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Numéro 216 décembre 2015 Lettre d’information du Collectif Guatemala

Edito Sommaire

Edito:

p.1

COP 21 : entretien avec Carlos Guarquez par Cyril Benoit

p.2-3

Du nouveau chez les accos par Enrique Vidal, Maria Paola Montisci et Kim Aumonier p. 4-5

Brèves

p. 6-7

Collectif Guatemala 21 ter, rue Voltaire Collectif Guatemala 75011 Paris - France 21 ter, rue Voltaire Tel: 01 43 73 49 60 75011 Paris - France collectifguatemala@gmail.com Tel: 01 43 73 49 60 collectifguatemala@gmail.com www.collectifguatemala.org

Direction de publication: DirectriceTauty Isabelle de publication Chamale, : Isabelle ISSN 1277 Tauty 51 Chamale 69 ISSN 1277 51 69

Ont participé à ce numéro : Ont participé à ce numéro : Cyril Benoit, Amandine Bérénice Boukaré, Amandine Grandjean, Isabelle Tauty Grandjean, Vanessa Góngora, Marilyne Griffon, Sandra Lengwiler, Thibaud Marijn, Zuleika Romero, Isabelle Tauty, Martin Willaume.

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Une année en demi-teinte ’année 2015 s’achève et pour le Collectif Guatemala comme pour tous vient le moment de faire le traditionnel bilan de l’année écoulée.

Première certitude, 2015 restera dans l’Histoire du Guatemala comme l’une des grandes dates qui ont vu le peuple se lever, fatigué de supporter un système excluant et corrompu. Comme vous avez pu le suivre dans Solidarité Guatemala, l’action conjuguée de la CICIG, de juges intègres et surtout la mobilisation durable d’une part importante de la population ont abouti à la démission et à l’incarcération du président Otto Pérez, de la vice-présidente Roxana Baldetti ainsi qu’une centaine de hauts fonctionnaires, magistrats et hommes d’affaires. L’élection triomphale de Jimmy Morales à la présidence a démontré la force du sentiment de rejet envers le « vieux » système politique, mais également l’absence de perspective de changement réel au plan national. Car l’Histoire nous enseigne également que les victoires populaires amènent presque toujours une réplique des classes dirigeantes. Ainsi, la Révolution d’octobre 1944 a-t-elle été suivie d’une campagne de déstabilisation menée par l’oligarchie et les Etats-Unis, qui devait mener au renversement du gouvernement progressiste de Jacobo Árbenz et à la restauration des dictatures militaires. En 1977, la montée inédite de la mobilisation populaire autour de la marche des mineurs venus de San Ildefonso Ixtahuacán et du mouvement étudiant, qui laissaient espérer la chute du régime, fut en réalité le prélude à une répression féroce et génocidaire. Si les situations sont bien sûr différentes, il faut rester vigilants. D’autant que, même si Jimmy Morales n’a pas voulu dévoiler la composition de son futur gouvernement, les sujets de préoccupation commencent à apparaître, tels que la nomination d’Óscar Platero, ex-militaire et viceprésident de la Fondation contre le terrorisme, à la tête du service d’espionnage du ministère de l’Intérieur. La décision a rapidement été annulée après la levée de boucliers de la société civile, qui démontre ainsi qu’elle conserve sa capacité d’influence. Mais ce ballon d’essai monte dans quelle direction s’oriente le prochain gouvernement. D’autant que, sur le plan des luttes pour la défense du territoire, la situation reste plus que préoccupante malgré quelques victoires, détaillées dans ce numéro. La criminalisation de ceux et celles qui se dressent contre l’imposition de projets extractifs aura été l’un des traits marquants de 2015. Afin de dénoncer la répression et de démontrer notre solidarité avec les communautés qui défendent leurs droits, le Collectif Guatemala a rejoint la campagne pour la libération des prisonniers politiques du nord de Huehuetenango, notamment par l’organisation de la tournée européenne des défenseures Alba Cécilia Mérida et María Victoria Pedro Mateo en septembre dernier, qui a été un succès et commence à porter ses fruits. L’accompagnement international sur le terrain, aux côtés des défenseur-es des droits humains reste donc plus que jamais nécessaire, face à la persistance des menaces et à l’incertitude de l’avenir. Dans un contexte difficile financièrement, nous faisons donc de nouveau appel à vous afin de contribuer à la pérennité de cet axe essentiel de notre activité depuis plus de vingt ans, en participant à notre campagne de levée de fonds en ligne Il ne nous reste plus qu’à vous remercier de nous avoir suivis cette année encore et à vous souhaiter de bonnes fêtes! Nos vemos en el 2016! ■

Solidarité Guatemala n°216 décembre 2015

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Actualités COP 21 : entretien avec Carlos Guarquez par Cyril Benoit

À l’occasion de la 21ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), qui s’est tenue à Paris-Le Bourget du 28 novembre au 11 décembre, Carlos Guarquez Ajiquichi, directeur exécutif de l’Association guatémaltèque de maires et autorités autochtones (AGAAI), s’est rendu en France. Maya kaqchikel et ancien conseiller municipal de Sololá, il a partagé avec Solidarité Guatemala ses analyses et impressions.

