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Ne peut être vendu. Ne pas jeter sur la voie publique.

Numéro 7 - Janvier 2008

Étudiants et pouvoir d’achat

Facosphère

Enquête : L’autre rupture

L’âge du système D

p.4

p. 4 à 7 Association : La Mie de Pain

Focus p.8

Conscience Libre Le grand gachis des bibliothèques

p.10

La culture pour les riches

Culture p.12

Sport Comment concilier études et sport ?

p.14

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janvier 2008

numéro

7

Facosphère

4 Les étudiants et leur pouvoir d’achat : l’autre rupture 5 Comment se faire plaisir sans se ruiner ? 6 Mauvaise foi, compteur à zéro 6 Big mac et culture générale 7 La première paye ou comment dépenser son argent 7 Le Nabaztag, de l’insoutenable lourdeur de l’avoir

Focus

8 La Mie de Pain 8 Etudiant et militant 9 Amis, je vous tiens

Conscience libre

10 Les jeunes sont-ils plus conservateurs que les vieux ? 11 Le grand gachis

Culture

12 La culture, domaine réservé des riches ? 13 Radiohead, quel que soit le prix

Sport

14 Handball / Etudes : entre les deux nos coeurs balancent

Test&jeux

15 Test : Aimez vous le sexe pour le sexe ? 15 Le wordoku

Contrepoint, le média jeune contact@contrepoint.info

Directrice de publication : Julie Deruy Rédacteur en chef : Guillaume Féret Rédacteur en chef adjoint : Florian Bérigaud Maquettiste : Maxime Raoust Secrétaire de rédaction : Catherine Clerc Rédaction : Florian Bérigaud, Amélie Bonté, Julien Cohen, Guillaume Féret, Laure Ghillarducci, Benjamin Lagues, Laëtitia Le Moine, Jean-Philippe Louis, Morgane Pennelec, Pauline Richaud, Hadrien Santos, Gaël Vaillant. Illustrations : Jessica Dass, Manon Barthelemy Avec l’aimable participation de Gilles d’Ambra

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Remerciements

Contrepoint remercie tout particulièrement le Paris I, Paris IV, Animafac, la Maison des initiatives étudiantes, la Mairie de Paris et RadiocampusParis


Les

étudiants

et

leur

L’autre rupture Revenu sur le devant de la scène lors des manifestations contre la loi LRU, le pouvoir d’achat paraît être une des principales préoccupations des étudiants. 47% d’entre eux se salarient et malgré les aides accordées par l’Etat, certains organismes militent régulièrement pour l’amélioration de la condition estudiantine. Or depuis la mobilisation, le gouvernement semble assouplir ses positions.

S

elon les chiffres de l’INSEE, l’inflation (+ 1,10%) n’est relativement pas très élevée. Cependant comme le constate la FAGE, pour les petits budgets étudiants, la pression financière est plus importante. A cheval entre vie professionnelle et vie scolaire, les conditions de vie des étudiants restent difficiles et précaires. Les loisirs par exemple sont souvent en option. « Si on a plus en fin de mois, on peut se permettre des sorties, sinon non » explique Céline, étudiante en LEA à Pau. Selon l’étude « le panier de l’étudiant » de l’UNEF de septembre 2007, le pouvoir d’achat est en baisse constante depuis trois ans avec une augmentation des dépenses de 3,7% tandis que la hausse des aides est moins significative(2,2%).

téléphone ! C’est une grosse facture ! » se plaint t-il. De plus, la diversité des situations complexifie l’étude : ceux habitant ou non au domicile familial, les boursiers, les salariés, ceux recevant une aides des parents... Pour Jacques, étudiant en médecine et habitant chez ses parents: « les restos et les bouquins sont ma Propositions du Gouvernement principale dépense ». Quel budget ? En plus de la question » Revalorisation des bourses Logement, nourridu pouvoir d’achat, » Construction de logements » Augmentation des rémunérations la problématique du ture, livres et transport pour les stagiaires sont les dépenses matemps imparti au travail » Indexation des loyers sur l’inflation jeures des étudiants. au détriment des étu» Baisse des prix en grandes surfaces des resurgit dans les déLe budget mensuel -pour les parisiens- vabats. En effet le Conseil Contre-propositions rie entre 800 et 1000 Economique et Social » Hausse du Smic euros/mois. Pour Elise, qui a rendu son rap» Baisse de la TVA en master d’Histoire port début décembre, » Grenelle du pouvoir d’achat à Paris I, la nourriture précise qu’au-delà de » Encadrement des loyers est sa première dé15H/semaine il devient » Suppression des « marges arrières » pense, « d’autant plus difficile de concilier les que j’achète bio et que ça coûte cher » souli- deux et surtout l’étudiant est moins attentif gne-t-elle. « Dés que je mange en dehors de et donc moins productif que se soit dans son mon école, je me ruine» nous confie Kehan, cursus ou dans son emploi. en école d’ingénieur. Pour assumer les frais et surtout les dépenses scolaires, beaucoup tra- Intérêt limité, perte assumée vaillent régulièrement ou partiellement. Elise Dans l’ensemble, les témoignages recueillis donne des cours. « Ca me sert à payer le loge- lors de notre enquête prouvent un certain dément, 25 heures de cours par semaine c’est un sintérêt pour la question du pouvoir d’achat investissement énorme » soupire-t-elle. Cha- et de sa revalorisation : Hakim, étudiant en cun sa méthode, Kehan a fait un prêt de 1000 médecine : « Comme je suis boursier je suis saeuros/mois « qui [lui] permet de financer [ses] tisfait ». Il n’était pas au courant de l’augmenétudes, de payer le logement ». « Malgré les tation des bourses prévue pour janvier 2008, alloc’ le logement reste cher et surtout mon tout comme Céline, boursière en LEA à Pau qui



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Contrepoint numéro 7

considère que « quand t’es ni très aisé ni trop pauvre, ils mettent des niveaux de bourses qui ne sont pas suffisant, quand tu es juste modeste c’est difficile ». « Je n’ai pas à me plaindre mais je ne suis pas satisfaite. » tranchet-elle. Le pouvoir d’achat cependant ne semble pas être au cœur des discussions et des soucis. « La vie continue » est un peu le leitmotiv étudiant avec le « On fait avec ». Julien « n’est pas inquiet pour l’avenir, je ne me pose pas particulièrement des questions là dessus ». « Bien sûr j’ai peur que mon pouvoir d’achat se dégrade mais ça ne me tracasse pas plus que cela », raconte également Jacques. Alors désintérêt ou mal informés ? Il est vrai que les récentes propositions gouvernementales ne sont pas spécifiquement tournées vers le pouvoir d’achat des étudiants mais essentiellement des mesures générales pour les français dont c’est la première préoccupation selon la plupart des sondages.

témoignage Regard de Luis, étudiant brésilien en école d’ingénieur, en France pour deux ans « Je sais que le gouvernement prépare un truc pour augmenter le pouvoir d’achat mais ce n’est pas forcement pour les étudiants. Je pense que le logement est trop cher même avec des subventions. Dans mon école il y a des personnes qui ont 400 à 500 euros/mois, ça suffit pour le logement et la nourriture mais c’est peu car il y a d’autres nécessités. Les frais de Sécu et les livres sont vraiment très cher. »


pouvoir d’achat Concrètement…

Valérie Pecresse a annoncé pour Janvier 2008 une revalorisation des bourses à hauteur de 7,2%, « une mesure très sociale » selon la ministre qui accède donc à une des revendications de l‘UNEF. Le budget du ministère de l’enseignement supérieur est revu à la hausse, 200 millions de plus pour deux éléments: le logement et les bourses. Sans oublier la vente de 3% du capital d’EDF annoncé par le Président en novembre afin de financer entre autre des logements. Mais quoi de neuf pour le pouvoir d’achat des étudiants non boursiers, logeant en dehors des CROUS et qui ont tout de même du mal à boucler les fins de mois ? La question d’une meilleure rémunération des stages est en cours de débat et serait une bonne nouvelle à la fois pour le porte feuille des étudiants mais aussi bénéfique sur le plan universitaire et professionnel. Jacques pense que « les mesures vont dans le bon sens mais on peut toujours faire mieux ! ». Pour Kehan, « J’ai écouté notre cher président mais je pense que c’était du bla bla ». Elise « ne cautionne pas la politique du gouvernement », car selon elle, « il y aurait bien d’autres choses à faire ». Monétarisation des RTT, ouverture des magasins le dimanche, dépôt de garantie ramené à un mois ainsi que suppression de la caution et indexation des loyers sur les prix, mise en place d’une prime de 1000 euros dans les entreprises de moins de 50 salariés : ce sont les propositions phares de Nicolas Sarkozy afin d’enrayer la baisse de pouvoir d’achat des français -des français et pas des étudiants. Concernant le logement, les mesures seraient favorables aux locataires donc un bon point pour les jeunes en études. Pour le reste les mesures s’appliqueront aux salariés donc par conséquence peuvent être bénéfiques pour les étudiants qui travaillent, mais rien pour ceux dont ce n’est pas le cas parce qu’ils n’ont pas le temps. La gauche a émis quelques contrepropositions à ces mesures notamment l’augmentation immédiate de 50% de la prime pour l’emploi, une hausse du SMIC ou encore l’encadrement des loyers l’an prochain. Concrètement il est vrai que ce genre de me-

