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NOUVELLE-AQUITAINE Journal d’information de votre Région nouvelle-aquitaine.fr 

Hiver 2017

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2017

AGRICULTURE P. 9

L’INNOVATION CREUSE SON SILLON P. 3 À LA UNE LES USINES SE RÉINVENTENT EN NOUVELLEAQUITAINE

P. 6 APPRENTISSAGE Mode d’emploi

P. 14 LGV

La Région accélère

P. 21 CULTURE

Les dessins cachés de Lascaux


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

L’ÉDITO D’ALAIN ROUSSET Page 2 ÉDITO du président de Région Alain Rousset Page 3 À LA UNE Industrie. Les usines se réinventent en Nouvelle-Aquitaine Page 4 ÉCONOMIE-EMPLOI Développement international. Be Tomorrow au CES de Las Vegas Stratégie. Les grandes priorités économiques régionales Page 5 ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR & RECHERCHE Sciences Po Bordeaux. Grandir et mieux s’ouvrir au monde IHU Liryc. Un institut de recherche en cardiologie unique en Europe Pass’ en sup. Pour une orientation choisie Pages 6-7 APPRENTISSAGE Insertion professionnelle. La formation par apprentissage, mode d’emploi Olympiades. Supportez la Nouvelle-Aquitaine des métiers Page 8 JEUNESSE Gaspillage alimentaire. La Région met les pieds dans le plat Nouveau Festival. La jeunesse a un incroyable talent !

PAGE 9 DOSSIER AGRICULTURE L’INNOVATION : UNE SOLUTION INCONTOURNABLE POUR ACCÉLÉRER LA TROISIÈME RÉVOLUTION AGRICOLE. Pages 14-15 TRANSPORTS LGV. La Nouvelle-Aquitaine accélère Transports interurbains. La Région, futur pilote Hôtel de Région, direction de la communication, 14, rue François-de-Sourdis 33000 Bordeaux Tél. : 05 57 57 80 00 ISSN : 2496-1213 Directeur de la publication : Alain Rousset. Codirecteur de la publication : Stéphane Delpeyrat-Vincent Directrice de la communication : Aurélie Loubes. Rédaction en chef : Brice Ancelin. Responsable d’édition : Sébastien Blanquet-Rivière.

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En 2017, la « Nouvelle-Aquitaine » accélère

des cars scolaires RN 141. AngoulêmeLimoges : un axe stratégique plus sûr et plus rapide Ter. Deux nouvelles haltes pour desservir La Rochelle Tarifs Ter et cars. Profitez de nouveaux avantages ! Intermodalité. Contourner Bordeaux en train Pages 16-17 INNOVATION SOCIALE Vivre ensemble. La Nouvelle-Aquitaine : un laboratoire à ciel ouvert Centre socio-culturel des 3 Cités. Le pouvoir d’agir rendu aux habitants Économie de proximité. Le Cabas de Saint-Bonnet Solinum. Le numérique au service des plus fragiles Page 18 DÉVELOPPEMENT DURABLE Énergie verte. Inergys : la petite éolienne qui a le vent en poupe Changement climatique. Ocean Climax fait des petits Rénovation. L’ARTEE étend ses aides aux économies d’énergie Page 19 LANGUES RÉGIONALES Entretien avec Charline Claveau-Abbadie, conseillère régionale déléguée aux langues et cultures régionales Pages 20-21 CULTURE Grand projet. La Méca, nouvelle arche de la création Art contemporain. À Limoges, le Frac-Artothèque réinvestit le centre-ville Bande dessinée. Angoulême, enfant de la bulle Préhistoire et numérique. Les dessins cachés de Lascaux Cinéma et audiovisuel. L’exceptionnelle année du cinéma en Nouvelle-Aquitaine Patrimoine. Remise à neuf historique à La Rochelle Page 22 LA PAROLE AUX ÉLUS Et l’agenda de la région. Page 24 OLYMPIADES DES MÉTIERS Finales 2017. Rédaction : Laurence Bussy, Laure Espieu, Benoît Hermet, JMLC, Audrey Marret, Marianne Peyri, Philippe Quintard. Conception graphique et réalisation : A noir, www.agence@anoir.fr Photos de Une : Twin / Hervé Lefebvre Photographes : Laurent Billard, Guillaume Bonnaud, Jean-Pierre Bost, Alban Gilbert, Hervé Lefèbvre, Françoise Roch, Valérie Teppe. Impression : IMAYE GRAPHIC (53) Tél. : 02 43 67 86 78. Le journal NouvelleAquitaine est imprimé sur du papier FSC recyclé.

ALBAN GILBERT 

SOMMAIRE HIVER 2017

Inauguration de Sciences Po Bordeaux le 9 décembre dernier, en présence de Bernard Cazeneuve, Premier ministre, et Matthias Fekl, conseiller régional et secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger.

L’

An 1 de notre nouvelle Région a été particulièrement riche. Nouveau nom, nouveau logo, nouvelle organisation, puissance et ambitions renforcées : la NouvelleAquitaine célèbre son premier anniversaire en affichant son dynamisme et son attractivité. Sur chacun des grands piliers de l’action régionale – jeunesse, économie et emploi, aménagement du territoire, transition énergétique – la Nouvelle-Aquitaine est dans l’action depuis le premier jour, au service de tous les territoires et de nos presque 6 millions d’habitants. Je veux ici remercier tous les agents de notre collectivité, à Poitiers, Limoges et Bordeaux, dans nos lycées et CFA, qui se sont mobilisés pour cette nouvelle aventure. « Faire région ensemble », grâce à vous, n’est plus un slogan mais une réalité.

Lier notre histoire et notre géographie à l’avenir

Une réalité qui se matérialise désormais par un blason et un logo1 : une marque qui ressemble à notre histoire et à notre géographie. Le blason s’ancre ainsi dans l’histoire de la Grande Aquitaine : celle d’Aliénor, de Richard Cœur de Lion, qui remontait de la Loire à l’Auvergne. C’est le lion léopardé sur fond blanc. C’est aussi le pays des eaux mêlées : toutes nos rivières, nos fleuves, nos cours d’eau qui traversent la Région pour rejoindre l’océan, et matérialisés ici par ces liaisons bleues. Le logo, c’est quelque chose de plus moderne. Lorsque l’on regarde la carte de notre région, on y voit un visage, celui du lion avec cette crinière qui représente nos cours d’eau. Nous pouvons créer ensemble cette fierté et cette force bienveillante, relever ce beau défi de montrer que l’on peut lier notre histoire et notre géographie à l’avenir.

Notre Région, figure de proue du renouveau industriel

Ce premier anniversaire est notamment marqué par la montée en puissance du programme Usine du futur. L’objectif est de faire de notre région un leader du renouveau industriel français à l’heure du numérique. Initié en 2014 en Aquitaine, le programme regroupe 290 entreprises (PME et ETI) en Nouvelle-Aquitaine. Elles emploient 34 000 salariés et réalisent plus de 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le cœur du dispositif, c’est la place de l’homme et de la femme dans l’entreprise. La compétitivité passe d’abord par la place de l’humain dans l’art de produire. Ce programme accompagne les entreprises vers un nouveau modèle d’usine plus compétitif, plus humain (formation, management), et plus respectueux de l’environnement. Objectif : 600 entreprises accompagnées à l’horizon 2020. Grâce à ce dispositif,

nous rassemblons les entreprises régionales, les ETI et les PME, autour d’un projet commun : réindustrialiser les territoires, redonner de la compétitivité aux entreprises, remettre l’humain, les compétences et l’innovation au cœur de la productivité. Les résultats sont là : ces « usines du futur » embauchent, innovent, se développent et exportent. Et, plus important encore, elles renforcent leur implantation dans leurs territoires.

La réussite des jeunes, une priorité

Première Région engagée pour le logement des jeunes, notre Conseil régional se mobilise pour que chacun puisse prendre en main son parcours de formation dans les meilleures conditions. C’est dans cet esprit que la plate-forme d’aide à la réussite des jeunes s’est élargie dès 2016 à l’ensemble des lycéens de la Nouvelle-Aquitaine. L’aide à l’orientation, à la mobilité et, bien sûr, la construction et la rénovation des lycées et CFA participent à ce pack de réussite que nous proposons à nos lycéens. Nous soutenons également l’apprentissage qui est une voie reconnue, tant en termes de compétences acquises que d’insertion professionnelle (70 à 80 % d’insertion professionnelle toutes filières confondues). Aussi, nous misons sur son développement avec un objectif de 50 % d’apprentis en plus d’ici à cinq ans.

Ouvrir l’accès de Sciences Po à tous les milieux

C’est avec cette volonté forte de voir tous nos jeunes mener des parcours de réussite que la Région a investi 25 millions d’euros dans le chantier de rénovation de Sciences Po Bordeaux, pour doubler sa surface et augmenter sa capacité d'accueil. Cette école qui prépare les responsables des collectivités, du journalisme, des entreprises de demain doit être ouverte à tous les milieux socio-culturels. C’est pourquoi la Région a initié le dispositif « Je le peux parce que le veux », qui aide les lycéens éloignés du cercle habituel de recrutement à se présenter au concours d’entrée.

L’agriculture du xxie siècle

Première région agricole d’Europe, la NouvelleAquitaine défend et conforte son leadership en soutenant ses exploitations et entreprises de transformation. Pour conserver cette position, nous devons passer d’une agriculture de compensation à une agriculture de l’innovation. C’est par l’innovation, le soutien au bio et aux circuits courts, que nous inventerons l’agriculture du xxie siècle : respectueuse de l’environnement, du consommateur, et permettant aux agriculteurs de vivre de leur travail.

Territoires : l’effet LGV dès cet été

En 2017, l’attractivité de notre région va faire un bond considérable avec l’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse le 2 juillet. L’effet « LGV » aura un impact sur l’ensemble du territoire : des milliers de voyageurs de la Nouvelle-Aquitaine gagneront en rapidité de transport grâce à des connexions Ter et TGV optimisées. Avec l’ouverture en Dordogne de Lascaux 4, véritable cathédrale de l’art pariétal, la région Nouvelle-Aquitaine souffle sa première bougie avec un vent de dynamisme et d’innovation. Très belle année 2017 à toutes et à tous ! 1. Pour en savoir plus sur le logo et le blason, rendez-vous sur le site de la Région : logo-nouvelle-aquitaine.fr.


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

À LA UNE USINE DU FUTUR. Le programme Usine du futur, c’est d’abord remettre l’humain, la société au travail, en plaçant les conditions de travail au cœur du projet industriel. C’est aussi considérer l’industrie comme le squelette de notre économie.

C’est encore reconnaître que la compétitivité passe par les hommes et les femmes qui travaillent dans l’entreprise. Et cela suppose d’inventer un autre modèle. C’est tout ce que propose l’Usine du futur en Nouvelle-Aquitaine.

L’USINE DU FUTUR : COMMENT ÇA MARCHE ? étape

étape

étape

01 PRÉDIAGNOSTIC

02 ACCOMPAGNEMENT DES PLANS DE PROGRÈS

03 PROJET DE RECHERCHE COLLABORATIVE

Prédiagnostics individuels pour chaque entreprise sélectionnée. Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI).

Plan d’action prenant en compte 4 enjeux

Émergence de projets de recherche collaborative entre industriels, fournisseurs de technologie, centres techniques, laboratoires de recherche.

(technologie - organisation formation, conditions de travail, management - environnement).

Aide à la décision et étude d’impact à l’acquisition d’une solution robotisée.

Consolidation d’un panorama de la performance industrielle en région.

Accompagnement opérationnel à la formation, aide au conseil, aide au recrutement et soutien à l’investissement.

Les usines se réinventent en Nouvelle-Aquitaine Industrie

«L

’histoire débute en novembre 2012, avec la sortie du rapport Gallois », commence François Pellerin, animateur du projet Usine du futur en Nouvelle-Aquitaine. Un rapport selon lequel l’industrie française est prise en tenaille entre le haut de gamme allemand et la production chinoise. « La France présentait alors les mêmes coûts que l’Allemagne, mais pour une qualité qui ne se différenciait pas suffisamment de la Chine, explique le spécialiste. Et si le rapport Gallois prévoyait des mesures, comme la création du CICE1, il n’y avait rien sur la productivité. Moins de quinze jours après la sortie du rapport, je reçois un message d’Alain Rousset qui me dit : “Il faut absolument que l’on prépare une copie pour monter un plan indus­triel.” Nous avons travaillé ce plan et Alain Rousset est allé porter la bonne parole auprès de François Hollande et d’Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique. » À cette époque, le ministre élabore ses 33 plans de la Nouvelle France industrielle. Des plans verticaux, organisés par filière. Un 34e plan, transversal à l’ensemble des autres, sera ajouté suite à cette initiative :

l’Usine du futur. Un dispositif né un peu plus tôt en Aquitaine, comme l’explique François Pellerin : « Auparavant, j’étais directeur de Turboméca à Bordes (64) et, avec un fort soutien de la Région, nous avons réorganisé, reconstruit le site. Pour Alain Rousset, c’est le prototype de l’Usine du futur. »

Un programme d’amélioration continue

Aujourd’hui, le programme vise à casser le cercle vicieux selon lequel les PME (petites et moyennes entreprises) et les ETI (entreprises de taille intermédiaire), du fait de marges limitées, n’investissent pas et voient donc leur productivité stagner et, avec elle, leurs marges… « Nous leur proposons un processus d’amélioration continue, résume François Pellerin. Nous prenons les entreprises là où elles sont et nous les emmenons étape par étape vers l’automatisation, la robotique, puis l’usine numérique et connectée (voir notre infographie ci-dessus). » Une robotisation qui n’est pas synonyme de remplacement des salariés. « Pour nous, un robot doit permettre d’éliminer une opération qui présente un risque de sécurité pour nos salariés et améliorer la qualité de nos produits, confirme Cyril Colombet, cogérant de l’entreprise angoumoisine Ferrand SAS. En revanche,

nous comptons toujours sur les hommes et les femmes pour améliorer le système, et pas seulement des ingénieurs, mais des personnes du terrain, qui connaissent le geste professionnel. » C’est bien là tout l’esprit de l’Usine du futur : améliorer la productivité, les conditions de travail des salariés et le respect de l’environnement. La démarche demande donc de bousculer ses habitudes. Ce que confirme JeanLouis Blouin, directeur général et fondateur de l’entreprise pessacaise I2S, parmi les premières à avoir intégré le programme : « Nous avons encouragé les personnes de la recherche et développement à coopérer avec les opérateurs ; la production contribue de façon majeure au développement des produits. Nous avons commencé à libérer l’entreprise en supprimant des lignes hiérarchiques et en revisitant les postures managériales. »

L’heure des premiers bilans

Un programme qui répond en tout point aux attentes des entreprises. « Pour nous, l’accès à une expertise, à un regard extérieur est essentiel, témoigne Frédéric Mas, président de Sothys international, entreprise limousine récemment entrée dans le programme. Au niveau industriel, les choses évoluent rapidement. Dans de nombreux pays, de multi-

ples acteurs émergent, apprennent très vite et deviennent compétitifs. Il s’agit pour notre production française de conserver un coup d’avance et de rester compétitifs en production et en innovation. » Pour les entreprises entrées plus tôt dans le dispositif, les premiers bilans sont bons, très bons même. Déjà engagée dans un processus d’amélioration continue, ainsi que sur l’innovation sociale et la qualité de vie au travail, Ferrand SAS a pu pousser sa démarche. Elle mène par ailleurs une action avec le Pôle des éco-industries de Poitiers et prépare des actions collectives, notamment avec le Centre technique du cuir. Et côté salariés, « plus personne ne voudrait travailler comme avant », soutient le cogérant. « Chez I2S, nous produisions des petites séries de 100 à 500 caméras sophistiquées par an. Avec l’arrivée d’une commande de 1 000, puis de 3 000 caméras par an nous devions parvenir à réorganiser notre production en conséquence, commente Jean-Louis Blouin. L’Usine du futur nous a permis d’atteindre nos objectifs, de diviser nos délais de livraison par deux et de baisser considérablement nos stocks. » De quoi inciter les entreprises régionales à candidater lors du prochain appel à manifestation d’intérêt qui sera relancé en ce début d’année 2017. 1. Crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi.

290

entreprises engagées qui représentent

34 000 salariés

Objectif :

600

entreprises en 2020 80 % de PME et 20 % d’ETI

50 %

d’entreprises de moins de 50 salariés

23 M€ engagés

nouvelle-aquitaine.fr/ grands-projets/usine-futur.html

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

ÉCONOMIE-EMPLOI L’entreprise bordelaise Be Tomorrow fait partie de la délégation de 21 entreprises qui se sont rendues, à l’initiative de la Région, au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, le rendez-vous mondial de l’électronique grand public, du 5 au 8 janvier derniers.

Be Tomorrow au CES de Las Vegas Développement international

Un partage d’expériences gagnant-gagnant avec le Québec Dominique Lauwereins, cofondateur de l’entreprise Be Tomorrow.

ALBAN GILBERT

B

e Tomorrow, ce sont les applications mobiles Rocket Bird (7 millions de téléchargements) et Où sont les toilettes (2 millions de téléchargements), ou encore le spectacle de danse avec des drones, Flying BeBop, demi-finaliste du jeu télévisé « La France a un incroyable talent ». Créée en 2002 par Sylvie Clin et Dominique Lauwereins, Be Tomorrow, d’abord spécialisée dans les applications mobiles, s’est très vite orientée vers le sport connecté. Elle intervient sur de gros événements : jeux Olympiques, Vendée Globe, America’s cup... Grâce à des balises GPS placées sur les bateaux, il est ainsi possible de suivre une course en temps réel. Actuellement, l’entreprise, qui compte 50 salariés, est en pourparlers avec le PMU pour un projet autour des courses de chevaux. Depuis 2007, elle travaille également sur les drones. « Notre métier est de rendre ces équipements plus intelligents », souligne Dominique Lauwereins. Be Tomorrow travaille par exemple à la conception d’un drone semi-autonome pour les inspections en hauteur avec la SNCF. Une expérimentation sera également lancée d’ici peu avec le CHU de Bordeaux pour le transport par

drones d’échantillons biologiques. « Être présent sur un salon comme le CES est essentiel. Toute la planète techno y est réunie, c’est la possibilité de montrer notre savoir-faire. Par exemple, l’an dernier nous y avons conclu un partenariat avec Parrot (seconde entreprise mondiale de conception de drones). » C’est tout

l’enjeu, pour la Région, d’organiser un tel déplacement : contribuer à inciter les entreprises à engager des collaborations à l’international dans une logique de croissance. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre d’un accompagnement pour mieux préparer les entreprises à affronter ces nouveaux marchés.

Depuis le 1er janvier 2017 est entré en vigueur le Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII).

Les grandes priorités économiques régionales Stratégie

4

PAUL ROBIN 

N

otre nouvelle politique économique régionale, à la fois ambitieuse et agile s’incarne dans le SRDEII. Résultat d’une intense concertation en 2016, il définit la stratégie et le cadre de développement économique de la Nouvelle-Aquitaine pour les dix prochaines années. S’adressant aussi bien aux grandes entreprises régionales qu’aux PME locales, il met l’emploi et l’humain au cœur de ses préoccupations : que ce soit dans l’agriculture, le tourisme, l’industrie, l’artisanat ou l’économie sociale et solidaire, ce sont toujours les femmes et les hommes, leurs idées et leur engagement qui sont la base des projets et des innovations de leurs entreprises. Comme toutes les régions françaises, nous devons faire face à trois grandes

mutations qui vont redéfinir à la fois les emplois de demain et la compétitivité des entreprises : la transition écologique et énergétique qui va modifier à la fois les habitudes de production et de consommation, la révolution numérique qui va bouleverser toutes les entreprises dans les années à venir et la mobilité intelligente qui va redéfinir nos rapports aux déplacements, aux transports et aux distances. Sur ces trois en-

Une délégation régionale, menée par Alain Rousset, s’est rendue en octobre dernier dans la Belle Province pour conforter ses liens de coopération et créer de nouveaux partenariats autour de la croissance bleue et du stockage de l’énergie.

jeux transversaux, la Nouvelle-Aquitaine saura accompagner les entreprises et les territoires pour ne plus subir le progrès mais en être les acteurs engagés. L’innovation, la compétitivité, l’internationalisation des entreprises, le financement efficace des projets créateurs d’emplois et le soutien affirmé aux filières économiques les plus dynamiques (aéronautique, laser, agroalimentaire, croissance verte…) seront également au cœur de la politique économique régionale. Enfin, certains territoires subissent les contrecoups de la désindustrialisation, de l’enclavement ou de conditions peu favorables au maintien de l’emploi. Le SRDEII prévoit des dispositifs spécifiques et bonifiés à leur attention.

