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TERRITOIRES La ruralité au cœur P. 3 LE PORTRAIT Silvia Ribeiro Ferreira P. 20

PYRÉNÉESATLANTIQUES

CULTURE & DÉCOUVERTE Carnet de marche à Angoulême P. 16

Nouvelle-Aquitaine.fr

Sous les feux de la rampe P.  4

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CAHIER CENTRAL

UN GESTE ARCHITECTURAL FORT POUR LA CULTURE Inaugurée au début de l’été, la MÉCA – Maison de l’économie créative et de la culture –, sur les bords de Garonne, se pose en véritable base arrière pour le cinéma, la musique, le livre, le spectacle vivant, dans toute la grande région.

N°7 ÉTÉ 2019


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VIENNE

CULTURE & DÉCOUVERTE

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La Ruche élargit son « essaim » P.  4

Carnet de marche à Angoulême P. 16

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DEUX-SÈVRES Nouvelle-Aquitaine.fr

La star du Concours général agricole P.  5

CULTURE & DÉCOUVERTE Carnet de marche à Angoulême P. 16

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CULTURE & DÉCOUVERTE

CORRÈZE

Carnet de marche à Angoulême P. 16

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Aller plus haut P.  5

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CHARENTE-MARITIME Nouvelle-Aquitaine.fr

Une peinture pour réduire la facture énergétique P.  6

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GIRONDE

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J’veux du soleil P.  6

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CHARENTE

CULTURE & DÉCOUVERTE

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Angoulême anime le monde P.  7

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HAUTE-VIENNE

CULTURE & DÉCOUVERTE Carnet de marche à Angoulême P. 16

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Racines solidaires P.  7

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LANDES

CULTURE & DÉCOUVERTE

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Le béton nouvelle génération P.  8

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LOT-ET-GARONNE

CULTURE & DÉCOUVERTE

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L’isolant qui réchauffe Casteljaloux P.  8

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CULTURE & DÉCOUVERTE

DORDOGNE

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Chaud devant ! P.  9

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CULTURE & DÉCOUVERTE

CREUSE

Carnet de marche à Angoulême P. 16

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En orbite haute P.  9

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LE SOMMAIRE du président de Région Alain Rousset

PAGE 3 À LA UNE

La ruralité au cœur

PAGE 4 PROXIMITÉ PYRÉNÉES-ATLANTIQUES Sous les feux de la rampe VIENNE La Ruche élargit son « essaim » DEUX-SÈVRES La star du Concours général agricole CORRÈZE Aller plus haut CHARENTE-MARITIME Une peinture pour réduire la facture énergétique GIRONDE J’veux du soleil HAUTE-VIENNE Racines solidaires CHARENTE Angoulême anime le monde LANDES Le béton nouvelle génération LOT-ET-GARONNE L’isolant qui réchauffe Casteljaloux DORDOGNE Chaud devant ! CREUSE En orbite haute

PRIORITÉS RÉGIONALES PAGES 10-11 JEUNESSE Lycées Des manuels scolaires gratuits pour la rentrée Projets associatifs Roulez jeunesse !

PAGE 12 AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE Très haut débit 1,5 million de prises publiques de fibre optique

PAGE 13 TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET ÉNERGÉTIQUE

PRÉSIDENT DE LA RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE

Une coopérative culturelle inédite en France

Parcs naturels régionaux Naturellement utiles

PAGES 14-15 ÉCONOMIE ET EMPLOI

Création d’entreprises Mesdames, entreprenez ! Économie sociale et solidaire Une Région exemplaire Nouvelle-Aquitaine Capital Investissement Un fonds inédit pour PME et ETI

Alain Rousset avec Bjarke Ingels, l’architecte de la MÉCA, devant la maquette du bâtiment, lors d’une visite de chantier.

PAGE 16 CULTURE & DÉCOUVERTE

Territoires Carnet de marche à Angoulême Langues régionales Féstivàus d’étai : trtots en lan ! – Udako festibalak : erritmoa gorputzean ! – Hestenaus d’estiu : tots en ritme ! Patrimoine S’ouvrir à la connaissance Produit régional La crème des beurres

PAGE 21 MODE D’EMPLOI Bande dessinée Évaluation des politiques publiques

PAGE 22 TRIBUNES Parole aux élus

PAGE 24 PORTRAIT Silvia Ribeiro Ferreira Passeuse d’émotion

CAHIER CENTRAL DE I À VIII DOSSIER Un geste architectural fort pour la culture

Véritable base arrière de la culture, la MÉCA – Maison de l’économie créative et de la culture – héberge le Frac*-NouvelleAquitaine et les deux agences régionales** dédiées au spectacle vivant, au livre, au cinéma et à l’audiovisuel. Inaugurée au début de l’été, elle va permettre d’accueillir les professionnels pour les aider à produire, créer et diffuser leurs œuvres aux quatre coins du territoire.

LAURIAN GHINITOIU

L’ÉDITO D’ALAIN ROUSSET

C

et été 2019 n’est pas un été comme les autres pour la culture en Nouvelle-Aquitaine. Il est marqué par la naissance de la MÉCA, la maison l’économie créative et de la culture. Un geste architectural fort, unique, qui trône fièrement sur les berges de la Garonne, réalisé par l’architecte danois Bjarke Ingels et pour lequel la Région a investi 56 millions d’euros. Base arrière de la culture en Nouvelle-Aquitaine, la MÉCA réunit à la fois l’OARA (Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine), en charge du spectacle vivant, l’ALCA (Agence Livre, Cinéma et Audiovisuel) et le FRAC-Nouvelle-Aquitaine-MÉCA (Fonds régional d’art contemporain). Une coopérative culturelle qui doit permettre d’accompagner, de former, d’aider à créer les acteurs culturels en Région et de favoriser la diffusion de leurs œuvres : livres, films, spectacles, œuvres d’art… Pour ce faire, la MÉCA leur offre des conditions de travail exceptionnelles : salle de projection numérique, scène et studio de création, auditorium, salles d’exposition, espaces de coworking et de rendez-vous… Aussi imposante soit-elle, la MÉCA ne constitue que la base arrière des acteurs culturels en Région. Nous pouvons ainsi compter sur deux autres Frac : le Frac-Artothèque NouvelleAquitaine, qui intégrera ses nouveaux locaux limougeauds en 2020, dans une ancienne friche industrielle réhabilitée par la Région, et le FRAC Poitou-Charentes, présent sur deux sites à Angoulême et Linazay. Un budget culturel sanctuarisé À n’en pas douter, la politique culturelle n’est pas une politique comme les autres. Au carrefour des enjeux de société, elle participe au dynamisme économique des territoires, à la création et au renforcement du lien social, à la diffusion de l’éducation auprès des collégiens et lycéens… La culture fait vivre nos territoires et nous apporte à tous

un supplément d’âme inestimable. C’est pourquoi la Région a sanctuarisé le budget qui lui est dédié. À titre d’exemples, elle consacre 12 millions d’euros à la production cinématographique et audiovisuelle, 14 millions d’euros au spectacle vivant, 6 millions d’euros pour près de 400 festivals présents toute l’année en Nouvelle-Aquitaine ou encore 1,4 million d’euros pour la filière livre. Nous sommes aussi la 1re Région française à avoir développé un contrat de filière autour du livre et nous disposons du 1er fonds de soutien pour le cinéma et l’audiovisuel, derrière l’irrattrapable Paris. Ce soutien se matérialise par des résidences pour les auteurs et les artistes, le soutien au fonctionnement de compagnies et équipes artistiques, dont certaines travaillent directement au cœur des territoires les plus fragiles, l’accompagnement de lieux de création ou encore de tournages dans notre région qui ont des retombées économiques locales directes. Des résultats tangibles Et les résultats sont là : 180 œuvres cinématographiques et audiovisuelles soutenues chaque année, 110 salles de cinéma indépendantes aidées, 1 400 jours de tournage enregistrés en 2018 en Nouvelle-Aquitaine et 8 courts et longs métrages qui ont représenté fièrement la région au Festival de cannes dans 5 compétitions. Sans oublier les 174 compagnies déjà accompagnées en 2019 ou les 89 résidences organisées par l’OARA en 2018. Nous pourrions aussi évoquer les 105 librairies indépendantes maintenues au cœur des territoires face à la concurrence d’internet et des grandes surfaces culturelles, en partie grâce à l’accompagnement de la Région. La Nouvelle-Aquitaine a donc de nombreux atouts pour mener à bien sa politique culturelle ambitieuse, parmi lesquels des outils, des structures de qualité et des professionnels de talents. Très bel été à toutes et à tous en Nouvelle-Aquitaine.

Hôtel de Région, direction de la communication, 14, rue François-de-Sourdis 33000 Bordeaux. Tél. : 05 57 57 80 00 E-mail : journalcom@nouvelle-aquitaine.fr Directeur de la publication Alain Rousset Codirecteur de la publication Stéphane Delpeyrat-Vincent Directrice de la communication Aurélie Loubes Rédaction en chef Brice Ancelin Responsable d’édition Sébastien Blanquet-Rivière Rédaction Olivier Bleys, Laure Espieu, Guillaume Fontaine, Nadège Galibert, JMLC, Amélie Kolk, Audrey Marret, Fabien Paillot, Marianne Peyri, Philippe Quintard, Yannick Revel, Laetitia Solery Illustrateur BD Pierre Verdalle Conception graphique et réalisation A noir, www.agence@anoir.fr Photographes Sébastien Blanquet-Rivière, Yohan Bonnet, Sabine Delcour, Alexandre Dupeyron, Guillaume Fontaine, Sébastien Le Clézio, Thierry Martrou, Olivier Panier des Touches, Joël Peyrou, Françoise Roch, Sébastien Sindeu Photo de une Laurian Ghinitoiu Impression Roto Garonne.

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© ALBAN GILBERT

PAGE 2 ÉDITO

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

6,1 à 10,4 %

À LA UNE

C’est l’évolution en France, entre 2001 et 2010, de la vacation commerciale des centres-villes. Dans la grande majorité des cas, ce sont les centresbourgs et les petites villes qui en souffrent le plus.

ZOOM

FRANÇOISE ROCH

FELLETIN : LES MAÇONS DE LA CREUSE

,

,

La ruralité au cœur   TERRITOIRES Face au sentiment d’abandon des territoires ruraux, la Région s’engage pour revitaliser les centres-bourgs via la réhabilitation ou le maintien de logement, la réouverture de commerces, l’installation d’artisans et le développement de services (tiers-lieux, maisons de santé…).

REVITALISER LES CENTRES-BOURGS

A

gir concrètement en faveur des territoires ruraux où le sentiment d’abandon ou de relégation s’est progressivement installé depuis trente ans. La Région en a fait sa priorité. Après la signature de contrats (39 à ce jour) avec ces territoires pour les accompagner dans leur développement et la rencontre, en février dernier, de près de 700 maires ruraux, la Région poursuit son engagement. Elle va ainsi porter son accompagnement sur trois niveaux. Pour les villes moyennes, le gouvernement ayant décidé d’y intervenir prioritairement, la Région mobilisera ses politiques sectorielles (habitat, logement des jeunes, soutien aux entreprises, mobilité…). Pour les petits et moyens pôles urbains – ces villes qui bénéficient de fonctions de centralité, notamment en milieu rural – la Région souhaite apporter une aide spécifique en matière d’ingénierie et de mise en œuvre de projets structurants (mise à disposition d’un chef de projet, recours à des études d’ordre général ou thématique…). L’objectif : la réhabilitation ou le maintien de logements, la réouverture de commerces et d’artisans, le développement de services. Plus de 167 millions d’euros vont ainsi être investis dans le financement de maisons de santé, de tiers lieux, de théâtres et de cinémas ruraux, de rénovations de halles, de pôles intermodaux... Enfin, pour les bourgs, la Région pourra soutenir les communes engagées dans un contrat de cohésion et de dynamisation, notamment pour la mise en œuvre d’une ingénierie de projet à l’échelle du territoire.

DES LOGEMENTS DE QUALITÉ

S

ur le logement, en particulier, la Région souhaite développer une offre locative de qualité sur l’ensemble du territoire. Pour ce faire, elle s’engage aux côtés de l’Union régionale HLM (URHLM) qui compte 64 bailleurs. Il s’agira de proposer des logements qui tiennent compte des spécificités des territoires et de permettre à chaque citoyen de choisir son logement, son mode d’habitat sans subir une installation pour des raisons économiques, géographiques ou sociales. D’autre part, il s’agit de développer une offre locative peu énergivore, confortable et aux charges maîtrisées dans le temps. Ce projet doit ainsi participer à la stratégie de lutte régionale contre le réchauffement climatique, avec une ambition chiffrée : la rénovation de 40 000 à 90 000 logements du parc privé et 7 000 logements sociaux par an, pour un parc de logements au niveau BBC Rénovation (Bâtiment basse consommation) en 2050.

UN CLUSTER POUR LA RURALITÉ

L

e paradoxe, y compris en milieu rural, de notre société numérique et connectée, c’est l’isolement. Et pour les territoires ruraux, la difficulté est de mobiliser des ressources humaines (l’ingénierie qu’ont les grandes villes) pour mener à bien des projets. Pour y remédier, la Région a lancé un cluster. Derrière ce mot étrange, se cache tout simplement le regroupement d’acteurs de la ruralité (agriculteurs, ingénieurs,

associatifs, universitaires...), dédié à la recherche et au développement sur la ruralité, ainsi qu’à la valorisation des bonnes pratiques sur les territoires ruraux. Lieu privilégié d’échanges et de débats pour les questions rurales en NouvelleAquitaine, ce cluster permet la concertation entre la Région et tous les acteurs de la ruralité, avec une vocation : générer des projets expérimentaux innovants sur les territoires ruraux et permettre de dupliquer les bonnes pratiques. La création de ce cluster s’est accompagnée du lancement d’un appel à projets « ruralité », doté de 6 millions d’euros sur trois ans (aide financière ou à l’ingénierie) pour accompagner les initiatives d’intérêt général issues du monde rural. Sont concernées les communes de 3 500 habitants maximum, pour des projets autour des circuits courts, de la transition énergétique, de l’emploi et de l’insertion professionnelle, de l’accès aux droits, du logement, de la mobilité, etc. Les dépenses éligibles sont comprises entre 10 000 et 50 000 € par porteur de projet.

DÉVELOPPER L’ACCÈS AUX DROITS

P

ermettre à toute personne de bénéficier d’une information générale sur ses droits et d’être accompagnée dans l’accomplissement de ses démarches pour les faire valoir, en particulier dans les territoires ruraux. Voilà toute l’ambition du partenariat innovant, d’une durée de deux ans, engagé entre la Nouvelle-Aquitaine et le ministère de la Justice *. Un partenariat qui, avec l’appui des Conseils départementaux de l’accès au droit (CDAD), doit permettre la mise à disposition de lieux d’information et de conseils juridiques. Cela peut passer par le financement de projets émanant des CDAD, mais également d’associations et plus largement de la société civile. La Région mobilise 300 000 € et le ministère de la Justice (à travers les différentes cours d’appel) 640 000 €.

* Représenté par les cours d’appel de Bordeaux, Poitiers, Limoges et Pau.

Pour en savoir plus les-aides.nouvelle-aquitaine.fr

46,4 M€. C’est le montant du plan d’investissement exceptionnel engagé par la Région pour le Lycée des métiers et du bâtiment de Felletin, en Creuse. Un autre engagement fort en faveur de la ruralité. Premier lycée du bâtiment créé en France (1911), il est aujourd’hui tête de file du campus des métiers et des qualifications « Construction durable et éco-réhabilitation » de Nouvelle-Aquitaine. Il offre des formations d’excellence dans cinq filières : gros œuvre, structure métallique, finition du bâtiment, bois-construction, pierre. La renommée du lycée est aujourd’hui nationale. C’est pourquoi la Région souhaite tout mettre en œuvre pour en faire le centre de gravité de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, renouant ainsi avec sa propre histoire.

AUDACE ET SOLIDARITÉ POUR NOS TERRITOIRES Adopté le 6 mai 2019, le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) propose une vision stratégique de l’aménagement et du développement durable à l’horizon 2030. Il pose des règles générales et des objectifs opposables aux tiers pour les projets d’aménagement et de développement des collectivités et fixe quatre grandes priorités : Bien vivre dans les territoires (se former, travailler, se loger, se soigner). Favoriser l’accès aux services et à la mobilité. Consommer autrement (alimentation saine, gestion des déchets). Protéger l’environnement et la santé. Parmi ses objectifs : diviser par deux la consommation foncière, mettre fin à l’étalement commercial qui dévitalise centres-villes et centres-bourgs, réduire la consommation énergétique des bâtiments, développer des solutions de transport (réduction de la pollution et des temps de parcours)… Et faire de la Nouvelle-Aquitaine la 1re région à énergie positive.

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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

PROXIMITÉ

CHAQUE ANNÉE, LES ÉLUS RÉUNIS EN COMMISSION PERMANENTE VOTENT DES AIDES POUR PLUS DE 12 000 BÉNÉFICIAIRES. RETROUVEZ DANS CES PAGES UNE SÉLECTION DE PROJETS SOUTENUS. NOUVELLE-AQUITAINE.FR/INSTITUTION

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES OGEU-LES-BAINS L’entreprise quarantenaire Holight fabrique sur mesure des éclairages techniques en un temps record. Une expertise reconnue dont les faisceaux rayonnent un peu partout en France et dans le monde.

Sous les feux de la rampe

VIENNE POITIERS Depuis 1986, l’association Pourquoi pas La Ruche est l’un des piliers du quartier des Trois Cités de Poitiers pour ses missions d’insertion par l’activité économique.

La Ruche élargit son « essaim »

O. PANIER DES TOUCHES

L’entreprise Holight, à Ogeules-Bains (64).

«N

ous travaillons avec beaucoup d’enseignes de niveau national, parfois présentes à l’international, lance Richard Bonneville, PDG de la société béarnaise, en préambule. Avec elles, nous nous intégrons dans leur concept en jouant sur l’éclairage comme sur une scène de théâtre. » Restauration, alimentaire, prêt-à-porter…, chaque domaine a ses exigences, mais l’objectif demeure le même : créer une atmosphère propice à l’acte d’achat. Si, dans un bar, une lumière orangée tirant vers le soir sera privilégiée, il n’en est pas de même chez un fleuriste ou dans une boucherie, où il s’agit de restituer au mieux la vivacité des couleurs. Dans les cabines des boutiques de vêtements, la lumière du midi est favorisée afin d’obtenir un haut rendu de couleurs, fidèle à ce que le client verra en extérieur, à la lumière du jour. « En tant qu’éclairagiste, nous participons à la mise en scène de la pièce de théâtre », résume l’homme fort de l’entreprise.

TOUT EST RÉALISÉ SUR SITE. »

Expertise et réactivité Si Holight met en œuvre l’éclairage de sites marchands, elle est aussi régulièrement sollicitée pour des lieux publics. Pour mettre en valeur des architectures remarquables, dans des bâtiments collectifs ou dans des hôpitaux, le spécialiste répond aux exigences de rendement, de lumière et de durabilité. Ce qui lui a valu de remporter trois appels d’offres lancés par la RATP. Présent dans le métro parisien, le savoir-faire pyrénéen s’exprime aussi, avec son service R & D, dans divers domaines. À titre d’exemple, la PME de 33 salariés vient de « développer un appareil ophtalmologique pour déceler le daltonisme », précise son dirigeant. Dans un autre registre, ses équipes travaillent beaucoup sur les possibilités du Li Fi (la transmission de données numériques à partir d’éclairage LED). L’expertise est ici couplée à une réactivité hors norme. Dans l’usine d’Ogeu-les-Bains, rien n’est fait en grande série. Tout est produit à la commande et expédié sept jours après réception de la demande. Un temps record

possible parce que tout est réalisé sur site. Une réactivité imposée par un marché ultra-concurrentiel et autour de laquelle l’entreprise est entièrement articulée. « Nous travaillons à flux tendu et “organisation” est le mot clé », résume parfaitement Richard Bonneville. La formation est tout aussi importante, car dans ce modèle les employés doivent être polyvalents. Un vaste plan de formation des collaborateurs a été entrepris avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine. Le dirigeant est conscient de ce qui fait la richesse de l’entreprise : formation, qualité de vie au travail, sécurité, intéressement au bénéfice… Tous les outils sont actionnés pour que « chacun soit reconnu et impliqué de façon officielle », explique-t-il. Un management bienveillant, une réactivité à toute épreuve et des produits techniques sur mesure, tels sont les ingrédients qui expliquent le succès de Holight. Une recette qui cartonne et qui a permis de tripler le chiffre d’affaires de la société sur les dix dernières années.

45 personnes dans une démarche de retour à l’emploi Au fil du temps, l’association s’est professionnalisée. En 2006, l’arrivée de l’actuel directeur, Christian Michot, et le déménagement dans des locaux neufs ont favorisé le développement de deux chantiers d’insertion : « Les Quatr’Épices », qui produit 100 repas par jour avec 10 salariés en contrat d’insertion, et la boutique « Couleur Miel », qui, elle, embauche 14 personnes. Cette dernière est organisée autour de trois activités : « La blanchisserie-repassage pour les clubs de sport, les comités d’entreprise, les collectivités ou encore les particuliers, mais aussi la vente de vê-

tements via le dépôt-vente, ainsi qu’une prestation de couture, détaille Christian Michot. L’objectif de ces contrats d’insertion, qui peuvent s’étaler sur deux ans, est de permettre à des personnes éloignées de l’emploi, ayant connu pour certaines des accidents de la vie, de s’inscrire dans une démarche de retour à l’emploi par un accompagnement socio-professionnel assuré par les sept salariés permanents de la structure. » Aujourd’hui, son développement est tel – elle est passée en dix ans de 300 à 800 adhérents et d’une vingtaine de personnes en parcours d’insertion à 45 par an – qu’elle est contrainte de pousser les murs de son bâtiment pour assurer ses missions dans de meilleures conditions de travail et de formation. « En effet, en novembre dernier a démarré la construction d’une nouvelle cuisine de 100 m2 qui répondra à toutes les normes en vigueur et qui sera configurée pour offrir des conditions optimales de travail et d’encadrement. Cette réalisation de 470 000 €, soutenue par la Région à hauteur de 90 000 € *, va ainsi nous permettre de dégager l’espace de l’actuelle cuisine pour offrir une zone plus grande et adaptée à l’activité repassage et ainsi faire face à une demande d’activité grandissante. » Car le projet s’inscrit dans une double logique : conforter le développement économique de l’association, « mais aussi faciliter l’insertion professionnelle des publics en difficulté avec notamment la création d’un poste d’encadrant technique sur l’activité blanchisserie », conclut Christian Michot. * 50 000 € au titre de la Politique de la Ville et 40 000 € au titre de l’Économie sociale et solidaire.

Le dépôt-vente de vêtements de l’association.

FRANÇOISE ROCH

«P

ourquoi pas La Ruche. » Si le nom de cette association d’insertion par l’activité, située dans le quartier des Trois Cités à Poitiers, peut sembler abscons, il faut se rendre dans ses locaux en fin de matinée pour que le mot « ruche » prenne tout son sens. Dans le hall du bâtiment, il y a effectivement tous les jours une vraie effervescence : les nombreux adhérents, habitants ou salariés d’entreprises du quartier attendent en discutant avant de passer à table au restaurant social et solidaire de la structure, « Les Quatr’Épices ». Quant à l’autre partie du nom, « Pourquoi pas », elle s’inscrit dans l’ADN du groupe de femmes du quartier à l’origine de l’association en 1986. Leur volonté : répondre à la précarité économique, à l’isolement, mais aussi créer du lien social et favoriser la convivialité, avec à chaque fois ce même leitmotiv à la création d’une nouvelle action : « Pourquoi pas ! »


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

PROXIMITÉ DEUX-SÈVRES CELLES-SUR-BELLE Reconnue en France comme à l’international pour le beurre d’Échiré ou le Chabichou, la laiterie artisanale Coopérative Laitière de la Sèvre a engagé le développement de nouvelles gammes de produits. Des investissements qui déboucheront sur 30 embauches d’ici deux ans.