sures aurait plus d’impact sur le pouvoir d’achat des étudiants notamment la hausse du SMIC mais est-ce réalisable ? Rappelons que Ségolène Royal lors de sa campagne voulait un SMIC à 1500 euros et s’est ravisée dans les mois suivants. Le PS propose également la mise en place d’un grenelle du pouvoir d’achat, une baisse de la TVA sur les produits de nécessité et la suppression des marges arrières dans la grande distribution (qui a été adoptée à travers la loi Chatel du gouvernement). Mais le tout s’adresse à des ménages, dans la vie active, bref les “vrais” salariés. Bilan : pas de mesures concrètes pour le pouvoir d’achat des étudiants mais seulement pour ceux qui se salarient quelques retombées. Pour les autres l’attente et l’espoir sont de rigueur ! Par Amélie Bonté & Hadrien Santos

Comment se faire plaisir sans se ruiner ? La France va mal. Et pour cause, paradoxe ultime de la société de consommation, nous ne pouvons plus acheter. Les prix grimpent, de l’immobilier à l’essence, en passant par les produits de première nécessité. Pour les étudiants qui travaillent, la situation est d’autant plus délicate.

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our ceux d’entre eux qui ne peuvent compter que sur leurs revenus, les contraintes sont les mêmes que pour le salarié lambda et les finances biens moindres. Les mi-temps nous permettent-ils de subvenir correctement à nos besoins? Comment les étudiants gèrentils leur budget ? Comment se faire plaisir sans se ruiner ? Petite enquête auprès des concernés.

Petits plaisirs plus que modérés La vie estudiantine n’est pas de tout repos, et le quotidien peut devenir bien laborieux une fois payées les multiples factures. Réda est en 4ème année d’école de commerce. Il travaille 15 heures par semaine et gagne 750 euros par mois. Il dépense 500 euros pour payer loyer, abonnement téléphoni-

que, nourriture, etc.… Il a certes « constaté une hausse des prix, du pain ou de l’essence par exemple » mais il avise, « ne mange pas de viande tous les jours et limite les restos ». Guillaume, étudiant en master 2 de droit, dépense quant à lui 600 euros sur les 800 qu’il empoche mensuellement et admet que « ce que je pouvais acheter avec une quantité X d’argent il y a quatre ans, était supérieur comparé à aujourd’hui, particulièrement en ce qui concerne les produits alimentaires ».

Alternatives aux pâtes au beurre Pour boucler les fins de mois, il existe des alternatives aux célèbres pâtes au beurre. Le pass CityZen par exemple est une carte de réduction vendue 8 euros sur internet (http://www.

atipik.fr/pages/reduction.php) qui permet d’accéder à des offres promotionnelles dans diverses enseignes, d’Apple store à Subway en passant par Celio. Le site Recupe (http://recupe. net/) vous permettra d’acquérir gratuitement du matériel informatique, des meubles, voire même une voiture. Vous pourrez également trouver quelques promos sur ce genre de site : http://www.bon-codereduction.com/ et Radins.com (http://www.radins.com/index. php) vous dirigera vers tous les plans gratuits du moment. Enfin, pour les amateurs de sorties culturelles, le site Billet reduc (www.billetreduc.com/) vous offrira des places de spectacle ou concert moins chères ou gratuites. Par Morgane Pellennec

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Mauvaise Foi

Compteur à Zéro

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ous sommes en janvier 2008, période de vœux pieux, de souhaits niais et de résolutions bidon. Hypocrisie qui n’a d’égale que la douloureuse vérité des lendemains de fête. Le pèsepersonne s’affole, le compte en banque aussi. Ce n’est pas le trop-plein du Nouvel An macéré dans une cuvette qui compensera. Les cadeaux en liquide offerts par la famille ne suffiront jamais à renflouer les caisses. Si les revenus augmentent un chouia, les prix explosent : taux de hausse à deux chiffres pour les denrées de base (investissez dans une carafe Brita plutôt que dans un pack d’Evian). Même avec une augmentation de 150%, vous seriez obligé de vendre des Rafale rouillés à un bédouin pour subsister.

Un souci de pauvres Qu’à cela ne tienne : le pouvoir d’achat sera le combat de demain ! Discours aux airs de déjà entendu, que Notre Chef d’Etat, humble parmi les Humbles, nous ressert au Vingt heures, entre la salade et la dorade, avant les 400 coups de minuit. Après les campagnes pour le sécuritaire et contre le chômage, qu’est-ce qu’un laïus sur le pouvoir d’achat va changer ? Du terme économique, on n’entend plus qu’un slogan politique tout aussi sécuritaire : cette fois, on protège ses sous. Peine perdue : le sujet laisse les étudiants indifférents, à l’exception des « indépendants » les moins riches. Pour certains d’entre eux, il faut sauver les apparences. Certains sont prêts à travailler et gagner plus, pour subvenir à leurs besoins, mais aussi pour consommer plus cher.

L

a journée type d’un employé de McDonald’s commence en général par un repas gratuit, rare privilège de la maison, qui peut être une bonne alternative aux habituels pâtes/riz des plus fauchés. Un sandwich, une petite frite, une petite boisson et un dessert au choix. Pas plus, cela fait mauvais genre… Une fois prêt à affronter la soirée qui s’annonce rude, direction les « vestiaires », ou plutôt les toilettes sales et sans verrous des équipiers, afin d’enfiler la tenue, informe uniforme soigneusement repassé au préalable. Une ligne de cafards se dandine tranquillement dans le couloir : le Royal Cheese a du mal à passer. Arrivé à la caisse, le premier client veut payer son coca avec un billet de 100 euros. Il s’énerve : fatalement, je n’ai que des pièces de 2 euros pour lui rendre la monnaie. Mais ce n’est rien en comparaison de ce qui suit : la bande de tektonik killers aussi agités que leurs boutons d’acné sont purulents. Sautillant au son des basses grésillantes qui s’échappent de leurs téléphones, ils changent une bonne dizaine de fois d’avis sur leur commande, avant de se rendre compte qu’ils n’ont en fait assez d’argent que pour des glaces…



Janvier 2008

L’exemple de l’alimentation bio est symptomatique des soucis de riches que s’infligent certains élèves pauvres, à moins d’être écolos ou hypochondriaques. A défaut d’intégrer le corpus culturel du bobo, qui peut se permettre le luxe d’être crade, le pauvre s’efforce d’être propre sur lui, y compris en survêt’ de marque. Ceci a un prix.

Un miracle ? Que promettre alors aux étudiants les moins favorisés, en cette période de célébrations judéo-chrétiennes annihilées par la logique de marché ? Le retour des Rois Mages ? A côté de certains jeunes aux poches trop légères, Gaspard Legrand s’occupe déjà des seigneurs du Macadam, qui n’ont pour seule richesse qu’une tente de fortune en nylon. L’autre Quechua, en fennec près de l’Elysée, c’est celle de Melchior Khadafi. Le pouvoir d’achat, il en jouit pleinement, pour des joujoux obsolètes qui ont pour mérite de soigner le chiffre d’affaires de certaines boîtes. Et pour le plan de réussite en licence, combien de zéros? Silence radio. Reste Balthazar Diouf, ayant lui-même besoin d’un pouvoir d’achat conséquent afin de redonner à l’OM son lustre d’antan. Les jeunes supporters n’ont qu’à espérer un mercato réussi en guise de cadeau de Noël. Lorsqu’on est étudiant et pauvre, on se contente de ce qu’on peut. En attendant, compter sur soi. Le temps c’est de l’argent, l’inverse aussi. Compteur à Zéro. Top départ. Par Florian Bérigaud

Big Mac et culture générale

Même si le job étudiant dans un fast-food souffre d’une image ingrate, c’est pourtant vers cette option que se tournent la plupart d’entre nous, pour la souplesse horaire qu’il permet. Alors, exploitation humiliante, ou bien alternative pratique et sympa ? La queue s’allonge, le manager fronce les sourcils. Après une demi-heure de pause bien méritée, une mauvaise surprise nous attend en cuisine. Il faut vider et laver les poubelles. Je me retrouve les mains pleines de graisse de fritures et de liquide visqueux de milk-shake, tandis qu’une souris me barre la route. Tout à coup, je regrette mes recueils de poèmes et mes biographies de romanciers…

Contrepoint numéro 7

Au lendemain des fêtes de fin d’année, l’étudiant le moins aisé est plus que jamais dans le rouge. Une solution miracle ? Merci, sans moi.

