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Numéro 213 mars 2015 Lettre d’information du Collectif Guatemala

Merci ! Par Coralie Morand

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Sommaire

Edito: Merci !

p.1

par Coralie Morand

Interview d’Anselmo Roldán par Agathe Duvignau et Clémence Minet p.2

Visite au Guatemala du rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des Défenseurs des Droits de l’Homme

p. 3

Par Cyril Benoit

Qui a mis le feu à l’Amnassade d’Espagne? par Coralie Morand

p.4-5

Brèves

p. 6-7

Collectif Guatemala Collectif Guatemala Tel: 01 43 73 49 60 collectifguatemala@gmail.com

Tel: 01 43 73 49 60

collectifguatemala@gmail.com www.collectifguatemala.org

Directrion de publication: DirectriceMarijn, Thibaud de publication Isabelle Tauty : Isabelle Tauty Chamale Chamale, ISSN 1277 51 69 Ont participé numéro : : Ont participéààcece numéro Bérénice Boukaré, Cyril Benoit, Amandine Agathe Grandjean, Duvignau, Vanessa Thibaud Góngora, Marijn, Marilyne SandraCoralie LengClémenceGriffon, Minet, wiler, Thibaud Marijn, Zuleika Morand. Romero, Isabelle Tauty, Martin Willaume.

n 2014, je cherchais depuis 3 ans un poste dans la solidarité internationale. Après avoir vécu au Venezuela, travaillé auprès des populations défavorisées à Bogota, dédié mes études à l’Amérique latine, tout m’attirait vers ce sous-continent qui a volé une partie de mon cœur. Puis, tout s’accélère, ma vie change du jour au lendemain, 6 personnes me font confiance et me donnent les clés du Collectif Guatemala. Louise, Martin, Vanessa ; puis Alain, Isabelle et Nicolas. Je quitte la ville de Tours où je m’étais réfugiée pour fuir l’onéreuse vie parisienne, je me remets au travail, avec assiduité, et peu d’heures de sommeil. On m’a donné ma chance, je ne dois pas décevoir ! C’est là qu’une histoire d’amour est née. Bien plus : je me suis trouvée. Vous savez, un de ces matins où, vous regardant dans la glace, vous ne rougissez pas, vous vous sentez à votre place. J’ai d’abord découvert le Guatemala, de loin, par des articles, des rapports, des échanges… Et waw ! Aucun autre mot ne me vient. J’ai ensuite découvert le quotidien de la coordination des activités au Collectif depuis le siège : rechercher des fonds, établir des partenariats, réaliser des outils de communication, animer un réseau de bénévoles, définir des stratégies de travail, élaborer une campagne de plaidoyer, recruter et former des volontaires, les accompagner vers leur mission, les soutenir à leur retour… Puis il y a eu ACOGUATE, si compliqué à comprendre de l’extérieur ! Alors, j’ai intégré le Comité Ressources Humaines du projet, chargé d’appuyer la coordination, d’apporter un soutien moral à ces femmes qui font vivre le projet sur place, de faire le lien avec les comités. Cela m’a permis de comprendre de l’intérieur ce qu’il se passe sur le terrain, d’acquérir une légitimité qui me manquait auprès des accompagnateurs (moi, je dis « mes accos », parce que j’aime bien les materner). Mais cela a avant tout été des rencontres, des moments hors du temps. Je ne pourrais pas citer toutes les personnes qui ont marqué mon année à vos côtés, mais certaines ont été plus fortes que d’autres, et m’ont ouvert à de nouveaux mondes en me laissant côtoyer l’univers intime de chacun d’entre vous. Je souhaite remercier Vanessa, qui par sa présence quotidienne a permis que je prenne mon poste en main. Mais également Marilyne, Louise, Nicolas, Isabelle, Alain, Christine, qui ont été là pour mes premiers pas et qui m’ont tenu la main après m’avoir fait confiance quand je perdais l’espoir d’atteindre un jour mon objectif : prendre du plaisir dans mon travail. Ensuite, la nouvelle vague d’accos revenus du terrain : Laure, Thibaud, Pauline, qui sont tous devenus des amis. Qui, chacun, m’ont impressionnée par leur force intérieure, par leur engagement profond dans tout ce qu’ils entreprennent, par l’amitié sincère qu’ils m’ont témoignée. Et Amandine ! Ma collègue de terrain, mon amie, distante de milliers de kilomètres. Une personne avec laquelle j’ai appris à travailler en équipe, et quelle équipe ! Je pense sincèrement qu’on a fait du bon boulot ensemble. Et puis, tous les autres. Carmen Samayoa, que j’ai eu la chance d’interviewer. Quelle femme ! Une danseuse, en exil depuis trop d’années, riche d’une philosophie humaniste rare, féministe engagée dans la lutte pour l’égalité et la liberté. Une de ces personnes qui nous font avancer dans la façon dont on conçoit notre propre vie. Carmen, comme une petite voix qui me rappelle de ne jamais baisser les bras et de ne jamais oublier la part de sacré qui réside en chaque femme. Et enfin (mais la liste ne saurait être exhaustive et la place manque pour raconter un an de vie), les défenseur-es du Petén. J’ai enfin pu approcher ces personnes pour lesquelles je me lève chaque matin. Eduviges, Raul, Ruben. Les échanges que j’ai eus avec ces trois personnes resteront comme une empreinte dans mon cœur. J’ai pu m’abreuver de la force d’âme de ces gens qui vivent dans une lutte perpétuelle pour avoir droit à la dignité. Je me suis sentie une enfant face à eux, et ils m’ont pourtant remerciée pour ce que nous faisons. Cela a été un honneur que de croiser la route de ces personnes. Alors, avant de vous quitter, merci. Merci à chacune et chacun d’entre vous d’avoir partagé tant de choses avec moi, merci de m’avoir permis de me révéler à moi-même. J’ai réalisé il y a peu que je me sentais parfaitement à ma place et enfin en accord avec mes valeurs. J’espère que vous prendrez autant de plaisir à lire ce dernier bulletin que j’en ai eu à le préparer pour vous.■ Solidarité Guatemala n°213 mars 2015

