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2 17 Zeitschrift für Planung, Umwelt und Städtebau Périodique d’urbanisme, d’aménagement et d’environnement Periodico di urbanistica, pianificazione del territorio e tematiche ambientali Publikation / Publication / Pubblicazione FSU

Le toit dans tous ses états /  Rund um das Dach THEMA

FORUM «Arealentwicklung Theodor-RealKaserne», Dübendorf – Umnutzung zu Wohnen, Erholen und Zwischenhalten


Sommaire / Inhalt

IMPRESSUM COLLAGE Zeitschrift für Planung, Umwelt und Städtebau (erscheint 6 mal pro Jahr) /Périodique d’urbanisme, d’aménagement et d’environnement (paraît 6 fois par année) / Periodico di urbanistica, pianificazione del territorio e tematiche ambientali (esce 6 volte all’anno) Herausgeber / Edité par / Edito da FSU (Fédération suisse des urbanistes /  Fach­verband der Schweizer Raumplanerinnen und Raumplaner / Federazione svizzera degli urbanisti /  Federaziun Svizra d’Urbanists)

CARTE BLANCHE

4 Rester dans le cadre (Thierry Maeder)

THEMA

5 Le toit, élément de couverture … et plus encore /  Das Dach, mehr als nur ein Dach über dem Kopf (Christophe Joud, Bruno Marchand) 10 «Herrgott, wie kommt dieses moderne Haus mit dem flachen Dach nach Davos?» (Interview mit Christof Kübler) 14 Le Panorama – La Friche de la Belle de Mai, Marseille (Mathieu Poitevin) 16 Recréer un espace public sur le toit d’un équipement privé (Gilles Guérin) 17 Rooftop Day (Viviane Lichtenberger) 18 Energie et biodiversité sur les toits lausannois: un duo gagnant (Entretien avec Pascale Aubert et Richard Mesple) 22 Le toit, espace de protection de la nature – Un toit? Pas seulement pour les humains … / Das Dach, Ort des Naturschutzes – Ein Dach? Nicht nur für Menschen … (Marcel S. Jacquat)

FORUM

25 «Arealentwicklung Theodor-Real-Kaserne», Dübendorf – Umnutzung zu Wohnen, Erholen und Zwischenhalten (Lisa Mühlebach)

INFO

31 Informations de la FSU / Nachrichten FSU Informazioni della FSU

Couverture / Titelblatt / Foto di copertina Le Panorama – Friche de la Belle de Mai à Marseille, soleil couchant. (Photo: Caroline Dutrey) voir/siehe/vedi p./S. 14 2

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Redaktion / Rédaction / Redazione Zentralkomitee /Comité central / Comitato centrale: Silvan Aemisegger, Denise Belloli, Stefanie Ledergerber, Henri Leuzinger, André Müller, Isabelle Rihm, Susanne Schellenberger, Dario Sciuchetti; Westschweizer Komitee /Comité romand / Comitato della Svizzera romanda: Marta Alonso Provencio, Daniel Baehler, Oscar Gential, Magali Henry, Gregory Huguelet-Meystre, Jenny Leuba, Leah Tillemans; Komitee der italienischen Schweiz /  Comité de la Suisse italienne / Comitato della Svizzera italiana: Giada Danesi, Francesco Gilardi, Jordi Riegg Kontakt und Inserate /Contact et annonces / Contatti e inserzioni COLLAGE, c/o Henri Leuzinger, Postfach 358, 4310 Rheinfelden 1, Tel. 061 831 70 05, henri.leuzinger@bluewin.ch Verlangen Sie unsere Inserattarife und Termine / Demandez nos tarifs d’annonces et nos échéances/ Richieda le nostre tariffe per le inserzioni e le scadenze Redaktionsschluss / Délai de rédaction /  Chiusura redazionale COLLAGE 3/17: 18.04.17 COLLAGE 4/17: 16.06.17 Abonnemente /Abonnements / Abbonamenti Mitglieder FSU/Membres FSU / Soci FSU: gratis/gratuit / gratuito; Einzelabonnement (Inland, Ausland, inkl. Porto) /Abonnement individuel (Suisse et étranger, frais de port compris) / Abbonamento singolo (Svizzera e estero, spese di porto comprese): CHF 85.00 Studenten /Etudiant(e)s / Studenti: CHF 40.00 Einzelheftbestellungen (Inland/Ausland, exkl. Porto) /Numéro séparé (Suisse/étranger, frais de port non compris) / Numero singolo (Svizzera/estero, spese di porto non incluse): 1 Ex. CHF 16.00, 2–5 Ex. CHF 14.50 6–10 Ex. CHF 12.50, 11–20 Ex. CHF 9.50 Produktion / Production / Produzione Konzept, Gestaltung / Graphisme, mise en pages /  Grafica e layout: Hahn+Zimmermann, Bern (www.hahn-zimmermann.ch); Druck / Impression / Stampa: Stämpfli AG, Bern (http://publikationen.staempfli.com) Hinweise / Avertissements / Avvertenze Für unverlangt eingereichtes Text- und Bildmaterial wird keine Haftung übernommen. Artikel, Infor­mationen sowie Beilagen können von der Meinung des FSU abweichen. Nachdruck nur mit Zustimmung der Autoren und Quellenangabe gestattet. Alle Text- und Bild­rechte bleiben vor­be­halten.  /  La rédaction dispose librement des textes et images envoyés spontanément. Les articles et informa­tions publiés dans la revue ainsi que les encarts ne reflètent pas forcément la position de la FSU. Toute reproduction requiert l’autori­sation de l’auteur et la mention de la source. Tous les droits sont réservés. /  La redazione dispone liberamente di testi e immagini pervenuti spontanea­mente. Gli articoli e le informazioni pubblicati nella rivista e gli allegati non rispecchiano necessariamente la posizione della FSU. Ogni riproduzione, anche parziale, necessita l’autorizzazione dell’autore e l’indicazione della fonte. Tutti i diritti sono riservati.


Editorial

Oscar Gential

Le toit dans tous ses états

Rund um das Dach

Sous un toit, nous sommes à l’abri. En tant qu’élément d’architecture, il remplit une fonction à la fois simple et essentielle. C’est également un espace à part de la ville. En lien direct avec le ciel et non avec le sol, il devient un espace de liberté précieux et souvent méconnu. La diversité des formes et des styles qu’il revêt et les connotations qu’il sous-tend révèlent la profondeur symbolique et culturelle que nous lui accordons. «Peut-être en raison de notre gratitude envers le toit-au-dessus-de-notre-tête, il a toujours été surchargé d’une signification culturelle locale. […] Au XXIe siècle, alors que la plupart des éléments [d’architecture] se sont homogénéisés, un consensus doit encore émerger autour du toit.» [1] Ce nouveau regard sur le toit pourrait advenir de ses nouveaux usages. Le toit est aujourd’hui perçu comme une ressource urbaine dont les potentiels doivent encore être exploités: production, culture, gestion technique, appropriation, espace public, etc. D’ailleurs, ne lui en demanderions-nous pas un peu trop? Afin de comprendre les dynamiques à l’œuvre, COLLAGE a cherché dans ce numéro à mettre en évidence les multiples fantasmes que l’on cherche tous à projeter, sur le toit.

