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EDHEC

NUMERO

16 • PRINTEMPS 2007

INNOVATION MANAGEMENT For talented people

÷ ON EN PARLE

L’Europe est notre avenir commun ENSEIGNER & FORMER

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3ÈME ANNÉE

L’heure des choix multiples COURSE CROISIÈRE EDHEC

Toutes voiles dehors

CHERCHER

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PRÉSIDENTIELLES

L’EDHEC s’invite dans la campagne AU KIOSQUE

Débat électoral

INNOVER

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ÉTATS GÉNÉRAUX DE L’EUROPE

L’EDHEC marque clairement sa vocation européenne THE LEADERSHIP GALLERY

Inauguration sur le campus de Nice

FONDATION EDHEC

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TOUS ENSEMBLE

Favoriser la diversité sociale et culturelle des étudiants de l’EDHEC

RÉUSSIR

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WISSAM FARAH

Un Edhec régulièrement débauché par les grandes banques d’affaires

EXPERTISE

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CÉDRIC MANARA

Arrêt de mort judiciaire ?

a déclaration de Berlin, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la signature des Traités de Rome, rappelle ce qui est pour nous une évidence : c’est parce que nous sommes Européens que nous pouvons être forts, présents et visibles à l’International.

L

Forte de cette conviction, l’EDHEC veille à ce que ses étudiants, futurs dirigeants européens, découvrent l’Europe et la vivent au quotidien bien avant leur entrée dans le monde professionnel. C’est ainsi que nous sommes la première école française par le nombre d’étudiants Erasmus. Il est bon de s’en souvenir alors que le programme Erasmus, organisant la mobilité des étudiants

vers des écoles et des universités européennes, fête ses 20 ans. Vivre l’Europe au quotidien est ainsi une réalité pour un nombre croissant d’étudiants. L’Europe par l’éducation fonctionne. A travers elle, rapprocher l’Europe du citoyen, en expliquer les enjeux et les atouts, est une ambition accessible. 20 ans du programme Erasmus, 50 ans des Traités de Rome : l’EDHEC a contribué à ces festivités et aux débats. Les Etats Généraux de l’Europe, organisés le 17 mars à Lille, célébraient les Cinquante ans des Traités de Rome autour des questions de solidarités et de fiertés européennes. L’EDHEC était partenaire de cet événement qui a accueilli 1 500 personnes, dont beaucoup d’étudiants, autour de Jacques Delors, Tommaso Padoa-Schioppa, Mario Monti, Elisabeth Guigou... Quelques jours plus tard, nous recevions les ambassadeurs de la Bulgarie et de la Roumanie, les deux pays entrés dans l’Union Européenne en 2007. Alors que l’enthousiasme européen est parfois en berne, l’Europe de l’éducation est en marche. Grâce à elle, chaque jour, nous contribuons à créer “une solidarité de fait” que Robert Schuman appelait déjà de ses vœux en 1950. Olivier Oger Directeur général de l’EDHEC

÷ EXPERTISE

Cédric MANARA PROFESSEUR DE DROIT À L’EDHEC Comment sauver d’une mort judiciairement programmée le business français du support numérique ? Cédric Manara, spécialiste international du droit du commerce électronique, du droit de la propriété intellectuelle à l’heure du numérique, et du droit du marketing, explique pourquoi il faut faire vite.


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L’heure des

choix

La troisième année de la Grande École est l’heure des choix. À l’EDHEC, ils sont multiples pour permettre une infinité de parcours professionnels. Certains itinéraires, exclusivement EDHEC, ouvrent la voie vers des carrières atypiques répondant à des besoins émergents. D’autres débouchent sur des doubles diplômes internationaux appréciés des entreprises.

étudiant à l’EDHEC dispose d’une des plus riches palettes de choix parmi les Grandes Écoles européennes. L’ international le fait-il rêver ? Il peut, dès la première année, suivre l’unique Filière Intercontinentale. L’ apprentissage le tente ? Il peut, à partir de la seconde année, opter pour la Filière Apprentissage Européen qui le confrontera d’emblée à la vie en entreprise.

développement d’un nouveau business, particulièrement d’une nouvelle entreprise, afin d’en maîtriser les risques.

L’

Au sein de la Filière Générale, qui garde plus longtemps ouvert l’éventail des options, il est invité, en troisième année, à affiner son profil en choisissant des spécialisations. Deux dispositifs lui permettent d’acquérir une expertise réelle dans le domaine de son choix : les Majeures et les Masters of Science (M.Sc.).

Six majeures Six majeures, représentant 135 heures de cours, couvrent six domaines de spécialisation. Trois d’entre elles, qui sont de grands “classiques” dans les disciplines de gestion, ont l’avantage de s’appuyer sur les expertises de trois pôles de recherche reconnus. Il s’agit de la Majeure Finance, de la Majeure Finance et contrôle de gestion et de la Majeure Marketing. Trois autres, parce qu’elles ouvrent des horizons moins traditionnels dans une Business School, méritent d’être plus détaillées. Il s’agit de la Majeure Entrepreneurship, de la Majeure Ingénierie Juridique et Fiscale et de la Majeure Management Culturel et Solidaire.

La Majeure Entrepreneurship En moins de quatre ans, la Majeure Entrepreneurship a connu un vif succès et rassemble désormais 50 étudiants. Raison de ce succès, elle s’adresse à tous ceux qui veulent développer leurs capacités entrepreneuriales. Qu’il s’agisse de créer ou de reprendre une entreprise, bien sûr, mais aussi, au sens

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Entrepreneurship et Contrats Un module pour sensibiliser les étudiants à la gestion des contrats liés aux principales situations entrepreneuriales : gestion des innovations et des brevets, franchise, conquête et appropriation de la clientèle, contrat de travail, responsabilité, etc.

Olivier Masclef, responsable de la Majeure Entrepreneurship.

anglo-saxon d’entrepreneurship, de manager toute activité à fort potentiel et à croissance rapide. Pour Olivier Masclef, responsable de la majeure, “elle se distingue à la fois par un contenu et une culture tout à fait spécifiques”.

Marketing for Entrepreneurs Un cours de 15 heures pour maîtriser des techniques marketing créatives et proactives sous une contrainte budgétaire forte, ou comment bâtir une politique commerciale dans un contexte concurrentiel agressif et avec des ressources limitées. Finance Quinze heures pour aborder l’évaluation, la mesure de la rentabilité et la prévision en s’appuyant sur le triptyque financier : investirfinancer-distribuer.

Six modules pour entreprendre La Majeure Entrepreneurship fournit l’ensemble des outils méthodologiques permettant une vision transversale de toute la problématique entrepreneuriale. The Entrepreneurial Manager Un cours de management de 30 heures, essentiel pour prendre la mesure des implications managériales que nécessite la création d’un nouveau business. Indépendamment de la taille de l’entreprise, de son caractère national ou international ou de l’ampleur du projet. Enjeux juridiques, comptables et fiscaux des décisions entrepreneuriales A travers ce module, l’étudiant découvre les enjeux juridiques, comptables et fiscaux du

Entrepreneurial Leadership Traduire le leadership en compétences pour permettre à l’entrepreneur de développer sa capacité à moduler ses comportements aux situations, de modeler son propre style de leadership et gérer le changement et la transformation de son organisation. Tel est l’objectif de ces 15 heures.

