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Fondé en 1960

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PARLEMENT L’alimentation c’est la vie !

© Vasina Nazarenko - Fotolia.com

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SOMMAIRE - L’alimentation, c’est la vie ! II

Nous mobiliser pour l'agroalimentaire Un entretien avec Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire.

III

Garder le cap en pleine tempête Un entretien avec Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA).

IV

L’agroalimentaire, deuxième employeur en France Un entretien avec Gilbert Keromnès, président de l’OPCALIM.

VII

Le Made in France a du bon, par Pauline Pouzankov. Un leader mondial de l’agriculture Un entretien avec Guy Vasseur, Président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture.

VIII IX

Des poubelles boulimiques, par Pauline Pouzankov. Un observatoire contre la volatilité des cours Un entretien avec Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

XII

Vers une harmonisation de la filière alimentaire ? Un entretien avec Serge Papin, Président-directeur général du Groupe Système U.

XIV

Une sortie de crise compromise Un entretien avec Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des économistes.

Jouer la carte de la French touch Un entretien avec Ginette Hénaff, Membre du Conseil d'administration de la société Hénaff, directrice des relations internationales, exposante au SIAL.

XVI

L’innovation alimentaire Un entretien avec Olivia Grosbois, Directrice générale du SIAL.

XVIII XX

Je mange, donc je suis ? Par Pauline Pouzankov. La nutrition, nouvel enjeu de santé publique Un entretien avec Catherine Lefranc-Millot, Responsable de la communication scientifique en nutrition pour le groupe Roquette.

Qualité des aliments : quels engagements des entreprises ? Un entretien avec Cécile Rauzy, Directrice “Qualité et nutrition” de l’ANIA.

XXII

“Pas de risque zéro” Un entretien avec Laurent Rosso, Directeur de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, directeur adjoint d’AgroParisTech.

Un engagement commun pour la santé Un entretien avec Martine Laville, Présidente du Fonds français pour l’alimentation et la santé.

XXIV

“Plaisir ne signifie pas excès” Un entretien avec Isabelle Parmentier, Présidente de l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN).

XXVI

La pédagogie des papilles Un entretien avec Marianne Storogenko et Martial Rolland, Responsable de l’aide alimentaire à la Direction générale de la cohésion sociale et PDG de Nestlé France.

XXVIII “Vivre un moment convivial et généreux autour de la cuisine” Un entretien avec Sophie Mise, Commissaire générale de la Fête de la gastronomie.

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Nous mobiliser pour l'agroalimentaire ©Vernier/ JBV NEWS

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rançois Hollande, président de la République, a fait le choix de créer un ministère consacré spécifiquement à l’agroalimentaire. C’est un signal fort, qui marque son souhait que ce secteur participe pleinement au redressement économique et industriel de la France. Je suis très honoré d’avoir reçu la charge de ce secteur : avec un chiffre d’affaires de plus de 150 milliards d’euros et plus de 500 000 emplois, l'agroalimentaire est le premier employeur français. Au-delà des chiffres, l’agroalimentaire, c’est la vie quotidienne des Françaises et des Français, et le ministère qui en a la charge détient une mission particulière : permettre aux citoyens de mieux manger et aux industriels de mieux produire. Pour ces derniers, la concurrence est rude sur la scène internationale. Dans un contexte où nous perdons année après année des parts de marché, il faut nous mobiliser pour maintenir et améliorer nos positions, aider les entreprises françaises et les produits français à conquérir de nouveaux marchés.

Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire

Pour Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, et moi-même, l’enjeu de la compétitivité et de la création de valeur ajoutée reste le défi central. Pour le relever, nous parions en particulier sur l’innovation. La Banque publique d’investissement pourra aider les industries agroalimentaires à se doter des moyens leur permettant d’investir dans ce domaine. Le second enjeu est celui de la justice sociale. Les inégalités face à l’alimentation sont inacceptables, et c’est pourquoi nous devons faire de la qualité pour tous et de la quantité pour chacun le pivot de la nouvelle politique de l’alimentation.

Cela s’inscrit dans ce que j’appelle la démocratie alimentaire, qui pose un défi à la fois national et mondial : assurer la quantité, la qualité, la sécurité, ici et partout dans le monde. Car bien et suffisamment manger est le premier des droits humains, et les industries agroalimentaires peuvent nous permettre d’y parvenir n

II

| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012


ENTRETIEN | Comme toutes les industries, l’agroalimentaire n’échappe pas aux conséquences de la crise mais conserve néanmoins une stabilité certaine. Un fleuron national dont on ne soupçonne pas encore toute la vitalité.

Garder le cap en pleine tempête

La volatilité des cours des matières premières est une préoccupation majeure de notre industrie. Il n'y a pas de mode de gestion uniforme de cette volatilité : les grandes entreprises disposent de moyens plus conséquents pour se prémunir contre ces risques que la grande majorité des PME, qui représentent 97 % de notre tissu économique. Dès lors, la flambée de certains cours se répercute immédiatement sur la trésorerie de la plupart des entreprises. Aujourd'hui nos industriels n'ont d'autre choix que de redoubler de prudence pour ne pas se mettre en danger. C'est la grande leçon de 2008 : la volatilité est un facteur de déstabilisation massif et ne disparaîtra pas de sitôt. Bien entendu, des garde-fous doivent être mis en place à tous les échelons qu'ils soient mondial, européen ou français. Mais il faut également que le consommateur soit conscient de ces tensions en amont. Nous attendons que la grande distribution joue le jeu en acceptant une répercussion dans ses prix de la pression permanente que nous subissons en amont. Dans quelle mesure la crise a-t-elle provoqué la baisse de consommation des ménages ? La tendance s’enracine-t-elle aujourd’hui  ? Rappelons qu'après des baisses en 2008 et 2009, la consommation alimentaire avait renoué avec la croissance en 2010 et 2011. En revanche, depuis le début de 2012 on constate un nouveau repli. La crise joue un double rôle. D'abord, la montée du chômage et les maigres revalorisations salariales par-

ticipent d'un recul du pouvoir d'achat. Les consommateurs arbitrent au détriment de l'alimentaire qui joue aujourd'hui le rôle de variable d'ajustement dans leur budget. Le deuxième effet de la crise, c'est qu'elle mine le moral des ménages : la peur de l'avenir conduit à des attitudes frileuses en rayon.

comme celui des viandes, se retrouvent en très grande difficulté. Aucune de nos activités n'est épargnée par la déprime de notre marché domestique, alors que nos principaux partenaires économiques, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni en tête, connaissent des difficultés pires encore les nôtres. Heureusement, nous avons encore d'excellentes performances à l'export dans les vins, les spiritueux ou certains produits laitiers, mais pour d'autres produits nous connaissons des déficits considérables.

Tant que la situation économique ne se sera pas éclaircie, il sera difficile d'anticiper une inversion de tendance. Vous avez affirmé en début d’année que “l’agroalimentaire s’en sort plutôt bien” malgré des “turbulences économiques, climatiques et géopolitiques” : comment les industries françaises se portent-elles, plus précisément  ? Quels sont les secteurs les plus en difficulté  ?

À quels enjeux majeurs les industries agroalimentaires doivent-elles faire face aujourd’hui et notamment en termes de compétitivité ?

L'agroalimentaire a prouvé pendant la crise qu'il constituait un pôle de stabilité alors que tant de secteurs, présentés comme des fleurons, ont vu leur production s'effondrer. Pour autant, on ressent les effets de la crise. Nombre de nos métiers ont des marges très faibles et, lorsque les prix des matières premières augmentent, certains secteurs, ©Thierry Lewenberg- Sturm – Masterfile Ikon images

Comment les industries agroalimentaires françaises gèrent-elles la volatilité des prix des matières premières ? Quelles leçons peut-on tirer de la flambée de 2008 notamment  ?

L'agroalimentaire n'échappe pas aux contraintes propres au site industriel France. Nous subissons les conséquences d'un coût du travail trop élevé qui nuit à notre compétitivité-coût. Ainsi, l'avantage dont nous disposions face à l'Allemagne il y a encore une décennie a complètement disparu et la concurrence par les prix exercée notamment par l'Espagne, est un sujet de vigilance. Plus spécifiquement, en termes de compétitivité, l'industrie agroalimentaire française gagnerait à ce que les relations avec la distribution se fassent dans un climat plus serein et équilibré. Aujourd'hui, la grande distribution, très concentrée face à nos 10 000 entreprises, dispose d'un pouvoir de marché considérable et exige des sacrifices financiers à nos entreprises. Ce sont autant de moyens en moins que nous pouvons consacrer à l'emploi, à l'investissement et à l'innovation n Propos recueillis par Julien Dreyfuss

Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA)

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L’agroalimentaire, deuxième employeur en France

L’agroalimentaire se caractérise par une grande diversité d’acteurs et de filières : quels sont les secteurs qui emploient le plus  ? Allant du BEP jusqu’au BAC+5, les profils recrutés par les industries agroalimentaires sont extrêmement variés  ! Si les fonctions commerciales offrent aujourd’hui de bonnes perspectives d’emploi, les métiers de la production ainsi que de la logistique (en lien avec la distribution et l’approvisionnement) représentent près de 50% des postes. Concernant la qualité/sécurité alimentaire ainsi que la recherche et le développement, ce sont des professions récentes qui sont encore en cours d’évolution.

Gilbert Keromnès, Si le recrutement dans l’agroalimentaire ne fait aujourd’hui aucun doute, s’agit-il d’un secteur qui attire les jeunes diplômés ? À ce jour, trop peu de jeunes s’intéressent encore à intégrer le secteur agroalimentaire et ce malgré son remarquable dynamisme économique  ! Méconnus du grand public, ces métiers souffrent d’une image peu attractive en comparaison avec d’autres domaines comme l’aéronautique, l’automobile ou l’informatique. Autre handicap, l’éloignement des outils de production des

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| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

président de l’OPCALIM

© Eva Lemonenko - Fotolia.com

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ENTRETIEN | Secteur porteur et dynamique, l’agroalimentaire et ses industries ont bien résisté à la crise. Ses acteurs restent cependant prudents face à l’avenir. Tout l’enjeu est d’assurer les reconversions d’une filière à l’autre pour éviter de nouvelles pertes d’emploi en cas de difficulté.

grandes villes amène à recruter essentiellement en province : nous travaillons d’ailleurs très sérieusement à améliorer notre image au risque d’être bientôt confronté à une pénurie de main-d’œuvre  !

