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L'édito Actu : L'Edito • EN BREF

Pourquoi un Club de la Presse ? Qui sont les footballeurs ? La question se pose de manière presse et la rigueur journalistique. Il y récurrente depuis 22 ans. C’est bon signe. Il serait suicidaire que les journalistes et les professions liées à la communication ne s’interrogent pas sur notre mission. Il suffit de se référer au concept fondateur de notre association de bénévoles : fédérer les journalistes et ouvrir un espace de dialogue, réflexion avec tous les acteurs économiques, culturels, politiques.

En décembre 2000, le fondateur du Cpm06, Bruno Aubry dans un édito d’Intermed s’interrogeait déjà sur la nécessité de voir naître un service public sur la Toile : « Un site qui serait l’Etalon de la rigueur. Je lance un appel solennel à tous ceux que la pérennité d’une information fiable tient à cœur pour qu’ils soutiennent cette proposition. Pour que vive le Web. Et que ne meurt pas l’ information et ses corollaires la liberté, la transparence, la vérité et donc la démocratie. Rêve ? Chimère ? Ou plutôt utopie réaliste » s’interrogeait Bruno Aubry. Ces réflexions sur les médias ne cesseront pas de nourrir nos colonnes. C’est à cela que sert le Club de la presse. PB

Sommaire

Depuis 22 ans la presse écrite agonise confrontée à la révolution numérique. Désormais il apparait impérieux de redonner du crédit à la profession de journaliste. Et relancer l’éducation aux medias auprès des jeunes et des… adultes. Dans ce contexte le Club de la Presse Méditerranée 06 entend jouer un rôle majeur. En participant à des colloques sur les moyens de contrecarrer le déferlement des Fake News, fausses nouvelles. Les journalistes doivent se mobiliser pour défendre la liberté de la

a urgence.

En pleine coupe du monde, la sortie de « Qui sont les footballeurs » tombe à point nommé. Journaliste passionné, Philippe Jérôme, membre du club de la Presse 06, explique dans cet ouvrage destiné au public adolescent, comment un sport populaire comme le football est devenu au cours d’un siècle et demi une industrie mondiale. à travers le portrait de onze joueurs qui ont marqué l’histoire du foot et leur époque par leur génie et certains par leur militantisme, Philippe Jérôme offre à son jeune public un décryptage de l’évolution politique et économique du ballon rond. Dernier né de la collection « Qui sont », ce documentaire joliment illustré par Elodie Perrotin, est également truffé de dates clés et anecdotes pertinentes qui enrichissent la culture footballistique des jeunes lecteurs. Un ouvrage que les parents se feront un plaisir d’emprunter à leurs ados. MG

Dès 13 ans. Les Edtions du Ricochet, 128 pages, 12 €.

L'Édito / En bref ............................................... 2 En bref / Actu Club : Rencontre Daniel Ortelli ... 3 Actu Club : Mu Live / Musée océano.Monaco... 4 Actu Club : Biennale Saint-Paul......................... 6 Culture : Depardon.......................................... 7 Culture : Jan Fabre ........................................... 8 Focus médias : Le Patriote Côte d'Azur ...... 9 Dossier spécial N° 100................. 11 Partenaire : DCF 06 / La Colle-sur-Loup.....16 N°100-Juillet 2018 Actu photo ....................................................18

Directeur de la publication - Rédacteur en chef : Paul Barelli / Rédacteur en chef adjoint : Vincent-Xavier Morvan / Secrétaire de rédaction - Infographiste : Marion Guinochet  Ont collaboré à ce numéro : Abdellatif Azdine, Paul Barelli, Philippe Bellissent, Nicole Laffont, Vincent-Xavier Morvan. Edition  : Club de la Presse Méditerranée  06 / Maison des associations Comte de Falicon, 52 av. du Ray 06100 Nice 06 60 45 23 45 / info@clubpresse06.com / www.clubpresse06.com / ISSN : 2107-7002

L'actu vue par Kristian


bref...

Actu : EN BREF • Actu CLUB • 3 •

La boîte à outils du speaker-conférencier Joli concerto à quatre mains que ce guide signé Christine Morlet, seule conférencière française à avoir obtenu la certification CSP (certified speaking professional) aux Etats-Unis, et Bernard Deloupy, qui a mis sa plume alerte au service de l’ouvrage. « Si vous rêvez d’être payé pour transmettre votre passion, ce livre est fait pour vous », indiquent les auteurs en préambule. « Que vous soyez dirigeant ou athlète de haut niveau, cadre supérieur ou coach, officier à la retraite ou lanceur d’alerte, scientifique ou artiste, thérapeute ou consultant, journaliste ou fondateur d’une ONG, économiste ou philosophe, chef d’entreprise ou startupper », ce livre est fait pour vous, ajoutent-ils, du moment que « vous avez une expertise, un savoir-faire ou une expérience à partager, qu’un auditoire

est prêt à rémunérer en échange ». Pour y parvenir, 59 outils et méthodes, avec des vidéos d’approfondissement disponibles en ligne, découpés en quelques grands chapitres : Découvrez le marché,

Réussissez votre prospection, Assurez votre promotion. On l’aura compris, les deux auteurs ne se contentent pas de donner des conseils en matière d’élocution, de storytelling ou encore de maîtrise du trac, ils donnent aussi toutes les recettes pour devenir un vrai speaker-conférencier en établissant un business plan ou une stratégie digitale et en négociant le tarif des interventions, bref en maîtrisant la vente de ses produits. Si, comme le notent les auteurs, « la réussite est affaire de méthode », ce vade-mecum devrait vite devenir incontournable

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Vincent-Xavier Morvan Préparez votre intervention, Déroulez l’intervention, Planifiez votre succès,

Editions Dunod, 192 pages, 26,50 €.

Actu Club

Rencontre-signature avec Daniel Ortelli

Le Club de la presse 06 était présent le 17 mai dernier à la librairie Jean Jaurès à Nice, en compagnie des Editions Gilletta Nice Matin et de Daniel Ortelli, pour la signature de son livre « Circuit Paul Ricard - Les seigneurs de la F1 ». Une rencontre sympathique, riche en échanges entre membres du Club et passionnés de Formule 1.

A l’occasion du retour du Grand Prix de la F1 en France, au Castellet, pour Daniel Ortelli, journaliste spécialiste de la F1 pour l’AFP, retracer le parcours de près de 50 ans du Circuit Paul Ricard sonnait comme une évidence. Pour cette belle rétrospective, le journaliste a rencontré et recueilli de nombreux témoignages des acteurs

principaux de ce circuit ou de leurs proches. L’ouvrage est richement illustré par plus de 250 photos de Bernard Asset et des Cahier père et fils, dont bon nombre sont inédites

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Marion Guinochet

Editions Gilletta Nice Matin, 184 pages, 29,90 €. Daniel Ortelli à la librairie Jean Jaurès ©CPM06


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ACTU CLUB

L’espace Mu Live : soirée jazz exceptionnelle pour le club de la presse Méditerranée 06

Inauguré il y a quelques semaines, ce nouvel établissement situé, 4 rue du Pont Vieux, dans la vieille ville de Nice a reçu les membres du club pour une découverte de l’espace culturel autour d’un repas végétarien et d’un concert privé. Aujourd’hui, après plusieurs changements de propriétaire, les amateurs de musique se retrouvent sur les banquettes du Mu Live. Le gérant Badou Mandiang reconnaît que le défi est grand : « De l’eau a coulé sous les ponts. Faire venir les amateurs de jazz ici est un véritable chantier que Philippe Déjardin accomplit merveilleusement en installant sur la scène du Mu Live, des grands noms du jazz ».