La culture de “l’entrepreneur” Au-delà des outils de management, c’est aussi d’une culture nouvelle dont s’imprègnent les étudiants de la Majeure.“Quand on fait de l’entrepreneurship, il faut, la plupart du temps, inverser tous les schémas de pensée” affirme Olivier Masclef. À cette fin, les étudiants sont confrontés aux situations auxquelles ils devront faire face

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ENSEIGNER & FORMER ÷ grâce à un nombre très important (plus de 50) de cas. “Ainsi, ils ont en tête toutes les figures imposées nécessaires” conclut Olivier Masclef.

La Majeure Ingénierie Juridique et Fiscale De plus en plus d’entreprises recherchent des personnalités présentant le double profil de gestionnaire et de juriste. “Des individualités qui ont intégré le langage et les problématiques de l’entreprise et sont à même de comprendre les enjeux juridiques de ces problématiques” précise Christophe Collard, responsable de la Majeure Ingénierie Juridique et Fiscale. Considérer le droit comme une source d’opportunités pour l’entreprise plutôt que comme

une source de contraintes est la “philosophie” de cette Majeure qui s’attache à mettre le droit au service de la performance. Pour la mettre en œuvre, elle s’appuie sur les travaux du pôle de recherche en management juridique “LegalEDHEC”, entièrement dédié à l’analyse du rôle de la performance juridique dans la compétitivité de l’entreprise. Bénéficiant des dernières retombées de la recherche EDHEC, les étudiants de la Majeure peuvent envisager des carrières prometteuses dans le marché en pleine expansion des avocats d’affaires et des juristes d’entreprise. Pour embrasser la profession d’avocat, le diplôme d’une faculté de droit est, bien entendu nécessaire. Dans cette perspective, l’EDHEC leur propose une grande variété de cursus. Christophe Collard, responsable de la Majeure Ingénierie Juridique et Fiscale.

Un Business Family qui a traversé les années :

Pianos Hanlet a 141 ans !

C

réé en 1866, Pianos Hanlet a longtemps été l’un des principaux facteurs de pianos en Belgique. Comme les entreprises de beaucoup d’autres secteurs d’activité, elle a dû affronter une féroce concurrence internationale, prémisses de l’actuelle mondialisation. D’abord avec son père, puis seul aux commandes, Franck Hanlet, Edhec 1994, a repris l’entreprise familiale après un passage dans la banque et a réussi à lui faire passer le cap difficile de l’internationalisation en devenant un important distributeur de marques prestigieuses comme Steinway & Sons ou Yamaha. D’autre part, Pianos Hanlet a élargi ses activités en assurant l’entretien et la réparation des plus prestigieux instruments, que ce soit ceux de grandes

Soit entrer à l’EDHEC en admission sur titre, diplôme de droit en poche. Soit chercher un troisième cycle à la sortie de l’école. Soit profiter de l’accord que l’EDHEC a noué avec la Faculté libre de Droit de Lille (FLD) qui permet aux étudiants de la majeure de suivre, en parallèle, les cours de Master II de Juriste d’entreprise et d’obtenir un double diplôme. Soit, enfin, pour les élèves déjà possesseurs au minimum d’un diplôme de deuxième ou de troisième année de licence de droit, bénéficier du nouvel accord avec la Faculté de Droit Jean Monnet (Paris XI) permettant d’en suivre les cours et d’obtenir le diplôme Master II de Juriste d’affaires. “Aujourd’hui, le marché pour ce type de diplômés est très demandeur” affirme Christophe Collard. “Il est même particulièrement tendu au Luxembourg où foisonnent les cabinets de conseil fiscal qui n’hésitent pas à recruter des diplômés sortant directement de la Majeure. C’est pour répondre à ces diverses demandes que nous avons construit, en cinq modules, le programme de la Majeure” :

salles de concert ou de particuliers avertis. La location d’instruments constitue également une part non négligeable de l’activité de la société. Avec un chiffre d’affaires de 13 millions d’euros, en hausse régulière dans un secteur en décroissance, Franck Hanlet met en application chaque jour les qualités d’entrepreneurship développées à l’EDHEC avec succès !

L’ ingénierie contractuelle qui aborde la rédaction du contrat en termes pratiques, de la négociation initiale à la conclusion du contrat, dans une approche de gestion des risques. L’ingénierie structurelle qui fournit les éléments permettant d’élaborer les structures juridiques d’organisation et de gouvernance de l’entreprise. L’ingénierie fiscale qui permet d’évaluer les incidences fiscales de toute décision prise dans l’entreprise, de sa création à sa dissolution. Economic Analysis of law est un séminaire en anglais qui donne aux étudiants l’approche anglo-saxonne de la règle juridique en les initiant

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à l’analyse économique du droit et des contrats.

de troisième année désirant acquérir une spécialisation forte accompagnée d’un double diplôme, ils sont, aussi, largement ouverts aux étudiants étrangers.

Recherche et pratique juridique fait fortement appel au travail personnel de l’étudiant. D’abord en le faisant s’investir dans la recherche juridique, particulièrement autour des thèmes de la performance et du management juridique, ensuite en lui donnant une connaissance pratique du droit grâce à l’organisation d’exercices professionnels basés sur le concept “Un cabinet – Un cas”. Une pratique qui est encore amplifiée par le stage de fin d’études, d’une durée de six à neuf mois, dans les plus importants cabinets d’avocats d’affaires.

Particularité EDHEC, les M.Sc. sont fortement adossés aux pôles de recherche de l’EDHEC dont l’action est, très clairement, “orientée entreprises”. Un lien qui présente un double avantage.

La Majeure Management Culturel et Solidaire

1. Les étudiants bénéficient de l’expertise de professeurs, actifs dans des domaines de recherche en lien avec le marché. 2. Les entreprises en sont largement bénéficiaires puisqu’elles peuvent compter sur un vivier de diplômés spécialisés et internationaux.

Institutions culturelles, ONG, entreprises d’économie solidaire... L’ évolution du monde a créé de nouveaux besoins auxquels ces structures tentent de répondre. Du besoin de culture à l’assistance aux plus démunis, de la gestion d’un musée au soutien à la recherche médicale et à la promotion du développement durable, le champ de l’économie solidaire ne cesse de s’étendre. Mais l’engagement n’exclut pas la compétence. Et ces structures foisonnantes et nouvelles ne peuvent fonctionner que par le seul bénévolat. “Fondations d’entreprise, directions du développement durable, directions d’affaires sociales, directions de la diversité, organismes promouvant la culture, ONG, sont à la recherche des acteurs de leur développement” souligne Isabelle Sequeira, responsable de la Majeure. À l’origine de la majeure, un constat : les sujets de développement durable et solidaire sont devenus des préoccupations transversales communes à toutes les entreprises et donc à leurs futurs managers. Constat renforcé par l’expérience de la Majeure qui montre que ce sont les mêmes “profils” qui choisissent le management culturel et le management solidaire et que les passerelles sont nombreuses d’un type de structure à l’autre. Former, pour ce “marché” en pleine expansion, les dirigeants et les animateurs les plus motivés et les plus affutés est l’ambition de la Majeure Management Culturel et Solidaire. Le programme de la Majeure, résolument transversal, est dispensé par des professeurs de l’EDHEC, des professeurs d’universités (internationales notamment), des diplômés de l’EDHEC et par des collaborateurs et des dirigeants d’entreprises culturelles et solidaires. D’autre part, des personnalités de renommée internationale concourent au rayonnement de

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Il s’agit, en effet, des programmes les plus internationaux de l’EDHEC, entièrement dispensés en langue anglaise, et accueillant une soixantaine de nationalités. Une occasion unique, donc, d’acquérir une formation d’expert dans l’environnement totalement multiculturel du campus niçois !

