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L'édito Actu : L'Edito • Actu vue par Kristian

Journalisme d’investigation et pouvoir

Chaque lecteur peut juger les dérives de personnalités politiques dont la carrière se désintègre suite aux révélations de Médiapart. L’affaire de Rugy qualifiée de « lynchage » par les détracteurs de ce site repose la question des limites du journalisme d’investigation et des méthodes de Médiapart. Ce site et Le Point avaient diffusé des enregistrements clandestins réalisés en 2009-2010 par le majordome de Liliane Bettencourt. Un ancien directeur du Monde m’avait confié : « Le journaliste, en utilisant des enregistrements pirates, est susceptible d’être considéré comme un auxiliaire de justice ! » Seulement, la cour d’appel de Bordeaux a donné raison à Médiapart. Le 21 septembre 2017, le majordome qui avait réalisé les enregistrements, tout comme Mediapart et Le Point qui les avaient médiatisés, ont été relaxés définitivement. Si Le Canard enchaîné, Médiapart - en dépit de son traitement « bulldozer » des affaires -,

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n’existaient pas, la presse perdrait son rôle de contre-pouvoir. Fort heureusement, il existe encore de nombreux journalistes qui mènent, sur des chemins moins fréquentés, des investigations fouillées. Tel est le cas de Max Clanet, journaliste spécialisé dans les affaires relevant du secretdéfense qui a réalisé une remarquable contreenquête sur la catastrophe de la Caravelle Ajaccio Nice qui avait fait 95 victimes le 11 Septembre 1968 au large du cap d’Antibes. Le juge d’instruction Alain Chemama, qui estime solide la thèse d’un tir de missile accidentel, a pris en compte certains éléments recueillis par notre confrère

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Paul Barelli

L'Édito / Actu vue par Kristian / En bref..... 2 - 4 Culture : Maintenant à Nice.......5 Culture : Tatjana Sonjov / Mirò ... 5

N°103 - Juil 2019

Focus médias : Nice-Matin, la déchirure...... 8-9 Dossier : Les journalistes sont-ils au dessus des lois ?................................................10-12 Investigation : Catastrophe Caravelle A/N... 13 Actu Club : Cave Romagnan/ actu en dates. 14-15 Focus Partenaire : OT Théoule-sur-mer......16-17 Actu photo ..............................................18-21

Directeur de la publication - Rédacteur en chef : Paul Barelli / Rédacteur en chef adjoint : Vincent-Xavier Morvan / Secrétaire de rédaction - Infographiste : Marion Guinochet Ont collaboré à ce numéro : Paul Barelli, Valery Hache, Kristian, Nicole Laffont, Vincent-Xavier Morvan, Alexander Sandvoss, Jean-François Tealdi. Edition : Club de la Presse Méditerranée Maison des associations Comte de Falicon, 52, avenue du Ray - 06100 Nice 06 60 45 23 45 / info@clubpresse06.com / www.clubpresse06.com / ISSN : 2107-7002

Actu vue par Kristian


En bref...

Actu : EN BREF

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Presse et démocratie : chronique de morts annoncées ?

Lors du débat sur le pluralisme de la presse à la fête du Château, à Nice, le 29 juin. De gauche à droite : Pierre Barbancey (journaliste à L’Humanité), Vicky Berardi (responsable d’antenne Agora Côte d’Azur), Vincent-Xavier Morvan (Le Figaro, vice-président CPM 06), Jean-François Tealdi (ancien rédacteur en chef audiovisuel public, président des Amis de L’Humanité Alpes-Maritimes) et Patrice Maggio (directeur adjoint des rédactions de Nice-Matin).

Et si demain, dans un temps plus proche que ce que l'on croit, la presse d'information n'était plus sur les présentoirs des kiosques ? Cauchemar ? Non, triste réalité dans un pays démocratique comme la France. Pas un titre qui échappe à une crise jamais connue à ce jour ; tous les journaux non adossés à des entreprises du CAC 40, ou à des banques, font face à des difficultés menaçant leur existence. Nice-Matin en est le dernier exemple, mais les quotidiens nationaux comme La Croix ou l'Humanité ne sont pas en reste. Que serait la démocratie sans la pluralité des titres, qui, peu ou prou, rencontrent les idées plurielles des citoyens ? Nous assistons à une multitude de plans sociaux touchant tous les titres, avec comme première variable d'ajustement les rédactions. Or

sans journaliste... plus de presse ! Depuis des décennies, malgré les alertes de la profession, aucun gouvernement n’a voulu se pencher sur une réforme globale des aides à la presse alors que sans aide de l’Etat aucun titre ne pourrait vivre. La bataille que se livrent deux milliardaires pour le rachat de Nice-Matin en est un triste exemple. La presse est malade du pouvoir de l'argent. Nous en avons longuement débattu à la Fête du Château, avec des journalistes de Nice-Matin, du Figaro, d'AgoraFM, du Patriote et de l'Humanité. Car l'Humanité est le premier titre qui risque de disparaître. Placé en redressement judiciaire depuis février, le journal de Jaurès va supprimer une trentaine d'emplois dès la rentrée. Peu nous importe diront certains... Et pourtant ! L'Huma est une voix qui participe de la

vie démocratique, par le contenu original de ses pages. Il est aussi original par le soutien indéfectible de ses lecteurs, qui chaque année, versent des millions d'euros pour que le titre subsiste. Une voix qui s'éteint c'est la démocratie qui est en danger. L'Association des Amis de l'Humanité des Alpes-Maritimes, créée voilà trois mois, vient d'interpeller les parlementaires des Alpes-Maritimes pour que ce débat sur la presse arrive au Parlement. La députée LR Laurence Trastour a déjà répondu favorablement

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En savoir plus : Facebook : Les Amis de l'Humanité Alpes-Maritimes Jean-François Tealdi


En bref...