Rassemblant plus de 420 000 salariés, l’agroalimentaire est le deuxième employeur en France après la mécanique : comment l’OPCALIM accompagne-telle la formation de ces industries  ?

Pour démystifier cet imaginaire négatif, un portail d’information sur les métiers de l’agroalimentaire va prochainement être lancé avec des vidéos qui circuleront en parallèle sur les réseaux sociaux.

Se vouant à être l’outil unique de rassemblement du secteur agroalimentaire en France, l’OPCALIM cherche à renforcer la compétitivité des entreprises et particulièrement la formation des salariés de PME/ TPME.


Souvent, ces derniers ne bénéficient pas des accompagnements nécessaires pour s’adapter aux nouvelles contraintes économiques du métier. Regroupant aujourd’hui 609 000 salariés et 47 200 sociétés, nous collectons près de 216 millions d’euros de fonds pour la formation continue de nos 180 000 bénéficiaires. Sachant que  la reconversion des publics prioritaires et l’information font aussi partie de nos priorités pour maintenir l’activité agricole sur l’ensemble du territoire national.

Alors que le secteur industriel voit globalement ses effectifs diminuer, l’agroalimentaire ne semble pas connaître la crise… Comment l’expliquez-vous ? Même si la part du budget que les foyers consacrent à l’alimentation a considérablement diminué, l’agroalimentaire a globalement moins souffert de la dernière crise que les autres industries. En plus de son caractère vital, ce secteur d’activité possède de nom-

breuses perspectives d’emploi qui facilitent les passerelles d’une branche à l’autre. Notre ambition étant de pouvoir anticiper les difficultés (la dernière en date ayant durement touché l’industrie de la volaille) pour pouvoir réorienter les salariés à temps via des dispositifs de formation n Propos recueillis par Pauline Pouzankov

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Un entretien avec Guy vasseur

Président de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture

Un leader mondial de l’agriculture Les Chambres d’agriculture veillent à ce que la France conserve son leadership agricole et déploient leur énergie à convertir l’agriculture du pays au développement durable.

Le Made in France a du bon Premier secteur industriel du pays, avec un chiffre d’affaires de 157, 2 milliards d’euros en 2011, la filière agroalimentaire française doit aujourd’hui faire preuve d’innovation pour conquérir des parts de marché supplémentaires. Un défi d’importance.

S

i l’amour que les Français portent à la nourriture est une histoire de longue date, cette tradition se reflète aujourd’hui au travers des performances de leur secteur agroalimentaire. Deuxième industrie agroalimentaire européenne et quatrième puissance exportatrice mondiale derrière les États-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne, la France s’appuie à la fois sur son agriculture généreuse et son importante productivité. Reposant sur plus de 10 500 entreprises et 500 000 emplois, elle se distingue par une grande diversité d’acteurs et de filières avec la transformation des viandes et du lait pour pôles d’activités majeurs, soit 28 % des sociétés. Si l’importance est moins marquée du côté de l’industrie du poisson ou des fruits et légumes, celle des vins et spiritueux ainsi que les produits laitiers ne cesse de croître et notamment à l’étranger. En témoigne l’excédent commercial de 6,8 milliards d’euros pour les produits transformés en 2011, soit une hausse de 22 % par rapport à 2010. En revanche, si les PME familiales composent l’essentiel du tissu agroalimentaire, plus de 90 % du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée sont réalisés par quelques 3 000 entreprises de plus de 20 salariés ainsi que les grands groupes. Pour ouvrir de nouvelles perspectives de développement et densifier le maillage des sociétés, se posent aujourd’hui les questions de l’accompagnement public du financement de ces PME ainsi que de la mobilisation du secteur coopératif. Avec le déplacement de la demande vers les pays dits émergents, innovation et mutation deviennent donc les ingrédients indispensables pour défendre dignement sa part de gâteau n Pauline Pouzankov

Quels sont les atouts de l’agriculture française ? La France, premier pays européen en termes de productivité agricole, se situe au deuxième rang mondial pour les exportations agroalimentaires. Elle a de nombreux atouts, parmi lesquels la compétence des agriculteurs dans une activité de haute technicité. Preuve en est la croissance de la productivité et les investissements réalisés pour répondre à la recherche de compétitivité comme à l’exigence de normes croissantes environnementales, sociales ou encore de bien-être animal. En outre, l’agriculture française est très diversifiée, ce qui est un atout pour l’économie. Notre modèle s’appuie sur des exploitations familiales ou des formes sociétaires à taille humaine, lui permettant de s’adapter aux différents contextes. Quelle est la politique des Chambres d’agriculture en termes de développement durable ? Notre approche repose sur un équilibre entre l’économie, le social et l’environnement. Nous prodiguons des conseils sur la stratégie, l’analyse des coûts de production, l’optimisation des bâtiments et des agroéquipements. Nos techniciens soutiennent les exploitations agricoles pour développer des techniques culturales permettant de concilier environnement et économie. Comment l’Union européenne aide-t-elle les politiques agricoles ? La Politique agricole commune contribue aujourd’hui à maintenir l’agriculture européenne à un haut niveau d’exigence et de compétitivité. Avec une dépense qui représente moins de 0,4 % du PIB européen, elle cimente l’Europe tout en assurant une indépendance alimentaire. Quels sont les grands projets et les grandes priorités pour l’avenir de l’agriculture française ? L’agriculture doit être une force économique motrice de l’ensemble des territoires tout en conservant sa diversité d’origine. Il faut également combiner compétitivité et exigences écologiques. Encore faut-il y mettre les moyens en termes de recherche, d’innovation et d’investissement n Propos recueillis par Laëtitia Desnous

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Des poubelles boulimiques

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e temps est révolu où les grandsmères cuisinaient les restes et forçaient les enfants à finir leurs assiettes. Si la majorité des foyers n’a aucune conscience de la quantité de denrées qu’ils jettent, cette tendance à la hausse devient d’autant plus inquiétante que les besoins en nourriture risquent de doubler d’ici 2050, selon une étude de la FAO (Food and Agriculture Organization) des Nations unies. Alors que près de 20 % de la consommation française finit dans les ordures, la situation n’est guère meilleure chez nos voisins européens et notamment en Belgique. Dans la région de Bruxelles, le gaspillage alimentaire représente plus de 12 % du poids de la poubelle (dont 48 % de produits entamés), selon une étude européenne menée par RDC Environnement en 2004. Un gâchis inévitable ? Si un tiers du gaspillage se fait en phase de consommation, l’ensemble de la chaîne de production n’est pas en reste. À commencer par la source même de la fabrication, où les produits sont triés sur des critères esthétiques : luisants, fermes et rebondis, ils disparaissent des rayons aussitôt que le moindre défaut apparaît. Rien d’étonnant puisque l’œil du consommateur, habitué à voir des produits aussi frais que parfaits, ne choisira pas volontairement une pomme légèrement abîmée sous prétexte qu’elle sera bientôt périmée. Il en va de même pour le secteur de la pêche, où les poissons et crustacés ne correspondant pas au bon calibre n’atteignent jamais les étalages des supermarchés. On les dit relâchés dans la mer : certes, mais dans quel état ? Agonisante, la majorité d’entre eux sert de repas aux mouettes. Négligence, mauvaise gestion des réserves ou encore achats compulsifs, si le manque d’information est la principale raison du

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| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

gaspillage individuel, le problème est tout autreducôtédesstructurespubliques. Avec un tiers du plateau qui part à la poubelle des cantines scolaires, les portions sont encore moins adaptées aux patients dans le domaine hospitalier. Margot, animatrice à la mairie de Paris, s’indigne : “Quand je vois les quantités de nourriture jetée chaque jour dans les écoles, j’ai mal au cœur pour ceux qui dépendent de l’aide alimentaire !”. Sans parler des supermarchés. En cause, la “date limite de consommation” : de peur d’être poursuivies pour intoxication, les grandes surfaces retirent certains produits de la vente plusieurs jours avant même qu’ils atteignent la DLC. Une attitude qui serait compréhensible si seulement les invendus n’étaient pas souvent enduits de substances chimiques et rendus inconsommables autant pour les employés que pour les personnes dans le besoin.

“Un système perverti par la surconsommation” Face à ce manque d’éthique et aux conséquences environnementales entrainées par le gaspillage, des initiatives locales et citoyennes commencent à émerger. Pendant que les freeganes vivent par choix de la récupération d’invendus, certaines associations “anti-gaspi” redistribuent régulièrement des denrées aux banques alimentaires. Avec 66 % de déductions d’impôts, certaines grandes surfaces en France rentrent également dans une démarche de don. D’autres mesures quant à elles valorisent les circuits courts, notamment à Paris où le marché locavore prolifère de jour en jour. Ce mouvement prône la consommation d’une nourriture produite dans un rayon de 100 à 250 kilo-

©Patryssia - Fotolia.com

vingt kilogrammes de nourriture jetés par Français chaque année. C’est le paradoxe désolant d’un monde qui oscille entre surconsommation et pauvreté, où à l’échelle mondiale plus d’un milliard de tonnes de produits alimentaires finissent dans les bacs à déchets. Sans que les plus démunis puissent en profiter.

mètres autour de son domicile, favorisant à la fois les producteurs régionaux et limitant ainsi les pertes aux phases de transport et transformation. La fédération France Nature Environnement quant à elle a mis en place un véritable dispositif de sensibilisation aux enjeux du gaspillage. “Via des opérations de coaching, nos associations affiliées accompagnent familles et restaurants pendant plusieurs mois pour changer leurs habitudes et mettre en application d’autres solutions, contribuant ainsi à la réduction des pertes alimentaires“, explique Loïc Gerland, chargé de mission à la prévention des déchets à la FNE. Si la responsabilisation citoyenne ne fait aujourd’hui aucun doute, c’est l’ensemble d’un système perverti par la surconsommation (dont le gaspillage incite à la croissance) qu’il faudrait reconstruire. “Toute perte alimentaire entraîne une perte d’énergie en amont comme en aval, à la production comme au traitement des déchets”, affirme Loïc Gerland. Deux pour le prix d’un. La prochaine fois, ne vaudrait-il pas mieux revoir ses priorités au lieu de se jeter sur la promotion en cours ? n Pauline Pouzankov


ENTRETIEN | Alors que les prix des matières premières ne cessent de monter en flèche, plusieurs pistes de réponses émergent aux niveaux national et européen. Pour faire face à la spéculation, toutes tendent vers davantage de transparence et d’encadrement.

