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L'édito Actu : L'EDITO • EN BREF

Info / Intox : la mission d’urgence du Clemi Depuis trente-trois ans, le Clemi de sont susceptibles d’être la « cible » de l’Académie de Nice lutte contre toutes les formes de désinformation que subissent, depuis peu, en priorité les enfants et les adolescents. Le Centre pour l’Education aux médias et à l’information a engagé un travail de fond qui permet aux élèves d'apprendre à lire, à décrypter l'information et l'image, à aiguiser leur esprit critique, à se forger une opinion. Parallèlement, une formation diversifiée aux médias est assurée aux enseignants. Cette mission éducative revêt désormais un caractère d’urgence. Par le biais des réseaux sociaux, les enfants sont la proie des fake news, fausses nouvelles, rumeurs et thèses conspirationnistes qui prospèrent sur la toile. A titre d’exemple : un regroupement d'une vingtaine d'associations aux États-Unis reproche à YouTube d'avoir ciblé des enfants dans ses publicités et collecté leurs informations personnelles. Plus préocupant encore : les enfants

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radicalistes de tous bords. « Les choses se sont aggravées depuis l’affaire Mehra en 2012 et Charlie le 7 janvier 2015 », précise Lilia Parisot, déléguée académique à l’éducation aux médias d’information, pour qui « certains jeunes, par le jeu des résaux, par le biais d’une manipulation hyper construite, peuvent “dériver” en deux jours ». La profession de journaliste se doit de se mobiliser contre toutes les formes de fake news - nous ne le répèterons jamais assez. Notre corporation en France a trop souffert d’un individualisme et d’un manque d’autocritique qui ne résiste pas à la réalité. Face à la tentaculaire puissance des réseaux sociaux, un chantier immense nous attend : réhabiliter la déontologie, les principes fondateurs du journalisme, les rappeler au public. Vérifier, mettre en perspective l’information. Bref, faire notre métier ! Paul Barelli

L'Édito / En bref .................................... 2-3 Culture : Lee Bae ....................................... 4 Actu Club : Moya / EDJ/ SNCF / Chatbots..... 5-9 Culture : Depardon : Traverser ............ 10-11 Focus partenaire : Villeneuve Loubet........ 12-13 Dossier : des fake news au fact checking....14-17 Actu Photo ............................................... 18-20 Diaporama soirée MédiasCom'06 2018... 21-27 N°99 - Avril 2018

Illustration de couverture : © Etudiants Master 2 DISTIC UFR Lettres Art et Sciences Humaines. Département Info com.

Directeur de la publication - Rédacteur en chef : Paul Barelli / Rédacteur en chef adjoint : Vincent-Xavier Morvan / Secrétaire de rédaction - Infographiste : Marion Guinochet  Ont collaboré à ce numéro : Abdellatif Azdine, Paul Barelli, Philippe Bellissent, Pierre-Olivier Burdin, Philippe Dejardin, Kristian, Nicole Laffont, Vincent-Xavier Morvan, Alexander Sandvoss Edition : Club de la Presse Méditerranée 06 / Maison des associations Comte de Falicon, 52 av. du Ray - 06100 Nice 06 60 45 23 45 / info@clubpresse06.com / www.clubpresse06.com / ISSN : 2107-7002

En

Un nouvel élan pour la web radio indé L’oreille qui gratte Le financement participatif lancé sur internet aura porté ses fruits. La web radio indé fait peau neuve grâce à la générosité des internautes. Nouvelle ergonomie, avec un player plus fonctionnel, le visuel des pochettes de chaque titre, une playlist remaniée, mais aussi et surtout, la suppression des publicités. Et pour respecter au mieux les goûts des auditeurs, une nouvelle fonction est également proposée : « J’aime-J’aime pas », ce qui permettra à la web radio d’adapter ses choix musicaux, et de proposer les tops des meilleures autoproductions et celui des meilleurs titres. L'émission L'Oreille Qui Gratte continue d’être diffusée de manière bi-hebdomadaire ( le Mardi à 19h et le Dimanche à 16h) sur Agora Côte D'Azur. Pour devenir contributeur de la web radio : https://www.tipeee. com/l-oreille-qui-gratte. www.loreillequigratte.com M.G.


bref...

Actu : EN BREF

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Fin du journal Ressources Le journal Ressources avait démarré en septembre 2015. Intermed y avait d’ailleurs consacré sa une. Dédié à l’actualité du développement durable de la Côte d’Azur, le journal a pourtant su toucher un lectorat engagé, et sa qualité éditoriale a été soulignée par deux prix Eco-reportage. Mais le journal indépendant n’a pas été épargné par les difficultés que traverse la presse française actuellement. Après avoir testé le crowdfunding et

le pré-financement, Ressources se réinvente à la rentrée 2017 avec une formule plus légère, consacrée aux "Chroniques de la Transition en Provence". Hélas toutes ces initiatives et cette ténacité n’auront pas suffi à pérenniser le journal, dont la rédaction a annoncé l’arrêt le 04 avril dernier. Nous souhaitons à l’équipe de belles aventures à venir. M.G.

La grande fête de l’agriculture urbaine, les 21 et 22 Avril à Nice au jardin Sacha Sosno Potager en Ville a été sélectionné par l’association La Sauge à Paris pour organiser la première édition d’une opération d’envergure nationale : « Les 48h de l’agriculture urbaine » qui se déroulera dans le jardin Sacha Sosno. Cet événement consistera en deux jours de festivités, d’animations d’ateliers, de rencontres et de surprises aux pieds de La Tête Carrée. L’aspect culturel y sera très présent avec la présentation d’une oeuvre d’art commandée spécifiquement par Potager en Ville pour cet évènement aux designers de l’école “The SDS”, et réalisée par deux entreprises niçoises,

Spada et la SEC. Cette oeuvre sera dévoilée au public et inaugurée le samedi 21 Avril à 12h. Elle permettra de rendre pérenne ce moment éphémère sur l’agriculture urbaine.

rencontres privilégiées, appelées "Les Agriculturelles", et d’autre part, offrir un service et un accompagnement personnalisé à tous les porteurs de projets grâce à son expertise.