Actu : En bref

Le CPM06 intervient auprès de la présidente du Tribunal administratif de Nice afin de faciliter le travail des journalistes Depuis plusieurs mois, de nombreux journalistes se sont plaints des difficultés inhabituelles qu’ils rencontrent pour obtenir des informations du Tribunal Administratif de Nice. Cette juridiction diffusait les rôles aux rédactions et communiquait les jugements sur demande. Concernant la diffusion des rôles, le Tribunal a décidé de les diffuser uniquement sur son site. Or, leur parution ne se fait pas à date fixe et il est matériellement impossible pour chaque rédaction de se connecter chaque jour pour vérifier si de nouveaux rôles sont parus. Le Club de la Presse 06 a écrit à la présidente du Tribunal Administratif Pascale Rousselle afin de faciliter le travail des journalistes. Le CPM06 a précisé que le service de diffusion des rôles par email est assuré sans problème aux TGI de Nice,

Grasse, Draguignan et TA de Toulon, pour ne citer que les

jugements, le Tribunal Administratif les adressait, sur demande écrite, dès qu'ils étaient disponibles ce qui n'a plus été le cas ces derniers mois. Le bureau de l'AFP à Nice, mais aussi France Bleu Azur, Nice-Matin ont d'ores et déjà réagi auprès des services du Tribunal Administratif pour exprimer ces difficultés inattendues auxquelles ils sont confrontés pour avoir accès aux rôles et à la publicité des jugements. Recontactée, la présidente du Tribunal s’est montrée à la fois chaleureuse et à l'esprit pratique. Elle a précisé qu’il n’y aurait pas de rôle de toute façon d'ici à la rentrée. En revanche, un flux RSS sera proposé aux journalistes avec la marche à suivre pour le recevoir par email et peut-être une rencontre avec elle

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CPM06 ressorts judiciaires de la région. Le club de la presse a suggéré une remise à jour du listing presse. Concernant l'envoi des

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culture " Maintenant ! à Nice ", le •5•

culture

film-documentaire sur les initiatives "vertes", lance son casting

Deux Azuréens, Lina Cappellini et Julien Hattiger, lancent un ambitieux projet : réaliser un film documentaire consacré aux femmes et aux hommes qui agissent pour l’environnement. « De Nice à Saint-Etienne-de-Tinée, si vous agissez à votre modeste échelle, chez vous, dans votre quartier, votre entreprise, n’hésitez pas à candidater pour faire partie de ce film-documentaire ». Tel est le vœu de Lina Cappellini, niçoise, passionnée par tout ce qui a trait à l’environnement. Le Club de la Presse 06 suit ses projets depuis qu’en 2016 elle a créé l’association Potager en ville (potageren-ville.fr), plateforme internet nationale pour promouvoir l’agriculture urbaine. Tout a commencé par un film qui a fasciné Lina, Demain, réalisé par Cyril Dion et l’actrice Mélanie Laurent. Lina s’est dit qu’il était possible de « vivre autrement ». Et elle s’est donnée pour objectif d’accompagner les professionnels, collectivités et particuliers sur la voie du « vert ». L’équipe de bénévoles de cette association partage la même vision : la nécessité de trouver un équilibre entre la ville et la nature et celle d’une nouvelle expérience urbaine autour d’un écosystème de compétence. L’association travaille sur la création d’une boite à outils à la disposition de tous afin d’accélérer le développement de l’agriculture et de la biodiversité urbaine. La tâche est immense : végétalisation de lieux urbains, des trottoirs aux toits, ateliers auprès des écoles, organisation de rencontres potagères. Dès lors, Lina Cappellini et Julien Hattiger ont été

convaincus qu’un film documentaire sur les petits et grands acteurs du développement durable niçois serait un défi. Leur but ? Donner envie d’agir au plus grand nombre, comme l’a précisé à Nice-Matin Julien Hattiger. Après une licence en audiovisuel, le jeune homme s’est lancé dans un mas-

Autour de Lina Cappellini à droite :Julien, Felix, Sylvie, Timothée et Léa.

sortir des sentiers battus, rencontrer des hommes et des femmes qui réinventent leur existence, loin des réseaux associatifs qu’ils connaissent déjà. En fait c’est un grand casting ouvert à tous. Pour participer au film, il faut habiter ou travailler sur le territoire de la métropole Nice Côte d'Azur et œuvrer, à son échelle, pour l’environnement. Qu’il s’agisse d’une petite invention singulière dans son jardin ou d’un projet collectif dans son entreprise, toutes les candidatures peuvent séduire Potager en ville. De Cap d'Ail à Cagnes-sur-Mer en passant par Vence, Lantosque, Valdeblore, Saint-Sauveur sur Tinée... Votre petite action du quotidien pourrait tout changer à grande échelle mais seule votre famille en a connaissance ? Vous pouvez contacter Lina Cappellini par téléphone au 06.88.82.17.77 ou par mail : lina@potager-en-ville.fr. L'Instagram de l'équipe de "Maintenant ! à Nice" : @maintenantanice Et si vous connaissez des femmes et des hommes qui mènent une initiative mais n'osent pas se mettre en avant, n'hésitez pas à en parler aux réalisateurs niçois. Le film-documentaire sera diffusé sur une plateforme vidéo gratuite pour être accessible à tous 

ter en communication développement durable. Pour concilier ses deux formations, il devient réalisateur vidéo pour l'association Les Mauvaises Herbes qui produit films et reportages sur la transition écologique. Lina et Julien veulent mettre en exergue les petites histoires du quotidien déjà en œuvre. Pour cela, leur équipe aimerait CPM06

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CULTURE

La mémoire retrouvée de Tatjana Sonjov, une œuvre qui s’inscrit dans le futur

Bien sûr le propos (intelligent, percutant, émouvant). Bien sûr la facture (habile, inventive, soignée). Mais il y a autre chose qui finalement s’impose comme un essentiel. L’émotion que l’on ressent devant l’installation de Tatjana Sonjov présentée dans le cadre majestueux de la citadelle de Villefranche-sur-Mer. Appel à la contemplation, à la réflexion, à la communion aussi. Dans la mesure où chacun, peu ou prou, se sent forcément concerné par cette œuvre plastique qui en dit long sur la mémoire cicatricielle, le poids des générations et l’empreinte culturelle qui, à bas bruit, façonne nos vies.