Isabelle Sequeira, responsable de la Majeure Management Culturel et Solidaire.

la Majeure : Guy Hascoët, ancien secrétaire d’État à l’économie solidaire, Jean-Pierre Dubois, Président de la Ligue des Droits de l’Homme, Jacques Attali, fondateur de PlaNET Finance, Jean-Christophe Ruffin, ex Président d’ACF, Maria Novak, Présidente d’ADIE, Erik Orsenna... Composé de neuf cours, l’enseignement de la Majeure répond à deux objectifs : Un socle commun aux deux activités. C’est le cas de Philosophie politique-Sciences Politiques, de Visions du monde et représentation de l’espace, d’Économies culturelle, sociale et solidaire, d’Environnements juridiques et fiscaux, d’Entreprises culturelles et ONG, de Lobbying, Fundraising et Prospective. Des enseignements plus ciblés concernant davantage telle ou telle activité : PhilosophiePsychologie de l’esthétique, Développement durable et humain, Finance et développement. “En fait, tout le sens de la Majeure est de fournir, à la fois, une vision globale des enjeux et une culture, en même temps qu’un ensemble de techniques dignes de la réputation de l’EDHEC”, conclut Isabelle Sequeira.

Cinq Masters of Science Les Masters of Science (M.Sc.) sont une spécificité de l’EDHEC. S’ils constituent un choix pour les étudiants

Cinq M.Sc. sont, à ce jour, proposés aux étudiants : M.Sc. in European Business Pour manager une carrière internationale dans une perspective européenne. M.Sc. in Finance Pour démarrer une carrière dans la gestion financière de l’entreprise, la gestion de portefeuille ou dans la banque. M.Sc. in Risk and Asset Management Pour acquérir une expertise forte en gestion d’actifs, traditionnel ou alternatif. M.Sc. in Marketing Management Pour maîtriser les nouvelles approches marketing dans des marchés multiculturels en mutation rapide. M.Sc. in Strategic Management Pour accompagner les évolutions stratégiques en ayant une vision transversale de l’entreprise. Le nouveau Master of Science in Risk and Asset Management (RAM) est un véritable succès avec une très forte sélection effectuée à l’entrée. En lien permanent avec le pôle de recherche en risque et gestion d’actifs, il remplit parfaitement les impératifs pédagogiques : • innover : grâce à des programmes très différenciés et un contenu reposant sur les activités de recherche de l’EDHEC et l’expertise de ses professeurs ; • faire le lien entre théorie et pratique : grâce à des cours, sans cesse renouvelés, en adéquation avec les besoins des entreprises et l’accomplissement, comme pour tout M.Sc., d’un stage final en entreprise. 䡲

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u 14 au 21 avril, le Port du Moulin Blanc, à Brest, a accueilli la formidable armada estudiantine de la Course Croisière EDHEC (CCE) dont le parrain, cette année, est Olivier de Kersauzon. La Course Croisière EDHEC, c’est d’abord, une organisation sans faille, fruit de l’année de travail de la cinquantaine d’étudiants faisant partie de l’association. Que l’on en juge ! En moins de douze mois, les Edhec ont : Découvert le port offrant l’ensemble des infra structures nécessaires : un plan d’eau permettant de régater quelles que soient les conditions météo. Un environnement nautique permettant de trouver, à la location, les 200 bateaux nécessaires. L’espace pour édifier un village accueillant 6 000 personnes. Une région, enfin, offrant la possibilité d’organiser les épreuves Trophée Terre. Défini en collaboration avec la Fédération Française de Voile, les types de bateaux qui pourront concourir ainsi que les étapes et les parcours. Innovation 2007, sur les six jours de régates officielles, le jeudi a été consacré à une course avec étape au Port de Camaret. “Les bateaux quittent Brest le matin pour Camaret, où a lieu un déjeuner, et repartent, le soir, pour le port du Moulin Blanc” explique François Galaine, président de l’association. Négocié le financement de la course auprès des sponsors. En effet, si le montant des inscriptions et les recettes provenant des soirées couvrent quelque 90 % du budget, c’est le sponsoring qui permet de le boucler. “Nous avons quatre très grands partenaires officiels” précise François Galaine, “HSBC, Ernst & Young, Xerox et la Région Nord-Pas-deCalais”. À leurs côtés, les partenaires fournisseurs nous procurent matériel informatique, boissons,

DEPUIS 1969, la Course Croisière EDHEC est le plus important rassemblement sportif d’étudiants en Europe. Cette année, c’est la rade de Brest qui accueille près de 200 bateaux et quelque 6 000 étudiants. Pour la cinquantaine d’étudiants de l’EDHEC qui l’organise, c’est un fantastique challenge mettant à l’épreuve les qualités de gestionnaires, de logisticiens et de communicants de ces futurs managers. ravitaillement, et des partenaires assurant différentes prestations. Notre challenge est double : d’une part, continuer de fidéliser nos partenaires historiques, d’autre part, mobiliser de nouveaux soutiens, comme nous l’avons fait, cette année, avec Alcan ou Central Groupe”. Organisé, pendant dix mois, toute la communication autour de l’événement afin de mobiliser un maximum d’équipages, particulièrement des équipages internationaux (près d’une trentaine de nationalités représentée). Dès l’été précédant la compétition, sont réalisés les matériaux (affiches, plaquettes, etc.) nécessaires à la communication des étudiants qui vont constituer des équipages. Ils en disposent dès l’automne afin de pouvoir démarcher leurs futurs sponsors.