Coopération internationale

L

a coopération entre les territoires de la Nouvelle-Aquitaine et le Québec n’est pas nouvelle. Des accords existent, notamment depuis 2000, avec l’Aquitaine en matière d’enseignement supérieur, d’innovation, de recherche et d’industrie ; Poitou-Charen­tes, intimement lié par une histoire commune, a également développé de longue date des partenariats dans le domaine culturel, des éco-industries et de l’économie sociale et solidaire. Forte de ces relations, une délégation régionale constituée d’élus de la Région, d’universitaires et de chefs d’entreprise s’est rendue, en octobre dernier, une semaine au Québec, motivée par deux grandes thématiques : la croissance bleue et les batteries du futur. Secteurs dans lesquels le Québec a acquis une expertise importante et qui font écho à des priorités de développement économique souhaitées par la région Nouvelle-Aquitaine. L’objectif était alors d’envisager de nouveaux partenariats, mais aussi de conforter des engagements.

Biotechnologies marines

L’Institut polytechnique de Bordeaux et l’université Laval à Qué-

bec ont ainsi signé un nouveau protocole d’entente – AQEAU 2 (Aquitaine-Québec eau) – en matière de recherche, de formation et de transferts de connaissances autour des problématiques de gestion de l’eau. Cette visite a aussi été l’occasion d’échanger sur le laboratoire de recherche créé en partenariat avec Hydro-Québec et l’université de Pau, sur le bassin de Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques, autour du développement d’une batterie nouvelle génération 1. Les premiers prototypes, en vue d’une éventuelle industrialisation, seront produits en Nouvelle-Aquitaine. Un voyage qui aura également permis de s’inspirer des acteurs québécois évoluant autour de la croissance bleue (croissance durable dans les secteurs marins et maritimes) pour envisager des partenariats futurs, notamment en matière de biotechnologies marines. Sur ce sujet, les enjeux sont forts en termes d’emplois, ils sont estimés à 7 millions pour l’Europe. La Nouvelle-Aquitaine, déjà fortement impliquée avec ses 720 km de façade littorale, souhaite se positionner comme leader dans ce domaine. 1. Les batteries du futur permettront de stocker beaucoup plus d’énergie que les modèles traditionnels et de recharger les véhicules électriques aussi rapidement que l’on fait un plein d’essence.

L’action régionale en 9 grandes priorités 1. ANTICIPER  ET ACCOMPAGNER les transitions numériques, écologiques et énergétiques, et de mobilité.

6. ANCRER  durablement les différentes formes d’économie sociale et solidaire sur le territoire régional.

2. POURSUIVRE  ET RENFORCER la politique de filières (croissance bleue, aéronautique, agriculture, santé...).

7. ACCOMPAGNER  le retournement et la relance des territoires et des entreprises.

3. AMÉLIORER  la performance industrielle des entreprises régionales et déployer l’Usine du futur. 4. ACCÉLÉRER  le développement des territoires par l’innovation. 5. RENFORCER  l’économie territoriale, l’entrepreneuriat et le maillage du territoire.

8. RENFORCER  l’internationalisation des entreprises et des écosystèmes et l’attractivité des territoires. 9. DÉVELOPPER  l’écosystème de financement des entreprises. La prochaine étape sera de présenter ce schéma aux partenaires économiques sur l’ensemble du territoire régional de façon à ce que notre Région soit encore plus proche, disponible et réactive.


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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR & RECHERCHE La Région, avec l’appui des fonds européens, a investi 15 millions d’euros dans cet institut inauguré le 4 novembre dernier, à Pessac (Gironde).

Un institut de recherche en cardiologie unique en Europe

P

Véritable lieu de vie et de rencontre, l’atrium de Sciences Po constitue un des éléments majeurs de cette rénovation.

Accueillir plus d’élèves et ouvrir à tous les milieux l’accès à l’école qui forme les responsables de demain. Voilà le sens du fort investissement de la Région dans la restructuration de l’institut.

Grandir et mieux s’ouvrir au monde Sciences Po Bordeaux

L

a Région, à l’origine de cette opération, est le principal financeur à hauteur de 25 millions d’euros. Un engagement fort de l’institution qui consacre chaque année une centaine de millions d’euros pour le soutien à l’enseignement supérieur, à la recherche et au transfert de technologie. Le chantier de rénovation de l’école, créée en 1948, a été important : doublement de la surface, soit 16 000 m2, avec un degré de difficulté élevé car l’école est restée ouverte pendant les travaux. Le choix architectural retenu, par-

ticulièrement audacieux, a été de construire au-dessus et dans le prolongement du bâtiment existant. Un des éléments forts du projet : la réalisation d’un atrium de verre de près de 90 m de long au centre du bâtiment, véritable lieu de vie et de rencontre.

« Je le peux parce que je le veux »

En plus d’offrir de meilleures conditions d’enseignement et de maintenir le niveau d’excellence de l’école, cette restructuration répond à une double ambition : préparer les responsables des collectivités, du journalisme et des entreprises de demain, et ouvrir à tous les milieux l’accès à l’école. L’augmentation de sa capacité d’ac-

rès de 130 chercheurs, issus de 15 pays différents et de disciplines variées (cardiologie, électrophysiologie, imagerie, hématologie...) sont réunis au sein de cet institut hospitalo-universitaire (IHU) de 7 300 m². Il regroupe sur une même plate-forme l’ensemble des laboratoires, des équipements d’imagerie et des équipes de modélisation permettant une étude complète du rythme cardiaque. Cet investissement doit participer à faire de notre région une référence en matière de recherche médicale. En ce sens, l’institut favorisera le développement de plates-formes technologiques d’excellence, la création de start-up ou encore l’installation d’entreprises et de grands groupes internationaux

sciencespobordeaux.fr

Pour une orientation choisie

«F

aciliter un meilleur accès des lycéens aux formations supérieures. » C’est avec cette ambition que depuis 2012 le dispositif régional Pass’en Sup encourage les futurs bacheliers à s’orienter dans des études supérieures, alors qu’ils n’auraient pas forcément fait le choix d’études longues. La formule ? Leur ouvrir les yeux sur les opportunités et la réalité des études supérieures pour leur permettre de choisir en connaissance de cause. Ce dispositif est né en Poitou-Charentes d’un constat : la différence entre le taux national de poursuite en études supérieures (74 %) et ce-

lui du Poitou-Charentes, inférieur de 7 points (67 %). Avec le paradoxe que le taux régional de réussite au bac était plus fort d’un point à la moyenne nationale. Concernés par la même problématique d’accès à l’enseignement supérieur des jeunes les plus défavorisés et/ou issus des territoires isolés, la Région, le rectorat et la DRAAF1 ont construit conjointement le dispositif Pass’en Sup avec trois grands objectifs : relever les ambitions des lycéens par une meilleure connaissance sur les études supérieures, tout en cassant les préjugés ; sensibiliser les parents (opportunités offertes, aides potentielles...) pour lever les barrages sociaux et culturels ; et enfin, instaurer un lien entre les enseignants du secondaire et ceux du supérieur.

ihu-liryc.fr

cueil à 3 000 élèves (contre 2 000 aujourd’hui) conduira à réduire la forte pression à l’entrée et encouragera le dispositif initié par la Région « Je le peux parce que je le veux ». Il offre la possibilité à des lycéens, éloignés du cercle habituel de recrutement, de se présenter au concours d’entrée de Sciences Po. Cette nouvelle dimension favorisera aussi son ouverture à l’international, avec l’accueil de plus d’élèves et d’enseignants étrangers et un accroissement de son pôle recherche en sociologie politique. D’une manière générale, l’objectif est d’ouvrir au maximum l’institution vers l’extérieur.

Expérimenté depuis 2012 en Poitou-Charentes, Pass’en Sup, initié par la Région, permet aux lycéens de préparer leur orientation en étant mieux informés sur la poursuite d’études supérieures. Le dispositif sera généralisé à la Nouvelle-Aquitaine à la rentrée 2017.

Pass’ en sup

autour des dispositifs médicaux, à l’image de Medtronic. Ce fournisseur mondial de technologie médicale et de services a installé son centre de formation européen à l’IHU, attirant chaque mois plusieurs dizaines de médecins. La réunion de ces nombreuses compétences en recherche médicale représente une vraie force pour notre économie, notre territoire et pour le bien vieillir en Nouvelle-Aquitaine. Dirigé par le professeur Michel Haïssaguerre, l’IHU Liryc s’intéresse donc aux pathologies d’insuffisances cardiaques, d’arythmies ou encore de morts subites. Et l’enjeu est de taille : la mort subite fait autant de victimes en France que les cancers du sein, du poumon et du colon réunis, soit 50 000 décès par an.

ALBAN GILBERT

ISABELLE DÉLIVRÉ

IHU Liryc

Des programmes sur-mesure

Sont visés par ce dispositif, sur la base du volontariat, les élèves de première des lycées d’enseignement général et technologique essentiellement situés en milieu rural, car plus particulièrement concernés. Au départ, l’expérimentation portait sur cinq établissements. Aujourd’hUi, ils sont 22 (sur un total de 42 en Poitou-Charentes) soit plus de 2 600 élèves. Concrètement, les établissements construisent eux-même leurs programmes d’actions en fonction de leurs attentes et de celles des élèves. Ces actions peuvent prendre des formes très diverses : immersion totale par petits groupes pendant deux journées au sein d’un établissement du supérieur ; venue dans le

L’enseignement supérieur en Nouvelle-Aquitaine :

6

pôles universitaires lycée d’étudiants autour de projets coconstruits ; témoignages d’anciens élèves... Pour leur permettre de mener à bien ces projets, la Région apporte son soutien à chaque établissement à hauteur de 4 000 euros maximum pour les déplacements, l’hébergement et la restauration. Et la méthode fonctionne : les cinq premiers établissements entrés dans le dispositif affichent aujourd’hui un taux de passage en enseignement supérieur identique au niveau national. Les établissements constatent aussi un réel impact sur les élèves, avec pour beaucoup une motivation retrouvée et une plus grande implication dans le travail. 1. Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.

23 écoles supérieures

dont 15 écoles d’ingénieurs, 6 écoles de commerce

2 grandes écoles : l’IEP (Institut d’études politiques) et l’ENM (École nationale de la magistrature)

180 000 étudiants

+ de 17 000 chercheurs

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

APPRENTISSAGE Formation diplômante, l’apprentissage est aussi un levier pour les entreprises et offre des opportunités dans des secteurs parfois méconnus, comme la logistique, l’agroalimentaire ou encore l’industrie.

Insertion professionnelle

S’

adressant aux jeunes de 16 à 25 ans 1, l’apprentissage est un mode de formation ori­ ginal avec une alternance en entreprise et en centre de formation (CFA). L’apprenti(e) signe un contrat de travail et apprend un métier tout en préparant un diplôme (du CAP à bac + 5) équivalent à la voie scolaire traditionnelle. L’apprentissage est une formation gratuite durant laquelle l’appren­ ti(e) perçoit une rémunération pour son travail au sein de l’entreprise. Ce premier pas vers une autonomie financière se conjugue avec l’acqui­ sition de compétences et d’une expérience recherchée par les em­ ployeurs. Plus de 60 % des diplômés occupent un emploi 7 mois après leur sortie de formation. 37 000 apprentis sont actuellement formés en Nou­ velle-Aquitaine. L’objectif est d’aug­ menter de 50 % ce nombre d’ici à la fin de la mandature en 2021. Il existe plus de 1 600 formations dans la région Nouvelle-Aquitaine et la formule est de plus en plus prisée pour les études supérieures. Certains métiers, demain, ne seront acces­ sibles que par la voie de l’apprentis­ sage. Aux côtés de filières historiques de l’apprentissage, comme l’artisa­ nat ou le BTP, de nombreux secteurs qui recrutent sont à découvrir (voir témoignages ci-contre) : l’agroali­

mentaire, l’industrie, la logistique, le paramédical, jusqu’à des emplois de niche, comme l’ostréiculture ou la plaisance marine.

ALBAN GILBERT

La formation par apprentissage, mode d’emploi Des soutiens multiples

« L’école et l’entreprise sont complémentaires »

La Région apporte des aides aux entreprises qui recrutent des apprenti(e)s , notamment des aides au recrutement (voir apprentissage. aquitaine.fr/les-aides-aux-entre­ prises.html). La Région alloue 14 millions d’euros d’aides par an aux ap­ prenti(e)s sur 4 volets : transport, hébergement et restauration, achat du premier équipement, ressources financières… Elle soutient également les salons et job-dating favorisant la rencontre avec les entreprises. Dans les CFA, les chambres consulaires (CCI, chambres de métiers, chambres d’agriculture) et les mission locales, les développeurs de l’apprentissage ont pour objectif de décrocher 3 200 contrats de travail. La Bourse de l’alternance est désormais la plate-forme en ligne de toute la Nouvelle-Aquitaine pour les CV des candidats et les offres des entreprises (voir laregion-alpc. fr/bourse-alternance.html). L’apprentissage, ça rapporte fédère les initiatives com­ munes aux acteurs de l’éducation et de l’emploi (voir apprentis­ sage-ca-rapporte.fr).

AGNÈS BUTON, responsable logistique, société MB services, à Mérignac (Gironde). Titulaire d’un CAP de chauffeur-livreur et d’un CAP d’opérateur logistique.

La jeune femme le dit d’emblée : elle n’aime pas rester derrière un bureau ! « Il faut que je bouge, et j’aime aussi le contact avec la clientèle. » Agnès travaille en CDI chez MB services, une PME spécialisée dans le transport et la logistique. L’entreprise a beaucoup de clients fleuristes qu’elle livre en Gironde, dans les Landes et jusqu’à Toulouse. L’autre partie de son activité est

1. Sauf dérogations pour les jeunes de 15 ans et sans limite d’âge pour les travailleurs handicapés.

ZOOM

UN PROGRAMME D’INVESTISSEMENTS POUR L’APPRENTISSAGE

L’investissement de la région Nouvelle-Aquitaine est porté à 42,78 millions d’euros pour l’entretien, la modernisation et la construction des 115 centres de formation d’apprentis (CFA). Comme pour les lycées, un programme d’investissement sur plusieurs années 1 doit être voté au budget 2017, afin de gérer dans la durée les moyens alloués sur l’ensemble de la région. Par­ mi les opérations en cours figurent notamment la construction d’un pôle maintenance et réparation aéronautique, à Tarnos, dans les Landes, celle du CFA de Lagord-Atlantech, en Charente-Maritime, la réalisation du CFA de la propreté, à Pessac, la rénovation énergétique de la Maison de la formation, à Poitiers, ou la rénovation du CFA Bâtiment de Limoges, en Haute-Vienne… En lien avec sa politique du logement, la Région investit également dans les résidences d’hébergement pour accueillir les apprenti(e)s. 1. Plan pluriannuel d’investissement(PPI).

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DOMINIQUE AGNOUX

apprentissage.aquitaine.fr ; aquitaine-cap-metiers.fr ; citedesmetiersdulimousin.fr ; seformerenlimousin.fr ; horizon-info.org ; onisep.fr ; arftlv.org

« J’ai appris des techniques différentes » CLÉMENT DEJOYE, désosseur-pareur, entreprise Charal, à Égletons (Corrèze). Titulaire d’un CAP de boucher et d’un CAP de charcutier.

Filiale du groupe Bigard 1, leader de la viande bouchère en France, Charal emploie 3 000 personnes dont 250 sur son usine d’Égletons. C’est ici que travaille depuis deux ans Clément Dejoye, 25 ans. Ce Corrézien a démarré son apprentissage à 16 ans avec un CAP de boucher au CFA des Treize Vents, à Tulle, suivi d’un CAP de charcutier.

la gestion de stocks à l’année pour des marques (Orangina, Brossard…), notamment à destination de leurs commerciaux. « La logistique est encore un métier assez masculin, mais on peut trouver sa place. Au quotidien, je reçois les fournisseurs, les vendeurs, il y a de la manutention, de la gestion informatique et administrative, de la préparation de commandes… Il faut être organisé, rigoureux et savoir gérer les imprévus ! » Au départ, Agnès ne connaissait rien à la logistique. Après avoir testé plusieurs voies dans l’apprentissage, elle décroche un CAP de chauffeur-livreur au CFA de Floirac. Sa motivation retient l’attention d’un membre du jury, son employeur actuel, qui l’incite à poursuivre par un CAP d’opérateur logistique qu’Agnès obtient dans le même établissement. « L’école et l’entreprise sont complémentaires. Les professeurs ont plus de temps pour nous apprendre et la pratique sur le terrain permet de comprendre la complexité du métier ! » Plus tard, Agnès peut devenir exploitante, un niveau plus élevé dans la gestion des flux… Affaire à suivre pour cette jeune femme active ! mbservices33.fr cfatlv.com

La vocation lui est venue de son grand-père qui exerçait ce métier. Clément travaille ensuite comme boucher en supermarché, jusqu’en 2014 où il entre dans la société Charal. Il a suivi au préalable une formation interne de six mois, mise en place en partenariat avec l’IFRIA Nouvelle-Aquitaine. S’il connaissait bien le métier traditionnel, Clément a du apprendre des techniques différentes, avec des cahiers des charges précis et des commandes journalières à respecter. « C’est un rythme à prendre, il y a un esprit d’équipe. » Son rôle est de désosser et parer la viande qui est conditionnée pour être livrée à la grande distribution ou à d’autres usines du groupe. « Les vaches viennent d’élevages voisins et on reçoit de belles pièces en commande. » Les tâches sont physiques, il faut s’habituer au froid, mais l’entreprise permet des parcours d’évolution professionnelle et prend soin de la qualité de vie au travail de son personnel. Elle propose également une rémunération avec des primes d’avantages sociaux. Clément gère une équipe de dix pareurs et se forme pour être responsable de ligne, car le secteur recrute. Lui-même a démarré la boucherie jeune car il voulait exercer un vrai métier et trouver un emploi. « Je referais pareil, sans hésiter ! » 1. 4,3 milliards d’euros de CA, 14 000 salariés.

aquitaine.ifria.fr


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

ALBAN GILBERT

APPRENTISSAGE

« J’ai toujours aimé fabriquer un objet de A à Z » YOANN DANIEL, chaudronnier, société SEEMI, à La Couronne (Charente). Titulaire d’un bac pro en alternance.