Ai-je vraiment besoin de cet argent ? La fin de soirée, c’est séance potins autour d’une glace triple dose chocolat, avec les autres équipiers, pour la plupart étudiants. C’est clair pour tout le monde, pas question de faire carrière ici, surtout pour un vulgaire smic, pas vraiment à la hauteur de la fatigue physique et psychologique que ce job entraîne. D’autant plus que même si l’entreprise s’adapte facilement à nos emplois du temps, pas facile de concilier études et boulot… Mais il faut bien avouer, c’est aussi un travail formateur, qui se fait généralement dans la bonne humeur, avec une équipe jeune que l’on pourra compter parmi nos amis.

Par Pauline Richaud


La première paye

Ou comment dépenser son argent ?

C

’est bien connu, sa première paye, on la dépense souvent sans s’en apercevoir : en sorties, fringues et gadgets inutiles. On a tellement galéré dans ce resto miteux ou avec ce patron qui nous a exploité, qu’on a plus qu’une envie : se faire plaisir ! Quitte à le regretter au moment de payer le loyer…

Un premier jour de paye, ça se fête ! J’invite quelques amis au resto, un bistrot cosy aux recettes franchouillardes, approuvé dans la dernière Chronique de François Simon… Si on prend du vin ? Bien sûr, j’ai bien le droit de décompresser un peu… L’addition ? Laisse tomber, je travaille moi, je peux bien te l’offrir ! Ah, 80 euros quand même… Et si on compte la robe que je me suis acheté pour cette soirée, on arrive quasiment à 150 euros, soit le quart de la

paye… Le lendemain, alors que je m’étais jurée de ne plus acheter de vêtements, c’est le premier jour des soldes… Ca tombe bien, j’ai vraiment besoin d’une paire de chaussures présentables pour mon nouveau boulot. Je me dirige donc d’un pas assuré rue de Rivoli, bien décidée à ne pas me détourner de ma quête. Manque de chance, sortant du métro, je tombe nez à nez avec le blouson en cuir de mes rêves, bradé à moins 50%, qui trône en au milieu de la vitrine H&M. Impossible de résister, je brandis mon porte monnaie et me rue à grandes enjambées vers l’objet de tous mes fantasmes. Tiens, le rayon hommes au deuxième étage ! Depuis le temps que je dis que je veux me débarrasser des vieilles Vans trouées et des t-shirt à têtes de mort du barbu, je ne peux pas rater cette occasion de le relooker.

Ce pull bleu marine et ces chemises seront parfaites pour lui ! Deux jours plus tard, je m’inscris à l’« aqua-slim », le dernier sport à la mode si l’on en croit Cosmo. Moi, influençable ? Disons plutôt que si je veux rentrer dans ma nouvelle garde robe, je n’ai pas le choix ! Et même si 80 euros par mois pour perdre trois kilos, c’est pas donné, je suis ravie d’exhiber fièrement ma trente deuxième carte d’abonnement et de fidélité à mes copines !

Il aura donc fallu cinq jours pour remettre mon compte à zéro. L’aboutissement d’un mois de travail qui se résume à une soirée dont je ne me souviens déjà plus car trop arrosée, un tas de tissus qui ne rentrent même pas dans mon armoire et un droit d’entrée à des séances de tortures que j’abandonnerai très vite… Heureusement, papa est là pour renflouer mes finances : J’avais tellement besoin d’un Nabaztag ! Par Pauline Richaud

Le Nabaztag

De l’insoutenable lourdeur de l’avoir Symbole de la réussite française dans l’électronique et la domotique, cet objet communiquant semblant allier l’utile à l’agréable, représente-t-il un bon investissement au regard d’un budget étudiant? A première vue, il s’agit d’un jouet pour enfants en bas-âge. Créé par deux ingénieurs français dont l’un est originaire d’Arménie, le Nabaztag (traduisez « lièvre » de l’arménien, ceci explique cela), destiné aux grands comme aux petits, est plutôt l’une de ces exubérances électroniques en vogue dernièrement.

Par sa silhouette d’abord, minimaliste et ronde, davantage semblable à celle d’un lapin domestique grassouillet qu’à celle de son svelte et véloce cousin. Il n’empêche : « Nabaztag » sonne bien, et s’il ne brille par sa seule vélocité, il propose une vaste gamme de tâches témoignant d’une polyvalence unique. Quant à l’utilité même des services, ses concepteurs ont pensé jusqu’au moindre détail susceptible d’atténuer les pires contraintes du quotidien. Imaginez un robot rongeur connecté à Internet par ondes WiFi, communiquant avec son propriétaire par des messages vocaux, mais aussi lumineux : sauvés, les sourds ! Les illettrés ne sont pas en reste : ainsi Nabaztag vole la vedette au Père Castor pour ne lire QUE la Belle lisse poire du Prince de Motordu. Martine peut aller se rhabiller. Le Nabaztag, c’est aussi un radio-réveil. Voix sensuelle, infos triées sur le volet, celles qui te filent à coup sûr la pêche en pleine poire pour la journée : « Debout ! Sarkozy se croyait seul dans cette pourtant si grande forêt de Marne-

la-Vallée, près des routes verglacées de l’A4 embouteillées en raison des grèves de transports entraînant des absences et retards des salariés et une chute du CAC40, et… vous avez reçu un courriel. » Voyez ! Le quotidien devient plus tranquille, plus relax, et la maîtrise de chaque bribe de l’existence sacro-sainte n’en est que plus parfaite. Idéal pour lutter contre Alzheimer. Nabaztag, c’est l’échappatoire. La liberté. La vraie. Définitivement. Au final, on est censé assister à une invasion de bêtes à oreilles (qui bougent : non ce n’est pas la fonction ventilo) qui communiquent entre elles. Pour des détails supplémentaires concernant les autres facultés ô combien utiles (allez, juste une : le mariage de Nabaztag), rendez-vous sur le site www.nabaztag. com, une musique obsédante vous y envoûtera. Qui plus est, vous en avez pour votre argent : 150 euros. A ce tarif-là, vu les capacités de la bestiole, ne sortez plus de chez vous.

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Par Florian Bérigaud




La Mie de Pain L’association Mie de Pain, qui lutte contre l’exclusion et la pauvreté, fête cette année ses 120 ans. Outre le soutien apporté aux démunis, son objectif est aussi celui de sensibiliser les jeunes citoyens au problème de la précarité. Paroles d’étudiants bénévoles pour qui un peu d’aide ne mange pas de pain…

M

athieu est étudiant en sociologie et y apporte son soutien depuis près de trois ans. Luther, lui, étudie le design et y sert depuis février dernier. Amis avant d’être bénévoles, ils sont la preuve d’un bouche-à-oreille qui fonctionne ; une chance pour l’association, toujours en recherche de « bras » volontaires et disponibles.