Trois trophées Au fil des ans, la Course Croisière EDHEC s’est considérablement enrichie en termes d’activités. Trois grandes séries de manifestations parallèles scandent cette semaine. En mer. Ce sont cinq jours de régates dans la rade de Brest sur des monocoques habitables de huit à seize mètres. Les régates comprennent parcours côtiers et “bananes” jusqu’aux deux finales qui opposent, en deux régates, les équipages 100 % étudiants d’une part, et les équipages “mix-

tes” skippés par des professionnels d’autre part. À terre. Six étapes terrestres autour de Brest (Le Conquet, Landevennec, le Ménez-Hom, Crozon, Camaret, Aber Benoit, Pen Hoat) font découvrir aux participants les merveilles de la Bretagne au cours d’épreuves de VTT, de tir à l’arc, de canoëkayak, et de courses d’orientation. Dans les stands. La Course Croisière EDHEC est aussi une grande fête. Ce sont, d’abord, les différentes animations proposées, dans des dizaines de stands, par les associations de voile participant aux régates. Et un trophée couronne, à la clôture, l’équipe qui aura fait preuve de plus d’imagination. Ce sont, aussi, les grandes soirées EDHEC qui réunissent chaque soir, sous un large chapiteau et dans une ambiance festive, plus de 4 000 étudiants. Au programme, cette année : les jeux du cirque dans une soirée “Akrobat”, les élections de Miss et Mr CCE, une soirée “Pirates”, une soirée folklore breton, une soirée “La boom” (nostalgie, nostalgie), une soirée disco et, enfin la soirée de clôture. Réunir pendant une semaine, 6 000 étudiants européens, 200 bateaux, plus de 400 sponsors. Voilà le grand défi relevé, chaque année par l’association de la CCE et les étudiants EDHEC qui l’animent ! Chapeau ! 䡲

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÷ CHERCHER 614 000 nouveaux emplois. Telle serait la conséquence la plus visible de deux mesures-phare que l’EDHEC propose au futur gouvernement de la France. Cette importante contribution du pôle de recherche Économie de l’EDHEC au débat politique a été largement reprise par les médias et a suscité un vif intérêt dans les états-majors de campagne.

L’EDHEC s’invite dans la campagne

U

ne Grande École doit-elle prendre parti dans une campagne électorale ? La réponse est clairement non. L’EDHEC n’est pas engagée politiquement et proposer un choix de société n’est pas de son ressort. Mais le sens de la recherche EDHEC est d’être utile aux entreprises et à la société. Et quand être plus utile qu’au moment où le pays effectue des choix fondamentaux ? L’EDHEC s’est donc invitée dans la campagne présidentielle en proposant à tous les candidats deux initiatives capables de contribuer utilement au lancinant problème du chômage sans accroître l’endettement du pays. La première, qui revient à remplacer les contrats de travail existants (CDI et CDD) par un contrat de travail unique permettrait, selon nous, de créer 500 000 emplois sans grever les finances publiques. La seconde, en transférant sur la TVA une partie des charges salariales, augmenterait le pouvoir d’achat des actifs et relancerait notre économie en créant 114 000 emplois.

Conséquences d’une telle réforme ? Un minimum de 500 000 emplois créés dans la tranche d’âge 20-60 ans sans aucun accroissement de la dépense publique ! Et, bien sûr, la disparition des trappes à précarité dans lesquelles tombent aujourd’hui tant de jeunes et de séniors.

Une TVA pour l’emploi L’explosion des dépenses sociales, engendrée par l’allongement de la durée de la vie, pose un problème de financement auquel le pays n’a su répondre, à ce jour, que par un recours massif à l’endettement. L’EDHEC pense qu’un transfert d’une part de ce financement vers le budget de l’État pourrait, à la fois, améliorer le taux d’emploi, accroître le pouvoir d’achat des actifs et rendre plus compétitifs, sur le marché mondial, les produits “made in France”.

Un contrat de travail unique La multiplicité des contrats de travail (CDD, CDI, emplois aidés) a deux graves conséquences : d’une part, l’existence d’une trappe de précarité, socialement injuste, dans laquelle tombe les salariés ne bénéficiant pas d’un CDI, d’autre part, l’existence “d’effets de seuil” entraînant une destruction excessive d’emplois pour certaines tranches d’âge. C’est pour cela que l’idée d’un contrat de travail unique remplaçant CDD et CDI a fait son chemin. Tout particulièrement dans le rapport de Cahuc et Kramarz, paru en 2005, dont les propositions ont été reprises par certains candidats. Toutefois, après avoir modélisé les conséquences d’un tel contrat, Arnaud Chéron, Directeur de recherche à l’EDHEC, propose une formule plus pertinente dans une étude intitulée “Le contrat unique : un outil de sécurisation des parcours professionnels ?” Dans cette étude, Arnaud Chéron prouve que, pour éviter les fameux effets de seuil, particulièrement au détriment des actifs les plus âgés,

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Le projet proposé est donc le suivant : • Généralisation du CDI comme contrat unique de travail. • Instauration d’une Contribution de solidarité, équivalente à quatre mois de salaire, que l’entreprise verse directement aux organismes sociaux et non au travailleur licencié. Cette mesure a pour effet de responsabiliser l’entreprise dès la fin de la période d’essai sur les conséquences sociales du licenciement économique. • En contrepartie de cette nouvelle taxe, “sécurisation” juridique des procédures de licenciement économique en mettant fin au contentieux judiciaire sur sa motivation. • Externalisation du reclassement des travailleurs licenciés à des professionnels dans le cadre du service public et unifié de l’emploi.

une disposition essentielle des projets déjà existants doit être sérieusement amendée. Il s’agit du “droit progressif” attaché à ce contrat qui fait que l’indemnité de licenciement du salarié, quasiment nulle au départ, croît progressivement avec son ancienneté. En effet, cette ancienneté étant rattachée non pas au travailleur mais au poste de travail, il suffit qu’un salarié quitte un emploi ou soit licencié et ses droits sont remis à zéro quel que soit son âge. Après une étude économétrique modélisant le marché du travail français, Arnaud Chéron propose de donner une fluidité totale au marché du travail en découplant totalement le coût d’un licenciement de l’ancienneté du salarié. Pour l’EDHEC, une protection de l’emploi significative doit s’appliquer dès la fin de la période d’essai et, de façon homogène, quels que soient l’âge et l’ancienneté du salarié.

Depuis plusieurs années, l’idée d’un accroissement de la CSG ou de la création d’une “TVA sociale”, qui ferait respectivement supporter aux revenus ou à la consommation plutôt qu’au seul outil de production le poids de la protection sociale, est dans l’air du temps. Les modèles macroéconomiques s’accordent pour reconnaître les vertus d’une baisse des cotisations sociales employeurs : augmentation de l’emploi et désinflation compétitive. Mais les financements de substitution, TVA ou CSG, ont des effets qui viennent annuler en partie les gains de la mesure. Si l’augmentation de la TVA a l’avantage de peser aussi sur les importations, s’apparentant ainsi à une dévaluation, elle risque d’enclencher une spirale prix-salaires. Au contraire, une augmentation de la CSG ampute directement le revenu de tous les ménages, lesquels n’auront guère la capacité d’obtenir une compensation immédiate. Le risque est plutôt celui d’une contraction de la demande de consommation, de la production et de l’emploi.