Originaire de la Charente-Maritime, Yoann a démarré à 17 ans dans la mécanique automobile, avant de trouver sa voie dans la chaudronnerie industrielle. Inspiré par un oncle qui exerce ce métier, le jeune homme s’est formé au CFA industriel Poitou-Charentes basé sur le campus Cifop d’Angoulême. Il a passé son bac pro en alternance à la SEEMI, où il est aujourd’hui

en CDI. « J’ai toujours aimé ce qui est manuel, fabriquer un objet de A à Z et le voir fini chez les clients. » Ce travailleur discret déploie des trésors d’habileté pour souder des pièces au millimètre. Il a été formé par Dominique Martin, son responsable d’atelier, qui apprend aux jeunes les tours de main permettant de transformer des tôles d’acier en machines complexes. PME de 70 personnes, la SEEMI conçoit et fabrique des systèmes de manutention ou de palettisation automatique dans tous les secteurs, du cartonnier Smurfit Kappa à la marque Tefal… Quatre bureaux d’études interviennent en mécanique, électricité, automatisme et informatique, tandis que l’atelier réalise découpe laser, pliage, chaudronnerie, peinture, cablage et montage sur site. Pour rester compétitive, l’entreprise propose une qualité supérieure, tout en optimisant sa productivité. « Nous avons un apprenti dans chaque métier, et nous avons besoin de jeunes qui s’adaptent à nos besoins », explique François-Xavier Vigneras, PDG de la SEEMI. L’entreprise organise chaque année des portes ouvertes qui connaissent un beau succès pour découvrir ces métiers de passionnés. seemi.com ; formation-industries-poitou-charentes.fr/

AGENDA DES SALONS D’ORIENTATION EN NOUVELLE-AQUITAINE Infosup Pau Jeudi 26 janvier 2017 Université de Pau et des Pays de l’Adour (64)

Aquitec Du jeudi 26 au samedi 28 janvier 2017 Parc des expositions Hall 1 à Bordeaux-Lac (33)

Les Routes de l’orientation (Landes) Du jeudi 26 au samedi 28 janvier 2017 Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Landes, Pontonx (40)

Carrefour de l’orientation, de la formation, de l’emploi et des métiers (COFEM) Samedi 28 janvier 2017 Bocapôle, Bressuire (79)

Salon Ambition et Avenir Lundi 30 et mardi 31 janvier 2017 Foire expo, Marmande (47)

FOFE : Salon des métiers et de la formation et de l’orientation Vendredi 3 et samedi 4 février 2017

O21, l’orientation nouvelle génération (« Le Monde ») Vendredi 10 et Samedi 11 février 2017 Dispositif d’éducation plurimédia et itinérant Rocher de Palmer, Cenon (33)

ÉDUCADO Pau Mars 2017 Parc des expositions, Pau (64)

ÉDUCADO Bayonne Mars 2017 Maison des associations, Bayonne (64)

Salon Que faire après un bac +2 /+3 /+4 ? Samedi 11 mars 2017 Cité mondiale, Bordeaux (33)

Salon de l’apprentissage et de l’alternance Vendredi 7 et samedi 8 avril 2017 Hangar 14, quai des Chartrons, Bordeaux (33)

Espace Carat, Isle-d’Espagnac (16)

>C  ENTRES D’INFORMATION ET D’ORIENTATION DES COLLÈGES ET LYCÉES > MISSIONS LOCALES (www.missionslocales-aquitaine.fr) > RÉSEAU DES CFA (annuaire sur apprentissage.aquitaine.fr)

Supportez la Nouvelle-Aquitaine des métiers ! Bordeaux accueille pour la première fois les finales nationales des Olympiades des métiers, un événement spectaculaire, ouvert au public, à ne pas manquer au Parc des expositions. Olympiades des métiers

VALÉRIE TEPPE

C’

est un des rendez-vous im­ portants pour la jeunesse et les métiers en France. Les chiffres parlent d’euxmêmes : 700 candidats pour 60 000 visiteurs attendus, 14 délégations régionales venues de tout le pays pour se retrouver sur le site du Parc des expositions de Bordeaux-Lac du 9 au 11 mars prochain. Les candidats vont s’affronter dans ces véritables jeux Olympiques des métiers, au­ tour de réa­lisations professionnelles dans des domaines aussi variés que la pâtisserie, le web-design, la me­ nuiserie, la soudure… Les lauréats régionaux ont pour objectif de remporter la finale nationale dans leur catégorie, pour intégrer en­ suite l’équipe de France des métiers qui s’envolera du 14 au 19 octobre 2017 vers Abu Dhabi, destination des épreuves internationales des World­skills. Si l’apprentissage occupe une belle place parmi les candidats (40 %), les Olympiades

sont accessibles à tous les jeunes de moins de 23 ans, quel que soit leur statut : lycéen, étudiant, demandeur d’emploi… Les métiers sont aussi re­ présentés chez les personnes handi­ capées, sans limite d’âge, à travers les Abilympics qui se dérouleront en même temps sur le site du Parc des expositions. La Région soutient cette manifestation depuis 2006, gage d’une politique continue à l’at­ tention des personnes handicapées.

« Être sélectionnée, c’est être passionnée ! »

Pour sa première participation sous l’égide de la Nouvelle-Aquitaine, la

nel de peinture décorative au CFA bâtiment de Tulle, Marine Boulan­ ger, 19 ans, est ravie de sa première participation à ces finales nationales. « Au début, je n’étais pas trop sûre de moi, mais aux épreuves régionales, je suis arrivée devant un compagnon du Devoir… C’était déjà une belle re­ connaissance ! Tout le monde a sa chance et on est bien accompagné. Les Olympiades m’ont déjà aidée à trouver du travail quand j’ai postulé auprès d’entreprises pour mon bre­ vet professionnel. Être sélectionnée veut dire que l’on est passion­ née et que l’on aime le tra­ vail bien fait ! » Marine prépare les épreuves avec son professeur du CFA et s’entraîne aus­ sélection régio­ si beaucoup chez elle : nale est composée S E L FINA ALES N peinture, enduits, pa­ de 64 jeunes, filles O I T A N S MPIADE pier-peint… En contrat et garçons, repré­ DES OLYÉTIERS DES M avec la société Arhome sentant les 7 pôles Déco, à Brive, elle souligne professionnels des que ses employeurs ont choisi Olympiades : agriculture, alimentation, automobile, BTP, in­ l’alter­nance « pour transmettre un dustrie, services, TIC (technologies savoir-faire ». Un beau parcours déjà pour cette jeune femme qui a de l’information et de la communi­ cation). Les candidats s’entraînent su trouver sa place dans une filière comme des sportifs de haut niveau : encore très masculine, même si les préparation technique intensive, mentalités évoluent. mais également sessions de coaching physique et psychologique, pour ne 300 entreprises partenaires rien laisser au hasard… À la confluence de l’éducation, de Actuellement en brevet profession­ l’entreprise et des acteurs insti­

DU 9 AU 17 11 MARS 20

tutionnels (rectorat, chambre de métiers, chambre de commerce et d’industrie, collectivités), les Olym­ piades illustrent la dynamique d’une politique d’orientation forte, portée par les Régions : soutien à de nom­ breuses manifestations d’orienta­ tion (voir notre calendrier des salons d’orientation ci-dessus), appui aux journées portes ouvertes dans les ly­ cées ou encore aux structures d’aides à l’orientation comme l’Onisep, Aquitaine Cap métiers ou encore la Cité des métiers du Limousin, sans oublier un certain nombre de dis­ positifs comme « Je le peux parce que je le veux » ou encore « Pass’ en Sup »1. Montrant les compétences des jeunes et leur investissement personnel, la compétition permet aussi de faire découvrir au grand public la variété des métiers. Cette recherche d’excellence est un gage de qualification pour le développe­ ment économique des régions. Les Olympiades des métiers bénéficient du partenariat de 300 entreprises, nationales et locales, qui apportent un soutien humain dans le cadre de l’événement, mais aussi du prêt de matériel de pointe, essentiel à la compétitivité des savoir-faire. 1. Voir nos articles en page 5 sur Sciences Po Bordeaux et Pass’ en sup.

olympiadesmetiers.fr

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

JEUNESSE LUTTER CONTRE LE GASPILLAGE ALIMENTAIRE. La Région s’est emparée de cette problématique et met en place des projets expérimentaux sur son territoire, avec pour objectif de réduire de 20 % ce gaspillage.

La Région met les pieds dans le plat Gaspillage alimentaire

lage alimentaire…). Labélisé Lycée bio engagé et Agenda 21, ce lycée peut compter sur un gestionnaire, un chef de cuisine et un proviseur à la fois moteurs et très impliqués.

D

Réduire et prévenir le gaspillage

La Région et des lycées du bassin d’Angoulême expérimentent depuis deux ans le projet GARP (Gaspillage alimentaire réduire prévenir) qui vise à améliorer la qualité des produits, réduire les conditionnements, maîtriser les temps de cuisson, adapter les portions, sensibiliser les élèves… Pour accompagner les changements de comportement, près de 60 personnes ont bénéficié de formations sur l’ensemble du territoire et des élèves volontaires ont pu proposer des solutions pour limiter le gaspillage et sensibiliser leurs camarades :

Plan national pour l’alimentation : la Région lauréate

ALBAN GILBERT

epuis deux ans, l’Aquitaine, le Poitou-Charentes et le Limousin ont engagé des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire. À cet effet les trois anciennes Régions ont mené des expérimentations, mis en place des outils de communication, des manifestations, des partenariats (associations, syndicats mixtes, institutions 1, etc.). Elles ont équipé les lycées (cellules de refroidissement, tables de tri) et commencé à former leurs équipes de restauration. La région Nouvelle-Aquitaine poursuit son engagement avec un véritable Plan régional de la restauration collective qui intègre l’approvisionnement, la qualité des produits, le tri et la valorisation du déchet.

affichage de la composition des plats, organisation d’un marché de producteurs locaux, visites des cuisines par les élèves… Un projet qui va se poursuivre avec GARP II. Il impliquera davantage les chefs d’établissement et l’ensemble des communautés éducatives à travers une charte d’engagement.

Des expérimentations locales

En ex-Aquitaine, 18 lycées pilotes ont mené des expérimentations avec l’appui de la Région : réalisation

de films diffusés auprès des lycéens en partenariat avec l’ADEME 1, ateliers de travail avec les chefs de ces lycées et élaboration d’un guide de bonnes pratiques (utiliser des assiettes plates, afficher les menus, communiquer sur l’origine des produits, travailler sur des portions…), formations sur mesure… Certains lycées ont ainsi adopté des pratiques exemplaires, à l’image du lycée de Navarre, à Saint-JeanPied-de-Port (64) qui porte une démarche globale (alimentation bio et locale, produits d’entretien

Musique, danse, théâtre, slam, arts visuels… vous avez un talent dans ces domaines ? La Région vous propose de candidater en envoyant votre démo. Vous ferez peut-être partie des heureux sélectionnés qui monteront sur scène lors du Nouveau Festival !

La jeunesse a un incroyable talent ! Nouveau Festival

L

e Nouveau Festival est un festival dédié aux talents des lycéens et apprentis inscrits dans les établissements d’enseignement de la région (lycées publics et privés, lycées agricoles, établissements régionaux d’enseignement adapté – EREA, centres de formation des apprentis – CFA). Vous êtes passionné ? Créatif ? Vous avez un talent particulier ? Candidatez à l’appel à projets en ligne sur le site de la Région avant le 20 janvier. Et surtout, retenez ces

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dates : le 22 mars dans la Creuse, le 29 mars dans la Vienne, le 5 avril en Charente, le 13 avril dans les Landes, le 3 mai en Corrèze, le 12 mai en Gironde. 500 à 700 jeunes sont attendus sur chacun de ces temps forts et le 12 mai se déroulera la journée « phare » de ce Nouveau Festival qui sera placée sous le signe des sciences et du numérique. Ce même jour, une grande soirée festive clôturera ce festival avec la venue des différents talents, des matchs d’improvisation théâtrale et l’orchestre européen de Nouvelle-Aquitaine.

Retrouvez toutes les informations sur l’appel à projets (jusqu’au 20 janvier inclus) : le-nouveau-festival.fr nouveau-festival@nouvelle-aquitaine.fr

Le gaspillage alimentaire, c’est à la poubelle des jeter denrées alimen entamées ou notan,ires, qui auraient pu consommées. être En France,

20 à 30 kg

de produits par pe rsonne et par an sont gasp ill és 7 kg encore emba , dont llés. éco labellisés, réduction de ses consommations énergétiques, actions de covoiturage, tri sélectif, compostage, lutte contre le gaspil-

En 2014, le projet « Approche globale de la qualité et de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans la restauration collective des lycées et CFA », porté par la Région en Limousin, a été retenu suite à un appel à projets dans le cadre du Plan national pour l’alimentation. Il a pour objectif d’accompagner 13 lycées et centres de formation d’apprentis (CFA) volontaires dans une démarche d’amélioration de la qualité alimentaire et de lutte contre le gaspillage alimentaire. Et les résultats sont là, avec une quarantaine d’actions menées au sein des établissements (affichage, informations sur le compostage, menu zéro déchet, achat local…), l’organisation de formations et de séminaires, l’installation de tables de tri dans les selfs des lycées participants, etc. Ces programmes expérimentaux démontrent l’implication de tous, de l’achat à l’assiette. La Région encourage donc la poursuite de cette dynamique, avec notamment une attention toute particulière à l’approvisionnement local. 1. ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), DRAAF (directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), rectorat.

Logement, permis de conduire : des aides pour les jeunes AVANCE DU PREMIER LOYER : UNE AIDE EXPÉRIMENTALE Pour les jeunes en formation, emménager est souvent synonyme de dépenses lourdes : dépôt de garantie, ouverture de compteurs électricité ou gaz, frais de scolarité… alors qu’ils ne perçoivent pas encore leurs aides au logement. Ces dépenses peuvent alors générer des difficultés financières passagères pour les jeunes auxquelles la Région peut remédier. La région Nouvelle-Aquitaine propose de créer une caisse d’avance du premier loyer gérée par l’opérateur Soliha NouvelleAquitaine. Elle permettra de verser aux jeunes en difficulté l’équivalent d’un mois de loyer hors charge, plafonné à 300 €. Cette aide remboursable sans intérêt sur 12 mois minimisera les coûts d’installation et redonnera de la sérénité aux jeunes qui commencent leur formation. Il s’agit à ce jour d’un projet expérimental qui concerne une centaine de jeunes de la région. Pour en savoir plus : 05 56 51 57 66. VOUS AVEZ LE CODE ? LA RÉGION VOUS AIDE POUR LA CONDUITE ! Afin de pallier les difficultés de mobilité des jeunes, et donc d’accès à l’emploi, la Région les soutient en finançant une partie du permis de conduire : 600 € sont versés aux bénéficiaires ayant obtenu le code de la route. Pour les 18-25 ans, diplômés ou suivis en mission locale, l’aide est attribuée sous conditions de ressources. Renseignez-vous : les-aides.nouvelle-aquitaine.fr Tél. : 05 49 38 49 38 - aide.permisb@nouvelle-aquitaine.fr


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

TWIN / HERVÉ LEFEBVRE

DOSSIER AGRICULTURE

3 QUESTIONS À…

JEAN-PIERRE RAYNAUD, vice-président en charge de l'agriculture, l'agroalimentaire, la forêt, la mer et la montagne.

1. Les médias évoquent souvent l’agriculture à travers les crises qu’elle traverse : vache folle, crise aviaire, du porc ou du lait, etc. Cette vision est-elle représentative de la situation en Nouvelle-Aquitaine ?

L’agriculture en Nouvelle-Aquitaine est très diversifiée. De fait, si une ou deux de ses filières font face à des difficultés, cette image de crise généralisée me semble excessive et caricaturale. Premier secteur économique de notre grande région avec 180 000 emplois, notre agriculture sait qu’elle doit modifier ses pratiques et prendre en compte les attentes des consommateurs. Cette mutation s’effectue dans un contexte concurrentiel où il faut à la fois produire plus car la population augmente, mais aussi produire mieux pour répondre à des enjeux économiques, sanitaires et environnementaux.

2. En quoi l’innovation est-elle le moyen de donner une autre image de l’agriculture et une solution pour permettre aux agriculteurs de vivre correctement de leur activité ?

EN NOUVELLE-AQUITAINE,

L’agriculture travaille sur des organismes vivants, les plantes ou les animaux, avec comme finalité de nourrir l’homme. L’innovation doit donc permettre à la fois de protéger l’environnement et d’assurer une meilleure qualité et sécurité alimentaires. Les travaux de recherche et développement menés en Nouvelle-Aquitaine convergent vers cette double problématique. Avec en filigrane l’idée que cela ne peut fonctionner que si les agriculteurs bénéficient de conditions de vie satisfaisantes. L’innovation participe là aussi à ces évolutions socio-économiques, dont l’impact dépasse très largement la seule question de l’agriculture. Attirer de jeunes agriculteurs, c’est aussi faire vivre la ruralité ou entretenir nos paysages…

YANN ARTHUS BERTRAND / HEMIS.FR

L’INNOVATION

CREUSE SON SILLON Diverse et de qualité, notre agriculture régionale, championne d’Europe, présente de nombreux atouts. Mais elle devra se réinventer pour répondre aux enjeux du xxie siècle. L’innovation est une solution incontournable pour relever ce challenge et accélérer ainsi la 3e révolution agricole.

re 1 région agricole

Nouvelles technologies et bio-économie

180  000 emplois

«D  

emain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer. » Cette citation1 prend une résonance particulière pour l’agriculture, restée jusqu’au siècle dernier entre l’enclume de la tradition et le marteau de l’innovation. Ses crises successives et les enjeux climatiques et environnementaux ont poussé ce secteur séculaire à se remettre en question dans un contexte de forte mutation. Alors que jadis les exploitations se transmettaient de génération en génération, plus de 50 % des agriculteurs aujourd’hui ne viennent pas du monde agricole. Un chiffre parmi d’autres qui revisite les codes et – avouons-le aussi – les clichés sur une profession en très forte évolution.

Se réapproprier la chaîne de valeur

Recherche fondamentale et appliquée, clusters, centre technique et de transfert de technologie, utilisation de systèmes de guidage par GPS, drones… Les pratiques professionnelles évoluent fortement grâce aux nouvelles technologies. En atteste, par exemple, le cluster machinisme agricole, à Nérac (47) qui favorise l’innovation par la recherche, le transfert de technologies et l’appui

technique aux agro-équipementiers. De nouveaux produits de traitement biocompatibles permettent, tout en réduisant notre empreinte environnementale, la production d’une alimentation saine en adéquation avec les attentes des consommateurs. Le monde agricole le sait : il ne pourra plus fonctionner comme hier et doit inventer la vie au champ de demain. Et cela passe aussi par la réappropriation de la chaine de valeur par les agriculteurs. Comment ? En développant l’autonomie alimentaire pour nourrir les élevages et ainsi moins subir la fluctuation des prix des matières premières, ou encore en développant les circuits courts et en laissant ainsi de côté les trop nombreux intermédiaires.

de France

85 000 exploitations

sur le territoire

11 %

du tissu économique régional (contre 6,5 % au plan national).

Elle est multiple et touche toute la chaîne agricole, de la formation et de la production, à la transformation et à la commercialisation. De gros efforts sont ainsi effectués pour réduire fortement les pesticides et diminuer les intrants tout en maintenant le potentiel de production. L’essor de l’agriculture biologique et de l’agriculture de précision, ainsi que la recherche de solutions de biocontrole1 constituent des solutions. Des initiatives pour une meilleure utilisation de l’eau et prendre en compte le réchauffement climatique sont également en œuvre. Le machinisme fait aussi l’objet de projets, sans oublier la dynamique de nos lycées agricoles, le développement des circuits courts ou encore nos signes de qualité pour valoriser l’agriculture régionale. Notre ambition est triple : développer des pratiques agricoles plus vertueuses, contribuer à une production de qualité et améliorer la rentabilité des exploitations. 1. Le biocontrôle est un ensemble de méthodes de protection des végétaux par l’utilisation de mécanismes naturels. Ses techniques permettent de protéger les cultures en réduisant l’usage de produits phytosanitaires.

Soutenir les bonnes pratiques

Tout le monde est concerné par les enjeux agricoles, de l’État aux consommateurs. Avec un consensus sur une alimentation saine, variée, équilibrée, riche en saveur, respectueuse de l’environnement et à des prix abordables, qui permettent aux agriculteurs de vivre de leur travail. La Nouvelle-Aquitaine constitue un maillon fort pour tendre vers la meilleure équation possible. Elle compte ainsi le plus grand nombre d’exploitations certifiées sur le plan environnemental (2 023 exploitations labellisées AREA2) et pointe au troisième rang par le nombre de ses exploitations certifiées bio (4 200 en 2015). Comment notre territoire s’appuie-t-il sur le levier de l’innovation pour montrer la voie et soutenir les bonnes pratiques agricoles ? C’est le thème de notre dossier…

3. Comment se caractérise l’innovation agricole en Nouvelle-Aquitaine ?

Le saviez-vous ? 1. Gaston Berger, philosophe français, chef d’une entreprise de fabrication d’engrais pour la floriculture. 2. Agriculture respectueuse de l’environnement en Aquitaine.

Notre Région consacre chaque  année plus de 21 M€ à l’installation des agriculteurs en NouvelleAquitaine à travers trois dispositifs majeurs : la dotation Jeune Agriculteur, les prêts d’honneur et les mesures d’accompagnement. Pour en savoir plus, consultez notre site les-aides.nouvelle-aquitaine.fr

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

DOSSIER AGRICULTURE L’innovation bourgeonne en Nouvelle-Aquitaine, et l’agriculture ne fait pas exception. L’innovation, c’est un levier pour produire plus et mieux, pour réduire l’impact environnemental, pour répondre aux attentes des consommateurs, se réapproprier la chaîne de valeur et entrer ainsi pleinement dans l’agriculture du xxie siècle. Retour sur ces initiatives qui fleurissent dans notre région.

