Page 1


L'édito Actu : L'EDITO • EN BREF

Présidentielle 2017 : les médias accusés Intermed consacre un dossier sur le traitement chaotique de la campagne de la présidentielle. Jamais depuis la Libération les journalistes n’ont été autant l’objet de critiques. Elles émanent du public, des partisans et des proches des candidats. François Fillon a évoqué un acharnement des médias à son encontre. De là à évoquer un « complot » il y a une marge. En décryptant l’ensemble des informations qui ont déferlé sur le candidat à la présidentielle force est de constater que l’affaire Fillon a été « surcouverte ».

Aujourd’hui, les « fake news », ces fausses informations, photomontages ou vidéos truquées inondent les réseaux sociaux Difficile pour le public de faire le tri. Dans ce contexte, il est impérieux que les journalistes se fédèrent –les clubs de la presse, les syndicats encore plus ont un rôle pédagogique à jouer. Le club de la Presse 06, à l’initiative de Philippe Bellissent a organisé une réunion à l’Ipag consacrée à Twitter.

Sommaire

•2•

N°96 2 0

avril 1 7

Le 25 avril à 17h à l'UFR LASH deux débats décrypteront les manifestations du numérique dans le journalisme et la mise en scène du politique. La profession de journaliste se doit d’organiser une riposte confrontée aux dérives des réseaux sociaux. Votre serviteur en participant à la semaine presse à l’école a constaté l’effarante méconnaissance des collégiens dans le fonctionnement des médias. Et surtout une adhésion à tout ce qui est « écrit » et dit sur les réseaux sociaux. Une chose est sûre : chaque journaliste doit se remettre plus qu’auparavant en question. Ce qui fait partie de l’éthique propre à la profession relève de l’urgence. Et de notre crédibilité. CPM06

L'Édito / En bref................................. 2 Hommage.......................................3 Dossier présidentielles : La presse a-telle franchi la ligne rouge ?.................4-7 Actu club ........................................8-9 Côté Livres.....................................10-12 Focus Partenaire.............................14-15 Diaporama soirée MédiasCom' 06..16-22

Directeur de la publication - Rédacteur en chef : Paul Barelli / Rédacteur en chef adjoint  : Vincent-Xavier Morvan / Secrétaire de rédaction - Infographiste : Marion Guinochet Ont collaboré à ce numéro : Jean-Pierre Amet, Abdellatif Azdine, Paul Barelli, Philippe Bellissent, Pierre-Olivier Burdin, Vincent-Xavier Morvan. Edition : Club de la Presse Méditerranée 06 Maison des associations Comte de Falicon 52, av. du Ray 06100 Nice. 06 60 45 23 45 / info@clubpresse06.com / www.clubpresse06.com / ISSN : 2107-7002

En bref... Du nouveau pour les auteurs, les photographes assujettis à l'Agessa Journaliste, vous êtes ou avez été « assujetti  » à l’Agessa pour vos activités d’auteur (texte, photographie, dessin…). Il est maintenant possible sous certaines conditions de demander la régularisation des cotisations d'assurance vieillesse arriérées et ainsi améliorer le montant de votre future retraite, valider des trimestres ou si vous percevez déjà votre retraite, en modifier le montant. Cette régularisation concerne les rémunérations artistiques remontant à plus de trois ans, et perçues après le 31 décembre 1975, qui n’ont pas donné lieu à un appel de cotisations d’assurance vieillesse plafonnée*. Les rémunérations versées par un diffuseur étranger et les revenus accessoires ne sont pas pris en compte dans le cadre de cette régularisation. Vous pouvez demander à régulariser jusqu’à cinq périodes. Une période couvre au moins trois années civiles consécutives, et ce même si vous n’avez pas eu de revenus artistiques durant une partie de cette période. Les seules années cotisées seront celles où vous avez eu des revenus artistiques. Exemple : Vous avez eu une activité artistique entre 1985 et 1990, mais en 1987 vous n’avez perçu aucun revenu artistique. Vous pouvez, par exemple, choisir de régulariser seulement la période de 1988 à 1990 inclus ou la période de 1985 à 1990. Dans ce cas, l’année 1987 ne donnera pas lieu à un versement de cotisations arriérées. En revanche, vous ne pourrez pas régulariser la seule période de 1985 et 1986, car elle ne couvre pas trois années consécutives

.

Jean-Pierre Amet *Vous trouverez sur le site www.lassuranceretraite.fr le formulaire de demande et le modèle de relevé de carrière.


HOMMAGE • 3 •

HOMMAGE

Bernard Spindler : un seigneur de la radio

"

Une voix chaleureuse résonne dans des centaines d’autoradios branchés sur la fréquence 14 00 mètres Grandes Ondes de RMC. Nous sommes au cœur des années soixante dix, col de Turini, lors d’une de ces nuits magiques du Rallye de Monte Carlo. Ce timbre de voix singulier de Bernard Spindler, des milliers d’auditeurs l’ont encore dans l’oreille quarante ans plus tard. C’est cela la magie de la radio. Bernard Spindler se métamorphosait en magicien. Dès que la lumière rouge du direct s’allumait ses yeux pétillaient ! Je n’oublierai jamais sa capacité d’improvisation. Le 11 juin1979, à 6h55 une dépêche de l’Afp annonce la mort de l’acteur américain John Wayne. Je présente les titres du journal au micro. Bernard Spindler improvise avec brio un portrait qui semble écrit, de l’acteur, l’œil sur la pendule. Il s’était fixé 50 secondes. Il rempli à la seconde près sa mission. Cet homme à la culture éclectique s’exprimait dans un français châtié, dénué de toute familiarité goguenarde très en vogue depuis que la tyrannie de l’audimat justifie le pire. Plus qu’une grande voix de Radio Monte Carlo dont il a contribué à l’essor où il avait débuté journaliste dans les années soixante, Bernard Spindler, décédé à Nice à 77 ans, était un seigneur de l’information. Il respectait les auditeurs sans faire appel aux ressorts de la démagogie. Autodidacte exigeant pour lui-même et pour les autres, cet homme à la passion chevillée au corps a donné sa chance à de nombreux jeunes journalistes- dont certains sont encore aujourd’hui à l’antenne de RMC, station dont il suivait encore attentivement l’évolution. Et si votre serviteur s’est passionné pour le journalisme radio c’est grâce à des « modèles » tels que Bernard Spindler. À RMC, ce journaliste au talent hors du commun a occupé maintes fonctions : reporter, rédacteur en chef du service des sports et des informations générales, présentateur des journaux de la mi-journée.

