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Supplément Campagne 2012 septembre - octobre 2012 Lettre d’information du Collectif Guatemala

« Mais pourquoi le Collectif Guatemala s’acharne-t-il donc contre l’entreprise Perenco ? »

Sommaire

La militarisation en Amérique latine : un autre dérivé du pétrole de Perenco? p.2-3 Entretien avec les invités représentants des communautés du Petén p. 4 Accès à la justice et inégalités: le point de vue de Ramón Cadena p. 5 Violation des droits humains dans la zone d’exploitation de la filiale guatémaltèque de Perenco p. 6 Agenda

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Collectif Guatemala 21 ter, rue Voltaire 75011 Paris - France Tel: 01 43 73 49 60 collectifguatemala@gmail.com www.collectifguatemala.org

Directrice de publication : Isabelle Tauty Chamale ISSN 1277 51 69 Ont participé à ce numéro : Amandine Grandjean, Vanessa Góngora, Marilyne Griffon, Grégory Lassalle, Isabelle Tauty, Martin Willaume.

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Par le Collectif Guatemala

n 2011, à la sortie de l’exposition du quai Branly sur les Mayas - sponsorisée par Perenco - un militant du Collectif Guatemala distribue des tracts. Un employé de l’entreprise pétrolière s’approche du militant, refuse le tract puis s’agace : « Mais pourquoi vous acharnez vous donc contre nous ? Vous feriez mieux d’enquêter sur Total. Perenco, c’est une petite compagnie… ». Une petite compagnie… qui permet à ses (discrets) actionnaires d’enregistrer de belles recettes. La famille Perrodo est, selon la revue Challenges, la 21ème fortune française en 2012. Aussi, la comparaison entre les beaux bureaux parisiens de l’entreprise et les conditions de vie minables des populations locales dans sa zone d’exploitation justifierait par elle seule un « acharnement » contre ce fleuron de l’industrie française. Perenco se défend en argumentant qu’il participe au développement du Petén à travers des projets de santé et d’éducation notamment. Mais est-ce au secteur privé, préoccupé principalement par ses intérêts particuliers, d’articuler les politiques économiques et sociales censées profiter à tous les Guatémaltèques ? Un autre motif d’ « acharnement » est l’analyse du réseau qu’a su créer l’entreprise pour favoriser ses projets. En se rapprochant de l’oligarchie nationale et en finançant l’institution militaire, Perenco s’allie avec des secteurs qui ont eu un sombre rôle dans l’histoire récente du Guatemala. La condamnation récente d’un fonctionnaire du Conseil national des aires protégées (CONAP) qui a favorisé l’entreprise lors du renouvellement de son contrat en 2010 démontre que Perenco sait également jouer de son influence à l’intérieur de l’appareil d’État. De surcroît, Perenco, comme toutes les entreprises d’extraction, a un impact négatif sur l’environnement. Certes, nous n’avons aucune preuve que Perenco soit responsable de marées noires comme BP ou Total. Mais l’exploitation d’hydrocarbures dans la zone protégée de la Laguna del Tigre, au détriment des lois nationales et des conventions internationales, est caractéristique de la vision à court terme du capitalisme qui met en danger des sites naturels et des populations pour permettre l’accumulation immédiate de profits. Enfin, notre « acharnement » trouve son fondement dans le principe de solidarité internationale. Si nos ami(e)s guatémaltèques sont victimes d’abus de la part d’une autorité ou d’une entreprise et qu’ils souhaitent les dénoncer, nous les soutenons, d’autant plus quand il s’agit de groupes français. C’est pourquoi, fin septembre, nous accueillons une délégation guatémaltèque en Europe. L’avocat Ramón Cadena et deux représentants communautaires, Mario Ramos et Hilda Ventura , viennent témoigner des « méthodes » de Perenco et chercher des solutions légales et politiques avec les associations françaises. Un des objectifs est d’exiger une législation sur la responsabilité pénale des sociétés mères et de leurs filiales puisque qu’actuellement, en France, il n’est pas possible de poursuivre légalement une entreprise dont la filiale commet des exactions à l’étranger. De nombreuses associations françaises attendent un signe fort de la part du nouveau gouvernement en matière de bonne gouvernance environnementale et sociale. Ces modifications au niveau du droit devront également être accompagnées d’un changement dans les pratiques diplomatiques. Dès 2006, un conseiller en poste au Guatemala avouait au Collectif Guatemala : « Nous pouvons vous aider à dénoncer les entreprises minières canadiennes … Mais on ne peut pas toucher à Perenco ». En 2010, dans un contexte de mobilisation sociale contre le renouvellement du contrat de Perenco par l’État guatémaltèque, le besoin d’appui diplomatique se fait plus pressant. L’ambassadrice de France au Guatemala interpelle l’environnementaliste Yuri Melini qui a déposé plusieurs plaintes contre l’État en sollicitant l’annulation dudit contrat, et partage avec lui son incompréhension et son inquiétude concernant « les actions légales menées à l’encontre de Perenco ». Le contrat finalement signé, l’ambassade conseille à Perenco de mieux communiquer sur ses actions sociales et de s’impliquer dans la défense du patrimoine en finançant l’exposition sur les Mayas au musée des Arts premiers du quai Branly. Certes, dans la bataille actuelle pour le contrôle de ressources naturelles, toutes les représentations diplomatiques usent de leur influence pour défendre les intérêts des entreprises nationales. D’un côté, ces pays « amis » du Guatemala, contribuent à des institutions qui renforcent la démocratie, comme la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG) ; de l’autre, ils soutiennent des entreprises qui contreviennent à l’émergence d’un état de droit. Avec plus de quinze assassinats par jour et des taux record de pauvreté et d’impunité, le Guatemala mériterait que l’on « s’acharne » à exiger un autre type de coopération ! ■ Solidarité Guatemala n°200 septembre - octobre 2012

