l’art moderne, la Fondation Hartung-Bergman, à Antibes, renferme les secrets des deux créateurs. Après de longs travaux de rénovation , elle rouvre au public, enrichie de nouveaux espaces et bâtiments, et présente une exposition inaugurale intitulée « Les archives de la création ». Une plongée dans les secrets de la production des deux artistes, qu’elle soit libre gestualité ou méticulosité mathématique. Chez Bergman comme chez Hartung, le fait de tout archiver – croquis, lettres, photographies, presse... – fut au cœur de leur vie et de leur œuvre. On peut suivre les méandres de leur chemine-

à Antibes

ment artistique en ce lieu même où bien des pièces furent réalisées, notamment « L’œuvre ultime » d’Hans Hartung, particulièrement émouvante. Victime d’une attaque au soir de sa vie, le peintre ne se déplaçait plus qu’en fauteuil roulant. Il décida alors de s’attaquer à de grands formats et d’utiliser des outils nouveaux afin de continuer à peindre malgré son handicap. Il réa-

inattendues et magnifiques. D’une étrange jeunesse pourrait-on dire. Il est particulièrement touchant d’imaginer cette frénésie créatrice lorsque l’on visite l’atelier maculé d’innombrables tâches et traces de peinture. Comme si le peintre avait voulu ainsi nous offrir un superbe chant du cygne. On peut dire que pénétrer dans cette villa, devenue fondation selon la volonté des artistes, tient de la cérémonie. L’amateur d’art ne peut ressentir sans émotion la découverte de cet univers où, au prix de bien des souffrances, l’inventeur de l’abstraction moderne continua ses recherches et son travail jusqu’à sa disparition

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Nicole Laffont

lisa alors, en pulvérisant sur la toile des couleurs qui tranchaient sur ses habitudes, teintes plus franches et paradoxalement plus gaies, des peintures

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Fondation Hartung-Bergman. 173 chemin du Valbosquet. Antibes. Tel (+33) 4 93 33 45 92


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Caisse d’Epargne Côte d’Azur : « En termes d’emploi, nous sommes passés d’une logique de sélection à une logique de séduction » Claude Valade, président du directoire, et JeanYves Morin, membre du directoire en charge du pôle finances et expertises, font le point sur les dernières actualités de la Caisse d’Epargne Côte d’Azur.

Claude Valade © T.Dewaele


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Entretien avec Claude Valade et Jean-Yves Morin Propos recueillis par Vincent-Xavier Morvan

Vincent-Xavier Morvan : Quels ont été pour votre banque les faits marquants de 2021 ? Claude Valade : Nous avons fêté l’an dernier nos 30 ans. L’origine de la Caisse d’Epargne Côte d’Azur, c’est la Caisse d’Epargne de Nice qui a fusionné avec celle du Var en 1991 et qui s’est dotée alors d’un nouveau siège social à L’Arénas. Notre ancien siège de la place Masséna est devenu une agence. Nous l’avons rénovée en 2021, c’est notre flagship sur Nice, et cela a constitué le final du programme de modernisation de nos 120 agences réalisé sur deux ans avec un peu plus de 5 millions d’euros de travaux. Nous voulions un réseau au top pour accueillir nos clients dans les meilleures conditions. Pendant cette année-charnière, l’économie azuréenne s’est beaucoup mieux portée qu’en 2020 avec un fort rebond de l’activité de nos clients. On a participé comme en 2020 à la distribution très active de prêts garantis par l’État (PGE) pour tous nos clients professionnels et entreprises dans le cadre du plan de relance. On a été particulièrement actifs sur la volonté d’accompagner les entreprises en fonds propres pour leur permettre de

