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LGV : Tours-Bordeaux : un succès ! P. 3

PRODUIT RÉGIONAL

Aigle,toujours à la pointe de la botte P. 20

CHARENTE Nouvelle-Aquitaine.fr

Petite révolution au chantier d’insertion P. 7

CULTURE & DÉCOUVERTE

Carnet de marche à Vassivière P. 16

Journal d’information de votre région

N°1 AUTOMNE 2017

NUMÉRIQUE : LA RÉGION FAIT SA RÉVOLUTION LE DOSSIER

01 NAQ1 Une OK.indd 7

27/09/2017 13:10


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LE SOMMAIRE PAGE 2 ÉDITO

du président de Région Alain Rousset

PAGE 3 À LA UNE

Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest Tours-Bordeaux : un succès !

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

L’ÉDITO D’ALAIN ROUSSET PRÉSIDENT DE LA RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE

Bourses sanitaires et sociales Une harmonisation par le haut Expérimentation L’apprentissage jusqu’à 30 ans !

PAGE 12 DÉVELOPPEMENT DURABLE Agriculture Un pacte ambitieux pour le bio Pollinisateur Un si précieux battement d’ailes

PAGE 13 AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

GIRONDE Wiidii, la start-up qui monte DORDOGNE Un nouveau campus en Périgord LOT-ET-GARONNE SO Kombucha met le bio en bouteille PYRÉNÉES-ATLANTIQUES Mais où s’arrêtera l’entreprise Bignalet ? LANDES 300 nouveaux emplois en perspective CREUSE Le formidable rebond de Furméca CHARENTE Petite révolution au chantier d’insertion CHARENTE-MARITIME Un CFA XXL en construction VIENNE Bouillon de culture HAUTE-VIENNE Le Temps de vivre s’est transformé DEUX-SÈVRES Chauffage : ça gaze à Melle CORRÈZE Le pôle de santé livré en 2018

PAGE 10 JEUNESSE

Logement des jeunes Toi, toi, mon toit Nouveau Festival Le rendezvous des jeunes talents Formation La Région brille aux Olympiades des métiers

PAGE 14 ÉCONOMIE ET EMPLOI

Recherche Le berceau des neurosciences Savoir-faire Une cité pour les métiers du cuir

Alain Rousset et des lycéens du lycée Saint-Cricq à Pau (64), le 5 septembre dernier lors de l’inauguration des travaux de restructuration du lycée.

PAGE 16 CULTURE & DÉCOUVERTE

Olivier Bleys Carnet de marche à Vassivière Langues régionales Neskamutilak, eskolan hitz egin! Mainatges, parlatz a l’escòla ! - Lés draules, causéz a l’école ! Agenda Produit régional Aigle toujours à la pointe de la botte

PAGE 21 MODE D’EMPLOI

Bande dessinée Les aides à la jeunesse

Ensemble, imaginons la Nouvelle-Aquitaine

L

a Nouvelle-Aquitaine, qui a encore renforcé son attractivité avec l’inauguration de la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Paris et Bordeaux cet été, dispose d’atouts considérables pour consolider et amplifier ses leaderships économiques dans des secteurs aussi variés que l’aéronautique, le spatial, la défense, la recherche, l’agriculture, l’agroalimentaire, le luxe, ou encore l’industrie de la glisse. Le secteur du tourisme et du thermalisme est également un des trésors de notre région. De Limoges à Bayonne, de Pau à Poitiers, de Guéret à La Rochelle, nous devons tous avoir conscience de l’attrait de notre nouvelle Région sur le plan européen et international. Avec un territoire magnifique de 84 000 km2, aux paysages variés, un littoral de 720 km, de nombreux sites classés à l’Unesco et un patrimoine exceptionnel, la plus vaste région de France fait rêver dans le monde entier.

PAGE 22 TRIBUNES Parole aux élus

PAGE 24 PORTRAIT

Dr François Bertin Baroudeur de la chirurgie thoracique

CAHIER CENTRAL DE I À VIII DOSSIER

Une Région bienveillante et solidaire Forte de près de six millions d’habitants, d’une capitale régionale réputée pour ses grands crus classés, sans oublier le cognac et l’armagnac, notre région abrite des grandes villes et des zones littorales très dynamiques sur le plan économique et culturel. Mais ces atouts et réussites indéniables ne doivent pas masquer les difficultés de certaines zones rurales, souvent enclavées, où l’accès à l’emploi et aux services essentiels à une bonne qualité de vie est plus difficile. Comme vous pourrez le lire au fil des articles du journal, la lutte contre les déséquilibres territoriaux est une priorité du Conseil régional. Que ce soit dans le cadre de nos compétences transport, environnement, formation, emploi, habitat, foncier, infrastructures THD ou encore santé, notre ambition est de construire ensemble, avec tous nos territoires, la Nouvelle-Aquitaine et de redynamiser nos zones rurales, car il ne saurait y avoir de Nouvelle-Aquitaine à deux vitesses. Dans ce but, notre Région sera bienveillante et solidaire : en aidant plus massivement les territoires en déprise que ceux qui ont déjà beaucoup.

Numérique. La Région fait sa révolution.

IMGORTHAND/ISTOCK

Puissant levier d’innovation, de progrès, d’emplois et de mieux-vivre, la Région relève le défi du numérique.

ALEXANDRE DUPEYRON

PAGE 4-9 PROXIMITÉ

Développement régional Ensemble, imaginons la Nouvelle-Aquitaine ! Transport La Région au volant des cars scolaires Ter Des tarifs pour tous Résidences d’artistes Aux sources de la création

Dans le cadre de la loi de décentralisation de 2015, notre Région est devenue chef de file de l’aménagement du territoire. D’ici à juillet 2019, il lui revient de définir les grandes orientations de cette politique à travers l’élaboration d’un Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET). Les enjeux sont de taille pour tous nos territoires, et prioritaires pour notre Conseil régional. Depuis sa naissance le 1er janvier 2016, la Nouvelle-Aquitaine applique déjà une politique volontariste de soutien aux entreprises, à l’innovation, et à la création d’emplois durables qui participent du dynamisme des territoires. Avec les départements, nous équipons les zones rurales, ignorées des opérateurs privés, d’un réseau public en fibre optique pour réduire la fracture numérique. Nous luttons contre la désertification médicale à travers la construction de plus de 150 maisons de santé pluridisciplinaires. Nous boostons massivement notre soutien à la jeunesse à travers la formation, le logement, l’aide à la mobilité, et la construction/rénovation des lycées et CFA. Bien entendu de nombreux défis restent à relever : passer à une agriculture plus raisonnée et innovante, anticiper la rupture numérique et former nos jeunes et les personnes en recherche d’emploi aux métiers de demain ou aux métiers en tension, accompagner la transition écologique et énergétique. Accompagner les territoires en difficulté, c’est aussi favoriser la création d’emplois non délocalisables. Le problème des entreprises est bien sûr d’innover, d’exporter, mais d’abord de pouvoir recruter ! Nous vivons ce paradoxe terrible, ici comme ailleurs, d’un taux de chômage élevé et d’emplois non pourvus. Ce sera une des grandes causes des années qui viennent : qualifier, former les jeunes et les moins jeunes vers les secteurs d’avenir. Mais aussi réhabiliter et gratifier des métiers traditionnels qui recrutent (soudeur, chaudronnier, métiers de la vigne…). Le Conseil régional est dans l’action, pour la réussite de tous ses territoires et de ses habitants.

Hôtel de Région, direction de la communication, 14, rue François-de-Sourdis 33000 Bordeaux Tél. : 05 57 57 80 00. Directeur de la publication Alain Rousset Codirecteur de la publication Stéphane Delpeyrat-Vincent Directrice de la communication Aurélie Loubes. Rédaction en chef Brice Ancelin. Responsable d’édition Sébastien Blanquet-Rivière. Rédaction Olivier Bleys, Laurence Bussy, Julie Carnis, Laure Espieu, Guillaume Fontaine, Nadège Galibert, JMLC, Amélie Kolk, Marina Kosine, Audrey Marret, Marianne Peyri, Philippe Quintard. llustrateur BD Rémi Barbedienne Conception graphique et réalisation A noir, www.agence@anoir.fr Photographes Agence APPA, Murielle babin, J Damase, Sabine Delcour, Alban Gilbert, Thierry Laporte, Sébastien Le Clezio, JR Guillaumin, Thierry Martrou, Olivier Panier des Touches, Thomas Pesquet, Joël Peyrou, Françoise Roch, Sébastien Sindeu. Impression IMAYE GRAPHIC (53) 02 43 67 86 78.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

L’EFFET LGV CET ÉTÉ EN CHIFFRES

+40%

Londres

Tours-Bordeaux : un succès !

GRAND PROJET FERROVIAIRE DU SUD-OUEST Le TGV est devenu un train du quotidien. Avec la ligne Tours-Bordeaux, tout le monde y a gagné. Mais Bordeaux ne peut rester le terminus de la LGV. Avec de nouveaux financements, la ligne doit se poursuivre vers Toulouse et Dax, puis l’Espagne. Explications. RENNES

UN PARI SUR L’ENVIRONNEMENT

P

POITIERS NIORT

ROYAN LE VERDON

ANGOULÊME

LESPARRE

PÉRIGUEUX

BORDEAUX

LIBOURNE

BORDEAUX/ MONT-DE-MARSAN

BORDEAUX/ BAYONNE

(-30 min.)

DAX

PUYOO

MONT-DEMARSAN

(-1 h)

2 h 05 (-1 h 45)

VERS TARBES

ORTHEZ

OLORONSAINTE-MARIE LOURDES

TARBES

Marseille

Toulouse

BORDEAUX/ MARSEILLE

4h

BORDEAUX/ BARCELONE

(-1 h)

3 h 50 (-1 h)

CANFRANC

ne

rid

1 h 05

Barcelo

Mad

Opération de lobbying «Aquitaine-Euskadi: l’Europe à grande vitesse»

BORDEAUX/ TOULOUSE

TOULOUSE/ BAYONNE

PAU

(-1 h 20)

À NOTER Les temps de parcours indiqués sont des temps de parcours minimum.

AGEN

(-52 min.)

BORDEAUX/ MADRID

PROJET LIGNE LGV

VERS AURILLAC VERS VERS TOULOUSE RODEZ

35 min.

1 h 15

3 h 55

MODERNISER LE RÉSEAU

A

2002

2006

SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT

LIGNE LGV OCÉANE

SARLAT

ARCACHON

SAN SEBASTIAN

(-1 h 20)

VERS CLERMONTFERRAND

LA LGV EN 10 DATES CLÉS Le Conseil régional d’Aquitaine préside l’association Priorité TGV Sud Europe Atlantique (SEA)

BRIVE-LAGAILLARDE

BERGERAC

1 h 55

02-03 NAQ1 3.indd 3

USSEL

SAINTES

HENDAYE

BORDEAUX/ BILBAO

AUTRES LIGNES FERROVIAIRES

GUÉRET

LA ROCHELLE

L

LIGNE TGV EXISTANTE

VERS PARIS

LIMOGES

e grand projet ferroviaire du Sud-Ouest – qui prévoit la prolongation de la LGV vers Toulouse, mais également vers Dax et l’Espagne –, c’est aussi une incroyable opportunité de donner une impulsion nouvelle à l’économie et l’emploi de notre région. L’ouverture sur la région Occitanie, mais également sur un espace de collaboration transfrontalier avec le Pays basque espagnol, et des échanges facilités, demain, avec Toulouse, Montpellier, Saragosse, Bilbao ou encore Barcelone, offrent autant d’arguments pour attirer les entreprises, les compétences et donc l’emploi en Nouvelle-Aquitaine. Un projet d’une telle ampleur, ce sont également des retombées économiques significatives à court terme. La ligne Tours-Bordeaux a ainsi généré jusqu’à 8 500 emplois (20 000 avec les emplois indirects), dont 2 000 emplois locaux et des carnets de commandes pleins pour les entreprises locales, avec plus de 800 millions d’euros pour BAYONNE les départements traversés par le projet.

LIGNE LGV

L

a LGV représente la colonne vertébrale des déplacements dans le grand Sud-Ouest. Elle permet d’améliorer les liaisons entre les grands pôles urbains de notre région, quand le réseau des Ter maille plus finement le reste du territoire. Au-delà des grands centres urbains, ce sont donc toutes les villes autour du tracé qui ont à y gagner : Hendaye, Bayonne, Biarritz, Pau, Dax, Mont-de-Marsan, Agen… Un projet qui se révèle donc essentiel pour la mobilité des habitants. À l’échelle européenne, ce sont donc 10 millions de personnes qui sont concernées par des déplacements entre Bordeaux, Bilbao et Toulouse et qui ne disposent pas, à ce jour, d’infrastructures de transport suffisantes entre ces différents pôles urbains.

MONTLUÇON

DYNAMISER L’ÉCONOMIE ET L’EMPLOI

Bilbao

AMÉNAGER LE TERRITOIRE

TOURS

NANTES

Source : Voyages Sncf

PARIS

LE MANS

rolonger la ligne à grande vitesse vers le Sud, c’est d’abord s’engager pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le train , et représente en effet 10 à 15 fois moins de gaz à eff , de serre que les déplacements en voiture, 30 fois moins qu’en avion et 50 fois moins que le transport routier pour les marchandises. Ce projet, c’est aussi la possibilité de reporter sur le rail une partie des 10 000 camions qui circulent quotidiennement entre Bordeaux et l’Espagne. C’est la raison pour laquelle la Région soutient également l’initiative de l’eurorégion Nouvelle-Aquitaine - Navarre - Euskadi de relancer le dossier d’Autoroute Ferroviaire Atlantique.

+53%

de voyages vers ou depuis Bordeaux

Bru xell es

À LA UNE

de voyages à destination de la NouvelleAquitaine

vec des infrastructures de plus d’un siècle, tout le monde s’accorde sur la nécessaire modernisation du réseau. Seulement, même modernisées, les seules lignes existantes ne permettraient pas d’accueillir à la fois des trains à grande vitesse, des Ter, des Intercités et le fret. Il faut donc libérer des sillons, à la fois pour des raisons de capacité, mais également de performance – et donc de ponctualité – des trains. Sans oublier que l’investissement sur la LGV participerait à la modernisation du réseau existant et ce pour plus d’un siècle ! En parallèle, la priorité et l’engagement de la Région portent sur la modernisation du réseau Ter Limoges-Poitiers et Bergerac-Bordeaux

2011 Signature de la convention de financement du tronçon central de la LGV SEA 25 nov. 2015

Arrêté déclaration d’utilité publique AFSB 2 juillet 2017

Mise en service de la ligne Tours-Bordeaux

1998 Inscription de la suppression du bouchon ferroviaire de Bordeaux au contrat de plan ÉtatRégion 2000-2006

2005 2006 Débats publics sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP).

2009 Engagement de la concertation pour les Aménagements ferroviaires sud de Bordeaux (AFSB)

2012 Adoption du protocole d’accord global sur GPSO

2 juin 2016

Décret ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse/ Bordeaux-Espagne

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

PROXIMITÉ

CHAQUE ANNÉE, LES ÉLUS RÉUNIS EN COMMISSION PERMANENTE VOTENT DES AIDES POUR PLUS DE 12 000 BÉNÉFICIAIRES. RETROUVEZ DANS CES PAGES UNE SÉLECTION DE PROJETS SOUTENUS. NOUVELLE-AQUITAINE.FR/INSTITUTION

GIRONDE SAINT-MÉDARD-EN-JALLES La start-up girondine Wiidii développe une application de conciergerie sur smartphones innovante, alliant intelligence artificielle et compétences humaines. Soutenue par la Région, elle prévoit un plan de recrutement ambitieux.

«Q

uels sont les horaires d’ouverture du musée ? Pouvez-vous me traduire cette phrase ? J’ai besoin de prendre rendez-vous avec le médecin à côté de chez moi aux alentours de 14 heures. Je cherche un restaurant japonais à proximité du bureau. » Voilà quelques-unes des requêtes régulièrement posées à Wiidii, le premier assistant personnel hybride made in Nouvelle-Aquitaine. Associant un savoir-faire technologique d’intelligence artificielle et une équipe de concierges professionnels, cet outil inédit se charge de répondre à toutes ces demandes formulées dans les meilleurs temps. Il se présente sous la forme d’une application mobile utilisable par des entreprises qui en font bénéficier leurs salariés ou leurs clients. Un nouveau projet de développement Depuis le lancement du service en ligne en 2015, l’entreprise comptabilise 20 000 clients. Pour gérer les requêtes quotidiennes, une quinzaine de salariés, tous for-

més aux services de conciergerie, prennent le relais de la technologie d’intelligence artificielle qui traite dans un premier temps les demandes. C’est sur ce volet que Wiidii mène un nouveau projet pour les mois à venir. « Il va s’agir d’améliorer le moteur et la performance de notre technologie, préci­se Clothilde Patin, communications manager de l’entre­prise. Pour cela, Wiidii prévoit l’embauche de quatre nouveaux dévelop­ peurs d’ici à la fin d’année. » L’objectif est de permettre une analyse sémantique plus performante et une meilleure personnalisation des réponses, dont l’assimilation par l’intelligence artificielle des interventions humaines des concierges. Pour contribuer au financement de ce programme de R & D, la Région a voté une subvention de 155 000 euros lors de la commission permanente du 13 mars dernier. Elle représente

IL VA S’AGIR D’AMÉLIORER LE MOTEUR ET LA PERFORMANCE DE NOTRE TECHNOLOGIE, PRÉCISE CLOTHILDE PATIN, COMMUNICATIONS MANAGER DE L’ENTREPRISE. POUR CELA, WIIDII PRÉVOIT L’EMBAUCHE DE 4 NOUVEAUX DÉVELOPPEURS D’ICI À LA FIN D’ANNÉE. »

SÉBASTIEN SINDEU

Wiidii, la start-up qui monte 44 % du montant total du projet qui s’élève à 350 290 euros. 30 recrutements à venir En parallèle, l’entreprise s’est fixé comme but de signer avec un grand groupe dans chaque secteur d’activité d’ici à la fin 2017 et, début 2018, de lancer une levée de fonds de 7 millions d’euros pour poursuivre son déve­loppement. Dans ce contexte d’expansion d’activité, le recrutement de 10 nouveaux assistants personnels est programmé en 2017 et 20 en 2018.L’ambition est de devenir un acteur international de référence dans le domaine de la conciergerie. Wiidii a déjà été saluée en la matière. L’application a reçu le Prix de la start-up la plus innovante aux 10es Rencontres nationales du e-tourisme, à Pau, en 2014, puis la Palme du tourisme numérique en 2015 et enfin le Label Forum des innovations de Bordeaux en 2015. Finaliste de nombreux concours, Wiidii a fait partie des start-up néo-aquitaines partantes pour le CES 2017 à Las Vegas (voir notre article page VIII).

Plus d’infos sur wiidii.com

Cédric Dumas, fondateur et PDG de Wiidii, premier assistant personnel hybride.

DORDOGNE BOULAZAC D’ici à la fin 2018, le campus de la formation en Périgord verra le jour à Boulazac. Il formera 1 200 jeunes et proposera une solution d’hébergement attractive. Un équipement moteur pour l’emploi et l’économie locale.

Un nouveau campus en Périgord

S

ur le site de Boulazac, dès la fin de l’année 2017, les apprentis logeront dans un foyer flambant neuf comptant 150 places. Il remplacera l’ancien foyer vétuste, et accueillera, en plus des jeunes alternants, des adultes en formation et des saisonniers. Une solution pratique de logement dans ce département où la moitié des jeunes vit à plus de 30 km de son lieu de formation. Concernant la structure pédagogique, la remise des clés est prévue pour la fin 2018. Au programme : un pôle goût et saveurs, avec deux plateaux (professionnel et alimentaire) ; une maison des métiers ; un pôle de maintenance des véhicules ; un autre consacré à l’énergie numérique ; et un pôle achat industriel. Sans oublier l’extension du gymnase, deux foyers de vie scolaire et des salles de cours banalisées. Un des « meilleurs apprentis de France » Des équipements qui entendent répondre, au moins en partie, à la demande de main-d’œuvre locale : les entreprises du territoire expriment des attentes

fortes sur les secteurs en tension de l’industrie agroalimentaire, de l’hôtellerie-restauration ou du machinisme agricole. Autant de métiers représentés sur ce site, qui forme chaque année près de 1 200 jeunes, soit la moitié des effectifs d’apprentis du département. L’enjeu pour la Région : conjuguer formation de qualité, insertion professionnelle des jeunes et dynamisme économique du territoire. Avec, sur le chemin, de belles réussites. David Malard, boucher-charcutier, à Périgueux, forme des jeunes du CFA de Boulazac depuis plus de dix ans. Il appuie : « J’ai toujours fait en sorte que mes apprentis trouvent du travail à l’issue de leur formation. » Récemment, il vient de voir l’un d’entre eux, Allan Guibert, 17 ans, formé depuis septembre 2015 sur le site de Boulazac, recevoir le prestigieux prix d’« un des meilleurs apprentis de France », en charcuterie-traiteur lors du dernier Salon de l’agriculture à Paris. « Et Allan ne compte pas s’arrêter là, lance fièrement David Malard. Il souhaite devenir Meilleur Ouvrier de France dans sa catégorie. »

ZOOM

AGENCE APPA

INVESTIR POUR L’EXCELLENCE

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Augmenter l’attractivité du territoire, innover sur la formation et améliorer la qualité de l’accueil des apprentis : c’est le défi relevé par la Région et ses partenaires* avec la construction du campus de la formation en Périgord. Coût total du projet : 24 millions d’euros, avec une participation de la Région de 9,5 millions. *La chambre des métiers et de l’artisanat et la chambre de commerce et d’industrie de la Dordogne.

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PROXIMITÉ LOT-ET-GARONNE AGEN Issue de la fermentation du thé, SO Kombucha est une boisson qui agit comme un probiotique naturel. Un produit 100 % bio, à la fois sain, sympa et fun, mis au point par deux entrepreneurs sur le site de l’agropole d’Agen et accompagné par son centre technique Agrotech.

20 000 bouteilles par mois sortent des entrepôts

SO Kombucha met le bio en bouteille

Alimentation saine « Nous avons découvert cette boisson au Canada, raconte François Quinson, cofondateur de l’entreprise. Nous avons eu un coup de cœur pour son côté surprenant et bienfaisant et nous avons pris cette décision un peu folle d’abandonner nos emplois respectifs pour tenter de développer le produit en France. » C’était il y a trois ans. Couple à la ville et associés en affaire, les époux Quinson vivent à Bordeaux. Tous

deux disposent déjà d’un solide parcours de cadre. Aucun cependant ne maîtrise ni l’industrie, ni l’agroalimentaire. « Mais nous avions le désir d’entreprendre, confie Nawal Quinson. Et nous avions envie d’un produit naturel, compatible avec une alimentation saine et un mode de vie durable, qui corresponde à nos valeurs. » Très vite se posent de multiples questions techniques afin de stabiliser le kombucha et de pouvoir envisager son industrialisation. « Nous avons contacté l’agropole d’Agen qui nous a aidés à réaliser tous les tests de suivi de la fermentation et à mettre au point un filtrage spécifique. » La mise en production devient possible et la boisson intègre rapidement les linéaires du réseau Biocoop, soit 450 points de vente en France. « Ce qui a été précieux, c’est cette souplesse adaptée à nos besoins : nous avons d’abord pu tester le marché avec une mise en production légère de 2 500 bouteilles par mois, avant d’investir dans une chaîne d’embouteil-

lage, une fois que nous avions constaté que les consommateurs répondaient bien », se félicite le couple. Forte de quatre salariés et désormais implantée dans un local de 300 m² sur la pépinière agenaise, l’entreprise bénéficie de toute l’infrastructure et de la logistique du site. « Tout est simple, nous avons les solutions techniques à portée de main avec une vraie concentration de moyens et de compétences : c’était une évidence de rester là-bas. » La plage et le Sud-Ouest Trois recettes sont actuellement distribuées : gingembre, cerise-hibiscus, menthe citronvert, et la gamme pourrait s’éten­ dre rapidement. SO Kombucha mise sur un packaging moderne, coloré, très seventies, dont le graphisme renvoie aux codes de la plage, du surf et du Sud-Ouest. Lauréats du Concours national de la création d’entreprise agroalimentaire, dont ils ont reçu le prix des mains d’Alain

JOËL PEYROU

L

e kombucha est une boisson millénaire, d’origine mongole, élaborée à partir de thé. Sous l’effet d’une symbiose de levures et de microorganismes le breuvage devient légèrement pétillant avec un goût acidulé. Très désaltérant, il possède en prime des propriétés nutritionnelles intéressantes – notamment par sa teneur en enzymes, en vitamines, et en acides organiques – qui en font un produit déjà très prisé en Amérique du Nord.