« L’urgence à l’insertion » L’« équipe » du samedi soir, la leur, est « assez jeune », il y règne une « bonne ambiance ». Les hébergés réguliers « avec qui des liens se tissent », y contribuent. Le rendez vous hebdomadaire, à

l’Arche, place d’Italie, est « là où se fait l’accueil d’urgence », qui comprend les repas et l’hébergement de nuit. D’autres sites, foyer et relais, s’occupent du suivi social et professionnel. « A la Mie de Pain, on va de l’urgence à l’insertion ». « Ouvert à tous, à la fois à qui veut se porter bénévole, mais aussi à tous ceux qui sont en galère, les SDF, les clochards, les jeunes sans papier », le plus grand centre de Paris accueille de manière anonyme. Un plus selon ces étudiants. Suivant les besoins, « on sert le pain et le lait aux tables du grand réfectoire, ou l’on prépare les plateaux en cuisine. Le nombre de repas servis varie et peut aller de 600 à 1000. »

« A défaut d’argent, donnons du temps ! »

Interrogé sur ses choix, Luther répond : « je crois que c’est normal, non ? ». Et pourtant tout le monde n’est pas bénévole. « Ca part d’une prise de conscience » ; En tant qu’étudiant, « à défaut de donner de l’argent, on donne du temps ». Ce qui est motivant ? « Pouvoir aider les autres, se rendre utile à quelque chose ». Bien sûr, précise Mathieu « on ne change pas leurs conditions de vie mais ne serait-ce que le fait de dire monsieur… » Etre bénévole, « on l’est aussi pour soi. Les hébergés nous permettent de relativiser. Echanger avec eux est très enrichissant.» « Ignorés au quotidien, on leur offre de la chaleur humaine. Mais la gentillesse et l’attention ne doivent pas tomber dans l’excès. Il faut être ferme parfois pour éviter des déborde-

ments. » « Lorsque le RMI tombe, certains achètent à boire, et des bagarres éclatent parfois. » Sur le plan affectif, Mathieu témoigne « Je suis allé faire un tour avec un homme un jour, il avait trois fois mon âge et il pleurait sur mon épaule. J’étais impuissant face à sa détresse. Comment réagir ? » Par Laetitia Le Moine

Etudiant et militant

Les dernières élections présidentielles ont créé un véritable engouement politique chez les jeunes. Parmi les étudiants, ce goût de la volonté d’action collective est encore plus prenant. En témoignent les crises estudiantines récurrentes de ces dernières années et les vagues d’encartement qui ont suivi les dernières échéances électorales. Les étudiants, malgré le poids des études, ont une opinion politique et tiennent à le faire savoir.

C

ontrepoint est allé à la rencontre de deux d’entre eux, chacun issu d’un courant politique différent. Pauline a 22 ans, elle prépare un Master 2 de Sciences politiques à Paris 1. Elle s’est récemment vue attribuée le titre d’animatrice fédérale de Paris au sein du Mouvement des Jeunesse socialistes. Yannick, quant à lui, a 21 ans et prépare une Licence 3 d’Histoire à Paris 1. Il est délégué Jeunes MoDem dans le 11e arrondissement de Paris.    

Quelle est la typologie des jeunes de vos mouvements respectifs ? Pauline : « Le MJS recouvre différentes tranches d’âge allant de 15 à 29 ans. C’est un mouvement de jeunes très hétérogène ce qui lui permet de confronter diverses visions po-



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litiques. Nous avons beaucoup de lycéens et d’étudiants mais aussi des jeunes salariés. » Yannick: « La tranche d’âge des Jeunes MoDem n’est pas encore arrêtée. Elle sera fixée d’ici décembre. Le mouvement regroupe surtout des jeunes salariés -parmi lesquels beaucoup de cadres- et quelques étudiants. Il touche des personnes venant de tous les horizons parisiens, du 16e au 19e. » 

Comment conciliez-vous études et vie militante ? Pauline: « Ma priorité c’est le MJS et mon engagement politique. Cela prime sur mes études. Depuis que je suis animatrice fédérale, je ne vais en cours qu’occasionnellement. Les municipales approchants, je suis occupée à plein temps. C’est un engagement que j’ai pris. » 

Contrepoint numéro 7

Yannick: « J’ai commencé à militer en février ce qui m’a permis d’éviter les télescopages entre ma vie d’étudiant et ma vie de militant. Je pense avoir réussi à concilier les deux. Actuellement c’est encore une période relativement calme, ce n’est qu’en janvier qu’il faudra faire des choix. Mes partiels et mes études priment, mais je compte me préserver du temps pour le militantisme. Un accord tacite entre les militants du MoDem est que les études prévalent sur le reste. »

Revendiquez- vous vos sensibilités lorsque vous êtes en cours ? Pauline: « Je suis en Sciences Politiques donc on doit s’affirmer, les problématiques de cours laissent transparaître nos sensibilités. Les gens se rendent vite compte de quel bord


Amis, je vous tiens La dernière fois qu’il ou elle vous est apparu ? Vous portiez un déguisement, mesuriez 1 mètre et chantiez sur le pont d’Avignon à la kermesse de l’école. Depuis, vous êtes devenu un étudiant fauché, qui surfant sur une vague de nostalgie, voudrait bien retrouver sa lors que nos ancêtres devaient se résoudre à attendre un heureux hasard pour retrouver ceux qu’ils avaient jeunesse sans payer perdu, la génération Web peut espérer bien mieux. un Sherlock Holmes Evincé le système des pages blanches qui trouve ses limites quand vous n’avez qu’un prénom ou une image des temps moderen tête. Bienvenue sur des sites de rencontres d’une tout autre nes. Enquête sur les trempe, où “retrouvailles” remplace le mot “drague”. Une photosecrets d’Internet… graphie, une adresse mail, une petite dose de curiosité et des

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on est dans un tel cursus. On a beaucoup de discussions, on est dans une période où il y a beaucoup de choses à dire. Et quelque soir leur bord, tant que les gens ont une discussion construite, le dialogue est intéressant. » Yannick: « Les cours d’Histoire sont assez anonymes, je ne m’affiche pas en tant que militant. J’aime parler politique, les gens avec qui je discute le savent. Mais je n’engage le débat qu’avec ceux qui le veulent. Je ne revendique pas mes opinions mais je ne les cache pas non plus. » 

Comment en êtes-vous arrivé à militer ? Pauline: « Au départ, j’étais en Licence d’éco. Je cherchais ma voie. J’avais un peu de temps et j’ai voulu m’engager politiquement. C’est une

idée que j’avais depuis longtemps en tête. J’ai ensuite fait un M1 Communication politique et publique à Paris 12. Cela ne m’a pas plu, je voulais une formation plus de fond que de forme. C’est ce que m’a apporté le militantisme. » Yannick: « J’ai toujours aimé la politique, j’ai eu le virus depuis mes années collège. J’ai toujours voulu en faire. Hésitant au début, j’ai néanmoins toujours été sensible au discours de Bayrou. L’ambition d’un parti centriste libre indépendant et vouloir s’assumer comme l’un des 3 grands partis politique français. Quand il a commencé à avoir un écho dans l’Opinion, j’ai immédiatement pris ma carte. Je suis dans l’action politique et non dans un groupe de pensée ».  Propos recueillis par Hadrien Santos

anecdotes prêtes à être dévoilées : le bon vieux temps et l’innocence reviennent… Un site dont le nom a largement circulé, Les copains d’avant, compte aujourd’hui plus de 5 millions de membres et plus d’un million de photos souvenirs, et propose depuis peu une gratuité totale aux internautes. « Au début, j’y suis allé par curiosité, juste pour voir si je me voyais sur les photos de classe. Et puis j’y ai inscris mon nom et je reçois environ tous les 15 jours la liste des nouveaux inscrits des établissements que j’ai fréquenté. Avant il fallait payer un forfait pour écrire à ceux que l’on reconnaissait. Maintenant que cela est gratuit, il n’y a plus de barrières » explique un étudiant membre depuis un an.

… et je ne vous lâche plus ! Autre site actuellement en vogue, l’américain Facebook (trombinoscope). L’encyclopédie Wikipédia mentionne qu’ « en juillet 2007, il rassemblait (...) plus de 46 millions de membres à travers le monde”. Aujourd’hui ouvert à tous et gratuit, il reste cependant réservé aux utilisateurs maîtrisant un minimum l’anglais. « Le fait que tout se passe en anglais peut être vue comme un problème » argumente un adhérent. « Pour le fonctionnement ? En marquant son cursus, on se met en réseau avec tous les membres de nos écoles déjà répertoriées, et sinon des pages se créent par établissement dès qu’un certain quota d’élèves inscrits est atteint. On se rassemble et on forme un groupe, c’est cela le principe. » Tout le monde voit aujourd’hui Facebook comme un futur géant du Web au même titre que Google, MSN, … qui devrait drainer peu à peu les communautés installés sur les différents sites type Les copains d’avant. Car le site ne se contente pas d’aider à retrouver d’anciennes connaissances, il sert aussi à en faire de nouvelles et à les entretenir. Particulièrement addictif, le site rassemblera bientôt 1 million de membres en France dont 50% s’y connecte quotidiennement pour se tenir au courrant de la vie de ses amis et de son cercle professionnel, gérer ses soirées et ses achats, se détendre grâce aux milliers d’applications disponibles, … Facebook devrait donc continuer sa fulgurante ascension dans les prochaines années au détriment des sites dits « de retrouvailles », surtout utilisés par les plus de 20 ans. La « computer generation » n’a plus besoin de retrouver ses contacts, elle ne les perd plus. Par Laetitia Le Moine & Guillaume Féret

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Les jeunes sont-ils plus

conservateurs que les vieux ? Alors que la logique et l’histoire voudraient que les jeunes soient plus progressistes que leurs parents, il semble que le constat inverse se dessine peu à peu aujourd’hui… Et si tout s’était inversé ? Et si nous étions déjà des « vieux cons »? Université, travail, amour, Contrepoint a recueilli les avis des jeunes. Témoignages.