Unter einem Dach finden wir Schutz. Als architektonisches Element erfüllt es eine gleichermassen einfache und wesentliche Funktion. Zudem ist es ein spezieller Ort in der Stadt. Mit seinem direkten Bezug zum Himmel und nicht zum Boden wird es zu einem Raum der Freiheit, dessen hoher Wert oft verkannt wird. Sein in Form und Stil vielfältiges Erscheinungsbild sowie die mit ihm verbundenen Konnotationen lassen erkennen, wie tief die symbolische und kulturelle Bedeutung ist, die wir ihm zumessen. «Vielleicht aus Dankbarkeit gegenüber dem Dach-über-unserem-Kopf wurde seine regional kulturelle Bedeutung immer überschätzt. […] Im 21. Jahrhundert, in welchem eine Homogeneisierung der meisten [architektonischen] Elemente stattfindet, muss noch ein Konsens rund um das Dach gefunden werden.» [1] Diese neue Wahrnehmung des Daches könnte sich aus seinen neuen Funktionen ergeben. Das Dach wird heute als eine städtische Ressource angesehen, deren Potenzial es noch auszuschöpfen gilt: Produktion, Anbau, Technik, Aneignung, öffentlicher Raum, usw. Doch ist dies vielleicht nicht etwas zu viel verlangt? Um die diesbezüglich vorherrschende Dynamik besser zu verstehen, sollen in dieser COLLAGE-Ausgabe die zahlreichen Wunschvorstellungen aufgezeigt werden, die man auf Dächer zu projizieren bzw. auf diesen zu planen versucht.

Sur un toit, nous pouvons rêver. Souvent, le soir, lorsque je m’ennuie Quand les gens sont bien trop tristes à regarder Tout seul, je monte pour trouver l’oubli Là-haut sur les toits gris pour respirer Sur le toit, je suis bien plus qu’un roi Car mes soucis ne montent pas jusque là (Sur le toit, Richard Anthony, 1963) [2]

Auf einem Dach kann man träumen. When this old world starts getting me down And people are just too much for me to face (up on the roof) I climb way up to the top of the stairs And all my cares just drift right into space (up on the roof) (Up on the roof, The Drifters, 1962)  [3]

[1]  Fundamentals catalogue, 14th international architecture exhibition, la Biennale di Venezia /  Rem Koolhaas, Marsilio, Italie, 2014, p.251 [2]  Extrait de la chanson Up on the roof écrite par Gerry Coffin et Carole King en anglais, enregistrée par The Drifters en 1962, puis traduite et chantée en français par Richard Anthony. [3]  Auszug aus dem von Gerry Coffin und Carole King geschriebenen und von The Drifters 1962 aufgenommenen Song.

Vorschau COLLAGE 3/17 «Religionslandschaft Schweiz» – Die «Religionslandschaft» in der Schweiz verändert sich: Kirchen veröden, Pfarrhäuser fallen brach, neue Gemeinschaften suchen ihren Platz. Die Raumplanung hat das heikle Thema bisher weiträumig umgangen. Die COLLAGE wagt eine Annäherung an diese speziellen Raumansprüche, nennt die Probleme und zeigt Lösungsansätze – kaum abschliessend, denn Fragen werden bleiben. Stoff für die Zukunft. COLLAGE 2/17

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CARTE BLANCHE

Rester dans le cadre THIERRY MAEDER Géographe-urbaniste, Université de Genève.

Il est parfois d’amusantes coïncidences: alors que l’Université de Genève organisait mi-janvier un colloque sur la place et le rôle des images dans l’espace public, la ville se trouvait, elle, amputée d’une grande partie de ses images. En raison d’un changement de concession pour la gestion de l’affichage publicitaire, tous les panneaux de la ville furent recouverts, durant les premières semaines de l’année, d’affiches vierges. On y vit bientôt un étonnant foisonnement de dessins, slogans et pochoirs qui trouvèrent-là un espace pour l’expression libre et spontanée. L’événement a réjoui la plupart des commentateurs et a donné lieu à plusieurs interpellations politiques [1] demandant à l’exécutif de réitérer de telles «trêves publicitaires». Outre leur dimension fortement conjoncturelle, ces propositions s’inscrivent dans un mouvement général, né à la fin du [ILL. 1]  Dessins réalisés sur les affiches vierges XXe siècle, de lutte plus ou moins violente contre la publicité, posées lors du changement de concessionnaire considérée en tant que telle comme aliénante. Souvent mues publicitaire. Quai du cheval blanc, Genève, février par une idéologie proche des théories de la décroissance, ces 2017. (Photo: Thierry Maeder) actions prennent diverses formes, du détournement à la dégradation. Le combat a même atteint un niveau très institutionnel avec la décision de la ville de Grenoble de supprimer toute publicité commerciale [2]. D’autre part, on perçoit, dans les villes européennes, une volonté confirmée par les politiques publiques de faire davantage participer les citadins à la fabrique de la ville, ainsi que de renouveler leur regard sur l’environnement urbain. Remise en cause de la ville moderniste et de son urbanisme de flux et de fonctions, l’urbain tend à être considéré comme un espace de vie sur lequel les habitants doivent pouvoir agir et s’exprimer. Ces mouvements de fond semblent néanmoins entrer en contradiction avec une autre évolution de la gestion des espaces publics, qui trouve une résonnance toute particulière à Genève. Depuis le début des années 2000, ville et canton se sont engagés dans un combat pour la salubrité publique qui tient parfois de l’obsession. Une série de mesures sont prises visant à faire de Genève une «ville propre» [3]. Deux tendances d’apparence antinomiques – donner plus d’occasions au citadin d’intervenir sur son environnement d’une part, restreindre les possibilités d’expression dans l’espace public de l’autre – et une aporie qui se résout par la mise en place de cadres spatiaux et temporels au sein desquels le désordre est permis pour autant qu’il y reste. Des exutoires qui en contrepartie [1]  Motions M-1265, M-1266 et M-1267 déposées en janvier justifient des politiques bien plus restrictives, sinon 2017 au Conseil municipal de la ville de Genève. [2]  Fin 2014 l’exécutif de Grenoble a décidé de ne pas renourépressives, de gestion de l’espace public. Aussi séduisantes que soient ces propositions veler le contrat à son concessionnaire, empêchant de facto l’affichage publicitaire sur le territoire de la ville, l’affichage de trêves publicitaires, c’est dans cette même évo- culturel et associatif perdure. lution qu’elles s’inscrivent. Ce genre d’épisodes de- [3]  L’opération «Genève ville propre» est lancée en 2000 pour vrait permettre d’ouvrir une réflexion sur les prises lutter contre les tags et l’affichage sauvage; en 2007 la que l’on veut accorder aux habitants sur leur milieu – modification de la Loi sur les procédés de réclame punit encore plus durement l’affichage sauvage; en 2012 la nouvelle Loi celles-ci se limitant très souvent à des cadres blancs sur les manifestations restreint considérablement le droit que l’on ne doit pas dépasser. de réunion sur le domaine public; à cela s’ajoute la lutte contre le bruit qui menace de nombreux lieux culturels et festifs.

