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COOLTURE

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© Édition de La Martinière

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iconic

la mode incarnée

© Sorci

o ma Raph ress / Gam / CameraP

Marilyn MONROE et son inoubliable robe blanche, Humphrey BOGART et son Borsalino, Brigitte BARDOT et sa paire de ballerines... Ces icônes ont marqué l’histoire du style de leur allure inimitable. Leur point commun ? Une pièce fétiche qui les caractérise, qu’on associe naturellement à leur nom et qu’on adore se réapproprier. ICONIC propose une histoire de ces objets enracinés dans notre mémoire collective à travers le portrait des personnalités qui les ont magnifiés.

© DR

LE LIVRE

de Sandrine Lajus et Raphaëlle Orsini (éditions de La Martinière - 29,90€)

COOLTURE “Y” - N°51

2015 - #6

Des ballerines sur commande !

Une panoplie glamour

C’est à la demande de Brigitte Bardot que Rose Repetto, une jeune créatrice de chaussures de danse, conçoit une ballerine de ville tout à la fois légère et confortable, mais aussi sexy en diable, baptisée Cendrillon. Le sulfureux déhanché de Bardot enflamme les foules, la scène devient culte. Les ballerines aussi. On ne sait pas vraiment si le mambo de Bardot fut un déclencheur, mais il reste que l’actrice se montre fidèle à ce modèle dont elle fait un indispensable dans sa vie de tous les jours. À la une de Paris Match, Bardot pose en marinière et pantalon Capri, des ballerines Repetto rouges aux pieds et allongée sur une voiture de sport. Elle construit son mythe et celui de ses fameux souliers. Encore plus fort, en 1959, elle se marie avec Jacques Charrier en ballerines Repetto. La jeunesse est conquise, la Repetto descend dans la rue et entame avec les Françaises une véritable histoire d’amour qui se poursuit aujourd’hui.

C’est toute une panoplie mode que Brigitte Bardot se constitue et qui marquera le style de l’époque. L’actrice, oscillant sans cesse entre la femme-enfant et la femme fatale, joue sur plusieurs tableaux mode en faisant des vêtements de véritables partis pris personnels. Elle popularise le pantalon Capri qui, délicatement sexy, dévoile les chevilles et qu’elle mixe à ses fameuses ballerines et à des marinières. Elle forge ainsi ce look Riviera qui fut tellement tendance dans les années 1960 dans le sud de la France et ailleurs. Dans un genre plus osé, elle est la sensuelle ambassadrice des cuissardes que Gainsbourg lui fait porter dans le Scopitone de Harley Davidson. La robe en cuir est ultra-courte, le filet de voix toujours plus lascif, la moto imposante et la dégaine volontairement provocatrice. Bardot est à l’apogée de son sex-appeal et se fait l’emblème des sixties insoumises

COOLTURE “Y” N°51  
COOLTURE “Y” N°51  

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