L

e mariage, André, 22 ans, master 1 d’Histoire à l’Institut Catholique de Paris, y croit « à mort ». Et à fortiori le mariage religieux. Il rajoute, heureux : « tu sais que Tony Blair s’est converti au catholicisme ?! ». Gaby, 21 ans, 3ème année de Lettres modernes à la Sorbonne, ne déviera pas de cette ligne. Elle lance sans hésiter : « Dans un monde où les valeurs se perdent, le mariage est important parce qu’il permet de sauvegarder les valeurs », et même de « protéger la famille ». « Le mariage ? C’est non ! », pour Jordan, 22 ans, 3 années universitaires chaotiques pour finalement se contenter de son Bac STT. Il voit la chose de façon très prosaïque ; pour lui, cela est synonyme de « cérémonie, gens à inviter, pognon à dépenser… Non, trop cher ». Inutile aussi : « si tu veux rester avec quelqu’un, tu restes avec elle, point barre, pas besoin de mariage ».

d’inscriptions de l’université pour la financer ? », Juliette dit oui, mais. La condition ?  « Si il y a des bourses adéquates, pour les étudiants qui ne pourraient plus aller à la fac [du fait de l’augmentation des droits d’inscription] ». Elle bondit néanmoins quand on lui cite le chiffre de 1000 euros : « Impossible ! Pour moi, le principe de la fac c’est d’être ouvert à tout le monde ». Gaby résume le même avis d’une formule : « la sélection doit être intellectuelle et pas financière ». Si le chiffre de 1000 euros fait bondir Juliette et Gaby, André reste de marbre et propose carrément de lui-même. « Augmenter les droits ? Si ça finance l’université, oui, mais que ça reste raisonnable, 1000 euros par exemple ». De son côté, Matthias, s’enflamme encore : « ouais, putain la fac c’est censé être un privilège et non un truc de glandu ! Pour faire prendre conscience des échecs, c’est bien, faut pas non plus voir la fac comme des vacances ! ».

Fidèle… à ses envies ? Et la fidélité, a-t-elle encore un sens ? Pour Hélène, 21 ans, 3ème année d’école de management d’art, c’est clair : « tu peux être heureux et fidèle alors qu’en général le mot fidèle a une connotation négative ». Du haut de ses 22 ans, Matthias, Master d’Histoire en cours, s’emporte avant même d’avoir écouté toute la question. « Sans la fidélité, tu peux pas bâtir quoi que ce soit. Faut être fidèle à ses idées. Faut pas prostituer son nom au nom d une élévation sociale ! » Je termine ma question : en couple… Il rectifie : « ah ben la aussi si tu te mets avec quelqu’un, faut pas regarder ailleurs ». Juliette, 21 ans, Master 1 d’Histoire à la Sorbonne, répond aussi nettement : « J’espère ! » mais quand on lui demande si elle mettra sa pratique en concordance avec ses principes, elle précise qu’il « peut y avoir des failles »…

On trie sur le volet ? Poser la question de la sélection à l’université à Gaby est inutile, elle est convaincue au

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Janvier 2008

L’avenir est en nous… ou dans le contrat ?

poss i b l e : « C’est très b o n n e idée ! Car les classes auront alors un très bon niveau !». Et si Gaby est recalée ? « Il est possible de retenter l’année suivante, et tu fais autre chose pendant l’année, si tu rates ». Jordan, en revanche, est catégorique : « Je suis contre, histoire que ça soit accessible à tous ». Avec un air de bon samaritain, il ajoute : « histoire qu’un bon boulot soit disponible pour tout le monde ». Matthias est, lui aussi, contre. Comparaison à l’appui : « On va pas faire des facs des écoles d’ingénieurs ! ». André, lui, est mitigé. Il se dit d’abord contre, puis se ravise : « Je ne suis pas pour une sélection bête et conne, pas pour avoir les meilleurs, mais pour que les étudiants aient des débouchés ».

Par ici la monnaie ! A la question « doit-on augmenter les droits

Contrepoint numéro 7

Quand on lui demande si le CDI (contrat de travail à durée indéterminée) doit évoluer vers plus de souplesse, Jordan reste fidèle à lui-même : « Mon avis est celui du mec qui veut gagner du pognon, donc le CDI est intouchable ». Gaby confirme : « Il faut absolument protéger le salarié avant tout, car le patron est privilégié et peut toujours retomber sur ses pattes en cas d’ennui. Pas le salarié ». Hélène assure que « le CDI est un bon contrat et ne doit pas être supprimé. Par contre, il devrait exister d’autres contrats qui permettent aux employeurs plus de possibilités tout comme pour les salariés ». André est bien le seul à se prononcer pour une évolution du CDI luimême. Il affirme sa volonté de voir créer « un contrat de travail unique » plus souple. Ces jeunes-là sont-ils conservateurs ? Révolutionnaires ou contre-révolutionnaires ? C’est à vous de juger ! Propos recueillis par Benjamin Lagues


Le ministère de l’Enseignement supérieur est en passe d’obtenir le bonnet d’âne du recyclage du papier. Un étudiant imprime plus de 250 kilos de papier par an : les universités françaises défrichent en 365 jours environ la surface de Paris. Au premier rang des consommateurs : les bibliothèques universitaires.

Le grand gachis

«

Est-ce que tu peux me prêter ta carte ? Qu’est-ce que t’étudie ? Qu’est-ce que tu fais ce soir ? » Il est facile de s’imaginer les questions d’un bellâtre, draguant une jeune fille dans la salle des photocopieuses. Pendant ce temps, la jeune fille pille la moitié d’un ouvrage, sans prêter attention à la santé du livre photocopié, sans se rendre compte de la qualité du papier su lequel elle imprime. Il y a quelques semaines, le Grenelle de l’environnement mettait au vert le pays. La question du papier y a été éludée quelques mots. Selon le collectif « L’alliance pour la planète », les administrations publiques peuvent réduire de 50% leur consommation papier. Comment le monde universitaire, gros consommateur, envisage-t-il ce problème ? Le ministère de l’Enseignement supérieur n’a toujours pas répondu à nos questions. Mais les documentalistes sont nombreux à s’inquiéter du problème.

Des budgets serrés pour une offre limitée

témoignages

Pouvez-vous envisager des bibliothèques sans photocopieuses, avec une consommation de papier « Nous sommes encolimité ? re des enfants gâtés » Amélie, 24 ans, Master de droit : « Même si lâche Marie-Christine nous passons à l’ère du tout-numérique, je Dulck. Pour Odile Vipense que l’homme ne pourra jamais s’hageannel-Larive (Paris bituer à lire sur un écran d’ordinateur. C’est VII), à la retraite, c’est viscéral : nous avons besoin de lire sur du une question de civipapier. » lisation : « Nous imprimons et photocopions Jean-Paul, 19 ans, Licence d’Histoire : « Nous ne pourrons vivre sans photocopieuses, tout, car nous avons car il y aura toujours un vieux bouquin qui été éduqué dans une ne sera pas numérisé dans des réserves culture du papier » profondes et oubliées. En revanche, limiter (Bulletin des bibliola consommation papier me paraît indisthèques de France). pensable pour l’avenir de nos forêts. » Cette raison explique la lenteur de la numéZoé, 32 ans, documentaliste : « Pour une fois, risation nécessaire des les arguments économiques vont dans le vieux livres qui tommême sens que la défense de l’environnement. Réduire la consommation papier bent en miettes. permettrait de diminuer le coût financier Est-il seulement endes bibliothèques, tout en protégeant la visageable de passer Nature. » au « tout-papier recyclé » ? Réponse agacée d’un universitaire : « Mais plus personne utiliserait les photocopieuses ! Vous n’imaginez pas à quel point cette source de revenus est nécessaire pour entretenir les livres. » Tout bon archiviste relèvera dans cette phrase un paradoxe : la photocopie « tue à la longue » les ouvrages imprimés. Continuer à les photocopier revient à augmenter le budget dédié à leur entretien ! Il faudrait donc abattre les arbres pour sauver la culture, à une heure où le monde de la culture se mobilise pour sauver les arbres... Voici un chiasme qui laisse songeur. Par Gaël Vaillant

