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e, d o m t e ise r c e r t n y/ E d n e r t p le chea MODE

Ne peut être vendu. Ne pas jeter sur la voie publique

La mobilisation

étudiante


E R I A M M SO 

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PAROLES D’ÉTUDIANTS / 4 / D’Angers à la FAGE

ÉCHO DES FACS /

5 / « Querelle de bouffons » à Paris IV 5 / Le sport s’expose à Paris I 5 / Les MIE germent à Paris 5 / Une prépa journalisme s’installe à Paris VIII 5 / Festival Ici et Demain

FACOSPHÈRE /

6 / Que se passe-t-il à l’Université ? 6 / Annie Lacroix-Riz

CONSCIENCE LIBRE / 8 / La mobilisation pour Gaza 9 / La France se vieillit, la jeunesse s’appauvrit

FOCUS /

manifestants lors de l’inauguration de l’Université de Strasbourg (UDS) le 5 février dernier. Revendication justifiée par le fait que Valérie Pécresse a jusqu’à maintenant ignoré la voix de la rue, continuant la réforme de l’Université en dépit du mécontentement croissant des mondes estudiantin, professoral et scientifique. L’entrée en vigueur de la loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités (LRU) ajoutée au décret définissant un nouveau statut pour les enseignants-chercheurs constitue la principale pomme de discorde avec le monde universitaire. Mais concernant les étudiants, le des dernières années témoignent du malaise propre à

VOYAGE /

est de se raccrocher aux repères et aux idéaux.

CULTURE /

une génération qui se sent lésée. Dans un contexte de crise, où tout est amené à changer, le réflexe de défense Or l’Université est avant tout un idéal et un repère. Elle représente à la fois le creuset du savoir et, par sa relative homogénéité et son ouverture au plus grand nombre, l’un des derniers vestiges de la méritocratie républicaine. Et face à cette jeunesse politisée qu’ils ne comprennent plus, les dirigeants commettent des maladresses.

MODE /

14 / Entre crise et mode, le cheap trendy

« Halte au mépris », tel était le slogan arboré par les

10 / Ho-Hirsch ! 10 / Campuséa, nouvel Eden pour le logement étudiant ? 11 / Réforme de la première année de médecine : c’est grave docteur ?

13 / Le Frigo bientôt décongelé ? 13 / « Si tu pars en septembre, tu n’auras rien. »

ÉDITORIAL

mal est plus profond. Les mécontentements à répétition

12 / Kultur et Kartoffel : Berlin l’unique

2 1 o r é m u N ier 2009 /

La création d’un secrétariat d’Etat à la jeunesse va dans le sens d’une amélioration du dialogue car si d’aventure le divorce était consommé entre décideurs et jeunesse,

TEST /

15 / Accro, Déserteur ou Profiteur : Quel tanguy es-tu ?

Contrepoint, le média étudiant

c’est la ligne politique tenu par le gouvernement qui n’aurait plus d’avenir. Hadrien Santos, rédacteur en chef

contact@contrepoint.info

 Directeur de publication : Nicolas Gosset  Rédacteur en chef : Hadrien Santos  Rédacteur en chef adjoint : Jean-Michel Onillon  Secrétaire de rédaction : Fanny Griessmer  Maquettiste : Mickaël Robin  Rédacteurs : Manel Ben Boubaker, Amada Breuer, Mathilde Buy, Emanuel Clerc, Steven Jambot, Fanny Griessmer, Yuki Martin, Caroline Menault, Mathilde Mien, Thomas Mossino, Jean-Michel Onillon.  Imprimeur : Clerc SAS, 5, rue de la Brasserie. 18200 Saint Amand Montrond Contrepoint dépend de la Presse 2.0, association loi 1901

www.contrepoint.info

Remerciements Contrepoint remercie tout particulièrement Paris I, Paris IV, Animafac, la Maison des initiatives étudiantes, Télé-Sorbonne, la Mairie de Paris et RadiocampusParis


S

PAROLE

iants

d’étud

D’Angers à la FAGE Élue en septembre dernier présidente de la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE), deuxième organisation étudiante nationale, Claire Guichet apprend depuis à jongler entre agenda politique et médiatique.

Déjà rodée à l’exercice de l’interview, la nouvelle présidente de la FAGE débute cette rencontre par une mise en garde – gentille – sur la manière de la présenter, me rappelant quels portraits ont déjà été brossés de cette jeune étudiante originaire de Maine-et-Loire : « Le truc ça s'appelait sur un air de campagne ! »… Où comment une étudiante d’Angers engagée dans le milieu associatif intègre en quelques années la tête d’une importante fédération d’associations étudiantes.

Rien en effet ne prédisposait cette angevine à un tel engagement. Malgré une mère membre de la CFDT et quelques débats politiques, personne dans sa famille ne la pousse à s’engager. Après un bac S, la voilà partie un an en Angleterre, avant de débuter des études en langue étrangère appliquées à l’université d’Angers. S’investissant dans une première association, Melting Potes – qu’elle présidera d’ailleurs – qui vise à améliorer l’accueil des étudiants étrangers, Claire Guichet est rapidement confrontée à des problématiques qui dépassent le cadre de son association aux ambitions festives : « Au début tu es content, tu organises tes petites soirées, tes petits voyages, ça se passe bien, c'est cool ! Et au bout d'un moment tu es confronté au fait que dans les étudiants étrangers, il y a ceux qui ont les moyens de venir à tes petites soirées et puis les autres ! »

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La jeune étudiante se tourne alors vers la Fédération Étudiante Associative Angevine (Fe2a), membre de la FAGE, « parce que c'est eux qui avaient les élus associatifs au CROUS et à l'université ». Intéressée par la fédération angevine, elle s’y investit, et alors que les élections du CROUS approchent, son profil intéresse. Sa connaissance des milieux associatifs et étudiants et ses projets universitaires (elle quitte l’université publique pour se tourner vers l’Université Catholique de l’Ouest) sont autant d’atouts qui font qu’on lui propose de représenter la Fe2a pour ces élections.

devient première vice-présidente et son quotidien se résume alors au monde de la FAGE. « On habite dans un appart commun, une espèce de Kolkhoze où on partage presque tout sauf les serviettes de toilettes et encore ! » Chargée des questions sociales, le rythme des réformes imposé par le nouveau gouvernement de Nicolas Sarkozy et par la ministre de l ’e n s e i g n e m e n t supérieur et de la recherche oblige la FAGE, et de fait ses élus, à être très réactifs. Et quand on l’interroge sur le paradoxe d’être élu étudiant sans vraiment l’être (étudiant), la nouvelle présidente assume et explique que bien sûr au départ, elle se refusait à être comme « tous ces gens qui finissent par ne plus être sur les campus et qui passent leur temps à Paris ! Et en fait au bout d'un moment tu te rends compte que le lundi t'as un déjeuner de presse, le mardi il y a un truc qui passe à l'assemblée, le mercredi il y a encore autre chose ! » La vice-présidente de l’époque se dit alors qu’elle veut accompagner son président (Thiébaut Weber) jusqu’à la fin de son mandat avant de se retourner vers des actions locales et sa licence. Elle se représente aux élections du CROUS et est réélue, prépare son retour sur Angers, trouve un appartement… Avant d’envisager de briguer la présidence. S’en suit un tour de France tout le long de l’été, véritable campagne pendant laquelle la candidate et son équipe enchaînent assemblées générales, congrès, rendez-vous avec les associations, et de nombreuses bières… Le 26 octobre 2008, Claire Guichet est élue présidente pour une année. Une année, deux si elle est réélue, pour faire vivre la deuxième organisation étudiante française, faire le lien avec ses partenaires, les médias et avec une actualité riche pour le monde universitaire.