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CHERCHER ÷ Plus que toutes les raisons avancées plus haut, la structure actuelle des cotisations patronales interdit en réalité tout mouvement significatif. La réforme dite Fillon a exonéré de cotisations de Sécurité sociale les salaires compris entre 1 SMIC et 1,6 SMIC, selon un barème qui institue une progressivité des cotisations employeurs. Pour répondre à ces difficultés, Noël Amenc, Pierre Courtioux, Gérard Maarek et AnneFrance Malvache proposent plutôt la création d’une TVA Emploi qui remplacerait une partie de la part “salarié” des cotisations sociales. La mesure proposée par les chercheurs de l’EDHEC revient à abaisser de de 3,8 % le taux des cotisations salariales, soit un accroissement de quelque vingt-cinq milliards d’euros du

pouvoir d’achat des salariés qui verraient leur salaire “net” augmenter d’autant. Ces vingt-cinq milliards seraient transférés sur la TVA qui verrait ainsi son taux “normal” passer de 19,6 à 23,6 % au moment de la réforme et qui pourrait être de nouveau abaissé à 22,9% une fois “engrangées” les conséquences de ce transfert sur l’activité économique et donc sur les rentrées fiscales. Car l’impact de la mesure proposée par l’EDHEC sera considérable. La hausse moyenne du salaire moyen sera de 3,8 % du salaire brut et compensera plus que largement la hausse de la TVA. En effet, le montant moyen d’accroissement des ressources par ménage sera de 983 euros par an alors que le montant supplémentaire de TVA payé

÷ REVUE DE PRESSE

sition de faire progresser le coût du licenciement pour les entreprises en fonction de l’ancienneté du contrat de travail .

Au kiosque DÉBAT ÉLECTORAL SUPPRIMER LE CDD… L’EDHEC s’invite dans le débat pour gagner en visibilité

parcours professionnels ? C’est la thèse défendue par Arnaud Chéron, directeur de recherche à l’Edhec, dans une étude publiée début 2007. Pour remédier à la segmentation du marché du travail entre les salariés ayant accès à un contrat à durée indéterminée (CDI) et les autres, alternant contrats à durée déterminée (CDD) et chômage, l’économiste propose d’instaurer un contrat unique sous la forme d’une généralisation du CDI.

29 mars 2007

...Arnaud Chéron, professeur à l’université du Mans et directeur de recherche à l’Edhec, propose de supprimer le CDD (sauf pour les contrats saisonniers) et d’imposer une taxe forfaitaire de 4 mois de salaire, en sus de l’indemnité légale, à l’entreprise qui licencie... Arnaud Chéron anticipe un gain net d’environ 500 000 emplois.

CONTRAT DE TRAVAIL Généraliser le contrat à durée indéterminée ?

17 avril 2007

Le contrat de travail unique peut-il être un outil de sécurisation des

ne sera que de 594 euros, soit un différentiel de 389 euros. En redonnant du pouvoir d’achat aux salariés sans pénaliser les entreprises, la TVA emploi agit comme une “sur-prime” à l’emploi et générera un accroissement de 0,4% du taux de croissance annuel. Ces deux stimulants permettraient de créer à très court terme 114 000 emplois, accroissant ainsi les recettes de la sécurité sociale et de l’UNEDIC. Des emplois créés, une croissance et un pouvoir d’achat des salariés accrus tout en préservant la compétitivité des entreprises et l’équilibre des finances publiques. Telle est la proposition du pôle Économie de l’EDHEC. Une belle contribution au débat démocratique ! 䡲

EMPLOI Débats nourris autour du contrat de travail unique

2 février 2007 Le pôle de recherche en économie de l’Edhec recommande de ne pas augmenter le coût des licenciements avec l’ancienneté du contrat…

C’est au tour du pôle de recherche en économie de l’Edhec d' esquisser ce que pourrait être un “outil de sécurisation des parcours professionnels”. Dans une étude prochainement publiée, le directeur de recherche de l’école de commerce, Arnaud Chéron, apporte quelques modifications au modèle couramment évoqué. Et remet en question la propo-

ARNAUD CHÉRON Une protection homogène et significative pour tous.

18 avril 2007

En France, le marché du travail est trop segmenté avec, d’un côté, des personnes qui alternent CDD, stages et chômage et, de l’autre, des salariés en CDI relativement bien protégés. Cela renvoie à la question du coût d’un licenciement supporté par l’entreprise qui tend vers zéro pour un CDD mais qui atteint en moyenne un an de salaire pour un CDI. C’est pourquoi seulement 30 % des salariés aujourd’hui en CDD disposent finalement d’un CDI un an plus tard. Le fait d’homogénéiser le marché du travail est donc intéressant pour éviter cette dualité et son cortège d’effets pervers comme le recours presque systématique aux CDD. Mais il faut également éviter une flexibilité outrancière… …Nos travaux plaident pour un contrat unique, dont le coût de licenciement serait à la fois significatif et homogène quels que soient l’âge et l’ancienneté de l’employé, en limitant le recours aux CDD aux situations exceptionnelles. Pour sécuriser le parcours professionnel des salariés, il faut en appeler au sens des responsabilités sociales des entreprises et proposer un donnant-donnant : en contrepartie de procédures de licenciement simplifiées... les entreprises devraient s’engager à verser une taxe...de l’ordre de quatre mois de salaires aux organismes d’assurance chômage.

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÷ INNOVER L’EDHEC est internationale parce qu’elle est européenne. C’est ce qu’a déclaré Olivier Oger aux États généraux de l’Europe qui ont eu lieu à Lille le 17 mars dernier. Une bonne raison pour une Business school européenne comme l’EDHEC de participer à ce forum et d’y animer des ateliers.

Les États généraux de l’Europe n berne l’Europe ? Dans la tête des frileux peut-être. Sûrement pas dans celle des étudiants de l’EDHEC qui bénéficie de l’Europe au quotidien en participant au formidable courant d’échanges suscité par les accords ERASMUS. À l’occasion des vingt ans de ces accords et du cinquantenaire de la signature des Traités de Rome, l’EDHEC a donc décidé de marquer clairement sa vocation européenne en participant activement aux États généraux de l’Europe qui se sont déroulés, le 17 mars 2007, au Grand Palais de Lille. Organisés par le collectif Europa nova, Notre Europe, “think-tank” fondé par Jacques Delors et le Mouvement Européen, l’objectif de ces États généraux était de relancer le processus européen en panne depuis les référendums français et néerlandais, en donnant aux citoyens l’occasion de réagir grâce à des intervenants de premier plan. Ce sont donc 1 500 personnes qui ont assisté aux séances plénières et aux ateliers. Au cours des plénières, auxquelles participaient Jacques Delors, Elisabeth Guigou, Tommaso Padoa-Schioppa, ministre des finances italien et actuel président de Notre Europe, Jacques Barreau et Mario Monti, commissaire et ancien commissaire qui ont vécu l’Union au quotidien, les orateurs ont dialogué avec la salle et ont su répondre à toutes les questions en étant accessibles au grand public et en proposant des pistes de développement. Le directeur général de l’EDHEC, Olivier Oger, a présidé l’un des seize ateliers sur le thème : “La solidarité par l’euro, une réalité”. Au cours de son introduction, il a démontré que si l’EDHEC est très internationale, c’est d’abord parce qu’elle est très présente en Europe et que ses étudiants vivent l’Europe au quotidien et en profitent pleinement grâce à la liberté de circulation. Nicolas Veron, en charge du développement pour Bruegel, a lancé le débat en posant les questions essentielles : Le pacte de stabilité et de croissance n’est-il pas un pacte de solidarité entre les générations ? A l’avenir, peut-on imaginer une gestion de la monnaie, des marchés,

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qui soit vecteur de solidarités nouvelles ? Nous dirigeons-nous vers une gouvernance économique européenne ? Sophie Javary, associée-gérante de Abn AmroRothschild et Mario Monti, ancien commissaire européen à la concurrence, ont montré le poids de l’Euro sur les marchés financiers et mis en perspective les conditions qui feront de l’euro une vraie monnaie capable de concurrencer le dollar et le yen. Cette superbe manifestation a été le temps fort d’une quinzaine que l’EDHEC a entièrement consacrée à l’Europe.