Potager En Ville : Initialement conçue comme un site de rencontre de co-jardinage, l’association Potager En Ville, créée en Août 2016 par la passionnée et dynamique Lina Cappellini, évolue vers une agence de l’agriculture urbaine. L’objectif est double : d’une part, fédérer tous les acteurs de l’agriculture urbaine de la région et les faire se retrouver lors de

Programme complet des 48h de l’agriculture urbaine : www.les48h.fr et www.nice.fr Lina Cappellini, présidente de l’association Potager en Ville lina@potager-en-ville.fr Tél.: 06 88 82 17 77 FB/Twitter : @potagerenville CPM06

Kristian intègre le collectif Cartooning for Peace Kristian, dessinateur de presse, va intégrer le collectif Cartooning for Peace créé par Plantu, dessinateur au Monde, et Kofi Annan, Prix Nobel de la paix, Secrétaire Général des Nations unies. Un signe de reconnaissance pour ce membre du Club de la Presse 06, dessinateur pour Nice Matin, nommé Chevalier des Arts et Lettres en 2017

par Audrey Azoulay, ministre de la Culture. Il comptabilise pas moins de 12000 dessins pour différents médias. Cartooning for Peace est un réseau international de dessinateurs de presse engagés dont le but est de combattre avec humour pour le respect des cultures et des libertés, de dénoncer les

intolérances, combattre les préjugés et le conformisme intellectuel. Cartooning for Peace s’engage pour la liberté d’expression, s’attache au respect du pluralisme des cultures et des opinions, au travers d'expositions, de colloques, et de rencontres que le collectif organise. M.G.


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CULTURE CULTURE

Lee Bae au charbon à la Fondation Maeght

« Plus de lumière » : c’est le titre de l’exposition de printemps chez Maeght. Lee Bae, qui vit et travaille aujourd’hui à Paris, est l’un des plus grands artistes coréens de notre époque. Son œuvre construite autour de mélanges subtils hérités d’un art abstrait occidental comme l’arte povera puise également dans les codes et pratiques artistiques traditionnels de la culture coréenne. Elle trouve à la Fondation l’écrin le plus propice qui se puisse imaginer. L’idée de nature s’exprime par le feu, le charbon, les bois brûlés mais l’action de l’homme et sa capacité à transformer la matière sont également ici mises en scène. Tout commence, comme souvent, dans les jardins où des sculptures jouent la mélodie du noir en jouant sur les reflets du soleil. Des scintillements qui pro-

L'actu

duisent une infinitude de nuances. Lee Bae utilise les formes noires, les fonds blancs, l’ombre et la lumière pour dessiner un paysage intérieur où les éléments s’imposent comme l’expression philosophique d’un certain rapport au monde. Poésie, réflexion, force et vitalité se conjuguent ici pour exprimer une façon singulière d’exister. « J’aime le charbon, il est issu du feu. Il est la dernière substance des objets. J’exprime les images vitales avec de la matière morte : le charbon ». Ci-gît un paradoxe pourrait-on dire. Et pourtant… On peut trouver lumineuses et incroyablement vivantes les œuvres de Lee Bay car précisément le noir dense et profond du charbon est égayé par la couleur laiteuse obtenue grâce à la résine et à l’acrylique. Des strates qui

forment une espèce de carapace pour des tableaux issus du feu sans doute mais tournés vers le soleil. Des nuances subtiles, des reflets changeants, des appels à la rêverie ou à la réflexion, c’est selon. L’univers pictural et sculptural de Lee Bay épouse ici l’esprit des lieux. « La Fondation Maeght me fait penser à un monastère. De la même manière que devant les temples coréens il y a toujours une grande statue pour combattre le diable… ». Et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles, que l’on soit ou non agnostique, on ressent ici quelque chose de l’ordre du divin

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Jusqu’au 17 juin. Fondation Maeght. 623 chemin des Gardettes. Saint-Paul. Tél. : 04.93.32.81.63

Nicole Laffont

vue par Kristian

31/03/18

Grève SNCF - 03/04/18


Actu Club

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Le CPM06 chez Moya à la Galerie Lympia le 24 février

Un capharnaüm insensé au rez-dechaussée d’une villa au charme suranné. Dans le jardin, des petits personnages de BD jouent avec des poissons… C’est l’atelier Moya. Crayons et pinceaux en désordre, bibelots sans intérêt apparent, mélange kitch de souvenirs dérisoires et de tableaux 19e semblant rescapés d’un autre univers. Univers très lointain du Moya land imaginé par l’artiste pour une seconde vie asseyant sa notoriété dans le monde virtuel de la création vive. Le moi Moya est constitué de paradoxes et c’est sans doute ce qui fonde son pouvoir d’attraction. Il a exposé son « cas », à savoir ses facettes modèle stroboscope, à la galerie Lympia, à Nice, où le Club de la Presse 06 a été reçu pour une visite privée en sa présence. Quel chemin parcouru depuis ses années Bohème où il posait nu dans les cours de dessin ! J’avais publié sa photo dans le quotidien régional. « Sans doute la première photo de nu dans Nice-Matin… » ironise-t-il aujourd’hui. Je n’ai pas vérifié. Mais ce qui me frappe lorsque je regarde le fil rouge qui relie ses premières créations toujours construites avec les quatre lettres de son nom et ses performances actuelles capables d’enflammer un vaste auditoire par la virtuosité du geste pictural, c’est une espèce de frénésie du dire. Partant de rien ou plutôt d’une toile noire, Moya peut donner

vie en direct aux petites créatures qui peuplent son île. Cirque avec chapiteau, rideau, marionnettes, la brebis Dolly

et… Pinocchio. Entre ange et démon tout un peuple de bonshommes et d’animaux farfelus et sympathiques. Avec bien entendu toutes les tonalités de l’arc en ciel histoire de faire décoller encore

plus facilement vers le pays merveilleux de l’enfance où tout est possible. Moya, on le suit depuis des années. Il évolue, se perfectionne, innove mais ne grandit pas. Pour le grand bonheur des afficionados. Moya déteste le silence, le vide, le repos. Bon pour les cimetières sans doute ! Que l’on aime ou pas ses personnages de dessin animé, ses brebis maquillées façon star, ses fresques délirantes, on ne peut que frissonner devant une telle profusion, une telle générosité. Mettre de l’ordre dans sa tête au moyen d’un vaste désordre extérieur (c’est inversement proportionnel paraîtil…), s’exposer sans peur ni retenue, donner du bonheur en suscitant l’interrogation sur la réalité grise ici mue en orgie colorée. Le destin Moya est peut-être fait de ce pari fou : balayer la morosité. Faire de l’art pour que les visiteurs adhèrent à cette utopie chamarrée. Bien-sûr, le nom du père, la folie de Narcisse, la peur de la vacuité ou la tentative désespérée d’abolir la mort… On peut tenter de défaire des nœuds gordiens. Mais ce qui reste, en fin de pelote, c’est ce fabuleux appétit de vivre que Moya nous fait partager du côté du port de Nice

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Nicole Laffont


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ACTU CLUB

L’École du Journalisme de Nice reçoit la visite du Club de la Presse Accueillis par Marie BoselliBerenguer, directrice de l’établissement, et Laetitia Bacchieri, son attachée de direction, journalistes et communicants du Club de la Presse Méditerranée 06 ont fait le tour des trois étages où sont formés les étudiants.

