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POUR LA REINE ET LE PAYS: LES REPARATEURS DANS LES RANGS!

SANTÉ ET SÉCURITÉ Repose sur tes Lauriers et tu te feras piquer!

INDUSTRIE INTERROMPUE Les tarifs de Trump jettent une ombre sur l’industrie automobile canadienne!

TROUVÉ AU QUÉBEC La quête du premier réparateur d’automobiles au Canada!

LA FINITION PARFAITE

La championne de Compétences Canada, Nicole Hamilton, trouve sa vocation!

Sans Limite Caroline Lacasse a un parcours professionnel unique et sinueux

PLUS Notre dette sans fin envers les mécaniciens de véhicules en uniforme; Profiter du chaos de l’industrie automobile; Redéfinir les rôles dans l’industrie et beaucoup plus!!! OCTOBRE 2018 l 4,95 $ l Convention de poste-publication numéro 40841632 l  86 John Street, Thornhill, ON L3T 1Y2

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CONTENUES

Volume 9 Numero 1, Octobre 2018

06 COUVERTURE 06 SANS LIMITE Caroline Lacasse a un parcours professionnel unique et sinueux!

ARTICLES 10 DANS LES RANGS Depuis son enfance, Cpl. Jesse Leblanc a toujours voulu être soldat. 18 LE VRAI COURAGE Peter Sziklai de Tsawwassen Collision en Colombie-Britannique, n’a pas peur de s’exprimer.

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23 SANTÉ ET SÉCURITÉ Repose sur tes Lauriers et tu te feras pique! 27 TROUVÉ AU QUÉBEC La quête du premier réparateur d’automobiles au Canada! 33 LA FINITION PARFAITE La championne de Compétences Canada, Nicole Hamilton, trouve sa vocation!

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NOUVELLES 45 NOUVELLES

SECTIONS VOTRE SOURCE INTERNET

04  LE MOT DE L’ÉDITEUR

La ressource au Canada pour des renseignements sur la carrosserie. De nouveaux articles et des grands titres à tous les jours. Visitez www.collisionquebec.com.

27  AVEUGLE MENANT L’AVEUGLE

par Darryl Simmons

par Andrew Marsh

39 APERÇU DE L’ÉDUCATEUR par Cecile Buckmeier

À VOUS LA PAROLE. Nous voulons connaître vos commentaires sur tout ce que vous lisez dans Collision Québec. Envoyez vos réactions à redacteur@mediamatters.ca

46  QUI EST AUX COMMANDES ? par Jar Perry

OCTOBRE 2018 COLLISION QUÉBEC  3


PAGE DE L’ÉDITEUR

RÉPARATEURS

ET COMMÉMORATION Notre dette sans fin envers les mécaniciens de véhicules en uniforme Par Darryl Simmons

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e 11 novembre 1918, le son des canons et des mortiers se tut. La Grande Guerre était terminée. Sur les 425 000 soldats canadiens qui ont servi outre-mer, un sur sept ne reviendrait pas. Mais pour ceux qui le faisaient, il était temps de rentrer chez eux. Sur les champs de bataille d’Europe, ces soldats connaissaient très bien les véhicules à essence, les véhicules blindés qui les conduisaient et les tranchées, les ambulances qui emportaient les blessés et les avions qui se battaient au-dessus d’eux.

Il incombait à ces jeunes anciens combattants de jeter les bases de l’industrie canadienne de la réparation des collisions, telle qu’elle est connue aujourd’hui. Ce numéro de Collision Québec, qui coïncide avec le 100e anniversaire de l’armistice, est dédié aux nombreux soldats courageux qui ont servi - et ont trop souvent perdu la vie - en tant que techniciens et réparateurs de véhicules. Dans notre article de couverture, nous sommes honorés d’avoir été invités à examiner de près les opérations vitales des hommes et des femmes courageux du Deuxième Ba-

Le dévouement de ces soldats est un atout pour notre pays. Leur engagement envers l’excellence devrait inspirer les techniciens dans chaque partie de notre industrie. C’était encore plus vrai pour les nombreux soldats qui avaient servi leur roi et leur empire dans le cadre du Corps de service de l’armée canadienne, rebaptisé Corps de service royal de l’Armée canadienne (CRASC) en reconnaissance de leur valeur. En dépit de l’entrainement circonspect et des outils inadéquats, ils exécutaient régulièrement des procédures que la plupart d’entre nous trouveraient impensables: réparer les rails des chars brisés par les mines et réparer les essieux alors que les véhicules coulaient dans la boue -le tout sous les feux de l’ennemi. Lorsque beaucoup d’entre eux avaient quitté le Canada, la vue d’une automobile était encore une nouveauté suffisante pour rassembler les foules. Au moment de l’armistice, l’économie nord-américaine s’était tournée vers la production de masse et la propriété automobile devenait rapidement généralisée.

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taillon des services, successeur du RCASC. En poste à Petawawa, en Ontario, ces soldats, dont plusieurs sont des anciens combattants de la guerre en Afghanistan, démontrent un engagement envers le métier, perfectionné par un entraînement ardu et le savoir que certaines vies dépendent de leur capacité à faire leur travail. Le dévouement de ces soldats est un atout pour notre pays. Leur engagement envers l’excellence devrait inspirer les techniciens dans chaque partie de notre industrie. Après tout, même pour les conducteurs civils, une réparation inadéquate peut être une question de vie ou de mort.

RÉDACTEUR EN CHEF GIDEON SCANLON (905) 370-0101 redacteur@mediamatters.ca ÉDITEUR DARRYL SIMMONS (647) 409-7070 publisher@collisionrepairmag.com DÉPARTEMENT CRÉATIF MICHELLE MILLER (905) 370-0101 michelle@mediamatters.ca V. P. RELATIONS AVEC L’INDUSTRIE ET PUBLICITÉ GLORIA MANN (647) 998-5677 advertising@collisionrepairmag.com DIRECTRICE GÉNÉRALE ELLEN SMITH (416) 312-7446 ellen@mediamatters.ca RESPONSABLE ADMINISTRATIF LAURA JENSEN CHRONIQUEURS ET CONTRIBUTEURS PETER DIEKMEYER, JAY PERRY, ANDREW SHEPHERD, ERIN MCLAUGLIN, PETER SZIKLAI, JOHN SCETTA, JORDAN ARSENEAULT

ABONNEMENT Un an 24,95 $ / deux ans 35,95 $ Collision Québec est une publication trimestrielle de Media Matters Inc. au service des intérêts commerciaux de l’industrie de la carrosserie. Les articles de Collision Québec ne peuvent être reproduits sous aucune forme sans l’autorisation écrite de l’éditeur. L’éditeur se réserve le droit de refuser toute publicité et décline toute responsabilité pour les opinions et déclarations faites par les publicitaires ou les chroniqueurs indépendants. Tout fait, opinion ou déclaration présenté dans cette publication appartient uniquement aux rédacteurs et chroniqueurs et ne peut être d’aucune façon considéré comme étant une déclaration, une opinion ou un témoignage de l’éditeur. IMPRIMÉ EN BEAUCE (QUÉBEC) PAR SOLISCO IMPRIMEURS ISSN 1707-6072 CONVENTION DE LA POSTE-PUBLICATIONS NUMÉRO 40841632 PORT DE RETOUR GARANTI Envoyez l’avis de changement d’adresse et les copies non livrées à : 455 Gilmour Peterborough ON K9H 2J8

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Collision Québec est publié par Media Matters Inc., l’éditeur de :


Science. Au service de la Vie.

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HISTOIRE D’UNE RÉUSSITE

Caroline lorsqu’elle était étudiante (1996)

Sans limite

Caroline Lacasse a un parcours professionnel unique et sinueux

PAR ERIN MCLAUGHLIN

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haque travailleur a une boîte à outils pleine de petits appareils, d’outils et autres embouts et pièces nécessaires pour exceller dans son travail. Ils sont essentiels pour un réparateur ; il s’agit de choses qui sont utilisées encore et encore tout au long de la journée. Mais qu’en est-il de votre boîte à outils invisible, celle qui se trouve dans votre cerveau, qui contient vos compétences, vos connaissances et votre compréhension du monde ? Sa taille est illimitée, mais pour la compléter il ne suffit pas de se rendre dans un magasin de bricolage. Apprendre demande de l’énergie, de la curiosité et beaucoup de travail pour élargir ses connaissances. Les avantages de l’apprentissage sont pourtant immenses. Détenir une telle boîte à outils invisible est quelque chose à laquelle Caroline Lacasse, qui est passée de carrossière à spécialiste du développement des organisations et de la formation, a consacré de nombreuses années, par sa propre formation et en formant les autres. Elle a obtenu un diplôme en réparation et installation électronique, un diplôme en carrosserie, un certificat en formation pédagogique et, plus récemment, une distinction et une maîtrise en psychologie ainsi qu’un doctorat en psychologie du travail et des organisations. Elle remarque qu’avoir un doctorat ne fait pas de vous

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La diversité des études de Caroline lui a permis de mener une carrière intéressante, riche de postes différents mais complémentaires.