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Le toit, élément de couverture … et plus encore THEMA

CHRISTOPHE JOUD Architecte.

BRUNO MARCHAND Architecte urbaniste.

Elément fondamental de l’abri architectural, le traditionnel toit à pans couvre par essence l’édifice et en assure la coiffe, si bien qu’au-delà de sa fonction protective, il se présente aussi comme un élément de représentation. Celui-ci est pourtant remis en cause dans sa forme par l’emploi «moderniste» du béton armé, visant à ancrer sous nos latitudes le nouveau paradigme du toit plat. Groupé, en contiguïté, soumis à de multiples variations d’assemblage, le toit traditionnel caractérise aussi la forme urbaine. Aujourd’hui, libéré des impératifs constructifs d’autrefois, le toit se prête à une variété formelle toujours plus grande, fuyant dans certains cas sa réalité d’élément autonome au profit de la forme unitaire ou complexe. En quoi le toit dépasse-t-il sa simple fonction d’abri? Le toit à pans est un élément architectural archétypique qui renvoie au dessin de la maison par un enfant, imagé comme un abri, avec en plus sa porte centrale, ses fenêtres ordinaires et sa cheminée. On le sait, cette représentation enfantine a beaucoup inspiré les artistes, de Paul Klee à l’Art brut, qui la considéraient comme une expression artistique située en marge des normes figuratives, reconnue en outre pour son caractère spontané. Mais le toit en pente fait aussi partie des canons architecturaux, académiques et savants. Dans son cours Eléments et théorie de l’architecture [1] enseigné à l’Ecole spéciale des beaux-arts, Jean Guadet affirme aux étudiants: «Votre édifice, petit ou grand, est monté. […] Maintenant, il faut le couvrir. La couverture l’abritera des intempéries, de la pluie surtout […]. Vous y arriverez par l’étude de la disposition la plus simple des plans inclinés de vos toitures: car vos toitures seront toujours inclinées, fussent-elles des terrasses: la terrasse n’est qu’une combinaison de plans faiblement inclinés.» [2]

Par ces propos, Guadet introduit le chapitre traitant de la couverture et des combles et évoque la recherche d’une forme de toiture adéquate à la typologie de l’édifice à couvrir, par l’assemblage de figures géométriques élémentaires. Mais avec l’émergence du béton armé et de ses nouvelles possibilités structurelles, ces principes traditionnels d’une construction en charpente sont aussitôt renversés pour substituer à la verticalité expressive du toit l’horizontalité abstraite et silencieuse d’un couronnement. En pente ou à plat, le toit éveille alors des postures contraires et des moments de débat intenses dans l’histoire de l’architecture, comme ce fut par exemple le cas en 1926– 1928 lors d’une célèbre «guerre du toit» [3] opposant les protagonistes de deux cités ouvrières à Berlin-Zehlendorf: la cité Fischtalgrund d’allure régionaliste, marquée par ses toits en bâtière, et la cité surnommée Case de l’Oncle Tom, au profil avant-gardiste, se faisant front de part et d’autre de la même rue [ILL. 1]. Une telle rivalité s’est essentiellement fondée sur la différence d’expression que renvoyaient les deux physionomies de bâtiment – plutôt que sur leurs réels enjeux typolo- [1]  Julien Guadet (1834–1908), giques –, une différence qui a Eléments et théorie de l’architecture: cours professé à l’Ecole été d’autant plus révélée par nationale et spéciale des beauxl’adoption de plans de loge- arts, Aulanier & Cie éditeurs, Paris, ments pratiquement identiques 1901–1904. dans chaque cité. En prenant [2]  Op. cit., tome I, livre V, chapitre une dimension urbaine, le toit premier, p. 433. dépasse ainsi son origine fonc- [3]  Voir à ce sujet l’ouvrage: Christine Mengin, Guerre du toit &  tionnelle pour suggérer autre modernité architecturale: loger chose … plutôt de nature idéo- l’employé sous la république de Weimar, Publications de la Sorbonne, logique et esthétique. Paris, 2007.

[ILL. 1]  Cités Fischtalgrund et Case de l’Oncle Tom, Berlin-Zehlendorf, 1926–1928. Contraste entre «la tenue des immeubles de la Gehag et le désordre des maisons à pignons», photo publiée dans Wohnungswirtschaft, 1er octobre 1928. (Source: Christine Mengin, Guerre du toit & modernité architecturale: loger l’employé sous la république de Weimar, Publications de la Sorbonne, Paris, 2007, p. 65)

[ILL. 1]

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[ILL. 4]

[ILL. 4]  Piet Blom, «maisons cubes», Rotterdam, 1982–1984. (Source: Piet Blom Monograph, Editions Jaap Hengeveld, Amersfoort, 2007, p. 130) 6

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[ILL. 2]

[ILL. 2]  Le Corbusier,

[ILL. 3]

[ILL. 3]  Piet Blom, «Home as an urban roof», collage, 1965. (Source: NAI Collection)

appartement de M. A plat: l’horizon d’un autre sol Charles de Beistegui, Sous la forme d’un jardin, d’un belvé- Paris, 1929. Vue de dère ou d’un solarium, le toit plat – l’un la pièce à ciel ouvert en des Cinq points d’une architecture nou- attique, photo­graphie de Marius Gravot. velle – offre au bâtiment une nouvelle (Source: FLC / 2017, perception et un nouvel usage de son ProLitteris, Zurich) couronnement. Loisirs, sport ou détente à l’air libre sont incontestablement les attributs d’un mode de vie urbain résolument moderne qui fonctionnalise le dessus de la toiture en renversant le plan classique: «[…] la réception est en haut, près du toit-jardin, non en bas» [4], précise Le Corbusier. Un des exemples les plus fascinants de toit-jardin corbuséen est donné par la surélévation d’un immeuble bourgeois des Champs-Elysées, que l’architecte réalise en 1929 pour l’aristocrate Charles de Beistegui. Erigé aux sixième et septième étages, cet appartement se découpe en un jeu de trois terrasses surplombant les toits de Paris et délivrant, au point culminant, un étonnant salon de plein air. Ayant pour sol une moquette de gazon, ce salon est entouré de murs blancs coupés à mi-hauteur qui détournent l’acrotère technique pour constituer les contours d’une pièce à ciel ouvert. Au-dessus de l’horizontale s’élèvent l’Arc de triomphe et la tour Eiffel comme des tableaux surréalistes [ILL. 2]. Le Corbusier souligne ici l’univers poétique d’une surface plate habitée au-dessus des toits de la ville. A cette échelle, la couverture devient un nouveau sol de référence où la portée du regard vers l’horizon transforme les rapports de voisinage en des relations de paysage: «[L’appartement] est plus féerique encore par le miracle de ses trois terrasses blanches aux escaliers blancs, aux beaux cylindres blancs, vision si pure d’île ionienne dominant la mer grise des toits de Paris…» [5] Exporté des pays du sud où il trouve ses origines et ses évocations, le toit plat ne marque que tardivement le paysage urbain occidental. Représentant d’abord la négation du toit traditionnel dans sa dimension architecturale, il acquiert pourtant une nouvelle portée à l’échelle urbaine et paysagère. En effet, dans la densité d’un tissu bâti, l’horizontalité suggère de nouvelles possibilités de stratification et de continuité que [4]  Le Corbusier, Une maison – Le Corbusier s’empressera de Un palais, Editions Crès, Collection justifier: «L’urbanisme pourrait de «L’Esprit Nouveau», Paris, étendre ses tracés au toit de 1928, p. 58. la ville, en récupérant une part [5]  Tim Benton, Les villas de Le Corbusier 1920–1930, Philippe de cette surface accessible et Sers, Paris, 1987, p. 209. y traçant un ordre nouveau de [6]  Le Corbusier, Urbanisme, rue de repos, loin du bruit et Champs-Flammarion, Paris, 1994 (1ère édition 1925), p. 114. au milieu des verdures.» [6] COLLAGE 2/17