La principale raison de cette consommation excessive est à chercher dans l’endroit le plus mal aéré des bibliothèques : la salle des photocopieuses. La Bibliothèque Sainte Geneviève (Paris III) estime que près de la moitié des livres disponibles sont photocopiés par semaine. Une estimation très vague due à l’absence de statistiques. A ce facteur quantitatif, s’ajoute la qualité, supérieure, du papier. Pour Marie-Christine Dulck, à la comptabilité de la bibliothèque de la Sorbonne, il y a trois raisons qui justifie l’utilisation du papier non-recyclé : le matériel, l’offre et la demande. Tout d’abord, les imprimantes encaissent mal les ramettes de papier recyclé. L’université devrait racheter un matériel nouvelle génération, mais il y aurait alors un surcoût financier trop important pour le budget des services documentation. Le problème de l’offre est aussi d’ordre financier. Les fournisseurs ne proposent pas d’offres intéressantes avec du papier recyclé. Si le coût du bois a augmenté, les fournisseurs « en profitent pour gonfler leur prix », selon un documentaliste du centre Cujas. Antalis, fournisseur actuel de Paris I et IV, n’a pas voulu répondre. Néanmoins, selon Loïc Levaxelaire (Paris I), ces la presse et le papier recyclé contrats permettent 52% d’économie par rapport aux prix du Les journalistes sont les premiers à faire l’éloge du recyclage. Mais les médias marché. sont aussi parmi les premiers consommateurs de papier de qualité. Ce paradoxe se justifie avec des arguments de marketing. De nombreuses études pro« Une culture du papier » duites dans les années 90 ont prouvé que les lecteurs ne lisaient pas des jourPour la défense des fournisseurs, il y a une véritable demannaux en papier recyclé. Car le papier recyclé est « peu lisible », moins agréable à lire. Plusieurs publications ont tenté de sortir sur du papier recyclé : personne de d’un papier de qualité. « Les élites françaises veulent cette ne les a acheté et elles ont disparu. Imprimer un magazine en couleurs et paqualité et elle est essentielle à la qualité de leur travail. » : telle pier glacé est presque une question de survie pour la Presse. est la réponse laconique de la bibliothèque de la Sorbonne.

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La culture, domaine réservé des riches ? Du temps de notre jeunesse, nous nous souvenons tous de ce fameux blablatage blanc sur fond bleu qui précédait notre Disney préféré, et dont nous ne connaissions que les premiers mots « toute copie est formellement interdite … ». Plus de 10 ans se sont écoulés, et aujourd’hui plus besoin d’un double magnéto, un simple ordinateur suffit pour infiltrer la banque mondiale que représente internet.

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ourtant, se sont toujours les mêmes mots qui sont répétés encore, et d’autant plus. Après plusieurs mesures drastiques pour lutter contre le plus grand fléau de l’industrie culturelle, l’Accord Olivennes proposé par le PDG de la FNAC semble enfin mettre d’accord tous les acteurs de cette lutte. Mais que nous attend-il réellement avec cette énième loi ? Explications.

DADVSI quoi ??? Pendant l’été 2006, le Parlement avait profité de l’accalmie des vacances pour voter toutes sortes de lois plus ou moins épineuses, dont est ressortie la célèbre crise du CPE. Passée totalement inaperçue, la loi DADVSI pour la lutte du téléchargement illégal n’en était pas moins importante, car concernant une grande majorité de la population française. Néanmoins, les quelques reportages TV qui s’étaient penchés sur le sujet avaient bien saisi les fondements de cette loi : la

culpabilité et le répressif. « Le téléchargement est mal, vous faites mourir des artistes, et continuez ainsi vous conduira tout droit en prison avec une grosse amende ». Evidemment, cette première ébauche n’eût pas du tout l’effet escompté, et ne réussît pas à atteindre ses objectifs, principalement dû au fait qu’elle ne faisait pas l’unanimité auprès des principaux acteurs (des Fournisseurs d’Accès à Internet entre autres). Plus d’un an après, Denis Olivennes, PDG de la FNAC, délivre un rapport au Parlement concernant l’état de l’industrie culturelle, ainsi qu’un certain nombre de mesures. Ces dernières ont apparemment séduits la majorité puisque ce qui portera le nom d’ «Accord Olivennes» a été validé le 23 novembre dernier par le Parlement, ainsi que par 42 organismes issus de des secteurs musical, cinématographique et audiovisuel, ainsi que par les FAI.

M e lt i n g P o t

Dvd le mois Gaulois En attendant le film Astérix et les Jeux olympiques (sortie 30 janvier), vous allez pouvoir réviser vos classiques. Deux ans après la sortie en dvd de la « trilogie Gaumont » (Astérix chez les bretons, La surprise de César, Le coup du menhir), les premières aventures de notre héros gaulois sont remises au goût du jour. Produits par Raymond Leblanc, Astérix le gaulois et Astérix et Cléopâtre avaient réussi en 1967 et 1968 à égaler les records d’audience du Livre de la Jungle de Walt Disney. Restauration, documentaire, bonus sont au rendez vous pour le plus grand bonheur de tous les fans du petit gaulois teigneux. Astérix le gaulois, Astérix et Cléopâtre et Les 12 travaux d’Astérix, sortis en Dvd le 15 janvier, prix moyen : 14€ chacun. Gaêl Vaillant

L’homme qui mît tout le monde d’accord Alors, qu’en est-il finalement des nouvelles règles à suivre ? Mr Olivennes a souhaité avant tout des mesures plus pédagogiques : plutôt que d’accuser, il faut responsabiliser l’utilisateur, et cela passe par Ghilarducci l’aide précieuse des FAI, qui joueront un rôle majeur dans les opérations de « répression » : un mail d’avertissement sera envoyé à l’utilisateur un peu trop gourmand, et une interruption de son accès à Internet, voire une résiliation de son contrat seront mise en place si on ne respecte pas cet avertissement. Ces actions seraient dirigées par une autorité administrative indépendante prévue dans la loi qui, à court terme pourrait même faire des tests de filtrage de contenus web. Evidemment, inutile de préciser qu’il sera toujours possible aux ayants droit de produits culturels de poursuivre

Expo l’Atelier d’Alberto Giacometti Au Centre Pompidou Jusqu’au 11 février Les expositions de Beaubourg ont le mérite d’être toujours très complètes et documentées, et nous le prouvent une nouvelle fois avec « L’Atelier d’Alberto Giacometti », parfaitement réussie. Même si on pouvait s’attendre à mieux concernant la restitution de son mythique atelier insalubre et emprunt du génie du maître, on peut quand même en ressentir l’ambiance grâce à de nombreuses photographies et au mobilier récupéré. Les œuvres, quant à elles, sont grandioses : troublantes, mouvantes et insaisissables, c’est l’ensemble de la condition humaine qu’elles évoquent. Pauline Richaud

en justice les plus gros pirates. Les associations des Consommateurs s’alarment d’ores et déjà de la «surenchère répressive», tandis que Mr Olivennes se veut satisfait et rassurant, estimant cette loi appropriée à tous. La réelle évolution se fera sentir dans les prochains mois avec l’objet majeur des critiques : l’abolition des protections numériques (ou DRM) des CD, qui empêchait la lecture sur certains types de matériels comme les IPod. Autre changement : le raccourcissement de la période séparant

CD le meilleur de Polnareff En 2007, 34 ans après sa dernière scène française, Michel Polnareff retrouve enfin le public français lors d’une série de concerts au Palais Omnisports de Bercy. Intitulée “Ze (re)tour 2007”, la soirée du 2 mars 2007 est désormais immortalisée sur ce double CD live. 20 tubes indémodables, 20 perles : de Je suis un homme à On ira tous au Paradis en passant par Les Gonzesses, lesquelles sont l’obsession de Pol’ et peut-être la source de sa force créatrice. Michel compare le processus de cette force à celui de la formation d’une perle. La nacre générée permet à l’huître de se protéger de la poussière intruse. La souffrance de l’huître donne naissance à la perle. Continue de nous faire rêver, Michel, avec tes petites perles.