HISTOIRE D’UNE RÉUSSITE

« Depuis toujours, j’essaie de créer mon propre environnement et mon propre emploi.» - Caroline Lacasse

Caroline en poste chez Volvo Mercede (1998)

un super-héros, cela « étoffe simplement votre boîte à outils ». La diversité de la formation suivie par Caroline lui a permis de profiter d’un parcours professionnel intéressant et varié. Elle a été technicienne électronique, carrossière et peintre, instructrice I-CAR, enseignante en carrosserie, chargée de cours à l’Université de Montréal, et est maintenant psychologue du travail. Caroline est également présidente du Comité du Québec. Même si ces postes sont assez différents les uns des autres, Caroline a su tirer des compétences et gagner de l’expérience de chacun d’entre eux et appliquer ces acquis dans chacune de ses fonctions. Avoir une réelle compréhension de la technologie automobile l’a aidée à enseigner et l’enseignement l’aide à communiquer avec les clients dans son poste actuel. Ce qu’on apprend ne concerne jamais qu’une seule profession—cela s’étend et participe à de nombreux aspects de votre vie personnelle et professionnelle de façon inattendue. Aujourd’hui, Caroline a de nombreux projets en cours. En tant que consultante, elle travaille avec des entreprises de carrosserie et autres pour les aider à trouver des moyens d’améliorer leurs performances. Les entreprises l’appellent parce qu’elles ont, par exemple, un taux de rotation important. Parce qu’il est coûteux et long de remplacer quelqu’un, il faut l’éviter. Caroline travaille avec ces entreprises, en définissant leurs besoins puis elle extrait des données à partir des entretiens, observations et rapports. Ensuite, elle peut faire des suggestions aux responsables sur la façon d’améliorer leur activité. Cela peut entraîner l’acquisition de nouvelles compétences par la formation,

l’entraînement, des changements dans la gestion, etc. Cela peut également nécessiter certaines révisions des procédures. Ces recommandations peuvent s’appliquer aussi bien aux employés qu’aux cadres. On lui demande parfois de créer des contenus de formation particuliers. Son expérience en automobile s’avère particulièrement utile dans ce cas. « Lorsque je dois créer du contenu technique, je travaille avec des experts en carrosserie même si je suis toujours à même de comprendre certaines parties du travail. Si je dois créer du contenu relatif aux compétences d’encadrement, mon expérience et ma formation en psychologie du travail m’aident à trouver la bonne approche et les bons thèmes. » Poursuivre des études supérieures est aussi

intimidant que difficile. Alors pourquoi le faire ? « Je pense que, comme quiconque dans ce secteur, j’ai ma propre boîte à outils pour la carrosserie, mais comme pour tout le monde, j’ai l’impression qu’elle ne contient jamais suffisamment d’outils. D’une certaine façon, cela peut faire la différence pour le travail que je fais parce que je peux utiliser des connaissances techniques et scientifiques, ainsi que ma propre expérience, pour en arriver aux meilleures conclusions et recommandations pour mes clients » ajoute Caroline. Terminer une formation peut être facilité si les étudiants font un effort pour nourrir et assouvir leur curiosité, et poursuivre leurs rêves et idées les plus fous. Les questions qui vous viennent à l’esprit peuvent sembler saugrenues ou ne nécessitant pas une attention

Enseignant un cours I-CAR (1999) Terminer ses études peut être facilité si les étudiants font l’effort de nourrir et d’assouvir leur curiosité, et poursuivent leurs rêves et idées les plus fous.

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HISTOIRE D’UNE RÉUSSITE

Sollicitant NACE Nace (2000)

de plus de quelques minutes ou secondes. Mais écouter votre curiosité augmentera non seulement le plaisir lié à votre formation, mais aidera l’industrie à gagner en qualité. « Terminer des études supérieures, si vous n’êtes pas curieux du tout, peut être vraiment difficile, » ajoute Caroline, qui poursuit « en raison du changement rapide de notre industrie, si vous n’êtes pas curieux, vous n’aurez pas envie de rester investi dans votre travail. Je pense que chacun des postes de ce secteur requiert de la curiosité. J’aime mieux comprendre et apprendre constamment. » Caroline possède deux facettes qui, au premier abord, ne semblent pas complémentaires, à savoir un intérêt pour le travail manuel et pour le monde universitaire. « Trop de personnes se forcent à choisir entre l’un ou l’autre et se mettent dans une case. Vous pouvez faire les deux, cela va aussi. » Trouver des façons d’utiliser ces deux aspects peut permettre à quelqu’un d’enrichir son parcours professionnel. Si vous aimez de nombreuses choses, pourquoi en choisir une ? Ce qui semble avoir réellement bénéficié au parcours professionnel et à la formation de Caroline est sa volonté de faire ce qui n’avait jamais été fait auparavant et de faire ce que les autres ne sont pas enclins à faire. « Je n’ai jamais voulu être comme les autres. J’ai toujours voulu faire des choses que personne n’aimait vraiment. » Cela l’a poussée à passer beaucoup de temps à enseigner et à étudier la statistique et les tests psychométriques, quelque chose qui selon elle n’est pas souvent apprécié par les étudiants. Cette volonté de regarder dehors ce qui est actuellement considéré comme normal est ce qui lui permet 8  COLLISION QUÉBEC  COLLISIONQUEBEC.COM

d’être innovante et unique dans son travail et ses points de vue. Cependant, le penchant naturel de Caroline pour « poursuivre ce qui ne l’est jamais » n’a pas toujours été la voie la plus simple. « Lorsque j’étais au lycée, je voulais me spécialiser dans l’électronique automobile. C’était dans les années 90 et les gens m’ont dit qu’il ne s’agissait pas d’un vrai travail. C’était presque la vérité à cette époque. Mais, aujourd’hui, quelqu’un peut définitivement y travailler

Caroline recevant le certificat d’instructeur électronique supérieur (2000)

et travailler beaucoup. S’entendre dire que le travail de vos rêves est hors de question peut être pour le moins décourageant. » Caroline recommande à ses étudiants de continuer de rêver s’ils ont une idée. Cet emploi ou cette technologie pourrait ne pas exister maintenant, mais l’être dans cinq ou dix ans. Vous pourriez même en être l’inventeur ! Rien n’est impossible. « J’ai toujours essayé de créer mon propre environnement et mon propre emploi » déclare Caroline.


PROFILS DE RÉUSSITE

LES RÉPARATEURS DANS LES

RANGS

D

ans un garage de la taille d’un entrepôt faiblement éclairé, rempli de véhicules blindés légers et de camions de convoi, Jesse Leblanc vit son rêve. Depuis son enfance, Leblanc a toujours voulu être soldat. «En grandissant, j’ai toujours joué à l’armée et je savais que l’armée était l’endroit où je voulais être», se souvient Leblanc.

PAR JORDAN ARSENEAULT

Aujourd’hui âgé de 27 ans, Leblanc travaille à temps plein comme technicien de véhicule pour les Forces canadiennes. Le garage de la taille d’un entrepôt, c’est bien son bureau et les véhicules à l’intérieur, ses projets de travail. Vêtu d’une combinaison de travail, Leblanc est à la maison. Sept ans auparavant, cependant, la réalité de Leblanc n’était pas plus qu’un rêve d’enfance. Plutôt que de s’enrôler immédiatement

après avoir quitté l’école, Leblanc s’est rendu au Collège Centennial de Scarborough, passant deux ans à suivre un cours pour devenir un technicien d’équipement lourd. À 20 ans, il a pris un emploi dans un atelier de machinerie lourde, réparant et entretenant une flotte de location. Malgré que l’emploi était stable et dans son domaine, le jeune homme n’était pas satisfait. Leblanc était déterminé à faire en sorte que

Cpl Broughton et Cpl Leblanc

Cpl Broughton and MCpl Mendoza devant) Cpl Ellis et Cpl Leblanc (à l’arrière)

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PROFILS DE RÉUSSITE

“Un jour, j’en ai eu assez d’y penser et j’ai décidé d’agir. ” - Cpl Jesse Leblanc

ses aspirations professionnelles ne s’envolent pas. «Un jour, j’en ai eu assez d’y penser et j’ai décidé d’agir.» - dit Leblanc Après avoir étudié les nombreux rôles disponibles pour les membres des Forces armées canadiennes, Leblanc a décidé de se présenter comme technicien de véhicule, se rendant compte que le poste lui permettrait de réunir sa passion pour les militaires et son expertise en tant que technicien. Six mois après avoir présenté sa demande, M. Leblanc s’est présenté une formation de base à SaintJean, au Québec, où il a passé trois mois. Après cela, il s’est rendu à Shilo, au Manitoba, où il a terminé sa qualification de soldat.  Afin de se qualifier en tant que technicien de véhicule, M. Leblanc a passé un an à Borden, en Ontario, où il a étudié et obtenu son niveau de qualification 3, soit la formation propre à son métier. Il a également acquis une compréhension plus approfondie de ce qu’il faut pour être membre des Forces armées canadiennes. «C’était une expérience vraiment cool, j’ai vraiment apprécié», déclare Leblanc. «C’est pour ça que je me suis engagé, c’est le genre de choses que je voulais faire. Je voulais être un technicien, mais je voulais aussi être dans l’armée.  Après quinze mois d’entraînement rigoureux, le rêve de Leblanc était devenu réalité, alors qu’il était prêt à entamer sa nouvelle carrière. Maintenant dans sa septième année avec les forces,

Cpl Broughton

Cpl Leblanc

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PROFILS DE RÉUSSITE

Cpl Ellis

Cpl Ellis et Cpl Leblanc

le parcours de Leblanc n’a pas manqué de répondre aux attentes de son enfance. Le soldat, qui était un sous-officier, a été promu caporal en 2015 et fait maintenant partie du 2e Bataillon des services, basé à la base militaire de Petawawa, en Ontario. «Je travaille personnellement dans un atelier de deuxième ligne, qui traite généralement de travaux plus importants», explique M. Leblanc. «Nous entretenons, réparons et révisons les véhicules terrestres. Tout ce que nous utilisons pour conduire, nous nous en occupons. ”  Depuis qu’il a terminé sa formation officielle pour son poste, Leblanc a continué à en apprendre davantage sur sa profession au cours de son séjour à Petawawa, plus particulièrement dans le domaine du diagnostic.  «Tout est différent, vous recevez des trucs que vous n’avez jamais vus auparavant et vous devez être capable de diagnostiquer les problèmes», dit Leblanc. Leblanc envisage également de continuer ses études dans les forces armées. Il est impatient d’achever sa qualification élémentaire en leadership , ce qui lui permettrait de prendre de plus grandes responsabilités.  «Je serais responsable d’une section de techniciens sur le plancher», dis Leblanc. “C’est certainement un rôle de leadership, un rôle qui vous oblige à être responsable de ceux que vous supervisez.”    En dehors de son travail, Leblanc a profité de l’occasion pour s’impliquer dans la communauté militaire et faire partie de 12  COLLISION QUÉBEC  COLLISIONQUEBEC.COM

l’équipe de rugby de la base. En octobre 2015, Leblanc a voyagé à l’étranger avec l’équipe, ce qui lui a permis de participer à des compétitions internationales. «J’ai eu beaucoup de belles opportunités non militaires qui me furent offertes en étant dans l’armée», dit Leblanc. «L’armée n’est pas juste qu’une carrière; c’est un style de vie qui vous offrira des opportunités que vous ne trouverez nulle part ailleurs.