continuer à investir en limitant leur endettement. Enfin, en 2020, nous avions créé avec nos collègues de la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse et la société Erilia une entreprise, Vilia, qui est une foncière de logements intermédiaires. L’objectif est d’acquérir 2 000 logements locatifs dans la région. On envisage de mettre 400 millions d’euros en quatre ans sur ce sujet. Cela participe à la relance du secteur du BTP et répond au besoin de logement des classes moyennes. V-X M : Quels ont été vos résultats financiers et commerciaux l’an dernier ? Jean-Yves Morin : Notre produit net bancaire, qui correspond à notre chiffre d’affaires, est en progression de 0,6% à 357,1 millions d’euros. Cela montre une bonne résilience de notre modèle puisque nous avons navigué en 2021 dans un univers de taux bas, voire négatifs, ce qui n’est pas très avantageux pour un établissement comme le nôtre. On a bénéficié aussi d’une belle dynamique sur les crédits avec une production de crédits bien supérieure à nos objectifs. Les charges ont été maîtrisées à 212,9 millions d’euros, soit un coefficient d’exploitation inférieur à 60% qui traduit notre bonne rentabilité. C’est un exercice d’une bonne facture, au-delà du budget établi et bien résilient dans l’univers compliqué que nous avons vécu en 2021. Sur le plan commercial, 17,4 milliards d’euros d’épargne nous sont confiés par nos 711 000 clients et 152 000 sociétaires.

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On réutilise cette épargne pour faire 16,4 milliards d’euros de crédits. On a accompagné 31 800 projets de vie dont 8 600 projets immobiliers. Sur l’immobilier, notre part de marché est proche de 19%. On accompagne un projet sur cinq dans ce secteur dans notre région. Enfin, nous avons eu 10 500 nouveaux clients. V-X M : Et en termes de recrutement ? Claude Valade : Nous avons connu une très belle dynamique de recrutement l’année dernière avec 276 embauches. Mais on a des vrais sujets en termes de recrutement. La banque est un secteur d’activité qui attire un peu moins les jeunes depuis quelques années et particulièrement qui attire de moins en moins les messieurs. Cela nous oblige à nous adapter en termes de méthodes de recrutement, on essaie d’être plus proches de nos candidats, on essaie de faire beaucoup d’événements notamment digitaux pour essayer de les attirer. Nous avons mis aussi depuis trois ans un coup de boost sur le modèle des alternants. Nous voulons en séduire 80 cette année, contre 63 l’an dernier. En termes de marché de l’emploi, on est passés d’une logique de sélection à une logique de séduction. Ça change beaucoup le travail de nos collègues des ressources humaines. Au total, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, c’est 1 600 collaborateurs et 130 agences

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Après deux ans de crise sanitaire, la Côte d’Azur s’apprête à recevoir de nombreux visiteurs cet été à Nice. Les indicateurs du tourisme sont au vert et la mer est au bleu, à Nice. 4 mai 2022, © Matthias Galante

À Nice, les pelles mécaniques commencent à grignoter le TNN après des mois de polémique sur la démolition du site. 8 juin 2022, © Matthias Galante

Ci-dessus : À Nice, les pelles mécaniques commencent à grignoter le TNN après des mois de polémique sur la démolition du site. 8 juin 2022, © Matthias Galante

La page Actu Photo d'Intermed est née en 2008. Elle a pour but de présenter une petite partie du travail du photojournalisme en montrant les deux faces d’une photo : l’image et sa légende originale. Sélectionnées par le photographe et traitant d’un évènement du département ayant une portée nationale, ces photos n’ont pas pour autant vocation à être un résumé de l’actualité locale

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Le cycliste belge Wout van Aert lors du Paris-Nice le 13 mars à Nice. © Vincent-Xavier Morvan


La floraison des roses centifolia à Grasse. 18 mai 2022, © Vincent-Xavier Morvan

Nice en finale de la coupe de France de football. Écran géant place Massena, Nice le 7 mai 2022 © Vincent-Xavier Morvan

L'arrivée d'Éric Zemmour venu annoncer sa défaite au premier tour des élections législatives. Cogolin 12 juin 2022, © Vincent-Xavier Morvan

Des familles de réfugiés ukrainiens au guichet de la préfecture à Nice le 24 mars 2022 © Vincent-Xavier Morvan


