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économie NouvelleAquitaine LA LETTRE ÉCONOMIQUE DU CONSEIL RÉGIONAL

N°6

JUIN 2017

SUIVEZ L’INFO SUR NOUVELLE-AQUITAINE.FR

RÉGION START-UP

LA NOUVELLEAQUITAINE MET UN COUP D’ACCELERATEUR Le Conseil régional s’engage à doubler le flux de création de jeunes pousses.

© Région Nouvelle-Aquitaine

© ALBAN GILBERT

PAGES 4 ET 5

SRDEII : la Région, pilote de l’économie de demain


Éditorial N°6

PILOTER L'ÉCONOMIE DE DEMAIN

2/ L’édito

TOUT SAVOIR SUR LE SCHÉMA RÉGIONAL DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, D’INNOVATION ET D’INTERNATIONALISATION (SRDEII) ET SES DÉCLINAISONS SUR LES TERRITOIRES

3/ Stratégie

 SRDEII : la Région, pilote de > l’économie de demain > SRESRI : la concertation démarre

Adoptées mi-février, les modalités d’intervention d’aides aux entreprises fixent le cap de la politique économique régionale dans les dix ans à venir. Accompagner les entreprises vers plus de compétitivité et dans leurs mutations numériques et écologiques fait figure de priorité.

ALAIN

© GILBERT ALBAN

Visite de Stelia Aérospace - Rochefort (17)

4/5 Dossier Start-up : la NouvelleAquitaine met un coup d’accélérateur

6/ Santé > Les neurosciences phosphorent > Innovation sociale dans la Creuse : un groupement d’employeurs dans le médico-social

7/ Datavision L’Usine du futur : activez les leviers !

Focus Industries agroalimentaires

8/ L’agenda Le saviez-vous ? Transformation numérique : L'Europe vous accompagne

LE CONSEIL RÉGIONAL VOUS SOUTIENT Retrouvez, par domaine, le détail des aides du Conseil régional sur le site les-aides.nouvelle-aquitaine.fr RETROUVEZ PLUS D’INFORMATIONS SUR NOTRE SITE WWW.NOUVELLE-AQUITAINE.FR ET SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX.

Après le start, renforçons le up

U

>D  oubler le flux annuel de création de jeunes pousses > Agir sur la phase « Up » > Des fonds à tous les étages > Témoignages de startuppers

ne étape clé de la Nouvelle-Aquitaine vient d’être franchie : l’adoption du Schéma Régional de Développement Economique, d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII). Stratégique, ce document fixe, en matière économique, notre plan de bataille pour les dix ans à venir. Il n’est pas une simple harmonisation des dispositifs des trois ex-territoires. Il est le fruit d’une nouvelle politique plus lisible, offensive et prospective qui s’appuiera sur deux piliers essentiels : la compétitivité et l’équité territoriale. Le développement économique est en effet la condition sine qua none pour lutter contre le chômage et l’isolement de certains territoires. Les mutations actuelles - numériques, écologiques, énergétiques, de mobilité - remettent en cause de nombreux secteurs de l’économie et nous obligent à innover pour anticiper au mieux ces transitions. Dans cette optique, notre ambitieux dispositif « Usine du Futur » vise à accompagner, d’ici 2020, 600 entreprises. Il est aussi de notre responsabilité, de par la loi NOTRe, de créer de nouvelles formes de complicité avec les collectivités territoriales, les intercommunalités, les chambres consulaires, les pépinières, les acteurs économiques... Nous devons mettre tout ce système en réseau et produire de la création et de l’accélération d’entreprises tout comme il est indispensable d’amplifier nos efforts sur la recherche, l’offre de formation et créer plus de passerelles avec les entreprises. Décloisonner encore et parier sur l’humain et les échanges comme moteur central de l’économie. Enfin, parce que nous sommes persuadés que l’innovation est au cœur de l’économie de demain, la Région va redoubler d’efforts, à travers son plan « Région start-up » pour attirer sur ses terres les jeunes pousses, imaginatives et à forte densité technologique. Désormais, dès leur phase de création, l'ambition est d'être au côté de près de 200 start-up à l'horizon 2020. Mais notre ambition va bien au-delà. Conscients des difficultés que ces start-up rencontrent pour se déployer, nous les aiderons à grandir vite, notamment par la création d’un fonds d’investissement capitaldéveloppement de 250 millions d’euros. Les entreprises ont besoin de monter en puissance. Nous serons là pour appuyer sur le bouton du « Up ».

Economie Nouvelle-Aquitaine, la Lettre économique est une publication du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Direction de la communication, 14, rue François-de-Sourdis, 33000 Bordeaux, Tél. 05 57 57 80 00, communication@nouvelle-aquitaine.fr Directeur de la publication : Alain Rousset - Codirecteur de la publication : Stéphane Delpeyrat-Vincent - Directrice de la communication : Aurélie Loubes - Réalisation : Marianne Peyri - Réalisation graphique : Fluorescence - Impression : Imprimerie Malvezin-Valadou (Champagnac) - N°ISSN : dépôt en cours. Photos de couverture : Alban Gilbert.

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© FRANCOISE-R

ROUSSET

Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

SRDEII Il est désormais le schéma de référence sur lequel toute entreprise peut appuyer sa stratégie. Adopté le 13 février dernier en séance plénière, le régime d’intervention du SRDEII liste l’ensemble des dispositifs de soutien régionaux aux entreprises. De par la loi NOTRe, qui donne aux régions la compétence du développement économique, la Région NouvelleAquitaine pose à travers ce schéma un plan d’action harmonisé et uniforme à l’échelle de la nouvelle région. Plus lisible et accessible, cette nouvelle classification des dispositifs devrait permettre aussi aux entreprises, quel que soit leur secteur ou leur statut, d’identifier et d’activer plus facilement les leviers d’impulsion ».

Neuf grandes priorités

Fruit de la concertation de centaines d’acteurs de terrain en 2016, le SRDEII définit neuf grandes priorités parmi lesquelles s’imposent le soutien à la compétitivité et l’anticipation des défis de demain tels que les mutations numériques, écologiques, énergétiques et de mobilité. Des aides collectives à l’équipement, au conseil, à l’innovation et l’internationalisation appuient cette ambition. Des programmes tels que « Usine

du Futur » et « Région start-up », mais aussi en lien avec l’artisanat, l’économie sociale et solidaire sont renforcés et étendus à toute la nouvelle région.

Un nouveau management de filières

A travers le SRDEII, le Conseil régional, en parallèle, impulse une nouvelle politique de management basée sur la création de douze « unités filières » : Agroalimentaire et agriculture, bois et industrie papetière, aéronautique, chimie verte et éco-procédés, filières vertes et écotechnologies, croissance bleue, numérique, santé, tourisme, photonique, matériaux avancés, cuir, luxe, textil et métiers d’art, silver économie… Ces unités, point de contact centralisé par filière, vont rassembler des acteurs économiques, de la recherche et de la formation, clusters et pôles de compétitivité. Ensemble avec tous les acteurs des différents écosystèmes, elles définissent les feuilles de route avec un objectif de partage des stratégies et de créer un effet réseau et écosystémique propice au développement des entreprises.

Des relais d’appui : les collectivités territoriales De plus, dans une optique de dynamiser l’ensemble du territoire, la Région intègre au sein de

RECHERCHE, ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET INNOVATION : LA CONCERTATION D'ABORD ! SRESRI L’enseignement supérieur, la recherche et le transfert de technologie, qui contribuent à insuffler par l’innovation de la valeur ajoutée dans les territoires et à pourvoir aux emplois de demain, constituent l’ADN de notre nouvelle région, nourrie par la double hélice de ses 180 000

étudiants et 12 000 chercheurs. Dans une démarche complémentaire à celle du SRDEII, une large concertation se déroulera en 2017. L’objectif ? Définir une feuille de route pour les dix ans à venir. Dénommé Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (SRESRI),

© ALBAN GILBERT

SOMMAIRE

Stratégie

Des programmes tels que « Usine du Futur » sont renforcés et étendus à toute la nouvelle région.

ce schéma les collectivités territoriales comme relais essentiels de cette stratégie économique globale. Des contractualisations et des conventions de partenariats sont proposées. A titre d’exemple, dans le cadre d’un Living Lab sur les transports de mobilité intelligente et durable, les communautés d’agglomération, par contractualisation, seront des acteurs de terrain pour lancer des initiatives ou mener des expérimentations ».