Rousset en septembre 2016, ils ont également été invités sur le stand Nouvelle-Aquitaine au salon Viva Technologie à Paris et ont bénéficié d’une subvention de la Région. « Cet apport de trésorerie, pour une jeune entreprise, est très compliqué à obtenir. Pourtant c’est véritablement ce qui permet de lancer la production. Nous, ça nous a donné de l’élan, avec un effet de levier

important sur les autres partenaires financiers. » Désormais, entre 15 000 et 20 000 bouteilles par mois sortent des entrepôts. Et l’équipe pourrait rapidement atteindre 8 à 10 personnes pour se lancer à la conquête des marchés de l’Europe du Nord.

François et Nawal Quinson cofondateurs de SO Kombucha.

Plus d’infos sur so-kombucha.com agropole.com

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES BELLOCQ L’entreprise familiale de boucheriecharcuterie multiplie les points de vente, tout en restant fidèle à ses choix d’approvisionnements locaux et de produits de qualité. Son tout nouveau projet : la construction d’une unité de transformation sur la commune de Bellocq.

SABINE DELCOUR

Mais où s’arrêtera l’entreprise Bignalet ? ZOOM

LA SAGA BIGNALET

Plus d’infos sur bignalet.com

Au départ simple commerce de boucherie-charcuterie à Habas (Landes), celle-ci agrandit peu à peu ses locaux et ses points de vente. Après la construction d’un séchoir à jambons en 2005, un point de vente est créé à Pouillon (Landes), puis à Orthez (Pyrénées-Atlantiques). En 2011, Jacques Bignalet crée un atelier de découpe, puis ouvre en 2012 un nouveau point de vente à Mugron (Landes) et s’implante sur les marchés.

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«N

ous passons de la préhistoire à l’ère moderne », se réjouit Jacques Bignalet à propos de la construction de sa nouvelle unité de transformation en charcuterie sur la commune de Bellocq (64), à une quinzaine de kilomètres du site actuel. Livré cet automne, le bâtiment de 1 630 m² comprendra le laboratoire de production, le siège social de l’entreprise ainsi qu’un magasin d’usine. Un investissement qui aidera l’entreprise familiale à poursuivre la production maison, transformation deplus d’une cinquantaine de porcs,

900 000 € ont été versés par la Région et l’Union européenne

cinq bovins, huit veaux et d’une quinzaine d’agneaux par semaine. Un projet rendu possible par une aide de la Région de 300 000 euros (10 % du coût total), ainsi qu’un financement européen à hauteur de 600 000 euros. Qualité et production locale « Nous achetons uniquement des bêtes labellisées chez les agriculteurs des Landes et de la Chalosse, puis nous fabriquons tout nous-mêmes. C’est cela qui fait notre force », explique le couple Bignalet. 95 % des matiè­ res premières sont ainsi en provenance de Nouvelle-Aquitaine.

Dans cette même volonté, de nouveaux développements sont engagés : construction de bâtiments, ouverture d’un nouveau magasin sur la côte landaise, vente en ligne. « L’idée est de nous développer sur la vente en direct via les circuits courts, et via une activité de vente de viande fraîche en ligne », annon­c e Jacques Bignalet. À terme, de nouvelles embauches locales sont donc prévues, avec des formations sur place, toujours pour encourager le commerce de proximité et une présence sur les territoires ruraux de Nouvelle- Aquitaine.

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PROXIMITÉ

CHAQUE ANNÉE, LES ÉLUS RÉUNIS EN COMMISSION PERMANENTE VOTENT DES AIDES POUR PLUS DE 12 000 BÉNÉFICIAIRES. RETROUVEZ DANS CES PAGES UNE SÉLECTION DE PROJETS SOUTENUS. NOUVELLE-AQUITAINE.FR/INSTITUTION

LANDES TARNOS Deux projets de création de laminoirs sont engagés sur la zone industrialo-portuaire de Tarnos. La Région, propriétaire des infrastructures, accompagne ces projets par des travaux d’aménagement et d’équipement portuaires. 300 nouveaux emplois devraient à terme être créés.

300 nouveaux emplois en perspective à hauteur d’un million d’euros. Le second, moins avancé, a vu son permis de construire accepté et a obtenu les autorisations d’exploi­ter après enquête publi­ que. Le groupe envisage d’investir 60 millions d’euros – dont un premier soutien de 537 000 euros de la Région. Il devrait engendrer un trafic supplémentaire de 300 000 tonnes, pour environ 200 emplois supplémentaires. Des investissements qui permettront au port de connaître une montée en puissance de son activité. D’ici à cinq ans, elle devrait atteindre trois millions de tonnes avec un impact économique majeur, aussi bien au niveau local qu’à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. Au-

ZOOM

L’ACIER, LA LOCOMOTIVE DU PORT Équipement moteur de l’économie locale, qui s’étale sur quatre communes (Bayonne, Anglet, Boucau et Tarnos) et deux départements (Pyrénées-Atlantiques et Landes), le port de Bayonne génère un trafic de 2,3 millions de tonnes de marchandises, dont 40 % portent sur le transport d’acier.

jourd’hui, les retombées économiques du port basco-landais sont estimées à 530 millions d’euros par an avec un nombre d’emplois évalué à 3 500, dont 1 000 directs. Un investissement multiplié par cinq Depuis 2006, date du transfert de propriété du port de l’État à la Région, cette dernière a multiplié par cinq les investissements sur les infrastructures. Pour conforter l’activité du port, elle vient ainsi de lancer un important chantier de consolidation de deux quais (Forgues et Tramut) à hauteur de deux millions d’euros. Déjà, en 2015, elle livrait un nouveau quai : le quai Castel (180 m de long) afin d’accueillir de plus gros bateaux. Un investissement de 16 millions d’euros, dont 3,9 millions financés par l’Europe. Autre projet, mais à plus long terme, la Région souhaite inscrire le port de Bayonne comme un site stratégique de développement de l’énergie houlomotrice (énergie des vagues). Un pas de plus vers la croissance bleue.

530 millions d’euros par an, c’est l’estimation des retombées économiques du port.

Port de Bayonne. La Région vient de lancer le chantier de consolidation de deux quais.

Plus d’infos sur bayonne.port.fr

CREUSE SAINT-PIERRE-DE-FURSAC Grâce à une modernisation considérable et des clients fidèles, l’entreprise de micromécanique de précision en petites séries a su affronter la crise.

Le formidable rebond de Furméca

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LE SOUTIEN RÉGIONAL

La commission permanente du conseil régional a voté à Furméca une aide de 40 000 € sur un montant total d’investissement de 255 000 € dans le cadre des aides aux projets d’investissements matériel. THIERRY LAPORTE

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ranck Parbaud, le directeur de Furméca (photo), connaît bien le paysage industriel creusois, il y a fait toute sa car­rière. Ouvrier devenu responsable commercial dans le secteur de la mécanique, il a repris Furméca en 2011, après avoir travaillé dans plusieurs entreprises locales (Steva, Wagon automotive, Socomec…). L’histoire récente de l’entreprise était un peu chahutée. Après sa création en 1974 et trentecinq années vécues sans heurt, elle est cédée en 2008 lorsque son dirigeant part à la retraite. Les repreneurs se trouvent confrontés à la crise économique majeure qui frappe le pays. Le chiffre d’affaires est divisé par deux en deux ans. Ce sont eux

ALBAN GILBERT

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e trafic lié à l’acier constitue la locomotive du port. Une activité qui dans les trois prochaines années devrait être fortement confortée par la création de ces deux nouveaux laminoirs (équipement de transformation du métal). Des projets engagés par Laminoir des Landes et la principale entreprise du port : l’aciérie Celsa France. Le premier projet entre dans la phase test de fabrication des produits (acier plat sous forme de bobines). D’ici à quatre ans, le trafic maritime de cette nouvelle activité devrait atteindre environ 500 000 tonnes par an et générer une centaine d’emplois. La Région a accompagné cette implantation

qui sollicitent Franck Parbaud pour reprendre les rênes. « J’ai d’abord entamé des démarches commerciales pour trouver de nouveaux clients tout en m’appuyant sur la fidélité des clients historiques de l’entreprise. Le contexte économique m’a aidé, l’activité industrielle redémarrait doucement. » Des investissements salvateurs En 2013, il commence à investir. Un premier contrat de croissance avec la Région lui permet d’acheter une nouvelle machine. En 2014, il renouvelle le parc des moyens de contrôle et les infrastructures. En 2015, il équipe Furméca d’un nouveau tour à commande numérique. Puis l’entreprise déménage dans de nouveaux locaux en 2016 avec l’aide de la communauté de communes. 2017 marque un seuil dans l’évolution de Furméca. « La Région a accepté un second contrat de croissance qui nous permet de nous équiper de deux tours à commande numérique supplé-

mentaires. » La Région aide l’entreprise à hauteur de 16 % de son investissement en échange de la création de deux CDI sous trois ans. Dès septembre, un nouvel employé a rejoint Furméca pour opérer sur une des deux nouvelles machines. Certains clients suivent l’entreprise depuis ses débuts. « C’est à eux que nous devons notre croissance, car ils se sont considérablement développés. » Avec ses 12  employés, Furméca est un petit atelier. « Mais nous sommes sur un marché de niche avec un savoir- faire très spécifique. Nous travaillons sur de petites séries dans des délais très courts. » Les clients, dans le spatial, l’aéronautique ou l’industrie générale, appré­cient cette réactivité. Impossible pour eux de soustraiter sur des marchés extérieurs comme la Chine. La recette de Furméca fonctionne bien et le chiffre d’affaires croît régulièrement de 5 % par an.

Plus d’infos sur fursac-mecanique.fr

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PROXIMITÉ

Petite révolution au chantier d’insertion

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L’association a choisi de passer en agriculture biologique et de travailler sur ses circuits de distribution.

e matin-là près du château de Barbezieux, en Charente, une certaine agitation règne au centre sociocultu­ rel du Barbezilien. D’aucuns déchargent les restes de la kermes­s e de la veille dans la cour. Des assistantes maternelles s’approchent, poussette en main. Sur un étal, quelques cagettes de courgettes et d’aubergines attendent preneurs. Le directeur de cette association de 20 salariés, Patrick Braleret, nous présente le projet qui occu­pe une bonne partie de son temps : le développement et le passage en bio du chantier d’insertion maraîchage géré par la structure depuis près de quinze ans. Il explique : « Jusqu’à présent, l’atelier maraîchage était dispersé sur divers terrains. Aujourd’hui, la commune nous prête un terrain de trois hectares, classé Natura 2000 à la sortie de la ville. C’était l’opportunité pour nous de changer nos pratiques, de nous professionnaliser

et de développer notre production. » Employant 14 salariés en contrats d’insertion, l’association a choisi de passer en agriculture biologique et de travailler sur ses circuits de distribution afin de produire mieux. Objectif : arriver à l’équilibre d’ici à trois ans et développer des partenariats en circuits courts. Se convertir au bio De son côté, la Région apporte un soutien financier de 45 000 euros au centre socioculturel, pour l’achat de serres et de matériel, la mise en place d’un système d’irrigation et l’achat d’une chambre froide pour le stockage et le conditionnement des productions. Pour permettre la mise en place de cette petite révolution, Nicolas Vitrolles, accompagnateur technique, a été embauché afin de faciliter le passage en bio et de transmettre son expertise. Au début de l’été, les salariés égourmandent les tomates, d’autres trient les courgettes et les aubergines. « Nous avons ins-

tallé les serres, le système d’arro­ sage, il y a encore des choses à fignoler, mais ça avance. C’est bien : on a déjà pas mal de légumes », explique Fazad, 20 ans, qui travaille ici depuis huit mois. Il voudrait entrer en apprentissage en boulangerie, l’accompagnatrice socioprofessionnelle de l’association le soutient dans ses recherches. « Nous avons beaucoup travaillé sur les circuits de commercialisation, explique le directeur. Aujourd’hui nous avons déjà plusieurs partenaires : la cuisine centrale, le centre hospitalier, des lycées et collèges et un foyer pour personnes âgées. J’espère arriver à l’équilibre budgétaire d’ici à trois ans. » Un équilibre qui pourrait être facilité avec l’intégration de la production de l’atelier à la plate-forme Internet Agrilocal16, un outil novateur qui met en lien producteurs, artisans, transformateurs de produits agroalimentaires et acheteurs publics de la restauration collective.

CHARENTE-MARITIME LAGORD Le nouveau centre de formation des apprentis (CFA) de la Charente-Maritime remplacera celui situé sur le site du Prieuré, à la Rochelle, devenu trop étroit. Construit à Lagord, ce sera le plus gros CFA de la Nouvelle-Aquitaine.

Un CFA XXL en construction

FRANÇOISE ROCH

CHARENTE BARBEZIEUX Depuis maintenant quinze ans, le centre socioculturel du Barbezilien gère un chantier d’insertion. Avec l’aide de la Région, il a entamé une restructuration de son atelier de maraîchage en vue de consolider ses activités et de pérenniser l’emploi local.

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ettre à la disposition des jeunes et des enseignants des conditions de sécu­ r ité, d’apprentissage et d’ensei­gnement optimales, tout en développant l’attractivité de l’apprentissage, tels sont les objec­tifs de ce nouveau centre de formation. Avec 2 100 apprentis au total, le CFA de Lagord ouvrira ses portes à la rentrée 2018. Réalisés à 100 % avec des entreprises situées en Nouvelle-Aquitaine, les travaux, commencés fin 2016 et qui s’achèveront en mai 2018, sont sous maîtrise d’ouvrage de la Région. La gestion sera confiée à la chambre des métiers et de l’arti­ sanat de la Charente-Maritime. Le CFA actuel comprend les sites du Prieuré, avec 1 495 apprentis, deve­nu obsolète, et le site de Saint-Germain-de-Lusignan, non loin de Jonzac, qui en compte 610.

FRANÇOISE ROCH

Un bâtiment à énergie positive Le nouveau CFA, situé sur le site bas carbone de Lagord, ancien terrain militaire, est conçu sous label BEPOS (Bâtiment à énergie positive) : des constructions nouvelle génération qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Le CFA de Lagord sera composé de deux bâtiments. Un centre d’héber­gement (cofinancé par la

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Région à hauteur de 700 000 euros) qui accueillera jusqu’à 200 personnes – apprentis, saisonniers et stagiaires. Un centre de formation qui, lui, formera jusqu’à 1 539 apprentis aux métiers des services, de l’hôtellerie-restauration, de bouche et du bâtiment. Les caractéristiques écologiques de la construction préfigurent les formations supérieures qui doivent être enseignées, à terme, dans le pôle bâtiment, notamment en éco-habitat. Des partenariats sont d’ailleurs déjà noués entre la chambre des métiers et l’université de La Rochelle. Autres formations préparées dans le pôle des métiers de bouche : boucherie-charcuterie, boulangerie-pâtisserie, traiteur et service. Dans le pôle des métiers du bâtiment : la maçonnerie, le carrelage, la plomberie, la menuiserie, l’électricité. Et dans les services : la coiffure, l’esthétique-cosmétique, la vente. Dans la continuité des travaux, sera lancée la construction d’un nouveau pôle automobile sur le site de Lagord, préparant aux métiers de la carrosserie, de la maintenance des véhicules et de la peinture-carrosserie. Actuellement encore situé sur le site du Prieuré, il forme 152 apprentis. L’ouverture du nouveau pôle automobile à Lagord est prévue en 2020.

Un budget de 37 millions d’euros, dont 10,6 financés par la Région. Jusqu’à 2 100 apprentis. 200 places d’hébergement.

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PROXIMITÉ

CHAQUE ANNÉE, LES ÉLUS RÉUNIS EN COMMISSION PERMANENTE VOTENT DES AIDES POUR PLUS DE 12 000 BÉNÉFICIAIRES. RETROUVEZ DANS CES PAGES UNE SÉLECTION DE PROJETS SOUTENUS. NOUVELLE-AQUITAINE.FR/INSTITUTION

VIENNE LIGUGÉ Basée aux Usines Nouvelles, à Ligugé, Consortium Coopérative vient de fêter ses deux ans. Sa vocation est simple : accompagner les porteurs de projet œuvrant dans le domaine de la culture et les aider à vivre de leur métier dans un environnement collectif motivant.

Bouillon de culture

FRANÇOISE ROCH

Protection sociale Concrètement, Consortium Coopérative, qui compte quatre salariés en charge de l’encadrement (dont les deux cogérantes) propose aux personnes qui souhaitent développer une activité dans le domaine artistique de les accompagner pour démarrer leur projet. Elles bénéficient ainsi d’un cadre administratif et comptable qui facilite le lancement. La coo-

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pérative prélève 10 % du chiffre d’affaires de chaque entrepreneur et lui propose ses services mutua­ lisés. Cela permet aux artistes de mûrir leur projet, de déclarer leurs prestations légalement et de bénéficier de la protection sociale du salariat. Le processus d’entrée dans la coopérative est progressif. D’abord un accompagnement avec le contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE). Ensuite un contrat spécifique d’entrepreneur salarié associé (CESA) avec la possibilité de devenir sociétaire et de participer aux décisions et à la gouvernance de l’entreprise. Rompre l’isolement L’équipe mise beaucoup sur le collectif. Elle met en place des groupes de travail thématiques. Elle utilise des espaces de coworking dans les locaux à

Le Temps de vivre s’est transformé

Ligugé (86) et à Saint-Michel, la pépinière d’entreprises du Grand Angoulême (16). Cela permet de rompre l’isolement, d’échanger sur les pratiques, les expériences, les clients, les solu­ tions, voire, pourquoi pas, de construire des projets communs ou de se rassembler pour répondre à des appels d’offre. « En 2016, plusieurs coopérateurs se sont regroupés pour réaliser un catalogue répertoriant leurs ateliers pédagogiques, workshops et animations, raconte Julie Bernela. Il sera actualisé tous les ans et diffusé auprès d’écoles, collèges, lycées, centres de loisirs ou structures culturelles. » À partir de 2018, Consortium Coopérative prévoit d’intensifier ses actions et de s’étendre sur de nouveaux territoires de la région.

THIERRY LAPORTE

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est un modèle économique encore très peu connu, mais qui permet d’aider les créateurs à développer leur activité en bénéficiant d’un réseau », affirme Julie Bernela. Avec Christine Graval, elle est l’une des deux cogérantes et fondatrices de Consortium Coopérative. Soutenue par la Région à hauteur de 60 000 euros, la structure s’adresse spécifiquement aux métiers artistiques, culturels et créatifs. Elle totalise aujourd’hui une soixantaine d’entrepreneurs accompagnés : photographes, graphistes, plasticiens, vidéastes, rédacteurs, peintres... « Ce modèle n’existait pas en Nouvelle-Aquitaine, rappelle la cofondatrice. Nous avons d’abord mené une étude de faisabilité et les artistes ont très vite manifesté leur intérêt, ce qui nous a encouragées à nous lancer. »

Plus d’infos sur consortium-culture.coop

C’

ZOOM

QU’EST-CE QU’UNE COOPÉRATIVE D’ACTIVITÉ ET D’EMPLOI (CAE) ?

C’est une entreprise partagée. Plutôt que de créer sa propre structure, le porteur de projet crée son emploi salarié dans une entreprise coopérative qu’il partage avec d’autres entrepreneurs du secteur artistique et culturel. La coopérative offre ainsi un cadre juridique et administratif. Cela simplifie les démarches et permet d’être mieux protégé.

HAUTE-VIENNE AIXE-SUR-VIENNE Économie sociale et solidaire. Le cafélibrairie Le Temps de vivre s’est installé en 2012 à Aixe-sur-Vienne (87), véritable ovni dans le paysage de cette petite ville proche de Limoges où les commerces de centreville ont plutôt tendance à fermer. Labellisé tiers-lieu, il vient d’achever une belle transformation.

Julie Barnela et Christine Graval, les deux cogérantes et fondatrices de Consortium Coopérative.

est une belle journée, les tables de la terrasse s’étalent largement sur la place de l’Église. Certains clients papotent autour d’un café, d’autres, livre en main, entreprennent Nicolas, un des deux associés du lieu. Tous ceux qui passent sur la place s’arrêtent pour quelques mots et plus. C’est l’esprit du lieu. « Depuis le début de l’histoire, quand Claire Jacquemin, sa créatrice, a imaginé le Temps de vivre, elle l’a pensé comme un espace ouvert, basé avant tout sur le partage, rappelle Nicolas. Partage de culture, d’expérience, et véritable lieu de vie pour le territoire. » C’est cela qui avait séduit les membres de la Cigale locale (club d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire), financeurs du Temps de vivre. Ils ont eu raison. La librairie s’est imposée comme un élément majeur de la vie culturelle et sociale d’Aixe et des communes alentours. « En quelques années, le Temps de vivre est devenu un point central d’animation qui a dynamisé toute la place de l’Église, commente Émilie qui tient l’agence immobilière voisine. Mais nous étions à l’étroit avec l’ancienne configuration. Des réaménagements étaient nécessaires, surtout après la labellisation tiers-lieu de la Région. » La librairie s’est alors lancée dans les travaux avec un nouveau plan de développement de son activité. « Nous avons affiné le projet pour

renforcer encore l’identité du lieu. La partie café est maintenant plus développée. Nous avons gagné un bel espace d’exposition dans l’arrière salle. Avec la verrière qui donne sur le jardin, pour les animations et soirées, c’est beaucoup plus agréable, moins confiné. » Le Temps de vivre a reçu 60 000  euros de la Région pour ses travaux. Le reste des 300 000 euros a été financé par l’emprunt. Un espace pour échanger Le coworking faisait partie du projet de départ. Mais jusqu’à présent, les bureaux des étages étaient loués au mois ou à l’année à des professionnels qui travaillaient seuls : praticiens de médecines douces, structures locales et porteurs de projets de passage. Il manquait un espace dédié où l‘échange est possible entre travailleurs nomades. Avec l’ouverture du grenier et l’agrandissement, le lieu peut enfin répon­dre à cette demande. Il sera le seul sur le territoire du val de Vienne. L’équipe, augmentée de Pauline et de Fabienne, fourmille de projets. Le prochain grand chantier : l’organisation de formation en ingénierie de projets, d’accompagnement et d’ateliers en économie sociale et solidaire et la transformation de la structure en coopérative pour associer encore mieux le territoire et les usagers à son évolution.

Plus d’infos sur letempsdevivre.co

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PROXIMITÉ DEUX-SÈVRES MELLE Le projet de création d’une unité de méthanisation Méth’Innov est lancé sur la commune de Melle. À terme, il permettra la production de biogaz et de fertilisant. Une énergie verte, produite en circuit court.

Chauffage : ça gaze à Melle deux industriels voisins et la population de Melle. L’activité de Meth’Innov permettra ainsi l’économie de 4 209 tonnes de C02 par an, soit l’émission de plus de 2 000 véhicules parcourant 15 000 kilomètres annuels. Elle génèrera également la création de quatre emplois directs à temps plein.

