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AV R I L - M A I - J U I N 2 0 1 8 TRIMESTRIEL

N°19

LE VOYAGE EN AFRIQUE

TRAVEL in AFRICA

LE VOYAGE EN AFRIQUE

GRAND ANGLE

A LA RENCONTRE DES PEUPLES DE LA VALLEE DU RIFT Meeting the people of The rift Valley ZANZIBAR

SE PERDRE DANS STONE TOWN Get lost in Stone Town MUSIQUE

LA SYMPHONIE CONGOLAISE Listen to Congolese Symphony AILLEURS

ILE DE PÂQUES Eastern Island

ISTANBOUL Secret Istanbul

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TA K E ME HOME


N°19 AVRIL MAI JUIN 2018

EDITOR’S NEWS 6 EDITO 7 CONTRIBUTEURS 8

CONTRIBUTORS

OUR WORLD 12

ICONIC SPOT BY THE TRUST MERCHANT BANK

OUT OF AFRICA 14

STONE TOWN – À LA CROISÉE DES MONDES AT THE CROSSROADS BETWEEN WORLDS

AFRICA RDC 24

L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE KINSHASA

AFRICA 34

A LA RENCONTRE DES PEUPLES DE LA VALLEE DU RIFT

PEOPLE 40

GUS, ARTISTE MUSICIEN — GUS , ARTIST AND MUSICIAN

MAGAZINE 48

CHASSEURS NAGO, ROYAUME DU BANTÈ NAGÔ HUNTERS OF THE KINGDOM OF BANTÈ

LIFESTYLE FASHION 54

INSPIRATION CUBAINE CHEZ OLD KHAKI

LIFESTYLE CULTURE 60

JOANA CHOUMALI MET LES CORPS DANS TOUS LEURS ÉTATS JOANA CHOUMALI : BODIES IN VARIOUS STATES

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TASTE MY CITY 66

THE HOUSE OF MACHINES / CAPE TOWN

TRAVEL TALK 70 CONRAD HICKS

AILLEURS AU BOUT DU MONDE 72 L’ÎLE DE PAQUES — EASTERN ISLAND

ESCALE 76

ISTANBOUL — ISTANBUL

TRENDS 80

6 WINE ESTATES D’EXCEPTION

HAMAJI’S PEOPLE 88 BY JUNIOR MUGEMBE

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TRIMESTRIEL

T HE EDITOR’S LETTER

THE BEST TRAVEL MAGAZINE IN AFRICA

Nous arrivons bientôt au vingtième numéro de Hamaji Magazine. Voici presque cinq années que nous vous transportons au fil des pages pour mieux vous offrir des rêves de voyage. Nous ouvrons ce numéro sur une belle citation de Théodore Monod : « Le voyage est un lent professeur ». Alors nous continuons de nous poser la question : comment irait le monde si nous voyagions davantage ? De quelle manière nouvelle se nouerait notre relation à l’autre ?

We will soon be getting to the twentieth issue of Hamaji Magazine. For almost five years now, we have been transporting you through the pages in an attempt to make your travelling dreams come true.

We open this new issue Voici certainement with a beautiful quote la question la plus by Théodore Monod: importante qui «A journey is a slow mérite d’être posée. professor». We keep Nous espérons que asking ourselves the Théodore Monod vous trouverez une following question: infime partie de la réponse dans les pages de ce numéro. What would the world be like if we travelled more? À travers les images des peuples de la vallée du Rift du In what new way would our relationships with other photographe Benoît Feron, les rivages envoûtants de beings be formed? Stone Town, les rites ancestraux des chasseurs Nago, This is certainly the most important question that l’énigme derrière la statuaire monumentale de l’île de deserves to be asked. We hope that you will find Pâques. Je terminerai mon propos sur ce dernier mot : a small part of the answer in the pages of this l’énigme est un nouveau voyage. issue. Through the images of the people of the Rift

« Le voyage est un lent professeur » «A journey is a slow professor».

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Valley captured by photographer Benoît Feron, the bewitching shores of Stone Town, the ancestral rites of the Nago hunters, the enigma behind the monumental statues of Easter Island. I will conclude with these last words: the enigma is a new journey.

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+243 994097343 • +243 852574633 editor@corneillesima.com

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EDITO

N’AYEZ JAMAIS PEUR DE LA VIE N’AYEZ JAMAIS PEUR DE L’AVENTURE FAITES CONFIANCE AU HASARD, À LA CHANCE, À LA DESTINÉE. PARTEZ, ALLEZ CONQUÉRIR D’AUTRES ESPACES, D’AUTRES ESPÉRANCES. LE RESTE VOUS SERA DONNÉ DE SURCROÎT… —

PUB

NEVER BE AFRAID OF LIFE NEVER BE AFRAID OF ADVENTURE BELIEVE IN COINCIDENCES, LUCK, DESTINY. LEAVE, CONQUER OTHER SPACES, OTHER HOPES. THE REST WILL BE GIVEN TO YOU ANYWAY... Henri de Monfreid

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CONTRIBUTORS

ILS ONT PARTICIPÉ À CE NUMERO MERCI À TOUTE L’ÉQUIPE !

AFRICA

MAGAZINE

Né à Huy, le 13 octobre 1952 (Belgique). Sa fascination pour l’image le mène vers la photographie. Actuellement, il poursuit son travail sur les multiples aspects de la civilisation africaine. Il

Photographe passionné d’Afrique, Benoît a réalisé un travail approfondi sur la Vallée du Rift et a photographié la plupart de ses tribus. Il a publié plusieurs livres dont « Portraits du Rift » et est également l’auteur de

TASTE MY CITY

MAXIME DELAFOY

MARIE-AUDE PRIEZ-DELAFOY

Editeur depuis plus de quinze ans, Marie-Aude Priez est aussi auteur. Originaire du Mali, elle a passé sa vie en Côte d’Ivoire, sa terre natale. Par son travail, elle est un porte parole engagé du continent noir, de ses peuples, de leur culture et leur patrimoine. Elle vit aujourd’hui à Lubumbashi, en République Démocratique du Congo. — Publisher for over fifteen years, Marie-Aude Priez is also an author. Originally from Mali, she has spent her life in Côte d’Ivoire, her native land. Through her work, she is a committed spokesperson of the black continent, its people, their culture and their heritage. She now lives in Lubumbashi, Democratic Republic of Congo.

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a exposé en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et en Asie. Pour Hamaji Magazine il signe ses plus beaux récits de voyage en Afrique. — He was borned in Huy on the 13 October in 1952 (Belgium). His fascination for the images leads him to photography. Currently, he continues his work about the various aspects of African civilization. He has exhibited in Europe, Africa, North America and Asia. For Hamaji Magazine he realises his most beautiful African stories.

AFRICA

Assistant graphiste junior, Junior Mugembe vit et travaille à Lubumbashi en République Démocratique du Congo. Il fait ses armes à la fabrication chez l’éditeur Corneille et Sima. La photographie est son nouveau

Née en 1987, Leonora est une photographe indépendante franco-allemande. Après des études d’Arts et un Bachelor en technique de la photographie. Ses projets la conduisent entre autres au Maroc, en Inde, en Pologne, en Turquie,

Elle rentrera bientôt dans la vie active avec pour objectif un MBA, Maxime Delafoy a signé pour Hamaji Magazine les premières chroniques de l’African Missioner. Aujourd’hui elle passe au crible les adresses les plus trendy du continent africain. Depuis toujours, elle se passionne pour des expériences de voyage à partager. — She will soon enter active life with the goal of an MBA, Maxime Delafoy has signed for Hamaji Magazine the first chronicles of the African Missioner. Today, it screens the trendiest addresses on the African continent. She is constantly in search for new travel experiences to share.

nombreuses expositions. — As a photographer with a deep passion for Africa, Benoît has done extensive work on the Rift Valley and photographed most of its tribes. He has published several books including «Portraits of the Rift» and is also the author of numerous exhibitions.

LEONORA BAUMANN

JUNIOR MUGEMBE

CITIZEN

BENOIT FERON

JEAN-DOMINIQUE BURTON

PEOPLE

HAMAJI’S PEOPLE

ALLISON FOAT «DIVA»

challenge, un nouvel angle pour redécouvrir le monde. — Assistant graphic designer, Junior Mugembe lives and works in Lubumbashi, Democratic Republic of Congo. He makes his weapons assiting the publisher in the Corneille and Sima Editions. Photography is his new challenge a new angle to discover once more the world.

Elle vit à Cape Town. Allison Foat est une ballerine convertit au journalisme. Elle signe des sujets Lifestyle inspirée par sa curiosité de tous les nouveaux place to be, les nouvelles rencontres. Pour Hamaji Magazine, elle livre des portraits des nouveaux citoyens du monde. — Capetonian, Allison Foat is a ballerina turned travel and lifestyle journalist, inspired by exploration and excellence and writing about the places, people and things that make her heart beat faster. For Hamaji Magazine she writes stories on the new citizens of the world

AILLEURS PIERRE-ALEXANDRE VAN DE ALLE L’homme aux lunettes rouge! Economiste, conseiller financier, Pierre-Alexandre voyage à travers le monde une bonne partie de l’année pour découvrir de nouveaux endroits… souvent hors des sentiers battus… — The man with the red glasses! Economist, financial advisor, Pierre-Alexandre crosses the world as often as he can to discover new places …out of the tracks…

en RDC où elle se rend fréquemment, notamment pour les médias internationaux et ONG. En 2015, elle rejoint la plateforme collaborative et de diffusion Hans Lucas. Elle travaille aujourd’hui sur la condition de la femme en RD-Congo, en particulier les filles-mères et la maternité. — Born in 1987, Leonora is a Franco-German freelance photographer. After she obtained her bachelor degree in art studies and a BA in photography, her very first projects enable her to discover several countries including Morocco, India, Poland, Turkey, DRC where she travels frequently, for international media and NGOs. In 2015, she joined the collaborative platform Hans Lucas. She is today particularly interested about the status of women in DR-Congo, especially single mothers and motherhood.

OUT OF AFRICA YANN MACHEREZ

Photographe freelance, Yann a grandi à l’Ile de la Réunion et vit aujourd’hui en Afrique du Sud. Amoureux du voyage et du continent Africain, publier est pour lui une manière de partager son travail, ses expériences, ses rencontres. Il signe des sujets pour National Geographic, entre autres, et Hamaji Magazine. Dernièrement, il a lancé son projet « Today-Project », en partenariat avec l’UNESCO. Un projet global sur lequel il travaille depuis plusieurs années et qu’il souhaite développer avec plusieurs partenaires, à travers le globe.

— Freelance photographer, Yann grew up in Reunion Island and now stays in South Africa. Travel enthusiast, Yann fell in love with the African continent and shares through his publications his work, experiences and encounters. He writes travel stories and contributes to National Geographic, among others, and Hamaji Magazine. Yann’s new project “Today-Project”, in partnership with UNESCO is a global project on which he has worked for several years. His wishe is to develop this project with several partners, through the sphere. HAMAJI

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OUR WORLD

Dans bien des villages en Afrique, il n’y a pas d’école. En RDC, les enfants remontent le fleuve pour aller en classe dans un autre village. / Many villages in Africa do not have any school. Children travel upstream to another village for attending their classes.

PHOTOGRAPHIE KRIS PANNECOUKE 12

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Cette image vous est offerte par la Trust Merchant Bank

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OUT OF AFRICA

STONE TOWN À LA CROISÉE DES MONDES ON DIT QUE « POUR CONNAÎTRE UNE VILLE, IL FAUT SAVOIR S’Y PERDRE ». STONE TOWN, LA « VILLE DE PIERRE » SITUÉE AU CŒUR DE ZANZIBAR CITY, A SANS DOUTE ÉTÉ CONSTRUITE POUR DONNER RAISON À CE PROVERBE. DANS LE LABYRINTHE DE SES RUELLES, ON DÉCOUVRE UN MONDE CACHÉ QUI VIBRE SUR UNE DOUCE FRÉQUENCE MULTICULTURELLE. UN PLONGEON INITIATIQUE EN TERRE SWAHILIE AUX LÉGENDES ÉPICÉES.

Photographies et texte de yann macherez 14

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Comme tout petit garçon, je rêvais de devenir astronaute ou encore explorateur. M’éloigner de la Terre et la contempler dans son entièreté. C’est à l’âge de 7 ans que j’ai affronté mon premier labyrinthe. J’eus le sentiment de vivre la plus grande aventure de ma vie, d’accomplir enfin ma destinée d’explorateur. « Le monde est très grand et plein de contrées magnifiques que la vie de mille hommes ne suffirait pas à visiter - Déguer-

pir - Trouver mieux un peu plus loin - Je suis appelé à Zanzibar. » C’est en lisant ces quelques lignes extraites de la Correspondance d’Arthur Rimbaud, que je décide d’aller plonger dans les secrets de cet archipel de l’océan indien. Le Malindi Market, au lever du soleil. Des centaines de personnes attendent impatiemment le retour des bateaux de pêches de leur virée nocturne. — The Malindi Market, at sunrise. Hundreds of people are eagerly awaiting the return of fishing boats from their night trip.