La star du Concours général agricole

UN LAIT RÉGIONAL NOUVELLE-AQUITAINE EN CIRCUIT COURT. »

très bien, précise Michel Papot, directeur de CLS. Un rapprochement, pour des questions de mutualisation, avait déjà été opéré en 1994. » Que ce soit dans ses locaux à Échiré, où le beurre continue d’être confectionné dans les barattes en bois, ou dans ceux de Celles-sur-Belle, où chaque fromage est moulé à la louche avec le même geste depuis 126 ans, l’entreprise veut continuer à revendiquer ce caractère artisanal. Mais elle est aussi contrainte, pour assurer son avenir, d’engager une diversification. « En effet, la valorisation de la matière grasse ne suffit plus, précise Patrick Roulleau, président de la coopérative, nous devons trouver des débouchés pour notre lait écrémé (36 millions de litres sur les 40 millions collectés chaque année) afin de ne plus être contraints par le marché du lait, qui affiche des prix toujours plus bas. » Pérenniser la laiterie donc, qui compte 140 sa-

lariés, mais aussi mieux rémunérer ses 118 producteurs locaux (63 pour le lait de vache et 55 pour le lait de chèvre). Trois projets de diversification Plusieurs orientations de diversification ont donc été engagées depuis l’an dernier. La première porte sur la création d’une gamme de fromages pasteurisés, chèvre et vache, destinée en partie à l’export. En 2018, 14 tonnes ont été produites. « L’objectif est d’atteindre 400 tonnes d’ici deux ans, poursuit Michel Papot. Dans le même temps, nous abandonnerons les bûches et bûchettes sur lesquelles nous ne sommes pas compétitifs par rapport aux laiteries industrielles. » Autre grosse évolution : le lancement cette année d’une nouvelle gamme de fromages à pâte pressée de type tome. « Nous visons une production de 200 tonnes par an. » Deux programmes qui

CORRÈZE TULLE En huit ans, Stam, la Société des travaux acrobatiques et montagnards, a fait un bon bout de chemin, au propre comme au figuré. Gardant un esprit « montagne » et devenue experte en son domaine, elle investit encore dans de nouvelles technologies.

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L

@STAM

Stam est spécialisée dans les travaux acrobatiques et montagnards.

es bureaux sont sobres… et bien occupés. Avec près de 40 employés, Stam se sent un peu à l’étroit. Mais en décembre prochain, elle devrait rejoindre son nouveau siège sur les hauteurs de la ville. Jean-Marie Tissot, le dirigeant et fondateur, a d’abord créé sa société d’élagage en 2007 à Gimel-les-Cascades. Mais il se refuse à en faire une activité à l’année. « On ne taille pas en dehors de la saison hivernale », explique-t-il. C’est pourquoi il décide d’élargir son champ d’intervention à l’industrie pour assurer l’activité de la jeune entreprise. Avec deux associés, il crée Stam en 2011 et part installer le siège social à Toulouse. Mais les clients corréziens continuent à les appeler. Quelques années plus tard, les associés rapatrient le siège à Tulle, en laissant

FRANÇOISE ROCH

V

ous ne connaissez pas forcément son nom. Mais ses produits ont une réputation qui dépasse les frontières de l’Hexagone. Le beurre d’Échiré, de renommée internationale, est présent sur la table de nombreux chefs d’État et de restaurants étoilés, multimédaillé au Concours général agricole depuis 1896. Le fromage au lait cru Chabichou, également multimédaillé, sans oublier le Chevrot ou le Mothais sur feuille. La Coopérative Laitière de la Sèvre (CLS), basée à Celles-sur-Belle dans les Deux-Sèvres, une des dernières laiteries indépendantes et artisanales de France, est née de la fusion, en 2004, de l’entreprise Échiré, qui fête cette année ses 125 ans (1894), et de Sèvre et Belle, fondée en 1893. « Les deux structures se connaissaient déjà

Coopérative Laitière de la Sèvre. imposent l’installation de nouvelles lignes de production pour un investissement de 250 000 €. Et, enfin, la troisième innovation : le développement du lait UHT demi-écrémé sous deux marques, l’une Échiré haut de gamme et une seconde, Sèvre et Belle, lait régional NouvelleAquitaine en circuit court. Pour

cette activité, un bâtiment sera spécifiquement construit pour un montant de 8,5 millions d’euros. D’ores et déjà la Région Nouvelle-Aquitaine est partenaire sur les différents investissements à hauteur de 370 000 €. De nouveaux débouchés qui devraient engendrer, d’ici deux ans, l’embauche de 30 personnes.

une agence à Toulouse, qui est « une porte vers nos chantiers des Pyrénées. On y réalise 35 % de notre chiffre d’affaires ». Et Tulle, avec sa position centrale, « est parfaite pour rayonner dans toute la France ». Car la société intervient aussi bien en Bretagne qu’à Lille, dans le Massif central, les Alpes ou le Sud. Dans un univers concurrentiel très agressif, il défend l’ancrage territorial et un esprit d’équipe indéfectible : « On se soutient mutuellement. On travaille comme des montagnards. » Pour se donner un cap et s’installer dans la durée, la société développe une stratégie au long cours et s’oriente résolument vers des techniques à forte expertise. Le transport par câbles destinés aux chantiers est l’un de ses secteurs de prédilection. « Les investissements matériels sont conséquents, mais là, nous partons pour quinze ans d’activité », se félicite Jean-Marie Tissot. « Nous sommes capables d’installer un blondin [un téléphérique de chantier, NDLR] qui fera office de grue à l’aplomb de tout ouvrage difficile d’accès : ponts, conduites forcées,

barrages, zones humides… Les applications du transport par câbles sont variées et plus respectueuses de l’environnement que l’hélicoptère. » Esprit start-up et artisan Les clients de l’entreprise exigent une innovation permanente. C’est pour faire face à ces demandes que Stam a créé Scimex, son laboratoire d’analyse. C’est aussi là que les nouvelles techniques sont développées, comme l’usage de drones en milieu aquatique, la modélisation 3D des ouvrages avec le BIM (Building Information Modeling) ou l’usage des trackers laser pour les mesures. Pour l’entreprise, « la subvention de la Région arrive à point nommé. Elle va nous donner de l’air le temps que la commande de nouveaux matériels arrive enfin. Cette subvention, elle va créer de l’emploi. » Forte de ses compétences pointues et de sa vision à long terme, Stam arrive à rayonner. Au fil des années, elle a ouvert de nouvelles agences sur la plupart des lieux où elle travaille : au Puy-en-Velay et à Clermont-Ferrand.


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PROXIMITÉ

CHAQUE ANNÉE, LES ÉLUS RÉUNIS EN COMMISSION PERMANENTE VOTENT DES AIDES POUR PLUS DE 12 000 BÉNÉFICIAIRES. RETROUVEZ DANS CES PAGES UNE SÉLECTION DE PROJETS SOUTENUS. NOUVELLE-AQUITAINE.FR/INSTITUTION

CHARENTE-MARITIME PÉRIGNY Fondée en 2018 à Périgny, Prima Coating travaille sur une peinture qui limite les effets du soleil et des rayons infrarouges. Une innovation conçue pour favoriser les économies d’énergie.

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ne petite révolution industrielle se prépare à Périgny, aux portes de La Rochelle. Prima Coating, une jeune pousse fondée en février 2018, planche assidûment sur une peinture innovante capable de réduire... la facture énergétique. Baptisé Primatherm, ce concentré de technologies à déposer au pinceau consiste, tout simplement, à bloquer le transfert de chaleur de l’extérieur vers l’intérieur d’un bâtiment. « Nous visons 10 à 30 % d’économie d’énergie sur le coût de la climatisation », résument pour l’exemple Patrick Pillet et Damien Bourasseau, les deux associés à l’origine de Prima Coating.

Appliquée sur une toiture, n’importe quelle peinture blanche renvoie la lumière visible et limite mécaniquement ce transfert de chaleur. Le principe est bien connu et même déjà imposé dans certaines régions de la planète. Mais Prima Coating a décidé d’aller plus loin en s’attaquant cette fois aux rayons invisibles du soleil, les infrarouges. La « recette » mise au point par Patrick Pillet, ingénieur chimiste, permet de renvoyer davantage de chaleur et d’obtenir des gains énergétiques supplémentaires, sans recourir à de coûteux travaux de rénovation. Une première ! « Nous y sommes presque », assurent les deux quadragé-

THIERRY MARTROU

Une peinture pour réduire la facture énergétique

naires, qui espèrent commercialiser cette peinture dès l’an prochain. Pour accompagner leur croissance, la Région Nouvelle-Aquitaine a décidé de leur accorder une aide de près de 58 000 € destinée à l’acquisition de matériels de production. Des produits durables Leur secret, lui, est bien gardé. Tout comme l’adresse du chantier test où Damien Bourasseau et Patrick Pillet achèvent actuellement leurs derniers relevés. « Il s’agit de notre futur levier de croissance, de notre avenir », insiste Damien Bourasseau, le responsable du développement. Derrière leur innovation se profile aussi une vision entre-

La société Prima Coating, spécialisée dans la fabrication de peintures et de vernis, à Périgny.

JOËL PEYROU

GIRONDE BORDEAUX Quatre ans après sa création, la start-up bordelaise newHeat, spécialisée dans la production de chaleur solaire thermique pour l’industrie et les réseaux urbains, lance son premier projet d’envergure : une centrale sur le site des papeteries de Condat, en Dordogne.

M

oins utilisée par les industriels que le solaire photovoltaïque, l’énergie solaire thermique consiste à produire de la chaleur à partir de capteurs permettant de transmettre l’énergie du soleil à

un fluide : eau, vapeur ou huile thermique. C’est sur ce créneau que Hugues Defréville et Pierre Delmas se sont lancés en 2015, avec un objectif : révolutionner le marché de la chaleur industrielle. Les deux cofondateurs de newHeat, forts d’une solide

expérience dans le secteur des énergies renouvelables, ont eu l’idée d’une offre originale : proposer aux clients - sites industriels (papeteries, agroalimentaire, sites chimiques…) ou réseaux de chaleur urbains – la construction d’une centrale de production.

tures, mais elles sont conçues pour durer plusieurs décennies, avec un bilan écologique forcément plus intéressant sur le long terme. » Prima Coating vise en priorité les toitures plates des bâtiments industriels. Mais bien d’autres débouchés sont envisageables. D’autant plus que la jeune société se positionne avec ses autres « produits intelligents » sur des marchés de niche et haut de gamme. « Nous sommes en capacité de proposer du sur-mesure, de la souplesse et des produits à haute performance », détaillent Patrick Pillet et Damien Bourasseau, qui ont déjà embauché un salarié l’hiver dernier. « Notre objectif, c’est huit emplois d’ici à 2023. »

L’entreprise apporte les fonds propres nécessaires, supervise la construction du projet, puis vend l’énergie thermique produite par la centrale sur une durée de quinze à vingt ans. Les avantages promis aux clients sont multiples : réduction de la facture, diminution des émissions de CO2, le tout sans investissement ni risque financier.

up ont ainsi permis d’accéder à un haut niveau d’expertise, qui se concrétise aujourd’hui dans plusieurs projets. Sur le site des papeteries de Condat, en Dordogne, qui produit du papier couché sans bois pour l’édition publicitaire, les livres de luxe ou la presse, a été mise en service la plus grande centrale solaire thermique de France. Les capteurs solaires sont installés sur une surface de 4 210 m2, qui produit une énergie de 3 900 MWh par an. Après cette première, un nouveau chantier démarre sur les Malteries Franco-Suisses à Issoudun (36). Celles-ci transforment chaque année 200 000 tonnes d’orge et de blé en 160 000 tonnes de malt. Le projet prévoit une fourniture d’énergie thermique pour le site à hauteur de 18 % (avec une chaudière au gaz et une chaudière biomasse), sur vingt ans. Plus de 15 000 m2 de capteurs solaires seront installés sur 3,2 hectares. Basée à Bordeaux au sein du Village by CA, la société, qui compte aujourd’hui 15 collaborateurs, s’engage maintenant sur les marchés internationaux. Son objectif : réaliser d’ici à 2024 près de 500 MW de centrales solaires thermiques pour devenir ainsi le leader mondial de la fourniture de chaleur solaire.

TOUTES NOS MATIÈRES PREMIÈRES VIENNENT DE FRANCE ET D’EUROPE. »

Pierre Delmas devant l’installation newHeat, à la papeterie de Condat.

J’veux du soleil

preneuriale : les deux associés tentent de recourir au maximum à des produits végétaux et bio-sourcés, aux circuits courts. « Toutes nos matières premières viennent de France et d’Europe, contrairement à nos concurrents qui se fournissent beaucoup en Chine et en Inde, leaders mondiaux de la fabrication de résines et de pigments. » Cet exercice délicat dans le secteur de la chimie leur permet aussi de mettre en avant une approche environnementale. « Nous défendons la très haute durabilité de nos produits, précise Patrick Pillet. Tout ne peut pas être bio dans nos pein-

Une aide régionale précieuse Pour y parvenir, d’importants travaux de recherche et développement ont été menés et financés. En juin 2017, une levée de fonds de 1,8 million d’euros auprès d’acteurs industriels et investisseurs de long terme a concrétisé le projet en permettant de financer de lourds investissements. Une nouvelle levée de 1,6 million d’euros auprès de ses actionnaires historiques et via un emprunt bancaire vient d’être conclue en avril dernier. « En complément, l’aide régionale a largement contribué à notre montée en compétences, explique Hugues Defréville. Elle nous a aidés à structurer notre activité, à investir dans la R & D, l’ingénierie et le savoir-faire. » Les 200 000 € accordés par la Région Nouvelle-Aquitaine au titre de l’aide à l’amorçage des start-


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PROXIMITÉ HAUTE-VIENNE CUSSAC Le Comptoir Fraternel se lance dans le maraîchage bio pour fournir les habitants et les collectivités, avec à la clé la création d’emplois en insertion.

Racines solidaires

LE COMPTOIR FRATERNEL

Le champ labouré du Comptoir Fraternel à Cussac (87), espace de maraîchage. Grégory Vancaneghem, maraîcher.

mais aussi de fournir les repas qu’assure la collectivité. Et ce serait très bien si le projet pouvait permettre de réinsérer quelques personnes du village qui en ont bien besoin. » L’Ehpad, l’école primaire, le village vacances et la distribution de repas à domicile, assurée par la communauté de communes, représentent 20 000 repas par an. La demande locale est donc bien là. « Commencer modeste » La mairie loue à l’association, pour une somme modique, un beau champ de 5 hectares proche des habitations. « Nous allons commencer modeste sur un hectare et demi », précise Grégory. Le maraîcher s’est lancé sur une gamme de légumes suffisamment large pour que les clients y trouvent leur compte. Quand la production sera bien lancée, le Comptoir Fraternel compte créer un drive avec commande sur Internet. L’initiative est bien perçue. Des habitants se sont déjà investis dans le bénévolat. Un agriculteur voisin est venu labourer le champ. La Turbine, le tout jeune bar associatif local, s’est proposé pour distribuer les futurs paniers. Et la mairie étudie la possibilité de faire organiser la livraison par l’intermédiaire du service intercommunal de livraison de repas. La Région soutient le projet avec une aide de plus de 33 000 €. Le Secours Catholique s’est également engagé financièrement. L’association compte embaucher en insertion dès l’an prochain.

YOHAN BONNET

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l faut encore se projeter un peu, mais l’essentiel est là : 5 hectares labourés, un abri agricole pour le matériel, un premier tunnel pour faire grandir les plants. « Au début du printemps, il n’y avait que le champ et rien d’autre », se souvient Grégory Vancaneghem. Le projet du Comptoir Fraternel commence à prendre forme. « Je voulais créer mon exploitation en maraîchage. L’arrivée à Cussac a été le déclencheur du projet. » Avec Jean-François Duseigneur, qu’il connaît depuis longtemps, Grégory imagine le Comptoir fraternel, une ferme coopérative alternative bio, pour redonner un accès à l’emploi à ceux qui en sont éloignés. Ils ont l’expérience pour eux. Jean-François a travaillé au siège des Jardins de Cocagne, un réseau national de jardins d’insertion. Grégory, lui, est arrivé au maraîchage en 2011. « J’ai eu la chance de découvrir toutes les facettes du métier pendant deux ans avant de passer mon BPREA (brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole). » Et il est aussi passé par les Jardins de Cocagne. D’où peut-être la forte dimension sociale du projet. « Nous créons un modèle hybride où l’on va générer de la valeur économique et sociale », explique Jean-François. L’objectif est de vendre les légumes aux particuliers, aux personnes en difficulté et, à prix négociés, aux collectivités locales. L’approche a enthousiasmé la mairie. Pour le maire, c’est « une belle opportunité à la fois de créer des emplois locaux,

Le studio 2D-3D Animations, à Angoulême.

CHARENTE ANGOULÊME 2D-3D Animations fabrique et produit des films d’animation pour la télévision et le cinéma. Installée à Angoulême depuis vingt ans, cette société indépendante défend son modèle et son savoir-faire dans un secteur hyperconcurrentiel et mondialisé.

Angoulême anime le monde

L’

adresse se veut discrète, perdue dans les ruelles d’Angoulême, à deux pas du fleuve Charente. Ces studios de 600 m2 ont pourtant contribué à la fabrication d’histoires merveilleuses et de cartons planétaires : Les Triplettes de Belleville, Astérix et les Vikings, Iqbal, l’enfant qui n’avait pas peur, pour ne citer que ceux-là. Ou encore Minuscule, gigantesque film d’animation récompensé par un César en 2015. Fondée en décembre 1999, la société indépendante 2D-3D Animations fabrique et produit des séries, des courts et longs métrages d’animation pour la télévision et le cinéma. Un milieu hyperconcurrentiel qu’elle a su séduire, en défendant des valeurs universelles comme la protection de l’environnement, la sauvegarde des espèces menacées et le handicap. « Il faut toujours être en avance sur les futures productions, aller chercher les projets là où ils sont, à l’étranger », explique Malika Brahmi, la directrice générale de 2D-3D Animations. Un véritable exercice d’anticipation et de patience : « Il peut se

passer cinq à dix ans entre l’idée à l’origine d’un film et sa diffusion », détaille-t-elle. Les budgets et plans de film se chiffrent, eux, en millions d’euros. Quant au secteur de l’animation, il connaît de profondes mutations qui déstabilisent la filière et ses acteurs historiques. Cette réalité économique a conduit 2D-3D Animations à « revoir sa stratégie », résume Florent Mounier, le responsable du développement. Prestataire de services, la société angoumoisine est aussi devenue coproductrice et même productrice de ses propres idées et envies. 2D-3D Animations cherche ainsi des mécènes et à lever des fonds pour financer l’une de ses productions, Adam et le nuage magique. « Un projet d’animation autour du handicap, à la manière des animes japonais. Nous avons trouvé un distributeur et espérons le sortir en 2022 », sourit Malika Brahmi, qui dirige actuellement plus d’une trentaine de salariés. L’incontournable numérique Animateurs 2D ou 3D, graphistes, story-boarders et illustrateurs, développeurs... Tous ces mé-

tiers indispensables à la création planchent désormais sur informatique. Fini (ou presque) crayons, papier et planche à dessin. Ils ont été remplacés par le numérique et des outils toujours plus puissants, interconnectés. « Nous travaillons tous en réseau et piochons des morceaux de films sur nos serveurs. Alors, perdre une journée de travail à l’échelle d’une équipe entière se chiffrerait en milliers d’euros », souffle-t-elle. C’est pour financer une partie de ce coûteux matériel que la Région Nouvelle-Aquitaine a accordé une aide de 56 000 € à 2D-3D Animations. Pour garder une longueur d’avance et attirer de nouveaux talents, la société propose également une formation sur la création de story-boards, ces documents qui compilent l’ensemble des plans d’un futur film. « Nous essayons d’avoir plusieurs cordes à notre arc, explique Malika Brahmi. Et il existe une réelle demande à l’international pour former des story-boarders, qui manquent sur le marché. »

IL FAUT TOUJOURS ÊTRE EN AVANCE SUR LES FUTURES PRODUCTIONS. »


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PROXIMITÉ

CHAQUE ANNÉE, LES ÉLUS RÉUNIS EN COMMISSION PERMANENTE VOTENT DES AIDES POUR PLUS DE 12 000 BÉNÉFICIAIRES. RETROUVEZ DANS CES PAGES UNE SÉLECTION DE PROJETS SOUTENUS. NOUVELLE-AQUITAINE.FR/INSTITUTION

LANDES SAINT-GEOURS-DE-MAREMNE Entre forêt et océan, une jeune entreprise landaise, Materr’up, œuvre à l’élaboration de la ville de demain. Son béton écoresponsable apporte de nombreuses réponses aux problématiques du secteur de la construction.

C ON A TOUS LES FACTEURS DE CROISSANCE. »

SABINE DELCOUR

Materr’up, technopole Domolandes, Saint-Geoursde-Maremne ; Mathieu et Charles Neuville, Manuel Mercé.

’est dans le bâtiment Domolandes que les frères Neuville ont élu domicile à la création de leur société, en octobre 2018. Un projet peaufiné depuis cinq ans par Mathieu, l’un des jumeaux. Docteur en physique, ancien salarié des groupes Lafarge et Total, le jeune homme a conscience des enjeux à venir. Car, en matière de durabilité, le domaine de la construction a encore beaucoup à faire. En France, l’activité du bâtiment génère à elle seule 70 % des déchets nationaux. Quant au béton, omniprésent dans la construction, il est responsable de 8 % des émissions mondiales de CO2. Un potentiel colossal dans un monde en plein changement. « Notre technologie permet de répondre à ce marché en devenir », analyse Charles, l’autre moitié du duo fondateur. De profil financier, il s’est associé à son frère après une carrière chez Société Générale et Dexia. Quelques semaines plus tard, ils ont été rejoints par Manuel Mercé, en provenance de chez Total. Ensemble, le trio innove et vient de monter sa plateforme de

300 m2 dédiée à la création de bétons écoresponsables. Faible empreinte carbone À Saint-Geours-de-Maremne, la technopole Domolandes, spécialisée dans la construction durable, regroupe en son sein une quarantaine d’entreprises. Ici, ils ont mis au point un matériau vert élaboré à partir d’argile de carrière ou de terres d’excavation. Ses performances sont identiques à celles du béton ciment conventionnel à une différence près, son empreinte carbone. Ne nécessitant pas de cuisson, ce béton est produit sur site et n’implique pas de transport. De plus, sa base en terre lui confère des propriétés rafraîchissantes et dépolluantes. « Il filtre les contaminants et améliore ainsi la qualité de l’air intérieur », précise le docteur en chimie du trio, Manuel Mercé. Autant de qualités au même prix que son concurrent traditionnel, ce qui en augmente l’intérêt. « Nous voulons notre invention, au croisement du béton conventionnel et de la terre, accessible à tous », ajoute Mathieu Neuville. Mais la start-up industrielle ne se contente pas d’une ambition régionale. Les chantiers autour

JOEL PEYROU

Le béton nouvelle génération de la capitale lui font briller les yeux, en particulier celui du Grand Paris Express (le futur métro automatique), dont le creusement du tunnel génère des milliers de tonnes de terres à évacuer. Avec sa technologie, l’entreprise landaise « permet de les valoriser en réutilisant 40 % des terres de déblais, par la mise en place sur site d’une plateforme de tri, de stockage, de séchage et de recomposition », détaillent les jumeaux. Une méthode unique que la société compte bien mettre en œuvre pour la préparation des Jeux olympiques 2024. Une vitrine extraordinaire dans laquelle « la France doit se montrer exemplaire pour ensuite exporter son savoir-faire », poursuit Mathieu. Une belle opportunité que les trois hommes entendent saisir et en laquelle croit la Région Nouvelle-Aquitaine. Elle accompagne ainsi la création de leur plateforme de recherche et de production à hauteur de 129 000 €. Pour que les trois hommes accélèrent leur progression et pour que l’histoire de la ville durable de demain s’écrive, en partie, dans le département des Landes.

LOT-ET-GARONNE CASTELJALOUX L’usine Steico a modifié sa ligne de production pour fabriquer un nouveau panneau isolant bio-sourcé Flex36. Un panneau qui accompagne le succès commercial du groupe Steico.

L’isolant qui réchauffe Casteljaloux

L

es 30 hectares et les vastes bâtiments de l’usine qui se situent à l’entrée de Casteljaloux impressionnent. Ici, dans cette usine construite en 1948 pour fabriquer des panneaux de fibres de bois et rachetée en 2008 par le groupe Steico, pas moins de 500 salariés se sont activés aux heures de gloire de l’industrie française. Aujourd’hui, le site retrouve petit à petit son lustre d’antan avec de lourds investissements engagés par Steico. Pourquoi un groupe allemand a-t-il décidé d’investir dans la cité lot-et-garonnaise ? Les panneaux isolants fabriqués à partir de bois sont trop coûteux à faire transiter à travers une partie de l’Europe pour rejoindre le marché français et sud-européen. Dès l’acquisition de l’usine en 2008, le groupe Steico investit donc massivement, notamment en installant une chaudière à biomasse, puis une nouvelle ligne de production en 2010. « Les sites polonais sont alors très bien positionnés pour les marchés allemand, autrichien, suisse, l’Europe du Nord et l’Europe de l’Est, mais le groupe Steico avait besoin de se rapprocher des marchés à fort potentiel en France, en Italie, au Portugal et en Espagne », explique Jacques Knepfler, directeur France de Steico. Si la crise des subprimes survenue juste après le rachat de l’usine par Steico voit le marché de la construction s’effondrer, notamment en Espagne, le groupe persévère et fait le pari du site de Casteljaloux à long terme. « Le pari a été relevé, puisque aujourd’hui la marque Steico est leader sur les panneaux bio-sourcés pour ces pays. L’usine de Casteljaloux

a une situation géographique exceptionnelle pour ces marchés et elle se situe à proximité d’une ressource bois importante. On a tous les facteurs de croissance. » Un panneau isolant souple et flexible L’usine de Casteljaloux se lance alors après le rachat dans le développement du panneau Flex38. Un panneau isolant souple et flexible destiné aux toitures, murs, cloisons et planchers. Il est obtenu après cuisson des copeaux de bois, séchage de la fibre issue de la cuisson, intégration d’un liant thermoplastique, puis mis en forme dans une presse. Cet isolant bio-sourcé Flex38 est en pleine expansion en Europe, car c’est l’un des isolants thermiques les plus performants, notamment contre la chaleur. Pour accompagner ce succès commercial, Steico a décidé de lancer un nouveau panneau, le Flex36, dans son usine principale de Pologne. La décision de fabriquer ce panneau Flex36 à Casteljaloux a alors nécessité une phase de recherches et d’essais pour adapter et optimiser la chimie du pin maritime dédié à ce nouveau panneau fabriqué sur la ligne de production. Un investissement de 791 415 €, aidé à hauteur de 197 854 € par la Région Nouvelle-Aquitaine, pour Steico Casteljaloux, qui compte 53 salariés. « L’objectif est de réaliser des investissements sur le site et sur de nouvelles activités qui permettront de préserver l’emploi, voire d’embaucher et de rebondir sur les trente prochaines années dans la filière bois », conclut Jacques Knepfler.