J’étais complètement en désaccord avec certaines positions de la FAGE...

Commence alors une série de présidences et un engagement croissant pour la FAGE. Nous sommes en 2006 et Claire Guichet devient vice-présidente du conseil d'administration du CROUS/Pays de la Loire, Vice-présidente de la Fe2a en charge de la culture et membre du bureau national de la FAGE. Son investissement au niveau national se fait, encore une fois, un peu par hasard. « J’étais complètement en désaccord avec certaines positions de la FAGE... » Ce qu’elle ne manque pas de faire savoir aux membres du bureau national qui, plutôt que de la bouder, l’invitent à s’investir à leurs côtés. S’en suit trois années pendant lesquelles l’investissement au sein de la FAGE prend le pas sur le suivi des études. En 2007, alors membre du bureau national, elle ambitionne de proposer un livre pour la FAGE qui permettrait « à la fois de respecter son modèle ascendant et de pouvoir réagir en toutes circonstances à des réformes ». Elle devient alors coordinatrice de ce projet, son quotidien alternant entre Paris et Angers où elle suit une licence en Information et Communication. Un an plus tard, elle

Jean-Michel Onillon


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ÉCHO

des fa cs

« Querelle de bouffons » à Paris IV

Le sport s’expose à Paris I

Mise en scène par C-D Meslé, la « querelle des bouffons » sera représentée par l’ensemble « Les Monts du Reuil » à partir d’une initiative étudiante de Paris IV. Dans les beaux salons du XVIIIe siècle éclate une guerre de musique et de pamphlets : Mme de Pompadour contre Rousseau, Grimm et Diderot. Rendez-vous le Mardi 10 Mars à la Sorbonne-Panthéon, dans l’amphithéâtre « Richelieu » à 21h.

Paris I organise une exposition de photographies issues du concours de la photo 2008 qui avait pour thème « Le sport à l’université Paris I : Performances et émotions». Du 16 février au 6 mars 2009, venez admirer les différentes oeuvres des étudiants de l’université, notamment le prix du jury «La boxe est un sport de combat» de Randa El Chemaly, au hall Saint Jacques du centre Panthéon. L’entrée est bien évidemment gratuite.

Plus d’information sur : www.paris-sorbonne.fr

Les MIE germent à Paris De nouvelles antennes de la Maison des Initiatives Etudiantes (MIE) vont voir le jour ces prochaines années. Trois dates à retenir : - 2010, avec une antenne dans le 13ème arrondissement, elle sera consacrée au développement durable, au commerce équitable et à toutes les problématiques environnementales ; - 2011, pour cette année place aux artistes avec une maison dans le quartier latin de Paris ! Au programme pratiques artistiques amateurs, courts-métrages étudiants et création artistiques vivantes ; - 2015, du côté de la Porte de la chapelle, cette petite dernière sera vouée au bénévolat, à l'intergénérationnel et à la politique de la ville. Implantée à proximité des campus pour dynamiser la vie étudiante, vous êtes invités à donner votre avis dans les réunions de concertation à la MIE de Bastille courant Février/Mars.

Festival Ici et Demain Une prépa journalisme s’installe à Paris VIII Nouveauté sur les bancs de Paris VIII : une prépa aux concours de journalisme a ouvert ses portes le mois dernier. Les étudiants pourront postuler chaque année à cette nouvelle formation. D’une durée de six mois, cette prépa mêle cours de géopolitique et entraînements aux concours d’écoles de journalisme. Stéphane Paoli, journaliste à France Inter et Emmanuel Laurentin, journaliste à France Culture, composent entre autre l’équipe de formation. Les cours ont lieu de janvier à juin, les vendredis et samedis pour une somme de 1500 euros.

Le festival Ici et Demain, ça commence le 4 mars ! Plus d’une trentaine de lieux dans Paris pour découvrir gratuitement les créations artistiques des étudiants. Pour lancer en beauté cet événement culturel, une cérémonie d’ouverture aura lieu le 4 mars au Divan du monde à Pigalle. Clôture à la Maison des Initiatives Étudiantes (MIE) le 19 mars de 19h à minuit pour la nuit de la création étudiante. Les locaux seront entièrement détournés et accueilleront des artistes plasticiens pour l’occasion : ambiances lumineuses, musiques et performances artistiques à découvrir. Plus d’informations sur : www.etudiantdeparis.fr/

Contrepoint Février 2009

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E

R È H P S O FAC

Que se passe-t-il à l’Université ? « Oublions les rancœurs du passé, soyons mobilisés », tel est le mot d'ordre de l'Université à l'heure où nous mettons sous presse. Fin 2007, le mouvement de protestation contre la LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) illustra ce que la désunion de l'enseignement supérieur peut générer : Rien. Trahison syndicale ou manque de soutien des enseignants, chacun y va de son explication dans l'échec cuisant du dernier grand mouvement estudiantin. En ce début d'année 2009, enseignants, chercheurs, étudiants et personnels de l'université enterrent la hache de guerre pour s’unir dans le même combat : la lutte contre la « dégradation des savoirs ». Consensus : Le 22 janvier dernier, une cinquantaine d’universités françaises, sociétés savantes et associations comme Sauvons la recherche (SLR) et Sauvons l'Université (SLU), expriment leur refus des réformes de l'enseignement supérieur. La Coordination Nationale des Universités s'insurge : réforme sur le statut des enseignants-chercheurs et mastérisation des concours de l'enseignement « vont à l'encontre d'une politique de recherche et d'enseignement de qualité ». Même côté Droit, réputé pour son calme, on monte au créneau contre

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la réforme du statut. Côté présidents pro-LRU, les contestations ne sont pas moins vives. De nombreux Conseils d'Universités refusent d'envoyer les maquettes d'habilitation pour la mastérisation.

gogique. Cela pourrait engendrer une baisse de la qualité des enseignements délivrés. La réforme alourdirait, jusqu’à le doubler, le service d'enseignement pour l’enseignant évalué comme un piètre chercheur.