THIERRY MARTROU

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a future unité de méthanisation traitera, à partir de 2019, pas moins de 37 000 tonnes de biomasse par an (fumier de bovin et de caprin, lisier de bovin et de porc, déchets de céréales et d’oléagineux). Autant de déchets qui seront transformés en fertilisant pour les sols agricoles et en biométhane : une énergie propre, renouvelable, similaire au gaz naturel et directement injectée dans le réseau de distribution après traitement. Le procédé est d’autant plus vertueux qu’il utilisera les déchets en provenance de la Coopérative CEA, porteuse du projet 1, et de 21 exploitations agricoles situées dans un rayon de 15 kilomètres de Meth’Innov. L’unité de méthanisation produira 34 000 tonnes de fertilisant et l’équivalent de la consommation de chauffage de 2 217 maisons par an en biométhane. Une énergie qui sera consommée par

Une filière vertueuse soutenue par la Région « Dès 2012, la Région et l’ADEME 2 nous ont accompagnés dans le financement de l’étude du gisement. Cette étude s’est avérée très positive, car autour de Melle, il y a de nombreux éleveurs. En conséquence, nous avons décidé début 2013 de mener à bien ce projet de centrale de méthanisation », explique Jacques Maroteix, le président de la SAS Méth’Innov. La Région a joué un rôle de facilitateur à différentes étapes : appui technique, mise en relation

avec différents intervenants et partenaires, aide à la réalisation de l’appel d’offres pour le choix du constructeur… En mars dernier, les élus régionaux ont également accordé une aide de 985 000 euros à la SAS Méth’Innov. À ce jour, une trentaine de projets de ce type sont en gestation sur notre territoire. 1. À travers la société SAS Meth’Innov. 2. Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Jacques Maroteix, président de la SAS Meth’Innov, et Loïc Robin, président des Apporteurs (agriculteurs adhérents au projet).

ZOOM

COMMENT ÇA MARCHE ?

La méthanisation valorise les matières organiques (effluents d’élevage, déchets d’entreprises agroalimentaires et de la grande distribution collectés en circuit court) en biogaz 100 % renouvelable et en digestat (le fertilisant). Le biogaz peut être valorisé en électricité (revendue sur le réseau) et en chaleur par cogénération, en biométhane (injecté dans le réseau de distribution de gaz naturel) ou en biocarburant. Le digestat, quant à lui, est utilisé en épandage sur les terres agricoles, permettant ainsi de diminuer le recours aux engrais minéraux et de limiter le risque de pollution.

CORRÈZE TREIGNAC, CHAMBERET, LE LONZAC La Région entend favoriser l’accès aux soins en tout point du territoire, notamment en aidant les projets de maisons de santé pluridisciplinaires, à l’image du projet soutenu sur plusieurs communes de Corrèze.

Le pôle de santé livré en 2018

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trois médecins généralistes, trois infirmiers, et un kinésithérapeute. Un chirurgien-dentiste et un pédicure-podologue seront installés sur Treignac et un ophtalmologiste sur Chamberet. Des travailleurs sociaux assureront également des permanences. Des besoins bien identifiés Soutenu à hauteur de 127 000 euros par la Région et piloté par l’association locale Avenir et Santé du canton de Treignac, ce

LES PRIORITÉS DU PROJET Six axes prioritaires ont été validés par les professionnels de santé :

SHUTTERSTOCK

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ace à la désertification médicale et au vieillissement de la population, la communauté de communes de Vézère-Monédières-Mille Sources s’organise. Dès la fin 2018, le pôle santé pluridisciplinaire réparti sur les communes de Chamberet, de Treignac et du Lonzac accueillera ses premiers patients. Les cabinets médicaux déjà en place à Treignac et Chamberet seront agrandis. Ils regrouperont chacun sept cabinets avec

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projet fait suite à la réalisation d’un diagnostic local de santé. Ce dernier a révélé le développement des troubles cognitifs, des troubles de la mémoire et, plus largement, des maladies neurodégénératives (liés au vieillissement de la population), ainsi qu’une prévalence des can-

cers de la prostate et la nécessité de développer des campagnes de vaccination à destination de l’ensemble de la population. Professionnels de santé et élus travaillent ainsi de concert depuis plusieurs années au renforcement du maillage de l’offre de soins de premiers recours.

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l’organisation de la prise en charge des patients (continuité et permanence des soins) la formation des professionnels de santé (notamment via l’accueil d’étudiants) l’amélioration des conditions d’accueil et d’exercice des professionnels de santé avec un secrétariat mutualisé la mise en œuvre d’un système d’information performant le développement des réunions pluriprofessionnelles le développement des vacations sur le territoire et des actions de dépistage

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JEUNESSE AGENDA LOGEMENT DES JEUNES Le dispositif « Un, deux, toit » permet à des jeunes en recherche d’un hébergement temporaire de rentrer en relation avec des propriétaires souhaitant proposer une chambre inutilisée. Un dispositif encadré qui rassure les deux parties et favorise l’accès au logement des étudiants et apprentis.

FRANÇOISE ROCH

Toi, toi, mon toit

Nouveau Festival : le rendez-vous des jeunes talents AVIS AUX LYCÉENS ET APPRENTIS : les inscriptions sont ouvertes auprès de la Région pour la deuxième édition du Nouveau Festival jusqu’au 15 novembre 2017. Théâtre, slam, danse, musique, photographie, arts plastiques, mais aussi sciences, numérique, multimédia… Tous les talents ont rendez-vous pour la deuxième édition du Nouveau Festival, organisée d’avril à mai 2018 à SaintPierre-du-Mont (40), Niort (79), Feytiat (87) et Cenon (33). Que vous soyez lycéen ou apprenti, vous pouvez candidater seul ou en classe entière, avec l’appui d’un adulte référent, et ce jusqu’au 15 novembre sur le site Internet du Nouveau Festival. Les projets sélectionnés, après avis du jury, pourront être accompagnés au second trimestre de l’année scolaire. La première édition a déjà attiré plus de 3 000 jeunes issus de 140 lycées et CFA autour de 265 projets sélectionnés sur les 350 déposés. Lancée à Guéret le 22 mars 2017, elle s’est clôturée à Cenon au Rocher de Palmer le 12 mai, avec les représentations des meilleurs projets et un point d’orgue : l’arrivée d’une cinquantaine de jeunes musiciens rassemblés dans un orchestre européen constitué de sept délégations venues de cinq pays. Pour cette deuxième édition, le spectacle promet donc d’être à la hauteur.

DR

Plus d’infos sur www.le-nouveau-festival.fr

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es jeunes en formation peuvent désormais bénéficier du dispositif « Un, deux, toit » sur l’ensemble du territoire de la NouvelleAquitaine. Lancé en 2010 par l’ex-Région Aquitaine, il a déjà permis à 550 binômes jeunepropriétaire de se rencontrer.

L’idée : mettre en relation les jeunes en demande d’un hébergement à la nuit, à la semaine ou au mois et des propriétaires qui veulent louer temporairement une chambre inutilisée. Se loger à moindre coût Le dispositif s’adresse aux jeunes de 15 à 30 ans en formation sani-

ZOOM

UNE AVANCE SUR UN 1ER LOYER ! Consciente du budget serré dont les jeunes disposent pour leur rentrée, la Région a mis en place (à titre expérimental), un dispositif d’avance sur le premier loyer. Ainsi, tout jeune entre 18 et 30 ans, habitant et justifiant d’une formation en Nouvelle-Aquitaine, peut en faire la demande dans les deux semaines suivant la signature de son bail, directement sur le site : avanceloyer.solihanouvelleaquitaine.fr/. Le montant alloué se situe entre 100 et 300 € et est remboursable sur douze mois maximum ; ceci sans critères de revenus.

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taire et sociale, en apprentissage ou entrant dans la vie active, et qui rencontrent des difficultés pour se loger, à moindre coût, tant sur leur lieu de formation que lors de périodes en entreprise. Pour faciliter cette recherche, un opérateur collecte les offres disponibles chez l’habitant et informe les jeunes en demande. Ensuite, il assiste les deux parties et les informe notamment sur les droits et devoirs de chacun. Un point essentiel comme en témoigne cette propriétaire de Saint-Médarden-Jalles : « De mon côté, cela permet de bien cadrer la prestation. Et pour l’étudiant, de savoir ce qu’il doit respecter. » La recherche d’un hébergement étant l’un des premiers freins à l’accès à une formation, le dispositif sécurise le parcours de formation et facilite ainsi l’accès à une formation choisie.

Info pratique Ayant aussi une vocation sociale, l’opération « Un, deux, toit » encadre les loyers : de 8 à 15 euros la nuitée, et de 145 à 250 euros par mois (jusqu’à 300 euros au mois en territoire tendu). Pour découvrir et bénéficier du dispositif, rendez-vous sur operationundeuxtoit.fr

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JEUNESSE

La Région brille aux Olympiades des métiers

FRANÇOISE ROCH

Christophe Guichemerre représentera la NouvelleAquitaine à Abu Dhabi.

2 M€ investis par an par la Région et l'Europe

passe aussi plusieurs semaines d’entraînement à l’AÉROCAMPUS Aquitaine de Latresne où il rejoint un expert de l’équipe de France pour continuer à gagner en excellence. Concentré sur Abu Dhabi, il conclut : « C’est un honneur de représenter la France, il faut se donner à fond. »

Disparition de Quentin Plisson

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est avec une profonde émotion que nous avons appris la disparition de Quentin Plisson, des suites d’un accident de la route, le jeudi 14 septembre dernier. À 21 ans, fort de son talent et de sa détermination, Quentin avait gravi tous les échelons de la compétition, jusqu’à intégrer l’équipe de France des Métiers pour les finales mondiales à Abu Dhabi en octobre 2017. Depuis six mois, Quentin se préparait activement pour obtenir cette nouvelle médaille qui le faisait tant rêver. « Il ne faut pas douter et avoir confiance en soi. Lorsqu’on s’est entraîné dur pour quelque chose, il faut y croire et ne pas reculer, même s’il peut y avoir des obstacles », disait Quentin. À sa famille et à ses proches, les équipes des Olympiades des métiers et de la Région présentent leurs sincères condoléances.

FRANÇOISE ROCH

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hristophe Guichemerre a concouru, avec les jeunes de moins de 23 ans de la délégation de Nouvelle-Aquitaine et 13 autres délégations régionales, devant pas moins de 70 000 spectateurs. Autant de personnes qui ont pu assister au spectacle des 65 métiers en lice répartis en sept pôles d’acti­ vités allant de l’élevage ovin au web design en passant par la pâtisserie. Une véritable aubaine pour les plus jeunes spectateurs en recherche d’orientation. Jeune Landais de 20 ans spécialisé en maintenance aéronautique, Christophe Guichemerre est venu participer aux Olympiades, bac pro et année de mention complémentaire en poche. « C’est un défi personnel pour connaître nos limites et se comparer aux autres. Après les finales nationales, des entreprises m’ont aussitôt démarché. Le concours, les exercices physiques et techniques changent notre comportement et notre façon de voir. » Terminant premier de son métier lors de la finale nationale, il enchaîne les préparations après ses journées à Airbus où il est fier de travailler sur les A330. Il

 uivez les finales S internationales sur worldskills.org

BOURSES SANITAIRES ET SOCIALES Tous les étudiants boursiers sur critères sociaux de formation sociale, paramédicale ou de santé recevront une bourse d’études alignée sur le barème de l’enseignement supérieur. Un engagement financier de la Région de 7,166 millions d’euros, qui doit contribuer à leur réussite.

Une harmonisation par le haut

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e l’auxiliaire de puériculture à l’infirmier-anesthésiste en passant par l’éducateur, la Région souhaite contribuer à la réussite de ces futurs professionnels en améliorant leurs conditions de vie et en leur favorisant ainsi l’accès aux études. C’est pourquoi elle a décidé, en avril 2017, d’harmoniser par le haut l’octroi des bourses d’études sur critères sociaux, pour les étudiants inscrits dans les instituts de formation du domaine social, paramédical

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3 300 étudiants éligibles à des bourses en 2016

ou de santé. Jusqu’ici, chacune des trois anciennes Régions avait ses propres niveaux d’attri­ bution. Il s’agit désormais de rendre ceux-ci aussi lisibles qu’équitables, pour ces futurs professionnels qui participent au bien-vivre et au bien-vieillir en Nouvelle-Aquitaine. Déposer une demande de bourse Pour l’année scolaire 2017-2018, les dépôts des dossiers de demande de bourse sont possibles jusqu’au 16 décembre 2017 en remplissant

le formulaire téléchargeable sur le site dédié. L’an dernier, sur les 15 000 apprenants inscrits dans les 59 instituts de formation agréés par la Région, environ 3 300 étudiants étaient éligibles à l’attribution de bourses. D’ores et déjà, la dématérialisation de la demande permet de réaliser une simulation de droit à une bourse d’études pour l’année scolaire en cours.

 our vos demandes de bourses, P rendez-vous sur le site boursesanitairesociale.fr.

EXPÉRIMENTATION La Région participe à une expérimentation pour relever l’âge d’entrée en apprentissage de 26 à 30 ans. La mesure permettra à de nouveaux publics de rentrer en apprentissage, en CAP ou bac pro.

L’apprentissage jusqu’à 30 ans !

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a Région Nouvelle-Aquitaine a été retenue avec six autres régions pour expérimenter le relèvement de l’âge maximum d’entrée en apprentissage de 26 à 30 ans. Dès cette rentrée 2017, tous les jeunes de moins de 30 ans peuvent béné­ ficier en Nouvelle-Aquitaine de cette nouvelle mesure pour accéder aux formations de premiers niveaux (CAP et bac pro). Pour les entreprises du territoire qui forment les apprentis, les modalités restent inchangées, tant sur la rémunération que sur la durée et les successions de contrats. Elles bénéficieront également des mêmes régimes d’aides qu’auparavant pour les apprentis de 21 ans et plus. Prime aux employeurs d’apprentis, aide à l’embauche d’un apprenti supplémentaire et exonérations de cotisations sociales s’appliquent aussi. Offrir une seconde chance Pour la Région, l’objectif est clair : agir en faveur de l’orientation et de l’insertion professionnelle des jeunes. Comment ? En offrant aux décrocheurs, notamment de l’enseignement supérieur, l’opportunité de reprendre un cursus de formation par la voie de l’apprentissage. Une voie souvent mieux adaptée à leur souhait d’autonomie. La Région entend aussi faciliter l’acquisition d’un

ALBAN GILBERT

FORMATION En mars dernier, la Nouvelle-Aquitaine a fini deuxième des finales nationales des Olympiades des métiers avec 52 médailles. Organisée cette année par la Région, la compétition enverra un Nouvel-Aquitain aux mondiaux qui se déroulent à Abu Dhabi du 14 au 19 octobre.

premier niveau de certification professionnelle aux personnes les plus éloignées de l’emploi et attirer ainsi un nouveau public vers l’apprentissage. Avec toujours un objectif affiché d’augmenter le nombre d’apprentis de 50 % d’ici à cinq ans. Cette expérimentation, menée jusqu’en 2020, sera évaluée tous les ans : nombre d’apprentis, profil, taux de réussite aux examens et d’insertion en emploi seront passés au crible afin d’apporter les ajustements nécessaires pendant la durée de l’expérimentation. Plus globalement, seront aussi évalués l’impact éventuel sur la carte des formations, les capacités d’accueil des CFA, l’offre de service d’accompagnement des apprentis et les branches concernées. Charge ensuite au gouvernement, à la lumière de ces expérimentations, de généraliser le dispositif s’il est concluant.

ZOOM

134 NOUVELLES FORMATIONS EN APPRENTISSAGE À LA RENTRÉE

La carte des formations professionnelles a considérablement évolué pour cette année scolaire 2017-2018. En concertation avec les 115 CFA de la région, pas moins de 134 formations ont été ouvertes pour améliorer et moderniser l’offre d’apprentissage dans une grande diversité de métiers et lutter contre le chômage des jeunes. Un défi qui nécessite de s’adapter aux besoins des entreprises et à l’évolution de l’économie régionale. Sur ces 134 formations ouvertes, on compte 51 ouvertures simples et 83 ouvertures avec mixité des voies de formation (formation initiale par voie scolaire ou apprentissage et formation continue). Parmi celles-ci, figurent des diplômes ou titres professionnels comme : bac technicien en chaudronnerie industrielle, CAP maintenance des bâtiments de collectivités, titre de conseiller services en électrodomestique et multimédia, certificat de spécialisation agricole arrosage intégré, licence professionnelle Géo 3D conception et exploitation des maquettes numériques et des ouvrages du BTP, brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport sports collectifs, brevet des métiers d’arts ferronnier d’art, etc.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

DÉVELOPPEMENT DURABLE AGRICULTURE BIO Le premier pacte signé en France pour le bio voit le jour en Nouvelle-Aquitaine. Il doit pérenniser les aides pour soutenir le développement de la filière. Ce dispositif témoigne de la place accrue de l’agriculture biologique à l’échelle de la région.

C

’ est un marché en plein essor : croissance du chiffre d’affaires à deux chiffres (+20 % entre 2015 et 2016), augmentation historique des surfaces et des produits. La NouvelleAquitaine, première région agricole d’Europe, fait partie des leaders dans le domaine de la conversion au bio. C’est en effet l’une des régions où le secteur a le plus progressé (+37 % de surfaces en un an). Et face à cette forte demande des

consommateurs et à un nombre toujours plus important d’agriculteurs à accompagner, la filière arrive aujourd’hui à un tournant. Avec la signature du Pacte d’ambition régionale pour l’agriculture biologique le 5 juillet, la Région se positionne donc pour soutenir la dynamique de cette production. Le dispositif est unique. Il représente 20 millions d’euros réinjectés sur ce circuit entre 2017 et 2020 par le biais des fonds européens. L’objectif est ainsi de faire passer à 10 % la surface agricole

FOCUS

UN VIGNOBLE SANS PESTICIDES

La coopérative Vignerons de Buzet (47), très impliquée dans l’innovation et le développement durable, a mis en place depuis une décennie une démarche qui consiste à réduire, voire à supprimer, l’usage des pesticides sur l’ensemble du vignoble. Les vignerons s’appuient sur des pratiques culturales inspirées de l’agriculture biologique et de l’agro-écologie. Ils ont ainsi obtenu la reconnaissance de l’organisme Vins et Santé qui, après analyse en laboratoire, leur a décerné le macaron 0 % pesticides pour tous les vins présentés.

De gauche à droite lors de la signature du pacte : Dominique Marion (président de la Fédération régionale de l’agriculture bio Nouvelle-Aquitaine), Bernard Artigue (vice-président de la chambre régionale d’agriculture Nouvelle-Aquitaine), Pierre Dartout (préfet de la Région Nouvelle-Aquitaine), Phil Hogan (commissaire européen à l’agriculture et au développement rural), Alain Rousset (président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine), Philippe Lassalle Saint-Jean (président d’Interbio Nouvelle-Aquitaine). utilisée en bio sur trois ans. Une accélération impulsée par le biais d’aides à la conversion et au maintien, afin de soutenir la transition. Les agriculteurs pourront également bénéficier de services de conseil et de formation. À terme, il s’agit aussi d’accroître le chiffre d’affaires à 1,2 milliard d’euros, tout en garantissant une juste rémunération des producteurs, et de développer les circuits courts pour que la filière devienne autonome. 20 % de bio dans les lycées À la croisée d’enjeux économiques, environnementaux et sociétaux, ce mode de production apporte une réponse globale : il fournit des aliments sains et de qualité, assure le respect de la biodiversité et la préservation des ressources naturelles. Mais il

suppose également des modifications profondes des systèmes agricoles. Afin d’améliorer l’organisation entre agriculteurs et distributeurs, une plate-forme dématérialisée permettra, dès 2018, de rapprocher l’offre et la demande, en particulier dans le domaine de la restauration collective. La Région s’engage ainsi, à l’horizon 2020, à atteindre un taux de 20 % de produits bio dans les cantines des lycées. Les consommateurs veulent pouvoir manger bio, mais ils n’ont pas toujours le choix sur l’origine des produits qu’ils achètent. Avec la marque Bio Sud-Ouest France, chacun peut identifier le bio local. Cette reconnaissance des filières régionales permet de mettre en valeur la grande diversité des produits bio du territoire. La Nouvelle-Aquitaine est

SEBASTIEN LE CLEZIO

Un pacte ambitieux pour le bio

en effet au premier rang national pour les poulets, le lait, les fruits frais, et au deuxième rang pour les légumes secs et les céréales. Une production que les habitants pourront mettre dans leurs assiettes en toute connaissance de cause. Quant aux producteurs de vin bio, ils se lancent à la conquête de nouveaux marchés au niveau national et international. Une démarche qui rejoint le plan régional pour la réduction des produits phytosanitaires. La profession confirme ainsi son ambition de se positionner comme une référence pour la viticulture sans pesticides. Cette mutation est en cours à l’échelle de l’ensemble du secteur agricole régional. C’est un mouvement global de recherche de solutions alternatives pour limiter l’usage d’intrants.

200000 hectares, 6,6% de la superficie agricole, 4800 producteurs 1500 entreprises

POLLINISATEURS Ils ont un rôle central, irremplaçable, et pourtant leur population continue à diminuer de façon alarmante. Pour enrayer cette érosion, la Région NouvelleAquitaine s’est engagée dans la mise en place d’un plan en faveur des insectes pollinisateurs.

L

a pollinisation des plantes à fleurs, c’est-à-dire le transport du pollen, est au cœur de la nature et de ses processus de reproduction. Près de 80 % des espèces de plantes sauvages ou cultivées dépendent au moins en partie de ce service écologique gratuit qu’assurent les insectes. Ils sont un maillon essentiel, avec une grande diversité d’espèces : mouches, coccinelles ou papillons, et bien sûr les abeilles et les bourdons, qui constituent le groupe d’insectes pollinisateurs majeur. En Nou-

10-15 NAQ1 Institution+N+z5.indd 12

velle-Aquitaine, les dangers qui pèsent sur les pollinisateurs sont avérés. Leur disparition pourtant, serait lourde de conséquences. Par exemple, le Lot-et-Garonne, premier producteur national de prunes, fraises ou noisettes, pourrait ainsi voir sa production fruitière chuter de 20 %. Le plan de sauvegarde des pollinisateurs C’est pourquoi la Région a lancé son plan de sauvegarde des pollinisateurs. Celui-ci concentre ses efforts sur quatre axes. Le

premier porte sur la connaissance scientifique, pour mieux comprendre le lien entre ces insectes et les plantes. Le deuxième concerne la restauration et la préservation des espaces naturels, afin de permettre aux pollinisateurs de survivre. Le troisième consiste à stimuler l’éducation à l’environnement, afin de faire émerger une réelle prise de conscience de l’urgence de la situation. Enfin, le dernier axe s’attèlera à construire une véritable exemplarité régionale, notamment en prenant en

compte les questions d’environnement dans toutes les politiques régionales. Des programmes de recherche et de partage des données sont déjà en cours. De même, la Région met en place un accompagnement pour que les espaces naturels et semi-naturels fassent l’objet d’une gestion plus adaptée. Chaque année, des appels à projets et à manifestation d’intérêt permettront un soutien ciblé aux initiatives émergeantes répondant à cet objectif de protection des pollinisateurs.

JR GUILLAUMIN

Un si précieux battement d’ailes

27/09/2017 12:45


Nouvelle-Aquitaine.fr

DOSSIER NUMÉRIQUE

Journal d’information de votre région 

N°1 AUTOMNE 2017

IMGORTHAND

La Région fait sa révolution : objectif emplois

INNOVATION Le numérique est un beau défi ! Il change la façon de travailler et de produire,

d’enseigner et d’apprendre, de se soigner, d’accéder à des services et de se déplacer… Puissant levier d’innovation, de progrès et donc de mieux-vivre, le numérique n’est pas une option, mais une nécessité. C’est pourquoi la Région Nouvelle-Aquitaine en fait une priorité.

M

obiles, ordinateurs, tablettes, télévision, objets connectés, e-commerce… Le numérique est omniprésent dans notre quotidien. À la maison, il permet de regarder des programmes en haute définition ou de réaliser des achats à distance. Au bureau, il facilite les échanges de fichiers volumineux ou les visioconférences. Voilà pourquoi la Nouvelle-Aquitaine accélère le déploiement du très haut débit dans les zones non couvertes par des opérateurs privés. Cela concerne 91 % des territoires de notre région et plus de 60 % de la population. Les efforts sont à la hauteur des enjeux :  229 millions d’euros d’investissements programmés et près d’un million de prises de fibres optiques installées à l’abonné d’ici à 2021. Lycéens, apprentis et étudiants, familles, entrepreneurs, acteurs du tourisme, médecins, agriculteurs, indépendants… Tout le monde est concerné. Avec en ligne de mire un deuxième objectif en termes d’infrastructures numériques : couvrir 100 % de notre région en très haut débit à l’horizon 2030.