Un observatoire contre la volatilité des cours Quelles sont les solutions pour lutter contre cette volatilité du prix des matières premières ?

Les agriculteurs français trouvent auprès de l'industrie agroalimentaire environ 70 % de leurs débouchés. Le reste de leur production est vendue brute : fruits et légumes, viande de boucherie, céréales vendues à l'export. La grande distribution absorbe au total 85 % de ce que produit l'agriculture, n'excluant que celle qui part dans les circuits les plus courts : vente à la ferme, commerce de détail, marchés… L'évolution et le mécanisme de fixation des prix d'achat des matières premières agricoles par l'industrie et les supermarchés/hypermarchés sont donc fondamentaux pour les revenus des agriculteurs français.

Dans un contexte de grandes variations des prix, on ne peut plus se contenter de négociations annuelles. Le système français doit en ce sens gagner en maturité. Il offre davantage de stabilité et de régulation de leurs revenus à chaque maillon de la chaîne agroalimentaire : producteurs, industriels et distributeurs… Pour ce faire, d’une part, l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires a été créé par la Loi sur la modernisation de l'économie (LME) en 2010. L'INSEE et FranceAgriMer effectuent un suivi des prix de chaque filière – bovin, porcin, lait, fruits et légumes ; d’autre part, des indicateurs par filière renseignés par les services du ministère de l’Agriculture permettent de déclencher des négociations pour répercuter la variation sur le produit fini et rétablissent un juste équilibre dans la répartition de la

“Un mécanisme avec plus de transparence et plus d’équité” Quelle a été donc, précisément, l'évolution récente de ces cours ? Pendant une quarantaine d'années et jusqu'en 2007, ils ont connu une relative stabilité. Une grande période d'instabilité s'est depuis installée. À titre d'exemple, en trois semaines, les cours du blé et du maïs ont connu plus de variations qu'ils n'en avaient connu auparavant en une seule année… Et en 2011, le prix d'achat de la volaille a connu successivement une hausse de 5 % et une baisse équivalente. Enfin, et tout récemment, celui des matières premières a augmenté d’environ 30 % depuis juin 2012.

valeur ajoutée. Ces indicateurs tiennent compte de la proportion de la matière première dans le prix final de chaque produit : prépondérant dans une côte de porc, très minoritaire dans un pot de yaourt… Ce mécanisme doit permettre à la fois plus de transparence et plus d’équité entre les trois grands maillons de la filière : producteurs, transformateurs et distributeurs.

“Le système français doit gagner en maturité”

En mai 2011 a ainsi été publié le premier rapport de l'Observatoire des prix et des marges. Il porte sur les filières animales. Voilà au niveau local et européen un premier niveau de réponse à la volatilité des prix des matières premières agricoles. Deux autres niveaux d'intervention existent au niveau mondial :

©FNSEA

Pouvez-vous brièvement brosser le tableau de la situation du monde agricole face au secteur agroalimentaire ?

• la refonte d'une nouvelle politique publique pour la gestion des stocks sans spéculation et qui amortisse l'appel d'air des marchés. C'était l'objet du récent “G20 agricole” – un organisme international comme la FAO, Food and Agriculture Organisation, représenterait en ce sens un bon intervenant ; • l'encadrement des marchés financiers contre la toute puissance des spéculateurs. Propos recueillis par Olivier Sourd

Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA)

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| LE COURRIER DU PARLEMENT | Ix


Servir les femmes et les hommes en en offrant offrant le meilleur de la la Nature nutrition humaine humaine

Roquett Roquette, e, gr groupe oupe ffamilial amilial fr français ançais de dimension int internationale, ernationale, a pour activité la transformation transformation de matières matières premières premières végétales végétales : maïs, blé, pomme de tterre, erre, pois et micr microalgues. oalgues. Figurant parmi les Figurant les 5 leaders leaders mondiaux de ll’industrie ’industrie amidonnière, offre large produits oduits amidonnièr e, il offr e à ses clients une lar ge gamme de pr et solutions dans lles es domaines de la nutrition humaine, de la pharmacie-cosmétologie, pharmacie-c osmétologie, du papier-carton papier-carton ondulé, de la chimiebioindustrie, animale. bioindus trie, et de la nutrition animal e. Présent Roquette chiffre e rréalise éalise un chiffr Pr ésent dans plus de 100 pays, Roquett e d’affaires milliards d’eur d’euros. os. Le Gr Groupe oupe ccompte ompte plus de d’aff aires de 3 milliards 7 800 personnes. personnes.

pharmaciecosmétologie

Son développement développement axé axé sur la chimie du vvégétal égétal et la nutrition santé, es estt ffondé ondé sur une stratégie stratégie privilégiant le le llong ong terme, terme, ll’innovation ’innovation et la vvolonté olonté d’entreprendre. d’entreprendre.

papier-carton nutrition animale chimie/bioindustrie


ROQUETTE, impliqué dans la nutrition depuis plus de 50 ans Maîtriser notre santé grâce à notre alimentation

Fournir des ingrédients aux propriétés nutritionnelles démontrées et répondant aux besoins nutritionnels des populations est une priorité pour Roquette, grâce à laquelle l’entreprise contribue à la santé par la prévention.

La Nutrition, une plac place e centrale centrale chez Roquette CRÉER DES SOLUTIONS NUTRITIONNELLES GLOBALES ET DURABLES

Plate-forme Plate-fforme d’innovation d’inno vation incrémentale rupturee et de ruptur

Plate-forme Plate-fforme sscientifique cientifique dédiée à la nutrition

Unitéé C Commerciale ommerciale Nutrition Equipe mark marketing eting et commerciale commerciale identifiant les bes besoins oins actuels actuels et futurs des consommateurs. consommateurs.

Une approche basée sur 4 engage ments engagements

Exper Expertise tise

Inno Innovation vation

Suppor Su Support upport

Ethique

8 QHSODWHIRUPHVFLHQWLÀTXHGpGLpHjODQXWULWLRQ 8QHSODWHIRUPHVFLHQWLÀTXHGpGLpHjODQXWULWLRQ Pratiquer Pratiquer une veille veille stratégique stratégique constante constante

Démontrer Démontrer

C Communiquer ommuniquer quer et inf informer former ormer

Domaines d’expertise Gestion du poids et satiété satiété Santé Santé digestive, digestive, écologie écologie intestinale intestinale

Santé Santé orale orale Micronutrition Micronutrition

PPerformances erformanc orman es zzootechniques ootechniques

Accompagnement populations tions ciblées aavec vec des ssolutions olutions nutritionnelles Accompagnement de popula Offrir une large propriétés fibres, polyols, microalgues... vec des pr res, poly oalgues... large gamme d’ingrédients aavec opriétés clés : fibr ols, protéines, protéines, micr

8 8QHLPSOLFDWLRQUpHOOHGXJURXSHDXVHLQGHODFRPPXQDXWpVFLHQWLÀTXH QHLPSOLFDWLRQUpHOOHGXJURXSHDXVHLQGHODFRPPXQDXWpVFLHQWLÀTXH Engagé dans des or organisations ganisations scientifiques scientifiques

Partenaire Partenaire d’associations d’associations professionnelles proffessionnelles

Soutien à des pr programmes ogrammes de ssanté anté publique et de recherche recherche

www.roquette.com www w.roquette.com

active PParticipation articipation ac tive à des évènements sscientifiques cientifiques

Partenariats Partenariats avec avec des universités universités réputées, des hôpitaux, des CROs CROs


©Ramon FVelasquez

Vers une harmonisation de la filière alimentaire ?

© DR

ENTRETIEN | Avec sa position au cœur de la filière alimentaire, la grande distribution doit gérer les attentes des producteurs, des IAA et des consommateurs. Une tâche complexe que Système U envisage sans trop d’appréhension.

Comment s’annoncent les négociations commerciales pour 2013 ? L’un des aspects majeurs est celui du pouvoir d’achat. En tant que point de rencontre entre le monde agricole, les transformateurs et les consommateurs, il nous faut gérer un paradoxe : les agriculteurs, les industriels veulent que la hausse de leurs coûts soit reconnue tandis que les consommateurs désirent des prix plus bas. S'il y a des tensions ce sera autour des demandes de hausses tarifaires. Dans cette situation, nous n'ignorons pas que les enjeux diffèrent selon les acteurs, il est nécessaire de se reporter aux particularités de chacun, une PME française ne peut pas être "traitée" comme un grand groupe international.

Serge Papin Président-directeur général du Groupe Système U

Comment parvenir à conserver des prix stables et bas ? Système U fait partie des deux enseignes les moins chères de France. Depuis de nombreuses années nous apportons, par notre développement, de la croissance à nos fournisseurs, de nature à amortir les coûts fixes de nos partenaires par les volumes. Il faut également continuer à rechercher des gains de productivité à la fois dans la chaîne de distribution (logistique) mais aussi sur le plan commercial en privilégiant les prix bas permanents plutôt que les accoups promotionnels.

xII

| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

Le contexte de crise économique et de sous-consommation va-t-il davantage tendre les négociations ? Ne serions-nous pas plutôt dans un changement d’époque  ? En réalité, le consommateur évolue. Finalement, son intérêt ne porte plus essentiellement sur les produits premier prix qui ont d’ailleurs tendance à moins se vendre. L’essentiel de ses attentes s’oriente vers le bon rapport qualité-prix. Ainsi, les clients veulent donner du sens à leur achat, en se préoccupant également des emplois en amont de la chaîne

de production. La marque U s’inscrit au centre de cet équilibre puisqu’elle est fabriquée à 80 % par des PME françaises. Lorsque toutes ces données sont conjuguées, les produits des terroirs français obtiennent une place de choix. La tendance dite du “achetez français”, opère-t-elle un rapprochement des distributeurs avec l’industrie française et les producteurs locaux ? C’est tout l’intérêt d’harmoniser la filière alimentaire. La grande distribution capte les


L'intérêt du consommateur évolue des produits premiers vers un bon rapport qualité-prix.