Passionné de sport automobile, notamment de rallye, il a été l’auteur de plusieurs films sur ce sujet et avait également pris en charge la diffusion de la Formule 1 sur la « Cinq », au début des années 1990. Comme l’a souligné Automoto New  : « un monument s’en est allé ! » Personnage estimé à Monaco, il a présidé de 2006 à 2012 le Press Club. Féru d’histoire, Bernard Spindler a également écrit de nombreux romans et essais. Il figure parmi les voix prestigieuses de l’histoire de la radio. Sans doute va-t-il retrouver, dans un autre monde, d’autres grands professionnels : les Jacques Chancel, Jacques Paoli, Alain Decaux, Gérard Sire, Pierre Bouteiller et tant d'autres. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Si vous passez, une nuit dans le col de Turini, tendez l’oreille. Qui sait ? Vous entendrez peut être la voix de Bernard Spindler

.

Paul Barelli

"


DOSSIER

DOSSIER

•4•

DOSSIER Présidentielle 2017 : la presse a-t-elle franchi la ligne rouge 

?

Présidentielle 2017 : Conspiration des médias ? Haro sur les journalistes ! Sifflés, hués lors de meetings politiques de la Présidentielle 2017. Jamais depuis la Libération les journalistes n’ont été autant l’objet de critiques. Parmi le public, les partisans et les proches des candidats. François Fillon a évoqué un acharnement des médias à son encontre.


DOSSIER L’affaire Fillon relève-telle du complot ? En décryptant l’ensemble des informations qui ont déferlé sur le candidat à la présidentielle, force est de constater que l’affaire Fillon a été « surcouverte  ». Pour autant, les médias n’agissent pas dans un processus de mutualité. « Il n'y a pas d'entité abstraite des médias » souligne Jean-Marie Charon, sociologue au CNRS. Pourtant, les journalistes sont désormais accusés par des politiques d’agir « en meute » animés par une volonté de lynchage. De complot. La célérité de certains magistrats à diligenter des enquêtes en période électorale ne vient pas apaiser les polémiques. Premier constat : les thèses conspirationnistes prospèrent en France. 15 ans après le 11 septembre les théories les plus farfelues foisonnent sur la Toile. Un sondage Odoxa réalisé pour Spicee, révèle que 66% des Français considèrent que l'on nous a caché des choses sur ces attentats, 45% pensent que l'on ne connaît pas vraiment les responsables et 28% estiment que le gouvernement américain a une implication dans ces attentats... Il est vrai qu’en 2003, les médias diffusèrent la fausse information de détention d’armes de destruction massive par l’Irak pour justifier l’intervention américaine. Cette manipulation et tant d’autres ont renforcé la méfiance du public envers les médias. Personne n’a oublié la mise en cause mensongère de Dominique Baudis.. Aujourd’hui, les « fake news », ces fausses informations, photomontages ou vidéos truquées inondent les réseaux sociaux, du Gorafi à… Donald Trump inventant un attentat en Suède ! – Une véritable machine infernale dévaste la sphère numérique. Difficile pour le lecteur, l’auditeur le téléspectateur de faire le tri. Dans ce contexte, il est impérieux que les journalistes se fédèrent –les clubs de la presse, les syndicats encore plus ont un rôle pédagogique à jouer à l’égard du public. La profession de journaliste se doit d’organiser une riposte confrontée aux dérives des réseaux sociaux. Votre serviteur en participant à la semaine de la presse à l’école a constaté l’effarante méconnaissance des collégiens dans le fonctionnement des médias. Et surtout une

DOSSIER • 5 •

adhésion à tout ce qui est « écrit » et dit sur les réseaux sociaux. L’Education nationale en est consciente. La lecture critique des médias est devenue une réalité dans les collèges et lycées. Il reste cependant de nombreux chantiers à ouvrir afin de lutter contre la désinformation. Google vient de former une soixantaine de journalistes au signalement de contenus douteux, Facebook France, associé à huit médias dont France 24, déploie un système de vérification. Le Monde a lancé Décodex, outil pour aider l’internaute à trier dans le flot de sources. Décodex est critiqué mais a le mérite d’exister.

Les journalistes doivent accepter de se remettre en question Une chose est sûre : chaque journaliste doit se remettre plus qu’auparavant en question. Ce qui fait partie de l’éthique propre à la profession relève de l’urgence. « Les journalistes, comme l’a souligné notre confrère Jean- François Téaldi (ex France Télévision) doivent revenir au strict respect de la charte des devoirs adoptée en 1918 et revue par deux fois : respect de la vérité en raison du droit que le public a de connaître la vérité; publier seulement des informations dont l’origine est connue ou les accompagner de réserves ; ne pas altérer les textes, les documents, rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ; s’interdire la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ». « Dans le traitement d’une campagne électorale – a indiqué à La Tribune, Jean-Marie Charon sociologue des médias au Cnrs, il n'y a pas un journalisme de qualité, mais des rôles à jouer pour les médias : ils doivent témoigner de ce que sont les projets et comportements des candidats ». A la question : les médias pouvaient-ils occulter des affaires, Jean-Marie Charon réplique : « si tel était le cas ils ouvriraient encore davantage un boulevard pour les espaces sur lesquels s'appuient toujours plus les publics à commencer par les plus jeunes, sur le web. Il n'y a pas de complot d'une sorte de main invisible des propriétaires des médias ou d'une caste journalistique pour confisquer le vote des citoyens »

.