La mémoire retrouvée -Tatjana Sonjov ©Nicole Laffont

Tatjana a longuement réfléchi. Elle a chiné des objets insolites afin de pouvoir construire son triptyque. Des bavoirs anciens finement ouvragés ont reçu des jets de peinture noire, comme pour dire la trace des soins maternels et des exigences qui en découlent. Elle a pris soin aussi d’apporter sa marque en brodant sur l’étoffe des petites figures jaunes ou rouges, souvenirs, larmes ou regrets… Sa performance consistait à habiter un lieu magique, chargé d’histoire. Tatjana a habillé les colonnes de draps brodés qui évoquent des familles, des générations. Elle a posé des chaussures comme des pieds qui se dévoilent pour bien affirmer qu’il s’agit ici d’une aventure humaine en marche

vers un avenir certain même si sa consistance baigne dans l’incertitude. Nul ne peut rester insensible devant cette façon très personnelle d’investir un monument patrimonial. Tatjana Sonjov a beaucoup de chemin devant elle car dans son esprit de plasticienne inspirée se bousculent des tas d’idées nouvelles dont elle craint souvent qu’il ne s’agisse de redites. Ce doute vertueux est la vraie marque du talent

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Nicole Laffont Informations : Tatjana Sonjov : 06 15 14 03 15

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Culture CULTURE

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L’œuvre graphique de Mirò chez Maeght, une histoire d’amour

©Nicole Laffont

Adrien et Isabelle Maeght (ci dessus en compagnie de la commissaire de l’exposition, Rosa Maria Malet) étaient particulièrement émus lors de la présentation à la presse de l’événement estival de la Fondation inauguré aujourd’hui. Car c’est Mirò qui est à l’honneur avec la plus importante collection privée française du « fauve catalan ». Depuis l’origine, entre Mirò et la famille Maeght il s’agit d’une histoire d’amour. L’artiste fit partie des fondateurs et marqua à jamais l’histoire de ce lieu magique avec son fabuleux labyrinthe qui serpente dans les jardins. Aujourd’hui son œuvre graphique, dont la partie essentielle fut réalisée dans l’imprimerie Arte fondée en 1964 par Adrien Maeght, ouvre les

cimaises. Plus de 200 pièces, dont un ensemble de gouaches inédites, maquettes, affiches, gravures, lithographies originales, plaques de tirage, bons à tirer et ouvrages de bibliophilie, constituent une exposition axée sur ce travail passionnant qui utilise un nouveau vocabulaire pour dire les choses et les émotions, « Joan Mirò au delà de la peinture » A l’écart des modes, ignorant les courants qui poussent certains à œuvrer « à la manière de… », Mirò a puisé l’inspiration dans les objets du quotidien, s’est laissé conduire par son instinct et a métamorphosé les formes les plus simples un peu sans le vouloir. Itinéraire fabuleux d’un artiste profondément ancré dans son temps, extraordinaire inventeur qui, tel un enfant émerveillé

devant le réel qu’il découvre, laisse voguer son imaginaire sur des sentiers vierges. Mirò est un artiste très facile à reconnaître mais il est bien plus hasardeux de prétendre le connaître. Il faudrait, pour y parvenir, comme l’a noté la commissaire de l’exposition, s’aventurer sur des chemins non encore défrichés. Et pour déchiffrer son langage inédit, une visite à la Fondation, constitue une première étape, essentielle

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Nicole Laffont

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« Joan Mirò au delà de la peinture ». Fondation Maeght. 633, Chemin des Gardettes, Saint-Paul-deVence +33 (0)4 9332 8163 info@ fondation-maeght.com


Focus medias • 8 • FOCUS MEDIAS

Nice-Matin : la déchirure

La dernière assemblée générale des salariésactionnaires s’est soldée par une rupture profonde entre la rédaction et le reste du personnel. Les deux parties s’opposent sur le nom du repreneur du journal. La situation met en péril l’avenir du titre, un comble alors qu’il est courtisé par deux milliardaires et semblait pouvoir se tirer enfin d’affaire !

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omme un divorce. Telle était l’ambiance décrite par des témoins qui ont assisté, vendredi 12 juillet après-midi, à l’assemblée générale de la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) de Nice-Matin, dans ses locaux de la plaine du Var. Cette SCIC, qui regroupe 456 salariés-actionnaires du journal et contrôle la majorité du capital de Nice-Matin avec 66% des parts, était appelée à choisir l’un des deux milliardaires qui cherchent à prendre le contrôle du titre, diffusé à près de 120 000 exemplaires quotidiens (en comptant Var-Matin).

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’un côté, Xavier Niel, qui a fait fortune avec Free et contrôle une partie du capital du Monde. Quelques jours auparavant, on apprenait que Niel avait racheté les 34% détenus par le groupe belge Nethys dans Nice-

Matin. Plus grand monde alors ne donnait cher de la peau de l’autre milliardaire en lice, Iskandar Safa. À la tête de l’un des plus grands domaines privés de la Côte d’Azur, Barbossi, à Mandelieu-La Napoule, le magnat franco-libanais, propriétaire de chantiers navals, Safa se démenait pourtant depuis des mois, dans l’ombre, pour prendre le contrôle de Nice-Matin. Mais la vente des parts de Nethys à Free semblait tuer le projet dans l’œuf. « Niel a un pied et quatre orteils dans la maison », confiait quelques jours avant l’assemblée générale un responsable du journal. Erreur. En votant à 60% pour Safa ce fameux vendredi qui restera dans les mémoires, le personnel de Nice-Matin le fait revenir dans la course. Mais le prix à payer risque d’être élevé, et met en péril la situation-même du journal, déjà placé en procédure de sauvegarde depuis le printemps.