Hommage

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Hommage

Roger-Louis Bianchini : l’instinct de l’investigation Roger-Louis Bianchini qui s’est éteint le 24 mars à 82 ans symbolise les vertus du journalisme d’investigation. Cet autodidacte restera un des maîtres du genre. Un enquêteur opiniâtre, fonctionnant à l’instinct : curieux, fouineur. Et rigoureux. Durant plusieurs décennies, sa silhouette de fait-diversier à Nice Matin a hanté les couloirs des commissariats « Gioffredo », « Foch », « Auvare » et tous les lieux, y compris ceux des voyous où il pouvait glaner des informations. Roger-Louis, tantôt rugueux ou affectueux, ne manquait pas d’ironie. En 2000, alors que je participais à un numéro spécial de L’Express sur « les 100 qui font bouger Nice », il m’avait dit : « Tu vas te faire 100 amis et 1 000 ennemis ! »

Brillant, il a gravi tous les échelons : rédacteur, fait-diversier, grand reporter, chef de la rédaction. Il s’est illustré dans la couverture des plus spectaculaires faits divers de la Côte d’Azur : affaire Leroux, Omar Raddad, Albert Spaggiari, Turquin. Sa plume, nourrie d’informations exclusives, il la met au service de Nice Matin mais également de France Soir, du Point dont il fut le correspondant régional. Et de nombreux ouvrages qu’il rédige sur la corruption : Mafia, argent et politique, Enquête sur des liaisons dangereuses, Monaco une affaire qui tourne, 13 mystères de la Côte. Ce professionnel symbole de l’indépendance savait résister aux pressions d’où qu’elles viennent. Roger-Louis Bianchini s’est montré très

courageux, accablé par les épreuves personnelles. En 2004, il perd Arlette, la femme de sa vie et plus tard en 2016 sa fille Patricia. Toutes les deux emportées par un cancer. Il surmonte la double épreuve pour ne pas laisser son autre fille Laurence et ses deux petits-enfants Anna et Nicolas. Longtemps, on a vu ce mordu de football qu’il a pratiqué jusqu’à 70 ans sillonner en scooter les rues de Nice où résonnait son rire provocateur. L’histoire ne dit pas s’il va retrouver ses anciens confrères de Nice Matin, fait-diversiers disparus : Pierre-François Leonetti, Michel Barelli, André Lucchesi

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Paul Barelli

Jacques Münch : le bienveillant Dans nos métiers de la presse, des médias, il est rare de faire l’unanimité. Jacques Münch, photo-journaliste, laisse une profonde empreinte humaniste et talentueuse. Une signature. Subtil alliage d’éthique et d’opiniâtreté, sa philosophie tenait en une formule, « toujours se démarquer des autres. » Et pour l’avoir côtoyé dès mes premiers reportages à RMC, il y a plus de quarante ans, j’avais été ému par les conseils qu’il prodiguait avec modestie aux débutants que nous étions. Merci Jacques pour avoir été si bienveillant et apaisant. Le stress fait partie inhérente du journalisme. Chaque fois que tu surgissais, tel un diable de ta boîte avec ta crinière argentée, ton calme olympien, tu nous apprenais à relativiser les évè-

nements. Jacques Münch, correspondant sur le pourtour méditerranéen durant de nombreuses années pour le célèbre quotidien France Soir, Jacques a quitté ses amis, sa famille et cette cité de Nice qu’il aimait tant à l’âge de 84 ans. Né à Paris, il était venu vivre à Nice alors qu’il était enfant. Jacques Münch a commencé sa carrière de photographe sur les bateaux de croisière. Puis il a fait un passage à Nice-Matin. Il entre à France Soir à 27 ans. Une carrière très riche, où il a travaillé pour Reuters ou l’AFP. Comme le confie à Nice-Matin l’une de ses filles, Valérie Münch-Rivière, grand reporter à France 3 : « Papa avait l’œil

pour le travail et les photos privées ». De nombreux photo-journalistes se sont inspirés de son professionnalisme tel Éric Gaillard, autre grand photographe (Reuters, AFP) : « Il avait une élégance naturelle, mais cela ne l’empêchait pas d’être exclusif, de s’accrocher. Quand il fallait planquer, il planquait. » Jacques était issu de l’ancienne école du journalisme, « celle qui est à l’opposé des réseaux sociaux, du vite fait », estime Patrice Lapoirie, photographe à Nice-Matin. Le Club de la Presse Méditerranée 06 présente ses condoléances à tous ceux qui aimaient Jacques Münch