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Actualités Par Agathe Duvignau et Clémence Minet Interview d’Anselmo Roldán Président de l’Association pour la Justice et la Réconciliation (AJR)

Cette interview a été réalisée dans la région Ixcán par Agathe Duvignau et Clémence Minet lors de leur visite au Président de l’AJR. L’objectif était de recueillir ses impressions suite à la suspension du procès pour génocide le 5 janvier 2015, mais aussi de connaître les perspectives de l’AJR, partie civile au procès pour génocide et crimes contre l’humanité, comme lors du procès de 2013.

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ous avez été présent à l’audience du 5 janvier 2015 pour la reprise du procès pour génocide à l’encontre d’Efraín Ríos Montt et de José Mauricio Rodríguez Sánchez. De nombreuses personnes sont venues, mais n’ont pu rentrer ni dans la salle d’audience, ni même au sein du tribunal. Pouvez-vous nous décrire l’ambiance qui régnait dans la salle ? Anselmo Roldán (AR): Il était important que l’audience ait finalement lieu le 5 janvier. J’ai été surpris par l’émotion qu’a causée la décision de rouvrir le procès : les gens avaient très envie de savoir si cela allait être le cas. Honnêtement, nous ne pensions pas qu’autant de monde viendrait. Tout le monde était enthousiaste, mais la majorité des personnes qui se sont mobilisées et déplacées ont dû rester dehors. En tant que © Upside Down World représentant légal de l’AJR, je me trouvais à l’intérieur, mais j’étais gêné car je souhaitais que tout le monde rentre, comme durant le procès de 2013. Nous ne comprenons toujours pas pourquoi l’audience n’a pas eu lieu dans la Grande Salle ! Il s’agit d’une violation du droit de chacun d’écouter et de participer au procès. Nous analysons cela comme un échec des juges, mais il en va aussi de la responsabilité des médias, qui ont occupé tout l’espace et bouché la vue de ceux qui étaient à l’intérieur. Que pensez-vous de l’absence de Ríos Montt en début de journée, puis de la décision de la juge de l’obliger à se présenter ? Quelle est votre opinion finalement sur la récusation de la juge Jeannette Valdés [présidente du Tribunal de Risque majeur B]? Comment interprétez-vous la stratégie de la défense ? AR : Nous pensons que la stratégie de la défense du Général Ríos Montt consiste à retarder le procès. C’est une honte de le faire passer pour malade, ainsi qu’un affront, non seulement vis-àvis de la justice guatémaltèque, mais aussi envers toutes les victimes. Au début de la journée, la décision de la juge de l’obliger à se présenter nous est apparue plutôt favorable. Toutefois, la 2

Solidarité Guatemala n°213 mars 2015

récusation de Jeannette Valdès à la fin de l’audience nous laisse penser que tout ceci a peut-être été planifié à l’avance. Les juges ont-ils reçu des menaces ? Jamais nous n’aurions pu imaginer ce qui s’est produit. Alors que nous nous interrogions sur le fait de savoir si le procès allait reprendre ou non, il en a été tout autrement. Il est évident que la défense ne souhaite pas que tout ce qui s’est passé durant le conflit armé soit porté à la connaissance de tous, et encore moins qu’une condamnation soit prononcée ! Quelle a été la réaction des témoins et partisans présents à l’audience? AR: Ce qui s’est passé est regrettable. À présent, nous attendons une réponse. Or, aucune nouvelle date ne nous a été donnée, un peu comme si cela ne les intéressait pas. Nous nous inquiétons de l’état des témoins. Cependant, tout était prêt pour le 5 janvier, tout est documenté et nous persisterons jusqu’à ce que justice soit faite. Quelles seront les prochaines étapes pour l’AJR? AR: Nous devons donner une suite à cela. Ils nous ont déjà nié le droit à la Justice en 2013. Si le scénario se répète, nous aurons tous les éléments pour porter notre plainte devant la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme. Que pensez-vous de la déclaration du Président Otto Pérez Molina, qui s’est prononcé en faveur de l’amnistie pour Ríos Montt ? AR: C’est soit une stratégie politique, soit de l’ignorance. Ríos Montt ne pourra jamais être amnistié, et ce pour deux raisons. Premièrement, le Guatemala est signataire de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Deuxièmement, ce ne sont pas de crimes politiques dont il s’agit, ce sont des crimes contre l’humanité : le décret de 1986 qui prévoit une amnistie ne peut donc pas s’appliquer dans ce cas. Par ailleurs, le Président a dit que la présence des personnes de diverses nationalités durant l’audience exerçait une pression sur les juges, alors que, bien au contraire, cette présence vient renforcer la Justice au Guatemala et permet que les lois s’appliquent. Ce n’est pas de la pression, c’est de l’observation ! Pour conclure, souhaitez-vous ajouter quelque chose? AR: J’aimerais lancer un appel au peuple du Guatemala afin qu’il ne se laisse pas abuser. Le code pénal guatémaltèque prévoit une sanction dans les cas de génocide. Et génocide, il y a eu, pas uniquement dans la région ixil, mais dans l’ensemble du pays. De nombreux peuples mayas en ont souffert, et c’est pourquoi il doit y avoir une condamnation à l’encontre de tous ceux qui ont participé à ce génocide, et pas uniquement de Rios Montt.■