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ouvez-vous nous présenter l’AGAAI?

L’AGAAI regroupe les maires autochtones du pays désignés par élection populaire. Le 6 septembre dernier, 115 maires ont ainsi été élus L’association a aussi pour rôle de fortifier les autorités autochtones, présentes dans plus de quarante municipalités, qui sont des autorités propres des peuples autochtones et qui ont une fonction très importante, contribuant à l’équilibre, à la paix et à la tranquillité des communautés. Si l’on étudie les statistiques de la violence au Guatemala, celle-ci est moindre là où existent des communautés a u t oc ht o ne s. C’est pourquoi n o u s considérons que l’Etat du Guatemala a une très grande dette à l’égard des autorités autochtones. Nous avons beaucoup de défis à relever au Guatemala dans les domaines du développement à dimension culturelle et linguistique. L’AGAAI est reconnue dans deux lois. L’une est l’article 19 du Code municipal, l’autre la récente loi 7-2013 sur le changement climatique qui nous donne une représentation dans le Conseil national du changement climatique. C’est le dernier défi qu’il nous reste à relever, celui de la défense de la nature. Nous promouvons déjà les consultations préalables et informées, prévues par la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail. De la même façon, nous avons essayé de défendre le territoire et de développer des actions concrètes avec les autorités municipales autochtones pour avoir une gestion pertinente culturellement et linguistique et surtout impulser le développement local avec identité. 2

Solidarité Guatemala n°216 décembre 2015

Quelle est la raison de votre présence en France? Comme nous faisons partie du Conseil national du changement climatique, nous avons exigé du gouvernement qu’il nous fournisse une accréditation et nous permette de participer à la COP 21. Mais ils nous ont fourni une accréditation « différente », qui ne couvre pas toute la durée de la conférence, pour essayer d’exclure les secteurs les plus affectés du pays. Au début, ils ne voulaient pas que les représentants des communautés viennent et puissent participer et influer sur les droits des peuples autochtones dans la COP. Comment le changement climatique affecte-t-il le Guatemala et plus particulièrement les peuples autochtones ? Le changement climatique et le réchauffement global n’ont pas été provoqués par les peuples autochtones ni par les pays pauvres, mais par les pays développés. La façon d’être de la Terre mère a changé car ils l’ont beaucoup polluée. Nous ne sommes pas responsables mais nous sommes ceux qui sont le plus fortement touchés. Au Guatemala, le glissement de terrain à El Cambray, où sont mortes plus de cent personnes, en est un exemple. Les tempêtes tropicales, la chaleur, les maladies exotiques se développent et les communautés autochtones sont les plus touchées car elles sont les plus vulnérables : absence d’hôpitaux, dénutrition chronique des enfants, pauvreté extrême…la population survit à peine, elle n’a pas les moyens de s’adapter au changement climatique. Les gouvernements successifs n’ont pas eu la volonté d’améliorer la vie des citoyens ; au contraire la corruption a augmenté. L’emprisonnement de Pérez Molina et de Baldetti est une avancée pour la justice mais pas pour le développement du pays. Avec la crise actuelle il est très compliqué de parler de mitigation du changement climatique. Au Guatemala la loi établit la surveillance et l’adaptation, mais ce n’est pas possible à réaliser si nous ne changeons pas le monde, si nous n’aidons pas la Terre mère. Nous devons prendre des mesures concrètes pour au moins minimiser le changement climatique. Mais si nous ne faisons que nous adapter et mitiger les effets, nous n’aidons pas la Terre mère. Au contraire, nous acceptons la maladie qu’ont créée d’autres pays. Les Nations unies devraient prendre des mesures concrètes et imposer des sanctions drastiques aux entreprises transnationales qui sont les principales responsables du changement climatique. Qu’attendiez-vous de la COP et quels ont été les résultats ?