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PROXIMITÉ DORDOGNE SAINT-AULAYE – PUYMANGOU L’entreprise Céraquitaine, spécialiste des supports de cuisson à haute température pour les industries, veut développer son marché international. La très grande majorité des 35 salariés qui assurent la fabrication de produits sur mesure seront formés.

Céraquitaine, entreprise de céramiques réfractaires.

Chaud devant !

UNE ENTREPRISE ARTISANALE AVEC DES OUTILS INDUSTRIELS. »

jusqu’en 1987. Depuis un siècle, l’histoire a avancé aussi vite que les techniques et l’évolution des marchés, sans quitter le domaine de la haute température. Entre artisanat et industrie Son directeur actuel, Gilles Pouteau, aime à décrire son usine de 35 salariés, achetée en 2009, comme une « entreprise artisanale avec des outils industriels ». Artisanale, car ici tout est fabriqué sur mesure pour les industries qui ont besoin de supports pouvant résister dans des fours montant jusqu’à 1 700 °C. Par exemple, pour la cuisson d’une assiette en porcelaine – qui doit reposer sur un support qui ne se déforme pas avec la chaleur – passant de la température ambiante (20 °C) à celle du four à plus de 1 400 °C, sans casser. Céraquitaine dispose de 11 000 références pour ses clients répartis dans les secteurs des arts de la table, des sanitaires, de la construction de fours industriels, des composants électroniques, des céramiques techniques, de l’industrie automobile… Un

marché orienté à l’international depuis la crise de 2009, qui a vu le secteur industriel français sombrer ou se délocaliser. Aujourd’hui, 65 % de la production de Céraquitaine est exportée, dont les deux tiers en Europe. Modernisation et formation Pour adresser ce marché, une chaîne de cuisson rapide a été acquise en 2002, faisant passer le temps de cuisson de 42 à 4 heures. La modernisation de l’outil industriel est passée par la mise en place d’une gestion de maintenance assistée par ordinateur. Et un jeune technicien, titulaire d’un BTS électronique, a été recruté pour anticiper le départ à la retraite du responsable maintenance. Ils évoluent aujourd’hui ensemble, pour une meilleure transmission des connaissances. « Le savoir-faire est dans les mains de nos opérateurs qui sont derrière les machines », appuie Gilles Pouteau, dont 26 des salariés vont suivre l’équivalent de 2 059 heures de formation, pour lesquelles la Région Nouvelle-Aquitaine apporte une aide

CREUSE FLAYAT Le Café de l’Espace, un lieu hybride aux activités multiples, est aussi une belle salle de spectacles. Il rassemble tous les publics, rayonne bien au-delà du département et bouillonne de projets.

En orbite haute Ils sont une petite dizaine à investir le lieu. De temps à autre, la sonnette du relais postal retentit. Depuis l’an dernier, le café a repris les activités de la Poste du village. Le soir sera encore un peu plus animé avec le concert de Clara. « Les groupes viennent chez

nous par engagement », explique Raphaël, coordinateur de la programmation. C’est pourquoi, avec son budget concert à 20 000 € l’année, le Café arrive à avoir des groupes qu’il n’aurait jamais les moyens de payer et peut afficher plus de 40 concerts à l’année. Il

de plus de 38 000 €. L’objectif étant de fournir à l’ensemble des salariés les connaissances relatives aux processus de fabrication de la céramique afin d’acquérir,

au-delà des gestes techniques, une vision globale et une meilleure compréhension du produit. La haute température continuera de chauffer à Saint-Aulaye.

faut y ajouter une centaine d’animations, des débats et des soirées à thème. Quatre cents personnes viennent régulièrement au Café, certains vivant à plus de 50 km. Autour du lieu gravitent une vingtaine de bénévoles « qu’on peut mobiliser en urgence », se félicite Raphaël. Comme ce soir mémorable de mai où Manu Chao s’est arrêté sur un trajet entre Paris et Barcelone. Le chanteur avait été touché par la démarche du lieu. « On a dû envoyer des SMS pour dire aux gens de ne pas venir. Finalement, on a réussi à n’être que 400 ! Manu Chao est resté toute la nuit après un concert de trois heures. »

l’un des instigateurs du projet. Il décède un an après la reprise. Ses copains décident alors de donner son nom au lieu, qui devient Espace Alain Fauriaux. « Mais comme c’est un peu long à dire, c’est très vite devenu le Café de l’Espace », explique Jacques. Pour que le budget tienne, l’association doit faire des calculs savants. La Caf (Caisse d’allocations familiales), qui a labellisé le café « Espace de vie sociale », est un puissant soutien. La Région, à travers la convention Tiers-lieu, est également l’un des principaux financeurs (60 000 € sur 2 ans). Une nouvelle aide de 10 000 €, fléchée sur le fonctionnement, va lui donner un peu d’air cette année. Les projets au long cours ne manquent pas. L’idée de faire labelliser un premier Smac (label national « Scène de musique actuelle ») creusois « à plusieurs structures » fait son chemin. Et dans le village, le nouveau conseil municipal est enthousiaste pour lancer avec le Café le projet de rénovation de l’ancienne Poste, pour une extension des activités avec atelier, gîte de groupe et lieu d’accueil. Le Café de l’Espace ne semble pas près de quitter son orbite.

MANU CHAO EST RESTÉ TOUTE LA NUIT APRÈS UN CONCERT DE 3 HEURES. »

GUILLAUME FONTAINE

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e l’extérieur, il a l’air aussi calme que les rues de Flayat, le Café de l’Espace. Mais à l’intérieur, il bourdonne de vie. Les élèves de l’IME (Institut médico-éducatif) d’Aubusson, à 30 km de là, sont venus pour un atelier jardinage.

SÉBASTIEN LE CLÉZIO

O

n pourrait croire à une légende, mais pourtant l’histoire de Céraquitaine est vraie. Les acteurs : une femme, un prêtre et le chemin de fer… Tout commence en 1904, quand Mme Duvigneau organise un dîner mondain avec sa famille en présence du prêtre. Le beaufrère, qui travaille pour les Chemins de fer du Midi, évoque les difficultés de tenue des briques réfractaires présentes à l’intérieur des chaudières à vapeur. Le curé, géologue, connaît bien le territoire, qui est l’un des deux bassins français d’argile dite réfractaire, idéale pour fabriquer ces briques. La suite de l’histoire est aussi simple que détonnante en ce début de xxe siècle : une femme devient patronne et un prêtre, directeur technique. L’entreprise, qui emploiera jusqu’à 350 personnes dans les années 1970, intéressera les grands groupes dont Lafarge, propriétaire

Les élèves de l’IME d’Aubusson

Une aide régionale précieuse « Le Café, c’est une histoire de copains », se souvient Jacques, l’un des dix administrateurs de l’association. Il y a quinze ans, Paulette voulait céder son bar-hôtel-restaurant mais ne trouvait personne. « Pour que le lieu continue à vivre, on a décidé de le reprendre. On venait tous du club de foot de Flayat. » Alain Fauriaux, maire de l’époque, était


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PRIORITÉS RÉGIONALES/ JEUNESSE EN BREF

Une aide pour le premier équipement professionnel ALAIN LE BOT/GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES

POUR LES LYCÉENS DES FILIÈRES PROFESSIONNELLES ET LES APPRENTIS, acquérir l’équipement indispensable à leur

LYCÉES La prochaine rentrée sera marquée par une profonde réforme. Préoccupée par l’augmentation des frais engendrée par cette mesure, la Région a choisi d’accroître fortement l’accompagnement financier des familles.

Des manuels scolaires gratuits pour la rentrée

L’

égalité d’accès des lycéens à la formation est au cœur de la politique éducative du Conseil régional. Afin de préserver le pouvoir d’achat des familles et de permettre à tous les élèves concernés par la réforme du lycée général et technologique de bénéficier de manuels adaptés à la refonte des programmes, la Région prendra en charge le coût de leur renouvellement. Ce sont 133 000 lycéens qui bénéficieront de cette mesure, dont 88 000 dès la rentrée 2019. Le montant total de cet investissement est de 26,6 millions d’euros. Concrètement, cette aide équivaudra à 200 € par élève, le coût estimé pour acquérir les manuels nécessaires pour l’année scolaire. La gratuité des manuels au lycée est une revendication historique des grandes fédérations de parents d’élèves : la Région Nouvelle-Aquitaine y répond avec la volonté de préserver le rôle éducatif essentiel, au sein de chaque lycée, de leurs associations locales. Pour mettre en œuvre sa politique, le Conseil régional veut aussi s’appuyer sur le réseau des libraires de la région, dont le rôle est crucial auprès des lycées de nos villes. LES ÉLÈVES DE TOUS LES ÉTABLISSEMENTS SONT-ILS CONCERNÉS ? Cette aide concernera à la rentrée

2019 tous les élèves de seconde et de première des lycées généraux et technologiques, qu’ils soient scolarisés dans un établissement public ou dans un établissement privé sous contrat d’association avec l’État. Les élèves de terminale en bénéficieront à la rentrée 2020. COMMENT ÇA VA MARCHER ? Compte tenu des très lourdes charges de travail qui pèsent sur les équipes des lycées en cette période de réforme, l’aide sera distribuée différemment dans l’enseignement public et dans l’enseignement privé sous contrat. Ainsi la Région a répondu aux préoccupations exprimées par les chefs d’établissement. Établissements publics. Tout élève qui en fera la demande sur une application dédiée recevra une contremarque d’une valeur de 200 € afin de commander ses ouvrages. Une application informatique sera déployée pour lui permettre de s’enregistrer et d’obtenir cette contremarque (disponible également sous forme imprimée). Toute l’information nécessaire sera donnée au lycée. Établissements privés sous contrat. C’est l’établissement qui sera chargé de l’achat et de la mise à disposition des manuels scolaires. Il recevra pour ce faire une aide régionale calculée sur la base de 200 € par élève.

Les enjeux • La gratuité

pour les élèves • Le soutien aux parents d’élèves pour relancer leur rôle dans le cadre des bourses aux livres •Le soutien des libraires

Plus d’infos aidesrentree.fr

QUI VA S’OCCUPER DE L’ACHAT ET DE LA DISTRIBUTION DES MANUELS ? Pour les élèves des établissements privés sous contrat, les opérations d’acquisition, de mise à disposition et de suivi seront réalisées par le lycée. Pour les élèves des établissements publics qui ne peuvent pas prendre en charge ce travail à la rentrée prochaine, les manuels scolaires seront achetés auprès des libraires et autres partenaires référencés par la Région. À travers ce dispositif, l’idée est également de soutenir les réseaux de libraires locaux sur tout le territoire régional. Les familles pourront s’adresser directement à ce réseau mais aussi aux associations de parents d’élèves investies dans les lycées et volontaires pour prendre part à la mise en place de la gratuité des manuels au lycée, qui feront l’intermédiaire pour les commandes d’ouvrages. Lorsque ce sera nécessaire, d’autres partenaires seront également mobilisés. La Région sera attentive à la situation de chaque lycée.

activité (outillage, vêtements…) peut représenter un coût élevé. À partir de la rentrée 2019, ils se verront remettre par leur établissement un kit, le même pour tous les élèves de chaque filière, et ce sur l’ensemble du territoire, d’une valeur comprise entre 110 et 360 €. Il restera en leur possession une fois leurs études terminées. Objectif : aider de manière équitable tous les lycéens et apprentis devant acquérir un équipement onéreux, quel que soit leur territoire et leur établissement. Et faire en sorte que chacun bénéficie d’un matériel adapté à son cursus : ces kits sont en effet élaborés avec des formateurs référents afin d’être au plus près des besoins des métiers concernés.

L’aide aux devoirs gratuite DÈS LE MOIS DE SEPTEMBRE 2019, l’aide aux devoirs gra-

tuite lancée par la Région reprend du service. Destinée aux lycéens et apprentis de Nouvelle-Aquitaine, il s’agit d’un soutien à distance en mathématiques, français, anglais, espagnol et physique. Chaque élève peut solliciter un tuteur pour échanger sur ses difficultés autour d’un exercice, d’une leçon ou d’un point de programme. Inspiré d’une initiative québécoise qui a fait ses preuves, ce service gratuit, inédit en France, participe à la lutte contre le décrochage scolaire et les inégalités.

Plus d’infos Service accessible du lundi au jeudi de 18 heures à 21 heures (hors vacances scolaires) en contactant le 05 57 57 50 00 et via l’environnement numérique de travail des établissements.

ZOOM

20 EUROS EN CHÈQUE LIVRE En plus des manuels scolaires, dès la rentrée prochaine 230 000 lycéens et apprentis pourront bénéficier d’un chèque livre d’une valeur de 20 €. La Région veut soutenir l’action des professeurs en faveur de la lecture : susciter l’envie de lire et faire découvrir aux jeunes des librairies et d’autres lieux de lecture et de culture dans leur environnement. Valable auprès d’un réseau de libraires habilités par la Région, le chèque livre permettra d’acheter un ou plusieurs ouvrages au choix et aux goûts de chacun.

Des lycées connectés ! EN SEPTEMBRE, la Région Nouvelle-Aquitaine active une offre

de services numériques complète pour tous les lycées publics. Nommée « Lycée connecté », elle permet aux élèves de bénéficier d’outils de communication sécurisés auxquels est associée toute une palette d’outils tels qu’une suite bureautique en ligne (traitement de texte, tableur, diaporama), ainsi que de nombreux exercices, QCM, cours en ligne… Véritable point d’accès unique, le site lyceeconnecte.fr permet de consulter aussi bien les manuels scolaires numériques des nouveaux programmes du bac que les notes des devoirs grâce à l’interconnexion aux logiciels de vie scolaire. Cette plateforme, équipée de fonctionnalités collaboratives intuitives, permet un suivi régulier depuis un ordinateur, une tablette ou un téléphone.

Plus d’infos lyceeconnecte.fr


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PRIORITÉS RÉGIONALES/ JEUNESSE EN BREF

Se loger chez l’habitant avec Un, Deux, Toit SI LA NOUVELLE-AQUITAINE EST TRÈS ATTRACTIVE pour

les étudiants et apprentis, se loger à proximité de son lieu de formation relève parfois du parcours du combattant. Pour que le logement ne soit plus un frein à la réussite des jeunes, la Région a développé la solution « Un, Deux, Toit », un dispositif de mise en relation entre jeunes et propriétaires ou locataires disposant d’une chambre inoccupée. Géré par l’association SoliHA Nouvelle-Aquitaine, ce dispositif garantit des tarifs encadrés : entre 8 et 15 € la nuitée, jusqu’à 300 € par mois en territoire tendu. Nouveauté pour les locataires du parc social, ils bénéficient dorénavant d’une dérogation leur permettant de sous-louer une partie de leur logement à condition qu’ils soient âgés de plus de 60 ans et leur sous-locataire de moins de 30 ans.

Plus d’infos operationundeuxtoit.fr

Une aide pour les stages et études à l’étranger SABINE DELCOUR

Anaïs Foucher et Noémie Joubeaux, association Trajectoires Sonores, Périgny.

PROJETS ASSOCIATIFS Après plus de trois mois à sillonner l’Europe du Sud pour rencontrer des musiciens, Noémie et Anaïs fourmillent d’idées pour leur association. La Région les soutient via le dispositif Projets Initiatives Jeunesse.

Roulez jeunesse !

L

a Combine à Sons est une aventure musicale à trois. Elle réunit Noémie Joubeaux (23 ans) et Anaïs Foucher (25 ans), fondatrices de l’association Trajectoires Sonores, ainsi qu’un vieil utilitaire baptisé la Combine (31 ans), aménagé en lieu de vie et en studio d’enregistrement. Il les a menées jusqu’à une trentaine d’artistes européens d’août à novembre 2018. Objectif de l’expédition : se laisser porter par la route et les rencontres, puis tirer de ce matériau riche en émotions et en découvertes musicales un documentaire destiné à être diffusé sur Internet, mais aussi par des structures associatives, scolaires, ou lors de festivals. « Du sud de la France à la Croatie, en passant par l’Italie et la Slovénie, nous nous sommes arrêtées dans des villes, des villages, où nous avons cherché à rencontrer des musiciens. C’était vraiment spontané », raconte Noémie. Parmi leurs souvenirs marquants, une semaine passée dans la campagne vénitienne avec Alcide Ronzani, depuis lors rebaptisé Tonton Gianni, qui

s’avère être l’un des pionniers du blues en Italie. Ou encore la rencontre fortuite dans la forêt toscane d’un dénommé Colibri, musicien brésilien créateur de hang drums*, que l’artiste au doux nom d’oiseau a la particularité de façonner à partir de bouteilles de gaz recyclées. Nouvelles étapes Trois mois et demi et sept épisodes d’une web-série plus tard, les voilà rentrées à Châtelaillon-Plage (17), renouant chacune avec une activité professionnelle et des heures de tournage à dérusher en vue de leur documentaire. Mais l’aventure ne s’arrête pas là car, entretemps, l’association est passée de deux à dix bénévoles. Elle se fixe pour nouvel objectif d’organiser un festival Trajectoires Sonores en Charente-Maritime, afin de rassembler des artistes croisés aux quatre coins de l’Europe. Ambitieux, le projet connaît ce mois de juin une étape intermédiaire grâce à un partenariat avec Notes en Vert, à Périgny (17) : « Deux des artistes découverts par la Combine à Sons vont

2 500 €

versés par la Région au titre du dispositif Projets Initiatives Jeunesse

se produire aux côtés d’Alpha Blondy et Caravan Palace, les têtes d’affiche du festival », s’enthousiasme Noémie. Une belle visibilité pour l’association et ses artistes. « Nous avons également carte blanche pour organiser notre propre scène au sein du festival », poursuit-elle. En plus de leur permettre d’avancer sur leur documentaire, les 2 500 € versés par la Région au titre du dispositif Projets Initiatives Jeunesse vont les aider à financer tout le volet logistique, dont les déplacements des artistes. Par cette aide, la Région souhaite encourager l’autonomie et l’initiative des jeunes dans de multiples domaines et favoriser créativité et innovation. Les bénéficiaires doivent être âgés de 15 à 30 ans, domiciliés en Nouvelle-Aquitaine, et réaliser leur projet au titre d’une association. * Instruments à percussion assemblant deux dômes métalliques.

Plus d’infos les-aides.nouvelle-aquitaine.fr lacombineasons.com

UNE PREMIÈRE EXPÉRIENCE INTERNATIONALE constitue

souvent un atout décisif au moment de rechercher un emploi. Pour aider les jeunes de 18 à 30 ans à réaliser un stage professionnel ou un séjour d’études à l’étranger, la Région a mis en place le dispositif Bagages. Il s’adresse à plusieurs publics – infra-bac, post-bac, demandeurs d’emploi – et s’ouvre aussi à l’accueil d’étudiants étrangers qui viennent suivre un master 2, à condition dans tous les cas d’être inscrit dans un établissement d’enseignement ou de formation de la Région. Le montant de l’aide varie selon le projet et les ressources du candidat. Il s'élève par exemple à 80 € par semaine pour un étudiant non boursier qui souhaite faire un stage professionnel à l’étranger (2 semaines minimum).

Plus d’infos les-aides.nouvelle-aquitaine.fr


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PRIORITÉS RÉGIONALES/ AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE EN BREF

Les comités de lignes 2019 se poursuivent

TRÈS HAUT DÉBIT En 2022, la Nouvelle-Aquitaine comptera 1,5 million de foyers connectés à la fibre optique par un réseau public (contre 600 000 prévus initialement). 229 millions d’euros sont ainsi investis par la Région au profit des 12 départements, avec un objectif : couvrir le territoire de manière homogène.

1,5 million de prises publiques de fibre optique

d’euros sont investis par la Région

Maintenir l’attractivité des territoires La politique ambitieuse de la Région est donc essentielle pour réduire les inégalités numériques du territoire. Dans certaines zones isolées, l’arrivée du très haut débit permettra de réduire les distances : le déploiement de l’e-santé, par exemple, favorisera l’accès aux soins dans des lieux confrontés à la déser-

tification médicale, la création d’espaces de travail partagés rendra possible l’installation de salariés en télétravail sur un territoire isolé. L’arrivée de la fibre permettra également à ces territoires de rester attractifs économiquement, les entreprises étant assurées d’y trouver une connexion suffisante pour le développement de leurs activités. 3 500 emplois mobilisés Mais avant d’en arriver là, installer la fibre est un chantier d’envergure : 229 millions d’euros sont investis par la Région, et pas moins de 3 500 emplois « équivalents temps plein » sont à occuper dans les prochains mois. Des études de terrain à la maintenance des réseaux en passant par la pose de câbles, ces postes nécessitent des qualifications techniques spécifiques. De nombreux lycées et certains Centres de formation des apprentis (CFA) de Nouvelle-Aquitaine adaptent

ROSINE RANGEARD,

GÉRANTE DU CAMPING LES OURMES À HOURTIN (33), 1RE ENTREPRISE RACCORDÉE DANS LA COMMUNE

DR

Nous avons immédiatement constaté une satisfaction de la clientèle avec ce débit performant. Pas plus tard qu’hier, une cliente a pu télécharger un livre pour son séjour. C’est un service très apprécié. Pour nous, au niveau du travail, c’est un gain de temps énorme. Nous pouvons envoyer des photos, de gros dossiers à nos clients, c’est très facile, très rapide. Avant l’arrivée du THD, nous n’essayions même plus. Nous devions tout envoyer en papier. Il est encore trop tôt pour dire si cela aura un impact sur notre chiffre d’affaires, mais ce qui est sûr c’est que déjà nous constatons un vrai confort de travail et une grande satisfaction de notre clientèle.

ainsi leur programme pour répondre aux besoins des entreprises. Ils proposent notamment, désormais, des cursus d’installateur et de technicien de réseaux câblés de communication intégrant la technologie optique. Point sur le déploiement Quant au déploiement, il s’organise de façon méthodique depuis 2016. Cheville ouvrière de ce déploiement, la société publique locale Nouvelle-Aquitaine THD (NATHD) commercialise et exploite le réseau public de fibre optique porté par les collectivités de Charente, Corrèze, Creuse, Dordogne, Haute-Vienne, Landes et Lot-et-Garonne, les cinq autres départements (Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Gironde, Pyrénées-Atlantiques et Vienne) ayant opté pour d’autres modalités contractuelles. En 2022, la Charente, la Charente-Maritime, la Corrèze, la Gironde et les Pyrénées-Atlantiques auront atteint l’objectif de couverture fibre à 100 %. De nouvelles contributions sont à l’étude et permettront la construction de prises supplémentaires notamment en Creuse, Dordogne et Haute-Vienne d’ici à 2025, date à laquelle le réseau public devrait compter au moins 1 800 000 prises installées.

Plus d'infos http://naqui.fr/deploiementfibreoptique

C’est l’été, laissez-vous transporter ! TER / CAR Préparez votre programme de sorties de l’été, la Région Nouvelle-Aquitaine s’occupe de vous y transporter. Avec 280 lignes de cars et 34 lignes TER – soit 50 000 points d’arrêt routiers et 327 gares et haltes ferroviaires –, c’est tout un territoire qui est desservi la semaine et le week-end. Pourquoi ne pas vous rendre à la plage en TER ou en car ? Pas moins de 30 destinations sont proposées sur toute la façade atlantique de la région. Pour cela, pensez au Pass Océan TER vers Royan, La Rochelle, Arcachon entre 10 et 30 € (selon forfaits de 1 à 10 jours). Des offres sur les différents réseaux routiers sont aussi proposées, comme en Charente-Maritime : le forfait journée Île de Ré 5 € A/R ou 11 € en semaine (Car 17). Enfin, n’oubliez pas les formules TER proposant jusqu’à 50 % de réduction : le billet moins de 28 ans, le tarif « Tribu » de 2 à 5 personnes et la « Carte + » en solo ou duo. Plus d’infos transports.nouvelle-aquitaine.fr

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAD

TRANSPORTS

En TER ou en car, la Région Nouvelle-Aquitaine finance plus de 80%* du coût de votre voyage

transports.nouvelle-aquitaine.fr

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229 MILLIONS

L

a Région Nouvelle-Aquitaine s’organise pour se doter d’infrastructures numériques de pointe afin de favoriser la compétitivité et l’innovation des entreprises et permettre une connexion très haut débit à tous les habitants du territoire d’ici à 2030. Pour cela, elle investit dans les zones non couvertes par les opérateurs privés, qui équipent en fibre moins de 38 % de la population, concentrée sur 9 % du territoire (en particulier les zones urbaines).