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Campagne 2012 La militarisation en Amérique latine : un autre dérivé du pétrole de Perenco ? Par Grégory Lassalle Qui connaît la famille Perrodo, 21ème fortune française et propriétaire de la compagnie de pétrole Perenco ?Pas grand monde… Les amoureux de bon vin peut-être, ceux qui ont eu la chance de goûter le cru Labergoce Margaux, également propriété de la famille. Ou les passionnés d’arts premiers, qui se sont régalés au musée du Quai Branly en 2011, devant l’exposition sur les Mayas, financée par Perenco. Ou encore des organisations sociales d’Amérique latine qui dénoncent les liens entre l’entreprise pétrolière et les institutions militaires ou paramilitaires.

L

a maison est située à l’entrée d’une communauté du Si la riposte de l’armée contre les FAR fut la preuve la plus Petén. Dans l’entrebâillement de la porte dépassent marquante de la connivence entre militaires et secteur pétrolier des feuilles soigneusement pliées, qui proviennent pendant le conflit armé, la situation ne devait pas évoluer après d’un de ces cahiers de classe qu’on trouve dans les les Accords de paix de 1996. Certes, les généraux ne sont plus tiendas (petites boutiques) guatémaltèques. Sur ces feuilles, un au pouvoir et Gilberte Beaux après être devenue « riche »3 a texte décrit l’histoire de l’attaque des puits de pétrole Xan par vendu ses installations. Mais c’est toujours une entreprise franla guérilla en 1986. Malgré les 25 ans qui ont passé, Carlos1 a çaise qui exploite la concession 2-85. Et cette multinationale a peur de donner une interview filmée et préfère raconter par elle aussi un bel avenir avec l’institution militaire… Depuis écrit cette attaque des Forces Armées Rebelles (FAR) contre 2010, dans le cadre d’un accord avec l’État, Perenco finance le l’entreprise pétrolière dirigée, à l’époque, par la femme fonctionnement d’un bataillon militaire dans sa zone d’exploid’affaire française Gilberte Beaux, Basic Resources : « Nous tation. Le « Bataillon vert », officiellement chargé de protéger avons rassemblé les travailleurs pour leur expliquer qu’on la nature et de lutter contre les narcotrafiquants, vient se rajouallait détruire les installations car le pétrole appartient à tous ter au dispositif militaire déjà présent. Pour les communautés les Guatémaltèques et pas à ces entreprises étrangères qui ne de la Laguna del Tigre, la plupart victimes de la répression nous laissent rien… Nous les avons fait partir puis nous avons militaire dans les années 80, cette militarisation poursuit un mis le feu aux machines et au puits ». Puis Carlos explique autre objectif : empêcher les mobilisations sociales afin de facomment les militaires ont riposté à cet attentat : « L’armée ciliter le développement de mégas projets (exploitation pétronous a bombardé de manière continue car l’opération au puits lière, barrage hydroélectrique, etc.) dans la zone au profit du de pétrole leur a fait mal. Je pense qu’ils nous bombardaient secteur privé national et international. Les faits en témoignent : avec du phosphore blanc puisqu’aux endroits où explosaient les militaires contrôlent les voies de communication et le prinles bombes, tout prenait feu et les arbres brûlaient comme du cipal détachement militaire est situé à l’entrée de la concession plastique. ». de Perenco. En 1985, pendant une réception à l’ambassade américaine, la Le cas du Guatemala est-il un cas isolé ? En avril 2009, banquière Gilberte Beaux recevait une bonne nouvelle. Un François Perrodo, le propriétaire de Perenco et Alan García, Guatémaltèque s’approche d’elle et lui glisse : « Vous avez alors président du Pérou (2006-2011), se réunissent afin de gagné Madame. Les milifinaliser les termes du taires sont avec vous »2. contrat d’exploitation du En effet, jusqu’alors, le Bloc 67 dans le départegouvernement nationaliste ment du Loreto, en du militaire Lucas García Amazonie. Un projet rechignait à offrir le controversé mais déclaré pétrole guatémaltèque à « d’intérêt national » et une multinationale. Mais possédant des réserves les importants appuis estimées à 200 millions de qu’avait su trouver barils. Au programme de Gilberte Beaux – membres la discussion également, de la CIA, de l’oligarchie les vives tensions sociales guatémaltèque et diplodans la région. En effet, mates – avaient su le depuis le mois d’avril, convaincre. Basic Re30 000 personnes se mobisources obtint donc le lisent dans cinq provinces droit d’exploiter pour 25 amazoniennes afin d’exians la concession 2-85 ger l’annulation des désituée dans la Laguna del crets relatifs à la mise en Tigre, la plus grande zone œuvre du Traité de Libre humided’Amérique cenÉchange entre les États trale. Unis et le Pérou, qui Dessin d’M’ric réalisé pour le Collectif Guatemala 2