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En plus de ce chantier d’une ampleur exceptionnelle, la Nouvelle-Aquitaine soutient l’économie numérique régionale, l’une de ses 12 filières prioritaires au même titre que l’aéronautique ou l’agriculture. Quatrième région française en 2015 par le nombre d’entreprises du secteur, notre région dispose d’un vivier remarquable d’entreprises innovantes. La feuille de route régionale – en cours d’élaboration – porte notamment sur les projets de R & D collaboratifs entre les laboratoires, les PME et les centres de transfert de technologies du territoire. Elle prévoit aussi l’accompagnement à l’international d’entreprises innovantes, comme c’est déjà le cas avec le salon CES de Las Vegas. En 2016, la Région a également lancé son programme Région Start Up visant à accompagner, entre autres, les jeunes pousses du numérique. Elle favorise aussi la création de tiers-lieux, c’est-à-dire d’espaces à l’esprit collaboratif où les entreprises digitales apprécient de s’épanouir. Autant d’actions et d’initiatives prises en concertation avec les associations d’entreprises numériques situées à Limoges, Bordeaux ou Poitiers.

« COUVRIR 100 % DE NOTRE RÉGION EN TRÈS HAUT DÉBIT À L’HORIZON 2030 »

La formation est un point clé dans le numérique. La Nouvelle-Aquitaine met en œuvre, chaque année, des centaines de parcours de formation sur son territoire, offrant ainsi des opportunités d’insertion ou de reconversion professionnelle dans un secteur en pleine dynamique. Transversal à toutes les activités, le numérique touche aussi le domaine de la santé. En lien avec l’agence régionale de santé (ARS), la Région soutient la mise en œuvre de la télémédecine. Enfin, elle aide des entreprises de l’économie traditionnelle à s’adapter aux enjeux digitaux. Les dispositifs Usine du Futur et Chèque transformation numérique entrent dans ce cadre. Bienvenue ici, en Nouvelle-Aquitaine, au cœur de la révolution numérique.

Plus d’infos sur naqui.fr/tres-haut-debit

26/09/2017 17:32


II

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

950000

LA RÉGION INTERVIENT LÀ OÙ LES OPÉRATEURS PRIVÉS NE VONT PAS.

C’est le nombre de foyers qui seront connectés à la fibre optique d’ici à 2021.

229M€

C’est le montant investi par la Région dans le déploiement du très haut débit.

Très haut débit : la Nouvelle-Aquitaine accélère ! Alors que le gouvernement appelle à une accélération de la mise en œuvre du haut débit et du très haut débit, notamment à l’aide de technologies comme la 4G, la Région et ses partenaires publics locaux – au premier rang desquels les Départements – renforcent leurs ambitions et entendent connecter à la fibre optique près d’un million de foyers supplémentaires d’ici à 2021.

CALENDRIER AVRIL 2016

Les élus régionaux votent un budget de 229M€ pour le très haut débit.

FIN 2016

Début des travaux.

JUIN 2017

Le projet, initialement de 600000 prises, est boosté. Il passe à 950000 prises.

2021

Livraison prévue des 950000 prises de fibre optique à l’abonné installées en Nouvelle-Aquitaine.

2030

Objectif de 100% du territoire couvert en très haut débit grâce à l’intervention publique collective dans les zones non desservies par les opérateurs privés.

T

ous les moyens sont bons pour accélérer la couverture du territoire en très haut débit : 4G, satellite, ondes radio font ainsi partie des solutions complémentaires au déploiement de la fibre optique envisagées par le gouvernement. De son côté, la Région et ses partenaires maintiennent leurs ambitions sur le développement de la fibre optique, seule technologie garantissant une action publique pérenne et efficace. Alors qu’à ce jour, 91 % du territoire de la Nouvelle-Aquitaine n’est pas desservi en très haut débit, la Région participe à l’effort des collectivités locales à hauteur de 229 millions d’euros. 950 000 foyers seront connectés à la fibre optique d’ici à 2021 par ce réseau public, avec l’objectif de couvrir la totalité de la région en 2030 en très haut débit.

K.A

TO C

M .C O BE

C’EST QUOI LA FIBRE? C’est un filin en verre de la taille d’un cheveu, qui permet de transmettre des données par le biais d’un signal lumineux. Technologie incomparable en termes de performance avec l’ADSL, et surtout pérenne, elle permet de transporter de grandes quantités de données à la vitesse de la lumière sur des milliers de kilomètres.

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DE CONCERT AVEC LES DÉPARTEMENTS Consciente de ces enjeux pour les particuliers comme pour les entreprises, la Nouvelle- Aquitaine a donc fait de la fibre optique pour tous une de ses priorités. Elle travaille main dans la main avec les départements, notamment pour installer la fibre optique là où les opérateurs privés ne vont pas. Pour ce faire, la Région apporte, d’une part, son soutien financier aux porteurs de projets publics, le plus souvent et a minima à l’échelle départementale. D’autre part, elle a imaginé une structure innovante de guichet régional : la société publique locale SPL Nouvelle-Aquitaine THD, qui exploite et commercialise ces réseaux, une fois construits, auprès des fournisseurs d’accès à Internet. Sept départements ont d’ores-et-déjà choisi cette solution mutualisée et rejoint la SPL. UN MODÈLE ÉCONOMIQUE VERTUEUX Derrière cette organisation, se dessine un modèle économique vertueux : les recettes générées par la commercialisation auprès des fournisseurs d’accès, serviront à financer les nouveaux investissements en prévision de la couverture totale du territoire. Cette ambition représente une enveloppe financière globale considérable de 1,2 milliard d’euros à laquelle participent – outre La NouvelleAquitaine – l’État, l’Europe, des structures privées et publiques, dont les départements. C’est enfin un chantier énorme en termes de travaux (générateur de 3 400 emplois) et d’infrastructures qui nécessitent forcément du temps. Aussi, même si « ça rame » chez vous ou au bureau, dites-vous que la fibre va arriver, et que la Nouvelle-Aquitaine fait tout pour aller plus vite !

DO

DÉVELOPPER NOS TERRITOIRES Les abonnés Internet via l’ADSL connaissent les limites de l’accès au web par le réseau téléphonique. Avec le très haut débit, la connexion est au moins trente fois plus rapide, offrant une qualité égale dans les zones urbaines et rurales. Regarder des programmes haute définition, télécharger à grande vitesse ou utiliser le streaming à la maison devient possible et facile. Sans oublier l’accès à la e-santé, à de nouveaux espaces numériques (espaces de coworking, fablab…), à la e-formation, etc. Au bureau, on peut échanger des fichiers volumineux ou effectuer des visioconférences. Les enjeux sont donc multiples. Pour les particuliers, il s’agit de pouvoir choisir son cadre de vie et de bénéficier des mêmes services et infrastructures de télécommunication en

tout point du territoire, même éloigné des grands centres urbains. Pour les entreprises, l’accès au très haut débit est une condition essentielle pour maintenir et développer une activité économique – et donc des emplois – en milieu rural. Il s’agit donc à la fois d’un enjeu majeur d’aménagement du territoire et de développement économique.

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III

F. ROCH

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

190

«DANS UN TIERS-LIEU, CHACUN PARTAGE UN CERTAIN REGARD SUR LE TRAVAIL ET LA VIE SOCIALE» CYRIL CHESSÉ, coordinateur-formateur à Ligugé

Le nombre de tiers-lieux en Nouvelle-Aquitaine aujourd’hui

LE TIERS-LIEU LES USINES NOUVELLES, à Ligugé, s’adresse aussi bien à des artisans d’art qu’à des start-up du digital, et offre des espaces de travail. de détente ainsi qu’un Fab Lab.

« Favoriser l’accès au numérique en tout point du territoire »

Quels sont les enjeux du numérique en Nouvelle-Aquitaine et comment l’action régionale se traduit-elle ? M. H. : Chacun voit bien que le numérique prend chaque jour une place de plus en plus incontournable dans sa vie personnelle ou professionnelle. La Région se mobilise donc pour assurer l’accès au très haut débit en tout point de Nouvelle-Aquitaine dans une logique d’équité territoriale. Elle cherche aussi à soutenir toutes les initiatives dans ses champs de compétences qui permettent un mieux-être grâce au numérique dans les domaines de l’éducation, de la formation, de l’environnement, de la santé ou du développement économique. Le numérique est clairement l’une de nos priorités et il le restera dans les prochaines années, car les mutations sont importantes et le besoin d’accompagnement fondamental. 1. État, Europe, départements, financements privés et autres financements publics.

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MATHIEU HAZOUARD, Conseiller régional au très haut débit et à l’économie numérique

«LA RÉGION JOUE UN RÔLE “D’AMÉNAGEUR” ET DE “FINANCEUR”»

FRANÇOISE ROCH

La Région annonçait l’an dernier 600 000 prises de fibres installées à l’abonné en 2021. Aujourd’hui, on parle de 950 000 prises. Confirmez-vous cette augmentation de plus de 50 % ? M. H. : Je vous confirme ce chiffre qui traduit une volonté forte de tous les acteurs publics concernés d’accélérer le déploiement de la fibre optique en Nouvelle-Aquitaine dès 2021, la Région en tête. Même si les investissements sont très lourds, l’objectif à plus long terme est de couvrir 100 % du territoire régional en très haut débit à l’horizon 2030. Pour cela, nous raccorderons un maximum d’habitations à la fibre optique. Parallèlement, nous mettrons en œuvre des technologies spécifiques pour couvrir les derniers kilomètres jusqu’aux habitations très isolées : solution satellitaire, super réseau Wi-Fi, etc.

A. GILBERT

Pourquoi la Nouvelle-Aquitaine se positionne-t-elle comme un « investisseur » et un « aménageur » numérique sur son territoire, alors que cette mission est de la responsabilité de l’État ? Mathieu Hazouard : Nos gouvernements successifs ont fait le choix de confier le déploiement de la fibre optique en France à des opérateurs privés. Dans une logique de rentabilité, ces derniers ont privilégié les zones urbaines au détriment des zones rurales. Résultat : en Nouvelle-Aquitaine, moins de 40 % de la population est concernée par l’initiative privée. La disparité est encore plus criante sur le plan géographique puisque 91 % de notre région sont délaissés. Dans ce contexte, la Région a décidé de prendre le taureau par les cornes. Sous l’impulsion d’Alain Rousset, elle s’est engagée dans un plan très volontariste baptisé La fibre optique pour tous où elle joue le rôle « d’aménageur », pour faciliter l’exploitation et la commercialisation du réseau, et celui de « financeur », puisqu’elle investit 229 millions d’euros dans un projet global de 1,5 milliard1.

La cheminée d’usine rappelle le passé industriel du site de Ligugé, dont les 120 ans d’activité (1856-1976) ont marqué la vie économique et sociale du territoire.

Tiers-lieux : la seconde vie de Ligugé

A

1,5MD d’euros. C’est le coût total du projet de déploiement du très haut débit en Nouvelle-Aquitaine

ncien bastion de l’industrie textile de la Vienne, la filature de Ligugé, près de Poitiers, connaît un nouveau destin depuis 2011 grâce à quatre citoyens qui ont racheté le site pour en faire un tiers-lieu baptisé Les Usines Nouvelles. Cyril Chesse, copropriétaire et coordinateur-formateur, nous en explique le principe : « Un tiers-lieu est un espace physique où cohabitent différents acteurs qui partagent un certain regard sur le travail et la vie sociale. » Sur les 2 hectares de la friche, 2 500 m² de locaux désaffectés ont été restaurés. Ouvert en 2013, le tiers-lieu a vite été complet. Une nouvelle phase de réhabilitation de 2 000 m² supplémentaires est prévue très prochainement, preuve du succès de cette démarche innovante qui s’adresse aussi bien à des artisans d’art qu’à des startup du digital. Elles leur offrent des espaces de travail et de détente (bureaux, ateliers, salle de réunion et espace de restauration en coworking) ainsi qu’un « Fab Lab » (il s’agit d’une unité de fabrication et de prototypage

rapide, ouverte à tous et dotée de matériel de haute technologique comme une découpe laser ou une imprimante 3D). Le site abrite également une résidence d’artistes. Il compte à ce jour une vingtaine de structures pour un total d’une trentaine de salariés. « La Région Nouvelle-Aquitaine est notre meilleur partenaire depuis le début du projet. Elle nous a permis de nous professionnaliser et de nous développer. Nous sommes très satisfaits de la dynamique enregistrée qui s’inscrit totalement dans l’esprit des tierslieux, un concept qui mérite d’être essaimé », précise Cyril Chesse. 300 tiers-lieux en 2020 La Nouvelle-Aquitaine soutient les tiers-lieux, au nombre de 190 à ce jour dans notre région. L’objectif visé est d’en compter 300 dans trois ans, en prenant soin de mailler tout le territoire. Ces espaces correspondent aux aspirations actuelles d’un grand nombre de porteurs de projets dans les secteurs du numérique, de l’énergie, de l’environnement, des arts et de la culture

ou de l’économie sociale et solidaire. Une enquête effectuée auprès de ces acteurs économiques et sociaux montre qu’ils dynamisent le tissu économique en milieu rural et péri-urbain (37 % de croissance du nombre d’utilisateurs en 2016) et s’inscrivent dans une logique de proximité en réduisant les trajets domicile/travail (90 % des utilisateurs mettent moins de 20 minutes pour accéder à leur tiers-lieu). De plus, ils fonctionnent sur un principe collaboratif (mutualisation d’outils, formation de pair à pair…). La Région s’appuie notamment sur la Coopérative tiers-lieux pour favoriser leur émergence. Cette structure est née d’un collectif constitué de créateurs et animateurs de tiers-lieux qui a pour mission de promouvoir ces nouvelles organisations du travail. Sa philosophie est résumée dans son slogan « travailler autrement pour vivre mieux ». Sa grande réunion annuelle, baptisée Le Grand Ram dam, s’est d’ailleurs tenue aux Usines Nouvelles de Ligugé, lieu emblématique des nouveaux espaces de travail du e siècle.

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IV

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

L’E-SANTÉ C’EST POUVOIR, PAR EXEMPLE, ACCÉDER À UNE CONSULTATION D’UN SPÉCIALISTE À DISTANCE SANS AVOIR À PARCOURIR DES CENTAINES DE KILOMÈTRES.

171MSP*

présentes sur le territoire

LA MAISON DE SANTÉ PLURIDISCIPLINAIRE (MSP), regroupe un certain nombre d’acteurs du soin dans un même lieu géographique, lieu doté d’équipements numériques pour développer l’e-santé.

S. DELCOUR

PHILIPPE FAROUDJA-DEVEAUX, médecin généraliste et créateur de la Maison de santé pluridisciplinaire de Saint-Pardoux-la-Rivière, en Dordogne, et pionnier de la e-médecine en Nouvelle-Aquitaine.

GETTY

« Tout le monde doit y gagner »

L’e-santé au service des territoires Et si le numérique permettait aux habitants de bénéficier d’un meilleur accès aux soins ? La Région développe pour cela une « feuille de route » afin de propulser la Nouvelle-Aquitaine au rang de première région de France en e-santé.

S

i la santé demeure une compétence régalienne de l’État, la Région intervient directement sur cette thématique à travers la prévention, les formations sanitaires et sociales, ou encore la recherche et développement au sein des universités et des entreprises. Dans ce cadre, la Nouvelle-Aquitaine a décidé de soutenir les actions et initiatives numériques au service de la santé de ses habitants en étroite synergie avec l’agence régionale de santé (ARS). Ainsi, la Région accompagne dans les territoires la création de maisons, pôles et centres de santé pluridisciplinaires connectés. Concrètement, cela permet de procéder à des actions de « télémédecine » depuis ces sites : téléconsultation, télé-expertise, télésurveillance médicale… Les premiers bénéficiaires sont les patients au cœur du parcours de soins. Ces derniers peuvent ainsi accéder à une consultation à distance d’un spécialiste en présence de leur médecin traitant sans avoir à parcourir des centaines de kilomètres. Le disposi-

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La télé-expertise permet d’adresser le dossier d’un patient à un spécialiste et d’échanger ensuite avec lui en direct.

tif est également appréciable pour les médecins qui peuvent transmettre à un confrère des documents médicaux pour avis (résultats d’analyses, scanners, etc.). Pour cela, la Région accélère la mise en place du très haut débit dans tous les départements avec comme priorité la connexion des maisons et centres de santé et des lieux de soins médicaux et médico-sociaux : centres hospitaliers, laboratoires, EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes)… UNE SOLUTION POUR ENRAYER LA DÉSERTIFICATION MÉDICALE En regroupant de nombreux acteurs de soin dans un même lieu géographique comme les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) et en dotant ces lieux d’équipements numériques pour le développement de la e-santé, la Région lutte contre un phénomène qui gangrène de nombreux territoires ruraux : la désertification médicale. En s’affranchissant des distances grâce au numérique, la santé se réinvente. Ses évolutions, inéluctables à terme, sont nourries par la recherche, l’innovation et les filières industrielles que la Région soutient. De même, la Nouvelle-Aquitaine s’évertue à adapter les formations aux besoins du territoire. Le déploiement d’une plate-forme régionale de partage et d’archivage d’images médicales, la sécurisation des objets connectés pour le respect de la confidentialité des données médicales, le soutien financier à des projets de soins territoriaux et interprofessionnels ou l’analyse des retours d’expérience sont également au programme de la feuille de route que la Région corédige avec tous les acteurs concernés. Le numérique constitue peutêtre un des remèdes pour conserver notre modèle de santé si précieux.

LA RÉGION ACCÉLÈRE LA MISE EN PLACE DU TRÈS HAUT DÉBIT AVEC COMME PRIORITÉ LA CONNEXION DES LIEUX DE SOINS MÉDICAUX

Quel est votre parcours et comment le numérique est « entré » dans votre vie professionnelle ? Philippe Faroudja-Deveaux : Je suis diplômé de la faculté de médecine de Limoges et j’ai débuté ma vie de médecin en effectuant des remplacements à partir de 1997 avant de reprendre le cabinet de mon père à Saint-Pardoux-la-Rivière en 2002. J’ai très vite ressenti le besoin d’anticiper l’avenir en créant une maison de santé pluridisciplinaire. Elle regroupe une vingtaine de praticiens, dont deux autres médecins généralistes. Nous accueillons également 14 spécialistes en consultation avancée. L’aventure numérique a débuté en 2008 avec des dotations de l’agence régionale de santé (ARS) pour s’équiper d’une salle de télémédecine à une époque où l’on balbutiait encore pour savoir comment la e-santé allait se décliner de façon concrète et pragmatique. Comment utilisez-vous aujourd’hui la e-santé et quel regard portez-vous sur ses bienfaits et ses limites ? P. F.-D. : Je suis un fervent utilisateur de la télé-expertise qui permet d’adresser un dossier d’un patient à un spécialiste et de pouvoir échanger avec lui ensuite par e-mail, par téléphone ou par visioconférence. La téléconsultation est en revanche plus complexe à mettre en œuvre sur le plan logistique, car il faut réunir au même moment le patient et le spécialiste. Par ailleurs, la prestation du médecin traitant, pourtant essentiel puisqu’il fait l’interface et assiste le spécialiste, n’est pas rémunérée, ce qui constitue une anomalie. Cela dit, je crois en la formule. Ainsi, il a été démontré que les patients se livraient plus facilement avec un psychiatre par écran interposé qu’en face à face. Est-ce que le numérique est un bon moyen pour lutter contre la désertification médicale ? P. F.-D. : Les maisons de santé pluridisciplinaires jouent déjà un rôle majeur. Maintenant, il est indéniable que le numérique constitue un préalable à l’installation de jeunes médecins habitués aux objets connectés. Il s’agit clairement d’un arsenal supplémentaire qui peut être un facteur d’attractivité. De manière générale, tout le monde doit pouvoir être gagnant grâce à la e-santé. Nos patients voient d’un bon œil l’arrivée de ces technologies, qui ont aussi un intérêt économique indéniable puisqu’ils peuvent réduire considérablement les frais liés à leurs déplacements. Ainsi, en cas d’accident, je suis en capacité aujourd’hui d’adresser un électrocardiogramme au médecin du SAMU dont l’appréciation du degré d’urgence évitera peut-être l’utilisation d’un hélicoptère.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

TRÈS HAUT DÉBIT 3400 EMPLOIS À LA CLÉ Le plan La fibre optique pour tous de la Région (lire page II du dossier) a des effets très positifs pour l’emploi. 3 400 postes à pourvoir sont prévus sur cinq ans pour installer à moyen terme 950 000 prises en fibre optique dans les foyers de Nouvelle-Aquitaine. La stratégie régionale est de s’appuyer sur les structures existantes pour former les demandeurs d’emplois intéressés avec un double objectif : leur apporter le savoir-faire pour qu’ils soient capables de répondre à leur mission sur cinq ans et leur donner les compétences pour qu’ils restent dans l’emploi à plus long terme. La Région a déjà mené avec succès un projet similaire à l’occasion de la création de la LGV qui a nécessité également un besoin conjoncturel de formation tout en cherchant à pérenniser l’emploi des personnes formées.

5 ANS sont prévus pour pourvoir les 3400 postes nécessaires à l’installation des 950000 prises en fibre optique dans les foyers de la Nouvelle-Aquitaine.

LE PROGRAMME RÉGIONAL DE FORMATION a clairement une vocation d’insertion ou de reconversion professionnelle.

636000

Formation, la clé de l’emploi La Nouvelle-Aquitaine fait de la formation un axe fort de sa politique en faveur du numérique. Un atout pour permettre l’acquisition de compétences dans une logique d’insertion ou de reconversion professionnelle.

I

ls ont eu lieu à Bègles, Brive-la-Gaillarde, Pau, Dax, Poitiers, Châtellerault, Limoges. Ils ont porté sur le web design, le web marketing, les techniques informatiques de gestion, la programmation, l’installation et la maintenance de matériels informatiques ou le développement de logiciels. Près de 700 parcours de formation au numérique ont été mis en œuvre en Nouvelle-Aquitaine en 2016-2017 dans le cadre du Programme régional de formation (PRF), soit 636 000 heures dispensées à des « stagiaires » de tous nos départements, de tout âge et de tout niveau d’études. Selon les cas, il s’agissait de formations « courtes » de six à huit mois ou de formations « longues » de neuf à douze mois, couvrant un très large spectre de savoir-faire. 500 PARCOURS DE FORMATION Le Programme régional de formation a clairement une vocation d’insertion ou de reconversion professionnelle. Une étude, effectuée sur un panel de personnes ayant bénéficié de ces parcours, indique que 50 % d’entre elles étaient soit en CDD de plus de six mois, soit en contrats de professionnalisation (pour poursuivre leur parcours sur des diplômes de niveau I ou II à l’issue de leur formation). Si les besoins en main-d’œuvre qualifiée sont importants, la Région veille cependant à ne pas étouffer le marché de l’emploi. Elle est vigilante à décaler les formations sur l’année, afin d’éviter un flux trop important de candidats sur une même période. Porté par le dispositif Plan national 500 000 Formations, le nombre de formations a augmenté dès 2016. Il reste soutenu sur la période 2017-2018 avec un rythme de 500 parcours de formation par an

L’école Le Wagon, à Bordeaux, forme au développement web. autour du numérique, toutes catégories confondues. La Région s’appuie sur les OPCA1 et les associations d’entreprises du numérique pour élaborer le catalogue des formations. Elle travaille aussi en synergie étroite avec Pôle emploi pour détecter les offres non pourvues en raison d’un manque de qualification. Une approche qui se veut pragmatique

M

agalie Haquin, 37 ans, a quitté la région parisienne en 2016 pour s’installer à Bordeaux avec son compagnon. Après un congé parental, elle a souhaité développer un savoir-faire technique dans le web. Elle a bénéficié du Programme régional de formation. Quel est votre profil et pourquoi avez-vous décidé de suivre une formation numérique lors de votre arrivée en Nouvelle-Aquitaine ? Magalie Haquin : Je suis diplômée d’un master 2 en marketing et j’ai acquis une expérience professionnelle dans le privé et les collectivités

face à des technologies qui évoluent très vite. La Région reste donc à l’écoute du marché du numérique pour répondre aux besoins des entreprises et même, si possible, les anticiper. 1. Organismes paritaires collecteurs agréés en charge de collecter les obligations financières des entreprises en matière de formation professionnelle.