évolutions et les tendances car elle est au contact des clients. Il lui est alors possible d’associer les PME agroalimentaires françaises et l’agriculture pour satisfaire l'évolution de la demande. En outre, de nombreux débats portent sur la qualité gustative des fruits et légumes. Par exemple, nous avons avec les producteurs remis à la mode la Gariguette et la Marat des bois face à la déception envers les fraises importées d'Espagne. Ainsi, les critères ont changé. Nous empruntons de moins en moins le chemin d’un produit qui

soit, certes plus économique, transportable et esthétique, pour revenir progressivement sur la voie de l’excellence gustative, nutritionnelle, et environnementale. Les enjeux du transport rapprocherontils les industries agroalimentaires et la distribution ? Il existe déjà des pistes d’optimisation des transports avec des gains à la fois économiques et écologiques. J'en veux pour preuves le développement dans notre coopérative d'un maillage progres-

sif du territoire avec des entrepôts de petites dimensions, le coût des derniers kilomètres étant plus intéressants en proximité. L’an prochain, nous allons en construire trois autres, un investissement d’environ 200 millions d’euros avec 500 à 600 emplois à la clé. Ainsi, le groupe se rapprochera à la fois des industries agroalimentaires et des consommateurs tout en agissant pour l’emploi, l’environnement et la baisse des prix n Propos recueillis par Laëtitia Desnous

SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

| LE COURRIER DU PARLEMENT | xIII


Un entretien avec Jean-Hervé Lorenzi Président du Cercle des économistes

Une sortie de crise compromise

Un entretien avec Ginette Hénaff

Membre du Conseil d'administration de la société Hénaff, directrice des relations internationales, exposante au SIAL

Jouer la carte de la French touch

Dans un climat de tourmente économique, la flambée du prix des matières premières L'agroalimentaire contribue traditionnellement touche à la fois le consommateur et l’indus- au commerce extérieur de la France. La société Hénaff s'est particulièrement illustrée dans trie agroalimentaire. ce domaine. Quels sont les enjeux de l’exportation pour les entreprises agroalimentaires Comment se situe à l'heure actuelle l'évolution du prix des matières premières agricoles par rapport aux époques que françaises ? l'on a connues précédemment ?

C'est une crise pluri-décennale de flambée des prix à laquelle on assiste : environ + 10 %. Tout à fait exceptionnel, ce phénomène porte sur la production de céréales de base dans l'alimentation comme dans la transformation. Il a pour origine la sécheresse de la “corn belt” aux États-Unis. Touchant aussi bien les particuliers que l'industrie agroalimentaire, cette crise représente un problème majeur pour toutes les personnes dont l'alimentation repose sur les denrées de base. Outre l'alimentation et le risque de pénurie agricole, quels ont été les effets de cette crise sur l'ensemble de l'économie ? Représentant 20 % du budget alimentaire dans un pays développé, elle atteint 50 à 60 % dans les pays en voie de développement : l'alimentation est une dépense incompressible dont l'augmentation se répercute directement sur le pouvoir d’achat ; On nous annonçait la sortie de crise débutée en 2009 pour le second semestre 2011 ? C'est cette crise agricole qui a directement compromis la reprise économique mondiale tant attendue. Quels sont pour demain les défis de la production alimentaire mondiale ? La mondialisation concurrence dans de nombreux pays l'agriculture vivrière. La spéculation sur les terres et les productions ainsi que l'émergence des cultures bioénergétiques comme l'éthanol représentent un facteur d'inflation des prix de l'alimentaire. Plus généralement, le rapport entre offre et demande sera demain régi par la conjugaison de trois phénomènes. Les données climatiques, qui sont le facteur le moins prévisible, l’évolution des techniques agricoles en termes de capacité de production ainsi que la consommation. Sachant que la population mondiale approche aujourd’hui de sept milliards, les prévisions annoncent neuf milliards d’êtres humains à l’horizon 2020. Cette évolution sera-t-elle confirmée ? Chacun de ces trois facteurs étant porteur de nombreuses incertitudes, on ne peut à l'heure actuelle tirer aucune conclusion définitive sur l'avenir de la sécurité alimentaire dans le monde n

Propos recueillis par Olivier Sourd

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| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

Pour les sociétés d'industrie alimentaire françaises qui sont traditionnellement orientées vers le marché intérieur, le développement des exportations correspond au besoin de développer leur chiffre d’affaires. L'export a, de plus, le mérite de réduire la dépendance vis-à-vis de la grande distribution française dont les achats sont très concentrés. Quelle est la stratégie adoptée de la société Hénaff en matière d’exportation? Plutôt que sur la stratégie des meilleurs prix de vente, l'export se développe sur les produits de qualité à destination de pas moins d'une cinquantaine de pays au total : Europe mais aussi Asie et Amérique. Une société française doit également jouer la carte de la “French touch” et vendre avec son produit un peu de l'identité et de l'image de la France. Quels principaux freins à l’exportation rencontrez-vous ? Les règles sanitaires imposées par chaque pays représentent un véritable défi à relever, qu’elles relèvent ou non du protectionnisme. De nombreuses autres entraves douanières surgissent, pas nécessairement tarifaires. Il peut s'agir des agréments filières exigés par d’autres États (États-Unis, Brésil, etc.). Il faut également respecter les règles d’étiquetage propres à chaque pays et qui sont souvent bien différentes même entre des voisins comme le Canada ou les États-Unis… Quel est selon vous l'apport du Salon international de l'alimentaire (SIAL) en matière d'exportation pour les entreprises françaises ? Le SIAL a vocation à redevenir une superbe vitrine de l’offre française. Un exposant doit pour cela préparer sa présence au salon en lançant des invitations et en établissant des contacts préalables. Le SIAL sera alors l’occasion de recevoir sur son stand des prospects ainsi que des clients et ainsi maintenir des relations commerciales, bien sûr, mais aussi conviviales n Propos recueillis par Olivier Sourd


Un entretien avec Jean-Hervé Lorenzi Président du Cercle des économistes

Une sortie de crise compromise

Gl Sanders G Glon ers :

Un entretien avec Ginette Hénaff

p pour être encore e plus compétitifs us cco ompétitifs f demain, d nouss ag aagissons aujourd’hui !

Membre du Conseil d'administration de la société Hénaff, directrice des relations internationales, exposante au SIAL

Jouer la carte de la French touch

Dans un climat de tourmente économique, la flambée du prix des matières premières L'agroalimentaire contribue traditionnellement touche à la fois le consommateur et l’indus- au commerce extérieur de la France. La société Hénaff s'est particulièrement illustrée dans trie agroalimentaire. ce domaine. Quels sont les enjeux de l’exportation pour les entreprises agroalimentaires Comment se situe à l'heure actuelle l'évolution du prix des matières premières agricoles par rapport aux époques que françaises ?

ur de l’agroalimentaire français, Glon Sanders intervient Acteur majeur cteurs d’activités d’ac d sur deux secteurs étroitement liés : U nutrition et santé té animales, U transformation mation ation des produits produits animaux pour l’alimentation mentation tion humaine.

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l'on a connues précédemment ?

C'est une crise pluri-décennale de flambée des prix à laquelle on assiste : environ + 10 %. Tout à fait exceptionnel, ce phénomène porte sur la production de céréales de base dans l'alimentation comme dans la transformation. Il a pour origine la sécheresse de la “corn belt” aux États-Unis. Touchant aussi bien les particuliers que l'industrie agroalimentaire, cette crise représente un problème majeur pour toutes les personnes dont l'alimentation repose sur les denrées de base. Outre l'alimentation et le risque de pénurie agricole, quels ont été les effets de cette crise sur l'ensemble de l'économie ? Représentant 20 % du budget alimentaire dans un pays développé, elle atteint 50 à 60 % dans les pays en voie de développement : l'alimentation est une dépense incompressible dont l'augmentation se répercute directement sur le pouvoir d’achat ; On nous annonçait la sortie de crise débutée en 2009 pour le second semestre 2011 ? C'est cette crise agricole qui a directement compromis la reprise économique mondiale tant attendue. Quels sont pour demain les défis de la production alimentaire mondiale ? La mondialisation concurrence dans de nombreux pays l'agriculture vivrière. La spéculation sur les terres et les productions ainsi que l'émergence des cultures bioénergétiques comme l'éthanol représentent un facteur d'inflation des prix de l'alimentaire. Plus généralement, le rapport entre offre et demande sera demain régi par la conjugaison de trois phénomènes. Les données climatiques, qui sont le facteur le moins prévisible, l’évolution des techniques agricoles en termes de capacité de production ainsi que la consommation. Sachant que la population mondiale approche aujourd’hui de sept milliards, les prévisions annoncent neuf milliards d’êtres humains à l’horizon 2020. Cette évolution sera-t-elle confirmée ? Chacun de ces trois facteurs étant porteur de nombreuses incertitudes, on ne peut à l'heure actuelle tirer aucune conclusion définitive sur l'avenir de la sécurité alimentaire dans le monde n

Propos recueillis par Olivier Sourd

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G076

Ces deux activités tivités sont son organisées en filières complémentaires qui vont ur jusqu’au qu’aau consommateurr.. Les équipes R&D du d Gr G oupe travaillent en synergie avec celles du groupe otéol, auque auquel Glon Sanders appartient. el G Il en va de même pour pou le développement de Glon Sanders à l’international.

Pour les sociétés d'industrie alimentaire françaises qui sont traditionnellement orientées vers le marché intérieur, le développement des exportations correspond au besoin de développer leur chiffre d’affaires. L'export a, de plus, le mérite de réduire la dépendance vis-à-vis de la grande distribution française dont les achats sont très concentrés. Quelle est la stratégie adoptée de la société Hénaff en matière d’exportation? Plutôt que sur la stratégie des meilleurs prix de vente, l'export se développe sur les produits de qualité à destination de pas moins d'une cinquantaine de pays au total : Europe mais aussi Asie et Amérique. Une société française doit également jouer la carte de la “French touch” et vendre avec son produit un peu de l'identité et de l'image de la France. Quels principaux freins à l’exportation rencontrez-vous ? Les règles sanitaires imposées par chaque pays représentent un véritable défi à relever, qu’elles relèvent ou non du protectionnisme. De nombreuses autres entraves douanières surgissent, pas nécessairement tarifaires. Il peut s'agir des agréments filières exigés par d’autres États (États-Unis, Brésil, etc.). Il faut également respecter les règles d’étiquetage propres à chaque pays et qui sont souvent bien différentes même entre des voisins comme le Canada ou les États-Unis… Quel est selon vous l'apport du Salon international de l'alimentaire (SIAL) en matière d'exportation pour les entreprises françaises ? Le SIAL a vocation à redevenir une superbe vitrine de l’offre française. Un exposant doit pour cela préparer sa présence au salon en lançant des invitations et en établissant des contacts préalables. Le SIAL sera alors l’occasion de recevoir sur son stand des prospects ainsi que des clients et ainsi maintenir des relations commerciales, bien sûr, mais aussi conviviales n Propos recueillis par Olivier Sourd

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26 000 éleveurs partenaires

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6,7 millions d’euros investis en R&D

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202 millions d’euros d’investissements industriels et commerciaux depuis 5 ans

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-25 % d’empreinte environnementale nementale

« Nous cro croyons yons en l’agriculture fr française, ançaise, par parce ce que nous cro croyons yons aux talents de nos élev éleveurs eurs ! » Eric Philippe, Directeur général de Glon Sanders

| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

GLON SANDERS • LE PONT DE SAINT-CARADEC • BP 61 SAINT-GÉRAND • 56302 PONTIVY CEDEX • TÉL. 02 97 28 39 39

www www.groupe-glon.com .groupe-glon.com


ENTRETIEN | Le SIAL, Salon international de l’alimentation, est l'interface professionnelle leader de son secteur.