Plus d’infos transports.nouvelle-aquitaine.fr

* Au global sur l’ensemble des transports régionaux en TER ou en autocar

FRANÇOISE ROCH

LES PREMIERS COMITÉS DE LIGNES 2019 ont été lancés en mai et se poursuivent dès le mois de septembre. Ces réunions publiques sont l’occasion de donner une information spécifique, ligne par ligne, sur les travaux prévus, les nouveaux horaires, les changements de tarifs… Et l’occasion aussi de faire entendre sa voix si l’on a des propositions ou des demandes à faire sur sa ligne. Désormais, ces comités sont accessibles à distance : une plateforme de concertation, ouverte un mois avant chaque comité, permet de faire remonter ses questions en amont et chaque comité peut être suivi à distance en direct en vidéo. Un tchat permet également d’interagir avec la salle le jour J. Après la réunion, la vidéo est disponible sur le site transports de la Région, de même qu’un compte rendu détaillé des échanges.

LKLKLAKLKLKKLKLAKKKK Investissons aujourd’hui, dessinons demain


CULTURE

Journal d’information de votre région 

N°7 ÉTÉ 2019

UN GESTE ARCHITECTURAL FORT POUR LA CULTURE CULTURE Véritable base arrière de la culture, la MÉCA – Maison de l’économie créative

et de la culture – héberge le Frac* – Nouvelle-Aquitaine et les deux agences régionales** dédiées au spectacle vivant, au livre, au cinéma et à l’audiovisuel. Inaugurée au début de l’été, elle va permettre d’accueillir les professionnels pour les aider à produire, créer et diffuser leurs œuvres aux quatre coins du territoire. Quel rapport entre la MÉCA et les acteurs culturels ? Ouverte au public, la MÉCA est aussi et surtout un formidable espace de travail pour les acteurs culturels. Lieu de formation, de préparation et d’accompagnement pour les professionnels de la culture, elle aide les artistes régionaux (compagnies de spectacle vivant, groupes de musique, auteurs, réalisateurs) à mieux se produire, à créer et diffuser leurs spectacles et productions sur l’ensemble du territoire régional et au-delà. Elle va ainsi nourrir les productions des lieux de spectacles et des festivals qui se déroulent toute l’année en Nouvelle-Aquitaine. Elle va permettre de voir naître ou grandir des auteurs de talents et participer à la diffusion de leurs ouvrages. Elle va faciliter le travail des réalisateurs pour écrire leurs films, mais aussi pour organiser les tournages sur nos magnifiques territoires… Pourquoi parler d’économie et de culture ? La culture fait vivre tout un écosystème et draine des millions de spectateurs et de visiteurs par an, constituant à la fois une activité économique à part entière et une opportunité d’aménagement et de valorisation du territoire. Les interventions de la Région dans le champ culturel s’inscrivent dans cette double mission. Côté scène, elle soutient

les équipes artistiques, les lieux de fabrique, les structures et les opérateurs labellisés ou conventionnés par l’État, avec une règle d’or : le respect absolu de la liberté de création artistique. Côté coulisse, elle accompagne l’investissement de projets culturels structurants. Cette démarche s’inscrit à travers un leitmotiv affirmé : réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, les communes rurales et les zones urbaines ou encore entre les sociétés commerciales de spectacle et les petites structures locales et régionales. Cette approche résulte d’un travail de concertation avec les différents acteurs du monde artistique. Elle a donné lieu à l’émergence de contrats de filière ambitieux par grands domaines d’activités culturelles et à de nouveaux règlements d’intervention encore plus équitables, entrés en vigueur en 2019. Pourquoi réunir les acteurs de la culture ? Pour assurer un accompagnement de qualité et permettre une meilleure collaboration entre les différentes structures qui accompagnent les créateurs, la Région a donc réuni au sein de la MÉCA deux agences majeures que sont l’ALCA et l’OARA et le Frac-Nouvelle-Aquitaine. Faisant ainsi de la MÉCA la base arrière de la création culturelle : ce qui se fait dedans se voit dehors, sur

46 900 PERSONNES

salariées exercent un emploi culturel comme activité principale en Nouvelle-Aquitaine

10 600 STRUCTURES employeuses en Nouvelle-Aquitaine Source : L’A \ DADS 2014

l’ensemble du territoire régional. La Région et les artistes peuvent également compter sur deux autres Frac : un à Limoges (le Frac-Artothèque ** Nouvelle-Aquitaine, qui déménagera l’an prochain dans un ancien bâtiment industriel acquis et réhabilité par la Région) et un à Angoulême et Linazay, le Frac Poitou-Charentes. La culture fait aussi corps avec le patrimoine, un autre grand volet de la mission de la Région, et pour cause : la Nouvelle-Aquitaine comprend plus de 6 000 monuments historiques, ainsi qu’un patrimoine naturel et industriel qui, entre devoir de mémoire et opportunité de développement socio-économique local, est recensé et valorisé. Plongez avec nous dans ce bouillon de culture en Nouvelle-Aquitaine ! * Nés à l’initiative de Jack Lang dès 1982 pour décentraliser et assurer la présence de l’art contemporain sur l’ensemble du territoire national, les Frac sont financés pour moitié par les Régions et pour moitié par l’État. ** ALCA (Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine) et OARA (Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine). *** De même qu’une bibliothèque prête des livres, une artothèque est une structure de diffusion de l’art contemporain dotée d’une collection d’œuvres d’art originales prêtée à un large public.

LAURIAN GHINITOIU

Nouvelle-Aquitaine.fr

DOSSIER


II

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

14 MILLIONS D’EUROS C’EST LE MONTANT MOBILISÉ PAR LA RÉGION POUR

LE SPECTACLE VIVANT (FONCTIONNEMENT DES ÉQUIPES ARTISTIQUES, LIEUX DE FABRIQUE, STRUCTURES ET OPÉRATEURS LABELLISÉS OU CONVENTIONNÉS PAR L’ÉTAT, ETC.)

Joël Brouch, directeur de l’OARA, dans les locaux de la MÉCA.

SÉBASTIEN BLANQUET-RIVIÈRE/RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE

LE SPECTACLE VIVANT EN CHIFFRES (2019)

Au service du spectacle vivant

En parallèle à son intervention directe, la Région a confié à l’OARA la mission d’assurer le développement et la coopération artistique du spectacle vivant en Nouvelle-Aquitaine. Son directeur, Joël Brouch, nous explique la raison d’être de cette agence régionale. En quoi l’OARA participe-t-il à la création artistique régionale ? L’OARA est une association culturelle financée * par la Région Nouvelle-Aquitaine. Son rôle est d’aider les artistes régionaux à produire, créer et diffuser leurs spectacles sur notre territoire, mais aussi hors région. Dans ce cadre, nous avons un rôle d’ensemblier pour favoriser les synergies entre les différents opérateurs culturels. Nous avons donc une mission d’accompagnement collaboratif dans le périmètre d’intervention qui est le nôtre : celui du spectacle vivant. Le domaine du spectacle vivant est très large et évolutif. Comment le définiriez-vous ? On entend par spectacle vivant la présence simultanée en temps réel d’artistes et de spectateurs autour de formes théâtrales, musicales, choré-

« NOTRE SOUHAIT EST D’OFFRIR UNE CULTURE POUR TOUS ET PARTOUT, À UN PRIX ACCESSIBLE. » Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine (OARA)

graphiques… Mais cette catégorisation évolue, car on voit émerger de plus en plus de projets qui traversent l’ensemble des arts et qui recoupent d’autres univers, comme celui des sciences ou de la santé. Cette hybridation artistique est un phénomène nouveau que nous prenons en compte et auquel nous répondons. Quelles sont vos actions concrètes et comment mesurez-vous leur efficacité ? Nous intervenons en amont et en aval des projets artistiques, de leur création à leur diffusion. 70 % de notre budget est investi directement dans des dispositifs « de terrain », ce qui fait aujourd’hui de l’OARA l’une des agences régionales culturelles les plus opérationnelles de France. Plus de 50 % de nos interventions sont consacrées à des projets portés par des artistes féminines, dans une logique de parité. De plus, quand l’OARA investit un euro dans un projet d’artiste, celui-ci génère de 5 à 10 euros de soutien par d’autres opérateurs. Nous apportons donc une légitimité qui a un effet de levier. Enfin, nous favorisons la culture en milieu rural dans une logique d’équité territoriale et nous nous mobilisons pour faire connaître nos artistes de Nouvelle-Aquitaine hors de nos frontières. * Agence de la Région, l’OARA bénéficie aussi du soutien de la DRAC Nouvelle-Aquitaine.

174 65 19 58 7 18

compagnies et ensembles musicaux soutenus à la structuration en 2019, dont :

compagnies dont le projet est développé par des femmes (37 %)

compagnies qui travaillent sur des territoires dits « vulnérables »

structures et opérateurs de territoires accompagnés en 2019, dont :

Créer pour être aidé Quels sont les fondements de la politique culturelle régionale ? Nous nous enrichissons tout d’abord des spécificités culturelles de chacune de nos ex-régions pour faire « région ensemble ». Sous l’impulsion du président Alain Rousset, la Nouvelle-Aquitaine a sanctuarisé les crédits en faveur de la culture et du patrimoine, facteur d’épanouissement individuel et de lien social au sein des territoires. Notre souhait est d’offrir une culture pour tous et partout, à un prix accessible. Cela implique de soutenir toutes les esthétiques culturelles, avec des efforts importants pour faire vivre et développer la culture en milieu rural, l’ouverture culturelle auprès des jeunes ou la féminisation dans les domaines artistiques. Comment évalue-t-on la réussite d’une politique culturelle ? Nous sommes passés en quelques années d’une logique « de guichet » à un règlement d’intervention construit avec les acteurs et opérateurs culturels. Aujourd’hui, le mot d’ordre est « créer pour être aidé » plutôt que l’inverse. L’idée est de soutenir la dynamique de celles et ceux qui s’investissent. Des choix forts ont par ailleurs été effectués pour aller dans le sens d’une plus grande équité économique et territoriale. Nous avons décidé de ne plus financer les groupes internationaux de spectacles pour favoriser d’autres types de projets, aujourd’hui plus précaires. De même, nous soutenons les territoires vulnérables, en bonifiant les aides accordées. Nous agissons en outre pour favoriser les spectacles qui rémunèrent les artistes à la mesure de leur travail. À ce titre, je rappelle que la Région respecte la liberté d’expression des artistes et qu’elle n’exerce aucun droit de regard sur le contenu créatif et artistique de leurs projets. Quelles sont les « filières » culturelles en pointe et celles en devenir ? Notre filière « cinéma »* a le vent en poupe et elle est porteuse de développement socio-économique. Un euro investi dans un projet cinématographique génère en moyenne 7 euros de retombées diverses et variées pour son territoire. Le champ des arts visuels et plastiques est également bien représenté, de même que le livre, avec un soutien important aux libraires indépendants. L’art contemporain, avec l’installation du FRAC Nouvelle-Aquitaine à la MÉCA, va bénéficier d’une plus grande visibilité. Plus généralement, notre politique de contrat de filière crée de l’émulation et des synergies. Grâce à elle, nous bénéficions sur nos territoires d’une offre culturelle d’une richesse et d’une diversité incroyables. Elle illustre d’une certaine manière notre devise républicaine : Liberté de créer, égalité d’accès à la culture et fraternité entre les femmes et les hommes grâce à la culture. * La Nouvelle-Aquitaine est la première région de province à consacrer autant à cette filière, avec un fonds de l’ordre de 12 M €.

scènes nationales

scènes conventionnées d’intérêt national

NATHALIE LANZI, vice-présidente en charge de la culture et du patrimoine

TWIN HERVÉ LEFEBVRE

89

RÉSIDENCES (EN 2018) ORGANISÉES PAR L’OARA


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« NOTRE ORGANISATION PROFESSIONNELLE ET STRUCTURÉE SE VEUT AUSSI ÉQUITABLE, COOPÉRATIVE ET SOLIDAIRE. » Florent Teulé, directeur du RIM

millions d’euros engagés par la Nouvelle-Aquitaine pour soutenir près de 400 festivals

L’hymne aux musiques actuelles

DROITS CULTURELS UNE DÉMARCHE PIONNIÈRE

Le Réseau des indépendants de la musique regroupe 160 adhérents. Ces professionnels du spectacle vivant, de la musique enregistrée, de l’accompagnement, de l’éducation, de la transmission ou des médias se retrouvent dans cette association qui œuvre au développement des musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine. JOEL PEYROU

R

ock, jazz, chanson, rap, techno, électro… Les musiques actuelles regroupent une multitude de genres musicaux contemporains. Leur popularité croissante depuis des décennies engendre tout un champ d’activité, de l’apprentissage d’un instrument au montage d’un festival, en passant par l’essor des labels indépendants, la multiplication des festivals et le développement de la pratique musicale, première activité culturelle de France. « Notre vocation est de soutenir et promouvoir cet écosystème. Nous le faisons à travers une organisation professionnelle et structurée, qui se veut aussi équitable, coopérative et solidaire », explique

Le Réseau des indépendants de la musique assure notamment un soutien indéfectible aux labels indépendants régionaux. Florent Teulé, directeur du RIM. Pour cela, l’association compte une équipe de 18 personnes et 3 sites * pour être au plus près des acteurs de terrain. À l’instar de son nom, le RIM anime le réseau des musiques actuelles en favorisant les synergies. Il participe en outre à l’essor professionnel de ses adhérents par de l’information, de la formation, de l’accompagnement, du conseil sur tous les pans possibles et imaginables de leurs métiers : production, gestion, promotion, etc. Le soutien indéfectible du RIM aux labels indépendants régionaux, la valorisation des œuvres

et la mobilité des artistes de notre territoire à l’international figurent aussi au menu de l’association, qui milite pour une co-construction des politiques publiques. « Nous n’avons pas une posture de lobbyiste, mais de responsabilité avec la volonté de travailler en concertation avec les décideurs publics », poursuit le directeur du RIM. La signature d’un contrat de filière des musiques actuelles entre la Région, l’État, le Centre national des variétés (CNV) et le Réseau des indépendants de la musique en est la preuve. * Bordeaux, Poitiers, Périgueux.

Creuse Toujours : la culture fait son trou L’équipe (resserrée) du festival avec, de gauche à droite : Noémie Boustan, Hervé Guichet, Emma Laplache (stagiaire), Jordan Giraud.

SÉBASTIEN SINDEU

D

e nombreuses structures en milieu rural s’appuient sur des initiatives culturelles pour créer des dynamiques dans les territoires. Exemple concret avec l’association Creuse Toujours. Deuxième département le moins peuplé de France et longtemps marqué par un exode rural massif, la Creuse bénéficie aujourd’hui d’une attractivité migratoire qui atténue la baisse de la population due à son vieillissement. « Pendant longtemps, rien n’incitait les jeunes à rester. Nous nous battons pour que les choses changent », explique Hervé Guichet, président de l’association Creuse Toujours. Sa structure redonne une dynamique au territoire à travers différents projets culturels, dont le Festival Lézart Vert, qu’elle organise chaque année et qui fête sa 13e édition les 18, 19 et 20 juillet 2019. L’an dernier, l’événement

a attiré 4 500 festivaliers à Fursac, une commune creusoise de 1 700 habitants. « Le public vient sans communication particulière, simplement par le boucheà-oreille. Notre but n’est pas de devenir gros, mais de garder la qualité relationnelle d’un événement qui propose des concerts de musiques actuelles de différentes nationalités, du spectacle vivant et des ateliers créatifs. » Creuse Toujours revendique cet éclectisme. « Ce n’est pas parce qu’on est à la campagne qu’il faut faire une culture de campagne. Notre parti pris est de nous ouvrir au monde et de mélanger les influences. » L’association, soutenue par la Région, réussit le tour de force de boucler son festival avec 70 000 € de budget et deux salariés seulement. « On compte 70 bénévoles et nous faisons presque tout nous-mêmes », précise son président. L’associa-

tion se mobilise également pour offrir des activités épanouissantes aux jeunes de son territoire à travers son « pôle ados ». Celui-ci regroupe une trentaine d’adolescents qui s’investissent dans différentes actions, dont certaines à mi-chemin entre les loisirs et le patrimoine. Ils se sont ainsi impliqués dans un projet baptisé Fursac Plage : un aménagement éphémère du bord de la Gartempe pendant l’été, pour en faire un lieu de vie que la population locale s’est réapproprié. « La désertification dans un département comme la Creuse n’est pas une fatalité, insiste Hervé Guichet. Nous voyons des jeunes et des familles s’installer et c’est en proposant des projets viables qu’on peut inverser la tendance. » Un nouveau pari est d’ailleurs dans les tuyaux : la création d’un tiers-lieu culturel mixte, qui regroupera plusieurs associations et équipements.

Notre Région a été la première de France à mettre en œuvre, dès 2017, le principe des « droits culturels ». De quoi s’agit-il ? Instaurée dans le cadre de la loi NOTRe sur la Nouvelle organisation territoriale de la République, cette démarche consiste à reconnaître le droit à toute personne de se référer à des ressources culturelles librement choisies, protégeant ainsi la diversité des expressions culturelles. Cette notion, qui ne fait pas à ce jour l’objet d’une définition précise ou exhaustive, constitue un moyen pour la Nouvelle-Aquitaine de renforcer la liberté d’expression artistique et la reconnaissance des cultures des autres. Elle permet aussi de favoriser l’engagement culturel de tout citoyen à participer à la vie culturelle régionale dans une logique de mieux-vivre ensemble.

UN FEU D’ARTIFICE DE FESTIVALS

La Région soutient près de 400 festivals en NouvelleAquitaine pour une enveloppe de plus de 6 M €. On retrouve parmi eux des événements incontournables : Francofolies de La Rochelle, Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, Reggae Sun Ska, Blues Passion à Cognac, Francophonies à Limoges, Festival international des programmes audiovisuels à Biarritz, Festival de la fiction TV à La Rochelle, Fil du Son à Civray (86), Soirées lyriques de Sanxay (86), Free Music à Montendre (17), Festival de Saintes et de Confolens, le Festival du Périgord Noir (24), le festival de la Vézère (19), etc. La majorité est moins connue, mais tout aussi intéressante, couvrant aussi bien le livre et la lecture que les langues et cultures régionales. Au total, les festivals soutenus par la Région attirent 2,5 millions de spectateurs et mobilisent 28 000 bénévoles.

Plus d’infos festivals-en-nouvelle-aquitaine.fr


IV

1 400

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

Nombre de jours de tournage en 2018 en Nouvelle-Aquitaine (+ 26 %)

12 MILLIONS D’EUROS

DÉDIÉS AU CINÉMA ET À L’AUDIOVISUEL PAR LA RÉGION

Silence, ça tourne !

L

e cinéma aime la Nouvelle-Aquitaine et réciproquement. Les Combattants, Thérèse Desqueyroux, En guerre * ont été tournés dans notre région, pour ne citer qu’eux. Ces films cachent un fourmillement de productions audiovisuelles pour le cinéma ou la télévision qui ont en commun notre territoire comme cadre de travail. 1 400 jours de tournage ont été enregistrés en 2018 en Nouvelle-Aquitaine, soit 26 % de plus que l’année précédente. Les tournages de films étrangers et de séries explosent quant à eux (160 jours en 2018 contre 29 en 2017 pour les tournages étrangers et 556 contre 208 pour les séries TV). Deux épisodes de la célèbre série Capitaine Marleau ont ainsi été réalisés sur nos

terres, dont le dernier dans le Lot-et-Garonne, du 8 mars au 4 avril 2019, avec Joey Starr. « Même si nos paysages sont beaux, cela suffit rarement pour décider un producteur et un réalisateur à venir tourner en région. Il faut leur apporter une ingénierie et une assistance afin de leur prouver qu’ils disposeront ici des meilleures conditions pour réussir leur projet », explique Patrick Volpilhac, directeur de l’ALCA (Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine). Notre région dispose par ailleurs d’un fonds de 12 M€ en faveur de l’art cinématographique et audiovisuel dans toute sa diversité. 180 œuvres sont ainsi soutenues chaque année : courts métrages, cinéma d’auteur, films d’animation… Les bienfaits de cette dynamique ont été visibles au

dernier Festival de Cannes, avec cinq films « audacieux » soutenus par la Région Nouvelle-Aquitaine 2. « C’est aussi notre rôle de favoriser des projets jugés plus “difficiles” et de les faire connaître auprès du public », poursuit le directeur de l’ALCA. Notre Région, au nom de la pluralité artistique, soutient plus de 110 salles de cinéma indépendantes, pour la plupart classées Art et Essai. C’est grâce à elles que sont diffusés des films de qualité souvent délaissés par les grands distributeurs et exploitants.

ALCA L’ACCOMPAGNEMENT DES PROFESSIONNELS DE L’IMAGE ET DU LIVRE L’ALCA Nouvelle-Aquitaine pilote les dispositifs d’accompagnement et d’aide des professionnels du livre, du cinéma et de l’audiovisuel en NouvelleAquitaine. Dans le domaine du cinéma, elle favorise les tournages dans notre région et contribue à faire vivre des intermittents du spectacle et à générer des retombées économiques locales. Pour le livre, son action auprès des 230 éditeurs régionaux participe à leur développement. L’agence présente également une dimension sociétale en favorisant la créativité des réalisateurs et des auteurs, en soutenant les cinémas et les librairies indépendantes et en multipliant les actions de découverte auprès des lycéens et des apprentis. L’ALCA rappelle ainsi que, si le cinéma et le livre sont des « industries », elles sont aussi « culturelles » ! L’ALCA Nouvelle-Aquitaine est présente sur trois sites : Bordeaux (sur le site de la MÉCA), Poitiers et Limoges.

1. Films soutenus par la Région Nouvelle-Aquitaine. 2. Atlantique de Mati Diop (Sélection officielle – Grand Prix du jury) ; La Fameuse Invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti (Un Certain Regard) ; Abou Leila d’Amin Sidi-Boumédiène (Semaine de la critique) ; Le Daim de Quentin Dupieux (Quinzaine des Réalisateurs) ; Rêves de jeunesse d’Alain Raoust (ACID).

Bien plus qu’un cinéma Que représente un cinéma indépendant dans une commune comme la vôtre, de 2 014 habitants ? Ce cinéma joue tout d’abord un rôle économique. Lorsque vous accueillez 40 000 spectateurs par an, les retombées sont indéniables pour le commerce de proximité. Cet équipement a aussi une vocation éducative, puisqu’il est fréquenté dans le cadre scolaire par des collégiens et des lycéens. Enfin, il renforce notre image de commune culturelle dotée d’animations et d’infrastructures dédiées. Nous sommes en quelque sorte « un village qui vit de la culture ».

Notre cinéma s’inscrit du reste plus largement dans un projet de territoire. C’est à ce titre, d’ailleurs, que la création de notre deuxième salle en novembre 2018 a bénéficié d’un « contrat de ruralité * ». Pourquoi votre commune a-t-elle fait le choix de se doter d’une deuxième salle de cinéma et comment l’avez-vous financée ? Ce projet n’aurait même pas été envisagé sans le soutien financier des partenaires institutionnels. Le total des subventions de l’État, de la Région, du Département et du CNC représente 75 % de

l’investissement de 1 M€. La Nouvelle-Aquitaine, qui a apporté 194 000 €, nous a beaucoup aidés. Un bureau d’études spécialisé avait confirmé au préalable notre potentiel de spectateurs pour cette deuxième salle. Celle-ci nous permet de doubler le nombre de nos séances, mais aussi de diversifier notre programmation. Elle pérennise enfin un équipement culturel de qualité en zone rurale. * Ce type de contrat coordonne les moyens financiers et prévoit l’ensemble des actions et des projets à conduire en matière d’accessibilité aux services et aux soins, de développement de l’attractivité, de redynamisation des centres-bourgs, de mobilité, de transition écologique, ou encore de cohésion sociale.

JEAN-MARC GOUIN, maire sans étiquette de la commune du Buisson-de-Cadouin en Dordogne, nous explique le rôle économique et culturel du cinéma communal, qui fête ses 20 ans en 2019 et vient de se doter d’une 2e salle.

ALEXANDRE DUPEYRON

HAUT ET COURT

« Les Combattants », film réalisé par Thomas Cailley, avec Adèle Haenel et Kevin Azaïs.


V

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

1,4

« C’EST AUSSI NOTRE RÔLE DE FAVORISER DES PROJETS JUGÉS “DIFFICILES” ET DE LES FAIRE CONNAÎTRE AUPRÈS DU PUBLIC. »

million d’euros consacrés au livre par la Région

Patrick Volpilhac, directeur de l’ALCA ALCA 2019

Pauline à l’ouvrage Prénom : Pauline. Nom : Fouillet. Âge : 31 ans. Signe particulier : a créé une librairie indépendante en centre-ville de Ruffec (16). Récit d’une aventure personnelle née de sa passion pour la littérature.