Les fruits de l’innovation

salon de Hanovre 2. Depuis, on ne cesse de perfectionner l’équipement. » Yohan Delage utilise aussi l’autoguidage assisté par GPS sur ses matériels, tant pour sa moissonneuse que pour son pulvérisateur. Récemment, il a bénéficié via sa coopérative d’une prestation de drone pour analyser la biomasse de ses parcelles. Cette démarche lui permet de quantifier précisément la quantité d’azote à apporter pour obtenir le meilleur taux de rendement de protéine dans le blé. « Au départ, j’ai employé des solutions innovantes uniquement pour des raisons économiques. À l’arrivée, le travail s’avère également moins difficile avec un impact positif sur la terre. J’utilise moins d’énergie fossile et d’engrais, et le sol retrouve une vie, avec le retour par exemple des vers de terre qui avaient disparu. » L’approche innovante de Yohan Delage améliore enfin sa productivité. L’agriculteur gère seul son exploitation mais il s’est aussi donné les moyens de prendre en charge 100 hectares supplémentaires en prestation pour autrui.

STÉPHANIE BARATAY

1. Le strip-till est une technique de travail du sol localisé où seul le futur rang de semis est travaillé. Elle laisse les résidus en surface dans l’inter-rang pour conserver les avantages du semis direct. La bande de terre est travaillée sur une petite largeur (10 à 25 cm) et une faible profondeur (5 à 30 cm). 2. Salon international des techniques agricoles.

1. Ils seront réalisés dans les terres de l’INRA en avril 2017 lors de la prochaine campagne viticole. 2 . Après les essais, il faut compter entre deux et trois ans pour aboutir à un projet industriel. Par ailleurs, si le produit est classé naturel et biodégradable, son accès au marché peut-être rapide. S’il est considéré comme un produit de synthèse, les délais peuvent prendre 6 à 8 ans. 3. Société ImmuRise Biocontrol.

happy-capital.com/projet/immunrisebiocontrol/page

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Yohan Delage, 39 ans, titulaire d’un DUT mécanique de précision, se destinait au métier de dessinateur industriel. L’envie d’être indépendant et les réminiscences de séjours à la ferme l’ont conduit à se lancer dans l’agriculture. Il cultive depuis 2001 une exploitation de 185 hectares de céréales à Pranzac, en Charente, à 15 km d’Angoulême. « Je ne me serais jamais lancé dans l’agriculture sans évolution possible des matériels et des pratiques. Pour moi, l’innovation est inhérente à mon métier. » Confronté à un sol argilo-calcaire, le jeune agriculteur cherche dès son installation une alternative au labour classique en profondeur qui l’obligeait à ramasser ou à broyer les pierres et roches de sa parcelle. Un travail pénible et long. « Je savais que la méthode du strip-till1 utilisée aux États-Unis me permettrait de gagner du temps. Je me suis donc rapproché d’un constructeur de machines agricoles qui a élaboré il y a sept ans un prototype pour me permettre de travailler selon ce procédé, novateur en France. Cela a débouché sur un matériel présenté au dernier

Emmanuel Catherineau, directeur adjoint du CDFA/CFPA2 de la Gironde.

L’imagerie aérienne pour une agriculture de précision

Yohan Delage, fervent défenseur de la technique du strip-till1.

L’EPLEFPA1 Bordeaux-Gironde, premier établissement de formation agricole et viticole au plan national, propose des modules de formation sur l’agriculture de précision. Uniques en leur genre, ils sont dispensés dans un format court de 35 heures (plutôt réservé à des professionnels) et dans un format plus long de 210 heures (plutôt ouvert à des stagiaires hors champ de l’agriculture). Ces formations, élaborées en partenariat avec Aérocampus Aquitaine et Téléspazio consistent tout d’abord à bien comprendre la prise d’image aérienne et le pilotage de drones. Ils ont ensuite pour objectif de savoir interpréter l’imagerie aérienne pour, par exemple, mettre en place sur l’exploitation des dosages précis de fertilisation ou de pulvérisation. Ces formations permettent donc à la fois de faire évoluer les compétences des acteurs du monde agricole (celles d’un chauffeur tractoriste, par exemple) et de former de futurs professionnels attirés par ces nouveaux outils d’aide à la décision. « Il y a vingt ans, l’analyse de sol révolutionnait le monde agricole. Aujourd’hui, c’est la même chose avec l’agriculture de précision », conclut Emmanuel Catherineau, directeur adjoint du CDFA/CFPPA2 de la Gironde (EPLEFPA Bordeaux Gironde). 1. L’établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricoles de Bordeaux Gironde. 2. Centre de développement de la formation en alternance/centre de formation professionnelle et de promotion agricole.

TWIN / HERVÉ LEFEBVRE

La société bordelaise ImmunRise a découvert une algue capable de soigner les maladies de la vigne. Son efficacité à 100 % contre le mildiou a été vérifiée en laboratoire. Il lui reste maintenant à faire ses preuves en plein champ1. La démarche, si elle est couronnée de succès, serait unique au monde. « Nous avons de sérieuses chances de réussir. » Laurent de Crasto, œnologue et ingénieur agronome, a cofondé la société ImmuRiseTechnologies, créée en avril 2015 par Lionel Navarro, son associé. Ce dernier est chercheur à l’institut de biologie de l’École normale supérieure (Paris). Ils évoquent ensemble le destin de leur découverte : une algue microscopique produisant une molécule dotée de propriétés biopesticides. Utilisée contre le mildiou, la grande maladie de la vigne, elle s’avère efficace à 100 % en laboratoire. La question est maintenant de savoir si elle le sera en situation réelle, condition sine qua non pour espérer demain une homologation puis une commercialisation. La démarche peut-être longue et sinueuse2. Leur investigation va donc perdurer encore de nombreux semestres : stabilisation des principes actifs de la molécule, amélioration de son temps de protection, etc. Pour cela, l’entreprise organise son développement. Elle vient de créer une filiale en Nouvelle-Aquitaine3, étoffe son équipe et cherche les fonds indispensables à ses recherches. Les créateurs de l’entreprise ont décidé de faire appel au financement participatif (crowdfunding) via une plate-forme Internet pour garder la maîtrise de leur innovation. En cas de succès dans la filière viticole, ImmuRise pourrait élargir son action à d’autres cultures et révolutionner ainsi le monde phytosanitaire.

Un agriculteur nouvelle génération

TWIN / HERVÉ LEFEBVRE

Une algue révolutionnaire au service de la viticulture

Laurent de Crasto invente les biopesticides de demain.


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

Le CRITT agroalimentaire de La Rochelle a fait de l’innovation son cheval de bataille.

ALBAN GILBERT 

DOSSIER AGRICULTURE Philippe Boiron, du CRITT agroalimentaire de La Rochelle, dont la mission est de soutenir et d’accompagner les entreprises dans leur démarche d’innovation et d’intégration de nouvelles technologies.

De l’idée à l’assiette Agroalimentaire

P

armi ses nombreuses missions, on retrouve notamment l’accompagnement des PME dans la conception et la gestion de projet, la recherche de financements, le recrutement et la formation, mais aussi le conseil en matière d’innovation produits, de qualité et de sécurité des aliments, de nutrition et de santé, etc. Créé en 1990 à l’initiative de chefs d’entreprise, ce centre de transfert technologique compte près de 250 adhé­rents, majoritairement des PME, ETI et filiales de groupes de l’industrie agroalimentaire de l’ancienne région Poitou-Charentes et des départements limitrophes. « Notre credo est de développer de la valeur ajoutée du producteur au consommateur, de favoriser la mise au point de nouveaux produits en phase avec le marché ou encore de favoriser l’in-

tégration de nouvelles technologies performantes et sobres », explique son directeur, Philippe Boiron. L’équipe de 11 personnes du CRITT a donc vocation à faire émerger des projets grâce à du conseil en développement technologique, du diagnostic et du pilotage, en étroite relation avec de nombreux établissements de la grande région : AGROTEC (fruits et légumes), ITERG (Corps gras), AGIR (produits sucrés), ACTALIA (produits laitiers), BNIC (filière cognac), etc.

De nouveaux débouchés pour l’agriculture

Même s’il n’intervient pas sur la production agricole en amont, le CRITT de La Rochelle constitue un partenaire de l’agriculture, puisqu’il contribue à trouver de nouveaux débouchés à la filière. Ainsi, sur l’espace Sud-Ouest Innovation 2016 au dernier Salon international de

l’alimentation (SIAL), 38 nouveaux produits ont été présentés par des entreprises collaborant avec le centre rochelais : une quiche pour végétariens à base de protéines végétales et de farines régionales (société Cook Up), des sachets repas bio

éleveurs » (SAS Lait 6), des « cœurs de pomme terroirs d’excellence » pur jus naturel de produits locaux (Société les jardins de l’Orbrie)… Un établissement dont le rayonnement devrait désormais s’étendre à l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine.

sans gluten riches en fibres et protéines (société Léa Nature), un yaourt « gourmand » au lait entier issu de production locale (Coopérative de Pamplie), du lait de la région « en direct des éleveurs » conditionné en poche éco-conçue « en direct des

La Nouvelle-Aquitaine compte plus d’une centaine d’établissements publics et privés en lien avec l’agriculture.

de Brive. Le site a bénéficié de la construction d’une nouvelle serre pédagogique inaugurée en mars 2016. Un nouveau système de production agroforestier horticole a permis de mieux ancrer l’établissement sur cette filière horticole, bien structurée localement. Un verger maraîcher pilote a par ailleurs été replanté. Des expérimentations sur le bio-contrôle et la limitation de la fertilisation chimique ont aussi été conclues avec des partenaires du territoire. En donnant aux établissements les moyens d’être à la pointe des technologies, la Nouvelle-Aquitaine favorise la diffusion d’approches agricoles plus modernes.

L’innovation agricole in vivo Lycées agricoles

I

ls forment à de nombreuses filières et constituent un laboratoire vivant pour diffuser des pratiques innovantes et sensibiliser les futurs exploitants de demain. Exemples concrets à travers trois établissements de notre région.

Comme d’autres établissements de la région, l’EPLEFPA1 de la Charente, à La Couronne près d’Angoulême, possède un atelier viticole. Son vignoble de 33 ha² permet la production de cognac, pineau des Charentes, vins de pays, vins de table et jus de raisin. De nombreuses expérimentations sont menées sur site en partenariat avec la station viticole du Bureau national

interprofessionnel du cognac (BNIC) ou la chambre d’agriculture de la Charente. Elles portent sur les mesures de résidus de produits phytosanitaires dans les eaux-de-vie, la mise en place et la gestion d’un conservatoire de cépages ou à la formation à l’éco-distillation par exemple. Au total, plus de 3 000 heures de stage et de pratiques sont assurées chaque

année. De quoi bien former les futurs professionnels de demain. Le lycée de Brive-Voutezac illustre de son côté l’innovation dans les filières végétales : horticulture, arboriculture ou maraîchage plein champ 100 % bio. Les produits récoltés sont valorisés en lien avec les collectivités locales, les coopératives ou les cuisines centrales

Des synergies fortes

2 région française de e

Le lycée agricole de Bazas, en Gironde, a développé des pôles de compétences reconnus dans les domaines forestier et de l’élevage. Proche du plus grand massif forestier cultivé d’Europe, il participe au développement et à la promotion de la race bovine bazadaise. Son exploitation agricole fonctionne avec les mêmes règles et contraintes qu’une entreprise d’exploitant privé. Elle offre ainsi aux élèves en formation un terrain d’applications et d’observations grandeur nature, conforme aux réalités professionnelles. La rénovation de son exploitation agricole, financée par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, s’inscrit dans cette démarche. La construction du bâtiment d’élevage a notamment été réalisée en pins des Landes à des coûts compétitifs, montrant par l’exemple les synergies possibles entre la filière bois et l’agriculture.

formation agricole

22

établissements publics (EPLEFPA), soit 36 lycées d’enseignement général et technologique/ professionnel)

53

maisons familiales et rurales

19 3 lycées privés

lycées privés (CNEAP) (UNMFREO)

21 300

85,4 %

de réussite aux examens (juin 2016)

ALBAN GILBERT

élèves dont 50 % de filles (formation initiale scolaire agricole)

1. Lycée d’enseignement et de formation professionnelle agricole. 2. Dont 6,6 ha de cépages rouges conduits en agriculture bio depuis 2009.

11


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

DOSSIER AGRICULTURE La Nouvelle-Aquitaine accueille 150 000 demi-pensionnaires dans ses 296 lycées et sert l’équivalent de 25 millions de repas par an. Une aubaine pour les agriculteurs régionaux. L’objectif avoué est de réaliser 60 % de ces approvisionnements en circuits courts, dont 20 % en bio. Voici les recettes utilisées par notre Région pour favoriser l’agriculture de proximité au sein des restaurants scolaires de nos lycées.

Le court va faire du chemin

ALBAN GILBERT

Laurent Peneaud, chef de cuisine au lycée Jean-Hyppolite, à Jonzac (17), et Sophie Le Clos Gourmand, agricultrice, chef d’exploitation, à Chepniers (17).

Circuits courts et bio dans les lycées

E

n cuisine, il faut savoir travailler en équipe, des approvisionnements au service. La Nouvelle-Aquitaine collabore étroitement avec les gestionnaires des lycées et les cuisiniers. Les premiers élaborent les cahiers des charges, les appels d’offres et les commandes. Les seconds préparent les repas dans une logique de restauration collective soumis à de nombreuses contraintes. Ensemble, ils donnent une place majeure aux produits locaux et bio servis dans les assiettes des lycéens de nos 12 départements. La démarche, vertueuse, profite à tout le monde : les agriculteurs trouvent le moyen de vendre leur production localement au juste prix ; les cuisiniers disposent de produits frais et de qualité plus valorisants à préparer ; les lycéens bénéficient de mets plus gustatifs, sains et variés.

Un prix de revient équivalent

La Nouvelle-Aquitaine dépenset-elle plus pour sa restauration scolaire que d’autres régions ?

12

Non, car même si le produit peut s’avérer légèrement plus cher à l’achat, c’est le résultat dans l’assiette qu’il faut prendre en compte. Ainsi, une viande locale de qualité artisanale ne perd que 5 % de son poids à la cuisson, contre 20 % pour des productions classiques de grands élevages. 70 % des achats en circuits courts et en bio des lycées sur notre territoire régional s’effectuent en groupement de commandes. Les établissements voisins se rapprochent pour passer leurs ordres sur certains lots, soit dans le cadre d’un marché public, soit de gré à gré (selon le montant de la commande). Les agriculteurs, de leur côté, s’organisent pour répondre aux marchés, soit via une structure dédiée, soit une coopérative, soit aussi un regroupement de maraîchers. Le but recherché est d’éviter les intermédiaires afin d’apporter aux agriculteurs le revenu maximum. Au total, la Région dépense 35 millions d’euros par an pour favoriser les circuits courts et le bio dans les lycées. Ce marché, en complément de la vente directe et d’autres marchés de proximité, offre des perspectives intéressantes à de nombreux agriculteurs.

NATHALIE REYNAUD, gestionnaire du lycée Paul-Éluard, à Saint-Junien (87)

« Notre cité scolaire regroupe un collège et un lycée, et nous servons 950 repas le midi et une centaine le soir. Nos premiers pas en matière de circuits courts datent de trois ans. Nous avons tâtonné au début, en cherchant par nous-mêmes des producteurs locaux. Désormais, nous passons par des marchés avec un tarif à l’année qui nous permet de maîtriser totalement notre budget. Nous commandons principalement de la charcuterie, de la volaille et des fruits, plus le pain. Cela représente 21 % de nos achats. Si la démarche nécessite un certain investissement en temps au départ, elle est aujourd’hui totalement intégrée dans notre organisation. La facilité d’échange avec des producteurs locaux, notamment sur les dates de livraison souhaitées, constitue un avantage appréciable. » THIERRY POUSSON, gestionnaire du lycée Navarre, à Saint-Jean-Pied-de-Port (64)

« Nous avons initié la démarche des circuits courts dès 2003 avec des petits producteurs. Cette politique s’est réellement structurée en 2007 via les marchés publics. Nous avons mutualisé nos achats avec d’autres établissements voisins. Aujourd’hui, le local représente 45 % de nos approvisionnements, dont 20 % en bio. Nous souhaitons encore

augmenter ce pourcentage en incitant les distributeurs à travailler sur une relocalisation de leurs approvisionnements pour qu’il s’appuie davantage sur une production de proximité. D’ores et déjà, 100 % de nos achats de viande fraîche sont d’origine départementale. En tant que coordonnateur de groupement, je travaille avec mes collègues gestionnaires à structurer la demande alimentaire sur le territoire de la Nouvelle-Aquitaine pour favoriser le développement d’une offre locale en agriculture raisonnée ou biologique, et cela pour un prix raisonnable. » LAURENT PENEAUD, chef de cuisine au lycée Jean-Hyppolite, à Jonzac (17)

« Je suis chef de cuisine depuis vingt ans et j’ai fait le choix de la restauration collective avec l’idée de faire monter en compétence la gastronomie dans ce secteur d’activité. Dans cet esprit, je participe toujours à des concours et je travaille les produits bios qui ont une très large place ici. Le lycée de Jonzac est une vitrine pour les producteurs locaux. Nous avons notamment participé avec la chambre d’agriculture à la confection d’un guide qui les recense. De même, nous les invitons à venir faire déguster leurs produits et à expliquer comme ils sont faits. Je considère que l’élève est un client, et c’est en lui proposant un bon produit bien cuisiné qu’on peut le satisfaire ! »


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

DOSSIER AGRICULTURE D’un côté des agriculteurs en difficulté. De l’autre des citoyens en situation précaire. Uniterres fait le lien entre eux, en permettant aux premiers de fournir aux seconds des produits frais à moindre prix via des épiceries solidaires ou sociales. Le tout dans une logique de circuits courts.

Uniterres : une idée fraîche et solidaire

U

niterres est un programme d’ai­ de alimentaire intégré au maintien d’une agriculture paysan­ne initié par l’Associa­tion nationale de développement des épiceries sociales et solidaires (Andes). Né en 2012 en Poitou-Charentes et en Aquitaine, il concerne aujourd’hui 73 agriculteurs fragilisés 1 de la Nouvelle-Aquitaine. Ces derniers bénéficient de

précommandes qui leur assurent un revenu, mais aussi de l’accompagnement technique et moral d’un coordinateur de l’association, issu lui-même du monde de l’agriculture. L’objectif est d’aider ainsi les agriculteurs à gagner en autonomie et à sortir du dispo­sitif. Leur production a alimenté 33 épiceries sociales et solidaires de notre région lors de la campagne 2015-2016, approvisionnant 7 100 ha­ bitants chaque semaine de produits frais et sains. Créateur de lien social,

le programme Uniterres propose également des animations au sein des épiceries afin d’apprendre à cuisiner des produits frais et permettre la rencontre avec les producteurs locaux invités à expliquer la qualité de leur travail et de leurs produits. À la fois efficace et vertueux, ce projet est soutenu par la Région. 1. Agriculteur en grande difficulté, première installation ou en phase de reconversion professionnelle ou en besoin d’un accompagnement cultural, commercial ou comptable.

Eduardo Saguar, exploitant agricole à Eysines (33), participe au programme Uniterres.

ALBAN GILBERT

Initiative

Après la crise majeure de 2016 rencontrée par les professionnels de la filière avicole, de nouveaux foyers ont fait leur apparition dans le Sud-Ouest en fin d’année.

Crise aviaire : la Région toujours en alerte Aviculture

L

es récents événements 1 font écho à la crise de grande ampleur connue l’année dernière par la profession. En novembre 2015, on apprenait qu’un cas de grippe

aviaire avait été détecté dans une basse-cour de Dordogne, le premier en France depuis 2007. Les analyses pratiquées confirmaient rapidement la présence du virus H5N1. Les foyers infectieux se multipliant, les autorités sanitaires ordonnèrent un vide sanitaire sans

précédent. Après un accompagnement soutenu de la Région, de l’État et de l’Europe, la situation s’était améliorée. Jean-Luc Broca, agriculteur à Bastennes, dans les Landes (40), assure l’élevage et le gavage d’une exploitation de 5 000 canards par an « Label Rouge ». Il

revient pour nous sur cet épisode douloureux.

ment et les mesures de bio-contrôle imposées. Je suis personnellement resté quatre mois sans production. Forcément, la gestion de la trésorerie a été compliquée. Heureusement, on a touché 50 % de l’indemnisation mise en place et 20 % supplémentaires doivent arriver très prochainement. » La Nouvelle-Aquitaine, avec l’appui des fonds européens, a investi 15 millions d’euros pour aider la filière. Cet accompagnement d’urgence s’est traduit par des aides aux entreprises de transformation et aux exploitations agricoles pour la mise aux normes de leurs installations. Les salariés sont partis en formation pendant leur période d’inactivité, la Région et l’État prenant en charge les compléments de salaire pour les collaborateurs des entreprises concernées.

