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XODUS E

No 1 Mai 2009

Célèbre l’Afrique et sa Diaspora

Initiative Phare

Cheikh Modibo Diarra

Festival panafricain du cinéma uFespaco 2009

Crise financière Impact sur la Diaspora Africaine

Mo Abudu

Femme d’affaires en vue au Nigéria

A l’honneur uMaire

de Rotterdam

uRéalisateur uLégende

Ethiopien

du football Camerounais


SOMMAIRE UN

DEUX QUATRE SIX ONZE DIX-HUIT VINGT VINGT DEUX

EDITO Chers lecteurs C’est avec un réel plaisir et grâce au soutien de nombreux individus à travers le continent et au delà que nous lançons cette première édition de votre magazine bilingue sur la Diaspora Africaine. Vous vous posez certainement la question suivante : Pourquoi un magazine sur la Diaspora Africaine ? La réponse est pourtant très simple.

EDITO

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Initiative Phare

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Chaque année des milliers d’Africains quittent le continent pour des raisons diverses, trouver du travail, poursuivre leurs études, rejoindre des parents ou fuir des conditions économiques souvent difficiles. Nafi Diouf

Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), les africains de la Diaspora transfèrent prés de 13 milliards de dollars vers le continent. Ces chiffres sont suffisamment éloquents pour démontrer que la diaspora Africaine est une force économique indéniable, sur laquelle il faut compter pour assurer l’essor socio-économique du continent africain.

- La fondation pathfinder de Cheikh Modibo Diarra

ZOOM

- Mode, beauté et innovation made in Africa

Lorsque nous parviendrons à établir une vision commune entre l’Afrique et sa diaspora, une fois que nous nous serons fixés des objectifs communs pour le développement et l’amélioration des conditions de vie dans de nombreux pays africains nous aurons contribué à donner à l’Afrique la place qu’elle mérite dans le monde.

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ACTUALITES

Il ne s’agit pas ici de la représentation hideuse de notre mère patrie qui fait souvent le tour du monde, une Afrique impuissante, un continent ravagé par la guerre, les maladies et la pauvreté, en un mot l’Afropessimisme. L’Afrique est à regarder autrement car elle a bien plus à offrir. C’est pour cette raison que notre équipe, composée d’africains formés à l’étranger s’engage à peindre notre cher continent sous ses vraies couleurs.

- Impact de la crise financière internationale sur les investissements de la Diaspora - La diaspora se mobilise avec des institutions financières pour le développement de l’Afrique

Pour ce faire, il est essentiel d’établir un véritable partenariat avec la diaspora africaine, échanger avec elle, afin d’aboutir à une plus grande concertation dans l’action politique et économique, mais surtout pour une utilisation judicieuse des milliards de dollars de transferts de fonds pour booster les économies africaines.

A L’HONNEUR

- Ahmed Aboutaleb, Maire de Rotterdam - Haile Gerima, réalisateur Ethiopien - Samuel Eto’o, légende du football camerounais

Il y aura certainement des sceptiques, mais l’objectif du Magazine Exodus est d’apporter sa modeste contribution, en essayant d’amener progressivement les sceptiques à y croire et à dire Yes we can. La route sera tortueuse, les défis nombreux, mais les récompenses sont beaucoup trop importantes et nous n’avons pas le droit en tant que peuple, de croiser les bras, observer et laisser le soin aux autres de dessiner, à notre place, l’avenir de notre continent.

RETOUR AU BERCAIL - Mo ABUDU, femme d’affaires en vue au Nigéria

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KALEIDOSCOPE CULTUREL - Festival panafricain du Cinéma de Ouagadougou

VOYAGE - Destination Ile Maurice

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Le Magazine Exodus se veut une plate-forme de partage de bonnes pratiques et d’expériences, en mettant en exergue les réalisations des dignes fils d’Afrique et les défis auxquels ils sont confrontés. !

Beaucoup d’Africains ont choisi de ne pas revenir sur le continent après leurs études à l’étranger. Ces frères et sœurs sont aujourd’hui les enseignants, infirmières, avocats et ingénieurs du monde. La réussite de certains d’entre eux en dehors du continent est à plus d’un titre exemplaire. Faisons donc le pari ensemble, Africains de la Diaspora et ceux du continent, d’œuvrer pour la renaissance de notre continent. Bonne lecture

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InitiativePhare

LA FONDATON PATHFINDER Un gain indéniable pour l’Afrique La Pathfinder Foundation pour l’Education et le Développement est une Association créée par le Dr Cheick Modibo Diarra, ingénieur aérospatial du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena en Californie, et navigateur interplanétaire. Le Dr Cheick Modibo Diarra a guidé cinq missions spatiales dont la Mars Pathfinder et la Mars Observer. Dr Diarra, Directeur du programme Mars Exploration pour l’éducation et la sensibilisation, a su susciter l’intérêt des jeunes américains pour la science et les mathématiques à travers des expériences directes avec les missions de la sonde Mars. Le résultat de ce travail et de ses autres réalisations ont abouti à la nomination du Dr Diarra comme Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, dans le but de promouvoir l’enseignement de la science, de la technologie et le développement de l’esprit entrepreneur, chez les jeunes notamment. C’est ainsi qu’il reçu, à New York, le Prix Africa-America Year 2000 pour l’enseignement de la science. Les objectifs communs de l’UNESCO, de la Jet Propulsion Laboratory et du Dr Diarra, sont à l’origine de la création et du développement de la Pathfinder Foundation. UN INITIATIVE SOUTENUE PAR SES PAIRES Cette initiative du Dr Diarra, qui constitue un véritable modèle à reproduire en Afrique, est fortement soutenue par ses collègues de la JPL, Caltech (California Institut of Technologie), et d’autres institutions de technologies. Le Dr Diarra a su également compter sur l’engagement de plusieurs éminents scientifiques et technologistes prêts à investir un peu de leur temps à former le personnel des Centres, et à animer des séminaires. En novembre 1999, il crée le Sommet Africain de la Science et des Nouvelles Technologies (SASNET), une association continentale d’ingénieurs et scientifiques africains prêts à appuyer ses efforts. En 1998, le concept d’enseignement essence même de la Pathfinder Foundation, a été testé dans d’autres pays africains tels le Kenya, l’Ouganda et le Zimbabwe. Dans chacun de ces pays, des ateliers ciblant les enseignants ont été organisés afin d’encourager l’enseignement des sciences et mathématiques au niveau des écoles primaires. Au Mali, pendant tout un été s’est tenu un atelier de formation en technologie de la communication, animé par des étudiants bénévoles au profit des écoles et des communautés locales. PROMOTION DE L’EXCELLENCE EN SCIENCE CHEZ LES FILLES Afin de promouvoir la culture de l’excellence dans les écoles à travers le continent africain, la Pathfinder Foundation organise chaque année, durant l’été, un Camp d’Excellence pour des jeunes filles, passant en classe de Terminale, qui se sont distinguées dans leurs pays respectifs dans le domaine scientifique. Ces jeunes filles profitent de ce Camp pour préparer leur dernière année d’études secondaires, et accéder aux meilleures universités du monde. La Pathfinder Foundation a signé une Convention avec le département de l’enseignement des pays concernés, dans le but d’assurer des bourses aux filles les plus méritantes de ses Camps d’été.