C

e choix entérine d’abord une rupture avec la rédaction. Se méfiant de celui qui gère aussi le magazine Valeurs actuelles, à la ligne très conservatrice, les 148 salariés du collège journalistes ont voté à 93% pour Niel. Très précisément, sur 144 votants journalistes, 137 ont choisi Niel et six Safa (un blanc ou nul). Un vote sans appel pour celui qui, au Monde, a garanti l’indépendance de la rédaction via la création d’une société des rédacteurs, qui nomme son propre directeur. Le divorce entre les journalistes et les personnels techniques ou administratifs est consommé. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) s’est expliqué sur ce « Non à Safa », évoquant dans un communiqué, préalable au vote d’une grève de 24 heures, « les rapprochements envisagés entre notre journal et les publications du groupe Valmonde, notamment Valeurs actuelles, qui inquiètent les journalistes que nous sommes,


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soucieux de leur indépendance éditoriale ». Au passage, le SNJ rappelle que Nice-Matin « n’a aucune justification et aucune valeur sans sa rédaction et sa capacité à produire des contenus éditoriaux  ». Des scènes de violences ont aussi été décrites par certains à l’égard de membres du personnel, violences qui auraient été exercées par des représentants de la CGT, le syndicat majoritaire chez les personnels non journalistes. Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a même, à ce sujet, lancé une alerte auprès de la direction. De leur côté, les pro-Safa se sont expliqué sur leur vote dans un communiqué : « L’intersyndicale CGT-CGC n’a soutenu ni Niel ni Safa mais un vrai projet d’entreprise, des investissements chiffrés et des développements dans tous les secteurs (digital, industriel), l’indépendance éditoriale, le maintien de tous les emplois et tout cela sous la protection du tribunal de commerce avec le maintien du plan de sauvegarde (Safa). Pour les salariés non journalistes il était difficile de s’engager avec Niel, une offre trop légère, sans garantie, sans engagement ferme et surtout la sortie du plan de sauvegarde immédiate  ». De son côté, Jean-Marc Pastorino, PDG de Nice-Matin, ancien rotativiste puis cadre de l’imprimerie devenu patron à la faveur de la prise de contrôle du journal par les salariés, a livré son sentiment sur le vote dans un communiqué : « Il s’agissait d’adhérer à un projet et à un investisseur suite au retrait du groupe Nethys. Il a été fait par ce vote le choix d’un avenir

en contrecarrant une tentative de fraude aux droits des actionnaires de choisir un nouveau partenaire qui accompagnera le développement de Nice-Matin ». Pour Pastorino, qui s’activait en coulisses depuis des mois, avant l’arrivée surprise de Niel, pour permettre l’arrivée de Safa, l’AG du 12 est une victoire. À la Pyrrhus ? Peutêtre, car outre le divorce consommé avec la rédaction, il va falloir maintenant payer le prix judiciaire. Car en rachetant les 34% de Nethys, Niel peut aussi faire valoir le pacte d’actionnaires qui avait été signé avec le Belge, et qui lui donne la possibilité de devenir majoritaire l’an prochain en reprenant les parts de la SCIC. Le vote du personnel pour Safa suppose donc une dénonciation de ce même pacte d’actionnaires. Dans les colonnes du Journal du dimanche, Jean-Marc Pastorino indiquait d’ailleurs au lendemain du vote vouloir « saisir le tribunal de commerce pour dénoncer le pacte d’actionnaires  ». Selon lui, explique Bruna Basini dans le JDD, « la SCIC aurait dû être informée préalablement à la vente et donner son accord  ». Que nenni, précise l’entourage de Niel au JDD : « Il n’y a pas de clause d’agrément, on a incroyablement raison juridiquement et on va récupérer 4 sièges d’administrateur sur les 9 ». Une bataille judiciaire se profile désormais, avec des risques pointés par Xavier Huertas, l’administrateur judiciaire (dans le cadre de la procédure de sauvegarde) de « redressement judiciaire  », selon Denis Carreaux, directeur des rédactions de Nice-Matin, qui appelle aujourd’hui à l’apaisement. Pas sûr

que sa voix soit entendue…

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Vincent-Xavier Morvan

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Safa met aussi un pied dans Azur TV Le magnat franco-

libanais a annoncé

le 9 juillet avoir fait l’acquisition de 39% du capital d’Azur TV, chaîne de télévision locale privée basée à Nice. L’acquisition a été faite via Privinvest Médias, la filiale médias de la holding Privinvest d’Iskandar Safa, qui explique dans un communiqué que « cette acquisition souligne la volonté de Privinvest Médias de constituer un pôle média dynamique à la hauteur des attentes des habitant(e)s de la région ». Créée en 2013, Azur TV couvre l'actualité de la côte méditerranéenne de Marseille à Menton, à travers trois émetteurs.


DOSSIER • 10 •

DOSSIER

Les journalistes sont-ils au dessus des lois ? Les récentes convocations de journalistes devant les services de renseignements ou les tentatives de perquisition chez Mediapart reposent avec acuité la question de la protection des sources des journalistes, dans un contexte où, pendant deux ans, les relations entre le président Macron et les médias ont été extrêmement tendues. La position du Club de la presse Méditerranée 06.

Journalistes et secret défense :  circulez ! Il n’y a plus rien à voir Depuis qu’existe la profession de journaliste, le pouvoir politique et militaire s’est attaché à protéger les informations « sensibles » relevant du secret de la défense nationale. Certaines sont susceptibles de mettre en péril la sécurité de notre territoire. D’un point de vue du gouvernement, cela s’explique. Les exemples foisonnent, depuis des décennies, où l’Etat a joué « le monde du silence » quant aux « affaires » secrètes justifiant ainsi l’appellation « grande muette » désignant l’armée.