T

itulaire d’une licence en droit et après avoir été clerc de notaire, cette jeune femme – ruffécoise de naissance – a d’abord effectué un stage volontaire dans une librairie « pour apprendre le métier ». Après deux années de salariat, elle a décidé de créer sa propre librairie, Livres et Vous, en plein centre de Ruffec. « Entre un apport personnel, un prêt de la banque et des aides de collectivités dont la Région Nouvelle-Aquitaine, je me suis lancée. » Quatre ans après, le choix est gagnant. Pauline Fouillet se verse un salaire et a embauché une collaboratrice à temps partiel, malgré la concurrence en périphérie d’un espace culturel de la grande distribution. Ce succès résulte d’abord de son état d’esprit. « On vient

chez Pauline avant de venir dans une boutique », explique-t-elle. Siestes littéraires et marches publiques Cette dimension familiale et amicale s’accompagne d’un choix éclectique d’ouvrages. « Je n’ai pas voulu faire une libraire “intello”, car le livre ne doit pas être élitiste. À chacun de trouver son bonheur. » Dans le même temps, ses rayons proposent des œuvres plus complexes, destinées à une cible avertie. « Ce n’est pas parce que vous êtes à la campagne qu’il n’y a pas un public littéraire ! » Pauline vit donc de sa passion pour les livres et les auteurs, avec lesquels elle monte des projets originaux, en direct ou via un réseau de partenaires : sieste littéraire, marche publique avec des écrivains

pour des discussions à bâtons rompus, repas lecture… « Je pense que c’est plus intéressant pour tout le monde plutôt que les placer derrière une table pour des dédicaces. » Très présente sur Facebook, Pauline Fouillet dispose également d’un site Internet qui propose des commandes en ligne grâce à l’Association des librairies indépendantes en Nouvelle-Aquitaine, dont elle est membre du conseil d’administration. Même si elle avoue ressentir du stress à chaque bilan comptable, la jeune femme prouve qu’une librairie indépendante peut avoir droit de cité en zone rurale. « Même si la Région m’a toujours accompagnée, je ne compte pas sur les subventions des collectivités pour vivre. Je considère qu’il faut d’abord présenter un projet viable pour être aidé financièrement et non l’inverse. »

LE CINÉMA LUX LOUIS-DELLUC 1 CRÈVE L’ÉCRAN !

Installé en zone rurale, le cinéma communal et indépendant du Buissonde-Cadouin joue dans la cour des grands. Premier en Dordogne en 2009 à être équipé en numérique, il a toujours figuré dans le top 3 des établissements « monosalles » de France. Son record d’affluence date de 2006 avec 42 000 entrées. Un chiffre qui sera bientôt dépassé grâce à sa deuxième salle inaugurée en novembre dernier. Son succès résulte de plusieurs phénomènes : une concurrence éloignée, une équipe de 3 personnes très mobilisée, un équipement de haute qualité 2, une ouverture 365 jours sur 365 et enfin une programmation attractive, entre films du box-office en sortie nationale et longs métrages Art et Essai. Ce cinéma, qui représente pour la commune un budget de fonctionnement de 330 000 €, vise à terme l’équilibre. Situé entre les villes de Sarlat, Bergerac et Périgueux, il apporte localement à des milliers d’habitants une offre cinématographique et culturelle qui n’existerait pas sans lui. 1. Du nom du réalisateur, scénariste et critique de cinéma français né le 14 octobre 1890 à Cadouin. 2. Son Dolby Stéréo 7.1 et projecteurs Sony 4K et NEC .

FRANÇOISE ROCH

PREMIERS RÔLES

Le livre à la page

P

remière Région de France à avoir développé un contrat de filière pour le livre, la Nouvelle-Aquitaine intervient sur l’ensemble du schéma de production d’un ouvrage. Elle soutient aussi bien les auteurs en amont que les libraires indépendants en aval, en passant par les éditeurs régionaux. « Tout a commencé en 1998, lorsque nous avons vu les grandes surfaces culturelles se multiplier, mettant à mal les librairies indépendantes confron-

tées depuis à une autre concurrence, celle d’Internet. » Patrick Volpilhac, directeur de l’ALCA *, revient aux origines du contrat de filière signé par la Région avec les acteurs du livre de notre territoire. Plus de vingt ans plus tard, le soutien apporté à cette profession menacée de disparition a permis d’arrêter l’hémorragie et de maintenir 105 librairies indépendantes, notamment au cœur des départements. L’effort de la Région porte sur les différentes étapes de la vie d’un livre. Des bourses d’auteur et

des résidences sont proposées pour faciliter la création littéraire dans toute sa diversité : romans, essais, nouvelles, pièces de théâtre, poésie… Une aide indispensable quand on sait qu’en France, seuls 7 % des auteurs vivent de leur travail. La Nouvelle-Aquitaine participe aussi à l’essor des 230 éditeurs régionaux qui bénéficient, grâce aux services des équipes de l’ALCA, d’un accompagnement technique professionnel, qui les aide notamment à structurer leur cohérence éditoriale. Notre Région

participe aussi à la promotion de salons du livre et à l’innovation des bibliothèques pour favoriser la lecture publique, en particulier sur le volet numérique. Elle consacre enfin un volet important à une éducation aux livres à travers les lycées. Qu’il soit papier ou numérique, le livre constitue un vecteur culturel de premier plan pour la Région, qui lui consacre un budget de 1,4 M€ en apportant en prime un vrai soutien aux professionnels. * Agence livre, cinéma et audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine.

La Nouvelle-Aquitaine ainsi que la Charente, la CharenteMaritime, la Dordogne, la Gironde, les Landes et le Lotet-Garonne sont signataires d’une convention avec l’État et le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). Aucune autre région en France ne compte autant de départements partenaires de la politique publique du cinéma et de l’audiovisuel. Cet accord précise les champs d’intervention à privilégier pour la promotion cinématographique : création et production, soutien aux festivals, à l’éducation à l’image, au patrimoine cinématographique, mais aussi aux cinémas de proximité, car il s’agit parfois du seul équipement culturel d’une commune.


VI

14 000 m

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

2

1 200 m

DE SURFACE TOTALE

2

DE SALLES D’EXPOSITIONS TEMPORAIRES

3

GRANDES EXPOSITIONS ANNUELLES

LA MÉCA LA MAISON HAUTE CULTURE

À l’image de son enveloppe architecturale audacieuse, la Maison de l’économie créative et de la culture (MÉCA) casse les codes. Son espace sur 6 niveaux se veut un lieu hybride d’expression artistique pour le spectacle vivant, le cinéma, le livre et l’art contemporain ouvert aux professionnels et au grand public.

Œ

uvre de l’architecte danois Bjarke Ingels, la MÉCA a pris ses aises sur les berges de la Garonne, sur le site des anciens abattoirs de Bordeaux, près de la gare Saint-Jean. Originale dans sa forme, cette Maison l’est aussi dans son fonctionnement, puisqu’elle regroupe dans un même lieu le FRAC Nouvelle-Aquitaine (Fonds régional d’art contemporain) et les deux agences culturelles régionales : l’ALCA (Agence livre, cinéma et audiovisuel) et l’OARA (Office artistique de la Région). L’édifice offre aux professionnels des conditions de travail privilégiées, avec un plateau scénique exceptionnel, un studio de création, des résidences d’artistes, une pépinière de jeunes talents, des possibilités d’exposition, une salle de projection et un auditorium. La MÉCA s’ouvre également au grand public, à travers des expos, des conférences et des débats, sans oublier des actions de médiation innovantes auprès de publics variés. Le restaurant est à l’image des lieux, iconoclaste. Il propose sur une grande table unique en forme de croix une cuisine créative portée par une entreprise de l’économie sociale et solidaire. Dans le cadre du 1 % artistique *, la Région a choisi l’œuvre de l’artiste pessacais Benoît Maire Un détail. Sa demitête d’Hermès en bronze est venue se poser sur les gradins extérieurs de la MÉCA. Au total, ce nouveau haut lieu culturel de Nouvelle-Aquitaine représente un investissement de 56 M€ pour la Région et 4 M€ pour le ministère de la Culture. Une terrasse de 850 m2, perchée à 25 mètres de hauteur, est proposée à la location. Elle permettra à la MÉCA de couvrir une partie de ses frais de fonctionnement et d’ouvrir ce site unique en son genre au monde de l’entreprise, de plus en plus friand d’art. * Dispositif d’État qui institue la création d’œuvres d’artistes-plasticiens contemporains associée à la création architecturale publique.

Plus d’infos Horaires d’ouverture et infos complémentaires sur la-meca.com

ARS NOVA, UN LABORATOIRE À SCÈNE OUVERTE

L’

ensemble Ars Nova a été choisi pour inaugurer la première résidence de la MÉCA à l’occasion de son ouverture. Le célèbre orchestre de musique contemporaine, fondé en 1963 par Marius Constant, compositeur et chef d’orchestre, a été dirigé pendant plus de trente ans par Philippe Nahon, avant l’arrivée du jeune chef franco-québécois Jean-Michaël Lavoie à sa direction en 2018. Considéré comme l’un des plus ardents défenseurs du pluralisme esthétique, ce dernier donne un nouvel élan à la création musicale à travers des projets pluridisciplinaires. Pendant trois semaines, du 9 au 27 septembre 2019, Ars Nova met en chantier

trois projets dont les professionnels et le public pourront découvrir la gestation et l’évolution à l’occasion de rendez-vous hebdomadaires. L’un des projets porte sur une œuvre-espace du compositeur québécois Jean-François Laporte composée de huit plaques métalliques vibrantes activées par quatre musiciens. Un autre prend la forme d’une performance pour sept musiciens et images en mouvement. Le dernier fait référence au mouvement punk des années 1970, fruit d’une collaboration entre Ars Nova et la compagnie Ouvre le Chien dirigée par Renaud Cojo. Conçue comme un « laboratoire », cette résidence va permettre de suivre le travail fécond de ces artistes né à la MÉCA et qui se poursuivra dans les mois et les années à venir. On sait que le projet, baptisé People Under No King

(PUNK), donnera lieu à une création présentée à l’Opéra de Bordeaux en janvier 2021. Tous sont destinés à des représentations en Nouvelle-Aquitaine, mais aussi en France et à l’étranger, notamment grâce à la reconnaissance internationale de Jean-Michaël Lavoie. Ce dernier a dirigé à ce jour dans plus de quarante capitales musicales à travers le monde.

L’ART CONTEMPORAIN TISSE SA TOILE

O

bjet de discussion et parfois même de controverse, l’art contemporain est dépeint comme une discipline qui « répond à des questions qu’on ne lui a pas posées ». Depuis les lois de décentralisation, il est placé sous la coresponsabilité des


VII

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

LA MÉCA C’EST...

UNE SALLE DE CINÉMA DE 80 PLACES, UNE SCÈNE DE CRÉATION DE 360 M2, UN STUDIO DE CRÉATION DE 85 M2

« UNE ARCHITECTURE VIVANTE, UNE MÉCANIQUE À RÉFLÉCHIR, CRÉER, PRODUIRE, MONTRER. » Bjarke Ingels, architecte

UNE COOPÉRATIVE CULTURELLE À DEUX PAS DE LA GARE SAINTJEAN, QUI OFFRE AUSSI LA POSSIBILITÉ AUX ÉLÈVES DE LA RÉGION D’AVOIR ACCÈS À CETTE ANTRE CULTURELLE POLYVALENTE.

PHOTOS : LAURIAN GHINITOIU

MÉCA, prendra la route dans les établissements scolaires. L’une des vocations du Fonds régional d’art contemporain est en effet de proposer des expositions nomades qui vont au-devant des spectateurs qui n’ont pas la possibilité de se rendre à Bordeaux.

Régions. La Nouvelle-Aquitaine investit dans cet univers culturel avec l’installation du FRAC Nouvelle-Aquitaine dans les murs de la MÉCA, où le Fonds régional d’art contemporain disposera de 4 600 m2, dont une grande salle d’exposition et une réserve permettant de stocker 1 200 œuvres. 50 000 visiteurs sont attendus chaque année pour visiter ses collections. Le FRAC-artothèque de Nouvelle-Aquitaine est également à l’honneur, puisqu’il s’installera en 2020 dans un bâtiment industriel réhabilité du centre-ville de Limoges, acquis par la Région. Le FRAC Poitou-Charentes comprend, pour sa part, les sites d’Angoulême et de Linazay. De plus, notre Région soutient une soixantaine d’opérateurs à travers des centres d’art et des résidences d’artistes. Un contrat de

filière a été signé entre le ministère de la Culture, la DRAC Nouvelle-Aquitaine, la Région Nouvelle-Aquitaine et le réseau Astre, afin de renforcer les coopérations entre les acteurs des arts plastiques et visuels en Nouvelle-Aquitaine.

« IL EST UNE FOIS DANS L’OUEST »

L’

arrivée du FRAC Nouvelle-Aquitaine au sein de la MÉCA représente « un nouveau départ et un défi dans sa mission de démocratisation, d’aménagement culturel et de soutien à la jeune création », selon les mots de son président, Bernard de Montferrand. Un axiome conforté par le choix de son exposition inaugurale dans ses nouveaux locaux du 29 juin au 9 novembre 2019, intitulée

« Il est une fois dans l’Ouest ». Si son titre fait référence à un film célèbre, son propos est de raconter une histoire qui se conjugue au présent, temps des quêtes et des expériences, celles d’une scène artistique foisonnante, située dans l’ouest de la France. Originale par son intitulé, cette exposition l’est aussi par son casting pas comme les autres, constitué de plus d’une centaine d’artistes, des « confirmés », comme Martial Raysse, Charles Fréger, Pascal Convert, Brice Dellsperger ou Géraldine Kosiak, aux « découvertes » comme Alice Raymond ou Deborah Bowmann, sans oublier des commissaires * comme Irwin Marchal ou Thierry Saumier. Au total, le FRAC-Nouvelle-Aquitaine-MÉCA abrite 15 projets, dont la Clé Duchamp qui, après avoir été présentée pour la première fois à la

DES RÉSIDENCES HORS LES MURS

L’

ALCA accompagne les auteurs dans la réalisation de leurs projets littéraires, cinématographiques ou numériques. Toutes les écritures et créations peuvent ainsi être soutenues dans les différents lieux de résidence ancrés en région et ouverts sur l’international. Dans ce cadre, l’agence coordonne deux résidences de création en Nouvelle-Aquitaine, l’une au Chalet Mauriac à Saint-Symphorien (33), l’autre à la résidence de la Prévôté à Bordeaux. Le Chalet Mauriac Lieu de villégiature fréquenté par François Mauriac enfant et désormais propriété de la Région Nouvelle-Aquitaine, le Chalet Mauriac ouvre ses portes aux créateurs du livre, du cinéma et des nouvelles écritures. La Région leur offre ainsi des conditions de travail et de séjour appropriées d’une durée variable selon les appels à candidature, avec possibilité selon les cas de l’octroi d’une bourse. Des opportunités de résidence sont aussi réservées aux auteurs et aux opérateurs culturels et éditeurs néo-aquitains. En 2019, le site accueillera au total 12 résidences livres, 7 résidences cinéma et 2 résidences numériques.

* Personne qui conçoit une exposition et en organise la réalisation.

La Prévôté De Hölderlin à Yoko Tawada ou Quincy Troupe, nombreux sont les écrivains étrangers à avoir nourri leurs œuvres lors d’un séjour à Bordeaux. Aujourd’hui, c’est à eux que l’ALCA a dédié la résidence de la Prévôté. Cinq à sept résidences d’un à deux mois leur sont ouvertes chaque année, dont certaines destinées aux auteurs des régions avec lesquelles la Nouvelle-Aquitaine développe des coopérations, comme le Land de Hesse, le Québec ou l’Émilie-Romagne.


VIII

66 500

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

EMPLOIS GÉNÉRÉS PAR LA RESTAURATION DU PATRIMOINE PROTÉGÉ

6qui 000 ÉDIFICES PROTÉGÉS La Nouvelle-Aquitaine est la région de France compte le plus grand nombre de Monuments historiques, avec plus de 6 000 édifices protégés,

fruit de son histoire couvrant plusieurs millénaires et de son territoire s’étendant sur douze départements.

Des racines et des lieux La Région NouvelleAquitaine recense les lieux emblématiques de nos territoires chargés d’histoire, de culture et de beauté. Elle participe également à leur sauvegarde et à leur valorisation, dans une logique d’aménagement et d’attractivité de nos territoires.

L’hôtel de ville de La Rochelle.

7SITES 2SITES 28 TERRITOIRES

sites classés au Patrimoine mondial de l’Unesco

S

LE PATRIMOINE, FACTEUR D’AMÉNAGEMENT ET DE RESSOURCES DES TERRITOIRES La restauration du patrimoine protégé présente de nombreux atouts. Elle permet de faire vivre une économie puisque cette activité concerne plus de 41 000 entreprises artisanales et 66 500 emplois 1 dans notre région. 23 % des dépenses d’investissement des communes de plus de 3 500 habitants

classés au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco

labellisés « Villes et Pays d’art et d’histoire »

109 MUSÉES

FRANÇOISE ROCH

i les démarches de protection et de conservation des Monuments historiques sont anciennes en France (elles remontent au xixe siècle), les politiques plus globales de valorisation du patrimoine sont plus récentes. En créant en 1964 un service de recherche sur le patrimoine,  l’Inventaire général, le ministre des Affaires culturelles André Malraux et l’historien d’art André Chastel avaient dans l’idée de recenser et d’étudier l’ensemble du patrimoine national, qu’il soit vernaculaire ou monumental, religieux, civil, rural ou industriel, et de faire de cette connaissance un outil au service des politiques. La décentralisation de l’Inventaire général à l’échelle des Régions en 2004 a permis de lancer des politiques ambitieuses, associant dans une même approche les enjeux de connaissance, de restauration, de valorisation et de médiation du patrimoine, dans une logique de développement des territoires. Elle a aussi donné à la Région une capacité à conduire des recherches sur le patrimoine et à transmettre cette connaissance à un large public à travers des publications, des expositions ou des sites Internet.

labellisés « Musées de France » en Nouvelle-Aquitaine concernent d’ailleurs des travaux de restauration du patrimoine. Une étude 2 indique par ailleurs qu’un euro investi dans ce domaine génère 30 euros de retombées économiques directes, indirectes et induites, accréditant l’idée d’un cercle vertueux. À chaque fois que la Région aide une commune à restaurer son patrimoine, elle fait donc d’une pierre trois coups : elle pérennise un édifice pour le léguer aux générations futures, elle fait vivre le tissu économique local et elle contribue à l’attractivité touristique et culturelle régionale. Pour prendre en compte l’intégralité de ses richesses patrimoniales, la Région Nouvelle-Aquitaine accompagne sa politique d’une exigence

d’équité territoriale qui se traduit par une attention particulière accordée aux territoires les plus éloignés des agglomérations ou des zones à fort potentiel touristique. La restauration n’est toutefois qu’un maillon de la politique régionale de valorisation du patrimoine. En effet, la Région entend également soutenir des projets de médiation de sites, notamment dans le cadre du label « Villes et Pays d’art et d’histoire », et maintenir ainsi un tissu d’emploi culturel professionnel sur l’ensemble du territoire régional. 1. Source CAPEB 2013. 2. Étude nationale des retombées économiques et sociales du patrimoine – Agence régionale PACA, mars 2009.

Quelques exemples d’intervention sat à Saint-Ouen-sur-Gartempe, en Haute-Vienne, ou encore le Cimetière des oubliés à Cadillac, en Gironde. Au-delà de leur intérêt historique ou architectural, ces édifices ou lieux présentent aussi un enjeu de développement local.

JOSSELIN MATHIAUD

Les Tours de Merle.

XXXXXXXXX

PATRIMOINE BÂTI : victime d’un incendie de grande ampleur en 2013, l’hôtel de ville de La Rochelle a bénéficié d’un soutien exceptionnel à hauteur de 1 M € de la Région, dont l’aide a concerné plus particulièrement la partie de la mairie classée Monument historique. La Nouvelle-Aquitaine soutient aussi la préservation des Aqueducs gallo-romains de Saintes en Charente-Maritime, la restauration de l’abbaye de Chancelade en Dordogne, les Tours de Merle - un ensemble de maisons fortes des xiie et xve siècles à Saint-Geniez-ôMerle, en Corrèze, le pont de Beys-

CHIFFRES CLÉS DU PATRIMOINE EN NOUVELLEAQUITAINE

PATRIMOINE INDUSTRIEL : la Région mène depuis 2011 une opération d’inventaire du patrimoine industriel de la filière aéronautique-spatial-défense. Elle donnera lieu à l’édition d’un ouvrage en septembre 2020 sur la constitution de l’industrie aérospatiale régionale et ses di-

verses restructurations à travers le temps. La Région participe également au développement du site des anciens chantiers navals Tramasset au Tourne et à Langoiran, en Gironde, destinés désormais à des activités économiques, de loisirs et de culture. Plusieurs structures patrimoniales qui font de la médiation sont accompagnées également par la Région, comme les tuileries de Pouligny, dans la Creuse, et de Puycheny, en Haute-Vienne, qui font découvrir les métiers de tuilier, forgeron, potier et organisent des animations culturelles et scientifiques.

SUIVEZ LES VIDÉOGUIDES !

Vidéoguide NouvelleAquitaine vous offre une solution originale pour découvrir le patrimoine des villes, villages et sites remarquables de la région. Simple et facile d’accès, cette application mobile gratuite propose des parcours de visite ponctués de médias à chaque étape. Ses vidéos, incluant des restitutions en images de synthèse, ses commentaires audio et ses quiz vous emmènent au cœur de l’histoire, de l’architecture et des savoir-faire du territoire. Déjà 15 destinations sont disponibles et 3 verront le jour prochainement : le Pays mellois (79), Pau (64) et SaintYrieix-la-Perche (87).


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

PRIORITÉS RÉGIONALES/

TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET ÉNERGÉTIQUE

PARCS NATURELS RÉGIONAUX Dans un parc naturel régional, tout le monde doit s’épanouir, la nature comme les populations. Pionniers de la transition écologique, les Parcs naturels régionaux agissent pour protéger la biodiversité tout en soutenant les entreprises locales afin de trouver des débouchés aux ressources du territoire. Des projets qui rapprochent les institutions et les habitants.

Les PNR sont des lieux idéaux pour observer les ciels étoilés sans pollution lumineuse. Ici, le PNR des Landes de Gascogne sur la commune de Brocas (40).

Naturellement utiles

SÉBASTIEN BLANQUET-RIVIÈRE

5PNR A

lors qu’ils viennent de fêter leurs 50 ans d’existence, les Parcs naturels régionaux (PNR) demeurent un projet d’une grande modernité : inventer une autre vie plus proche des hommes et de la nature. L’outil a été créé avec la vocation de conjuguer l’économie et l’écologie. Les PNR ne sont pas uniquement des espaces de protection de la nature. Ils ne sont

pas sanctuarisés, ce sont des zones habitées. Ces projets de territoire appuyés par la Région permettent d’en faire des cadres de vie préservés. C’est ainsi une mise en application ancienne des notions de développement durable. Protéger le patrimoine À ce jour, cinq Parcs naturels régionaux sont présents en Nouvelle-Aquitaine. Ils permettent

de mettre en valeur de grands espaces ruraux habités. Il s’agit de territoires dont le paysage, le milieu naturel et le patrimoine culturel sont de grande qualité, mais dont l’équilibre est fragile. C’est pourquoi un Parc naturel régional s’organise toujours autour d’un projet concerté. Son développement s’appuie ainsi sur la valorisation de son patrimoine. À l’échelle de la Région,

ZOOM

PARC DU MÉDOC

MÉDOC, LE DERNIER-NÉ

Littoral atlantique, lande girondine, façade estuarienne, forêts, vignes, le tout jeune parc Médoc vient d’obtenir le classement, véritable opportunité de faire valoir sa grande variété de paysages et sa biodiversité exceptionnelle. La création de ce PNR résulte d’une volonté locale (élus, associations, entrepreneurs, agriculteurs) que la Région, principal financeur et porteur de la démarche, a accompagnée depuis 2010. Le PNR englobe donc toute la presqu’île, soit 53 communes, et permettra ainsi de mettre en synergie ces différents espaces. « Il offre au territoire une place privilégiée dans le panorama français des destinations touristiques remarquables et doit permettre sa dynamisation, explique la directrice, Aurélie Hocheux. Ici, nous avons plein de pépites. Concrètement, le développement d’initiatives et nouveaux projets sera accompagné. Je pense notamment à la réintroduction de l’huître dans les marais du Nord, au retour du gemmage, à la diversification de la filière bois ou au premier réseau de tiers-lieux territoriaux, entre autres. » Autant de projets qui participent au maintien des activités qui forgent l’identité du territoire. « L’obtention du label est une reconnaissance : le Médoc est un écrin d’exception dans lequel beaucoup d’acteurs s’organisent pour innover, expérimenter et penser le développement. »

ils représentent une mosaïque de paysages et de milieux dont l’attractivité et le rayonnement sont valorisés. La collectivité joue un rôle primordial dans cette dynamique, puisqu’elle s’engage aux côtés de l’État et avec les acteurs locaux pour la mise en œuvre d’une charte partagée de préservation et de développement. Les territoires sont ensuite classés pour quinze ans. Contribuer à la vie locale Dans ce cadre, chaque PNR invente une nouvelle cohabitation, soucieuse de l’environnement, mais aussi de l’habitat dans un cadre de vie préservé. Ce ne sont pas des espaces sous cloche. Les parcs doivent vivre et faire vivre. Ils ont une portée expérimentale et des projets audacieux pour améliorer le quotidien des habitants. Concernés par les problématiques de renouvellement économique, ils valorisent leurs filières, mais en privilégiant les activités respectueuses de l’environnement, comme le tourisme vert, la vente à la ferme, l’agriculture bio, qui s’appuient sur les ressources et les savoir-faire locaux. On y expérimente aussi des projets énergétiques alternatifs. C’est un travail de proximité entre la collectivité et les acteurs locaux pour définir les besoins du secteur, par exemple en termes d’urbanisme, d’habitat, de mobilité, d’éducation ou de culture

et définir les meilleures réponses à apporter en fonction des spécificités locales. Développer et faire rayonner le territoire Ouverts sur l’extérieur, les parcs accueillent de nombreux visiteurs. Partager leur projet autour d’expositions, musées, circuits découverte, animations, spectacles fait intégralement partie de leur mission. L’été est particulièrement propice pour proposer aux vacanciers des manières originales de découvrir et d’appréhender les richesses des sites. Différentes soirées sont actuellement organisées autour de la création de « réserves de ciel étoilé ». Elles vous permettront d’être guidé pour admirer des ciels d’exception, sur le plateau de Millevaches ou en Périgord-Limousin. Mais vous pouvez aussi choisir de faire un stage d’apiculture, un atelier de peinture végétale ou une initiation au dessin naturaliste au cours d’une sortie canoë sur la Leyre. À moins que vous ne préfériez programmer un marché de produits locaux en barque, dans le port du Vanneau, au cœur du Marais poitevin ? Il y en a pour tous les goûts. Mais quel que soit votre choix, le label vous garantit de répondre aux besoins présents, sans compromettre les capacités des générations futures à répondre à leurs propres besoins.

