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EDITORIAL Et de trois !

Vous avez (enfin) entre les mains le troisième numéro de Contrepoint. Vous avez pu suivre l'actu étudiante tous les jours sur notre site Internet, ainsi que des analyses et compte-rendus de la présidentielle et des événements liés. Au programme dans ce numéro 3, la présidentielle, encore. Des photos de nos journalistes prises le soir du second tour, mais aussi le programme du nouveau président pour nous, jeunes et étudiants. À vous de voir s'il respectera ses engagements. Ras-le-bol de la politique ? Envie de vous détendre ? Pourquoi ne pas vous mettre au pole dancing ou partir en vacances par le rail — en écoutant les Fatals Picards ou un bootleg de DJ Zebra — ? Si vous avez une âme de hippie, il vous est également possible d'aller au festival burning man aux États-Unis. Cela vous coûtera cher et la rentrée risque d'être difficile, mais pas si vous avez bien sûr su la préparer en ayant bien choisi votre « prêt étudiant » ; nous vous donnons la marche à suivre. Pour ceux qui souhaiteraient travailler à la rentrée prochaine vous souvenez-vous que la France accueillera la prochaine Coupe du monde de Rugby ? N'attendez pas, il y a des places à prendre dans l'organisation et de l'argent à se faire. En parlant d'argent, savez-vous qu'il y a un véritable business de la Sorbonne ? Tournages et défilés rapportent gros, mais où va l'argent ? C'est le dossier de ce numéro qui ne sera pas le dernier, la prochaine édition de votre canard arrivant dans moins d'un mois... Merci de votre soutien ! Steven Jambot Rédacteur en chef

CONTREPOINT EN IMAGES ..............................................page 3 FACOSPHÈRE La Sorbonne à louer......................................................page 4 Interview de Nicolas Boudot............................................page 5 Prêts étudiants : mode d’emploi......................................page 6 Le programme de Nicolas Sarkozy pour les jeunes................page 7 Echos des facs.............................................................page 7 FOCUS La Pink School, ou comment danser sous toutes les coutures...page 8 Vous avez dit bootleg ? L’approche de DJ Zebra...................page 9 CONSCIENCE LIBRE Light my fire.............................................................page 10 Sois jeune et ferme-la !................................................page 11 CULTURE France 24 : une nouvelle vue sur le monde........................page 12 Les Fatals Picards à la conquête de l’Eurovision...................page 13 Melting-pot...........................................................page 12-13 ECONOMIE L’Europe à portée de sac à dos.......................................page 14 SPORT Du champagne au mousseux..........................................page 15 Coupe du monde de rugby 2007, tentez la transformation.....page 15

Directrice de la publication : Julie Deruy 06.76.47.72.59 Rédacteur en chef : Steven Jambot Rédacteur en chef adjoint : Emmanuel Clerc

Ont participé à ce numéro : Hélène Barbaza, Julie Deruy, Mélanie Gaussorgues, Marlène Goetz, Steven Jambot, Laetitia Lemoine, Jean-Philippe Louis, Laurence Louison, Matthieu Rancurel, Pauline Richaud, Théo Saulnier, Anne-Rebecca Willing.

REMERCIEMENTS :

Contrepoint remercie tout particulièrement le FSDIE de Paris1, la Maison des Initiatives Étudiantes, Radio Campus Paris ainsi qu'Animafac.

Maquettiste : Kristoffe Biglete

Imprimerie : Clerc SAS, 5 rue de la Brasserie, 18200 Saint-Amand Montrond. Contrepoint : contact@contrepoint.info

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Contrepoint / Numéro 3 - Mai 2007 / www.contrepoint.info

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Un soir d’élection présidentielle...

Qui a dit qu'il n'y avait pas de jolies filles à droite ?

Elisabeth Guigou, arrivant rue de Solférino quelques minutes avant l'annonce des résultats.

Après l'annonce des résultats, Une foule importante s'est rassemblée place de la Bastille pour exprimer parfois violemment son rejet des résultats du vote.

Photos faites par les reporters de Contrepoint le 6 mai 2007

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La Sorbonne à louer !

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Tournages de films et de téléfilms, défilés de mode, les murs de la Sorbonne ont la cote. Depuis un an, ça s'accélère... Alors que l'on fête ses 750 ans cette année, se dirige-t-on vers une « muséisation » de ce symbole international de la France ou au contraire doit-on voir en cela un coup de jeune pour la vieille dame ? u lendemain de la crise du CPE, le coût total des dégradations pour l'ensemble de la Sorbonne est lourd : 800 000 euros selon le rectorat. L'État annonce qu'il ne paiera pas. Aux universités de s'organiser. Et avec ses salles magnifiques, des immenses galeries, la Sorbonne a des atouts de taille ; c'est donc tout naturellement qu'une augmentation des locations de salles a été décidée. Amorcée en sep- DR tembre 2003, avec notamment un reportage dans « Des racines et des ailes » sur France 3, l'annonce de la réouverture aux tournages avait déjà eu un écho, déclenchant un regain d'intérêt chez les réalisateurs et organisateurs d'événements tels les défilés de modes, tournages de clips et autres débats politico-sociétaux. La tendance actuelle

Depuis près d'un an, on observe une multiplication des tournages en acceptant les films mais aussi les téléfilms tel « Avocats et associés ». De plus, cet automne ont eu lieu les défilés de mode de Yoji Yamamoto et Karl Lagerfeld dans le prestigieux grand amphi orné des fresques de Puvis de Chavanne. Il n'y en avait pas eu depuis 1997. Ce genre d'événements n’est pas nouveau. Le premier défilé datait de 1920 par Lanvin. En 1958, Marcel Carné choisissait la Sorbonne pour une scène de son film « Les tricheurs ».

cières qui se déroulent à la Sorbonne. La présence d'étudiants — normal dans une université —, c'est aussi des figurants bénévoles ! Cédric Klapisch a ainsi fait appel à quelques 200 étudiants pour son dernier film, Paris, où Fabrice Luchini joue un professeur d'histoire. Chacun peut ainsi avoir sa seconde de célébrité... Financer la fac grâce au cinéma ?

« Les coûts sont particulièrement bas. C'est moitié moins cher que d'autres lieux de tournage » nous a déclaré un réalisateur. De 2 000 à 16 700 € pour une journée de tournage, c'est en effet

très raisonnable. La moyenne des prix de location d'une salle est de 2 500 € par jour et par salle. Les factures s'élevant entre 8 500 et 11 000 euros, cela fait tout de même une somme. Bien sûr, tous les réalisateurs ne louent pas le Grand Amphi à 16 700 € la journée, mais les recettes sont au final importantes pour les universités de la Sorbonne : elles s'élèvent à plus de 200 000 euros. Toutefois, comme l'explique Nicolas Boudot, chargé de communication du Rectorat de Paris et responsable de la coordination des tournages (cf. interview ci-contre), l'argent perçu « bénéficie à l'ensemble des universités parisiennes », et donc pas seulement celles dépendant de la Sorbonne. Dommage... En attendant, c'est sans doute bon pour l'image de la Sorbonne, les caméras accentuant sans doute son prestige, mais sans doute plus national qu'international. Et ce n'est pas la multiplication des tournages et défilés de mode qui fera remonter les universités de la Sorbonne dans le classement mondial des universités... Steven Jambot

Un lieu, une histoire : les raisons du succès ? Richelieu, Érasme, Simone de Beauvoir, tant de nom attachés à l'université des humanités. La Sorbonne n'est pourtant pas véritablement demandée pour le tournage de films historiques, même si l'on a vu dernièrement Ilan Duran Cohen y tourner Les Amants du Flore. Elle n'est pas non plus ouverte à tous les styles — pas sérieux s'abstenir — ; ce sont plutôt des tournages de films et séries poli-

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Interview de Nicolas Boudot

Nicolas Boudot, chef de cabinet du recteur de l'académie de Paris

un budget total et bénéficie donc à l'ensemble des universités parisiennes.