Actualités C’est la première fois que je participe à une COP. Au Guatemala ce sujet est très peu connu, de même que les actions « en faveur de l’environnement ». J’espérais qu’ici nous pourrions avoir « la voix chantante » comme nous disons, une voix directe pour qu’ils nous écoutent et nous prennent en considération. Mais je me suis rendu compte que la structure des Nations unies est très complexe et bureaucratique. Je considère que ce type de structure est volontairement conçu pour que ne s’infiltre pas l’information en faveur des peuples autochtones et des pays moins développés. Dans certains cas, l’État guatémaltèque ne peut même pas parler en son nom, d’autres pays parlent pour lui. Nous ne partageons pas cette façon de faire, car d’après notre cosmovision le dialogue doit être direct et il y doit y avoir consultations et information permanentes et décisions collectives. Je crois que la méthodologie des Nations unies a limité l’amélioration des choses dans le monde.

humains et entre tous les êtres vivants, ce qui inclut dans notre cosmovision les pierres, l’eau, l’air, la pluie, le soleil, la lune…C’est une façon de percevoir le monde. Nous avons des guides spirituels, appelés aj q’ij, qui sont chargés de parler avec le cosmos. En défendant la Terre mère les peuples autochtones agissent pour tout le monde car c’est elle qui nous donne la vie. Nos cultures sont différentes mais nous recherchons l’unité dans la diversité. Quelles suites allez-vous donner à votre séjour à Paris ? Le défi est de mener des actions concrètes et de mieux nous articuler. Dès mon retour, nous allons évaluer si nous avons avancé sur le sujet ou au contraire reculé, pour nous préparer à la COP22. Merci d’avoir partagé votre expérience avec nous

Merci au Collectif Guatemala. Nous vous En dehors de la COP, encourageons à continuer vous avez participé à des à aller de l’avant car c’est initiatives de la société une preuve de solidarité civile. Qu’en retenezenvers les peuples ©Reuters vous? autochtones latinoLes sécheresses se multiplient dans le Corridor sec du Guatemala américains et Je n’ai participé qu’à quelques moments de la COP alternative, particulièrement du Guatemala. Un salut à vous tous et nous mais je la considère beaucoup plus inclusive, bien qu’elle ait espérons pouvoir atteindre ce que dit le Pop Wuj : qu’aucun besoin d’une stratégie plus définie pour qu’entre nous nous groupe ne reste en arrière des autres, que nous recherchions tous agissions et qu’il y ait des résultats concrets pour nos ensemble le bien vivre pour nos communautés. C’est ce que nous communautés. Sinon, nous pouvons pleurer ensemble, mais si voulons. Je sais que c’est difficile car nous ne sommes pas au nous n’agissons pas avec une stratégie politique et technique gouvernement et celui-ci ne nous donne pas d’opportunités, il nous restons à la marge de tout ce processus qui, nous a marginalisé et exclus des politiques, actions et décisions malheureusement, va à cent à l’heure. qui sont en train d’être prises. Je finis par un appel aux Nations unies à être plus inclusives dans ce processus.■ Quelles sont les alternatives que proposent les peuples autochtones?

Sécheresses à répétition

Nous croyons que l’on a manqué de respect à la Terre mère et qu’il faut récupérer les valeurs culturelles de la cosmovision des peuples autochtones, mayas dans le cas du Guatemala, mais aussi au plan de l’Amérique latine. Nos ancêtres agissaient avec respect pour la Terre mère, de façon harmonieuse. L’Homme n’est pas tout-puissant mais un protecteur de la Terre mère. Mais nous devons également avoir une organisation beaucoup plus forte et solide, avec des propositions pour peser de manière unie dans la COP. C’est dans ce sens que nous lançons un appel à tous les pays latino-américains pour que les peuples autochtones soient une seule force et élaborer une stratégie concrète. Dans la cosmovision autochtone, nous n’agissons pas pour nousmêmes mais pour le bien de la société et de la Terre mère. C’est un ensemble de relations de complémentarité entre tous les êtres

Classé parmi les dix pays les plus vulnérables au changement climatique dans le monde, le Guatemala souffre particulièrement de l’accentuation du phénomène El Niño, qui a atteint en 2015 l’un de ses plus forts niveaux depuis 1950. Après trois années de pluies irrégulières et la grave sécheresse de 2014, la sécurité alimentaire de près d’un million et demi de personnes est menacée dans la région du « corridor sec », qui regroupe sept départements du centre et de l’est du pays. Entre 50 et 100% des récoltes de maïs ont été perdues1. Le représentant de la FAO a récemment critiqué le faible investissement de l’Etat pour faire face à la situation2. 1. OCHA, « Crisis humanitaria Sequía 2015 - Reporte de Situación No. 3 », 28.08.15 2. Rosa María Bolaños, « FAO alerta de baja inversión estatal para enfrentar cambio climático », Prensa Libre, 09.12.15, http://bit.ly/1YheMmD

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Actualités Du nouveau chez les accos par Enrique Vidal, Kim Aumonier et Maria Paola Montisci