LES CINQ PNR PRÉSENTS EN NOUVELLEAQUITAINE REPRÉSENTENT 14 % DE LA SURFACE RÉGIONALE.

LANDES DE GASCOGNE Créé en 1970, 51 communes, 78 000 habitants

MARAIS POITEVIN

PNR interrégional avec la Région des Pays de la Loire Créé en 1979, 93 communes, 196 000 habitants

PÉRIGORDLIMOUSIN Créé en 1998, 75 communes, 50 000 habitants

MILLEVACHES EN LIMOUSIN Créé en 2004, 124 communes, 40 000 habitants

MÉDOC

Créé en 2019, 53 communes, 102 750 habitants


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

PRIORITÉS RÉGIONALES/ ÉCONOMIE ET EMPLOI EN BREF L’équipe de la chocolaterie d’Antan, basée à La Rochefoucauld (16).

Préserver les ressources en eau EAU, INNOVATION ET NUMÉRIQUE.

La Région a lancé un appel à projets en mai dernier afin d’accompagner les industriels de tous secteurs – y compris l’agroalimentaire –désireux de réduire leur consommation en eau et leurs rejets ou d’en améliorer la qualité. Intitulé « Eau, innovation et numérique » et inscrit dans le programme SOLU’S (qui vise à rassembler les acteurs autour d’actions opérationnelles sur l’innovation dans le domaine de l’eau), ce dispositif soutiendra les projets impliquant, en binôme avec l’industriel, des PME et TPE régionales offrant des solutions innovantes en process de traitement des eaux, gestion numérique de données, télésurveillance… Cet appel à projets fait partie de la stratégie régionale sur l’eau votée en 2018 par la Région. Une stratégie qui renforce l’implication historique de la Nouvelle-Aquitaine dans le soutien à la recherche et à l’innovation et la missionne désormais pour fédérer l’ensemble des acteurs du territoire, gestionnaires ou utilisateurs des ressources en eau.

2020 : la Nouvelle-Aquitaine, fief de la RoboCup FRANÇOISE ROCH

PRÈS DE 40 000 VISITEURS sont attendus du 23 au 29 juin 2020

CRÉATION D’ENTREPRISES En Nouvelle-Aquitaine, trois entreprises sur dix sont créées par des femmes. Pour lever les freins et tendre vers la parité, la Région intensifie son soutien aux initiatives favorisant l’entrepreneuriat féminin.

Mesdames, entreprenez !

«J’

avais des idées de création d’entreprises mais on m’en a découragé. J’ai donc opté pour une reprise de société dont l’activité et la notoriété étaient établies », témoigne Annick Grenier, ancienne comptable dans l’aéronautique, qui a repris en 2013 la Chocolaterie d’Antan basée à La Rochefoucauld. « Je souhaitais créer ma propre famille professionnelle, mais je n’avais pas imaginé l’ampleur de la tâche, notamment les lourdeurs administratives et l’investissement en temps. Tous les matins, je pars guerroyer et c’est d’autant plus compliqué lorsqu’on est une femme pour faire face au machisme ou s’imposer, comme lorsque j’ai entrepris des travaux pour la rénovation de l’outil de production, dans des milieux très masculins », confie cette dirigeante, qui, en cinq ans, a œuvré pour améliorer les conditions de travail de cette entreprise artisanale et a réussi à doubler le nombre de salariés. De par ces nombreux freins et souvent un manque de confiance, trop peu de femmes, de fait, osent sauter le pas de

l’entrepreneuriat. En Nouvelle-Aquitaine, seules 35 % des créations d’entreprises sont ainsi portées par des femmes. Ce taux, bien que supérieur à la moyenne nationale de 28 %, reste insuffisant pour la Région Nouvelle-Aquitaine, impliquée sur ce volet, non sans résultats, depuis de nombreuses années. Un Plan d’action régional sur trois ans Dès lors, elle a été la première Région en France à acter en juin 2018 un Plan d’action régional (PAR) pour l’entrepreneuriat des femmes à l’échelle de la nouvelle Région. Cosigné par la Région, l’État, BPI France, BNP Paribas et la Caisse d’Épargne, ce plan, d’une durée de trois ans, projette de porter à terme en Nouvelle-Aquitaine la part des femmes créatrices d’entreprises à 45 %. Une enveloppe de 850 000 €, dont la moitié abondée par la Région, est ainsi consacrée au soutien des initiatives en faveur de l’entrepreneuriat féminin, que ce soit pour de la création ou de la reprise d’entreprise ou pour de l’accompagnement post-création : accès à des financements, formation,

communication… D’ores et déjà, en 2018, une trentaine d’actions ont été soutenues, portées par un réseau d’acteurs locaux associatifs ou de structures d’accompagnement telles que les chambres consulaires, Centres des droits des femmes, plateformes Initiatives… Les uns œuvrant pour l’organisation d’un salon d’entreprises, des événementiels, du parrainage, les autres pour la mise en place d’incubateurs ou de formations, tous à destination d’un public féminin. Signe d’une dynamique collective, 90 structures se sont engagées dans l’entrepreneuriat des femmes. Dans le cadre de ce nouveau PAR, certains projets seront plus spécifiquement épaulés : ceux initiés sur les territoires fragiles en milieu rural ou dans des quartiers défavorisés, ceux offrant aux femmes des outils de pérennisation et, enfin, ceux facilitant les reprises d’entreprise ou la création dans des secteurs encore très masculins tels que le numérique. Pour la Région, l’enjeu est de taille tant pour l’émancipation des femmes que pour la dynamisation de notre économie territoriale.

à Bordeaux pour la plus grande compétition mondiale dédiée à la robotique et à l’intelligence artificielle. Imaginez des équipes de robots autonomes disputant un match de foot – capables de tirer, marquer des buts et se faire des passes – ou le nec plus ultra en matière de robots de sauvetage – comme Colossus, utilisé pour lutter contre l’incendie de Notre-Dame – ou encore domestiques ou logistiques. C’est ça, la RoboCup : du jeu avec 450 équipes concurrentes de chercheurs ou d’écoliers venus du monde entier et la découverte des dernières prouesses technologiques en robotique. Cette compétition d’envergure portée par l’université de Bordeaux mettra en avant les équipes juniors comme leurs aînés, et aura aussi à cœur de rendre ces challenges scientifiques accessibles au plus grand nombre. La Région Nouvelle-Aquitaine, outre une aide financière à l’organisation de 565 000 € et un soutien de 98 000 € aux associations du périscolaire pour sensibiliser les jeunes à la robotique, a souhaité étoffer cet événement par l’organisation d’un salon professionnel offrant des opportunités business aux entreprises régionales.

Passer du « start » au « up » NOUVELLE PROMO UP GRADE. De nouveaux dirigeants de

35 % des

créations d’entreprises sont portées par des femmes.

« pépites », ces start-up très prometteuses, ont été sélectionnés pour bénéficier pendant un an d’un programme d’accélération intense et personnalisé. Lucine, Marbotic, Mieuxplacer.com, Moonmiles et Meshroom sont donc les heureux lauréats de la prochaine promotion « Up Grade ». Ces jeunes entreprises innovantes partagent le même objectif : grandir et passer du statut de TPE à celui de PME. Au plus près de leurs besoins, la Région Nouvelle-Aquitaine, qui consacre chaque année près de 10 M€ à l’émergence et au soutien de start-up, a impulsé en 2018 un dispositif spécial, avec l’appui de l’Europe, pour les start-up attaquant la phase cruciale de l’hypercroissance. Opéré par la Technopole Unitec, l’accélérateur Up Grade Nouvelle-Aquitaine propose un programme d’un an aux dirigeants lauréats. À partir d’un diagnostic approfondi, Up Grade les conseille dans leurs choix stratégiques (RH, organisation, marketing-commercial, financements…). « La force de ce programme d’accélération est d’allier un soutien individuel intense et proactif “sur mesure” à la construction d’un collectif de dirigeants solidaires, au travers de journées mensuelles d’ateliers et workshops. Notre rôle est plus spécifiquement de les aider, face à l’ampleur des tâches nécessaires, à cerner leurs problématiques, à les prioriser, et à monter en compétences sur les dimensions clés de leurs nouvelles responsabilités de dirigeants de PME », indique Perrine Laqueche, directrice de Up Grade Nouvelle-Aquitaine.


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

PRIORITÉS RÉGIONALES/ ÉCONOMIE ET EMPLOI ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE Le 28 mai dernier, la Région Nouvelle-Aquitaine s’est vu remettre le label French Impact par le haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire (ESS), Christophe Itier. Cette bannière signe la reconnaissance d’une politique régionale devenue une référence nationale.

Une Région exemplaire nomique Sud Aquitaine dans les années 2000, expérimentation en cours du Territoire zéro chômeur de longue durée à Mauléon (79)… Nos territoires innovent et la Région les accompagne. Cette politique active de soutien se traduit par un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) désormais pérenne, intitulé « Soutien à l’expérimentation de projets socialement innovants ». Il est porté par une nouvelle direction créée en 2016 et totalement dédiée à

miers et la rupture de l’isolement pour les seconds.

l’Économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale. Déjà 150 projets issus de tous les territoires ont émergé de cet appel à projets. Parmi eux, on peut citer l’entreprise ADAM à Sainte-Hélène (33), qui œuvre pour la qualité de vie au travail, avec un chercheur en psychologie du travail. Dans les Landes, la coopérative Culture et Santé a expérimenté l’intervention d’un artiste dans l’aide à domicile, en lien avec les aidants et les aidés, pour améliorer les conditions de travail des pre-

Validation scientifique À côté de cet appel à manifestation d’intérêt s’est également réuni un collectif d’accompagnement qui rassemble des partenaires et des chercheurs. En 2015 naît le projet CRISALIDH (Centre de ressources pour l’innovation sociale par l’action locale et ses initiatives pour le développement humain). Véritable chaire d’innovation sociale territoriale, il offre un espace de coopération très concret entre des chercheurs et des acteurs locaux (associatifs, entrepreneurs). C’est en particulier le moyen d’évaluer les solutions nouvelles mises en œuvre. Cet échange de regards apporte une validation et une caution scientifique aux initiatives en cours. C’est une prise de recul et un enrichissement qui les aide à dépasser le stade expérimental.

SÉBASTIEN BLANQUET-RIVIERE

D

epuis plus d’un siècle et demi, la NouvelleAquitaine et ses territoires entretiennent une histoire particulière avec l’ESS : création de la coopérative de consommateurs l’Union de Limoges en 1881, première caisse d’assurance agricole en Deux-Sèvres inspirant ensuite les mutuelles d’assurance niortaises, intensification de l’Insertion par l’activité économique autour de Pessac dans les années 1990, genèse du Pôle territorial de coopération éco-

Remise du label French Impact à la Région Nouvelle-Aquitaine, le 28 mai 2019 à Bordeaux.

Un million d’euros par an Dans un contexte de transitions multiples, écologiques, énergétiques, économiques, démocratiques, la diversité des projets soutenus apparaît comme autant de réponses aux défis sociétaux. Les initiatives socialement innovantes se multiplient dans les territoires, créant une dynamique sociétale et collective. La volonté de la Région est à la fois de les soutenir et d’affirmer une stratégie commune. Cela consiste à repérer des changements porteurs d’améliorations futures, à les rendre visibles et à leur donner

ZOOM

FORUM NATIONAL DE L’ESS ET DE L’INNOVATION SOCIALE À NIORT Les 6, 7 et 8 novembre se tiendra la cinquième édition du forum. Nouveauté cette année, les rendez-vous seront répartis dans plusieurs spots du centre-ville, sur un format plus ouvert et plus dynamique qui proposera de nouveaux lieux d’échanges. Au programme, conférences, ateliers et animations, destinés à favoriser les rencontres interprofessionnelles et à valoriser les initiatives inspirantes, autour de cette question : « En quoi l’ESS et l’innovation sociale sont des outils au service des territoires et des réponses aux défis de société ? ».

EUROPE ET ESS En matière d’ESS comme dans de nombreux domaines, les priorités de la Nouvelle-Aquitaine et de l’Europe pour la période 2014-2020 se rejoignent : soutien des réseaux d’accompagnement de l’ESS (structures d’appui et d’accompagnement à la création, têtes de réseaux…) et soutien des projets visant la création d’emplois pérennes dans ce secteur (amorçage de nouvelle activité économique, mutualisation d’actions, innovation sociale…). Cet appui aux acteurs de l’ESS et à leurs projets va croissant. Il doit permettre de consolider leurs modèles économiques et de générer de l’emploi. 9,5 millions d’euros du Fonds social européen (FSE) ont ainsi été fléchés sur cette période. Et les premiers résultats sont là : plus de 170 projets ont été retenus, dont une centaine pour un amorçage d’activité économique, et une centaine d’emplois ont ainsi vu le jour. Les services de la Région sont mobilisés pour aider et accompagner les porteurs de projets et leur faciliter l’accès à ces financements.

les moyens d’exister. La Région investit un million d’euros par an sur l’ensemble des projets. Créer du changement, c’est ainsi associer l’ensemble des bénéficiaires et des parties prenantes pour prendre en compte leurs rêves et leurs aspirations.

NACI, NOUVELLE-AQUITAINE CAPITAL INVESTISSEMENT La Région a créé un nouveau fonds d’investissement doté, dans une première phase, de 70 M€, pour accompagner les ambitions de croissance des PME et des Entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Un fonds inédit pour PME et ETI

D

epuis les années 2000, la Région ne cesse de renforcer son intervention, via des instruments financiers, dans la prise de participation au capital de sociétés néo-aquitaines. Priorité a été donnée à la création de fonds d’investissement dits d’amorçage ou dédiés aux start-up positionnées sur des marchés à risques ou des technologies d’avenir. Concernant les PME ou ETI matures,

la problématique est autre. Par manque de fonds propres et la crainte d’ouvrir leur capital au monde de la finance ou à une autre société – les dirigeants souhaitant rester maîtres de leurs choix stratégiques –, un bon nombre d’entre elles sont freinées dans leur développement. Alors que les offres de marché sont réelles, les leviers financiers manquent pour recruter, innover, s’équiper, s’internationaliser et s’imposer de fait face

à la concurrence. Dès lors, pour accompagner ces ETI, rentables et à fort potentiel de croissance, la Région Nouvelle-Aquitaine a initié un fonds d’investissement, dénommé NACI. Pour des besoins de 3 à 15 millions d’euros Atteignant les 70 M€ pour son premier closing * (l’objectif est de le porter à 150 M€), ce fonds capital-développement, géré par

la société Aquiti dont la Région est actionnaire, rassemble, aux côtés de la Région – contributrice principale à hauteur de 30 M€ – de nombreux investisseurs privés : Arkéa, Banque Populaire, Total, EDF, Ceva, Mutuelle de Poitiers… Il répondra à des besoins de 3 à 15 M€. Son ADN ? Une vision patiente, avec une durée d’investissement de 5 à 10 ans, et une relation de confiance avec un actionnaire au service du dé-

veloppement des entreprises et du territoire de la Nouvelle-Aquitaine. Pour la Région, ce fonds inédit sera un véritable levier pour maintenir les gouvernances en Nouvelle-Aquitaine et booster la création d’emplois comme le développement industriel territorial. * Étape finale d’une opération avec la signature par l’ensemble des participants (dirigeants et investisseurs financiers) de la documentation juridique et décaissement des fonds.


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

CULTURE & DÉCOUVERTE

CRTPC©P. BAUDRY

Vue générale de la ville d’Angoulême.

OLIVIER BLEYS Auteur confirmé, il a publié 32 livres, notamment chez Gallimard et Albin Michel. Passionné de marche, il a entrepris, en 2010, un tour du monde à pied par étapes qu’il poursuit d’année en année.

G. L. GAUDRAN

JEAN D’ORLÉANS COMTE D’ANGOULÊME Jean d’Orléans, prince de la lignée des Valois, fut au xve siècle l’un des plus célèbres comtes d’Angoulême. Il était si populaire que le peuple lui vouait une profonde admiration, le surnommant « le Bon Comte ». Petit-fils du roi Charles V, fils de Louis d’Orléans et de Valentine Visconti, il a laissé le souvenir d’un homme sage, lettré et très religieux, au point qu’on pensa un temps à lui pour être pape. Ami des arts et des lettres, il possédait l’une des plus riches bibliothèques de son temps. Ses petits-enfants, eux aussi épris de culture, furent François Ier, roi de France, et Marguerite d’Angoulême, reine de Navarre.

TERRITOIRES C’est à Angoulême qu’Olivier Bleys a choisi d’user ses crampons, le temps d’une excursion au cœur de la capitale de la bande dessinée, bercée par la Charente.

Carnet de marche à Angoulême

V

isiter Angoulême une semaine après la clôture du Festival de la bande dessinée (46e édition), quelle drôle d’idée ! D’un voyageur qui choisit cette date on peut penser : il lui manque une case. C’est bien au début du mois de février, pourtant, que j’aborde cette ville haut perchée, bâtie sur un promontoire dominant une boucle du fleuve Charente. On appelle parfois « balcon du Sud-Ouest » l’ancienne capitale de l’Angoumois. Si modeste soit l’altitude à laquelle se hissent ses vieux quartiers (80 mètres), elle n’en crée pas moins de jolis points de vue sur la campagne environnante. Nos ancêtres, eux, ont surtout vu l’intérêt militaire de cette position : difficile à prendre, la place forte d’Angoulême a subi de nombreux sièges, et parfois elle est tombée – ainsi en 507, quand Clovis en a chassé les Wisigoths. Tel un soldat de l’armée franque, me voici au pied des remparts.

La colline a beau ne pas monter très haut, la gravir arrondit les mollets. Son versant sur la Charente accueille un grand parc, le Jardin Vert. On peut s’élever jusqu’au sommet en suivant des sentiers en zigzag qui relient des kiosques, des bassins, une aire de jeux… Une enceinte de verdure doublant l’enceinte de pierres. Un dernier effort, et je me hisse sur la muraille. Tous les dix mètres, le parapet moussu porte un réverbère, peut-être contemporain de l’aménagement du parc en 1860. Petites places Le boulevard que je rejoins s’enroule autour de la ville, en changeant de nom : rempart du Midi, rempart de Beaulieu, allée du Souvenir-Français… C’est moins une rue qu’un belvédère, avec une vue splendide sur la vallée de la Charente en contrebas. Cette partie de la ville est la plus âgée, celle qui concentre vestiges et monuments. J’ai lancé mes pas au hasard et progresse par des rues

étroites que le soleil hivernal peine à éclairer. Ici et là, de petites places s’ouvrent entre les maisons, apportant l’air et la lumière. Elles sont plantées de marronniers ou de tilleuls, et font respirer le quartier. Ainsi la place Minage, sur le site d’une ancienne halle aux grains et aux poissons. Sa fontaine est ornée d’« angelots chevauchant des tritons » et de « chérubins serrant des épis de blé », en hommage au marché disparu. Une autre place aux allures de promenade (de mail, dirait ma grand-tante toulousaine) a failli perdre des dizaines d’arbres malades. Heureusement, l’architecte des Bâtiments de France s’est opposé à leur abattage. C’est la place New York, dont le nom perpétue le souvenir de Giovanni da Verrazano, un explorateur au service de François Ier. En 1524, ce dernier avait baptisé Nouvelle-Angoulême le site de l’actuelle métropole états-unienne. Tout près s’élèvent, presque voisins, l’ancien château com-

tal devenu hôtel de ville et les halles, sur l’emplacement d’une ancienne forteresse. Le dix-neuvième siècle a fortement remodelé la cité. Il faut s’engager dans les ruelles pour trouver les traces d’un passé plus lointain : par exemple l’hôtel Saint-Simon, datant de la Renaissance. Institutions bédéphiles Parcourir à pied Angoulême, c’est feuilleter un livre d’images. Depuis presque un demi-siècle que s’y tient, chaque année, le plus important festival de bande dessinée francophone, la ville s’est identifiée à la manifestation qui fait sa renommée. On peut dire, sans exagérer, qu’elle fait corps avec le neuvième art. Au fil des années, les murs d’Angoulême se sont couverts de fresques monumentales commandées à de grands artistes de la bande dessinée, souvent lauréats du Grand Prix du festival. François Schuiten, Frank Margerin et Nicolas de Crécy, entre autres, ont illustré des façades d’immeubles et de maisons. Mais la dévotion d’Angoulême pour la BD va bien au-delà de cet affichage géant. Vraie capitale du dessin, la ville s’est peuplée d’écoles et d’institutions spécialisées. Elle accueille ainsi la Cité internationale de la BD et de l’image, un pôle ressource abritant une maison des auteurs, un musée de la BD, une librairie, un cinéma, un centre de documentation…

IL FAUT S’ENGAGER DANS LES RUELLES POUR TROUVER LES TRACES D’UN PASSÉ PLUS LOINTAIN. »


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

ANGOULÊME EST UNE VIEILLE VILLE, BÂTIE AU SOMMET D’UNE ROCHE EN PAIN DE SUCRE QUI DOMINE LES PRAIRIES OÙ SE ROULE LA CHARENTE. » Honoré de Balzac, « Les Illusions perdues »

OLIVIER BLEYS

La Cité internationale de la BD et de l’image.

fréquentent plutôt les rives de la Charente et les abords de l’île Marquet, proche de l’EESI déjà citée. En cette saison, celle de la nidification des oiseaux, l’île est fermée aux promeneurs. Cependant, en enjambant la passerelle qui franchit la Charente, on peut rejoindre les berges du fleuve et marcher sur l’ancien chemin de halage. Avant l’arrivée du train, ce chemin servait aux attelages qui tiraient les gabares, des bateaux à fond plat, lourdement chargés de papier, de pierres ou d’eau-devie. Aujourd’hui, le même sentier à fleur d’eau progresse vers l’aval, vers la confluence de la Charente et de la Touvre. Au nord de la ville, la Charente a deux bras. Le premier, très étroit, voit ses eaux accélérer entre des rives pentues. C’est un terrain de jeu idéal pour les kayakistes, qui ont pendu en travers leurs piquets colorés et remontent le courant à grands coups de pagaie. L’autre bras du fleuve va, lui, en s’élargissant. Les piétons sont alors rejoints par les vélos. Sur l’eau, les canots adoptent une allure moins sportive. Ils croisent la route d’avirons effilés, de petits hors-bord et d’une population assez fournie d’oiseaux aquatiques. Quand on marche, comme moi, sans regarder la montre, les ombres donnent une bonne indication de l’heure. Voici un moment déjà que la mienne s’allonge. Je la suis du coin de l’œil, pressant l’allure pour boucler le circuit avant la nuit. Mon ombre, j’en prends l’image une dernière fois sur la porte à ferronnerie de la cathédrale SaintPierre. Un incendie s’allume dans toute la ville. C’est du moins l’impression visuelle qu’ont créée, depuis un moment, les rayons obliques du soleil. L’heure, pour moi, de boucler le dernier des douze kilomètres marchés à Angoulême.