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Le premier Camp s’est tenu en août 2000 avec la participation de trente-deux filles venant de sept pays francophones. Elles se sont retrouvées à Bamako, au Mali, pour 15 jours. Durant cette période. Elles ont suivies des cours en mathématiques, physiques, biologie et en informatique. Cette première expérience a démontré aux organisateurs l’impact que ces Camps pouvaient avoir sur l’intégration africaine aux niveaux régional et continental. Après l’expérience et le succès du premier Camp, la continuité s’est immédiatement imposée, d’où 2001 à Dakar (Sénégal) avec la participation de 40 filles de 9 pays ; 2002 à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire) avec 45 filles de 11 pays, et 2003 à Rabat (Royaume du Maroc) avec 50 filles de 11 pays. Cette rencontre s’est déroulée sur 24 jours pendant 24 jours pour étudier les mathématiques, la biologie, l’informatique, la physique et la gestion mais aussi en mettant la main à la pate, à travers des travaux d’application. Astrophysien né à Nioro du Sahel, au Mali qui a contribué à changer le regard porté sur l’Afrique Cheikh Modibo Diarra, (né en 1952) est un astrophysicien Malien très réputé dans ! la communauté scientifique. Il est devenu depuis 2006 le président de Microsoft Afrique. Il est également ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco. Après avoir obtenu son bac au Mali, Cheick Modibo Diarra étudie les mathématiques, la physique et la mécanique analytique à Paris à l’Université Pierre et Marie Curie, puis l’ingénierie aérospatiale aux États-Unis à Howard University (Washington D.C.).

comme projet pilote en Namibie. Neuf pays africains sont alors sélectionnés pour la mise en place de ce projet, dont l’objectif est de redéployer des PC remis à neuf dans le cadre d’un réseau permettant aux utilisateurs d’utiliser des logiciels modernes.

Il est recruté par la NASA, en tant que premier chercheur africain, et participe aux programmes Magellan (vénus), Ulysses (Pôle du Soleil), Galiléo (Jupiter), Mars Observer et Mars Pathfinder. En 1999, il crée la Fondation Pathfinder pour l’éducation et le développement en Afrique et développe à partir de 2002, un laboratoire de recherche sur l’énergie solaire à Bamako Il cherche à s’impliquer davantage dans des initiatives en faveur du développement en Afrique.

Cheikh Modibo Diarra est fondateur et Président du Sommet Africain de la science et des nouvelles technologies (SASNET), Vice-président de la Commission ! mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et des technologies (COMEST) de l’ONU, membre de la commission indépendante sur l’Afrique et le millénaire.

Par ailleurs, il a été le premier Président-directeur général de l’Université virtuelle africaine et membre de l’Union africaine « La fracture numérique » entre le continent et le reste du monde pour le panel sur la biotechnologie du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) ; il s’est également vu est pour lui un réel défi pour l’Afrique. Il décide alors de créer le Sommet africain de la science et des attribuer le African Lifetime Achievement Award. nouvelles technologies (SASNET) qui a déjà tenu plusieurs réunions Il est actuellement à Johannesburg (Afrique du Sud) où il travaille en Afrique notamment au Gabon et en Mauritanie et a apporté des avec les équipes de Microsoft Afrique du Sud et WECA (Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Centre). soutiens à divers projets d’étudiants africains. Il est nommé le 20 Février 2006 à la tête de Microsoft Afrique. La nomination de Cheick Diarra vient soutenir les plans de Microsoft en faveur du développement du projet Pathfinder qui a été lancé

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ZOOM Mode, beauté et innovation made in Africa

von Furstenberg , Oscar “Diane de la Renta et Roberto Cavalli

styliste Sénégalaise “LaOumou Sy s’est forgé une

ont tous incorporé des motifs tribaux et autres influences Africaines dans leurs collections de printemps.

réputation solide dans le domaine de la couture et du prêt-à-porter ainsi que dans la création de bijoux et autres accessoires de mode à travers l’Afrique et le reste du monde.

La collection Printemps 2008 du styliste Anglais Kevan Hall’s Paris représente pour l’Europe, Dakar l’est pour l’Afrique. “ “ CeLesquemeilleurs est inspirée de l’Afrique et s’appelle « A Safari ». Des motifs des stylistes du continent travaillent ici. Au Sénégal, les

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gens expriment leur identité à travers leur style vestimentaire. La beauté et l’élégance sont une question d’honneur.

tribus Dinka, Masai et Zulu y sont représentés avec un niveau de raffinement très élevé.

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ACTUALITES

« La crise financière mondiale menace de précipiter à brève échéance des millions d’Africains dans la misère et d’attiser les conflits sur le continent », a averti récemment le directeur du Fonds monétaire international (FMI), le Français Dominique Strauss-Kahn, lors d’une conférence à Dar Es-Salaam, en Tanzanie. Il ne semblait pas si bien dire surtout que certains analystes pensent mettre le continent africain en marge des difficultés actuelles liées à la crise financière. Pourtant des « émeutes de la faim » ont été enregistrées - comme dégâts plus ou moins collatéraux- en Afrique ces derniers mois voire ces dernières années. Des événements de révolte plus ou moins populaires ont été organisés çà et là poussant directement ou indirectement, à des chamboulements politiques dans certains cas comme à Madagascar.