L’engagement de vingt ans du Collectif Guatemala au projet d’accompagnement international ACOGUATE s’est poursuivi cette année. Presque un vétéran, Enrique a récemment quitté le projet après un an passé sur le terrain. La relève ne s’est cependant pas fait attendre avec l’arrivée de Maria Paola puis de Kim. Relève qui aura été de courte durée pour Maria Paola, mais pour la bonne cause car elle a été sélectionnée pour être la nouvelle de communication et intégrer la coordination d’ACOGUATE. Merci, félicitations et bon courage respectivement et tout à la fois à Enrique, Maria Paola et Kim! Plus concrètement, nous accompagnons dans des “territoires” (façon dont les peuples autochtones le revendiquent) qui sont menacés par une politique économique dominante et raciste (voire hégémonique), promue par des gouvernements, des organismes internationaux et des entreprises locales et transnationales, qui essayent d'imposer l'exploitation indiscriminée de la nature à des populations ancestrales, au détriment de la santé, de la dignité et du vivre-ensemble de ces dernières, tout cela au nom du développement. C'est dans ces contextes que la justice devient un élément préalable à la paix, et pas seulement un discours de bonnes intentions.

© Kim Aumonier

Une perspective étrangère : mon passage dans le monde du Popol Vuh du XXIème siècle Enrique Vidal, accompagnateur dans l’Equipe mobile puis à Huehuetenango Quitter physiquement un pays n'est pas facile. En fait, on ne le quitte jamais! Des sentiments, des visages et des paysages nous suivent à chaque pas qu'on fait en quittant ces frontières qui ne devraient même pas exister. Je suis resté un an au Guatemala, de novembre 2014 à novembre 2015. J'y ai eu l'opportunité d'accompagner différentes communautés dans tout le pays, où à chaque fois j'ai découvert que l'individu n'existe pas en tant que tel, mais où la personne, aussi bien que la nature, doivent être placées au service de la vie pour que le monde soit une maison universelle, dans la diversité des cultures. Mes apprentissages sont nombreux et très variés, j'y ai appris la force de sourire après n'importe quelle situation. J'y ai aussi compris ce qu’est la véritable lutte pour la défense de la dignité humaine, au-delà même du discours international dominant (“politiquement correct”) des droits humains. Avec l’accompagnement international, nous avons le privilège de rencontrer et de partager notre temps et notre empathie avec des personnes qui ont la volonté de rendre visibles les causes et mécanismes des violations de la dignité humaine dans un pays comme le Guatemala. Mais nous avons aussi le privilège d'accompagner les revendications sociales vers de possibles solutions aux conflits provoqués par différents acteurs locaux et internationaux.

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S'il n'y a pas de solution isolée contre ces violences, il n'y a pas non plus d’effort possible au niveau individuel pour la paix. Une défenseure de Huehuetenango (département au nord-ouest du Guatemala) nous dit que nous faisons partie d'un tissu de solidarité, pour rendre possible, surmonter les inégalités et les injustices par lesquelles le système dominant actuel est soutenu. Effectivement, nous sommes là comme une toute petite partie et pendant peu de temps, dans un univers de diversité humaine. Nous jouons un rôle insignifiant mais indispensable, c'est-à-dire stratégique. Nous sommes là pour une motivation de solidarité, mais qui essaie quand même de ne pas être paternaliste, d'être légitime vis-à-vis de l'autre. Ainsi, sur la base de l'accompagnement physique et de l'accompagnement politique, je pense que nous sommes un pont pour dissuader et pour faire connaître de (possibles) violences contre des personnes, des organisations et des peuples qui ont la solide conviction du vivreensemble dans l’égalité, la volonté de poursuivre la justice du passé et du présent, ainsi que d'améliorer la vie de toute personne et de tout peuple. C’est une lutte revendicatrice actuelle au but véritablement universel et qui a beaucoup de chose à nous apprendre au-delà des frontières. Premières impressions du Guatemala Kim Aumonier, accompagnatrice dans l’équipe Ixil Difficile d'ordonner toutes les impressions, émotions, sensations ; les paysages, les couleurs, les sons ; les rencontres et les discussions déjà accumulées en seulement un mois au Guatemala. Après deux semaines de formation et réunions à la capitale, me voilà partie dans la région Ixil, que les militaires avaient définie comme cible principale lors du conflit armé. Nous y accompagnons avant tout les témoins du procès pour génocide.