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[ILL. 5]


Le «toit de la ville» en tant qu’expression collective «Le toit de la ville»: cette belle expression corbuséenne nous rappelle que le tissu urbain, notamment historique, se dévoile souvent par la configuration des toitures en pente qui le couvrent, disposées soit en continuité – exprimées sur rue par la ligne horizontale et souvent brisée de la corniche – soit en contiguïté par l’expression de pignons individualisés, constituant, dans ce dernier cas, le paysage urbain de certaines villes hollandaises comme Amsterdam. Cette dimension collective du «toit de la ville» va, dès les années 1970, inspirer certains architectes qui vont revenir à l’utilisation de toits pentus, soit pour des raisons contextuelles ou humanistes, soit encore pour tester d’autres voies conceptuelles et expressives, alternatives à l’orthodoxie moderne. Force est constater que la confrontation idéologique de la «guerre du toit» de l’entre-deux-guerres évoquée précédemment – toit à pans versus toit plat – n’est évidemment plus de mise. Parmi ces architectes, on peut citer Piet Blom. Celui-ci a la conviction que des déroulés de profils de toitures peuvent «générer une société» [ILL. 3], insistant ainsi sur la charge fédérative que peut représenter un assemblage de versants inclinés, même sous des formes extrêmes comme c’est le cas des «maisons cubes» construites respectivement entre 1975 et 1977 et 1982 et 1984 à Helmond et à Rotterdam. Dans ces réalisations, les logements – conformes à la devise «vivre sous un toit urbain» – se déploient à la verticale sur trois niveaux, contenus à l’intérieur de cubes inclinés reposant sur des colonnes hexagonales. La forme des toits épouse, dans ce cas, la forme bâtie, issue à la fois de l’observation des lois de la nature – chaque unité étant conçue comme un arbre dont l’assemblage constituerait la forêt – et de l’exploitation du jeu plastique, les «maisons cubes» se présentant, dans ce sens, à l’observateur comme des sculptures improbables [ILL. 4].

Dans un autre registre, on peut convoquer des réalisations de l’architecte japonais Kengo Kuma, dont notamment le pavillon Under One Roof récemment terminé à l’EPFL. Sa seule et unique couverture à deux pans de près de 250 mètres de long, légèrement infléchie et aux retournements dynamiques (aux extrémités), semble être à la fois la réinterprétation contemporaine d’une toiture japonaise et une incitation, par une ligne flottante et étirée, à mettre en relation le campus de l’EPFL et le lac. Tous ces projets démontrent l’intérêt des architectes contemporains à travailler avec l’élément traditionnel de toiture, en le manipulant formellement de façon à l’ancrer dans une nouvelle vision prospective où la grande et la petite échelle tendent à se confondre, où les formes simples, archétypiques, deviennent à la fois complexes, hybrides et parfois énigmatiques. En d’autres termes: dans l’air du temps …

ZUSAMMENFASSUNG Das Dach, mehr als nur ein Dach über dem Kopf

Als archetypisches Element des Schutzes dient das Steildach nicht nur dazu, das Gebäude nach oben abzuschliessen, es ist gleichzeitig Kopfbedeckung. Über seine ursprünglich schützende Funktion hinaus wird es so zu einem repräsentativen Element, das mit seiner formal vielfältigen Ausdrucksweise sowohl das architektonische Objekt als auch das städtische Erscheinungsbild charakterisiert. Mit dem Aufkommen der Moderne und der Einführung des Stahlbetons gerät das traditionelle Dach mit dem neuen Para­ digma des Flachdachs in Konflikt. Dieses ermöglicht neue Nutzungen und bietet, in luftiger Höhe, zusätzliche Bodenfläche, die man sich aneignen kann. Das Beispiel der Wohnung von Charles de Beistegui, von Le Corbusier 1929 als Dachaufbau Manipulations formelles contemporaines De nos jours le toit, au même titre que l’archétype de la auf einem Pariser Wohnhaus gebaut, zeigt auf faszinierende maison, fait partie intégrante du vocabulaire architectural des Weise, welch poetisches Umfeld auf solch einer bewohnten architectes contemporains. Ceux-ci en font un thème expressif Ebene über den Dächern der Stadt entstehen kann. Übertra(et encore une fois sculptural), jouant souvent sur des figures gen auf den Städtebau, sieht Le Corbusier darin die Möglichinédites de superposition ou d’allongement qui, poussées à keit einer neuen städtebaulichen Ordnung, in der die Dächer l’extrême, introduisent de nouvelles significations et des ni- zu einem Netz nutzbarer Wege jenseits aller Belästigungen werden. veaux de lecture multiples de cet élément. Genauso erinnert uns aber das historische Stadtgefüge L’un des exemples les plus significatifs est certainement la réalisation des architectes bâlois Herzog & de Meuron à auch daran, dass die Komposition der Steildächer eine veri­ Vitra. Le bâtiment est constitué d’une série d’unités bâties table Stadtlandschaft bildet und Trägerin einer kollektiven allongées, couvertes par un toit à deux pans – à l’image de Dimension ist. Als Alternative zur Doktrin der Moderne nutzen l’archétype de la maison – et qui se superposent de manière gewisse Architekten wie Piet Blom in den 1970 er und 1980 er apparemment aléatoire. L’ensemble de ces unités ne constitue Jahren diese kollektive Dimension, indem sie aufzeigen, wie pourtant pas un tissu urbain mais plutôt une forme architec- ein Gefüge aus Dächern mit Schrägflächen «eine Gesellschaft generieren» kann. Auch heute noch sind Spielereien mit dem turale particulière [ILL. 5]. geneigten Dach integraler Bestandteil des architektonischen Vokabulars. Herzog und de Meuron, Kengo Kuma und andere spielen oft mit ungewohnten Formen von Überlagerungen oder Dehnungen, sodass diesem speziellen Element neue Bedeutungen erwachsen und manchmal überraschende, hybride architek­tonische Formen entstehen …

[ILL. 5]  Herzog & de Meuron, VitraHaus, Weil am Rhein. (Photo: Oscar Gential) COLLAGE 2/17

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«Herrgott, wie kommt dieses moderne Haus mit dem flachen Dach nach Davos?» THEMA

CHRISTOF KÜBLER Kunsthistoriker, Mitinhaber von «Querverweise», Sils i.D. Interview geführt von Stefanie Ledergerber, Redaktion COLLAGE.