« La Fille des remparts », fresque murale de Max Cabanes.

ANGOULÊME EN CHARENTE S’Y RENDRE En voiture : Depuis Bordeaux, Poitiers, Nantes et Tours, suivre la N10. Depuis Limoges, suivre la N141. Depuis Périgueux, suivre la D939. En train, la gare se situe en centre-ville d’Angoulême. En avion, vous atterrirez à l’aéroport d’Angoulême-Cognac, situé à Champniers, au nord de l’agglomération d’Angoulême. SUR PLACE Promenade sur les remparts ou sur les bords de la Charente, incontournable musée de la BD, mais aussi musée du Papier Le Nil, visite des Halles, espace mémoriel de la Résistance et de la Déportation, Festival des musiques métisses (juin), Festival du film francophone (août) ou encore canoë, escalade, etc. Sans oublier les visites de vignobles aux alentours (avec modération). Les activités ne manquent pas à Angoulême. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges.

La cathédrale Sainte-Marie.

GASTRONOMIE Les spécialités d’Angoulême ? Vous êtes au cœur de la Charente avec son incontournable melon, bien sûr, mais aussi la cagouille, cet escargot ramassé dans la nature ou en élevage, le veau de Chalais, le chapon de Barbezieux, les nombreux fromages (Taupinière, Taupinette, Chabichou, Mothais sur feuille…), la Goulebenèze (galette charentaise), la Noix charentaise (chou fourré de crème au beurre parfumée au praliné et glacé au chocolat noir)… Pineau des Charentes, cognac, vin charentais sauront agrémenter (toujours avec modération !) ces spécialités locales.

OLIVIER BLEYS

Grand buste d’Hergé sculpté par Tchang Tchongjen, son ami chinois qui avait inspiré « Le Lotus bleu ».

SE LOGER Gîtes, hôtels, chambres d’hôtes, campings… Chacun y trouvera sa formule en fonction de ses envies et de son budget. angouleme-tourisme.com 05 45 95 16 84

OLIVIER BLEYS

Charente et île Marquet Justement, j’ai rendez-vous avec un couple d’artistes qui ont choisi Angoulême comme lieu de travail

et de résidence. Audrey est graveuse et lithographe, dessinatrice à ses heures. Geoffroy est sérigraphe et manie aussi le crayon. Ensemble, ils ont quitté l’est de la France pour ouvrir ici, en Charente, un « atelier d’impression artisanale au service de l’image contemporaine ». Logé dans une ancienne brasserie, l’Atelier du Bouc imprime à la demande selon des méthodes traditionnelles, anime des ateliers, dispense des formations et prévoit bientôt d’éditer des livres. Les commandes émanent d’associations ou d’institutions angoumoisines, parfois des graphistes eux-mêmes. Lorsqu’ils ont commencé leur activité, Geoffroy et Audrey ne pensaient pas s’installer aussi vite. Mais le terreau était riche, et la greffe a bien pris. J’ai droit à une démonstration de sérigraphie. J’ignorais que cette technique d’impression fût si bruyante. On croit que le calme des bibliothèques, le silence des lecteurs s’étendent à toute la chaîne du livre – on a tort. À Angoulême, les jeunes artistes de l’image semblent apprécier le voisinage de l’eau. Si l’Atelier du Bouc a choisi les hauteurs du Champ de Mars, là où se déploient fin janvier les chapiteaux du festival de BD, les étudiants

EN PRATIQUE

L’Alpha, médiathèque du Grand Angoulême, détient l’un des plus riches fonds de bande dessinée du pays, soit 18 000 volumes. Et l’on pourrait ranger dans la même catégorie, celle des institutions bédéphiles, le musée du Papier Le Nil installé dans les anciennes papeteries Joseph Bardou, en bord de Charente. Ce bâtiment-pont à l’architecture insolite jouxte l’École européenne supérieure de l’image (EESI), l’un des seuls établissements français à proposer un master Bande dessinée, en partenariat avec l’université de Poitiers. Ces nombreux équipements liés à l’image expliquent la concentration, elle aussi très forte, d’ateliers et d’artistes visuels dans la ville. Cela se voit à l’œil nu : à chaque coin de rue ou presque, des créations plastiques accrochent le regard du promeneur. Certaines sont des commandes publiques, tel ce buste d’Hergé dans une rue piétonne. D’autres sont l’expression de talents spontanés. Parfois, il est difficile de démêler les deux. Une chose est sûre : les murs gris et vides ne sont pas du goût des Angoumoisins.

ICI


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LANGUES RÉGIONALES/

LÉS PARLANJHES RÉJHIOUNÀUS / ESKUALDEHIZKUNTZAK / LAS LENGAS REGIONALAS

POITEVIN-SAINTONGEAIS

BASQUE

Udako festibalak : erritmoa gorputzean !

Féstivàus d’étai : trtots en lan !

D

enpis le Péyis Basque au Béarn a passàe pr lés Deùs-Sévres, troes féstivàus riortais aus tradiciuns lusant pr lou alant lés sénes d’étai. L’Errobiko Festibala fét d’Itxassou (64) in soutre voure lés criaciuns y jhargotant. Qu’o séjhe inprouvisaciuns, causeries, atelàes oube prmenades musicales en hàut daus peùs, çhéte 24àeme jhourie croese le feù pi le fér ac daus fames fortes éfllanbàies (la pibolouse franco-siriéne Naïssam Jalal oube la Cubéne Martha Galarraga) é la jhiourie de dance Burdina-Hierro - La saga du fer, a prpous de l’istoere de la sidérurjhie en Biscàie. A Partenàe (79), De Bouche à Oreille prchante lés 50 ans de l’UPCP-Métive, la parçoune-

rie grande fasouse dau féstivàu poetevin-séntunjhàes. En màe d’une prougramaciun métijhàie, daus bals, daus apéro-jhouries pi daus éstajhes (dances dau Poetou, chant, acordiun diatonique…), çhau féstivàu serat marcai pr la jhourie Accordéon(s) Pas Pareil(s) dounàie pr ine novéle jhénéraciun de musicours d’acordiun. Qu’in CD séjhe émolai boutre qu’o y at dau munde pr dare : o serat le limérot 4. Accordéon(s) Pas Pareil(s) limérot 1 sit enrejhistrai o y at 35 ans. Ac 60 éspéctaclles pr rén é 35 000 parçounàes en 2018, Hestiv’Òc senblle le poes lourd a Pàu (64). Le féstivàu daus musiques actuéles ouccitanes décéssit jha d’afinesi sa formule : cunviviale,

familiale, ovérte aus mundes de laulun paréll queme aus torisces de passajhe. En màe daus jhouries den l’éstade Tissié, Hestiv’ Òc prpouse daus éspéctaclles de rue, in féstivàu daus draules pi daus « bals trad ». A vos coléts jhàunes pr voer la Cantèra d’enferàie voure le munde ripounant en çheùr daus chanteries tradicounéles.

ERROBIKO FESTIBALA, dau 18 au 21 de jhullét www.errobikofestibala.fr DE BOUCHE À OREILLE, dau 24 au 27 de jhullét www.metive.org HESTIV’ÒC, dau 22 au 25 d’àut www.hestivoc.com

E Fanfare TooTooTa au festival Hestiv’Òc.

u s k ad it i k B e a r nora , Deux-Sèvresetik igarota, ohituretara lotutako hiru festibalek energiaz betetzen dituzte udako agertokiak. Errobiko Festibalak Itsasu (64) sormenerako toki bizi-bizia bihurtzen du. Inprobisazioak, mahai-inguruak, tailerrak eta paseo musikalak mendixketan... 24. edizio honek sua eta burdina gurutzatzen ditu emakume kartsu eta indartsuekin (Naïssam Jalal flautista frantziar-siriarra edo Martha Galarraga kubatarra) eta Burdina-Hierro - La saga du fer dantza-ikuskizunarekin, Bizkaiko siderurgiaren historiaren inguruan diharduena. Parthenay-n (79), De Bouche à Oreille-k UPCP-Métiveren 50 urteak ospatzen ditu, poitevin-saintongeais festibalaren erakunde nagusia dena. Programazio mestizo bat, dantza, aperitibo-kontzertuak eta tailerrez gain (Quercy-ko dantza, zarrabetea...), festibalean Accordéon(s) Pas Pareil(s)-en kontzertua nabarmenduko da, akordeoilarien belaunaldi berriak eskainitakoa. CD baten kaleratzeak erreleboa asegura-

tua dagoela erakusten du: 4. bolumena izango da. Accordéon(s) Pas Pareil(s)-en 1. bolumena duela 35 urte grabatu zen. Hestiv’Òc-ek doako 60 ikuskizun eta 35 000 parte-hartzaile izan zituen 2018an, eta nabarmen handiko festibala da Pau-n (64). Okzitaniako oraingo musiken festibalak bere formula hobetzen jarraitu du: lagunkoia, familiarra eta irekia da bai tokikoentzat zein bidaiatzen dauden turistentzat. Tissié estadioan ematen diren kontzertuen alboan, Hestiv’Òc-ek bere kaleko ikuskizunak gauzatzen ditu, umeentzako eta dantza tradizionalen festibala izanik. Zapi horiak jantzi hasierako «Cantèra»-ra joateko, non jendetzak abesti tradizionalak kantatzen dituen batera.

ERROBIKO FESTIBALA, uztailaren 18tik 21era www.errobikofestibala.fr DE BOUCHE À OREILLE, uztailaren 24tik 27ra www.metive.org HESTIV’ÒC, abuztuaren 22tik 25era www.hestivoc.com

OCCITAN

Hestenaus d’estiu : tots en ritme !

DR

D Festivals d’été : tous en rythme !

D

u Pays basque au Béarn en passant par les Deux-Sèvres, trois festivals attachés aux traditions illuminent de leur énergie les scènes d’été. L’Errobiko Festibala fait d’Itxassou (64) un creuset bouillonnant de création. Entre improvisations, ateliers et balades musicales sur les collines, cette 24e édition croise le feu et le fer avec de flamboyantes femmes fortes (la flûtiste franco-syrienne Naïssam Jalal ou la Cubaine Martha Galarraga) et le spectacle de danse Burdina-Hierro - La saga du fer, autour de l’histoire de la sidérurgie en Biscaye. À Parthenay (79), De Bouche à Oreille célèbre les 50 ans de l’UPCP-Métive, l’association maîtresse d’œuvre du festival poitevin-saintongeais. En plus d’une programmation métissée, le festival sera marqué par le concert Accordéon(s) Pas Pareil(s) donné par une nouvelle génération d’accordéonistes. La sortie d’un

CD montre que la relève est assurée : ce sera le volume 4. Accordéon(s) Pas Pareil(s), volume 1, avait été enregistré il y a 35 ans ! Avec 35 000 participants en 2018, le festival des musiques actuelles occitanes Hestiv’Òc fait figure de poids lourd à Pau (64). À côté des concerts au stade Tissié, Hestiv’Òc déroule des spectacles de rue, un festival des enfants et des « bals trad ». À vos foulards jaunes pour assister à la Cantèra d’ouverture où la foule reprend en chœur des chants traditionnels.

ERROBIKO FESTIBALA, du 18 au 21 juillet www.errobikofestibala.fr DE BOUCHE À OREILLE, du 24 au 27 juillet www.metive.org HESTIV’ÒC, du 22 au 25 août www.hestivoc.com

eu Bascoat tau Bearn en passar per las DeuxSèvres, tres hestenaus estacats a las tradicions qu’enlugrejan d’energia los emponts d’estiu. Errobiko Festibala hè d’Itxassou (64) un crusòu borbolhejant de creacion. Entre improvisacions, discussions-desbats, obraders e baladas musicaus suus candaus, la 24au edicion que’n crotza huec e hèr dab ehlamairas daunas daunejantas (la flabutista franco-siriana Naïssam Jalal o la cubana Martha Galarraga) e l’espectacle de dança Burdina-Hierro - La saga du fer, a l’entorn de l’istòria de la siderurgia en Biscaia. A Parthenay (79), De Bouche à Oreille que hesteja los 50 ans de l’UPCP-Métive, l’associacion dauna d’òbra deu hestenau peitavin-santongés. Per delà ua programacion mestissada, bals, aperitius-concèrts e obraders (dança de Carcin, sonsaina…), lo hestenau que serà mercat peu concèrt Accordéon(s) Pas Pareil(s) dat per ua navèra generacion

d’acordeonistas. La gessida d’un CD qu’amuisha la relhèva qu’ei assegurada: que serà lo volume 4. Accordéon(s) Pas Pareil(s), volume 1 qu’estó enregistrat 35 ans a. Dab 60 espectacles a gratis e 35 000 participants en 2018, Hestiv’Òc qu’incarna lo pes pesant a Pau (64). Lo hestenau de las musicas actuaus occitanas que s’a afinat de contunh la formula : conviviau e familiau, obèrta aus deu país com aus toristas de passatge. Au ras deus concèrts a l’estadi Tissié, Hestiv’Òc que desglara espectacles per carrèra, un hestenau deus mainats e « bals trad ». Hètz-ve en davant carrats jaunes tà víver la Cantèra d’obertura on la horrèra s’avalenteish a cants tradicionaus !

ERROBIKO FESTIBALA, deu 18 tau 21 de julh www.errobikofestibala.fr DE BOUCHE À OREILLE, deu 24 tau 27 de julh www.metive.org HESTIV’ÒC, deu 22 tau 25 d’aost www.hestivoc.com


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CULTURE & DÉCOUVERTE HISTOIRE DE BAHUTS

PATRIMOINE Entrez ! La Région vous ouvre les portes

de sites cachés ou intégrés dans le paysage quotidien à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, du 20 au 22 septembre. Des lieux qui sont pourtant des témoins de notre histoire.

P

DES SITES PHARES OU INSOLITES

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE, INVENTAIRE GÉNÉRAL DU PATRIMOINE CULTUREL, G. BEAUVARLET, 2016

Des peintures murales exceptionnelles du xve et du xviiie siècle – en cours de restauration – ont été découvertes dans cette abbaye cistercienne fondée en 1120. En plus des visites guidées, on pourra voir une exposition sur les « monstres romans », des stands présentant les métiers de la restauration et un spectacle gratuit, entre conte et musique, samedi soir dans l’église. LE VITRAIL À ÉGLETONS (CORRÈZE)

L’inventaire des vitraux civils et religieux limousins du xxe siècle révèle toute la richesse de cette production. On pourra la comprendre à travers la visite de l’église Saint-Antoine-L’Ermite, une conférence, un atelier et deux spectacles : un hommage à Jean Cocteau (qui dessina les vitraux de Saint-Maximin de Metz) et une fable tout en vitrail, pour le jeune public.

LA RÉGION COMPTE

6MONUMENTS 000 HISTORIQUES

lus grande région de France par le nombre de ses monuments historiques, la NouvelleAquitaine brille aussi par la diversité de son patrimoine. Un patrimoine monumental, rural, industriel ou du xxe siècle, qu’est chargé de valoriser le service du Patrimoine et de l’Inventaire. Les missions de ce service régional sont tout à fait ancrées dans l’actualité. En menant des inventaires avec des recherches sur le terrain et dans les archives, le service constitue une base documentaire essentielle pour mieux connaître les sites, les restaurer, les faire découvrir à travers des expositions, des publications… Sans oublier les opérations de médiation comme Histoire de bahuts, où se sont impliqués des lycéens de la Région. Et ce travail de fond, accessible à tous, trouve ses usages dans des enjeux modernes : la culture, l’éducation, le tourisme, l’urbanisme, les politiques publiques d’aménagement du territoire… La preuve avec ces Journées du patrimoine qui donnent à voir aussi bien des sites remarquables que le potentiel et la valeur que représente ce patrimoine pour chacun d’entre nous.

NOTRE-DAME DE L’ABSIE (DEUX-SÈVRES)

LE SAVIEZ-VOUS ?

LES HANGARS BLÉRIOT À BÈGLES (GIRONDE)

Sur le site du château de Tartifume qu’il racheta en 1918, l’aviateur Louis Blériot lança une usine de construction aéronautique. Il en reste des hangars à l’impressionnante structure métallique qui pourront être visités samedi en compagnie d’un chercheur spécialisé dans le patrimoine industriel et de l’architecte qui a réalisé la rénovation du site. LA VILLE DE DAX (LANDES)

À Dax, une expérimentation totalement innovante implique les habitants du quartier des Pins. Ce sont eux qui animeront ces Journées du patrimoine, pour présenter leur quartier, son histoire et ce qui relève à leurs yeux du patrimoine culturel dacquois. JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE 20, 21 et 22 septembre inventaire.aquitaine.fr - inventaire.poitou-charentes.fr

patrimoine

9 SITES INSCRITS SUR LA LISTE

LYCÉE PROFESSIONNEL DES MÉTIERS DU BÂTIMENT CHARDEUIL COULAURES (DORDOGNE)

Datant du xiie siècle, le château de Chardeuil est devenu un établissement de formation dès 1945. La visite montre un site qui n’a cessé d’évoluer, des ateliers à l’internat.

DU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE, INVENTAIRE GÉNÉRAL DU PATRIMOINE CULTUREL, P. RIVIÈRE, 2016

S’OUVRIR À LA CONNAISSANCE

Le projet Histoire de bahuts a permis à des lycéens de se glisser dans la peau d’apprentis chercheurs et médiateurs en participant à l’inventaire historique et architectural de leur établissement. Ils en font la présentation au public lors de ces Journées du patrimoine. Plus de 40 lycées sont ouverts à la visite comme à Coulaures, Égletons, Melle ou Saintes.

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TERRITOIRES LABELLISÉS « VILLES ET PAYS D’ART ET D’HISTOIRE »

109

MUSÉES LABELLISÉS « MUSÉES DE FRANCE » PLUS DE

75 000 MONUMENTS ET OBJETS

ÉTUDIÉS ET DOCUMENTÉS

3

CENTRES DE DOCUMENTATION OUVERTS AU PUBLIC À BORDEAUX, POITIERS ET LIMOGES

LYCÉE PIERRE-CARAMINOT ÉGLETONS (CORRÈZE)

Bâti en 1933 par l’architecte Robert Danis, le lycée a été partiellement détruit en 1944. Les élèves ont pensé et écrit les textes des présentoirs du parcours de visite. LYCÉE AGRICOLE JACQUES-BUJAULT MELLE (DEUX-SÈVRES)

Le patrimoine de ce lycée réside aussi dans ses pratiques agricoles et environnementales. La biodiversité, l’agroécologie et l’art seront au cœur des visites avec des animations réalisées par les élèves. EREA THÉODORE-MONOD SAINTES (CHARENTE-MARITIME)

L’Établissement régional d’enseignement adapté (EREA) organise des journées portes ouvertes avec une exposition, des démonstrations de techniques de construction à travers les âges et une conférence.

videoguidenouvelleaquitaine.fr

APPLI. GRATUITE

©Région Nouvelle-Aquitaine /Shutterstock

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PRODUIT RÉGIONAL

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IL FAUT 22 LITRES DE LAIT POUR FAIRE 1 KG DE BEURRE AOP.

1979

LE BEURRE CHARENTES-POITOU EST LE PREMIER BEURRE FRANÇAIS À OBTENIR UNE APPELLATION D’ORIGINE CONTRÔLÉE.

LES HUIT MARQUES DE L’APPELLATION

ELLES TRANSFORMENT LE LAIT DE 3 500 PRODUCTEURS.

ÉCHIRÉ, UN BEURRE EN OR AU JAPON Parmi les marques de l’appellation, le beurre d’Échiré est le seul à être élaboré dans des barattes en bois de 900 kg. Il faut deux heures et demie de barattage pour obtenir le fameux beurre d’Échiré. La laiterie d’Échiré, qui célèbre ses 125 ans, produit 1 850 tonnes de beurre par an, dont plus de la moitié pour la restauration. Vendue sur les cinq continents, la marque possède depuis 1999 deux points de vente à Tokyo et à Osaka. Elle prévoit d’ouvrir cinq autres boutiques au Japon d’ici trois ans.

À PARIS AU FRAIS

Avec la bière, le beurre Charentes-Poitou est le premier produit à avoir bénéficié d’un transport réfrigéré en train, preuve du dynamisme de ses coopératives. En 1899, regroupées au sein de l’Association centrale des laiteries coopératives des Charentes et du Poitou, elles aménagent ellesmêmes trois « wagons glacières » pour concurrencer le beurre normand à Paris. L’association ira jusqu’à ouvrir une fabrique à Surgères pour fournir la glace qui arrivait à maintenir les wagons à 12 °C.

ZOOM

CHARENTES-POITOU Le beurre fête les 40 ans de son appellation et fait fondre l’Asie.

S’

il y a du beurre, et du bon, dans les Charentes et le Poitou, c’est grâce à la coopération ! La région est devenue pionnière dans le traitement du lait en organisant sa transformation en beurre dans des coopératives dès la fin du xixe siècle. Auparavant, jusqu’en 1880, les Charentes étaient une zone viticole. Mais le phylloxéra, qui ravage tout le vignoble, pousse les viticulteurs à vendre, au profit des éleveurs de Vendée et des Deux-Sèvres. C’est aussi l’époque où émergent les premières coopératives agricoles en France. Eugène Biraud, né à Saint-Georges-du-Bois, près de Surgères, lance dès 1888 la Laiterie Coopérative de Chaillé. Une véritable révolution laitière commence : la ré-

gion compte 95 coopératives en 1900, 145 en 1952. C’est cet esprit coopératif que veut défendre l’appellation d’origine protégée (AOP). Le préféré des pros Parce qu’il fond moins vite à température ambiante (il est plus riche en acides gras saturés), le beurre Charentes-Poitou séduit les professionnels de la restauration et de l’alimentaire. Le cahier des charges de l’appellation, actuellement en cours de révision, doit faire monter d’un cran les conditions de fabrication. Cette réactualisation des exigences est d’autant plus importante qu’il n’y a pas de race laitière particulière liée au beurre Charentes-Poitou (c’est la Prim’Holstein qui domine), mais un savoir-faire et une organisation historique en coopératives. Le nouveau cahier des charges doit ainsi privilégier une alimentation d’origine locale pour les troupeaux (principalement du maïs), sans OGM ou additifs, mettre l’accent sur le bien-être animal et autoriser la fabrication de beurres d’appellation bio ou crus.

1 LE LAIT PAR ORDRE D’APPARITION : Échiré, Surgères (Savencia), Lescure, Pamplie (Laiterie Coopérative de Pamplie), Grand Fermage, Sèvre et Belle (Coopérative Laitière de la Sèvre), La Conviette (Eurial), Montaigu (Laiterie de Montaigu),

Il doit obligatoirement provenir de l’un des cinq départements suivants : la Charente, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, la Vienne ou la Vendée, plus quelques communes limitrophes.

2 L’ÉCRÉMAGE

Le lait est porté à 40 °C, puis écrémé dans des centrifugeuses : la crème est séparée du lait. La crème ne peut pas être congelée.

3 LA PASTEURISATION

La crème est pasteurisée entre 92 et 95 °C puis refroidie. Cette étape garantit l’élimination d’éventuelles bactéries et une qualité constante en toute saison.

4 LA MATURATION

Ensemencée de ferments lactiques, la crème mature 15 heures. Des arômes de noisette se développent. La maturation fait toute la différence avec les beurres industriels produits en continu (avec la méthode NIZO).

5 LE BARATTAGE

Fabrication ancestrale du beurre d’Échiré dans une baratte en bois.

C’est ici qu’on bat le beurre ! Le mélange est énergiquement brassé pour séparer le babeurre. Lavé puis malaxé, le beurre est enfin prêt à être moulé.

PHOTOS : ACLC

LA CRÈME DES BEURRES

LES ÉTAPES DU BEURRE AOP


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MODE D’EMPLOI Hôtel de région Nouvelle-Aquitaine

Commission d’évaluation des politiques publiques (cepp) La Région Nouvelle-Aquitaine accorde beaucoup d’importance à l’évaluation de ses politiques publiques. L’évaluation permet de voir si les politiques régionales répondent aux besoins des citoyens et de leur apporter alors des modifications.

conseil économique social et environnemental régional

ses membres proposent les politiques publiques qui seront évaluées

Comité de pilotage de l’évaluation (copil)

Des prestataires extérieurs sont sélectionnés pour mettre en oeuvre chaque démarche d’évaluation...

service évaluation et services concernés

...à partir d’un cahier des charges des données sont collectées auprès des services pour produire des statistiques

ceser

élus régionaux majorité et opposition

vice-président concerné

SERVICE JEUNESSE

...au comité qui cadre l’évaluation et en assure le suivi

les prestataires proposent une feuille de route...

cepp, préside le copil

et avec les partenaires, comme par exemple les associations

prestataires choisis

ceser

des questionnaires en ligne sont proposés à des bénéficiaires

des entretiens sont menés avec les membres des services Les résultats sont présentés au comité de pilotage régulièrement

après quoi le vice-président concerné préside le comité...