Ci-dessus et ci-dessous : Marie Boselli-Berenguer fait visiter aux membres du Club de la Presse l'École du Journalisme.

L’École de Journalisme de Nice ne date pas d’aujourd’hui, elle forme des journalistes depuis 1990. Les membres du club ont pu découvrir la salle de presse où s’organisent les conférences de rédaction des étudiants, avant de prendre place au studio radio et à la régie. Après quelques marches, les portes du studio télé, caméras déployées, s’ouvrent aux visiteurs. La directrice se prête à l’exercice de présentatrice. Elle décrit les

moyens engagés pour la réussite des étudiants de son école. Comment des exercices complexes sont mis en place pour arriver à placer le bon texte en radio et le bon son en télé, sans oublier la maîtrise du temps ! « L’étudiant se trouve régulièrement en situation réelle de travail, en

studio télé, à la radio, en reportage extérieur… » explique-t-elle. Un train d’essai pour ces futurs journalistes qui se préparent activement pour intégrer la vie active.

Des étudiants multipass Les ordinateurs emplissent les salles de cours, « Après leur reportage radio et télé, ce sont dans ces salles de cours que le traitement du montage est effectué par les étudiants. Les logiciels nécessaires sont préinstallés ; après la formation de l’équipe pédagogique, les futurs journalistes sont autonomes, ils peuvent travailler le son, l’image, le reportage, l’interview, la TV, le Mojo (mobile-journalisme), la radio et la presse écrite. Ils deviennent multi-supports. Voilà le point fort de notre enseignement, avec des professeursjournalistes de la région et des enseignants de la faculté voisine », raconte la directrice. Créée il y a vingt-sept ans, l’école a su s'ajuster au nouveau paysage des médias d’information, mieux connectée et plus dans l'instantanéité. La directrice la veut la plus multitâches possible. Elle propose à ses étudiants une formation à la pointe des dernières nouveautés du métier en conservant les fondamentaux d’un journalisme solide, dans


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un monde qui va vite et se dématérialise. Il est des éléments dont le journalisme aura toujours besoin et que l’EDJ porte : «  Sérieux, vérification des informations, compréhension… » Les bases du métier.

Des relations internationales Marie ne manque pas de présenter le cursus scolaire de l’école, celui des Bachelors et des Masters, les stages en entreprise obligatoires et les échanges à l'international. Mais aussi, le précieux sésame pour intégrer l'école : le concours d'entrée. « L’école travaille avec l’international, elle porte un programme lui permettant de recevoir des étudiants étrangers et de favoriser la mobilité de nos étudiants. La formation est polyvalente. Je sais que dans la presse, la conjoncture économique est compliquée : alors nous apportons aux futurs journalistes les outils pour qu’à la fin de leur scolarité ils puissent intégrer tous les postes que propose le monde des médias ». Laetitia signale aux membres du club de la presse « l’authenticité réelle basée sur l’échange entre les étudiants et l’équipe pédagogique lors des travaux de découverte et d’apprentissage des métiers du journalisme de demain ». Un modèle d’enseignement et une vie étudiante au sein de l'EDJ réalisés en collaboration avec un réseau professionnel sur lequel l’école s’appuie. Ce sont plus de 200 étudiants qui, chaque année, arrivent de toute la France, mais aussi du pourtour méditerranéen, et sortent de l’école de journalisme de Nice, diplômés de promotions parrainés par de grands noms du journalisme. Le club a quitté l’EDJ après le pot du mois et souhaite une longue carrière aux futurs journalistes

Le Club de la Presse Méditerranée 06 rencontre les responsables SNCF Côte d’Azur Le Club de la Presse 06 a organisé le jeudi 25 janvier une rencontre avec Philippe Serre, directeur départemental SNCF Mobilités, accompagné d'Ivan Bellais, responsable Relations Extérieures Côte d'Azur. Dans un climat courtois et sans langue de bois, les deux responsables se sont prêtés au jeu des questions réponses qui ont fusé quelques semaines avant le début des grèves. Philippe Serre a défini les spécificités du trafic SNCF sur la Côte d’Azur, la région la plus difficile pour faire du TER : « Nous avons les mêmes problèmes que sur les routes. Nous sommes coincés entre la mer et la montagne ». Très clairs, les deux responsables ont été convaincants comme l’ont estimé les membres du club de la presse qui ont assistés à cette rencontre informelle conclue par une galette des rois

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Le plafond de la gare de Nice © Philippe Déjardin

CPM 06

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Abdellatif Azdine

Philippe Serre, directeur départemental SNCF Mobilités, et le Club de la Presse 06 © CPM06


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Le CPM06 se penche sur les chatbots

Le 22 février dernier le Club de la Presse coorganisait avec l’IPAG une conférence débat sur les chatbots, nouvel outil de la communication digitale. Cette rencontre bénéficiait du soutien de partenaires importants ; la CCINCA, l’UPE06, les Aéroports de la Côte d’Azur, La Tribune Bulletin Côte d'Azur.

2018, l’année des chatbots

Pourquoi les chatbots ? L’ensemble

des experts en communication digitale s’accorde à dire que 2018 sera l’année du développement généralisé des chatbots, ces pseudo-personnages qui

facilitent la navigation ou la recherche d’informations sur un site Internet. Un outil qui facilite la productivité de sites de e-commerce ou de la relation B to C et qui répond à une demande latente des internautes de ne plus avoir à faire face seulement à une machine mais à une vraie personne répondant à partir d’un

ordinateur. Du côté des marketeurs, des efforts constants sont faits pour faire mieux entrer les marques en interaction avec leurs publics. A l’heure du Web 2.0, la marque doit pouvoir entrer en conversation, même s’il reste beaucoup à faire pour que les dialogues s’inscrivent vrai-


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ment dans la logique d’un web sémantique. Les entreprises ne peuvent donc ignorer ce nouvel outil, même si en ce début d’année 2018 beaucoup s’interrogent sur l’opportunité de l’ajouter à leur communication digitale. Du côté des publics, les attentes sont nombreuses pour dépasser la logique des cases à cocher afin d’obtenir des réponses à un conseil sur une marque. Les utilisateurs souhaitent de plus en plus pouvoir poser des questions en langage naturel et non plus errer au hasard dans l’arborescence d’un site. Au de-là de cet aspect instrumental, on peut relever des problématiques relevant de la relation homme-robot dont les laboratoires d’Intelligence Artificielle se sont peu à peu emparées. Cette logique de la relation homme machine est complexe et nécessite des réflexions en regards croisés entre différentes disciplines (psychologie, sciences cognitives, logiques de programmation).

Quel intérêt pour ce nouvel outil ? C’est pour répondre à ces problématiques que le CPM 06 et l’IPAG Nice se sont associés pour répondre le temps d’une conférence débat animée par Philippe Bellissent à ces questions d’actualité en communication digitale.