L’innovation alimentaire Qu'est-ce que le SIAL ? Ce sont cinq jours qui tous les deux ans rassemblent nouveautés et tendances de l'agroalimentaire. Il établit des “Food connections” entre professionnels de l’agroalimentaire: centrales d’achat, distribution, commerces de proximité, industriels, fournisseurs, restaurateurs. Ce partage d'expérience leur garantit un retour sur investissement optimal. Le SIAL présente tous les secteurs de l’univers alimentaire : épicerie fine, boissons, fruits et légumes, viandes, produits bio, de la mer, diététique, conserves et surgelés, etc. Il représente, pour les professionnels, un vrai voyage d’affaires pour développer les marchés de demain.

Il fournit aussi les informations et réalise une veille et une analyse précieuses pour les PME en les accompagnant dans leur développement commercial.

nationale, un test consommateur grandeur nature ! Cette année encore, l’Observatoire SIAL Innovation est le pivot du salon avec son exposition de produits innovants. Nouveauté 2012, les SIAL d’or se rapprochent de SIAL Innovation et pourront désormais se visiter dans le hall 6. Un rapprochement plus qu’évident qui offre à tous (visiteurs, exposants, médias) un point de vue plus complet et plus cohérent sur l’innovation. Le sens de l’innovation à 360° !

Quelles récompenses attribuent-ils aux exposants ? Quels sont les critères du jury ? SIAL Innovation est le pivot du salon que fréquentent 75 % des visiteurs. Cet espace expose des produits sélectionnés en amont du salon par trois jurys dédiés chacun aux produits de grande consommation, de restauration, et aux ingrédients et au Programme d’alimentation insertion (PAI).

Mais cette dernière, marque de fabrique du SIAL, se retrouve également en transversal sur les autres thématiques clés du salon, à savoir :

En 2010, 985 produits ont été présentés, 400 sélectionnés et 15 déclarés Grands Prix.

• Le vin avec le Wine Innovation Forum ;

La 25e édition de SIAL Paris attend pour 2012, 140 000 visiteurs, 6 000 exposants et 1 500 journalistes. 200 pays y sont représentés. Comment se déploie SIAL à l'international ? SIAL GROUP, organise les salons SIAL BRAZIL (São Paulo), SIAL CANADA (MontréalToronto), SIAL CHINA (Shanghai), SIAL MIDDLE EAST (Abu Dhabi), et le SIAL à Paris. Il est à ce titre le premier réseau mondial dans son domaine. Il identifie les tendances agroalimentaires mondiales et organise des événements B2B sur les marchés porteurs à l'intention des entreprises. Comment mesurer ses retombées pour le secteur agroalimentaire, notamment en matière d'innovation ? Le SIAL présente les produits les plus novateurs qui feront les linéaires de demain.

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| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

Et avec l’opération AFTER SIAL, une sélection de produits SIAL Innovation se retrouve en avant-première dans les linéaires des distributeurs. En 2012, Intermarché est partenaire du SIAL. 10 à 15 nouveaux produits, seront sélectionnés parmi la sélection SIAL Innovation et seront commercialisés dans les 1 800 magasins de l’enseigne Intermarché : une opération de promotion d’envergure

• la restauration et sa cuisine by Sial, qui propose des démonstrations et des dégustations à bases de produits des exposants ; • la distribution et ses lauréats SIAL d’or ; • la nutrition, avec une sélection de produits SIAL Innovation dédiée à cette thématique ; • le design culinaire avec son exposition Food design ; ©SIAL 2012

Que représente, en quelques chiffres, le SIAL ?

• pour sa sixième édition, In-food, dédié aux PAI, confirmera le rôle des ingrédients dans l'innovation et les processus créatifs des industriels ; • IPA est le salon de process où s’inventent les produits de demain ; • Restez connecté ! SIAL TV, La chaîne pour tous les goûts couvrira le SIAL 2012 n Propos recueillis par Olivier Sourd

Olivia Grosbois Directrice générale du SIAL


BRÈVES

Médication raisonnée : plus de prévention

permettant d'enrichir naturellement les produits en nutriments indispensables pour la santé de l'Homme.

Réduire l’usage du médicament au sein des productions animales de 25 % d’ici cinq ans, est un engagement anticipé par la recherche et développement du groupe Glon Sanders depuis de nombreuses années. Sa marque leader en nutrition animale, Sanders, a mis au point de nouvelles techniques d'élevage et d'hygiène en améliorant les conditions d'environnement et de bien-être des animaux et en proposant des solutions nutritionnelles en alternatives aux antibiotiques.

Tissé progressivement par les entreprises du groupe Glon Sanders, le maillage national facilite la mise en place de cahiers des charges et de filières de production spécifiques. Il aide ainsi à la création de produits adaptés aux marchés locaux (AOC, IGP, bio...) : une proximité permettant également une rapide adaptation à l’évolution des modes de consommation.

“Produire mieux avec moins” La nutrition est dans l’assiette

Publi-rédactionnel

Au-delà de l’animal, l’Homme. Si la qualité nutritionnelle des produits destinés à l'alimentation des animaux est une priorité évidente pour Glon Sanders, l’importance accordée à la santé des consommateurs dépasse même ce premier objectif. La qualité nutritionnelle des denrées animales (oeufs, viandes, lait) est pris en compte par le développement d'aliments spécifiques

C’est le défi que s’est lancé le groupe Glon Sanders en vue de développer une agriculture à la fois productrice et respectueuse de l’environnement. Conscient de l’impact de ses activités dans un monde aux ressources limitées, le groupe Glon Sanders s’est engagé depuis une dizaine d’années dans une démarche engagée et responsable, “Economie Planète®”. Structurée autour de deux grandes orientations, la maîtrise

des ressources naturelles et le développement des énergies renouvelables, cette démarche impose des mesures de performance sur les consommations d'eau, d'énergie, les émissions de gaz à effet de serre et le recyclage des déchets. Un engagement déjà reconnu par les acteurs majeurs de l’agroalimentaire et les 26 000 clients ou partenaires du groupe.

Des filières sûres et tracées Des aliments de qualité produits durablement et accessibles au plus grand nombre : une utopie ? Non, plutôt la raison d'être de Glon Sanders, organisé en filières de production depuis l'élevage jusqu'à l'assiette du consommateur. En maîtrisant l'ensemble des maillons de la chaîne de production, traçabilité et sécurité alimentaires sont assurées à chaque étape de l'élaboration des produits. Une ambition qui donne les moyens aux 26 000 éleveurs partenaires du groupe de produire davantage au meilleur niveau de qualité nutritionnelle et de sécurité alimentaire.

Pour les charcuteries françaises, il y a un signe de reconnaissance La charcuterie française est réalisée par 300 entreprises industrielles, très majoritairement des PME (80%) et 6 500 entreprises artisanales, implantées sur tout le territoire national. Ces entreprises emploient 61 000 salariés, produisent 1,1 million de tonne, créent un chiffre d’affaires de 6 milliards.

La grande tradition gastronomique des “chairs-cuitiers” (corporation reconnue en 1475 sous le règne de Francois Ier, par Lettres Patentes Royales) constitue un patrimoine riche de plus de 400 produits.

Pour défendre leur tradition bien établie, les charcutiers ont codifié depuis 1968 leurs recettes dans le “Code des Usages de la charcuterie”. Il tient lieu, pour les professionnels, les organismes de contrôle, les distributeurs et les consommateurs, de référentiel dans la commercialisation des produits de charcuterie. Il est approuvé par la DGCCRF et les tribunaux y font référence pour déterminer du caractère conforme ou trompeur des produits.

Pour valoriser encore mieux la qualité à la française, les professionnels artisans et industriels, ont lancé la marque “Savoir-faire charcutier français” qui garantit que : n Les recettes et savoir-faire français sont conformes au Code des Usages des la Charcuterie, n les produits sont de qualité supérieure n et répondent à des exigences supplémentaires de qualité (moins de sel, moins de gras, limitation des additifs et colorants, qualité des matières premières utilisées…) Une marque pour une qualité distinctive, une marque d’excellence ! Contacts : FICT 44, rue d'Alésia - 75682 PARIS Cedex 14 Tél. : 01 53 91 44 52 - Fax : 01 53 91 44 71 E-mail : c.goavec@fict.fr - www.fict.fr

SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

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Je mange, donc je suis ?

“Un esprit sain dans un corps sain.” Si le géant Gargantua avait coutume d’avoir les yeux plus gros que le ventre, l’alimentation d’aujourd’hui devient quant à elle de plus en plus réfléchie. À l’heure où l’on prévoit que la France comptera entre 25 % et 30 % d’obèses en 2020, de nouvelles exigences émergent en parallèle du côté des consommateurs. Préoccupations diététiques, nutritionnelles ou encore gustatives, force est de constater que ce n’est plus la portion mais sa qualité et sa composition qui intéresse de plus en plus de Français. Provenance du produit, qualités nutritionnelles et bienfaits pour la santé sont autant de nouveaux critères “consomm’acteurs” auxquels les industries agroalimentaires doivent aujourd’hui répondre. Mais pas seulement. Incités par le deuxième Programme national “Nutrition santé”, certaines sont même allées plus loin dans la recherche, à l’image du groupe Roquette, l’un des leaders mondiaux de la transformation des matières premières végétales. Bien avant que ne se multiplient les recommandations des experts-nutritionnistes, les notifications réglementaires et les préconisations du PNNS pour lutter contre l’obésité, Roquette est allé au-delà de l’aliment pour apporter des solutions nutritionnelles innovantes.