Quels sont les lieux les plus demandés ? Le Grand Amphithéâtre, les couloirs et les grands halls du palais académique arrivent en tête. Les petits bureaux dans les étages de la Sorbonne sont également intéressants pour les réalisateurs.

Au total, combien rapportent les tournages et les défilés de mode ? On arrive à gagner entre 150 000 et 180 000 € avec les seuls tournages. Avec les défilés de mode on dépasse les 200 000 €. Notre souhait serait bien évidemment d'augmenter les recettes.

“ Faire venir des caméras lui donne un côté positif et dynamique. ” Comment les prix sont-ils fixés ? Et à qui et quoi l'argent est-il destiné ? C'est le conseil de chancellerie, réunissant l'ensemble des présidents des universités parisiennes, qui fixe les tarifs. L'argent perçu est réinjecté dans

Comment déterminez-vous les propositions que vous allez accepter ? Nous sommes généralement DR regardants sur un minimum d'exigence culturelle, au point de repousser certaines demandes, même si nous sommes moins regardants. La majorité des producteurs qui viennent nous voir souhaitent tourner des séries policières ou de type justice. Ce qui les attire c'est le palais académique qui ressemble à une salle des pas perdus de tribunal. L'architecture comme la décoration intérieure sont assez proches de celles des bâtiments du palais de justice de Paris. Nous n'acceptons plus les courtsmétrages car nous ne sommes jamais payés. Il doit y avoir des priorités au sein d'une université ? Comment

est-ce que cela s'organise ? Les tournages sont marginaux. Un tournage ne prime jamais sur une manifestation académique, et ne doit pas perturber les cours, même si la plupart des tournages se déroulent dans le palais académique où il n'y a pas de cours. C'est pour cela que nous préférons les tournages la nuit, le week-end, et pendant les vacances. Il nous est déjà arrivé de repousser un tournage parce qu'une manifestation académique était prévue.

Pour vous, la multiplication des tournages est une bonne chose ? Je crois. La Sorbonne, qui fête ses 750 ans cette année, est un peu la représentation du savoir en France. D'un point de vue symbolique et esthétique cela ne peut pas nuire à l'image de la Sorbonne. Au contraire, ça lui donne un côté jeune. La Sorbonne est une vieille dame, faire venir des caméras lui donne un côté positif et dynamique. Propos recueillis par Steven Jambot

Quelques tournages récents à la Sorbonne : - 36 quai des Orfèvres, de Olivier Marchal, 2004 - La Panthère rose de Shawn Levy, 2004 - Le Concile de Pierre, de Guillaume Nicloux, 2005 - Trésor et Joséphine, de Jérôme Gargil, 2006 - Les Amants du Flore, d’Ilan Duran Cohen, 2006 - Paris, de Cédric Klapish, 2007

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Prêts étudiants : mode d’emploi

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Bientôt la fin de l’année scolaire, et, qu’on le veuille ou non, il est grand temps de penser à notre devenir pour la future rentrée qui nous attend le sourire (vicieux) aux lèvres. aperasses, choix d’orientation, inscriptions, logement… Tout ceci pour se rendre (enfin ?) compte qu’une fois de plus il va falloir banquer, et que les prix d’amis, dans le milieu, on connaît pas. Pour la plupart d’entre nous, le crédit parental répond « négatif », et il est grand temps de trouver une solution de secours. Pour ceux qui ne se sont pas encore lancés à la conquête de Wall Street, dépêchez-vous, les délais pour les dépôts de dossiers sont bientôt finis ; pour les Copyright Hélène Barbaza retardataires ou les recalés choisissez pour ce prêt n’est pas la d’office, reste une solution : le prêt étuvôtre, elle demandera à ce titre une diant sous toutes ses formes. ouverture de compte. Et oui, ces malignes profitent évidemment de cette Ces diplômes on les veut, malheureusedemande pour rameuter des clients ment ils ont un prix ; pour ceux qui veujeunes, qui ont du potentiel pour leurs lent se risquer au prêt : mode d’emploi. futures affaires. Un prêt bancaire, c’est un engagement Prêt bancaire : un engagement imporlourd et un remboursement sur la durée tant (les intérêts, frais d’assurance par exemple, sont débités tous les mois) ; et bien C’est décidé, il faut donc emprunter une entendu, un cautionnaire bien trié sur le certaine somme afin de se maintenir sur volet sera exigé pour l’obles rails. tention de la somme. La solution qui frappe la preLa meilleure solution mière à l’esprit : le prêt bancaire ; et La solution la plus avantalà, ça se comgeuse : le prêt d’honneur. plique un peu car Qu’est-ce donc ? Encore peu connu de le choix est large. On aurait tendance à tous, le prêt d’honneur est une somme faire confiance en sa banque attitrée, conséquente, entre 1000 et 4000 euros, mais, bien au contraire, il ne faut pas délivrée par le CROUS. Le taux d’intérêt hésiter à comparer les offres de chaque est de… 0% (fixe), eh oui, là est son prinbanque. cipal avantage ; le remboursement, lui, Chacune propose son taux d’intérêt, plus se fait 10 ans maximum après la signaou moins élevé, proportionnel à la ture. La condition : Il faut être inscrit dans somme empruntée et au délai de remune université ou un établissement releboursement. vant du ministère de la Jeunesse, de l'Éducation Nationale et de la La majeure partie des renseignements Recherche. À qui s’adresser ? Au ser(taux, délais de remboursement…) se vice des bourses de votre université ou trouve sur le site Internet de chaque au CROUS directement. banque, signalée par un onglet « jeunes », Le dossier est à retirer à partir du 1er mais seul un rendez-vous avec un septembre et à rendre soit avant le 30 conseiller permettra de comparer judioctobre, pour la première commission, cieusement les différences des offres. soit avant le 31 janvier, pour la seconde. Un hic toutefois : si la banque que vous Hélène Barbaza

“ Ces diplômes on les veut, malheureusement ils ont un prix. ”

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TÉMOIGNAGE

Sylvain, 25 ans, vient de finir ses études d’infographie :

Pourquoi cet emprunt ? À l’époque, je suivais une licence professionnelle en multimédia, formation qui exigeait implicitement l’usage quotidien d’un ordinateur — en plus de ceux proposés dans les salles de cours. J’ai donc été obligé de faire appel au fameux « prêt d’honneur » universitaire pour m’équiper à mon domicile d’un ordinateur de qualité. Etudiant en devenir, je savais que je serais à même de pouvoir rembourser cet emprunt dans les proches années à venir. Comment as-tu entendu parler du prêt d'honneur ? Par d’anciens élèves de la fac Paris 8-St Denis. Comment as-tu fait ta demande ? Au service des bourses universitaires de la fac. Il faut savoir qu’il y a la queue grave au début de l’année scolaire !