DOSSIER

Un ex-colonel de la DGSE confiait à votre serviteur en 2016 que certains renseignements sur l’armée française datant de la première guerre mondiale n’étaient toujours pas « déclassifiés ». « Ne parlons pas de la guerre d’Algérie ! » ironisait-t-il ! La préservation du Secret défense est une constante. Le pouvoir cherche souvent à identifier les sources des journalistes. En 1985, j’avais posé, avec un confrère de l’AFP, une question sur un dossier sensible au ministre de la Défense Charles Hernu, en visite dans le Var. Le lendemain, des enquêteurs des RG renseignement généraux me posaient quelques questions, très courtoisement. Ce n’était pas dans un cadre judiciaire contrairement aux neuf confrères entendus par la DGSI. Désormais, le pouvoir renforce la protection du Secret défense. Le contexte médiatique a bouleversé l’accès aux informations et à leur diffusion. L’irruption du numérique, le déferlement de fake news - fausses nouvelles - compliquent la tâche des services de renseignements français. La surveillance de la gigantesque Toile, où sévissent des terroristes, mobilise des moyens électroniques considérables. Dans ce contexte, l’identification de toute source à l’origine d’une « fuite » d’information sensible provenant d’une structure liée à la sécurité de l’Etat apparait prioritaire vu du pouvoir. Pour preuve, en l’espace de quelques semaines, en avril et mai, neuf professionnels des médias ont été convoqués par la DGSI, la direction générale du renseignement intérieur.

Erreur de casting C’est sans précédent en France. Ariane Chemin, du Monde et son

directeur de la publication, ont été entendus sur l’un des dossiers de l’affaire Benalla, sept ont été interrogés pour avoir travaillé sur les ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux émirats arabes unis, deux gros clients de la France engagés depuis 2015 dans un conflit meurtrier au Yémen. « On a l'impression d'une erreur de casting », a raconté la journaliste du Monde Ariane Chemin sur France Inter. « Ça ressemble un peu au Bureau des Légendes, on descend au quatrième sous-sol, c'est gris, il y a des néons, une paire de menottes qui pendouille... Vous êtes interrogé dans un cadre normalement réservé à des personnes accusées de terrorisme. » C'est d'ailleurs ce qui inquiète le plus les deux journalistes, qui s'alarment d'une forme de « criminalisation du travail journalistique ». « Avec la multiplication de ces auditions à la DGSI, on a l'impression que c'est une logique antiterroriste qui est appliquée aux journalistes », a expliqué Benoît Collombat, journaliste à la Cellule investigations de Radio France. « On parle de l'affaire Benalla, une affaire d'État. On parle des armes françaises au Yémen, un mensonge d'État. Et là, on n'est pas dans le cadre traditionnel du droit de la presse, devant les tribunaux devant lesquels on peut se défendre. » Pour eux, quand Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, dit que les journalistes « sont des justiciables comme les autres », elle se trompe. « C'est vrai dans la vie quotidienne, mais pas dans l'exercice de leur métier », s'agace Ariane Chemin. Le principe du secret d'État et celui de la liberté de la presse « ne se valent donc pas ». Motif des convocations : compromission du secret de la défense nationale. L’exécutif a vivement réagi - le parquet a ouvert une enquête préliminaire après une plainte, en décembre, du ministère

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des Armées. La crispation sur le secret de la défense nationale est nourrie - souligne Libération, par l’idée d’incarner le dernier bastion, celui qui ne faiblira pas, contrairement, par exemple, au secret de l’instruction. Les journalistes n’y sont pas soumis, mais ils peuvent être poursuivis pour recel de violation du secret de l’instruction. Le journaliste n’est pas, en fait, un justiciable comme les autres. En réalité pourtant, les journalistes ne sont pas vraiment des « justiciables comme les autres. » Si, en tant que citoyens, ils peuvent évidemment être poursuivis en justice (imaginons, par exemple qu'un journaliste fasse un excès de vitesse ou commette un vol), la situation devient différente quand ils sont en plein exercice de leur métier. « Il faut intégrer deux données, a expliqué à L'Express l'avocat spécialisé en droit de la presse Christophe Bigot, par ailleurs avocat du Monde et de la journaliste Ariane Chemin. La première est que le journaliste doit respecter le droit. En cela, il est un justiciable comme les autres. La deuxième donnée, c'est que le droit inclut une série d'infractions qu'il est susceptible de commettre, mais aussi la liberté fondamentale d'informer, qui a une valeur égale à celle des infractions. » Certes, les journalistes doivent, comme tout un chacun, répondre des lois et des règles françaises, note pour L'Express Virginie Marquet, spécialisée en droit de la presse et des médias : « Les journalistes peuvent également être poursuivis dans le cadre de l'exercice de leur mission de journaliste, poursuit-elle. Il doit être pris en compte leur mission d'information publique qui découle d'une liberté fondamentale, la liberté d'informer le public. » 

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Paul Barelli


DOSSIER • 12 •

DOSSIER

Macron et la presse : je t’aime moi non plus Après deux ans de relations épouvantables avec les médias, le président de la République semble revenu à la raison. Pourvu que ça dure !

Lors d’un récent voyage en Serbie, Emmanuel Macron a offert à la presse française « embedded » un visage enfin « normal » : celui d’un président qui accepte de répondre, présence à l’étranger ou pas, à des questions de politique intérieure, en l’occurrence l’affaire De Rugy. On est loin de l’attitude affichée par le président de la République pendant les deux premières années de son mandat. Le voilà qui semble enfin avoir pris conscience de l’utilité d’avoir des relations apaisées avec les médias. Sans doute l’affaire Benalla, qui lui avait pourri l’été précédent, lui aura-t-il servi de leçon. « Qu’ils viennent me chercher », plastronnait-il en juillet dernier. Le mouvement des « gilets jaunes », qui l’a pris au pied de la lettre en tentant d’investir à l’automne l’Elysée, l’aura fait réfléchir. Autre signe tangible de ce retour à la raison : l’Association de la presse présidentielle (APP) a annoncé le 5 juillet la décision de l’Elysée, à la demande d’Emmanuel Macron, de maintenir la salle de presse dans l’enceinte du palais, alors que la présidence avait envisagé de la déménager. Cela avait été mal perçu, notamment par les quatre agences de presse (AFP, Reuters, AP et Bloomberg), qui y disposent d’un accès permanent.