...qui élabore des recommandations pour orienter les futures politiques plancheCEPP.indd 1

les résultats et recommandations sont présentés à la cepp puis en séance plénière

L’évaluation profite alors aux citoyens qui voient la politique qui les concerne s’améliorer. 20/05/2019 09:25:23


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Culture et équité

BERNARD LUMMEAUX

MARIE COSTES

Conseillère régionale

Conseiller régional Adjoint au maire d’Arcachon

GROUPE LES RÉPUBLICAINS/CPNT Tél. : 05 57 57 83 61 groupe.lrcpnt @nouvelle-aquitaine.fr

L

a région Nouvelle-Aquitaine est riche d’un patrimoine exceptionnel qui couvre plusieurs millénaires depuis l’époque préhistorique avec notamment la grotte de Lascaux jusqu’aux lignes contemporaines du Futuroscope en passant par les nombreuses églises, les châteaux, les bastides ou encore les villages de caractère que visitent chaque année de nombreux touristes. La région est également riche d’une vie culturelle d’une très grande diversité et d’une qualité incontestable reconnue par nos concitoyens comme par les professionnels. On dénombre ainsi près de 900 compagnies artistiques, 810 lieux de diffusion sur l’ensemble du territoire régional ainsi que 400 festivals. Cela représente d’ailleurs une activité économique non négligeable qui génère près de 27 000 emplois. La Région Nouvelle-Aquitaine accompagne et soutient par ses aides et ses subventions cette belle activité et notre groupe approuve d’une manière générale cette politique, estimant même qu’elle pourrait faire preuve, à l’image d’autres régions, d’un plus grand dynamisme. Depuis le début de la mandature, l’exécutif a fait voter par le Conseil régional un certain nombre de règlements d’intervention destinés à harmoniser les dispositifs d’aide des trois anciennes régions composant désormais la NouvelleAquitaine et à établir des critères objectifs de sélection des dossiers. Dans une démarche constructive notre groupe a voté ces divers règlements portant sur le spectacle vivant, les manifestations culturelles ainsi que plusieurs contrats de filière comme celui sur les arts plastiques et visuels. Pour autant, au fil des décisions de la Commission permanente, on constate encore des montants de subventions et des taux d’intervention très hétérogènes en faveur d’activités ou de dossiers pourtant comparables. C’est pourquoi, à plusieurs reprises, notre groupe est intervenu en séance plénière pour rappeler l’exigence d’équité qui doit présider à la répartition des aides régionales pour que de nouvelles demandes puissent être prises en compte ou que d’autres puissent être réévaluées. Notre groupe restera très vigilant sur ce point.

Pour une culture de l’excellence et de l’enracinement

L

JEAN-ROMÉE CHARBONNEAU Conseiller régional

RASSEMBLEMENT NATIONAL Tél. : 05 57 57 73 86 groupe.fn @nouvelle-aquitaine.fr

’idée que nous défendons en matière culturelle est celle de notre identité et de son patrimoine, entretenu, agrandi et enfin légué. Elle reflète l’âme vivante des peuples de notre territoire, riches d’un passé qui a su rayonner dans le monde par son excellence. Preux, moines, savants, écrivains, seigneurs et troubadours nous ont légué les éléments d’une culture reconnue dans toute l’Europe comme étant la plus raffinée, puisqu’on parlait français dans toutes les cours princières. Du Poitou à la Navarre, chacun rivalisait d’ardeur pour embellir son cadre de vie. Il est de notre devoir de protéger ce patrimoine, de l’enrichir et le faire revivre comme ont su le faire les populations, à travers les légendes remises au goût du jour. Des montagnes pyrénéennes, où résonnent encore le cor de Roland et les pas lourds des pèlerins de Compostelle, jusqu’aux bateaux de Rochefort transportant les équipages militaires des premiers fusiliers de la marine vers les terres de notre vaste empire, il y a matière à divertir, à enseigner, à transmettre. La réalité de notre culture, de d’Artagnan à Pierre Loti ou Mauriac, est hélas négligée. La majorité des élus, dominée par des fonctionnaires, opte pour des dépenses de prestige, bruyantes, sans goût, prétextant « l’accès à la culture pour tous » dont le nouveau temple sera la MÉCA. La majorité régionale prétend créer de « l’emploi culturel », favorisant ainsi de mauvais acteurs locaux et des intermittents régis par des contrats rédigés par la CGT, flairant la subvention de survie et l’engagement politique. Défense des migrants, inversion des valeurs, politisation culturelle, tel est le credo culturel de la majorité ! Favoriser l’incitation à la lecture est une démarche intelligente, mais investir de très fortes sommes auprès des libraires ne suffit pas. Des concours d’art oratoire ou d’écrits littéraires proposés dans nos lycées inciteraient davantage nos jeunes à se tourner vers la littérature. Ceci pourrait prendre la forme d’un concours général régional, récompensant les meilleures productions littéraires des lycéens et entrant pourquoi pas dans la note du baccalauréat. Le rôle des élus se doit prioritairement de promouvoir des spectacles d’excellence, qui tournent les âmes et les cœurs des spectateurs vers le Beau, le Bon et le Vrai et des manifestations où l’identité régionale est l’image vivante de nos traditions.

Une nouvelle politique culturelle et patrimoniale qui doit témoigner de notre ambition

XAVIER ARGENTON Conseiller régional Maire de Parthenay Président de la communauté de communes de Parthenay-Gâtine

UNION DES DÉMOCRATES ET INDÉPENDANTS Tél. : 05 57 57 82 38 groupe.udi @nouvelle-aquitaine.fr

L

’ouverture de la MÉCA permettra aux artistes de trouver des conditions de travail optimales et aux opérateurs culturels de pouvoir bénéficier d’une vitrine dans la capitale régionale de la Nouvelle-Aquitaine. Le groupe UDI a voté pour cet équipement mais nous sommes et nous serons toujours vigilants pour que la politique régionale de la culture bénéficie à l’ensemble du territoire de notre grande région. La culture joue un rôle essentiel dans l’éveil de la pensée et des consciences, elle forge notre vision et notre compréhension du monde et contribue à bâtir notre identité. Aussi, la Région Nouvelle-Aquitaine doit adopter une nouvelle politique culturelle et patrimoniale qui témoigne de son ambition. Il n’y a malheureusement pas d’égalité des territoires sur notre grande région et notre groupe y est très vigilant. Renforcer l’égalité d’accès à la culture, maintenir un aménagement culturel équilibré du territoire, financer et encourager la création produite en Nouvelle-Aquitaine, accroître la visibilité et le rayonnement à l’international de la culture et du patrimoine néo-aquitain, voilà quelques pistes de développement qui pourraient profiter aux territoires riches, nombreux et diversifiés de notre belle région.

Le futur pôle régional de la culture, la MÉCA : une belle œuvre architecturale à l’ambition politique contestable

JEAN DIONIS DU SÉJOUR Président

GROUPE UNION CENTRISTE NOUVELLEAQUITAINE Tél. : 05 57 57 81 37

L

a culture reste avant tout une compétence municipale et est très limitée en région. Aussi, il nous paraît surprenant que la Région investisse autant sur un seul site culturel plutôt que d’intégrer le sujet dans ses politiques territoriales. La MÉCA n’aura d’ailleurs qu’un rôle d’accueil du FRAC, des agences culturelles régionales auxquelles s’ajoutera une salle de spectacles et, par conséquent, de quoi participer bien plus à la vie culturelle bordelaise que régionale. Face à l’enthousiasme général, notre groupe se montre réservé sur ce projet car il nous apparaît comme surdimensionné et décevant sur plusieurs points. D’abord sur le choix de recentraliser à Bordeaux la politique culturelle régionale alors que choisir Angoulême, Poitiers ou Limoges aurait marqué une réelle volonté d’équité territoriale. Ensuite, parce que ce projet participe à la surdensification du quartier Euratlantique, et enfin parce que le montant important engagé pour les travaux, 56 millions d’euros, a « siphonné » les aides et subventions aux manifestations culturelles dans les territoires en oubliant les besoins d’entretien et de rénovation des structures déjà existantes. Voilà de quoi nourrir nos réserves.

Peut-on vivre sans l’art partisan ?

NATHALIE LE GUEN Présidente

GROUPE DROITES INDÉPENDANTES DE NOUVELLEAQUITAINE (DINA) Tél. : 06 70 38 87 00 nathalie.le-guen@nouvelle-aquitaine.fr

N

Chers lecteurs, ous sommes assurément en faveur d’une culture accessible à tous et ce, dans tous les territoires de notre grande région. Chacun d’entre nous doit pouvoir lire des ouvrages à moindre coût, visiter des musées sans se ruiner, aller au cinéma et pouvoir s’enrichir de spectacles si le cœur lui en dit. Cependant, le groupe DINA s’opposera systématiquement à une culture partisane, à une culture résolument de gauche, à savoir la culture proposée par les élus de la majorité. Nous ne sommes que très rarement d’accord avec les programmes proposés par la Région. Nous sommes en droit de préférer Éric Zemmour au rappeur Joey Starr. Nous sommes en droit de préférer Dalí à Picasso. Et puisque nous sommes encore en démocratie nous sommes en droit de dire non à la décadence de l’art partisan et contemporain subventionné par la collectivité territoriale. Quant à la construction de la MÉCA à Bordeaux, que dire ? Un pôle régional de la culture qui aura certes ravivé le quai de Paludate dans le projet Euratlantique, mais trop éloigné des territoires et le tout pour un coût de 50 millions d’euros...

PHOTOS : TWIN HERVÉ LEFEBVRE, ALBAN GILBERT

PAROLE AUX ÉLUS

À CHAQUE PARUTION DE VOTRE JOURNAL, VOS ÉLUS REVIENNENT SUR UN SUJET DONNÉ


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

RETROUVEZ VOS GROUPES POLITIQUES SUR :

nouvelle-aquitaine.fr/institution/conseil-regional/groupes-politiques.html

La MÉCA, un outil culturel au service des territoires

MATTHIAS FEKL

Président Et les conseillers régionaux du groupe socialiste et apparentés

PARTI SOCIALISTE ET APPARENTÉS groupe.ps @nouvelle-aquitaine.fr

L

a politique culturelle régionale s’inscrit dans une démarche de co-construction, comme l’a souhaité le président Alain Rousset, se traduisant par la mise en place d’une Conférence territoriale de la culture initiée dès le début de mandature par mes collègues Nathalie Lanzi, vice-présidente, et ses délégués Charline Claveau et Éric Correia. L’idée est d’avoir une réflexion partagée avec les acteurs des filières cinéma, livre, spectacle vivant, musiques actuelles et arts visuels, et d’impliquer ainsi le monde culturel dans le processus de coélaboration de nos politiques. Sont ainsi nés le SODAVI (Schéma d’orientation des arts visuels), le Règlement d’intervention spectacle vivant ainsi que les Contrats de filière cinéma, musiques actuelles et livre. La Nouvelle-Aquitaine est devenue la première région à signer des contrats avec les trois établissements du ministère de la Culture et de la Communication. La Région a souhaité impulser une dynamique de développement de la filière image. Ces efforts n’ont pas été vains, elle est devenue le premier fonds de soutien cinéma et audiovisuel (hors Île-de-France). La Nouvelle-Aquitaine fait partie de ces régions qui peuvent prétendre réussir une réelle décentralisation de cette industrie encore concentrée en région parisienne. L’écosystème angoumoisin en est l’exemple même. La Nouvelle-Aquitaine dispose du premier fonds de soutien à la production d’animation, soit 3 M€, avec 38 films soutenus en 2018. Ce pôle d’excellence fait d’Angoulême la capitale française de l’animation et de la Région la nouvelle Cartoon Valley. Développer la filière en matière de création-production, importer le meilleur du cinéma national et international par l’accueil de tournages… La Région affirme bien son ambition d’être une grande terre de cinéma. Pour preuve : le nombre de films soutenus à Cannes en 2019, cinq au total, dont le Grand Prix pour Atlantique de Mati Diop. Notre rôle est d’offrir un environnement favorable aux professionnels qui font le choix de créer, produire, écrire et travailler avec des acteurs régionaux. Le 28 juin dernier a été inaugurée la MÉCA, Maison de l’économie créative et de la culture en Nouvelle-Aquitaine, où se concentreront en un même lieu les filières livre, cinéma, spectacle vivant, arts plastiques et visuels. Ce lieu de création permettra d’accroître la visibilité de l’action culturelle de la Région en rapprochant ses deux agences : l’OARA (Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge du spectacle vivant) et l’ALCA (Agence livre, cinéma et audiovisuel), ainsi que le FRAC Nouvelle-Aquitaine-MÉCA, l’un des trois FRAC que compte le territoire régional avec le FRAC Poitou-Charentes à Angoulême et le FRAC-artothèque Nouvelle-Aquitaine, qui sera doté d’un nouveau bâtiment début 2020 dans le centre-ville de Limoges. Leur mission est d’accompagner les professionnels de cette économie culturelle sur l’ensemble du territoire régional. Des compagnies de théâtre corréziennes aux producteurs de cinéma de la Vienne en passant par des artistes-plasticiens du Lot-et-Garonne, tous bénéficieront de ce formidable outil. Soutenir la création dans sa diversité, en prenant en compte un maillage territorial cohérent, et dans une logique de décentralisation culturelle, telles sont les ambitions de la NouvelleAquitaine. N’oublions jamais que la culture constitue plus que jamais un enjeu citoyen majeur pour nos sociétés. Puisque encore de nos jours la diversité culturelle est trop souvent menacée, il nous faut sans cesse protéger et promouvoir cette liberté de création artistique car « tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude » (A. Camus).

Pour une politique culturelle étendue et ouverte

L

PASCALE REQUENNA Présidente

MOUVEMENT DÉMOCRATE ET APPARENTÉS Tél. : 05 57 57 80 83 groupe.modema @nouvelle-aquitaine.fr

a Nouvelle-Aquitaine, dotée d’un potentiel culturel colossal et infiniment varié, doit favoriser l’expression de la culture sous toutes ses formes. Véritable vecteur de cohésion sociale, elle représente un enjeu fondamental qui s’applique à l’ensemble des territoires. Les offres artistiques de proximité (festivals, expositions) doivent être valorisées. C’est l’étendue de l’animation culturelle en général qui doit être au cœur de nos préoccupations : celle-ci ne saurait être l’apanage de quelques-uns. Le spectacle vivant qui émerge dans nos villes comme dans nos campagnes en est la parfaite illustration. L’aide régionale doit encore faciliter l’accès à l’art et sa valorisation sur l’ensemble du territoire, dans sa richesse et sa diversité. C’est d’ailleurs au sein même de la capitale régionale que la politique culturelle, bientôt incarnée par la MÉCA, doit s’ouvrir. Ce totem des arts régionaux ne saurait être un lieu clos, réservé aux professionnels. Nous devrons veiller à son ouverture à tous les publics, nous assurant ainsi un rayonnement culturel de la Nouvelle-Aquitaine juste et équitable.

Pour une culture régionale de proximité

SORAYA AMMOUCHE Conseillère régionale déléguée à la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les lycées Membre du GIA Culture

GROUPE RADICAL DE GAUCHE Tél. : 05 57 57 74 03 groupe.prg @nouvelle-aquitaine.fr

N

otre région est forte de ses territoires et des initiatives locales que portent le plus souvent des bénévoles passionnés auxquels il convient de rendre l’hommage qu’ils méritent. La culture doit être aisément accessible à tous et c’est pourquoi la Région NouvelleAquitaine se doit de soutenir différentes filières (cinéma, livre, spectacle vivant, musique…). La Région Nouvelle-Aquitaine doit aussi veiller au maillage du territoire régional par des manifestations variées et de proximité. Cependant, ne confondons pas art et culture, notre institution doit également soutenir un monde de l’art sachant s’affranchir des contingences financières propres à un marché de l’art devenu lieu de spéculation et de placement. La Région Nouvelle-Aquitaine s’est dotée d’un équipement culturel de grande ampleur à travers la MÉCA, qui accueille le FRAC Nouvelle-Aquitaine-MÉCA (Fonds régional d’art contemporain) et les deux agences culturelles ALCA (Agence livre, cinéma et audiovisuel) et OARA (Office artistique de la Région). Ce bâtiment architecturalement ambitieux doit être tout entier tourné vers les artistes et le public, nous y serons attentifs.

La culture, un vecteur d’émancipation incontestable

NAÏMA CHARAÏ Coprésidente

STÉPHANE DELPEYRATVINCENT Coprésident

GÉNÉRATION-S Tél. : 05 57 57 84 20

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os territoires de traditions sont aussi des territoires où les cultures se sont mélangées tout au long de l’Histoire. Et nous voyons fleurir partout dans notre région des initiatives qui s’inspirent de cet héritage, brassent cette richesse pour créer du commun et écrire la suite de notre Histoire. L’Histoire est ce mélange entre culture locale, culture nationale et culture internationale. C’est en les partageant au plus grand nombre que nous nous grandissons et qu’avec nos cultures personnelles nous participons d’un tout. Dans un monde globalisé néo-libéral qui aseptise les rapports humains, s’il ne devait rester qu’un seul liant, alors ce devrait être impérativement celui assuré par la culture, seule alternative au repli sur soi et à l’obscurantisme. Albert Camus affirmait que « tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude ». La Région Nouvelle-Aquitaine joue un rôle exemplaire en ce sens pour que la culture sous toutes ses formes soit accessible à toutes et tous en tous lieux. Les règlements d’intervention et les contrats de filière votés sous cette mandature en sont la preuve.

Cultures plurielles : un patrimoine à protéger

A

KATIA BOURDIN,

Conseillère régionale, élue de Charente-Maritime Présidente de la Commission Culture – Patrimoine – Identités régionales – Sports – Jeunesse – Solidarités – Handicap

EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS Tél. : 05 57 57 80 95 groupe.eelv @nouvelle-aquitaine.fr

vec un budget de 68 millions d’euros dédié à la culture, le Conseil régional porte une responsabilité essentielle vis-à-vis des Néo-Aquitains, à un moment où l’urgence culturelle s’impose pour faire barrage à l’obscurantisme. Comment organiser les politiques publiques pour garantir que chacun, avec sa culture, sa langue, trouve sa place, soit respecté dans sa dignité et ses droits culturels pour mieux être en relation avec les autres ? Comment, dans un contexte de métropolisation, s’affranchir de l’instrumentalisation de la culture au service des seuls intérêts économiques ou du pouvoir d’une élite ? Pour nous, l’enjeu est de : mieux promouvoir la diversité des cultures, l’émergence des expressions, en accompagnant les libertés réelles des personnes, artistes et citoyens, et leurs engagements dans des parcours culturels constructifs ; mieux co-construire les politiques culturelles dans un souci d’équilibre des territoires associant impacts écologiques, humains et économiques (le secteur de la culture représente 60 000 emplois directs ou indirects dans notre Région) ; soumettre les dispositifs à une évaluation régulière pour en mesurer la pertinence et l’efficience. Seule une politique culturelle respectueuse de ce pluralisme et des droits humains fondamentaux permettra de construire une société plus solidaire et plus durable.


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RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE / N°7 ÉTÉ 2019

LE PORTRAIT L’instrument est sorti tout droit des années 1950. « Il a un vrai caractère, pas toujours facile, mais son timbre est chaud et rond. On ne retrouve plus ce grain dans les instruments modernes. » Aujourd’hui, elle codirige l’école de musique de Noblat avec 170 élèves et donne des cours à Limoges dans une petite école. À tous, elle donne beaucoup. « Mes élèves m’apportent énormément. Dès toutpetits, à l’éveil musical… J’ai un véritable échange avec eux. » Le fado n’est jamais loin L’aventure de l’album est arrivée un peu par hasard. C’est à la fin d’un concert que Jean-Michel Leygonie vient la voir et lui demande de but en blanc : « Estce que tu as un projet personnel ? » « À l’époque, je travaillais en quartet avec des compositions originales, registre électro. L’utilisation des pédales d’effet me plaisait énormément, la recherche de nouvelles sonorités, se rapprochant de la guitare électrique, 1978 dans un registre Naissance à Limoges plus actuel. » Ce 1989 que Jean-Michel Entrée au conservatoire Leygonie écoute lui plaît. Il lui 2009 Commence à jouer avec propose de faire un le big band Collectif 129 album. « Je me suis 2011 lancée à fond. » Le Obtient le diplôme d’État premier morceau, Assistant d’enseignement elle l’a déjà, c’est artistique Novrep République. 2018 « Je l’avais écrit Premier album au lendemain avec Laborie Jazz des attentats du 13 novembre 2015. J’étais tellement choquée. J’ai composé cette mélodie au piano. C’est venu tout seul. » Le morceau commence nostalgique et un peu langoureux puis dérape avec une ligne d’électro dissonante. Le sax s’échappe lui aussi et devient fou, pour récupérer enfin le thème principal, triste et fatigué. Ce mode de composition devient une récurrence sur l’album et lui permet d’enchaîner les morceaux. « J’en ai vraiment besoin pour exprimer ce que je ressens. » Ainsi, Bicêtre, un morceau écrit avant une hospitalisation de son fils, « est sorti direct ». Viasil évoque avec pudeur une cousine malade. Exilio a été écrit avec l’image de sa mère arrivant seule de Porto avec sa valise un soir à la gare de Bordeaux. Paysage intime de son vécu, le Portugal est une nostalgie présente tout au long de l’album et le fado n’est jamais loin. « Mes parents étaient des travailleurs agricoles dans un petit village au sud-est de Porto. Ils ont toujours pensé que nous reviendrions y vivre. Mais bien sûr, ce n’est jamais arrivé. » Habitée par son passé et la sensibilité à fleur d’instrument, Silvia ne livre pas un jazz conventionnel. Si le premier album vient beaucoup du Portugal, le second ira jusqu’en Afrique. C’était le sens de sa dernière résidence au Rocher de Palmer à Cenon (33) en juin dernier. Elle y a rencontré Ablaye Cissoko, grand compositeur et joueur de kora sénégalais. « Sa musique est magique, très simple, très vraie, proche de ses racines », très proche de ces nouvelles sonorités que Silvia désire explorer. Et se dessine le projet de la musicienne : « Mon but, c’est avant tout de transmettre l’émotion, la sincérité. »

ALEXANDRE DUPEYRON

DATES CLÉS

 SILVIA RIBEIRO FERREIRA Avec ses saxophones baryton et ténor, Silvia a livré un premier album jazz sensible et atypique. Elle esquisse un projet musical qui mêle l’exploration intime à une musique métissée.

Passeuse d’émotion

J

ean-Michel Leygonie, le directeur de Laborie Jazz *, le label qui la produit, avait prévenu : « Elle est comme la plupart de nos artistes : très concentrée sur son art et très réservée dans la vie. Elle fait passer ses sentiments avant tout dans sa musique. » Souriante, silhouette discrète, Silvia Ribeiro Ferreira reçoit sans façon dans le bureau des profs de l’harmonie musicale de Limoges. Son premier album est tout récent, mais il ne lui a certainement pas tourné la tête. Silvia explique ses choix, ses morceaux, sa façon de faire du jazz et de composer sans en faire toute une affaire et avec le ton de ceux qui n’ont pas tant l’habitude que ça de s’exposer. Mais derrière la voix douce hésitante et les phrases qui restent parfois en suspens, une personnalité bien campée se laisse deviner. « J’ai bien les pieds sur terre », n’hésite-t-elle pas à dire d’elle-même. « Je me suis cherchée » Elle déroule son parcours sans fard : « Fac de lettres, sciences de l’éducation, un IUT… Je me suis cherchée », confesse-t-elle. « À côté, je donnais des cours de musique dans des écoles de musique de la

J’ADORE CETTE MASSE SONORE QUI M’ENVELOPPE. C’EST UN INSTRUMENT PROFOND PLEIN DE POSSIBILITÉS. »

région et j’ai joué dans pas mal de formations. » Le déclic jazz lui vient avec le Collectif 129, un big band qu’elle fréquente depuis quelques années. « Ça m’a donné envie d’aller plus loin dans l’impro. » La musique ? Elle y est venue « toute petite », répond-elle. « Mon père a appris l’accordéon tout seul. Puis mon grand frère s’y est mis. Il y a toujours eu de la musique à la maison. » À 11 ans, après l’école de musique, elle entre au conservatoire. « C’est le saxophone qui m’a choisie. » Des trois instruments qu’elle demande, c’est le seul dont la classe n’est pas complète. « Je ne regrette pas ! », plaisante-t-elle. Aujourd’hui, elle parle de ses instruments comme de belles rencontres. Pour l’album, elle a retenu le sax ténor et l’atypique saxophone baryton, un instrument massif qui dépasse les 5 kilos. « J’adore cette masse sonore qui m’enveloppe. C’est un instrument profond plein de possibilités. » En soliste, le registre des interprètes reste confidentiel, encore plus chez les femmes. « C’est vrai qu’il y a une difficulté à aller chercher des notes graves. C’est très physique, encore plus avec mon sax, qui est ancien. » Son Selmer Mark VI est une icône chez les pros. « Je l’ai choisi pour sa patte sonore. »

* Laborie Jazz bénéficie du dispositif d’aide régional aux producteurs et éditeurs phonographiques de Nouvelle-Aquitaine.

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Journal Nouvelle-Aquitaine été 2019  

Retrouvez au sommaire de votre journal d'information régional un dossier consacré à la culture et toujours vos pages proximité, politique ré...

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