- En quoi le recours à ces robots reflète-t-il un besoin latent de parler et d’échanger avec un être humain plutôt qu’avec une machine ? - Quels sont les avantages pour les sociétés sur des marchés B to C d’utiliser ces outils de communication digitale ? - Quels sont les avantages clients de ce mode de relation et quel est le bénéfice consommateur ? - Quelles sont les qualités attendues d’un bon chatbot et quels sont les pièges à éviter ? - Quel sont les domaines qui peuvent être investis par cet outil ? (relation client, e-learning, mode d’emploi procédural).

Les chatbots omniprésents dans les années à venir

révélatrice de leur intérêt pour le public. C’est dans cette logique que Ivan Bellais Directeur Communication SNCF Sud Est et Mana Coste CEO de Travelaere, spécialisée dans la création de logiciels de traitement de la relation clients-passagers pour les compagnies aériennes, montraient tous l’intérêt de ces outils pour les usagers des transports. Le recours à un chatbot permet effectivement de répondre à 80% des questions standards, libérant ainsi du temps pour les personnels bien réels de ces sociétés pour répondre aux demandes plus complexes des clients. Elodie Choisy Directrice de la Communication UPE 06 présentait tout l’intérêt d’un chatbot dans la relation entre un organisme et ses adhérents. Puis Thomas Olivier de Piranga Innovation dont la société crée des avatars permettant des dialogues utilisateurs et des didacticiels en ligne montrait que les outils les plus ludiques peuvent faire passer des informations complexes à des clients. Enfin Julien Tabore dirigeant de l’agence cannoise Ooroikas faisait la démonstration de l’intérêt des chatbots pour des produits d’elearning, un secteur d’activité là aussi en plein développement

Dans son propos introductif Franck Debos professeur en Sciences de l'Information Communication de l’Université de Nice soulignait que les chatbots, s’ils existent depuis 1966, bénéficient des progrès constants de l’Intelligence Artificielle et que leur domaine d’action ne cesse de s’étendre en fonction des développements de ces technologies. Philippe Bellisent Leur utilisation de plus en plus fréquente sur les smartphones est à cet égard

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CULTURE Raymond Depardon : jusqu’au • 10 •

CULTURE

bout de l’humilité

U n monument de la photo. Et du

documentaire. J’appréhendais la rencontre avec Raymond Depardon. La crainte d’être confronté à une personnalité egocentrique que l’on éprouve parfois face à certains artistes dont on admire les créations. Depardon est un homme d’une grande humilité. A la simplicité désarmante. C’est déjà une singularité. Il se définit comme issu d’une « famille de paysans » tout en nous guidant au fil de son exposition niçoise. Il nous présente les premières images qui sont faites à la Ferme du Garet, à Villefranche-sur-Saône en 1957, Raymond a 15 ans. Puis, c’est le départ. Dans un cadre, un texte qui se présente de la même façon que les images, on lit : « Je voulais être solitaire ; solitaire, célibataire et nomade. Quand je voyage, je suis comme un enfant. Ne pas essayer de séduire. »

Voyager c’est n’être rien du tout Au fil de l’exposition, on retrouve des documents de ses débuts comme paparazzi. Puis vient le temps des voyages qui font sa célébrité (Correspondance new yorkaise pour Libération, 1981), et le désert mauritanien, le Tchad, le Vietnam… à ce propos Depardon écrit : « Voyager c’est n’être rien du tout. Ni touriste, ni reporter. Ne chercher aucune performance. Ne rien chercher à prouver. » Raymond Depardon redécouvre des images de son époque de reporter de guerre, du Liban à l’Afghanistan en

passant par l’Angola et le Rwanda… Une période difficile de sa vie durant laquelle il affronte ses propres peurs et celles des hommes qu’il photographie. « Aujourd’hui, confie-t-il dans son dernier ouvrage (1), je prends ma revanche sur les peurs du reporter. J’ai souffert de cet état permanent de voyeurisme, d’agression, de sollicitude (…) il y fallait toute la force de mes racines de paysan pour ne pas céder à la folie. » A la question de savoir ce qu’il retient de ses reportages en Afghanistan en 1979, il répond : « A l’époque on ne savait pas très bien ce qu’il se passait dans ce pays. Quand j’ai demandé un traducteur, un jeune est arrivé je ne savais pas qui c’était à ce moment là : c’était le futur commandant Massoud. J’ai fait tout un voyage avec lui. J’ai eu une chance inouïe, il m’a tout montré. »

Le regard vif de Raymond Depardon semble alors avec douceur rejoindre les lointains horizons africains, asiatiques qu’il a parcourus des années durant : « Dans les pays pauvres, ce qu’il faut capter c’est la beauté intrinsèque des habitants. Je pense aux nomades, ils n’ont pas grand-chose. On les voit bouger et c’est merveilleux. Il y a une grâce chez les femmes africaines. » Retour en France à Nice dont il dit que c’est une ville propice aux photos grâce à la lumière qui s’en dégage en particulier, le soleil rasant en fin d’aprèsmidi qui pénètre dans les appartements anciens : « J’ai photographié la promenade des Anglais mais je dois avouer que c’est très difficile de réaliser une photo très originale de cette artère ! » Eternellement humble Monsieur Depardon !

De l’instantanéité

Paul Barelli

A la vue de ses photos de reportage au Vietnam je demande à Raymond Depardon ce qu’il a retiré de son expérience de photo-journaliste. « Le goût de l’instantané et la curiosité. Après guerre, pour faire plaisir aux photographes on leur a donné la carte de presse. Moimême j’ai été très heureux d’avoir ma carte ! Aux USA, c’était une carte de la police. Cela servait plus, c’était une sorte de coupe fil. Ayant débuté comme photographe de presse cela m’a fait prendre conscience que je n’aimais pas les photos posées. J’aime l’instantané, ce qui va vite. Je me suis aperçu lorsqu’on était vingt photographes à travailler, que l’instantané était plus intemporel. »

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(1) Traverser. Raymond Depardon. Sous la direction d’Agnès Sire. Fondation Henri Cartier Bresson. Editions Xavier Barral.