ZOOM

ET LA FORMATION INITIALE ?

Notre région compte de nombreuses formations initiales de qualité autour du numérique, tant à l’université qu’en école d’ingénieur. On citera notamment : les universités de Bordeaux, de Pau et des Pays de l’Adour, de Limoges, de La Rochelle ou encore de Poitiers, mais aussi des écoles comme EISTI, Enseirb-Matmeca, Epitech, Enjmin, Ensi Poitiers, 3iL, In’tech Info, etc. Parmi les spécialités, on retrouve des formations autour de la domotique, des métiers de l’informatique, de l’électrotechnique, des réseaux et systèmes d’information, de l’intelligence artificielle, des jeux vidéo…

« J’ai appris à créer des applications web »

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C’est le nombre d’heures de formation dispensées pour le numérique sur l’année 2016-2017.

SABINE DELCOUR

700

C’est le nombre de parcours de formation au numérique mis en œuvre en Nouvelle-Aquitaine sur l’année 2016-2017.

territoriales. J’ai observé dans mes précédents postes l’importance que prenait le digital et j’ai estimé qu’une formation spécifique dans le numérique serait de nature à enrichir mon profil et à lui donner une dimension plus technique. Grâce au dispositif mis en place par la Région, j’ai bénéficié d’une formation intensive de neuf semaines à l’école Le Wagon à Bordeaux. En quoi consistait cette formation et que vous a-t-elle apporté ? M. H. : Baptisé Full Stack Web Development, ce programme permet d’appréhender un langage

très en vogue au sein des start-up : le Ruby on Rails. J’ai apprécié la finalité pratico-pratique de la formation avec, en point d’orgue, la réalisation d’une application web de A à Z. Cette immersion totale dans le web a été d’une grande richesse au sein d’une école à la pédagogie innovante. Je sais coder et j’ai appris à faire des applications web ! S. DELCOUR

MAGALIE HAQUIN Bénéficiaire du Programme régional de formation sur le numérique

Comment envisagez-vous votre avenir professionnel ? M. H. : Aujourd’hui, j’aspire à un poste où je pourrais utiliser mes nouvelles compétences numériques de façon transversale. Je n’ai pas forcément vocation à « faire du code » mais plutôt à marier mon expérience marketing et mes connaissances en digital, et pourquoi pas au sein d’une start-up. Une chose est sûre : j’ai de l’appétence pour l’univers numérique !

09/10/2017 15:10


VI

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

+ DE 12000

«NOUS PORTONS LA VOIX DES RESPONSABLES D’ENTREPRISE AUPRÈS DES POUVOIRS PUBLICS» RAPHAËL NIETO, directeur de L’ALIPTIC. DR

SABINE DELCOUR

entreprises du numérique sur le seul territoire de l’ex-Aquitaine, c’est le potentiel de développement du pôle Digital Aquitaine.

Un réseau d’entreprises à très haut débit Pour développer l’économie du numérique en Nouvelle-Aquitaine et soutenir les entreprises de la filière, la Région s’appuie sur trois principales associations intégrées depuis de nombreuses années dans les territoires. SPN À POITIERS Acteur incontournable des professionnels du numérique et présidé par Mickaël Gouin, SPN regroupe 155 entreprises qui pèsent 3 209 emplois pour un chiffre d’affaires de 372 millions d’euros. Sa directrice, Lisa Harel, résume les relations avec la Région. « Elles sont très constructives, avec une vraie écoute et reconnaissance vis-à-vis du travail effectué dans une logique collaborative. » Les actions de SPN en faveur de ses membres portent sur l’innovation, le développement international ou encore la recherche de performance globale avec, notamment, la formation pour assurer une montée en compétences des salariés. Au plus près du terrain et des besoins des entreprises depuis

seize ans, l’association joue un rôle de catalyseur par sa capacité à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés. Ainsi, SPN est l’initiateur de l’ouverture d’un nouveau tiers-lieu à Poitiers baptisé Cobalt, pour lequel la Nouvelle-Aquitaine a engagé une enveloppe de 210 000 euros (voir article ci-dessous). ALIPTIC À LIMOGES « ALIPTIC est pilotée par des responsables d’entreprise qui connaissent mieux que quiconque leurs besoins pour évoluer dans un secteur d’activité où il faut faire preuve en permanence de réactivité et d’adaptabilité. Nous portons leur voix auprès des pouvoirs publics », confie Raphaël Nieto, directeur de l’Association limousine des professionnels des technologies de l’information et de la communication (ALIPTIC). Il confirme également le rôle clé de la Région, premier partenaire de la structure créée en 2003 et forte aujourd’hui de 110 entreprises membres. Dans une approche forte d’écosystème, regroupant TPE, PME, grands groupes et start-up, l’association se mobilise pour développer l’économie numérique de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Creuse. Présidée par Alexis Mons, elle agit notamment pour la formation, essentielle au développement de la filière numérique. Ainsi, ALIPTIC a coécrit, avec l’IUT informatique du Limousin, une licence professionnelle de développeurs d’applications Web et Big Data en alternance. Preuve de sa

pertinence, 154 candidats se sont rués dès la première année sur les 18 places offertes. DIGITAL AQUITAINE À BORDEAUX Digital Aquitaine est le fruit du rapprochement entre les associations TIC Santé, Topos et Adeiso. Il s’inscrit dans l’esprit d’un pôle de compétitivité. Ses adhérents sont des grands groupes, des startup, des écoles, des laboratoires, des collectivités et des investisseurs. Son action s’organise selon trois axes : les technologies, leurs marchés d’application et les territoires. Digital Aquitaine couvre plusieurs domaines d’excellence animés en communautés: santé, transports intelligents et mobilité, réalité virtuelle ou augmentée et simulation, commerce connecté. Les services à ses adhérents portent sur un travail de veille, des animations et du networking, la création ou la participation à des événements ou encore la labellisation de projets innovants. Avec plus de 12 000 entreprises du numérique sur le seul territoire de l’ex-Aquitaine, le Pôle Digital Aquitaine possède un potentiel de développement considérable. Il est présidé par Agnès Passault. Ces trois associations, qui participent aux réseaux thématiques French Tech, sont engagées dans une dynamique de collaboration, afin de répondre à la volonté de la Région de faire bénéficier les entreprises de services homogènes sur le territoire régional.

Ce bâtiment de 25 500 m² de locaux dont l’ouverture est prévue par tranches, de janvier 2018 à début 2019, sera dédié à l’économie numérique. Il sera situé dans le quartier en pleine mutation de la gare SaintJean, à Bordeaux, sur le site des Terres Neuves, à Bègles. Il accueillera des entreprises, des écoles du numérique ainsi qu’un espace de développement des entreprises : incubateur, pépinière, hôtel d’entreprises, espace de coworking… La Région, qui participe à son financement, disposera pour sa part de 2 000 m² aux usages multiples : expositions, formations, animations… Tête de réseau et vitrine régionale, la Cité numérique a vocation à devenir l’emblème du développement de l’économie numérique en Nouvelle-Aquitaine.

SABINE DELCOUR

WWW.MICKEPHOTO.FR

LA FUTURE CITÉ NUMÉRIQUE OUVRE BIENTÔT SES PORTES

Les écosystèmes du numérique

O

n appelle cela un « écosystème ». C’est-à-dire un lieu d’échange d’énergie et de matière permettant le développement de la vie. Cobalt, à Poitiers, fonctionne sur cette dynamique autour du numérique. Ce tiers-lieu accueille, pour une période plus ou moins

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longue, des structures qui souhaitent développer un projet. Il offre des prestations de location de bureaux et de salles de réunion ou de domiciliation. Lieu de vie, il organise ou participe à des événements autour du numérique à des fins pédagogiques de découverte ou, au contraire, d’expertise. Inauguré en janvier

2017 et soutenu par la Région, ce lieu s’impose comme un carrefour du numérique. À Limoges, le parc d’activités ESTER (Espace scientifique et technologique d’échanges et de recherche) fait partie du paysage, avec ses locaux en forme de soucoupe volante. Il participe à la création et à l’essor des

projets innovants et de haute technologie en offrant aux porteurs de projet, chefs d’entreprise, chercheurs et étudiants les meilleures conditions de développement. ESTER réunit sur un même site le monde de l’industrie (grands groupes, PME et start-up), celui de la recherche (laboratoires, centres

de transfert, pôles de compétitivité) et celui de la formation pour en déployer les synergies et construire un esprit de réseau basé sur les collaborations et les partenariats. Avec la future Cité numérique (voir notre encadré ci-dessus), les pépites du numériques ont leur écrin en Nouvelle-Aquitaine.

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VII

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

«NOUS RÉPONDONS À TOUTES LES ENTREPRISES QUI ONT BESOIN D’INTÉGRER DES TECHNOLOGIES NUMÉRIQUES» BERNARD CASTAGNET, directeur de CATIE.

ALBAN GILBERT

300

C’est le nombre d’entreprises déjà engagées dans le dispositif Usine du futur, qui vise l’amélioration des conditions de travail, des gains de productivité et la transition vers l’usine numérique et connectée.

Une indispensable transformation

Réaliser des ponts entre la recherche et les entreprises

À l’instar de la révolution industrielle du XXe siècle, le numérique bouleverse en profondeur de nombreux secteurs d’activité ainsi que la vie des entreprises. La Région accompagne les acteurs économiques dans cette mutation indispensable à leur pérennité, source par ailleurs d’opportunités de développement.

«B

onjour, ici la Région Nouvelle-Aquitaine. Est-ce que vous aimeriez déposer un dossier pour être accompagné pour la transformation numérique de votre société ? » Voici en substance l’appel reçu par la société Avenir Électrique de Limoges (AEL) – voir article ci-dessous – qui témoigne de la volonté régionale d’accompagner les entreprises dans leur mutation numérique. Comme la société limougeaude, une centaine d’entreprises régionales ont été retenues en 2017 pour bénéficier de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) – Usine du futur. Elles ont rejoint les 300 premiers bénéficiaires de ce dispositif initié en 2014 et dont l’un des piliers consiste justement à soutenir la transition vers l’usine numérique et connectée. Mettre en place un suivi de la gestion des stocks en temps réel, usiner des pièces industrielles en impression 3D, assister les opérateurs avec la réalité augmentée font partie des projets développés par ces entreprises, avec à la clé des gains de productivité et une amélioration des conditions de travail pour les salariés.

Z

L’entreprise Worldcast System, à Mérignac (33), bénéficie du programme Usine du futur.

FRANÇOISE ROCH

LE CHÈQUE DE TRANSFORMATION NUMÉRIQUE La Région Nouvelle-Aquitaine, avec la contribution des fonds confiés par l’Union européenne, aide financièrement les acteurs économiques qui investissent dans leur transformation numérique. Ce dispositif d’aide accompagne les projets d’entreprises tout au long de la période 2014-2020. Ouvert à toutes les entreprises de Nouvelle-Aquitaine quelle que soit leur activité, le dispositif couvre 50 % des dépenses externes engagées, pour un montant maximal de 150 000 euros par projet, avec une priorité donnée aux zones rurales ou quartiers fragiles identifiés dans la politique de la ville.

oom sur trois structures qui contribuent à l’excellence de la recherche dans le numérique, en lien avec les entreprises du territoire. XLIM, Institut de recherche pluridisciplinaire, est présent à Limoges, Brive et Poitiers. Son savoir-faire ? L’électronique et les hyperfréquences, l’optique et la photonique, les mathématiques, la conception assistée par ordinateur (CAO) et l’informatique. Philippe Gaborit, directeur du département informatique, travaille avec son équipe d’enseignants-chercheurs1 sur la cryptographie, c’est-à-dire l’art de protéger des messages. Ils répondent à un appel à candidatures d’envergure mondiale pour imaginer des outils capables de résister aux attaques du futur ordinateur « quantique »… Si personne ne sait quand ce « super ordinateur » verra le jour, il a été démontré qu’il serait potentiellement en capacité de décrypter n’importe quel code. D’où la nécessité de commencer à imaginer les futurs standards de cryptographie… L3I, le Laboratoire informatique, image, interaction de la Rochelle travaille, de son côté, sur des projets aussi variés que le développement d’un outil de suivi de la mortalité et de l’activité de vol des colonies d’abeilles, la détection de fraudes dans les documents numériques, la géoconnaissance – et la modélisation ou représentation – des milieux naturels et de l’évolution des paysages… Un laboratoire qui se veut donc résolument ouvert sur les enjeux de société. Le L3i développe des

liens forts à la fois avec le monde de la recherche académique et l’industrie avec un mot d’ordre : l’innovation et le transfert de technologie. Le CATIE (Centre aquitain des technologies de l’information et électroniques), basé à Bordeaux, est le seul centre technologique en France dédié spécifiquement au numérique. « Nous répondons de façon transversale à toutes les entreprises qui ont besoin d’intégrer des technologies du numérique dans leur activité et qui éprouvent parfois des difficultés d’accès aux laboratoires en direct », explique Bernard Castagnet, son directeur. CATIE réalise trois grands types de missions : des projets de recherche avec des laboratoires, des projets collaboratifs de transfert de technologie avec une ou plusieurs entreprises, et la mise en place de plates-formes technologiques pour une filière ou un pool d’entreprises. Parmi ses travaux, on retrouve la création d’un algorithme qui permet de détecter le développement d’une levure dans le vin et de repérer les vins à risque. Un projet mené avec le Laboratoire Sachez et l’Institut des sciences de la vigne et du vin et qui a reçu le label Innovin. On citera également 6TRON, composé d’une plate-forme de développement et d’un écosystème d’experts pour accompagner les entreprises souhaitant se développer autour d’objets numériques. 1. Limoges abrite notamment le master Cryptis (formation en cryptologie et sécurité de l’information), classé parmi les meilleurs en France dans différentes revues spécialisées.

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atherine Parrotin dirige le groupe Avenir Électrique de Limoges (AEL). Cette Scop1 de 200 personnes – qui fêtera en 2020 son centième anniversaire – participe au dispositif Usine du Futur et bénéficie du chèque transformation numérique. Elle nous explique en quoi l’intégration du numérique dans son activité est vitale à terme pour sa société. « J’ai abordé la question du numérique en me demandant comment nous pouvions apporter de la performance à nos clients. Le premier projet en cours réalisé grâce au chèque transformation numérique porte sur nos prestations de maintenance, dont la gestion était encore au format papier et qui, via une application web, seront

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organisées désormais sous une forme digitale. Présente au forum de la transformation numérique organisé par ADI Nouvelle-Aquitaine2, j’ai bien retenu que l’évolution numérique devait être pensée globalement au niveau de l’entreprise. Nous sommes donc accompagnés pour la mise en place d’une feuille de route à 3/5 ans afin d’assurer notre transformation numérique. C’est une question de survie pour l’entreprise qui ne doit pas laisser passer cette opportunité, car elle concerne aussi bien notre organisation en interne que nos clients en externe ». Lever les freins « Comme beaucoup de chefs d’entreprise, je suis donc consciente de la nécessité impérieuse

d’effectuer cette mutation. La question est plutôt de savoir comment lever les freins pour y arriver. Si nos salariés trouvent le processus nécessaire, la difficulté réside dans l’acceptation des changements que le numérique implique. Le second souci est d’ordre économique. Dans une activité comme la nôtre où les marges sont tendues, nous ne sommes pas en capacité d’opérer seuls ces évolutions. Voilà pourquoi le soutien de la Région qui démontre vraiment sa volonté d’accompagner les entreprises dans leur transformation numérique est précieux. » 1. Société coopérative de production. 2. L’Agence de développement et d’innovation de la Nouvelle-Aquitaine.

O. PANIER DES TOUCHES

« C’est une question de survie pour l’entreprise »

CATHERINE PARROTIN Directrice du groupe Avenir Électrique de Limoges (AEL)

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

F. ROCH

50

C’est le nombre d’entreprises de Nouvelle-Aquitaine accompagnées par la Région au salon CES de Las Vegas.

CONSUMER ELECTRONICS SHOW (CES) À LAS VEGAS La Région Nouvelle-Aquitaine accompagnera une cinquantaine d’entreprises de notre région du 9 au 12 janvier 2018.

Ces start-up qui innovent en Nouvelle-Aquitaine UNE RÉGION START-UP

O. PANIER DES TOUCHES

Fabien Guillemot, fondateur et directeur scientifique de Poietis, qui développe une technologie de production de tissus biologiques.

Notre territoire abrite de nombreuses start-up qui, avec l’aide de la Région, repoussent les limites de l’innovation, à l’image de Poietis (photo ci-dessus) qui produit des tissus vivants pour la médecine. Focus sur trois initiatives nées en Nouvelle-Aquitaine. POIETIS ET LA BIO-IMPRESSION « Nous développons des solutions pour produire des tissus biologiques à travers une nouvelle technologie appelée la bio-impression, explique Fabien Guillemot, fondateur et président directeur scientifique de Poietis. Les applications sont de deux ordres : pour les greffes dans le cadre de transplantation et pour l’industrie cosmétique afin de produire des tissus qui servent de tests médicaux. » Si la start-up d’une vingtaine de collaborateurs n’existe que depuis trois ans, elle est le fruit de douze années de travail de recherche

et développement mené au sein du laboratoire biomatériaux et réparation de l’Inserm à Bordeaux. Forte de sept brevets, de collaborations avec des universités bordelaises et parisiennes et du soutien de partenaires dont la Région Nouvelle-Aquitaine, Poietis est aujourd’hui la seule entreprise au monde à pouvoir concevoir et fabriquer des tissus avec une telle précision. Cette innovation se traduit par la création d’une plate-forme bio-imprimés 4D, que Poietis met à disposition des acteurs industriels et des chercheurs. Seule société au niveau international à exploiter cette technologie, Poietis entend continuer son développement depuis Bordeaux. « Il existe un partenariat industrie/recherche en région et nous pouvons travailler avec l’Europe, les États-Unis ou l’Asie depuis la Nouvelle-Aquitaine, confirme le dirigeant. De plus, les enjeux de la bio-impression sont aussi sociétaux. Nous disposons à cet effet d’un comité d’éthique, et la présence d’un environnement universitaire et de partenaires publics constitue une garantie supplémentaire. » LE MUR DU SON PAR LIFE DESIGN SONORE Attention, une entreprise de l’économie traditionnelle peut cacher une start-up ! « Tout notre processus de recherche et développement a été orchestré comme s’il s’agissait effectivement d’une start-

La Nouvelle-Aquitaine a lancé son dispositif Région Start-Up avec un objectif ambitieux : doubler le nombre d’entreprises innovantes d’ici à 2020 sur notre territoire. Pour cela, elle soutient la naissance des projets (phase « start ») et elle accélère leur développement (phase « up »). Elle agit auprès des jeunes pousses en soutenant d’abord leur écosystème (recherche, formation…). Elle leur apporte ensuite des aides individuelles (dispositifs de soutien à l’incubation, prêts d’honneur d’amorçage, subventions ou prêts publics au démarrage des activités…). Enfin, elle agit à travers des actions collectives (soutien à des salons liés aux nouvelles technologies, passerelle avec les filières d’excellence de la région).

200 C’est le nombre de start-up que la Région souhaite accompagner par an d’ici à 2020.

up », confirme Benoît Texier, dirigeant de Life Design Sonore. Basée à Limoges, la société développe depuis plusieurs années un système électronique totalement innovant de diffusion de contenus audio à travers du mobilier ou des parois sans câblage, ni installation. Parmi les produits déjà développés, en partenariat avec des fabricants français de mobilier, on retrouve un bandeau sonore pour écouter le son à travers une tête de lit, un oreiller sonore qui s’adapte à une majorité de fauteuils de repos ou encore un fauteuil avec le son directement intégré dans l’appui-tête. « Nous gérons n’importe quelle source audio (TV, radio, smartphone, tablette, ordinateur…), sans fil ni enceinte. Grâce à un principe de méca-acoustique vibratoire couplé à une carte électronique innovante, nous restituons un son de proximité enveloppant, immersif, créant ainsi une bulle de confort sonore pour son utilisateur », précise Benoît Texier. On imagine dès lors le champ des possibles du dispositif : un meilleur confort d’écoute de la télévision pour les familles et les seniors sans nuisance sonore pour l’entourage, du mobilier urbain diffuseur de musique, des objets avec leur propre contenu audio, etc. Une activité commercialisée sous la marque New’ee et aux prévisions de croissance exponentielle : 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires fin 2017, 5 millions d’euros fin 2018 et 11 millions d’euros en 2019, avec des recrutements à la clé chaque année. « Une invention qui va faire du bruit », comme le titrait récemment le journal La Tribune ! CORTEX PRODUCTION EN RÉALITÉ AUGMENTÉE Cortex Productions vient bouleverser les codes de la réalité augmentée. Elle plonge le spectateur en immersion au milieu des images et des sons, avec la possibilité d’interagir sur le contenu visuel. Comment ? Avec de simples lunettes et non plus des casques, une projection sur des écrans géants de 360° et non plus un simple écran et enfin une participation en groupe et non plus isolé. « C’est ce qu’on appelle une invention disruptive, explique Andréas Koch. Nous nous sommes lancés dans cette aventure car, en tant que producteur d’images 3D et pionnier de la réalité virtuelle, personne n’était en capacité de me proposer le dispositif que nous souhaitions. » Le « produit » Tumulte est né de cette idée après six ans et demi de recherche et développement. « Nous n’aurions jamais pu aller au bout de notre projet sans le soutien de tous nos partenaires, dont la Région Nouvelle-Aquitaine », précise le dirigeant qui anime une équipe de sept personnes. Tumulte peut déjà être testée au musée de la Bande dessinée, à Angoulême, et a vocation à devenir la nouvelle attraction « révolutionnaire » des parcs à thème et autres cités des sciences. Mais elle ouvre aussi des pans entiers dans de multiples secteurs : simulation industrielle et militaire, formation, arts numériques….

« Very good trip » à Las Vegas

V

ille mythique du rêve américain, Las Vegas organise chaque année le rendez-vous mondial de l’innovation et des nouvelles technologies : le salon CES (Consumer Electronics Show). Plus de 200 000 visiteurs professionnels s’y bousculent pour découvrir les nouveautés

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de 3 000 exposants. Lors de la prochaine édition, la Région accompagnera une cinquantaine d’entreprises de notre région1, du 9 au 12 janvier 2018. Des opportunités de développement international À travers ce salon de référence mondiale des nouvelles tech-

nologies, la Nouvelle-Aquitaine met en avant l’innovation et le dynamisme de ses entreprises. Elle leur offre l’opportunité de nouer des contacts commerciaux, de tisser des liens avec des partenaires et de se faire connaître auprès de la presse spécialisée internationale. Pour optimiser l’expérience, les

entreprises participantes sont préparées et accompagnées. Avant l’événement, elles bénéficient d’un coaching pour les aider « à se vendre » (pitch, product market fit, business model, stratégie export). Pendant le salon, des rendez-vous d’affaires leur sont organisés. À Las Vegas, pour l’essor de ses entreprises

du secteur des nouvelles technologies, la Nouvelle-Aquitaine joue le jeu ! 1. Le SPN et ses partenaires (Aliptic, Digital-Aquitaine, Elopsys, Syrpin). En 2018, notre région comptera une délégation coordonnée par CCI International Nouvelle-Aquitaine.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

Ensemble, imaginons la Nouvelle-Aquitaine !

THOMAS PESQUET

travers l’élaboration d’un Schéma régional d’aménagement, de déve­loppement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) – voir notre encadré ci-dessous.