Actualités Visite au Guatemala du Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des Défenseurs des droits de l’Homme Par Cyril Benoit En janvier dernier, Michel Forst, Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des Défenseurs des droits de l’Homme et secrétaire général de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, s’est rendu en Amérique centrale dans le cadre d’une consultation régionale non-officielle. Le but de cette visite était de mieux connaître la conjoncture guatémaltèque en rencontrant directement diverses organisations de défense des droits humains et du territoire. En effet, ne pouvant réaliser que deux visites officielles par an, soit huit visites pour la totalité de son mandat, il est primordial pour le Rapporteur spécial et son équipe de pouvoir préalablement se rendre compte des situations et besoins des défenseur-es à travers le monde.

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ors de sa visite, Michel Forst a notamment participé au lancement de la campagne « Nous sommes défenseurs » menée par Oxfam Guatemala et dont l’objectif est de contrer l’offensive gouvernementale et médiatique actuelle visant à faire passer les défenseur-es des droits humains pour des « terroristes ». Un autre moment important de la visite fut la rencontre organisée avec de nombreuses organisations de défense des droits humains le 27 janvier 2015 à Ciudad de Guatemala, dans le but de recueillir de première main les informations et analyses des défenseur-es victimes de la répression étatique et privée. Les représentant-es des organisations présentes décidèrent de présenter cinq cas emblématiques des diverses formes prises par la répression étatique et des entreprises privées dans le pays : Barillas (Huehuetenango) et le montage judiciaire inédit contre Saúl Méndez et Rogelio Velásquez, la criminalisation des dirigeant-es de CODECA, la persécution des radios communautaires, l’expulsion violente des opposant-es au projet de centrale hydroélectrique Santa Rita à Monte Olivo et enfin la situation dans le Petén autour de la Laguna del Tigre1. L’occasion pour Rubén Domínguez, avocat du Bufete jurídico de derechos humanos (Cabinet juridique des droits humains), récemment reçu par le Collectif Guatemala lors de la tournée européenne des défenseur-es du Petén, de rappeler le long historique de criminalisation et d’expulsions forcées dans cette région, ainsi que l’instrumentalisation par l’État guatémaltèque de la législation environnementale au service de mégaprojets et au détriment des communautés2. L’un des moments les plus forts de la réunion fut le témoignage de Carmelia Sosa Mérida, épouse de Rogelio Velásquez, l’un des dirigeants communautaires de Santa Cruz Barillas, récemment condamnés à 33 ans et 4 mois de prison pour le lynchage de deux personnes en août 2010. Tout indique que cette condamnation est le résultat d’un montage judiciaire organisé par l’entreprise Hidro Santa Cruz S.A. dont la stratégie, au niveau national, consiste à criminaliser les dirigeants des organisations sociales pour leurs actions de défense du territoire3. Carmelia Sosa Mérida présenta l’impact tant psychologique qu’économique de cette condamnation sur elle et sa famille : chacun des deux condamnés a en effet une famille nombreuse et leur activité agricole représentait le seul revenu de celle-ci. L’Assemblée des peuples de Huehuetenango (ADH), qui accompagnait Carmelia Sosa Merida ce jour-là, et la Société Civile de Barillas, dont font

© Front Line Defenders

Michel Forst, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’Homme

partie Méndez et Velásquez, sont accompagnées sur le terrain par ACOGUATE.

À l’issue de cette rencontre, les organisations présentes remirent un rapport à Michel Forst présentant un panorama du contexte auquel font face les défenseur-es. Ce rapport expose également leurs demandes parmi lesquelles une réalisation d’une visite officielle des Rapporteurs spéciaux concernés (liberté d’expression, liberté d’association et de manifestation, peuples autochtones etc.), une demande d’information auprès du gouvernement guatémaltèque sur les cas présentés, ou encore la prise en compte de la situation particulière des femmes et des personnes LGBTI.■ 1. Ce cas a été proposé au Rapporteur Spécial par le Collectif Guatemala suite à la tournée de défenseur-es organisée en décembre 2014 en Europe, voir Solidarité Guatemala 212, janvier 2015. 2. Coralie Morand, « Retour sur la tournée de défenseur-es du Petén », Solidarité Guatemala 212, janvier 2015 3. ACOGUATE, “Santa Cruz Barillas: Los defensores de bienes naturales Saúl Méndez y Rogelio Velásquez, condenados a 33 años de prisión”, http://bit.ly/1ASNLnE.