Le statut des enseignants-chercheurs mis à mal

Ce seront à présent aux Présidences des Universités de décider du service d'enseignement des chercheurs, décision jusqu'ici partagée équitablement au niveau local et national. Les scientifiques craignent que l'absence d'un cadre national soit la porte ouverte à l'arbitraire et au localisme. Nicolas Grégori, secrétaire

« L'enseignement universitaire se nourrit de la recherche. L'un et l'autre constituent de manière indissociable la mission des enseignants-chercheurs. » (Coordination Nationale des Universités). Le décret qui fâche est celui qui « modifie le décret n°84-431 du 6 juin 1984 fixant les dispositions statutaires communes aux enseignantschercheurs ». L'objectif de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : « reconnaître l’enseignement au même titre que la recherche » (site gouvernemental Nouvelle Université). En effet, l'article 4-I annonce l'équivalence enseignement-recherche. Sauf que l'article 4-II dit rigoureusement le contraire. Cet article, Valérie Pécresse le résume dans un communiqué du 15 janvier : « Les obligations d'enseignement pourront être inférieures si l'activité de recherche est d'une très grande qualité ». Autrement dit, le mauvais chercheur, lui, enseignera davantage. Pour la communauté scientifique, il s'agit là d'une atteinte directe aux valeurs de l'Université. La Coordination Nationale des Universités dénonce : « Considérer l'enseignement comme une punition est indigne des valeurs que doit porter l'Université et dangereuse à terme pour la qualité de l'enseignement et de la recherche ». Une atteinte au principe autant qu'à la qualité. Par crainte d'être mal notés, les enseignants-chercheurs se détourneront de leur investissement péda-

Parole de prof’ « Pour la première fois historiquement, ce qui fait la spécificité de l'Université va être balayé. » Annie LacroixRiz, enseignante et chercheuse en Histoire Contemporaine à l'Université Denis Diderot (Paris VII) figure parmi les membres les plus actifs de la mobilisation actuelle du corps universitaire. Au-delà d’une dénonciation de la philosophie globale du projet, Annie Lacroix-Riz pointe du doigt une conséquence peu évoquée : la mastérisation des concours permettrait aussi à l’Education Nationale de recruter comme vacataires des enseignants ayant échoué au concours mais détenteurs d'un Master. Et, à bref délai, de supprimer les concours, donc le statut de la fonction publique pour l’ensemble des enseignants. L'enseignante dénonce la logique globale de ces réformes. Ou plutôt l'absurdité globale. En comparant la crise actuelle de l’enseignement supérieur et plus largement sociétale à ses connaissances de l’histoire française, l’historienne porte une analyse plutôt désarmante : « Avant de tout casser, les élites dirigeantes, comme avant la Défaite de 1940, plongent la population dans le chaos ou l’absurde ».


www.contrepoint.info dénonce une volonté d’économie budgétaire au détriment de la qualité de la formation des futurs professeurs. Pointant le risque d'enseignement public de moindre qualité qui privilégierait le recours à des cours privés.

local du Snesup à Nancy, exprime son inquiétude : « Il va y avoir des évaluations faites selon des critères inconnus. Les bons chercheurs seront ceux qui cherchent où on leur demande de chercher ».

Mastérisation des concours : la fin des IUFM Après le statut des enseignants, c’est leur formation qui est mise en question. En effet, le gouvernement souhaite que les universités assurent désormais la formation des maîtres sur cinq années. Le Master (bac+5) remplacera donc les enseignements actuels des universités et des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres). « Le contenu scientifique des concours s’effondrerait » explique Annie Lacroix-Riz, enseignante et chercheuse en Histoire Contemporaine. La partie écrite prévue en janvier, en pleine année de M2, se verrait basée sur des programmes « généralistes fourre-tout, coupés des acquis de la recherche universitaire et sans liens avec le contenu disciplinaire de chaque matière ». L’année de stage pratique (2ème année d’IUFM) avec formation pédagogique et horaire d’enseignement très allégé, sera supprimée et avec elle la rémunération des futurs professeurs (Capésiens fonctionnaires). Ici encore, les enseignants pointent une atteinte à la qualité de la formation et une volonté d’économie budgétaire.

Il est à noter qu'au-delà d’une qualification au rabais des futurs enseignants, l’allongement des études sans accompagnement financier adapté conjugué à la non-rémunération des stages, risque de précariser les étudiants écartant du même coup ceux issus de milieux modestes. Valérie Pécresse tente de rassurer et promet 167 millions d’euros supplémentaires. Cela semble peu au regard des 480 millions économisés en supprimant les stages (24 000 stagiaires en 2ème année d’IUFM).

Des doctorants multifonctions En 2009, la réforme prévoit la suppression de 225 bourses. Et la mise en place d’un « nouveau contrat doctoral pour uniformiser les bourses de thèses ». Le Doctorant devra donc négocier son salaire avec son directeur de thèse. Au lieu de 1400 euros mensuels, il aura désormais une « gratification », à l’appréciation du directeur de thèse. De quoi faire frémir les doctorants qui craignent les dérives. Ce nouveau contrat doctoral revoit aussi les missions des doctorants. En plus de la recherche, ils rempliront des missions annexes comme l’enseignement (monitorat), l’administration et le conseil en entreprise.

L’université s’arrête le 2 février.

Selon eux, il est irréaliste de vouloir concilier, sur deux années, préparation aux concours, élaboration et écriture d'un mémoire de recherche et stages d'accompagnement. La Coordination Nationale s’insurge une fois encore : « Un tel programme ne peut qu'entraîner une baisse des exigences, tant au niveau de la formation des enseignants qu'au niveau de l'initiation à la recherche. » Le collectif Sauvons l'Université

doctorants. Ce fut un échec. La mission d’enseignement, quant à elle, paraît positive. Mais la mesure pêche par manque de clarté car trois doctorants qui enseignent (64h soit 1/3 du service) pourraient très bien correspondre à un maître de conférences en moins. Les universitaires exigent donc qu’il soit explicitement spécifié que cette mission obligatoire d’enseignement décharge les enseignants mais ne réduise pas leur nombre.

« L’École : Liberté, Égalité, Rentabilité » Désormais, les universités ne seront plus financées en fonction de leur besoin, mais de leur « performance ». 20% du budget sera alloué en fonction de la performance des enseignants et de la réussite des étudiants aux examens. Cette mesure échauffe nombre d'esprits, qui craignent une super sélection à l’entrée et voient se profiler le spectre d’une « université à deux vitesses ». On verrait apparaître des pôles d’excellence, méga campus faisant remonter la France dans le classement mondial des universités - ce fameux classement de Shanghai contesté par l’ensemble de la communauté des enseignants-chercheurs et chercheurs - et disparaître du même coup l’Université pour tous, idéal déjà désacralisé à de multiples reprises. Cette année, 900 postes seront supprimés, touchant trois universités sur quatre. Selon l’Unef, syndicat étudiant majoritaire, cette décision va dégrader les conditions d'études, alors même que le sous-encadrement est la première cause de l'échec en premier cycle. Dans une parution de novembre 2008, Les étudiants en France, évaluations et performances entre 2008 et 2017, des analystes prévoient la fermeture de 10 à 15 universités, plongeant plus de 150 000 bacheliers supplémentaires dans le néant universitaire. En réponse à ce qu’elle considère comme « une casse du savoir et de la recherche », la Coordination Nationale des Universités a déclaré : « L’université s’arrête le 2 février. » À la suspension des enseignements, s’ajoute pour beaucoup d’universités, la rétention des notes (communiquées aux étudiants mais pas à l'administration). Notez les enseignantschercheurs, et ils cesseront de noter leurs étudiants. Donnez-leur des leçons, et ils cesseront d’en délivrer.

Une mission proposée par le gouvernement et consistant à conseiller une entreprise durant 30 jours avait déjà été proposée à certains

Mathilde Buy

Contrepoint Février 2009

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RE B I L E C N CONSCIE

La mobilisation pour Gaza Le 27 décembre 2008, l'armée israélienne attaque l'enclave de Gaza précipitant le Proche-Orient dans une nouvelle guerre, deux ans après celle du Liban contre le Hezbollah. Pourtant, quelque chose a changé. Alors que médias et politiques se montrent prudents, la rue crie son indignation malgré le grand froid de janvier. À la pointe de la mobilisation, beaucoup sont étudiants.