Actualités Je ne peux alors m'empêcher de m'interroger sur leur rêve de « nunca más ». Etre accompagnatrice internationale et observatrice de paix c'est, je crois, accepter que l'optimisme et le pessimisme s'entrechoquent à chaque instant. D’une expérience à l’autre Maria Paola Montisci, ex-accompagnatrice en Ixil et responsable de la communication d’ACOGUATE

© Kim Aumonier

En chemin pour visiter les communautés de l’Ixil

Avec Lisa, ma binôme, nous arrivons dans les communautés pour rendre visite aux personnes que nous accompagnons en pleine période de récolte du maïs, l'aliment de base pour les Mayas. Levées avant 5h du matin, elles ont de longues journées de travail : il faut sauver le maïs avant qu'il ne pourrisse à cause de la pluie. Les images du procès pour génocide diffusées dans la presse internationale donnent l'impression que cette lutte se restreint à la Capitale et au Tribunal de justice. Elles ne montrent pas que pour les témoins, les voyages jusqu'à Ciudad de Guatemala, qui durent parfois bien plus de 5h dans des microbus et des camionetas sur des routes chaotiques, font perdre des jours précieux de travail, dans la milpa ou ailleurs. Depuis la première dénonciation contre Ríos Montt en 2001, près de quinze ans se sont écoulés. Le procès pour génocide rouvrira le 11 janvier 2016. Cela signifie de nouveaux longs voyages et de nouveaux sacrifices par rapport aux nécessités, obligations et tâches familiales et quotidiennes. Malgré cela, les témoins réitèrent leur énergie et leur courage : la stratégie de la défense de Efraín Ríos Montt et Mauricio Rodríguez Sánchez de retarder le procès en déposant des centaines de recours ne viendra pas à bout de la détermination de celles et ceux qui demandent vérité et justice. Parfois très âgé.e.s, ils et elles souffrent des maux de la vieillesse, de maladies, des séquelles des tortures qu'ils ont subies lors du conflit armé. Mais, au contraire de Ríos Montt qui a été jugé inapte mentalement à assister au procès qui s'ouvre en janvier, les témoins feront tous les efforts nécessaires pour venir témoigner de nouveau et prouver que « sí, hubo genocidio». Loin des centres urbains, l'information d'une « guerre » en France est arrivée aux oreilles des personnes à qui nous rendons visite. Lorsqu'elles réalisent que dans tous les conflits opposant l'Etat islamique à d'autres Etats, les premières victimes sont de nouveau des civil.e.s innocent.e.s, un voile de tristesse et de souvenirs cauchemardesques passe sur leur visage, et leur empathie me donne les larmes aux yeux.

Cela fait déjà trois mois que je suis de retour au Guatemala, un pays que je connais depuis trois ans, ayant réalisé d’autres tâches dans la coopération internationale. Mais cette fois, mon retour était différent. Après une pause de six mois en Italie où j’ai pu embrasser ma famille et mes amis, j’attendais avec impatience - et avec un grand désir - de vous impliquer dans mon nouveau plan de vie, dans un pays certes en partie connu, qui me ferait découvrir des aspects que seules de la patience et une analyse profonde permettent de comprendre. Cette fois, je recommence donc avec le Collectif Guatemala comme accompagnatrice, avec une petite surprise : mon affectation dans la région Ixil. J'ai dû marcher beaucoup avec mon partenaire, mais aussi eu le privilège d'entrer dans l’intimité de vies qui ont résisté avec dignité et courage à des pages tristes de l'histoire de leur pays, qui ont conduit à la rupture du tissu social, et qui sont en quête de justice, pour laisser un héritage constitué par une mémoire collective. Depuis mon arrivée, j’ai eu la chance de participer à la sélection pour le poste de responsable communication d’ACOGUATE et coordinatrice de l’équipe mobile...et d’être sélectionnée! Me voilà donc avec de nouvelles responsabilités, des tâches et des défis pour mon avenir dans l’accompagnement international ! Je continue pour l’instant à vivre un peu comme les premiers jours de ma formation « acco »: sentir un « tetris » se composant au fil du temps, un assemblage de pièces pour la construction de nouvelles choses.■ Soutenez le projet d’accompagnement international en participant à notre campagne de levée de fonds! http://bit.ly/1IdS4EY Départ d’Amandine Après plus de quatre ans de présence au Guatemala, d’abord comme accompagnatrice puis comme coordinatrice terrain du Collectif Guatemala et de l’équipe Huehuetenango-San Marcos au sein d’ACOGUATE, Amandine Grandjean quitte son poste à la fin de l’année. Son travail et son énergie auront permis de renforcer la présence et l’activité du Collectif Guatemala dans ACOGUATE et été indispensables dans l’organisation des tournées de défenseur-es ainsi que dans le soutien et le suivi de plusieurs générations d’accompagnateurs. Muchas gracias de notre part à tous et bon retour en France Amandine! Solidarité Guatemala n°216 décembre 2015