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« Zanj el Barr », littéralement « le littoral des hommes noirs », cœur de la civilisation swahilie, est le fruit de multiples influences qui se sont succédées et mélangées au fil des siècles. Même si les splendeurs de la puissance passée sont un vieux souvenir, Zanzibar s’est toujours située au croisement des civilisations, attirant les voyageurs, les marchands, les navigateurs ou les explorateurs des quatre coins du monde. Aujourd’hui, Stone Town est sûrement la partie de l’île qui attire et fascine le plus : une architecture inédite, des marchés colorés et odorants, des ruelles étroites parsemées de surprises et une population métissée et accueillante. C’est par une lourde journée d’été que je commence l’exploration de cette ville légendaire : l’air épais semble être comme comprimé entre les murs de pierres. Les odeurs de cannelle et de clou girofle, émanant des étals d’épices, apportent une note de légèreté à cette atmosphère dense. En se promenant dans ces artères,

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« L’HOMME EST À LA FOIS LE LABYRINTHE ET LE PROMENEUR QUI S’Y PERD. » Grégoire Lacroix. on est comme enveloppé d’un murmure étouffé et mélancolique. Je pourrais fermer les yeux et me croire sur l’île de mon enfance, l’Ile de la Réunion. Mais le visuel est bien différent, si atypique, si tortueux, si saisissant. A chaque intersection, je ressens à nouveau ce mélange d’émotion vécu il y a bien des années, dans ce labyrinthe. « Laisse ton intuition te guider. Elle est ta meilleure alliée et te mènera là où tu dois aller! » me dis-je. Je prends la première ruelle à gauche. Je me retrouve sur une magnifique pe-

tite place, des guirlandes indiennes colorées attachées aux balcons en guise de décoration. « Jaws corner » est un endroit unique de Stone Town, où les hommes se rassemblent tôt le matin pour discuter, autour d’un café noir. Je m’assois sur un « baraza », ces bancs de pierre à l’ombre des bâtiments, et discute avec mon voisin. En sirotant mon café dans une petite tasse communale qui se passe de main en main, je remarque que, en face de moi, quelques hommes écrivent sur un tableau à craie. « Quelqu’un dans la communauté est décédé ce matin, nous irons à ses funérailles », m’informe-t-il. Après quelques minutes passées à discuter, je salue mon nouvel ami et reprend ma destinée éphémère. Je glisse dans la seconde ruelle à droite. Au loin, une clameur s’élève. Je suis aux portes du Darajani Bazaar, le plus grand marché couvert de Stone Town. Je rejoins l’attroupe-

ment et m’infiltre tant bien que mal dans la foule. Je perçois une grande agitation : un requin tigre de plus de 300Kg fraichement capturé. Un mélange d’admiration et de tristesse me saisit. J’ai souvent rêver de pouvoir rencontrer ce dieu des mer, je n’avais pas imaginé ces conditions-là. La pluie s’abat soudainement sur moi et je me précipite dans la première ruelle couverte qui s’offre à moi. Le déluge cesse rapidement, les rayons de soleil percent à travers les tôles rouillées. L’allée débouche directement sur le marché de « Forodhani Gardens ». Les vendeurs qui s’agitent préparent les spécialités locales : brochettes de fruits de mer grillés, soupe de poisson ou encore la célèbre pizza de Zanzibar sont au menu. Je me laisse tenter par une de ces appétissantes brochettes. « Si vous voulez du poisson fraichement pêché, allez au port de Malindi market demain au lever du soleil » me confie le vendeur, à la toque de

chef étoilé. Je plonge à nouveau dans le dédale de ruelles, quelques ampoules connectées à des fils dénudés me servent de chemin lumineux. La pénombre laisse peu à peu place à la lueur du crépuscule. L’appel à la prière du Muezzin en fond sonore, la ville commence doucement à s’animer. Soudain, des hommes à vélo me frôlent, convergeant tous dans la même direction. J’ai aiguisé mon intuition depuis le début de la journée et appris à suivre les signes de la vie. Je leur emboite le pas. La file de vélos ressemble à un afflux sanguin sortant de l’artère principale du cœur de la ville. En les suivant, intrigué et fatigué, je ne me rends pas compte que je m’éloigne aussi de ce labyrinthe qu’est Stone Town. Soudain l’océan m’apparait. La délicate lumière du soleil levant inonde le petit port en contrebas. Malindi, te voici ! Je m’assois et contemple : une dizaine de bateaux de pêche reviennent de leur excursion nocturne, soigneusement sui-

vis par des mouettes braillardes. Ils sont attendus par une foule excitée, dans laquelle je reconnais quelques visages. Certains se jettent à l’eau pour aborder les embarcations en premier et accéder à leur précieuse cargaison. Des chanceux reviennent déjà sur terre, les paniers remplis de poulpe et de poissons à fritures, sous l’œil envieux de nouveaux venus. J’ai l’impression de connaitre cet endroit, d’être connecté à son histoire. Je ne ressens plus aucune fatigue et m’enivre de ce moment d’une authenticité profonde. Une douce plénitude m’envahit alors. 1. A la sortie de la ville, les étales d’épices et de textiles locaux jonchent les rues. — On the outskirts of the city, local spice and textile stalls dot the streets. 2. « Jaws corner » est un endroit unique de Stone Town, où les hommes se rassemblent tôt le matin pour discuter, autour d’un café noir. — ‘Jaws corner’ is a unique place in Stone Town, where men gather early in the morning to chat while drinking black coffee.

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STONE TOWN, AT THE CROSSROADS BETWEEN WORLDS

THEY SAY THAT «IN ORDER TO KNOW A CITY, YOU FIRST HAVE TO LEARN TO GET LOST IN IT». STONE TOWN, THE «VILLE DE PIERRE» IN THE HEART OF ZANZIBAR CITY, WAS PROBABLY BUILT TO SUPPORT THAT PROVERB. IN THE LABYRINTH OF ITS ALLEYS, WE DISCOVER A HIDDEN WORLD THAT VIBRATES ON A GENTLE MULTICULTURAL FREQUENCY. AN INITIATORY DIVE IN SWAHILI LAND.

Like any little boy, I dreamed of becoming an astronaut or explorer. To move away from the Earth and contemplate it in its entirety. It was at the age of 7 that I faced my first maze. I had the feeling of living the greatest adventure of my life, of finally fulfilling my destiny as an explorer. ‘The world is very big and full of magnificent places which it would take more than a thousand lives to visit – Escape - Find better a little further – Zanzibar is calling’. It is after reading these few lines from Arthur Rimbaud’s Correspondence that

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I decided to dive into the secrets of this archipelago of the Indian Ocean. «Zanj el Barr », literally ‘the coastline of black men’, the heart of the Swahili civilization, is the fruit of multiple influences that have been mixed over the centuries. Even though the splendors of former colonial powers only remain memories, Zanzibar has always stood at the crossroads of civilizations, attracting travelers, merchants, sailors and explorers from all over the world. Today, Stone Town is surely the part of

the island that attracts and fascinates the most: a unique architecture, colorful and fragrant markets, narrow streets dotted with surprises and a welcoming and mixed population. It is on a heavy summer day that I start exploring this legendary city: the thick air seemed to be compressed between the stone walls. The scents of cinnamon and clove, emanating from the spice stalls, add a note of lightness to this dense atmosphere. Walking through these arteries is comparable to being wrapped in a muffled and melancholic murmur. 1. Atmosphere de Zanzibar — Zanzibar’s atmosphere 2. Un arc-en-ciel accompagne le retour des bateaux de pêches au Malindi Market. — A rainbow accompanies the return of the fishing boats to the Malindi Market. 3. Une femme se repose, sous le porche de sa maison, durant une chaude après-midi. — A woman rests under the porch of her house for a hot afternoon.

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I could close my eyes and feel like I am back on the island of my childhood, Reunion Island. Visually though, it is very different. So atypical, so tortuous, so striking. At every intersection, I feel this mixture of emotion that I experienced many years ago in a maze». I thought to myself ‘Let your intuition guide you. She’s your best ally and will lead you where you need to go!’. Taking the first alley on my left, I find myself on a beautiful little plaza, colorful Indian garlands attached to balconies as ornaments. Jaws corner is a unique place in Stone Town, where men gather early in the morning to chat while sipping some 1. En fin de journée, les forains se dirigent par centaines vers les « Forodhani Gardens » pour préparer le marché nocturne. — In the late afternoon, hundreds of merchants head towards the « Forodhani Gardens » to prepare for the night market.

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«MAN IS BOTH THE LABYRINTH AND THE WALKER WHO GETS LOST IN IT.» Grégoire Lacroix. black coffee. I sit on a ‘baraza’, these stone benches in the shade of the buildings, and chat with my neighbor. While sipping my coffee in a small communal cup that is passed from hand to hand, I notice that, in front of me, some men write on a chalkboard. ‘Someone in the community died this morning, we will go to his funeral’, he tells me. After chatting for a few minutes, I greet my new friend and resume my ephemeral

destiny. I slip into the second alley on my right hand side. In the distance, a clamor rises. I’m at the gates of Darajani Bazaar, Stone Town’s largest covered market. I join and attempts to infiltrate the crowd of pedestrians as best I can. I perceive a great agitation: a tiger shark of more than 300kg freshly caught. A mixture of admiration and sadness grips me. Although I often dreamed of being able to meet this god of the sea, I never imagined our first encounter would take place in such dramatic conditions. The rain suddenly poured down on me and I rushed into the first covered alleyway that offered itself to me. The rain ceases rapidly and the sun rays start breaking through the rusty tin roofs. The paved way leads directly to the «Forodhani Gardens» market. Busy vendors are preparing local specialties such as grilled seafood skewers, fish soup

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or the famous Zanzibar pizza. I am tempted by one of those appetizing skewers. «If you want freshly caught fish, go to the port of Malindi Market tomorrow at sunrise», advises a salesman wearing a starred chef’s hat. The next day, I once again dive into the maze of alleys, a few light bulbs connected to bare wires serve as an illuminated path. Darkness gradually gives way to twilight. With the Muezzin’s call for prayer as background music, the city is slowly beginning to come alive. Suddenly, men cycle past me, all converging in the same direction. I have sharpened my intuition since the beginning of the day and learned to follow the signs of life. I decide to follow their lead. The line of bicycles looks like a blood stream coming out of the main artery in the heart of the city. By following them, intrigued and tired, I don’t realize

that I am also moving away from the maze of Stone Town. Suddenly I find myself facing the ocean. The delicate light of the rising sun floods the small harbor spreading out before my eyes. Malindi, here you are! I sit down and contemplate: a dozen fishing boats return from their nocturnal excursion, carefully followed by a flock of brawling seagulls. They are welcomed by an excited crowd, in which I recognize some faces. Some of them jump into the water to board the boats first and grab their precious cargo. Lucky ones are already returning to land, baskets full of octopus and fresh fish, under the envious eyes of newcomers. I feel like I know this place, connected to its history. I do not feel tired anymore but rather dazzled in this moment of profound authenticity. I am then overwhelmed with a sweet feeling of fullness. My intuition, my best ally: I am where I belong. n

2. Il est deux heures du matin, les rues sont vides, la ville de Pierre dort. Les chat errants et la lune comme seuls compagnons. — It is two o’ clock in the morning, the streets are empty, Stone Town is asleep. Stray cats and the moon are my only companions. 3. Le passe temps favori des vendeurs sur le « Darajani Bazaar » : le jeu de dames, avec bouchons de bouteille en guise de pions. — Vendors’ favourite pastime on the «Darajani Bazaar»: the checkers game, with bottle caps as pawns. 4. Joseph a grandi entouré de « Galago ». Encore aujourd’hui il en possède trois et les considère comme des membres à part entière de sa famille. — Joseph grew up surrounded by Galago. He still owns three of them and considers them to be fullfledged members of his family. 5. C’est face au coucher de soleil de Stone Town, que les jeunes se lancent dans un concours d’acrobaties, finissant dans les eaux chaudes de l’Ocean Indien. — Facing the setting sun of Stone Town, the youngsters take part in an acrobatics competition, landing in the warm waters of the Indian Ocean.

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Un Boutre traditionnel, à la voile tombée, rentre au port de Stone town. En arrière plan, Prison island plongée dans l’ombre d’un nuage. — A traditional sailboat returning to Stone Town’s harbour. In the background, Prison island plunged sits in the shadow of a cloud.

CARNET DE ROUTE Y ALLER

A partir de Johannesburg, il n’existe pas de vol direct. Ethiopian Airlines et Kenya Airways sont les deux plus importantes compagnies qui desservent Zanzibar (une escale). Comptez R7000 en moyenne pour un vol A/R et n’oubliez pas qu’il vous faudra payer le visa (50$) en espèces, à l’arrivée à l’aéroport.

DORMIR

Le Tembo House Hotel est situé au cœur de la vieille ville, face à l’océan. Cet hôtel de style swahili au charme zanzibarite offre un hébergement confortable. Le restaurant offre lui une cuisine de qualité à base de poissons et fruits de mer et sa terrasse face à la mer est très agréable (piscine). Comptez environ 1900R pour une nuit en chambre double.

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SORTIR

Le restaurant House of Spices se trouve dans le quartier de Kiponda, au 2ème étage, sur une grande terrasse au plafond drapé de tissu doré. Charme et détente sont au rendez-vous et font de la House of Spices, le lieu idéal pour une pause pendant une visite de Stone Town. Malgré des tarifs relativement élevés vous en aurez pour votre argent avec un large choix de plats traditionnels parfaitement préparés et un service de qualité.

DÉCOUVRIR

Le marché de nuit de Forodhani est l’une des attractions majeures de Stone Town. C’est un peu la version swahili de la célèbre place de Jemaa El Fna à Marrakech. Tous les locaux s’y retrouvent en début de soirée. Le seul fait de manger ici est une expérience digne d’être vécue. Les jardins sont situés en bord de mer, près de la House of Wonders à Stone Town.

LOGBOOK GOING THERE

There are no direct flights from Johannesburg. Ethiopian Airlines and Kenya Airways are the two largest airlines serving Zanzibar (a stopover). On average, count R7000 for a return flight and don’t forget that you will have to pay for the visa (50$) in cash upon arrival at the airport.

SLEEPING

The Tembo House Hotel is located in the heart of the old town, facing the ocean. This Swahili style hotel with its Zanzibari charm offers comfortable accommodation. The restaurant offers delicious and fine fish and seafood-based meals and its terrace facing the sea is very pleasant (swimming pool). Approximately 1900R for one night in double bedroom.

VISIT

The restaurant House of Spices is located in the Kiponda district, on the 2nd floor, with a large terrace with a golden cloth draped ceiling. Charm and relaxation await you and make the House of Spices the ideal place for a break during a visit to Stone Town. Despite relatively high prices, you will get value for your money with a wide choice of perfectly prepared traditional dishes and quality service.