Cpl Broughton, Cpl Ellis, Cpl Leblanc, Cpl Desjardins et MCpl Mendoza

Cpl Leblanc


RAPPORT DE POSTÉRITÉ

Henry Seth Taylor avec son Steam Buggy à Stanstead, au Québec, en 1867.

PERDU, MAIS PAS OUBLIÉ

La quête du premier réparateur d’automobiles au Canada

PAR GIDEON SCANLON

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’est le meilleur de l’été 1867 . De Halifax à Fort York, des célébrations publiques ont lieu en l’honneur de la récente confédération du Canada. Le plus inhabituel de ces festivals a eu lieu à Montréal. Les enfants victoriens courent partout, chassant des cerfs-volants enrubannés sur la pelouse. Les jeunes femmes corsetées, feignant l’évanouissement au soleil d’été, se réfugient à l’ombre des saules. Les jeunes hommes aux chapeaux haute-forme, ressentant un mélange de fierté et de culpabilité, se reprochent à tort d’être la cause de l’évanouissement. Des soldats à la robe rouge se dirigent vers ‘The Maple Leaf Forever’. Les personnes âgées s’assoient et regardent avec une sévérité pratiquée. Un whiz-bang-pop a annoncé l’arrivée du damné M. Henry Seth Taylor. Pire encore, il avait apporté son dernier engin irritant. «Mesdames et messieurs, garçons et filles, rassemblez-vous et permettez-moi de présenter 14  COLLISION QUÉBEC  COLLISIONQUEBEC.COM

une nouvelle calèche pour notre nouveau pays», a commencé le bouillonnant horloger devenu showman. «Le sujet de sa Majesté ne sera plus obligé de partager nos rues avec des chevaux. Ils ne vont plus souiller nos routes. Le Steam Buggy va changer le cours de l’histoire. Et vous serez parmi les premiers à le voir démontré. Avec cela, M. Taylor a lancé quelques leviers et des bouffées de vapeur ont été libérées par la conduite de la machine à vapeur. Irritée ou pas, la foule était fascinée.

Ils se sont déchaînés quand la machine a commencé à reculer de son propre chef. Même le conducteur d’une voiture quelques distances devant le Steam Buggy se retourna pour voir les raisons de toute cette agitation. Ce n’est que lorsque la voiture sans chevaux s’est approchée de la sienne que le conducteur a commencé à regretter sa décision. «À l’écart, monsieur, à l’écart», a crié l’inventeur, après avoir réalisé qu’il n’y avait pas assez de place pour tourn-

Le Steam Buggy est maintenant conservé au Musée canadien des transports


RAPPORT DE POSTÉRITÉ

Le Stanstead Opera House, construit en 1901.

Alors que de grandes histoires ont été transmises de réparateur en réparateur, les membres de l’industrie ont une terrible habitude d’oublier de les écrire.

Henry Smith Taylor est mort en 1887, peu après l’invention du moteur à combustion interne et son utilisation dans l’automobile.

er. Et puis il y eut un bruit sourd suivi du sifflement d’une énorme bouilloire. Pour toute l’inventivité de Taylor, il avait oublié d’installer des freins. Alors que Taylor considérait le jour comme un échec, la communauté de la réparation de collision ne devrait pas. De la fête publique, les restes de son précieux Steam Buggy ont été emportés vers le forgeron dans la ville natale de Taylor, à Stanstead, au Québec. Là, le forgeron, dont le nom reste perdu dans l’histoire, a réparé le véhicule et a involontairement donné naissance à l’industrie canadienne de la réparation de carrosserie. Cent cinquante et un ans plus tard, pour célébrer la fête du Canada, le personnel de Collision Québec a décidé de publier un article sur le premier centre de réparation de carrosserie au Canada. Il devint vite évident qu’il y avait un problème. Alors que de grandes histoires ont été transmises de réparateur en réparateur, les membres de l’industrie ont une terrible habitude d’oublier de les écrire. Les historiens ont eux aussi été tenus à l’écart de la nécessité de préserver les archives des débuts de l’industrie, même si deux établissements sont généralement reconnus comme candidats potentiels au titre des premiers établissements de réparation automobile du Canada. Selon le consensus général, le premier candidat plausible serait l’installation de Mimna Company à Wardsville, en Ontario. Bien que l’installation produise des véhicules depuis les années 1890, rien n’indique clairement que des réparations ont été effectuées sur le site. En fait, les automobiles étant un luxe réservé aux Canadiens les plus riches, leur soin et leur entretien étaient habituellement laissés aux chauffeurs. L’autre candidat est la Walkerville Wagon Factory à Windsor, en Ontario. Fondé en 1904 par Ford Canada pour éviter les tarifs douaniers sur les OCTOBRE 2018 COLLISION QUÉBEC 15


RAPPORT DE POSTÉRITÉ

La galerie d’art Olde Blacksmith à Stanstead, au Québec.

produits manufacturés américains, les documents indiquent clairement que les véhicules Ford ne sont pas seulement fabriqués, mais également réparés sur le site. Malheureusement pour le consensus général, c’est complètement faux. De nombreuses preuves montrent que le Steam Buggy a été réparé dans la forge de Stanstead en 1867. En 1868, non seulement Smith a repris son travail de démonstration de son étrange machine, mais il a apparemment remercié le forgeron pour son aide. En fait, malgré un certain nombre d’accidents qui ont rendu le véhicule inutilisable, il a continué d’être exposé après de courtes périodes de convalescence à Stanstead. Bien que certains puissent suggérer que la propre installation horlogère de Taylor serait aussi probablement un endroit où effectuer les réparations, cela serait peu plausible. Les outils d’horlogerie de l’époque étaient conçus pour n’usiner que des métaux malléables comme l’étain, l’or et l’argent. L’invention a été réalisée avec du fer. La forge - ou plutôt la forge et la réparation automobile - existe toujours et sert de galerie d’art. Présentant la preuve que le bâtiment était, en fait, la première installation de réparation de carrosserie au Canada, le propriétaire et conservateur Gabriel Safdie est amusé, mais pas entièrement surpris.

«Stanstead s’est toujours intéressé aux nouvelles technologies», dit-il. «En fait, nous avons également accueilli le premier cinéma en Amérique du Nord, en 1912.» Selon Safdie, la position de Stanstead en tant que bastion de langue anglaise relativement proche de Boston signifiait que la ville devenait très riche au 19e siècle en tant que centre d’échange commercial. C’est avec tant de contacts transfrontaliers et de riches excentriques des deux côtés de la frontière que cela a probablement favorisé une atmosphère de recherche culturelle et scientifique. Bien que la population n’ait jamais dépassé 3000 habitants, la ville abritait une école préparatoire respectée et un opéra, qui existent toujours. Bien que le nom du forgeron ait disparu de la mémoire, ses actions le montrent clairement comme le premier réparateur de collisions de l’histoire canadienne. Quant à son employeur pionnier, l’infamie n’a jamais été loin. En fait, au début des années 1870, la dernière promenade de Taylor sur le Steam Buggy a été publiée dans les journaux. L’inventeur a conduit sa machine sans frein sur une colline, avec des résultats prévisibles. Il a sauté hors de l’engin pour ne plus jamais monter une voiture sans chevaux.

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PROFILS DE RÉUSSITE

LE VRAI

COURAGE PAR GIDEON SCANLON

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Situé à Tsawwassen, une communauté juste au sud de la ville de Vancouver, Peter Sziklai a fondé Tsawwassen Collision en 1995.

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n ce qui concerne la réparation de nos véhicules, il y a beaucoup de mauvaises habitudes à casser. Les réparateurs, les assureurs et même les conducteurs ont fait les choses d’une façon particulière pendant 50 ans, mais les temps ont changé. Il est extrêmement difficile de changer une culture profondément enracinée, mais cela est également vital si nous voulons préserver la sécurité de nos routes.» À 66 ans, Peter Sziklai n’a pas peur de s’exprimer. En tant que fondateur de Tsawwassen Collision en Colombie-Britannique et membre du comité directeur du Forum canadien sur l’industrie de la collision, Sziklai a pris l’habitude d’exprimer des opinions qui, même si elles sont peut-être largement partagées, sont souvent passées sous silence. Au cours des deux dernières années, il a été un ardent défenseur d’un changement important dans la façon dont les recycleurs, les assureurs et même les chauffeurs pensent à leurs véhicules. «J’ai deux préoccupations importantes au sujet de l’industrie de la réparation de carrosserie. Premièrement, il existe une culture de l’oubli quant à la nécessité d’une formation à jour parmi les dirigeants d’entreprises », explique M. Sziklai, qui a fait ses débuts dans l’industrie en 1982. «Deuxièmement, les compagnies d’assurance, dans leurs évaluations de ce qui est requis ou non pour réparer un véhicule, travaillent à partir d’un modèle désuet.» Les deux sont des sujets sur lesquels Sziklai écrit régulièrement sur son site Internet de plaidoyer en ligne, Ready for its Next Accident? (rfina.ca). S’appuyant sur une ligne


PROFILS DE RÉUSSITE

L’exploitation en dehors d’un réseau n’a pas été un obstacle à la croissance de Tsawassen Collision. L’installation compte 18 baies de service et elle se retrouve dans le top 10% des installations de réparation de carrosserie dans la province en fonction du volume de réparations effectuées.