Paul Barelli


DOSSIER

•6•

DOSSIER

Caméra cachée : quelles limites à son utilisation ? Le 15 mars dernier, C8 a diffusé un documentaire dans lequel Benoît Loeuillet, responsable du Front national à Nice, tient des propos à caractère révisionniste alors qu’il fait visiter l’arrière-boutique de sa librairie au journaliste de la chaîne de télévision, qui a dissimulé sa qualité et opère en caméra cachée. Sans se pencher ici sur le fond et au sujet duquel on se contentera de constater qu’il a conduit dès le lendemain l’intéressé à se démettre de son mandat de conseiller régional, encourant désormais une exclusion du FN, l’occasion est bonne de s’interroger sur l’utilisation de la caméra cachée dans le cadre d’une enquête journalistique. Est-ce une pratique déloyale, qui serait condamnable en tant que telle ? En réalité, la pratique de la caméra cachée est autorisée mais réglementée, notamment par le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Le CSA précise de fait que son « utilisation est bel et bien permise, à condition de respecter plusieurs règles », précisant que « la technique de la caméra cachée n’est pas condamnable en soi et s’inscrit dans le prolongement de la liberté de communication », ajoutant que « son usage peut même s’avérer nécessaire dans certains cas, notamment lorsque les informations sont difficiles à obtenir par un autre moyen. » Mais quelles sont ces règles à respecter, et l’ont-elles été dans le cas qui nous intéresse ? Elles sont au nombre de trois, détaille le CSA : « - Le recours à la caméra cachée

doit être réservé aux situations dans lesquelles l’information n’aurait pas pu être obtenue différemment ; - Le recours à ce procédé doit être porté à la connaissance du public, de façon à ce qu’il ne subsiste aucun ambiguïté lors de la diffusion des images sur le fait que les propos sont tenus par des personnes qui ne sont a priori pas conscientes que la scène est enregistrée ; - Les personnes filmées ou enregistrées à leur insu par ce processus n’ayant généralement pas donné leur accord pour la diffusion de leur image ni de leurs propos, il est nécessaire qu’elles ne soient pas identifiables lors de la diffusion de l’enregistrement. C’est pourquoi, il revient à la chaîne de garantir l’anonymat des personnes et des lieux filmés en caméra cachée. » Si la chaîne C8 a respecté les deux premières règles, elle a manifestement enfreint la troisième en ne floutant pas le visage du responsable FN. Toutefois, cette règle s’applique différemment selon qu’il s’agisse de personnes anonymes, qui pourront alors facilement faire valoir devant les tribunaux une violation de leur vie privée, ou d’un personnage public tel que M. Loeuillet. Ce dernier avait indiqué sur sa page Facebook (qui n’est plus consultable aujourd’hui), au lendemain de la diffusion de l’émission, vouloir porter plainte pour « diffamation publique » contre la chaîne et le journaliste. Nous avons posé la question à Me Virginie Bensoussan-Brulé, une avocate spécia-

liste du droit de la presse, pour savoir si cette plainte avait quelque chance de prospérer. Selon elle, sur ce motif de diffamation, il existe deux moyens de défense efficaces : l’exception de vérité, qui suppose tout simplement de parvenir à démontrer que les propos rapportés sont vrais, ou, s’ils sont faux, la bonne foi du journaliste. Cette bonne foi s’apprécie au regard de quatre éléments : l’intérêt général du sujet, l’absence d’animosité personnelle, la prudence dans l’expression et le sérieux de l’enquête. Plus que sur les propos eux-mêmes tenus par le responsable FN, la justice est surtout amenée, selon cette avocate, a prendre en compte les commentaires faits avant et après la séquence par le journaliste pour apprécier la caractère diffamatoire ou non du reportage. Plus largement, Me Bensoussan-Brulé remarque que la jurisprudence récente conforte la possibilité d’user d’une caméra cachée sans encourir de poursuites, notamment sur les motifs généralement avancés par les plaignants de délit de montage, d’escroquerie ou d’atteinte à la vie privée. Consultables sur le site Internet de cette avocate (www. alain-bensoussan.com, rubrique eréputation, puis rubrique caméra cachée), des arrêts rendus en 2015 par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) et en 2016 par la Cour de Cassation montrent que la notion du droit à l’information tend désormais à primer sur ces autres aspects. On ne peut que s’en réjouir. V.-X. M.


DOSSIER • 7 •

DOSSIER

La presse en accusation

Les journalistes perdent-ils de plus en plus leur crédibilité ? Il y a quelques années, le journaliste était souvent considéré comme le défenseur courageux de la liberté d'expression, en obstacle aux manipulations et à la corruption. De nos jours, le soupçon envers la presse ne cesse de s’intensifier. On n'a jamais autant parlé de déontologie du journalisme, à tel point que de plus en plus de responsables politiques prennent des positions contre les journalistes et multiplient les déclarations opportunistes dénonçant le système médiatique. Un opportunisme qui ne doit pas faire oublier la légitimité de la critique des journalistes, on ne peut pas un jour encenser la liberté de la presse et le lendemain fustiger une profession tout entière…

La profession doit-elle se remettre en cause ? Un tel renversement d’image peut-il être justifié par une proximité trop compromettante de journalistes devenue trop proches de ceux sur qui ils écrivent. Les contradictions ne manquent pas. En prenant plus de hauteur, on pourrait évoquer une certaine charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, dont l’article 11 évoque justement, le droit à l’information, à la libre expression et à la critique, une des libertés fondamentales de tout être humain. De grandes affaires révélées par des journalistes, grâce aux lanceurs d’alerte, n’auraient probablement jamais vu le jour si cette directive n’avait déjà été adoptée.

C’est bien ce droit d’expression qui est menacé. C’est un des aspects du fonctionnement démocratique de notre société qui est en jeu : le fait que l’information soit accessible à tous. Certains montrent un profond mépris contre ce que représentent les journalistes et les accusent de colporter de fausses nouvelles. Ceux là même qui s’indignent aujourd’hui de la discrétion passée de la presse à propos de certaines dérives de personnalités et qui se scandalisent depuis les révélations du

Canard enchaîné. Couramment considérés comme le héraut de la liberté d'expression, cela devient extrêmement compliqué pour les journalistes et les lanceurs d’alerte, qui dans certains cas, deviennent les premières victimes et sont poursuivis en justice. Si Antoine Deltour et Raphaël Halet n’avaient pas communiqué les documents au journaliste Edouard Perrin, moteur des révélations dites Luxleaks , si W.Mark Felt, à l'origine d'un des plus gros scandales de l'histoire américaine n’avait pas informé les deux journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein sur le Watergate, si Denis Robert, accompagné de sa source Ernest Backes n’avaient pas été la matrice du scandale financier Clearstream, société devenue une plate-forme mondiale de l'évasion fiscale, si les journalistes Edwy Plenel et Bertrand Le Gendre n’avaient pas révélé dans Le Monde l’existence d’une troisième équipe dans l’affaire du Rainbow Warrior, si Le Canard Enchaîné ne s’était pas placé en dénicheur de secrets… la presse n’aurait pas acquis les lettres de noblesse que certains politiques lui dénient parce que ça les dessert aujourd’hui…

Tous les citoyens aspirant à une information honnête Des gens résistent, notamment les journalistes. Ils restent un dernier rempart aux puissances économiques et politiques, cela comporte des limites que les journalistes eux-mêmes s'imposent spontanément. La mission d'information et la responsabilité des journalistes vis-à-vis du public priment toute autre responsabilité, en particulier à l'égard des pouvoirs publics. Ces devoirs ne peuvent être respectés dans l'exercice du journalisme uniquement si les conditions de l'indépendance et de la dignité professionnelle sont concrétisées. Dans une ambiance confrontée à des tentatives de manipulation de toutes sortes et de toutes origines, soyons attentifs

.