[ABB. 1]

[ABB. 1]  Ansicht Davos Platz, um

Das Flachdach prägt heute die Schweizer Siedlungslandschaft vielerorts … Es gibt wohl kaum eine Ortschaft, in der sich kein solches erblicken lässt. Das Flachdach hat aber erst mit der modernen Architektur so richtig Einzug gehalten. Sie haben sich als Kunsthistoriker stark mit dieser Anfangszeit des Flachdachs auseinandergesetzt. Wie kamen sie darauf? CHRISTOF KÜBLER (CK): Das hat unter anderem mit dem Lehrangebot am damaligen kunsthistorischen Institut der Universität Zürich in den 1980 er Jahren zu tun. Ich besuchte Vorlesungen und Seminare zur modernen und zeitgenössischen Architektur. Im Rahmen von Seminararbeiten zur Architektur der Moderne wälzte man auch Architekturzeitschriften, immer auf der COLLAGE (C):

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­ uche nach Quellenmaterial. Im 1908, im Vordergrund ThurgauischS Schaffhausische Heilstätte, erbaut «Werk» fand ich einen Artikel 1906–11, Architekten Pfleghard  von Erwin Poeschel zur Davo- & Haefeli, Zürich. (Quelle: Slg. Wehrli) ser Architektur. Als ich darin die Abbildung des Arzthauses von Rudolf Gaberel sah, fragte ich mich: «Herrgott, wie kommt dieses Haus nach Davos?» Das hat mich, ich bin ja selbst Bündner, irritiert und daraus hat sich diese vertiefte Auseinandersetzung ergeben. Natürlich war ich nicht der erste, der sich mit Davos befasste. Was mich aber faszinierte, war die zu entdeckende Korrelation innerhalb der Entwicklung der Sanatoriumsbauten und der Architektur der Moderne, dem «Neuen Bauen»; rückblickend eine logische Entwicklung.


[ABB. 2]

C:

Wieso eine logische Entwicklung? Vielfach wird das «Neue Bauen» als Erfindung, als Neustart dargestellt; mir dagegen schien, dass es sich vielmehr um eine Art abschliessendes Resultat handelt, das mit dem «Neuen Bauen» um 1930 endlich seine Form gefunden hat. Man muss das nicht so ausschliesslich sehen, aber das «Neue Bauen» steht mit mehr als einem Bein in der Medizingeschichte und in der Entwicklung der Sanatorien; dies alles vor dem Hintergrund der stark wachsenden Städte zur Zeit der Industrialisierung, verbunden mit der Zunahme schlechter Wohnverhältnisse und wiederum verbunden mit der enormen Verbreitung der Tuberkulosekrankheit. Es entfachte sich eine rege Diskussion, welche Rolle die Architektur im Kampf gegen die Volksseuche Tuberkulose einnehmen kann und muss. So erstaunt es nicht, dass bald das Ideal von Pavillonbauten im Park gegenüber der traditionellen Blockrandbe­ bauung favorisiert wurde. Man denke nur an die Planungen, die Le Corbusier für die Altstadt von Paris in Vorschlag brachte. Vor dem Hintergrund der geforderten Massnahmen gegen die Tuberkulose wirken solche städtebaulichen Massnahmen weniger als radikale, sondern vielmehr logische Konsequenz – nach dem Motto: Biologisierung des Wohnumfelds. CK:

«Es entfachte sich eine rege Diskussion, welche Rolle die Architektur im Kampf gegen die Volksseuche Tuberkulose einnehmen kann und muss.»

C: Sie meinen also, die Entwicklung der «modernen Architektur» wurde massgeblich von medizinischen Erkenntnissen und Anforderungen geprägt, namentlich denjenigen zur Tuberkulose-Bekämpfung? CK: Ja. Am Anfang stand eine ganz lapidare Feststellung: In Davos, St. Moritz, in den Bündner Bergen waren die Einheimischen einfach nicht so anfällig, an Tuberkulose zu erkranken. Man hat dies primär auf die Luft, die Höhe und das Klima zurückgeführt. Daraus entwickelte sich eine Art Mythos: Man dachte, der Aufenthalt in einem solchen Ort könnte Heilung bewirken … Die Davoser wiederum haben die Gunst der Stunde genutzt und daraus eine Art «Geschäftsmodell» sowie eine entsprechende Infrastruktur entwickelt. Treibende Kräfte waren Ärzte wie Alexander Spengler oder Karl Turban. Letzterer kam 1889 als angesehener Arzt nach Davos und kritisierte die damaligen Kurbedingungen harsch, insbesondere dass sich die Tuberkulosekranken frei im Dorf bewegten. Er forderte eine viel strengere Beaufsichtigung der Patienten und einen viel strikteren Therapieplan für die Freiluftliegekur – so entstanden die geschlossenen, strukturierten Sanatorien.

[ABB. 3]

[ABB. 2+3]  Villa Sophia, Heilstätte Du Midi in Davos Platz, vor und nach dem Umbau 1928, Architekt Rudolf Gaberel. (Quelle: Archiv Gaberel Davos)

Die zeitweilige Kritik an Davos wiederum hat St. Moritz ziemlich abgeschreckt – man wollte, nach der Eröffnung des Albulatunnel der RhB 1903, nicht auch zu einem TuberkuloseKurort werden! Wobei: gegen aussen hat man argumentiert, man wolle Davos darin nicht konkurrenzieren … Vielleicht zum Trotz war es ein St. Moritzer Arzt, Oskar Bernhard, der die interessante Schlussfolgerung machte, dass die Bündner Bergbauern ihr Bündnerfleisch ja an der Luft trocknen liessen und dass die Lufttrocknung auch bei Problemen mit offener Haut helfen könnte. So kam nach der Etablierung der Freiluftliegekur in Davos neu die Sonne ins Spiel. Für die Sonnenliegekur wurden die Patienten in ihren Betten auf den Balkon geschoben – doch nützte das wenig, wenn der Liegeplatz vom darüberliegenden Balkon beschattet wurde. Also brachte Bernhard in Vorschlag, Sanatorien terrassenförmig anzulegen – wenig später werden die Sana­torien von Giedion als Prototypen für das «befreite Wohnen» für breitere Bevölkerungsschichten proklamiert. C: Und daraus hat sich dann die Flachdach-Form entwickelt? CK: Das Flachdach ist nochmals eine etwas andere Geschichte … Die Davoser haben das Flachdach ziemlich pragmatisch argumentiert und noch nicht durch die Moderne symbolisch aufgeladen: Mit einem flachen Dach rutsche der Schnee nicht mehr unkontrolliert ab und erschlage niemanden. Die frühen Flachdächer waren oft schwach geneigte Satteldächer. In ­Davos gab es bereits um 1870 ein Dach, das «nach innen» geneigt war. Der Schnee blieb dank kaltem Luftzwischenraum als Isolation auf dem Dach liegen und das Schmelzwasser des Frühjahrs wurde im Inneren des Hauses abgeführt, ohne Gefahr zur Vereisung. Das sogenannte «Davoser Flachdach» hat also nicht direkt mit der Tuberkulose-Diskussion zu tun. Aber von den Vertretern der modernen Architektur, wie später Sigfried Giedion oder Le Corbusier, wurde das flache, begehbare Dach als ein wichtiger Teil des Hauses gepriesen: ein Ort mit Sonne, Aussicht und frischer Luft. Das flache Dach war somit auch Ausdruck «befreiten Wohnens». Und was für Kranke gut ist, kann für Gesunde nicht schlecht sein. So schwappten bald einmal die nach Süden orientierten Balkone und Loggien der Sanatorien sowie die begehbaren Flachdächer für die Sonnenkur auch auf Privatbauten über.