Les critères qui t'étaient demandés ? Prêt accessible sous quelles conditions ? Les critères sociaux sont très peu importants par rapport aux critères universitaires : résultats scolaires, appréciations des profs, résultats aux examens, niveau de diplômes, redoublements éventuels. Il est possible de demander plusieurs prêts d’honneur à raison d’un seul par an. Il faut aussi savoir que le prêt d’honneur n’est pas possible aux étudiants bénéficiant déjà d’une autre bourse, quelle qu’elle soit.

Délais pour l'obtenir ? Garanties demandées ? Juste un dossier à remplir. Seule difficulté : patienter à l’accueil de la bourse et ne pas rater les sessions d’administration du prêt d’honneur (3 commissions dans l’année).

Quand, comment, à qui dois-tu rembourser ? Le service du prêt d’honneur peut commencer à réclamer son dû (qui, à noter, ne peut pas dépasser les 4 000 €) à partir de la dixième année qui suit la demande.

Ton avis sur ce prêt ? Utile à condition de coller un post-it indélébile sur son bureau pour éviter de pleurer dix ans après…


Le programme du nouveau président pour les jeunes et les étudiants

Nicolas Sarkozy a été élu président de la République. Si vous l'avez soutenu, voici la reprise de ses propositions pour les jeunes et les étudiants. Si vous ne le portez pas dans votre cœur, voilà ce qui vous attend...

ÉDUCATION

- Plus d’autonomie pour les universités, grâce à une modification de leur statut, pour aller vers une responsabilisation accrue des établissements - Augmentation du budget de l’enseignement de 50 % en 5 ans - Suppression progressive de la carte scolaire - Faire revenir les meilleurs étudiants partis à l’étranger par des rémunérations adaptées - Aide à l’accès au crédit pour les étudiants avec un prêt à taux zéro contre l’engagement de suivre un programme d’accès à l’emploi - Installation de campus de dimension européenne dans chaque grande ville - Ouvrir les bibliothèques, universités et installations sportives le soir, le week-end et pendant les vacances

AIDES

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EMPLOI

- Les étudiants qui travailleront seront défiscalisés et leurs revenus ne seront pas pris en compte dans le calcul de leurs ressources pour l’attribution de bourses et de logements

RECHERCHE

- Revaloriser la situation des post-doctorants et des jeunes chercheurs en créant des contrats de recherche d’une durée de 5 ans

SANTÉ

- Prise en compte du temps passé à l’éducation des enfants dans le calcul des retraites

- Augmenter les bourses et les allouer dès le premier jour de la rentrée - Multiplier les bourses aux mérites et étendre leur attribution aux enfants des classes moyennes - Supprimer l’obligation de caution et de dépôt de garantie tout en protégeant les propriétaires des impayés

ORIENTATION

- Créer une première année généraliste en université pour approfondir l’orientation de certains étudiants - Adapter le nombre de places dans chaque filière en fonction de la réalité des débouchés - Doublement des places en IUT et en Licences Professionnelles

Echos des facs

Gênantes et dangereuses, les fenêtres de la Sorbonne : suite à l'occupation de la Sorbonne pendant les manifestations contre le CPE, les fenêtres côté rue de la Sorbonne ont été condamnées. Alors que les fortes chaleurs nous font étouffer, c'est quelque peu gênant. De plus, en cas de nouveau mouvement estudiantin, les grévistes ne devront plus ouvrir les fenêtres, mais les fracturer ou les briser !

Inchangée, la situation des fumeurs aux abords de la Sorbonne : ils sont toujours invités à jeter leur cigarette sur le trottoir ! Alors, ils viennent ces cendars ? Nombreux : les retours suite à notre précédent numéro dont la « Une » était consacrée à la prostitution étudiante.

Terrible : l'effet du retour des beaux jours (pardon, du réchauffement de la planète) sur les étudiants : siestes au jardin du Luxembourg ; « il fait trop chaud pour travailler ».

Spécial été : c'est la thématique de notre 4e numéro à paraître début juin.

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Light my Fire

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Difficile d’exprimer son côté hippie idéaliste dans les soirées parisiennes ? Envie de fuir l’ambiance karaoké du Club Med de Palavas cet été ? Tu rêves d’un revival Woodstock déjanté, de danser nue entourée d’hommes licornes ? Alors le festival Burning Man est fait pour toi ! urning Man, c’est l’histoire de Larry Harvey, un artiste anticonformiste qui faisait chaque année brûler un mannequin géant sur une plage de San Francisco entouré de quelques amis. Il définit ce rituel comme son propre solstice d’été, son propre carnaval, avec ses règles. Au fil du temps, cette petite fête privée s’est très vite transformée en manifestation géante anticapitaliste, réunissant des milliers d’Américains en quête de liberté, si bien que tout ce petit monde a du déménager… dans le désert du Nevada ! Quinze ans plus tard, le festival est aujourd’hui devenu une véritable ville éphémère, ne durant que l’espace d’une semaine au mois d’août, et attirant entre 30 000 et 40 000 « burners ». La journée, on peut s’initier à tout ce dont on a toujours rêvé : atelier de yoga, stands de patin à roulettes, peinture corporelle, trampoline, et même exercices pour trouver son point G ! La nuit venue, le camp se transforme en rave party géante. Ton corps vibre aux basses sourdes des percussions, sous un ciel parsemé de lasers multicolores.

gigantesque orgie ? En fait, pas vraiment… Certes, drogue et alcool sont omniprésents, mais en ce qui concerne le sexe, il parait que les tempêtes de sable récurrentes ne facilitent pas le coït… !

Une utopie anticapitaliste

Là bas, rien ne s’achète. Tout est basé sur le don ou l’échange, en protestation contre la société de consommation. Pour pouvoir y aller, il faut proposer un projet artistique ou prouver qu’on a quelque chose à apporter à la communauté. À une consommation passive répond une participation active, qui interdit qu’on ne soit là que pour regarder. Des œuvres d’art fleurissent aux quatre coins du camp, mais tout est brûlé à la fin de la semaine pour montrer qu’au fond, tout est éphémère, et pour rompre avec notre tendance à l’accumulation. Les libertés individuelles sont poussées à leur paroxysme, dans les limites du possible. Ainsi, si tu veux te promener nu avec des palmes pour te mettre dans la peau d’un canard, chanter du Mike Brant à tue-tête, te rouler dans du beurre de cacahuète, aucun problème ! Loin de te jeter des pierres, les gens salueront ton ORIGINALITÉ. Une question s’impose alors à nos petits esprits pervers : ce soi-disant festival n’est-il pas plutôt une

On imagine alors un festival fréquenté par une bande de post-ados adeptes de la techno parade, d’anarchistes de mai 68 sur le retour ? Pas du tout ! La majorité des « burners » ont entre 25 et 60 ans, et la plupart d’entre eux sont dans la vie « réelle » de simples employés américains désireux de fuir leur train-train quotidien.