Samedi 10 janvier, plus de 100 000 manifestants (25 000 selon la police), battent le pavé de République à Nation. Leur point commun : le port du keffieh. Au même moment, de l'autre côté de la Méditerranée, Gaza subit la violence des attaques terrestres, après les bombardements commencés quinze jours plus tôt. Quand l'attaque se révèle être une guerre, le mouvement prend de l'ampleur, passant rapidement le cap des centaines de milliers de personnes en France comme dans plusieurs autres pays. Cinq ans après les grandes mobilisations contre la guerre en Irak, le monde se mobilise de nouveau de Londres à Islamabad, d'Istanbul à Caracas en passant par Beyrouth. Des millions de personnes se sont organisées pour dénoncer l'opération militaire de Gaza.

Internet, vecteur de mobilisation Si le mouvement est transnational, c'est d'abord grâce à Internet. En effet, c'est sur la toile que les jeunes du monde entier se sont organisés. La mobilisation sur Facebook, par exemple, fut d'abord d'ordre symbolique : changer sa photo de profil en drapeau palestinien, intégrer différents groupes ou causes pro-palestiniennes (tel que Gaza free now) ou pro-israéliennes. Rapidement devenu le lieu incontournable de la mobilisation, Facebook voit s'organiser des actions concrètes comme l'Appel au boycott des produits israéliens ou la publication de tous les groupes industriels

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finançant l'économie israélienne. L'effet démultiplicateur du réseau social joue à plein et représente une aubaine pour de petites structures ayant peu de moyens financiers telle que Génération Palestine. Beaucoup de jeunes militants ont pu sensibiliser une partie de la jeunesse. Cette mobilisation s'est faite par le biais d'outils technologiques, qui ne sont plus seulement des moyens d'information mais également des moyens d'action. À noter qu'Internet ne fut évidemment pas seulement le lieu de la mobilisation pro-palestinienne. Des centaines de milliers de sympathisants de l'État hébreu ont mobilisé toutes leurs ressources pour affirmer leur soutien à l'opération Plomb durci de Tsahal.

taux de syndicalisation. C'est souvent en tant qu'individu qu'ils se sont rendus à ces manifestations, demandant pour la plupart un cessez-le-feu et souhaitant qu'Israël se retire du territoire palestinien « pour que les palestiniens soient tranquilles et aient enfin la paix » selon une jeune fille rencontrée lors de la manifestation du 10 janvier. Une autre femme, plus âgée et portant un voile, dit être là « non pas en tant que musulmane mais en tant que citoyenne humaine du monde », et « parce qu'elle refuse toutes les injustices ». Si un cessez-le-feu unilatéral d'Israël est entré en vigueur le 18 janvier, la mobilisation continue. Alors qu'en France, des manifestations se succèdent pour demander des sanctions politiques et économiques contre Israël, en Grande-Bretagne, ce sont les universités qui montent au créneau. Dix universités britanniques dont Oxford sont occupées en solidarité avec les populations gazaouies. Ils réclament la condamnation officielle par leur établissement de l'agression israélienne ainsi qu'un jumelage avec l'université de Gaza pour les aider, notamment par le biais de bourses d'étude. Selon la lettre ouverte des étudiants de King's College à Londres, la Grande-Bretagne n'a pas connu un mouvement d'une telle ampleur depuis les mobilisations contre l'Apartheid et contre le Vietnam.

pour que les palestiniens soient tranquilles et aient enfin la paix

Les étudiants, fer de lance du mouvement Dans les cortèges, certains syndicats étudiants étaient présents. Dans les manifestations pro-palestiniennes, on a pu voir les ballons de l'Union Nationale des Étudiants Français (UNEF), ainsi que les sections jeunes de partis politiques de gauche comme le Mouvement des Jeunes Socialistes, les Jeunesses Communistes Révolutionaires ou les Jeunes Communistes. Le GUPS, l'Union des Étudiants Palestiniens, était également présent. L'Union des Étudiants Juifs de France était, quant à elle, chaque dimanche dans les mobilisations pro-israéliennes. Mais de telles données ne rendent pas compte de l'engagement des étudiants, compte tenu du leur faible

Éducation et justice sont donc les maîtres mots des étudiants qui se sont engagés dans cette cause. Des mots qui, dans le contexte israélo-palestinien, ont une connotation toute particulière, et qui, pour ceux qui se sentent concernés par ce conflit, sont une lueur d'espoir de voir s'établir enfin une paix juste au Proche-Orient. Manel Ben Boubaker


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La France se vieillit, la jeunesse s’appauvrit Face à une jeunesse qui ne cesse de manifester et un gouvernement qui fait l’autruche, Grégoire Tirot décide de regarder le problème de la société française en face. Dans son essai La France anti-jeune, « Comment la société française exploite sa jeunesse », il dénonce la précarité de la vie étudiante dûe notamment à ce qu’il appelle le « familiarisme politique ». Alors que la famille doit prendre en charge sa progéniture, elle n'a aujourd'hui plus la possibilité de s’en occuper, ne reçoit aucun soutien de l’État. Rencontrant les mêmes difficultés que la France, la Grèce, l’Espagne mais aussi l’Italie voient actuellement de nombreuses manifestations éclater.

Dénonciation d’une précarité étudiante Grégoire Tirot a été étudiant pendant onze ans. De Nantes à Paris il est passé par une classe préparatoire littéraire, puis l’université Panthéon-Sorbonne, Sciences Po et l’Institut Régional d’Administration. La vie étudiante, il la connaît, et malgré son travail actuel au ministère des Finances, il n’en a pas oublié les difficultés. Pour lui, la précarité des jeunes empire. Il évoque le niveau élevé de pauvreté des moins de 25 ans (environ 15%) tandis que les médias préfèrent s’attarder au niveau de pauvreté des retraités (environ 8%). Cette précarité est, en partie, liée aux stages qui ne rapportent quasiment rien malgré la nouvelle réglementation exigeant le versement au stagiaire de plus de trois mois d'un tiers du SMIC. Passée la précarité des stages, viennent les différentes formes de travail précaires telles que les contrats à durée déterminée (CDD). Grégoire Tirot remarque que l’on progresse dans la société non pas en fonction de sa volonté de réussir mais en fonction de son âge, celui-ci devenant un critère d’évaluation. C’est là que Grégoire Tirot pointe un autre problème : l’importance de la vieillesse dans notre société. 60% des députés, censés représenter la France, ont plus de 55 ans. La jeunesse n’y est pas représentée et personne ne s’intéresse

à elle. L’essai de Grégoire Tirot est paru en janvier 2008, en pleine commémoration de mai 68, or on a eu de cesse de lui demander son avis sur la jeunesse de cette époque. Les « soixante-huitards » se glorifient, mais que sont-ils devenus aujourd’hui ces révolutionnaires d’hier ? Ce sont eux qui sont aux commandes du gouvernement de 2008 et c’est contre eux que la jeunesse se bat. Selon les dires de l’auteur nos aînés sont responsables de notre malaise puisque l’irresponsabilité des aînés « peut se résumer à cet état d’esprit : après moi, le déluge ».

troisième est de rassembler les représentants politiques afin de redéfinir un modèle social français qui soit équitable entre générations. Aujourd’hui, les jeunes continuent le mouvement de protestation commencé il y a un an, date à laquelle est paru le livre. Grégoire Tirot, dans l’émission radio de Contrepoint du 26 janvier 2009, a proposé une grève européenne dans laquelle la France pourrait devenir leader. Face à une Europe vieillissante, il considère la jeunesse comme une « ressource » et aimerait qu’on lui donne sa chance.

votre pessimisme, je ne le comprends pas.