«Von den Vertretern der modernen Architektur wurde das flache, begehbare Dach als ein wichtiger Teil des Hauses gepriesen: ein Ort mit Sonne, Aussicht und frischer Luft.»

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C: Wieso aber hat sich das flache Dach als so wertvollen, nutzbaren Aussenraum nicht durchgesetzt? Man macht zwar viele Flachdächer, aber kaum ein Flachdach wird als «bester Ort eines Hauses» auch tatsächlich genutzt … Wie erklären Sie sich das? CK: Das stimmt. Wenige Flachdächer sind für den Alltags­ gebrauch begehbar (abgesehen von den Terrassensiedlungen). Die Erklärung ist nicht ganz einfach und etwas spekulativ. Das Interesse an begehbaren Dächern nahm gegebenenfalls aus ökonomischen, physikalischen oder technischen Gründen in unseren Breitengraden und Höhenlagen ab. Zudem konnte das Flachdach nach der Entdeckung der chemischen Behandlung der Tuberkulose kaum mehr mit den Erfordernissen der tradi­ tionellen Tuberkulosebehandlung begründet werden. Hingegen stieg das Interesse an den geometrisch abstrakten Architekturformen als Gestaltungsmittel. Sie rücken in den Fokus und entwickeln eine Eigendynamik, losgelöst von der ursprünglich gesundheitlich-medizinischen Motivation. Das Flachdach brachte aber auch ohne Begehbarkeit interessante Vorteile: Bis ins oberste Geschoss hatte man grosse, hohe, nicht abgeschrägte Räume – eine bessere Ausnützung. In Davos durfte man, wenn man ein Haus mit Satteldach zu einem Flachdach umbaute, das bisherige Dachgeschoss zu einem Vollgeschoss umgestalten. Das war natürlich attraktiv! C: Es gab aber auch Gegenströmungen zur damaligen Flachdachbewegung resp. zum «Neuen Bauen». In St. Moritz oder Arosa sind die flach eingedeckten Gebäude weniger präsent als in Davos … Wieso das? CK: Parallel zum «Neuen Bauen» kam im Bündnerland kurz nach 1900 die Heimatschutzbewegung auf und hat begonnen, u. a. die bereits bestehenden, flach eingedeckten «Hotelkästen» zu kritisieren. Eine wichtige Rolle spielte der Architekt Niklaus Hartmann, der im Engadin, insbesondere in St. Moritz, einige dieser «Hotelkästen» umgestaltete und mit bewegten Dachlandschaften nachrüstete. Der Neubau des Hotels La Margna in St. Moritz wird zum Paradebeispiel, wie man es denn machen sollte. In Arosa dagegen realisierten die dort ansässigen Architekten sowohl Chaletbauten mit Satteldächern, als auch flach eingedeckte Gebäude mit grossen Terrassen – je nach Wunsch der Bauherrschaft und mit weniger ausgeprägtem Bezug zur Gesundheitsbewegung als in Davos. Die Geschichte brachte es mit sich, dass sich Davos radikal der Moderne zuwandte (mit Forschungsinfrastruktur), Arosa einen pragmatischen Umgang zu ihr pflegte und sich zum Familienkurort entwickelte, während St. Moritz sich moderat bis ablehnend verhielt und sich auf die gut betuchte, traditionell gestimmte Klientel der feinen Hotels konzentrierte. Es gab aber auch andere Orte mit einer spannenden Flachdach-Entwicklung: Zernez beispielsweise wurde nach dem Dorfbrand in den 1840 er Jahren «flach» wiederaufgebaut, genauso auch Lavin. Interessanterweise werben die Laviner heutzutage mit einem Plakat am Dorfein- und ausgang für ihre «italianità engiadineisa». Das lässt darauf schliessen, dass der Charakter eines mehrheitlich flach eingedeckten Dorfes etwas Südländisches ausstrahlt und Lavin sieht darin eine (Lebens)-Qualität! Das Flachdach wird hier quasi zum USP (unique selling point). C: Nochmals zurück zu Davos: Weshalb war dort das Flachdach resp. das Neue Bauen so akzeptiert? Gab es in Davos keine Gegenwehr und Kritik innerhalb des Dorfes? CK: Mir ist tatsächlich nicht viel über damalige Gegner des Flachdachs in Davos bekannt. Das heisst aber nicht, dass alle das Flachdach super fanden. Der öffentlich geführte Streit 12

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«Davos wurde national als Referenz dafür gehandelt, dass das Flachdach aus rein praktischen Gründen sinnvoll ist und aus einer langen Tradition entstanden sei und somit, weiss Gott, nicht politisch links sein kann.»

ums Flachdach verlief jedoch eher auf einer nationalen und internationalen Ebene; salopp formuliert, Modernisten gegen Heimatschützer und Ziegelfabrikanten gegen Dachpappenhersteller, bis schliesslich sogar die Haltung aufkam, das Flachdach sei politisch links. Trotz der anfänglichen Kritik, setzte sich das Flachdach um 1930 da und dort durch … Davos wurde dabei national als Referenz dafür gehandelt, dass das Flachdach aus rein praktischen Gründen sinnvoll ist und aus einer jahrzehntelangen Tradition entstanden sei und somit, weiss Gott, nicht politisch links sein kann. Die zerstrittenen Parteien näherten sich im Laufe der 1930 er Jahre einander an. Man kam zur Einsicht, dass das Flachdach an sich gut ist, aber auch nicht besser als ein Satteldach. Wichtiger sei hingegen, dass es gelinge, Ensembles zu bilden, dass gebietsweise eine möglichst einheitliche Dachform erstellt wird. Dieser Grundsatz hat sich bis heute gehalten – vielleicht ein Grund, dass man dem Dach bis heute eher wenig Spielraum beimisst? C:

Welche Rolle spielt das Flachdach in Davos denn heute? Das Flachdach, das in den Jahren um 1930 wichtigstes Symbol des «Neuen Bauens» war, ist heute da und dort irgend­ wie stigmatisiert. Ich glaube, viele Davoser empfinden es als eine Art Last, lieber schielt man nach Klosters, das mit dieser «Problematik» nicht konfrontiert ist. Wenn dann aber noch Marko Rima die Architektur in Davos «zum Ko…», findet, dann ist bei den Tourismus-Verantwortlichen Feuer im Dach. Ganz anderer Ansicht ist dagegen der indische Verkehrsminister ­Nitin Gadkari. Am World Economic Forum (WEF) 2017 liess er verlauten, er wolle im Himalaya eine indische Version von Davos nachbauen. CK:

«Der indische Verkehrsminister Nitin Gadkari liess am World Economic Forum (WEF) 2017 verlauten, er wolle im Himalaya eine indische Version von Davos nachbauen.»