Celle-ci avait été inaugurée, le 12 mars par le vernissage, à l’EDHEC, d’une exposition “Photos du monde” faites par des étudiants et des collaborateurs EDHEC où l’Union Européenne tenait une place de choix. Elle s’est achevée, le 28 mars, par une conférence organisée à l’EDHEC en partenariat avec le Mouvement Européen, lors de laquelle ont été accueillis les ambassadeurs des deux nouveaux pays entrants que sont la Bulgarie et la Roumanie. L’Europe à l’EDHEC, c’est une réalité au quotidien ! 䡲

Remise des diplômes 2006… L’Unesco a été témoin, le 24 mars dernier, de la remise des diplômes de l’EDHEC Grande École et des Masters of Science (M.Sc.). C’est en présence de Bernard Fournier, Président du groupe EDHEC, de Thierry Marraud, Président de la Fondation EDHEC, de Thierry Drecq, Président de l’Association des diplômés et d’Olivier Oger, Directeur général du groupe EDHEC, que les 517 diplômés 2006 de la Grande École et les 108 diplômés d’un Master of Science ont reçu

la récompense de leurs efforts. Entourés de leurs parents et de leurs amis, ils ont été plus de 1 500 à fêter cet événement dans une ambiance particulièrement festive.

Procter & Gamble France, parrain de la promotion 2006, était représenté par Vincent Chéney (Edhec 1980), président de P&G Pharmaceuticals France-Belgique-Allemagne.

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INNOVER ÷ “THE LEADERSHIP GALLERY” fait son entrée sur le campus niçois. Présente depuis deux ans sur le campus lillois, cette initiative de la Chaire Leadership et Compétences Managériales s’inscrit dans un programme de recherche sur l’apprentissage du leadership.

Le leadership par l’exemple Bernard Fleury, président de la Banque Populaire de la Côte d’Azur.

e leaderhip par l’exemple. Tel est le sens de l’opération Leadership Gallery lancée en 2005 sur le campus lillois de l’EDHEC. À l’initiative de la Chaire Leadership et Compétences Managériales, cette opération consistait à faire interviewer des grands leaders par des étudiants de l’EDHEC afin d’identifier les pratiques et les situations clefs pour le développement du leadership. Ces entretiens approfondis ont permis la conception de portraits commentés et présentés au sein d’une Galerie du leadership, exposée sur le campus de Lille depuis le 2 juin 2005. Le 5 avril dernier, au cours d’une cérémonie présidée par Olivier Oger, la Galerie des portraits a été inaugurée sur le campus de Nice. Au 28 portraits préexistants, ont été ajoutés quatre leaders représentatifs du dynamisme économique de la région PACA, sur lesquels les étudiants du campus de Nice ont accompli le même travail d’étude que leurs homologues lillois. Jean-Paul Hamon est aux commandes d’Amadeus France, société spécialisée dans la création de logiciels de réservation auprès des compagnies aériennes, basée à Sophia Antipolis avec 1500 personnes et symbolisant bien le côté “high tech” de la région. Les logiciels d’Amadeus sont utilisés par toutes les agences de voyage du monde et participent à 90 % des réservations effectuées via Internet. La carrière de Jean-Paul Hamon est une intéressante itération entre Air France et Amadeus qu’il a créée, quittée, et où il est revenu. Jean Mane préside aux destinées de Mane, très ancienne entreprise située au Bar-sur-Loup

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Jean-Paul Hamon, président de Amadeus.

Jean Mane, président de Mane.

Frank Riboud, PDG du Groupe Danone.

Bruno Miraglia, président de Miraglia.

dans la région de Grasse, spécialisée dans l’élaboration de matières premières aromatiques et dont l’activité est très largement tournée vers l’international. Jean Mane est un acteur essentiel du pôle de compétitivité PASS (Pôle Arômes, Senteurs et Saveurs). Un manager d’une très grande culture, plein de recul et d’humour. Son idée : croître et transmettre. Bernard Fleury est président de la Banque

Populaire de la Côte d’Azur. Partenaire privilégié de l’EDHEC, il a développé une entreprise de services aux avions sur l’aéroport de Nice, avant de prendre en main la BPCA. Si l’on ajoute qu’il a acheté et exploite un vignoble dans le Var, on comprend que son expérience de manager et de leader est, réellement, passionnante. Bruno Miraglia est revenu dans l’entreprise familiale qu’il avait quittée après que les salariés de Miraglia l’aient rappelé. Il l’a rachetée pour un franc symbolique. Miraglia est une entreprise de BTP dont l’histoire ne manque pas d’intérêt. Bruno Miraglia a un questionnement intéressant sur la transmission puisqu’il envisage de mettre prochainement sa fille, Florence (Edhec 1998) aux commandes. Enfin, un grand dirigeant, et non des moindres, a également rejoint la Leadership Gallery à cette occasion : Frank Riboud, PDG du Groupe Danone. 䡲

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÷ RÉUSSIR FONDATION EDHEC FAVORISER la diversité sociale et culturelle des étudiants de l’EDHEC est une des missions essentielles de la Fondation EDHEC depuis sa création. Depuis janvier 2007, elle fédère l’ensemble des actions visant à accorder aides financières et bourses aux étudiants et diplômés. En totale symbiose avec l’EDHEC et l’Association des diplômés. Son président, Thierry Marraud, explique pourquoi.

Tous ensemble nnovation & Management : La Fondation EDHEC centralise, dorénavant, les différents programmes de prêts d’honneur et de bourses. Pourquoi ?