Quel espoir pour la jeunesse ? Ce livre, malgré une recherche et une réflexion profonde quant au problème de la société actuelle, est aussi « le fruit d’une colère », selon l’auteur. Une colère contre cette gérontocratie qui se borne à ignorer le malaise de la jeunesse qui ne se bat pas pour des valeurs comme en 68 mais pour des conditions matérielles plus convenables. Mais Grégoire Tirot n’est pas un révolutionnaire extrémiste ni même un négativiste, comme avait pu le penser Jacques Chirac en lui disant « votre pessimisme, je ne le comprends pas ». Au contraire, l’auteur déplore que la jeunesse soit « contre tout ». Il lui demande d’arrêter de s’attaquer simplement à un parti, à un homme politique ou à un projet de loi et préférerait « laisser sa chance à Martin Hirsch » qui selon Grégoire Tirot, connaît les difficultés de la jeunesse et qui « a conscience des choses ». Savoir regarder le problème en face est une étape nécessaire pour pouvoir agir, mais l’auteur ne se contente pas de contempler le paysage social français. Il propose trois solutions. La première est la volonté de mettre en place une allocation d’autonomie aux jeunes par le nouveau Haut commissaire à la jeunesse, Martin Hirsch. La seconde est d’envisager un contrat de travail unique afin de remédier à la précarité de l’emploi chez les jeunes et de restructurer le travail du stagiaire lui attribuant des droits dans le Code du travail. Enfin, la

Grégoire, Tirot, La France anti-jeune, « comment la société française exploite sa jeunesse », édition Max Milo, 21/01/2008, Essai, 18€. Caroline Menault

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FOCUS

Ho-Hirsch ! Le portefeuille de la Jeunesse a été confié à Martin Hirsch le 12 janvier dernier. Au programme pour 2009 : insertion professionnelle, orientation et un « plan pour la vie étudiante » encore à définir.

Il faut croire que Nicolas Sarkozy avait envie de caresser les étudiants dans le sens du poil. En pleine période de crise, proposer à Martin Hirsch le haut-commissariat à la jeunesse était bien vu. Si la gauche s'est empressée de critiquer cette décision, pour sûr l'éviction de Bernard Laporte de ses attributions « jeunesse » n'a gêné personne chez les étudiants.L'ancien entraîneur du XV de France avait, à plusieurs reprises, signifié le peu d’intérêt qu'il portait à la dimension « jeunesse » de son ministère. Quant à la prise en compte de la vie associative, il s'en souciait encore moins. Connu du grand public pour avoir été président d'Emmaüs et pour avoir été l'initiateur de la réforme du revenu de solidarité active

(RSA), Martin Hirsch n'est pour autant pas accueilli à bras ouverts par la jeunesse et en particulier par les étudiants.

Conseil interministériel, pour vous les jeunes En début d'année, Nicolas Sarkozy avait dit dans un communiqué « souhaiter que 2009 soit l'année de la vie étudiante ». Le 23 janvier, pour tenter de remplir sa promesse qu'une concertation déboucherait sur « des propositions concrètes », Nicolas Sarkozy recevait les représentants des principaux syndicats étudiants. Il a annoncé que le gouvernement présenterait d'ici à l'été de nouvelles propositions pour améliorer leurs conditions de vie. Ce « plan pour la vie étudiante » doit, selon Valérie Pécresse, aborder des sujets aussi divers

que la culture, le sport, le handicap, les bourses et les aides sociales. La ministre de l'Enseignement supérieur devra travailler, avec Martin Hirsch, sur « l'insertion professionnelle des jeunes » et leur « orientation ». S'il a salué une « ouverture », le président de l'Unef, Jean-Baptiste Prévost, a dit attendre des actes concrets. Martin Hirsch, qui participait à cette réunion, a pour sa part annoncé que le gouvernement réunirait fin janvier le conseil interministériel de la jeunesse, « qui ne s'est pas réuni depuis 1990 », pour « discuter des politiques transversales de jeunesse ». Mais dans les semaines qui viennent, il faudra bien plus que de simples effets d'annonce. Steven Jambot

Campuséa, nouvel Eden pour le logement étudiant ? Ras-le-bol d’écumer les agences immobilières pour finalement trouver un studio plus cher que prévu, isolé, mal desservi et tout petit ? Campuséa, marque du groupe immobilier GENICA, ambitionne de mettre fin à la galère qui touche des millions d’étudiants grâce à ses nouveaux bâtiments conçus spécialement pour les étudiants. Chaque année, ça n'est pas moins de 1,21 millions d’étudiants qui partent du foyer familial pour trouver un logement. En comparaison, seulement 300 000 lits sont disponibles (offres résidences étudiants, logements sociaux compris). Le groupe immobilier GECINA a donc décidé de se lancer sur ce marché dont la demande est nettement supérieure à l’offre.

Un nouvel acteur sur le marché du logement étudiant L'ambition de Campuséa est simple : Proposer des studios tout équipés dont l'offre serait similaire voire supérieure à celle des

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résidences universitaires. Ainsi, ces résidences devraient offrir un accès Internet haut débit et devraient être toujours situées à proximité immédiate des transports en commun ou de pôles universitaires. De plus, les campus devraient aussi offrir salle de sport, laverie, salle de petits déjeuners, reprographie et une surveillance 24h/24 pour une sécurité optimale. Pour finir, Campuséa assure que ces logements seront globalement respectueux de l’environnement puisque équipés d’ampoules basse consommation, d’un système de récupération des eaux de pluies pour l’arrosage des espaces verts, une consommation « classe vert » soit une étiquette A, B ou C maximum par logement.

mercialisation grâce à des loyers accessibles allant de 445 à 545 euros mensuel charges inclues. L’objectif affiché est de 5 000 logements à l’horizon 2012 dans les plus grandes villes étudiantes françaises. Espérons donc que ce nouvel acteur tienne ses promesses et que tous ces projets voient le jour car ils pourraient ainsi aider à résoudre les problèmes de nombreux étudiants qui ne trouvent pas le logement de leurs rêves. De plus, peut-être que ce projet inspirera les autres grands fonciers de France, qui pourraient y voir eux aussi la possibilité de s’implanter sur un marché en croissance continue, mais dont l’offre reste cependant très modeste. Mathilde Mien

Des logements décents pour un loyer raisonnable En septembre 2008, la première résidence neuve de la région parisienne a fait son apparition au Bourget. À 10 min du centre de Paris en RER B, ce campus de 238 studios de 18 à 28 m2 répartis sur quatre étages a vu son taux de remplissage atteindre les 100 % en moins de six semaines de com-