DISCOVER

The Forodhani Night Market is one of Stone Town’s major attractions. This is the Swahili version of Jemaa El Fna’s famous square in Marrakech. All the locals gather there early in every evening. Just eating there is an experience worth living. The gardens are located by the sea, near the House of Wonders in Stone Town.

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OUT OF AFRICA

L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE KINSHASA

20 ANS FURENT NÉCESSAIRES À CE GROUPE DE MUSICIENS, AUTODIDACTES ET FORMÉS PAR UNE FANFARE D’ÉGLISE, AFIN D’ÉVOLUER POUR DEVENIR LA PREMIÈRE FORMATION PHILHARMONIQUE D’AFRIQUE CENTRALE ET L’UNIQUE ORCHESTRE «ALL-BLACK» SUR TERRE!

Texte et photos Léonora Baumann Au Congo, par sa présence, la musique est prégnante. Dans les célébrations religieuses, les prêches se mêlent aux rythmes des musiciens et des chorales. Sur toutes les terrasses et les bars de Kinshasa, la cadence du ndombolo, de la rumba congolaise ou des grands tubes du moment accompagnent le fourmillement de la ville. A NgiriNgiri, plusieurs fois par semaine, des mélodies classiques retentissent, elles s’échappent de l’enclos vert, qui délimite la parcelle des kimbanguistes, de

ce quartier très peuplé de la capitale. L’orchestre symphonique Kimbanguiste, né en 1994, lorsqu’Armand Diangienda perd, suite au crash de l’avion sur lequel il volait habituellement, son emploi de pilote. Le petit-fils du célèbre Simon Kimbangu, chef spirituel de l’Église kimbanguiste, n’avait pourtant aucune formation professionnelle en musique classique. Cela n’était pas un réel obstacle et il se lance ce pari fou de créer, au Congo, la première organisation symphonique.

Un jeune garçon kimbanguiste répète la trompette dans la cour de la parcelle. — A young Kimbanguist boy rehearses trumpet in the courtyard of the plot.

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LES MUSICIENS, COMPOSANTS L’ORCHESTRE, SONT TOUS BÉNÉVOLES ET VIENNENT D’UNIVERS TRÈS DIFFÉRENTS. Au commencement, un petit groupe d’autodidactes se partagent des instruments ou les fabriquent sur place avec différents matériaux de récupération. Leurs motivations connaissent peu de limites et leurs passions ont vite attiré d’autres musiciens, avides d’apprendre. Au fil des années, l’ensemble grandit et les instruments, comme le registre, s’étoffent. Révélé au monde en 2010, suite à la sortie du film documentaire Kinshasa Symphony, de Martin Baer et Claus Wischmann, l’orchestre bénéficie d’une

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reconnaissance internationale ;  sur différents continents ses représentations s’apprécient grandement. Les musiciens, composants l’orchestre, sont tous bénévoles et viennent d’univers très différents. Durant la journée, chacun vaque à ses occupations afin de se nourrir et de soutenir sa famille, au sein de l’une des plus grandes et chaotiques villes d’Afrique. Certains sont commerçants, d’autres électriciens, couturiers, étudiants ou femmes au foyer mais une fois la nuit tombée, ils deviennent violons, tubas, flûtes, contrebasses ou sopranos. Chacun trouve sa place, accorde son instrument, s’échauffe un peu avant que le Maestro Armand prenne place. Lorsque ce dernier lève sa baguette, à peine moins de 200 musiciens font retentir les sons des cordes, bois, cuivres et percussions. Ainsi, à travers tout le quartier, résonnent les symphonies de Beethoven ou du Carmina Burana de Orff. Leur succès actuel les réconforte dans leur engagement pour cet art largement

méconnu est parfois même boudé par les congolais car certains le considère comme une «musique de blanc». Populariser le classique est le rêve du Maestro Armand Diangienda qui souhaite aujourd’hui fonder une école de musique ouverte à tous. La demande est bien réelle : en plus de l’orchestre symphonique kimbanguiste, sur cette verdoyante parcelle, différents groupes et chorales répètent déjà régulièrement les registres religieux. L’accès à des instruments de qualité est non seulement difficile mais coûteux. A ce jour, cet enseignement reste l’attribut des membres de l’église Kimbanguiste.

1. Nadine, couturière et violoniste de l’OSK dans son atelier. — Nadine, dressmaker and symphony orchestra violinist, in her workshop. 2. Répétition d’une chorale kimbanguiste. — Rehearsal of a kimbanguist choir. 3. Des musiciens kimbanguistes répètent dans la cour. — Kimbanguist musicians rehearse in the courtyard.

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KINSHASA SYMPHONY ORCHESTRA IT TOOK 20 YEARS TO THIS SELF-TAUGHT GROUP OF MUSICIANS, FORMED BY A CHURCH BAND, TO EVOLVE INTO THE FIRST PHILHARMONIC GROUP IN CENTRAL AFRICA AND THE ONLY ALLBLACK ORCHESTRA ON THE PLANET!

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n Congo, by its presence, the music is powerful. In religious celebrations, preachers mingle with the rhythms of musicians and choirs. On all the terraces and bars of Kinshasa, the rhythms of the ndombolo, Congolese rumba or big hits of the moment accompany the bustle of the city. In Ngiri-Ngiri, several times a week, classical melodies resound, they escape from the green enclosure, which delimits the plot of Kimbanguists, in this densely populated district of the capital. The Kimbanguist symphony orchestra, born in 1994, when Armand Diangienda lost his pilot’s job following the crash of the plane he usually flew on. The grandson of

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the notorious Simon Kimbangu, spiritual leader of the Kimbanguist Church, had no professional training in classical music. This was not a real obstacle and he made the crazy bet to create the first symphonic organization in Congo. In the beginning, a small group of self1 et 6. Répétition hebdomadaire de OSK. — Weekly symphonic orchestra rehearsal. 2. Répétition dans la parcelle kimbanguiste quelques jours avant une grande représentation de l’OSK. — Repetition in the Kimbanguist plot a few days before a large representation of the Kinshasa Symphony Orchestra. 3. Constant, informaticien et saxophoniste de l’OSK dans son cybercafé. — Constant,

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taught musicians shared instruments or made them on the spot with different materials. Their motivation knew few limits and the magnitude of their passions quickly attracted other musicians, eager to learn. Over the years, the band expanded and the instruments, just like the register, diversified. Revealed to the world in 2010, following the release of the documentary Kinshasa Symphony by Martin Baer and Claus Wischmann, the orchestra enjoys international recognition; on different continents its performances are greatly appreciated. computer engineer and saxophonist in the Kinshasa Symphony Orchestra in his cybercafé. 4. Maestro Armand Diangienda lors d’une répétition hebdomadaire de OSK. — Maestro Armand Diangienda during a weekly rehearsal. 5. Des partitions et une trompette de OSK. — Scores and a trumpet from the Kinshasa Symphony Orchestra.

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The musicians, who make up the orchestra, are all volunteers and come from very different worlds. During the day, everyone goes about their daily business to feed and support their families in one of Africa’s largest and most chaotic cities. Some are shopkeepers, other electricians, dressmakers, students or housewives, but once night falls, they become violins, tubas, flutes, double bass or sopranos. Everyone finds their place, tunes their instrument, warms up a little before Maestro Armand takes his place. When he raises his baton, just under 200 musicians sound the melodies of strings, antlers, brass and percussions. The symphonies of Beethoven or Orff’s Carmina Burana start resonating throughout the whole neighbourhood. Their current success reassured them in their commitment to this largely unrecognized art which is sometimes ignored by Congolese people who call it «white people’s music». Popularizing classical music is the dream of Maestro Armand Diangienda who wants to create

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a music school open to all. The demand is real: in addition to the Kimbanguist symphony orchestra, on this verdant plot, various groups and choirs are already regularly rehearsing the religious registers. Access to quality instruments is not only difficult but expensive. To this day, this education remains the attribute of Kimbanguist church members. n

1. Mamy, soliste lors d’une répétition générale au jardin botanique de Kinshasa, la veille d’une représentation de l’OSK. — Mamy, soloist in a dress rehearsal at the Botanical Garden in Kinshasa, on the evening of a performance. 2. Le choeur de l’OSK lors d’un concert anniversaire au jardin botanique de Kinshasa. — The Kinshasa Symphony Orchestra choir during a birthday concert at the Botanical Garden in Kinshasa.

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AFRICA

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A LA RENCONTRE DES PEUPLES DE LA VALLÉE DU RIFT T ex t e

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P ho tos : B enoi t F er on

LA GALERIE DE PORTRAITS FASCINANTE D’UN VOYAGE À LA DÉCOUVERTE DES DIVERSITÉS ETHNIQUE PEUPLANT CETTE

RÉGION EXTRAORDINAIRE — THE GREAT VALLEY OF THE AFRICAN RIFT, ALSO KNOWN AS THE CRADLE OF MANKIND, IN REALITY BRINGS TOGETHER A UNIQUE ETHNIC DIVERSITY, ALL IN AN EXTRAORDINARY NATURAL SETTING.

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2005. En route vers le Serengeti, je croise quelques Maasaï le long de la route. Leur silhouette longiligne, leur beauté et leurs couleurs, m’intriguent et me poussent à passer quelques mois plus tard une semaine dans un de leurs villages. Peuple le plus connu de l’Afrique de l’Est, les Maasaï jouent le rôle d’ambassadeur des peuples du Rift. Ils se distinguent par un art corporel raffiné, orné de nombreux bijoux, de couvertures rouges ou bleues selon les clans. Quant aux Moranes, une

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classe d’âge composée de jeunes gens sortis de la puberté et jusqu’à l’âge de 30 ans parfois, ils se laissent pousser les cheveux, se couvrent parfois le corps d’ocre rouge, et portent de longues tresses enduites de beurre et d’ocre. Outre les Maasaï, la Grande Vallée du Rift Africain, surnommée aussi le Berceau de l’Humanité, regroupe en réalité une extraordinaire diversité ethnique, le tout dans un cadre naturel extraordinaire, la grande faille du Rift, qui cisaille sur près

5 1. Jeune femme Pokot arborant un collier de cérémonie, Kenya. — Young Pokot woman wearing a ceremonial necklace, Kenya. 2. Jeune garçon Surma maquillé de façon traditionnelle, Ethiopie. — Young boy Surma wearing traditional make-up, Ethiopia. 3. Jeune femme Samburu, Kenya. — Young Samburu woman, Kenya. 4. Jeune femme Afar, Djibouti. — Young Afar woman, Djibouti. 5. Jeune femme Rendille de profil, portant une coiffe traditionnelle de cette tribu, Kenya. — Young Rendille woman wearing a traditional hat from this tribe, Kenya.

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de 6000 kilomètres toute la partie Est du continent noir. Leur art est directement influencé par les nombreuses migrations qu’ils ont connues. Alors que les peuples sédentaires d’Afrique de l’Ouest ont développé les arts architecturaux, mobiliers, rituels basés sur la statuaire et les masques, les peuples pastoraux du Rift, empêchés par leur mobilité incessante de développer un art lourd et encombrant, ont fait de leurs corps le principal terrain d’expression de leur sensibilité artistique : scarifications, tatouages et lobes ou lèvres distendus et parés de disques, bijoux aux formes et couleurs infinies, vêtements du quotidien ou de cérémonie, ornés de perles et de cauris, ces coquillages symboles de la fertilité, des peintures corporelles ou encore des coiffes très élaborées et ces casques d’argile… Mais au delà de cette généralité, c’est l’identité propre de chaque tribu qui frappe. Chaque tribu possède ses propres codes vestimentaires, ses bijoux et un art

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corporel bien distinct et qui l’identifie en un clin d’œil. Une démarche si éloignée de notre monde occidental globalisé. Parmi tous ces peuples, ce sont les peuples de l’Omo qui ont attiré le plus l’attention et parmi eux, les Mursi et les

CHAQUE TRIBU POSSÈDE SES PROPRES CODES VESTIMENTAIRES, SES BIJOUX ET UN ART CORPOREL BIEN DISTINCT... Surmas, les plus spectaculaires avec les labrets (plateaux labiaux) qui ornent les lèvres des femmes. Les scarifications aussi y sont nombreuses mais l’art vestimentaire y est minimal.