Imaginez aussi qu’il aura fallu attendre le 25 avril 2019, presque deux ans après son élection, pour que le président organise, pressé par les événements, « gilets jaunes » et Grand débat, sa toute première conférence de presse du quinquennat. Avant cela, il avait préféré jouer les fiers-à-bras en recevant Edwy Plenel (Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (RMC-BFM), choisis tout spécialement pour leur supposée coriacité et pour ainsi se donner le beau rôle… Et que dire, plus près de nous et de manière plus anecdotique, peutêtre, mais tout aussi révélatrice d’un certain comportement de défiance, de la déplorable relation entretenue avec les médias l’été dernier au fort de Brégançon, lieu de résidence du président dans le Var ? Certes, comme tout un chacun, le président et sa famille sont en droit de goûter un peu de tranquillité, surtout quand ils sont en vacances… La presse n’est pas forcément en droit de connaître son agenda minute par minute. Mais quand Theresa May y fait une halte au fort de retour d’un voyage officiel en Italie pour parler du Brexit, la presse est tout de même en droit de pouvoir être tenue au courant des échanges, au-delà d’un simple pool

de photographes ou de vidéastes que l’on fait entrer dans le fort pour immortaliser une simple image. Mais au-delà de ces difficultés à travailler, de la salle de presse de l’Elysée à la petite presqu’île rocheuse de Bormes-les-Mimosas, l’enjeu le plus important reste bien les menaces qui pèsent aujourd’hui, de plus en plus, sur la protection des sources des journalistes (lire ci-contre). Depuis 2010, la loi précise le principe suivant : « Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources que si un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie et si les mesures envisagées sont strictement nécessaires et proportionnées au but légitime poursuivi ». En 2016, une loi renforçant la protection des sources avait été retoquée par le Conseil constitutionnel. Elle précisait cette notion, trop floue, « d’impératif prépondérant d’intérêt public », en la limitant à une série d’infractions du Code pénal. Au vu des dernières affaires, il est urgent que le législateur s’empare de nouveau de ce sujet...

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VX Morvan


Investigation

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Catastrophe Caravelle AjaccioNice : le juge qui brave la raison d’Etat Le juge Alain Chemama est un magistrat instructeur discret. La fonction l’impose. Ancien avocat au barreau de Nice, le doyen des juges d’instruction au tribunal de Grande Instance de Nice (qui doit quitter son poste dans le courant de l’été) a une réputation d’homme tranquille, posé. Il n’en demeure pas moins très attentif aux dossiers dits « sensibles ». Ainsi, il ne s’est pas laissé influencer par les précédentes conclusions judiciaires sur les causes de la catastrophe de la Caravelle Ajaccio Nice qui a fait 95 victimes le 11 septembre 1968, au large du cap d’Antibes. Après la catastrophe, l'enquête avait débouché sur un non-lieu, concluant le 14 décembre 1972 à un incendie à bord lié au chauffe-eau des toilettes. En 1978, les faits avaient été déclarés prescrits. Pourtant, face à l’obstination des familles et en particulier de Louis et Mathieu Paoli qui ont perdu leurs parents, le dossier avait été rouvert pour « soustraction et recel de preuves » en 2011. Le juge Chemama, en étroite coopération avec la gendarmerie de Nice, a repris le dossier à bras le corps. Il a réexaminé toutes les

hypothèses, vérifié de nombreux témoignages, menant des auditions, chaque fois que cela se révélait possible. Ce travail de fourmi n’a pas été vain. Il a conduit Alain Chemama a officiellement requérir la levée du secret-défense, fin mars 2018. L’opiniâtre magistrat estime, en effet, que la thèse d’un tir de missile accidentel touchant l'arrière de l'appareil « doit être prise très au sérieux ». Mais quinze mois plus tard, malgré la volonté affichée par Emmanuel Macron « que la lumière soit faite sur cette tragédie », aucun document n'a pu être consulté et la Commission du secret de la défense nationale n'est toujours pas saisie. Le juge ne se décourage pas. Ses méticuleuses investigations sont saluées par les familles des victimes. « Dès lors qu'un juge d'instruction, presque cinquante ans après, prend le dossier en main et nous reçoit, on ne peut que se réjouir. Rétablir la vérité c’est le travail de toute une vie », confie Mathieu Paoli qui lutte depuis 51 ans contre l’omerta de l’Etat.

Sans précédent : Le juge prend en compte l’enquête du journaliste Max Clanet « Nous avons été soutenus par de nombreux journalistes qui ont contribué à mettre en doute la thèse officielle. Je pense en particulier au considérable travail d’enquête menée par le journaliste Max Clanet, après 2010 », explique aussi Mathieu Paoli.

Max Clanet est devenu un expert de ce sensible dossier marqué du sceau de la raison d’Etat. Il fait parti du collectif Secret Défense qui traite le suivi d’une quinzaine d’affaires relevant du secret d’Etat depuis une soixantaine d’années. Dans l’affaire de la Caravelle, Max Clanet a dévoilé les « étranges » disparitions de documents et photos au fil des contacts qu’il établissait avec les forces militaires. Il a mené d’intenses recherches à Bruxelles auprès de l’OTAN, à Vincennes dans les archives air, terre, mer. Aucun document ne figurait à la date du 11 septembre 1968. Plus spectaculaire encore, le journaliste a relevé que sur le carnet de navigation d’une frégate basé à Toulon, chargée de scruter le ciel de la Méditerranée, la page du jour du crash avait été « trafiquée ». D’autres éléments troublants dévoilés par le journaliste ont attiré l’attention du magistrat qui les a pris en compte. Ce dernier a indiqué aux avocats des familles qu’après les investigations menées avec ténacité par les gendarmes, les explications et pièces fournies par le journaliste Max Clanet, outre d’autres éléments divers, il est apparu que la thèse sous tendue par la plainte avec constitution de partie civile d’un tir de missile accidentel touchant de l’appareil se devait d’être « prise très au sérieux ». C’est quasi sans précédent qu’un magistrat utilise des éléments issus d’un travail de journaliste