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Brèves Prisonniers politiques de Santa Eulalia et Barillas : la lutte pour la justice continue ! L'avocat Toledo de Santa Eulalia libéré Pedro Robel Toledo Toledo, jeune avocat membre du Mouvement social de Santa Eulalia, arrêté à Huehuetenango le 3 octobre, a été libéré le 4 novembre, faute de preuves, par le juge Miguel Ángel Gálvez, après un mois en détention préventive à la prison de la Zone 18 de Guatemala Ciudad. Pedro dédie son travail aux personnes mayas q'anjobal de sa région et a été criminalisé pour avoir défendu deux leaders communautaires de San Mateo Ixtatán -eux aussi criminalisés pour défendre leur territoire- qui avaient été arrêtés et emprisonnés à Huehuetenango en janvier 2015. Ce jourlà, la population s’était solidarisée avec les leaders et avait exigé aux autorités judiciaires locales de mener à bien leur audience de première déclaration dans la nuit. De nombreux-ses leaders de Santa Eulalia se sont retrouvé-es sous le coup de mandat d'arrêt, accusés de séquestration des opérateurs de justice, dont Rigoberto Juárez et Domingo Baltazar, deux autorités ancestrales q'anjobal, en prison depuis mars 2015. Le juge Gálvez qui préside le Tribunal de haut risque B, a, dans sa résolution évoqué la situation de conflit dans la région, due à des projets hydroélectriques et a également incité le parquet à faire preuve de sérieux et d'objectivité1. Si l'arrestation de l'avocat Pedro Toledo constitue une tentative de plus pour décapiter le mouvement social de défense du territoire du département de Huehuetenango, elle est gravissime car Pedro a été criminalisé dans le cadre de ses fonctions de défenseur légal. Cette agression lance donc un avertissement à tous les (plutôt, aux quelques) avocats engagés aux côtés des défenseur-es des droits humains qui sont réprimés à coup de procédures pénales. Pedro Toledo remercie le Barreau de Paris pour avoir agi en sa faveur par l'envoi de lettres de préoccupation aux autorités concernées (gouvernementales, en matière de droits humains, et judiciaires) 2. Comble de l'injustice Alors que les deux leaders communautaires de Barillas, Saúl Méndez et Rogelio Velásquez ont été innocentés en appel des charges d’assassinat et de féminicide, le 28 octobre dernier, ils n'ont pas encore été libérés, le tribunal de Quetzaltenango (où a eu lieu leur 2ème procès) ayant pris congé avant d'avoir ratifié le verdict. Ce sont donc leurs épouses, Zenayda et Carmelia, qui sont allées recevoir à leur place le 10 décembre dernier, une reconnaissance pour leur lutte en faveur des droits humains, “l'Ordre Monseigneur Juan José Gerardi”, de la part de ODHAG (Bureau des droits humains de l'Archevêché du Guatemala)3. La veille, une conférence de presse a été organisée avec des proches de la plupart des prisonniers politique de Huehuetenango et un concert de Fernando López organisé au bénéfice des familles. La nouvelle juge du Tribunal de haut risque A maintient en prison les trois leaders de Barillas Le 15 décembre, une audience a eu lieu dans le cas de Francisco Juan Pedro (Don Chico), Adalberto Villatoro (Don Tello) y Arturo Pablo, tous trois défenseurs du territoire accusés de séquestration, pour avoir prétendument arrêté des employés de l'entreprise hydroélectrique Hidro Santa Cruz et les avoir menacés de ne plus travailler pour celle-ci, Leurs avocats ont demandé au tribunal la révision de la mesure de prison préventive afin qu'ils puissent bénéficier de l'assignation à domicile, apportant des preuves démontrant qu'il n'existait pas de délit de fuite, et dénonçant le fait que les accusés soient dans les faits en train de purger une peine de prison anticipée, étant détenus depuis le 26 février 2015. “Une justice retardée est un déni de justice”, plaidait l'avocat défenseur Benito Morales. Le parquet fait traîner l'affaire car la période d'enquête a débuté il y a près de deux ans et une dizaine d'audiences ont été annulées, retardant l'ouverture d'un procès. L'avocat de la défense Edgar Pérez, avocat du Cabinet juridique des droits humains (et avocat des parties civiles au procès pour génocide) a fait remarquer à la juge que, dans ce même tribunal, l'assignation à domicile avait pourtant été autorisée pour la mort de 1771 personnes... 4, et que le « le droit pénal est utilisé pour criminaliser les leaders, considérés par ceux qui gouvernent comme des personnes qui s'opposent au développement, du fait de leur opposition à un projet hydroélectrique ». La juge Marta Domínguez -qui a récemment pris ses fonctions- a néanmoins décidé de maintenir les défenseurs en prison, donnant raison aux avocats de Hidro Santa Cruz, Victor Villatoro et César Calderón (avocat des accusés de génocide...) et a convoqué pour le 15 janvier 2016, l'audience de présentation des preuves, préalable au procès. Quant aux autres défenseurs criminalisés de Huehuetenango, Ermitaño López de Barillas (en prison préventive depuis le 2 juin 2015), et Rigoberto Juárez et Domingo Baltazar, autorités ancestrales de Santa Eulalia (détenus depuis le 24 mars dernier), ils sont toujours en attente d'une prochaine audience. 1. Voir « Audiencia del abogado de Santa Eulalia Pedro Toledo concluye con su puesta en libertad”, ACOGUATE, 09.11.15, http://bit.ly/1RSU1Zh 2. Au cours de la tournée européenne de défenseures, organisée en septembre par le Collectif Guatemala, le cas de Pedro Toledo, qui avait déjà un mandat d'arrêt à son encontre, avait soulevé lors d'une rencontre au Barreau de Paris. 3. Cette reconnaissance a été remise à Monseigneur Bernabé Sagastume Lemus (prêtre de Santa Rosa de Lima, ce diocèse a fondé en 2010 le Conseil diocésain en défense de la nature -CODIDENA- qui lutte contre le projet minier canadien El Escobal), aux femmes ixiles qui ont témoigné au procès pour génocide, ainsi qu'aux deux défenseurs de Barillas lors de la Journée internationale des droits humains, comme un “geste de solidarité de l'Eglise catholique du Guatemala” envers l'engagement des défenseur-e-s des droits humains . Voir, « Personas y organizaciones acompañadas por ACOGUATE reciben la Orden Monseñor Gerardi », ACOGUATE, 13.12.15. http://bit.ly/1NTIWpi 4. En janvier 2012, la juge Patricia Flores qui présidait le Tribunal de haut risque A n'a pas ordonné la prison préventive pour Efraín Ríos Montt, accusé de génocide et crimes contre l'humanité, contre 1771 personnes de la région Ixil, qui a pu bénéficier de l'assignation à domicile.