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Thierry Marraud : ’ Avant de répondre à cette question, il faut d’abord rappeler la Mission de la Fondation, depuis 2001, date de sa création, sous l’égide de la Fondation de France. Sa raison d’être est de promouvoir la diversité du recrutement et d’encourager la pluralité, culturelle et sociale à l’EDHEC. Elle rejoint, en cela, les préoccupations de la Direction générale de l’école qui est d’élargir l’éventail des profils des étudiants. Dans cette perspective, sa principale mission est d’accompagner l’accès à l’EDHEC de tous ceux qui pourraient en être exclus, soit qu’ils habitent dans des pays lointains à faible “pouvoir d’achat”, soit que leur famille dispose de moyens financiers limités. C’est ainsi qu’en 2006, la Fondation a attribué 35 bourses - un nombre régulièrement croissant - permettant à des candidats méritants de réaliser leur projet de mobilité internationale. Vingt-cinq d’entre elles ont été décernées à des étudiants pour suivre une formation en échange académique ou pour effectuer un stage en entreprise à l’étranger. Elles le furent en fonction de trois critères : la qualité de leur projet international, leur “mérite personnel” sanctionné par leurs notes, et, bien sûr, leurs ressources financières. Dix autres bourses ont été attribuées à des élèves de la Filière Intercontinentale en fonction des mêmes critères. Mais la Fondation n’était pas la seule à accomplir de telles actions. L’école, d’une part, conduisait depuis de nombreuses années des actions du même type ; la très dynamique Association des diplômés, d’autre part, était très attentive à l’intégration et à l’accompagnement des étudiants et des diplômés depuis la mise

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comme des “charity dinners”, ou des appels à dons effectués auprès des Edhec et des clubs professionnels.

Quels résultats attendez-vous de cette mise en commun des talents ? T.M. : ’ Beaucoup. Cette initiative permet aux trois parties prenantes de travailler, de façon encore plus efficace et solidaire, au renforcement du rayonnement de l’EDHEC et de ses diplômés tant en France que dans le monde. D’autre part, ce rassemblement des volontés va considérablement renforcer les financements qui permettront de multiplier nos aides. Nous attendons beaucoup, notamment, de l’implication du réseau très actif des diplômés EDHEC. Dans ce but, nous avons décidé de mettre en place un plan annuel de communication, défini en totale concertation, afin de favoriser le développement de l’EDHEC dans toute sa pluralité. Au final, ce sont bien les étudiants et les diplômés qui seront les grands gagnants des nouvelles synergies qui vont désormais s’épanouir. 䡲

LA FONDATION EDHEC Thierry Marraud (Edhec 66), Directeur financier du Groupe Bolloré.

en place de la “cotisation à vie”. Autant d’actions que nous avons donc décidé de fédérer.

Comment ? T.M. : ’ Dans une double volonté de simplification et d’efficacité, il a été décidé de faire de la Fondation EDHEC, une sorte de « guichet unique » par lequel transitera l’ensemble des soutiens financiers mis à la disposition des élèves par la « communauté EDHEC » : qu’il s’agisse des programmes de bourses de mobilité internationale de la Fondation, ou des prêts d’honneur et bourses de scolarité accordés par l’école. Sous quelle forme ? T.M. : ’ Celle d’un accord tripartite qui a été signé entre la Fondation, le groupe EDHEC et l’Association des diplômés. Aux termes de cet accord, toutes les actions de soutien et d’aides aux étudiants sont regroupées sous l’égide de la Fondation. De même, l’Association des Edhec abondera la Fondation avec des moyens prélevés sur la cotisation des adhérents et avec le produit des actions de solidarité qui seront conduites sous son initiative

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a Fondation EDHEC, fondation sous égide de la Fondation de France, rassemble à ce jour 6 entreprises partenaires : Auchan, CIC Banque Scalbert Dupont, BPCA, Ernst & Young, Kingfisher et Redcats. Elle bénéficie également de l’implication du réseau des diplômés Edhec dont elle reçoit un nombre croissant de soutiens financiers, à titre personnel ou de la part de leur entreprise. Ces dons constituent des ressources complémentaires importantes permettant à la Fondation EDHEC de mener à bien sa mission. Depuis sa création, la Fondation EDHEC a attribué plus de 150 bourses.

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Wanted! WISSAM FARAH, Edhec 1996, en est à son quatrième job en dix ans. Régulièrement “débauché” par les plus grandes banques d’affaires, ce pur produit de la Finance EDHEC vit, à Londres, la fantastique émergence des nouveaux marchés financiers. nnovation & Management : Paribas, Deutsche Bank, Barclays Capital, et maintenant Citigroup. Votre carrière a démarré sur les chapeaux de roue !

Depuis votre sortie de l’EDHEC, vous n’avez quasiment jamais mis les pieds en France. W.F. : ’ Bien sûr que si ! De nombreux weekends, comme tant d’Edhec à Londres. Sauf au début de ma carrière où je passais cinq jours à Londres et deux dans le Golfe. Aujourd’hui, il serait difficile de revenir travailler en France, d’abord parce que les employeurs sur les marchés sont à Londres, ensuite à cause d’un cadre fiscal pour financiers ou entrepreneurs moins encourageant et moins flexible que dans bien des pays.

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Wissam Farah : ’ C’est surtout le marché sur lequel je me suis positionné, dès la sortie de l’école, qui est véritablement explosif. On assiste aujourd’hui à un big-bang, quantitatif et qualitatif des marchés financiers. Quantitatif parce que les déséquilibres des balances des paiements génèrent de nouvelles sources de liquidités un peu partout dans le monde. Qualitatif à cause d’un cycle d’innovation accéléré des produits financiers parce que le centre de gravité de la finance internationale a basculé de New-York à Londres, après la création de l’Euro et suite au développement exponentiel des marchés émergents.

Quels sont ces marchés ? W.F. : ’ L’ Asie, bien sûr, avec la Chine et l’Inde et leurs formidables excédents commerciaux. Récemment la Russie et surtout le Moyen-Orient et l’Afrique qui, avec un pétrole à 60 $, accumulent des liquidités colossales. Songez que les réserves de nombreuses banques centrales de cette région dépassent, aujourd’hui, celles de la France. Et c’est justement sur ce marché Afrique et Moyen-Orient, que vous vous êtes positionné… W.F. : ’ Précisément. Et il s’agit d’un marché véritablement passionnant puisque la plupart des solutions et produits que je propose aujourd’hui, à base de Fixed Income (produits de taux et crédit) ne se traitaient pas quand je suis sorti de l’EDHEC. Il faut, en permanence, inventer de nouvelles formules répondant, à la fois, aux besoins des clients, que ce soient des banques ou fonds d’investissement, et aux réglementations parfois très subtiles de ces pays émergents. Comment êtes-vous devenu l’un des meilleurs experts de ces marchés ? W.F : ’ Par hasard et en moins d’une heure ! Au moment de négocier mon premier job à Paribas. Le patron qui me recrutait m’a indiqué que la banque venait d’ouvrir un bureau au Maroc et que le Délégué qui allait partir, Charles Gasparac, cherchait son “numéro 2”.

Et votre propre “cote” a continué de grimper… W.F. : ’ Il est vrai que les propositions se sont multipliées en 2006. J’ai finalement opté pour Citigroup où je suis maintenant directeur responsable de la vente institutionnelle Fixed Income pour le Moyen-Orient et l’Afrique. Mon territoire s’étend de l’Afrique du Sud au Pakistan en passant par le Maghreb, l’Egypte, et, bien sûr, tous les pays du Golfe. Et je suis, de nouveau, en recrutement ciblé pour profiter de l’euphorie actuelle des marchés.