Solidarité Guatemala n°200 septembre - octobre 2012


Campagne 2012 « permet la privatisation de la forêt en faveur des transnationales »4. Dans une lettre au gouvernement, plusieurs compagnies pétrolières, dont Perenco et Repsol sollicitent une intervention. Perenco signale que ses « navires ont été bloqués sur le fleuve Napo et, avec eux, du matériel de construction, du matériel destiné aux essais de puits et aux forages … »5. Le 8 mai 2009, « afin de rétablir l’ordre public et la légalité », le gouvernement péruvien décrète l’état d’urgence et suspend les droits constitutionnels. Malgré la condamnation de cette déclaration par l’ONU, des forces de sécurité sont mobilisées. Le 5 juin 2009, des effectifs de la Direction Nationale des Opérations Spéciales accompagnés de militaires répriment le blocage de Bagua. Quatre policiers et vingt autochtones meurent dans l’affrontement. En Colombie, pays qui vit toujours un conflit armé interne, Perenco est accusé d’avoir financé les tristement célèbres groupes armés d’autodéfenses de Casanaré (AUC). Selon un article publié par le média colombien El Espectador en janvier 2012, Perenco fut la cible des guérilleros qui opéraient dans la région du Casanaré où l’entreprise possède des puits. En 2000, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) auraient dynamité un oléoduc. En 2002, un hélicoptère aurait été volé par un commando de l’Armée de libération nationale (ELN). Selon El Espectador, l’entreprise aurait cherché l’appui des AUC en échange de la protection de ses installations pétrolières contre de possibles attentats de la guérilla. Plusieurs témoignages de membres de ce groupe paramilitaire illégal viennent confirmer cette thèse. En février 2010, l’ex-commandant Daniel Rendon Herrera déclare à l’Unité de Justice et Paix qu’entre 2002 et 2005 Perenco les finançait et leur donnait du combustible. En novembre 2011, un autre ex-paramilitaire, Vargas Gordillo, étaie cette version devant la justice colombienne : Perenco aurait en effet collaboré avec le commando dirigé par Martin Llanos : « Les messieurs de l’entreprise se réunissaient avec Luis Eduardo Ramirez6 […] Perenco nous fournissait en essence et nous donnait 50 à 100 millions de pesos par mois7 […] Aussi, ils nous payaient pour que l’on escorte leurs camions ». Perenco n’est évidemment pas un cas isolé dans l’industrie pétrolière. Mais cette jeune société indépendante semble avoir bien appris des méthodes utilisées par ses consœurs. Le rapprochement avec les institutions militaires de pays latino-américains de droite lui a permis de sécuriser ses investissements en diminuant la force de frappe des mouvements sociaux et/ou armés. Cette stratégie, alliée avec une notoriété reconnue dans le secteur pétrolier et une transformation de son modèle économique, lui permet aussi de réaliser de beaux résultats financiers. Dans son classement 2012 des plus grandes fortunes professionnelles de France, la revue Challenges positionne la famille Perrodo, propriétaire de l’entreprise Perenco à la 21ème place, avec un patrimoine professionnel estimé à plus de 2 milliards d’euros. ■ 1 Le nom a été changé afin de préserver l’anonymat de la personne interrogée 2 Gilberte Beaux. « Une femme libre ». Fayard. 2006 3 Idem 4 Source AIDESEP 5 Gouvernement du Pérou. Déclaration de l’état d’urgence. 2009 6 Ex-commandant dans le Casanaré et supposé responsable de l’enlèvement de 300 personnes 7 Entre 20 000 et 40 000 euros

Tribune rédigée en décembre 2011 par Jean Ziegler et le Collectif Guatemala parue dans Libération (http://tinyurl.com/cfucjmb)