E

ntre ses métropoles dyna­ miques, ses zones littorales attractives, ses campagnes aux paysages variés, ses zones montagneuses et une densité de population très raisonnable 1, la Nouvelle-Aquitaine fait partie de ces régions où il fait bon vivre. Mais derrière la carte postale, se cache aussi une autre réalité pour la région la plus vaste de France : celle de territoires plus fragiles, qui souffrent parfois d’un sentiment d’abandon. En cause : des industries qui ont mis la clé

sous la porte, des commerces qui ferment, des médecins et des services de santé qui se font rares et donc difficiles d’accès… Pour rééquilibrer ces différences et assu­rer à tous les habitants un même accès à l’emploi, à la formation, aux soins, aux transports… la Région doit donc redoubler d’effort. C’est tout l’enjeu de l’aménagement du territoire, dont elle est désormais le chef de file. En cette qualité, elle a pour mission de définir les grandes orientations de cette politique à

ZOOM

QU’EST-CE QUE LE SRADDET ? Véritable feuille de route de l’aménagement du territoire pour les quinze prochaines années, le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) permettra de poser un cadre, des objectifs d’équilibre et d’égalité entre les différents territoires qui composent notre Région. Pour ce faire, il embrassera des thématiques aussi diverses que le transport, la biodiversité, la gestion des déchets, l’habitat foncier, les questions relatives au climat, à l’air et à l’énergie, mais également – comme voulu par la Région – le numérique, le développement économique, la formation, la santé… Il sera ainsi le document de référence pour les aménageurs fonciers et d’urbanisme, d’infrastructures et de services, les acteurs du développement durable, les collectivités locales... Autant d’acteurs qui devront s’inscrire dans le cadre posé par ce schéma. Leurs documents de planification (SCoT, plans locaux d’urbanisme, cartes communales, plans de déplacements urbains, chartes des parcs naturels régionaux, plans climat, air, énergie) devront prendre en compte les objectifs à moyen et long terme qu’il aura fixés, et leurs dispositions devront être compatibles avec les règles générales définies pour atteindre ces objectifs. Plus qu’une simple compilation des schémas des anciennes Régions, le SRADDET sera un document innovant, prenant en compte les spécificités de la Nouvelle-Aquitaine.

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Une large concertation est lancée avec l’ensemble des acteurs du territoire.

Concertation ouverte à tous jusqu’à l’été 2018 Dès cet automne, une large con­ certation est lancée, pour cocons­ truire ce projet d’avenir avec l’ensemble des acteurs du territoire (État, collectivités, CESER, structures publiques, entrepri­ ses, asso­ciations…). Jusqu’à l’été 2018, des ateliers et séminaires – certains à la croisée de plusieurs thématiques, d’autres plus spécialisés – seront organisés sur tout le territoire. Un diagnostic sera réalisé et versé aux débats. Il présentera les points forts, comme les déséquilibres territoriaux. Tout un chacun peut d’ores-etdéjà accéder à une bibliothèque de documents et apporter sa contribution sur une plate-forme déma­térialisée. Impacts environnementaux, sociétaux et économiques Les enjeux sont de taille pour tous les habitants. À titre d’exemple, le fort soutien de la Région aux entreprises, à l’innovation et à la création d’emplois durables participe du dynamisme des territoires. En équipant les zones rurales, ignorées des opérateurs privés, d’un réseau public en fibre optique2, la Région veille à réduire la fracture numérique. Pour lutter contre la désertification médicale, elle a participé à la construction de plus de 150 maisons de santé pluridisciplinaires. Le soutien à la création d’un pôle d’excellence des métiers du cuir et du luxe et d’une offre de formation en Dordogne, doit permettre de répondre, au moins en partie, aux besoins des entreprises de ce secteur et de ce territoire. De nombreux défis restent aujourd’hui à relever : passer à une agriculture plus raisonnée, anticiper l’impact du réchauffement climatique, accompagner la transition écologique et énergétique… Le SRADDET sera là pour fixer le cap d’une politique d’aménagement durable et équilibré et faire de notre région la référence du bien-vivre. 1.70,7 habitants au km² contre 104,2 au niveau national. 2. Voir notre dossier page I.

TRANSPORTS SCOLAIRES Depuis septembre, la Région a pris les rênes de la gestion des lignes de cars scolaires, optant pour une continuité des tarifs et des modalités d’inscription jusqu’à l’été 2018.

La Région au volant des cars scolaires

C

’est désormais effectif. Depuis le 1er septembre, les départements ont transféré la gestion du transport scolaire à la Région. Cette passation1 privilégie la pondération et le pragmatisme. Pour engager cette transition, le Conseil régional a décidé de s’associer avec les 12 départements partenaires, afin d’assurer la continuité du transport scolaire dans les meilleures conditions pour cette année scolaire 2017-2018.

Des interlocuteurs de terrain Ainsi, les 220 000 jeunes qui se rendent en car à leur établissement scolaire bénéficient, cette rentrée, de conditions tarifaires similaires à 2016-2017. Les modalités d’inscription de même restent inchangées, que ce soit, selon les territoires, par le biais des établissements scolaires, des conseils départementaux, de plates-formes dématérialisées ou de délégataires. La Région Nouvelle-Aquitaine, de­venue début septembre le nouvel employeur de près de 170 agents issus des départements, privilégie une politique de proximité. Ces agents, « pros » de

la gestion du transport scolaire, resteront ainsi géographiquement dans leur zone de travail d’origine. Un choix affirmé pour maintenir, auprès des usagers, des interlocuteurs de terrain pérennes. De même, la Région reconduit les contrats avec les entreprises et autorités organisatrices de transport. Un tarif unique a minima en septembre 2018 D’ici à l’été 2018, la Région s’attellera à définir un tarif unique, commun à tous les départements dans un principe d’égalité de traitement. Une concertation sera menée associant parents d’élèves, collectivités territoriales et syndicats intercommunaux de transport, suivie d’une évaluation des impacts économiques selon les différents scénarios envisagés. 1. Passation prévue dans le cadre de la loi NOTRe de 2015, portant sur la Nouvelle organisation territoriale de la République.

I nscription auprès des interlocuteurs départementaux consulter la page « transports scolaires » sur le site www.nouvelle-aquitaine.fr

DAVID LE DEODIC

DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL Une large concertation est lancée cet automne pour réfléchir aux enjeux d’aménagement de la Nouvelle-Aquitaine et lutter contre les déséquilibres territoriaux.

ZOOM

TRANSPORT INTERURBAIN : VERS UNE OFFRE PLUS ATTRACTIVE Depuis août 2017, la Région est également responsable des lignes de cars non urbaines. Pour cette année 2017-2018, les services et tarifs restent inchangés. Une réflexion est d’ores-et-déjà engagée afin de tendre vers une harmonisation des tarifs et d’assurer une bonne fréquentation de ces cars.

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AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

ÉCONOMIE ET E

RÉSIDENCES D’ARTISTES Espaces d’expérimentation indispensables aux auteurs et créateurs les résidences d’artistes redessinent une autre cartographie culturelle du territoire.

RECHERCHE Inauguré le 28 septembre dernier, le Centre Broca Nouvelle-Aquitaine, sur le campus Carreire, à Bordeaux, se pose comme le « vaisseau amiral » des neurosciences. Un lieu de référence internationale pour la recherche sur les maladies du système nerveux.

Une ouverture sur le territoire La volonté de la Région est donc de faire de ces résidences de formidables opportunités d’ouverture sur le territoire, mais aussi à l’international. Ainsi, plus de 25 nationalités sont représentées parmi les centaines d’auteurs

ALBAN GILBERT

Q

u’est-ce qu’une résidence d’artistes ? C’est un lieu qui accueille des artistes de quelques jours à plusieurs mois, en leur assurant une rémunération et des moyens de création. Littérature, jeunesse, bande-dessinée, cinéma, numérique, photographie, arts plastiques, théâtre, danse, arts du cirque, spectacle vivant... Les résidences d’artistes s’adaptent à tous les champs créatifs, en offrant un temps précieux de travail, de recherche ou de maturation d’idées. Il n’y a pas de résidence type. Chacune est une alchimie complexe où se rencontrent la singularité d’un projet artistique et l’esprit d’un lieu. Pas question cependant de faire de ces résidences des lieux d’isolement. La liberté d’expérimenter, l’interdisciplinarité et les rencontres spontanées ou organisées avec le public sont essentielles.

L’ ZOOM

MAURIAC FÊTE SES 5 ANS

Lieu d’expérimentation emblématique, le Chalet Mauriac, à Saint-Symphorien (33), croise les écritures contemporaines et numériques. L’agence Ecla y organise des résidences d’auteurs réalisateurs. Racheté par la Région et ouvert en 2013, le chalet a fêté ses cinq ans fin septembre avec deux jours de spectacles et de rencontres entre anciens résidents et habitants de la commune.

accueillis dans les résidences de Nouvelle-Aquitaine. Par réciprocité, des échanges permettent aux auteurs de notre région de partir en résidence à Bologne, Québec, Singapour ou dans la Hesse allemande. Ces lieux d’expérimentation jonchent tout le territoire. La Vil-

la Pérochon, à Niort, dédiée à la photographie ; la maison des auteurs de la Cité internationale de la bande-dessinée et de l’image, à Angoulême ; le centre artistique de la Métive, à Moutier-d’Ahun ; la résidence de plasticiens Pollen, à Montflanquin, n’en sont que quelques exemples.

TER Depuis septembre, les voyageurs « réguliers » peuvent bénéficier jusqu’à 75 % de réduction. Sans compter des tarifs très avantageux pour les moins de 28 ans et les scolaires.

Des tarifs pour tous

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es voyageurs effectuant au moins trois allers-retours par semaine en Ter, sur un même trajet, bénéficient depuis cette rentrée d’un Pass abonné Nouvelle-Aquitaine. Accessible à tous, sans frais de carte et basé sur trois formules d’abonnement (semaine, mois, année), il leur permet d’obtenir des réductions conséquentes, de 75 % en moyenne par rapport au coût plein tarif. Grâce à la prime transport reversée par l’employeur (50 % minimum du coût d’un abonnement), les salariés peuvent réduire d’autant le prix de leurs trajets. La modification de certains horaires de Ter, chapeautée par la Région pour réduire les temps de correspon-

10-15 NAQ1 Institution+N+z5.indd 14

Le berceau des neurosciences

dances notamment avec la LGV, offre à ces usagers des trajets optimisés, tout en les faisant profiter du confort et de la sécurité offerts par ce mode de transport. Une solution également plus écologique que la voiture. Pour les voyageurs occasionnels, la Carte + (ex-cartes IZY Air+, Cart’Astuces+, Avantages+) à 29 euros par an, permet de bénéficier de billets à moitié prix durant les vacances scolaires, week-ends et jours fériés et de 25 % de réduction le reste de l’année. Lancés ce printemps les billets Jeunes Nouvelle-Aquitaine proposent aux moins de 28 ans des billets à prix ronds, soit cinq tarifs fixes dans une échelle de 4 à 19 € définis selon des paliers

kilométriques. Ainsi, un Bordeaux-Libourne leur revient à 4 €, un La Rochelle-Niort à 7 €, un Saintes-Poitiers à 16 €… soit des remises d’environ 45%. Depuis septembre, un tarif avantageux de 1 € par élève et par palier de 100 km aller-retour est par ailleurs proposé aux établissements scolaires (écoles maternelles, primaires, collèges, lycées, IME, CFA) pour les sorties scolaires. La Région projette, pour fin 2017/début 2018, la mise en œuvre d’un tarif social unique pour les personnes à faibles ressources, qui octroierait des réductions de l’ordre de 80 %.

enjeu est de taille ! D’ici à 2030, dans une société vieillissante, le nombre de malades, victimes de maladies neurologiques, risque en effet de doubler. Pour trouver des traitements curatifs ou préventifs, la Nouvelle-Aquitaine, avec ce nouveau bâtiment de 15 000 m² – à deux pas du CHU Pellegrin à Bordeaux – et sa communauté de 900 chercheurs en neuroscience, a d’ores-etdéjà une longueur d’avance. Voisin du NeuroCentre Magendie – modernisé et agrandi – ou de la plate-forme de génomique fonctionnelle, le Centre Broca héberge des équipes de l’Institut interdisciplinaire de neurosciences (IINS), de l’Institut des maladies neurodégénératives (IMN) et de l’unité de service d’imagerie BIC. C’est donc toute une communauté scientifique de référence qui est désormais réunie et qui se distingue, notamment, « par ses travaux académiques dans les domaines des maladies mentales, de Parkinson, d’Alzheimer, de compréhension des mécanismes des synapses du cerveau, de l’addiction et de la

relation entre cerveau et nutrition », liste Christophe Mulle, directeur de la Fédération Bordeaux Neurocampus. Un espace dédié aux start-up Le Centre Broca embarque également dans son sillage de jeunes pousses, à l’image de la start-up Aelis Farma. Elle œuvre « au développement de médicaments pour le traitement de la toxicomanie, de l’addiction au cannabis et des déficits mentaux », précise son fondateur Pier-Vincenzo Piazza, également directeur de recherche au NeuroCentre Magendie. Il annonce la venue dans le nouveau bâtiment, d’ici un à deux ans, de cinq sociétés au sein d’un espace start-up. « Elles travailleront sur le traitement des mémoires traumatiques, la création d’instruments innovants en optique, la réalisation de tests cognitifs pour accélérer la conception de médicaments… » Portées par ces nouvelles synergies, par ce site unique et ses liens avec les équipes de Poitiers et Limoges, les neurosciences régionales gagnent encore en excellence.

67 millions d’euros investis par la Région pour faire de ce pôle de recherche un centre d’excellence, à la pointe des neurosciences.

Le Centre Broca Nouvelle-Aquitaine, «vaisseau amiral» des neurosciences.

JOËL PEYROU

Aux sources de la création

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T E MPLOI SAVOIR-FAIRE Future vitrine des savoir-faire d’un secteur du cuir particulièrement fort en Nouvelle-Aquitaine, la Cité du Cuir devrait ouvrir en 2021. Cet espace de valorisation, situé à Saint-Junien, en Haute-Vienne, capitale du gant, aura pour objet de promouvoir une activité qui connaît un renouveau grâce à un secteur du luxe en bonne santé.

Une cité pour les métiers du cuir À Saint-Junien, le site couvrira 2 500 m2

LE COÛT TOTAL DE LA CITÉ DU CUIR

9,3 M €

Dominique Lauwereins, cofondateur de l’entreprise Be Tomorrow.

FONDS EUROPÉENS MURIELLE BABIN

2,8 M€ Saint-Junien (87) porte un patrimoine et des savoir-faire préservés.

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epuis plusieurs mois, un important chantier a démarré à SaintJunien, en HauteVienne. Il s’agit des travaux de la future Cité du Cuir. Véritable pôle d’attractivité touristique, ce site de 2 500 m2 sera la vitrine grand public des métiers du cuir en Nouvelle-Aquitaine. Il s’appuie pour cela sur l’identité forte de la ville de Saint-Junien,

ZOOM

4 000 EMPLOIS Activité prioritaire pour la Région, le secteur du cuir représente, avec près de 4 000 emplois, un poids économique fort, 1,5 fois plus important qu’au niveau national. Les principaux territoires concernés, la Dordogne, la Charente et la Haute-Vienne, comptent des métiers ancestraux, ayant souffert ces dernières décennies, mais qui affichent aujourd’hui un bel avenir avec le secteur du luxe qui se porte très bien.

capitale française du gant de peau, labellisée « Villes et Métiers d’art », et sur la valeur patrimoniale forte du site sur lequel il voit le jour : des bâtiments qui abritaient autrefois des entreprises de délainage et de mégisserie le long de la Vienne. Le projet, porté par la communauté de communes Porte océane du Limousin, comprend deux ensembles. Le premier, l’espace muséal, affichera une scénographie conçue pour plonger les visiteurs, via un parcours-spectacle, dans l’ambiance des grandes heures de la ganterie et de la mégisserie, et souligner la technicité et l’évolution de tous les métiers du cuir. La deuxième partie, en accès libre, proposera des animations conçues pour inciter le visiteur à revenir sur le site : expositions temporaires, ateliers pédagogiques, centre de documentation… Revitaliser une friche industrielle Le site a également une vocation économique. Hermès y a implanté sa nouvelle unité de production en ganterie-maroquinerie sur une surface de 1 500 m2 qui emploiera à terme 140 sala-

riés. « Nous avons choisi de nous installer là pour répondre à la demande croissante d’articles de petite maroquinerie. La Maison a ainsi choisi de développer ce savoir-faire maroquinier à Saint Junien, précise Emmanuel Pommier, directeur d’Hermès Maroquinerie-Sellerie. Nous avons eu un coup de cœur pour ce lieu chargé d’histoire. Cela avait du sens pour Hermès de participer à la revitalisation d’une friche industrielle. Nous avons donc décidé de nous associer au projet de la Cité du Cuir. » Ce dernier

se félicite également de l’engagement de la Région. « C’était important pour redonner vie à ce site et aider à l’implantation de plusieurs entreprises. » Le coût total de la Cité du Cuir s’élève à 9,3 millions d’euros, dont une aide de la Région de 800 000 euros et des crédits européens à hauteur de 2,8 millions d’euros. Les actions menées par les politiques régionales autour des métiers du cuir sont complémentaires. Elles permettent de consolider et développer l’activité écono-

800 000€ mique existante sur le territoire, via une attention particulière portée sur les entreprises de ce secteur et la mise en place du Cluster Réso’Cuir Nouvelle-Aquitaine (voir encadré). En outre, la Région contribue à créer et maintenir des emplois non délocalisables tout en confortant l’attractivité du territoire par un patrimoine et des savoir-faire préservés. La Cité du Cuir constitue ainsi le dernier étage de la fusée régionale autour du développement de cette industrie en Nouvelle-Aquitaine.

Cluster Réso’Cuir Nouvelle-Aquitaine

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ous l’impulsion de la Région, soucieuse de structurer la filière cuir régionale, le Cluster Réso’Cuir Nouvelle-Aquitaine a vu le jour en mars dernier à Thiviers. Une initiative soutenue par la Région à hauteur de 149 400 euros. Composé d’entreprises, majoritairement de PME, TPE et artisans, le cluster s’est fixé

plusieurs priorités : faciliter les échanges entre les acteurs du secteur via des services personnalisés (recherche de prestataires, information sur les aides existantes…) ou mutualisés (bourse de l’emploi, veille technologique, outils de communication…) ; encourager l’innovation dans une volonté de développement des entre-

prises ; inciter les partenariats avec d’autres filières ou encore mettre en synergie les initiatives. Une des actions phares de leur programme 2017 est l’organisation de la manifestation des Portes du Cuir, rencontres annuelles de la filière cuir, qui a eu lieu les 29, 30 septembre et 1er octobre derniers à Nontron.

C’EST EN LIGNE

europe-en-nouvelle-aquitaine.eu. Le site Internet dédié aux programmes européens en Nouvelle-Aquitaine est l’outil indispensable pour vous informer sur l’intervention de l’Europe près de chez vous, notamment grâce à sa carte interactive et ses vidéos. Avant tout accessible, ce site facilite les démarches des porteurs de projet et les met en contact avec les équipes de la Région en quelques clics, pour un accompagnement adapté en fonction de la thématique de leur projet.

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CULTURE & DÉCOUVERTE

LE LAC EN CHIFFRES

J. DAMASE

106 MILLIONS DE MÈTRES CUBES D’EAU, soit plus de 36 000 PISCINES OLYMPIQUES. Un barrage de 33 MÈTRES de haut et 233 MÈTRES de long. Une production annuelle d’électricité équivalente aux besoins d’une ville de 40 000 HABITANTS (l’équivalent d’une ville comme Brive).

Le Centre international d’art et du paysage, un modèle d’architecture, au cœur de l’île de Vassivière.

OLIVIER BLEYS Auteur confirmé, il a publié 32 livres, notamment chez Gallimard et Albin Michel. Passionné de marche, il a entrepris, en 2010, un tour du monde à pied par étape qu’il poursuit d’année en année.

 Ce texte est un extrait. Retrouvez l’intégralité de ce carnet de marche, accompagné de photos, sons et vidéos sur le site de la Région : nouvelle-aquitaine.fr/territoire

L’ ÉVOLUTION DU LAC SUR PLUS DE 30 ANS 16-17 NAQ1 Découverte.indd 16

L’AUTEUR, OLIVIER BLEYS, propose de découvrir notre nouvelle région au rythme du marcheur. À pied, l’on peut s’arrêter, suivre des chemins de traverse, explorer autrement le territoire... Cet été, il s’est rendu à Vassivière.

Carnet de marche à Vassivière

N

atif de Lyon, vivant à Bordeaux, je connais mal ces régions vertes où les voies automobiles taillent dans l’épaisseur des arbres, parfois sur des dizaines de kilomètres. De quelque côté qu’on approche Vassivière, c’est un grand bain de feuillages avant le bain tout court. La ville la plus proche, Limoges, se trouve à une heure de route. En direction du Sud, la traversée du parc naturel régional de Millevaches en Limousin, contigu à celui des Volcans d’Auvergne, offre au citadin une immersion dans la nature sauvage . Au nord du lac de Vassivière se déroule un « circuit des tour-

1950

Construction du barrage (chantier entrepris en 1946)

1951

bières » qui pique ma curiosité. Le site Internet dédié au lac décrit ce circuit dans des termes engageants. On y parle des sphaignes, des « végétaux primitifs très particuliers », sortes de mousses dont la lente décomposition engendre la tourbe, on y évoque des « bas marais couverts de tremblants », des « tourbières bombées actives à laîches à ampoules » (!), tout un paysage, vert et mystérieux, porteur d’un lexique peu commun, où j’ai envie d’étendre mes foulées. Le sentier part de Masgrangeas, joli hameau aux maisons de granit, solides et raboteuses, qui m’évoquent des meules carrées. Nous ne sommes qu’à un jet de pierre du lac, caché derrière les

Mise en eau du lac entre 1949 et 1951

frondaisons, pourtant l’on se croirait au cœur de la forêt. Pas n’importe quelle forêt : une chênaie ancienne, un bois à sources et à dolmens où l’on vénère des pierres sacrées. Je me rappelle mes randonnées en Limousin, dans les monts de Blond ; c’est la même atmosphère qui règne ici. D’ailleurs, les monts se trouvent dans le voisinage — une centaine de kilomètres plus à l’ouest. Cerné de tous côtés par les arbres, Masgrangeas pourrait être un repaire de lutins ou de sorciers. Un peu plus loin démarre le sentier. Il prolonge le goudron qui s’achève, et avec lui la civilisation. Sortie du fond des âges, une croix rustique marque l’angle du chemin. Je l’imagine, cette croix, objet de cultes immémoriaux par des druides en robes longues. J’ai rendez-vous, à seize kilomètres d’ici. À midi pile, sur l’île de Vassivière aménagée au centre du lac, au Centre international

DE QUELQUE CÔTÉ QU’ON APPROCHE VASSIVIÈRE, C’EST UN GRAND BAIN DE FEUILLAGES AVANT LE BAIN TOUT COURT. »

Aménagement touristique du lac (plages, hébergements, activités nautiques et de loisirs)

1970

d’art et du paysage. La directrice, Marianne Lanavère, m’entraîne dans une longue visite du bâtiment, chef-d’œuvre d’Aldo Rossi et de Xavier Fabre vanté par tous les manuels d’architecture. Depuis un quart de siècle le centre est sorti de terre — sorti à peine, car sa ligne basse suit l’horizon. Autour, des plasticiens de tous pays ont médité sur le paysage, fondant leurs œuvres de bois, de pierre ou de métal à la nature environnante. Marianne satisfait ma curiosité sur la façon de travailler des artistes, en particulier sur leur lien au territoire, aux savoirs et aux matériaux d’ici. Non loin du centre, mes pas s’attardent dans ce « bois de sculptures » où palpitent, mêlées à la végétation, des créations tantôt discrètes voire estompées, tantôt monumentales — et l’une d’elles, Je siffle au bord du quai de Dominique Petitgand, d’une aura particulière puisqu’elle émet du son des dizaines de mètres à la ronde. En découvrant cette exposition de plein air, je songe au poème de Baudelaire, l’un des rares qu’ait conservés ma mémoire : « La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles. » C’est bien le sentiment d’un espace sacré, intime et murmurant, que diffusent cette soixantaine d’œuvres forestières. C’est le milieu de l’après-midi et la chaleur fait miroiter le tain du lac. En quête de fraîcheur, j’embarque sur le bateau-taxi pour une courte traversée diagonale, des abords de l’île jusqu’à la plage de Broussas, haut lieu des bains d’eau douce

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ICI

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EN PRATIQUE

LA NATURE EST UN TEMPLE OÙ DE VIVANTS PILIERS LAISSENT PARFOIS SORTIR DE CONFUSES PAROLES. » CHARLES BAUDELAIRE

LE LAC DE VASSIVIÈRE EN CREUSE ET HAUTE-VIENNE S’Y RENDRE Vassivière, situé sur les départements de la Creuse et de la Haute-Vienne, n’est qu’à une heure de Limoges, de Brive ou de Guéret. L’été, la Région propose des tarifs attractifs pour se rendre au lac de Vassivière depuis Limoges ou Ussel en Ter, avec le forfait PassauVert.