C: Zum Schluss noch eine Frage zu einem ganz anderen Dach: Sie selber waren Chefkurator am Landesmuseum in Zürich und haben den Planungsprozess des unlängst eröffneten Erweiterungsbaus eng begleitet. Was spielte dabei das Dach für eine Rolle? CK: Das 1898 eröffnete Landesmuseum hat der Architekt ­Gustav Gull in damals zeitgemässer, historistischer Architektur mit bewegter Dachlandschaft realisiert. Die architektonische Moderne bekundete mit dieser Architektur ihre Mühe. Auch im Landesmuseum selber war man der Ansicht, dass sich die historischen Räume nur schwer bespielen lassen und wünschten sich stattdessen eine «weisse Box». Doch dann kamen die Architekten Christ + Gantenbein mit ihrem Wettbewerbsprojekt und schwärmten für die Gull’sche Architektur, deren Dachlandschaft, für die komplexen inneren Räumlichkeiten, die Aussenräume! Sie haben das modernistische Vorurteil abgeworfen und versuchten sich vorurteilslos dem Altbau zu nähern, ja, sie machten es sich zum Prinzip, den Altbau «weiterzustricken». Mir gefällt der Anbau gut, er schafft spannende Ausblicke und ganz neue städtebauliche Aussenräume!


[ABB. 4]

[ABB. 4]  Chirurgische Klinik der Zürcher Heilstätte in Davos Clavadel, Architekt Rudolf Gaberel, Davos 1932. (Foto: Slg. Photoglob)

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[ABB. 5]  Hotel La Margna in St. Moritz, Architekt Nicolaus Hartmann junior, 1906–07. (Plakat: Walter Koch)

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Le Panorama – La Friche de la Belle de Mai, Marseille THEMA

MATHIEU POITEVIN Architecte.

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Inauguré en janvier 2013 à l’occasion de l’ouverture de Marseille Capitale Européenne de la Culture, le projet du «Panorama» à la Friche de la Belle de Mai, consiste en la construction d’un espace de diffusion pour l’art contemporain, en la requalification des bâtiments dits la «Tour» et «Les Magasins», et en l’aménagement d’une place publique sur les toits de la Belle de Mai. Le Panorama est accessible depuis la Tour par un plancher ajouté en toiture des Magasins: c’est le belvédère. Il donne ensuite accès à la toiture des Magasins par un escalier et une rampe. Pour amener de la lumière dans le bâtiment des Magasins, qui fait environ 125 mètres de long par 75 mètres de large, des trémies sont créées. Elles sont appelées failles ou atriums.

TERRASSE EN VILLE

Bâtiment R+5, meulières en façade, entièrement rénové avec soin et intelligence, 900 m2 par niveau, aménagé style loft avec loggias thématiques et raffinées. Toutes commodités à chacun des niveaux, commerces en rez-de-chaussée. Séjour 10’000 m2. Aucuns travaux d’entretien à prévoir. Finitions intérieures aux goûts de chacun; circulations verticales remises en adéquation avec des usages courants et multiples. Création de pinceaux lumineux le jour et de tapis volants éclairant la nuit. Le niveau est surplombé par une terrasse accessible de 10’000 m2. Apéro ou barbecue d’été vivement souhaités sans trop devoir être esquichés. L’ensemble est relié par une sorte de grenier, des combles extrudés: un penthouse. Il sera brillamment décoré intérieurement et offrira un lieu plus intime, à peine plus de 400 m2. Sublime soleil couchant garanti. Quelques bruits de trains allant et venant à l’arrière, le tout d’un romantisme torride. Écran de plein air depuis Paris. Ciel intérieur au choix des auteurs. Proximité de la gare SNCF, restaurant convivial, théâtre et toutes manifestations artistiques. Parking garanti.

[ILL. 1]  Le Panorama, soleil couchant. (Photo: Caroline Dutrey) COLLAGE 2/17

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Recréer un espace public sur le toit d’un équipement privé THEMA

GILLES GUÉRIN Urbaniste, ancien directeur de l’urbanisme de la ville de Caen.

La ville de Caen, en Normandie, a lancé en 2016 une consultation d’opérateurs privés pour la réalisation d’un bâtiment à dominante commerciale sur une partie de la place de la République, datant du XVIIe siècle, située au coeur de l’hypercentre caennais. Le projet propose de reconstituer, au dernier niveau, le morceau d’espace public consommé au sol, en le concevant comme un véritable espace à usage public au niveau des toits de la ville. L’objectif premier de la municipalité était de renforcer l’attractivité du centre ville, face notamment au développement commercial périphérique, en demandant aux candidats de concevoir non seulement un projet à fort potentiel marchand mais aussi une construction emblématique de Caen qui devienne un véritable lieu de vie et de rencontre. La particularité du projet est de se situer à l’emplacement exact de l’ancien hôtel de ville, détruit par les bombardements de juin 1944, lui-même installé dans ce qui était à l’origine le couvent des Eudistes. Cet emplacement n’a pas été reconstruit après-guerre mais aménagé en espace public dans le prolongement de la place historique. C’est un espace planté d’arbres sous lesquels un parking public a été aménagé. Une emprise est restée dégagée pour laisser voir les fondations de l’ancienne chapelle du couvent. Le génie de l’architecte du projet lauréat, Jean-Paul Viguier, est d’avoir «imaginé l’évidence». L’évidence, c’est ­ tout d’abord d’avoir su lire, dans la configuration actuelle de l’emplacement dédié au projet, une composition volumétrique formée par les frondaisons des arbres: un triangle et un U autour du vide de l’ancienne chapelle. Morphologiquement,

le projet reprend cette composition. La future construction, d’une hauteur de 18 mètres, est organisée en deux volumes réunis par un passage sous verrière: le Triangle et le Forum, en U autour d’un grand atrium vitré, transposition symbolique forte et moderne de la nef de l’ancienne chapelle. L’évidence, c’est ensuite d’avoir reconstitué, au dernier niveau, l’espace public occupé au sol par la construction, en le concevant comme une véritable place publique en hauteur. Ce parti architectural, formel et fonctionnel, est clairement exprimé par le dessin montrant comment on découpe l’espace au sol des deux volumes pour le monter en toit de la future construction. L’atrium, grand vide toute hauteur, éclairé naturellement par une verrière en façade sur la place et en toiture, accueille les escalators qui permettent d’accéder à chaque niveau du Forum. Quant au dernier niveau du Forum, il est relié à celui du Triangle par une passerelle vitrée. L’ensemble forme un rooftop, avec des terrasses plantées. Il accueillera deux restaurants, un auditorium de 130 places et un espace bien-être. Au niveau des usages, le rooftop sera en libre accès: on pourra y venir pour regarder la ville à partir des terrasses plantées, consommer dans l’un des deux restaurants dotés de leurs propres terrasses, se détendre dans l’espace bien-être ou assister à une conférence dans l’auditorium. L’espace public consommé par le projet, qui vivait assez peu, prendra une intensité d’usage extraordinaire en s’installant sur le toit de ce futur équipement privé. In fine, le toit du projet constitue un élément clé pour la ville car il s’inscrit pleinement dans une logique plus large de renforcement de l’attractivité marchande, touristique et de loisirs de l’hypercentre caennais.