“ Ne serait-il pas tentant d’adopter, durant l’espace d’une semaine, un mode de vie tout à fait différent ? ”

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« L’événement le plus cool des EtatsUnis »

Les points de vue sur le « festival du désert » varient néanmoins. Même s’il reste pour certains puristes un acte de protestation contre la violence, la répression et le consumérisme américain, il représente aussi pour beaucoup une simple fête branchée. Proclamé « l’événement le plus cool des Etats-Unis »,

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Burning Man a perdu nombre de ses valeurs initiales. On y vient du monde entier par curiosité, au détour d’un voyage, mais aussi parce que c’est « cool » d’être contestataire, à cette époque où on voit fleurir de multiples mouvements « anti tout »… Burning Man est aux branchés ce que la panoplie punk ou antéchrist est pour les ados en crise de rébellion. D’ailleurs, Microsoft a repris ce concept pour organiser une grande fête dans le désert Mojave à l’occasion du lancement de la X Box 360. Larry Harvey a dû avaler son lait de soja de travers… De plus, l’entrée dans ce petit monde fabuleux a un prix. Le ticket coûte entre 195 et 225 dollars, ce qui peut paraître surprenant étant donné les valeurs anti consuméristes DR prônées… Sans parler des nombreux produits dérivés à vendre sur le site internet… Mais en fait, cela s’explique par les nombreuses installations du camp, et les nouvelles technologies qui l’envahissent pour renforcer l’impression de « monde parallèle », et qu’il faut bien financer. Comme quoi cette petite société utopique doit-elle aussi se conformer aux réalités matérielles…

Mais oublions trente secondes ce point de vue prosaïque… Ne serait-il pas tentant d’adopter, durant l’espace d’une semaine, un mode de vie tout à DR fait différent ? De s’offrir une parenthèse poétique et libératrice loin de ses obligations ménagères ? Quitte à ce que le retour à la réalité soit ensuite douloureux… La prochaine édition aura lieu du 27 août au 3 septembre, et aura comme thème « The Green Man », c'est-à-dire la relation entre l’homme et la nature. Ecolos invétérés, h o m m e s plantes et jeunes filles libérées seront donc de la partie…

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Pauline Richaud


Sois jeune et ferme-la !

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Le culte de la jeunesse scruté par l’oeil critique ... d’un " jeune " tout court ? endant longtemps, j'ai cru que la jeunesse était une étape de la vie et que, comme toute bonne chose, elle avait une fin. Or la jeunesse n'est plus ce qu'elle était. Disons plutôt que nous ne sommes plus les mêmes vis-à-vis d'elle. Certes elle est toujours l'objet de nos convoitises. Qui n'a jamais désiré la légère, l'Ephémère Jeunesse? Celle qui, lorsqu'on lui fait l'amour, nous boute hors de son plumard? Cette Jeunesse qui nous baise, insatiable et insatisfaite. Cette Jeunesse qui ne nous aime pas. Et qui prend un malin plaisir à nous refiler mi-usés à la Vieillesse, qui s'en contente - et nous avec.

Obsédé par son bien-être optimal, l'Homme n'admet pas cet échec. Après avoir consacré des siècles à conquérir l'Espace, il souffrirait de ne pas maîtriser le Temps. Ce Temps qui doit s'arrêter, de sorte que la Jeunesse ne nous file pas entre les doigts. Il faut posséder la Jeunesse, de la même manière qu'elle nous a diaboliquement possédé. Elle sera notre Eternelle épouse, de 7 à 77 ans. Le Diktat de l’Eternelle Jeunesse, ou l’obsession de la beauté et du temps.

autres orifices de nos enfants-rois de la consommation, ces Duce à qui l’on donne Raison et Fric sous peine de caprices princiers.

L’identité « Jeune », avatar n°1 de la culture de masse

Oui messieurs-dames, il faut être gentil avec les Jeunes. Indulgents et solidaires même. Offrons-leur toujours de produits « jeunes » à des tarifs toujours plus réduits. La carte d’Identité du Jeune, c’est la Carte Navigo, la carte d’étudiant,

Et puis elle sera belle la Jeunesse, forcément. Il faudra qu’on le soit aussi, qu’on se démerde, qu’on paraisse entre 15 et 25 ans. Les gamines de 6 ans n’auront qu’à transformer leurs culottes en strings en deux coups de Fiskars, et les quadragénaires s’adonneront sans plaisir au lifting pour dissimuler leurs plis. Rester beau, jeune, lisse et Copyright Hélène Barbaza performant au pieu, c’est là que réside notre salut. à défaut de carte bancaire pour les Sinon, à quoi sert-il de vivre et de travailjuniors. Quel délice que de le voir ler plus vieux ? engoncé dans son uniforme unicolore suédois H&M . Dans la paume de sa La Jeunesse, c’est la Vie. De simple main droite, un Ipod turquoise métalpériode volatile du vécu, la Jeunesse lique, à travers les écoutilles duquel les s’est muée en idéal de l’immuabilité, de dernières prouesses de la Chorale l’immortalité, voire, pire, de la Vérité. Nationale à Nikos (ah il agace) tournent Une Vérité pas belle à entendre pour ces en boucle. pauvres vieux chnoques harcelés par leur apparence ringarde et leur honteuse Le Jeune est décidément l’Apôtre du bon érosion physique.Cette vérité théorisée goût populaire, le Prophète en sa Culture par nos ingénieurs, formatée par les de Masse, le Souverain en sa médias, sortant de la bouche et des

Communauté, en son Peuple Jeune qui s’autocélèbre et qui du passé fait table rase. Je m’étonne que la devise épicurienne « Carpe Diem » ne fasse l’objet d’une campagne publicitaire. La Jeunesse au Pouvoir ?

Exaltation de la Jeunesse spirituelle et corporelle, l’Ordre Nouveau est en place. Tout le monde doit marcher au pas (de l’oie). Ceux qui ne sont pas pour les Jeunes ou pour la Jeunesse sont contre eux. Certains papis font de la résistance antijeune et crient à la discrimination. Les Jeunes leur rétorquent sans surprise qu’ils sont vexés, jaloux voire racistes, et que leur seul intérêt à survivre consiste à défendre leur titre nobiliaire de « personne âgée », trop généreusement accordé par la bonne conscience populaire.

D’autres, au contraire, sombrent dans la dépendance à l’anti-rides, tout en s’habillant le plus « jeune » possible au risqueDR de paraître ridicule. Les Jeunes ne sont pas dupes : ils veulent bien les accepter, mais, au même titre que les Latins dans la classification raciale nazie, ils n’occupent qu’une place secondaire dans la hiérarchie. Car, assassin de la peau lisse ou pas, le Vieux reste un poids pour sa progéniture. Qui a encore la décence de lui payer ses retraites, quand elle ne le laisse pas croupir au fond de quelque bagne du quatrième âge ou autre congélo funèbre. Le jeunisme est une dictature totalitaire, la Jeunesse est violée. Quant au Jeune, il est à l’image de l’Arabe, de l’Homo ou du Vieux : il n’existe pas. Alors, la Jeunesse au Pouvoir ? Demandez conseil à notre nouvelle génération de politiciens, qui paraît 40 ans mais en a 55. La Jeunesse a néanmoins un pouvoir : le Pouvoir d’Achat. La société de consommation et les médias ont contribué à cette dépendance à la Jeunesse, opium du Peuple. « Sois jeune et tais-toi ». Consomme et vote pour moi, Gérontocrate. Tu ne sentiras rien.