largement pragmatique, ses articles ne sont pas écrits à l’intention d’harceler les réparateurs sur leurs défaillances, mais plutôt pour présenter de manière convaincante la nécessité d’investir dans la formation et de s’assurer que chaque véhicule est réparé en toute sécurité. Dans toute carrière, il peut y avoir un coût à parler de problèmes avec le statu quo, avec un franc-parler qui ruinerait pour plusieurs la carrière et la réputation. En tant que propriétaire indépendant ayant une entreprise stable, Sziklai se sent dans une position privilégiée pour parler franchement. Il n’était pas toujours prêt à être un actif défenseur de cette l’industrie . Au cours des

années 1990 et au début des années 2000, il s’était consacré à faire de la société Tsawwassen Collision une entreprise stable et vers 2010, la vie était devenue confortable. Son entreprise avait pris de l’ampleur, lui assurant, à lui et à son équipe hautement efficace de 15 personnes, une source de revenus solide. Plutôt que de se mêler aux préoccupations quotidiennes, M. Sziklai a ensuite considéré que sa principale responsabilité consistait à fournir à son équipe un environnement sans stress. Ce n’est qu’en 2016 que Sziklai s’est senti encouragé à se faire entendre au sein de l’industrie après deux expériences éprouvantes. «J’ai rencontré un représentant d’un fabricant

Brent, l’un des experts en verre de Tsawwassen Collision, travaille dur. En 1995, la même année que sa fondation, la compagnie d’assurance de la Colombie-Britannique a accrédité l’installation. Aujourd’hui, il est accrédité pour le verre automobile et les réparations. À la mi-2016, moins d’un vingtième des centres de réparation de la Colombie-Britannique avait participé au programme I-CAR. Tsawwassen Collision était la neuvième installation de classe or dans la province. Ce printemps, il est devenu la première installation ProFirst au Canada, le programme de certification FEO pour Honda et Acura.

d’équipement d’origine qui a déclaré:« Je dirigeais un atelier indépendant qui générait des millions de dollars en réparations. Les clients nous aimaient et les assureurs aussi. Mais ce que je ne savais pas, c’était que chaque réparation était faite de la mauvaise façon», se souvient Sziklai. Le deuxième incident est survenu alors que Sziklai lisait Business Insider et a vu un article dans lequel le PDG de General Motors aurait déclaré: «Je pense que l’industrie automobile changera davantage au cours des cinq à dix prochaines années qu’au cours des 50 dernières. C’était un sentiment qui reflétait la propre perspective de Sziklai. Ces incidents ont suscité des bouleversements chez Sziklai. Il a décidé qu’il devait trouver un moyen de partager ses idées avec d’autres réparateurs. En tant que nouveau défenseur de l’industrie, il n’était pas tout à fait certain de la meilleure approche, mais une carrière en tant qu’homme d’affaires lui avait donné les outils nécessaires pour aller de l’avant avec ses idées. «Je ne peux pas vous dire combien de fois mon équipe a levé les yeux lorsque j’ai annoncé une nouvelle politique», explique Sziklai, «et elles sont souvent abandonnées ou considérablement modifiées après quelques semaines - mais sans risquer l’échec, nous ne pouvons jamais espérer accomplir quoi que ce soit au-delà du statu quo. À cette fin, Sziklai a fait appel à un concepteur Web pour lancer la page Ready For Its Next Accident. Dans son premier article, il a exposé ses grandes préoccupations concernant l’industrie et sa réponse lente au changement. OCTOBRE 2018 COLLISION QUÉBEC 19


PROFILS DE RÉUSSITE

Le succès de Tsawwassen Collision repose sur sa capacité à se forger une solide réputation auprès de la communauté locale. L’installation peut se targuer d’un classement 5 étoiles sur Facebook.

«La structure physique des véhicules d’aujourd’hui et les composants électroniques prenant en charge les fonctions de sécurité sont beaucoup plus complexes qu’ils ne l’étaient il y a cinq ans», a écrit Sziklai en juillet 2016. “Le passage à ces nouvelles méthodes a commencé ... [mais] l’industrie est encore dominée par les méthodes de réparation qui sont utilisées depuis 20 ans.” Au cours des deux années écoulées depuis sa publication initiale, Sziklai a publié plus de 40 autres articles sur le secteur de la réparation de carrosserie. Sziklai, qui couvre tout, des techniques procédurales à la politique des certifications et des programmes d’accréditation, n’a pas hésité à prendre des positions controversées, qui pourraient sembler inattendues de la part d’un opérateur indépendant. À une occasion, en janvier 2017, il a félicité les bannières des plus grands ateliers pour avoir encouragé leurs membres à obtenir leur accréditation, écrivant que «la forte vague de bannières devenant impliquées dans le processus d’accréditation incitera les indépendants progressistes à s’impliquer, ce qui sera bon pour l’industrie et tous les propriétaires de véhicules.» Bien que ses opinions ne soient pas toujours partagées par ses pairs, Sziklai en est venu à reconnaître le succès d’un article par les réactions suscitées du public.“Quelque chose que j’ai remarqué, c’est que lorsqu’un écrit est accueilli avec un silence inconfortable, c’est parce que j’ai dit quelque chose qui a touché une corde sensible.” Une raison pour laquelle les lecteurs réagissent de cette manière est que 20  COLLISION QUÉBEC  COLLISIONQUEBEC.COM

Excestru mquiam et occabo. moluptio to em dolum necto est, il magnam soupta.

possiblement, Sziklai ne laisse pas beaucoup de place au désaccord. En présentant ses arguments, ses articles s’appuient sur des arguments factuels, ce qui n’est pas surprenant, étant donné son intérêt à expérimenter de nouvelles idées. L’approche de Sziklai lui permettait de se sentir un peu en décalage avec certains de ses pairs, mais il pense maintenant que les réparateurs sont plus ouverts aux nouvelles idées. Bien qu’il n’y ait pas de consensus ferme sur la manière dont les ateliers de réparation indépendants devraient aborder les changements radicaux auxquels l’industrie est confrontée, de nombreux propriétaires explorent activement des solutions.

Avec une équipe de 15 personnes, Sziklai, titulaire d’un MBA, croit fermement que son travail le plus important est de s’assurer que tout le monde puisse se concentrer sur ce qu’il fait le mieux.

«Il existe trois approches pour gérer ces changements spectaculaires. La foule qui suit tant bien que mal, qui semble totalement inconsciente de la situation, et ceux qui sont du genre «Je ne veux pas m’engager, alors je les laisse s’épuiser» - ce qui n’est pas un modèle commercial totalement déraisonnable. Ensuite, il y a le troisième groupe, dont je suis membre. Nous sommes de ceux qui savent que nous devrons apporter des changements, mais nous devons continuer à trouver le comment. Je suis juste assez têtu pour le faire jusqu’à ce que nous le fassions.»


PROFILS DE RÉUSSITE

Peter Sziklai dans son bureau. Le vétéran propriétaire est membre du comité directeur de la CCIF, la chambre de commerce de Delta.

«Certains peuvent appeler cela un parcours indépendant, mais je pense que c’est juste être têtu. Je pense que l’équipe serait d’accord.»

Rfina.ca a été lancé à l’été 2016. À ce jour, le site Web compte plus de 40 publications. Au printemps dernier, Sziklai a écrit sa première rubrique pour Collision Québec. Sa rubrique dans ce numéro se trouve à la page 25.

- Peter Sziklai Pour ses efforts visant à offrir des conseils et des solutions à l’industrie, ses articles lui ont certainement apporté beaucoup de soutien dans la communauté. Ils ont également contraint certains réparateurs de carrosseries à faire face à des vérités difficiles. À plus d’une occasion, des pairs de l’industrie lui ont demandé pourquoi il se donnait la peine de poursuivre sa croisade. «Certains peuvent appeler cela un parcours indépendant, mais je pense que c’est juste être têtu», dit Peter Sziklai. “Je pense que l’équipe serait d’accord.”

Nina Uppal est l’une des armes secrètes de Sziklai. Il estime qu’un personnel de soutien solide fournissant aux réparateurs des informations précises est la clé pour effectuer des réparations sûres et accroître la productivité.

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SANTÉ ET SÉCURITÉ

REPOSE SUR TES LAURIERS ET TU TE FERAS PIQUER

S

oyons francs. La santé et sécurité au travail n’est pas un sujet d’actualité qui attire l’attention des réparateurs ou de la direction, même si c’est légiféré et que c’est une action socialement responsable. Et pourquoi ça ? Est-ce un scepticisme quant à l’efficacité des programmes de prévention des accidents du travail? Peut-être que cela est dû au fait de ne pas avoir le temps de mettre en place un programme ou que cela coûte trop cher? Peut-être parce que personne dans l’entreprise

L’équipe Gateway Autobody est mieux informée sur les questions de sécurité , avec une équipe dirigée par le personnel qui organise des réunions publiques pour discuter des problèmes.

n’a récemment eu un accident de travail; ou la conviction que la sécurité fait partie du bon sens, alors un programme formel n’est-il pas nécessaire? Quelle que soit la raison, l’appel à des programmes de santé et sécurité sur le lieu de travail ne va pas disparaître. Malgré des générations d’améliorations apportées aux installations de réparation de carrosserie au Canada, aucune entreprise, petite ou grande, n’est à l’abri des dangers, des accidents ou des dommages à la santé de quelqu’un en milieu

de travail. La sécurité n’est pas accidentelle: la plupart des accidents se produisent parce qu’ils ne sont pas prévenus. Alors, que va-t-il falloir pour que les propriétaires d’ateliers embarquent? Un incident majeur au travail? Un lien humain avec un être cher ou un ami blessé sur son lieu de travail? Une solide justification économique? Toutes ces situations risquent de conduire à réexaminer la manière d’améliorer la sécurité au travail. Pour qu’il y ait changement, cependant, la sécurité doit devenir un état d’esprit et doit engendrer des habitudes. Les lieux de travail dotés de programmes de santé et de sécurité efficaces vous diront qu’une transformation culturelle est nécessaire, et cela prend du temps. Un leadership visible est indispensable à la réussite du lancement, de la maintenance et avec le temps, de la rapidité de la croissance du programme. Kelly Kostynyk, propriétaire de l’entreprise certifiée Manitoba SafeWork, Gateway Autobody, affirme que la lenteur de certains établissements à intégrer la santé et la sécurité n’est généralement pas due à un manque de préoccupation, mais à la croyance en la sécurité des pratiques existantes. OCTOBRE 2018 COLLISION QUÉBEC 23


SANTÉ ET SÉCURITÉ

Entreprise certifiée Manitoba SafeWork, Gateway Autobody a ouvert ses portes en 1953. Malgré un bilan solide en matière de sécurité au niveau de l’atelier, les inspections ont rapidement montré qu’il était temps de repenser les procédures de sécurité.