Guatemala, militaires et multinationales « Le crime organisé, comme les multinationales, profite largement des failles d’un système politique, économique et juridique au service des grands propriétaires, des hommes politiques corrompus et des cartels de la drogue. Pour cette oligarchie de facto, la présence militaire rassure voire, assure la poursuite de leurs activités. La discrète multinationale franco-britannique Perenco n’a d’ailleurs pas attendu les résultats de cette élection pour prendre appui sur les forces armées. La compagnie exploite le pétrole du Guatemala depuis 2001 et a obtenu la reconduction de son contrat pétrolier à l’été 2010. Mais dans le pays de l’éternelle injustice, il est des communautés qui résistent encore. C’est le cas des habitants de la Laguna del Tigre qui vivent au milieu des puits de Perenco. La région est l’une des dernières frontières agricoles pour les populations sans terre de l’Altiplano, contraintes à l’exode par les monocultures de café, de sucre et d’agrocombustibles. La Laguna del Tigre, située dans le département du Péten, abrite la zone humide la plus importante de Mésoamérique. Région frontalière avec le Mexique, sa richesse est telle qu’elle a été déclarée zone naturelle protégée par le Guatemala en 1989 et par la convention Ramsar sur les zones humides d’importance internationale depuis 1990. Mais les implications de ce statut s’appliquent en deux poids, deux mesures : les communautés paysannes se font expulser manu militari alors même que les narcotrafiquants se sont vu légaliser la propriété sur leurs terres et que Perenco a pu reconduire son contrat d’exploitation pour quinze années supplémentaires. De plus, les installations pétrolières de cette dernière bénéficient de la protection du «Bataillon vert», créé spécifiquement par le gouvernement guatémaltèque en septembre 2010 et composé de militaires chargés de la «protection de l’environnement» et des frontières de la région. Le dernier rapport du Collectif Guatemala, - «Perenco, exploiter coûte que coûte» - révèle que la multinationale a financé l’Etat guatémaltèque à hauteur de 3 millions de dollars l’an dernier pour la création de ce Bataillon vert et reverse 0,30 dollar par baril produit pour son fonctionnement. La dénomination de ce contingent pourrait faire sourire si le passif des forces armées au Guatemala n’avait pas été aussi brutal dans l’application des théories militaires dites de «contreinsurrection» et d’«endiguement» des idées, mouvements et populations jugées révolutionnaires ou subversives. La France, qui sait solliciter et recevoir les bonnes œuvres de Perenco, notamment lorsque celle-ci parraine une exposition à Paris au musée du Quai-Branly («Maya : de l’aube au crépuscule, collections nationales du Guatemala», juin-octobre 2011) devrait aussi jouer un rôle dans le contrôle et la responsabilisation de ses entreprises à l’étranger, lorsque celles-ci n’appliquent pas les règles de conduite éthique et environnementale sous les tropiques qu’elles seraient obligées d’appliquer au Nord. Il est de notre devoir de ne pas nous ranger du côté de l’oligarchie guatémaltèque qui domine depuis des siècles une population à majorité autochtone et paysanne qui n’a que trop souffert du vol et du pillage de ses terres, de ses ressources naturelles et culturelles, de la répression militaire, de l’impunité, des discriminations et de l’accaparement des richesses du pays par quelques-uns. » Solidarité Guatemala n°200 septembre - octobre 2012

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Campagne 2012 Entretien avec les invités représentants des communautés du Petén Propos recueillis par Amandine Grandjean

Hilda Ventura et Mario Ramos participeront à la tournée organisée par le Collectif Guatemala, en représentation des communautés de la municipalité de La Libertad, et de la région de la Laguna del Tigre, municipalité de San Andrés, du département du Petén. Tous deux ont réalisé un important travail de récupération et de compilation de l'histoire du département, notamment sur les résistances et les martyrs de la guerre civile. Aujourd'hui, ce travail de mémoire se poursuit plus lentement, devant l'urgence de nouvelles luttes engagées.

Hilda Ventura & Mario Ramos

Quelles sont les revendications des communautés aujourd'hui ? Les communautés continuent de revendiquer d'être reconnues là où elles vivent actuellement, et surtout, exigent l'arrêt des menaces d'expulsion qui constituent leur plus grande inquiétude. Cette situation affecte les familles psychologiquement parce que l'État ne les reconnaît pas légalement, et qualifient les habitants « d'usurpateurs ». Les habitants des communautés exigent que l'État, à travers ses institutions comme le Conseil national des aires protégées (CONAP) et l'armée, cesse les menaces d'expulsion ainsi que la criminalisation et que soient respectés leurs droits. Ils ne veulent plus subir la pression du CONAP pour signer les « accords de coopération »1. D'autre part, avant de permettre l'installation de mégaprojets dans le Petén, et spécialement dans la région de La Libertad et San Andrés, l'État du Guatemala doit tenir compte de l'existence des communautés : il est clair que nous n'allons pas tirer profit de ces dénommés « projets de développement ». Au lieu de cela, ces projets, tels que l'exploitation pétrolière ou le projet touristique IV Balam, viennent nous porter préjudice. Pour mettre en place ce dernier par exemple, nous serions sous le coup d'un nouvel aménagement du territoire, ce qui nous inquiète parce que nous terminerions dans les « villes rurales »2. De plus, ces mégaprojets sont en train de nous priver de terres et surtout de la liberté de développement personnel ou familial. Ils nous soumettent à un système qui ne correspond pas à la façon de vivre des populations paysannes et qui nous appauvrit toujours plus.