Concert privé accompagné d’un plat végétarien Badou, le nouveau propriétaire a compris qu’il fallait aussi miser sur la qualité des mets quand la plupart des clubs de jazz ne proposent pas à manger. Martine Scamuzzi, cheffe cuisinière, prépare les assiettes végétariennes que dégustent après l’apéritif les invités de cette soirée privée, dans cet espace, qui ressemble au célèbre caveau de la Huchette à Paris. Un duo avec la voix de Badou et le pianiste Jo Kaiat se reforme et occupe la scène ce 19 juin dernier pour un concert unique offert aux convives. Mu Live, MU pour musique universelle, un lieu inventé pour les amoureux de musique qui viennent y danser,

discuter, boire un verre et passer une soirée digne des années miraculeuses du Jazz ou de grands noms comme John Coltrane, Miles Davis ou Ornette Coleman se croisaient pour faire des bœufs.

Ouvrir la scène aux jeunes musiciens L’espace culturel Mu Live présente des concerts de jazz le vendredi, d’une manière générale, où de grandes pointures internationales et nationales se produisent. Les autres jours, ce sont des concerts où tous les styles s’y côtoient, des plus traditionnels, aux plus avantgardistes. Toutes les musiques s’expriment et font découvrir de nombreux jeunes artistes, en live. L’espace sert de lieu d’expositions, des conférences y sont données, mais aussi des rencontres entre photographes passionnés par leur art. Badou, musicien et responsable du Mu Live, créateur de la webradio Africaraïbe a pris dans

ses rangs notre confrère Philippe Déjardin, jazzman averti. Philippe apporte sa touche dans une émission hebdomadaire de jazz sur Africaraïbe, mais aussi dans la programmation jazz du vendredi depuis son ouverture le 1er février dernier. Une aventure courageuse et nécessaire qu’il faut encourager

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Abdelattif Azdine Mu Live - 4, rue du Pont-Vieux / arrêt tram Cathédrale Vieille-Ville Tél. : 09 81 47 77 70 Mail : melodiesuniverselles@gmail.com

Le pianiste Jo Kaiat et Badou Mandiang au Mu Live © Marion Guinochet


Actu Club

ACTU CLUB • 5 •

Le club de la Presse au Musée océanographique de Monaco

Le Club de la Presse 06 au Musée océanographique de Monaco © Marion Guinochet

Une invitation au rêve. Le Club de la Presse Méditerranée 06 a visité le mythique Musée océanographique créé par le Prince Albert Ier. Depuis son inauguration le 29 mars 1910, ce Temple de la Mer, dont 6.500 m2 sont ouverts au public, s’impose comme une référence au niveau international pour faire connaître, aimer et protéger les océans. Robert Calcagno, directeur du Musée a commenté avec une grande convivialité et humour la visite de cette merveille qui présente plus de 6000 spécimens. Une nouvelle fois la magie a opéré lors de la visite des aquariums. La zone tropicale dévoile la vie mouvementée du récif corallien et de ses habitants aux formes et aux couleurs enchanteresses. L’occasion de faire face aux requins et aux piranhas, découvrir ou redécouvrir les poissons-clowns et le redoutable

poisson-pierre aux aiguillons mortels. Plus de 200 variétés d’invertébrés peuplent les bassins méditerranéens, une mer aux trésors insoupçonnés : le poulpe intelligent, les inquiétantes murènes ou le ballet apaisant des méduses. Les membres du club de la presse

ont été particulièrement intéressés par la salle de la Baleine et la Salle Albert Ier : un voyage à la découverte de l’océanographie, à travers de nombreux spécimens naturalisés, photographies et documents d’archives, maquettes, squelettes de mammifères marins. Le musée se veut interactif grâce à de nombreuses animations. Les mercredis : Bassin tactile, nourrissage des animaux du bassin tactile et jeu de son et lumière en Salle de la Baleine. Les week-ends : le Bassin tactile, ImmerSEAve 360° et jeu de son et lumière en Salle de la Baleine. Rendez-vous sur https://www.oceano.mc/fr/ animations pour découvrir les animations du Musée

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CPM06


Actu Club Une biennale d’art pour • 6 • ACTU CLUB

retrouver l’âme de Saint-Paul : le club y était

Le CPM06 s'est rendu à Saint-Paul de Vence le 3 juillet dernier pour visiter la Biennale Internationale de Saint-Paul de Vence, en présence de Catherine Issert, commissaire de la biennale.

Le club de la Presse 06 à la biennale ©CPM06

Au détour des ruelles les souvenirs se bousculent, donnent le tournis. Les souvenirs vécus, les souvenirs devinés, puisés dans les livres et légendes, les souvenirs imaginés. L’amour naissant entre deux grandes stars du cinéma, Simone Signoret et Yves Montand, les parties de pétanque endiablées sur une place peuplée d’artistes, les silhouettes de Matisse, Braque, Chagall, Calder, Miro, les cris tonitruants d’un poète déambulant sur les remparts la nuit au clair de lune, Jacques Prévert, les facéties d’un éternel jeune homme, héros de la Résistance, plasticien et écrivain, André Verdet. Vous avez reconnu le lieu. Il s’agit de Saint-Paul de Vence. Un village mythique, patrie des

©Marion Guinochet

inventeurs de la modernité, des peintres et des comédiens, aujourd’hui entièrement peuplé d’œuvres inédites. C’est l’événement

Simon Bérard-Lecendre "Le raisonnement est la petite monnaie de l'intelligence" © Nicole Laffont

estival de la Côte d’Azur. La première édition d’une biennale internationale d’art, présidée par Olivier Kaeppelin qui a réussi ce qu’il avait annoncé : « C’est tout un territoire qui va être perlé, dans une envie de partage de l’héritage de Saint-Paul de Vence, de partage des émotions et de rencontres enrichissantes pour tous ». Une biennale qui rassemble de grands noms de la création contemporaine rayonnant à l’international mais aussi de jeunes artistes au talent prometteur. Une vingtaine de lieux d’expositions, des performances, des spectacles. Toute une cité qui bat au rythme de l’inventivité et du bouillonnement créatif.


ACTU CLUB

Simon Bérard-Lecendre a conçu une espèce d’étendard plaqué sur les pierres ancestrales, une impression sur bâche pour imager l’expression bien connue des artistes novateurs « scier la branche ». Les remparts du village affichent une toute nouvelle douceur grâce au rose tendre saupoudré par Morgane Tschiember désireuse d’évoquer à sa façon le fameux lalyrinthe de Miro. « Tracer une ligne tout en se promenant sans jamais perdre le fil… ». Le sculpteur britannique Antony Gormley a ancré une étrange « créature » de fonte, un « Big switch » qui se détache dans l’azur du ciel (voir ci-contre).