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Réforme de la première année de médecine : c’est grave docteur ? Mardi 16 décembre 2008, l'Assemblée Nationale a adopté la réforme de la Première Année du Premier Cycle d'Etude en Médecine (PCEM1). Bien que favorable à la première année de licence du cursus Santé (L1 Santé), nom de la réforme, l'Association Nationale des Étudiants en Médecine de France (ANEMF) pense qu'elle est insuffisante. L'association craint en effet que ce travail « bâclé » dégrade la situation au lieu de la redresser. Le numerus clausus délimite un nombre fixe d'étudiants admis à poursuivre leurs études médicales indépendamment du nombre de prétendants. Via ce système, on dénombre 50 000 étudiants en PCEM1 pour 7 500 places en PCEM2. Soit 20 personnes pour 3 sièges ou encore 85% d'échec. Cette hécatombe s'aggrave avec le temps et tous les acteurs du monde universitaire et médical réclament une réforme. Même si elle ne propose aucunes solutions révolutionnaires, puisque qu'elles sont en majorité connues depuis longtemps, la L1 Santé est en passe d'être adoptée. Adoptée grâce à l'action de Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement Supérieur, auprès de l'Assemblée nationale. Elle serait mise en vigueur dès la prochaine année universitaire si elle est votée par le Sénat le 11 Février 2009.

Les changements de la L1 santé et les revendications de l'ANEMF Ce texte est un premier pas vers la mutation des études médicales vers un parcours universitaire standard : le système Licence Master Doctorat (LMD). La nouveauté de la L1 Santé est qu'elle est commune aux médecins, odontologues, sages-femmes et pharmaciens. Les étudiants en Santé pourront se préparer à 1 voire 4 concours en même temps, mais si leurs résultats sont trop faibles ils pourront être réorientés à la fin du premier semestre. Ainsi, ils bénéficieront

d'une meilleure orientation dans un laps de temps relativement court. Par conséquent, le programme des études doit être modifié. Or l'ANEMF veut une homogénéisation nationale de l'ensemble du programme et la prise en compte de la commission Couraud. Cette commission propose, entre autre d'alléger le nouveau programme. De plus, dans le cadre de la réorientation en milieu d'année, l'ANEMF demande la réintroduction des sciences humaines et sociales. Bien que, la L1 Santé propose beaucoup plus de passerelles sortantes dans les domaines scientifiques, paramédicaux mais aussi dans les sciences humaines (droit, psychologie, sociologie), l'ANEMF désire encore plus diversifier ces alternatives. La loi prévoit de laisser aux universités pattes-blanches. Or c'est justement cette loi relative aux Libertés et aux Responsabilités des Universités (LRU) de 2007 qui panique l'ANEMF. Elle craint des débordements qui risqueraient de nuire aux étudiants. Doit-elle descendre dans la rue pour repousser d'une année l'entrée en vigueur de cette réforme ?

Attention, ils ne prônent pas la levée du numerus clausus qui « est nécessaire puisqu’il instaure un rythme et une méthode de travail indispensable pour la suite des études ». Mais ces étudiants sont favorables à l'accentuation de la pondération du quota. Selon leurs dires, ceci favoriserait l'enseignement de la médecine, assurerait une bonne couverture médicale globale et limiterait les appels de médecins étrangers. Or le gouvernement annonce une augmentation du quota, il passera à 8 000 en 2011 sur l'ensemble du territoire. De plus, ces élèves expliquent que le numerus clausus n'est pas l'unique cause du déficit. Ils soulignent des abandons, en quantité non négligeable, liés aux malaises de la vue du sang, mais surtout celui d'un cadavre. Or la réforme propose plus de passerelles entrantes notamment pour les étudiants sortant de master, d'une école de commerce ou d’un institut d’études politiques, ils pourront entrer directement en deuxième année. Unanimement, ces étudiants proposent une présélection nationale. Sous la forme d'un entretien, il devrait favoriser les personnes ayant une vocation médicale. Quant à une présélection écrite, les avis sont assez partagés. D'un côté cela montre la motivation des futurs PCEM1, de l'autre ceci pourrait accroître les inégalités financières des candidats, à cause de la très probable émergence de cours préparatoires d'été « si chers et si aléatoirement efficaces ». Cette réforme est malgré tout appréciée par les étudiants de première année, mais les bouleversements qu'elle va susciter et la LRU inquiètent. Il faudra attendre le verdict du Sénat le 11 février 2008. Sinon rendez-vous sur le site internet du journal.

est nécessaire puisqu’il instaure un rythme et une méthode de travail indispensable pour la suite des études.

Une réforme qualifiée de « retouche » Par souci d'impartialité, on a préféré recueillir les réactions d'élèves en seconde année de médecine. La mise en place du tronc commun énerve ces élèves. Ils rappellent qu'il y a plus d'inscrits en PCEM1 qu'il n'y a de sièges dans les amphithéâtres, il y aura donc une augmentation de tension et de travail. En somme la L1 Santé leur semble inutile, elle ne règle pas les problèmes fondamentaux : le déficit de médecins et le monstrueux taux d'échec en PCEM1. Ces élèves proposent à chaque problème une solution.

Amanda Breuer

Contrepoint Février 2009

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VOYAGE

Kultur et Kartoffel : Berlin l’unique Pratiquement détruite après la Seconde Guerre mondiale, longtemps déchirée lors de la guerre froide, la capitale allemande nous apparaît aujourd'hui sous son meilleur jour. Culturellement, politiquement et artistiquement, l'ours berlinois laisse désormais son empreinte au sein de la communauté européenne. Actuellement, cette ville attrayante est l’endroit à visiter entre ami(e)s : quel que soit le jour ou l'heure vous trouverez facilement où rencontrer des gens, boire un verre ou encore grignoter un morceau. Cette ville ne dort quasiment jamais, elle reste en éveil.

Mémorial de l’Holocauste

Pour les clubbers , de nombreuses boîtes branchées sont au rendez-vous à l’instar de l’incontournable Watergate, ouvert de jour comme de nuit, c’est un des lieux à la mode actuellement à Berlin.

Sinon, pour en voir un maximum en un minimum de temps, essayezvous au « pub crawl ». Le principe en est simple : guidés de bar en bar, vous bénéficiez de tarifs privilégiées sur les consommations... Ou comment rencontrer facilement du monde lorsque l’alcool coule à flots ! Pour ceux qui préfèrent l'aventure, vous trouverez facilement votre bonheur du côté de l’ancienne RDA, vers Oranienburger Straße. En arpentant les bars du quartier, vous aurez de grandes chances de finir votre soirée au fameux squat de Tacheles sur de la drum and bass.

cien, entre son présent et son passé. Le Reichstag (le Parlement allemand) témoigne de cette idée avec son dôme de verre qui domine le bâtiment et lui inculque une seconde jeunesse.