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Paul Barelli


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Actu Club

• 14 •

actu club

Le Club a découvert la cave Romagnan

Un petit tour à la cave Romagnan un samedi soir, soir de jazz, et les idées grises s’évanouissent. Des musiciens au top de la technicité qui swinguent, improvisent et composent des partitions somptueuses. C’est dingue comme le patron de ce lieu chaleureux et poétique réussit à fédérer les meilleurs ! Il est vrai que Manu est unique en son genre. Il a fait de ce bar un théâtre, un café tantôt poétique tantôt philosophique, une librairie et une salle d’expos. Un lieu de liberté bien connu des artistes, des musiciens et des noctambules niçois, la cave Romagnan a reçu récemment la

Ci-dessus : à gauche, Manu, le gérant de la Cave Romagnan © Paul Barelli Ci-dessous : La Cave Romagnan © Paul Barelli

visite du Club de la Presse et les journalistes ont été étonnés par l’ambiance très particulière qui y règne. Un joyeux melting pot avec des gens venant de tous les horizons mais se retrouvant ici pour échanger, sympathiser et créer du lien social. Les conversations type « café du commerce » laissent place ici à un joyeux charivari où chacun peut affirmer ses convictions, se confronter à d’autres idées et, au bout du compte, évoluer dans le sens de la tolérance et du respect de l’autre. Certaines soirées sont

spécifiquement réservées aux débats d’idées, d’autres permettent une communion musicale ou littéraire. Aux cimaises, des peintures, des gravures ou des photos. Sur les étagères, au milieu de bonnes bouteilles, des romans, des recueils, des récits. Bref, un lieu alternatif, un bar alliant convivialité, culture et joie de vivre. Un peu comme un bistrot d’autrefois…

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Nicole Laffont La cave Romagnan 22 Rue d'Angleterre 06000 Nice

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Actu Club actu club

• 15 •

L'actualité du club en dates Le 11 avril le Club participait au forum « Médias & Information Sportive - L’impact des réseaux numériques », organisé par le Master Distic Université Côte d’Azur, UFR Lash au Musée National du Sport de Nice.

L’Office de Tourisme de Théoulesur-Mer, partenaire du Club, invitait les membres du Club à participer à un Eductour le 15 avril, avec oursinade et concours de pétanque.

Le 23 mai, Hélène Fincker nous ouvrait les portes de sa Maison Abandonnée [Villa Cameline] pour une visite privée suivie du vernissage de l’Exposition Géographie intime, de l'artiste Kristof Everart.

Le Club était partenaire des Rencontres du Cinéma Italien de Nice, qui ont eu lieu du 11 au 18 juin au cinéma Rialto de Nice.

Le Club est partenaire du Nice Classic Live 2019 (du 15 juillet au 09 août). À cette occasion, l’Académie Internationale d’Eté de Nice offre 20 places aux membres du Club.

CI_DESSUS : De gauche à droite : Frédéric Lamasse (France Télévisions), JeanLouis Filc (RMC), Philippe Bellissent (conseil en communication et relations presse), Paul Barelli (Le Monde, président du CPM06), Michaël Lefebvre (RTL), Daniel Ortelli (AFP) ©Philippe Dejardin CI-CONTRE : Kristof Everart au centre, Hélène Fincker à gauche et le club de la presse. ©CPM06


PARTENAIRE • 16 •

Focus Partenaire

Entretien avec Dominique Baldini Propos recueillis par V.-X. M.

« Nous sommes un peu des couteaux suisses » Dominique Baldini, directrice de l’office du tourisme de Théoule-surMer, revient pour Intermed sur les dernières actualités de l’activité touristique de la petite commune du littoral azuréen et le fonctionnement de cet organisme.

Il y a trois ans, vous avez lancé la navette maritime Estérel. Comment fonctionne-t-elle ? Dominique Baldini : C’est ni plus ni moins qu’un transport en commun où l’on peut monter et descendre toute la journée. Elle fait Cannes-La Napoule-Théoule centre et Théoule-La Figueirette, à la limite du Var. On peut aller à Cannes faire ses courses, s’arrêter à La Napoule voir le château ou boire un café. Elle circule du 21 juin au 28 septembre. Le tarif est de 10 euros par jour, c’est un pass à la journée. Et de 6 euros pour un aller simple. Le bateau peut prendre environ 150 personnes à bord. La navette est financée par la commune de Théoule. Nous sommes une commune avec 13 km de littoral, soit 10% du total du département des Alpes-Maritimes, c’est important. Théoule, c’est un village de 1 500 habitants à l’année qui passe à plus de 15 000 l’été avec les 3 000 résidences secondaires qu’on a. Nous avons aussi 5 hôtels dont deux 5 étoiles. Quel bilan tirez-vous ? D.B. : Cela désengorge les routes et permet de répondre à un souci qu’on a à Théoule, celui des parkings. On n’en a pas beaucoup, on est victimes de notre succès. On n’a qu’une seule route, c’est un problème. En été les parkings sont souvent complets, on peut venir de Cannes sans prendre la voiture en un peu plus d’une demi-heure. La fréquentation a doublé par rapport à la première saison. C’est rentré dans les mœurs, à la fois des habitants et des touristes. Economiquement, cela a intérêt pour Cannes et Mandelieu aussi. C’est bénéfique aussi pour le commerce local. Comment se passe la saison touristique 2019 ? D.B. : C’est moins la cohue que l’an dernier. Mais l’année dernière avait été une année exceptionnelle. Moi qui ne fais pas d’accueil, parce que nous avons déjà trois personnes à ce poste, il avait fallu que je vienne quatre mois en renfort pour ça l’année dernière. Cette année, les trois employées n’ont pas besoin de moi. À quoi cela est-il dû ? Je sais que beaucoup de gens sont partis en Bretagne à cause de la canicule. Ils ont été prendre le frais. Il y a peut-être aussi des raisons économiques, mais on ne peut pas dire que c’est une mauvaise saison. Il y a du monde quand même.