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Mais les autres ethnies sont tout aussi dignes d’intérêt. Tels les Karo et leurs casques d’argile, ou les Nyangatom, dont les femmes peuvent arborer avec élégance des robes en peau de chèvre rehaussées de perles formant des motifs géométriques que ne renieraient pas les plus grands couturiers italiens. Ou les Hamer, dont les femmes se couvrent de terre ocre mélangée à de la graisse végétale de la même façon que les femmes Himbas de Namibie, dont on a du mal à imaginer qu’ils ne se soient pas croiser un jour, tant les similarités sont frappantes. Plus au Sud, en traversant la frontière kenyane le long du lac Turkana, les rencontres sont tout aussi passionnantes. Les Turkana notamment, vivent dans des conditions climatiques difficiles, qui explique leur rudesse à la première rencontre, et dont les femmes portent ces colliers si particuliers pesant plusieurs kilos qui sont leur marque identitaire. Ou les Rendille et leurs bustes en cuir, les Pokot

aux énormes colliers circulaires et colorés ou encore les Samburus, dont les fameux Moranes, arborent casques, bracelets et vêtements d’une rare élégance. Mais il ne faut pas non plus oublier des peuples moins connus, tels les Hadzabe ou les Datoga aux abords du Lac Eyasi en Tanzanie. Les Hadzabe sont des chasseurs-cueilleurs qui gardent certaines traditions vestimentaires du fait de leurs fréquents déplacements en quête de gibier, portant notamment des coiffes imposantes faites de fourrures de babouin. Les Datoga, forgerons quasi inconnus, excellent eux dans les bracelets et les colliers de cuivre d’une beauté impressionnante en fondant de vieux cadenas et autres objets retrouvés. Mais ce rapide tour d’horizon serait incomplet sans un retour vers la pointe extrême Nord du Rift, aux abords du Golf d’Aden. Avec d’abord le peuple Afar, qui vit dans cette région appelée le Triangle Afar, où se rejoignent les trois failles Golfe d’Aden

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/ Mer Rouge / Rift Africain. Avec ensuite les peuples du Tigray et du Shoa, installés sur les hauts plateaux d’Abyssinie et dont l’histoire remonte à plus de 3000 ans, avec la fondation du premier empire par Menelik Ier, le fils que la reine de Saba et du roi Salomon… Christianisés dès le début du IVème, la culture de ces peuples se maximise lors des grandes fêtes orthodoxes, suivies dans les églises troglodytiques du Tigray ou les villes historiques comme Lalibela, célèbre pour ses églises en forme de croix creusées à même le sol. J’ai immortalisé ces peuples fascinants et leur extrême diversité dans un livre, Portraits du Rift, en suivant une démarche similaire à celle du grand photographe Sebastiao Salgado, pour qui « partout les gens sont beaux, partout ils veulent être représentés de manière digne ». Ce livre est un témoignage, car les temps et les mœurs évoluent très vite et la liberté et l’autonomie de ces peuples tendent à se réduire face aux pressions politiques

1. Jeune femme Turkana portant le lourd collier traditionnel propre à cet ethnie, Kenya. — Young Turkana woman wearing the heavy traditional necklace from this tribe, Kenya. 2. Jeune femme Hamer portant un collier de cauris, Ethiopie. — Young Hamer woman wearing a shell necklace, Ethiopia. 3. Homme Surma, Ethiopie. — Surma Man, Ethiopia. 4. Jeune fille Surma, dont le maquillage fait transparaître un double visage. — Young Surma girl, whose make-up reveals a double face.

et à l’influence du tourisme, avec comme conséquence une perte graduelle de traditions parfois ancestrales. Que deviendront dès lors ces peuples et leurs coutumes dans cinq, dix ou vingt ans ?

L’ADRESSE UTILE Afin de pouvoir vivre ces rencontres en toute authenticité et avec la sobriété nécessaire, une seule adresse : Jean-Yves Marteau / AFRICAN RIFT ODYSSEY à Nairobi — www.africanriftodyssey.com

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MEETING THE PEOPLE OF THE RIFT VALLEY 2005. On the way to the Serengeti, I stumbled upon a group of Maasai along the road. I was intrigued by their slender silhouette, their beauty and colours. A few months later, I decided to spend a week in one of their villages. As the most famous tribe of East Africa, the Maasai play the role of ambassadors of the people of the Rift Valley. They are distinguished by refined body art, decorated with many jewels, red or blue blankets according to the clans. As for the Moranes, term which designates an age group for men between the end of puberty up to the age of 30, they sometimes let their hair grow, cover their bodies with red ochre, and wear long braids coated with butter and ochre. In addition to the Maasai, the Great Valley of the African Rift, also known as the cradle of mankind, in reality brings together a unique ethnic diversity, all in an extraordinary natural setting: the great Rift, which shears on nearly 6000 kilometres the entire eastern part of the black continent. Their art is directly influenced by the many migrations they have experienced. While the sedentary peoples of West Africa have developed architectural arts, furniture and rituals based on statuary and masks, the pastoral peoples of the Rift, prevented by their ceaseless mobility from developing a heavy and cumbersome art, have made their bodies the principal field of expression of their artistic sensibility. Scarification, tattoos and lobes or lips stretched out and adorned with discs, jewellery of infinite shapes and colours, clothes of everyday or for ceremonial use, ornamented with pearls and cowry shells, symbol of fertility, body paintings or even very sophisticated headdresses and clay helmets... Beyond this generality, it is the identity of each tribe that strikes. Each tribe has its own unique dress codes, jewellery and distinctive body art that identifies it in the

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blink of an eye. An approach so foreign to our globalised Western world. Among all these people, it is the people of the Omo who have attracted the most attention and among them, the Mursi and Surmas, the most spectacular with labrets (labial plates) adorning the lips of women. If for these tribes scarification is common, clothing art is minimal. Yet, other ethnic groups are equally worthy of interest : for instance the Karo and their clay helmets, or the Nyangatom, whose women elegantly wear goatskin dresses embellished with beads forming geometric patterns that the greatest Italian couturiers themselves would admire. Furthermore, some similarities between certain ethnic groups are so striking that it is hard to imagine that they never met before. This is the case for the Hamers, whose women cover themselves with ochre soil mixed with vegetable fat in the same way as the Himbas women of Namibia. Further south, crossing the Kenyan border along Lake Turkana, encounters are just as exciting. The Turkana, in particular, live in difficult climatic conditions, which explains their harshness at the first encounter. Their women wear particular collars that weigh several kilograms and which represent their identity mark. Similalrly, different tribes display their own unique identity marks such as the Rendille with their leather busts, the Pokot’s huge circular and colourful necklaces or the Samburus, whose famous Moranes, wear helmets, bracelets and clothes of rare elegance. It is important not to forget people who are not as widely known such as the Hadzabe or Datoga tribes from the outskirts of Lake Eyasi in Tanzania. The Hadzabe are hunter-gatherers who place great importance on clothing traditions because of their frequent travels in search

Adolescents Surma rassemblés au coucher de soleil, Surma. — Surma teenagers gathered at sunset, Surma

of game meat, notably wearing imposing headdresses made of baboon furs. The Datoga, on the other hand, excel in making bracelets and copper necklaces of impressive beauty by melting old padlocks and other found objects. This quick overview would be incomplete without a return to the extreme northern tip of the Rift near the Gulf of Aden. First, there are the Afar people, who live in the area called the Afar Triangle, where the three faults of the Gulf of Aden / Red Sea / African Rift meet. Then comes the peoples of Tigray and Shoah, settled on the high plateaus of Abyssinia and whose history goes back to more than 3000 years, with the foundation of the first

empire by Menelik I, son of the queen of Sheba and King Solomon... Christianized from the beginning of the IVth, these people’s culture is maximized during the times of great Orthodox celebrations in the troglodytic churches of the Tigray or in historic towns such as Lalibela, famous for its churches in the form of crosses carved directly into the ground. I immortalized these fascinating people and their extreme diversity in a book, « Portraits of the Rift  », following a similar approach to that of the great photographer Sebastiao Salgado, for whom ‘everywhere people are beautiful, everywhere they want to be portrayed in a dignifying way’. This book is a

testimony, because times and customs are changing very rapidly and the freedom and autonomy of these peoples tend to diminish in the face of political pressures and the influence of tourism. This often results in the gradual loss of ancestral traditions. What will become of these people and their customs in five, ten or twenty years’ time? USEFUL TRAVEL TIPS In order to be able to experience these encounters in all authenticity and with the necessary sobriety, a name is required: Jean-Yves Marteau / AFRICAN RIFT ODYSSEY, in Nairobi www.africanriftodyssey.com

LE LIVRE / BOOK PORTRAIT DU RIFT,

by/par Benoît Feron. 144 p. Editions Regards Passion, Bruxelles, 2016. To buy/commande : bferon2@gmail.com

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THE INTERVIEW Interview : Marie-Aude Priez-Delafoy

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Gus - Augustin Peuchot par/by Charles Martinon. Instagram : @charlesmartinon

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amaji Magazine est allé rencontrer pour ses lecteurs l’artiste musicien Gus. Interview à cœur ouvert… J’ai 26 ans. Je suis né à Paris. J’ai 2 frères et 2 sœurs. La musique a très tôt fait partie de ma vie. Les voyages aussi, en Europe ou ailleurs : Tunisie, Pérou, Philippines, Inde, Thaïlande, Madagascar, Ghana, RDC… Je crois que la musique, qu’on en soit acteur ou spectateur, est un moyen de transport. Elle nous aide à voyager à travers le temps, les souvenirs et les rêves. Après 7 ans de piano, je me suis mis tout seul à la guitare. J’ai d’abord appris Redemption Song (de Bob Marley) puis With or Without You (de U2)... Puis je me suis mis à composer. Aujourd’hui je suis heureux parce que j’ai

décidé de vivre ma passion. En effet, après 5 ans d’études et mon diplôme de droit en poche, j’ai fait un stage en business development en Afrique. Et sans que je m’y attende c’est à Lubumbashi que j’ai trouvé la confiance et les encouragements pour suivre ma voie. J’espère pouvoir y revenir très vite pour un grand concert au stade du TP Mazembe ! C’est la force et la grandeur du voyage : la rencontre. L’étranger nous voit tel que nous sommes. Sans masque, sans artifice et sans jugement. Il pose sur nous un regard objectif, sans préjugé. La rencontre d’autrui permet de mieux se connaître soimême. Je dois beaucoup aux lushois et j’espère pouvoir leur rendre un jour tout ce qu’ils m’ont généreusement donné ! HAMAJI

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GUS INTERVIEW En vacances, êtes vous plutôt city, plage ou nature ? J’ai la chance de vivre à Paris, l’une des plus belles ville du monde. C’est donc normal que je cherche à changer d’environnement pour les vacances ! En hiver je préfère la nature, la montagne surtout, et en été la plage. Mais j’aime aussi découvrir de grandes villes aux atmosphères enivrantes : Rome, Naples, Londres, Bangalore, Cuzco ou encore Beyrouth. Le voyage en 3 mots ? La liberté, l’inconnu, le choix. Votre voyage de rêve  N’importe où avec la femme que j’aime. Un lieu fétiche  Le hamac de mon jardin en Provence (sud est de la France). Un hôtel  L’hôtel Salamangka sur une île au sud des Philippines.

Un retour dans le temps ? Ca ne me plairait pas. Revoir des personnes que j’ai perdu, absolument ! Mais revenir en arrière, non merci.

Le meilleur restaurant du monde ? Sans hésiter, la  « cantine Caslou » à Paris, près du parc Monceau !

Votre dernier voyage ? Une randonnée dans les Alpes en raquettes, à la frontière francoitalienne, à Santa Anna di Vinadio.

Sur une île, qu’est-ce que vous emporteriez ? Un bateau.

Votre prochain voyage ? Peut-être Abidjan ! Un ami s’y est installé pour quelques années et

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j’ai très envie de découvrir la Côte d’Ivoire ! Qu’est-ce que vous demanderiez si la réponse était « oui » ? Oh et bien je demanderai : « Voulezvous partir avec moi » ? Merci Hamaji de m’avoir sollicité pour cette interview ! Votre équipe m’a encouragé dès le début et je ne l’oublierai jamais ! Longue vie à vous et à très bientôt !

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amaji Magazine went to meet for its readers the musician and artist Gus. Open-hearted interview... I’m 26 years old. I was born in Paris. I have two brothers and two sisters. Music has been a part of my life since childhood. Travelling as well, in Europe or elsewhere: Tunisia, Peru, Philippines, India, Thailand, Madagascar, Ghana, Democratic Republic of Congo... I believe that music, whether you are a performer or a spectator, is a means of transport. It helps us to travel through time, memories and dreams. After 7 years of piano, I taught myself to play guitar. I first learned Redemption Song (Bob Marley) and then With or Without You (U2).... Then I started composing.

Today I am happy because I decided to live my passion. Indeed, after 5 years of university and my law degree in hand, I did an internship in business development in Africa. And, unexpectedly, it is in Lubumbashi that I found the confidence and support to go my own way. Hopefully, I will be able to come back soon for a big concert at the TP Mazembe stadium! It is the strength and grandeur of the journey: the encounter. The stranger sees us as we are. Unequivocally, without mask and without any judgment. He looks at us objectively, without prejudice. Encounters with others make it possible to know oneself better. I owe a lot to the people of Lubumbashi and I hope one day I will be able to give back everything they have generously granted me!

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GUS INTERVIEW When on vacation where do you spend most of your time: in the city, on the beach or out and about exploring nature? I am lucky to live in Paris, one of the most beautiful cities in the world. So it is only natural that I am looking for a change of environment when on holidays! In winter I prefer nature, especially the mountains, and in summer, the beach. But I also like to discover big cities with intoxicating atmospheres: Rome, Naples, London, Bangalore, Cuzco or Beirut. A 3 words definition of a journey Freedom, the unknown, choice. What is your dream destination? Anywhere with the woman I love. What is your favourite place in the world? The hammock of my garden in Provence (south east of France). A hotel Hotel Salamangka on an island in the southern Philippines. Your favourite restaurant in the world? Without hesitation, the «canteen Caslou» in Paris, near the Parc Monceau!

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On an island what would you take with you? A boat. A journey back in time… I wouldn’t like that. Meeting with people I’ve lost, anytime! But going back, no thanks. Your last trip Snowshoe trekking in the Alps on the French-Italian border near Santa Anna di Vinadio.

Your next trip Maybe Abidjan! A friend has settled there for a few years and I want to discover the Ivory Coast! What would you ask if the answer was «yes»? Oh, well, I’ll ask,»Would you like to go with me?» Thank you Hamaji for inviting me to do this interview! Your team supported me from my early beginnings and I will never forget it! Long live your work and see you soon!