Un écosystème de financement

ce document stratégique fixera les grandes orientations pour stimuler l’innovation et le transfert, faciliter l’accès des jeunes à l’enseignement supérieur et développer une stratégie de diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle sur l’ensemble du territoire. Suite à la réalisation d’un diagnostic, la concertation auprès de centaines d’acteurs publics et privés démarre ce mois d’avril, par des réunions, dans les 5 sites universitaires principaux de

la Région. Articulée autour de 7 grands thèmes, elle sera suivie par des séquences de concertation plus ciblée avant l’adoption du schéma début 2018. En associant les acteurs économiques et les collectivités, la Région vise à créer davantage de passerelles dans le triptyque rechercheenseignement-entreprise, à élaborer une offre de formations et de compétences plus lisible et en adéquation avec les besoins des entreprises et à développer l’attractivité des territoires. //

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

Enfin, structurant des outils de garantie, de prêts et de prise de participation en capital dans les projets de création ou de développement des entreprises, la Région Nouvelle-Aquitaine vise à constituer un véritable et innovant système régional public de financement, en multipliant des partenariats avec des fonds nationaux, européens, le Programme d’Investissements d’Avenir, l’Agence Nationale de la Recherche… //

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Éditorial N°6

PILOTER L'ÉCONOMIE DE DEMAIN

2/ L’édito

TOUT SAVOIR SUR LE SCHÉMA RÉGIONAL DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE, D’INNOVATION ET D’INTERNATIONALISATION (SRDEII) ET SES DÉCLINAISONS SUR LES TERRITOIRES

3/ Stratégie

 SRDEII : la Région, pilote de > l’économie de demain > SRESRI : la concertation démarre

Adoptées mi-février, les modalités d’intervention d’aides aux entreprises fixent le cap de la politique économique régionale dans les dix ans à venir. Accompagner les entreprises vers plus de compétitivité et dans leurs mutations numériques et écologiques fait figure de priorité.

ALAIN

© GILBERT ALBAN

Visite de Stelia Aérospace - Rochefort (17)

4/5 Dossier Start-up : la NouvelleAquitaine met un coup d’accélérateur

6/ Santé > Les neurosciences phosphorent > Innovation sociale dans la Creuse : un groupement d’employeurs dans le médico-social

7/ Datavision L’Usine du futur : activez les leviers !

Focus Industries agroalimentaires

8/ L’agenda Le saviez-vous ? Transformation numérique : L'Europe vous accompagne

LE CONSEIL RÉGIONAL VOUS SOUTIENT Retrouvez, par domaine, le détail des aides du Conseil régional sur le site les-aides.nouvelle-aquitaine.fr RETROUVEZ PLUS D’INFORMATIONS SUR NOTRE SITE WWW.NOUVELLE-AQUITAINE.FR ET SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX.

Après le start, renforçons le up

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>D  oubler le flux annuel de création de jeunes pousses > Agir sur la phase « Up » > Des fonds à tous les étages > Témoignages de startuppers

ne étape clé de la Nouvelle-Aquitaine vient d’être franchie : l’adoption du Schéma Régional de Développement Economique, d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII). Stratégique, ce document fixe, en matière économique, notre plan de bataille pour les dix ans à venir. Il n’est pas une simple harmonisation des dispositifs des trois ex-territoires. Il est le fruit d’une nouvelle politique plus lisible, offensive et prospective qui s’appuiera sur deux piliers essentiels : la compétitivité et l’équité territoriale. Le développement économique est en effet la condition sine qua none pour lutter contre le chômage et l’isolement de certains territoires. Les mutations actuelles - numériques, écologiques, énergétiques, de mobilité - remettent en cause de nombreux secteurs de l’économie et nous obligent à innover pour anticiper au mieux ces transitions. Dans cette optique, notre ambitieux dispositif « Usine du Futur » vise à accompagner, d’ici 2020, 600 entreprises. Il est aussi de notre responsabilité, de par la loi NOTRe, de créer de nouvelles formes de complicité avec les collectivités territoriales, les intercommunalités, les chambres consulaires, les pépinières, les acteurs économiques... Nous devons mettre tout ce système en réseau et produire de la création et de l’accélération d’entreprises tout comme il est indispensable d’amplifier nos efforts sur la recherche, l’offre de formation et créer plus de passerelles avec les entreprises. Décloisonner encore et parier sur l’humain et les échanges comme moteur central de l’économie. Enfin, parce que nous sommes persuadés que l’innovation est au cœur de l’économie de demain, la Région va redoubler d’efforts, à travers son plan « Région start-up » pour attirer sur ses terres les jeunes pousses, imaginatives et à forte densité technologique. Désormais, dès leur phase de création, l'ambition est d'être au côté de près de 200 start-up à l'horizon 2020. Mais notre ambition va bien au-delà. Conscients des difficultés que ces start-up rencontrent pour se déployer, nous les aiderons à grandir vite, notamment par la création d’un fonds d’investissement capitaldéveloppement de 250 millions d’euros. Les entreprises ont besoin de monter en puissance. Nous serons là pour appuyer sur le bouton du « Up ».

Economie Nouvelle-Aquitaine, la Lettre économique est une publication du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Direction de la communication, 14, rue François-de-Sourdis, 33000 Bordeaux, Tél. 05 57 57 80 00, communication@nouvelle-aquitaine.fr Directeur de la publication : Alain Rousset - Codirecteur de la publication : Stéphane Delpeyrat-Vincent - Directrice de la communication : Aurélie Loubes - Réalisation : Marianne Peyri - Réalisation graphique : Fluorescence - Impression : Imprimerie Malvezin-Valadou (Champagnac) - N°ISSN : dépôt en cours. Photos de couverture : Alban Gilbert.

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ROUSSET

Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

SRDEII Il est désormais le schéma de référence sur lequel toute entreprise peut appuyer sa stratégie. Adopté le 13 février dernier en séance plénière, le régime d’intervention du SRDEII liste l’ensemble des dispositifs de soutien régionaux aux entreprises. De par la loi NOTRe, qui donne aux régions la compétence du développement économique, la Région NouvelleAquitaine pose à travers ce schéma un plan d’action harmonisé et uniforme à l’échelle de la nouvelle région. Plus lisible et accessible, cette nouvelle classification des dispositifs devrait permettre aussi aux entreprises, quel que soit leur secteur ou leur statut, d’identifier et d’activer plus facilement les leviers d’impulsion ».

Neuf grandes priorités

Fruit de la concertation de centaines d’acteurs de terrain en 2016, le SRDEII définit neuf grandes priorités parmi lesquelles s’imposent le soutien à la compétitivité et l’anticipation des défis de demain tels que les mutations numériques, écologiques, énergétiques et de mobilité. Des aides collectives à l’équipement, au conseil, à l’innovation et l’internationalisation appuient cette ambition. Des programmes tels que « Usine

du Futur » et « Région start-up », mais aussi en lien avec l’artisanat, l’économie sociale et solidaire sont renforcés et étendus à toute la nouvelle région.