Florian Bérigaud

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La Pink School, ou comment danser sous toutes les coutures

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tteignant la barre des 30 degrés, l’air du temps aurait tendance, ces derniers jours, à provoquer des sudations intenses. Mais, une autre façon de chauffer muscles et corps, qui plus est avec toute la sensualité renfermée (ou non) au plus profond de chacun(e) d’entre nous se fait entendre : le pole dancing. Réservé aux femmes toutes catégories et dans un cadre tout désigné, il est temps à présent d’enfiler son plus beau bustier et de foncer, tout simplement. Où ? À la Pink School du Pink Paradise, qui se fera une joie d’accueillir nos gambettes ! Bienvenue au Pink, aux barres moussaillonnes !

À ne pas confondre avec le Strip-tease, la pole dance a néanmoins tout de sexy. La différence ? Le Strip, comme son nom l’indique (to strip : se déshabiller) implique un effeuillage, intégral ou non, de la part de la danseuse ; contrairement au pole dancing, moins aguicheur, qui mise plus sur chorégraphie et acrobaties sensuelles.

hauts, top et mini-short version « boxer/pumpum » sont de rigueur. L’équipement ultime consiste en une barre, un peu de celles que l’on voit dans le métro, au diamètre un peu plus large, bactéries et saleté en moins. Début du cours. Tout de suite, la « tension » retombe. Ambiance bon enfant. On fait les présentations, il y a de tous les physiques et de presque tous les âges avec une majorité de 25-30 ans. Un échauffement sérieux est nécessaire. Néanmoins, pour bien réaliser les mouvements et pour être tout de suite à l’aise, avoir fréquenté une salle de fitness auparavant s’avère plutôt utile. La prof apprend à bouger sensuellement autour de la barre. Ses mouvements prennent un côté spectaculaire mais restent simples à réaliser. Il n’en reste pas moins, qu’à ce stade, c’est plus du sport que vraiment de la danse… OK, la technique y est, il ne manque plus que la grâce ! Le plus difficile reste à enchaîner pas de danse sur un fond musical entraînant et mouvements sur la barre.

“ À ce stade, c’est plus du sport que vraiment de la danse… OK, la technique y est, il ne manque plus que la grâce ! ”

La Pink School testée pour vous? On n’y était pas obligées mais l’appel de la barre a été plus fort que tout…

Les écoles de pole dance anglosaxonnes fleurissent depuis quelques années Outre-Manche. C’est pour suivre la tendance qu’a été créée, entre autres, la Pink School en 2006. C’est dans l’enceinte du célèbre Pink Paradise que se déroulent les cours de pole dance. Cette danse lascive s'exécute « autour de » et « sur » une barre métallique verticale (pole, en anglais). Je vous vois venir avec vos pensées lubriques : « Oh les libertines, adeptes de la luxure ! ».

Zéro complexe

Première remise en question en traversant le couloir tamisé-glamour du lieu : « Ohlala, qu’est ce que je fais là ? Sur quel genre de personnes vais-je tomber ? ». Mais il est trop tard pour faire demi-tour : après s’être délestées de 25 euros, on se déshabille rapidement à l’étage. Talons

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Si un jour, vous commencez à vous poser des questions existentielles telles que : « Dois-je investir dans des talons de 12 cm ? C’est qu’on ne peut vraiment rien faire dans ces talons de seulement 7 cm ! », c’en est fini pour vous : vous êtes devenue une pole dance addict.

Hélène Barbaza et Laurence Louison

Après avoir bien transpiré, on prend le temps de papoter « entre copines ». Un sujet est récurrent : afin d’éviter les a priori, une élève n’a pas parlé de ses activités « after work » à son mari, une autre à ses amies… de peur du jugement. Celles qui poussent les portes du « Pink » sont mûes par une certaine fascination de l’art et par une envie de se lâcher. Pour le délire, une bande d’amies se retrouve là pour inaugurer la première partie de la soirée d’enterrement de vie de jeune fille de l’une d’entre elles. D’autres, fans de hip-hop, de fitness, souhaitent compléter leurs connaissances en matière de danse dans un but plus « professionnel ».

La prof : « Mon leitmotiv : l’élégance et l’art ! Ces jeunes femmes viennent pour se faire plaisir avant tout. Danseuse de jazz de formation, si je peux les aider à se sentir mieux dans leur peau et leur donner plus d’assurance, alors j’ai rempli ma mission. Quand certaines veulent pratiquer plus sérieusement, veulent plus de technique et ont du talent, je m’adapte à la demande. »

Une seule envie en sortant du cours : y retourner ! Entre temps, à la maison, frustrée de ne pas pouvoir s’entraîner (on peut cependant s’acheter une barre démontable, mais c’est encore une autre histoire… de sous et d’espace évidemment !), on en profite pour se renforcer musculairement ce sans quoi on est vite limitée.

Mardi et jeudi de 19h à 21h, Samedi de 16h à 18h. Tarif : 25 euros le cours. Bientôt, des cours de niveaux et un cours supplémentaire le samedi matin seront mis en place. Pink Paradise - 49/51 rue de Ponthieu Paris 8ème arrondissement. Informations : 01 58 36 19 20 www.pinkparadise.fr

Pole dance addict

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TÉMOIGNAGE


Vous avez dit bootleg ? L'approche de DJ Zebra

L

Bootleg. Cet anglicisme vous dit sûrement quelque chose. Et si ce n'est pas le cas, sachez que vous en avez écouté malgré vous au détour d'une FM.

e bootleg (ou mash up) est une sorte de duos virtuels réalisés sans le consentement des artistes originaux. Ça circule illégalement sur Internet ou sur des vinyles "White label" et c’est en train de devenir un phénomène en France comme aux États-Unis. DJ, producteur ou musicien, Zebra est surtout spécialiste du bootleg. Son émission sur Ouï Fm le "Zebramix"- qui est diffusée de 20h à 21h connaît un intérêt grandissant chez les étudiants. Contrepoint a voulu en savoir plus sur ce DJ bien particulier qui joue aussi ses bootlegs sur scène avec de grands groupes français comme Louise Attaque.

Qu’est-ce qui différencie le Bootleg d’un simple mix ? DJ Zebra : Un bootleg a souvent l'apparence d'une chanson, qui peut s'écouter hors d'un mix. C'est un travail de producteur plus que de DJ, car il faut sampler, découper, coller et composer avec de la matière difficile à travailler : des chansons pop. Mieux vaut être musicien, ou avoir un bon sens des tonalités, tempo, harmonies, intensité, car on doit créer l'illusion que ce duo existe réellement. La plupart des bootleggers ne sont pas DJs, c'est une façon de travailler différente.

musique, notamment ceux des Beastie Boys (qui ont toujours soutenu le mouvement en offrant leurs a capella sur leur site).

Que penses-tu de l’importance croissante d’Internet dans l’industrie de la musique ? DJ Zebra : C'est très bien pour la promotion et la création. On n'a plus besoin de l'industrie pour faire connaître son travail, et ça crée une émulation salutaire. Tout va plus vite, on peut avoir des retours et un public important grâce aux nombreux sites de découvertes. La preuve : je peux remplir des grandes salles et être tête d'affiche de festivals sans avoir sorti d'album, ni avoir d'articles dans la presse musicale. La consommation de musique a pris un chemin qui va d’Internet > Concerts > Disques. C'était l'inverse il y a encore 3 ou 4 ans.