CRISE financière mondiale : l’Afrique est bel et bien frappée, sa diaspora aussi ! [Dans le sillage de la crise des subprimes qui a éclaté aux Etats-Unis en août 2007, c’est aujourd’hui un secret de polichinelle que le continent africain est bel et bien concerné par le phénomène. Les analystes se recoupent dans leurs hypothèses et s’accordent à dire que les exportations, le tourisme, les transferts d’argent de la diaspora sont les premiers secteurs affectés ou susceptibles d’être affectés en Afrique. Qu’en est-il de ce continent que certains disent sous-développé donc ‘’immunisé’’ contre la crise ?] Du fait de sa faible intégration réelle ou supposée à la mondialisation économique et financière, l’Afrique était partie pour être un continent « exempt » de la crise financière mais les choses ne sont pas aussi simples. Sur un continent où la crise est permanente à tous égards, les principaux paramètres montrent que cette crise ne fera que replonger davantage des millions d’Africains qui ne vivent pas seulement une crise liée à la croissance économique mais surtout un drame social. Même s’il est difficile d’avancer des chiffres précis, pour le moment, sur l’impact réel de la crise sur l’Afrique, certaines sources parlent cependant de pertes en recettes d’exportation entre autres effets négatifs. Pendant ce temps, plusieurs places boursières en Afrique -Maroc, Algérie, Nigeria, Kenya- se meuvent dans une sorte de panique. Des statistiques de la Banque africaine de développement basée à Tunis, indiquaient il n’y a pas longtemps, que « selon des études récentes, les transferts officiels des migrants africains passeront de près de 550 milliards de FCFA, en 2008, à environ 400 milliards de FCFA en 2009, soit une baisse de 150 milliards ». Ceci est très révélateur de l’impact de la crise financière qui frappe la planète entière même si c’est à des degrés divers. Une responsable de la Banque mondiale, le Dr Inger Anderson, annonçait dans la foulée que cinq secteurs

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! majeurs sur le continent devraient enregistrer des baisses synonymes de conséquences liées à la crise. Il s’agit, selon elle, des exportations, des transferts d’argent des Africains de la diaspora, du tourisme, des recettes et des investissements dans le secteur privé. L’autre volet de la question mais qui ne la résout pas tout seul, est l’investissement que le continent peut attendre de sa diaspora. Cet apport est encore largement informel et plus porté sur la satisfaction des besoins primaires des membres de la famille restés au pays que sur de l’investissement de production donc de développement. Cela dit, les transferts de fonds de la diaspora vers le continent a connu une croissance soutenue depuis des années. Amady Aly Dieng, un professeur d’économie sénégalais, soutenait récemment qu’en plus des exportations qui vont globalement réduites à cause de la crise, les émigrants africains outre Atlantique seront certainement les premiers à faire les frais de cette crise. Ceci s’explique par le fait qu’ils seront sûrement les premiers à être remerciés dans les entreprises en difficulté. L’une des conséquences directes va également résider en la baisse de leurs envois dans leurs pays d’origine respectifs vont fondre comme neige au soleil.

L’Union Européenne qui pense contribution à atténuer l’impact de la crise sur l’Afrique a promis 20 milliards d’Euros de plus au continent dans le cadre de l’aide publique au développement, évaluée ces dernières années à 35 milliards d’Euros alors que la croissance économique du continent devrait progresser d’environ 3% en 2009, soit loin des 5,4% de croissance enregistrés en 2008. Nombreux sont les économistes qui insistent sur des réponses urgentes à donner à la situation en ce qui concerne l’Afrique où d’après les mots du patron du FMI, « les variations des performances économiques sont une question de vie ou de mort ». Au sortir de la dernière rencontre du G20 où les institutions de Bretton Woods ont décidé d’injecter 1000 milliards de dollars dans l’économie mondiale, très peu d’économistes africains se sont montrés enthousiastes préférant « attendre de voir quelle sera véritablement la part de l’Afrique dans l’application de cette nouvelle mesure du FMI». A chacun sa part de la crise ? Au déclenchement de la crise en 2007, bon nombre de banquiers et autres économistes raisonnaient en termes de : « Nous ne sommes pas concernés par la crise internationale car nous n’avons pas de subprimes dans nos banques. Nos banques ne portent pas ce genre d’actifs qui a causé la perte de la prestigieuse banque américaine ». Jose Gijon Spalla, économiste en Chef pour l’Afrique et le Moyen Orient au centre de développement de l’OCDE a fait savoir quant à lui, que «les conséquences de cette

crise peuvent varier selon le niveau de développement des pays », et que l’effet de contagion peut donc atteindre des Etats comme l’Egypte, l’Afrique du Sud ou le Maroc, dont les systèmes financiers sont plus intégrés au système international que le reste des pays. Car des Fonds occidentaux qui cherchent à diversifier leurs investissements ont injecté beaucoup d’argent sur ces marchés. La crainte des uns et des autres est d’autant plus grande qu’ils se disent que si les banques occidentales, pour des raisons de solvabilité donc de confiance, refusent de se prêter de l’argent entre elles, ces banques peuvent se montrer réticentes à financer leurs consoeurs africaines avec toutes les conséquences possibles. Les exportations africaines en danger? S’agissant des exportations, la logique semble la même car en toute logique, il suffit d’une baisse de la demande de matières premières (dans lesquelles l’Afrique excelle) en Europe ou en Amérique, et les pays africains sont automatiquement touchés. Et qui dit baisse des exportations pour les pays africains, dit baisse des recettes et accroissement de la souffrance et du chômage parmi les populations. Le Cameroun par exemple, estime que la crise a des conséquences sur cinq de ses principaux secteurs que sont notamment l’aluminium, le bois, le caoutchouc, le coton et le pétrole brut. Les statistiques publiées par le patronat camerounais font état de baisse valeurs d’exportation de 17,5 pour cent, 42,5 pour cent et 55 pour cent, au cours du quatrième trimestre de l’année 2008, respectivement pour le coton, le caoutchouc et l’aluminium.

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ACTUALITES

La diaspora se mobilise

Le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO – regroupement de 8 pays d’Afrique de l’Ouest), Philippe Henri Dacoury-Tabley, révélait quant à lui, fin mars dernier, que la crise financière internationale s’est installée en Afrique de l’ouest où son impact est visible sur les économies.

avec des institutions financières pour le développement de l’Afrique La partition de la diaspora dans le développement de l’Afrique doit se jouer pleinement. Les organisateurs et participants à la réunion consultative tenue en octobre à l’initiative de la Banque mondiale dans le cadre des Assemblées annuelles 2008 sur le thème «Mobiliser la diaspora africaine pour le développement » en sont convaincus.