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Actualités Qui a mis le feu à l’Ambassade d’Espagne ?

Par le Centre des Médias Indépendants Traduction par Coralie Morand2

Nous vous annoncions dans notre dernier bulletin la condamnation de Pedro García Arredondo à une peine de 90 ans de prison pour sa responsabilité dans l’incendie de l’Ambassade d’Espagne le 30 janvier 1980. Beaucoup d’articles et d’informations ont circulé autour de ce procès, véritable lutte pour les organisations de lutte contre l’impunité au Guatemala. Nous avons sélectionné pour vous cet article de la presse indépendante qui présente les principales preuves qui ont mené à cette condamnation.

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l a fallu attendre trois décennies et demi pour que justice soit faite concernant cet horrible épisode de l’histoire du pays: les caméras de télévision de l’époque avaient enregistré l’incendie de l’Ambassade d’Espagne ainsi que l’agonie des 37 personnes qui avaient été empêchées d’en sortir. Le Comité d’unité paysanne (CUC), et le Front Estudiantin Robin García (FERG) avaient pris d’assaut l’ambassade pour attirer l’attention sur les premiers massacres perpétrés dans les villages de l’Altiplano guatémaltèque. C’était l’époque des dictatures militaires, des guérillas, des mobilisations et manifestations massives, des assassinats politiques en plein jour. C’étaient des années de crise, avec des groupes déterminés à provoquer le changement coûte que coûte, et d’autres groupes attachés au statu quo à tout prix, y compris celui de la terreur. C’était le dernier jour de janvier 1980. Les voisins et passants de la zone 9 assaillirent les policiers et militaires pour leur demander pourquoi ils ne levaient pas le petit doigt pour sauver les victimes des flammes. Le visage immuable de policiers, habillés en civil ou en uniforme. Les pompiers qui tentaient de rompre le cercle maintenu par les forces de sécurité. Et des cris d’agonie. Tandis qu’ils brûlaient vifs, les occupants, paysans, étudiants, diplomates espagnols et personnalités guatémaltèques suppliaient qu’on les laisse sortir. Pendant plusieurs minutes, personne n’a rien pu faire. Certains par impuissance, d’autres parce qu’ils avaient reçu l’ordre express de ne rien faire. Cet ordre était simple : qu’il n’en reste pas un seul vivant. Durant des années, il a été impossible de savoir qui était responsable du massacre. Selon la version officielle (celle de la dictature), les occupants de l’Ambassade d’Espagne s’étaient immolés dans le cadre d’une action de protestation. Un des plus grands massacres urbains de l’histoire latino-américaine est ainsi resté dans l’obscurité.

© Roderico Yool

Pedro García Arredondo au cours du procès

À l’époque, l’occupation des ambassades était un modus operandi répandu et efficace. Ces assauts permettaient d’attirer l’attention aux niveaux national et international. D’autres occupations d’ambassades, appuyées par les mêmes organisations, ont été réalisées avec succès, comme celles des l’ambassades de Suisse et du Brésil. Les résultats ont toujours été les mêmes : pas un seul mort. La prise d’assaut du 31 janvier 1980 a été l’exception. Les paysans avaient participé à de nombreuses réunions à Ciudad de Guatemala afin de dénoncer leur situation. L’actuel directeur de La Hora, Óscar Clemente Marroquín, l’a confirmé pendant le procès : en tant que directeur du journal El Impacto il a reçu le cortège du CUC, mais n’a rien publié à cause de la censure. Leur visite à l’Organisation des États Américains (OEA) a connu le même sort. Personne ne voulait entendre parler de massacres de communautés entières.

La recherche des 5 principales preuves

Le seul soutien qu’ils reçurent vint d’organisations urbaines, particulièrement des étudiants regroupés dans le FERG. Ce sont eux qui les ont accompagnés à leurs rendez-vous, qui les ont logés et, enfin, qui les ont accompagnés lors de la prise d’assaut.

L’affaire a été ouverte en 2001. Ce n’est que le 19 janvier 2015 qu’une réponse s’est finalement convertie en condamnation : la décision d’incendier l’ambassade est venue du plus haut niveau, à savoir du président de l’époque, Romeo Lucas García ; du ministre de l’intérieur Donaldo Álvarez Ruiz ; du directeur de la Police Nationale Germán Chupina Barahona ; et du chef du Commando 6 de la Police Nationale Pedro García Arredondo. Tous ont ordonné que personne n’en ressorte vivant.

Deux jours après le massacre, des milliers d’étudiants se réunirent dans l’Amphithéâtre Universitaire, dans le centre de la capitale, afin d’assister aux obsèques des victimes. Lors du procès, selon un témoin et des documents des Archives Historiques de la Police Nationale, un groupe d’étudiants qui se rendait de l’Amphithéâtre au Cimetière Général a été intercepté par García Arredondo luimême, accompagné de son Commando 6 ; deux des leaders étudiants ont été assassinés.