15 millions d’euros pour aider la filière

« Cette expérience a été difficile à vivre. Après une période d’incertitude, il a fallu accepter le dépeuple-

Une profession fragilisée

« Les professionnels ont réagi et la grande majorité a accepté d’effectuer des investissements lourds, mais nécessaires », poursuit JeanLouis Broca. Ce dernier reconnaît « que des progrès étaient à faire ». La survenue de nouveaux foyers d’infection du virus de type H5N8 dans le Sud-Ouest inquiète du fait des conséquences économiques qu’elle risque d’engendrer auprès de l’ensemble des acteurs de la filière déjà fortement fragilisée. La Région reste vigilante à l’évolution de la situation et sera réactive pour soutenir les éleveurs.

Jean-Luc Broca, agriculteur à Bastennes (40).

TWIN / HERVÉ LEFEBVRE

1. Édition bouclée en décembre 2016.

Une cellule de crise avec une adresse mail dédiée aux entreprises et éleveurs de la filière a été mise en œuvre : crise-aviaire@nouvelle-aquitaine.fr

13


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

TRANSPORTS Dès juillet 2017, Bordeaux sera à 2h04 de Paris. L‘« effet LGV » aura un impact sur tout le territoire : des milliers de voyageurs de la Nouvelle-Aquitaine gagneront en rapidité grâce à des connexions Ter et TGV optimisées.

La Nouvelle-Aquitaine accélère sienne, de faire des recherches et de rentabiliser ainsi leur temps de trajet.

Des liaisons à l’intérieur de la Région facilitées

SALINIER QUENTIN

Ce ne sont pas seulement les échanges avec la capitale qui seront facilités, mais aussi toutes les liaisons internes à la région. Profitant de l’effet LGV et de cette hausse des cadences, les usagers réduiront leur temps de trajet entre les différentes villes de la région. Désormais, un habitant d’Angoulême pourra rejoindre Bordeaux en 35 minutes au lieu d’une heure (15 A-R/j), celui de Poitiers mettra 1 h 03 (11,5 A-R/j). Un Poitiers-Angoulême ne prendra plus que 37 minutes.

330 millions d’euros investis par la Région

LGV

P

our de nombreux habitants de la Région, l’arrivée de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Paris, baptisée « Océane », va améliorer fortement leurs déplacements. Imaginons, le cas d’un viticulteur girondin. Actuellement, en prenant le Ter à Saint-Émilion puis le TGV à Libourne, il lui faut entre 4 heures et 4 h 20 pour attein­ dre la capitale. Avec la LGV et les nouveaux horaires, il ne lui faudra plus que 2 h 55. Sur un aller-retour dans la journée, il aura ainsi 2 h 10 de train en moins. Un sacré gain de temps et de fatigue. De plus, grâce à une bonne connexion Ter et LGV, il pourra arriver tôt à Paris, à 9 h 08 au lieu de 11 h 18 actuellement, et si nécessaire en repartir en fin de matinée pour être présent, par exemple, à Vinexpo l’après-midi !

18,5 allers-retours TGV rapides par jour

À partir du 2 juillet 2017 exactement, ces trains à grande vitesse roulant à 320 km/h permettront de relier Bordeaux à Paris en 2 h 04 contre les 2 h 58 nécessaires auparavant et les 3 h 20 actuelles du fait des travaux. Ils

seront non seulement plus rapides, mais également plus nombreux. Ainsi, l’offre journalière de trains directs, c’est-à-dire sans aucun arrêt, sera de 17,5 allers-retours, auxquels s’ajoute un aller-retour avec un seul arrêt. La Nouvelle-Aquitaine s’aligne ainsi sur

le même niveau d’offre que les autres grandes liaisons TGV de Paris vers Lyon, Nantes ou Rennes. Ces dessertes seront cadencées à l’heure – si on en rate un, on sait que le suivant est dans une heure – et à la demi-heure en heure de pointe, vers

ZOOM

DES GAINS DE TEMPS POUR LES TRAINS DU QUOTIDIEN Comptant près de 53 000 voyageurs par jour, les Ter de la Nouvelle-Aquitaine surfent également sur la vague LGV. Depuis des mois, un travail « chirurgical » a été mené pour modifier leurs horaires et réduire au maximum les temps d’attente et de correspondances sur les principaux nœuds (Bordeaux, Angoulême, Poitiers ou Niort). La Région a ainsi œuvré, en partenariat avec la SNCF, pour optimiser ces nœuds de correspondance tout au long de la journée, et notamment sur les plages stratégiques du matin et de la fin de journée. Grâce à cette harmonisation des correspondances, un habitant d’Agen gagnera au total entre 1 heure et 2 heures, selon les horaires, sur son trajet Agen-Paris. Sur un trajet Arca­chon-Paris, le temps moyen en Ter+TGV, compris entre 3 h 10 et 3 h 40, permet de gagner entre 50 minutes et 1 h 30. Cette plus-value d’environ 1 h 30 sera similaire pour les voyageurs venant de Bayonne ou Pau. Sur un aller-retour dans la journée, les passagers de Pauillac et Bergerac économiseront, eux, jusqu’à 2 h 30 de trajet et ceux de Saintes et Cognac, en moyenne, au moins 1 h 20.

Paris le matin et vers Bordeaux le soir. À cette véritable « navette », s’ajoutent d’autres TGV qui desservent l’ensemble des villes intermédiaires (Libourne, Angoulême, Poitiers, Saint-Pierre-des-Corps). Ainsi, ce ne sont pas les seuls Bordelais qui profiteront de l’effet LGV. Sur un aller-retour à Paris, les habitants d’Angoulême réduiront leur temps de trajet de près d’une heure, ceux de Poitiers jusqu’au 36 minutes, ceux de la Rochelle entre 54 minutes et 1 h 20. Enfin, tous, grâce à une offre complémentaire de TGV à destination de Massy, Marne-la-Vallée et Roissy, auront la possibilité de rejoindre plus rapidement Lille ou Strasbourg.

Des plages horaires étendues

Autre avantage, le voyageur partant par exemple de Bordeaux pourra arriver, en semaine, plus tôt à Paris, aux alentours de 8 heures le matin, quand le Parisien, lui, aura la possibilité de débarquer gare Saint-Jean avant 9 heures. Le soir, le dernier train permettra de quitter Paris ou Bordeaux vers 21 heures. Le confort des nouvelles rames et les possibilités de connexion Wifi permettront aux plus vaillants de taper aussitôt le compte-rendu de leur réunion pari-

La Région, qui a investi 330 millions d’euros depuis 1998, notamment sur les travaux de construction de la LGV Tours-Bordeaux – soit la plus importante contribution des collectivités locales sur le projet –, mise sur cette nouvelle colonne vertébrale ferroviaire pour accélérer la croissance économique et l’équilibre démographique de tout le territoire. Animateur des comités de ligne, qui réunissent la SNCF, les élus et les usagers, la Région sera attentive aux remontées de terrain pour adapter l’offre si nécessaire. lgv-nouvelleaquitaine.fr

1998 : La première phase des travaux de suppression du bouchon ferroviaire de Bordeaux est inscrite au Contrat de Plan 2000-2006. 2002 : Alain Rousset préside l’association Priorité TGV Sud Europe Atlantique. 2006 : Opération de lobbying « Aquitaine / Euskadi : l’Europe à grande vitesse ». 2011 : Signature de la convention de financement du tronçon central de la LGV SEA. 2013 : Opération de lobby « LGV du Sud-Ouest européen : l’union sur toute la ligne ».

Les compétences de gestion des cars scolaires et des lignes routières non urbaines passeront conjointement dans le giron de la Région en septembre 2017. Jusqu’à cette date, les conseils départementaux assurent la continuité des services.

La Région, futur pilote des cars scolaires Transports interurbains et cars scolaires

À

l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, ce sont près de 220 000 jeunes qui sillonnent les routes du territoire pour se rendre dans leur établissement scolaire. Pour tout un chacun, des centaines d’autres lignes de service public parcourent en parallèle, hors agglomérations ur-

14

baines, les routes des douze départements de la région. La gestion, l’organisation et le financement de ces réseaux étaient jusqu’alors aux mains des conseils départementaux. Cette compétence revient désormais aux Régions.

Un souci de cohérence et d’harmonisation

En Nouvelle-Aquitaine, suite à des négociations avec les départements, décision a été prise, en décembre dernier, d’opérer la

passation des deux compétences – interurbaines et scolaires – conjointement à la date butoir d’août 2017. Et non comme initialement prévu en janvier 2017 pour les transports interurbains et en septembre 2017 pour le transport scolaire. Un choix guidé par un souci de cohérence et d’harmonisation : les transports interurbains et scolaires utilisant souvent les mêmes lignes ou étant liés par les mêmes contrats avec les autocaristes. Les départements resteront

ainsi en charge de ces deux services jusqu’à l’été.

Pas de modification des services et des tarifs en 2017

De fait, aucune modification des services (horaires, arrêts) et des tarifs n’interviendra en 2017. Des choix seront également posés en cours d’année sur l’organisation des futurs services. Pour les transports scolaires, sur un principe d’égalité des citoyens,

un tarif unique à tous les départements sera défini dans un délai de deux à cinq ans comme exigé par la loi. D’ores et déjà gestionnaire des trains express régionaux, la Région pourra désormais jouer la carte de la complémentarité des services entre les différents modes de transports, trains comme cars. Elle œuvrera, par consultation des usagers, à optimiser et mettre en cohérence ces offres afin de desservir, de façon plus efficace, les différentes villes et les zones rurales du territoire.


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

TRANSPORTS Le projet de mise à 2 X 2 voies sur la nationale 141 s’accélère. Les automobilistes gagneront à terme 30 minutes pour relier Limoges à Bordeaux.

LAURENT BILLARD

Angoulême-Limoges : un axe stratégique plus sûr et plus rapide

Dans le cadre de l’harmonisation des tarifs Ter et cars régionaux de la Nouvelle-Aquitaine, des offres inédites de réduction sont proposées à tous les voyageurs.

Profitez de nouveaux avantages ! Tarifs Ter et cars

I

maginée comme une alternative au covoiturage, la formule « Tribu » vous invite à vous associer avec des collègues, amis ou membres de votre famille effectuant le même trajet que vous. Dès lors, ce petit groupe de 2 à 5 personnes peut prétendre à des réductions et ce, sans condition d’âge, de période ni d’achat de carte. Valable à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, le tarif Tribu accorde ainsi 20 % de réduction à chacun quand on voyage à deux, 30 % quand on voyage à trois, 40 % à quatre et 50 % à cinq.

De - 25 à - 50 % avec les Cartes +

RN141

P

rès de 10 000 véhicules, dont 30 % de poids lourds emprun­tent quotidiennement cet axe routier transversal entre la côte atlantique et le Massif central, reliant Bordeaux à Limoges en passant par Saintes et Angoulême. Essentielle pour la cohésion de la Nouvelle-Aquitaine, la modernisation de la RN141 fait aujourd’hui figure de priorité. L’État et la Région viennent ainsi de dégager un budget supplémentaire de 25,07 millions d’euros (dont 7,6 millions pour la Région) aux 86,6 millions d’euros, prévus initialement, afin d’accélérer ce chantier.

20 km de double-voies entre Exideuil et Chasseneuil

Dès 2017-2018, commencera la mise à 2 X 2 voies d’un tronçon de 10 km, à l’est d’Angoulême, entre les villes d’Exideuil et de Roumazières. D’ici à 2020, des études, des acquisitions foncières et de premiers travaux seront, en parallèle, réalisés pour préparer le prolongement de la double voie sur un autre tronçon de 10 km entre Roumazières et Chasseneuil. Seule zone non pourvue jusqu’alors de double-voies sur les 104 km reliant Angoulême à Limoges, ces 20 km, source de ralentissements et de gênes pour les villages tra-

versés, se révélaient particulièrement accidentogènes.

Un enjeu de sécurité

La Région témoigne de son souci de faire bénéficier les usagers d’axes routiers combinant sécurité et rapidité. À terme, en 2024, les automobilistes gagneront ainsi 30 minutes entre Bordeaux et Limoges. Portés en partenariat avec les collectivités locales de Charente, d’autres travaux (40 millions d’euros) sont également prévus, entre la RN141 et la rocade d’Angoulême, pour faciliter à l’horizon 2019 l’entrée ouest de la ville aux conducteurs venant de Cognac.

Pour favoriser les transports alternatifs à la route, deux nouvelles haltes ferroviaires, ouvertes en décembre dernier, permettent à la population péri-urbaine de rejoindre facilement en Ter le centre-ville de La Rochelle.

Deux nouvelles haltes pour desservir La Rochelle Ter

L

a création de nouvelles gares fait figure d’exception. Le territoire de l’Aunis, qui s’étend à une trentaine de kilomètres de La Rochelle, peut pourtant se targuer d’en compter deux, depuis décembre dernier, sur l’axe ferroviaire La Rochelle-Niort. Les habitants de ce territoire mi urbain-mi rural peuvent désormais attraper un Ter pour rejoindre en quelques minutes le centre de La Rochelle où plusieurs connexions intermodales s’offrent à eux. Il leur faudra exactement 7 minutes depuis la nouvelle halte de La Jarrie et 14 depuis le second point d’arrêt flambant neuf situé à Aigrefeuille-Le Thou. Jusqu’alors, sur cette ligne ferroviaire, aucun point d’arrêt n’existait avant Surgères, ville située à 33 km de la cité rochelaise. Ce projet de création de deux gares s’est

accé­léré depuis deux ans. La Région a saisi une opportunité : la réalisation par SNCF Réseau de travaux de relèvement de vitesse des TGV, au printemps dernier, sur ce même axe ferroviaire. Une belle occasion de regrouper les travaux, d’optimiser les coûts et de gagner du temps.

7,1 millions d’euros, dont 5,2 millions investis par la Région. Cette somme est complétée par les apports de la communauté de communes Aunis Sud, la communauté d’agglomération de la Rochelle, le conseil départemental de Charente-Maritime et les fonds européens.

Plus de 7 millions d’euros de travaux

Une centaine de voyageurs par jour

Ainsi courant 2016, ces deux haltes ont pris forme par la construction de quais de 160 m de long, de passerelles pour les franchissements ou les cheminements piétons et handicapés, et de divers aménagements sur chacune d’entre elles : parking gratuit d’une cinquantaine de places, abris voyageurs et vélos, distributeur de billets, éclairages... La complémentarité avec le réseau urbain rochelais est également prévue sur la halte de La Jarrie via un arrêt de bus dédié. Le montant des travaux est, au total, de

Mises en service le 11 décembre dernier, ces deux haltes devraient attirer, chacune, une cinquantaine de voyageurs par jour sur les 5 allers-retours programmés (deux le matin, un le midi et deux le soir). Pour compléter l’offre, une ligne complémentaire de car interurbain est envisagée à partir de septembre (6 A-R/jours) sur la halte de La Jarrie avec la mise en place d’une tarification unique (train/bus) actuellement en cours de finalisation.

Envie d’un dimanche à la mer, d’une escapade au vert ou d’une sortie shopping ? Prenez les trains Ter et les cars régionaux ! Grâce à de nouvelles cartes de réduction à 29 €, bénéficiez

de billets à moitié prix les week-ends, les jours fériés et toutes les vacances scolaires de la zone A, sur l’ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine, en solo ou en duo. En semaine, elles offrent 25 % de réduction pour le titulaire de la carte. Pratique également pour les rendez-vous professionnels ! Dénommées IZY Air + (ex-Aquitaine), Cart’Astuces + (ex-Limousin) et Carte Avantages + (ex-Poitou-Charentes), elles sont valables un an et s’achètent en gare. À venir : la Région poursuit sa démarche d’harmonisation avec de nouveaux tarifs, en particulier pour les jeunes de moins de 28 ans. Accessibles sans carte, ils seront disponibles à partir du printemps 2017… À suivre !

Consultation des horaires, simulations tarifaires : aquitaine.ter.sncf.com limousin.ter.sncf.com poitou-charentes.ter.sncf.com

En contournant Bordeaux, la nouvelle ligne Ter Macau-Pessac offre un gain de temps aux usagers qui voyagent vers l’ouest et le sud de la métropole.

Contourner Bordeaux en train Triangle des Échoppes

C

’est une demi-heure de trajet que gagnent les Médocains au départ de Macau pour Pessac, pour un voyage de désormais 33 minutes, contre une heure précédemment. De même, Blanquefort n’est plus qu’à 21 minutes de Pessac contre 52 minutes auparavant. Mise en service le 11 décembre dernier, cette ligne dessert 8 gares1 et propose 9 aller-retour quotidiens. Ce gain de temps est rendu possible par le contournement de la métropole bordelaise. Les voyageurs en provenance du Médoc n’ont donc plus à passer par la gare Saint-Jean et peuvent effectuer de nombreuses correspondances depuis la gare de Pessac, que ce soit à destination d’Arcachon, Mont-de-Marsan, Bayonne ou encore Pau... Les habitants du bassin d’Arcachon et de l’ouest de la métropole profitent également de liaisons aisées et confortables (notamment clima-

tisées) pour rejoindre Mérignac, Bordeaux- Nord, le CHU Pellegrin… Cette ligne, destinée à faciliter l’intermodalité et décongestionner la gare Saint-Jean, a nécessité deux ans et demi de travaux. La Région a investi 20,5 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 5,1 millions d’euros via SNCF Réseau. Inutilisée depuis cinquante ans, l’ancienne emprise de 1,4 km, appelée « Triangle des Échoppes », qui relie la gare de Pessac à la ceinture ferroviaire de Bordeaux, a été entièrement refaite et électrifiée. Un pont de 40 mètres a été posé en 2015, chantier complété par des travaux de signalisation et la construction d’un quai en gare de Pessac, qui fait figure désormais de nouvelle plateforme de correspondance dans le maillage ferroviaire interurbain. 1. Macau, Ludon, Parempuyre, Blanquefort (connexion tram C pour rejoindre Bordeaux-centre), Bruges, Caudéran, Arlac-Mérignac (connexion tram A) et Pessac (connexion tram B vers le campus universitaire).

Tous les horaires sur ter.sncf.com

ter.sncf.com

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

INNOVATION SOCIALE L’appel à manifestation d’intérêt en chiffres

164

dossiers

33

12

projets financés

projets accompagnés pour être retravaillés

34

projets réorientés vers des structures connexes

Aide maximum de 40 000 euros par projet Montant total 805 000 euros ILLUSTARTION : SÉVERIN MILLET

leur proposer un cadre, au sein duquel ils puissent se fédérer en réseaux.

Des usagers impliqués

L’innovation sociale bouillonne en Nouvelle-Aquitaine. Fondée sur une recherche de bien-être davantage que de profit, cette forme d’innovation particulière s’ingénie à inventer des solutions nouvelles aux défis de notre société, que ce soit en matière d’habitat, de mobilité, d’alimentation ou d’urbanisme…

La Nouvelle-Aquitaine : un laboratoire à ciel ouvert

U

ne boutique sans argent, une application mobile pour les marginaux, ou une épicerie associative en zone rurale : chacune de ces initiatives répond de façon originale à des problèmes de société. Elles participent à améliorer les conditions de vie. Elles permettent de subvenir à un besoin nouveau ou mal satisfait et présentent une opportu-

nité de modifier les relations entre les personnes ou les organisations. Des démarches centrées sur l’intérêt général, porteuses de sens, autant que de nouvelles perspectives d’emploi et de développement, avec toujours une même mécanique : inventer, expérimenter et diffuser. C’est là toute la recette de l’innovation sociale. Présentes sur l’ensemble du territoire, ces expérimentations se font l’écho des ambitions de la Région en la matière, du fait de leur capacité à élaborer

des réponses nouvelles aux grands défis sociaux et environnementaux d’un territoire et d’une époque.