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merveilleux dessinateur qui allie la virtuosité du trait à une imagination débordante. Quelques exemples d’un choix judicieux. Cette biennale, construite sur le thème « Média-terra », autrement dit la mer entre deux terres, permet de renouer avec la grande tradition saint-pauloise d’accueil des artistes contemporains. Un parcours d’une richesse exceptionnelle pour visiter le village d’une façon inédite tournée vers l’avenir Jusqu’au 31 aout 2018, dans les rues, sur les places et les remparts de Saint-Paul de Vence.

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"Big switch" Antony Gormley © CPM06

Une résidence d’artiste accueille, dans la maison atelier du poète André Verdet, Quentin Spohn. Un

Nicole Laffont

CULTURE

Le Mercantour dans l’œil de Raymond Depardon à la galerie Lympia de cette ruralité parfois un peu âpre qui évoque son enfance. Raymond Depardon a certes réalisé de superbes photos du littoral azuréen, ses palaces, ses constructions homériques. On peut les découvrir désormais à la galerie Lympia pour le second volet d’une exposition consacrée à l’immense reporter photographe.

Raymond Depardon à la galerie Lympia © Nicole Laffont

Il connaît bien le Département ; ses souvenirs affleurent lorsqu’il parcourt monts et vallées ; il se sent proche

Mais ce sont les vues du hautpays qui, selon moi, sont le plus émouvantes. Raymond Depardon a capté des instants de vérité d’une époustouflante beauté. On entend l’eau vive, on frissonne dans la brise, on est saisi par l’atmosphère intemporelle qui émane de la vallée du Var, des Gorges du Daluis ou de la Vésubie. On sent bien qu’aucune

artifice ne vient altérer ici la communion avec les éléments. « Je suis heureux de revoir toutes ces photographies, prises dans les Alpes-Maritimes, il y a aujourd’hui plus de quinze ans. Elles semblent immuables comme la mer et la montagne. C’est toujours avec plaisir que je revois ces lumières généreuses et douces en même temps… ». Raymond Depardon a ressenti et trouvé l’âme du Mercantour. Ses images s’imposent par leur beauté mais aussi par leur authenticité. Du grand art

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Nicole Laffont


CULTURE Jan Fabre à la Fondation • 8 • CULTURE

Maeght, le cerveau devant soi Certains lieux agissent par magie. J’ai conscience de me répéter mais j’assume pleinement cet attachement artistique et affectif. La fondation Maeght n’est pas un musée (Malraux le dit d’emblée lors de son ouverture). Elle a une autre identité, une identité plurielle et ouverte et restera toujours cet espace privilégié où la nature déploie sa lumière pour éclairer l’œuvre des hommes, des architectes, des poètes, des artistes. Ce prologue pour justifier une volte-face. Jan Fabre m’a souvent agacée. Peu sensible à ses orgies d’or célébrant le baroque d’un autre âge, lassée par des provocations revêtant les atours du surréalisme pour en justifier les excès, j’allais à reculons vers une exposition qui pourtant m’a éblouie. Jan Fabre a installé dans la cour Giacometti des marbres de Carrare qui se mirent dans un parterre doré. Une Pieta revisitée dit la finitude humaine hors de tout

arts plastiques et aux affres de la création sans cesse mise en doute et poursuivie avec acharnement. « Ma nation l’imagination » nous dit Jan Fabre. Sans imagination rien n’est possible. « Sans imagination, pas d’érection » se plaît-il à souligner. La survie même de l’espèce dépend du cerveau, cet organe encore mystérieux en dépit de toutes les découvertes scientifiques évoquées non sans humour dans cette exposition. On ne peut l’attraper et il mue sans crier gare. C’est peut-être pour cette raison que le papillon lui est associé comme le scarabée est lié à l’estomac chez l’artiste flamand. propos religieux et le cerveau, cet organe du désir, du plaisir, de la folie et de la découverte, prendre possession des jardins et des salles. Jusqu’à devenir ce rocher que trois tortues essaient en vain de pousser. Le mythe de Sisyphe appliqué à la plasticité neuronale qui, elle-même, renvoie sans doute aux

Une mise en scène très étudiée présente le cerveau, lieu de tous les possibles, contrée dépourvue de frontières, flèche tournée vers l’infini. C’est dans ses replis que Jan Fabre traque la beauté et lorsqu’une croix le domine il faut y voir un arbre de vie. La signalétique n’a ici rien de religieux à moins de caresser les dieux païens. On croyait le cœur siège de l’âme. On sait aujourd’hui que la matière grise elle seule colore les émotions. Le cerveau, vedette incontestée de cette exposition magistrale, épouse les contours de la Fondation. Et l’opalescence du marbre auréolée par le vert des pins ouvre en effet toutes les vannes pour qu’une imagination débridée s’empare de l’éprit des lieux

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Nicole Laffont Jusqu’au 11 novembre. Jan Fabre « Ma nation l’imagination ». Fondation Maeght. 623 chemin des Gardettes. SaintPaul. Tél. : 04.93.32.81.63 Photos : ©Nicole Laffont


Focus medias

FOCUS MEDIAS • 9 •

Patriote Côte d’Azur : le journal résiste après 75 ans d’existence dans le département. Le budget de Depuis le 3 démarrage permet d’éditer huit pages uniquement vendues octobre 2013, hebdomadaires au prix de 1,50 euro. Près de sept cents personnes ont souscrit à l’offre les Alpesde pré-abonnement fixé à cinq euros Maritimes par mois. Cela est énorme s’agissant d’un journal n’étant qu’une hypothèse. ont un nouvel La Une est offerte par l’illustrateur hebdomadaire. Edmond Baudouin. Un Patriote Côte La parution dans les d’Azur nouveau, Alpes-Maritimes d’une presse politique et né quatre d’opinion reste un défi démocratique. mois après la liquidation de Sa ligne ne s’écarte pas des valeurs lors de la création du l’ancien titre. Ce conduites premier Patriote par des résistants à jeudi-là paraît le l’occupation durant la seconde guerre Le Patriote d’aujourd’hui est premier numéro mondiale. un espace d’expression, de liberté, de de création et de culture, du Patriote Côte résistance, pour le mouvement politique, social et associatif, dans les entreprises, les d’Azur.

L’hebdomadaire des Alpes-Maritimes, Le Patriote, a dû cesser sa parution en mai 2013 après des difficultés financières insurmontables. La liquidation judiciaire a été vécue comme une secousse pour les lecteurs, mais aussi par les journalistes. Le journal paraissait depuis près de soixante-dix ans ! Ce « nouvel espace d’expression » répond à un besoin de pluralisme

services publics, les quartiers des villes comme dans les collines et vallées des Hauts et Moyen Pays, qui agissent, inventent de nouvelles pratiques et rassemblent, pour plus d’égalité, de justice, d’écologie et de fraternité. En cela, il répond à un vide inquiétant pour le pluralisme et la démocratie. Il aura à défricher de nouveaux chemins pour porter efficacement ces valeurs dans les conditions d’aujourd’hui.