1- La prise d’assaut servait à dénoncer des massacres 4

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Actualités 2- Le témoin de la réunion au cours de laquelle la décision a été prise La réunion s’est tenue autour de midi dans une salle spéciale du Palais National. Y ont participé le Président, Romeo Lucas García; son ministre des Affaires Étrangères, le colonel Rafael Castillo ; son ministre de l’Intérieur, Donaldo Álvarez Ruiz, ainsi que le colonel de la Police Nationale, le colonel Germán Chupina. Ils venaient d’apprendre la prise de l’Ambassade d’Espagne par des paysans et étudiants. Ils devaient désormais décider comment réagir. Sous le gouvernement de Lucas García il y avait déjà eu d’autres assauts d’ambassades. Cette fois-ci, la situation était différente, avec les organisations paysannes et les guérillas qui grandissaient dans l’Altiplano, ainsi que la victoire des sandinistes au Nicaragua en 1979. D’où la force des ordres qu’il a donnés à Chupina pour qu’il les transmette à Arredondo : sortez-les de là par n’importe quel moyen !

laquelle il ne négociait pas avant d’entrer dans le bâtiment, il lui a été répondu ce jour-là que les ordres venaient de « très haut ». García Arredondo obéissait à des ordres au sein d’une structure hiérarchique dirigée par des militaires. Des militaires disciplinés. Ce fut la troisième preuve indiscutable. 4- Le lance-flammes de la Police Nationale Sous les ordres de García Arredondo, le Commando 6 a encerclé le lieu, coupé toutes les communications et l’électricité, refusé toute forme de négociation et cherché à pénétrer par la force. Il n’a pas été clarifié, d’après le Tribunal, comment l’incendie a démarré. Ce qui a été clairement établi c’est que, alors qu’ils essayaient d’entrer, plusieurs détonations ont été entendues, qui auraient pu être des cocktails Molotov ou des tirs de la Police Nationale. L’étape suivante est une tuerie. Plusieurs témoins oculaires ont confirmé que du gasoil avait pris feu. Cela venait d’un lanceflammes porté par l’assistant d’Arredondo, comme le prouvent des photos, vidéos ainsi que des déclarations.

Voilà ce qu’a rapporté le journaliste Elías Barahona lorsqu’il a témoigné au procès. Barahona était un Les preuves faisaient froid agent infiltré de l’Armée de dans le dos. La mort des guérilla des pauvres (EGP), 37 personnes n’avait pas qui était parvenu peu à peu © Carlos Sebastián pu être provoquée par des à gagner la confiance de Familles et amis des victimes ont organisé une cérémonie maya après l’annonce cocktails Molotov car tous Álvarez Ruiz jusqu’à devenir de la condamnation les cadavres étaient son plus proche brûlés des chevilles vers collaborateur. Il était présent le haut du corps, leurs pieds restant intacts. Cela a levé tous les lorsque la mort de presque quarante personnes a été décidée. doutes : en pénétrant dans l’enceinte, ce membre du Commando L’ordre de Lucas García a rapidement été transmis par radio à 6 a déchargé le lance-flammes sur tous. En quelques minutes ils García Arredondo, qui, avec son Commando 6, était chargé d’en étaient morts. finir avec l’assaut « sans laisser un seul survivant ». 5- La Police a empêché les pompiers d’éteindre le feu Cette preuve a failli disparaître. Quelques jours après avoir témoigné, Elías Barahona est décédé, à l’âge de 71 ans, d’une Un des pompiers présents lors de la prise de l’ambassade a raconté au cours du procès comment les policiers les avaient maladie dont il souffrait depuis plusieurs années. empêchés d’éteindre le feu et de secourir les 37 personnes qui se 3- La structure de commandement trouvaient à l’intérieur. L’ordre était que personne ne soit sauvé, Le Ministère Public (MP), par le biais de la procureure Hilda ainsi que l’a rappelé le témoin Odeth Arzú Castillo, infirmière de la Pineda, et la condamnation du Tribunal B de Risque Majeur ont Croix-Rouge. C’est pour cela que, lorsqu’ils apprirent qu’il y avait clairement établi la structure de commandement à laquelle deux survivants, l’ambassadeur Máximo Cajal et le paysan appartenait García Arredondo. Cette structure a été confirmée par Gregorio Yujá, des agents de l’État sont allés les chercher dans le rapport des documents déclassifiés de l’ancienne Police l’hôpital où ils étaient soignés. Le paysan a été assassiné et son Nationale, mais aussi par les communications et le déploiement corps abandonné devant l’USAC, et Cajal a été transporté dans la du Commando 6. Il est alors devenu indéniable que ce commando résidence de l’ambassadeur étatsunien et sorti du pays, ce qui l’a sauvé.■ était bel et bien chargé de l’opération. L’entrepreneur Adolfo Molina Sierra, fils d’Adolfo Molina Orantes, une des victimes de l’incendie ce jour-là, a raconté pendant le procès que, interrogeant García Arredondo sur la raison pour

1. Version originale: http://bit.ly/1Be4rLg. 2. Traduction complète de l’article sur notre site internet : http://bit.ly/1Nu7zYB.