FOCUS PARTENAIRE

Comment fonctionne votre office du tourisme ? D.B. : Nous sommes une association loi 1901, avec une subvention communale. Nous avons un conseil d’administration, avec un président. Moi, je suis la directrice, nous sommes quatre personnes à y travailler. Nous sommes situés face à la plage, il y a pire comme cadre pour travailler. Mais à quatre seulement, c’est parfois difficile, on fait tout, on est un peu des couteaux suisses. Quand se fait le gros du travail chez vous ? D.B : En fait, de septembre à avril. On remet à jour le guide pratique qu’on édite chaque année, on prépare les manifestations que nous organisons, hors saison estivale. L’été, nous n’organisons pas de manifestations, nous n’avons pas le temps, en dehors de l’aïoli géant sur la plage que l’on propose le 16 août, pour l’anniversaire du Débarquement. En dehors de l’été, on organise des manifestations comme « L’automne à Théoule » en octobre avec les restaurateurs, le salon « Art et Vin » le même mois, en décembre une expo-vente de santons et une expo de crèches, en février la kermesse aux poissons avec les restaurateurs aussi, et en avril le salon « Roses rosé » autour des fleurs et du vin. Mais l’été, les feux d’artifice, par exemple, c’est organisé par le comité des fêtes. Vous avez des projets particuliers à l’office du tourisme ? D.B. : Oui, on est en train de travailler sur une nouvelle manifestation, mais je ne peux pas trop en parler, on n’en est qu’au démarrage. Pour l’instant, on pose les jalons… 

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Le Club de la Presse 06 remercie ses partenaires 2019

• 17 •


ACTUPHOTO

People jump into the Mediterranean Sea on the French Riviera city of Nice on July 07, 2019. (Photo by VALERY HACHE / AFP) Des gens sautent dans la mer Méditerranée, à Nice, le 07 juillet 2019. (Photo de VALERY HACHE / AFP)


CI-CONTRE : Track marshals use fire extinguishers during a drill in A man walks by as tourists take selfies on the French Riviera city of Nice on June 24, 2019, as temperatures soar to 33 degrees Celsius. Photo by VALERY HACHE / AFP) Un homme se promène pendant que des touristes prennent des selfies à Nice, le 24 juin 2019, alors que les températures atteignent 33 degrés Celsius. (Photo de VALERY HACHE / AFP)

CI-DESSOUS Sweden's defender Magdalena Eriksson (C) kisses her girlfriend Danish international Pernille Harder (R) as she celebrates her team's victory at the end of the France 2019 Women's World Cup third place final football match between England and Sweden, on July 6, 2019, at Nice stadium in Nice south-eastern France. (Photo by Valery HACHE / AFP) Des gens sautent dans la mer Méditerranée sur la Côte d'Azur, à Nice, le 07 juillet 2019. (Photo de VALERY HACHE / AFP) La défenseuse suédoise Magdalena Eriksson (G) embrasse sa petite amie l'internationale danoise Pernille Harder (D) alors qu'elle célèbre la victoire de son équipe à la fin de la troisième place de la Coupe du monde de football féminin France 2019, disputée le 6 juillet 2019 à Nice.(Photo de Valery HACHE / AFP)

La page Actu Photo d'Intermed est née en 2008. Elle a pour but de présenter une petite partie du travail du photojournalisme en montrant les deux faces d’une photo : l’image et sa légende originale. Sélectionnées par le photographe et traitant d’un évènement du département ayant une portée nationale, ces photos n’ont pas pour autant vocation à être un résumé de l’actualité locale 

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France's Tony Yoka celebrates after winning his heavyweight boxing match against Germany's Alexander Dimitrenko, on July 13, 2019 in Antibes, southern France. - Yoka beats Dimitrenko for his return after a year of suspension. ©VALERY HACHE / AFP Le Français Tony Yoka célèbre son match de boxe contre l'Allemand Alexander Dimitrenko le 13 juillet 2019 à Antibes, dans le sud de la France. - Yoka bat Dimitrenko pour son retour après une année de suspension.

CI-DESSOUS : French artist Ben Vautier poses among his pieces on display for his exhibition "La vie est un Film" ("life is a film") at the Grande Halle du 109 in the French Riviera city of Nice on June 13, 2019, - The exhibition, part of the city's celebrations of the 100th anniversary of the Victorine cinema studios, will resume on June 14 until October 2019 at "le 109" contemporary art venue. ©VALERY HACHE / AFP L'artiste français Ben Vautier pose parmi ses œuvres exposées pour son exposition "La vie est un film" à la Grande Halle du 109 à Nice, le 13 juin 2019 - L'exposition , qui s'inscrit dans le cadre des célébrations du 100e anniversaire des studios de cinéma Victorine, reprendra du 14 juin au mois d'octobre 2019 dans la salle d'art contemporain "le 109".

ACTUPHOTO


CiDESSUS : Canneseries / MIPTV, the international market for content development and distribution, Hotel Carlton Intercontinental, Reed MIDEM, MIPCOM - Cannes, France - April 07, 2019. ©Alexander Sandvoss / Mandoga Media. L'Hôtel Carlton Intercontinental illuminé pendant le MIPTV à Cannes, le marché international du développement et de la distribution de contenu, 07 avril 2019.

Cannes, France - June 04, 2019 : MIDEM, the International B2B Music Market with Nigerian Musician Femi Kuti.©Alexander Sandvoss/ Mandoga Media. Le musicien nigérian Femi Kuti, au MIDEM à Cannes, le 04 juin 2019.


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INTERMED n°103 - juillet 2019  

------------------------------------------------------------------------------------- Edito : Journalisme d’investigation et pouvoir En bref...

INTERMED n°103 - juillet 2019  

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