CULTURE Exposition Traverser à la galerie Lympia Du 7 avril au 16 septembre 2018, la galerie Lympia, sur le port de Nice, et la Fondation Henri CartierBresson présentent Traverser, une exposition de Raymond Depardon. Ce créateur né le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône est considéré comme l’un des maîtres du film documentaire, il a créé l’agence photographique Gamma en 1966. Écrivain, journaliste, photographe et réalisateur, l’homme semble sans limites. Cet accrochage parcourt l’œuvre de l’artiste depuis ses premiers pas à la ferme du Garet jusqu’à aujourd’hui. L'exposition Traverser raconte, à travers photos et écrits, cinquante ans d’images

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Raymond Depardon à l'exposition Traverser à Nice © CPM06

Entrée libre Horaires : • du mercredi au samedi : 14 heures à 19 heures • Dimanche : 10 heures à 12 heures / 14 heures à 19 heures • Fermeture les lundi et mardi Raymond Depardon et Paul Barelli à l'exposition Traverser à Nice © CPM06

CULTURE • 11 •

Le Club de la Presse 06 remercie ses partenaires 2018


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Quand Villeneuve-Loubet bouge E ntre bord de mer

Culture, sport, innovation, gastronomie, la ville de VilleneuveLoubet fait preuve de dynamisme dans de nombreux domaines. Illustration avec la programmation événementielle printemps-été-automne.

et bord du Loup, station touristique et village authentique, Villeneuve « deux en une » se cultive à longueur d’année. Tantôt ambassadrice du Tibet libre, de l’Afrique ou de la Roumanie, tantôt dévouée à son histoire, savoureuse, car marquée par l’empreinte d’Auguste Escoffier, sa programmation culturelle se rythme de concerts classiques ou populaires, de rendezvous gourmands et festifs, de cycles de conférences ou expositions attendues, et de levers de rideau sur des artistes talentueux.

Précurseur sur la culture Dans sa volonté de rassembler, initier et enchanter toutes les générations, la commune a adopté une politique d’accès à « la culture pour tous » avec des spectacles de qualité, la plupart du temps gratuits, ainsi que les parkings. Première ville de la Côte d’Azur à avoir organisé une « fête de la culture » en 2015, elle peut également s’enorgueillir d’avoir un bel esprit d’entreprise avec pas moins de 700 sociétés implantées au Pôle Marina 7, ainsi qu’un Club des Entreprises villeneuvoises très actif

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Pierre-Olivier Burdin


PARTENAIRE FOCUS PARTENAIRE

LES TEMPS FORTS DE L'ANNEE

Les 12 et 13 mai / Festival du Livre Jeunesse Deuxième édition pour ce festival du livre jeunesse qui conjugue débats, rencontres avec les auteurs, animations, jeux, ateliers de dessin, ateliers d'écriture, cours de cuisine, projections de courts-métrages, et lectures pour tous : jeunesse, BD, mangas, romans ados… Bord du Loup / Pôle culturel Auguste Escoffier Les 24 et 25 mai / Marina High Tech : un salon du futur A la découverte des dernières innovations nautiques bénéfiques à la protection du milieu marin. Moteurs hybrides, systèmes à propulsion photovoltaïque, bouées connectées, luminaires high tech, extincteurs green, systèmes de filtrage non polluant des eaux usées, gyropodes, trottinettes électriques ou encore digues écologiques immergées. Bord de mer / Port de Marina Baie-des-Anges 21 et 22 juillet / Les Soirées Gourmandes et musicales Un rendez-vous incontournable accolé à la maison natale d’Auguste Escoffier. Concerts, rencontres et dégustation de produits saisonniers. De 19h à minuit - Bord du Loup / village Juillet / Classic Park Orchestra Un Festival de musique classique entre scène et jardin. Concerts tous les mardis du mois de Juillet, à 21h30. Bord du Loup /Pôle Culturel Auguste Escoffier Juillet – août / Festival de Contes et légendes sous la lune Tous les jeudis, des conteurs

professionnels viennent enchanter petits et grands en plein air au sein de l’Ecoparc du Pôle culturel Auguste Escoffier. Juillet – août / Villeneuve Live Music Des animations musicales et concerts gratuits sont proposés chaque vendredi et samedi au village et au bord de mer jusqu'à la fin de l’été. Au programme : ambiance jazzy, cubaine, rock'n roll, créole ou encore gipsy... Bord de mer et bord du Loup

2 et 3 août / Soirées Renaissance Deux grandes soirées festives sur le thème de la Renaissance, avec des cortèges hauts en couleurs, des tavernes, des spectacles, des ateliers, des jeux, de la musique et de la danse… La fête met en valeur une page de l’histoire de Villeneuve-Loubet (le séjour du Roi de France, François Ier, accompagné de sa cour, au château de Villeneuve en 1538) et offre une vitrine sur les métiers de l’époque. De 18h à minuit - Bord du Loup / village 21, 22 et 23 septembre/ Les Fêtes Escoffier Un grand marché des saveurs et des produits du terroir, des ateliers de cuisine, des ateliers enfants, une exposition, des séances de dédicaces... font de cet événement un tremplin de

la culture culinaire, avec cette année, un hommage particulier rendu au phénoménal « Monsieur Paul » (Bocuse), Escoffier contemporain décédé le 20 janvier 2018. Le chef Jacques Chibois sera le parrain de cette édition 2018. 30 septembre / Villeneuve’Africa Fête de l'Afrique qui regroupe 45 stands de l'Afrique subsaharienne francophone avec animations, expositions, restauration, conférence, films et reconstitutions. Bord de mer et bord du Loup / Pôle Culturel Auguste Escoffier 5 et 6 octobre / Fête de la Science Thématique choisie en 2018 : le développement durable. Dans sa démarche environnementale qui lui a fait créer la première piste cyclable de la Côte d’Azur, reliant le bord du Loup au bord de mer, ouvrir la voie du traitement des palmiers contre le charançon, créer des éco-pâturages sur ses terres agricoles ou encore faire adopter les bons gestes pour économiser l’eau et l’énergie, VilleneuveLoubet est au premier plan pour accueillir des scientifiques et chercheurs de haut niveau en réflexion sur le devenir de notre planète. Bord du Loup / Pôle Culturel Auguste Escoffier 27 et 28 octobre / 4e Salon du Livre d’Histoire Chaque année, les plus grands noms de la littérature sensibilisés à l’Histoire se retrouvent à Villeneuve-Loubet pour un salon inédit sur la Côte d’Azur. Bord du Loup / Pôle Culturel Auguste Escoffier

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DOSSIER 5 avril 2018 : Des fake news aux fact-checking : regards croisés entre universitaires et journalistes à la Faculté de lettres de Nice Pour la deuxième année consécutive le Club de la Presse 06 rencontrait les universitaires du laboratoire de recherches en communication de l’Université de Nice le SICLAB. Ce forum organisé par les étudiants du master DISTIC sous la direction de Nicolas Pélissier a donné lieu à des échanges particulièrement intéressants entre conférences et table ronde. La thématique de cette 2e rencontre était consacrée aux fake news, un sujet d’une actualité totale alors que la proposition de loi portée par la majorité parlementaire fait déjà l’objet de discussion parmi les élus comme c’était le cas la semaine dernière au Sénat.