J’ai rencontré Charles. Au bout d’une heure ensemble, il m’a dit : “Vous partez quand ?”... Et c’est ainsi que ma carrière a commencé au bureau marocain de Paribas. Je suis donc devenu le secrétaire général du conseil d’administration de la SMEEG, holding qui regroupait les participations industrielles et financières de Paribas au Maroc. Au contact des présidents de grandes entreprises qui formaient ce conseil, j’accédais à de l’information particulièrement utile. Au final, ce fut une success-story qui fut très bénéfique pour la maison mère. À la suite de quoi je fus nommé à Londres.

Où la Deutsche Bank s’empresse de vous faire un sérieux appel du pied ! W.F. : ’ Oui. Après le rachat de Morgan Grenfell, elle devenait une banque d’affaires de premier ordre qui se développait rapidement sur le Moyen-Orient et avait besoin de renforcer ses équipes. Pendant près de six ans, j’ai pu, à la fois, disposer d’une formidable autonomie – comme si je développais ma propre entreprise - et du cadre protégé de la banque avec son infrastructure et ses ressources. Et vous entendez, alors, le chant des sirènes de Barclays Capital… W.F. : ’ Un chant tout à fait séduisant. Le challenge était de recruter une équipe afin de développer le business sur ma région de prédilection, aussi bien sur les produits d’actif que de passif. En deux ans, nous avons réussi à quadrupler le chiffre d’affaires.

Vous êtes “ambassadeur EDHEC”. Pourquoi avoir fait ce choix ? W.F : ’ Parce que l’EDHEC m’a beaucoup apporté et que je suis fier de mon école. Elle est devenue l’une des premières pépinières européennes en financiers de haut vol. Je garde un souvenir fort de mes années EDHEC où j’ai participé activement à plusieurs associations, depuis la vente d’insertions publicitaires dans le Chti, à une campagne BDE, aux concours hippiques en équipe et tournois de foot, et bien sûr Transaction, l’association de Finance. C’est pour cela aussi que j’ai enseigné à l’EDHEC après ma sortie et que j’y ai pris un plaisir réel. Je crois au réseau et à mon devoir d’aider les Edhec. C’est la finance que vous avez apprise à l’EDHEC qui vous a le plus servi ? W.F. : ’ Cela m’a bien sûr été très utile. Mais mes langues (français, anglais, arabe et espagnol) ont beaucoup aidé. Votre carrière a été fulgurante. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés avides de suivre votre exemple ? W.F. : ’ Tout est relatif... Il faut savoir oser. Ne pas faire de complexes par rapport aux X ou aux HEC, nombreux en salles de marchés par exemple, ni par rapport aux cursus anglais ou américains souvent moins pragmatiques. Surmonter ce complexe de l’argent. Oser enfoncer les portes qui ont l’air fermées. Entretenir activement et précieusement son réseau... Et surtout travailler beaucoup ! Au début de ma carrière, je ne travaillais pas cinquante ou soixante heures par semaine. Je travaillais tout le temps. 䡲

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÷ EXPERTISE

Arrêt de mort judiciaire ? La Cour d’Appel de Paris vient, d’un trait de plume, de condamner les revendeurs français de supports numériques à disparaître. Une conséquence de l’organisation européenne de ce marché. Des solutions existent. Mais le temps presse.

Cédric MANARA PROFESSEUR DE DROIT À L’EDHEC

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epuis 1985, la rémunération de la copie privée est une redevance censée indemniser créateurs et producteurs pour la copie de leurs œuvres faites par les consommateurs sur différents supports : supports analogiques tels que cassettes audio ou vidéo, ou supports numériques comme les lecteurs MP3, les iPods, les CD ou DVD inscriptibles, les clés USB, les disques durs de magnétoscopes et bientôt les disques durs externes. Cette redevance a été instaurée dans un objectif louable : compenser le manque à gagner des artistes. Cette mesure n’est d’ailleurs pas propre à la France.

il est censé être acquitté par le consommateur final en cas d’importation. Un mécanisme qui amène de fait à fausser la concurrence dans la mesure où le consommateur peut, grâce au commerce en ligne, acheter le même produit, à un prix beaucoup plus bas, à une société qui n’a pas l’obligation d’inclure la rémunération de la copie privée dans son prix de vente. Conséquences évidentes : l’effondrement du chiffre d’affaires réalisé par les distributeurs français qui ne peuvent soutenir cette concurrence, et la baisse constante au détriment des créateurs de la redevance collectée : les sociétés d’auteurs viennent d’annoncer qu’elle est de 156 millions d’euros pour l’année 2006, alors que l’European Information & Commu nications Technology Industry Association l’estimait à 345 millions en 2005 !

Le couperet judiciaire Des disparités insupportables Mais de fait, le montant de cette redevance varie très fortement au sein de l’Union Européenne. Pour des raisons “d’exception culturelle”, c’est en France qu’il est le plus élevé alors qu’il peut être dérisoire ailleurs. Sur un CD, par exemple, la redevance pour copie privée est de 0,34 € en France (alors qu’un CD coûte quelque 0,70 € pour 0,10 € en Allemagne et nulle au Luxembourg). Alors que le montant de la redevance est perçu, en France, par les revendeurs qui doivent l’incorporer dans le prix de vente,

Face à ce déclin, le cybervendeur Rue du Commerce a intenté un procès en concurrence déloyale à plusieurs sociétés européennes au motif que celles-ci n’indiquent pas clairement sur leur site que le consommateur est dans l’obligation, sous peine de poursuites pénales, d’acquitter, lui-même, la rémunération de copie privée et qu’elles devraient donc faire apparaître clairement le prix d’acquisition total dans leurs différents documents. En 2005, le Tribunal de Commerce de Bobigny lui avait donné raison. De façon surprenante, la Cour d’Appel de

Directeur de la publication et rédacteur en chef Olivier OGER Conception et réalisation Relations & Stratégie Photos EDHEC ©Sam Bellet Contact marianne.boulanger@edhec.edu

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Paris, dans un arrêt du 22 mars 2007 a infirmé le jugement au motif que le consommateur est censé connaître la loi et que ce n’est pas aux cybervendeurs domiciliés hors de l’Hexagone de la leur rappeler.

Deux pistes pour sauver le marché Pour éviter la disparition à court terme du marché français du support vierge et celle de la rémunération des auteurs, deux possibilités s’offrent au législateur. La première serait d’édifier un système harmonisé à l’échelle européenne de répartition de la rémunération de la copie privée. Cela impliquerait que la Commission ose se saisir d’un dossier délicat. Particulièrement en France où les sociétés d’auteurs proposent plutôt d’augmenter la redevance. Elles craignent qu’un taux européen unique soit plus faible que le taux français actuel. La deuxième possibilité serait de repenser totalement le mécanisme en s’adaptant à l’évolution du marché. Plutôt que de taxer le support, pourquoi ne pas choisir le canal qui alimente, désormais, le consommateur en musiques et en vidéos, c’est-àdire à Internet ? En prélevant l’équivalent d’une rémunération de la copie privée sur les abonnements aux fournisseurs d’accès, il serait possible de construire un nouveau système ayant la même finalité mais en adéquation avec les nouveaux modes d’usages et d’accès aux musiques et aux films. Il y a là un cocotier à secouer. Vite. 䡲

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