Le ministre kényan du Commerce, Amos Kimunya, lui, appelait il y a peu, ses compatriotes à se préparer à « faire face » aux effets de la crise financière qui va affecter la croissance économique du pays qui prévoyait une croissance économique de 4 pour cent cette année. En Algérie, les concessionnaires de voitures estiment que le marché de l’automobile est en difficulté, en raison de la crise, poussant de plus en plus de fournisseurs de crédits à être « prudents ». Au Mozambique, par exemple, c’est le secteur du tourisme qui devrait connaître une réduction déjà estimée à 24,3 pour cent en 2008 après avoir connu, durant la dernière décennie, une forte croissance dans un pays qui s’est fixé deux milliards de dollars pour 2009. L’aide publique au développement quelque peu mise à mal ! Le raisonnement est simple à mener. En tout cas, il semble simple. Puisque l’on sait que la plupart des grands projets -routes, infrastructures, hôpitaux- sont souvent construits sur des fonds étrangers, par conséquent, un quelconque déficit ou manquement en la matière pourrait se révéler très handicapant pour les pays. En juin 2006, on s’en souvient, un forum avait réuni à Bruxelles des acteurs de l’économie mondiale et africaine autour de la problématique de la part de la diaspora dans l’investissement sur le continent. Les conclusions n’ont certainement pas finies d’être mis en application quand survient la crise financière actuelle qui donne le tournis à plus d’un.

le développement en Afrique’’. Toutes ces initiatives montrent à quel point le rôle de la diaspora est important dans la construction et le développement socio-économique de l’Afrique. La crise financière et économique mondiale actuelle pourrait constituer une opportunité pour certains pays d’Afrique, puisque des investisseurs des pays développés sont à la recherche de nouveaux marchés et le continent pourrait constituer une solution aux yeux de certains. Cependant, là encore, les bailleurs et autres investisseurs sont plus attirés par une certaine massification en terme de qualité des ressources humaines, un minimum de bonne gouvernance.

Présidée par Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique, une réunion consultative s’est tenue en octobre à l’initiative de la Banque mondiale dans le cadre des Assemblées annuelles 2008, et a connu la participation de représentants des pays d’Afrique, de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement, de l’Agence des États-Unis pour le développement international, de la Société financière internationale, de la France et de divers autres bailleurs de fonds partenaires.

contribution au développement national, sous forme d’envois de fonds et de programmes de retour virtuels ou réels, ainsi que par l’établissement de cadre de politiques pour cette diaspora ». Selon les services financiers de la Banque, celle-ci travaille déjà à la question de la réduction des coûts des envois de fonds par la diaspora, ainsi qu’à l’amélioration des données sur les envois en question vers les pays africains. Des évaluations sont déjà en cours dans plusieurs pays, tels que l’Ouganda ou le Nigéria. La diaspora est par ailleurs associée à certaines activités de prêt de la Banque ; c’est dans ce contexte que se situe un projet touristique actuellement en préparation en Éthiopie.

L’Union africaine (UA), qui fait une place aux Africains de l’étranger dans sa structure de gouvernance, s’emploie à ce jour à déterminer les secteurs clés dans lesquels peut se faire Mme Ezekwesili a, à cette occasion, exhorté les ministres la participation de la diaspora considérée comme sa sixième africains à prendre des mesures concrètes pour faire une place à la diaspora dans leurs programmes de développement région. sectoriel. Ces secteurs englobent notamment la santé, « Il est primordial de réduire le coût de transaction et l’éducation, l’énergie et les infrastructures, a-t-elle précisé, la volatilité inhérents aux envois de fonds », a plaidé appelant le continent africain à « reconnaître plus encore à Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de quel point il importe d’établir des environnements porteurs développement, lors de ce forum de haut niveau. pour mobiliser véritablement la diaspora et tirer parti de sa

Les difficultés comparées à une descente en enfer de l’Afrique pourraient cependant connaître un bémol si les pays émergents et grands consommateurs de matières premières, notamment la Chine et l’Inde achètent au juste prix les matières premières africaines. En tout état de cause, l’autre exigence demeure l’amélioration de l’environnement des Cette rencontre a été suivie en février 2008, au Cap en Afrique affaires. L’Afrique est-elle bien prête à s’engouffrer dans cette du sud, d’un séminaire de haut niveau consacré à ‘’Comment brèche ? Là demeure toute la question. promouvoir les investissements portés par la diaspora comme sources de financement pour mieux favoriser la croissance et Alexandre TITIBA

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ACTUALITES

A L’HONNEUR AHMED ABOUTALEB -

Que ce soit l’administrateur de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), Henrietta Fore, ou encore Le représentant du Gouvernement français, Kacim Kellal, chef du service des affaires internationales et du codéveloppement au ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement, les partenaires au développement ont non seulement magnifié l’initiative mais aussi réaffirmé leur adhésion et leur engagement à accompagner le continent sur le chemin de son développement.

Un maire d’origine marocaine ouvre la voie à l’intégration aux Pays-Bas. La petite ville de Beni Sidel dans la région du Rif marocain a produit de nombreux citoyens marocains célèbres vivant en Europe. Dans cette lignée, nous citons le Ministre de la Jeunesse et Culture en Belgique, un joueur de football de grande renommée, installé en Allemagne, et Ahmed Aboutaleb, premier maire musulman d’une ville Hollandaise. Ce Néerlandais d’origine marocaine, descendant d’immigrants berbères, a été porté à la mairie de Rotterdam, cette année en Janvier.

Selon des ministres de trois pays africains (Congo, Mali et Tanzanie) présents à cette rencontre, des mesures concrètes sont en prospection avec et en faveur des membres de la diaspora. Parmi ces mesures concrètes à prendre figurent notamment « l’instauration de la double nationalité » mais aussi la mise en place d’un régime de pension ouvert aux membres de la diaspora à qui les initiatives visent également à garantir « l’exonération fiscale et la sécurité des fonds qu’ils peuvent décider de renvoyer chez eux à titre d’investissement ».

Né le 29 Aout 1961 à Beni Sidel, ce fils d’Imam commence son parcours comme figure proéminente de la diaspora africaine dès son immigration aux Pays-Bas à l’âge de 15 ans.

En vérité, nombreux sont aujourd’hui ceux qui considèrent la diaspora africaine comme « une source essentielle de connaissances, de compétences techniques et de capitaux ». Ce constat reste valable plus que jamais même si des statistiques de la Banque africaine de développement basée à Tunis, indiquaient il n’y a pas longtemps, que « selon des études récentes, les transferts officiels des migrants africains passeront de près de 550 milliards de FCFA, en 2008, à environ 400 milliards de FCFA en 2009, soit une baisse de 150 milliards ». Alexandre TITIBA

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En 1987, Aboutaleb obtient son diplôme en Génie Electronique et Télécommunications. Ces études lui permettent de débuter sa vie professionnelle non pas comme ingénieur mais plutôt comme journaliste. Il intègre les médias pour divers organes de presse et chaines de television tels que Radio Nos et le journal de la RTL. Plus tard, Aboutaleb travaille dans le Département de Relations Publiques du Ministère de la Santé en Hollande, où il effectue ses premiers pas dans l’administration publique aux Pays-Bas. Il est par la suite promu au poste clef de Chef de Service des Relations Publiques au Conseil Socio-économique. Il occupe cette position pendant deux ans avant de rejoindre le Bureau Central des Statistiques où il travaille jusqu’en 1998. Il devient alors membre de l’Institut du FORUM pour le Développement Multiculturel et deux ans plus tard entre au Conseil de l’Education et, en 2002, devient Directeur du Conseil Municipal du Développement Social, Economique et

Culturel d’Amsterdam.