Un nouveau management de filières

A travers le SRDEII, le Conseil régional, en parallèle, impulse une nouvelle politique de management basée sur la création de douze « unités filières » : Agroalimentaire et agriculture, bois et industrie papetière, aéronautique, chimie verte et éco-procédés, filières vertes et écotechnologies, croissance bleue, numérique, santé, tourisme, photonique, matériaux avancés, cuir, luxe, textil et métiers d’art, silver économie… Ces unités, point de contact centralisé par filière, vont rassembler des acteurs économiques, de la recherche et de la formation, clusters et pôles de compétitivité. Ensemble avec tous les acteurs des différents écosystèmes, elles définissent les feuilles de route avec un objectif de partage des stratégies et de créer un effet réseau et écosystémique propice au développement des entreprises.

Des relais d’appui : les collectivités territoriales De plus, dans une optique de dynamiser l’ensemble du territoire, la Région intègre au sein de

RECHERCHE, ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET INNOVATION : LA CONCERTATION D'ABORD ! SRESRI L’enseignement supérieur, la recherche et le transfert de technologie, qui contribuent à insuffler par l’innovation de la valeur ajoutée dans les territoires et à pourvoir aux emplois de demain, constituent l’ADN de notre nouvelle région, nourrie par la double hélice de ses 180 000

étudiants et 12 000 chercheurs. Dans une démarche complémentaire à celle du SRDEII, une large concertation se déroulera en 2017. L’objectif ? Définir une feuille de route pour les dix ans à venir. Dénommé Schéma Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (SRESRI),

© ALBAN GILBERT

SOMMAIRE

Stratégie

Des programmes tels que « Usine du Futur » sont renforcés et étendus à toute la nouvelle région.

ce schéma les collectivités territoriales comme relais essentiels de cette stratégie économique globale. Des contractualisations et des conventions de partenariats sont proposées. A titre d’exemple, dans le cadre d’un Living Lab sur les transports de mobilité intelligente et durable, les communautés d’agglomération, par contractualisation, seront des acteurs de terrain pour lancer des initiatives ou mener des expérimentations ».

Un écosystème de financement

ce document stratégique fixera les grandes orientations pour stimuler l’innovation et le transfert, faciliter l’accès des jeunes à l’enseignement supérieur et développer une stratégie de diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle sur l’ensemble du territoire. Suite à la réalisation d’un diagnostic, la concertation auprès de centaines d’acteurs publics et privés démarre ce mois d’avril, par des réunions, dans les 5 sites universitaires principaux de

la Région. Articulée autour de 7 grands thèmes, elle sera suivie par des séquences de concertation plus ciblée avant l’adoption du schéma début 2018. En associant les acteurs économiques et les collectivités, la Région vise à créer davantage de passerelles dans le triptyque rechercheenseignement-entreprise, à élaborer une offre de formations et de compétences plus lisible et en adéquation avec les besoins des entreprises et à développer l’attractivité des territoires. //

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

Enfin, structurant des outils de garantie, de prêts et de prise de participation en capital dans les projets de création ou de développement des entreprises, la Région Nouvelle-Aquitaine vise à constituer un véritable et innovant système régional public de financement, en multipliant des partenariats avec des fonds nationaux, européens, le Programme d’Investissements d’Avenir, l’Agence Nationale de la Recherche… //

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Dossier

Dossier

RÉGION START-UP

COMMENT ONT-ILS FAIT ? Pour se lancer ou se déployer, chaque start-up active ses propres leviers. Trois jeunes pousses de la Nouvelle-Aquitaine témoignent.

LA NOUVELLE-AQUITAINE MET UN COUP D’ACCÉLÉRATEUR

CHIFFRES CLÉS DE L’ÉCOSYSTÈME EN NOUVELLE-AQUITAINE

A l’image du TGV qui va filer dès cet été sur le territoire à 320 Km/h, la Nouvelle-Aquitaine passe à la vitesse supérieure pour attirer et faire prospérer les jeunes pousses. Depuis des années, un écosystème favorable propulse l’émergence de ces jeunes pousses innovantes. Tout le défi est désormais de leur permettre de se déployer et d’appuyer sur le bouton du « up ». La Région Nouvelle-Aquitaine s’y engage.

Doubler le flux annuel Acteur de cet écosystème, le Conseil régional de NouvelleAquitaine n’a cessé de monter en puissance dans son engagement auprès des start-up. Rien qu’en 2016, par des dispositifs de soutien à l’incubation, de prêts d’honneur d’amorçage, de subventions au démarrage d’activité et de déploiement de leur innovation, la Région a ainsi boosté la création d’une centaine de start-up. A travers son nouveau programme « Région Start-up », dont les règlements d’intervention ont été adoptés à la mi-février, elle ambitionne désormais de doubler ce flux de

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3> LABELLISÉS 9 > TECHNOPOLES RETIS 24 > CENTRES TECHNOLOGIQUES 50 > PÉPINIÈRES D’ENTREPRISES 1 1 > PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ 70 > CLUSTERS RÉGIONAUX © GILBERT ALBAN

Mener de la R&D, déposer un brevet, tester son innovation, monter son business plan, conforter ses fonds propres... Constituée de multiples paliers, la création d’une start-up nécessite, outre l’attrait de s’implanter dans une région où il fait bon vivre, un socle territorial solide de ressources et de leviers. La NouvelleAquitaine, qui compte en France un taux record de dépôts de brevets, n’en manque pas. Elle fourmille de près d’une centaine d’entités portées par les pouvoirs publics, le monde de la recherche académique et les centres de transfert de technologies. Dans cette mosaïque, les incubateurs, les technopoles, les structures de soutien à l’innovation font figure de relais d’expertise essentiels. Le tout dynamisé par des interactions multiples avec les clusters, pôles de compétitivité, pépinières d’entreprises, par l’obtention de bourses et de trophées ou l’engagement au sein de labels. Il s'agit de tout mettre en réseau !

INCUBATEURS ACADÉMIQUES

Objectif de la Région : accompagner 200 start-up par an et activer un écosystème favorable.

création en accompagnant d’ici 2020 près de 200 start-up par an. Outre la reconduction d’aides directes et de ses actions pour développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes et les salariés, elle accroît, sous sa casquette de chef de file de tout un territoire, son soutien au dynamisme de l’écosystème : incubateur et pépinières, technopoles… mais aussi espaces d’innovation tels que Fab Lab ou Living Lab. « Sur cette phase du « start », déjà bien développée dans la région, l’enjeu est surtout de fédérer le réseau d’acteurs déjà établi autour d’une ambition commune à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine », explique Hilaire Fossé, chef du service Start-Up au Conseil régional. « Il est aussi de doter les acteurs actuels de davantage d’expertises afin de générer en amont un flux plus qualitatif pour anticiper le Up ».

Agir sur la phase « Up »

Face à la difficulté d’obtenir des prêts sur des projets innovants et donc jugés « risqués » et d’aller vite quand on détient un concept ou un produit unique, force est de reconnaître que, pour ces jeunes pousses, le hic est dans le « up ». « La Nouvelle-Aquitaine possède un écosystème dynamique à partir duquel un flux de projets surgit et s’autogénère, mais la difficulté est en effet d’arriver à capitaliser sur ces flux de projets pour qu’ils ne restent pas bloqués à un stade de développement de 5 à 10 personnes et de chiffre d’affaires qui plafonne », pose Hilaire Fossé. Pour gravir les échelons de la TPE à la PME jusqu’au top du top, la « Pépite », la Région propose dès lors un panel de nouveaux outils. Par la diversification de nouveaux fonds (voir encadré), elle insuffle de nouveaux modes de financements ambitieux, permettant aux start-up de garder le contrôle de leur innovation, et par là-même, de s’ancrer en Nouvelle-Aquitaine pour créer de la valeur ajoutée et

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

de l’emploi. A ce « carburant » financier, en complément de son soutien apporté à la phase d’amorçage, la Région ajoute de nouveaux dispositifs, plus accessibles aux start-up, tels que l’aide au recrutement de compétences, au développement commercial, notamment à l’international, au déploiement pré-industriel, mais également à la R&D pour que les start-up régionales conservent leur avance. Ces soutiens financiers directs aux projets viendront compléter l'offre de fonds propres et de capital risque que la Région est en train de renforcer (voir encadré ci-contre). Dans les prochains mois, d’ici cet été un parcours d’accélération sera également créé. « L’idée est de proposer à une petite poignée d’entreprises, un accompagnement ++, sur mesure, pour accélérer leur croissance, les connecter à un réseau de mentors et de décideurs d’envergure internationale, afin de les faire grandir plus vite et mieux », conclut Hilaire Fossé. //

FRENCH TECH 1 > LABEL « MÉTROPOLE » FRENCH TECH 6 > LABELS « RÉSEAUX THÉMATIQUES »

DES FONDS POUR TOUS LES ÉCHELONS

AUDREY MENANTEAU,

COFONDATRICE DE TRIPILLI (Vouneuil-

sur-Vienne, 2015) qui a lancé un site collaboratif de vente de guides de voyage entre particuliers.