Kultur avec un grand K Actuellement en Europe, lorsque nous parlons culture, nous arrivons forcément sur Berlin. Tous les nouveaux mouvements, aussi bien artistiques que culturels, émergent en majorité de cette ville cosmoEast Side Gallery polite. Avec pas moins de 150 théâtres, 175 musées, 250 bibliothèques publiques et 130 cinémas, elle met l'accent sur sa richesse culturelle. Le monde s'est toujours soucié de la culture artistique berlinoise, comme Berlin s'est toujours soucié de son rayonnement par-delà le monde. Nous le retrouvons dans le mouvement expressionniste allemand des années 20, ou encore par son Festival International du Film qui décerne, chaque année l’Ours d'Or. Mais Berlin c'est aussi et avant tout un vaste mouvement « underground » qui s'est parfaitement greffé à cet environnement citadin particulier. Cette culture alternative est présente un peu partout, et notamment dans ses symboles les plus forts. Ainsi une partie du mur le long de la rivière Spree a été entièrement peinte par différents artistes afin que cette œuvre collective (East Side Gallery) devienne le symbole de la liberté berlinoise. Avec des modèles aussi respectables, il n'est donc pas surprenant de voir l'étendue de la créativité berlinoise, et son perpétuel renouvellement.

Un petit creux après tout ça ? Pas de panique, les tarifs sont plus que raisonnables et les spécialités allemandes sont succulentes. Entre le classique Falafel, la traditionnelle Wurst (saucisse grillée), ou bien l’incontournable Kartofel (patate), il y en aura pour tous les goûts.

Thomas Mossino

Ich bin ein... ein quoi déjà ? Ce n'est évidemment pas à Berlin que vous oublierez cette phrase. C'est une ville qui a appris à vivre avec son passé et qui a su en tirer profit. Les cicatrices économiques et sociales sont toujours apparentes. Les épisodes historiques nombreux et pour la plupart douloureux, ont été préservé et se présentent humblement au touriste à l'image du Mémorial de l'Holocauste dans le quartier de Potsdamer Platz ou encore du musée de la RDA vers Alexanderplatz. C'est une ville en constante évolution que nous découvrons au sein de ces quartiers allemands, perpétuel mariage entre le moderne et l'an-

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Berlin de nuit


CULTUR

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Le Frigo bientôt décongelé ? Dans le 13e arrondissement s'élève un grand bâtiment appelé le « Frigo ». Actuellement, 250 personnes y travaillent recouvrant un panel de dixsept professions. Un petit monde qui pourrait bien être bouleversé prochainement par les vastes changements prévus dans le cadre de Paris Rive Gauche. Construit en 1920, cet ancien ensemble industriel servait à réfrigérer la viande, d'où son nom. En 1980, la Compagnie du Froid cède les lieux à la SNCF. Celle-ci loue les locaux à des artistes et ouvriers à la recherche d'ateliers. Ils aménagent alors les 130 hectares de manière à profiter de manière optimale du bâtiment d'origine : de larges couloirs, l’isolation par rapport aux voisins. Aujourd’hui, il est question de construire des bureaux tout autour.

Rééquilibrer l’Est par rapport à l’Ouest Parisien Les concepteurs du projet aimeraient voir naître un quartier d’affaire capable de concurrencer celui de Londres. Pour cela, il est prévu d'utiliser tous les terrains encore disponibles.

Dans l'immédiat, c'est le groupe Vinci-Investissement qui espère ouvrir le bal avec 7 000 m2 de bureaux construits juste en face du Frigo et d'une école. Et à terme, ce sont 100 000 m2 de bureaux qui doivent être créés. Une décision contestée par les résidents des lieux, notamment par Jean Paul Réti, le président de l’APLD, l’Association Pour Le Développement du 91 quai de la gare. Onze années de batailles et 4 000 dossiers n'ont pas permis de trouver de solution satisfaisante pour les deux parties.

Au lieu de construire des bureaux anonymes devant le Frigo, il serait préférable de consacrer l'espace convoité par Vinci à des ateliers qui constitueraient une continuité naturelle avec le projet d'origine ainsi qu'avec sa diversité socioprofessionnelle. Des ouvriers, des artisans et des artistes viendraient s'y installer donnant une forte originalité à un quartier unique en Europe.

une réelle innovation sociale et économique

« Bien plus que la luminosité, c’est la visibilité des professions qui est mise en danger » Certains craignent que les tours des futures constructions ne privent le Frigo d'une bonne partie de son soleil. Mais ce n’est rien comparé au problème de fond. Jean-Paul Réti estime que l'on ne respecte pas la vocation de cet ensemble unique. Au départ, le Frigo était une création spontanée qui a donné lieu à « une réelle innovation sociale et économique » souligne le président de l’APLD avec fierté.

Pour découvrir ce lieu insolite, sachez qu’il ouvre ses portes les 30 et 31 mai prochains. Le Frigo, 91 quai de la gare, 75013 Paris Yuki Martin

« Si tu pars en septembre, tu n’auras rien. » En France, 558 romans ont été publiés pour la rentrée littéraire de janvier. Cette rentrée d'hiver propose, alors que les livres sortis en septembre ne sont pas encore écoulés, aussi bien des premiers romans que des romans d'initiés, et au moins un deuxième roman, qui a retenu notre attention. Après La fabrication d'un mensonge (Flammarion, 2008), la jeune Audrey Diwan, auteur, journaliste et éditrice, sort son deuxième roman, De l'autre côté de l'été. C'est l'histoire d'Eugénie Mars qui, à l'aube de la soixantaine, mène une vie solitaire et ennuyeuse avant de proposer à un jeune homme, qu'elle ne connaît pas et qu'elle décide d'appeler arbitrairement Arnaud, de venir vivre dans son appartement, moyennant une somme que le jeune homme ne peut refuser. Elle lui demande de rentrer chez elle après son travail, à 19h, tous les soirs, pendant un an.

Audrey Diwan créé une ambiance calme et angoissante, un peu comme celle ressentie dans les grands appartements parisiens à hauts plafonds. Elle saisit la douceur et l'injustice de certains instants du quotidien d'une femme de 58 ans et celui d'un jeune homme. L'auteur cerne bien le personnage d'Arnaud, décidé à rythmer l'année qu'ils vont passer ensemble pour éviter qu'elle ne leur soit désagréable, même au prix de certaines disputes. Ce roman pose aussi des questions générales sur les rapports humains qu'Audrey Diwan bouscule un peu, en contournant les clichés liés à ce genre de relation, pour mieux arriver à l'essentiel : l'attachement, et ses deux versants, la tristesse et la joie. En cela, ce livre est plus qu'un simple

« roman pour filles ». Son écriture musicale et précise, travaillée avec minutie comme une robe de haute couture, fait penser à Sagan dans son roman Aimez-vous Brahms. Eugénie Mars fait preuve de beaucoup d'humour lorsqu'elle évoque combien il est difficile de redevenir une jeune fille. De part en part du roman, des portraits d'hommes et de femmes d'aujourd'hui se succèdent pour lui donner un agréable souffle contemporain. Avec ce second livre, Audrey Diwan s'impose comme l'un des plus importants auteurs de sa génération, et prouve que l'on peut émouvoir avec peu de choses, si ces choses sont bien écrites. De l’autre côté de l’été Éditions Flammarion Paru le 7 janvier 2009 200 pages 16€ Emmanuel Clerc