«Je pensais que puisque notre atelier est beaucoup plus sûr aujourd’hui que lorsque mon père a ouvert son entreprise en 1953 et au cours des décennies qui ont suivi, que nous opérions un atelier sécuritaire», déclare Kosynyk. En tant que petite entreprise, Gateway Autobody n’avait ni l’expertise ni le temps nécessaires pour créer, développer, mettre en œuvre et faire grandir un programme de sécurité alors un responsable de la sécurité a donc été engagé pour fournir des conseils. Kostynyk a rapidement perdu son niveau de confiance après une première inspection. «Ce n’est que lorsque nous avons entamé ce voyage vers la certification de sécurité que j’ai réalisé qu’il y avait tant d’autres dangers que je n’avais pas pris en compte.» - Kelly Kosynyk L’équipe de direction a dû surmonter le cynisme initial des employés après avoir été informée que l’entreprise envisageait de devenir certifiée en matière de sécurité. Un leadership visible est impératif pour un lancement réussi de toute initiative en matière de santé et de sécurité. Un comité de six personnes dirigé par des employés a donc été formé.   «Je n’avais pas besoin d’être plus convaincu.  J’avais besoin d’aide pour l’accomplir.  C’est ici que notre responsable de la sécurité, notre responsable de la sécurité des employés et notre comité de santé et de sécurité au travail ont pris la relève.  Tout ce dont ils avaient besoin de moi, c’était la reconnaissance et le 24  COLLISION QUÉBEC  COLLISIONQUEBEC.COM

«Ce n’est que lorsque nous avons entamé ce voyage vers la certification de sécurité que j’ai réalisé qu’il y avait tant d’autres dangers que je n’avais pas pris en compte.» - Kelly Kosynyk soutien continu de leurs initiatives.» Sans l’adhésion généralisée des employés, il peut cependant être difficile de générer la synergie nécessaire pour faire la différence. Il a fallu quelques inspections - et les actions correctives rapides de la direction pour remédier aux lacunes et aux dangers identifiés par les employés - avant que toute l’équipe soit convaincue de se joindre à nous. Un comité de santé et de sécurité au travail dirigé par les employés a également contribué à légitimer la sincérité et l’engagement de la direction à rendre le travail plus sécuritaire. Les résultats des inspections, l’analyse des risques professionnels, les données sur les accidents et les blessures ont été discutés lors de diners pizza. Bientôt, le comité composé de six membres s’est élargi de manière informelle pour inclure les membres du

personnel en tant que non-membres qui pouvait observer les réunions. Alors que l’agent de sécurité commençait à travailler à l’atelier une fois par semaine, après quelques mois, ce fut ramené à une fois toutes les deux semaines. Aujourd’hui, l’officier se rend chaque mois pour travailler sur de nouvelles procédures de travail sécurisées, à la formation, ou assister à des réunions trimestrielles et fournir un soutien lors des inspections de sécurité et des suivis. L’équipe Gateway Autobody est mieux informée sur les questions de sécurité , avec une équipe dirigée par le personnel qui organise des réunions publiques pour discuter des problèmes. Après une brillante carrière dans le secteur à but non lucratif, Jachnycky a rejoint l’entreprise familiale en 2014. Elle a assumé des fonctions de direction auprès de petites, moyennes et grandes entreprises et a travaillé avec divers groupes de clients et professionnels dans les domaines de la planification stratégique et opérationnelle, du développement communautaire, de l’administration et des finances. Theresa détient une maîtrise en administration des services de santé et en médecine communautaire de l’Université de l’Alberta et un baccalauréat ès arts de l’Université du Manitoba.


ADAS

AVEUGLE MENANT L’AVEUGLE Profiter du chaos de l’industrie automobile

Par Andrew Marsh, Directeur de l’ingénierie, ‘ezimethods.com’

L

e véhicule est notre point de mire. Pour chacun de nos clients, c’est unique et complexe, et il n’y a pas de moyen générique de le réparer. Le fabricant du véhicule construit chaque véhicule à partir d’une série d’éléments modulaires, mais trop souvent, les données analytiques alimentant l’enregistrement du véhicule et la reconnaissance du NIV ne permettent pas de déterminer quels sont les

Dans l’ensemble, les systèmes ADAS sont des systèmes de défense des véhicules qui aident le conducteur à minimiser les risques de collision, mais le conducteur a le contrôle général. ADAS peut également «parler» au système de gestion du moteur, à la transmission et à la direction assistée électrique, au SRS, aux ceintures de sécurité et aux freins à commande électronique. Oui, c’est vraiment un LAN.  

La suite de capteurs ADAS et la technologie de support peuvent changer radicalement au cours de la durée de vie d’un modèle. modules présents dans le véhicule endommagé. Les réparateurs sont aveugles, les assureurs sont aveugles et les consommateurs sont aveugles. Pendant de nombreuses années, le secteur de la réparation de carrosserie est resté centré sur les panneaux de diagnostic et pourtant, la complexité des véhicules n’est pas ancrée dans le panneau lui-même, mais dans le matériel électronique, le micrologiciel électronique et les logiciels. Prenez des systèmes avancés d’aide au conducteur (ADAS) pour illustrer la manière dont les nouveaux systèmes arrivent et se répartissent dans l’ensemble des véhicules. ADAS utilise généralement une ou plusieurs caméras orientées vers l’avant, qui peuvent percevoir des objets jusqu’à 500 m d’avance. Celles-ci sont complétées par des modules à plages multiples, avec une portée optimale, généralement fixée à 60 m et 250 m, et à des formes de lidar précoces occasionnelles, permettant de détecter à moins de 10 m. L’arrière du véhicule peut avoir une caméra de recul et jusqu’à trois modules de radar, prenant soin de l’angle mort du conducteur.

Cependant, il y a eu au moins trois révolutions technologiques depuis l’apparition des premiers modèles ADAS en 2001, et même si un véhicule d’une année de modèle donnée pouvait avoir ces systèmes, la réalité est que si certains étaient équipés de nombreux capteurs, la majorité ne l’était pas. Alors, qu’est-ce qui se trouve dans le véhicule en route vers un réparateur? De plus en plus chaque année. Il suffit de considérer qu’une Mercedes-Benz A classe W177 de 2019 peut contenir autant de capteurs qu’une Mercedes S class W222 de 2014. C’est la démocratisation de la sécurité en évolution. OK, le premier problème est de savoir ce qui est en place, et après la réparation, le second est de s’assurer que ces systèmes fonctionnent. Il existe trois méthodes d’étalonnage: 1. Statique, à partir de 2001. Cela implique l’utilisation de cartes cibles et la configuration du véhicule comme s’il subissait un alignement aux quatre roues. Sauf que certains équipements d’origine (FEO) ont besoin OCTOBRE 2018 COLLISION QUÉBEC 27


ADAS

d’un peu d’espace - beaucoup d’espace. Que pensez-vous de jusqu’à 6 mètres de large par 2 mètres de profondeur devant le véhicule et de 14 mètres de large par huit mètres de profondeur derrière le véhicule? Que voulez-vous dire, vous devez réparer d’autres véhicules dans votre garage? De plus, le processus d’étalonnage sera complété par un outil de diagnostic. 2. Dynamique, à partir de 2008. Cela implique une configuration initiale très simple suivie d’un test sur route au cours duquel le système est calibré à partir d’un logiciel exécuté d’un ordinateur portable opérant un outil de diagnostic. Cette approche nécessite un conducteur et une autre personne qui s’occuperait de l’étalonnage pendant la conduite. 3. Plug and play, à partir de 2017. L’approche utilise une technologie de capteur autoadaptable. À ce jour, les seules applications sont apparues sur les modules de radar arrière, mais d’autres sont à venir. Attendez! Rappelez-vous que les premières caméras orientées vers l’avant pouvaient “voir” l’objet, mais n’avaient aucune idée de la distance à laquelle il était. Désormais, c’est chose faite.  Cela illustre un autre problème. La suite de capteurs ADAS et la technologie de support peuvent changer radicalement au cours de la durée de vie d’un modèle, ce qui signifie que nous devons - nous devons - utiliser des méthodes FEO pour

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comprendre ce qui doit être fait et quand. L’opportunité? Alors que les manufacturiers passent à une technologie améliorée, les éditions plus anciennes se vendent à des prix toujours plus bas. Cela signifie que nous pouvons voir une technologie de capteur de basse gamme sur certains modèles, vivant heureusement sous des bannières de technologie «radar» ou «caméra», mais étant en réalité d’une autre époque. Et bientôt, la technologie de pointe actuelle suivra ces traces. Devinez qui supportera chaque version de ces systèmes de modèle année par année? Les réparateurs de collision et les assureurs automobiles! Apprendre à connaître ces systèmes n’est pas facile, mais cela fait partie de ce que nous devons faire dans notre secteur. Nous serons là pour soutenir les véhicules longtemps après la vente initiale de ces véhicules neufs. Voici la pensée finale. Investissez dans la capacité du logiciel, mais n’oubliez pas les compétences existantes ou le développement professionnel continu, car avec le temps, ils deviendront plus précieux. Il y a tellement plus à accomplir afin que le travail soit fait correctement que de simplement brancher une boîte de diagnostique. Andrew Marsh is the engineering director of ‘ezimethods.com’, which he cofounded in 2011. It provides OEM based repair methods and information via a user friendly and cost effective web service. It is now sold globally, including North America, Australia and the U.K.