« Pendant plus d’un an, nous avons développé cette plateforme grâce à nos compétences de développeur et web designer, en activant les blogs et les réseaux sociaux. En participant au Salon mondial du tourisme de Paris et en remportant le Trophée Initiatives Locales 2016 (Crédit Agricole), notre plateforme a commencé à gagner en visibilité. L’autre étape a été l’obtention d’une bourse French Tech de 15 000€ par la BPI, que nous avons dédiée à la traduction en anglais de notre site et à des frais de déplacement au CES de Las Vegas, un rendez-vous capital pour tester notre produit et trouver des pistes sérieuses de levée de fonds. Nous allons participer au concours Créa’Vienne du Grand Poitiers et de la pépinière CEI du Futuroscope. Quand on est une start-up, basée sur un concept unique, il faut aller vite. » //

HUGO DE GENTILE,

COFONDATEUR DE PRODONTIS (Limoges, 2014) en phase de développement aux Etats-Unis d’un dispositif innovant de nettoyage dentaire.

« Le premier levier a été une aide de la Région Limousin de 3000€ pour déposer notre brevet. Le second a été un prêt, sur avance remboursable, de 15 000€ par l’incubateur AVRUL de Limoges, suivi d’une subvention de 15 000€ de la BPI, organisme grâce à qui nous avons aussi bénéficié l’année suivante d’une aide à l’innovation de 30 000€. Fort d’un brevet, d’un premier prototype et d’une étude de marché, le moment était venu de lever des fonds. Nous heurtant à la frilosité des investisseurs français, nous avons opté pour du crowfunding equity en mobilisant notre entourage. Le premier domino était posé pour obtenir des aides plus conséquentes de la BPI et convaincre les fonds régionaux du Limousin, ce qui est très intéressant, ces derniers visant avant tout à créer de l’emploi et non à maximiser un retour financier. Cette densité de l’écosystème a été cruciale. » //

JEAN-FRANÇOIS LÉTARD, A travers le plan « Région Start-up », la Région renforce sa prise de participation, initiée au début des années 2000, dans des fonds d’investissement. Pour le premier étage de la fusée, l’amorçage des start-up, l’objectif est de déployer à l’échelle Nouvelle-Aquitaine l’offre de prêts d’honneur innovation « Aquitaine Amorçage » pour renforcer les fonds propres de démarrage des entrepreneurs. Succédant à Irdinov 1, Irdinov 2, alimenté notamment par Programme d'Investissements d'Avenir (PIA) et les Régions Nouvelle-Aquitaine/Occitanie, est boosté jusqu’à 50 M€ avec des tickets de 2 à 4 M€ pour des start-up spin-off de laboratoires publics et privés. A cheval sur l’amorçage, la post-création et le développement, un nouveau fonds Région/Europe (Feder) « Aquitaine Co-Invest » a vu le jour fin 2016 doté d’une enveloppe de 35 M€, complété par la création du Fonds Capital Risque Grand Sud-Ouest ambitionnant les 60 M€. Enfin, pour favoriser la phase « up », destiné de fait à des PME prometteuses, un fonds très conséquent de 250 M€, dénommé « Fonds Grande Région », est en cours de constitution avec des souscripteurs tels que la Région, Programme d'investissements d'avenir, Banque européenne d'investissement, banques, mutuelles-Assurances, industriels… pour des tickets d’intervention de 0,5 à 15 M€.

PRÉSIDENT D’OLIKROM (Pessac, 2014), fabricant de pigments « intelligents » changeant de couleur selon la température et la lumière.

« Tout a démarré au sein de l’Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux. L’appui essentiel de la Région en R&D depuis 2004, puis de BPI en 2008, nous ont permis de poursuivre nos recherches sur les matériaux à changements de couleur et de réfléchir à des applications. L’étape suivante, capitale, a été de créer, en 2009, avec l’accord du CNRS, une cellule de transfert de technologie, appuyée et gérée par l’ADERA de Pessac. Grâce à elle, durant 4 ans, nous avons pu identifier un marché, mûrir notre projet et développer mon ambition de devenir entrepreneur. A la création de la société, nous avons ainsi pu apporter de réelles garanties et réaliser une levée de fonds confortable de 300 000€ auprès de Starquest Capital et Pertinence Invest. Dans cette levée de fonds, les appuis de Bordeaux Unitec et d’Aquitaine Développement Innovation (ADI) ont été essentiels pour structurer le Business Plan et négocier la valorisation. Créer une start-up n’est pas tout. Tout se joue sur la capacité, en se faisant financer, de ne pas perdre le contrôle de la société et de son invention. En restant décisionnaire, nous pouvons poursuivre notre projet initial, à savoir installer notre unité industrielle et créer de l’emploi, à Pessac, et non pas ailleurs dans le monde sous la pression d’un rachat ou des fonds d’investissement. » //

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Dossier

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RÉGION START-UP

COMMENT ONT-ILS FAIT ? Pour se lancer ou se déployer, chaque start-up active ses propres leviers. Trois jeunes pousses de la Nouvelle-Aquitaine témoignent.

LA NOUVELLE-AQUITAINE MET UN COUP D’ACCÉLÉRATEUR

CHIFFRES CLÉS DE L’ÉCOSYSTÈME EN NOUVELLE-AQUITAINE

A l’image du TGV qui va filer dès cet été sur le territoire à 320 Km/h, la Nouvelle-Aquitaine passe à la vitesse supérieure pour attirer et faire prospérer les jeunes pousses. Depuis des années, un écosystème favorable propulse l’émergence de ces jeunes pousses innovantes. Tout le défi est désormais de leur permettre de se déployer et d’appuyer sur le bouton du « up ». La Région Nouvelle-Aquitaine s’y engage.

Doubler le flux annuel Acteur de cet écosystème, le Conseil régional de NouvelleAquitaine n’a cessé de monter en puissance dans son engagement auprès des start-up. Rien qu’en 2016, par des dispositifs de soutien à l’incubation, de prêts d’honneur d’amorçage, de subventions au démarrage d’activité et de déploiement de leur innovation, la Région a ainsi boosté la création d’une centaine de start-up. A travers son nouveau programme « Région Start-up », dont les règlements d’intervention ont été adoptés à la mi-février, elle ambitionne désormais de doubler ce flux de

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3> LABELLISÉS 9 > TECHNOPOLES RETIS 24 > CENTRES TECHNOLOGIQUES 50 > PÉPINIÈRES D’ENTREPRISES 1 1 > PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ 70 > CLUSTERS RÉGIONAUX © GILBERT ALBAN

Mener de la R&D, déposer un brevet, tester son innovation, monter son business plan, conforter ses fonds propres... Constituée de multiples paliers, la création d’une start-up nécessite, outre l’attrait de s’implanter dans une région où il fait bon vivre, un socle territorial solide de ressources et de leviers. La NouvelleAquitaine, qui compte en France un taux record de dépôts de brevets, n’en manque pas. Elle fourmille de près d’une centaine d’entités portées par les pouvoirs publics, le monde de la recherche académique et les centres de transfert de technologies. Dans cette mosaïque, les incubateurs, les technopoles, les structures de soutien à l’innovation font figure de relais d’expertise essentiels. Le tout dynamisé par des interactions multiples avec les clusters, pôles de compétitivité, pépinières d’entreprises, par l’obtention de bourses et de trophées ou l’engagement au sein de labels. Il s'agit de tout mettre en réseau !