Des domaines d’intervention variés

Plus de 70 projets nés dans les anciennes régions sont expérimentés et suivis. Et, pour la première fois en 2016, un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à encourager l’innovation sociale a été mené à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. Sur 164 dos-

Dans le quartier populaire des 3 Cités, à Poitiers, le centre socio-culturel propose aux habitants de s’impliquer dans les questions importantes à leurs yeux. Un moyen de favoriser la participation citoyenne et de promouvoir le savoir-faire de chacun.

Le pouvoir d’agir rendu aux habitants Centre socioculturel des 3 Cités

R

edonner du pouvoir d’agir, ça veut dire quoi ? C’est être en situation de peser sur les choix qui nous concernent et de maîtriser ce qui est important dans nos vies et notre environnement, qu’il s’agisse de culture, de travail, d’éducation, de santé, de logement, ou de cadre de vie… Le pouvoir d’agir existe déjà dans la société, mais il est très inégalement réparti. C’est pourquoi le centre socio-culturel des 3 Cités a décidé d’en faire le cœur de sa démarche, et d’élaborer un projet de quartier renouvelé, pensé d’abord avec les habitants, plutôt que d’être pensé pour eux.

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Faciliter la mobilisation

« Nous avons voulu partir des préoccupations quotidiennes de ceux qui vivent ici, sur l’emploi, la santé, la jeunesse, la réussite scolaire. C’est en s’appuyant sur la connaissance qu’ils ont de ces problématiques que nous pouvons les aider à trouver des pistes », explique Vincent Divoux, le directeur du centre socioculturel. Le projet consiste donc en premier lieu à aller à la rencontre des habitants pour faire émerger des demandes. Engagé depuis quinze ans dans des dynamiques participatives, le centre socioculturel propose de multiples activités autour de la vie quotidienne. Ouvert à toute attente et à toute proposition des habitants, l’équipe composée d’une centaine de bénévoles et d’une cinquantaine de salariés sou-

haite associer le plus grand nombre à la construction de solutions collectives. « Lorsque l’on repère une problématique récurrente, on propose aux habitants rencontrés de fonder un groupe qui pourra sortir des sentiers battus et définir sa propre stratégie », décrit le directeur. En deux ans, après 140 entretiens, 5 groupes ont été formés, qui rassemblent une soixantaine de personnes. Le rythme est lent et revendiqué : « Il faut se donner le temps pour que chacun puisse et ose trouver sa place. »

Une construction collective

Certains ont ainsi choisi de travailler autour de l’accès à l’emploi, d’autres sur le bruit. Un groupe investi sur le thème des transports a entrepris

siers examinés, 33 ont été soutenus et bénéficient d’un accompagnement financier. Ils recouvrent une grande diversité de domaines d’intervention : alimentation, logement, mobilité, mais aussi urbanisme, industrie ou encore innovation organisationnelle. Qu’il s’agisse d’entreprises, d’associations ou d’établissements publics, tous ces innovateurs font progresser notre bien-être individuel et collectif. La Région s’engage à leurs côtés pour soutenir une dynamique, et surtout

Vincent Divoux, directeur du centre socio-culturel des 3 Cités, est à l’écoute des habitants pour créer des projets collectifs.

FRANÇOISE ROCH

Vivre-ensemble

Mêlant tout à la fois sciences humaines et technologies numériques, la force de ces projets réside dans l’implication des usagers très en amont, dans un esprit de coconstruction. Et comme toute innovation nécessite le concours d’experts, les universitaires sont également fortement associés à la démarche. Plusieurs chercheurs impliqués dans l’AMI participent ainsi à l’accompagnement des projets, coordonnés par le centre d’innovation sociétal CRISALIDH. L’autre atout de l’innovation sociale, c’est sa facilité de partage, non entravée par des brevets ou des secrets de fabrication. Cette implication d’acteurs multiples permet de transférer plus aisément encore l’innovation dans la vie courante. En accompagnant ces initiatives, la région Nouvelle-Aquitaine se pose ainsi en véritable laboratoire à ciel ouvert de l’innovation sociale. Le tout au service de la cohésion sociale et de l’amélioration du bien-être. Découvrez (ci-dessous et page 17) les visages de l’innovation sociale en Nouvelle-Aquitaine à travers trois projets remarquables soutenus par la Région.

d’inviter des élus à venir tester le réseau de bus sur le quartier afin d’expérimenter leurs contraintes. Ceux qui réfléchissent sur la communication entre parents et professeurs ont décidé de recueillir des témoignages vidéo qui illustrent les jugements mutuels. Ce film servira de support pour des temps de rencontre. « On ne juge pas de la manière dont les gens vont intervenir. Il faut accepter qu’ils disent parfois des choses

qui ne font pas plaisir », soulignent les équipes. Cette ouverture est appréciée et nourrit une grande liberté d’initiatives. « Tout ce que nous décidons, vous l’acceptez sans vous fâcher ou nous montrer votre désaccord », témoigne un habitant, à propos des animateurs. « Cela nous montre que le projet nous appartient. » Un élan qui participe à la construction d’un quotidien solidaire et encore plus citoyen.


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

INNOVATION SOCIALE Pour lutter contre l’exclusion numérique des personnes fragiles, l’association Solinum les accompagne et développe des outils adaptés. Son application mobile répertorie et géolocalise tous les services gratuits afin d’en faciliter l’usage. Elle simplifie ainsi l’accès au logement, à l’hygiène, à l’alimentation, à la santé et à la mobilité dans la ville.

Le numérique au service des plus fragiles

L’

accès au numérique comme levier de réduction des inégalités, c’est le postulat de Guillaume Cherel, président de Solinum. Disposant d’une double expérience dans l’informatique et l’action sociale, il fait le constat des difficultés rencontrées par les personnes qui ne sont pas familières de l’ordinateur ou qui se trouvent éloignées d’une connexion Internet. « Quand vous êtes en situation de précarité, l’obligation de passer par le numérique pour accéder à des services se transforme en double peine. Ce qui, pour la majorité des gens, permet de gagner en rapidité et en efficacité va devenir une complication », analyse le fondateur de l’association.

Le téléphone, seul compagnon LAURENT BILLARD

Le Cabas de SaintBonnet se structure à mi-chemin entre le point relais, le bar associatif et l’épicerie traditionnelle.

Après la fermeture du dernier commerce dans cette commune de 600 âmes, un groupe d’habitants s’est constitué afin de créer une épicerie associative. Un moyen pour chacun de se fournir en produits locaux, mais aussi de retrouver un lieu de convivialité.

Le Cabas de Saint-Bonnet Valoriser l’économie de proximité

D

epuis quelques semaines, les habitants de Saint-BonnetBriance, petit village de la Haute-Vienne, ont de nouveau la possibilité de se croiser et d’échanger autour d’un verre. Deux années durant, ils ont été privés de leur épicerie. Sa réouverture fin septembre, avec son coin de comptoir, ses cafés fumants, ses bières locales et son alignement de produits du terroir est donc synonyme de chaleur humaine autant que de vente au détail. « Le commerce de proximité est essentiel à la fois pour la dynamique économique et comme lieu de vie et de rencontre », confirme la maire de la commune Sylvette Chadelaud. Lorsque la précédente épicerie a été mise en liquidation fin 2013, après seulement deux ans d’existence, c’est l’unique point de rencontre du bourg qui s’est éteint. Et l’intérêt de toute la commune s’est très vite porté sur la recherche d’une nouvelle solution.

Le parti-pris du local

Partie prenante de la démarche, la Région fournit alors un soutien opérationnel. « Dès le départ nous avons décidé de travailler sur le long terme afin de déterminer le projet qui aurait le meilleur potentiel économique », souligne Maxime Roby, chargé des questions économiques au sein du Pays Monts et Barrages. « Cela nous a permis d’aller au plus juste, confirme l’élue, car nous savions qu’un commerce classique ne serait pas viable. » Une enquête est alors lancée pour comprendre les modes de consommation et les attentes des habitants. Un groupe de citoyens motivés et d’élus se constitue. Ils visitent plusieurs initiatives locales liées aux circuits courts, et créent l’association. « Nous avons rencontré de nombreux producteurs, ce qui nous a permis de réfléchir à ce qui serait le plus adapté, retrace Nicolas Lhéritier, le président de la structure. Nous voulions privilégier les produits locaux, et pouvoir effectuer des commandes en ligne. » Le Cabas de Saint-Bonnet se structure donc à mi-chemin entre le point

relais, le bar associatif et l’épicerie traditionnelle.

Engagement bénévole

Le Cabas ouvre deux fois par semaine, le mercredi soir et le dimanche matin, sous la houlette d’une équipe bénévole, ce mode de consommation responsable répond aux besoins de tous. Pour les personnes âgées, qui ont peu de moyens de se déplacer, il intègre la nécessité d’un service de proximité. Tandis que les plus jeunes, qui souhaitaient faire la part belle aux denrées locales, se réjouissent des liens tissés avec les producteurs. « Pour eux, c’est aussi un nouveau débouché que nous leur avons ouvert, cela participe du développement régional », pointe le président. Véritable réussite, le projet est exemplaire dans sa philosophie comme dans sa construction au plus près des attentes des habitants. « C’est l’affaire de tout le monde et ça a été fait ensemble », résume l’élue. L’initiative répond ainsi à l’une des particularités de l’ESS : une économie inscrite dans les territoires, et portée par les acteurs en réponse à leurs problématiques spécifiques.

L’inégalité face aux usages et à la compréhension du numérique devient un nouveau facteur de discrimination. La dématérialisation d’un certain nombre de services marginalise les personnes précaires, souvent les plus éloignées du numérique. Sans la capacité à se servir efficacement des outils qu’imposent les nouvelles technologies, trouver un travail, un logement, ou accéder à des aides, devient encore plus compliqué. Paradoxalement, ce sont pourtant ces publics fragiles qui en ont le plus besoin. C’est pour leur venir en aide que Solinum a créé son application mobile baptisée Ayuda. En cours de test à Bordeaux en partenariat avec le Centre d’accueil, d’information et d’orientation de Bordeaux (CAIO), une première version destinée aux personnes sans domicile répertorie les lieux acces-

sibles pour manger, dormir, se laver, déposer ses affaires ou se soigner gratuitement. Ses concepteurs l’ont pensée comme un point d’entrée le plus exhaustif, mais également le plus simple possible, vers l’offre de services non marchands. « Pour ces personnes, le smartphone est souvent le seul compagnon permanent et la seule source d’information, décrit Guillaume Cherel. Il peut donc apporter un bénéfice immédiat. Notre application leur permet de se repérer dans un réseau d’assistance éclaté. »

Une borne avec tablette intégrée

L’application mobile a été développée avec l’entreprise Sogeti. Elle fonctionne en mode déconnecté, avec des icones facilement compré­ hensibles, une géolocalisation, des informations sur les horaires et conditions d’accès des services, et un guidage jusqu’au lieu sélectionné. L’objectif désormais est de développer une deuxième version destinée à un plus large public (salariés précaires, étudiants sans revenus, personnes isolées…) qui intègrera des services élargis allant jusqu’à l’offre culturelle. Enfin, une borne mobile a été conçue par Solinum et construite par la start-up Heliosis, basée à Pessac. Elle pourrait être positionnée dans Bordeaux. Alimentée par énergie solaire, elle sera destinée à recharger gratuitement les téléphones portables, accéder à Internet et consulter l’application Ayuda ainsi que d’autres services via une tablette intégrée pour tous ceux qui ne disposent pas d’un smartphone. Initiative unique en France, l’utilisation d’Ayuda va être testée à plus grande échelle sur Bordeaux durant l’année 2017. Elle pourrait ensuite essaimer avec un déploiement national. Guillaume Cherel, président de Solinum.

ALBAN GILBERT

Solinum

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

DÉVELOPPEMENT DURABLE La start-up de Limoges pleine d’ambition développe le petit éolien pour l’autoconsommation et les sites isolés. Un projet innovant, dont l’objectif est de permettre aux utilisateurs de produire une énergie verte à prix compétitif.

Inergys : la petite éolienne qui a le vent en poupe Énergie verte

Thierry Lamadieu, fondateur d’Inergys, produit une nouvelle gamme de petites éoliennes très innovantes.

A

près deux ans de développement, et une dizaine de prototypes, la technologie est désormais maîtrisée et les performances validées. Créée en mai 2013 à Limoges, Inergys produit une nouvelle gamme de petites éoliennes très innovantes. Conçues avec un axe vertical et une voilure tournante, elles peuvent capter efficacement des vents plus faibles et fonctionner même avec de brusques changements de direction. Composée d’une équipe de cinq personnes, installées près de l’aéroport, l’entreprise limougeaude est donc sur le point de prendre son envol. Elle entre dans une phase préindustrielle.

de fonds de 750 000 euros en 2013, et la création d’un bureau d’étude, d’une usine et d’une soufflerie pour les tests, un premier modèle est opérationnel. Destiné aux entreprises et aux collectivités pour de l’au-

to-consommation « son but est de générer de l’énergie renouvelable à prix compétitif », explique l’entrepreneur. « De nombreuses sociétés veulent fabriquer leur propre énergie dans un souci de développement du-

BOURGUET ROLAND/ADEME

énergétique et écologique. Ils seront l’occasion d’interventions de personnalités de renom et d’acteurs locaux clés.

Quatre thématiques

Face à l’immense défi du changement climatique, la Région s’associe à Darwin, porteur du festival Ocean Climax, à Bordeaux, pour essaimer l’expérience et favoriser un éveil des consciences à l’échelle de tout le territoire.

Ocean Climax fait des petits Changement climatique

A

rticuler arts, concerts, débats et village de la transition, pour une expérience inédite, c’est toute la force du rendez-vous bordelais. En septembre 2016, Darwin coorganisait avec Emmaus et Surf Rider Foundation la deuxième édition du festival Ocean Climax, dédié à la lutte contre le changement climatique et à la protection des océans. Habile mélange d’émotions et de mobilisation, la manifestation se déroule sur la rive droite de Bordeaux, au sein de l’ancienne caserne Niel. Elle a notam-

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ment accueilli Nicolas Hulot et Edgar Morin, qui partageaient l’affiche avec des artistes tels que Air ou Keren Ann. Cette capacité à rassembler artistes, scientifiques et militants, autour d’une programmation hybride, fait toute la force de l’organisation. Elle permet de mobiliser un public très large. La Région et Darwin ont décidé de s’associer sur cinq temps forts. Au-delà de l’aventure bordelaise, désormais bien installée, quatre nouveaux événements qui reprendront le même ton, sont programmés tout au long de l’année sur l’ensemble du territoire. Ces conférences décentralisées permettront la mise en lumière de différents enjeux de la transition

« Nous sommes unis dans la même détermination pour faire bouger les lignes et évoluer les regards », analyse Jean-Marc Gancille, cofondateur du projet Darwin. Main dans la main avec la collectivité, notre objectif est désormais d’aller à la rencontre de nouveaux auditoires fédérés autour de ces temps d’échanges rafraîchis. Après un premier rendez-vous à Biarritz, consacré au biomimétisme, et en particulier à l’immense potentiel de l’océan comme source d’inspiration et d’innovation. À la fin de ce premier trimestre 2017, les autres événements porteront sur les moyens de produire et de consommer autrement, la transition énergétique ou encore l’économie circulaire comme source de valeur économique, sociale et environnementale. Des événements qui seront répartis sur toute la Nouvelle-Aquitaine. Ce partenariat constitue un nouveau moyen de fédérer l’ensemble des acteurs et de mettre en valeur leurs initiatives innovantes sur le long terme et sur l’ensemble du territoire.

Découvrez les prochains événements sur nouvelle-aquitaine.fr/agenda-region

rable. C’est le cas par exemple d’une chaîne de supermarchés, dont les frigos fonctionnent 24 h/24. » Adaptée au milieu urbain, l’éolienne d’Inergys peut aussi être implantée sur les sites isolés, pour

En 2016, les premiers modèles ont été vendus à deux clients pilotes : Engie, à Toulouse, et Orange pour un site en Bretagne. Plusieurs autres projets sont actuellement en discussion. L’objectif est maintenant d’aboutir d’ici à trois ans à un processus industriel qui permettra de réduire de façon importante les coûts de production. Fabriqué par des partenaires locaux (une trentaine de sous-traitants), les pièces détachées sont ensuite assemblées et testées dans la soufflerie avant l’installation définitive. « On est dans un éco-système. Il y a toute une économie qui est en train de se tourner vers l’énergie renouvelable. C’est à la fois pertinent, mais aussi éthique et utile », pointe le chef d’entreprise. Et porteur de perspectives d’emplois à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine. inergys.fr

L’ARTEE étend ses aides aux économies d’énergie Travaux de rénovation

P

our vous accompagner dans vos travaux de rénovations et vous permettre de réaliser des économies sur la facture énergétique, l’Agence régionale pour les travaux d’économies d’énergie (ARTEE), étend son rayon d’action et couvre désormais l’ensemble de la région. Créée en Poitou-Charentes en septembre 2015, la structure s’était élargie au Limousin l’été dernier. Elle englobe maintenant aussi l’ancienne Aquitaine. S’adressant aux particuliers propriétaires d’un logement (que vous soyez occupants ou bailleurs), l’ARTEE propose de vous accompagner si vous envisagez une rénovation énergétique. Dans ce cas, l’agence effectue un diagnostic du logement, et propose ensuite plusieurs scénarios de travaux. L’objectif : faire au moins 40 % d’économies sur votre facture énergétique. Elle s’inscrit dans une analyse globale qui prend

ALBAN GILBERT 

Chef d’entreprise expérimenté, à la tête depuis 2007 de l’entreprise Somac en Creuse, (sous-traitant pour les marchés automobile et aéronautique) qu’il a su relancer, Thierry Lamidieu cherchait un nouveau projet : « Je souhaitais travailler dans le secteur des énergies et de l’innovation. » Après la signature d’un contrat d’utilisation exclusive du brevet, une levée

Clients pilotes

LAURENT BILLARD 

Adaptée au milieu urbain

lesquels l’approvisionnement électrique est cher et compliqué. Accompagné par les équipes de la Région depuis l’origine, le projet a été soutenu financièrement via le fond de co-investissement Limousin Dynalim et par Limousin Expansion, l’agence régionale de développement du Limousin, désormais intégrée au sein de l’ADI (agence de développement et d’innovation), pour les études et le business plan. « Sans cette aide, nous n’aurions rien pu faire, témoigne Thierry Lamidieu. Quand on a démarré, il n’y avait qu’un Power-Point. Durant ce temps de maturation du projet, nous avons été bien épaulés pour nous structurer. »

en compte les différents postes techniques du bâtiment, permet d’identifier les aides accessibles, et d’établir un plan de financement. « C’est un moyen d’être épaulé en bénéficiant de conseils sur les tarifs et les travaux à effectuer. Cela permet de sécuriser son projet, en sachant qu’à l’issue, de toutes façons, l’investissement débouche sur des économies d’énergie », pointe David Dieumegard, directeur de la structure. Chacun y trouvera donc matière à rentabiliser son chantier. Quant à la Région, elle accompagne ainsi la démarche globale de réduction des gaz à effet de serre sur son territoire.

Pour plus d’infos. Tél. : 05 49 43 87 20 artee.fr


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

LANGUES RÉGIONALES La Nouvelle-Aquitaine est aujourd’hui riche de trois langues régionales. Charline Claveau-Abbadie, conseillère régionale déléguée aux langues et cultures régionales, nous présente ces langues et leur place dans la politique régionale.

Basque, occitan et poitevin-saintongeais au cœur de la Nouvelle-Aquitaine Enseignement de l’occitan au lycée Bertrand-de-Born, à Périgueux.

Le centre IKAS est un centre de ressources pédagogiques et documentaires en langue basque.

PHOTOS : ALBAN GILBERT

Nouvelle-Aquitaine

ment dans les lycées, les gares et les trains régionaux.

DR

FRANÇOISE ROCH

L’association UPCP-Métive, union régionale d’associations, œuvre depuis bientôt un demisiècle en faveur de la culture et de la langue poitevinesaintongeaise.