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Brèves Confirmation du nouveau procès pour génocide La Cour de constitutionnalité a rejeté une requête de la défense de l’ex-dictateur José Efraín Ríos Montt, qui demandait l’abandon du procès à son encontre après qu’il ait été reconnu sénile en août dernier. L’audience prévue pour le 11 janvier 2016 est donc confirmée. Elle se tiendra à huis-clos, avec les victimes et témoins mais en l’absence de la presse. Du fait de son état de santé, Ríos Montt n’assistera pas à l’audience mais sera représenté par ses avocats. Il pourra être reconnu coupable ou innocent mais pas incarcéré.

Ixcanul Le 25 novembre est sorti en salles Ixcanul, premier film du réalisateur guatémaltèque Jayro Bustamante. Il raconte l’histoire de María, jeune Maya kaqchikel vivant dans la plantation de café où travaillent ses parents. Lorsque ceux-ci décident de la marier avec le contremaître de la plantation, elle s’y refuse. Tourné uniquement avec des acteurs amateurs, le film présente avec finesse mais sans fard la condition des femmes autochtones rurales du Guatemala, debout malgré le poids de la pauvreté, du patriarcat et des discriminations ethniques et linguistiques. A ne pas manquer!

Le Congrès vote l’augmentation de l’âge légal du mariage « Considérant que le mariage entre personnes [mineures], principalement les filles et adolescentes, viole leurs droits fondamentaux, les exposant à une plus grande vulnérabilité, tant physique que psychologique et légale, ainsi qu’à l’exploitation commerciale, la servitude, l’esclavage, l’exploitation infantile, le mariage forcé, les viols, les grossesses par viol (…) », le Congrès du Guatemala a adopté le 5 novembre une réforme au Code civil portant l’âge légal du mariage à 18 ans. Il était auparavant de 16 ans pour les hommes et de 14 ans pour les femmes. Le Guatemala, qui était le seul pays d’Amérique centrale à permettre le mariage de mineurs, se met ainsi en conformité avec ses engagements internationaux et fait un pas en avant vers l’égalité entre les sexes, le mariage précoce touchant quasi-exclusivement les filles et adolescentes. Selon le Ministère de la santé, 74 000 accouchements de mineures de 15 à 19 ans, dont 5 199 de filles de moins de 14 ans, ont été enregistrés pour la seule année 2014. Dans un communiqué, le Système des Nations unies au Guatemala a salué cette avancée, qui « unifie l’âge du mariage pour les filles et les garçons, élimine l’autorisation des pères de famille » - qui n’est le plus souvent que l’imposition du mariage aux mineures sans leur consentement – « oblige les juges à écouter la personne mineure [et] interdit les unions de fait ». Il appelle néanmoins à restreindre l’exception prévue par la loi, qui permet aux juges « de façon exceptionnelle » d’autoriser des mariages à partir de 16 ans sans fixer de conditions précises.1 L’effet concret de cette loi est néanmoins incertain. Citant un rapport de l’UNICEF publié en 2011 l’initiative de loi liste les principales causes de mariages de mineurs comme étant la pauvreté, la tradition des peuples autochtones pour qui « la famille est l’unité de production économique et l’unique source de richesse, de statut social et de sécurité pour ses membres » et l’absence de politiques publiques à destination des adolescents. Tant que des politiques nationales d’ampleur n’auront pas été mises en œuvre pour résoudre ces problèmes, il y a fort à parier que le problème persistera.2 1. ONU Guatemala « ONU saluda aprobación de ley matrimonio infantil y llama a restringir uso de excepción » , 09.11.15, http://bit.ly/1YWG5PV 2. Martín Berganza,« Subir la edad para casarse no soluciona el problema » , Nómada, 10.11.15, http://bit.ly/1m8NUUD