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Membre du Parti Travailliste Néerlandais, Aboutaleb occupe le poste de Secrétaire d’Etat aux Affaires Sociales et à l’Emploi dans le gouvernement du Premier Ministre Jan Peter Balkenende. Il démissionne pour devenir Maire de la ville de Rotterdam, qui, avec une population de 585000 habitants, détient le plus fort taux de concentration d’étrangers du pays. Aboutaleb est entré dans l’histoire ce 5 Janvier 2009, lors de son inauguration en tant que Maire de Rotterdam. A présent, son défi est de transformer cette lueur d’espoir en œuvrant pour la création d’une société qui intègre, respecte et célèbre la diversité.

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A L’HONNEUR L’Ethiopien Haile Gerima et le cinéma africain : à tout seigneur tout honneur ! Haile Gerima, l’un des plus grands cinéastes africains a valablement sa place parmi les dignes fils africains de la diaspora. Aujourd’hui âgé de 63 ans, Haile Gerima, quatrième d’une famille de 10 enfants peut être qualifié de prince du cinéma africain, tant ses succès le démontrent. Originaire de l’Ethiopie où il est né en 1946, Haile Gerima s’installe aux États-Unis en 1967 pour y poursuivre des études de cinéma à Los Angeles. Actuellement professeur à la Howard University de Washington et membre de ‘Los Angeles School of Black Film Makers’, cet Ethiopien, de parents intellectuels, aime s’abreuver de la culture de son pays d’origine, du moins dès sa tendre enfance. Il a également fait un master en Beaux-arts à l’université de Californie. « Avec le cinéma, je peux dire plus de choses qu’avec le théâtre », a-t-il l’habitude d’expliquer. Ardent défenseur de la cause des Noirs américains, du moins à travers ses productions, ses films portent souvent sur les thèmes de la colonisation ou de l’esclavage. Il est l’auteur de plusieurs films et a fondé ‘Mypheduh Films’, une agence de distribution de cinéma afro-américain. Selon lui, cette initiative vise à lutter contre ce qu’il appelle la “censure économique” qui frappe les films produits par des cinéastes noirs outre Atlantique, surtout que ses propres films n’échappent pas à sa condition de Noir. C’est certainement dans cette perspective qu’il a réalisé «Voyage imparfait » en 1994. Son œuvre a reçu ce qu’il convient d’appeler la reconnaissance continentale avec son film long métrage “Teza” (La rosée) qui lui a valu, en mars de cette année 2009, la plus haute récompense du festival du cinéma panafricain en se faisant sacré ‘Etalon d’or de Yennenga’. Cette distinction est également la première de ce type à l’histoire cinématographique de l’Ethiopie. Le jury du long métrage présidé par le cinéaste burkinabé Gaston Kaboré a

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Le Fespaco 2009, qui marquait en même temps les 40 ans de cette manifestation, a ainsi vu remises 128 récompenses au total pour 374 films sélectionnés sur 664 oeuvres présentées. L’Etalon de Yennenga est une distinction dotée d’une enveloppe de 10 millions de francs CFA (20 000 dollars américains). Le même film, qui pose toute la problématique de l’émigration des intellectuels africains, a déjà remporté le Tanit d’Or, et raflé cinq autres prix aux Journées cinématographiques de Carthage 2008 (Tunisie), soit quelques mois avant l’organisation du FESPACO 2008 au Burkina Faso. Il décroche également le prix spécial du Système des Nations-Unies pour l’atteinte des Objectifs du millénaire, doté d’une enveloppe de 5 millions de francs CFA et d’un trophée, au détriment de 22 autres films en compétition. Enfin, Teza a également été récompensé du prix spécial Zain pour la «valeur humaine de l’homme africain, sa culture et ses traditions », dotée d’une prime de 2 millions de francs CFA (4000 dollars). Le réalisateur éthiopien, Haile Gerima, dont le dernier film, ‘’Teza’’ a conquis les cœurs de bon nombre de festivals tels que ceux de Venise (Italie), Carthage (Tunisie), Amiens (France) et de Ouagadougou (Burkina Faso) peut servir d’exemple pour de nombreux autres jeunes Africains qui cherchent du repère ou qui rêvent de se faire une place. Une place au soleil !

Filmographie de Haile Gerima 2008 : Teza (Long métrage) 1999 : Adwa, une victoire africaine (Documentaire) trouvé le film de l’Ethiopien d’un «niveau artistique et dramaturgique complet » et « largement au-dessus du lot ». Le film “Teza” raconte globalement l’histoire d’Anberber, un jeune Ethiopien forgé à l’idéologie marxisme lors de ses études de médecine en Allemagne, mais qui, à son retour au bercail est tombé dans les difficultés d’insertion professionnelle voire socioculturelle.

1996 : Sankofa (Long! métrage) 1994 : Voyage imparfait (Long métrage) 1985

: After Winter (Après l’hiver) – (Documentaire)

1984 : Bush mama (Long métrage) 1982

: Ashes and Embers (Cendres et braises) - (Long métrage)

1978

: Wilmington 10 (Documentaire)

Le réalisateur éthiopien, Gerima, est qualifié de « cinéaste de la désillusion », et se présente comme un «élève» du père du cinéma africain, le Sénégalais Ousmane Sembène (décédé en juin 2007 à Dakar).

1977 : Harvest 3000 (La récolte de trois mille ans) - (Long métrage)

Avec ce prix, Gerima passe ainsi devant le Sud-africain John Kani, à qui est revenu l’Etalon d’argent pour son film «Nothing but the truth» tandis que le réalisateur algérien, Lyes Salem, obtient l’Etalon de bronze avec son film «Mascarades». Ce film aborde la place du mariage dans la condition sociale des femmes.

1971 : Hour Glass (LM)

1976

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: Bush Mama (Long métrage)

1972 : Child of Resistance (Enfant de la Résistance - (Long métrage)) ]

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A L’HONNEUR

SAMUEL ETO'O -

Lors de la CAN 2008, Eto’o inscrit 5 buts, finissant encore meilleur buteur, et devenant au passage meilleur buteur de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations avec 16 buts, le précédent record étant attribué à Laurent Pokou avec 14 réalisations. Le Cameroun perd en finale contre l’Égypte.