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Brèves Le Guatemala suspendu de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) Le 2 mars dernier, Marvin Flores, d’Acción Ciudadana (Action Citoyenne) 1 a informé que le Guatemala avait perdu son statut de pays partie prenante à l’ITIE2. La Commission Présidentielle de Transparence n’ayant pas remis son rapport financier sur les royalties (recettes non fiscales), la participation du Guatemala à l’ITIE a été suspendue. Flores a souligné le fait que cette disqualification transmet une image négative du pays. Le Guatemala a jusqu’au 30 juin pour remettre ce rapport financier et ainsi annuler cette suspension. 1. « Suspenden a Guatemala de inciativa de transparencia », Emisoras Unidas, 02/03/2015, http://bit.ly/181DbUJ. 2. L’ITIE est une coalition globale d’entreprises, de gouvernements et d’organisations de la société civile œuvrant ensemble pour améliorer la transparence et la gestion responsable des revenus issus des ressources naturelles. La Norme ITIE requiert des rapports compréhensibles, activement promus et contribuant au débat public. La Norme est supervisée par le Conseil d’administration international de l’ITIE, composé de représentants du gouvernement, des entreprises et de la société civile. http://bit.ly/1BgAmug.

Le système judiciaire guatémaltèque sous pression Dans un communiqué datant du 5 mars 20151, la Commission Internationale de Juristes (CIJ) fait le bilan d’une mission qu’elle a organisé dans le pays dans le cadre de son travail de renforcement de l’État de droit au Guatemala. La CIJ alerte sur le harcèlement et la pression constante dont sont victimes les opérateurs du système judiciaire guatémaltèque. Le communiqué dénonce également l’absence de résolution du recours déposé par la Juge Barrios contre les sanctions qui lui ont été imposées par le Collège d’Avocats et Notaires du Guatemala 2. Ramón Cadena, directeur de la CIJ en Amérique centrale, affirme que « la situation est grave ». Il presse la Cour Suprême de Justice de « suspendre toute mesure qui affecterait l’indépendance des juges et de mettre en œuvre les réformes nécessaires à la promotion et la protection du pouvoir judiciaire ». 1. http://bit.ly/1C16QcV. 2. Voir Communiqué de presse du Collectif Guatemala, 24/04/2014, http://bit.ly/1aZaJoh.

Trois leaders de la résistance pacifique de Barillas, Huehuetenango, en détention préventive Le 26 février 2015, Arturo Pablo, Francisco Juan et Adalberto Villatoro ont été arrêtés et placés en détention préventive sous l’accusation des délits suivants: menaces, détentions illégales et association illicite1. Ces trois défenseurs sont des leaders communautaires de la résistance pacifique de Barillas, en lutte contre le projet hydroélectrique Qanbalam mené par l’entreprise espagnole Hidro Santa Cruz. Ces nouvelles détentions, qui font suite à la condamnation à 33 ans et 4 mois de prison de Saúl Méndez et Rogelio Velásquez 2, marquent une nouvelle étape dans la stratégie de criminalisation des défenseur-es de la région dont l’unique objectif est de fragiliser la lutte sociale. Le Conseil du peuple Maya (CPO) a lancé un appel aux peuples et organisations nationaux et internationaux afin que leurs revendications soient entendues et que les leaders communautaires soient libérés3. 1. « Barillas: Detienen a tres defensores del agua, la represión continua », Prensa Comunitaria Km. 169, 23/02/2015, http://bit.ly/1Bm8vcg. 2. Pau Dachs, « Criminalisation: Saúl Méndez et Antonio Rogelio Velásquez, condamnés à 33 ans de prison », 21/01/2015, http://bit.ly/1MptNcE, et ACOGUATE, Pau Dachs, « Los defensores de bienes naturales Saúl Méndez y Rogelio Velásquez, condenados a 33 años de prisión », 02/03/2015, http://bit.ly/1GEZjD3. 3. « Envian a prisión preventiva a tres líderes de la resistenca pacífica de Barillas, Huehuetenango », 27/02/2015, http://bit.ly/1NDCTEj.

Visite du Vice-président états-unien au Guatemala La présence de Joe Biden au Guatemala les 2 et 3 mars est le marqueur officiel de l’importance que le gouvernement des Etats-Unis souhaite accorder au pays d’Amérique centrale. Le choix du Guatemala a été justifié par les préoccupations du géant nord-américain quant à la fragilité institutionnelle du Guatemala, marqué par de forts taux d’insécurité, corruption et impunité. Cette visite dans le sous-continent avait vocation à présenter la Plan Obama-Biden pour l’Amérique centrale1 prévu par les Etats-Unis qui prévoit un gâteau d’1 milliard de dollars US à se partager dans toute © Prensa Libre l’Amérique centrale afin de lutter contre la hausse de la criminalité et la pauvreté dans la région. Quelques mois après le scandale des migrations massives d’enfants centraméricains vers les États-Unis et la mauvaise gestion de cette crise humanitaire par le gouvernement Obama, cette politique de lutte contre la pauvreté apparaît pour certains comme une marque de confiance vis-à-vis des pays d’origine de ces migrants. Toutefois, si le Guatemala veut bénéficier lui aussi de cette aide non négligeable dans la lutte contre la criminalité et la pauvreté, il va devoir renforcer son fonctionnement institutionnel et, surtout, baisser son indice de corruption, condition essentielle d’accès à ce nouveau Plan de soutien!3 Pour aller plus loin: A cette occasion, le Centre des Médias Indépendants a publié un historique de l’impérialisme états-unien au Guatemala : « El imperialismo estadounidense en Latinoamérica : un repaso histórico », 04/03/2015, http://bit.ly/1GrTyFb. 1. « El plan Obama-Biden para América central », ContraPoder, 05/02/2015, http://bit.ly/1Mo2wW7. 2. « De plus en plus d’enfants migrants clandestins », Courrier International, 08/06/2014, http://bit.ly/198gVtl. 3. « La visista de Biden a Guatemala », El Periódico, 03/03/2015, http://bit.ly/1Bmg3eY.