Entretien avec

L’enseignement peut être « immersif » (entièrement en langue régionale jusqu’au CE1), bilingue ou optionnel. La crainte souvent exprimée d’un enseignement en langue régionale qui se ferait au détriment du français a été largement levée d’un point de vue pédagogique. Au contraire, il est désormais démontré que l’apprentissage des langues régionales stimule le développement intellectuel des enfants, notamment vis-à-vis du plurilinguisme. Si le poitevin-saintongeais n’est pas enseigné à l’école, il existe néanmoins, tout comme en basque et en occitan, des cours pour adultes prodigués par des associations.

Quelles sont aujourd’hui nos langues régionales ? La Nouvelle-Aquitaine est dans une situation exceptionnelle, puisqu’elle est riche de trois langues régionales appartenant à des ensembles linguistiques différents : le basque, une des langues les plus vieilles d’Europe (pré-indo-européenne), parlée à l’ouest des Pyrénées, de part et d’autre de la frontière ; l’occitan, qui est parlé dans les ex-régions Aquitaine et Limousin ainsi que dans l’est de la Charente, et bien au-delà, puisque son territoire s’étend du Val d’Aran, en Espagne, jusqu’aux vallées piémontaises, en Italie. Et enfin le poitevin-saintongeais, de la famille d’oïl, parlé sur le territoire de l’ancienne région Poitou-Charentes.

TWIN

Charline Claveau-Abbadie conseillère régionale déléguée aux langues et cultures régionales

Où peut-on les apprendre ? Existe-t-il des écoles ? Le basque et l’occitan sont des langues enseignées au sein de trois filières différentes : le public, les écoles associatives laïques (Calandreta et Ikastola) et le privé confessionnel.

Quelle est la politique régionale de cette nouvelle mandature en faveur des langues régionales ? La région Nouvelle-Aquitaine a adopté une politique volontariste vis-à-vis des langues régionales, que ce soit pour l’enseignement ou pour le soutien aux activités culturelles portées par les différents acteurs. La politique régionale ne se contente pas d’une vision pa-

trimoniale dont l’objectif serait de « conserver » les langues de son territoire. La politique régionale va bien au-delà : il s’agit véritablement de renforcer la transmission de ces langues, d’encourager et de vivifier leur pratique. En premier lieu, parce que nous pensons que c’est un droit des Néo-Aquitains de pouvoir exprimer leurs diversités culturelles, mais également parce que c’est un atout pour la distinction des territoires de la nouvelle région. Ainsi, nous travaillons de manière à irriguer et enrichir tous les aspects de la vie régionale, que ce soit dans le secteur économique, agricole, social ou touristique. C’est à la fois une réponse à l’uniformisation culturelle galopante et à la compétition des territoires à l’échelle internationale. Pour ce faire, j’entends notamment développer la coopération interrégionale et transfrontalière, et je souhaite également accompagner nos opérateurs pour capter des financements européens structurants. Il nous faudra enfin donner plus de visibilité à nos langues, notam-

Quelle est la place des langues régionales dans la culture et les médias ? Les langues régionales sont aujourd’hui présentes dans tous les compartiments de la culture et des médias, et souvent là où on ne les attend pas. Loin des oppositions classiques « jeunes/personnes âgées » ou « rural/urbain », nous voyons émerger des projets intergénérationnels sur l’ensemble du territoire et qui mêlent à la fois des pratiques dites « traditionnelles » à des formes plus contemporaines. La Région accompagne aussi bien les compagnies professionnelles (Hart Brut, Elirale, Lost in Tradition, Le Nombril du Monde…) que les festivals (EHZ, Hestiv’Oc, la Félibrée, Bouche à Oreille…). La radio et la télévision par Internet sont également des vecteurs majeurs de diffusion de nos langues, qui peuvent ainsi rayonner à une échelle bien plus large.

Institut occitan d’Aquitaine : in-oc.org Institut d’études occitanes du Limousin : ieo-lemosin.org Institut culturel basque eke.eus UPCP-Métive (Union d’associations qui ont pour vocation la valorisation des cultures populaires du Poitou et de la Saintonge) metive.org Vous avez été nombreux à vous inquiéter de ne pas retrouver votre rubrique Langues régionales dans le dernier numéro du journal de la Région Nouvelle-Aquitaine. Dès le prochain numéro, vous pourrez à nouveau découvrir vos articles rédigés en basque, occitan et poitevin-saintongeais dans une rubrique dédiée.

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

CULTURE

La Méca, nouvelle arche de la création Grand projet

E

Vitrine artistique

Point de convergence des filières créatives, la Méca va dynamiser la circulation des projets en Nouvelle-Aquitaine. Son implantation dans le quartier Saint-Jean-Belcier est emblématique : elle est toute proche de la future gare LGV, nouvelle porte d’entrée du territoire. Cette force d’attractivité permettra à l’Oara de présenter aux programmateurs de toute la France les créations de compagnies régionales en résidence. De même, l’art contemporain bénéficiera d’une vitrine sans égal dans la capitale de la Nouvelle-Aquitaine. Ouverts aux visiteurs, les espaces du Frac aquitain accueilleront des expositions permanentes et temporaires. En collaboration avec les Frac du Limousin et de Poitou-Charentes, qui conserveront leurs propres sites,

la Méca hébergera des expositions vouées à tourner dans toute la région. La filière cinéma et audiovisuelle profitera également d’une salle de projection de 84 places et d’un plateau scénique de 380 m2 et 266 places, accessibles lors des sorties de résidences. À cela s’ajoutent un restaurant, un café, une terrasse panoramique... Jusque dans son architecture, le site s’affirme comme un lieu passerelle. L’édifice est traversé par une « chambre urbaine », une grande promenade dont les piétons devrait s’emparer pour passer des berges de la Garonne au quartier Belcier. La transition est aussi symbolique : le chantier de la Méca est la pierre angulaire du renouveau urbain du quartier, au cœur de la grande opération de réaménagement Bordeaux-Euratlantique. Le budget du projet, 60 millions d’euros, est financé à 93 % par la Région complété par les 4 millions apportés par le ministère de la Culture et de la Communication. La Méca devrait accueillir les agences régionales en 2018, dès le second semestre. Elle ouvrira ses portes au public début 2019.

DR

lle sera, à Bordeaux, un immanquable point de repère. Un bâtiment phare culminant à 36 mètres de hauteur sur les berges de la Garonne. À quelques minutes de la gare Saint-Jean, la Méca (Maison de l’économie créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine) est appelée à devenir le « hub » de la création contemporaine dans la région : c’est-à-dire une formidable passerelle où pourront transiter, toutes disciplines confondues, œuvres, expositions ou sorties de résidence pour gagner en visibilité à l’échelle nationale. Sur les quais de Paludate, le chantier a été lancé l’été dernier. La grande arche du futur bâtiment, en fait une impressionnante boucle rectangulaire traversée par une place publique, qui émerge sur le site des anciens abattoirs de Bordeaux. La Méca, grand projet culturel de la Région, est avant tout une colocation artistique de 13 685 m2. Son bâtiment, hybride d’espaces dédiés aux professionnels des filières créatives et ouverts au pu-

blic, va regrouper trois agences régionales : le Frac aquitain (Fonds régional d’art contemporain), l’Oara (Office artistique de la Région) et la nouvelle agence du Livre et de l’Image qui sera créée cet automne à partir de la fusion des structures des trois anciennes régions (Écla et CRL).

10 000 visiteurs en 1974 lors de sa première édition, près de 200 000 quarante ans plus tard : le Festival international de la bande dessinée reste le rendez-vous incontournable du neuvième art.

Angoulême : enfant de la bulle Bande dessinée

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epuis sa création, il aura vu participer les plus grands noms de la bande dessinée, des auteurs « historiques » (Hugo Pratt, Hergé, Franquin...) jusqu’à la relève française, belge et européenne, en passant par les références des autres continents. Impossible de citer tous les talents qui se sont succédé au Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême : 2 000 auteurs et plus de 200 maisons d’édi-

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tion francophones sont annoncés cette année. Et avec 24 pays représentés, l’édition 2017 (du 26 au 29 janvier) s’annonce fidèle à la volonté du festival d’inviter tous les genres, populaires ou pointus, des nouveaux comics aux mangas, en passant par les classiques francobelges ou le roman graphique. Parmi les événements, rencontres, ateliers et spectacles (350 au programme !), le FIBD fêtera deux anniversaires. Celui de Gaston Lagaffe – 60 ans déjà ! – et celui du Fauve, la mascotte dessinée par Lewis Trondheim en 2007 et qui, depuis

dix ans, symbolise les prix du festival. Nouveautés de cette édition concernant les fameux Fauves : le festival s’est doté d’un directeur artistique et il met désormais en avant le jeune public avec un palmarès spécial jeunesse. À noter : comités de sélection et jurys sont enfin mixtes et paritaires. Autres temps forts, les grandes expositions du festival mettront à l’honneur le Belge Hermann, Grand Prix 2017 ; l’Américain Will Eisner, avec des originaux inédits en France ; le Japonais Kazuo Kamimura, auteur du manga Lady Snowblood ; ou encore

Le nouveau bâtiment du FRAC-Artothèque du Limousin ouvrira ses portes au public dans la rue Charles-Michels, à l’horizon 2019.

À Limoges, le FRACArtothèque réinvestit le centre-ville

FRAC LIMOUSIN

Le chantier de la Maison de l’économie créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine se poursuit à Bordeaux. Ouverte au public début 2019, la Méca sera un lieu de vie sans précédent pour la création contemporaine.

Art contemporain

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n plein cœur de Limoges, dans la rue piétonne CharlesMichels, on pourra bientôt voir des expo­sitions d’art contemporain, emprun­ter une œuvre si l’on veut, ou tout simplement profiter d’un espace de convivialité après s’être plongé dans les ouvrages d’une librairie spé­cialisée. Dans ce quartier animé, l’ex-région Limousin a racheté en 2014 un bâtiment industriel du xixe siècle. Cet édifice réhabilité deviendra le nouveau site du Frac-Artothèque du Limousin, dédié à l’art contemporain. « Le bâtiment en soi est déjà un spectacle. » Une imposante façade en pierre de taille, une charpente métallique de type Eiffel, 12 mètres de hauteur sous verrière... « Nous n’osions pas rêver d’un site aussi bien placé avec une telle qualité architecturale », s’enthousiasme Catherine Texier, codirectrice du Frac-Artothèque avec Yannick Miloux. Dans ce site capable d’accueillir des œuvres monumentales ou numériques, la surface d’exposition sera multipliée par deux : 700 m2 (au sein d’une superficie totale de 1 500 m2) contre les 320 m2 actuels de la galerie des Coopérateurs. En plus des espaces d’exposition modulables,

le bâtiment comprendra des salles de vidéo-projection, de conférence, une librairie...

Nouvelle génération

L’architecte du projet doit être choisi en mai. C’est clairement un Frac-Artothèque nouvelle génération qui se profile à Limoges. Cas unique en France, le Frac (Fonds régional d’art contemporain) et l’Artothèque du Limousin ont fusionné en 2014. Le Frac-Artothèque gère ainsi la collection du Frac, près de 1 500 œuvres intégrées dans le patrimoine de la Région Nouvelle-Aquitaine ; et la collection de l’Artothèque, 4 500 œuvres propriété de la Nouvelle-Aquitaine, que des collectivités, entreprises ou particuliers peuvent emprunter. Le nouveau bâtiment du Frac-Artothèque du Limousin est appelé à devenir le bouillonnant creuset de la création contemporaine territoriale, en permettant de multiplier les partenariats avec les structures déjà existantes dans toute la région. Il sera également une formidable vitrine de cette création auprès du grand public. Le bâtiment devrait ouvrir ses portes en 2019, pour un coût, achat et travaux compris, de près de 5 millions d’euros. fraclimousin.fr

Valérian, le héros du tandem Christin et Mézières, puisque Luc Besson adapte au cinéma ses aventures spatio-temporelles. Le concert dessiné réunira le trait de crayon de Pénélope Bagieu sur la voix jazzy de China Moses. Et parmi les invités de cette 44e édition, le FIBD comptera l’Américain Dan Clowes, auteur de Ghost World, ou les Japonais Mari Yamazaki et Tori Miki, créateurs d’une série à paraître sur Pline. Preuve que du roman à la science-fiction jusqu’à la Rome antique, la BD peut tout mettre en case.

44e Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême, du 26 au 29 janvier. Programme et tarifs : bdangouleme.com

LEWIS TRONDHEIM / 9E ART+


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

CULTURE

Les dessins cachés de Lascaux

2016 a été une année remarquable pour la NouvelleAquitaine. Parmi les productions aidées, neuf longsmétrages ont été sélectionnés au Festival de Cannes.

L’exceptionnelle année du cinéma en Nouvelle-Aquitaine Cinéma et audiovisuel

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D NIDOS-DÉPARTEMENT 24

ien sûr, la production soutenue par la Région ne peut se résumer à cette sélection. Mais tout de même, quelle sélection ! Celle du Festival de Cannes. La Nouvelle-Aquitaine a vu 9 longs-métrages projetés pendant l’édition 2016. Dans la sélection officielle : Rester vertical, en partie tourné en Poitou-Charentes ; le très beau film d’animation La Tortue rouge (sélection Un Certain Regard), réalisé à Angoulême ; et La Mort de Louis XIV (hors compétition), tourné au château de Hautefort, en Dordogne. La Quinzaine des réalisateurs, sélection parallèle du festival, a retenu Mercenaire, poignante histoire autour du rugby en Lot-et-Garonne ; Tour de France avec Gérard Depardieu ; Ma vie de Courgette, coproduit à Angoulême et également grand vainqueur du Festival d’animation d’Annecy et du Festival du film francophone d’Angoulême. Enfin, le film d’animation La Jeune fille sans main ; la comédie Le Voyage au Groenland ; et Le Parc – celui de Blossac, à Poitiers – figurent dans la programmation cannoise de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion).

Préhistoire et numérique

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egardez : l’ours est là. » L’archéologue Jean-Pierre Chadelle, membre du collège d’experts de Lascaux 4, pointe trois traits dépassant du poitrail noir d’un taureau : « Vous voyez la patte avec ses griffes ? » Il faut s’approcher très près de la paroi puis reculer pour saisir le fameux ours noir de Lascaux, le seul peint parmi un bestiaire de 600 animaux, mais recouvert par un grand taureau. Dans la grotte originelle, fermée au public, cela n’aurait pas été possible : les peintures de la Salle des Taureaux recouvrent un plafond à deux mètres du sol. Mais au Centre international de l’art pariétal de Montignac-Lascaux, les fac-similés des parois révèlent les secrets cachés de Lascaux. Ouvert en décembre dernier, le Centre international de l’art pariétal est un long bâtiment en forme de faille au pied de la colline de Lascaux. La colline, qui abrite la grotte originelle et le site de Lascaux 2, est désormais sanctuarisée. Sur plus de 8 000 m2, le centre offre aux visiteurs un voyage de 20 000 ans dans la préhistoire, une avancée dans le passé qui s’appuie sur les technologies numériques, la plupart développées en Nouvelle-Aquitaine. Organisé en grandes zones, le parcours (deux heures environ) propose des

panneaux de fac-similés animés, un théâtre multimédia, un spectacle en 3D, une galerie d’art virtuelle... La visite s’ouvre sur la découverte de la grotte. Le centre abrite une réplique quasi-intégrale de Lascaux, réalisée en voile de verre.

Réalité virtuelle et parcours interactif

Chaque visiteur suit le parcours accompagné d’une « torche », concrètement une phablette (entre le smartphone et la tablette), qui lui donne accès à plus d’informations en réalité virtuelle. Connectée aux réseaux sociaux, cette « torche » permet aussi de personnaliser les visites, notamment pour les enfants (à partir de 5 ans). Surtout, dans la salle d’interprétation exposant huit grands fac-similés, la « torche » aide à voir ce qui resterait invisible à l’œil nu ; comme notre ours noir ou encore ces gravures cachées apparaissant aux ultraviolets. Avec ce parcours interactif, le Centre international de l’art pariétal attend 400 000 visiteurs par an, et autant de retombées économiques pour la filière hôtelière et touristique en Dordogne. La Région a ainsi apporté 16,6 millions d’euros, plus 12 millions de fonds européens au budget final de 63 millions pour la réalisation du centre. Le site de Lascaux 2, délesté, est gardé pour les visites privées. Désormais, la réplique la plus complète de la grotte de Lascaux est au Centre internatio-

nal de l’art pariétal. La copie a été réalisée sur la base d’un relevé laser à la précision millimétrique. Mais la technologie s’oublie en pénétrant dans l’obscurité. L’atmosphère est humide, la température basse. La beauté du lieu touche au sacré. « Les outils techniques permettent de répondre à la question “comment” les peintures de Lascaux ont été faites, explique Jean-Pierre Chadelle. Mais pourquoi ? Ça, c’est une autre énigme. »

Centre international de l’art pariétal, à Montignac-sur-Vézère (24) Informations pratiques et billetterie en ligne www.lascaux.fr De Lascaux 1 à Lascaux 4 1940. Le 12 septembre, quatre adolescents découvrent la grotte de Lascaux. 1963. Le ministre André Malraux fait fermer le site pour le préserver. 1979. Lascaux est inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité. 1983. Lascaux 2, le premier fac-similé, ouvre après plus de dix ans de travaux. 2012. Début de la tournée mondiale de Lascaux, l’Exposition internationale (Lascaux 3), avec des fac-similés en voile de pierre. L’exposition est au Japon jusqu’en septembre 2017. 2016. Ouverture du Centre international de l’art pariétal (Lascaux 4).

Une visibilité internationale

Les longs-métrages ont également brillé en 2016 sur la scène internationale : Compte tes blessures s’est distingué au Festival de San Sebastián ; The Revolution Won’t be Televised à la Berlinale ; les Ogres, ceux d’un théâtre itinérant en Lot-et-Garonne, ont conquis le public italien de Pesaro. Coup de chaud, filmé à Puch-d’Agenais, a séduit MyFrenchFilmFestival ; la Belle Saison, tourné dans le Limousin, a deux fois été nominé aux César et Bang gang remporte plusieurs Valois à Angoulême. Les courts-métrages Océan et le Silence du léopard, tournés dans les Landes, ont également été primés dans différents festivals, comme les documentaires la Mécanique des flux, Un paese di Calabria (tous deux sur le thème des migrations) et Combats intimes. Et pour la télévision, les Pieds dans le tapis, filmé à Brive-la-Gaillarde, a remporté cinq prix au festival de Luchon. Ce beau palmarès devrait continuer : le court-métrage Maman(s), déjà multiprimé, est sélectionné pour les César. Eux aussi déjà récompensés, Peripheria et Sous tes doigts, qui revient sur l’histoire des réfugiés d’Indochine à Sainte-Livrade, visent carrément l’Oscar, dans la catégorie court-métrage d’animation.

L’hôtel de ville avait été ravagé par un incendie. Classé au titre des monuments historiques, il est restauré à l’identique avec l’aide de la Région.

Remise à neuf historique à La Rochelle Patrimoine

L

es mariés de La Rochelle devront encore attendre pour la photo : l’escalier d’honneur de l’hôtel de ville et son balcon, passage traditionnel pour les prises de vue romantiques, sont toujours inaccessibles. L’hôtel de ville poursuit l’ambitieux programme de travaux qui doit redonner à ses parties historiques le même aspect qu’avant le spectaculaire incendie de 2013. Cet été-là, le bâtiment, classé depuis 1861 au titre des monuments historiques, avait vu ses parties anciennes ravagées à 80 % par le feu. Un sinistre vraisemblablement d’origine électrique et un véritable drame pour cet édifice aux styles Renaissance et gothique flamboyant, portant les armes d’Henri IV et considéré comme l’un des plus beaux et des plus anciens hôtels de ville de France. La mobilisation de la Ville de La Rochelle et de la Conservation régionale des monuments historiques (CRMH), dépendante de la Direction régionale des affaires culturelles

GILLES BEAUVARLET

Lascaux IV est né. Le Centre international de l’art pariétal, inauguré en décembre dernier, s’appuie sur les dernières technologies numériques et un fac-similé quasi intégral de la grotte pour offrir une nouvelle vision des trésors de Lascaux.

(DRAC), avait permis de prendre rapidement les premières mesures conservatoires. Mais devant l’ampleur des travaux, la Région a accordé à la ville une aide exceptionnelle d’un million d’euros. Cette aide est réservée à la reconstruction à l’identique des parties historiques classées. Les travaux se poursuivront jusqu’en 2018, pour plus de 16 millions d’euros, dont près de 9,5 millions à la charge de la ville, qui en profitera pour moderniser certains espaces de son bel édifice et le rendre accessible aux personnes handicapées.