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| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

Grâce notamment à la valorisation de matières premières oubliées ou de nouvelles matières premières, ou par la mise en œuvre d’excipients intelligents performants, la Direction “Nutrition” et le programme NUTRAHUB® lancé en 2007 ont par exemple permis la valorisation d'ingrédients bénéfiques pour la santé et l’environnement, comme les microalgues et le pois protéagineux. Ce dernier, reconnu depuis longtemps pour ses bienfaits nutritionnels a notamment donné naissance à NUTRALYS®. Il s’agit d’une source protéinée alternative garantissant aux aliments un apport protéique à haute valeur nutritionnelle tout en leur apportant des propriétés fonctionnelles et technologiques et permettant d’en réduire considérablement la charge en matières grasses. Autant de bénéfices qui profitent sous forme d’ingrédients alimentaires à un large public de consommateurs. “Je mange, donc je préserve ma santé ?” C’est en tout cas la promesse que semblent avancer les ingrédients fonctionnels, à en croire l’intérêt croissant pour les prébiotiques, ces composés alimentaires capables d’induire des modifications de la composition de la flore intestinale et donc du métabolisme de l’hôte. D’autant plus que des résultats positifs ont déjà été obtenus dans des études

© Videovol - Fotolia.com

Alors que la taille des assiettes a triplé en cinquante ans et que l’obésité continue son essor en occident, les industriels doivent désormais faire face aux nouveaux enjeux de la nutrition.

préliminaires chez l’Homme et chez les personnes en surpoids, notamment. “Nous avons par exemple pu démontrer que l’apport alimentaire de notre fibre soluble prébiotique, le NUTRIOSE®, offre des répercussions positives sur la satiété et le poids, sans doute au travers d’une modification de la composition du microbiote” explique Catherine LefrancMillot, responsable de la communication scientifique en nutrition pour le groupe Roquette.


“Être ce que l’on mange.” Si ces axes de recherche innovants n’en sont encore qu’à leurs débuts, ils ne sont pas sans rappeler la sagesse médicinale d’Hippocrate, préconisant la Nature comme unique solution à bien des maux. “Que ta nourriture soit ta médecine, et ta médecine, ta nourriture.” Un simple principe de bon sens qui est pourtant en passe d’ouvrir des perspectives jusqu’ici inimaginables en nutrition et santé n Pauline Pouzankov

La nourriture de l’un est-elle le poison de l’autre ? Le groupe sanguin comme guide nutritif : si le succès de ce régime ne cesse de monter en flèche, de nombreux adeptes y trouvent une réponse à leurs inconforts alimentaires. En cause, le code génétique de nos ancêtres, qui condamnerait les hommes modernes à ne pas être compatible avec tous les types d’aliments. N’étant à ce jour qu’une théorie, la méthode consiste à privilégier les produits bénéfiques et limiter – voire exclure – ceux qui seraient nocifs pour notre groupe sanguin. Les “A” seraient ainsi des sédentaires essentiellement végétariens, les “O” des chasseurs et les “B” une combinaison des deux, les “AB” étant le code génétique le plus récent et le plus rare. Au-delà d’un retour à l’équilibre, qui n’est déjà pas négligeable en soi, ce régime promet notamment de prévenir de certaines pathologies. Une piste à suivre.

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Un entretien avec Catherine Lefranc-Millot

Responsable de la communication scientifique en nutrition pour le groupe Roquette

La nutrition, nouvel enjeu de santé publique

Un entretien avec Cécile Rauzy Directrice “Qualité et nutrition” de l’ANIA

Qualité des aliments : quels engagements des entreprises ?

Souhaitant optimiser la qualité nutritionnelle En réponse aux nouveaux enjeux alimentaires, des aliments, les industriels s’engagent à le groupe Roquette mobilise ses équipes de améliorer leur composition. chercheurs et élabore des solutions à la fois L’ANIA et ses fédérations ont participé aux groupes de travail du innovantes et raisonnées. Quelles solutions le groupe Roquette apporte-t-il en matière de nutrition ? Véritable enjeu de la santé publique d’aujourd’hui et de demain, la nutrition est un challenge majeur qui concerne à la fois industriels, pouvoirs publics et consommateurs. C’est pourquoi Roquette souhaite offrir à ses clients des solutions globales et durables qui prennent en compte divers facteurs :

• préserver les ressources naturelles et la biodiversité dans le respect de l’environnement et des populations ; • couvrir les besoins nutritionnels de base, rendre accessibles nos ingrédients aux personnes concernées tout en leur apportant le plaisir des goûts et des textures ; • contribuer à la santé des consommateurs sur le long terme en proposant des nutriments de qualité, qui jouent un rôle préventif en contribuant à l’équilibre nutritionnel (plus de fibres, et moins de sucres simples par exemple) ; • fournir des bénéfices santé plus ciblés et prouvés scientifiquement (gestion du poids, santé bucco-dentaire, etc.).

“La nutrition concerne à la fois industriels, pouvoirs publics et consommateurs.” Quels sont vos appuis dans cette démarche ? Tout au long de l’année, nos équipes d’experts mettent en œuvre des études et des programmes de recherche clinique en étroite collaboration avec des chercheurs reconnus au sein d’universités, d’instituts ou d’hôpitaux. Ils travaillent ainsi à apporter la preuve de l’efficacité pour la santé des ingrédients nutritionnels Roquette, grâce à l’utilisation de bio-marqueurs appropriés et officiellement reconnus, en accord avec les recommandations internationales n Propos recueillis par Pauline Pouzankov xx

| LE COURRIER DU PARLEMENT | SEPTEMBRE/OCTOBRE 2012

Programme national “Nutrition santé” sur les glucides et les lipides. Comment les industries agroalimentaires ont-elles modifié leurs recettes et optimisé la qualité nutritionnelle des produits ?

Pour optimiser la qualité nutritionnelle des aliments, les industriels ont progressivement revu l’ensemble des recettes de leurs produits, tenant compte de nombreux paramètres (réglementaires, économiques, technologiques, organoleptiques…). D’un point de vue technologique par exemple, le sucre ne sert pas uniquement à donner un goût sucré, il réduit l'acidité ou l'amertume de certains aliments comme les tomates, il donne du corps aux confitures, du craquant aux biscuits, et est, bien sûr, un conservateur naturel. Enfin, les industriels doivent également tenir compte pour chaque produit de l’acceptabilité de ces reformulations par les consommateurs. En effet, si les consommateurs veulent des aliments de plus en plus sains, ils ne souhaitent pas pour autant renoncer au plaisir. La question récurrente en matière de nutrition reste le pourcentage de sodium et de sucre contenu dans les produits : les entreprises ont-elles pris des engagements pour leur réduction ? Au-delà de la signature des chartes d’engagements volontaires de progrès nutritionnels dans le cadre du PNNS (Programme national “Nutrition santé”), toutes les entreprises ont mené des actions sur l’optimisation de la composition des produits. L’étude INCA 2, réalisée par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments) a par exemple mis en évidence une réduction de 20 % des teneurs en sel des soupes entre les études INCA 1 (1998-1999) et INCA 2 (2006-2007), de 14 % dans les plats cuisinés et de 23 % dans les céréales du petit-déjeuner. Quelles avancées ont été faites dernièrement en matière d’étiquetage alimentaire ? Une nouvelle réglementation européenne sur l’étiquetage des aliments vient d’être adoptée. À partir de 2016, l’étiquetage nutritionnel sera obligatoire pour tous les produits. Cette réglementation a été largement anticipée par l’industrie puisqu’aujourd’hui plus de 90 % des produits alimentaires présentent déjà un étiquetage nutritionnel, permettant au consommateur de faire des choix éclairés n Propos recueillis par Julien Dreyfuss


Promouvoir les produits régionaux de qualité Alsace Qualité, une structure Régionale au service des entreprises et filières agroalimentaires Alsace Qualité est au service des filières de production et des entreprises qui souhaitent être en adéquation avec les évolutions du marché et en harmonie avec les demandes de la société. Elle encourage, initie et accompagne des démarches qualité rigoureuses auprès de tous les acteurs du secteur agricole et agroalimentaire alsacien, et ce depuis plus de 20 ans. Véritables repères pour le consommateur, les signes de qualité permettent de renouer un lien de confiance avec le producteur tout en protégeant une agriculture et un savoir-faire local qui tendraient sinon à se délocaliser, voire à disparaitre.

Le poulet fermier d’Alsace Label Rouge Le poulet fermier d’Alsace Label Rouge se distingue par une qualité gustative supérieure et une production dans le respect du bien-être animal. L’ensemble des partenaires de la filière (accouveurs, éleveurs, abatteurs, fabricants d’aliments) respectent un cahier des charges strict, contrôlé par un organisme certificateur :

• des races rustiques à croissance lente pour une qualité de viande exceptionnelle, • un élevage fermier en plein air (grands espaces, parcours herbeux et ombragé), • une alimentation 100% végétale à base de céréales (75% minimum),

Un exemple d’accompagnement filière : la choucroute d’Alsace en cahier des charges IGP Afin de préserver le savoir-faire et de garantir aux consommateurs les spécificités et l’origine de la choucroute d’Alsace, une demande d’Indication Géographique Protégée (IGP) a été déposée. Plat emblématique traditionnel de l’Alsace, la choucroute est obtenue à partir de chou fermenté, dont le mode de préparation et de conservation est connu depuis le moyen âge. Cette demande est portée par l’Association pour la Valorisation de la Choucroute d’Alsace (9 choucroutiers, et 70 producteurs de choux, pour une production annuelle de 12 000 t de choucroute). Le projet de cahier de charge a été validé par l'INAO. Une protection nationale transitoire préservera une exclusivité d'usage de la dénomination pour les producteurs alsaciens respectant ce cahier des charges, en attendant la validation définitive de Bruxelles.

• une durée d’élevage plus longue (environ le double de celle de la majorité des volailles standard) Les poulets fermiers d’Alsace Label Rouge sont nés, élevés et abattus en Alsace et bénéficient d’une Indication Géographique Protégée (IGP). La filière compte 35 éleveurs de poulets totalisant une production d’environ 750 000 poulets par an.