Ouverture aux réseaux sociaux Si le Patriote a toujours su s’adapter à sa cible au fur et à mesure qu’il prend de l’âge, il subit, comme beaucoup de médias, la crise de la presse

écrite. Pour y faire face, la transition numérique paraît être une bonne option. Le directeur de la publication Robert Injey reste conscient de la faible exploitation, mais aussi de l’absence d’une réelle activité du journal sur les réseaux sociaux. À l’heure où la visibilité online est primordiale pour les journalistes, il est regrettable que le Patriote ne s’oriente pas vers cette transition numérique. En adoptant une communication 2.0, Le Patriote peut facilement, de part sa notoriété locale, s’ouvrir de nouvelles perspectives en terme d’audience voire de contenu et se forger une communauté online. Les journalistes seront au plus près du public pour répondre plus facilement à ses attentes.

Le Patriote peut-il élargir sa cible ? Si le lectorat principal du Patriote aime à se rendre chez son marchand de journaux ou à sa boîte aux lettres pour récupérer son hebdomadaire, combien de lecteurs gagnerait-il si celui-ci devenait disponible en numérique, notamment auprès des plus jeunes qui ne lisent pas vraiment la presse papier. Possible, mais non sans contraintes. Cette piste est une réflexion à explorer. Aujourd’hui, les difficultés économiques du Patriote ne peuvent probablement pas répondre aux critères de cette fameuse transition 2.0 ; passer à l’ère du numérique nécessite une formation qui sollicite des moyens, certains journalistes ne la jugeront pas forcément nécessaire dans le cadre des objectifs éditoriaux du journal

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CPM06 Photo : Bouclage du Patriote n° 231


DOSSIER SPECIAL • 10 •

DOSSIER

Intermed et CPM06 : une belle aventure humaine

Double anniversaire : Le club de la Presse Méditerranée 06 fête son centième numéro d’Intermed. Et ses 22 ans ! Le 24 octobre 1996 s’est tenue l’Assemblée générale constitutive du Club de la Presse Méditerranée 06. Par la suite, les statuts ont été déposés en Préfecture. Comme toute Association Loi 1901 le Club de la presse fonctionne sur le bénévolat et à travers ses cotisations, des subventions et la vente d’un annuaire des médias de la Côte d’Azur ( première édition en janvier 2000 ). Peu de temps après son lancement le CPM06 publie en version papier le « journal des journalistes » Intermed. Le numéro zéro parait en septembre 1999. Il est consacré aux Paparazzis. Cette lettre se veut, non seulement un bulletin de liaison pour tous les membres de l’association, mais également un journal tout public avec des reportages, des enquêtes. Que de chemin parcouru en 22 ans ! Au départ, une poignée de journalistes ( représentant tous les médias nationaux et régionaux basés sur la Côte d’Azur ) sous la férule de Bruno Aubry lancent un défi. Fédérer les confrères et consoeurs des Alpes-Maritimes et des pays du pourtour Méditerranéen. Cette ouverture vers Mare Nostrum est un concept fondateur de notre association qu’a initié Bruno. Ne pas se limiter à fédérer des confrères locaux .

CPM06 : une ouverture Méditerranéenne. En 1999 du 20 au 25 mars, le Club invite à Nice nos confrères correspondants dans les pays méditerranéens. Cela se passe à la bonne franquette. Dans cette perspective d’échanges, le club a organisé, grâce à notre amie journaliste tunisienne Amel Bejaoui, début octobre 1999 un voyage en Tunisie qui reste dans toutes les mémoires des participants. La police tunisienne a « escorté » les journalistes français qui ont cependant pu mesurer les problèmes auxquels notre profession est confrontée dans ce pays. Le CPM06 s’est montré attentif au grand public et aux jeunes en organisant des journées portes ouvertes d’information sur les carrières journalistiques. En mars 2000, à l’occasion de la semaine de la presse à l’école, nous avons

créé le concours des « journalistes en herbe » destiné aux collégiens et lycéens du département. L’expérience positive a été renouvelée l’année suivante.

Intermed et Club : complémentaires En 2001, le club reçoit le congrès de L’UCPF, l’Union des Clubs de la Presse de France. Une cinquantaine de journalistes représentant les 15 clubs de France ainsi que des confrères belges, italiens, tunisiens et marocains. Le thème central de ces journées est plus que jamais actuel : « Tutelle économique ou tutelle politique : y-a-t-il une place pour l’éthique ? » Ce congrès a été salué comme une réussite par les divers participants. Quand on parcourt les anciens numéros d’Intermed défilent de nombreux visages des coordinatrices


N°100

de notre association, véritables chevilles ouvrières : Angélique, Béatrice Huet et aujourd’hui Marion Guinochet, sans lesquelles le club ne fonctionnerait pas. A la présidence, après Bruno Aubry se sont succédés : Gérard Clétil, Dominique Antoni, Philippe Tallois et votre serviteur. Très soutenu par notre Vice président VincentXavier Morvan. Sans faire de l’autosatisfaction, tous ont pris à cœur leur mission. Le club se veut un lieu d’échange et de réflexion sans pour autant négliger les loisirs et la culture qui occupe une place de plus en plus grande. Notre association poursuit un très ancien partenariat avec le Festival du livre de Nice. Ainsi à titre d’anecdote le CPM06 avait organisé un match de football sur une plage de la Promenade des Anglais. PPDA, au sommet de sa notoriété avait participé à un match de football avec beaucoup de simplicité. C’était une rencontre opposant des écrivains et des journalistes. Je n’ose pas avouer que les

DOSSIER

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« journaleux » ont été battus !

Résister

MMM Menton Médias Méditerranée : des journalistes de 24 pays à Menton.

Le club a changé de visages. Mais son ambition demeure constante : resserrer les liens d’entraide entre les journalistes de la région et nos confrères des pays Méditerranéens. Rester un espace de réflexion et de débats en particulier sur la révolution numérique : Philippe Bellissent, responsable du collège des communicants, Pierre-Olivier Burdin nous apportent leur expertise.

Un numéro d’Intermed retient particulièrement l’attention, celui qui est consacré à une de nos actions les plus ambitieuses. Sous la présidence de Dominique Antoni, tous les membres se sont mobilisés pour organiser MMM Menton Médias Méditerranée du 16 au 18 janvier 2009. Un pari réussi : réunir 40 journalistes de 24 pays qui bordent la Méditerranée. Deux jours de débats intenses en présence de Christian Chesnot, journaliste à Radio France et ex otage en Irak. Ainsi des journalistes israéliens ont pu discuter avec des confrères de pays en conflit avec l’Etat Hébreu. L’ensemble des confrères présents ont adopté la « déclaration de Menton » dans laquelle ils s’engagent en particulier à défendre le droit à l’information pour les 465 millions d’habitants concernés. Durant ces 22 années, la vie du Club n’a pas été un « long fleuve tranquille ». Des confrères ont démissionné en désaccord avec la ligne éditoriale. D’autres nous ont rejoint. Le CPM06 est une maison en perpétuelle reconstruction. Nous avons changé, à titre d’anecdote, 4 fois de siège pour aboutir à une adresse postale qui nous permet de réaliser de substantielles économies. Ce qui ne nous empêche pas de nous réunir dans des lieux divers.