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ral et des rivages lacustres. C’est un sentier d’interprétation voué aux milieux humides, à la faune et à la flore étonnantes qui les colonisent — telles ces fleurs carnivores dont les cils perlés de mucilage, sorte de glu sucrée, battent au ras des mousses. Hélas, j’ai

trop tardé. À genoux, plongé dans l’observation des droséras rouge corail, je sens des gouttes choir sur mes épaules. L’eau du ciel et l’eau du lac convergent à l’horizon brumeux. Vite ! Fermons ce carnet avant de mouiller le papier !

GASTRONOMIE Fondu creusois, galetou ou tourtou, giraud, grillon limousin, langue de mouton fumée, pâté de pommes de terre, tourte limousine, aréna, cène d’Eymoutiers, cornue, madeleine de Saint -Yrieix… Profitez de votre séjour pour déguster les spécialités limousines au restaurant ou pour découvrir les produits locaux sur les marchés de producteurs en été. SE LOGER Campings, chalets, mobile-homes, chambres d’hôte, villages vacances, hébergements insolites, gîtes, hôtels, locations… Chacun trouvera un hébergement en fonction de ses exigences de confort et de ses moyens. Plus d’informations lelacdevassiviere.com

Un lieu de création et d’expérimentation

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ieu de référence pour l’art contemporain, le Centre international d’art et du paysage propose pour tous les publics expositions, ateliers de pratique artistique, colloques… Et, depuis 2012, un programme de résidences d’artistes, avec le soutien de la Région et du ministère de la culture.

MARIANNE LANAVÈRE, directrice du Centre international d’art et du paysage sur l’île de Vassivière.

THIERRY LAPORTE

Faune et flore étonnantes Le bateau a accosté. Je me mêle aussitôt aux baigneurs. La brasse est délicieuse dans l’onde si tiède qu’elle semble avoir chauffé dans une casserole. La plage accuse une pente idéale, inclinée juste assez pour facilement mettre à l’eau hommes et canots. On a le choix de l’herbe ou du sable pour étendre sa serviette, du plein soleil ou d’ombres variées (chênes pédonculés, pins sylvestres, quelques saules). Mais la chaleur alimente un énor me c u mu lon i m bu s à l’aplomb du lac. Avant que ce gros nuage mette sa menace à exécution, je m’enroule dans une serviette et gagne le « sentier des rives », qui passe un peu en retrait de la plage. Je veux faire quelques pas sur ce circuit pédestre, long d’une trentaine de kilomètres, dont l’itinéraire malicieux promet « passerelles sur pilotis, digue à fleur d’eau et ponts en planche de granit. » Un autre chemin noue une boucle plus modeste autour de la lande du Puy de la Croix, domaine du Conservatoire du litto-

Le village de Masgrangeas.

SUR PLACE Plage, pêche, randonnée, VTT, canoë, paddle, voile… Aux beaux jours, Vassivière est sans aucun doute le lieu pour passer des vacances, un week-end ou même une journée en plein air. Vous y trouverez aisément de quoi satisfaire tous les membres de la famille. Un détour par le Centre d’art et du paysage sur l’île de Vassivière sera également un incontournable de votre séjour (voir notre interview ci-dessous).

Qu’est-ce que le Centre international d’art et du paysage ? Marianne Lanavère : C’est un lieu de création, où nous accompagnons toute l’année des artis­ tes plasticiens, en lien avec le paysage et ses habitants. Le programme de résidence permet aux artistes de mener un

travail de recherche inspiré de ce territoire rural. Ils produisent ici de nouvelles œuvres qui sont ensuite diffusées internationalement. Nous commandons également chaque année des œuvres pour le Bois de sculptures : il s’agit du parc de sculptures de l’île de Vassivière initié en 1983, aujour­ d’hui composé de 60 œuvres à ciel ouvert. C’est un lieu que nous voulons vivant. Les artistes viennent plusieurs fois pour une commande, une exposition ou une résidence. Les centres d’art sont des laboratoires d’expérimentation, des fabriques. Nous montrons un art évolutif, pas des objets figés.

Qu’est ce qui fait la particularité de ce lieu ? M. L. : Le centre d’art est situé sur une terre de granit à 700 m d’alti­tude, au milieu d’un immense lac artificiel entouré de forêts. Ici on a un rapport très physique aux matériaux et au climat, à la boue, au brouillard. Les artistes s’inspirent de l’histoire fascinante de ce paysage isolé, à la fois aménagé et préservé. Nous les incitons à s’intéresser aux savoirs locaux, aux usages agricoles et industriels. Pour moi le paysage ne relève pas de la représentation esthétique, comme un tableau ; c’est un paysage vécu, travaillé, expé­ rimenté.

M. T UR IN

et des sports de plein air. La navigation est lisse, à l’image du lac qui ne fait pas de vagues, du paysage tout en ondulations. Je me penche sur le sillage du bateau, mais l’eau sombre ne laisse rien transparaître des hameaux et des routes qui, après-guerre, ont été submergés par la mise en eau du barrage. Régulièrement, le lac est vidé pour l’entretien des installations électriques. La dernière fois, en 1995, 11 tonnes de poissons ont été repêchées au fond. Brochets, sandres et perches en majorité. Sans m’en rendre compte, j’ai franchi une frontière pendant la courte traversée en bateau : la limite des départements de la Haute-Vienne et de la Creuse passe au milieu du lac.

LAETIS

La plage de Broussas.


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LANGUES RÉGIONALES OCCITAN

Dròlles, parlatz a l’escòla !

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empuèi mantuna generacions, las lengas regionalas s’aprenon a l’escòla per fin d’alentir la desagregacion de la transmission familiala. Dins quinas filièras estudiar las tres lengas de Novèla Aquitània ? Ont aprene l’occitan, lo basc o lo peitavin-santongés ? Benlèu que vos remembratz d’un grand-paire o d’una grand-maire que parlava sa lenga regionala a l’ostal, al mercat o entre vesins. Parlatz aquela lenga ? Autrescòps la transmission familiala predominava. Mas los darrièrs estudis sociolingüistics son irrevocables : actualament, la transmission per l’escòla es mai eficaça. Parents de Novèla Aquitània, mantuna causida vos son disponiblas per que vòstres enfants aprengan una de las tres lengas de la Region. L’ensenhament de las lengas occitana e basca es dispensat dins las escòlas, collègis e licèus del sector public e del sector privat, que siá confessional (catolic) o associatiu. Aqueste ensenhament pòt èsser extensiu (de quaranta cinc minutas a tres oras per setmana) o intensiu. Dins aquel cas, lo sector public privilègia l’aprendissatge bilingüe (fins a 50 % del temps escolar dins lo primari). Lo sector associatiu demòra lo campion de l’aprendissatge immersiu. Totas las matèrias son alara ensenhadas dins la lenga regionala fins en CE1 (levat las disciplinas lingüisticas, solide) coma dins las ikastolak del País basc o las escòlas Calandreta per l’occitan. Pasmens, las tres lengas regionalas de Novèla Aquitània ofrisson de contèxtes plan diferents. Se, al País basc, un enfant sus dos es escolarizat en filièra bilingüe o immersiva, a pena 1,5 % de escolans benefícian d’aqueste tipe d’ensenhament per l’occitan. Per çò qu’es del peitavin-santongés, se deu acontentar d’activitats extraescolaras, son ensenhament perque es pas reconegut a l’ora d’ara per l’Educacion nacionala. Demest aquelas accions per sosténer las lengas regionalas, la Region finança en partida l’Ofici public de la lenga basca e l’Ofici public de la lenga occitana, vertadièrs relais de la politica regionala dins lo domeni lingüistic. Amb aqueles oficis publics, la Region va, dins pauc de temps, oficializar la signatura de doas convencions-quadre que permetràn d’adaptar d’objectius d’ensenhament a cada acadèmia. Atal, per l’occitan, que concernís tanben las acadèmias de Peitieus e Lemòtges, l’acadèmia de Bordèu deu dobrir dins lo primari 30 novèls sites publics bilingües sul periòde 2017-2022 (un site per departament e per an). Lo peitavin-santongés pòt acampar el tanben los escolans tre la mairala : lo concors Imatges e tèxtes en peitavin-santongés es estat ganhat ongan per l’escòla Alphonse-Daudet, a Peitieus, dins lo quartièr popular de las Couronneries.

BASQUE

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uela zenbait urtetik hona, eskualde-hizkuntzak eskolan irakasten dira, familia barruko transmisioaren jaitsierari aurre egiteko. Non ikas daitezke Akitania Berriko hiru hizkuntzak? Non ikas daitezke okzitaniera, euskara edo poitevinsaintongeaisera? Beharbada, gogoratuko duzue aiton-amonaren batek bere eskualde-hizkuntza hitz egiten zuela etxean, merkatuan zein bizilagun artean. Zuk hitz egiten al duzu hizkuntza hori? Garai batean, familia barruko transmisioa egiten zen, gaur egun, ordea, eskolako transmisioa eraginkorragoa dela argi eta garbi adierazten dute azken ikerketa soziolinguistikoek. Akitania Berriko gurasoak, hainbat aukera eskaintzen zaizkizue zuen seme-alabek eskualdeko hiru hizkuntzetako bat ikas dezaten. Okzitaniera eta euskara eskola, ikastetxe eta lizeo pribatu eta publikoetan irakasten dira, hau da, konfesional (katoliko) zein asoziatiboetan. Irakaskuntza estentsiboa izan daiteke (astean berrogeita bost minutu eta hiru ordu artean) edo trinkoa. Azken horretan, irakaskuntza elebiduna (lehen hezkuntzan, eskola orduen % 50 arte) nahiago du sektore publikoak. Sektore asoziatiboak murgiltze ereduan nagusi izaten jarraitzen du. Hortaz, irakasgai guztiak eskualde-

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TRADUCTION

Neska-mutilak, eskolan hitz egin! LES ENFANTS, PARLEZ À L’ÉCOLE !

Depuis plusieurs générations, les langues régionales s’apprennent à l’école afin d’endiguer l’effritement de la transmission familiale. Dans quelles filières étudier les trois langues de la Nouvelle-Aquitaine ? Parents de Nouvelle-Aquitaine, plusieurs choix s’offrent à vous pour que vos enfants apprennent le basque, l’occitan ou le poitevin-saintongeais. La Région va prochainement officialiser la signature de deux conventions-cadre permettant de fixer des objectifs d’enseignement à chaque académie. Par exemple, pour l’occitan, qui concerne également les académies de Poitiers et Limoges, l’académie de Bordeaux doit ouvrir dans le primaire 30 nouveaux sites publics bilingues sur la période 2017-2022. Déjà bien organisé, l’enseignement du basque et de l’occitan peut se suivre en plus des cours classiques (jusqu’à trois heures par semaine) ou de façon plus intensive dans les écoles, collèges et lycées du secteur public et du secteur privé. Le secteur public privilégie l’enseignement intensif bilingue. Le secteur associatif reste le champion de l’apprentissage en immersion. Les matières sont alors enseignées dans la langue régionale jusqu’en CE1 comme dans les ikastolak basques ou les écoles occitanes Calandreta. La Nouvelle-Aquitaine soutient l’enseignement de ces trois langues avec des contextes bien différents. Les deux conventions signées concernent le basque et l’occitan, défendus chacun par un office public cofinancé par la Région. Moins usité, le poitevin-saintongeais voit son apprentissage passer par des activités périscolaires. La langue rassemble tout de même des élèves de toutes origines : le concours Images et textes en poitevin-saintongeais a été remporté cette année par la maternelle Alphonse-Daudet, à Poitiers, dans le quartier populaire des Couronneries.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

L’AGENDA hizkuntzan irakasten dira CE1 arte, lehen hezkuntzako lehen urtea, (hizkuntza irakasgaiak ezik, jakina), Euskal Herriko ikastoletan edo, okzitanieraren kasuan, Calandreta eskoletan egiten den moduan. Alabaina, Akitania Berriko hiru eskualdehizkuntzen egoera oso ezberdina da. Euskal Herrian bi haurretik bat eskola elebidunean edo murgiltze ereduan eskolatzen da, eta okzitanieraren kasuan, ordea, ikasleen % 1,5ak baino ez ditu horrelako ikasketak jasotzen. Poitevin-santongeaiserari dagokionez, egotekotan eskolaz kanpoko ekintzak egoten dira, gaur egun Hezkuntza sistema nazionalak ez baitu hizkuntzaren irakaskuntza aitortzen. Eskualde-hizkuntzak babesteko ekintzen artean, Eskualdeak diruz laguntzen ditu Euskararen Erakunde Publikoa eta Okzitanieraren Erakunde Publikoa, zeintzuk hizkuntza gaietan eskualdeko politikaren benetako bitarteko diren. Erakunde publiko horiekin, Eskualdeak laster bi hitzarmen-marko sinatuko ditu, irakaskuntza helburuak akademia bakoitzera egokitzeko. Horrela, okzitanieraren irakaskuntzaren kasuan, Poitierseko eta Limogesko akademiei ere badagokiena, Bordeleko akademiak lehen hezkuntzan 30 ikastegi elebidun publiko berri ireki behar ditu 2017-2020 denboraldian (ikastegi bat departamendu eta urte bakoitzeko). Poitevin-saintongeaisera ere haurtzaindegitik hasita gertura daiteke ikasleengana: aurten Irudiak eta testuak poitevinsaintongeaiseraz lehiaketa Poitierseko Couronneries auzo ezagunean dagoen Alphonse-Daudet eskolak irabazi du.

POITEVIN-SAINTONGEAIS

Lés draules, causéz a l’école !

ALBAN GILBERT

D

épeu mae d’ine jhénéraciun, lés parlanjhes réjhiounaus s’apernant a l’école per lés faere passae vu que lés familles o fesant pu ghére. Voure aprenre lés troes parlanjhes de Novéle Aguiéne ? Voure pet o s’aprenre l’oucitan, le basque ou le poetevinsintunjhaes ? Ve ve rapeléz petétre d’in pepae ou bin d’ine memae causant leu parlanjhe réjhiounau a la mésun, au marchai oube avéc lés voesins. Causéz ve çhau parlanjhe ? Den le tenp o s’apernét surtout en famille. Mé lés deréres étuderies souciolinghistiques o fasant bé vere : avoure, o marche meu en o passant per l’école. Parents de Novéle Aguiéne, ol at mae d’in choes poussiblle per que vous draules apernant yin daus troes parlanjhes de la Réjhiun. Lés parlanjhes oucitan pi basque pevant s’aprenre den lés écoles, lés couléjhes pi lés liçaes publlics é privais, cunfaessiounaus (catoliques) ou menais per daus associaciuns. O pet se faere tout cha petit (de quarante cinc minutes a troes eures la semaene) ou bin d’ine façun pu acache. Alore den lés écoles publliques o serat surtout daus cllasses bilingues (jhusqu’a la moetié dau tenp de cllasse a la petite école). Ol ét den lés écoles assouciatives qu’o se fét le mae d’incitaciun tout den le parlanjhe réjhiounau. Den çhau cas, o se fét de minme jhusqu’en CE1 (sauve lés autres parlanjhes, bé sur) queme den lés ikastolak dau Paes basque ou bin lés écoles Calandreta per l’oucitan. Lés troes parlanjhes réjhiounaus de Novéle-Aguiéne fasant pertant bé vere troes situaciuns pa parélles. Tandisqu’ au Paes basque, ol at in draule su deus qu’ét den ine cllasse bilingue ou bin en cllasse « tout en basque », ol at a paene 1,5 draule dau cent çhi perfite d’ine incitaciun de minme per l’oucitan. É en poetevinsintunjhaes, o pet quasiment s’aprenre rin qu’en defore de l’école, l’Éducaciun naciounale requeneussant pa jhusqu’aneut qu’o séjhe apris a l’école, sauve a l’Universitai en opciun ou en dipllome universitaere. Entermi çheù que la Réjhiun fét per lés parlanjhes réjhiounaus, a péye ine part de l’Oufice publlic dau parlanjhe basque é de l’Oufice publlic dau parlanjhe oucitan, çhi sant daus vraes moeyéns pr métre en pllace la poulitique réjhiounale per lés parlanjhes. Avéc çhés oufices publlics, la Réjhiun éta minme d’ouficialisae deus cunvenciuns per que den chaque académie lés parlanjhes réjhiounaus séjhant apris. De minme, per l’oucitan, qu’ét den lés académies de Poetae é Lémojhe étou, l’académie de Bourdea ét a minme d’ouvri 30 autres écoles publliques bilingues de 2017 a 2022 (yine a cha département a cha z-annaie). Le poetevinsintunjhaes pet aguerouae li-tou lés écoliés dés la matérnale : a la cuncourerie Émajhes é tésces en poetevin-sintunjhaes, l’école matérnale Alphonse-Daudet seyit primaie çhéte annaie, a Poetae, den le quartié populaere daus Couroneries.

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OCTOBRE

ÉCONOMIE PAU (64)

Les rencontres du e-tourisme 17 ET 18 OCTOBRE

rencontres-etourisme.fr/

NIORT (79)

AGRICULTURE AGROALIMENTAIRE BORDEAUX (33)

États généraux de l’alimentation LE 20 OCTOBRE

nouvelle-aquitaine.fr/concertations

Forum national de l’ESS et de l’innovation sociale

BORDEAUX (33)

forum-ess.fr/

nouvelle-aquitaine.fr

19 ET 20 OCTOBRE

CULTURE NIORT (79) En vie urbaine

DU 10 AU 21 OCTOBRE

Forum agriculture et innovation LE 7 NOVEMBRE

POITIERS (86) La ferme s’invite

DU 10 AU 12 NOVEMBRE

lafermesinvite.vienne.chambagri.fr/

envieurbaine.com

ACTUALITÉ/DÉBATS

MÉNIGOUTE (79)

BORDEAUX (33)

33e Festival de Ménigoute

DU 27 OCTOBRE AU 1ER NOVEMBRE

menigoute-festival.org/

Les Tribunes de la presse

DU 30 NOVEMBRE AU 2 DÉCEMBRE

tribunesdelapresse.org/

NOVEMBRE

GASTRONOMIE BORDEAUX (33) Bordeaux So Good

DU 17 AU 19 NOVEMBRE

bordeauxsogood.fr/

ANGOULÊME (16) Gastronomades

DU 24 AU 26 NOVEMBRE

gastronomades.fr

CULTURE MARENNES (17) Festival des cultures francophones

DU 8 AU 12 NOVEMBRE

festival-cultures-francophones.fr

ARTISANAT ET MÉTIERS D’ART PARIS (75)

Pop’up Paris – Maison de la Nouvelle-Aquitaine JUSQU’AU 10 NOVEMBRE

nouvelle-aquitaine.fr/agenda-region

BRIVE (19) Foire du livre

Du 10 AU 12 NOVEMBRE

foiredulivre.net/

BORDEAUX (33) Salon ob’art

DU 24 AU 26 NOVEMBRE

salon-obart.com/

ÉCONOMIE LIMOGES (87) Week-end de Dave

DU 3 AU 5 NOVEMBRE

facebook.com/garage2067/

COGNAC (16)

LIMOGES (87)

Littératures européennes de Cognac

Journées «Smart home, smart building, smart city»

litteratures-europeennes.com

les-rdv-alpharlh.com/

DU 16 AU 19 NOVEMBRE

DU 22 AU 23 NOVEMBRE

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

PRODUIT RÉGIONAL

AIGLE TOUJOURS

DEUX ANS POUR APPRENDRE LE MÉTIER

P

À LA POINTE DE LA BOTTE

1,8 MILLION

Le site de production d’Aigle a fêté ses 50 ans à Ingrandessur-Vienne. Fondée par un Américain, la marque est installée depuis 1967 dans un ancien camp militaire.

de bottes fabriquées par an à Ingrandes

2 KG

de caoutchouc nécessaires pour une paire de bottes

SAVOIR-FAIRE

P

CHARLES GOODYEAR, L’INVENTEUR MAUDIT

Né en 1800, Charles Goodyear est un quincailler de Philadelphie ruiné par la crise de 1828 lorsqu’il s’intéresse au caoutchouc. La matière est instable et Charles Goodyear va d’échec en échec : il est plusieurs fois emprisonné pour dettes et six de ses douze enfants meurent de malnutrition. Même lorsqu’il met au point la vulcanisation, il n’arrive pas à tirer profit du procédé. L’Anglais Thomas Hancock dépose le brevet avant lui ! Charles Goodyear finira sa vie en procès, et meurt, en 1860, totalement ruiné.

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AIGLE EN CINQ DATES

étapes de fabrication

100 EUROS

30 MAI 1853 Création de la compagnie du caoutchouc souple par Hiram Hutchinson.

1967 Ouverture du site d’Ingrandessur-Vienne.

prix d’entrée d’une paire de bottes Aigle fabriquée en France. 280 euros pour la Parcours Excellence, botte de chasse doublée en cuir

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LA RÉGATE

La botte marine aux bandes blanches

1977

LA LOLLY POP

La botte enfant colorée

2003 Le groupe suisse Maus rachète Aigle.

C

1996

LA PARCOURS

Elle truste 86 % de parts de marché dans le secteur chasse

2009

LA MISS JULIETTE

La première botte avec un talon

O. PANIER DES TOUCHES

LA BISON

La botte courte de travail multifonction

1972

1994 La marque Aigle est vendue à un fond d’investissement, Apax Partners.

’est ce savoir-faire français qui a donné un nouveau souffle à la marque. Sauvée de la faillite en 1989, Aigle arrive en 1993 au Japon avec un positionnement « lifestyle » et une botte de mode qui séduit immédiatement. 46 % des ventes de la marque (bottes et vêtements) se font désormais en Asie. Le marché de la botte faite à la main reste toujours bien implanté dans le monde agricole (qui représente 45 % de la production du site) et la chasse. Mais en France, la mode a redynamisé une marque madeleine de Proust : qui ne connaît pas la Régate, la fameuse botte marine avec ses deux bandes blanches, ou la Lolly Pop, la petite botte pour enfant ? En 2009, en pleine marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika, l’ Aigle a même été sollicitée par l’ex-Région Poitou-Charentes pour une commande à expédier en catastrophe sur la côte. Face à l’évolution de ses clients, l’entreprise a rénové ses méthodes de production. Un subtil exercice qui doit « mettre l’industrie au service de l’artisanat », explique Jacques Pellissier. L’actuel directeur du site compare Aigle à un maroquinier haut de gamme. Le PDG du groupe, Romain Guinier, vient de Louis Vuitton et Jacques Pellissier est lui-même un ancien des cosmétiques Christian Dior. Le point commun avec les bottes ? Une inimitable excellence à la française.