Albdellatif Azdine


"

ACTU CLUB ACTU CLUB

•8•

Les terroristes doivent-ils avoir un visage ?

Le Club de la presse était partenaire d’un passionnant colloque organisé par l’Ecole du journalisme de Nice (EDJ) qui s’est tenu les 24 et 25 mars dernier à la faculté de droit de Nice sur le thème « Médias et radicalisation ». L’occasion d’échanges parfois vifs entre des intervenants triés sur le volet où l’on aura notamment apprécié les interventions de Marika Bret, directrice des ressources humaines de Charlie-Hebdo, et de l’essayiste d’origine iranienne Chahdortt Djavann et son vibrant plaidoyer en faveur de la liberté de conscience. Devant un public nombreux, le journaliste David Thomson, grand reporter à RFI et auteur de deux ouvrages sur le djihadisme (Les Français jihadistes, paru aux Arènes en 2014, et Les Revenants, publié l’an dernier au Seuil), a posé de son côté la question de « l’anonymisation » du nom et de la photo des terroristes qui commettent des attentats, un sujet qui prend une dimension toute particulière à Nice après l’attentat qui avait fait 86

victimes le 14 juillet dernier. Cette question avait été soulevée par Jérôme Fenoglio, le directeur du Monde, qui avait prêché en ce sens et avait été suivi par bon nombre de médias sur ce qu’il faut bien appeler une « autocensure » de l’information. Diffuser le nom et le visage des tueurs peut-il contribuer à en faire des héros et à pousser d’autres radicalisés à commettre de tels actes, par une sorte de mimétisme ? David Thomson a rappelé s’être opposé à cette décision, en expliquant que selon lui anonymiser n’a aucun effet sur l’incidence des attentats. « Ce n’est certainement pas la gloire posthume que les djihadistes recherchent, ils le font dans la conviction que leur acte va les envoyer directement au paradis  », a souligné l’auteur à propos des motivations des terroristes islamistes. David Thomson souligne aussi que « le phénomène est antérieur à la radicalisation ». « Qu’il y ait médiatisation ou non, le phénomène existe », pense-t-

il, ajoutant que « les djihadistes ont avec la djihadosphère créé un environnement propre, ils ont leurs propres médias ». Surtout, commente aussi Thomson, sur le plan de la « fabrique de l’information », cette position en faveur de l’anonymat est tout simplement « intenable ». « Le Monde n’a pas tenu lui-même longtemps et s’est rapidement affranchi de la règle qu’il avait édictée  », note l’auteur. Selon lui, cette règle est même contreproductive car on a besoin de savoir, de comprendre leur parcours et leur environnement familial. Finalement, le seul effet bénéfique, selon Thomson, serait un « apaisement de l’opinion ». Un avantage si mince qu’il ne justifie certainement pas de rentrer dans une telle logique de déni V.-X. M.

.

"

Ci-dessous : L'assistance © CPM 06


ACTU CLUB Utiliser Twitter : un atelier de formation

ACTU CLUB • 9 •

pratique aux réseaux sociaux pour le CPM06

C’est à l’IPAG une des meilleures business-schools de la Côte d’Azur que le Club de la Presse a planché le jeudi 23 mars, pour un atelier de formation aux réseaux sociaux centré sur Twitter, le média d’alerte par excellence. Arnaud Baechler, expert reconnu dans ce milieu professionnel de l’utilisation des réseaux sociaux pour les professionnels et intervenant dans différentes filières de formation, animait cet atelier devant un public composé des membres du club et des enseignants de l’IPAG présents autour de leur directeur, David Izoard, qui avait auparavant souhaité la bienvenue au CPM06. Cet atelier pratique avait pour but de maîtriser les bases d’un outil, simple à utiliser avec un minimum de formation, même si ses subtilités pourraient donner lieu à une formation complémentaire plus approfondie. L’atelier était aussi l’occasion de passer en revue d’autres outils comme Facebook et Instagram dont la complémentarité avec Twitter permet d’assurer une réelle visibilité digitale, devenue indispensable actuellement. L’utilisation faite par Twitter dans l’actuelle campagne présidentielle ne pouvait laisser indifférent un public de journalistes utilisant leurs smartphones pour se tenir informés en temps réel des dernières infos de la médiasphère.

Signe des temps, l’atelier se déroulait essentiellement sur les smartphones des participants, ce qui accréditait l’idée que ce dispositif numérique est devenu, au détriment des PC et plus récemment des tablettes, l’outil privilégié de la communication instantanée vérifiant le mot d’ordre : « n’importe où, n’importe quand ». Au-delà, des aspects purement techniques de la maîtrise de l’outil, l’atelier invitait aussi à une réflexion sur le bon usage de Twitter, Instagram et Facebook et sur les nouvelles pratiques des communautés numériques. Arnaud Baechler insistait fortement sur l’idée, que bien gérée,

l’utilisation de Twitter n’est pas aussi chronophage que certains veulent bien le dire. C’est donc à une réflexion sur les usages, sur le choix des organisations ou des individus à suivre que les participants étaient invités à travailler pour un maximum d’efficacité. Les retours des participants incitaient bien sûr à renouveler cette expérience de formation sur d’autres outils numériques, dispositifs incontournables de notre société post moderne et digitale

.