Un exemple d’accompagnement filière : la knack d’Alsace en cahier des charges IGP l’Association pour la Promotion de la Charcuterie d’Alsace, regroupant 9 entreprises, les artisans bouchers-charcutiers et le groupement des producteurs de viandes porcines et bovines a déposé une demande d’IGP pour ce produit phare de la charcuterie alsacienne. Cette filière emploie plus de 1600 salariés. L’obtention de l’IGP pour la knack d’Alsace permettra de garantir au consommateur des produits authentiques, élaborés dans le respect du savoir-faire alsacien. Elle sera également un gage de pérennité de la tradition alsacienne.

Alsace Qualité accompagne également les producteurs ou entreprises engagées dans la promotion des produits de terroir au travers un cahier des charges contrôlé par un organisme certificateur indépendant, sous le terme Terroir Origine Garanti : asperges d’Alsace, viandes bovines et porcines Burehof, poussins–coquelets Rihn, pain et produits de boulangerie Alsépi, ails, oignons et échalotes Les Arômesd’Alsace, foie gras d’Alsace Gänzeliesel, pommes et jus de pommes Rothgerber, bière Licorne Elsass.


Un entretien avec Martine Laville

Présidente du Fonds français pour l’alimentation et la santé

Un engagement commun pour la santé © Eric Erbe, digital colorization by Christopher Pooley, both of USDA, ARS, EMU.

Un entretien avec Laurent Rosso

Directeur de l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, directeur adjoint d’AgroParisTech

“Pas de risque zéro” Face aux dangers alimentaires, vigilance et maîtrise des risques sont de mise pour les autorités publiques. À qui incombe la responsabilité de la sécurité des aliments ? C’est une responsabilité partagée. Les pouvoirs publics assurent d'une part l'évaluation du risque, par le biais des autorités compétentes (agences sanitaires), et d'autre part la surveillance, le contrôle et la police sanitaire. En cas d’évolution réglementaire, les agences sont automatiquement consultées. Depuis la mise en vigueur du nouveau règlement européen en 2006, les entreprises ont une obligation de résultat en matière sanitaire et doivent procéder aux évaluations nécessaires pour assurer la protection du consommateur. Parallèlement au plan de maîtrise sanitaire demandé aux sociétés, ce dernier a lui aussi sa responsabilité concernant la bonne utilisation des produits. Étant entendu qu’il n’existe pas de risque zéro, en prend-on au moins la direction ? Globalement, le secteur s’est fortement amélioré dans la maîtrise du risque. Néanmoins, des crises comme celle survenue avec Escherichia coli en Europe, nous rappellent que le risque zéro n’existe pas. Il y a toujours de l’incertitude, notamment parce qu’on touche au domaine du vivant. En réalité, la question sous-jacente est celle du niveau d’acceptation du risque. On est descendu à un niveau de prévalence d’environ un consommateur par million avec Listeria. Aller plus bas induirait des coûts économiques considérables. C’est pourquoi, la population accepte implicitement ce taux et il est peu probable qu’il s’abaisse encore. D’où viennent les principales menaces pour la sécurité sanitaire des aliments ? Il y en a de trois natures. À la baisse de vigilance par rapport à ce qui semblait être acquis, s’ajoutent aussi l’émergence biologique et virale (comme E-coli) ainsi que le transfert de problèmes environnementaux sur l’aliment, qui sont des dangers à forte variabilité n

Propos recueillis par Laëtitia Desnous

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En réponse aux préoccupations nutritionnelles, industriels et scientifiques entament le dialogue pour une alimentation source de plaisir et de santé. Le Fonds français pour l’alimentation et la santé a été créé il y a un peu plus d’un an. Pour répondre à quel(s) besoin(s) ? Dans la communauté scientifique comme dans l’industrie agroalimentaire, il y avait une volonté de consolider un partenariat durable au service d’une politique de santé publique globale. Nos travaux de recherche permettent de formuler des recommandations pour une alimentation source de plaisir et de santé mais in fine, nous, scientifiques, ne fournissons l’alimentation à la population. Il était donc indispensable de créer un lieu d’échanges avec les industriels. Le fonds propose d’allier industriels et scientifiques pour promouvoir une alimentation source de plaisir et de santé. Cette proximité avec la filière agroalimentaire est-elle compatible avec votre mission d’intérêt général ? Cette question nous a préoccupés dès la création du fonds. Mais les faits s’imposent : les industriels fournissent la plus grande partie de notre alimentation. Pour dépasser le stade de la publication de nos travaux et effectivement réduire le diabète, l’obésité, les maladies cardio-vasculaires, etc., nous nous devons de dialoguer avec les entreprises agroalimentaires, et trouver ensemble nos points de convergence. C’est à la fois tout l’intérêt du fonds et toute sa difficulté. Quelles thématiques de recherche soutenez-vous en particulier ? Beaucoup d’argent a été investi, d’où une forte exigence vis-à-vis des projets présentés, notamment sur leur dimension transversale. Notre jury international a finalement retenu un projet extrêmement intéressant qui mobilise des chercheurs mais aussi le réseau des “Épiceries solidaires” afin de comprendre et d’améliorer les orientations nutritionnelles des populations défavorisées. Comment relayer les conclusions des recherches menées sur le terrain ? La sensibilisation du public fait-elle partie de vos missions ? Nous avons souhaité mettre en place un site internet ouvert et convivial, tourné vers le grand public. Surtout, du 10 au 16 décembre 2012, le fonds organise une “Semaine Alimentation Santé”. Dans plusieurs grandes villes de France auront ainsi lieu de nombreuses animations pour informer et sensibiliser sur les liens entre l’alimentation et la santé n Propos recueillis par Louis Le Bris


© Monkey Business - Fotolia.com

“Plaisir ne signifie pas excès”

© DR

ENTRETIEN | À l’heure où la surabondance de nourriture brouille les repères établis, il faut réapprendre à apprécier tous les aliments et développer le goût d’une cuisine saine… sans sacrifier la gourmandise !

Alors que l’obésité devient un véritable problème de société, une question se pose : avons-nous vraiment perdu le goût de bien manger  ? Même si le problème de l’obésité est multifactoriel, une alimentation trop riche par rapport aux dépenses énergétiques du corps en reste l’une des causes principales. À l’heure où les médias traitent abondamment des sujets d’alimentation, on constate au contraire un regain d’intérêt pour la quête d’un bon modèle alimentaire, le problème étant la confusion entre la cacophonie des messages publicitaires et l’information. C’est pourquoi les études de diététicien nutritionniste devraient être revues pour passer à trois ans au lieu de deux, afin de mieux former les futurs professionnels aux complexités du métier. En même temps, la surabondance de nourriture et la transformation des produits a fait perdre un certain nombre de repères, étant donné qu’on ne retrouve pas les mêmes ingrédients dans un plat à réchauffer que dans sa version préparée à domicile  ! De là vient la nécessité d’une réflexion sur l’étiquetage nutritionnel des produits pour aider la population à choisir ses aliments en connaissance de cause, sans en stigmatiser certaines catégories. Car si le problème de l’obésité est bien réel, aucun acte diététique à ce jour n’est pris en charge par l’assurance maladie en France, alors que tout

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Isabelle Parmentier Présidente de l’Association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN)

individu devrait pouvoir bénéficier d’un conseil professionnel en la matière et particulièrement les populations les plus sensibles. Comment, à votre avis, réconcilier le sain, le naturel, ainsi que le plaisir ? Parfois, ne suffit-il pas de bousculer un tant soit peu ses habitudes alimentaires  ? Ce n’est pas si simple, puisque le rythme de la société actuelle permet difficilement de cuisiner matin, midi et soir. Il faut trouver un certain équilibre entre les plats à réchauffer que l’on connaît tout en prenant

du plaisir à préparer certains repas soimême, car c’est ainsi que l’on en apprend plus sur leur composition. Il faut cibler les populations les plus jeunes en les éduquant à l’alimentation, ce qui n’était pas une nécessité auparavant puisque les familles se transmettaient ce savoir en cuisinant. Si la nutrition est souvent une question de bon sens, les cantines scolaires ont aussi leur rôle à jouer auprès des enfants dans


Les cantines scolaires ont un rôle éducatif à jouer auprès des enfants dans leur rapport au goût.

leur rapport au goût, alliant plaisir et alimentation saine. Les régimes à outrance et les grignotages incessants ont tendance à brouiller les signaux de la faim : comment peut-on en finir avec les excès sans créer de frustration ? Reconnaître les signaux de la faim est très important et plus encore aujourd’hui,

les repas devenant de plus en plus déstructurés. D’autant plus que l’inconscient collectif a tendance à associer plaisir avec excès alimentaire, alors qu’il peut y en avoir sans partir dans les extrêmes ! C’est là que la notion de portion prend tout son sens  : aucun produit ne doit être stigmatisé à condition que la quantité choisie soit adéquate. Les industries agroalimentaires ont d’ailleurs fait un pas en avant de ce point de

vue là en diminuant notamment le poids des barres chocolatées. Dans tous les cas, le meilleur conseil qu’un diététicien puisse donner est d’apprendre à réapprécier les aliments et surtout abandonner l’idée que l’on ne peut pas se faire plaisir en mangeant équilibré ! n Propos recueillis par Pauline Pouzankov

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ENTRETIEN | L’équilibre alimentaire par la création de lien social : c’est la démarche originale adoptée par le Programme “Alimentation et insertion” (PAI), lancé en 2003 avec le soutien conjoint de l’ANIA, de la fondation Nestlé France, du CNIEL, du ministère en charge de la Lutte contre l’exclusion et du ministère de l’Agriculture.