PROFIL DE L’ÉTABLISSEMENT

ATTIRER LES JEUNES TALENTS Redéfinir les rôles dans l’industrie

L Patrice Marcil, président du Forum canadien de l’industrie de la carrosserie

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e recrutement de jeunes adultes pour entrer dans l’industrie de la réparation des collisions semble être un peu difficile, du moins dans certaines provinces canadiennes. Patrice Marcil, président du Forum canadien de l’industrie de la carrosserie, a expliqué que les nombres d’inscriptions dépendent tous de l’économie de chaque province. «À l’heure actuelle, l’Alberta manque d’inscription parce que l’industrie pétrolière se porte mieux, tant de gens vont dans cette industrie», a-t-il déclaré. Cependant, à Montréal, il y a beaucoup d’inscriptions parce qu’ils ont un cours du soir, ce qui permet aux jeunes adultes de travailler pendant la journée et ensuite d’assister aux cours le soir. John No r ris, d ire c te u r g é n é ra l d e l’Organisation d’assistance en matière d’information sur l’industrie de la collision en Ontario, a publié des informations indiquant

PAR LINDSEY COOKE que l’Ontario avait enregistré des records cette année avec 746 apprentis inscrits. Marcil a souligné le fait que l’économie joue un rôle énorme dans cette situation, mais les prix des outils aussi. Kyle Salmers, un apprenti technicien de camion et d’autocar de première année âgé de 22 ans, affirme que le coût des outils et de l’équipement sortis de la poche de l’étudiant est une des raisons pour lesquelles les gens hésitent à entrer dans l’industrie. «Un bon point de départ serait une subvention beaucoup plus importante à la fin de l’année scolaire pour les outils», at-il déclaré. «L’achat d’outils est extrêmement coûteux et c’est une des raisons majeures pour laquelle les gens ne s’en soucient même pas. Un ensemble complet d’outils coûte entre 5 000$ et 8 000$. » «Je suis en première année d’apprenti et j’ai déjà dépensé plus de 10 mille dollars sur le camion-outil», a-t-il expliqué.


PROFIL DE L’ÉTABLISSEMENT

Marcil a déclaré que c’est une autre question sous-jacente qui devrait être abordée par l’industrie afin d’attirer et de recruter plus de jeunes talents. «C’est définitivement un obstacle majeur», a-t-il ajouté. Il a souligné qu’il existe d’autres métiers, tels que la construction, où les coffres à outils sont moins chers, tandis qu’un réparateur de carrosserie peut dépenser jusqu’à 5 000 dollars et s’attendre à obtenir des salaires moindres au début. Marcil croit que le gouvernement devrait intervenir pour fournir plus d’incitatifs aux étudiants qui veulent suivre les cours et acheter les outils, ou que les étudiants dans ce métier devraient recevoir des prêts spéciaux pour les outils dont ils ont besoin. Le CCIF travaille sur différentes stratégies et moyens pour résoudre ce problème. Le forum de l’industrie publie des enquêtes auprès des étudiants deux fois par an, depuis deux ans, afin de mieux comprendre ce que les étudiants recherchent dans le domaine de la réparation des collisions. Ils sont également convaincus qu’il existe une idée fausse à propos de ce métier. Beaucoup de gens croient ce qu’ils voient à la télévi-

Les outils Kyle Salmers coûtent entre 5 000$ et 8 000$.

sion. Ils pensent que dans cette industrie, il n’y a qu’un seul rôle et que ce rôle démontre des environnements de travail mauvais et dangereux, de bas salaires et une qualité de vie généralement médiocre; alors qu’en fait, il y a beaucoup plus de rôles dans l’industrie maintenant, a expliqué Marcil. Il y a des représentants du service à la clientèle, des évaluateurs, des techniciens, des mécaniciens et la liste est longue.

«Les rôles ont changé», a-t-il déclaré. En réponse, le CCIF a travaillé sur de courts segments vidéo de 30 secondes à afficher sur leurs plates-formes de médias sociaux, montrant de jeunes adultes dans différents postes au sein de l’industrie. Cela sensibilise les jeunes talents à cette industrie et, espéronsle, à une plus grande attraction nationale. “Je pense que c’est ce que l’industrie est”, a ajouté Marcil.

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DERNIÈRE NOUVELLE

Nicole Hamilton est tombée amoureuse de l’idée de travailler dans un atelier de carrosserie lors d’un projet d’observation d’écoles secondaires.

LA FINITION PARFAITE

La championne de Compétences Canada, Nicole Hamilton, trouve sa vocation PAR JORDAN ARSENEAULT Nicole Hamilton, au centre, réclame de l’or pour la Nouvelle-Écosse à Compétences Canada en 2018.

À

seulement 24 ans, Nicole Hamilton s’est déjà fait un nom dans le secteur de la réparation de carrosserie après avoir remporté une médaille d’or au concours Compétences Canada d’Edmonton cette année. Malgré sa reconnaissance nationale, Hamilton a découvert sa passion pour la peinture automobile. Inscrite à un programme d’options au secondaire, elle a été chargée de choisir un emploi auquel me jumeler. «Au départ, je voulais faire de l’art et du design de jeux vidéo, mais il n’y avait pas beaucoup d’endroits en Nouvelle-Écosse pour le faire», a déclaré Hamilton.   Après avoir été conseillée par son instructeur de programme pour poursuivre une carrière qui utiliserait ses solides compétences en mathématiques, elle a décidé de s’essayer à un métier. Il a suffi d’un voyage dans un atelier de réparation de voitures avant que la résidente de la Nouvelle-Écosse ne soit accrochée; s’inscrivant à OCTOBRE 2018 COLLISION QUÉBEC 33


DERNIÈRE NOUVELLE

un programme de réparation et de retouche de carrosseries automobiles peu après. À l’âge de 20 ans et inscrite dans un établissement postsecondaire, Hamilton a commencé à participer à des concours de peinture automobile. Les ateliers de carrosserie locaux ont rapidement commencé à remarquer son travail. «Le mari de ma cousine m’a demandé si je cherchais un emploi et si cela m’intéressait de travailler pour eux», a-t-elle déclaré. “J’avais attiré l’attention de son patron après qu’un journal local ait écrit un article sur le concours de compétences.” Après seulement deux compétitions provinciales, Hamilton s’est qualifiée pour son premier événement national de Compétences Canada. Elle passerait deux jours à concurrencer les meilleurs du Canada à Saskatoon.   «J’étais un peu nerveuse, mais je savais ce que je devais faire», a déclaré Hamilton. “Je n’étais pas préparée à toutes les prises de caméras et vidéos au cours des deux jours, mais je n’ai pas trouvé ça mauvais après que ce fut terminé.” Hamilton s’est classée cinquième sur huit concurrents, ne manquant que de quelques points le podium. Son expérience fut une motivation pour y retourner. Elle avait très envie de gagner et, par-dessus tout, elle souhaitait continuellement améliorer ses compétences en tant que peintre. Ce fut un tournant majeur dans sa carrière de jeune ouvrière.  «En posant des questions aux juges sur la façon dont je pourrais améliorer ou sur ce que je pourrais faire mieux, cela m’a beaucoup aidé à retourner à l’atelier en Nouvelle-Écosse», a déclaré Hamilton.“J’ai vraiment grandi en tant que technicienne en peinture.”

Nicole Hamilton célèbre avec ses coéquipières provinciales

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Nicole Hamilton pose avec la médaille d’or de Compétences Canada.

L’ampleur de la croissance d’Hamilton était indéniable. Elle s’est qualifiée pour les deux compétitions nationales suivantes, continuant à poser des questions et à observer les grands talents qui l’entouraient. En dépit d’avoir terminé hors du podium à ses trois premières compétitions nationales, Hamilton est demeurée concentrée et déterminée à améliorer ses performances précédentes. À 24 ans, la compétition nationale de cette année à Edmonton serait la dernière chance de Hamilton à remporter une médaille d’or. Après avoir combattu au cours des cinq dernières années, Hamilton avait plus que prouvé sa capacité

technique d’élite. En tant que seule rapatriée de l’événement de l’année dernière, Hamilton n’a pas seulement participé à la compétition, mais a également encadré son entourage. Espérant que son travail acharné avait porté ses fruits, elle a attendu patiemment l’annonce des gagnants. «Entendre mon nom appelé pour l’or sera toujours un moment mémorable pour moi», a déclaré Hamilton. «Connaître si bien les juges et rencontrer autant d’amis dans l’industrie ouvrira de nombreuses portes pour moi.» Ce sont des connexions comme celles-ci qui ont profité à tant de concurrents antérieurs. «Nous avons eu des cas où des entreprises à l’événement ont offert du travail aux participants immédiatement», a déclaré Shaun Thorson, chef de la direction de Compétences Canada. «Beaucoup de gens peuvent faire du travail de qualité et beaucoup de gens peuvent travailler rapidement. Ce qui distingue nos lauréats de ces personnes, c’est qu’ils peuvent faire les deux.» Ce sont des qualités que Hamilton peut porter fièrement dans sa carrière à l’avenir. Étant maintenant graduée et ayant obtenu sa certification de Sceau rouge, il est difficile de savoir quelle sera la prochaine étape pour la femme de métier. Une chose est sûre, Hamilton restera active dans cette compétition qui a tant fait pour sa carrière.  «De là, je resterai impliqué dans les compétences par le biais des anciens», a déclaré Hamilton. «J’espère vraiment devenir un juge, afin que je puisse voir d’autres apprentis comme moi grandir et rivaliser.»


PROBLÈMES FEO Windsor, Ontario. Souvent appelé «South Detroit» par les groupes locaux et les groupes pop, serait particulièrement touché par les tarifs proposés par Trump sur les véhicules.