DOSSIER

Fake news ou false news ? La part de l’intention

Cette

rencontre a d’abord été le cadre de deux conférences sur ce thème. La première de Benoit Grévisse, professeur à l'Université catholique de Louvain, directeur de l’école de journalisme et chercheur à l’observatoire du Récit Médiatique. Sa conférence mettait en avant le fonctionnement des cellules de communication et leurs stratégies pour faire passer les messages les plus manipulatoires pour contrer le travail d'investigation des journalistes. Autre point soulevé pendant son intervention, le regroupement des individus en communautés d’idées s’enfermant dans de vraies-fausses informations partagées par leur groupe sans vérification de la véracité de ces informations. Un phénomène que les chercheurs qualifient de biais de confirmation puisque chacun a plus tendance à conforter son point de vue en fonction des informations qu’il reçoit qu’à se remettre en question quand les faits bousculent ses habitudes de pensée. La seconde conférence donnée par Arnaud Mercier, professeur à l’Institut français de presse, chercheur au CARISM, co-fondateur du site The Conversation France démontait les ressorts d’une forme de haine journalistique de plus en plus répandue dans les milieux politiques, renvoyant dos à dos pour notre pays, l’ensemble des formations de l’extrême droite à l’extrême gauche dans leurs attaques contre la presse. Il ne manquait pas de souligner que les fake news sont plus que les manœuvres de manipulation que l’on a pu connaitre dans le passé. Si la manipulation de l’info remonte loin dans le temps et Franck

Debos nous rappelait que Philippe Le Bel avait fait aussi bien avec les moyens de son époque contre les Templiers, les fake news correspondent plutôt à un plan stratégique de communication qui va bien au-delà d’une rumeur inorganisée. L’utilisation de trolls, la gestion des likes et retweets sous-entend une intention délibérée de nuire qui fait la différence avec les falsenews. Sur ce point il resterait à étudier sérieusement les tweets de Donald Trump pour savoir s’il s’agit de manipulations sciemment organisées (fake news) ou d’une incapacité totale à maîtriser sa communication (false news) au désespoir probablement de ses conseillers en communication qui doivent le trouver totalement ingérable. Les deux conférenciers relevaient que cette ère des fake news est bien sûr le résultat de la montée en puissance des réseaux sociaux qui apparaissent comme un nouveau pouvoir dans l’espace public. La table-ronde qui suivait ces deux interventions animée par Philippe Bellissent, réunissait Paul Barelli correspondant du Monde, Vincent-Xavier Morvan correspondant du Figaro, et Frédéric Maurice de Nice Matin pour les journalistes ainsi que Philippe Père, directeur de la bibliothèque Universitaire Don Bosco de la faculté LASH, Lilia Parisot responsable du CLEMI accompagnée de Loïc Sumier, assistant en communication pour ce service du Rectorat en charge de la culture auprès des collégiens, lycéens et étudiants. C’est bien sûr la question du factchecking, pendant des fake news, qui faisait l’objet de discussions avec les rappels de déontologie qui sont à

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la base du travail des journalistes professionnels. La vérification des informations, le recoupement des sources, le refus du sensationnel outrancier, un temps minimum de réflexion sur l’événement malgré la pression des rédactions pour sortir un article au plus vite, sont autant d’impératifs que les participants à la table ronde ne manquaient pas de rappeler.

Pour un retour aux vrais textes, remèdes aux fake news La présence des membres de l’institution universitaire et de l’administration de l’Éducation Nationale était nécessaire pour rappeler, comme le soulignait auparavant Arnaud Mercier dans sa conférence, que nous sommes tous coupables de la diffusion des fake-news. Celles-ci ne peuvent s’étendre et se diffuser sur les réseaux que si les utilisateurs ne font preuve d’aucun discernement sur la qualité des informations qu’ils reçoivent. Les théories du complot n’existent que parce qu’une forme d’irrationalité ambiante prend le pas sur la réflexion. Aux messages de qualité informative minimum circulants sur les réseaux sociaux, il faut savoir préférer les livres comme le rappelait Philippe Père. Ou tout au moins le savoir organisé, réfléchi, que sait proposer une bibliothèque, même si, signe des temps, celui-ci est de plus en plus déma-


DOSSIER térialisé et numérique, permettant ainsi un accès à plus large public que celui des seuls étudiants inscrits à l’Université.

Le danger de l’interdiction des fake news La qualité des échanges a fait de cette 2e rencontre CPM06/Université une véritable réussite. On peut seulement regretter que le format retenu n’ait pas permis dans le

temps imparti d’aborder autour des fake news un certain nombre de questions cruciales qui seront dans l’actu dans les prochaines semaines. En particulier, le projet de loi, voulu par Emmanuel Macron malmené par certains médias pendant la campagne présidentielle, ne présentet-il pas un risque en matière de libertés publiques avec un contrôle à priori des informations circulant sur la toile ? Lutter contre les fake news est bien évidemment salutaire mais si une information paraissant invraisemblable circule grâce aux lanceurs d’alertes doit-on la sanc-

tionner ? Il a fallu beaucoup de temps et d’acharnement de la part de journalistes pour faire sortir l’affaire Cahuzac du statut de fake news en affaire judiciaire. Un contrôle à priori de l’information pourrait être un pas dangereux vers ce droit de savoir indispensable au fonctionnement sain d’une vraie démocratie

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Philippe Bellissent

Un conseil de presse pour lutter contre les fake news ? Quels sont les outils pour lutter contre les Fake News ? En filigrane de la réunion, la possibilité de créer un conseil de presse a été évoquée. La France est le dernier pays d’Europe à ne pas disposer de conseil de presse que certains assimilent, à tort, à un Conseil de l’ordre des journalistes. « Un conseil de presse n’est pas à lui seul la solution aux errements de la presse et des médias, souligne Luc Hervouet sur le site de l’UPF (Union de la presse francophone). Les « conseils de presse », ces instances indépendantes d’autorégulation déontologique de l’information, ont déjà plus de cent ans. Le premier a vu le jour en 1916 en Suède. Près d’une centaine ont été recensés, sur tous les continents. Les principes sur lesquels ils reposent sont les mêmes comme le précise Yves Agnès ancien directeur du CFPJ à Paris : « Défendre et renforcer la liberté d’informer. En faisant respecter une éthique professionnelle de l’information, les conseils de presse sont parmi les meilleurs défenseurs de la liberté d’expression, car ils concourent à la qualité des médias euxmêmes »(…) « L’Etat n’a pas compétence en matière de déontologie de l’information », poursuit Yves Agnès, à l’UPF : « Lorsqu’une législation sur l’information existe