Notre association de bénévoles demeure adossée à des valeurs très simples qui furent le socle fondateur du Conseil national de la Résistance : Le respect de la liberté d’expression, l’éthique de la presse, l’indépendance. C’est pour massacrer cette liberté d’expression que les tueurs de Charlie en janvier 2015 ont été les terrifiants précurseurs d’une effroyable série d’attentats qui s'est poursuivie à Paris et le 14 juillet 2016 à Nice. Les victimes du terrorisme nous ont laissé un message : résister à toutes les menaces. Jamais sans doute depuis 1944 le devoir d’informer en respectant l’éthique n’est apparu aussi impérieux. L’actualité atteste qu’il s’avère impératif d’ouvrir le champ de la réflexion sur le rôle des médias dans la couverture des faits liés au terrorisme. Le CPM06, après avoir participé avec l’Université à l’organisation de 5 colloques sur l’islamisme radical ( dont le premier deux mois avant Charlie ) entend rester présent sur ce terrain de recherche. Tout en s’efforçant de se déployer dans tous les secteurs culturels, avec un regard critique sur le déferlement des réseaux sociaux où le pire côtoie le meilleur

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Paul Barelli


DOSSIER SPECIAL

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DOSSIER

Entre les numéros 1 et 100 d’Intermed, une révolution des relations presse

Le numéro 100 d’Intermed est l’occasion de faire le point sur l’évolution de pratiques professionnelles dont nous sommes maintenant séparés de presque 20 ans. Pour plus de clarté nous assumons le fait que le point de vue proposé dans ce texte est celui d’un communicant, professionnel des relations presse. Très rapidement après sa création, le club de la Presse fondé par des journalistes, a accueilli ses interlocuteurs privilégiés dans la fourniture d’information que sont les attachés de presse ou les chargés de communication, malgré quelques réticences à l’origine, basées sur la très théorique opposition entre information et communication. Le mode de fonctionnement des relations presse d’il y a 20 ans fonctionnait ( et c’est encore le cas pour partie aujourd’hui ) suivant deux modalités. Ou bien on se situait dans le cadre d‘une communication presse subie quand un journaliste demandait de sa propre initiative ( ou celle de sa rédaction ) des informations à une organisation ou à une entreprise. Ou bien c’était le communicant qui voulait faire passer du contenu à un média par les canaux en usage à ce moment là ; télex, puis fax, puis mail de façon généralisée vers 2000, et bien sûr le téléphone. En dehors des événements prévus ( inaugurations, rendezvous programmés comme des déclarations annuelles de politiques, compétitions sportives ou marronniers comme la rentrée des classes ) ou des phénomènes

majeurs ( catastrophes naturelles, attentats ) les journalistes avaient besoin des informations des communicants pour proposer du contenu à leurs lecteurs, auditeurs, téléspectateurs.

Internet et réseaux sociaux, la nouvelle donne La généralisation d’Internet et l’arrivée des réseaux sociaux à partir de 2005 ont totalement bouleversé la donne dans l’espace public. Par la possibilité pour n’importe quel acteur, même indépendamment de toute organisation de produire du contenu. Ce qui a entrainé l’apparition de deux nouvelles catégories d’acteurs, les blogueurs ( où l’on retrouve des journalistes titulaires de la carte de presse qui peuvent ainsi publier sur leur blog plus ou moins indépendamment du média auquel ils sont rattachés ) et les influenceurs des réseaux sociaux ( même si les blogueurs sont aussi des influenceurs ). Par le passage d’une société de communication à une société de conversation, où les contenus ne

circulent plus dans un seul sens, mettant à mal le fonctionnement d’une communication à sens unique ou seulement descendante. Par la fin du monopole des journalistes au sein de leurs médias sur la diffusion de l’information. Par le rejet du grand public de payer pour obtenir de l’information celle-ci étant disponible, du moins dans ses grandes lignes, gratuitement sur Internet. Par le développement rapide des services de communication tant pour les entreprises que pour les organisations publiques ou privées conduisant à une inflation des messages circulant dans l’espace public. Par la disparition d’un certain nombre de titres de presse ne pouvant plus fonctionner avec leur business model d’origine face à cette nouvelle concurrence et par la diminution drastique des équipes rédactionnelles au sein des médias survivants. On soulignera sur ce dernier point le saignement à blanc de la profession de photographe de presse qui n’existe pratiquement plus que pour le reportage sportif ou les événements à forte prégnance de l’image en conditions difficiles.


N°100 Ces faits sont bien connus et font l’objet d’un large consensus mais il convenait de les rappeler pour voir de quelle façon ils ont impacté les relations presse.

Un cercle non vertueux pour les relations presse La séquence de causalité, même si il convient de la nuancer, semble être la suivante. La possibilité de communiquer par Internet, indépendamment des journalistes, conduit à diffuser toujours plus d’information gratuitement, ce qui suffit souvent à une large proportion du public. Cette information gratuite détourne progressivement le grand public de la presse traditionnelle. La baisse continue du lectorat, aggravée par l’arrivée de médias alternatifs ( presse gratuite ) et le transfert des budgets publicitaires vers Internet ( sites commerciaux, réseaux sociaux ) plonge progressivement la presse écrite dans une situation difficile et dans une moindre mesure les radios locales. Conséquence ; des supports disparaissent et plus généralement on assiste à une fonte des équipes rédactionnelles, ce qui entraîne pour les médias survivants une dégradation des conditions de travail des journalistes amenés à une productivité de plus en plus exigeante et aussi à une généralisation d’un journalisme de desk. Entre un nombre croissant de communicants et un nombre en diminution constante de journalistes les relations presse évoluent vers un degré zéro. Les journalistes voient leurs boites mails inondées ce qui rend de plus en plus problématiques les campagnes d’emails survendues par des sites professionnels proposant des fichiers de centaines d’adresses de journalistes pour des envois de communiqués de presse en

DOSSIER

nombre. Plus que jamais la relation ne fonctionne que sur la base de relations personnelles de proximité rendant d’ailleurs de plus en plus improbables les relations entre communicants en province avec les rédactions parisiennes. Cette situation ne fait que renforcer le rôle des bloggeurs et rend indispensable la fonction d’influenceur. Autre conséquence le média d’alerte Twitter devient un canal privilégié pour créer ou maintenir du lien avec un journaliste. Enfin les modes de relations traditionnels comme les conférences de presse ou les déjeuners de presse deviennent faute de disponibilité des journalistes plus compliqués à utiliser et font de moins en moins recette. Seuls les colloques, foires et manifestations professionnelles continuent de permettre des échanges in presentia entre journalistes et communicants. Parallèlement on assiste à la multiplication des événementiels, seule solution pour amener les journalistes à quitter plus souvent leurs écrans.