Sepur Zarco : l’ouverture du procès fixée au 1er février 2016 Initialement prévue pour le 11 avril, l’ouverture du procès Sepur Zarco a finalement été annoncée pour le 1er février prochain par le Tribunal de haut risque A. Plus de quatre ans après le dépôt de la plainte en septembre 2011, va donc enfin s’ouvrir un procès historique. C’est en effet la première fois qu’une cour guatémaltèque jugera des faits de violences sexuelles en tant que crimes contre l’humanité et la première fois au monde que des faits d’esclavage sexuel seront jugés par une cour nationale.

©ACOGUATE

Retrouvez plus d’informations à ce sujet sur le site du Collectif Guatemala1 et d’ACOGUATE2.

1. Agathe Duvignau, « Cas Sepur Zarco : un procès à l’horizon 2016 ? », Collectif Guatemala, 06.07.15, bit.ly/1SZG4Y6 2. « Mujeres de Sepur Zarco se suman a la marcha contra la violencia hacia las mujeres », ACOGUATE, 25.11.15, bit.ly/1P599jK

Solidarité Guatemala n°216 décembre 2015

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Le Collectif Guatemala Qui sommes-nous ? Fondé en 1979 par des réfugiés guatémaltèques et des militants français, le Collectif Guatemala est une association loi 1901 de solidarité internationale. Il est constitué de bénévoles et de deux coordinatrices sur lesquels repose la vie de l’association. Depuis mars 2006, l’association a ouvert un bureau de coordination pour ses activités au Guatemala (accompagnement international et campagne de soutien aux militants luttant contre le pillage de leurs ressources naturelles).

Les activités du Collectif au Guatemala

Les activités du Collectif en France

● L’accompagnement international

● L'appui aux organisations de la société civile guatémaltèque qui luttent pour plus de justice et de démocratie

√ des populations autochtones victimes du conflit armé, impliquées dans des procès contre les responsables de crimes de génocide, crimes contre l’humanité, disparitions forcées et violations sexuelles, √ des personnes et organisations menacées du fait de leurs activités de défense des droits humains et des droits collectifs (droits des peuples autochtones et défense du territoire). Comment ? √ à la demande des groupes, victimes ou témoins menacés, √ en recherchant et en préparant des volontaires qui resteront au minimum 6 mois sur le terrain. Pourquoi ? √ pour établir une présence dissuasive, √ pour avoir un rôle d'observateur, √ pour relayer l'information. Les accompagnateurs/trices sont des volontaires majeur-es, de tous horizons, désirant s’engager sur le terrain. Des sessions d’information et de préparation ont lieu en France avant le départ. Au Guatemala, les accompagnateurs sont intégrés au projet international d’accompagnement ACOGUATE.

● L’outil vidéo √ réalisation de films documentaires comme outil de campagne et de sensibilisation, √ soutien à la diffusion de films documentaires à la capitale Ciudad de Guatemala et dans les communautés au Guatemala.

√ en relayant des dénonciations de violations des droits humains, √ en organisant des campagnes pour soutenir leurs revendications, √ en recherchant des financements pour soutenir leurs projets, √ en recevant en France et en Europe des représentant-es de différentes organisations pour leur permettre de rencontrer des décideurs politiques ainsi que d’autres mouvements sociaux et de défense des droits humains.

● L’information et la sensibilisation du public français Sur quoi ? √ la situation politique et sociale au Guatemala, √ la situation des droits humains, √ l'action des organisations populaires, autochtones et paysannes. Comment ? √ par la diffusion d’une lettre d’information bimestrielle, Solidarité Guatemala, √ par l'organisation ou la participation à des conférences, débats, projections documentaires, √ par des réunions mensuelles ouvertes à toute personne intéressée, √ par la diffusion d’informations via les réseaux sociaux (Twitter, Facebook), √ par l’organisation de réunions de plaidoyer.

● Le travail en réseau avec différents types de partenaires présents au Guatemala √ associatifs, √ diplomatiques.

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Solidarité Guatemala n°216 décembre 2015

Chèque à l’ordre du Collectif Guatemala, à envoyer à l’adresse suivante: Collectif Guatemala 21ter, rue Voltaire 75011 Paris

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