INCUBATEURS ACADÉMIQUES

Objectif de la Région : accompagner 200 start-up par an et activer un écosystème favorable.

création en accompagnant d’ici 2020 près de 200 start-up par an. Outre la reconduction d’aides directes et de ses actions pour développer l’esprit d’entreprendre chez les jeunes et les salariés, elle accroît, sous sa casquette de chef de file de tout un territoire, son soutien au dynamisme de l’écosystème : incubateur et pépinières, technopoles… mais aussi espaces d’innovation tels que Fab Lab ou Living Lab. « Sur cette phase du « start », déjà bien développée dans la région, l’enjeu est surtout de fédérer le réseau d’acteurs déjà établi autour d’une ambition commune à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine », explique Hilaire Fossé, chef du service Start-Up au Conseil régional. « Il est aussi de doter les acteurs actuels de davantage d’expertises afin de générer en amont un flux plus qualitatif pour anticiper le Up ».

Agir sur la phase « Up »

Face à la difficulté d’obtenir des prêts sur des projets innovants et donc jugés « risqués » et d’aller vite quand on détient un concept ou un produit unique, force est de reconnaître que, pour ces jeunes pousses, le hic est dans le « up ». « La Nouvelle-Aquitaine possède un écosystème dynamique à partir duquel un flux de projets surgit et s’autogénère, mais la difficulté est en effet d’arriver à capitaliser sur ces flux de projets pour qu’ils ne restent pas bloqués à un stade de développement de 5 à 10 personnes et de chiffre d’affaires qui plafonne », pose Hilaire Fossé. Pour gravir les échelons de la TPE à la PME jusqu’au top du top, la « Pépite », la Région propose dès lors un panel de nouveaux outils. Par la diversification de nouveaux fonds (voir encadré), elle insuffle de nouveaux modes de financements ambitieux, permettant aux start-up de garder le contrôle de leur innovation, et par là-même, de s’ancrer en Nouvelle-Aquitaine pour créer de la valeur ajoutée et

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

de l’emploi. A ce « carburant » financier, en complément de son soutien apporté à la phase d’amorçage, la Région ajoute de nouveaux dispositifs, plus accessibles aux start-up, tels que l’aide au recrutement de compétences, au développement commercial, notamment à l’international, au déploiement pré-industriel, mais également à la R&D pour que les start-up régionales conservent leur avance. Ces soutiens financiers directs aux projets viendront compléter l'offre de fonds propres et de capital risque que la Région est en train de renforcer (voir encadré ci-contre). Dans les prochains mois, d’ici cet été un parcours d’accélération sera également créé. « L’idée est de proposer à une petite poignée d’entreprises, un accompagnement ++, sur mesure, pour accélérer leur croissance, les connecter à un réseau de mentors et de décideurs d’envergure internationale, afin de les faire grandir plus vite et mieux », conclut Hilaire Fossé. //

FRENCH TECH 1 > LABEL « MÉTROPOLE » FRENCH TECH 6 > LABELS « RÉSEAUX THÉMATIQUES »

DES FONDS POUR TOUS LES ÉCHELONS

AUDREY MENANTEAU,

COFONDATRICE DE TRIPILLI (Vouneuil-

sur-Vienne, 2015) qui a lancé un site collaboratif de vente de guides de voyage entre particuliers.

« Pendant plus d’un an, nous avons développé cette plateforme grâce à nos compétences de développeur et web designer, en activant les blogs et les réseaux sociaux. En participant au Salon mondial du tourisme de Paris et en remportant le Trophée Initiatives Locales 2016 (Crédit Agricole), notre plateforme a commencé à gagner en visibilité. L’autre étape a été l’obtention d’une bourse French Tech de 15 000€ par la BPI, que nous avons dédiée à la traduction en anglais de notre site et à des frais de déplacement au CES de Las Vegas, un rendez-vous capital pour tester notre produit et trouver des pistes sérieuses de levée de fonds. Nous allons participer au concours Créa’Vienne du Grand Poitiers et de la pépinière CEI du Futuroscope. Quand on est une start-up, basée sur un concept unique, il faut aller vite. » //

HUGO DE GENTILE,

COFONDATEUR DE PRODONTIS (Limoges, 2014) en phase de développement aux Etats-Unis d’un dispositif innovant de nettoyage dentaire.

« Le premier levier a été une aide de la Région Limousin de 3000€ pour déposer notre brevet. Le second a été un prêt, sur avance remboursable, de 15 000€ par l’incubateur AVRUL de Limoges, suivi d’une subvention de 15 000€ de la BPI, organisme grâce à qui nous avons aussi bénéficié l’année suivante d’une aide à l’innovation de 30 000€. Fort d’un brevet, d’un premier prototype et d’une étude de marché, le moment était venu de lever des fonds. Nous heurtant à la frilosité des investisseurs français, nous avons opté pour du crowfunding equity en mobilisant notre entourage. Le premier domino était posé pour obtenir des aides plus conséquentes de la BPI et convaincre les fonds régionaux du Limousin, ce qui est très intéressant, ces derniers visant avant tout à créer de l’emploi et non à maximiser un retour financier. Cette densité de l’écosystème a été cruciale. » //

JEAN-FRANÇOIS LÉTARD, A travers le plan « Région Start-up », la Région renforce sa prise de participation, initiée au début des années 2000, dans des fonds d’investissement. Pour le premier étage de la fusée, l’amorçage des start-up, l’objectif est de déployer à l’échelle Nouvelle-Aquitaine l’offre de prêts d’honneur innovation « Aquitaine Amorçage » pour renforcer les fonds propres de démarrage des entrepreneurs. Succédant à Irdinov 1, Irdinov 2, alimenté notamment par Programme d'Investissements d'Avenir (PIA) et les Régions Nouvelle-Aquitaine/Occitanie, est boosté jusqu’à 50 M€ avec des tickets de 2 à 4 M€ pour des start-up spin-off de laboratoires publics et privés. A cheval sur l’amorçage, la post-création et le développement, un nouveau fonds Région/Europe (Feder) « Aquitaine Co-Invest » a vu le jour fin 2016 doté d’une enveloppe de 35 M€, complété par la création du Fonds Capital Risque Grand Sud-Ouest ambitionnant les 60 M€. Enfin, pour favoriser la phase « up », destiné de fait à des PME prometteuses, un fonds très conséquent de 250 M€, dénommé « Fonds Grande Région », est en cours de constitution avec des souscripteurs tels que la Région, Programme d'investissements d'avenir, Banque européenne d'investissement, banques, mutuelles-Assurances, industriels… pour des tickets d’intervention de 0,5 à 15 M€.

PRÉSIDENT D’OLIKROM (Pessac, 2014), fabricant de pigments « intelligents » changeant de couleur selon la température et la lumière.