Philippe Bellissent Ci-dessous : L'assistance © CPM 06

"

Prochain évènement du club : le 25 avril à l'UFR LASH, de 17h00 à 19h00. Conférence  : Les manifestations du numérique dans le journalisme et la mise en scène du politique. Réservation : infoclubpresse06.com


CÔTÉ LIVRES

CÔTÉ LIVRES • 10 •

" Le Tueur de la Promenade ": Une captivante contre-enquête La contre-enquête de VincentXavier Morvan " Le Tueur de la Promenade " se lit d’une traite. Correspondant du Figaro et collaborateur de L’AFP, notre confrère, au fil d’un récit captivant mené d’une plume alerte a décidé de reprendre l’enquête sur le massacre de la Promenade des Anglais pour mieux se rapprocher de la vérité. Couvrant l’évènement à chaud qu’il évoque avec tact et respect des victimes, Vincent-Xavier Morvan décrypte l’itinéraire tortueux de Mohamed Bouhlel, un dijhadiste qui a préparé avec minutie son attentat tuant 86 personnes et en blessant 434 autres. Et si le sous titre « Enquête sur une mystification » peut sembler caricatural, le livre ne l’est pas. Il tord le cou à l’image véhiculée peu après le massacre par la plupart des médias et des autorités : celle d’un détraqué hyperviolent, obsédé sexuel et mauvais musulman qui s’est radicalisé en un temps record. La réalité est beaucoup plus nuancée. Vincent-Xavier Morvan n’emprunte pas les chemins classiques des investigations judiciaires, il se nourrit des confidences souvent inédites de nombreux proches du tueur, sa famille, ses origines.

Cependant, il ne faut pas se méprendre : l’éclairage que développe cet ouvrage ne vise pas à trouver des justifications d’ordre psychiatrique au passage à l’acte de Mohamed Bouhlel. Notre confrère dresse le portrait extrêmement complexe d’un djihadiste intelligent, rusé qui a méticuleusement préparé son attaque. Bouhlel hésite entre le 14 juillet et le 15 août et pense un moment agir dans la fan zone de l’Euro de football à Nice. Une des qualités de cet ouvrage c’est de montrer, en s’appuyant sur l’expertise de psys qui ont décrypté le profil de nombreux djihadistes comment cet individu a accompli son acte dévastateur de manière froide, en toute conscience, sans l’apport d’aucune substance. Au volant de son camion-bélier, Bouhlel a exécuté son massacre au nom d’Allah toutes fenêtres ouvertes. Comme s’il avait voulu mieux s ’imprégner de sa « conversion » sanglante au dijhad

.

CPM06 Le Tueur de la Promenade. Enquête sur une mystification. Heliopoles. 14,90 euros.

Journaliste, communiste, syndicaliste. Editions Tiresias - 23 euros.

Peut-on être à la fois journaliste syndicaliste et communiste ? Notre confrère Jean-François Téaldi l’assure grâce à ce titre provocateur qui pose une question d’ordre éthique sur l’exercice de la profession.


CÔTÉ LIVRES

CÔTÉ LIVRES

Commentaire à propos de " Journaliste, syndicaliste, communiste " de Jean-François Téaldi Jean-François Tealdi, dit « Jef » est une figure du journalisme télé. Son livre qui fourmille d’anecdotes permet de redécouvrir une partie de l’histoire de l’audiovisuel français. J’ai partagé, aux côtés de Jef les bancs de l’école des Baumettes, rue Dante à Nice. Cette amitié exige de ma part de ne pas verser dans la connivence. Je ne peux résister à l’envie, quand nous sommes en public de nous présenter comme « des anciens des Baumettes ! ». Cela jette un froid ! A propos, le récit de 40 ans de télévision que dévoile Téaldi s’apparente parfois à un polar Azuréen. Menacé à plusieurs reprises, il a été à un moment protégé par des gardes du corps. JeanFrançois Téaldi a souvent partagé sa vie entre Nice où il débute à Nice-Matin, où il fait carrière à FR3 et Paris où par deux fois il est appelé pour diriger le syndicat des journalistes CGT de sa chaîne et pendant plusieurs années le Syndicat National des Journalistes CGT. Premier rude coup de semonce. 1977 : Michel Bavastro, le patron de Nice-Matin apprend qu’un jeune journaliste de l’agence de Cannes qui donne toute satisfaction à son rédac-chef est en fait un militant communiste très actif. Viré ! Mais Jef a eu le temps de se distinguer et il est presque aussitôt engagé à France 3 où il débute à la radio. Passionné de foot il a débuté comme journaliste sportif. Mais sa véritable passion est la politique d’abord en tant que reporteur, présentateur du JT, enfin comme intervieweur sans concession du monde politique azuréen.

Une passion : la politique

Au fil des pages Jean-François Téaldi égratigne les politiques lors d’une série de portraits au vitriol. Bernard Tapie par exemple qui débarque en sauveur d’entreprises en difficulté, bête médiatique, candidat au Conseil Général il va créer des milliers d’emplois. Téaldi devant les caméras le laisse

s’exprimer puis lui rappelle que partout où il est passé, dans toutes les entreprises qu’il a rachetées, il s’est plutôt illustré comme champion de la suppression d’emplois ! Fureur de Tapie après l’émission : - Vous vous appelez comment déjà ? - Jean-François Téaldi. - Je n’ai pas aimé votre ton. Je vais m’occuper de vous. Vous ne resterez pas longtemps ici ! - Jean-François Téaldi - Croyez moi, j’y serai encore quand vous n’y serez plus depuis longtemps  ! Max Gallo, lui, veut conquérir la mairie de Nice, en 1983. Ils se tutoient depuis qu’ils ont milité ensemble au PCF. Pas un mot dans son programme sur la nécessité de construire des logements sociaux à Nice, Téaldi le lui fait remarquer. - Comment un journaliste de gauche peut me faire un coup pareil ! - Je ne suis pas ici en tant que journaliste de gauche, mais en tant que journaliste qui fait son boulot !

Le prix du courage

Telle est la devise de Jean-François Téaldi. Il en a payé le prix. Il a subi de nombreux aléas professionnels au sein de France Télévisions. Dirigeant syndical il ne fait aucun cadeau aux divers présidents de France Télévisions. Il n’hésite pas à en séquestrer un quand les négociations n’avancent pas. En dépit de son engagement politique et syndical Jef a conservé des relations amicales et de respect mutuel avec certains d’entre eux : Philippe Guilhaume, Xavier Gouyou-Beauchamp, Patrice Duhamel ou Hervé Bourges qui s’est fait un plaisir de rédiger la préface du livre

.