Cameroonian soccer legend playing for Barcelona Samuel Eto’o Fils, l’autre étoile du football mondial et digne fils de la diaspora africaine [Il est d’une allure fière, athlétique et altière. On peut l’appeler le prince du football mondial ou encore la terreur des défenses sans que personne ne soit offusqué. Samuel Eto’o Fils plus généralement appelé Samuel Eto’o est aujourd’hui l’un des éléments clés du FC Barclone (Espagne) est l’une des étoiles du football africain et mondial de tous les temps. Ses résultats et performances en témoignent.]

Un être humain avant tout… Sa générosité en tant que merveilleux footballeur ne fait cependant pas de Samuel Eto’o un super homme dénué de tout défaut.

! Avec une taille de 1,80 m, le titulaire du numéro 9, qui tient le poste d’avant-centre, d’origine camerounaise, est né un certain 10 mars 1981 à Nkon. Il est présenté comme le meilleur attaquant de tous les temps de l’équipe de Barcelone. Son parcours nous révèle qu’à l’âge de 14 ans le petit Samuel débarque à Carpentras en France en compagnie de ses frères Étienne et David. Là, il s’est retrouvé confronté à des problèmes administratifs qui l’empêchent de jouer et encore moins de poursuivre sa scolarité. Il prit la décision de rentrer au pays où il intègre l’école de football de la Kadji Sports Academy basée à Douala, capitale économique et principal port du Cameroun. A peine quelques mois plus tard, Samuel qui s’est fait remarquer par ses formateurs, repart en France plus précisément au Havre où il a effectué des essais qui ne sont pas concluants. De là, il se rend au Real de Madrid alors qu’il n’a que 15 ans. « J’étais un sans-papiers. Je ne pouvais pas vivre et me déplacer librement », se souvient-il. Prêté à Leganes (club de 2e division espagnole) pour la saison 97/98, il joue 28 matches et marque trois fois avant de retourner au Real de Madrid qu’il quitte de nouveau après avoir joué un seul match de toute la saison. Le Real prête Eto’o à Majorque puis le vend pour 7,2 M€. Il en garde un profond ressentiment envers le Real. Eto’o passe quatre saisons à Majorque (2000-2004). En 2003, il

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remporte la Copa del Rey avec Majorque. Lors de la saison 2003/2004, son équipe atteint le 4e tour de la Coupe de l’UEFA. En sélection, lors de la Coupe d’Afrique des nations 2000 et 2002, il assure la domination du Cameroun sur le continent en remportant la compétition.

L’aventure barcelonaise L’aventure barcelonaise du Camerounais a démarré en 2004 avec un transfert pour 24 millions d’euros au FC Barcelone où foisonnent déjà des célébrités du football. Malgré tout, Samuel Eto’o devient titulaire, et marque 24 buts en Liga, 4 en Ligue des Champions, un titre de champion. Avec l’équipe nationale camerounaise où il a débuté lors de la Coupe du monde de football en France, Samuel Eto’o a gagné les Coupes d’Afrique des Nations 2000 et 2002, ainsi que les Jeux olympiques de football en 2000. Entre 2002 et 2006, Eto’o ne marque qu’un seul but dans chacune des compétitions où sont engagés les Lions indomptables (CAN 2002, Coupe du monde 2002, Coupe des Confédérations 2003, CAN 2004).

C’est ainsi que lors du match de la CAN 2008, TunisieCameroun, suite à une dispute à l’origine d’un accrochage avec le défenseur tunisien Saber Ben Frej, ce dernier lui a donné un coup de tête dans le nez en provoquant une hémorragie. Dans cette même veine, le 31 mai 2008 alors que les journalistes camerounais avaient décidé de boycotter une conférence de presse des Lions indomptables afin de protester contre le staff qui a décidé de n’accorder qu’un temps restreint à la presse lors des entraînements, Samuel Eto’o s’est attaqué à un journaliste - Philippe Boney, reporter dans une radio privée de Yaoundé - à qui il a donné un coup de tête. L’affaire se serait réglée à l’amiable plus tard alors que le journaliste avait menacé d’ester en justice contre le meneur des Lions indomptables.

Eto’o, meilleur buteur mondial de l’année 2008 L’attaquant de pointe et buteur du FC Barcelone et du Cameroun a réalisé en 2008 une performance sensationnelle en marquant à lui seul 44 buts marqués, ce malgré quelques soucis liés à ses blessures. Il est le meilleur buteur de l’année toutes compétitions confondues dans les meilleurs championnats mondiaux. Le goléador des Lions Indomptables du Cameroun, par sa technicité et son jeu vif, est une des pièces maîtresses du Barça aux côtés de grosses pointures que sont Thierry Henry, Messi, Xavi et autres. « Chaque jour qui passe, je fais tout pour aller le plus haut possible. C’est tout », confie t-il lors d’une récente interview, estimant qu’il souhaiterait terminer sa carrière à Majorque « là où tout a commencé pour moi ». En sortant de Majorque, en effet, le joueur avait à choisir entre aller en Angleterre, en Italie, retourner au Real Madrid ou bien s’engager avec le Fc Barcelone où son contrat expire en 2010. Âgé de 28 ans, Samuel Eto’o est prêt à toujours donner le meilleur de lui-même tant à son club qu’à l’équipe nationale, Les Lions indomptables. « Moi, je sais que je peux encore aller plus haut (…) et il faut toujours prouver, montrer qui tu es, de quoi tu es capable », soutient celui qui a pour devise : « Le pouvoir s’arrache ». Tout compte fait, d’autres défis attendent ce géant du football camerounais, africain et mondial que de nombreux jeunes africains peuvent prendre en exemple. - Alexandre TITIBA

En 2006, Eto’o marque 5 buts en trois matchs lors de la CAN, et son premier triplé avec l’équipe du Cameroun mais le Cameroun est éliminé en quart de finale face à la Côte d’Ivoire.

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A L’HONNEUR

EXODUS

Nom : Samuel Eto`o Fils Pays : Cameroun Date de naissance : 10 mars 1981 Lieu de naissance : Nkon Taille : 1m79 Poids : 75 kg Poste : Attaquant Club actuel : FC Barcelone Surnom : Le lion

Palmarès En club

• RCD Majorque • Vainqueur de la Coupe d’Espagne en 2003 • FC Barcelone • Vainqueur de la Ligue des champions en 2006 • Vainqueur de la Supercoupe d’Espagne en 2005 et 2006 • Champion d’Espagne en 2005 et 2006

En équipe nationale

• Vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations en 2000 et 2002. • Finaliste de la Coupe d’Afrique des Nations en 2008. • Champion olympique en 2000. • Finaliste de la Coupe des Confédérations en 2003. • Meilleur buteur de l’histoire du Cameroun A avec 38 buts en 74 sélections.