« Tout a démarré au sein de l’Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux. L’appui essentiel de la Région en R&D depuis 2004, puis de BPI en 2008, nous ont permis de poursuivre nos recherches sur les matériaux à changements de couleur et de réfléchir à des applications. L’étape suivante, capitale, a été de créer, en 2009, avec l’accord du CNRS, une cellule de transfert de technologie, appuyée et gérée par l’ADERA de Pessac. Grâce à elle, durant 4 ans, nous avons pu identifier un marché, mûrir notre projet et développer mon ambition de devenir entrepreneur. A la création de la société, nous avons ainsi pu apporter de réelles garanties et réaliser une levée de fonds confortable de 300 000€ auprès de Starquest Capital et Pertinence Invest. Dans cette levée de fonds, les appuis de Bordeaux Unitec et d’Aquitaine Développement Innovation (ADI) ont été essentiels pour structurer le Business Plan et négocier la valorisation. Créer une start-up n’est pas tout. Tout se joue sur la capacité, en se faisant financer, de ne pas perdre le contrôle de la société et de son invention. En restant décisionnaire, nous pouvons poursuivre notre projet initial, à savoir installer notre unité industrielle et créer de l’emploi, à Pessac, et non pas ailleurs dans le monde sous la pression d’un rachat ou des fonds d’investissement. » //

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

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Santé

Datavision

LES NEUROSCIENCES PHOSPHORENT

Rassemblée sur le Neurocampus, dotée d’un « vaisseau amiral » flambant neuf, la communauté scientifique bordelaise en neurosciences gagne en force de frappe. Les recherches contre les maladies du système nerveux battent leur plein et attirent dans leur sillage l’implantation de sociétés privées.

tement liés principalement à des hausses d'activités ponctuelles et à l'absentéisme. Pour les satisfaire, ces dernières avaient recours aux CDD avec toutes les problématiques liées à notre territoire : peu de candidats et surtout des personnes peu ou pas formées. L'idée a donc été de mutualiser les besoins et ainsi proposer des emplois sur la durée plus attrayants.» GEMS 23 apporte alors une solution RH globale : recrutements, gestion des contrats de travail, sécurisation des parcours professionnels... Cette mutualisation a permis de créer 10 postes à temps plein.

« Dans un territoire peu attractif et vieillissant comme le nôtre, cette solution permet véritablement de fixer la main-d'œuvre au niveau local et crée une dynamique de l'emploi.» Et elle risque de faire boule de neige : « Nous menons une étude sur le rapprochement de secteurs d'activité qui auraient les mêmes problématiques comme le transport ou les fonctions supports. » Le soutien de la Région a donc un vrai effet levier : « Outre l'aspect financier (20 000 €), il apporte une réelle visibilité et lisibilité à notre action », conclut la responsable de GEMS 23. //

© Y. DERIS

« On assiste aussi à l’émergence de

projets tournés vers la recherche industrielle », ajoute Erwan Bezard directeur de l’IMN, impliqué dans le nouveau pôle R&D bordelais de Motac, prestataire auprès des industries de tests et stratégies thérapeutiques contre les maladies neurodégénératives. Créée fin 2013, Aelis Farma, se dédie, elle, « au développement de médicaments pour le traitement de la toxicomanie, de l’addiction au cannabis et des déficits mentaux », décrit son fondateur Pier-Vincenzo Piazza, directeur du NeuroCentre Magendie. Coordinateur également du projet Neurocampus, il annonce la venue dans le nouveau bâtiment, d’ici un à deux ans, de 5 sociétés au sein d’un espace startup. « Elles travailleront sur le traitement des mémoires traumatiques, la création d’instruments innovants en optique, la réalisation de tests cognitifs pour accélérer la conception de médicaments… Ces nouvelles sociétés cherchent une expertise scientifique et des équipements de haut niveau. Le projet Neurocampus satisfait ces deux besoins.» Courant 2017, outre la tenue de nombreuses manifestations grand public, la communauté des neuro-sciences inaugurera son « vaisseau amiral » fin septembre, à l’occasion du congrès Bordeaux Neurocampus réunissant des pontes scientifiques du monde entier. //

Le nouveau bâtiment sur le campus de Carreire symbolise, en Nouvelle-Aquitaine, le dynamisme de la recherche en neuroscience. Depuis 2005, on compte sur notre territoire 2929 publications scientifiques dans ce domaine, un taux en forte augmentation depuis 2011 et supérieur à la moyenne nationale.

Sa silhouette trône au milieu du campus universitaire Carreire, près du CHU Pellegrin. Ce nouveau bâtiment de 12 500 m2 se pose comme « le vaisseau amiral » d’une communauté scientifique désormais rassemblée sur ce site. Jouxtant d’autres unités tels que le NeuroCentre Magendie -modernisé et agrandi- ou la plateforme de génomique fonctionnelle, il abrite, depuis l’automne dernier, des équipes de l’Institut interdisciplinaire de neurosciences (IINS), de l’Institut des maladies neurodégénératives (IMN) et de l’unité de service d’imagerie BIC.

Un enjeu de société crucial Pour la Région, maître d’ouvrage de ce complexe architectural ayant investi près de 75 M€ depuis 2007

dans les nouveaux bâtiments, des équipements scientifiques et l’accompagnement des nouvelles équipes, l’enjeu est de taille. D’ici 2030, dans une société vieillissante, le nombre de malades, victimes de maladies neurologiques, risque en effet de doubler. Pour trouver des traitements curatifs ou préventifs, la Nouvelle-Aquitaine, avec sa communauté de 900 chercheurs en neuroscience, a d’ores et déjà une longueur d’avance. « Bordeaux est sur la carte des neurosciences internationales, se distinguant par ses travaux académiques dans les domaines des maladies mentales, de Parkinson, d’Alzheimer, de compréhension des mécanismes des synapses du cerveau, de l’addiction

CREUSE : UN GROUPEMENT D’EMPLOYEURS DANS LE MÉDICO-SOCIAL I N N OVAT I O N S O C I A L E Subvenir à un nouveau besoin, répondre aux défis sociaux ou environnementaux d'un territoire... Le groupement d'employeurs médico-social, GEMS 23, basé à Guéret, s'inscrit pleinement dans la définition de l'innovation sociale retenue et soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine. En effet, cette association, créée fin 2015, a pour ambition « de construire des postes pérennes à partir de

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morceaux d'emploi », comme le précise sa responsable Carine Jouault. Sélectionné en 2016 parmi 33 projets dans le cadre de l'Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI) visant à encourager l'innovation sociale, GEMS 23 constitue le premier groupement d'employeurs de la Creuse sur un secteur spécifique : le médicosocial. « Nous avions constaté que les structures médico-sociales avaient des gros besoins de recru-

et de la relation entre cerveau et nutrition », liste Christophe Mulle, directeur de la Fédération Bordeaux Neurocampus. Portées par ces nouvelles synergies, par ce site unique et ses liens avec les équipes de Poitiers et Limoges, les neurosciences régionales gagnent encore en excellence. « Les labos embauchent de nouveaux chercheurs et de nombreux doctorants étrangers rejoignent le Neurocampus. De plus, en gagnant en visibilité, l’obtention de fonds (Europe, ANR…) pour la recherche s’en trouve faciliter », précise Christophe Mulle.

Des start-up dans les biotech médicales

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

Focus

LA COMPÉTITIVITÉ SE CULTIVE INDUSTRIES AGROALIMENTAIRES Au quotidien, les industries agroalimentaires sont confrontées à de nombreux défis : érosion de leurs marges, réglementations renforcées, évolution des attentes des consommateurs… Des solutions pourtant existent. En Dordogne, depuis 2012, sept producteurs de fraises, ont fait, eux, le pari de l’innovation et de la compétitivité. « Les récoltes subissant des pics de production, nous étions obligés de jeter les surplus, ce qui impactait nos marges et mettait en péril notre survie économique », explique Christian Pineaud du groupement Les Délices de Mady basé à Coulounieix-Chamiers. Comment dès lors arriver à valoriser ses surplus ? Bénéficiant d‘un financement régional dans le cadre d’un AMI (Appel à Manifestation d’intérêt) et de

l’implication de l’Institut du Goût de Périgueux et du centre de ressources technologiques Agrotec d’Agen, de premières recherches sont lancées. « Elles ont abouti en 2014 à l’élaboration d’un velouté 100% à base de fraises, écologique et économique, destiné à des cantines scolaires locales.» Forte d’un second soutien régional pour le packaging et d’une gamme de produits complétée (sirops, confitures, gelées...), la société franchit alors une étape clé. Fin 2015, elle se dote de sa propre unité de production avec le soutien financier des producteurs, de la Région et du Département. « Depuis 2012, notre chiffre d’affaires a bondi de 30 %, avec désormais une trésorerie étalée sur l’année et un prix minimum de revient des fraises qui permet aux producteurs de faire des prévisionnels et d’embaucher.