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CHASSEURS NAGÔ, ROYAUME DE BANTÈ NAGÔ HUNTERS OF THE KINGDOM OF BANTÈ texte et photos : Jean-Dominique Burton

ROYAUME DU BANTÈ, LA LÉGENDE. XIVe SIÈCLE. Les autorités du Village de Bantè envoient des émissaires à l’Est, sur les rives du Niger inférieur, à la recherche des Yorubas. Redoutables chasseurs, la réputation de ces derniers dépasse de loin les frontières de l’actuel Nigéria. Bantè est alors en proie aux ravages d’un couple d’aigles, s’en prenant aux nouveaux - nés qu’ils enlèvent et dévorent. C’est un chasseur Nagô, sous-groupe de l’ethnie Yoruba, qui en délivre les villageois. Les aigles sont tués, tâche dont un seul chasseur exceptionnel pouvait s’acquitter. Le héros de Bantè, Obiti, est originaire de Kobagbe, un village de la région de la Cité sacrée d’Ilé-Ifè, berceau de l’humanité selon la légende Yoruba. En remerciement, le Village de Bantè s’offre à lui, désormais Roi protecteur, qui s’y installe en compagnie de sa famille. C’est ainsi que naquît, selon la tradition orale, la dynastie Nagô de la Forêt sacrée. Le royaume a survécu aux aléas de l’histoire, bien qu’il semble avoir été interrompu à plusieurs reprises. Il est aujourd’hui administré par son dixième Roi Ade-Fouiloutou Laourou. Par son isolement géographique, en plein cœur de la Forêt de Bantè, et par le microcosme culturel qu’il forme, Bantè conserve un héritage traditionnel unique, magnifiquement préservé d’influences nigérianes, burkinabées, nigériennes ou maliennes. Les Chasseurs Nagô du Royaume de Bantè forment une confrérie de chasseurs placées sous l’autorité du Roi traditionnel. Le royaume se compose de vingt-sept villages, chaque communauté comptant un Chef Chasseur. Au-delà d’une activité à des fins purement alimentaires, la chasse revêt un caractère solennel.

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KINGDOM OF BANTÈ, THE LEGEND. XIV CENTURY. The Bantè Village authorities are sending emissaries to the East, on the shores of the lower Niger, in search of the Yorubas. Dreadful hunters, their reputation extends far beyond the borders of present-day Nigeria. Bantè Kingdom is threatened by a pair of eagles that prey on new-borns. It is a Nagô hunter, a subgroup of the Yoruba ethnic group, who frees the villagers from these predators. The eagles are killed, a task that only one exceptional hunter could perform. The hero of Bantè, Obiti, is from Kobagbe, a village in the region of the Sacred City of Ilé-Ifè, cradle of humanity according to the legend Yoruba. In recognition, the Village of Bantè offered itself to him. Now a protective King, he settled there with his family. Thus, according to oral tradition, the Nagô dynasty of the Sacred Forest was born. The kingdom survived the vagaries of history, although it seems to have been interrupted several times. It is now administered by its tenth King, Ade-Fouiloutou Laourou. By its geographical isolation, in the heart of the Bantè Forest, and by the cultural microcosm that it forms, Bantè retains a unique traditional heritage, beautifully preserved from Nigerian, Burkinabe, Nigerian or Malian influences. The Nagô hunters of the Bantè Kingdom form a brotherhood of hunters placed under the authority of the traditional king. The kingdom consists of twentyseven villages, each community having its own Chief Hunter. Hunting for food purposes, is an activity that is solemn in nature for the Nagô hunters.

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MAGAZINE : CHASSEURS NAGÔ LA CHASSE — HUNTING

La chasse débute par des louanges et est rythmée par des chants. Les louanges, marques de respect précèdent l’acte de chasse. Elles sont autant spirituelles qu’adressées aux animaux eux-mêmes, avec lesquels les Chefs Chasseurs affirment communiquer. Outre leurs fusils, ces derniers arborent un talisman et des habits voyants, tenue d’apparat réservée à la seule activité de chasse. Le talisman confère aux Chasseurs une invisibilité, d’où l’absence de camouflage. — The hunt begins with praises and is punctuated by songs. Praises, marks of respect, precede the act of hunting. They are as spiritual as they are addressed to the animals themselves, with whom the Chiefs Hunters claim to communicate. In addition to their rifles, the latter wear a talisman and flashy clothes, a ceremonial outfit reserved for hunting only. The talisman gives the Hunters a power of invisibility, hence the absence of camouflage.

UN ENJEU : L’ENVIRONNEMENT, UN ÉQUILIBRE À PRÉSERVER — A CHALLENGE: THE ENVIRONMENT, A BALANCE TO PRESERVE

Les chasseurs Nagô de Bantè disent aujourd’hui regretter l’époque où par tradition, ils pensaient les ressources de leur Forêt inépuisables. Il y eu à Bantè un basculement culturel, une forme de prise de conscience d’un déséquilibre global causé par la pratique excessive de la chasse. Les Chefs Chasseurs n’ont cependant rien perdu de leur importance sociale et culturelle au sein du Royaume de Bantè. Au contraire, ils sont autant chasseurs que protecteurs, régulateurs. La chasse conserve son aspect sacré et représente un équilibre au sein de la communauté. — The Nagô hunters of Bantè say today that they miss the time when, by tradition, they thought the resources of their sacred Forest were inexhaustible. There was a cultural shift in Bantè, a form of awareness of a global imbalance caused by excessive hunting. However, the Chiefs Hunters have not lost any of their social and cultural importance within the Kingdom of Bantè. They are actually as much hunters as protectors and regulators. Hunting has retained its sacred aspect and represents a balance within the community.

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LES PLANTES — PLANTS

Au dépend de la chasse au grand gibier, aujourd’hui abandonnée, les Chasseurs se sont mués en acteurs essentiels de la préservation de leur environnement, par la défense de la Forêt de Bantè d’une part, par la protection de leur patrimoine culturel d’autre part. Dépositaires de la tradition riche et intimement liées à la forêt, les Chasseurs Nagô conservent notamment une connaissance exceptionnelle de traitements à base de plantes médicinales. L’âge des Chefs Chasseurs actuels varie, selon leurs dires, de 51 ans pour le plus âgé. Une longévité qu’ils attribuent à leurs connaissances médicinales. — — At the expense of big game hunting, now abandoned, the hunters have become key players in preserving their environment, defending the Bantè Forest on the one hand, and protecting their cultural heritage on the other. As custodians of a rich tradition closely linked to the forest, the Nagô Hunters retain an exceptional knowledge of medicinal herbal treatments. The age of the current Chiefs Hunters varies, according to them, from 51 years for the oldest. A longevity that they attribute to their medicinal knowledge.

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MAGAZINE : CHASSEURS NAGÔ

LE VODOUN— THE VODOUN

La communauté Nagô de Bantè pratique le Vodoun. Ogou, divinité du fer, y tient une place majeure. L’importance attachée à celui-ci repose sur la tradition de chasse de Bantè, en référence à la nature matérielle des armes et munitions utilisées. Le Vodoun est à vrai dire omniprésent et ordonne la vie de la communauté. A la mort d’un Chef Chasseur par exemple, le Bogonon, ce qu’on pourrait nommer un « devin » consulte le Fâ afin de lui désigner un successeur. C’est donc l’art divinatoire qui confère au Chef Chasseur qu’il a désigné la puissance de son prédécesseur.— The Nagô community of Bantè practices Vodoun. Ogou, deity of iron, holds a major place there. The importance attached to it is based on the Bantè hunting tradition, with reference to the material nature of the weapons and ammunition used. Vodoun is indeed omnipresent and structures the life of the community. At the death of a Chief Hunter, for example, the Bogonon, what might be called a ‘soothsayer’ consults the Fâ in order to appoint a successor. It is therefore the divinatory art that gives the new designated Chief Hunter his predecessor’s power.

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DES HOMMES ET DES DIEUX — MEN AND GODS

Outre Ogou, bien que le nombre de divinités Vodoun célébrées y soit plus restreint qu’il ne l’est dans le sud du pays, d’autres dieux jouissent d’une importance culturelle non négligeable. C’est le cas de Sakpata Vodoun de la variole, également dieu de la terre et des récoltes. Son culte correspond logiquement à l’activité quotidienne des habitants de Bantè: l’agriculture. — In addition to Ogou, although the number of Vodoun deities celebrated there is smaller than it is in the south of the country, other gods enjoy a significant cultural importance. This is the case of Sakpata Vodoun, god of land and crops. Its cult logically corresponds to the daily activity of the inhabitants of Bantè: agriculture.

LE LIVRE CHASSEURS NAGÔ DU ROYAUME DE BANTÈ NAGO HUNTERS FROM BANTÈ KINGDOM

Jean-Dominique Burton. Editions Fondation Zinsou. En partenariat avec la Fondation George Arthur Forrest — Partnership George Arthur Forrest Foundation

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LIFESTYLE FASHION

INSPIRATION CUBAINE CHEZ OLD KHAKI

POUR SA COLLECTION 2018 PHOTOGRAPHIES BY KATINKA BESTER LE VIEUX CUBA ENRICHIT LA COLLECTION SS18 DE OLD KHAKI. LA COLLECTION ÉTÉ 2018 NOUS PLONGERA BIENTÔT AU COEUR LA SENSUELLE CUBA.

BUENA VISTA, ESPRIT DE COLLECTION

L’esprit de la collection incarne la «buena vista» cubaine. Les façades aux couleurs vives, les voitures anciennes garées sur des rues pavées, la musique cubaine. Inspirés par l’atmosphère vintage, les créateurs livrent leur interprétation de la chemise emblématique de La Havane avec des imprimés tropicaux, motifs de palmiers et un éventail de robes d’été brodées qui se portent sur l’épaule. La palette de pastels d’été, magenta et orange tropicaux, réchauffe la collection. Pour vos nuits estivales, la collection vous propose des combinaisons portées seules ou décalées avec un top blanc. Et des jeans moulants ou stretch bleu vif. Dalene Gourley, est acheteuse de vêtements pour femmes chez Old Khaki. Elle explique : «Notre nouvelle gamme de robes brodées est parfaite les nuits d’été. La nouveauté de la collection de Old Khaki est notre fabuleux kimono, une tenue idéale après une journée à la plage par exemple. L’autre nouveauté se trouve dans la gamme de jeans pour femmes: blousons et shorts de camionneur dans un choix

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de couleurs à assortir avec les nouveaux tops légers, tissés, imprimés ou brodés. Les nombreux ajustements sur les tissus donnent au denim un look décontracté mais chic. Pour les accessoires et les foulards, on soigne le détail avec une touche féminine et ludique. Pour la première fois, Old Khaki offre le choix aux femmes entre des chapeaux et des casquettes avec des détails floraux.

SS18 LA COLLECTION DE VÊTEMENTS POUR HOMMES

Le thème cubain qui est également présent dans la gamme masculine a fait appel aux impressions graphiques et tropicales. La clé de la gamme est dans la combinaisons de couleurs : les roses, vert olive et charbon de bois, le jaune, le bleu marine et le vert olive. «Ces couleurs rafraîchissantes sont utilisées pour la première fois dans l’ensemble de notre gamme, des chemises et des polos aux tee-shirts et shorts imprimés», explique Amy Hope-Sotherton, Old, l’acheteur de vêtements pour hommes

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OLD CUBA INFUSES OLD KHAKI’S SS18 COLLECTION de Kaki. Il ajoute : « Une autre tendance importante sont les imprimés tropicaux, que nous avons incorporés sur les chemises, les tee-shirts et les shorts avec des cotons très souples comme pour la nouvelle gamme de linge de maison. La gamme de jeans pour hommes comprend quatre modèles de jeans avec une coupe très moderne. Le Joel skinny, le Nash effilé, le Mayson narrow straight et le Jordy regular sont tous les trois disponibles dans la gamme vintage. Mais la grande nouveauté est le short de bain Old Khaki qui se décline en quatre styles avec deux modèles. Les longueurs sont plus courtes, et les ceintures élastiques ont un cordon.

IN KEEPING WITH WHAT’S HOT THIS SEASON, OLD KHAKI HAS INFUSED THEIR SPRING/SUMMER 2018 COLLECTION WITH THE HEART AND SOUL OF A SULTRY, HOT TROPICAL SUMMER IN OLD CUBA, REFLECTING THE «BUENA VISTA» TO BE FOUND IN BRIGHTLY PAINTED FACADES AND VINTAGE CARS PARKED ON COBBLED STREETS THAT ECHO WITH THE SOUNDS OF A FIESTA.

En termes d’accessoires, Old Khaki présente une casquette pour homme avec des détails raffinés et la signature Old Khaki.

Nowhere is this more evident than in their take on the iconic Havana shirt with palm-tree prints and the array of embroidered off-the-shoulder summer dresses made for dressing up, or down. The collection is launched with a vintage-inspired, washed-out palette of summer pastels before progressing to a high summer palette of bold magenta, orange and tropical colours.

LES CHAUSSURES.

SS18 WOMENSWEAR AT OLD KHAKI

LES ACCESSOIRES.

La gamme de chaussures d’été pour hommes et femmes a été pensé pour être portée tout au long de l’été, avec un style chic ou casual. Old Khaki fera rougir de plaisir les femmes avec sa collection de sandales avec lacets, et d’espadrilles, la chaussure de l’été, le chic par excellence. Plus Robustes, mais tout aussi élégantes, leurs baskets font écho aux couleurs mode de la saison. Les hommes ne seront pas en reste. Les chaussures de sport et les sandales décontractées représentent également une part importante de la gamme. Il y aura des nouveautés jusqu’ à la fin de décembre.

This summer’s colours include millennial pink, summer berries, yellows, olive green and shades with a dark base accentuated by vibrant prints. Think vivid floral or jungle prints on a dark base with contrasting white tops. Shorts and dresses will provide cool relief on a hot day. “Picture dark jumpsuits, worn on their own or offset with a fresh white T-shirt underneath, or shadow-patched, mid-wash skinny jeans or bright blue stretch jeggings teamed with a loose off-the-shoulder top. Pair culottes with comfortable sneakers or sandals,» says Old Khaki’s womenswear buyer, Dalene Gourley. «Our new range of embroidered, off-theshoulder dresses is just right for easy-wearing on a hot summer night, and then there are our fabulous kimonos, perfect for slipping into after a day at the beach – a first for Old Khaki.” New to the women’s denim range are trucker jackets and shorts in a choice of three lengths, ideal for matching with one of the new lightweight knits and woven tops that, too, are either printed or embroidered. The improved fabrics and fits give their new denim a casual but de-luxe look. For the first time, Old Khaki is offering women a choice between sun hats and caps with floral detailing.