Industrie Interrompue Les tarifs de Trump jettent une ombre sur l’industrie automobile canadienne

À

l’occasion de la fête du Canada, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a présenté le plus grand effort de représailles entrepris par le Canada dans le domaine du commerce après la guerre. Selon son point de vue, cette action était soit un point de fierté nationale, soit un état de panique. Au Canada, il y a énormément de soutien pour cette action. La déclaration de tarifs de Trumps en juin sur l’acier et l’aluminium canadiens est une menace pour l’industrie automobile au Canada, certaines estimations suggérant qu’elles pourraient nous coûter plus de 100 000 emplois. Les enquêtes montrent que plus de 90% des répondants informés les considèrent comme nécessaires. Même les parlementaires étaient tous convaincus de la nécessité d’une réponse sérieuse. Ils ont passé ces actions à l’unanimité.  Au cours des dernières décennies, l’économie mondiale n’a connu qu’une tendance générale vers un commerce plus ouvert et des barrières nationales plus souples en termes de droits de douane sur les produits et les matières premières. Cette longue marche vers un réseau commercial mondial plus ouvert a inauguré l’ère de la mondialisation qui a pris son essor à la fin des années 80 et a facilité une ère dorée du commerce transfrontalier. En assouplissant les tarifs, l’inflation des prix était généralement contenue. En fait, le prix 36  COLLISION QUÉBEC  COLLISIONQUEBEC.COM

de nombreux produits ménagers courants a en fait diminué au cours de cette période, les produits asiatiques à bon marché ayant inondé l’économie mondiale. Mais maintenant, la tendance générale vers un commerce mondial plus libre est sans doute terminée. Le système de libre-échange mondialisé qui a vu le jour au cours des dernières décennies semble être en train de s’éteindre. Et c’est inquiétant. Les décideurs de l’après-guerre ont cherché à éviter un système commercial mondial dans lequel chaque pays rivaliserait entre eux pour bloquer les exportations étrangères. On pensait que ce genre d’environnement commercial mercantiliste favorisait les conflits, travaillait

contre la paix mondiale. Mais maintenant, l’administration Trump menace de sanctions l’échange commercial d’une manière qui n’a pas été le cas à cette ère moderne. Son administration menace les actions commerciales à plusieurs niveaux, dont le principal impact a été de semer la confusion parmi les élites commerciales et gouvernementales. Comment les effets de ce nouveau chaos commercial mondial se feront-ils sentir dans le secteur canadien du marché secondaire de l’automobile, en particulier dans le secteur de la réparation après collision? C’est difficile à dire, mais il y a quelques résultats potentiels qui peuvent être considérés de manière spéculative.

Aquila Pugnat Castora. Les tarifs de Trump représentent le point le plus bas des relations transfrontalières depuis la guerre de 1812, lorsque l’Amérique a envahi les provinces du Haut et du Bas-Canada.


PROBLÈMES FEO

Les tarifs appliqués par le gouvernement libéral lors de la fête du Canada passée sont en représailles aux tarifs Trump sur l’acier et l’aluminium. Ces nouveaux tarifs sur les produits de base utilisés pour construire des carrosseries pourraient vraisemblablement augmenter le coût des réparations. À un moment donné, la hausse des prix des produits de base tels que l’acier et l’aluminium se transfèrera dans le coût des panneaux de carrosserie et des pièces de rechange. Et cela pourrait être une préoccupation pour les propriétaires d’atelier. D’un autre côté, il se pourrait que l’augmentation du prix de l’aluminium ralentisse les fabriquants automobiles à l’adoption du métal léger, mais coûteux, dans les carrosseries. Il convient également de noter que Trump a réfléchi à la nécessité de réformer les normes de kilométrage CAFE acceptées à l’époque d’Obama. L’industrie automobile était sur le point de réaliser le mandat du gouvernement, à savoir que les voitures atteignent plus de 50 milles au galon après 2020. Il est largement admis que cette exigence aurait conduit à l’adoption de l’aluminium dans les panneaux de carrosserie. Mais si ces réglementations de l’ère Obama étaient abandonnées, cela ralentirait vraisemblablement l’adoption de l’aluminium dans les carrosseries. Une autre menace de Trump consiste à appliquer un tarif de 25% sur les automobiles importées aux États-Unis. À ce jour, plus de 80% de la production de véhicules canadiens va vers le sud de la frontière, suggérant qu’un tel tarif aura un impact beaucoup plus sérieux sur l’économie. Alors qu’il est maintenant impossible d’adopter un tel régime sans l’approbation du Congrès, un projet de loi divulgué deux jours seulement avant notre fête nationale a révélé qu’il avait l’intention de modifier les règles. La loi sur le commerce équitable et réciproque, ou la loi FART telle que mieux connue, donnerait au président le pouvoir de prendre des décisions commerciales unilatérales. Si de tels tarifs devaient être introduits, on pense qu’une ville automobile comme Windsor en souffrirait. Cela pourrait poser problème aux ateliers locaux de réparation de carrosserie. Cette zone du pays a toujours bénéficié d’une acquisition généralisée des véhicules grâce aux réductions accordées par les fabricants aux employés. Si le niveau d’emploi des FEO diminue sensiblement, l’économie locale suivrait également. Mais il est probable que les ventes de voitures à travers le pays ralentiraient à la suite d’un tel tarif. Si le Canada exerçait des représailles avec un tarif similaire, une estimation est que 5 000 dollars seraient ajoutés au coût d’un véhicule moyen. Ce type de hausse soudaine des coûts ralentirait sûrement la vente de nouveaux véhicules. Fait intéressant, l’effet potentiel du ralentissement des ventes de voitures neuves pourrait être bénéfique pour le secteur de la réparation de carrosserie.Avec moins de voitures vendues, l’adoption des systèmes ADAS dans le parc automobile national serait ralentie. L’adoption de nouveaux véhicules en aluminium pourrait également ralentir. Cela dit, il y a beaucoup d’inconnues dans ce phénomène. Pour deviner cela, une supposition. Les guerres commerciales actuelles sont tellement inattendues, appliquées aux industries si grandes et complexes, que toutes les prédictions entraînent plus qu’un peu d’incertitude. L’ère Trump pourrait signifier la fin de décennies d’intégration économique mondiale plus étroite. Un changement si profond que tout chef d’entreprise se doit de surveiller dans les années à venir.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a présenté le plus grand effort de représailles entrepris par le Canada dans le commerce après la guerre.

Anthony Scaramucci, ancien directeur des communications de la Maison-Blanche, a brutalement critiqué la loi FART. «Ça sent mauvais.»

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APERÇU DE L’ÉDUCATEUR

LE PETIT NOUVEAU PAR CECILE BUKMEIER

S

avoir que vous avez des gens sur qui s’appuyer est extrêmement important dans ce secteur. En fait, se sentir isolé est une raison majeure pour laquelle de nombreuses personnes quittent leur lieu de travail. Par conséquent, le mentorat peut avoir un impact important sur la culture du secteur de la réparation. Si les gens sentent qu’ils s’intègrent et sont soutenus, ils seront satisfaits sur leur lieu de travail, s’engageront dans des procédures de réparation et deviendront des employés meilleurs et plus fiables. Au secondaire, mon expérience initiale dans la réparation des collisions fut difficile et je me sentais souvent isolée et seule. Mon premier patron m’a encouragé à me joindre à la réception et à ne pas travailler à l’arrière de l’atelier, car c’était un «environnement exigeant». Je lui ai dit que je voulais apprendre la réparation de carrosserie et que je ferais tout ce qui est nécessaire pour faire partie de l’atelier. À contrecœur, il m’a donné un poste de nettoyage dans l’atelier, où j’étais chargé de balayer les planchers et de sortir les pièces usagées et les ordures. Je savais que je devais commencer quelque part et je pensais que si je prouvais que je pouvais manipuler des pièces lourdes et garder le magasin propre, je serais éventuellement promue à la station de lavage ou à la station de préparation. FALL 2018    BODYWORX PROFESSIONAL OCTOBRE 2018 COLLISION QUÉBEC 39


APERÇU DE L’ÉDUCATEUR

Après un début de carrière difficile, Cecile a hâte d’utiliser sa position pour faciliter l’entrée sur le marché du travail aux personnes d’origines diverses.

Il a toujours semblé que les techniciens essayaient de me tenir occupé avec le nettoyage. Je me sentais comme personne ne voulait m’aider à progresser dans l’apprentissage de l’industrie. Des ordures étaient jetées sur le sol, même s’il y avait des poubelles tous les dix pieds. Pendant que je nettoyais, je voyais mes collègues jeter du papier à poncer dans la direction opposée à la poubelle, en riant. Quand j’ai demandé aux techniciens de me montrer ce sur quoi ils travaillaient, ils me

disaient qu’ils étaient trop occupés et qu’ils m’instruisaient à balayer leur stand et à retirer les pièces usagées à la place. Je n’avais pas d’amis dans l’industrie de l’automobile. Mes amis de mon secondaire ne comprenaient pas pourquoi je voudrais travailler dans un environnement bruyant, poussiéreux et exigeant. Aucun d’entre eux n’avait la même passion pour les véhicules que moi. Ils disaient souvent «à quoi tu t’attends, tu ne devrais pas être dans un atelier»

Cecile travaillant avec un étudiant. Au cours de son propre apprentissage, elle avait été découragée par des mois de travail passés sur des tâches mineures comme le balayage.