“ Si la musique devient gratuite, la culture pop s'effondrera. ”

Quels sont les morceaux ou types de musique les plus propices à être mixés ? DJ Zebra : Le hip hop, sans aucun doute. C'est à cause des nombreux a capella disponibles dans ce style, et aussi parce que c'est la musique la plus facile à utiliser pour un novice. Tu peux mettre du rap sur n'importe quelle

Steve Jobs (PDG d’Apple) parle de « libérer la musique », ça parle pour toi cette expression ? DJ Zebra : De plus en plus de gens stockent et écoutent la musique sur leurs i-pod et ordinateurs domestiques. Ils cherchent de la matière et passent de moins en moins par les radios et télé pour être au courant. Et c'est bien

de pouvoir se refiler des mp3, ça aide beaucoup d'artistes talentueux et en marge du système industriel. C'est de cette façon que le Zebramix et les bootlegs sont devenus des phénomènes, avec plus de 70 000 podcasts téléchargés chaque semaine, puis échangés.

Est-ce que tu perçois le bootleg comme une forme de militantisme ? DJ Zebra : Je suis moins attaché au militantisme pro-Internet qu'à un véritable discours sur le droit moral dans l'art. La raison pour laquelle il me plait vraiment de faire des bootlegs est de m'approprier les créations des DR autres pour en faire quelque chose de personnel. Je rejoins l'intention des artistes des mouvements Dada (Marcel Duchamp) et du Pop Art (Andy Warhol) par exemple. On devrait simplifier les démarches pour légaliser des créations utilisant des oeuvres ayant déjà eu leur propre vie. Mais je ne suis pas militant du "tout gratuit". Les bootlegs le sont par défaut, car on n'a pas le choix si on veut se faire entendre

Espères-tu qu’un jour, comme le Bootleg, la musique n’aura plus à s’acheter ? DJ Zebra : Non. Produire de la musique a un coût, il n'y a pas que les artistes qui s'investissent pour que des enregistrements existent. S'il n'y avait pas eu de disques, produits par de bons musiciens dans de bons labels, il n'y aurait pas eu de bootlegs. Et si la musique devient gratuite, la culture pop s'effondrera. Je veux que les artistes que j'aime puissent continuer à enregistrer des disques, donc faisons en sorte qu'ils en vivent sans les obliger à tourner à tout prix. Les Beatles ont arrêté de faire des concerts 4 ans avant leur séparation, alors... Hadrien Santos

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France 24 : une nouvelle vue sur le monde

Le 6 décembre 2006, France 24, résultat de l'association de France Télévisions et TF1, était lancée. Depuis 6 mois, Ulysse Gosset interviewe toutes les semaines une personnalité internationale dans le cadre de son émission « Le talk de Paris », diffusée en français, en anglais et en arabe. L'occasion pour Contrepoint de se rendre dans les studios de France 24 pour faire le point avec l'ancien directeur de l'information de cette nouvelle chaine internationale. Selon vous, qu'est-ce qui différencie France 24 d'une chaine comme CNN ? La différence de regard. L'accent que l'on peut mettre sur l'europe, sur l'Afrique ou sur la France que ne font pas forcément ni CNN, ni Al Jazeera, ni NBC.

Avec 85 millions d'euros de budget, pensez-vous avoir les moyens financiers pour réussir votre pari ? Plus la chaîne se consolidera, plus le budget augmentera. C'est l'espoir des gens qui font cette chaîne. Chaque année avoir des moyens plus importants pour pouvoir faire plus de choses, plus de programmes originaux, et plus de langues. Quelle place France 24 donne-t-elle à

MELTING POT

MUSIQUE : BRETT DENNEN - SO MUCH MORE

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Brett Dennen a débarqué en France à la miavril. Dans ses bagages de printemps, il avait pris garde de ne pas oublier le délicieux album So much more. L’écouter, c’est un peu comme ouvrir une fenêtre sur un paysage tout en rondeur. Entre révolution et amour… Non, Brett Dennen n’a rien oublié. Ce grand bonhomme âgé de 27 ans a fait un tabac en Angleterre et revendique un héritage puissamment folk dont le maître incontestable reste Bob Dylan. Sa voix troublée ajoute au charme. A écouter sans modération, les jours tristes, les jours heureux, les jours fous… Brett Dennen, So much more.

Flora Zanichelli

DR

la culture dans ses programmes ? On y trouve le journal de la culture d'Elizabeth Tchoungui qui donne une large place aux sujets de culture peu traités sur les autres chaines d'information comme la culture africaine. C'est une approche différente de la culture tout comme les reportages diffusés dans les journaux ou lors d'émission spéciales.

“ Je ne crois pas à la disparition de certains médias. ”

DR

L'objectif pour France 24 est-il de compléter ou de concurrencer ces autre chaînes internationales ? Le but est de participer à cette conversation mondiale qui existait depuis des années sans la France. C'etait indispensable pour le rayonnement de la France, pour que les gens aient accès à une autre source d'information, qu'une chaîne française internationnale soit créee. Il n'est pas question de concurrencer mais d'exister à côté d'eux et de faire entendre une autre voix.

L'interview la plus marquante de votre émission ? J'ai recu des personnages assez impres-

LIVRE : N. SEGAUNES, D. DE MONTVALON DICTIONNAIRE INESPÉRÉ DE LA GAUCHE

Qui a dit que la politique était rasoir ? En tout cas, pas lui. Le Parisien/Aujourd'hui en France a publié en mars dernier le Dico inespéré de la gauche, comme de la droite d’ailleurs. Quitte à rire de l’un, autant le faire des deux. Format de poche aux couleurs chatoyantes : rose pour la gauche, bleu pour la droite, ils sont immanquables. Les auteurs, Nathalie Segaunes et Dominique de Montvalon, proposent entre autres une analyse fine et sarcastique de la « bravitude » de Ségolène et du vocable « gnome » chez les gens de droite. Suivez ma pensée !

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Laëtitia Le Moine

sionnants avec souvent des destins extraordinaires. Je pense à la présidente de Lettonie,Vaira Vīķe-Freiberga, à Carla Del Ponte, présidente du tribunal de La Haye, et on pourrait citer cette interview du président iranien Ahmadinejad, en pleine crise nucléaire. Interview très importante, car c'était très difficle de l'avoir, c'est quelqu'un de très controversé, un personnage qui marque son temps.

L'avenir du journalisme passe-t-il par l'Internet ? Internet est devenu indispensable à tout média contemporain, et la chaîne France 24 est la marque entre la convergence Internet et télévision. Grâce à Internet, on se positionne sur l'interactivité et on peut être écouté partout dans le monde. Certes le Web 2.0 a bouleversé le paysage journalistique, mais je ne crois pas à la disparition de certains médias. Tout le monde peut taper un blog ou enregistrer une interview, mais recueillir les informations à la source, donner les faits, ne pas mélanger impression, propagande et réalité, tout ça demande un certain professionnalisme. Il faut de bons journalistes pour une bonne analyse. Julie Deruy

MUSIQUE : THE CINEMATIC ORCHESTRA - MA FLEUR

Cet album était très attendu par beaucoup de gens, je connaissais très mal ce groupe mais ai été ravi par leur musique si douce. Musique parfois nostalgique et à écouter les jours pluvieux, c'est l'intelligence des arrangements et de l'interprétation qui fascinent. 99 tracks pour 11 mouvements ; c'est posé, simple et à la fois très profond. Ce disque vous plonge dans une atmophère particulière qui vous suit et vous reste en tête toute la journée... Magnifique.