SS18 MENSWEAR AT OLD KHAKI

The Cuban theme is present in the menswear range, too, that makes use of graphic and tropical prints. Keys to the range are colour combinations that pair millennial pink and summer berries with olive green and charcoal, or yellow with navy and olive. «These fresh new colours are used throughout our range, from our signature check shirts and golfers to printed T-shirts and shorts,» says Amy Hope-Sotherton, Old Khaki’s menswear buyer. «It’s definitely the season of prints made new with a variety of micro prints coming through to create

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LIFESTYLE FASHION

the illusion of a textured fabric, rather than a specific print, especially on shorts. Another important trend is dark floral/ tropical prints, which we incorporated on shirts, T-shirts and shorts. Cotton, linen dominate across categories, some with extra stretch to ensure a cool, stress free summer.” The Old Khaki man can also look forward to pigment-dyed, acid-washed and stone-washed branded T-shirts and a wide range of utility and chino shorts. The men’s denim range features four styles of jeans, all with improved fit. The Joel skinny, Nash tapered, Mayson narrow straight and Jordy regular straight are all available in a range of vintage washes. The bright blue Mayson narrow-leg and powder blue, lightwashed Joel skinnies are perfectly on trend. An exciting new addition is Old Khaki’s swimshorts that come in four styles with two colour-blocked options – navy and sage, or charcoal and dusty pink – or floral prints. The shorter lengths, elasticated drawstring waists and mesh inners will ensure a comfortable fit. In terms of accessories, Old Khaki has a cap for every man with details such as 3D embroidery, raised rubberised prints,

micro-branding and Old Khaki’s signature groat in various applications.

FOOTWEAR

The summer’s women’s and men’s footwear were selected to be worn throughout the day, from an early-morning catch-up with friends over coffee to a party in cool comfort. Their offduty shoes will be a welcome addition to any casual wardrobe. For women, there is a great variety of sandals featuring laceups, gladiators, sliders and espadrilles – summer’s quintessential slip-on-and-step-out shoe. More sturdy, but no less stylish, are their sneakers that include options in tan, grey, navy and pops of olive green to echo the season’s fashion colours. Sneakers make up a big part of the men’s footwear range, too, with a choice of blue, grey, olive or black. In addition, staples such as Caterpillars are back on the shelves, as are wrap sandals, thongs and fisherman sandals. Old Khaki has onduty days covered, with classic lace-up styles that can easily take your outfit from day to night.

Les premiers articles sont déjà disponibles en magasin et en ligne /The first items are already available in store and online www.oldkhaki.co.za — Facebook: OldKhaki — Twitter: @old_khaki — Instagram: @oldkhaki 58

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Venus 1 - « The White Awoulaba »

LIFESTYLE CULTURE

Venus 2 - « The Black Awoulaba taille fine »

JOANA CHOUMALI

MET LES CORPS DANS TOUS LEURS ÉTATS TEXTE PAR CORNEILLE ET SIMA AWOULABA/TAILLE FINE EST L’UNE DES DERNIÈRES RÉALISATIONS PHOTOGRAPHIQUES DE LA JEUNE PHOTOGRAPHE IVOIRIENNE JOANA CHOUMALI. IL S’AGIT D’UN QUESTIONNEMENT SUR LE DÉSIR DE CORPS PARFAIT ET LES IMPLICATIONS SOCIALES, MORALES QUI EN DÉCOULENT. SON TAVAIL SERA EXPOSÉ DANS LE CADRE DU FESTIVAL L’EMOI PHOTOGRAPHIQUE QUI SE DÉROULERA À ANGOULÊME EN FRANCE DU 24 MARS AU 29 AVRIL 2018. Joana Choumali, née en 1974, travaille principalement sur le portrait conceptuel, les médias mixtes et le documentaire. Elle utilise sa photographie pour explorer sa propre identité. Une grande partie de son travail se concentre sur l’Afrique, et ce

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qu’elle apprend en tant qu’Africaine, c’est la connaissance des innombrables cultures qui l’entourent. Son travail lui permet d’explorer les présupposés qu’elle a et de se nourrir au fur et à mesure qu’elle élargit ses conceptions du monde.

Venus 3 HAMAJI - «The light A| woulaba 61 »


Venus 4 - « The Black Taille Fine »

JOANA CHOUMALI photographe d’art basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire née en 1974. Elle a étudié les Arts Graphiques à Casablanca (Maroc) et a travaillé comme directrice artistique dans une agence de publicité.

Winner of the POPCAP’14 Piclet.org Prize Africa 2014 LensCulture Emerging Talents Awards 2014 Winner Fourthwall books Award 2016. 2016 Magnum Foundation Emergency Fund grantee

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Awoulaba/Taille Fine est une exploration de la notion complexe de la féminité, de la beauté et de l’image corporelle dans l’Afrique contemporaine. Et, par extension, dans tous les univers féminins contemporains observés avec l’obsession soudaine des courbes féminines. Pour Awoulaba/Taille fine, Joana a documenté les fabricants locaux en Côte d’Ivoire qui produisent des mannequins personnalisés pour le goût et les formes africaines idéalisées. C’est un phénomène récent, commencé seulement en 2011, mais déjà très réussi. Les fabricants locaux modifient ou créent des mannequins, avec des formes de corps plus proches de celles des femmes africaines : hanches larges, poitrines bien remplies, bras pleins. Ce type de mannequin s’appelle «Awoulaba», qui signifie «reine de beauté» en langue Baoulé de Côte d’Ivoire. Dans la culture populaire ivoirienne, les Awoulabas sont de jolies femmes aux dimensions impressionnantes : un visage aux traits fins, de gros seins, une taille bien mar-

Venus 2 - « The Black Awoulaba taille fine »

quée et, surtout, de grosses fesses. Taille Fine, au contraire, est le terme utilisé pour identifier les modèles ou mannequins conformes aux canons de beauté occidentaux. Joana superpose des images de parties du corps de vraies femmes aux formes parfaites des mannequins. Ils évoquent les célébrités «Venus» qui incarnent la «beauté parfaite» dans la Pop Culture à la période du projet. Ces compositions conceptuelles constituent les représentations hybrides de ce qu’une «femme parfaite» est censée être : réelle et parfaite, en même temps. La photographe étudie le concept de la beauté et de la perfection du corps. Qu’est-ce qui doit être considéré comme un corps parfait? Les femmes sont constamment exposées et influencées par les diktats de la mode, les modèles imposés par les médias et les normes mondiales qui ne peuvent guère représenter la variété des corps humains. La beauté devient est censé être considéré comme beau par les

Venus 2 - « The Black Awoulaba taille fine »

normes populaires. Et bientôt, qu’en sera-t -il dans l’Afrique de demain?

JOANA CHOUMALI BODIES IN VARIOUS STATES AWOULABA/TAILLE FINE IS ONE OF THE LATEST PHOTOGRAPHIC ACHIEVEMENTS OF YOUNG IVORIAN PHOTOGRAPHER JOANA CHOUMALI. IT IS A QUESTIONING OF THE DESIRE FOR THE PERFECT BODY AND THE SOCIAL AND MORAL IMPLICATIONS THAT FLOW FROM IT. HER WORKS WILL BE EXPOSED TO THE EMOI PHOTOGRAPHIQUE FESTIVAL IN ANGOULÊME, FRANCE FROM MARCH 24 TO APRIL 29. Joana Choumali, born in 1974, works mainly on conceptual portraiture, mixed media and documentary. She uses photography to explore her own identity. Much of her work focuses on Africa, and what she learns as an African is the

Venus 5 - «The light Awoulaba»

knowledge of the countless cultures that surround her. Her work allows her to explore the assumptions she has and feed herself as she expands her worldviews. Awoulaba/Taille fine is an exploration of the complex notion of femininity, beauty and body image in contemporary Africa. And, by extension, an exploration of all the contemporary feminine universes observed with the sudden obsession of feminine curves. For Awoulaba / Taille Fine, Joana has documented local manufacturers in Côte d’Ivoire who produce customized mannequins responding to idealized African shapes. This is a recent phenomenon, begun only in 2011, but already very successful. Local manufacturers modify or create mannequins, with body shapes closer to those of African women: broad hips, well-filled breasts, full arms. This type of model is called ‘Awoulaba’, which means ‘beauty queen’ in the Baoulé language of Côte d’Ivoire. In Ivorian popular culture, the

JOANA CHOUMALI born in 1974, is an art photographer based in Abidjan, Côte d’Ivoire. She studied Graphic Arts in Casablanca (Morocco) and worked as artistic director in an advertising agency before embarking on photography. Winner of the POPCAP’14 Piclet.org Prize Africa 2014 LensCulture Emerging Talents Awards 2014 Winner Fourthwall books Award 2016. 2016 Magnum Foundation Emergency Fund grantee Contact : Joana Choumali : www. joanachoumali.com +225 07800749 e-mail : kero_zen08@yahoo.fr

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The local manufacture of mannequins : Cocody Deux plateaux

Awoulabas are beautiful women of impressive dimensions: a face with fine features, big breasts, a well-marked waist and, above all, big buttocks. Taille Fine, on the other hand, is the term used to identify models or mannequins conforming to Western beauty standards. Joana layers images of body parts of real women with photographs of perfect model shapes. They evoke the ‘Venus’ type of celebrities who embody the ‘perfect beauty’ in Pop Culture. These conceptual compositions are hybrid representations of what a ‘perfect woman’ is supposed to be like: real and perfect, simultaneously. The photographer studies the concept of beauty and body perfection. What should be considered a perfect body? Women are constantly exposed and influenced by fashion dictates, media-imposed models and global norms that hardly represent the diversity of human bodies. Beauty then becomes an overlay, the projection of trends from one society to another. What should be considered beautiful and attractive is confused with what is supposed to be loved, what is supposed to be considered beautiful by popular norms. And soon, what will happen to tomorrow’s Africa? n CONTACT JOANA CHOUMALI Web : www.joanachoumali.com — Phone : +225 07800749 E-mail : kero_zen08@yahoo.fr

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FESTIVAL L’EMOI PHOTOGRAPHIQUE 2018

L’EMOI PHOTOGRAPHIQUE FESTIVAL 2018

du 24 mars au 28 avril 2018 Hôtel Saint Simon, 15, rue de la Cloche Verte, Angoulême, France. En semaine, de 14h à 19h

from March 24 to April 29, 2018. Hôtel Saint Simon - 15, rue de la Cloche Verte, Angoulême, France – Open every day from 2PM to 7PM

Le festival propose cette année vingt-huit expositions autour du thème « Le corps dans tous ses états », avec la participation entre autre d’Orlan, Joana Choumali, Gérard Chauvin, Yann Calvez, Juliette Berny, Gisèle Didi, Daniel Nassoy, Stéphane Le Garff, Arthy Mad... L’ASSOCIATION EMOI PHOTOGRAPHIQUE entend être une vitrine pour une photographie basée sur la cohérence du travail à long terme, pour une photographie décalée, européenne, africaine mais aussi des autres continents, enfin pour une photographie militante et militant pour un certain art de vivre ensemble, poétique ou non.

This year, the festival offers twenty-eight exhibitions around the theme ‘The body in all its states’ with Orlan, Joana Choumali, Gérard Chauvin, Yann Calvez, Juliette Berny, Gisèle Didi, Daniel Nassoy, Stéphane Le Garff, Arthy Mad, Sébastien Barthel, Francine Couvret... THE EMOI PHOTOGRAPHIQUE ASSOCIATION intends to stand as a showcase for a genre of photography based on the coherence of long-term work, for an offbeat kind of photography, but also for European, African and other continents’ photography.

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TASTE MY CITY

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he House of Machines (THoM) est l’incroyable projet de Brad Armitage, créateur de bières

artisanales, Paul Van der Spuy, designer de mode et Drew Madacsi, créateur de motos sur mesure et entrepreneur. Ils

ont collaboré et ont mis en commun leurs ressources afin de concevoir un espace où partager et exhiber leurs passions mutuelles. Le résultat de cette fusion

est un espace urbain unique et branché

qui marie un café-bar avec un atelier de moto et une boutique de vêtements et d’accessoires pour hommes. THoM est le témoignage du génie novateur

qui naît de collaborations éclectiques.

SPOT THE HOUSE OF MACHINES T ex t e : M a x i me D ela foy - P ho tos : G ra nt P ayne

HAMAJI MAGAZINE TEST POUR VOUS LES NOUVEAUX HOT SPOT D’AFRIQUE. DANS CE NUMERO NOUS PARTAGEONS L’UNE DES ADRESSES LES PLUS TRENDY DE CAPE TOWN. — HAMAJI MAGAZINE TESTS FOR YOU SOME MUST SEES IN THE HOTTEST AFRICAN CITIES. IN THIS ISSUE WE SHARE WITH YOU ONE OF THE TRENDIEST EATERIES IN CAPE TOWN. 66

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LE MENU Il est maintenant bien connu que Cape Town prend le bon café très au sérieux. Et THoM est considéré comme le rockeur du café. Tous les samedis, les motards présentant leur casque au comptoir repartent avec un mug gratuit du fameux Evil Twin — fait à partir de grains d’arabica bio provenant du Honduras. De plus, THoM est aussi l’un des rares endroits du centre-ville de

Cape Town qui sert le petit-déjeuner les samedi et dimanche matins. Nos grands favoris : tomate cerise et avocat sur une tranche de pain de seigle toastée et surmontée d’un œuf poché et pancakes à l’américaine au sirop d’érable et bacon ! Le petit déjeuner est servi tous les jours jusqu’à 14 h 30 pour satisfaire toutes vos envies de brunch les week-ends ! Le déjeuner est composé de pizzas végétaliennes, soupes épicées maison

et de sandwichs frais. Rien de trop compliqué ou de fantaisiste, vous êtes ici pour recevoir votre injection de caféine en compagnie d’autres motards tatoués, après tout. Au coucher du soleil, the House (comme le surnomme les habitués) se transforme en un bar ambiance « prohibition » où hipsters et amateurs de motos se retrouvent autour d’un cocktail à l’ancienne, de bières artisanales ou de spiritueux de collection.