En 2 ans, une vingtaine d’emplois directs et indirects a ainsi été créée », se réjouit Christian Pineaud.

Plus de 14 M€€en 2017 Convaincu que l’innovation est à portée de tous et participe de la vitalisation de la production agricole comme des territoires ruraux, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine réitère et accroît son engagement auprès des industries agroalimentaires, filière clé qui génère 77 000 emplois et un chiffre d’affaires de 35 milliards. Dédiant 14,3 M€ à ce secteur en 2017 - sans compter les financements des Fonds européens -, la Région cible la compétitivité de ces industries notamment la modernisation de leur unité de production, l’innovation, l’accès à des marchés internationaux, la formation. Initié en ex-Aquitaine, le disposi-

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

tif « Usine du futur », axé sur la performance organisationnelle des industries, est maintenant déployé sur l’ensemble du territoire. En parallèle, la Région impulse une politique de filières. De l’amont à l’aval, réunis en écosystème, producteurs, centres de formation et de recherche, industriels… se dotent d’une stratégie partagée. L’objectif ? Favoriser la mise en réseau et les collaborations entre acteurs au sein d’un environnement favorable à la création d’activité et d’emplois avec un partage de la valeur ajoutée au profit de l’ensemble des maillons. A titre d’exemple, le pôle de compétitivité Agri-Sud-Ouest Innovation envisage son extension en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine afin de faire émerger des projets d’innovation collaboratifs. //

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Santé

Datavision

LES NEUROSCIENCES PHOSPHORENT

Rassemblée sur le Neurocampus, dotée d’un « vaisseau amiral » flambant neuf, la communauté scientifique bordelaise en neurosciences gagne en force de frappe. Les recherches contre les maladies du système nerveux battent leur plein et attirent dans leur sillage l’implantation de sociétés privées.

tement liés principalement à des hausses d'activités ponctuelles et à l'absentéisme. Pour les satisfaire, ces dernières avaient recours aux CDD avec toutes les problématiques liées à notre territoire : peu de candidats et surtout des personnes peu ou pas formées. L'idée a donc été de mutualiser les besoins et ainsi proposer des emplois sur la durée plus attrayants.» GEMS 23 apporte alors une solution RH globale : recrutements, gestion des contrats de travail, sécurisation des parcours professionnels... Cette mutualisation a permis de créer 10 postes à temps plein.

« Dans un territoire peu attractif et vieillissant comme le nôtre, cette solution permet véritablement de fixer la main-d'œuvre au niveau local et crée une dynamique de l'emploi.» Et elle risque de faire boule de neige : « Nous menons une étude sur le rapprochement de secteurs d'activité qui auraient les mêmes problématiques comme le transport ou les fonctions supports. » Le soutien de la Région a donc un vrai effet levier : « Outre l'aspect financier (20 000 €), il apporte une réelle visibilité et lisibilité à notre action », conclut la responsable de GEMS 23. //

© Y. DERIS

« On assiste aussi à l’émergence de

projets tournés vers la recherche industrielle », ajoute Erwan Bezard directeur de l’IMN, impliqué dans le nouveau pôle R&D bordelais de Motac, prestataire auprès des industries de tests et stratégies thérapeutiques contre les maladies neurodégénératives. Créée fin 2013, Aelis Farma, se dédie, elle, « au développement de médicaments pour le traitement de la toxicomanie, de l’addiction au cannabis et des déficits mentaux », décrit son fondateur Pier-Vincenzo Piazza, directeur du NeuroCentre Magendie. Coordinateur également du projet Neurocampus, il annonce la venue dans le nouveau bâtiment, d’ici un à deux ans, de 5 sociétés au sein d’un espace startup. « Elles travailleront sur le traitement des mémoires traumatiques, la création d’instruments innovants en optique, la réalisation de tests cognitifs pour accélérer la conception de médicaments… Ces nouvelles sociétés cherchent une expertise scientifique et des équipements de haut niveau. Le projet Neurocampus satisfait ces deux besoins.» Courant 2017, outre la tenue de nombreuses manifestations grand public, la communauté des neuro-sciences inaugurera son « vaisseau amiral » fin septembre, à l’occasion du congrès Bordeaux Neurocampus réunissant des pontes scientifiques du monde entier. //

Le nouveau bâtiment sur le campus de Carreire symbolise, en Nouvelle-Aquitaine, le dynamisme de la recherche en neuroscience. Depuis 2005, on compte sur notre territoire 2929 publications scientifiques dans ce domaine, un taux en forte augmentation depuis 2011 et supérieur à la moyenne nationale.

Sa silhouette trône au milieu du campus universitaire Carreire, près du CHU Pellegrin. Ce nouveau bâtiment de 12 500 m2 se pose comme « le vaisseau amiral » d’une communauté scientifique désormais rassemblée sur ce site. Jouxtant d’autres unités tels que le NeuroCentre Magendie -modernisé et agrandi- ou la plateforme de génomique fonctionnelle, il abrite, depuis l’automne dernier, des équipes de l’Institut interdisciplinaire de neurosciences (IINS), de l’Institut des maladies neurodégénératives (IMN) et de l’unité de service d’imagerie BIC.

Un enjeu de société crucial Pour la Région, maître d’ouvrage de ce complexe architectural ayant investi près de 75 M€ depuis 2007

dans les nouveaux bâtiments, des équipements scientifiques et l’accompagnement des nouvelles équipes, l’enjeu est de taille. D’ici 2030, dans une société vieillissante, le nombre de malades, victimes de maladies neurologiques, risque en effet de doubler. Pour trouver des traitements curatifs ou préventifs, la Nouvelle-Aquitaine, avec sa communauté de 900 chercheurs en neuroscience, a d’ores et déjà une longueur d’avance. « Bordeaux est sur la carte des neurosciences internationales, se distinguant par ses travaux académiques dans les domaines des maladies mentales, de Parkinson, d’Alzheimer, de compréhension des mécanismes des synapses du cerveau, de l’addiction

CREUSE : UN GROUPEMENT D’EMPLOYEURS DANS LE MÉDICO-SOCIAL I N N OVAT I O N S O C I A L E Subvenir à un nouveau besoin, répondre aux défis sociaux ou environnementaux d'un territoire... Le groupement d'employeurs médico-social, GEMS 23, basé à Guéret, s'inscrit pleinement dans la définition de l'innovation sociale retenue et soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine. En effet, cette association, créée fin 2015, a pour ambition « de construire des postes pérennes à partir de

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morceaux d'emploi », comme le précise sa responsable Carine Jouault. Sélectionné en 2016 parmi 33 projets dans le cadre de l'Appel à Manifestation d'Intérêt (AMI) visant à encourager l'innovation sociale, GEMS 23 constitue le premier groupement d'employeurs de la Creuse sur un secteur spécifique : le médicosocial. « Nous avions constaté que les structures médico-sociales avaient des gros besoins de recru-

et de la relation entre cerveau et nutrition », liste Christophe Mulle, directeur de la Fédération Bordeaux Neurocampus. Portées par ces nouvelles synergies, par ce site unique et ses liens avec les équipes de Poitiers et Limoges, les neurosciences régionales gagnent encore en excellence. « Les labos embauchent de nouveaux chercheurs et de nombreux doctorants étrangers rejoignent le Neurocampus. De plus, en gagnant en visibilité, l’obtention de fonds (Europe, ANR…) pour la recherche s’en trouve faciliter », précise Christophe Mulle.