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Paul Barelli


Actu Club

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Actu Club

Le Club de la presse à l’école à l’Ariane pour combattre les fake news Deux journalistes du Club de la presse 06 Méditerranée sont intervenus bénévolement le 3 juin 2022 auprès des élèves de deux classes d’école élémentaires du quartier de l’Ariane à Nice. Sujet : les fake news. L’idée était venue à Laurence Dionigi lors d’une de ses précédentes interventions dans une classe, sur le thème de la mixité et de la parité, dans un cadre différent, celui des ateliers philo de l’association SEVE (1). « Les femmes sont des tentatrices qui détournent les hommes du droit chemin », lui avait objecté un élève de CM1 en invoquant une vidéo qu’il avait vu sur Internet. Laurence est donc revenue débattre des fake news avec les élèves, en compagnie de Laurent Quilici, journaliste indépendant ayant longtemps travaillé à Nice-Matin, et lui aussi membre du Club de la presse 06. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Comment le savoir ? Pour-

(1)-L'Association

SEVE

(Savoir être et vivre ensemble), présidée par le sociologue, écrivain, et journaliste Frédéric Lenoir, anime des ateliers de philosophie et de pratique de l'attention dès le primaire, pour permettre aux enfants de développer leur réflexion sur des sujets de société et de l’existence qui les concernent, par eux-mêmes et entre eux dans un cadre démocratique.

quoi les fake news prolifèrent-elles de plus en plus ? Quel danger pour la société, pour nos libertés et pour la démocratie ? En une heure, toutes ces questions ont été abordées en dialogue avec les élèves, ravis de pouvoir interroger deux journalistes venus pour les voir. Voué à promouvoir et à défendre le journalisme et les journalistes, le club de la presse 06 a tout naturellement vocation à lutter lui aussi contre les fake news. L’expérience gagnerait sans doute à être renouvelée. A l’heure où les fausses informations se répandent de manière exponentielle et virale à travers la Toile et les réseaux sociaux, et où certains des responsables plus puissants de la planète n’hésitent pas à s’en servir, comme on l’a vu avec Donald Trump ou Vladimir Poutine, l’Education nationale développe des programmes de sensibilisation et d’information contre les fake

news au collège et au lycée. Mais les enfants n’attendent pas le collège pour surfer sur Internet, et les écolières et les écoliers sont vulnérables. « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose », dit le proverbe. Les fausses informations sont d’autant plus dangereuses qu’elles font toujours des dégâts malgré tous les démentis et tous les arguments. Pire, comme le disait la journaliste et philosophe Hannah Arendt, "Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n'est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien (...). Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d'agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, on peut faire ce qu’on veut"

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Laurence Dionigi et Laurent Quilici


Actu Club

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Actu Club

Au musée Massena, le Club s’est immergé dans la photographie de cinéma Connaissez-vous le nom de Mirkine ? Si vous vous intéressez à la photographie ou au cinéma, ce nom va vous rappeler celui qui a inventé le rôle de « photographe de plateau » au début des années 1930 jusqu’à créer une proximité, une intimité - jamais reproduite - avec les plus grands noms du cinéma. En fait ils ont été deux, Leo le père et Siki le fils – à partir de 1952- à saisir les plus grands moments du cinéma entre 1930 et 1980 dont beaucoup tournés aux Studios de la Victorine à Nice. Leo avait réussi à établir un tel lien, une telle complicité avec les artistes qu’il a pu et su saisir de grands moments de cinéma mais également intimes. Nous avons été invités le 12 mai dernier à une visite privée au musée Masséna par Jean-Pierre Barbero,