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SPOT : THE HOUSE OF MACHINES

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he House of Machines (THoM) is the passion project of craft beverage innovator Brad Armitage, fashion designer Paul van der Spuy, and custom bike builder/ entrepreneur Drew Madacsi, who came together to create a purposebuilt space to share and show off their mutual passions. The result of this fusion is an edgy and unique urban space that marries a coffeeshop and bar with a glass-enclosed bike workshop and men’s apparel and accessories outlet. THoM is a testimonial of the sort of innovative genius that comes out of eclectic collaborations.

FOOD LE SERVICE Le personnel est remarquablement bavard pour un endroit branché et si vous avez de la chance, votre breuvage matinal sera peut-être accompagné d’une bonne dose de plaisanteries.

L’AMBIANCE Imaginez un décor contemporain inspiré de l’univers de la moto, combiné à une allure d’antan — des poutres de plafond vieillies et des murs de briques apparentes qui révèlent l’âge du bâtiment. Si travailler dans la pénombre ne vous dérange pas (il fait assez sombre à l’intérieur), l’endroit est parfait pour vous y installer quelques heures. Et la musique est excellente. Vous pourriez également obtenir des conseils d’experts pour réparer votre Harley auprès de la clientèle sympathique. En ce qui concerne la faune locale, aurais-je assez mentionné le mot « hipster » ? Je pense que vous l’aurez compris. Tous les mardis soir, le bar propose des soirées « micro ouvert » : de nouveaux jeunes talents ou artistes

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de la scène locale sont invités à se produire devant la foule en délire de THoM. Le favori du public sera invité à se produire de nouveau le mercredi suivant. Super ambiance.

L’ADDITION Parce que la Maison met l’accent sur des produits de qualité, les clients peuvent s’attendre à payer un peu plus cher pour des standards plus élevés que la moyenne. De 18 à 22 rands pour les cafés, petits-déjeuners et déjeuners entre 30 et 70 rands, et les vêtements

vont de 200 à 1000 rands la pièce. Les amateurs de moto sont invités à contacter le magasin pour un devis.

LE LIEU Les clients s’installent dans la rue tranquille de Shortmarket Street au pied d’un immeuble centenaire. Bien qu’il s’agisse d’une voie piétonnière, un parking est disponible à proximité sur Bree Street. C’est l’endroit rêvé pour un rendez-vous décontracté ou un café rapide avec vos amis hipsters. Nous reviendrons certainement.

By now it’s common knowledge that Cape Town takes its coffee fairly seriously. And THoM is considered the rock house of coffee. For the riders: they get to enjoy a free cup of the stellar Evil Twin coffee (made from organic arabica beans sourced from Honduras) on Saturdays on presentation of their helmet. What’s more, THoM is also one of the handful of places in the city bowl that serve breakfast on a Saturday and Sunday morning. Our favourites: avocado and cherry tomato on 80% rye with coriander and lots of salt and pepper (or with a fried egg on top) and their fluffy sticky mapple bacon flapjacks! Great news, the House’s breakfasts are served daily until 14:30 to satisfy all your weekend brunch needs! Lunch consists of vegan pizzas, homemade spicy soups and fresh sandwiches. Nothing fussy or fancy, you’re here to receive your caffeine (or alcohol) injection while talking about bespoke bikes, after all. When the sun goes down, the House turns into a ‘Prohibition-style’ bar where Cape Town’s hipsters and motorbikes aficionados gather to indulge on old-school cocktails, relaxed artisan ales or some special bourbon, gin, whisky or rum.

SERVICE

THE BILL

The staff are remarkably chatty for a hipster locale and if you’re lucky, you might even get some good dose of free jokes with your morning brew.

Quality is the House ultimate trademark, so customers can expect to pay a little more for such high standards. Coffee ranges from R18 to R22, breakfast and lunch dishes sit between R30 and R70, and items of clothing go for between R200 and R1000 a piece. Bike enthusiasts are welcome contact the shop for a quote.

VIBE & CROWD For the vibe, think a contemporary, biking-inspired décor combined with a yesteryear look and feel - weathered ceiling beams and raw, exposed brick walls revealing the building’s age. If you don’t mind working in the dusk (it’s fairly dark inside), it’s a good place to settle down and work for a few hours. The playlists are excellent, too. And you might just get some expert advice to fix your bike from one of the friendly regulars. Concerning the crowd, have I mentioned the word “hipster” enough? I think you get it. Every Tuesday night, the hip spot hosts one of the foremost open mic nights in the city bowl. Fresh, young talent or some of the local scene are invited to perform on the THoM stage. The crowd favourite of the night will be booked to play at The House the following Wednesday. Great vibes.

LOCATION Customers sit on quiet Shortmarket street at the foot of a century-old building. Although this is a pedestrian paved way, parking is available nearby on Bree Street. It’s an awesome spot for a laid-back daytime date or a quick coffee and catch-up with your hipster mates. We will definitely be back.

THE HOUSE OF MACHINES Adresse/Location 84 Shortmarket Street, Cape Town Horaires d’ouverture/Hours Lundi - Samedi : 7 h - 1 h Monday – Saturday: 07h00 – 01h00 Contact - 021 426 1400

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LIFESTYLE TRAVEL TALK

that line, being directed towards and appreciated by the sense of touch, even more than vision. I always find myself wanting to run my hand over a sculpture, to feel the texture and connect with it for some inexplicable reason.” Conrad Hicks is a metallurgical shape shifter. “My tools communicate my artistic investigation – this is the essence of my art.”

THE PLACES HE WANTS TO SHARE

CONRAD’S FAVOURITE PLACES IN CAPE TOWN

LA VIE DE CONRAD HICKS CONRAD HICKS’S LIFE T ex t e

et

P ho tos : A llis on F o at

ALLUMER LE FER PENDANT QU’IL EST CHAUD SERAIT UN BON CHOIX POUR LA VIE DE CONRAD HICKS. EN TANT QUE MAÎTRE FORGERON, IL BAT LA FORME EN MÉTAL DEPUIS PRÈS DE TROIS DÉCENNIES. — TRIKING WHILE THE IRON IS HOT WOULD BE A FITTING STRAPLINE TO CONRAD HICKS’ LIFE. AS A MASTER BLACKSMITH HE HAS BEEN BEATING THE SHAPE OUT OF METAL FOR CLOSE TO THREE DECADES.

H

icks, 51 ans, est diplômé avec distinction en Art et Design en 1986 du Cape Technikon. Au fil des ans, il a créé un ensemble varié d’œuvres, allant du mobilier à l’architecture, en passant par les dessins et les ustensiles. Sa plus grande passion est la sculpture, une discipline qu’il a étudiée dans les années 1980, d’abord dans le domaine de la restauration artistique avant de fonder sa propre entreprise en 1991. Aujourd’hui, sa forge est située dans le Bijou, un vieux cinéma célèbre et un bâtiment historique Art Déco qu’il

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possède à l’Observatoire du Cap. L’espace caverneux sent comme des étincelles allumées et est empilé avec les accessoires du commerce et des tiges d’acier attendant la métamorphose. La façon dont une sculpture évolue de sa genèse à son achèvement est comme une chorégraphie métallurgique, un déplacement des formes jusqu’ à ce que le résultat visuel complète le bref et ce que le créateur a vu dans son esprit. J’ai vu l’ange dans le marbre et je l’ai sculpté jusqu’ à ce que je le libère «, disait Michel-Ange de façon si succincte.

Les sculptures de Hicks sont ses outils de communication. «Ils parlent leur propre langue», dit-il. Qu’il s’agisse du véhicule Stoomtrekker Mutant Vehicle à Afrika Burn, de l’escalier en colimaçon à Tokara Wine Estate, d’une installation sur le Fan Walk 2010 ou des portes du cape Quarter, ses créations transcendent la fonction et stimulent la conversation. Véritable traditionaliste, Conrad se spécialise dans le forgeage à la main où le fer forgé est chauffé et ramolli dans une forge puis mis sur enclume et martelé.

« La forge est un métier très physique et la sculpture suit cette ligne, orientée vers le toucher et appréciée par le sens du toucher, plus encore que la vision. J’ai toujours envie de passer ma main sur une sculpture, de sentir la texture et de m’ y connecter pour une raison inexplicable.» Conrad Hicks est un changeur de forme métallurgique. «Mes outils communiquent ma recherche artistique - c’est l’essence même de mon art.»

H

icks, 51, graduated with distinction in Art and Design in 1986 from the Cape Technikon. Over the years he has created a diverse body of work, from furniture to architectural art, drawings and utensils. His greatest passion though, is sculpture, a discipline he studied in the 1980s, initially working in the art restoration field before foun-

ding his own business in 1991. Today his forge is located within The Bijou, a famous old cinema and a landmark Art Deco building that he owns in Observatory, Cape Town. The cavernous space smells like lit sparklers and is stacked with the paraphernalia of the trade and steel rods awaiting metamorphosis. The way a sculpture evolves from its genesis to completion is like metallurgical choreography, a shifting of shapes until the visual outcome complements the brief and what the creative has seen in his or her mind’s eye. “I saw the angel in the marble and carved until I set him free” was how Michelangelo put it, so succinctly. Hicks’ sculptures are his tools of communication –“they speak their own language”, he says. Whether it’s the Stoomtrekker Mutant Vehicle at Afrika Burn, the spiral staircase at Tokara Wine Estate, an installation on the 2010 Fan Walk or the gates at the cape Quarter, his creations transcend function and stimulate conversation. A true traditionalist, Conrad specializes in hand forging where wrought iron is heated and softened in a forge furnace then laid on anvil and then hammered into context. “Blacksmithing is a very physical business and sculpting follows

RESTAURANT REVERIE-SOCIAL TABLE 226A Lower Main Rd, Observatory ——— BAR CHAPMAN’S PEAK HOTEL Chapmans Peak Dr, Hout Bay ——— PETIT DÉJEUNÉ /BREAKFAST GRANGER BAY MARKET (Oranjezicjt City Farm) - Granger Bay Blvd, V & A Waterfront ——— CAFÉ/COFFEE HAAS 19 Buitenkant Street, Cape Town CBD ——— SUFER/SURFING STILBAAI www.stillbaaitourism.co.za ——— WINE BRAND SADIE FAMILY WINES Babylons Toren Road, Paardeberg, Malmesbury ——— ANNUAL ‘JOL’ AFRIKABURN Tankwa Karoo National Park www.afrikaburn.com ——— @conrad_hicks_artist_blacksmith @thetoolroom_ on Instagram

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AILLEURS DANS LE MONDE

ILE DE PÂQUES : AU PAYS DES MOAIS ! T ex t es

et

P ho tos : P ier re -A lex andre V an

de

W alle

S’IL EXISTE UNE ÎLE QUE LA PLUPART D’ENTRE NOUS CONSIDÉRONS COMME LE BOUT DU MONDE, C’EST BIEN L’ILE DE PÂQUES. LÀ-BAS, LE TEMPS S’ARRÊTE, ON PREND SON TEMPS ET L’ÎLE DE PÂQUES VOUS LE RENDRA BIEN. PARTONS ALORS À LA RENCONTRE DES MOAIS… — IF THERE WAS AN ISLAND THAT MOST OF US CONSIDER TO BE THE END OF THE WORLD, IT WOULD BE EASTER ISLAND. THERE, TIME STANDS STILL... LET’S GO MEET THE MOAIS ! 

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L’île volcanique fait partie du Chili. Mais celle-ci se retrouve à environ six heures de vol de la capitale Santiago. Vous pourrez prendre l’un des vols quotidiens sur Latam, ou encore le vol hebdomadaire qui relie en huit heures Tahiti. Ce sont les deux seules lignes aériennes qui desservent l’Ile de Pâques, l’alternative étant une croisière ou encore une traversée bien plus aventureuse à la voile. Rien n’est facile ici. Les produits et biens arrivent soit par avion, soit après des jours de navigation en mer. Ceux qui ont au budget de vacances important préféreront certainement séjourner à l’Explora Rapa Nui. Si comme pour beaucoup d’entre nous votre budget

a déjà été englouti dans les vols pour atteindre l’Ile de Pâques, je vous conseille le meilleur choix prix/qualité : le Kaimana Inn au sein même du village principal de Hanga Roa. Les activités et les aventures ne manquent pas ici. Tout d’abord il vous faudra découvrir les dizaines de Moais. Ces charmants géants de pierre n’ont pas encore livrés tous leurs secrets. C’est d’ailleurs plutôt l’inverse, après des décennies de recherches, nous savons peu de la provenance de ces géants. Les Moais trônent, les explications abondent, mais aucune certitude à l’horizon. Les géants de pierre du Pacifique Sud gardent tous leurs mystères.

Louer un quad reste pour moi la manière idéale de découvrir l’île volcanique. Préparez-vous pour des levers et couchers de soleil somptueux. Mais l’herbe verte qui recouvre la roche volcanique n’est pas d’un vert éclatant pour rien, il pleut également beaucoup ici. Vous êtes prévenus, venez équipé, et prévoyez plusieurs jours pour vivre vos aventures. Ici, profitez des longues balades, que cela soit à pied ou à cheval. Mais pourquoi ne pas également plonger dans le Pacifique Sud ? Dû à la roche volcanique, la faune sous-marine est moins abondante, mais la visibilité y est incroyable, pouvant atteindre les 200 mètres sous l’eau. Et vous ne raterez pas la visite au Moais

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L’ILE DE PAQUES

submergé. Désolé de casser le mythe, il s’agit en fait d’une copie! La gastronomie n’est pas le point fort de l’ile. Tout y arrivant soit par avion, soit par des jours de navigation en mer, vous aussi vous arriverez avec votre vin Chilien! Mais n’oubliez pas un lunch ou un petit diner d’empanadas de thon et fromage sur le port, le tout en regardant les jeunes surfer ou jouer au football. Ici le temps s’arrête, on prend son temps et l’ile de Pâques nous le rend bien. Vous rencontrerez d’autres aventuriers chanceux comme vous de partager ces moments exceptionnels. N’oubliez pas d’aller également à la rencontre des locaux. La vie n’est pas facile si loin de tout, mais les sourires sont là! Et si votre budget vous le permet... pourquoi ne pas continuer plus à l’Ouest, destination Tahiti! On ne vit qu’une fois....