Le digital solution à l’obsession de la quantification et du ROI Conscientes des difficultés à créer du lien avec les journalistes, les directions générales privilégient de plus en plus la communication numérique qui permet une évaluation précise du Retour sur Investissement. Autre facteur expliquant la préférence pour le numérique ; les relations presse n’ont jamais pu garantir des retombées après l’envoi d’un communiqué de presse ou une invitation à une conférence de presse. La liberté de la Presse et des journalistes, et c’est tant mieux pour le fonctionnement d’une démocratie, a conduit les communicants à mettre en avant une obligation de moyens de leur activité et jamais une

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obligation de résultat. Un principe là encore que les directions générales ou les décideurs ultimes ont toujours eu du mal à accepter. Face à des relations presse incertaines dans leurs résultats, les organisations et plus particulièrement les entreprises se sont donc tournées logiquement vers la communication digitale et les réseaux sociaux où chaque euro dépensé peut faire l’objet d’une évaluation quant à sa rentabilité, mesurée en nombre de clics, en conversions vers un achat etc. Cette tendance de fond semble irréversible et la multiplication des outils numériques rend encore plus facile cette prépondérance d’une communication directe des organisations vers leurs publics, en sautant le passage par les médias, dont il convient ici de se souvenir de l’étymologie du terme. C’est bien la raison pour laquelle le SYNAP a changé sa définition de syndicat professionnel des relations Presse pour le terme, peu heureux grammaticalement voire à la limite du ridicule, de syndicat des relations publics.

La fin d’un modèle des relations presse ? Cette évolution semble irréversible et le modèle de relations professionnelles des années 80 avec le couple attaché de presse / journaliste semble de plus en plus obsolète. S’il ne s’agit que d’une évolution dans le métier des relations publiques vers des relations avec l’ensemble des publics des organisations, les stakeholders suivant la terminologie anglosaxonne, la mutation dans les métiers du journalisme semble devoir être plus complexe car elle nécessite au préalable un autre business model que les médias en 2018 peinent encore à trouver

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Philippe Bellissent


DOSSIER SPECIAL • 14 •

DOSSIER

Le club de la presse 06 va rendre hommage à Anne de la Valette Le CPM06 va rendre hommage à Anne de la Valette, grande voix de RMC et présidente du tout premier Club de la Presse de Nice de 1978 à 1980. Anne nous a quitté le 7 juin 2014 à 91 ans. Une plaque commémorative, avec le soutien de la Ville de Nice, sera érigée dans les prochains mois place Mozart au cœur du quartier où elle demeurait. Le Club de la presse 06 a voulu s’associer à la démarche de son époux Michel Gavalet tant les qualités professionnelles et humaines de cette journaliste sont encore présentes dans l’esprit de tous ses proches. Anne de la Valette a débuté à Radio Monte Carlo comme speakerine de 1955 à 1960 où elle lisait les bulletins d’information. Puis, elle a animé jusqu’en septembre 1970 la « Gazette du soleil », émission quotidienne de deux heures d’antenne en direct très écoutée. Anne de la Valette a également animée une émission mensuelle « Musique sans frontière » en multiplex avec une douzaine de pays. En 1970 elle devient

journaliste-reporter chargée de couvrir l’actualité de la Côte d’Azur. Femme au caractère trempé, courageuse elle s’est illustrée particulièrement le 24 octobre 1974 lors d’une prise d’otage à l’aéroport de Nice. Ce qui lui vaudra d’être fait officier de l’ordre national du mérite.

Prise d’otage Ce jour là, à 6 heures du matin un déséquilibré mexicain de 31 ans Daniel Rey Caruso prend en otage une hôtesse de l’air d’Alitalia, dans le box de la compagnie italienne. Il braque un pistolet sur sa tempe. Ses revendications sont nébuleuses : il demande la liberté de sa femme prisonnière en Italie. A midi, la brigade Anti gang du commissaire Broussard débarque à l’aéroport de Nice. Anne de la Valette a pu contacter par

téléphone le preneur d’otage. Elle l’a longuement écouté et a réussi à l’apaiser en établissant un rapport de confiance avec lui. En accord avec les autorités policières, Anne de la Valette s’est rapproché de Rey Caruso suivi de près par le commissaire Broussard et six policiers de la brigade anti gang. - D’accord je rends mon arme, a dit le preneur d’otage à la journaliste, mais attention, je te fais confiance, si tu me trahis, je ne croirai plus jamais en rien ». Sans l’intervention d’Anne de la Valette - confiera un policier, le preneur d’otage risquait fortement d’être abattu. Daniel Rey Caruso fut condamné à onze ans de réclusion criminelle

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CPM06


N°100

DOSSIER

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Bruno Aubry président fondateur du club de la presse : La passion chevillée au corps L’actuel Club de la Presse Mediterranée 06 doit tout à Bruno Aubry, journaliste qui voue une passion dévorante à ce métier. Il y a 21 ans quand il a porté le Club de la Presse Méditerranée 06 sur les fonts baptismaux, je le surnommais « le meilleur d’entre nous », pour reprendre une formule politique et provoquer amicalement les confrères. Ces derniers le considèrent toujours comme tel. Bruno Aubry a attrapé le virus du journalisme au moment de la révolution en novembre 1981 des radios libres. Il est ingénieur du son dans une radio locale de Toulon. Il entre en Stage au CFJ centre de formation des journalistes puis il se retrouve derrière un micro à Radio France. De la radio il passe à l’agence pendant 15 ans successivement à l’AFP puis à Reuters. Bruno a travaillé pour l’Evénement du jeudi avec l’équipe de JeanFrançois Kahn puis a coopéré à l’Express au Monde ou au JDD. Son CV parcourt de très nombreuses rédactions. Il a rejoint l’agence britannique Reuters dont il sera le correspondant de nombreuses années pour la Côte d’Azur avant de créer le premier bureau en région de l’agence à Marseille en 2001. Bruno Aubry qui a du bifurquer vers

la Communication Institutionnelle pour être aujourd’hui directeur des éditions à la Métropole Aix-MarseilleProvence demeure un modèle dans la profession. De ténacité et rigueur animé par le désir de transmettre la passion de ce métier. Il enseigne depuis près d’un quart de siècle, notamment le journalisme à l’EJCAM et la culture générale à l’IEP d’Aix. Tout en poursuivant l’écriture d’ouvrages d’investigation. Il est l’auteur d’un ouvrage de référence sur la haute pègre : « Parrains de la Côte » (L’Ecailler du Sud 2005) adapté en série de docufiction. Il a également publié « les milliardaires de la Côte » (L’Archipel 2010), « Nouveaux bandits après les parrains, les caïds » (2013) avec Sandrine Pardini Battesti, « Parrains du siècle, destins et déclins » (l’Express Editions 2011/2013 et réédité chez l’Opportun en 2015).