son directeur, dans les derniers jours de l’exposition « Mirkine par Mirkine ». Un privilège dont nous le remercions d’autant que nous avons eu l’immense honneur des commentaires de Stéphane Mirkine, la petite fille et fille de ces deux photographes. Non, il n’y pas d’erreur dans le prénom donné, la singularité est une marque dans la famille de ce juif russe, émigré à Nice pour fuir le bolchévisme et qui est allé bien audelà en participant très activement à la résistance. Son studio au 88 rue de France a servi aussi de boîtes aux lettres pour les résistants, il y faisait des faux papiers, ce qui lui a valu d’être arrêté. Pour lui, « tout est instant, regard et émotion », nous a confié Stéphane sur son grand-père pour qui « un bon photographe est celui qui a la photo et qui ne retouche rien au

tirage ». Ce fut la démarche de la descendante Mirkine pour cette exposition qui mériterait sans conteste de voyager mais dans des espaces suffisamment importants et conçus pour ce type d’évènement. Si vous n’avez pas pu la voir à Nice où toute photographie était strictement interdite par son ayant droit très attentive au moindre appareil sorti, vous pourrez en avoir un très large souvenir à travers le monumental et luxuriant recueil paru chez Flammarion, « Photographes de cinéma, Mirkine par Mirkine » ou « L’âge d’or du cinéma en 500 photographies » réunies pour la première fois.

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Une formidable histoire et leçon de vie

Philippe Déjardin


L’ALBUM DE LA SOIRÉE DE LANCEMENT DU MÉDIASCOM’06 2022 En commande sur www.clubpresse06.com

Le Club de la Presse Méditerranée 06 remercie les annonceurs du Médias Com’06 2022 : la Ville de Nice / la Métropole Nice Côte d’Azur, le Conseil Départemental 06, la Caisse d’Épargne Côte d’Azur, L'Office de Tourisme et du Commerce de la Colle-sur-Loup / Côte d'Azur France


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Diaporama

Soirée de lancement du

Médias Com’06 Le Club de la Presse Méditerranée 06 présentait, ce mardi 31 mai, l’édition 2022 du Médias Com’06, son annuaire des médias et de la communication dans les Alpes-Maritimes et Monaco.

Environ soixante-dix invités ont participé, le 31 mai, au lancement du MédiasCom’06, l’annuaire des médias et de la communication. Vincent-Xavier Morvan a remercié le personnel d’Université Côte d’Azur ainsi que Stéphane Azoulay, vice-président Formation UCA, et Delphine Sanfilippo attachée de presse, d’accueillir une nouvelle fois le Club de la Presse 06 au château Valrose. Le président du Club de la Presse 06 a également remercié les partenaires du club : La Chambre de Commerce et d’Industrie de Nice, la région Sud, le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, les Offices de Tourisme de la Colle-

sur-Loup et de Théoule-Sur-Mer, l’Université Côte d’Azur, Orange, la ville d’Antibes-Juan les Pins, la ville de Nice et la métropole Nice Côte d’Azur. Mais également les annonceurs de l’annuaire : le département des Alpes-Maritimes, la ville de Nice/ Métropole Nice Côte d’Azur, la Caisse d’Epargne, et l’Office de Tourisme et du Commerce de la Colle-sur-Loup. Voici quelques extraits de son allocution : Quelque part ce soir nous fermons une parenthèse qui pendant presque deux ans nous a, comme tout le monde, empêchés de mener nos activités normales. Souvenez-vous la soirée de 2020 annulée le premier jour du confinement le 17 mars et celle de l’an dernier que nous avions décalée en septembre. Mais en même temps nous en avons ouvert une autre avec

la guerre en Ukraine dont on espère qu’elle sera la plus courte possible. Je tiens à rendre hommage à notre collègue de BFM Frédéric Leclerc Imhoff, avec lui ce sont huit journalistes tués et plus d’une dizaine de blessés sur le théâtre de guerre. Cette guerre résonne particulièrement à Nice où les Russes ont pris une grande part à la construction de la ville de villégiature qui lui vaut aujourd’hui le classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Et nous sommes ici au château de Valrose, construit par un oligarque russe de l’époque en 1867. Cette guerre en Ukraine a remis au premier plan et de quelle manière la question de la désinformation. C’est le rôle de la profession de prendre du recul par rapport au flot de fake news sur les réseaux sociaux. Il faut continuer à documenter, à faire son travail