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ou «ce n’est pas une place pour toi» lorsque je leur parlais de mes difficultés. Ils ont dit que c’était irréaliste de ma part de croire que les techniciens me prendraient au sérieux. Ils prenaient les ateliers comme un lieu où les gars pouvaient passer du temps entre eux. Je sentais que personne ne comprenait mes initiatives d’apprentissage décourageant. J’ai commencé à me sentir déprimée après plusieurs mois de balayage et de sorties de poubelles. C’était injuste que les techniciens et le gestionnaire ne me prenaient pas au sérieux en tant qu’apprentie pleine d’espoir. J’ai commencé à croire que je n’aurais jamais l’occasion d’élever mes capacités et de devenir une technicienne de la carrosserie automobile si je continuais à jouer ce rôle dans lequel je me retrouvais. Ce n’est que lorsque j’ai suivi un programme de préapprentissage de 12 semaines que j’ai commencé à acquérir des connaissances pratiques. C’était extrêmement important, car cela m’a permis de progresser dans mes études avant d’essayer de retourner dans un atelier. Je me suis finalement fait des amis qui partageaient mon intérêt pour la carrosserie d’auto, et les étudiants et les enseignants ont été d’un grand soutien pendant le processus d’apprentissage à l’école. Dans le cadre de notre évaluation durant ce cours, nous avons dû effectuer une expérience de travail dans un atelier de carrosserie. J’ai rencontré des gérants d’atelier et je leur ai dit qu’un stage de quatre semaines faisait partie du pro-


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Après plusieurs mois à demander de participer à d’autres tâches en plus de balayer ou de sortir des ordures, je me suis senti découragé. gramme de formation et que je devais travailler sur des tâches qu’un apprenti technicien en carrosserie accomplirait. J’ai été confronté à des froncements de sourcils et à des questions sur mes compétences et mon confort avec le travail acharné. Je suis allé dans au moins une douzaine d’ateliers avant d’en trouver un qui a accepté de me prendre en charge. Mon travail consistait à poncer et masquer des véhicules pour la remise en état. J’ai rencontré le peintre et le gestionnaire lui a dit qu’il serait responsable de surveiller mon entraînement et de s’assurer que je faisais le travail correctement. J’ai essayé de faire tout ce qu’il me disait, mais après quelques semaines, il a cessé de me diriger. Je le voyais retirer mon masquage dans la cabine et refaire presque tous les travaux que je lui envoyais. J’étais confuse quant au pourquoi et quand je lui ai demandé, il m’a dit de ne pas m’en faire. J’ai commencé à recevoir différents types d’emplois, tels que peindre les murs de l’atelier, organiser les panneaux de carrosserie et réapprovisionner les fournitures de préparation.

Cécile travaille dans une cabine de peinture. Quand elle a commencé à postuler pour un emploi de technicienne en réparation de carrosseries, elle se faisait refuser «encore et encore».

Le courage et la ténacité de Cécile l’ont peut-être gardé dans le jeu, mais ses propres talents ont contribué à faire d’elle une vedette de l’industrie. Lors de la compétition nationale d’habiletés 2013 au Canada, elle a remporté l’or.

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Avec de l’aide, mes compétences et mes connaissances ont prospéré, tout comme l’atelier. J’ai pu développer des relations avec les nouveaux employés et ils m’ont montré du respect. Nous avons tous pu travailler en équipe. Après le stage de 4 semaines, le directeur m’a dit qu’ils me garderaient et me paieraient le salaire minimum. J’ai décidé de rester et de faire plus d’efforts pour effectuer des réparations de qualité. Je me suis assuré que mon masquage était serré, sans poches et j’ai essayé de faire en sorte que mon blocage soit fait correctement. Mes tâches assignées prenaient plus de temps, mais elles étaient meilleures et je n’y ai pas vu autant de révision qu’avant. Au bout d’un mois, un autre préparateur plus expérimenté et efficace a été embauché. Peu de temps après, mon manager m’a dit qu’il y avait un manque de travail dans l’atelier et qu’ils ne pourraient pas me garder comme

apprentie. Même si j’ai été abandonnée, je n’ai pas laissé tomber. Je savais que je pouvais réussir dans le métier avec plus de pratique. J’ai parcouru la ville avec mes nouveaux CV, à la recherche d’un emploi. Je me sentais en confiance maintenant que j’avais plus d’expérience et de connaissance de l’industrie. J’ai finalement trouvé un emploi dans un petit atelier familial. Je serais la seule apprentie, je serais donc obligée de compléter tous les aspects du processus de réparation, du démontage aux réparation de carrosseries mineures et de la peinture au remontage des véhicules réparés. Avec de l’aide, mes compétences et mes connaissances ont prospéré,

tout comme l’atelier. J’ai pu développer des relations avec les nouveaux employés et ils m’ont montré du respect. Nous avons tous pu travailler en équipe. Personne ne peut s’attendre à être compétent en commençant. Transmettre ses connaissances et son expérience devrait être l’objectif de toute personne compétente dans une profession. Certaines personnes peuvent vouloir quitter lorsqu’elles ne se sentent pas soutenues. Résoudre les problèmes, corriger les erreurs et orienter les apprentis vers les bonnes méthodes de réparation est très important pour la survie du commerce. Avoir un effectif diversifié et inclusif dans les ateliers gardera en vie le désir de travailler dans la répartion de carrosserie. Après tout, les apprentis doivent suivre la majeure partie de leur formation en atelier. Sans une forme de mentorat, l’expérience d’apprentissage peut être amoindrie. Cecile Bukmeier est instructrice en carrosseries au Northern Alberta Institute of Technology. Vous pouvez lui envoyer un courriel à CECILEB@nait.ca.

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NOUVELLES

RÉPRESSION DISTRAITE Les conducteurs québécois devraient déposer leur téléphone ou risquer de faire face à la colère de la province et à de nouvelles amendes douloureuses. Ceux qui utilisent des téléphones portables au volant recevront désormais des contraventions allant jusqu’à 600 dollars et cinq points d’inaptitude. Les personnes qui ont déjà été confrontées à des scandales liés au téléphone portable sont confrontées à des réponses encore plus sévères, la police pouvant suspendre leurs permis jusqu’à un mois. Jusqu’à fin juin, les amendes étaient plafonnées à 100 dollars et à quatre points.  Bien que les nouvelles ne soient pas les bienvenues pour les conducteurs de la province, leurs rivaux pédalant verront également de nouvelles amendes. Les cyclistes qui portent des écouteurs ou utilisent leur téléphone seront désormais passibles d’une amende de 100 dollars.

L’usine de Verbom à Sherbrooke, au Québec.

CCIF MONTRÉAL BRISE LES RECORDS DE FRÉQUENTATION. En mai, le Forum canadien de l’industrie de la collision (CCIF) a tenu une réunion record avec plus de 400 réparateurs de collision, fabricants et fournisseurs progressistes qui se sont réunis pour résoudre certains des problèmes les plus pressants auxquels l’industrie est confrontée. Tenu à l’Hotel le Marriott Airport, la réunion était un véritable incontournable du marché

de l’automobile. Débutant par un événement de réseautage le jeudi soir, de nouvelles amitiés ont été nouées et de vieux amis ont eu la chance de se reconnecter. À la fin de la conférence, Marcil a prononcé un discours de clôture, remerciant les participants pour leurs efforts au cours du forum et l’importance du rôle du CCIF au sein de la communauté de la réparation.

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QUI CONDUIT?

LES BONS INGRÉDIENTS... La confiance n’est pas un état ou une condition dans lequel vous entrez sans réfléchir Par Jay Perry

L

a complexité fait partie des affaires. Pouvoir simplifier la complexité est un signe de génie. Si le leader ne peut pas simplifier pour tout le monde dans l’organisation les complexités inhérentes à l’entreprise, les gens deviendront confus, désabusés, mal inspirés ou pires, découragés.Vous pouvez envisager quatre bases pour vous aider à développer cet attribut essentiel. La confiance est où tout commence positivement. De toute évidence, la confiance n’est pas un état ou une condition dans lequel vous entrez comme dans un café. Elle doit être gagnée. Vous gagnez confiance

La permission de faire des erreurs est quelque chose qui, à première vue, peut sembler contraire au paragraphe précédent. C’est faux. Des erreurs sont commises chaque jour par tous. Il ne s’agit pas de ne pas commettre d’erreurs. Il s’agit d’une reconnaissance rapide, d’une correction rapide et d’une réorientation rapide des efforts afin que les erreurs ne se répètent pas. Nous allons faire des erreurs. Revenez-en. D’autre part, donner l’autorisation à vos employés de commettre ces erreurs est ce qui stimulera l’innovation. L’innovation est ce qui vous permet de rester en tête. Le plus souvent, nous voyons des organisations qui

«Il ne se passe guère une semaine où un «dirigeant» politique ou commercial doit prononcer un discours de mea culpa. Autant ils pensent qu’ils prennent la responsabilité d’une action flagrante, autant ce n’est pas le cas. » en ayant un comportement cohérent au fil du temps. C’est gagné en faisant ce que vous dites que vous allez faire. Même si cela coûte cher, cela en vaut la peine à long terme. Si vous livrez toujours votre message, vous aurez gagné la confiance des personnes dont vous avez besoin pour vous aider à atteindre vos objectifs. Un manquement et vous devez tout recommencer. C’est si important et si délicat. Soyez donc très attentif et objectif en matière de confiance. La responsabilité est un mot jeté comme des échantillons de bonbons. Il ne se passe guère une semaine où un «dirigeant» politique ou commercial doit prononcer un discours de mea culpa. Autant ils pensent qu’ils prennent la responsabilité d’une action flagrante, autant ce n’est pas le cas. » Prendre des responsabilités commence longtemps avant que les choses ne se dérobent et que les gens soient pris à faire quelque chose de mal. Cela signifie passer du temps avec les gens en vous assurant que vous les connaissez et leurs capacités ainsi que leurs désirs et la direction dans laquelle la moralité pointe. C’est prendre ses responsabilités. Dans sa forme la plus vraie, c’est proactif, cela pose les fondations capables de supporter le poids et de résister à la pression lorsque le vent de changement souffle plus fort. 46  COLLISION QUÉBEC  COLLISIONQUEBEC.COM

s’appuient sur les discours «comme nous le faisons ici» qui pénalisent la créativité et l’expérimentation. Vous devez budgétiser et planifier des idées novatrices qui vous aideront à rester en tête et, par-dessus tout, vous pouvez conduire l’attitude appropriée dans toute l’organisation en célébrant les tentatives qui échouent. Faire preuve de plaidoyer à chaque occasion. Lorsque vous vous familiarisez complètement avec le mot défenseur, vous réalisez que cela peut aussi être simplifié. C’est une personne qui protège et protège les intérêts de l’entreprise. C’est le contraire de prendre des risques imprudemment. Si toute l’équipe comprend cela, elle prend elle aussi les bonnes décisions en équilibrant tous les ingrédients mentionnés ci-dessus, créant ainsi un lieu créatif et amusant pour innover et se retrouver au sommet. C’est la façon dont vous restez le seul à conduire. Jay Perry est co-auteur du livre Success Manifesto avec Brian Tracy, et le fondateur d’Ally Business Coaching, une société d’amélioration des processus et de développement du leadership. Il peut être joint à jayperry@a-b-c-inc.com.


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