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Comment a évolué la situation cette année concernant Perenco? Avec le nouveau gouvernement, c'est pareil, le seul changement étant le nom du président : les plans continuent. Au lieu de s'améliorer, la situation empire: surtout la remilitarisation de la Laguna del Tigre. En cela, Perenco est un acteur important dans cette région car l'entreprise soutient ou contribue à ce que se développent d'autres problématiques. Ici, on la considère responsable des intimidations et des mauvais traitements de la part de l'armée, puisque l'on sait très bien que l'armée est présente grâce au soutien de Perenco. Le nombre de brigades militaires a augmenté et la pression envers la population s'est aggravée. La présence militaire est une stratégie d'intimidation pour empêcher que les gens s'organisent, pour leur faire peur, et surtout pour intervenir lors d'expulsions forcées, ou quand il y a une manifestation. C'est une entreprise, parmi d'autres, qui est contre la population. Et nous en souffrons les conséquences. Nous exigeons du gouvernement et des entreprises multinationales qu'ils nous prennent en compte et que soient respectés nos droits, qu'ils laissent vivre les gens là où ils sont. Enfin, nous considérons qu'il y a un impact sur la santé. On note des problèmes de peau anormaux, des réactions allergiques extrêmes, de par la proximité des puits de pétrole, et aussi à cause du gaz qui s'échappe, près des puits et de la raffinerie. Nous observons également de nombreux nouveaux cas d'infections respiratoires et des avortements en plus grand nombre. Quelles sont vos attentes de votre participation à la tournée en Europe avec le Collectif Guatemala et Ramón Cadena ? Aller représenter les communautés est un grand engagement que nous allons assumer avec l'objectif d'aller dénoncer la réalité que nous vivons. Ce sera déjà un succès si les gens savent et comprennent ce que nous vivons ici, qu'ils prennent conscience de la situation, car ici c'est très différent de là-bas, les gens croient qu'ici on vit bien mais ce n'est pas vrai. Nous souhaitons également obtenir des soutiens et réussir à faire pression pour que soient réalisées des recherches sur les effets néfastes provoqués ici par l'entreprise Perenco. En effet, dans notre pays, les portes sont grandes ouvertes pour eux mais ils se moquent de notre existence. Nous pensons que les gens vont prendre conscience, et espérons par la suite pouvoir continuer à exiger justice. ■ 1 Ces “accords” qui sont fixés unilatéralement par le CONAP sont des listes de contraintes que devraient respecter les communautés afin de pouvoir rester librement sur leurs terres. Les habitants refusent de signer ces documents au sujet desquels ils n’ont pas été consultés, en plus de leur caractère non héréditaire (si le signataire de l’accord décède, le terrain n’est pas assuré pour ses enfants). 2 Voir aussi « Les plans de développement du Petén », Solidarité Guatemala n° 194 (juin 2011) : il s'agit de concentrer la population dans des «villes modèles», autre mécanisme de contrôle de la population, après avoir supprimé la reconnaissance des hameaux et villages (par la nonreconnaissance des conseils communautaires par exemple).


Campagne 2012 Accès à la justice et inégalités : le point de vue de Ramón Cadena Propos retranscrits par Amandine Grandjean 1

Avocat membre de la Commission internationale de juristes (CIJ), Ramón Cadena fait partie de la tournée organisée en Suisse et en France du 16 au 28 septembre prochain, avec le Collectif Guatemala. Il accompagne par un appui juridique les communautés du Petén affectées par les activités de l’entreprise Perenco et a récemment présenté le rapport : “Accès à la justice. Le cas des communautés des municipalités de San Andrés et La Libertad, département du Petén”. Il a participé aux projections-débats au Guatemala du documentaire « Des dérives de l’art aux dérivés du pétrole » de Grégory Lassalle2. Extraits choisis de ses présentations.

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’abord, je voudrais remercier Grégory Lassalle et le Collectif Guatemala pour le documentaire qui présente le quotidien des communautés du Petén. En tant que représentant de la CIJ, je suis les communautés depuis 2010, lorsqu’elles nous ont sollicités afin d’analyser la situation. C’est un réel honneur que celui de travailler avec des dirigeants si engagés, et tellement clairs dans leur lutte. […] Quantité de droits sont violés dans la région. Je focaliserai cependant sur l’un des aspects présentés dans le film : le droit à l’égalité de traitement, sans cesse bafoué par les procureurs, les juges et le secteur privé.