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(c’est le cas en France, pas aux Etats-Unis par exemple), l’Etat et son appareil judiciaire veillent à son respect. Mais l’éthique professionnelle de l’information n’est pas de son ressort. En France, malheureusement, le vide laissé par le refus de la profession (régulièrement depuis 1898) de se doter d’une instance indépendante a conduit l’État à placer les médias audiovisuels sous le joug d’une instance qui s’est arrogée peu à peu le domaine de la déontologie : réputée « indépendante », ses membres sont nommés par l’Etat. » L’instauration d’un conseil de presse représenterait-elle un atout pour la profession ? Elle pourrait lui permettre de mieux résister aux pressions économiques et aux annonceurs. La crise économique de la presse est en effet aussi une crise de la confiance dans les médias, en baisse depuis des années . La création d’une telle instance permettrait de raffermir la crédibilité des médias. Seulement en France au sein de la profession les syndicats de journalistes sont réticents, il n’y a pas d’accord au sein des éditeurs. Le débat cependant sur l’utilité de conseil de presse est loin d’être clos. PB


DOSSIER

Une proposition de loi contre les fake news Les députés du groupe majoritaire LREM ont déposé en mars une proposition de loi contre les mauvaises nouvelles ou fake news. Elle comporte plusieurs dispositions, qui seront examinées par l’Assemblée au mois de mai. Il s’agit d’une part, pendant les périodes pré-électorale et électorale, de permettre à la justice de faire cesser en référé la diffusion de fausses informations. Par ailleurs, des obligations de transparence pourraient être imposées aux plateformes numériques pour permettre notamment aux internautes de connaître l’annonceur de contenus sponsorisés. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pourrait aussi être en mesure d’empêcher la diffusion de services de télévision contrôlés par un Etat étranger. Plusieurs membres du gouvernement sont montés au créneau pour défendre ce texte. Aux Assises du journalisme, à Tours, en mars, la ministre de la Culture Françoise Nyssen a expliqué qu’il ne s’agissait pas de toucher à la définition des fausses nouvelles qui figure dans la loi sur la liberté de la presse de 1881. Mais, selon elle, « le droit français n’est plus adapté. Il ne permet pas d’agir assez vite, ni de façon systématique contre la diffusion de fausses nouvelles via Facebook, Youtube ou Twitter. L’enjeu, c’est d’améliorer l’efficacité de nos réponses, avec un mot-clé, la responsabilisation des plateformes. » Début avril, lors d’un colloque à Paris sur les manipulations de l’information, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a lui aussi défendu cette proposition de loi. Selon lui, elle « permettra au régulateur de suspendre ou de mettre un terme

définitif dans des délais très rapides à la diffusion de contenus malveillants contrôlés sous l’influence avérée d’un État étranger. » Dans la ligne de mire du chef de la diplomatie française, la Russie et « ses organes de propagande comme Russia Today ou Sputnik », Le Drian évoquant à son propos une « ingénierie de la désinformation ». Cependant, la proposition de loi rencontre déjà de vives oppositions, à commencer par celle du Syndicat national des journalistes (SNJ). Dans une motion votée à l’unanimité, le SNJ, début mars, dénonce « un projet de loi liberticide ». « Sous couvert de lutter contre la propagation de fake news, ce texte menace la liberté d’expression et la liberté d’informer », écrit le syndicat, qui reproche notamment au texte d’entretenir une confusion entre plateformes internet et médias professionnels d’information. « Ce texte, qui dit vouloir protéger contre les risques de manipulation de l’information en période électorale, peut aussi devenir un moyen d’entraver le travail des journalistes professionnels », estime le SNJ, demandant ainsi l’abandon de cette loi « de circonstance ». Pour le SNJ, la lutte contre les fake news repose « sur un dispositif combinant la garantie des moyens économiques et humains nécessaires à la production d’une information de qualité, sur une politique ambitieuse d’éducation aux médias et sur la création d’une instance d’autorégulation déontologique pouvant être saisie par le public ». V.-X. M.

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ACTU PHOTO

La page Actu Photo d'Intermed est née en 2008. Elle a pour but de présenter une petite partie du travail du photo-journalisme en montrant les deux faces d’une photo : l’image et sa légende originale. Sélectionnées par le photographe et traitant d’un évènement du département ayant une portée nationale, ces photos n’ont pas pour autant vocation à être un résumé de l’actualité locale . CI-DESSOUS : Menton, France - February 18, 2018 : 85th Lemon Festival in Menton : Bollywood / Carnival Parade. 85e Fête du Citron de Menton : Bollywood, défilé du Carnaval, 18 février 2018. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss

CI-DESSOUS : Menton, France February 23, 2018 : 85th Lemon Festival in Menton : Bollywood / Bioves Garden, Jardin Bioves Night Shots. 85e Fête du Citron de Menton : Bollywood, vue de nuit du Jardin Bioves, 23 février 2018. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss


CI-CONTRE : Menton, France - February 18, 2018 : 85th Lemon Festival in Menton : Bollywood / Carnival Parade 85e Fête du Citron de Menton : Bollywood, défilé du Carnaval, 18 février 2018. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss


ACTU PHOTO

CI-DESSUS : Cannes, France - April 08, 2018 : MIPTV, the Global TV and Digital Content Market, Television, a Reed MIDEM Event, MIPDOC, MIPCOM, Red Pink Carpet, Cannes, France Cannes, France - 08 avril 2018 : MIPTV, le marché mondial de la télévision et du contenu numérique, la télévision, un événement Reed MIDEM, MIPDOC, MIPCOM, le tapis rouge rose, Cannes, France. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss.

CI-CONTRE : Cannes, France - April 08, 2018 : MIPTV, the Global TV and Digital Content Market, Inauguration with Reed MIDEM CEO Paul Zilk, Fleur Pellerin, President Canneseries and David Lisnard, Mayor of Cannes. MIPDOC, MIPCOM. Cannes, France - 08 avril 2018 : MIPTV, le marché mondial de la télévision et du contenu numérique, Inauguration avec Paul Zilk, PDG de Reed MIDEM, Fleur Pellerin, Présidente de Canneseries et David Lisnard, Maire de Cannes. MIPDOC, MIPCOM. © MANDOGA MEDIA / Alexander Sandvoss.


Le Club de la Presse Méditerranée 06, rassemble près de 80 journalistes dans les Alpes-Maritimes et les pays du pourtour méditerranéen. Il a présenté son annuaire Média 2018 en compagnie de son conseil d’administration 2018, élu à l’issue de l’assemblée générale ordinaire qui s’est tenue à Nice dans les locaux de France Bleu Azur.

Le conseil d’administration du Club de la Presse 06, de gauche à droite : Pierre-Olivier Burdin, Jean-François Téaldi, Abdellatif Azdine, Nicole Laffont, Vincent-Xavier Morvan, Benoit Ruiz, Josselyne Belieu, Jean-Michel Chevalier, Philippe Bellissent, Tanja Stojanov.