Paul Barelli

• 11 •


CÔTÉ LIVRES

ACTU CLUB

• 12 •

Corse, l’étreinte mafieuse Après une escapade sur le continent avec Raz- pans entiers de l’activité économique, comme le zia sur la Riviera paru chez Fayard en 2015, la traitement des déchets, l’assainissement des eaux journaliste Hélène Constanty (Mediapart) revient usées ou l’agriculture, sur lesquels pèsent de forts explorer les dérives de l’île dont sa famille est ori- soupçons de présence mafieuse, n’ont toujours ginaire et qu’elle avait déjà pointées en 2012 chez pas été passés au crible par la justice. » Seule lule même éditeur avec " Razzia sur la Corse" , mière dans ce tableau bien sombre, le courage de des plasticages à la folie spéculative. Son dernier certains îliens qui bravent enfin l’omerta, en dépit opus, "  Corse, l’étreinte mafieuse  , l’économie et des menaces sur leur vie, et le travail courageux la politique sous l’empire du crime organisé ", re- des associations de défense de l’environnement et cense avec minutie les dernières affaires que l’Île de lutte contre la corruption. Mais cela suffira-t-il à de Beauté a connues depuis le lancement en 2012 se défaire enfin de la pieuvre ? d’une opération « Mains propres » par la justice. Un territoire en proie aux pires dérives mafieuses V.-X. M. ou règnerait l’omerta la plus farouche : l’image peut sembler un peu « cliché » et pourtant l’auteur s’attache ici à démontrer que la réalité dépasse encore l’image d’Epinal que l’on se fait, du continent, de la Corse. La litanie des assassinats et des règlements de compte, le plus souvent restés impunis malgré l’acharnement des enquêteurs, est saisissante. Hélène Constanty revient ainsi sur quelques-uns de ces crimes les plus retentissants, comme celui de l’avocat Antoine Sollacaro, assassiné en octobre 2012, ou celui de Jacques Nacer, le président de la chambre de commerce d’Ajaccio qui a connu le même sort tragique quelques semaines plus tard. Elle démonte les mécanismes par lesquels « la pieuvre » étend ses tentacules, comme dans l’affaire dite de la SMS, la Société méditerranéenne de sécurité, « la première affaire financière importante impliquant la mafia corse instruite par la JIRS de Marseille ». L’auteur montre comment cette entreprise s’est vue attribuer des marchés de surveillance de façon douteuse et comment elle a ensuite multiplié les malversations. L’économie de l’île en coupe réglée, la journaliste niçoise le démontre encore dans le domaine des travaux publics, avec des affaires de corruption liées au marché de l’enrobage des routes, notamment. Ce ne sont ici que quelques-uns des éléments de cette mainmise sur l’île que décrit l’enquêtrice, pointant certes des « progrès grâce à une Corse, l’étreinte mafieuse, l’économie et la politique sous plus grande attention portée à la passation des l’empire du crime organisé, Fayard, 320 pages, 19 euros. marchés publics », mais déplorant aussi que « des

.

"


FOCUS PARTENAIRE

Le Club de la Presse remercie

• 13 •

SES PARTENAIRES 2017


FOCUS PARTENAIRE

FOCUS PARTENAIRE • 14 •

La métallurgie, un poids lourd économique de la Côte d’Azur

Secteur fort de l’économie azuréenne, l’industrie et sa branche métallurgique sont en pleine mutation. L’Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie (UIMM) fait le point, par la voix de son secrétaire général, Marc Ugolini.

Ci-contre : Marc Ugolini (à gauche), aux côtés de Daniel Sfecci, nouveau président de l’UIMM06..

Entretien avec Marc Ugolini Propos recueillis par Pierre-Olivier Burdin

Qu’est-ce que l’UIMM Côte d’Azur ? Marc Ugolini : Notre syndicat professionnel regroupe l’ensemble des entreprises de la métallurgie sur la Côte d’Azur. Le territoire d’action comprend les Alpes-Maritimes mais également la Corse et Monaco. L’entreprise adhère au réseau

national auquel nous sommes rattachés. L’UIMM représente environ 15.000 salariés dans les Alpes-Maritimes sur les 30.000 que compte l’industrie. Quelle est l’importance de la métallurgie dans le département ? M. U. : Le secteur est un poids


FOCUS PARTENAIRE

lourd économique. De manière directe ou indirecte, en comptant les retombées sur les services, il représente près de la moitié du PIB des Alpes-Maritimes. Le terme métallurgie est souvent réducteur. On pense aux fourneaux, à la métallurgie de base, alors que dans les Alpes-Maritimes nous avons une activité très diversifiée avec de l’électronique, du spatial, de l’énergie ou de la maintenance industrielle. Votre secteur est-il pourvoyeur d’emploi ? M.U. : Nous représentons 12 % de l’emploi dans le département. Ce sont des métiers à forte valeur ajoutée par rapport à une activité de services où les niveaux de formation sont moindres. Globalement le nombre de salariés s’effrite, ce qui est symptomatique de la situation industrielle en France. En ce qui nous concerne, il faut passer au-delà de cette image. Le secteur de la métallurgie est à la demande gens de plus en plus formés. Il y a moins d’embauches de CAP, maintenant c’est minimum bac pro ou BTS. Le challenge, c’est d’assurer le renouvellement côté salarié avec des gens davantage formés. Pour faire face à l’apparition de nouveaux métiers ? M.U. : Effectivement. La numérisation n’a pas encore le même impact que dans le domaine des services, mais nous devons nous y préparer. Les métiers liés à l’industrie changent, à la fois dans la relation avec les clients dès la conception du produit ou sur la partie mécanique, progressivement remplacée par une partie électronique ou informatique. Cela peut-il aller jusqu’à la création de startups industrielles? M.U. : C’est déjà le cas. Nous participons au fond d’amorçage interrégional R2V qui a permis de