Plus largement, Mr Olivennes prévoit également de solliciter le conseil de l’Union Européenne pour une uniformisation du taux de TVA pour les biens culturels, qui serait sans doute bien plus bénéfique au marché du disques qu’une accusation et répression systématique du téléchargement, qui ne fait que répondre aux besoins grandissant des utilisateurs. Qui a dit que la culture n’était pas réservée qu’aux riches ? Par Laure Ghilarducci

Ciné It’s a free world ? Pitch : Angie se fait virer d’une agence de recrutement pour mauvaise conduite en public. Elle fait alors équipe avec sa colocataire, Rose, pour ouvrir une agence dans leur cuisine. Avec tous ces immigrants en quête de travail, les opportunités sont considérables, particulièrement pour deux jeunes femmes en phase avec leur temps. Dans ce nouveau film, Ken Loach critique sans retenue le système économique britannique a travers trois thèmes principaux : la famille, le chômage et l’immigration en mettant en scène une personnage qui le subit. Une belle démonstration de la force du système sur les choix de chacun doublé d’un très beau portrait de femme. Indispensable.

Radiohead,

quel que soit le prix A l’origine d’une réflexion sur l’industrie du disque qui tend à être suivie par de nombreux artistes, Radiohead captive. Bilan sur une prise de risques inédite.

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n marge depuis l’expiration de son contrat avec EMI et la mise à disposition de son dernier opus, “In Rainbows” en téléchargement libre sur son site, Radiohead signe un contrat avec Apple pour commercialiser cet album, sur le site iTunes, pour 7,99 livres (13,4 euros). Cette initiative, existante mais marginale, semble porter ses fruits.

Web: Radiohead est suivi The Eagles et Madonna ont abandonné leur maison de disques en 2007, imitant ainsi d’autres vedettes. Parmi eux, Joni Mitchell et Paul McCartney se sont ralliés à Hear Music. Nine Inch Nails cautionne également ce système et sortira son prochain album sous cette forme. Prince ou Coldplay sont tentés de suivre le mouvement, comme d’autres, « frustrés » par leurs majors. La liberté leur est rendue et le succès lié à la publicité générée par Internet en fait une alternative à une industrie musicale oppressante et mal en point. La pertinence de ce système renforce son impact : le téléchargement, à l’origine du déclin de la vente de CDs, devient une arme et un outil marketing. D’autre part, alors que les artistes les moins connus et indépendants avaient des difficultés à produire leurs albums et ne pouvaient pas vivre des concerts, Internet se présente comme LA solution. Ainsi, mieux que Myspace, ce moyen de distribuer la musique fa-

Livre Mes chères études, Laura D. (Broché) La sortie du livre de Laura D., Mes chères études, révèle un drame contemporain : Laura, comme 40 000 autres étudiant(e)s selon le syndicat Sud-Etudiants, se prostitue pour pouvoir poursuivre ses études. Un témoignage magnifique, d’une très violente réalité. Ce livre n’est pas là où on l’attend. Ni larmoyant, ni obscène, il revêt la forme d’un roman d’initiation moderne, adapté au monde d’Internet et des facilités à communiquer. L’auteur décrit avec réalisme ce à quoi elle s’est tristement livrée, mais aussi avec beaucoup de mesure, sans redite, sans exagération. Choquer ? Éventuellement. Faire comprendre et réagir ? Oui, surtout. Un livre plein de courage à lire absolument.

voriserait le bénéfice d’une notoriété plus forte et la rentabilité de leur activité grâce à la scène.

Un concept : Pay-what-you-want L’idée selon laquelle le « client » est libre de fixer le prix qu’il estime juste ou qui correspond à ses possibilités remet en cause la valeur de la musique, et pas seulement. Pour certains, le choix du prix est parfois plus commerçant. Dans le cadre musical, entre en jeu le degré d’admiration envers l’interprète concerné. Il est plus agréable de récompenser son idole en sachant que la somme versée ne passera pas par toute une « machination ». Le fait de proposer un prix libre influence aussi la démocratisation culturelle. Ceux qui n’avaient pas 20 euros pour se payer un album sont désormais libres de choisir leur prix d’accès à la culture. Le principe « pay what you want » fait des émules. Jane Siberry’s pay-what-youwant music store en est un exemple. Il s’agit d’un équivalent de iTunes  où le tarif est libre (avec un prix minimum fixe). Cette alternative est désormais proposée par des comédiens, auteurs, maisons d’édition (Ambrosia Publishing), et restaurateurs (“Terra Bite Lounge”, Der Wiener Deewan). Bien sûr, les positions de Radiohead ne font pas l’unanimité. Le groupe serait en train, par la « désintermédiation », de détruire l’industrie musicale. Quoi qu’il en soit, « In Rainbows » s’est classé en tête des ventes des charts américains, avec 122 000 exemplaires vendus. Un véritable pied de nez à toute l’industrie musicale. Elodie Buzaud

Théâtre L’Hotêl du Libre-Echange Théâtre national de La Colline, jusqu’au 24 février Feydeau réussit vraiment bien à Alain Françon. Il s’était révélé, il y a presque vingt ans, avec la mise en scène de Une Dame de Maxime, restée dans les annales depuis et qui avait fait connaître un certain Dominique Valadié. Aujourd’hui il s’attaque à l’autre chef d’œuvre de l’absurde Georges Feydeau : l’Hôtel du Libre-Echange. On rit à La Colline comme on a rarement rit de la critique sans pitié des bourgeois de son époque et des situations complètement folles en séries. Côté distribution : Clovis Cornillac est surprenant, naïf et fleur bleue ; Anne Benoît est parfaite en ménagère rebelle et Jean Yves Chatelais l’irrésistible maître d’Hôtel. Un spectacle à ne pas rater pour bien débuter l’année.

M e lt i n g P o t

les sorties de films en salle en Vidéo Sur Demande à 6 mois (et à plus long terme, 4 mois) au lieu des 8 mois actuel, faisant directement concurrence aux sorties DVD. La VOD fait également des émules sur les chaînes TV, qui doivent user de multiples ruses pour lutter contre le téléchargement des séries en vogue, un acte qui est presque devenue une institution chez les aficionados de Lost, Desperate Housewives, ou Heroes, énorme succès aux US mais véritable bide en France dûe à une diffusion trop tardive par rapport au calendrier américain. La diffusion en quasi-simultanée avec les US semblent également être une bonne alternative, et a déjà fait ses preuves (FBI : Porté Disparu ou Prison Break).


Handball / Études Entre les deux nos cœurs balancent Beaucoup d’étudiants arrêtent le hand-ball après leur bac pour se consacrer entièrement à leurs études. Certains prennent des chemins extrêmes en passant de la doctrine « un corps sain dans un esprit sain » à « je ne peux plus vivre sans mes cigarettes ». D’autres ne se laissent pas faire et continuent la voie qu’ils ont emprunté, à savoir le sport dans un club de plus ou moins haut niveau.

Sports études pour les courageux

hand si son école n’avait pas mis en place une section spéciale pour sportifs.

Se débrouiller par ses propres moyens D’autres pourtant se lancent dans cette aventure en édifiant eux-mêmes leurs emplois du temps. C’est le cas d’Eric, arrivée cette année à Tours en master de STAPS et qui a trouvé un club de handball pour se défouler totale-

Le Handball, est un sport d’origine allemande, c’est C’est le cas de Kévin étudiant à Lyon ment assuré. Si les instances sportives unid’ailleurs la raison pour laquelle ont prononce « balen école d’ingénieur. Le hand-ball, il en versitaires tel le SUAPS, encadrent assez le » comme en français contrairement au sport anglais fait depuis plusieurs années. Il est ancien bien la vie sportive étudiante, nombreux comme le football. Le principe est simple deux équimembre du pôle espoir, une préparation sont ceux qui ne peuvent pas s’épanouir pe de 7 joueurs (1 gardien de but et 6 joueurs) sur un au haut niveau qui confère le statut de totalement dans une équipe universitaire. terrain rectangulaire séparé en deux camps tentent de marquer des buts. Comment faire ? C’est un peu handballeur professionnel. Au lycée déjà, “Quand j’étais en club j’étais souvent remun mélange entre foot et basket, on à un ballon en il oscille entre cours, révisions du bac, enplaçant maintenant que je suis en SUAPS, main et on doit marquer dans les cages adverses qui traînements et match. Le Bac S en poche, je suis un pilier de l’équipe” affirme un étusont quand même plus petite que celle des gardiens il fait une demande pour intégrer l’école diant. Il y a alors une solution qu’adoptent de foot. Le Handball se divise en plusieurs catégories, de l’INSA à Lyon où est mis en place une d’autres étudiants, à savoir travailler dans Division 1, Division 2 les plus prestigieuse équivalensection pour les sportifs. Il intègre l’équile hand-ball soit à mi-temps en période te de la D1 ou D2 de foot. On trouve ensuite la natiope de Villeurbanne qui évolue en Division scolaire, soit pendant les vacances. Si ils nale 1, nationale 2, nationale 3. Se succède ensuite les 2 et National 2 cette année. Pour lui ce ne peuvent pas jouer durant l’année unichampionnats régionaux et départementaux sera l’équipe de N2. Première année diffiversitaire, ils peuvent toujours transmettre cile pour Kévin qui s’adapte malgré la fatigue. ment. Evidemment son cursus est lié au sport leurs savoirs au plus jeunes. Des initiatives qui Heureusement l’aménagement de ses heures mais ça rend la tâche encore plus difficile vu la permettent au hand-ball de durer et dorer un par son école l’aide à s’en sortir. Pour sa deuxiè- fatigue qu’il accumule. Les étudiants qui mal- peu plus son blason. me année ce sera 18 heures de cours pour 8 gré leur bon niveau n’ont pas le temps de praPar Jean-Phillipe Louis heures d’entraînements soit presque tous les tiquer ce sport très éprouvant physiquement, Les dates importantes jours, sans oublier les matchs le samedi soir. Il peuvent toujours intégrer l’équipe de leur uni1/8e de finale : le 20 mars 2008 admet qu’il serait difficile pour lui de jouer au versité avec à la clé un poste de titulaire quasiphase finale : 31 Mars, 1er Avril et 2 Avril 2008 à Rennes