Contrepoint Février 2009

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MODE

Entre crise et mode, le cheap trendy Les mots « crise » et « pouvoir d'achat » sont sur toutes les lèvres. Mais c'est aussi les soldes et bientôt la Saint Valentin, alors comment faire pour combiner plaisirs et petites bourses ? C'est la question que nous avons posé tout au long d'une après midi dans le quartier de Barbès, à proximité du Sacré-Coeur. Dans ce quartier où se mêlent joyeusement les bobos, les prolos et les touristes, les « fashion addicts » aux petites bourses ont de quoi satisfaire leurs désirs. A condition de chercher les bonnes affaires dans les friperies et les boutiques de dégriffage qui essaiement le boulevard Rochechouart. Nous avons rencontré Claire Delafolie dans la friperie la plus connue de Barbès, Guérrisol, alors qu'elle venait d'acheter un pull. Aujourd'hui, nous dit-elle, « je suis en congé, donc en mode week-end, un peu hippie car d'habitude, c'est petites robes et petites chaussures. En fait, j'ai un style plutôt diversifié ». Guérissol, elle y va de temps en temps, depuis qu'elle a connu l'enseigne il y a près de deux ans. Elle y achète surtout des vêtements, notamment des costumes, car pour « les chaussures et la lingerie,je préfère les magasins, je suis même très luxe ». Elle achète souvent sur des coups de tête, jusqu'à « parfois être à découvert », mais elle a aussi des périodes plus calmes. Son endroit préféré pour acheter pas cher, « ça reste depuis huit ans les puces de Montreuil, dont les fripes sont de mieux en mieux, même si les enseignes de neuf augmentent ». Quand on lui demande ce que représente la mode pour elle, elle nous répond, « c'est la liberté d'expression ».

Laura et Anna sont deux jeunes finlandaises de passage à Paris qui, après une promenade touristique à Montmartre, regardent avec intérêt les vêtements étalés dans les bacs du magasin Sympa, la boutique de dégriffage représentative de Barbès. Anna, étudiante en « social services » adopte volontiers un style « plûtot punk même si aujourd'hui, comme nous sommes en voyage, notre style est plus confortable ». L'enseigne Sympa a suscité leur intérêt pour leurs prix pas cher, « contrairement à la Finlande où c'est vraiment pas donné » et « parce que quand elles aiment quelque chose, elles achètent ». Elles nous confient aussi que pour elles, « les femmes françaises ont plus de classe que les Finlandaises qui gardent souvent un style de collégienne. Les femmes françaises font plus d'efforts et nous aimons cela ». Enfin, pour ceux qui vont voyager en Finlande, elles conseillent comme bons plans, Seppala, Gena Tricot et H&M, la grande firme du voisin suédois.

Katerina et Petr sont deux tchèques résidant à Paris, parlant tantôt en français, tantôt en anglais. Ils sont des habitués de Sympa, et « ce n'est pas la crise qui nous amène ici, ça fait longtemps qu'on achète pendant les soldes ou dans des boutiques aux prix abordables » nous dit Petr car selon Katerina, « cela n'a aucun sens de payer très cher pour la nouvelle collection, alors que de beaux pulls et pantalons sont accessibles à des prix attractifs ». Elle n'achète pas forcément pour avoir un vêtement, mais elle recherche aussi « des matériaux que je pourrais transfomer, modifier, réutiliser ». Katerina commente aussi le style des parisiennes, qui est « très élégant mais parfois ennuyant, alors qu'en République Tchèque, le style ressemble à du cheap mais ce n'est pas du cheap, c'est l'effet recherché ». À Prague, elle conseille d'aller vers les friperies, « à condition de ne pas avoir peur de chercher, un peu comme ici ».

Manel Ben Boubaker

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TEST

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Accro, Déserteur ou Profiteur : Quel tanguy es-tu ?

Répondez aux questions, calculez vos points et découvrez qui vous êtes…

1. Ton linge a) Maman récupère ce qui traîne en boule dans ta chambre b) Machine, repassage, séances de pliage n’ont plus de secrets pour toi. c) Adoucissant, eau déminéralisée, ça tu connais et c’est déjà bien

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2. À quoi ressemble ta chambre ? a) À la chambre d’expo d’un magasin de meubles suèdois. C’est nickel ! b) À un dortoir c) À un no man’s land

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a) Allo Lucie, t’es chez toi ? b) Tu convoques le G5, c’est-à-dire le conseil de famille c) Maaaaaaaaaaaamaaaannnnnnn !

a) En cellule d’isolement dans ta chambre b) Privé de sortie c) Privé d’argent de poche

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12. Tanguy, dans le film d’Etienne Chatillez est :

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10. Ta punition :

11. Première pensée le matin :

5. Samedi soir c’est : a) Devant la tv à écosser les petits pois b) Chez Sonia, Marie, Denis ou Nicolas, en tout cas pas chez toi c) Tartiflette avec Papa et Maman puis virée au Macumba club avec la voiture de Papa et Maman

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4. Indépendance rime avec : a) Absences b) Déchéance c) Espérance

a) Une chanson du groupe ABBA b) Ce qu’il te faut pour prendre ton envol c) Pour faire des cadeaux à ta famille

9. Grosse déprime :

3. Pour les vacances : a) Direction Rome chez le futur ex-beau frère de ta cousine par alliance b) Direction le camping de Mimizan-plage avec ta bande c) Direction la maison familiale de Roubaix

8. Money, money, money :

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a) Où suis-je ? b) Il reste des croissants ? c) Maman? Papa ?

a) Un con b) Un copieur c) Ton idole

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1) A=2 / B=1 / C=0

2) A=1 / B=0 / C=2

3) A=2 / B=0 / C=1

4) A=1 / B=2 / C=0

5) A=1 / B=0 / C=2

6) A=0 / B=2 / C=1

7) A=2 / B=1 / C=0

8) A=2 / B=0 / C=1

9) A=0 / B=1 / C=2

10) A=1 / B=0 / C=2

11) A=0 / B=2 / C=1

12) A=0 / B=1 / C=2

Nombre de points: …… Le déserteur (de 0 à 5 points) C'est la crise....financière et familiale. Contraint et forcé de cohabiter avec tes géniteurs, tu te languis du jour où tu pourras leur dire « M....... » sans être privé de dessert. Patience plus que 10 ans à tenir !!! L'accro (de 6 à 12 points) « Je veux me marier avec Maman/Papa », une tirade qui résonne encore dans la demeure familiale, la forteresse qui te protège du monde extérieur, gâteaux au chocolat et albums photos en guise de remparts. Plus qu'une famille, tu appartiens à un clan, "Le parrain" sans Don Corleone ni beretta.

6. Le dimanche, a) Devant ton écran d’ordi, tu bascules entre fenêtres MSN, pages word et Facebook b) Tu ne sors pas de ta tanière avant 15 heures c) C’est repas familial, poulet, tarte aux pommes, Papy et Mamie sont de la partie

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7. Tu as un(e) nouveau/nouvelle petit/petite ami(e) a) Le week-end, chez toi, c’est Bed & Breakfast b) Tu veux absolument l’avis de tes parents c) Chez elle/lui= ton nouveau QG

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Le profiteur (de à 18 points) Vous avez dit indépendant ? A quoi bon ? Nourri, logé et blanchi, tu ne cèderais pas ta place pour tout l'or du monde. Qu'il est doux de mettre les pieds sous la table, table sur laquelle se trouve un excellent repas mitonné par Môman. Alors oui , peut-être qu'un jour tu couperas le cordon... Mais ce n'est pas demain la veille! Fanny Griessmer

Contrepoint Février 2009

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Contrepoint n°12