de pauvreté extrême, sans aucune autorité de l’Etat intéressée à résoudre ce problème humain. Par contre, l’Etat est bien présent lorsqu’il s’agit de représenter l’art Maya dans les expositions à l’étranger, qui représentent un pillage des ressources … Cette histoire se répète depuis la conquête espagnole. Il y a eu crime de génocide pendant le conflit armé. Un premier génocide avait eu lieu lors de la conquista et aujourd’hui, on assiste à une nouvelle agression, non seulement culturelle mais aussi économique contre les peuples autochtones. Ce n’est pas possible que cela reste inaperçu. Au Guatemala, depuis la conquista et jusqu’aujourd’hui, il a un système de ségrégation raciale, comme celui qui a existé en « Les inégalités de ce pays, nous rendent la vie amère et Afrique du Sud, qui constitue un crime. Le problème est que la nous insultent en tant que nation. » communauté internationale est laxiste en termes d’analyse du racisme dans ce pays. Il s’agit d’un Le problème c’est que la politique thème que nous devrions travailler plus, raciste et d’exclusion existante vient et au niveau juridique aussi. de l’Etat. Les inégalités se reflètent partout, mais si l’on se concentre sur Le documentaire revient sur ces le droit d’accès à la justice que nous contrastes: la richesse de Perenco, des analysons dans notre rapport, on personnes qui apparaissent en France, remarque qu’il y a une justice pour au musée... cette contradiction qui ceux qui en ont les moyens éconoexiste entre les richesses générées par miques ou pour ceux qui peuvent se l’exploitation minière, les barrages payer un avocat et que ce n’est pas le hydroélectriques, etc. face à l’extrême cas des communautés pauvres. De pauvreté. Comment peut-on nier qu’il plus, quand elles parviennent jusqu’au existe un racisme si l’extrême pauvreté tribunal, leur demande de justice est est omniprésente dans les communautés systématiquement rejetée. Il n’existe et les peuples autochtones ? Comment pas de tribunal capable de rendre est-ce possible de nier cela? Ramón Cadena justice en langue Maya, il n’y a pas de Finalement, je dirais qu’il y a des défense publique générale gratuite, accessible à tous. témoignages qui nous mènent à la réflexion suivante: quel genre Finalement, dans le droit d’accès à la justice, il y a une totale d’Etat avons-nous aujourd’hui? Et quel genre d’Etat souhaitonsinégalité, alors qu’une des caractéristiques de ce droit est qu’il nous construire? Est-ce que nous voulons continuer avec un Etat devrait être égal pour toutes et tous. raciste qui joue le jeu des partis politiques, des entreprises, des multinationales, ou est-ce que l’on va réellement travailler pour la « Dans la reconduction du contrat de Perenco, l’impunité construction d’un nouvel Etat guatémaltèque? Pour cela, il est très de l’Etat est flagrante. » important que les communautés s’unissent, car c'est la seule façon En plus de ce constat, on assiste également au pillage, non seule- de faire face à cette attaque si forte des multinationales, de ment de biens matériels mais aussi spirituels et culturels des Perenco, de Cementos Progreso, de Golcorp, de Hudbay Inc. peuples autochtones, résultat d’un racisme ambiant extrême. aujourd’hui remplacée par une entreprise russe - , et de toutes ces Comme on le voit dans le documentaire pour la préparation de multinationales qui agissent avec la complicité de l’Etat. Les l’exposition sur l’art Maya au musée du Quai Branly : comment peuples autochtones doivent s’unir et s’organiser. ■ est-ce possible qu’une famille possède quasiment un musée dans 1 La CIJ dont le siège est à Genève, est une ONG internationale qui défend sa maison ? le droit pour l’accès à la justice. Au Guatemala, actuellement la CIJ travaille En ce qui concerne la terre, on assiste également à un pillage conjointement avec l’Association d’Avocats et Notaires Mayas sur une permanent. Ces communautés revendiquent à juste titre le droit à plainte devant la Commission Interaméricaine de Droits de l’Homme, face la terre après avoir été déplacées, et subi l’exil forcé. Victimes au déni de justice du système national. Récemment, le bureau au Guatemala a appuyé des communautés de Nebaj (région Ixil, Quiché) sur un cas d’expulsions forcées, de la part de l’Etat guatémaltèque, ces d’expropriation illégale de terres pendant le conflit armé interne. personnes vivent aujourd’hui dans des conditions infrahumaines, 2 Voir la bande annonce du documentaire sur : http://dai.ly/OGkYhj Solidarité Guatemala n°200 septembre - octobre 2012

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Perenco aujourd’hui Violation des droits humains dans la zone d’exploitation de la filiale guatémaltèque de Perenco: la situation reste préoccupante Par Amandine Grandjean