financer deux startups des AlpesMaritimes, Helioclim et Gridbee Communications. Nous voulons être visibles auprès de ces startups pour les convaincre de rejoindre notre communauté industrielle. L’UIMM 06 s’appuie depuis un an sur un nouveau président. Que change l’arrivée de Daniel Sfecci ? M.U. : Son prédécesseur, Daniel Philippe, était dirigeant d’une grande société (Schneider – Ndlr). Daniel Sfecci est issu lui d’une PME patrimoniale. C’est très bon d’avoir cette alternance. Sur le plan géographique aussi, Daniel Philippe arrivait d’une région extérieure, au contraire de Daniel Sfecci qui est très impliqué dans le secteur et s’appuie sur une connaissance du terrain plus prononcée. Quels seront les chantiers de sa mandature de trois ans ? M.U. : Sa grande ambition c’est prendre le virage de l’industrie du futur. Daniel Philippe était plus sur la RSE, le rôle sociétal de l’industrie. Tout en gardant ça, Daniel Sfecci, souhaite se polariser sur les changements qui vont impacter les petites et moyennes entreprises autour de la numérisation. Nous avons beaucoup de PME qui ont des défis technologiques à passer tout en se battant comme d’habitude pour leur part de marché. L’autre chantier c’est l’évolution du cadre juridique et social. Nous voulons redonner la décision aux entreprises, dans l’esprit de la Loi El Khomri. L’UIMM a d’ailleurs la charge des négociations avec les partenaires sociaux pour négocier la convention collective dans les Alpes-Maritimes. Qu’est-ce que la métallurgie attend de l’élection présidentielle  ? M.U. : L’accumulation des lois et des obligations, par exemple sur le volet de la pénibilité, est véritablement un carcan. Sans nous

• 15 •

prononcer en faveur d’un candidat car nous sommes apolitiques, nous espérons juste que la nouvelle majorité soit un peu plus ouverte à l’activité industrielle. Votre filière accorde-telle de l’importance à la médiatisation ? M.U. : C’est essentiel. D’abord pour montrer aux jeunes qu’il y a des métiers intéressants dans la métallurgie, mais aussi pour inciter les dirigeants d’entreprises à ne pas rester seuls. Etre capable de communiquer pour attirer plus d’adhérents est une chose importante pour nous. Les médias sont-ils réceptifs ? M.U. : On regrette parfois de ne pas être mis davantage en avant. Mais il y a tout de même eu un virage ces dernières années. Les gens ont pris conscience qu’une société uniquement basée sur les services est un colosse aux pieds d’argile. L’opinion publique commence à être sensible au « fabriqué en France » et à cette capacité qu’a l’industrie à fabriquer des produits du quotidien

.

L’UIMM en chiffres Plus de 600 entreprises 16.000 salariés 3.7 Mds€ de chiffre d'affaires dont 62% à l'export.


20 17

• 16 • DIAPORAMA

Soirée de lancement du Le Club de la Presse Méditerranée 06 présentait, ce mardi 14 mars, l’édition 2017 du Médias Com’06, son annuaire des médias et de la communication dans les Alpes-Maritimes et Monaco.

Pour la quatrième année consécutive, la présidente de l’Université Nice Sophia Antipolis, Frédérique Vidal, accueillait le Club de la Presse et ses nombreux invités au Grand Château de Valrose à Nice.

Professionnels des médias et de la communication, acteurs de la vie culturelle, économique et politique locale participaient à l’événement. Était notamment présent Philippe Pradal, maire de la ville de Nice. Lors de son intervention, le président du Club de la Presse, Paul Barelli, correspondant du Monde à Nice, a rappelé les différentes actions et engagements du CPM06 : Le club est une maison en perpétuelle reconstruction depuis sa création il y a 19 ans. Son credo « l’union fait la force » s’avère d’autant plus pertinent que jamais notre profession n’a été autant décriée. Il ne suffit pas de faire huer des journalistes lors d’un meeting politique pour leur imposer le silence. Pour autant… Pour autant, sans verser dans un corporatisme de repli, le club n’a jamais hésité à s’interroger sur certaines dérives journalistiques dans la couverture de l’actualité.

Force est de constater que l’affaire Fillon amène notre profession à se poser des questions déontologiques. La boutique médiatique (l’ensemble des moyens de communications et des réseaux sociaux) ou le pire côtoie le meilleur s’est emballée, mais il convient de garder la tête froide. Le club de la presse se veut un espace de réflexion, de débat sans pour autant donner des leçons. S’efforçant d’être plus réactif face à l’actualité nous allons renforcer notre journal en ligne INTERMED. Sur notre site : clubpresse06.com, le club a publié une lettre ouverte au procureur de la république de Nice en octobre afin de relayer l’inquiétude des familles des victimes du carnage le 14 juillet sur la promenade des Anglais. Le procureur a fait valoir son point de vue. Je tiens à souligner la courtoisie et la loyauté de Jean-Michel Prêtre le procureur de Nice qui lui, sait entretenir des relations de confiance mutuelle avec les journalistes. L’année 2017 s’est ouverte sur l’espoir d’une difficile reconstruction morale de notre cité meurtrie dans sa chair et son âme. Le club de la presse modestement

se doit d’accompagner cette reconstruction. Les terribles images du camion fou resteront à jamais ancrées dans la mémoire collective. Les 86 morts, toutes les victimes du terrorisme nous ont sans doute laissé un message : résister à toutes les menaces intimidations et pressions. Défendre la liberté d’expression : seul marqueur démocratique. Comme le rappelait Claude Angeli rédacteur en chef du Canard enchaîné pendant trente ans : il n’y a pas de quatrième pouvoir, la presse est un contre pouvoir mais pas un quatrième pouvoir à côté de l’exécutif, du judiciaire et du législatif. Pour ceux qui exercent ce métier, il doit cependant rester un plaisir, quelles que soient les difficultés. Parmi ces difficultés la précarité grandissante des journalistes doit nous inciter au regroupement. C’est une des missions de ce club dont le Conseil d’administration s’efforce de respecter la diversité des médias.


Médias Com’06 2017 Paul Barelli a, par ailleurs, rendu hommage à quatre figures de la profession qui nous ont quitté cette année : Le club de la presse rend hommage à Guillaume Bertolino reporter de 42 ans un grand professionnel aux qualités humaines reconnues de tous. Sans oublier Sandrine Collie, journaliste, infographiste. Nous aurons également une pensée pour René Cenni une grande plume de Nice matin. Et puis je vous fait part de mon émotion pour saluer la mémoire de Catherine Gentil, une grande professionnelle de la communication.