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NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

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ALBAN GILBERT

iche de 157 labels, appellations (…) qui sont autant de signes de reconnaissance de qualité gastronomique, la Nouvelle-Aquitaine est l’une des plus grande surface de l’Union européenne, mais aussi l’une des régions les plus consommatrice en produits phytosanitaires. En ce début d’année 2017, nous pouvons affirmer que des politiques agricoles volontaristes ont été construites en considération des enjeux d’aujourd’hui qui sont aussi ceux de demain. La diversité de nos productions régionales est emblématique de la richesse de notre territoire. Qu’elles proviennent de la terre, de la mer, ou encore de notre écosystème nos productions se sont exportées à hauteur de 8,5 milliards d’euros en 2015. Nous devons les protéger. Pourtant, dans un contexte européen et international contraint, notre agriculture doit évoluer pour déjouer les effets pervers du marché, et permettre ainsi à nos agriculteurs de vivre décemment de leur activité. Le réchauffement climatique, les évolutions sociétales nous obligent à changer nos modes de consommation et, par conséquent, à repenser notre mode de production. Accélérer la troisième révolution agricole en s’appuyant sur les nouvelles technologies et la bio-économie nous semble être une issue positive. Nous nous engagerons autour d’Alain Rousset à ce que l’innovation soit au service de la productivité mais aussi, et surtout, au service de l’homme, de la santé, et de l’environnement. La méthode que nous avons choisie est claire. C’est celle du dialogue continu et de la coconstruction avec la conférence permanente de l’agriculture en Nouvelle-Aquitaine animée par le vice-président Jean-Pierre Raynaud. Elle associe les organisations agricoles, les opérateurs économiques, la recherche, la

formation, les clusters et les pôles de compétitivité. Cette action s’articule autour de plusieurs axes : conforter et augmenter nos parts de marché, soutenir et pérenniser nos élevages, conserver notre compétitivité tout en modernisant nos industries agro-alimentaires. Nous continuerons à favoriser l’installation de jeunes, l’accession au foncier, encourager les mutualisations de matériel, soutenir les investissements et la conversion des exploitations en agriculture biologique. Enfin, la Nouvelle-Aquitaine s’engage aussi fermement pour la réduction des pesticides. Nos vignobles et nos pomiculteurs sont en demande de solutions alternatives et c’est un enjeu majeur de santé publique pour nos concitoyens. Nous savons que nous pouvons aussi nous appuyer sur nos exploitations et nos lycées agricoles dont la conversion en bio est en pleine croissance. Avec 25 millions de repas servis par an, nous devons améliorer et optimiser l’approvisionnement local. L’objectif est d’atteindre les 20 % de bio dans les cantines et de développer un campus numérique sur l’agro-écologie. La Région renouvelle son engagement auprès des agriculteurs en difficulté, comme dernièrement les éleveurs avicoles qu’elle a accompagnés tout au long de la crise aviaire. Nous avons mené avec l’État une action volontariste dont l’effort sur deux ans va s’élever à 15 millions d’euros : accompagnement des exploitations, des accouveurs, des transporteurs et mise en œuvre d’un volet formation et communication. En ce début d’année 2017, l’ensemble du groupe socialiste et apparentés de Nouvelle-Aquitaine vous assure de son soutien pour construire avec vous des projets innovants, collectifs, qui anticipent le monde de demain.

FRONT NATIONAL JACQUES COLOMBIER Président du groupe Front national Tél. : 05 57 57 73 86 groupe@fn.laregion-alpc.fr

Sauvons notre agriculture

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ous la pression d’une Europe bureaucratique gagnée à l’ultra-libéralisme mondialiste, la France a perdu toute maîtrise de sa politique agricole mettant en danger notre indépendance alimentaire.Il suffit de compter, à l’échelle de notre région, la disparition inquiétante du nombre d’exploitations agricoles : 163 183 en 1998, 83 138 en 2010 ! Le constat est accablant et sans appel : concurrence sauvage entre nos agriculteurs et les producteurs du monde entier, productivisme effréné induit par les traités européens, contraintes administratives et contrôles tatillons… Le tout aggravé par une surévaluation de l’euro et des charges de production trop lourdes (que Bruxelles interdit à la France de compenser). Pire, le bilan humain laisse sans voix. Travaillant soit à perte ou pour un salaire de misère, criblé de dettes et asphyxié financièrement par la grande distribution pratiquant des marges indécentes entre le prix d’achat et le prix de vente, un agriculteur se suicide en France tous les deux jours. Enfin, quand ils quittent leur activité, leurs retraites sont insuffisantes pour vivre dignement ! Des mesures nationales d’urgence s’imposent

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face à la détresse du monde paysan à commencer par l’instauration d’une politique agricole française en remplacement de la PAC. Parmi les priorités, Il faut réduire drastiquement la bureaucratie agricole, attribuer les aides directement aux agriculteurs et créer une caisse de compensation et d’amortissement de la dette paysanne. Enfin, les retraites agricoles doivent être revalorisées et la pension de réversion du conjoint survivant doit être fixée à 85 % du SMIC. Afin de garantir des débouchés à nos éleveurs et agriculteurs, une loi « Achetons français » incitera les administrations d’État, les collectivités territoriales, les cantines et les restaurants d’entreprise à se fournir auprès de producteurs locaux. La majorité socialiste voit-elle la situation dramatique de nos agriculteurs ? Apparemment non, puisque le budget agricole est de 44,6 Md €, soit 1,8 % du budget total ! Nous avons demandé son doublement sur la mandature (d’ici à 2021) au détriment de projets pharaoniques tels la ligne ferroviaire Pau-Canfranc. C’est une impérieuse nécessité, serons-nous entendus ?

PARTI RADICAL DE GAUCHE BENOÎT BITEAU Conseiller régional délégué à la mer Président du groupe PRG Tél. : 05 57 57 74 03 groupe@prg.laregion-alpc.fr

Le bonheur est (peut-être) dans le pré

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’agriculture, richesse de nos territoires, donne à la France une solide réputation pour son terroir et sa gastronomie. Or, les crises agricoles se succèdent, fragilisent le monde agricole et entament à juste titre la confiance des consommateurs, sur fond de scandales sanitaires. La Région peut jouer un rôle important dans l’émergence d’une agriculture vertueuse basée sur les notions d’innovation, d’agro-écologie, de bio, de circuits courts et en aidant les acteurs des filières. Cependant, l’utilisation des pesticides, la malbouffe, les difficultés et le mal-être des agriculteurs, doivent conduire à en finir avec

ALBAN GILBERT

Construisons ensemble un nouveau modèle agricole innovant pour consommer autrement

ALBAN GILBERT

PARTI SOCIALISTE ET APPARENTÉS STÉPHANE DELPEYRAT-VINCENT Conseiller régional délégué à la communication Président du groupe PS et apparentés Tél. : 05 57 57 83 63 groupe@ps.laregion-alpc.fr

le modèle agricole dominant afin de préparer au mieux l’avenir des générations futures. Paysan-agronome, je mets en pratique sur ma ferme ce que je prône et démontre chaque jour qu’une autre agriculture, basée sur le bon sens paysan et les fondamentaux, est possible. Une agriculture qui préserve les capacités de la terre et de la Terre à produire demain. Depuis plusieurs années maintenant, les Radicaux défendent « une agriculture citoyenne répondant aux attentes sociétales dans le respect des équilibres, des ressources et de l’eau en particulier, des biodiversités sauvages et domestiques, du climat et de la santé ».

LES RÉPUBLICAINS VIRGINIE CALMELS Présidente du groupe Les Républicains/CPNT Tél. : 05 57 57 83 61 groupe@lrcpnt.laregion-alpc.fr

Une nouvelle politique agricole pour une Nouvelle-Aquitaine !

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e président de la Nouvelle-Aquitaine se targue de diriger la 1re région agricole d’Europe ! Au-delà de cette posture agissons ! Aidons notre agriculture en crise dans la plupart des secteurs. En quinze ans, la moitié des exploitations a disparu. 25 000 agriculteurs, en proie à de grandes difficultés, sont incapables de vivre de leur travai. Ils déposent les armes, quand ils n’ont pas déjà déposé le bilan. Crise aviaire, crise laitière, crise de l’élevage… Dans le nord de la Région, les producteurs de céréales subissent une baisse de 30 % de leur production, accompagnée d’une baisse des cours mondiaux. Si le gouvernement a décidé la hausse de l’enveloppe consacrée à la reconversion et des dégrèvements fiscaux supplémentaires, ces mesures s’inscrivent dans le court terme et ne donnent aucune véritable perspective d’avenir, notamment aux jeunes agriculteurs. Aider les agriculteurs à assumer leurs charges en s’endettant davantage ne répond pas au problème essentiel de la faiblesse des marges, de l’impossibilité de vivre décemment de son exploitation. Que fait la Région ? Notre groupe demande au Président un vrai plan global de

TWIN HERVÉ LEFEBVRE

TWIN HERVÉ LEFEBVRE

PAROLE AUX ÉLUS

développement pour l’agriculture. Ce plan doit accroître les aides à la modernisation des exploitations et des matériels agricoles, permettre l’accès au foncier et l’installation, accélérer le développement du Très Haut Débit dans les zones rurales, développer la recherche tous azimuts dans l’agriculture 3.0, la fertilité des sols, la génétique. L’innovation, plus qu’un slogan, doit se concrétiser. La Région doit montrer l’exemple en intégrant 80 % de produits régionaux dans l’ensemble des restaurants de nos lycées et de nos administrations. L’Association des Régions de France a demandé à la Région de réfléchir à la prochaine PAC. Parlons-en, travaillons ensemble avec les filières ! Le président de la Région doit aussi être un porte-parole au niveau national pour la baisse des charges, la baisse des normes, la création d’une véritable assurance récolte contre les aléas climatiques et économiques. Plusieurs des élus de notre groupe sont des agriculteurs investis dans la défense de toute la filière, proches des préoccupations et du quotidien des exploitants. Comptez sur eux pour être les porte-parole d’un monde qui veut simplement vivre de son travail.

MOUVEMENT DÉMOCRATE ET APPARENTÉS JOAN TARIS Président du groupe Mouvement démocrate Tél. : 05 57 57 80 83 groupe@modema.laregion-alpc.fr

Engagés pour la défense des identités culturelles régionales

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e 24 octobre dernier, en soutien à l’action engagée le 1er octobre par un collectif lan­dais à Mont-de-Marsan, le groupe MoDem & Apparentés, rejoint par les élus régionaux UDI et LR-CPNT, a porté auprès de l’Assemblée régionale une motion engageant la collectivité dans la défense des chasses traditionnelles, des sports emblématiques comme le rugby, le gavage du canard et de l’oie, les arts taurins et plus largement les traditions culturelles régionales. Heurtés par les remises en causes récurrentes portées par certaines idéologies se voulant progressistes, nos élus, rejoints ensuite par le groupe Socialiste &

apparentés (EELV votant contre et le FN ne participant pas au vote), ont souligné la compétence de la Région avec une responsabilité de promotion des droits culturels, et réaffirmé leur attachement au patrimoine culturel de l’ensemble de son territoire en soutenant la Charte du droit des libertés culturelles minoritaires proposée lors de la manifestation de Mont-de-Marsan. À l’heure où cette nouvelle région continue de nous interroger par sa taille, il nous paraît fondamental de consolider le socle essentiel de notre culture, de savoir rappeler qui nous sommes et de savoir respecter notre liberté et notre diversité.


NOUVELLE-AQUITAINE Hiver 2017

TWIN HERVÉ LEFEBVRE

L’AGENDA ÉCOLOGISTE ET CITOYEN-EELV NICOLAS THIERRY Vice-président en charge de l’environnement et de la biodiversité Tél. 05 57 57 80 95 groupe@eelv.laregion-alpc.fr

Biomimétisme : respecter la nature et s’en inspirer

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ALBAN GILBERT

e ver marin construit son propre habitacle dans l’eau en agrégeant des grains de sable. L’escargot adhère aux surfaces humides grâce à sa bave. Ces particularités naturelles inspirent les chercheurs pour inventer des colles médicales non solubles dans le sang. L’Ifremer, Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer, développe une hydrolienne basée sur une membrane souple qui ondulerait sous l’eau à l’image de l’anguille. Ce projet est une vraie promesse pour obtenir une énergie propre, durable et moins chère. Ces démarches d’innovation dont le principe se nomme biomimétisme s’inspirent des organismes vivants pour tirer parti des inventions produites par la nature, synonymes

d’une double révolution culturelle et industrielle. Grâce à notre intervention, la Région va apporter son aide au développement de cette filière. L’ambition des écologistes est de faire de la Nouvelle-Aquitaine une région pilote dans la recherche technologique issue de l’observation du monde vivant. Nous disposons de tous les atouts de notre patrimoine naturel (océan, forêt, faune et flore…) pour nous positionner sur ce sujet. Toutes les filières industrielles sont potentiellement concernées par ce nouveau défi. La nature met à notre disposition des richesses que nous ne soupçonnons pas, et s’en inspirer pour innover de façon responsable sera sans nul doute sources de nouvelles formes de développement économique.

UNION DES DÉMOCRATES ET DES INDÉPENDANTS JEAN DIONIS DU SEJOUR Président du groupe de l’Union des démocrates et indépendants Tél. : 05 57 57 82 38 groupe@udi.laregion-alpc.fr

Faire de la Nouvelle-Aquitaine la région rugby

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e rugby est un sport majeur, partie intégrante de la culture populaire et sportive de notre région Nouvelle-Aquitaine. Cinq clubs du Top 14 et cinq clubs de la Pro D2, soit le tiers des clubs professionnels, sont sur notre territoire régional. Mais le rugby c’est aussi plusieurs dizaines de milliers de pratiquants et de très nombreux clubs amateurs qui maillent notre territoire. C’est enfin un fait culturel, partie intégrante de notre art de vivre. Ce sport populaire, enraciné et emblématique de chacune de nos trois régions est l’une des composantes fortes de notre ADN du Poitou-Charentes, du Limousin et de l’Aquitaine. Enfin le

rugby est devenu un vecteur de communication important dans notre monde du xxie  siècle. Le Top 14, dont le tiers des clubs est néo-aquitain, est le championnat de rugby le plus regardé au monde. Il y a donc là une formidable opportunité pour notre nouvelle région en l’établissant comme LA région « rugby ». Le rugby doit être un des ciments de notre nouvelle région, c’est donc un enjeu symbolique car c’est une passion partagée par tout notre territoire. Il mérite donc une politique publique équitable et ambitieuse, pour ses clubs d’élites comme pour chacun de ses pratiquants, à nous de relever ce beau défi !

Institution Assemblées plénières* Lundi 13 février 2017 à 10 heures Lundi 10 avril 2017 à 10 heures Lundi 26 juin 2017 à 10 heures Hôtel de région de Bordeaux et en direct sur Internet sur nouvelle-aquitaine.fr Commissions permanentes*

International

Lundi 13 mars 2017 à 15 heures Lundi 3 avril 2017 à 15 heures Lundi 15 mai 2017 à 15 heures Lundi 10 juillet 2017 à 15 heures

« Afriques plurielles », « Afriques créatives », et « Afriques contemporaines » sont à découvrir au cours de cette semaine : conférences, ciné-débat, rencontres, objets culturels, musique, soirée-événement... Un événement qui se veut éclectique, pluriel et innovant. Événement multisites Bordeaux (33) http://institutdesafriques.org/

*Sous réserve de modifications

Économie Salon de l’entreprise Nouvelle-Aquitaine 5 et 6 avril 2017 Étudiant, porteur de projet, créateur d’entreprise, micro-entrepreneur, re­­ preneur, cédant d’entreprise, dirigeant… Le salon de l’entreprise Nouvelle-Aquitaine est fait pour vous ! Vous y trouve– rez toutes les informations et ressources pour mener à bien votre projet. Palais des Congrès de Bordeaux Avenue Jean-Gabriel-Domergue 33300 Bordeaux www.salon-entreprise.com

Orientation, formation Voir notre agenda dédié en page 7.

Agriculture Salon international de l’agriculture Du 25 février au 5 mars 2017 Depuis un demi-siècle, le Salon international de l’agriculture rassemble chaque année tous les acteurs du monde agricole. Première région agricole d’Europe, la Nouvelle-Aquitaine sera présente pour valoriser les produits et les savoir-faire de nos agriculteurs. Paris Expo, Paris Porte de Versailles 1, place de la Porte de Versailles 75015 Paris www.salon-agriculture.com

Environnement Assises européennes de la transition énergétique Du 24 au 26 janvier 2017 Ce rendez-vous annuel des acteurs territoriaux européens engagés dans la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique est ouvert à tous : citoyens, élus, responsables de collectivités locales, institutionnels, organismes privés et associatifs français et européens pour échanger autour de cette thématique à travers un programme de plus de 150 plénières, ateliers, forums et laboratoires. Palais des Congrès de Bordeaux Avenue Jean-Gabriel-Domergue 33300 Bordeaux www.assises-energie.net

Seanergy Les 22 et 23 mars 2017

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nouvelle-aquitaine.fr/institution/conseil-regional/groupespolitiques.html

tement impliquée avec ses 720 km de façade littorale, souhaite se positionner comme leader dans ce domaine. Carré des Docks - Le Havre Normandie 52, quai Frissard 76600 Le Havre http://seanergy-convention.com/

La convention internationale dédiée exclusivement aux professionnels des énergies marines renouvelables aura lieu cette année au Havre. Au programme : démonstrations de solutions techniques, conférences, tables rondes et débats, rendez-vous entre profession­ nels… La Nouvelle-Aquitaine, déjà for-

Semaine des Afriques Du 23 au 29 janvier 2017

Culture et loisirs Fipa – Festival international de programmes audiovisuels Du 24 au 29 janvier 2017 Chaque année, près de 1 200 films issus de plus de 70 pays s’inscrivent pour participer au Fipa. Parmi eux, ce sont près de 130 œuvres qui sont présentées en compétition et hors compétition, dans tous les genres : fiction, série, documentaire de création, reportage, musique, spectacle et transmédia. Un événement incontournable pour les professionnels, mais aussi pour le public. Événement multisites à Biarritz (64) www.fipa.tv

Festival international de la bande dessinée d’Angoulême Du 20 au 29 janvier 2017 Voir notre article en page 20.

Gamers Assembly Du 26 au 28 mars 2017 Amateurs de jeux en réseau, la Gamers Assembly revient pour une 17e édition, du 26 au 28 mars 2017 au Parc des expositions de Poitiers, pour 72 heures de découvertes et de fun ! Scènes, conférences, spectacles, exposants, concours, fablabs… et bien plus encore ! Cette nouvelle édition s’annonce plus ambitieuse que jamais. Parc des expositions de Poitiers 11, rue Salvador-Allende 86000 Poitiers www.gamers-assembly.net

Bistrots d’hiver Jusqu’au 26 mars 2017 Tous les dimanches d’hiver, de décembre à mars, 17 auberges du plateau de Millevache, au sud de la Creuse au cœur d’un parc naturel régional, accueillent déjeuners aux saveurs régionales, concerts, spectacles. Au menu : la convivialité et le partage. pays-sage.net/

Escale du livre Du 31 mars au 2 avril 2017 Festival des créations littéraires et salon du livre, l’Escale du livre fête ses 15 ans et vous accueille au cœur du quartier Sainte-Croix, à Bordeaux. Au programme : rencontres, lectures, performances, spectacles et un salon du livre accueillant près de 70 éditeurs et libraires, et 150 auteurs et illustrateurs. Quartier Sainte-Croix 33800 Bordeaux http://escaledulivre.com/

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OLYMPIADES DES MÉTIERS FINALES NATIONALES 2017

BONNE CHANCE À TOUS !

70 CANDIDATS VONT DÉFENDRE LES COULEURS DE LA NOUVELLEAQUITAINE POUR LES FINALES NATIONALES À BORDEAUX-LAC, DU 9 AU 11 MARS 2017.

VENEZ LES SOUTENIR !

PHOTOS : DR

PLUS D’INFOS : WWW.OLYMPIADESMETIERS.FR

Journal Nouvelle-Aquitaine hiver 2017  

Journal du Conseil régional de nouvelle-Aquitaine, hiver 2017.

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