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mais il arrive qu’on revienne à Hanga Roa après une première visite à l’Ile de Pâques.

EASTER ISLAND : DISCOVER THE LAND OF MOAIS! Although the volcanic island is part of Chile, it is located about six hours away from Santiago, the capital city. You can take one of the daily flights to Latam, or the weekly flight that will get you to Tahiti in eight hours. These are the only two airlines serving Easter Island, the alternative being a cruise or a much more adventurous sailing trip. Nothing is easy there. The products and goods arrive either by air or after days of sailing at sea. Those with a large holiday budget will certainly prefer to stay at

the Explora Rapa Nui. If as for many of us, your budget has already been swallowed up in the flights to reach Easter Island, the best price/quality option would be the Kaimana Inn in Hanga Roa’s main village. There is no shortage of activities and adventures here. First of all, you will have to discover the tens of Moais. These charming stone giants have not yet revealed all their secrets. It is actually quite the opposite : after decades of research, we still know too little about the origin of these giants. Although explanations abound, there is no certainty on the horizon. The stone giants of the South Pacific keep all their mysteries. Renting a quad is the ideal transport option to discover the volcanic island. Get ready for sumptuous sunrises and sunsets.

However, the green grass that covers the volcanic rock shows how much it rains around there. You are warned, come equipped, and plan several days to live your adventures. Here, enjoy long walks, whether on foot or on horseback. But why not also dive into the South Pacific? Due to volcanic rock formations, the underwater fauna is less abundant, but the visibility is incredible, reaching up to 200 meters underwater. And you won’t miss the visit to the submerged Moais. Sorry to break the myth, but it’s actually a copy! Gastronomy is not the strong point of the island. Everything is shipped so you too will arrive with your Chilean wine bottles! You can enjoy a delicious lunch of tuna and cheese empanadas on the harbour, while watching young people surf or play football.

In Easter island, time stops, so we take our time and the island gives it back. You will meet other lucky adventurers like yourself to share these exceptional moments. Don’t forget to also interact with the locals. Life is not easy in such a remote area, but the smiles are always there! And if your budget allows it... why not continue further West, all the way to Tahiti! n

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ESCALE

CAFÉS INSOLITES

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e propre d’Istanbul est une succession de cultures et le cosmopolisme. Il peut sembler impossible de s’y frayer un passage tant les cultures, religions, mythes et civilisations se mêlent en strates superposées. Et pourtant chaque visiteur se laissant emporter par le flot incessant de la ville découvrira affleurant les vestiges de cette ville sacrée et universelle. Stefan Zweig a relaté la Chute de Constantinople de façon épique ; c’est au Pera Palace où Agatha Christie logea en 1924 et en 1933, que le célèbre écrivain aurait écrit Le Crime de l’Orient Express ; Hergé a été inspiré par Basil Zaharoff, le plus grand marchand d’armes de l’histoire marchand d’origine stambouliote… Nombreux sont les artistes ayant été inspirés par l’ambiance unique de cette ville millénaire mêlant Orient avec Occident de façon aussi flamboyante. Prenez leur suite et comme eux, choisissez votre légende, votre personnage historique, votre trésor qui vous permettra de découvrir et de comprendre tout un pan de la ville. Bonne exploration insolite, secrète et… envoûtante !

ISTANBUL INSOLITE THE SECRET ISTANBUL

Extraits de « Istanbul insolite et secrète » — Excerpts from «Unusual and Secret Istanbul» par/by Pia Vecten pour les Editions Jonglez VOICI QUELQUES-UNES DES PLUS GRANDES SURPRISES DE LA VILLE, TOUT À FAIT DANS L’ESPRIT «INSOLITE ET SECRET» DES ÉDITIONS JONGLEZ. — HERE ARE SOME OF THE BIGGEST SURPRISES OF THE CITY, SHARED WITH YOU IN THE «UNUSUAL AND SECRET» SPIRIT OF JONGLEZ EDITIONS. 76

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SE PROMENER VESTIGES DU PHARE DE BUCOLÉON Le vestige d’un système ingénieux de miroirs qui transmettait des signaux lumineux provenant de Cilicie. Avenue Kennedy, près de la porte Çatladıkapı, entre Cankurtaran et Kumkapi – Tram : Sultahnamet

HAVUZLU KAHVE (LE CAFÉ AU BASSIN) Le café de Kardiga constitue la dernière survivance des cafés ottomans fréquentés et gérés par les pompiers de quartier, dont les origines remontent aux janissaires. Avenue Kadirga Limani Cad. N°2 - Tram : Çemberlitaş - Train Kumkapi – dans la péninsule historique CAFÉ-RESTAURANT PALATIUM Pour l’entrée supérieure aux vestiges du Grand Palais de l’Hippodrome. Rue Kutlügün sokak 31 (en face de la fontaine de l’hôtel Four Seasons) Tram Sultanahmet – dans la péninsule historique

La fontaine du café de Kadirga — The Kadirga coffee fountain

LA FONTAINE AUX OIES DE KAZLIÇEŞME quartier de tanneries doit son nom à une fontaine ornée d’un bas-relief d’oies qui aidèrent à la prise de Constantinople. Au milieu de l’avenue Demirhane Cad., à hauteur du couvent d’Erilkli Baba (rue Zakirbaşi) - District de Zeytinburnu – Métro : ligne « Marmaray », station Kazlıçeşme.

CAFÉ SAFIYE SULTAN : Un café dans une synagogue. Avenue Hasköy Cad. n°1 – à 250 mètres du musée Rahmi Koç, dans la direction de Karaköy Hasköy – Bus : Hasköy – Ouvert tous les jours de 9h à minuit – Quartier Beyoglu

L’ancien Hippodrome Byzantin — Ancient Byzantine Hippodrome

LA COLONNE DE POMPÉE un souvenir du passage de Jason et les Argonautes. Rumelifeneri – Bus n°150 à la sortie Haciosman A gauche/to the left : L’un des plus beaux panoramas de la ville du jardin de l’université d’Istanbul — One of the most beautiful views of the city from the garden of the University of Istanbul.

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ESCALE Le Café Safiye Sultanw — Safiye Sultan Coffee

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stanbul is defined by a succession of cultures and a great sense of cosmopolitanism. It may seem impossible to make one’s way through its intermingled layers of cultures, religions, myths and civilizations. And yet every visitor who lets himself be carried away by Istanbul’s incessant flow will discover the vestiges of this sacred and universal city. Certain facts about Istanbul are truly unbelievable: For instance, it appears that Stefan Zweig described the fall of Constantinople in an epic way; In addition, did you know that it was at the Pera Palace where Agatha Christie stayed in 1924 and 1933, that the famous writer reportedly wrote Crime on the Orient Express?; What’s more, rumour has it that Hergé was inspired by Basil Zaharoff, the greatest arms dealer in the history of arm merchants... Follow the footsteps of one of these fascinating characters to discover and understand a whole secret part of the city. Enjoy your unusual, secret and enchanting exploration!

SECRET COFFEE SHOPS HAVUZLU KAHVE: Kardiga coffee is the last survivor of Ottoman coffee shops frequented and managed by local fire brigades, whose origins go back to the janissaries (Turkish militaries). Kadirga Limani Avenue Cad. N°2 – Tramway: Çemberlita – Train: Kumkapi - in the historical peninsula. CAFÉ-RESTAURANT PALATIUM: for its magnificent entrance comparable to the remains of the Grand Palais de l’Hippodrome. Kutlügün Street sokak 31 (in front of the Four Seasons Hotel’s fountain) – Tram: Sultanahmet - in the historical peninsula

Les vestiges du phare de Bucoléon — Remains of the Bucoleon

TAKE A STROLL REMAINS OF THE BUCCOLEON LIGHTHOUSE: the vestige of an ingenious system of mirrors that transmitted light signals from Cilicia. Kennedy Avenue, near the Çatladıkapı gate, between Cankurtaran and Kumkapi - Tramway: Sultahnamet

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THE FOUNTAIN WITH KAZLIÇEŞME GEESE: the tannery district owes its name to a fountain decorated with a bas-relief of geese which helped to conquer Constantinople. In the middle of Demirhane Cad. Avenue, next to the convent of Erilkli Baba (Zakirbaşi street) - Zeytinburnu district – Underground: Marmaray line, Kazlıçeşme station.

SAFIYE SULTAN CAFÉ: a coffee shop in a synagogue. Hasköy Cad Avenue. n°1 - 250 meters from the Rahmi Koç museum, in the direction of Karaköy Hasköy - Bus: Hasköy - Open every day from 9am to midnight Beyoglu district

THE COLUMN OF POMPEY: a memory of Jason’s passage and the Argonauts.Rumelifeneri - Bus n°150, Haciosman exit.

ISTANBUL, INSOLITE ET SECRÈTE par Emre Öktem, aux éditions Jonglez

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DORNIER WINE ESTATE / STELLENBOSCH, AFRIQUE DU SUD Dessiné par son propriétaire, Christophe Dornier, et ouvert rgence de l’Afrique du Sud moderne. Tradition, innovation et créativité, se retrouvent dans leurs vins, leurs cuisine et leur architecture.— Designed by its owner, Christophe Dornier, and opened in 2003, this estate is a symbol of the emergence of modern South Africa. Tradition, innovation and creativity can be found in their wines, cuisine and architecture. www.dornier.co.za

VALDEMONJAS WINERY / ESPAGNE Récompensé par le prix Architizer A+ 2016, cette installation de production et de dégustation est l’œuvre des architectes Ana Agag et Silvia Paredes. Le vignoble, situé dans la région de Ribera del Duero, en Espagne avait besoin d’attirer les visiteurs. Mission accomplie ! — Awarded the Architizer A+ 2016 prize, this production and tasting facility is the work of architects Ana Agag and Silvia Paredes. The vineyard, located in the Ribera del Duero region in Spain, needed to attract visitors. Mission accomplished! www.valdemonjas.es

CHATEAU LES CARMES HAUT-BRION / FRANCE Conçu comme «une lame de métal brut plongée dans le terroir», la cave de ce domaine bordelais est issue de l’association du designer français Philippe Stark et de l’architecte Luc Arsène-Henry. Le bâtiment est constitué de trois étages, dont un sous le niveau de l’eau où sont stockés 300 tonneaux en bois, protégés contre les changements de température et d’humidité. Sur le toit une terrasse surplombe les vignes. — Conceived as «a blade of raw metal immersed in the soil», the cellar of this Bordeaux estate is the result of the association of the French designer Philippe Stark and the architect Luc Arsène-Henry. The building is made up of three floors, one of which is below water level and has a storage capacity of 300 wooden barrels, protected against changes in temperature and humidity. On the roof, a terrace overlooks the vineyards. www.les-carmes-haut-brion.com

TRENDS

6 WINE ESTATES D’EXCEPTION Avec cette nouvelle rubrique, Hamaji entend vous emmener à travers le monde découvrir les plus belles réalisations architecturales ayant trait aux loisirs, aux plaisirs et à la détente. Dans ce numéro, laissez-vous tenter par six vignobles modernes et hors du commun. — With this new rubric, Hamaji Magazine intends to take you all over the world to discover the most beautiful architectural achievements relating to leisure, pleasure and relaxation. In this issue, let yourself be tempted by six modern and unusual vineyards. 80

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ARCHITECTURE

ANTINORI NEL CHIANTI CLASSICO / ITALIE Fruit de sept années d’un travail d’architecture novateur, le Marquis Piero Antinori et ses filles, aidés du studio Archea Associati, et de la société d’ingénierie Hydea, ont créé cet espace pratiquement invisible de l’extérieur et respectueux de la terre qui accueille la famille depuis le XIVe siècle. — This unique space is the result of seven years of innovative architectural work. The Marquis Piero Antinori and his daughters, assisted by the Archea Associati studio, and by the engineering company Hydea, have created this structure that is both virtually invisible from the outside and environmentallyfriendly. antinorichianticlassico.it

GAI-KODZOR WINERY / RUSSIE C’est un palais de verre et de béton, perché sur une colline aux abords de la mer noire. Ce récent producteur a mis en service en 2006 ce complexe de 1500 m2 comprenant toutes les installations nécessaires à une cave contemporaine : usine de production, musée, espaces éducatifs, dégustation... — A palace of glass and concrete perched on a hill on the edge of the Black Sea. This young wine producer commissioned in 2006 this complex of 1500 square meters including all the facilities necessary for a creating a contemporary cellar: production plant, museum, educational spaces, tasting rooms... www.gai-kodzor.ru

MARTIN’S LANE WINERY / COLOMBIE-BRITANIQUE Sur ce bâtiment, deux lignes de toits s’entrecoupent, l’une représente la pente de la colline, l’autre suit l’horizon. C’est l’expression même de l’environnement brut et exposé, avec sa terre brûlée par le soleil et ses coteaux rocheux déchiquetés. — On this building, two lines of roofs intersect each other, one represents the slope of a hill, the other follows the horizon. It is the very expression of the raw and exposed environment, with its sunburnt earth and shredded rocky slopes. www.martinslanewinery.com 82

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HAMAJI’S PEOPLE NOTRE PHOTOGRAPHE VOUS A CROISÉS AVEC NOTRE HAMAJI EN MAIN. VOUS AVEZ ACCEPTÉ D’ÊTRE PHOTOGRAPHIÉ, NOUS VOUS RENDONS HOMMAGE ICI ! PHOTOS : JUNIOR MUGEMBE

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