Plus de 400 contacts au total, sur la Côte d’Azur et ailleurs Cette 17e édition de l’annuaire du CPM06 reprend tous les éléments qui en ont fait, au fil des années, l’outil de travail de référence des journalistes, étudiants en journalisme, élus, professionnels de la communication, chefs d’entreprise… On y retrouve le trombinoscope et les contacts des adhérents du Club, dont une centaine de journalistes représentatifs de l’ensemble des médias des Alpes-Maritimes et Monaco ; les coordonnées de l’ensemble des médias des A-M et Monaco et des correspondants locaux des médias nationaux, ainsi que des infos utiles aux journalistes.

• 17 • DIAPORAMA

Le Médias Com’06 est disponible par correspondance au prix de 23 € (frais de port inclus). Commande en ligne sur le site Internet du Club de la Presse.

Photo ci-contre : Valérie Catera, directrice des Editions Gilletta et les administrateurs du Club de g. à droite : Paul Barelli, président du Club, Robert Kudelka, Radio France, Abdellatif Azdine, TelQuelInfo, Jean-Michel Chevalier, les Petites Affiches, Philippe Bellissent, conseil en communication, Vincent-Xavier Morvan, Elle et Le Figaro, et Pierre-Olivier Burdin, Tribune Bulletin Côte d’Azur.


20 17 DIAPORAMA • 18 •

Photos © Marie-Evelyne Colonna

1 - Le maire de la Ville de nice, Philippe Pradal, Paul Barelli, président du CPM06, Nicole Laffont, administrat rice du CPM06 et Jean-Michel Chevalier, administrateur du CPM et rédacteur en chef des Petites Affiches des A.M. 2 - François Sittler, communicant, Jacqueline Quehen,Nice Matin, Philippe Tallois, ancien Président du CPM 06 et Joël Glutron, Joël Vega Magie. 3 - Corinne Korchia, directrice de communication Mairie de Vence, Nadine Bauer, Press & Com’, Alessandra Pope, référent presse au Cabinet de Christian Estrosi. 4 - Laurent Loiseau, photo journaliste, avec Pétra (ex) animatrice télé. 5 - Pierre-Yves Reichnecker, La Principauté, Nicolas Legros, attaché de presse du Groupe La Poste, Jean-Louis Filc, Union de la Presse francophone. 6 - Michele Palmieri (Chambre de Commerce italienne), Joël Glutron, Vincent Pomparat directeur Office du tourisme de la Colle sur Loup, Gilles Bertaux Office du tourisme de La Colle sur Loup. 7 - Sébastien Scarciello, Président Speakerwise, Oria Moussaoui, Chargée de Communication Speakerwise. 8 - Françoise Borello, chargée communication des musées Chagall, Picasso et Léger, Astrid Laporte, Théâtre de Nice, et Isabelle Billey-Quéré, responsable communication de l’Office du Tourisme de Nice. 9 - Philippe Tallois et Isabelle Drezen, directrice de publication Le Petit Futé. 10 - Anne d’Hauterives, gérante d’une maison d’hôtes, Dominique Mansuy-Ciotti, directrice communication EDF PACA, Anne-Marie Vaille, attachée de presse Email Gourmand, Jackie van Zeveren. 11 - Isabelle Quehen, Valérie Penoty, communicante, et François Sittler. ©Marie-Evelyne Colonna

1

2


DIAPORAMA

3

8

4

5 9

6

10

7

11

• 19 •


DIAPORAMA • 20 •

20 17 1

2

5

3

6

4

1 - Catherine Duponchel, directrice de clientèle Les éditions Côte et Vanina Holasek, Nice Pebbles. 2 - Astrid Laporte, Théâtre de Nice, Olivier Orsini, France 3 côte d’Azur, Gilbert Grisoni, ancien responsable des Editions Gilletta, Daniel Mestre, communication Office de Tourisme de Guillaumes, Patrick Allemand, conseiller municipal et métropolitain. 3 - Vincent-Xavier Morvan et Emmanuel Hennegraeve, Les Clés de la Culture. 4 - Philippe Bellissent, Isabelle Auzias, rédactrice en chef Tribune Bulletin Côte d’Azur, Paul Barelli, Pierre-Olivier Burdin. 5 - Sanya Maignal, rédactrice en chef Radio Chalom Nitsam, Anthony Matteuzzi, directeur marketing Hard Rock café Nice, Charlotte Henry Matarasso, chargée de communication et marketing 105 DB Prod. 6 - Josselyne Belieu et Alizé Belieu.


DIAPORAMA

7 - Cécile Navenot, chargée de communication IUT Nice Côte d’Azur, Delphine Sanfilippo, attachée de presse Université de Nice Sophia-Antipolis, Charlotte Waltzer, communication Fondation UCA. 8 - Pierre Devoluy, journaliste indépendant, Pierre-Yves Reichenecker, Jean-Louis Filc. 9 - Alba Navarro, responsable de la communication de la ville de La Turbie et Julie Palméro, journaliste indépendante. 10 - Gilles Rousseaux,directeur de la communication Véolia et Corinne Korchia. 11 - Chantal Amary-Berni, chroniqueuse Radio-Shalom, Michel Bounous, Editions Baie des Anges, Jean-Jacques Beltramo, dessinateur de presse, et Sabine Délabassé, communicante. 12 - Human Chahdousti, architecte, Jean-Michel Chevalier, Elsa Comiot, coordonnatrice des réseaux Botox. 7

8

11

9

10

12

• 21 •


20 17

DIAPORAMA

• 22 •

1 - Le public pendant le discours. 2 - Michel Bounous et Lilas Spak,communicante. 3 - Kristian, dessinateur de presse, Claude Piot, journaliste Fance 3 Côte d’Azur, Jean-Jacques Beltramo, Arnaud Baechler, spécialiste des réseaux sociaux. 4 - Geneviève Bertrand,Badou Mandiang, responsable Radio AfriCaraïbe, Philippe Dejardin, journaliste indépendant, Claude Piot. 5 - Josselyne Belieu, journaliste, Martine Bouvreraz,cadre CAF, Philippe Joseph, informaticien IAAF, Alizée Belieu, étudiante IUT Infocom Sophia Antipolis. 6 - Philippe Bellissent, Corinne Korchia et Jacqueline Quehen. 7 - Emmanuel Hennegraeve, Dominique Juge, Com & Coach, et Pierre-Olivier Burdin. ©Marie-Evelyne Colonna

1

5

3

6

4

7

2

2

Intermed n°96 - avril 2017  
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you