DES BOTTES ICONIQUES 1968

1974 Le groupe Hutchinson devient une filiale de Total.

UNE BOTTE MADELEINE DE PROUST

O. PANIER DES TOUCHES

aris, 1853. L’histoire d’Aigle commence avec la rencontre de deux Américains : un inventeur obstiné et un ingénieur au sens aigü des affaires. Le premier, Charles Goodyear, s’est pris de passion pour le caoutchouc, cette matière issue du latex de certaines plantes, dont l’hévéa. Le caoutchouc a eu son succès mais l’engouement est vite retombé : au soleil, il fond et le froid le rend dur comme de la pierre. Charles Goodyear n’en démord pas. Au bout d’une vie misérable de travail, il parvient à stabiliser la matière : en chauffant un mélange de caoutchouc et de soufre dans une atmosphère sous pression. La vulcanisation est née. Le procédé fera la fortune d’Hiram Hutchinson, notre second Américain. L’ingénieur rachète le brevet à Charles Goodyear avec une idée en tête : produire des bottes en caoutchouc qui chausseront le monde rural français. Hiram Hutchinson fonde la Compagnie européenne du caoutchouc souple. Elle diversifie ses activités dans l’automobile, l’industrie et les biens de consommation. Et il nomme sa marque de botte « À l’Aigle », en hommage à l’aigle américain.

D. R.

lus de 160 ans après cette rencontre, Aigle est un fleuron du « made in France » qui concilie geste artisanal et innovation. La marque appartient depuis 1994 au groupe suisse Maus, propriétaire de Lacoste et de Gant. Elle a obtenu le label Origine France Garantie en 2016, qui certifie une production française. Et en Nouvelle-Aquitaine, son site de production a fêté ses 50 ans en juillet dernier, à Ingrandes-sur-Vienne, au nord de Châtellerault. Aigle a déménagé en 1967 dans une des dernières bases militaires américaines désertées. Saint-Ustre est depuis une zone d’activité, où se fabriquent 3 500 à 4 000 paires de bottes chaque jour. Le site d’Ingrandes compte 450 salariés. Et parmi les 220 employés à l’atelier, deux tiers sont des femmes, appliquées à des tâches minutieuses de préparation ou d’assemblage des bottes à la main. Du premier travail du caoutchouc jusqu’à la vulcanisation, 60 étapes de fabrication sont nécessaires pour monter une botte. Les gestes sont sûrs, parfaitement exécutés et répétés. Selon les postes, il faut jusqu’à deux ans de formation pour apprendre un métier qui n’existe que chez Aigle.

À NOTER Aigle organise des visites de son atelier. Plus d’information au 05 49 02 38 00. Le magasin d’usine basé à Ingrandessur-Vienne vous accueille du lundi au samedi de 9 heures à 19 heures.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

MODE D’EMPLOI

DANS CHAQUE NUMÉRO DE VOTRE JOURNAL RÉGIONAL, RETROUVEZ UNE BANDE DESSINÉE QUI VOUS PRÉSENTE LES COMPÉTENCES, LES ACTIONS, LE FONCTIONNEMENT DE LA RÉGION. POUR CE NUMÉRO, RETOUR SUR LES AIDES À LA JEUNESSE.

DISPOSITIFS • Premier équipement

des apprentis • Allocation achat d’équipement • Achat des manuels scolaires « chéquier livre » • Cours de langue • Supports éducatifs numériques • CFA, lycées, internats

DISPOSITIFS

• Aide aux brevets : BAFA/BAFD/BNSSA • Gestion des équipements sportifs • Aide à la mobilité des aprentis • Emploi/CFA

DISPOSITIFS • Soutien scolaire

• Aménagements des établissements scolaires pour les personnes handicapées • Culture, librairies indépendantes

DISPOSITIFS • Aide au passage du permis de conduire • Foyers lycéens

DISPOSITIFS • Internats

• Logements lycéens • Accessibilité des équipements • Développement des salles classées Arts et Essai • Aménagement des salles de cinéma • Cinémas indépendants • Fonds de soutien au cinéma et à l’audiovisuel (création, production)

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

PAROLE AUX ÉLUS À CHAQUE PARUTION DE VOTRE JOURNAL, VOS ÉLUS REVIENNENT SUR UN SUJET DONNÉ, EN DISPOSANT POUR CE FAIRE D’UNE LONGUEUR DE TEXTE PROPORTIONNELLE À LEUR NOMBRE DE SIÈGES À L’ASSEMBLÉE

NOTRE ENGAGEMENT : LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DES TERRITOIRES ET DE L’EMPLOI STÉPHANE DELPEYRAT-VINCENT PARTI SOCIALISTE ET APPARENTÉS

Conseiller régional délégué à la communication Président du groupe PS et apparentés Tél.: 05 57 57 83 63- groupe@ps.laregion-alpc.fr

P

uissant levier de l’innovation, le numérique est au cœur des préoccupations de la Région Nouvelle-Aquitaine. Vecteur d’accompagnement de grands changements sociétaux accomplis et qui restent à venir, il facilite le déploiement de nouveaux services tels que la santé, le transport, la formation, la culture, etc. Fil conducteur d’un développement économique dynamique, il allie compétitivité et proximité pour être constamment à l’écoute de vos besoins quotidiens. Notre politique doit permettre le développement d’un numérique durable, respectueux de l’activité humaine et équilibrée. La Région déploie ainsi ses efforts sur l’ensemble de ses territoires et des secteurs d’activité. Dans cette démarche, les pépites s’organisent aussi bien chez Aliptic à Limoges que chez Digital Aquitaine à Bordeaux, sans oublier la Société des professionnels du numérique à Poitiers et à Angoulême, véritable éco-système régional de la filière image (jeux, vidéo, Magélis, FIBD…). La Région se mobilise, par ailleurs, fortement sur le déploiement du très haut débit (THD) afin de compenser le déséquilibre injuste entre les territoires urbains et ruraux lié aux inégalités d’accès. Motivés par le calcul de rentabilité, les opérateurs déploient exclusivement leurs infrastructures sur les zones les plus denses, qui représentent moins de 40% de la population. La Nouvelle-Aquitaine s’engage à compenser ce retard et mobilise ses partenaires (départements, communautés de communes, fonds de l’État et de l’Europe) afin d’accompagner le développement d’un réseau public de fibre optique en mutualisant la gestion, l’exploitation et la commercialisation de ces réseaux. C’est un investissement public considérable de près de 1,5 milliard d’euros et un chantier créateur de plusieurs milliers d’emplois. Le développement du numérique ne se limite pas au seul déploiement technologique ; il favorise une nouvelle organisation du travail dans laquelle la créativité et l’innovation sont les maîtres mots d’une collaboration facilitée entre domaines d’activités et/ou savoir-faire divers et complémentaires. Depuis 2012, les trois anciennes Régions encouragent et investissent les initiatives d’ouverture des tiers-lieux. À la mi-2017, on comptait 186 espaces ouverts, l’objectif est de porter le nombre à 300 espaces en 2020. Selon la fragilité des territoires, l’aide est modulée de 30 % à 50 % des dépenses sur deux ans. Mais la dynamique de la filière repose aussi sur ses ressources humaines : les talents au sein des entreprises. Pour favoriser le développement économique, nous devons renforcer la présence des compétences sur les territoires comme celles des développeurs. La Région agit pour la formation des demandeurs d’emploi au titre de son implication dans le domaine de la formation professionnelle et fédère notamment ses différentes actions dans une école régionale du numérique. Nous sommes également très engagés auprès des start-up de nos territoires. À l’image du dispositif « Usine du futur », nous débloquons des aides à l’amorçage, au prototypage, ou encore à l’export pour les entreprises régionales. Il nous faut accélérer la croissance de nos pépites pour en faire les PME et les ETI de demain. Pour ce faire, la Nouvelle-Aquitaine construit des outils à chaque étape de leur vie, l’ensemble des dispositifs étant partie intégrante de la feuille de route régionale.

RETROUVEZ VOS GROUPES POLITIQUES SUR :

nouvelle-aquitaine.fr/institution/conseil-regional/groupes-politiques.html

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LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DES NÉO-AQUITAINS JACQUE COLOMBIER FRONT NATIONAL Président du groupe Front national

TTél.: 0557577386- groupe@fn.laregion-alpc.fr

L

a fusion des régions imposée par le gouvernement socialiste en 2015 nous confronte à un nouveau défi : celui du développement numérique, partout sur le territoire régional ! Force est de constater que les inégalités en la matière sont nombreuses : déploiement d’un réseau très haut débit, soutiens des projets innovants dans le domaine du numérique, accompagnement vers l’usine du futur, trop de départements sont encore aujourd’hui délaissés, souvent dans nos campagnes. Car la désertification progressive des zones rurales s’explique aussi par l’inaction politique en matière de numérique, et la ruralité se meurt faute de pouvoir répondre rapidement aux attentes légitimes des particuliers et des industriels dans ce domaine. Aussi, le rôle de la Région est essentiel : faire disparaître ces inégalités entre les territoires, via le développement d’un réseau très haut débit fiable, doit être la priorité absolue ; tout comme la création de nouveaux centres de travail partagé. Cela redonnera progressivement vie à la ruralité. Dans le même temps, nous devons concentrer nos efforts sur l’accompagnement des entreprises dans leurs transitions numériques ; les progrès scientifiques dans ce domaine ont eu un impact considérable sur les méthodes de travail au cours de ces trente dernières années, parfois au détriment de petites structures qui n’ont pas su ou qui n’ont pas pu s’adapter à ces changements. Il est du rôle de la Région, acteur majeur du développement économique, d’être un moteur pour ces industriels. Cela est aussi vrai pour nos agriculteurs, confrontés à un dilemme perpétuel entre nécessité de progression numérique à des coûts élevés d’une part, et simplification de leurs conditions de travail et gain en productivité d’autre part. Mais cette nouvelle révolution industrielle – qui passe par le développement de la robotisation – ne doit pas se faire au détriment des salariés, et la Région comme l’État doivent veiller, par une législation stricte en la matière, à protéger avant tout les emplois des Néo-Aquitains et plus généralement des Français. C’est ce à quoi veillent vos élus du Front national, pour que le numérique reste une aide précieuse à l’Homme, et non un facteur supplémentaire de chômage, d’inégalités et de concurrence déloyale.

LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT DES TERRITOIRES JOAN TARIS

MOUVEMENT DÉMOCRATE ET APPARENTÉS Président du groupe Mouvement démocrate Tél.: 05 57 57 80 83 - groupe@modema.laregion-alpc.fr

L

a Région Nouvelle-Aquitaine porte une responsabilité majeure et transversale en matière de numérique. L’aménagement numérique est un facteur essentiel du développement territorial, et nous pouvons dire que la Région fait sa part dans sa politique d’investissement sur les réseaux de fibre optique, malgré des années de retard pris par l’État pour assurer la couverture de l’ensemble du territoire français. Nous saluons également l’attention portée à la dimension « nouveaux usages » liés au numérique et à des initiatives volontaristes telles que le soutien apporté par la Région au développement des tiers-lieux, nouveaux modes de travail catalyseurs de collaboration et d’innovation entre les acteurs économiques d’un territoire. Pensons toutefois à tout ce que les investissements dans le numérique ne remplacent pas, c’est-à-dire les emplois de service à la personne dans le secteur de la santé, les écoles, les associations, toutes ces structures, humainement garantes de cohésion sociale, dont la plus-value d’activité mériterait d’être évaluée en termes de coûts évités pour la collectivité.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

ZONES BLANCHES DU HAUT DÉBIT OU DU TRÈS HAUT DÉBIT : TROP DE RETARD, TROP DE FREIN À L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE IL EST URGENT D’ACCÉLÉRER

AGRICULTURE BIO : UN PACTE UNIQUE EN FRANCE

VIRGINIE CALMELS

JÉRÔME ORVAIN

Présidente du groupe Les Républicains/CPNT Tél.: 05 57 57 83 61 - groupe@lrcpnt.laregion-alpc.fr

Délégué à l’agroécologie et à l’agriculture biologique Tél. 05 57 57 80 95 - groupe@eelv.laregion-alpc.fr

E

n avril 2016, face au retard manifeste de l’aménagement numérique en Nouvelle-Aquitaine par rapport aux autres régions, l’exécutif a proposé un plan étendu aux douze départements. Plus de 90 % du territoire régional, hormis les grands centres urbains, et 60 % de la population concentrée en zones rurales sont même hors d’atteinte du haut débit, ce qui pénalise lourdement, outre les particuliers, les entreprises et l’activité, et nuit à l’attractivité locale. Mais, le financement régional proposé de 229 millions d’euros sur cinq ans, soit 46 millions d’euros chaque année, largement sous-budgétisé par rapport aux besoins estimés, semble difficilement mobilisable compte tenu de la baisse des dotations de l’État de 40 millions d’euros par an. Est-ce possible ou pas ? Nous jugerons sur les actes : pour 2016, les crédits régionaux se sont limités à 14 millions d’euros et pour 2017 à 21 millions d’euros : il va falloir très vite accélérer et établir des priorités d’aménagement, nous sommes loin des attentes, la fracture se creuse entre nos départements à deux débits et à deux vitesses. Considérant la complexité des procédures locales, les moyens élevés à mobiliser avec l’État et les départements, l’Europe, et surtout l’urgence des travaux, nous demandons : Une juste répartition des investissements entre les départements pour éviter les inégalités et les disparités territoriales. La priorisation du déploiement de la fibre optique vers les zones industrielles, commerciales, artisanales, les lycées, les établissements de santé, les particuliers. L’accélération de la mise en place des tiers-lieux en milieu urbain comme rural. L’extension de la Société publique locale Nouvelle-Aquitaine à tous les départements pour mutualiser les réseaux publics et faire baisser les coûts d’exploitation.

• • • •

NOUVELLE POLITIQUE AÉROPORTUAIRE RÉGIONALE : ATTENTION AU DÉCOLLAGE! JEAN DIONIS DU SEJOUR

UNION DES DÉMOCRATES ET DES INDÉPENDANTS Président du groupe de l’Union des démocrates et indépendants Tél.: 0557578238 - groupe@udi.laregion-alpc.fr

L

ors de la séance plénière du 23 octobre, le Conseil régional adoptera sa nouvelle stratégie aéroportuaire. Le groupe UDI sera alors particulièrement vigilant à ce que la Région remplisse pleinement son rôle en matière d’aménagement et d’égalité des territoires. Les incertitudes pesant sur les projets de LGV vers le Sud-Ouest (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne) doivent nous amener à reconsidérer notre stratégie d’aménagement du territoire. Dans une France à deux vitesses, marquée par la fracture territoriale, il est plus que jamais nécessaire de rééquilibrer l’effort de la collectivité régionale vers la NouvelleAquitaine « de l’intérieur ». Notre nouvelle Région doit certes s’appuyer sur les atouts que constituent la métropole bordelaise et sa façade littorale, mais c’est vers l’intérieur des terres que doit se porter prioritairement l’effort d’aménagement du territoire néo-aquitain. Le groupe UDI proposera en ce sens des amendements substantiels à la proposition de politique aéroportuaire présentée par la majorité en séance plénière. Le risque, si rien n’est entrepris en ce sens dès aujourd’hui, est de se réveiller dans quelques années avec Bordeaux d’un côté, et le désert aquitain de l’autre.

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ÉCOLOGISTE ET CITOYEN-EELV

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n ne peut que se féliciter de l’engouement pour l’agriculture bio. Le dynamisme de la filière a des effets bénéfiques directs pour chaque citoyen : santé et environnement préservés, création d’emplois non délocalisables, meilleure valorisation, proximité des produits et revenus améliorés pour les agriculteurs. Pourtant, les annonces faites par l’État cet été, redonnant la priorité à l’agriculture conventionnelle, fragilisent aujourd’hui les producteurs bio dans toutes les régions. Mais, parce qu’en Nouvelle-Aquitaine le groupe écologiste a œuvré pour que votre collectivité accompagne, sur la durée de la mandature, le dynamisme de l’agriculture biologique, nous sommes aujourd’hui en mesure de garantir dans nos territoires le soutien aux agriculteurs en bio. La Région vient en effet d’adopter un pacte d’ambition régionale pour l’agriculture biologique. Unique en France, il vise en Nouvelle-Aquitaine à multiplier par deux la surface cultivée en bio et à développer l’ensemble de la filière, de la production, en passant par la transformation, jusqu’à la promotion. Nous souhaitons maintenant que ces efforts au niveau local servent de fil conducteur pour la nouvelle politique agricole commune afin que les produits issus de l’agriculture bio soient accessibles à chacun d’entre nous.

GASPILLAGE ALIMENTAIRE ET BIO : UNE RÉGION MOBILISÉE POUR L’EXCELLENCE ALIMENTAIRE SORAYA AMMOUCHE-MILHIET, BENOÎT BITEAU, RÉGINE MARCHAND, FRANCIS WILSIUS PARTI RADICAL DE GAUCHE

Élu(e)s du groupe PRG Tél.: 05 57 57 74 03 - groupe@prg.laregion-alpc.fr

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ous ne traiterons pas ici du numérique dont chacun reconnaît l’importance. Une nouvelle année scolaire a débuté qui permettra le déploiement d’un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire dans nos lycées. L’objectif de l’exécutif est d’arriver en fin de mandat à une baisse de la production de déchets de 30 %. Toutefois, la lutte contre le gaspillage alimentaire passe aussi par l’apprentissage du goût, la promotion de produits de qualité et du bio, l’approvisionnement en circuits courts, la citoyenneté, et l’éducation. Alors que l’agriculture biologique n’a pas reçu le coup de pouce espéré par le Gouvernement, l’État et la Région Nouvelle-Aquitaine ont cependant conclu un Pacte d’ambition régionale pour l’agriculture biologique. Ce pacte 2017-2020 réaffirme le souhait d’encourager la dynamique de ce mode de production. Ce dispositif, unique en France, traduit un engagement fort pour que la Nouvelle-Aquitaine reste parmi les leaders en matière d’agriculture bio. Réhabilitons le temps long et prenons conscience que la lutte contre le gaspillage alimentaire n’est pas punitive à l’égard des lycéens, mais une action globale et éducative à destination de jeunes lycéens qui seront les citoyens de demain. PHOTOS: TWIN HERVÉ LEFEBVRE

LES RÉPUBLICAINS

26/09/2017 15:53


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°1 AUTOMNE 2017

LE PORTRAIT DR FRANÇOIS BERTIN Chirurgien thoracique et cardio-vasculaire au CHU de Limoges, il a réalisé une première mondiale en 2015 en imaginant et en implantant le premier sternum humain en céramique.

Baroudeur de la chirurgie thoracique

se nouent les trois rencontres qui ont forgé son parcours. La première remonte aux années 1980. Quand l’Africain débarque à Limoges pour l’internat, c’est avec un regard presque exotique : « Je n’avais pas d’a priori, car je connaissais très mal la France, et je ne savais pas quelle spécialité choisir. » François Bertin s’est donc laissé choisir par les événements qui ont mis sur sa route un mentor. Le professeur Deslauriers en fait son disciple, le désignant pour l’accompagner à l’université de Laval, au Québec, où il contribua, « modestement » tient-il à préciser, aux travaux du père de la chirurgie thoracique nord-américaine. « Le concept de la santé payante m’est étranger » Certes, ça n’a pas le panache de la chirurgie cardiaque, mais cela lui correspond bien : un travail de précision, exigeant, une niche discrète où tout restait à faire. De retour à Limoges, François Bertin rencontre un second père, le professeur Laskar, chef du pôle de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire du CHU, avec lequel il partage la même vision holistique de la médecine, où corps et esprit forment un tout cohérent, dynamique et indissociable. Sur ses encouragements, il tente une incursion d’un an dans le privé, « pour vérifier que décidément ça n’était pas fait pour moi. Que voulez-vous, je suis un vieux con de gauche, le concept de la santé payante m’est étranger », ironise-t-il. Toujours à contrecourant de la doxa, il n’a plus jamais quitté l’hôpital public où, en avril 2015, il exécute une première mondiale : l’implantation du tout premier sternum humain en céramique. Là encore, une rencontre. « J’étais médecin du sport bénévole, et je suis arrivé en retard à un match à cause d’une opération du sternum compliquée. Et c’est là que l’une des joueuses m’a parlé d’I-ceram, une JUIN 1961 entreprise de pointe Naissance à spécialisée dans les Saint-Mandé, France prothèses céramiques JUIN 1979 orthopédique ! » Bac D au lycée français C’est ainsi qu’il fut d’Alger invité au comité SEPTEMBRE 1986 scientifique par le Internat au CHU de Limoges PDG, André Kérisit. 1992-1993 Ils ont en commun Recherches à l’université de Laval, au Québec, un tempérament sous la houlette de pionnier et une Jean Deslauriers, père pensée qui privilégie de la chirurgie thoracique les synergies plutôt nord-américaine que la hiérarchie : le 2000 duo fonctionne. Nomination comme praticien hospitalier Une dizaine à Limoges d’implantations plus AVRIL 2015 tard, l’ensemble des Première mondiale, patients traités retire implantation d’un sternum le plus grand bénéfice humain en céramique de la technique qu’il a contribué à mettre au point : zéro infection, grâce au matériau céramique ostéo-conductible et chargé en antibiotiques, une mobilité du thorax quasiment intacte et une capacité respiratoire préservée à 80 %. D’une modestie sincère, François Bertin en décline les lauriers. « Aucun chirurgien n’est seul au bloc. » Et s’il a accepté de se laisser portraiturer, c’est pour avoir l’opportunité de rendre hommage « à l’ensemble du service, au CHU, à I-Ceram et aux patients qui nous ont fait confiance. Sans eux rien n’aurait été possible. »

O. PANIER DES TOUCHES

DATES CLÉS

D

epuis trente ans, il arpente les allées du CHU de Limoges. Bras croisés dans le dos et tête baissée : c’est en marchant qu’il gamberge. À 56 ans, en blue jean et tee-shirt à fleurs hawaïennes, sa silhouette presque adolescente dénote dans l’univers feutré de l’hôpital. François Bertin est moins homme de salon que de terrain. Il confesse d’un trait : « Je ne suis pas du sérail, c’est mon côté aventurier et bricoleur qui m’a conduit à la médecine. » De mots économe et d’esprit fulgurant, il a un profil atypique dont il ne fait pas étalage. Il faut accepter le voyage pour en percevoir les failles et les reliefs. Né d’une mère comptable et d’un père soudeur sur pipeline en 1961, il a grandi en Afrique. Mais rien de sa peau blanche ou de ses yeux clairs ne trahit sa conviction intime : « Je suis Africain. » Du Bénin au Gabon, en passant par le Nigeria et l’Algérie, il connaît chaque recoin de ce continent où il revient tous les ans. Il en a gardé un goût pour l’ailleurs, multipliant les missions internationales, en Orient notamment. Mais c’est bien au cœur de cette Afrique majestueuse et chaotique qu’est née son ambition.

JE NE SUIS PAS DU SÉRAIL, C’EST MON CÔTÉ AVENTURIER ET BRICOLEUR QUI M’A CONDUIT À LA MÉDECINE. »

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Dans sa prime jeunesse, François Bertin y a découvert la valeur des « heureux accidents ». « Je suis tombé très malade, j’ai vu l’angoisse de mes parents et leur soulagement quand j’ai été pris en charge par les médecins militaires. » Et voilà comment, par un drôle de hasard, le bambin atteint de rhumatismes articulaires aigus contractés à la suite d’une infection à streptocoque, qui aurait pu entraîner des complications cardiaques, est devenu chirurgien, dédiant ses mains, précieux outils indemnes de rhumatisme, à soigner la poitrine des autres. L’Africain débarque à Limoges pour l’internat Sa vocation chevillée au corps, il n’a pas dévié de son objectif même si : « ma famille, d’origine modeste, me percevait comme un original », explique-t-il. Se décrivant plus volontiers besogneux que brillant, l’élève Bertin a traversé ses études « sans plan de carrière ». Il précise : « Je me suis inscrit en médecine, puis j’ai réussi l’internat, puis le clinicat, et ainsi de suite, mais je n’ai jamais pensé être chirurgien avant que cela ne m’arrive. » François Bertin est un affectif, il marche au coup de cœur. Il règle d’instinct sa propre pulsation sur celle des gens qui savent le saisir dans sa sincérité et ses convictions. C’est à cet endroit que

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Journal Nouvelle-Aquitaine automne 2017  

Journal d'information de la Région Nouvelle-Aquitaine. Retrouvez les projets soutenus par le Conseil régional près de chez vous, les politiq...

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