Steven Jambot


Gare aux Picards !

Quatre albums et plus de 400 concerts à leur actif. Une place de représentant officiel de la France à l’Eurovision 2007. Les Fatals Picards prennent leur envol et nous emmènent avec eux. Contrepoint s’est penché sur ce groupe de rock picard, pas débutant et assurément loufoque ! Ivan, l’un de ses membres fondateurs répond à nos interrogations.

Un groupe (presque) comme les autres

pour 6. Pour avoir une ficelle picarde il faut acheter la corde en Picardie.

Comment s’est formé le groupe ? A la fac de Jussieu, avec plein d’amiante autour. D’où le nom du groupe.

Des anecdotes sur vos quatre albums ? Sur « Navet Maria » on était cinq et c'était en 2001, « Droit de véto » : trois et c'était en 2003, « Picardia » : quatre et on était en 2005 sur « Pamplemousse » cinq et c'était en 2007. Comme quoi on peut pas vraiment en tirer d'anecdotes croustillantes si ce n'est qu'on fait un album tous les deux ans à peu près. A quel moment mettrez-vous un terme à votre carrière ? Tout est déjà écrit dans les centuries de Nostradamus. Mais nous ne le révélerons qu’après l’Eurovision, sinon ça serait trop facile.

Fatals quoi ?

Fatals, ok, mais êtes-vous de vrais Picards ? Nous ne sommes pas de vrais Picards et là d’où on vient n’est pas important. L’important c’est la rose, comme le disait Gilbert Bécaud.

Private

DR

Que faites-vous en dehors du groupe ? Quel est le pourcentage de temps pris par les Fatals dans votre vie (à plus ou moins 5% près) ? On se repose. Les Fatals Picards nous ont monopolisé 54,87% de notre temps éveillé en moyenne sur les 4,5 derniers mois, mais sans compter les jours fériés, en annualisant les 35 heures, et en partant de la gauche pour compter. Marcel et son orchestre, c’est de la famille ? S’ils font partie de notre famille, ce sont vraiment des cousins éloignés.

Un message à faire passer ? Oui mais malheureusement on l'a perdu en chemin pour venir, c'était un truc très important qui permettait à la fois de stopper les guerres dans le monde, et de fortement diminuer l'acné chez les jeunes.

MUSIQUE : JOHN LEGEND - ONCE AGAIN

MUSIQUE : LCD SOUNDSYSTEM - SOUND OF SILVER

MELTING POT

Indiquez la recette des ficelles picardes [spécialité culinaire régionale, ndlr] pour six personnes. Vous allez chez un marchand de couleurs vous prenez 3 mètres de ficelle, vous coupez à cinq endroits et vous obtenez une ficelle

Musicien, auteur, compositeur, interprète, arrangeur, producteur, John Legend revient avec son deuxième album Once again. Produit par Will.I.am des Black Eyed Peas entre autres, John Stephens de son vrai nom nous fait découvrir un album mêlant RnB, Soul, Gospel. Un son original, qui ressemble à la Soul « Old School » qu’on écoute toujours après 20 ans. Cet album nous fait ressentir un brin de nostalgie sans se détacher pour autant du style actuel. On à l’impression d’écouter du Steevie Wonder ou du Marvin Gaye après une cure d’eau de Jouvence, rien que ça. Un album à écouter à deux.

Jean-Philippe Louis

Et l’Eurovision dans tout ça ?

Lesquels de vos adversaires vous font le plus peur ? Physiquement ou musicalement ? Musicalement on redoute la Roumanie, Chypre et la Suède parce que ce sont des chansons très efficaces.

Ça ne fait pas un peu bizarre de vouloir succéder à Marie Myriam pour un groupe de rock ? Non, ça ne fait pas bizarre, ce serait un honneur immense si on avait la chance de lui succéder. On ne l’a rencontrée qu’une fois lors des sélections. Elle était très sympathique et elle a fait promettre à tous les candidats sur le plateau d’essayer de gagner parce qu’elle en avait un peu marre de venir chanter l’oiseau et l’enfant. Quelle sera votre première décision en temps que vainqueur de l’Eurovision ? Abolir la peine de mort pour les perdants de l’Eurovision, on trouve que c’est vraiment trop injuste. Mélanie Gaussorgues

Voir les Fatals Picards à Paris

23 juin Fête du bassin de la Villette (festival gratuit) 6 juillet Festival Solidays, hippodrome de Longchamp.

Ecouter les Fatals Picards chez soi Navet Maria (2001) Droit de Veto (2003) Picardia Independenza (2005) Pamplemousse mécanique (2007)

MINNIE RIPERTON - PERFECT ANGEL

Sound of Silver est le titre du second album d’LCD Soundsystem. Le New-Yorkais James Murphy ravive ici les rythmes du punk et de la pop et les habillent façon électro. On glisse manière moonwalk sur Time to get away, la pression monte avec Someone great et on finit par se la couler douce façon ballade nostalgique avec New York I love you but you’re bringing me down. Un album construit de bout en bout qui nous charme toujours un peu plus.

Les soirées du Djoon, animées par Greg Gauthier ont du bon. Pour preuve, le passage d’un délicat remix de Lovin’You de Minnie Riperton… Cette jeune dame au sourire espiègle est une diva des années 70 et de leur répertoire funk. Son album Perfect angel Adventures in paradise est un écrin de chansons aux éclats de diamant brut comme Reasons qui ouvre le bal et Feelin’ That The feeling’s Good, qui pourrait traduire, à peu de choses près, l’esprit de l’album…

Flora Zanichelli

Flora Zanichelli

Sound of silver, Emi records, plus de renseignement sur www.lcdsounsystem.com.

Perfect Angel. Adventures in Paradise, Minnie Riperton, EMI records.