La pédagogie des papilles

À Martial Rolland. Pourquoi la fondation Nestlé France soutient-elle le PAI ? Notre fondation “Manger bien pour vivre mieux“ s’est donnée pour mission de comprendre les comportements alimentaires français et de contribuer à la transmission des bonnes pratiques en matière de nutrition. Dans son rôle d’acteur de terrain, elle agit auprès des familles pour les encourager à adopter des habitudes alimentaires bénéfiques à leur santé et à leur bien-être. Elle promeut la ritualisation des repas, l’équilibre nutritionnel, l’activité physique, le plaisir de la convivialité en incitant au “passer à table“ pour partager. Le PAI est une action de terrain particulièrement utile qui s’inscrit bien dans ses

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Il nous a fallu au total deux ans de travail pour trouver suffisamment de pictogrammes qui puissent traduire le sens des recettes proposées dans les calendriers ! Par ailleurs, les bénévoles chargés de la distribution et de l’animation sont extrêmement bien formés à l’accueil du public : l’écoute, l’échange et la parole sont autant de moyens simples mais ô combien efficaces pour faire passer un message ! Si la nourriture est un besoin physique fondamental, l’aide alimentaire quant à elle peut avoir une fonction plus intelligente et aller au-delà de l’aspect purement nutritif n

À Martial Rolland. Comment contribuezvous à la mise en œuvre du programme ? Notre entreprise, et à sa suite depuis 2008, notre Fondation, est partenaire historique du programme : elle est fière depuis 2003 d’être un membre actif de son comité de pilotage, d’aider à la création et à la diffusion de ses outils comme les sept affiches ou le calendrier et d’apporter son expertise nutritionnelle et un soutien financier. D’année en année ils ont permis d’aider à sensibiliser à de bons comportements alimentaires des centaines de milliers de familles en difficulté. Par ailleurs notre Fondation contribue à faire connaitre le programme en le promouvant en interne auprès des collaborateurs de notre entreprise et à l’externe auprès de ses nombreux interlocuteurs.

Propos recueillis par Pauline Pouzankov

© DR

Créé pour étendre les préconisations du programme national de nutrition santé aux personnes recourant à l’aide alimentaire, le PAI s’efforce depuis 10 ans d’adapter le contenu de ses messages nutritionnels au public ciblé. Affiches, calendriers et recettes servent à interpeller les familles, suscitant la curiosité sans jamais donner de conseils directs. Cette démarche de valorisation incite les personnes à se respecter, à s’aimer davantage et donc à faire le choix de mieux s’alimenter. Ce travail sur l’image de soi se retrouve jusque dans les produits mis à disposition, sélectionnés à l’issue de tests gustatifs et présentés agréablement.

À Marianne Storogenko. Comment parvenez-vous à toucher des populations qui sont parfois en difficulté de lecture ?

missions ; par ses outils d’information et de prévention, il contribue à réduire les carences et les pathologies liées à l’alimentation déséquilibrée des familles fragilisées.

© DR

À Marianne Storogenko. Avec plus de 2,5 millions de bénéficiaires du PAI depuis sa création, quels progrès nutritionnels le programme a-t-il favorisé chez les populations les plus vulnérables?

Marianne Storogenko et Martial Rolland Responsable de l’aide alimentaire à la Direction générale de la cohésion sociale et PDG de Nestlé France.


ENTRETIEN | Si le “repas gastronomique français” a gagné sa place au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO, nombre de ses codes se retrouvent au sein même des déjeuners quotidiens. Des valeurs qui transcendent la simple question du goût.

“Vivre un moment convivial et généreux autour de la cuisine”

Lorsque la mission a été mandatée en 2009, avec la volonté d’inscrire la Gastronomie française au Patrimoine immatériel de l’Unesco, les dimensions marchandes et commerciales induites ne permettaient pas de saluer une cuisine type – le Mexique avait déjà été refusé précédemment – au patrimoine mondial immatériel. C’est pourquoi le choix a évolué vers la singularité et l’identité du “repas gastronomique des Français” qui relève davantage des traditions et de la dimension sociale donc immatérielle. Car au-delà de la transmission du savoir-faire technique et des recettes familiales, c’est ce désir convivial et chaleureux de partager un moment intense autour de la cuisine que l’UNESCO a choisi d’honorer. Qu’est-ce que la Fête de la gastronomie et comment contribue-t-elle au rayonnement et à l’innovation de la cuisine française ? Le goût des Français pour la cuisine remonte à des temps immémoriaux  ! Outre la curiosité d’exploiter des produits venus du monde entier, notre tour de force a été d’intégrer, puis de théoriser l’utilisation de ces ingrédients, pour en faire des recettes très codées et inscrites dans le marbre. Audelà de l’aura des grands chefs, la Fête de la gastronomie, portée par la ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme Madame Sylvia Pinel, s’attache à mettre en lumière le leadership de la France à travers les multiples professionnels du secteur,

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souvent oubliés, dont la tâche est d’aller chercher toute une diversité de produits à l’échelle nationale pour les magnifier. Prendre conscience de la qualité de ces artisans en les valorisant constitue un axe convivial et appréciable de développement économique et particulièrement en temps de crise, où

jeunes. Comment l’expliquer ? À l’heure où les exigences d’efficience et de rapidité deviennent presque excessives, la pression engendrée par l’innovation technologique amène les populations à revenir vers des valeurs plus simples et

“Au-delà des bienfaits en termes de goût et de santé, la cuisine devient de plus en plus perçue comme une activité apaisante, créatrice d’un véritable lien physique entre le produit et celui qui le transforme.” sécurisantes. Au-delà des bienfaits en termes de goût et de santé, la cuisine devient de plus en plus perçue comme une activité apaisante, créatrice d’un véritable lien physique entre le produit et celui qui le transforme.

certains secteurs ont besoin de se rencontrer et de se sentir soutenus. Mais surtout la Fête, c’est permettre à chacun de vivre un moment convivial et généreux autour de la cuisine. Ces dernières années ont été marquées en Europe par un véritable regain d’intérêt pour la cuisine, y compris chez les ©DR

Outre la qualité des mets, quelles raisons ont-elles amené l’UNESCO à inscrire – pour la première fois – un patrimoine lié à la gastronomie à sa prestigieuse liste ?

L’art du “bien manger” français contribue-t-il à préserver le pays de la “malbouffe” ? Cette dimension protège effectivement d’une “contamination de la facilité”, due au manque de temps ainsi qu’au rythme parfois frénétique de notre société actuelle. Il faut néanmoins se garder de tout systématisme et discours d’injonction, en trouvant notamment une réconciliation entre les différentes familles de produits qui sont proposés en les consommant tout simplement à différents moments de nos vies n Propos recueillis par Pauline Pouzankov

Sophie Mise Commissaire générale de la Fête de la gastronomie


ENTRETIEN | Si le “repas gastronomique français” a gagné sa place au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO, nombre de ses codes se retrouvent au sein même des déjeuners quotidiens. Des valeurs qui transcendent la simple question du goût.

Premièrement,

“Vivre un moment convivial et généreux autour de la cuisine”

Lorsque la mission a été mandatée en 2009, avec la volonté d’inscrire la Gastronomie française au Patrimoine immatériel de l’Unesco, les dimensions marchandes et commerciales induites ne permettaient pas de saluer une cuisine type – le Mexique avait déjà été refusé précédemment – au patrimoine mondial immatériel. C’est pourquoi le choix a évolué vers la singularité et l’identité du “repas gastronomique des Français” qui relève davantage des traditions et de la dimension sociale donc immatérielle. Car au-delà de la transmission du savoir-faire technique et des recettes familiales, c’est ce désir convivial et chaleureux de partager un moment intense autour de la cuisine que l’UNESCO a choisi d’honorer. Qu’est-ce que la Fête de la gastronomie et comment contribue-t-elle au rayonnement et à l’innovation de la cuisine française ? Le goût des Français pour la cuisine remonte à des temps immémoriaux  ! Outre la curiosité d’exploiter des produits venus du monde entier, notre tour de force a été d’intégrer, puis de théoriser l’utilisation de ces ingrédients, pour en faire des recettes très codées et inscrites dans le marbre. Audelà de l’aura des grands chefs, la Fête de la gastronomie, portée par la ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme Madame Sylvia Pinel, s’attache à mettre en lumière le leadership de la France à travers les multiples professionnels du secteur,

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souvent oubliés, dont la tâche est d’aller chercher toute une diversité de produits à l’échelle nationale pour les magnifier. Prendre conscience de la qualité de ces artisans en les valorisant constitue un axe convivial et appréciable de développement économique et particulièrement en temps de crise, où

deuxièmement,

jeunes. Comment l’expliquer ? À l’heure où les exigences d’efficience et de rapidité deviennent presque excessives, la pression engendrée par l’innovation technologique amène les populations à revenir vers des valeurs plus simples et

“Au‐delà des bienfaits en termes de goût et de santé, la cuisine devient de plus en plus perçue comme une activité apaisante, créatrice d’un véritable lien physique entre le produit et celui qui le transforme.”

troisièmement,

sécurisantes. Au-delà des bienfaits en termes de goût et de santé, la cuisine devient de plus en plus perçue comme une activité apaisante, créatrice d’un véritable lien physique entre le produit et celui qui le transforme.

certains secteurs ont besoin de se rencontrer et de se sentir soutenus. Mais surtout la Fête, c’est permettre à chacun de vivre un moment convivial et généreux autour de la cuisine. Ces dernières années ont été marquées en Europe par un véritable regain d’intérêt pour la cuisine, y compris chez les ©DR

Outre la qualité des mets, quelles raisons ont-elles amené l’UNESCO à inscrire – pour la première fois – un patrimoine lié à la gastronomie à sa prestigieuse liste ?

L’art du “bien manger” français contribue-t-il à préserver le pays de la “malbouffe” ? Cette dimension protège effectivement d’une “contamination de la facilité”, due au manque de temps ainsi qu’au rythme parfois frénétique de notre société actuelle. Il faut néanmoins se garder de tout systématisme et discours d’injonction, en trouvant notamment une réconciliation entre les différentes familles de produits qui sont proposés en les consommant tout simplement à différents moments de nos vies I

évidemment.

Propos recueillis par Pauline Pouzankov

Sophie Mise Commissaire générale de la Fête de la gastronomie

Servi par plus de 650 chefs étoilés. www.nespresso.com/pro


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PARLEMENT

LE COURRIER DU PARLEMENT | MENSUEL- N°841 - SEPTEMBRE/ OCTOBRE 2012 | MARYLISE LEBRANCHU ENGAGE LA RÉFORME DE L’ACTION PUBLIQUE

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L’alimentation, c’est la vie !

Marylise Lebranchu engage la réforme de l’action publique DOSSIER SPÉCIAL : L’INSTITUT

PASTEUR | L’Agenda 2012

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Magazine - L'alimentation c'est la vie  

Mensuel Septembre / Octobre "Le Courrier du Parlement" - L'alimentation c'est la vie

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