Il apporte une preuve de sa passion du journalisme par son engagement au service de la profession. En dépit d’un emploi du temps saturé, il crée le club de la presse 06 en 1997 sur la base d’une vocation méditerranéenne affirmée ; et de l’ambition de libérer l’information de ses tutelles économiques ou politiques de part et d’autre de la Méditerranée en s’appuyant sur un réseau de confrères des pays riverains de mare nostrum. Bruno se bat pour préserver ce beau métier. Son crédo il y a 21 ans est plus que jamais d’actualité : « la défense du métier de journaliste comme vecteur de vigilance démocratique »

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Paul Barelli


PARTENAIRE Une nouvelle présidente pour • 16 •

PARTENAIRE

DCF Nice Côte d’Azur

Laurence Barruel a succédé en avril dernier à Mickaël Rolland à la tête de cette association de dirigeants et de cadres commerciaux. Elle travaille aujourd’hui à recruter de nouveaux membres et à développer les relations avec les autres associations professionnelles locales. Ses explications. Entretien avec Laurence Barruel Propos recueillis par V.-X. M.

Laurence Barruel © Philippe Déjardin

Pouvez-vous vous présenter ? Laurence Barruel : Je suis originaire du Nord mais je vis aujourd’hui en Italie. Je suis associée depuis 2008 d’un cabinet d’expertise-comptable, Studio Beglia SAS, qui est installé à Vallecrosia, près de Vintimille. Je suis rentrée dans cette société en 2008 pour développer la clientèle française. Aujourd’hui, mes clients sont de grosses sociétés françaises qui ouvrent une filiale en Italie. Je connais la comptabilité, je parle le même langage qu’elles. Je prends en charge la comptabilité, mais aussi le personnel, l’embauche, le recrutement, les déclarations fiscales… Et comme j’ai aussi une formation en marketing, j’ai créé dans le groupe une autre société dont je suis gérante, Beglia Consulting, qui couvre les besoins de mes clients en matière de marketing, commercial, ressources humaines ou encore Internet. Car traduire son site du français à l’italien ne suffit pas, il faut s’adapter aux besoins de la clientèle. Après, je suis aussi maman, et donc je participe à la

vie associative. De quelle manière ? L. B. : J’ai commencé à Cannes avec le réseau Femmes chefs d’entreprise, et depuis 2008 je suis membre de DCF Nice Côte d’Azur. En fait, je suis une fan des réseaux ! Comment avez-vous été élue à la présidence de DCF ? L. B : Le président Mickaël Rolland, avant la fin de son mandat, a déménagé à Paris, et donc en tant que viceprésidente, je finis le mandat de mon prédécesseur comme présidente avant d’initier mon propre mandat en fin d’année. Combien comptez-vous de membres localement ? L. B : Sur la Côte d’Azur proprement dite, nous sommes 35 membres. Mais au niveau national, DCF compte 80 délégations dans l’Hexagone et les DOM-TOM, pour quelque 2 500 membres. Quelles sont vos ambitions ? L. B : La première, c’est déjà de recruter de nouveaux membres. Il ne s’agit pas recruter pour


PARTENAIRE

recruter, je veux faire du qualitatif, mais avec de nouveaux membres, cela va nous permettre de nous enrichir, d’avoir une palette large d’activités, des strates différentes d’entreprises, de la PME au directeur commercial grand compte. Nous avons parmi nos membres la directrice PACA de La Poste, par exemple. La cotisation annuelle, qui comprend onze repas, s’élève à 660 euros. Vous y parvenez ? L. B : Oui, nous avons déjà sept nouveaux membres depuis le début de l’année, dont quatre femmes, ce qui me réjouit beaucoup car nous avons aujourd’hui 80% d’hommes et je veux aussi féminiser l’association. Mais recruter de nouveaux membres ne sert à rien s’ils ne sont pas motivés pour s’investir, ça ne marche pas, nous sommes dans le monde associatif. Comment voyez-vous la vocation de l’association ? L. B : DCF, c’est un réseau professionnel de dirigeants et de directeurs commerciaux dont l’objectif est l’échange sur les bonnes pratiques commerciales, l’information et la formation sur les mutations de notre métier. Avant,

pour schématiser, on produisait et après il fallait vendre. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse, le modèle différent, on vend et après on produit, ce qui permet au passage de réduire les stocks, ce qui coûte le plus cher. Et surtout, les besoins des clients ont beaucoup évolué, le client est devenu intelligent grâce à Internet, il pose des questions, si bien que l’on bascule sur la notion d’intelligence commerciale. Comment vendre le produit, ça passe par l’écoute du client et l’analyse de ses besoins. Le client a changé, il ne faut plus essayer de lui fourguer à tout prix un lot d’encyclopédies en passant le pied dans la porte. Le commercial doit évoluer. De quelle manière ? L. B : Aujourd’hui, les commerciaux passent par de grandes écoles de commerce, ils y font du marketing, du management, parfois même de la finance, mais le commercial, il est où dans tout ça ? Il est nécessaire aussi de mettre en place des formations aux techniques commerciales, en se recentrant sur un métier qui évolue. Il faut créer des outils pour former les commerciaux de demain, c’est le discours que portent les DCF. Dans le cadre de notre association, ce sont des sujets que nous abordons

tous les mois au travers de soirées thématiques. Avez-vous des projets particuliers ? L. B : En premier lieu développer les partenariats avec les institutions et les autres organisations professionnelles, en travaillant de manière transversale, par exemple avec l’association FCE à Cannes. Nous avons ainsi réalisé avec la Chambre de commerce et d’industrie des interviews d’une vingtaine de nos membres pour la chaîne TV de la CCI. Nous avons récemment organisé une soirée sur la Promenade des Anglais, ce qui nous a permis de développer nos liens avec les délégations DCF de Toulon et de Marseille, qui sont venus en force. C’est intéressant sur le plan des informations mais aussi sur celui du business. Je me suis rapprochée aussi de l’UPE 06 pour développer nos relations. Notre président national, Jean Muller, directeur général en charge du développement commercial chez JC Decaux, doit d’ailleurs venir à Nice en mars prochain pour une conférence sur l’intelligence commerciale organisée avec l’UPE. Vous avez l’information en primeur !

La Colle-sur-Loup, un projet qui réSonne Afin de dynamiser l’activité commerciale de son village, et de valoriser cette destination touristique, l’Office de tourisme de La Colle-surLoup a créé le projet RéSonance, adapté au social média. Il s’agit d’une série de vidéos au format court (1’30 ‘’) diffusée sur le Web. Ces clips tournés en 4K et au look moderne ne manquent pas d’humour. Les 8 premiers sont disponibles sur la chaine Youtube et la page Facebook de l’Office de tourisme de La Colle-sur-Loup.