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L’Europe à portée de sac à dos

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On dit que les voyages forment la jeunesse, alors pourquoi ne pas tenter, à la manière de Jack Kerouac aux États-Unis, de traverser notre vieux continent à bord du train, tel un véritable « backpaker » ? Zoom sur un tour d'Europe en wagon. ui n’a jamais rêvé, devant des résultats scolaires dont le niveau approche des températures hivernales, de partir à l’aventure, et de saboter les voies menant tout droit à la vie de bureau ? On ne voit pourtant guère d’étudiants parisiens s’engager comme moussaillons sur un cargo Sri lankais, ou même devenir bergers en Ardèche… Une alternative s’offre alors à nous le temps d’un été : il existe une carte qui permet de partir à l’aventure à bord du cheval de fer.

de dormir dans les gares et les trains, façon « Babylon by rail », les autres préfèrent voguer d’auberges de jeunesse en campings. Trente pays européens

La liberté de voyager

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La SNCF, associée aux autres grandes sociétés ferroviaires européennes, propose la formule « Interrail » qui permet de voyager librement en train sur notre vieux continent. Plusieurs laissez-passer différents sont disponibles pour les moins de 26 ans. Ils permettent par exemple de voyager trois semaines d’affilée pour environ 300 euros, ou un mois complet pour une centaine d’euros de plus. Ce système existe depuis les années 70 et a fait la joie de nombreux hippies, mais de plus en plus de jeunes se décident chaque année à franchir le pas. Les uns choisissent

participent aujourd’hui à ce partenariat. Le pass se présente sous la forme d’un carnet dans lequel on note les différents trajets, mais ceux-ci sont illimités car il est possible de demander de nouvelles feuilles de route dans les gares. Charmant, le rail

Payer 400 euros n'est pas forcé-

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ment avantageux dans les régions ou le train coûte peu cher, mais le charme réside surtout dans la traversée continentale, surtout depuis qu'il n'existe plus de système de zones. Il est à noter pour ceux d’entre nous qui n’auraient pas peur de finir au fond d’une geôle hongroise, que les carnets sont aisément falsifiables, permettant ainsi aux audacieux de repousser les limites temporelles de leur exode européen. Les pass Interrail sont disponibles dans toutes les gares de France et de Navarre, et l’on peut également les commander sur Internet. Attention cependant aux sites qui vendent des carnets frauduleux. Vous pourrez également trouver sur la toile de nomDR breux conseils, des carnets de route d’initiés ou même un calculateur de budget pour bien préparer votre voyage. L'Interrail n'est pas un passeport pour les cocktails au bord d'une piscine d'hôtel (plutôt pour les galères et les baskets nauséabondes) mais quel plaisir de jouer, pour une fois, les Indiana Jones... Théo Saulnier


Du champagne au mousseux…

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Le Paris-Saint-Germain n’en finit plus de faire parler de lui. Une journée reléguable, la suivante sauvée, le PSG oscille entre le bout du tunnel et la descente aux enfers. Qu’est ce qui attend le club de la capitale s’il venait à descendre ? Et quel scénario envisager ? aris qui finit sa saison dans le fond de la Ligue 1, voilà qui paraissait impensable à une époque. C’était une question d’honneur et de prestige, le club de la capitale devait toujours viser les premières places et la coupe d’Europe. Mais la réalité est tout autre en cette saison 2006/2007, et le club regarde désormais la 15ème place avec beaucoup d’envie… Et surtout le spectre d’une relégation pèse lourd sur l’avenir du club.

Benfica en coupe d’Europe et PSG-Brest en ligue 2, les joueurs ont choisi. Oui mais voilà, ils l’ont bien cherché. En effet, les discours changent un peu aujourd’hui, les footballeurs reconnaissent mieux leurs erreurs, et ne peuvent plus se cacher. Et oui, 180 000 euros de

budget, les droits de retransmission télévisée sont en jeu. Sur la saison 2005/2006, la ligue 1 a ramassé 31,5 millions d’euros, tandis que la ligue 2 n’a que 5 millions. Évidemment, il y a moins d’intérêt à retransmettre les matchs. Mais avec qui repartir en ligue 2 ? Comment garder les Pauleta, Rothen, Yepes et autre Gallardo ? Choix bien difficile au demeurant. Il serait compliqué de forcer les uns à rester, tandis que les autres seraient bradés à la concurrence de l’élite. Est-il nécessaire d’imiter le FC Metz, qui a renforcé le club après une année seulement de purgatoire en division inférieure ?

« Une question d’honneur et de prestige »

Bien entendu, l’argent, nerf de la guerre, fait partie des problèmes vitaux qu’il s’agisse de préparer la ligue 2 ou de poursuivre parmi l’élite. Et une descente serait dramatique : un budget salarial de 40 millions qui passe à 20 millions, un budget global de 70 millions qui peut s’affaisser de la moitié, certains prétendent des deux tiers. Voilà de quoi inquiéter les actionnaires, les employés, qui jouent gros, mais bien évidemment les joueurs.

Un budget global de 70 millions qui peut s’affaisser de la moitié Que dire à ces « grands compétiteurs » ? La perspective de jouer en seconde division ne réjouira personne : entre disputer PSG-

Les droits télé sont en jeu

DR

salaire par mois ne suffisent pas pour gagner, et il faut prouver qu’on les vaut, comme dans les plus capitalistes des entreprises ! Alors, qui aura le cœur de suivre le club dans ses pires moments ?

180 000 euros de salaire par mois ne suffisent pas pour gagner

En réalité, la relégation serait presque dramatique pour la ligue 1. Chacun sait qu’il y a 3 clubs adorés : Paris, Marseille et Lyon. Une saison, voire plus, sans les PSG-OM et OMPSG ferait fuir plus d’un spectateur. Le nombre d’affiches par journée de championnat diminuerait considérablement, ce qui tomberait mal au moment de renégocier les droits télé. Ainsi, que le PSG descende ou reste, en bien ou en mal, il continuera de faire très largement l’actualité du football français. Matthieu Rancurel

Voilà ce qui changerait en ligue 2 : outre le

Coupe du monde de rugby 2007, Tentez la transformation !

L

L’édition 2007 de la Coupe du Monde de rugby se tiendra en France en septembre et octobre prochain. Au delà de l’événement sportif, la tenue d’un tel événement dans notre bonne vieille France est un formidable générateur d’emploi, notamment pour les étudiants. Et il n’est pas encore trop tard pour postuler ! Suivez le guide ! es inscriptions pour travailler bénévolement pendant la Coupe du Monde sont closes depuis le 31 octobre dernier mais il existe toujours des offres de stages, si vraiment vous tenez à participer gratuitement ! Pas moins de 6 000 bénévoles ont été sélectionnés DR selon leurs compétences et leur disponibilité et répartis dans 87 emplois différents sur les 10 sites qui accueilleront l’événement en France.

monde de rugby 2007, aura l’avantage d’être l’unique agence d’intérim à embaucher spécifiquement pour le tournoi. L’antenne SaintDenis en particulier, qui a la chance de se trouver à proximité du Stade de France. Le recrutement va se mettre en place très rapidement (mai-juin) aussi, pour les volontaires, l’idéal est d’envoyer dès maintenant CV (avec photo, motivations et disponibilités) à l’agence concernée. N’attendez pas les arrêts de jeu !

Passez par le GIP

Pour optimiser et faciliter la mise en place d’une telle entreprise, il n’existe qu’un seul organisme centralisateur de toute l’organisation pour l’ensemble de l’événement : le GIP ou Groupement d’Intérêt Public. Ce qui signifie par exemple qu’aucune ville ne peut effectuer seule un recrutement de personnel pour l’occasion. La solution : le site internet du GIP*. Là, les offres d’emploi de toute la

France sont mises à jour régulièrement et un espace « candidature spontanée » est également à disposition. Misez sur Vediorbis

L’agence de travail temporaire Vediorbis, en tant que partenaire officiel de la coupe du

DR

Adresses utiles - Recrutement Vediorbis (Stade de France) 15 rue des gazomètres, 93211 Saint-Denis la plaine Cedex, mail à saint_denis.001ek@vediorbis.fr - Site du GIP : www.france2007.fr , page « Recrutement », liste des offres et espace candidature spontanée.

Mélanie Gaussorgues

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Contrepoint n°03