Le retour d’Alfonso Portillo

© Siglo XXI

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Après 1 an de prison aux États-Unis pour blanchiment d'argent, Alfonso Portillo est rentré au Guatemala le 26 février dernier. Malgré les discours de rédemption qu'il affiche, certains s'interrogent sur ses liens avec la classe économicopolitique guatémaltèque actuelle. Selon certains analystes, ce retour au pays, quelques mois avant les élections, risque fort d'avoir un impact sur les élections présidentielles de septembre. Solidarité Guatemala n°213 mars 2015


Brèves Appel à signature Depuis le 20 janvier, la radio communautaire Snuq’ Jolom Konob’ a été fermée par Diego Marcos Pedro, maire de Santa Eulalia, Huehuetenango. Cette radio diffuse les actualités dans le Nord de la région à travers le prisme de la cosmovision et de la langue Q’anjob’al. Le droit aux radios communautaires est inscrit dans divers traités internationaux et dans les Accords de Paix de 1996. Vous pouvez apporter votre soutien à la liberté d’expression en signant la pétition demandant la réouverture de la radio sur ce lien: bit.ly/1MaIzEV.

Suspension de la licence d’exploitation minière de l’entreprise Niquegua Montúfar à Izabal* Le 4 mars, la Cour d’Appel a annoncé la sentence en faveur du Centre d’action légale environnementale et sociale (CALAS) pour les vices de procédure et violations du droit de la défense commises par le Ministère de l’Énergie et des Mines (MEM) lorsqu’il a accordé une licence d’exploitation minière à l’entreprise Niquegua Montúfar en avril 2013. La Cour a estimé que ces droits avaient été violés par le refus d’examiner l’opposition à la licence présentée par CALAS avant que l’autorisation d’exploitation n’ait été accordée. Créant une jurisprudence sans précédent, la Cour a ordonné au MEM que soit suspendue toute résolution administrative postérieure au rejet de l’opposition présentée par CALAS. En d’autres termes, elle a ordonné la suspension de la licence minière d’exploitation. Le gouvernement a accordé trois licences d’exploitation minière en 2013 et chacune d’entre elles (El Escobal à San Rafael Las Flores, Sechol en Alta Verapaz et Niquegua en Izabal) ont été suspendues, entre autres, grâce au travail de contestation juridique mené par CALAS. * Traduction d’une note de Rafael Maldonado, publiée par Prensa Comunitaria Km. 169, 04/03/2015, http://on.fb.me/192pje6.

Ricardo Falla présente son dernier ouvrage aux communautés de l’Ixcán Le jeudi 26 février 2015, les accompagnateurs de la région Ixcán au sein du projet ACOGUATE ont rencontré Ricardo Falla, auteur du fameux ouvrage Masacre de la Selva : Ixcán, Guatemala, 1975-1982 (Massacre de la Jungle : Ixcán, Guatemala, 1975-1982), dans la communauté de Santa Maria Tzejá. En tournée dans la région pour la présentation de son livre Ixcán: El campesino indígena se levanta, 1966-1982 (Ixcán: Le paysan indigène se lève, 1966-1982), le prêtre jésuite Ricardo Falla a indiqué que cette nouvelle publication constitue le 3ème volume d’une collection de huit à neuf ouvrages sur le conflit armé interne. L’auteur s’est adressé ce jour-là aux élèves du collège de la communauté pour leur conter l’histoire particulière de ce nouvel ouvrage écrit en 1985, et dont la « gestation » a duré exactement 30 ans. Ricardo Falla décrit son œuvre comme un « enfant », né d’un premier travail de recueil de témoignages, alors qu’il accompagnait les familles en fuite dans les montagnes du Guatemala, puis de compilation et de retranscription de ces histoires alors qu’il était lui-même en exil à l’étranger. L’auteur a voyagé dans la région avec 250 exemplaires de sa nouvelle parution, qu’il proposait aux communautés à un prix réduit, rappelant que ce livre « appartient à l’Ixcán ». À l’issue de sa présentation, Ricardo Falla a accordé une courte entrevue aux accompagnateurs d’ACOGUATE. Vous pouvez retrouver la traduction de cet entretien, ainsi que de l’article qu’ils ont écrit sur la visite de Ricardo Falla à Santa Maria Tzeja sur notre site internet collectifguatemlala.org. © Prensa Comunitaria Km.169

Recrutements Le Collectif Guatemala recrute 4 accompagnateurs pour 2015! N’hésitez pas à consulter et diffuser la fiche de poste, disponible ici: http://bit.ly/1BW5qjE. NISGUA (Réseau de solidarité avec les peuples du Guatemala), membre étatsunien d’ACOGUATE, recherche une nouvelle personne pour le poste de coordination terrain, basé à Ciudad de Guatemala. Si vous parlez espagnol et anglais couramment, c’est par là: http://bit.ly/181zIFI !