Dans le département du Petén, et en particulier dans la région affectée par la présence de Perenco Guatemala Limited, filiale de l'entreprise pétrolière franco-britannique Perenco, la situation continue d'alarmer les organisations de défense des droits humains. La récente mission de la Commission internationale des juristes (CIJ), menée dans le Petén, du 11 au 14 août dernier, a permis de recueillir des témoignages sur les pressions et intimidations constantes subies par les populations voisines des installations1. Remilitarisation, abus d'autorité et persécutions La présence de l'armée dans la région, via son « bataillon de la jungle », et les multiples contrôles aux barrages militaires, plantent le décor dès le début de la mission, et devancent les témoignages des habitants des communautés de la Laguna del Tigre et alentours. Ce bataillon, financé en partie par Perenco et supposément installé pour lutter contre le trafic de drogue et d'animaux sauvages, est aussi posté à l'entrée de la zone protégée de la Laguna del Tigre pour contrôler les allées et venues des habitants. Alors que les camions et autres véhicules de l'entreprise pétrolière passent à loisir le barrage dénommé « El Tigrillo », les militaires arrêtent tout autre véhicule et, au bon vouloir d'un employé du Conseil national des zones protégées (CONAP), l’institution de l'Etat en charge de la gestion du Parc National, confisquent et détruisent ce qui est jugé incompatible avec le statut de réserve nationale : mobilier de subsistance (matelas, ...) mais aussi tout matériel nécessaire à la construction, réparation ou maintien de dispensaires ou écoles communautaires. Après avoir demandé un permis au CONAP pour la construction d'un puits, les habitants d'une communauté de San Andrés se sont vus notifier un refus, accompagné d’une menace d'expulsion, les accusant d' « usurpateurs ». Les communautés menacées d'abandonner leurs terres continuent d’exiger l'arrêt de cette persécution, revendiquant leur installation préalable à la reconnaissance de la zone comme Parc National. Exploitation pétrolière et conservation ? Quant à la compatibilité de l'exploitation pétrolière de Perenco avec le statut de zone protégée, il faudra peut-être revenir en arrière... L'ex-secrétaire du CONAP, Sergio Véliz Rizzo a été condamné le 31 juillet dernier à 3 ans de prison pour avoir falsifié le plan de gestion 2007-2011 de la Laguna del Tigre, permettant en 2010, le renouvellement pour 15 années supplémentaires du contrat pétrolier 2-85. Dans le document administratif de gestion du Parc National, il avait éliminé les lignes présentant l'extraction pétrolière comme une menace alors même que la loi sur les zones protégées y interdit les activités extractives. Un exemple de plus de corruption et trafics d'influences entre l'entreprise française et les institutions de l'Etat guatémaltèque. Possibilités de recours juridiques Au vu de ce jugement, le Centre d'action légale environnementale et sociale (CALAS) a exigé du président Pérez Molina l'annulation de la reconduction du contrat pétrolier entre Perenco et l'Etat guatémaltèque2. En réponse, le chef de l'Etat déclara que « sera réalisée une étude juridique sur l'exploitation des puits Xan par Perenco ». Des maires du Petén auraient demandé au président son « soutien afin de pouvoir continuer à percevoir les royalties venant cette entreprise »3. Face au déni de justice au Guatemala, la Commission internationale des juristes, qui soutient les communautés, propose de recourir au système interaméricain et a annoncé la préparation d'une plainte devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

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Solidarité Guatemala n°200 septembre - octobre 2012