Des start-up dans les biotech médicales

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

Focus

LA COMPÉTITIVITÉ SE CULTIVE INDUSTRIES AGROALIMENTAIRES Au quotidien, les industries agroalimentaires sont confrontées à de nombreux défis : érosion de leurs marges, réglementations renforcées, évolution des attentes des consommateurs… Des solutions pourtant existent. En Dordogne, depuis 2012, sept producteurs de fraises, ont fait, eux, le pari de l’innovation et de la compétitivité. « Les récoltes subissant des pics de production, nous étions obligés de jeter les surplus, ce qui impactait nos marges et mettait en péril notre survie économique », explique Christian Pineaud du groupement Les Délices de Mady basé à Coulounieix-Chamiers. Comment dès lors arriver à valoriser ses surplus ? Bénéficiant d‘un financement régional dans le cadre d’un AMI (Appel à Manifestation d’intérêt) et de

l’implication de l’Institut du Goût de Périgueux et du centre de ressources technologiques Agrotec d’Agen, de premières recherches sont lancées. « Elles ont abouti en 2014 à l’élaboration d’un velouté 100% à base de fraises, écologique et économique, destiné à des cantines scolaires locales.» Forte d’un second soutien régional pour le packaging et d’une gamme de produits complétée (sirops, confitures, gelées...), la société franchit alors une étape clé. Fin 2015, elle se dote de sa propre unité de production avec le soutien financier des producteurs, de la Région et du Département. « Depuis 2012, notre chiffre d’affaires a bondi de 30 %, avec désormais une trésorerie étalée sur l’année et un prix minimum de revient des fraises qui permet aux producteurs de faire des prévisionnels et d’embaucher.

En 2 ans, une vingtaine d’emplois directs et indirects a ainsi été créée », se réjouit Christian Pineaud.

Plus de 14 M€€en 2017 Convaincu que l’innovation est à portée de tous et participe de la vitalisation de la production agricole comme des territoires ruraux, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine réitère et accroît son engagement auprès des industries agroalimentaires, filière clé qui génère 77 000 emplois et un chiffre d’affaires de 35 milliards. Dédiant 14,3 M€ à ce secteur en 2017 - sans compter les financements des Fonds européens -, la Région cible la compétitivité de ces industries notamment la modernisation de leur unité de production, l’innovation, l’accès à des marchés internationaux, la formation. Initié en ex-Aquitaine, le disposi-

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

tif « Usine du futur », axé sur la performance organisationnelle des industries, est maintenant déployé sur l’ensemble du territoire. En parallèle, la Région impulse une politique de filières. De l’amont à l’aval, réunis en écosystème, producteurs, centres de formation et de recherche, industriels… se dotent d’une stratégie partagée. L’objectif ? Favoriser la mise en réseau et les collaborations entre acteurs au sein d’un environnement favorable à la création d’activité et d’emplois avec un partage de la valeur ajoutée au profit de l’ensemble des maillons. A titre d’exemple, le pôle de compétitivité Agri-Sud-Ouest Innovation envisage son extension en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine afin de faire émerger des projets d’innovation collaboratifs. //

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Agenda

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JUIN DU 19 AU 22 JUIN Strasbourg - Palais des congrès

DU 19 AU 25 JUIN Paris - Le Bourget

ITS WORLD CONGRESS

SIAE-SALON INTERNATIONAL DE L’AERONAUTIQUE ET DE L’ESPACE

Cet évènement européen dédié aux systèmes de transport intelligents (ITS) rassemble près de 3000 acteurs autour des solutions de mobilité de demain. www.itsineurope.com

Le grand rendez-vous des acteurs de l’industrie mondiale autour des dernières innovations technologiques. www.siae.fr

SEPTEMBRE LES 6 ET 7 SEPTEMBRE Bellac - Les Rochettes

TECH OVIN Le rendez-vous des acteurs du monde ovin, qui leur permet de disposer d’un lieu unique de rencontres et d’échanges afin de faire le point sur l’évolution de la filière. www.techovin.fr

DU 11 AU 15 SEPTEMBRE Bordeaux - Palais des congrès

WOODRISE 1er congrès mondial autour des immeubles bois moyenne et grande hauteur, au cœur de la

ville durable et de la transition écologique. wood-rise-congress.org

LES 27 SEPTEMBRE AU 2 OCTOBRE La Rochelle - Port des Minimes

SALON NAUTIQUE INTERNATIONAL À FLOT > GRAND PAVOIS 1er salon nautique européen et 3e salon nautique mondial à flot. 100 000 visiteurs sont attendus pour rencontrer les 800 exposants internationaux du nautisme et des secteurs périphériques. www.grand-pavois.com

LE SAVIEZ-VOUS ?

TRANSFORMATION NUMÉRIQUE : L'EUROPE VOUS ACCOMPAGNE Le dispositif « Chèque Transformation numérique » vise à engager les entreprises de Nouvelle-Aquitaine dans un déploiement stratégique de solutions numériques contribuant à développer leur performance. Il permet de solliciter une aide financière du Fonds Européen de Développement Régional (Feder), géré par la Région, pour accélérer l’appropriation d’outils numériques boostant leur activité. Ces chèques cofinancent les projets d’acquisition de matériel, de logiciels et progiciels de gestion de type ERP ou CRM (Gestion de la Relation Client), de développement d’un site e-commerce et la formation qui accompagne leur déploiement. L’objectif visé est l’interconnexion des systèmes d’information de l’entreprise

en vue d’assurer un pilotage en temps réel et d’ajuster l’activité. Les retombées sont plurielles : traçabilité accrue des approvisionnements, gestion des produits et des stocks, nouveaux canaux de distribution, réactivité commerciale, intégration d’outils collaboratifs… Ces aides européennes peuvent couvrir jusqu’à 50 % des dépenses réalisées par des prestataires, pour un maximum de 150 000€ et sont basées sur un système de remboursement des montants acquittés par l’entreprise. Le dispositif s’inscrit dans une stratégie d’amélioration de votre performance grâce au numérique sur une durée maximum de 2 années. D’ores et déjà, grâce à une contribution de 2,1 M€ du Feder, une trentaine d’entreprises a franchi le cap ! //

Pour en savoir plus

www.nouvelle-aquitaine.fr Contacts :

transfonum@nouvelle-aquitaine.fr ue.numérique@nouvelle-aquitaine.fr

La Région Nouvelle-Aquitaine propose de faire émerger les actions collectives à l’international des acteurs des territoires pour l’année 2018 et accompagner les entreprises dans leur conquête des marchés extérieurs. Pour ce faire, la Région lancera le 30 juin 2017 l'appel à projets " Programme Régional des Actions Collectives à l'International 2018". Celui-ci vise à soutenir des programmes de missions collectives, de promotion et d’intérêt économique (rencontres d’acheteurs, conventions d’affaires, salons, missions d’affaires, road-shows etc.) pour répondre aux besoins des entreprises et les accompagner à l’international.

APPEL À PROJET

PRAC 2018 PROGRAMME RÉGIONAL DES ACTIONS COLLECTIVES

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Il doit ainsi contribuer à assurer une visibilité internationale du savoir-faire et des compétences des entreprises régionales, participer à leur rayonnement et développer des opportunités d’affaires pour les filières prioritaires en Nouvelle-Aquitaine. Le dossier sera téléchargeable sur le guide des aides de la Région Nouvelle-Aquitaine à partir du 30 juin 2017 (les-aides.nouvelle-aquitaine.fr).

international@nouvelle-aquitaine.fr

économie Nouvelle-Aquitaine / n°6 JUIN - 2017

Lettre eco Nouvelle-Aquitaine  

Retrouvez toute l'actualité des politiques régionales en matière de développement économique. Dans ce numéro, un dossier consacré aux strat-...

Lettre eco Nouvelle-Aquitaine  

Retrouvez toute l'actualité des politiques régionales en matière de développement économique. Dans ce numéro, un dossier consacré aux strat-...

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