Un projet original qui devrait booster la visibilité de La Colle sur Loup et de ses commerçants. Renseignements : Vincent Pomparat, directeur de l’OTC Tél. : 06 49 07 27 33

v.pomparat@ot-lacollesurloup. com

CPM06

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10 ans d

2008

CI-CONTRE : Des personnes regardent d'importantes vagues monter sur la plage de Nice le 30 novembre 2008. © AFP PHOTO / Valery HACHE. CI-DESSOUS : Oscar Hernandez lors du tournoi de tennis Monte Carlo Masters à Monaco le 13 avril 2009. MONACO SPORT TENNIS IMAGE OF THE DAY TOP PICTURE. © REUTERS / Eric Gaillard.

CI-DESSOUS : Les supporters de Nice grimpent sur le filet de sécurité à la fin du match de football de Coupe de la Ligue de Nice contre Vannes, le 04 février 2009 au stade du Ray à Nice. © AFP PHOTO Valery HACHE.

2009 CI-CONTRE : L'Espagnol Rafael Nadal sert le Britannique Andy Murray lors de leur match de tennis de demi-finale du tournoi Monte Carlo ATP Masters Series, le 18 avril 2009 à Monaco. © AFP PHOTO / Valery HACHE. CI-DESSOUS : La "Promenade des Anglais" est couverte de neige le 19 décembre 2009 à Nice, Côte d'Azur. © AFP PHOTO / Valery HACHE.

2010

CI-DESSOUS : mer Méditerrané d'été à Nice, en © Sébastien NO

CI-DESSUS : Le défenseur monégasque Petter Hansson perd une prothèse dentaire à la suite d'un accrochage avec l'attaquant d'Arles-Avignon Deme Ndiaye lors de leur match de football L1 Monaco vs Arles-Avignon, le 13 novembre 2010 au stade Louis II de Monaco. © AFP PHOTO Valery HACHE. CI-CONTRE : Arrivée des invités sur le tapis rouge pour la projection du film "La Princesse de Montpensier" par Bertrand Tavernier en compétition au 63e Festival de Cannes, le 16 mai 2010. © REUTERS / Eric Gaillard.


d' ACTUPHOTO

La page Actu Photo d'Intermed est née en 2008. Elle a pour but de présenter une petite partie du travail du photo-journalisme en montrant les deux faces d’une photo : l’image et sa légende originale. Sélectionnées par le photographe et traitant d’un évènement du département ayant une portée nationale, ces photos n’ont pas pour autant vocation à être un résumé de l’actualité locale .

Des hommes plongent dans la ée lors d'une chaude journée France, le 9 août 2012. OGIER

CI-CONTRE : Un groupe d'une trentaine d'altermondialistes fait une halte sur la Promenade des Anglais, largement encadré par un impressionnant dispositif policier. Face au policiers, un manifestant ecrit sur le sol le mot liberté. © Jean-Pierre AMET

CI-DESSOUS : Les gens regardent les hautes vagues le 8 novembre 2011 dans la ville de Nice, dans le sud de la France. De fortes pluies et des inondations ont frappé le sud de la France dans le week-end. © AFP PHOTO / Valery HACHE

2011 Un coureur chevauche les dunes au cours de la sixième étape de la troisième édition sud-américaine du Dakar 2011 de Iquique à Arica, le 7 janvier 2011. REUTERS / Eric Gaillard (CHILE)

CI-DESSOUS : Une femme roumaine sans domicile fixe porte son enfant alors qu'elle parle avec des volontaires de la Croix-Rouge lorsque l'hiver frappe l'Europe le 1er février 2012. © REUTERS / Eric Gaillard.

2012


2013

CI-CONTRE : Les locaux se détendent sur la plage de Nice, dans le sud de la France, le 17 décembre 2012. Les températures ont atteint 15 degrés Celsius. © Sébastien NOGIER.

2014

CI-DESSUS : Stuart Hall d'Angleterre reçoit un coup de poing de Randy Caballero des États-Unis au cours de leur combat de Championnat du monde de Poids coq IBF à Monaco le 25 octobre 2014. © REUTERS / Eric Gaillard.

CI-CONTRE : Zlatan Ibrahinovic (Paris Saint-Germain) lors de l'échauffement avant le match de Ligue 1 contre Nice au stade de l'Allianz Riviera à Nice le 28 mars 2014. © REUTERS / Eric Gaillard.

2015 CI-DESSUS : Les gens passent devant un graffiti sur lequel on lit "Je suis Charlie" alors qu'ils participent à une marche de solidarité ( Marche Républicaine) dans les rues de Paris le 11 janvier 2015. © REUTERS / Eric Gaillard CI-CONTRE : Des migrants se protègent avec des couvertures d'urgence sur les rochers au large de la côte de Vintimille, en Italie, le 14 Juin 2015. Ils ont passé la nuit près de la frontière franco-italienne, après s'être vu refuser l'entrée en France. La police italienne s'est mobilisée le 13 Juin pour faire évacuer environ 200 migrants qui manifestaient pacifiquement à la frontière après que la police française leur ait refusé l'entrée dans le pays. Cependant, un groupe d'environ 50 hommes s'est glissé loin du barrage de police et s'est réfugié sur les rochers près du poste frontière. © AFP PHOTO / Jean-Christophe MAGNENET


CI-CONTRE : Un moine catholique discute avec un musulman en face de l'église Saint-Pierre-del'Ariane, avant une messe le 31 Juillet 2016, à Nice. Les musulmans à travers la France ont été invités à participer à la messe du dimanche pour pleurer le prêtre assassiné par des adolescents djihadistes, ce qui a suscité des craintes de tensions religieuses. Des messes ont été célébrées dans tout le pays en l'honneur du père octogénaire Jacques Hamel, dont la gorge a été tranchée dans son église le 26 Juillet, dans la dernière attaque jihadiste en France. © AFP PHOTO / Jean Christophe MAGNENET.

2016

CI-DESSUS : Un homme marche sur la Promenade des Anglais à Nice, le lundi 11 janvier 2016. Les températures dans la région étaient à 18 degrés. © AP Photo / Lionel CIRONNEAU. CI-CONTRE : Un migrant utilise un morceau de verre comme un miroir alors qu'il se tient sur les rochers de la digue à la frontière de Saint Ludovic sur la mer Méditerranée entre Vintimille, en Italie et Menton, France, le 17 juin 2015. © REUTERS / Eric Gaillard TPX IMAGES OF THE DAY.

2017

CI-DESSUS : Gasquet frappe un retour à Lucas Pouille lors de leur match de tennis au tournoi de Monte-Carlo ATP Masters Series, 13 avril 2016. © AFP PHOTO / Jean Christophe MAGNENET.

CI-CONTRE : Une photo prise le 27 octobre 2017 montre le stade du Ray à Nice, dans le sud-est de la France, lors de sa destruction. © PHOTO / Valery HACHE.

CI-DESSOUS : 85e Fête du Citron de Menton : Bollywood, vue de nuit du Jardin Bioves, 23 février 2018. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss.


INTERMED n°100 - juillet 2018  

SOMMAIRE : ------------------------------------------------------------------------------------- Edito : Pourquoi un Club de la Presse ? Act...

INTERMED n°100 - juillet 2018  

SOMMAIRE : ------------------------------------------------------------------------------------- Edito : Pourquoi un Club de la Presse ? Act...

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