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Célèbre l’Afrique et sa Diaspora

!

Si vous avez des questions? Si vous connaissez des personnalités d’origine africaine dont les réalisations ont eu un impact positif sur le continent et au delà veuillez prendre attache avec les membres de notre équipe

Quelques distinctions personnelles

• Ballon d’or africain en 2003, 2004 et 2005 • Meilleur buteur du Championnat d’Espagne (Pichichi) en 2006 avec 26 buts • Meilleur buteur de l’histoire des Lions Indomptables d Cameroun • Meilleur buteur de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations avec 16 buts (Record précédemment détenu par l’Ivoirien Laurent Pokou avec 14 buts). • Meilleur buteur de la Coupe d’Afrique des Nations 2006 et 2008 avec 5 buts • Second meilleur buteur de la Coupe d’Afrique des Nations en 2000 avec 4 buts • 3e Meilleur footballeur de l’année FIFA en 2005 • Etoile d’or France Football en 2004 • Ballon d’or africain en 2004 • Meilleur joueur de l’année du Trophée Joan Gamper en 2006 • Prix récompensant sa contribution positive au sport en 2006 (FIFpro) 4 • Meilleur buteur de l’histoire du RCD Majorque • Meilleur numéro ‘9’ de l’histoire du FC Barcelone • Ambassadeur national de l’Unicef (2005) • Plus jeune joueur de la Coupe du monde France 98 (17 ans)

MEMBRES FONDATEURS NAFI DIOUF

PATRICIA YUMBA

Directeur General email: nafi.diouf@exodusmagazine.fr

Directeur General Adjoint email: patricia.yumba@exodusmagazine.fr

JANINE BRITZ

PAO/DESIGN email: janine.britz@exodusmagazine.fr

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RETOURAU

BERCAIL

MO ABUDU

animatrice vedette d’un talk-show au Nigeria, a su réellement prendre la bonne direction. On quitte l’Afrique mais on laisse toujours un peu de soi derrière. Fidèle à ce diction, Mosunmola Abudu, qui est naît et a grandi au Royaume-Uni a décidé de retourner s’installer dans la ville vibrante de Lagos au Nigeria, son pays d’origine. Mo, avec une carrière couronnée de succès, prouve que l’on peut réussir en Afrique et ce malgré les difficultés liées au retour et à l’insertion dans son pays d’origine après plusieurs années passées à l’étranger. Le fait de provenir d’une famille de 11 enfants et l’absence d’un père, n’a rien entamé à sa détermination de réussir. Mo est un exemple de réussite au Nigeria avec plusieurs cordes à son arc dont une fondation pour inspirer les jeunes, un talk-show télévisé ‘Moments with Mo’ suivi par des milliers de téléspectateurs et enfin la gestion du ‘Protea Hotel’. Née à Hammersmith Hospital en Angleterre en 1964, Mo comme tout le monde l’appelle, a été pensionnaire de Rideway school puis Mid Kent College. Quelques années plus tard, elle obtient un diplôme en Ressources Humaines à l’université de Westminster à Londres. Bien qu’ils n’existent pratiquement pas de statistiques à ce sujet, on estime que des milliers d’Africains qui vont poursuivre leurs études à l’étranger choisissent de ne pas retourner dans leur pays d’origine. Mo dans un premier temps, a fait le même choix. Elle débute donc sa carrière professionnelle en Angleterre, comme consultante en recrutement pour la compagnie Atlas Recruitment Firm. Apres quelques années de dur labeur et de dévouement elle sera nommée Directrice de l’agence.

sera chargée de superviser l’organisation de salons sur la gestion des crédits entreprise. Mo va gérer de façon remarquable ces salons et en même temps elle s’occupera de la recherche et de l’organisation de différentes conférences et séminaires.

Du Royaume-Uni à Lagos. Trois ans plus tard, Mo décide de retourner au Nigeria. Cette année là en 1993, des élections y sont organisées et beaucoup de nigérians voient en celles-ci l’opportunité de se débarrasser du régime militaire en place. Alors que le dépouillement des votes est déjà bien entamé, le régime en place décide d’annuler les votes. Ces élections seront plus tard décrites comme les plus libres et transparentes qui n’aient jamais eu lieu au Nigeria. Malgré un climat politique instable, Mo est engagée comme Directrice des Ressources Humaines de

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compagnie pétrolière ‘Esso Exploration and Production Nigeria Limited (Exxon)’. Ayant identifié une niche sur le marché Nigérian, Mo démissionne et décide de créer une société de consultance en Ressources Humaines, Vic Lawrence and Associates Limited (VLA).

Une Femme engagée

Une femme d’affaire accomplie.

La campagne « Make a difference in Africa » a pour but d’améliorer le quotidien des enfants en Afrique et de faire de notre monde un endroit où il fait bon vivre.

Aujourd’hui Mo dirige l’un des plus grand groupes de consultance en Ressources Humaines au Nigeria. « Une vision est propulsée par l’inspiration et les grandes visions induisent l’action » ; tel est le credo de Mo et celui qui a fait d’elle la femme qu’elle est aujourd’hui. En dehors de VLA, un autre succès de Mo est sans aucun doute la réalisation du complexe hôtelier, ‘Protea Hotel’, inauguré en Août 2004. Ses taches dans la réalisation de cet hôtel vont de la sélection du site, à la conception de l’édifice, jusqu’à l’obtention des différentes autorisations légales. Elle a par ailleurs sélectionné le groupe hôtelier de renommée internationale à qui confier la gestion de l’hôtel. Aujourd’hui le ‘Protea Oakwood Park’ est un complexe hôtelier construit sur 1 hectare, le long de la voix express de Lekki avec des salles de conférences et des business centers de haut standing. Malgré toutes ces réalisations, Mo est bien plus qu’une femme d’affaires. Malgré un agenda chargé, Mo prend le temps de s’investir dans des projets communautaires qui lui tiennent à cœur.

A travers sa fondation ‘Inspire Africa’ qui est une Association sans but lucratif, Mo Abudu organise des actions de collecte de fonds pour financer différents programmes pour un développement durable en Afrique.

Les activités clés de cette campagne comprennent : Un concert de bienfaisance, des marches organisées sous les bannières de différents sponsors, la publication de contes Africains pour motiver et inspirer les enfants, ainsi que des donations pour soutenir le Fond de l’Enfant Africain. Mère de deux enfants, Mo arrive à juguler sa vie de famille et une carrière professionnelle bien remplie. L’Afrique ne peut être construite que par des personnes qui comme Mo veulent réellement faire une différence. Et ce malgré les conditions difficiles et nombreux obstacles auxquels nous sommes confrontés. Mo a réussi à surmonter ses obstacles ainsi que la peur de retourner travailler en Afrique. Alors ne nous laissons pas influencer par les sceptiques et comme Mo, osons relever le défi !