Un espoir plus au Sud : une sentence historique a été dictée par la Cour interaméricaine des droits de l'homme contre l'Equateur, reconnu responsable, le 27 juin dernier, de violations aux droits de consultation, de propriété communale autochtone et d'identité culturelle, et d'avoir porté préjudice au peuple autochtone Kichwa de Sarayaku en permettant, depuis la fin des années 1990, à une entreprise pétrolière de réaliser des activités d'exploration sur son territoire, sans l'avoir consulté au préalable. L’Etat a également été jugé responsable d'avoir mis en péril les droits à la vie et à l'intégrité personnelle4. Le Guatemala vendu Loin d'être consultées sur la question, les populations du Petén souffrent toujours plus de la pression territoriale engendrée par le développement de mégaprojets soutenus par les gouvernements successifs. Barrages hydroélectriques, mégaprojet touristique « IV Balam », expansion de l'exploitation pétrolière, monocultures de palmier à huile et jatropha accaparent leur territoire et viennent s’ajouter aux contraintes qu'elles subissent de la part du CONAP et de l'armée. Dernier exemple en date de cette différence de traitement entre population locale et multinationale : l’appel d’offres pour l'exploration de sept zones du territoire national, représentant un total de 795 858,8 hectares, lancé par le Ministère de l´énergie et des mines au mois d'août « dans le cadre du plan gouvernemental d'augmenter la production de pétrole à 51 000 barils jour »5. La direction des hydrocarbures de ce même ministère est d’ailleurs actuellement en tournée mondiale pour la promotion de ces réserves pétrolières. Le 21 août, Perenco Guatemala a eu l'occasion de rencontrer à Bogotá ses collègues de Perenco Colombia, participant aux côtés d'autres entreprises à ce road show destiné à attirer de nouveaux investisseurs étrangers au Guatemala. Les inquiétudes principales de ces derniers seraient, entre autres, « la sécurité citoyenne, les communautés autochtones et les possibles conflits sociaux »6. Car oui, la population, menacée, s’est organisée. Or, un peuple en lutte est un « problème » pour l'industrie extractive en particulier et la poursuite et mise en place de politiques néolibérales en général, prédateurs qui ne cessent d’étendre leurs tentacules dans les pays où l’état de droit est inexistant, dans les régions abandonnées par les Etats, accaparant les territoires des populations rurales paysannes et autochtones, violant leurs droits fondamentaux, comme le droit à la vie, au logement, à l’éducation, à la santé et à leur libre détermination. ■ 1 Remilitarisation de la zone, trafics d'influences, menaces constantes et assassinats de dirigeants qui se poursuivent dans une totale impunité 2 « Ils exigent l’annulation des opérations de l’entreprise Perenco ». Prensa Libre. 3 août 2012. http://bit.ly/PKaqinregyr 3 «Le gouvernement procédera à une révision légale du contrat avec Perenco». Prensa Libre. 6 août 2012. http://bit.ly/PFqJv3 4 Corte IDH. Caso Pueblo Indígena Kichwa de Sarayaku Vs. Ecuador. Fondo y reparaciones. Sentencia de 27 de junio de 2012. Serie C No. 245. www.corteidh.or.cr/casos.cfm?idCaso=388 5 « Pétrole: lancement d’un appel d'offres ». Prensa Libre. 14 août 2012. http://bit.ly/Sgu8Ak 6 « Intérêt pour les zones pétrolières du pays ». Prensa Libre. 22 août 2012. http://bit.ly/RHwWfj


Agenda de la tournée Suisse et France - 17-28 septembre 2012 Genève, Suisse - mardi 18 septembre: Nations Unies - intervention lors de la session du Conseil des Droits de l’Homme sur les populations autochtones suivie d’une conférence de presse - mercredi 19 septembre: 19h30 – Projection-débat à Genève à la Maison des Arts du Grütli, 16 rue Général Dufour Languedoc-Roussillon - vendredi 21 septembre : 20h - projection-débat à la Salle Pelloutier, Maison des Syndicats, Place Zeus, Montpellier - samedi 22 septembre : participation à la journée internationale contre les gaz et huile de schiste (Saint-Christol-lez-Alès Gard): rencontre avec les représentants des collectifs locaux, des ONGs et des élus; prise de parole et tenue d’un stand, projection du documentaire - dimanche 23 septembre : 11h - projection-débat à Bédarieux (34) Paris - lundi 24 septembre : 20h - Soirée inaugurale. Projection-débat à l’Action Christine, 4 Rue Christine, 75006 En présence de nos invités et de Philippe Texier, juge au tribunal permanent des peuples et Braulio Moro, membre du Bureau National de France Amérique Latine

- mercredi 26 septembre : Soirée publique « résistances et alternatives » à Amnesty International, 72-76 bd de la Villette, 75019 - jeudi 27 septembre : 9h30 - Conférence publique du Barreau de Paris : « La Responsabilité des entreprises françaises à l’étranger, le cas de la compagnie pétrolière Perenco au Guatemala », Maison du Barreau de Paris, 2, rue de Harlay, 75001 Lyon Projection-débat le jeudi 20 septembre à 20h au CCFD, 302, avenue Jean Jaurès Caen Projection-débat le jeudi 27 septembre à 20h au Café des images, 4, square du Théâtre, 14200, Hérouville-Saint-Clair

12h30 - Projection-débat organisée avec le CEDIDELP au CICP, 21ter rue Voltaire, 75011 20h - Conférence publique à la mairie du IIème arrondissement « Extractivisme et transition énergétique », 8, rue de la Banque, 75002

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Le Collectif Guatemala Qui sommes-nous ? Fondé en 1979 par des réfugiés guatémaltèques et des militants français, le Collectif Guatemala est une association 1901 de solidarité internationale. Il est composé d’associations et de particuliers, dont une bonne dizaine de membres actifs, sur lesquels repose la vie de l’association. Depuis octobre 2002, l’équipe s’est étoffée avec l’arrivée d’un permanent à mitemps. Depuis mars 2006, l’association a ouvert un bureau de coordination pour ses activités au Guatemala (accompagnement international et campagne de soutien aux militants luttant contre le pillage de leurs ressources naturelles). Les activités du Collectif en France: L’appui aux organisations de la société civile guatémaltèque qui luttent pour plus de justice et de démocratie L’information et la sensibilisation du public français Le travail en réseau avec différents types de partenaires presents au Guatemala et en France Contact: collectifguatemala@gmail.com

ADHÉSION / ABONNEMENT Le Collectif Guatemala vous propose plusieurs formules de soutien : 

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Suplément campagne Perenco 2012