Le château de Valrose de l’Université de Nice Sophia Antipolis recevait, le 20 mars dernier, la soirée MédiaCom'06 du Club de la Presse en présence de leurs invités. Paul Barelli,

président du CPM06, correspondant du Monde à Nice, présente lors de son discours les actions réalisées par le Club de la Presse Méditerranée 06. Il rappelle que le club de la presse est

une association de bénévoles créée en 1996 par « une poignée de journalistes sous la férule de Bruno Aubry ». Le président évoque la représentation du club par l’adhésion de quatre-vingt


journalistes et cinquante communicants. L’édition 2018 de l’annuaire du CPM06 est un outil de référence. On y trouve les contacts des adhérents du Club, dont plus d’une centaine de journalistes des médias des AlpesMaritimes ; les coordonnées de la composition des médias du département ainsi que les correspondants locaux des médias nationaux. Extrait du discours de Paul Barelli : « Je dois préciser que depuis 21 ans la question revient comme une ritournelle : À quoi sert le Club de la presse ? La réponse, c’est vous : votre présence ici ce soir. Le club de la presse c’est quoi ? » C’est la question que s’est posé Ben. L’artiste que l’on ne présente plus nous a fait visiter sa maison musée l’été dernier. Ben a ironisé : « Le Club de la presse c’est une association d’anciens combattants ou les services secrets. Ils veulent me tirer les vers du nez ! Ils vont me ficher S ! » Cependant, Ben, au-delà de son humour caustique a souligné dans notre journal

taire. « Si elle débouche sur une pédagogie nécessaire, dès l’école primaire, une initiation au journalisme. Dans cette perspective, le club de la presse 06 va continuer d’organiser des débats ». Paul Barelli rend hommage à deux confrères, Bernard Spindler à la voix unique de RMC et Eric Chimot grand reporter de RMC qui nous ont quittés cette année. Paul rappelle que la profession a durement été frappée par le destin

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Abdellatif Azdine

en ligne Intermed les risques de manipulations sur la toile. Sournoisement en effet. Les fake news, les fausses nouvelles qui foisonnent sur les réseaux sociaux s’immiscent dans la presse traditionnelle. » Il continue son allocution en rappelant que la critique des journalistes est salu-


Photos © Philippe Dejardin / CPM06

1 - Paul Barelli, président du Club de la Presse Méditerranée 06. 2 - Lilas Spak, rédactrice, Michel Bounous, responsable éditorial Éditions Baie des Anges, et Pierre-Yves Reichenecker, rédacteur en chef adjoint La Principauté. 3 - Vincent Pomparat, directeur de l’Office de Tourisme de La Collesur-Loup, Jacques Pugnaire, rédacteur en chef Nice Rendez-vous, et Gilles Bertaux, vice président de l'Office de Tourisme de La Colle-sur-Loup. 4 - Vincent-Xavier Morvan, journaliste correspondant Le Figaro, Tanja Stojanov, journaliste indépendante art et culture, et Marjorie Modi, journaliste indépendante. 5 - Agnès Rousseau, chef Service Communication du Musée Océanographique Monaco, Philippe Dejardin, journaliste indépendant, Alexandra Bardy, responsable relations médias du Musée Océanographique Monaco, et Valérie Penoty, communicante. 6 - Jacqueline Quehen, correspondante de presse Nice Matin, et François Sittler, communicant. 7 - Gilbert Grisoni, ancien responsable des Éditions Gilletta Nice Matin, Pascal Houssin, et Anne-Marie Vaille, attachée de presse Email gourmand. 8 - Olivier Orsini, journaliste France 3 Côte d’Azur, Philippe Dejardin, et Badou Mandiang, responsable radio Africaraïbe. 9 - Valérie Penven, Paul Barelli, et Olivier Marro, journaliste indépendant. 10 - Benoit Ruiz, correspondant BFM TV Nice et Paul Barelli. 11 - Gilles Rousseaux, directeur de la communication Véolia Eau Méditerranée, et Philippe Bellissent, conseil en communication et relations presse. 12 - Claude Piot, chef d’édition France 3 Côte d’Azur, Marjorie Modi, Anthony Matteuzzi, directeur marketing Hard Rock Cafe Nice, et Sabine Delabassé, formatrice et communicante. 13 - Jacqueline Quehen, François Sittler, Joël Glutron, Michel Bounous et Guy Tailleme, membre DCF06.

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1 - Evelyn Kilb, Alexander Sandvoss, journaliste photographe Mandoga Média et Valérie Pénoty. 2 - Estelle Macé, directrice adjointe Association Culturelle L'Eclat, Hélène Parmentier, responsable communication Panda Events et All Over Productions et Tanja Stojanov. 3 - Sanya Maignal, rédactrice en chef Radio Chalom Nitsam, Joël Glutron, communicant, et Martine Danguy Seigneur, communicante. 4 - Isabelle Battarel, attachée de presse du CHU de Nice, Marjorie Modi, journaliste indépendante, Anthony Matteuzzi, directeur marketing Hard Rock Cafe Nice et Emilie Chapu-Mazabraud, directrice de la Communication et de la Culture du CHU de Nice et Claude Piot. 5 - Jean-François Tealdi, journaliste honoraire, Philippe Jérôme, journaliste honoraire, et Robert Injey, directeur de la publication Le Patriote. 6 - Jean-Louis Filc, secrétaire général du SJM, Pierre-Yves Reichenecker, et Pierre Thébault (ex-RMC). 7 - Valérie Penven, Carole Lessard, et Philippe Bellissent.


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8 - Isabelle Drezen, directrice associée Capucine Agency, Anthony Matteuzzi, Charlotte Henry Matarasso, chargée de communication et marketing 105 DB Prod. 9 - Badou Mandiang, Fouzia Ayoub, Secrétaire générale du groupe Un Autre Avenir pour Nice à la Ville de Nice et à la métropole Nice Côte d'Azur, Esther Dalazio, artiste, et Patrick Allemand, conseiller municipal de Nice. 10 - Joël Glutron, Aline Testour, responsable Presse & Evenementiel Association des Communes Forestières 06, Isabelle Battarel et Olivier Marro. 11 - Sabine Délabassé, Claude Piot, chef d’édition France 3 Côte d’Azur, et Gilles Bertaux. 12 - Astrid Laporte, directrice de la communication et des relations publiques duThéatre National de Nice, Valérie Penven, Olivier Orsini et Claude Piot 13 - Daniel Ortelli, journaliste AFP Sports et Valérie Castera, directrice des Éditions Gilletta Nice Matin. ©Philippe Dejardin / CPM06

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Disponible sur commande sur www.clubpresse06.com

Intermed n°99 avril 2018  

Edito : Info / Intox : la mission d’urgence du Clemi En bref : Un nouvel élan pour la web radio indé L’oreille qui gratte Fin du journal Res...

Intermed n°99 avril 2018  

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