Journée Nationale de la dignité des victimes du conflit armé Le 25 février dernier, à Nebaj, à l'occasion de la Journée Nationale de la dignité des victimes du conflit armé, l'exposition photo « Une mémoire photographique pour la région Ixil au Guatemala », réalisée, entre autres, grâce au minutieux travail de bénévoles du Collectif Guatemala, a été exposée aux côtés des panneaux et affiches des organisations communautaires.

Des nouvelles du siège Après un an au poste de coordinatrice au siège du Collectif Guatemala, Coralie Morand quitte son poste le 23 mars. Elle cède sa place à Cyril Benoit, ancien accompagnateur en région Ixil, qui sera présent à mi-temps à la coordination de nos activités au siège. Du 19 mars au 2 avril, Coralie sera présente au Guatemala pour la rencontre entre les comités membres d’ACOGUATE qui se tient à Ciudad de Guatemala tous les deux ans. Cette mission sera également l’occasion d’actions de plaidoyer et de rencontres avec des organisations accompagnées.

© Comunicarte

A vos agendas! Le Collectif Guatemala organise un week-end d’orientation et de formation à l’accompagnement international au Guatemala les 25 et 26 avril 2015. Entrée libre. Plus d’informations sur collectifguatemala.org. Solidarité Guatemala n°213 mars 2015

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Le Collectif Guatemala Qui sommes-nous ? Fondé en 1979 par des réfugiés guatémaltèques et des militants français, le Collectif Guatemala est une association loi 1901 de solidarité internationale. Il est constitué de bénévoles et de deux coordinatrices sur lesquels repose la vie de l’association. Depuis mars 2006, l’association a ouvert un bureau de coordination pour ses activités au Guatemala (accompagnement international et campagne de soutien aux militants luttant contre le pillage de leurs ressources naturelles).

Les activités du Collectif au Guatemala

Les activités du Collectif en France

● L’accompagnement international

√ des populations autochtones victimes du conflit armé, impliquées dans des procès contre les responsables de crimes de génocide, crimes contre l’humanité, disparitions forcées et violations sexuelles, √ des personnes et organisations menacées du fait de leurs activités de défense des droits humains et des droits collectifs (droits des peuples autochtones et défense du territoire). Comment ? √ à la demande des groupes, victimes ou témoins menacés, √ en recherchant et en préparant des volontaires qui resteront au minimum 6 mois sur le terrain. Pourquoi ? √ pour établir une présence dissuasive, √ pour avoir un rôle d'observateur, √ pour relayer l'information. Les accompagnateurs/trices sont des volontaires majeur-es, de tous horizons, désirant s’engager sur le terrain. Des sessions d’information et de préparation ont lieu en France avant le départ. Au Guatemala, les accompagnateurs sont intégrés au projet international d’accompagnement ACOGUATE.

√ en relayant des dénonciations de violations des droits humains, √ en organisant des campagnes pour soutenir leurs revendications, √ en recherchant des financements pour soutenir leurs projets, √ en recevant en France et en Europe des représentant-es de différentes organisations pour leur permettre de rencontrer des décideurs politiques ainsi que d’autres mouvements sociaux et de défense des droits humains.

● L’information Sur quoi ? √ la situation politique et sociale au Guatemala, √ la situation des droits humains, √ l'action des organisations populaires, autochtones et paysannes. Comment ? √ par la diffusion d’une lettre d’information bimestrielle, Solidarité Guatemala, √ par l'organisation ou la participation à des conférences, débats, projections documentaires, √ par des réunions mensuelles ouvertes à toute personne intéressée, √ par la diffusion d’informations via les réseaux sociaux (Twitter, Facebook), √ par l’organisation de réunions de plaidoyer.

● L’outil vidéo

de

√ réalisation de films documentaires comme outil de campagne et de sensibilisation, √ soutien à la diffusion de films documentaires à la capitale Ciudad de Guatemala et dans les communautés au Guatemala.

√ associatifs, √ diplomatiques.

Contact: collectifguatemala@gmail.com

ADHÉSION / ABONNEMENT Le Collectif Guatemala vous propose plusieurs formules de soutien : 

Adhésion au Collectif, permettant de recevoir la Lettre d’information - Solidarité Guatemala

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Adhésion à tarif réduit (étudiants, chômeurs etc. joindre justificatif)

15 €

Don, un soutien supplémentaire pour nos activités

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Total :

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Nom .................................................................................... Prénom ....................................................................................................... Adresse ..................................................................................................................................................................................................... Code Postal ...................................................... Ville ............................................................................................................................... Téléphone ......................................................... Courrier électronique ....................................................................................................

□ Je souhaite être informé(e) par e-mail des activités du Collectif Guatemala □ Je souhaite faire partie du Réseau d’alertes urgentes électronique Les dons et cotisations peuvent être déductibles des impôts à hauteur de 66%.

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Solidarité Guatemala n°213 mars 2015

Chèque à l’ordre du Collectif Guatemala, à envoyer à l’adresse suivante: Collectif Guatemala 21ter, rue Voltaire 75011 Paris

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Solidarité Guatemala 213  

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