2022

tout simplement pour lutter contre ce fléau qui touche particulièrement les jeunes biberonnés aux réseaux sociaux et qui lisent de moins en moins la presse. Dans ce cadre le club a plus que jamais un rôle à jouer en prenant toute sa part à cette lutte contre la désinformation. Il doit aussi rester un lieu d’échanges entre communicants et médias, organiser des débats comme nous l’avons fait sur la démolition du TNN. Nous sommes un club de bénévoles, j’en appelle aux bonnes

volontés pour que ceux qui veulent participer à la vie du club, entrer au conseil d’administration se manifestent. En tant que nouveau président réélu récemment j’ai voulu que nous soyons mieux organisés pour que chaque membre du conseil porte une mission propre : recrutement, relations avec les écoles de journalisme et le monde scolaire, organisation de pots du mois, de visites culturelles qui font tout le sel du club. Photos : @Yann Coatsaliou

Photo ci-dessous : Une partie du conseil d’administration du Club : Josselyne Belieu, journaliste biographe ; Nicole Laffont, journaliste indépendante ; Abdellatif Azdine, Patriote Côte d’Azur, Sabine Delabassé, formatrice communication et journalisme, Tanja Stojanov, journaliste indépendante ; Vincent-Xavier Morvan, journaliste correspondant Le Figaro, Les Echos et Président du Club de la Presse 06 ; Valérie Perotti, responsable communication externe Orange Grand Sud Est. © Yann Coatsaliou

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1, 6- Le discours de Stéphane Azoulay, Vice Président Formation d’Université Côte d’Azur. 2, 3, 4, 5 - Le discours de Vincent-Xavier Morvan. 7 - Le public. 8 - Stèvelan Chaizy-Gostovitch, coordinateur de la rédaction RCF Radio et Cyril Bottollier-Lemallaz, journaliste Actu Nice. 9 - Kristian, dessinateur de presse et Zine, chanteuse. 10 - Chloé Braithwaite, rédactrice freelance ; Aila Stockmann, journaliste et Nicole Ruskell, journaliste. 11 - Eve Lille, artiste ; Michel Gathier, critique d’art et Sylvana Lorenz, biographe. 12 - Vincent-Xavier Morvan et Daniel Barberi, Principal Collège Maurice-Jaubert. 13 - Vincent-Xavier Morvan ; Daniel Barberi ; Abdel Azdine, journaliste et Patrick Allemand, Nice au Coeur. 14 - Jacqueline Quehen, correspondante de presse Nice Matin, Fabien Benard, chef de projet opérationnel de la cité éducative; François Sittler, communicant, Isabelle Graniou Marniquet, chargée de relations publiques Edhec et Valérie Perotti, responsable communication Orange. 15 - Josselyne Belieu ; Catherine Planas, enseignante et Philippe Joseph, informaticien.


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Photos © Yann Coatsaliou


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1 - Laurent Quilici, journaliste indépendant ; Laurence Dionigi, journaliste indépendante et Vincent Pomparat, directeur de l’Office de Tourisme et du Commerce de La Colle-sur-Loup. 2 - Eric Bernaudeau, journaliste AFP. 3 -Jacques Pugnaire, journaliste Nice Rendez-vous. 4 - Djamel Boukerma, journaliste ; Nicolas Di Francesco, chargé de communication senior Enedis et Mourad Hadjamer, journaliste. 5 - Jacqueline Quehen ; Sabine Delabassé ; Philippe Bellissent, conseil en communication et RP ; Carole Lessard, secrétaire Air France Centre Informatique Sophia Antipolis ; Joel Glutron, communicant et François Sittler. 6 - Joel Glutron et Sanya Maignal, journaliste. 7 - Philippe Déjardin, journaliste indépendant ; Vicky Berardi, journaliste honoraire, et Abdel Azdine. 8 , 9 , 10, 11, 12 - La chanteuse Zine en prestation pour le Club de la Presse 06. 11


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29/03/2022 09:24

Département 06, annonceur du Club de la presse 06