Issuu on Google+

Rue de la Roque


La rue de la Roque allait de la place Saint Sébastien (actuelle place des Martyrs de la Résistance) à la place Berthole (début de la rue Soubeyranne). Selon Duclaux-Monteils dans « Recherches historiques sur la ville d’Alais , « premier berceau du vieil Alais, elle tire son nom du rocher qui la domine à son ouverture, sous lequel était établie la porte du même nom. »

Au 17e siècle, on trouvait dans la rue de la Roque plusieurs auberges car les charrettes arrivant des montagnes ou y allant avaient besoin de soigner et nourrir leurs chevaux et mulets. L’« Auberge de l’Ecu de France » qui, en 1794, a du changer de nom et est devenue « Au bon sans culotte ». L’« Auberge de la Pomme », la plus ancienne d’Alès, qui a été détruite en 1624 lors de la construction des remparts.


Au N°2 se trouvait un moulin, devenu ensuite moulinerie de soie, puis fabrique de chocolat (Bourguet et Thérond, à partir de 1870). Elle est ensuite devenue l’usine métallurgique Boisson, où Antoine Pinay (qui a plus tard inventé le Franc lourd) est venu travailler en 1909 (envoyé par son père chez son ami alésien Jean Boisson).   Les maisons de la rue de la Roque qui étaient adossées à la colline ont été détruites dans les années 1950-60, dans le cadre de la « Rénovation ».

Rue de la Roque au début du 20e siècle

Rue de la Roque dans les années 1920


On peut voir dans la rue de La Roque quelques vestiges du château des barons Pelet : une partie d’un rempart percé d’une poterne (porte secondaire), qui a été bouchée, mais subsistent les gonds, la chambre de herse et les trous horizontaux destinés à recevoir les barres de bois transversales servant à fermer la porte.

Thierry Ribaldone écrit dans «  Cévennes Magazine » N° 1435 du 10 novembre 2007 : « Dominant la rue de la Roque à laquelle elle est parallèle sur toute sa longueur, la courtine [mur fortifié qui sépare deux tours] où s’ouvre la porte est une belle muraille rectiligne en pierres de taille, encore haute d’environ 7 m et large de 1,50 m, que l’appareil en alternance d’assises régulières date de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle. Ménagée au nu de la courtine, à quelques mètres du sol de la rue actuelle, la porte avait pour seules défenses les éléments internes de son couloir d’entrée, dont la longueur n’excède pas l’épaisseur de la courtine.  Elle s’ouvre par une arcade haute inscrite dans un parement de pierres de taille soigneusement appareillées, sous un arc en plein cintre constitué de claveaux [pierres taillées en biseaux qui forment un arc ou une voûte] étroits. Au revers de cette arcade, qui forme le devant de la porte, se dissimule un assommoir [ouverture à la verticale d'une porte par laquelle les défenseurs jetaient toutes sortes de projectiles sur la tête des assaillants (pierres, liquides bouillants) pour tenter de les assommer] couvrant toute la largeur du passage, soit 2,30 m.


Il précède la porte proprement dite, dont l’arc cintré à grands claveaux et les piédroits [Partie verticale de mur qui supporte la naissance d'une voûte.], débordant le couloir de 0,40 m chacun, bloquaient les deux vantaux de bois qui pivotaient sur les gonds toujours en place, solidement maintenus par deux fortes barres transversales prenant place dans les loges rectangulaires visibles de chaque côté. Ménagées à mi-hauteur de la porte – le point le plus vulnérable pour un bélier – ces dernières ont été conçues de façon à ce que les madriers [bois retaillés de sorte qu'ils aient des faces planes (contrairement aux rondins). essentiellement utilisés en charpente, le plus souvent réalisés à partir de résineux (pins et sapins).] coulissent en sens contraire et que l’espace intermédiaire n’ait que l’épaisseur d’un moellon. Ce dispositif, qui offrait une plus grande résistance aux vantaux et permettait ainsi à l’assommoir de remplir son rôle le plus longtemps possible, était peut-être complété par une bretèche [sorte de guérite, souvent rectangulaire, en saillie sur la muraille pour battre verticalement un point faible (porte, angle mort). »


Janvier 2014 : Démolition des trois première maisons de l’angle de la rue de la Roque (côté Cité Administrative) dans le cadre des travaux de réaménagement de place des Martyrs de la Résistance.


Quelques vues de la rue de la Roque – janvier 2014


Rue de la roque