En 1990, elle est recrutée par le groupe Starcom, un groupe de grande renommée au Royaume-Uni. Elle y

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KALEIDOSCOPECULTUREL

Ouverture de la 21é Edition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Cet événement culturel, qui a eu lieu du 28 février au 7 mars, a coïncidé avec le 40e anniversaire de ce rendez-vous panafricain.

Mascotte géante à la cérémonie d’ouverture du FESPACO Considéré comme les oscars africains.

Salomé Gerima, soeur du réalisateur éthiopien Haile Gerima, reçoit à la place de son frère l’Etalon d’or de Yennenga pour le film Teza.

Cette année, 128 récompenses ont été remises sur les 374 films sélectionnés.

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VOYAGE L’ile Maurice,

une destination inoubliable

L’Ile Maurice est un brassage de diverses cultures et religions que des populations d’immigrants ont transposé de leurs pays d’origine. Leurs festivités sont célébrées dans une atmosphère de paix et d’harmonie durant l’année.

confessions se dirigent à pied ou en voiture vers la tombe du Bienheureux Jacques Désiré Laval, «l’Apôtre du Peuple Noir», à Ste-Croix, Port-Louis. La croyance en Père Laval, à qui des pouvoirs de guérison sont attribués, leur rappelle le Pèlerinage de Lourdes, en France.

Cavadi Cette fête est célébrée en Janvier/Février. Les gens se percent le corps avec des aiguilles, la langue et les joues avec des épingles; des personnes en transe transportent le “Cavadi” sur l’épaule en signe de pénitence. Le “Cavadi” est une arche de bois, couverte de fleurs et y est à chaque extrémité accroché un pot de lait.

Ganesh Chaturthi Ganesh Chaturthi est commémoré par les Hindous le 4ème jour lunaire des mois d’Août /Septembre en l’honneur de la naissance de Ganesha, Dieu de la sagesse.

Divali Le Festival des Lumières est célébré dans une véritable ambiance de joie, au mois d’Octobre ou de Novembre. Les murs, balcons et jardins sont bordés de lampions d’argile qui sont allumés au coucher du soleil. Leur lumière dorée, supposée guider la Déesse de la richesse et de la chance, est visible de partout. Divali symbolise la victoire de la Vérité (Lumière) sur l’ignorance (obscurité). Le Festival des Lumières, Divali, est une célébration de joie, de bonheur et pour de nombreux Mauriciens, un temps de partage. Père Laval Chaque année, le 9 Septembre, des Mauriciens de toutes

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Holi Cette fête hindoue est aussi colorée que les nombreuses légendes dont elle est issue. C’est surtout une fête de réjouissance, au cours de laquelle hommes et femmes s’aspergent mutuellement d’eau colorée et de poudre en se souhaitant des vœux. Aïd-el-fitr La fête de l’Aïd-el-fitr marque la fin du Ramadan – la période de jeûne – des Musulmans. Des prières sont récitées dans les mosquées tout au long de la journée. Ougadi L’Ougadi est le Nouvel An Telugu, généralement célébré au mois de Mars.

Destination Ile Maurice – Une expérience inoubliable

Fête de Printemps Le Nouvel An chinois est célébré chaque année à une date différente, selon les écarts entre les calendriers solaires et lunaires. Les maisons sont nettoyées de fond en comble avant la fête. Ni couteau ni ciseaux ne sont utilisés le jour même de la célébration. Le rouge, symbole de bonheur, est la couleur dominante de cette journée. De la nourriture est offerte pour garantir que l’année à venir sera fructueuse et des gâteaux traditionnels de ‘Cire’ sont distribués aux parents et amis. Des bûchers sont allumés pour conjurer les mauvais esprits. Que ce soit dans votre hôtel ou sur la plage, la Séga, une danse inventée par les Mauriciens d’origine africaine, est désormais synonyme de «joie de vivre». La Séga, dans sa musique et sa forme, est propre à l’Ile Maurice. La Séga, essentiellement basée sur la musique africaine des esclaves, s’exécute aujourd’hui avec des instruments modernes et comporte les caractéristiques des influences musicales contemporaines. Le mouvement des pieds qui se frottent, le balancement des hanches et les sons lyriques créoles font partie intégrante de cette musique. De toute évidence, les esclaves ont commencé à danser la Séga pour oublier leur condition misérable. Il existe maintenant plusieurs variétés de Séga à l’Ile Maurice. La Séga classique (dont les instruments sont la ravanne, la maravanne et le triangle) a ses propres fidèles et adeptes. Cette «forme de Séga» a eu son propre poète: Ti Frère, qui mourut à 92 ans en laissant aux Mauriciens un héritage fabuleux. «Les Ségas de Ti Frère, selon l’écrivain mauricien JeanMarie Le Clézio, ne sont jamais ennuyeuses; il ne se lasse pas de créer des chansons de vacances. Elles sont dures et authentiques, sensuelles et profanes. Les jeunes et les responsables des loisirs hôteliers préfèrent de nos jours une version plus moderne de Séga, qui n’est pas

moins attractive. GRANDE BAIE La Grande Baie est le premier endroit de l’île à avoir vraiment connu un essor touristique. Paradis de loisirs et de shopping, la Grande Baie s’avère également être l’endroit où se dirigent les Mauriciens, en quête de distractions nocturnes (restaurants, bars et discothèques). Récemment rénovée, la plage de la Cuvette vaut le déplacement. PEREYBERE La magnifique plage publique Pereybere est populaire pour ses centres commerciaux, ses restaurants et bars. LES RUINES DE BALACLAVA A quelques mètres de la Baie aux Tortues, que les marins du 17ème siècle ont appelée ainsi à cause des nombreuses tortues de la région, se trouvent les ruines de l’ancien domaine Balaclava. Les visiteurs peuvent y voir les digues, dont les fondations d’origine ont été érigées par Mahé de Labourdonnais LE TRIOLET SHIVALA Village le plus étendu de l’île, le Triolet offre l’opportunité de visiter le plus grand temple hindou, le Maheswarnath, le premier qui fut construit en 1819 en l’honneur des Dieux Shiva, Krishna, Vishnu, Muruga, Brahma et Ganesha. LES VERGERS DE LABOURDONNAIS Venez découvrir une grande variété d’arbres fruitiers tropicaux, de fleurs exotiques colorées et parfumées. Des randonnées à vélo ou des excursions à pied sont possibles.

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Exodus nr 1  

About Africa & Diaspora. Featured interview: Cheikh Modibo Diarra, Mo Abudu, and others

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