interview

Entretien avec un étudiant en école d’ingénieurs à Lyon. Comment se sont déroulées les sélections pour toi ? Ben en fait, je suis à l’INSA qui est une école d’ingénieur et je fais également sport étude handball. En plus, le directeur de la section sport a l’école est aussi l’entraîneur de la FFSU handball. Alors, il est venu me voir et m’a dit qu’il y avait un championnat universitaire et qu’il souhaitait ma présence, je n’ai pas hésité j’ai dis oui. Comment se passe la compétition ? Au début, toutes les équipes sont divisées en différentes poules par région. Nous sommes dans la zone Sud-Est. Dans notre

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poule, il y a cinq équipes, il faut que l’on termine dans les deux premiers et on accèdera aux huitièmes de finale. Après, il faut se qualifier pour les phases finales. Là il n’y a plus de poules définie par région, ça devient national. Les huit équipes qualifiées se retrouvent en deux poules de quatre, pour les finales qui se déroulent en deux jours. Cette année les finales se déroulent a Rennes. Dans ton école la FFSU est-elle connue? Je dois avouer, que oui, pour certains matches on a même eu des supporters. Vous savez c’est en championnat entre les différentes écoles de la région, alors on veut a tout prix montrer que notre école est la meilleure. De

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plus, les résultats sont affichés, l’endroit où on joue aussi. Tout le monde, à la fac, peut suivre notre parcours. Pourquoi as tu décidé d’aller a la FFSU ? J’adore mon école alors je voulais vraiment jouer pour elle. En plus, pour mon adaptation ça a été plus facile, car j’ai quitté la Guadeloupe pour venir a Lyon. Le fait de faire la FFSU mon intégration a été plus rapide a l’école. Ca m’a aussi permis de faire plein de connaissance, le sport c’est génial pour ça. Vous êtes vous fixés des objectifs? Bien sûr! Cette année, l’objectif est simple car nous sommes les tenants du titre. Il faut tout simplement conserver notre titre et

notre compétition sera réussie. Dans ton école chaque sport possède son championnat ? Oui, il y a tous les sports, du foot, du water-polo, de la danse....et tout le monde essaye de faire de son mieux pour représenter son école. Toi tu n’as pas eu besoin de participer aux sélections, mais il en existe quand même ? Il est vrai que je suis un peu privilégié, mais chaque personne souhaitant intégrer la FFSU doit passer par des sélections pour n’importe quel sport. Cela permet d’avoir une équipe compétitive pour le championnat de france. Propos recueillis par Julien Cohen


Aimez-vous l’argent ? C’est le nerf de la guerre, même s’il ne fait pas le bonheur. Il y a ceux qui l’aiment assez pour se faire payer à leur juste valeur, se motiver (pour en gagner plus), faire des budgets (et les respecter), penser profits, rentabilité, performances financières… Et ceux qui l’aiment mal, au point de surestimer leur valeur sur le marché, de courir après des châteaux en Espagne, de tout lui sacrifier (principes, amitiés, vie privée, etc.), de ne pas assez calculer, planifier, contrôler… Dans quelle catégorie vous situez-vous ? Cochez chaque fois la proposition qui vous correspond le plus. Vos notes de frais : a. On vous demande souvent de les réduire. b. Vous avez tendance parfois à les gonfler. c. Vous y passez le moindre cent dépensé. d. Vous vous les faites rarement toutes rembourser. Votre « solution » pour redresser rapidement une entreprise en difficulté : a. Procéder à une augmentation du capital. b. Geler les investissements. c. Réduire la masse salariale. d. Augmenter le temps de travail (sans augmenter les salaires). Quand on vous demande combien vous gagnez par mois : a. Vous trichez à la hausse. b. Vous envoyez bouler l’indiscret. c. Vous trichez à la baisse. d. Vous déviez la conversation. Aujourd’hui, pour réussir, vous pensez qu’il faut d’abord : a. Avoir beaucoup de chance. b. Des relations bien placées. c. Beaucoup bosser. d. Ne pas être timide.

Quand vous établissez un budget : a. Vous voyez large, il y a toujours des dépenses imprévisibles b. Vous cherchez la rentabilité maximum. c. Vous calculez serré en traquant les dépenses inutiles d. Vous vous contentez des grandes lignes, vous ne rentrez pas dans les détails. Quand on vous demande une augmentation ?

a. Vous l’accordez facilement, même quand elle est hors budget. b. Vous demandez une contrepartie, des assurances en échange. c. Vous avez toujours du mal à dire, même si vous savez qu’elle est méritée. d. Vous avez du mal à dire non, même quand vous savez qu’elle n’est pas méritée. Quand on vous sucre une prime (injustement) : a. Vous négociez à l’amiable pour en récupérer une partie. b. Vous vous sentez humilié et vous cherchez un moyen pour vous venger. c. Vous harcelez votre direction jusqu’à ce que vous l’obteniez. d. Vous êtes déçu, mais vous n’osez pas réclamer. Dans les négociations commerciales : a. Votre dossier est bien préparé, vous avez une marge de manœuvre pour vous adapter. b. Pour vous, c’est un combat avec un gagnant et un perdant. c. Vous vous sentez souvent un peu sur la défensive. d. Vous avez tendance à faire facilement des concessions. Quand vous confiez un budget : a. Vous faites confiance a priori. b. Vous évitez autant que possible, vous préférez garder le contrôle. c. Vous exigez des comptes-rendus réguliers et précis. d. Vous vous sentez soulagé, débarrassé d’une corvée.

Le bon job, c’est celui qui : a. Éclate bien. b. Rapporte un maximum. c. Dure longtemps. d. Ne prend pas la tête. Bill Gates, l’homme le plus riche du monde (51 milliards de dollars), vous inspire plutôt : a. De l’admiration.

b. De l’antipathie. c. De l’envie. d. De la méfiance. Le crédit, c’est fondamentalement : a. Le seul moyen pour s’offrir tout, tout de suite. b. Fait pour les blaireaux. c. Une gigantesque arnaque. d. Un danger pour les ménages.

Un peu de Maths

L’épitaphe de Diophante Dans l’Anthologie Palatine de Métrodore du grammairien Métrodore de Byzance, qui vécût sous le règne de Constantin, on trouve cette épitaphe de Diophante, le célèbre mathématicien d’Alexandrie : « Passant, dans cette tombe repose Diophante. Ô merveille ! elle dit mathématiquement combien il a vécu. Dieu lui accorda le sixième de sa vie pour son enfance ; il ajouta un douzième pour que ses joues se couvrissent du duvet des adolescents ; en outre, pendant sept ans , il fit brûler pour lui le flambeau d’hymen, et après cinq ans de mariage il lui donna un fils, hélas ! unique et malheureux enfant, auquel la Parque ne permit de voir que la moitié de la vie de son père. Pendant quatre ans encore, consolant sa douleur par l’étude des chiffres, il atteignit enfin le terme de sa vie. » Fort de ces indications, pouvez-vous dire combien de temps dura la vie de Diophante et dater toutes les principales étapes ?

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Par Gilles d’Ambra

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Contrepoint n°07  

Etudiants et pouvoirs d'achat : l'âge du système D

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