Vestiges de la chapelle du séminaire des Eudistes

Emprise de l’ancien Hôtel de Ville et le jardin des arbres tijes

Transposition du jardin existant en toiture et en façade

Centre Republique implanté sur l’emprise de l’ancien Hôtel de Ville

[ILL. 2]

[ILL. 1]

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Atrium – le vide comme memoire de l’ancienne chapelle

[ILL. 1]  Concept architectural. (Sources: Agence Jean-Paul Viguier)

[ILL. 2]  Infographie du projet dans son contexte urbain.


THEMA

Rooftop Day VIVIANE LICHTENBERGER Ron Orp.

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Seit 2013 ist der Rooftop Day Teil des Schweizer Stadtsommers in Zürich, Basel, Bern und anderen Städten. Im Sommer ruft Ron Orp (die urbane Online-Plattform zum Stadtleben) jeweils seine Community auf, ihre privaten Dachterrassen und Balkone für einen Tag der Öffentlichkeit zugänglich zu machen. So entdecken Tausende von Leuten ihre Stadt Jahr für Jahr aus neuen Perspektiven. 2016 wurden über 70 Terrassen mit abwechslungsreichen Programmen wie Yoga, Märkten, Konzerten oder Freiluft­ festen für alle öffentlich zugänglich.

[ABB. 1]  Eindruck vom Rooftop Day 2015 in Bern. (Foto: Lucas Rüesch & Janis Grunder, Tapetenwechsel)

Idee Der Rooftop Day entstand 2013 in einem Designkurs der Zürcher Hochschule der Künste (ZHdK), welcher von Romano Strebel, einer der zwei Gründer von Ron Orp, geleitet wurde. Zum Thema «Reclaim Zurich» entwickelten Studenten kreative Ideen zur Bereicherung und Verbesserung ihrer Stadt. Der Rooftop Day war eine davon. Das Projekt hat gleich überzeugt, wurde umgesetzt und ist seither fester Bestandteil von Ron Orp. Bei der Wahl des Programms ist die Community komplett frei. Von Karaoke, Pingpong-Turnier, Freiluftkino bis Designmarkt war alles schon mal dabei. Es muss aber auch nichts Gros­ses sein: Oft wird auch einfach nur der Grill angeworfen und mit Musik und ein paar Häppchen gute Stimmung verbreitet. Für 2017 sind folgende Städte Bestandteil des Rooftop Days: Zürich, Genf, Lausanne, Bern, Basel, Winterthur, Luzern, St. Gallen und Zug.

LINK

www.ronorp.net COLLAGE 2/17

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Energie et biodiversité sur les toits lausannois: un duo gagnant THEMA

PASCALE AUBERT Déléguée à la nature, Ville de Lausanne. RICHARD MESPLE Directeur de SI-REN, Ville de Lausanne.

Entretien réalisé par Magali Henry et Oscar Gential, rédaction de COLLAGE.

[ILL. 1]

[ILL. 1]  Le toit plat du bâtiment des Halles Sud de Beaulieu, accueillant panneaux photovoltaïques et végétation. (Source: SI-REN)

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Le toit est une ressource que l’on doit mettre à profit. On peut l’investir de bien des manières, même en combinant des fonctions qui nous semblaient, a priori, exclusives ou incompatibles. Depuis quelques années, la Ville de ­Lausanne a développé une politique qui vise à intensifier l’usage de ces espaces urbains parfois négligés. Dans le contexte lausannois, quelles sont les ambitions d’utilisation des toitures afin de répondre à des enjeux tant économiques que paysagers, de biodiversité que de production d’énergie? Pascale Aubert, déléguée à la nature de la Ville de Lausanne, et Richard Mesple, directeur de SI-REN [1], ont discuté de ces questions croisées avec la rédaction de COLLAGE.


COLLAGE (C): Lausanne est particulièrement soucieuse de concrétiser des mesures promouvant non seulement la nature en ville mais également les énergies renouvelables. Comment ces politiques se traduisent-elles sur les toits? PASCALE AUBERT: La Ville de Lausanne a mis sur pied, sur la base du préavis «Nature en Ville» [2], un programme de promotion des toitures végétalisées qui a démarré en 2015. Ce programme octroie un montant de 650’000 francs sous forme de subvention aux propriétaires privés [3] projetant une végétalisation de leur toiture, que ce soit dans le cadre de la construction d’un nouveau bâtiment ou d’une rénovation. A noter que le surcoût engendré par la végétalisation d’une toiture est plus important lors d’une rénovation que lors d’une construction nouvelle. A 40 francs le mètre carré, ce sont 16’250 m2 de toitures qui peuvent bénéficier d’une subvention, cette dernière pouvant aller jusqu’à 300 m2 par toiture. A ce jour, sept projets ont été déposés grâce à ce programme et deux sont réalisés. Si les démarches restent pour l’heure incitatives, la Ville a néanmoins commencé à systématiser dès 2013 l’obligation de végétaliser les toitures dans le cadre des nouveaux plans d’affectation. Quant aux bâtiments publics, la Ville s’engage à systématiquement végétaliser les toitures plates non accessibles des bâtiments nouveaux et rénovés. Il a été décidé de subventionner les rénovations pour ne pas surcharger les budgets des services communaux ayant de nombreux bâtiments à rénover. Un montant de 500’000 francs [4] est mis à disposition depuis mi-2016 à cette fin et un projet a déjà été réalisé. RICHARD MESPLE: Concernant le solaire, la Loi sur l’énergie exige que 20 % des besoins en électricité soient couverts par une énergie renouvelable sur le bâtiment projeté et pour les nouvelles constructions. Cela oblige donc à mettre en place des panneaux solaires. La toiture devient ainsi un emplacement stratégique, d’autant plus qu’il n’est pas encore possible en Suisse de créer une centrale solaire au sol. Au niveau lausannois, une mesure consiste à vendre l’énergie 13 % meilleur marché que celle du réseau aux propriétaires désireux de mettre au minimum 500 m2 de leur toiture à disposition de la Ville pour des panneaux solaires, ceci sans aucun investissement pour eux. L’accord est réglé sous forme d’une convention de mise à disposition de la toiture sur 25 ans (reconductible) ainsi que d’un contrat de fourniture d’énergie solaire avec les SiL. Couplé à la subvention pour les toitures végétalisées, faire «travailler» son toit devient ainsi très intéressant. C:

Toiture solaire ou végétalisée … faut-il choisir? L’expérience montre qu’une combinaison entre végétalisation et mise en place de panneaux photovoltaïques sur le toit fonctionne bien et offre même une réelle plus-value. Les panneaux solaires, s’ils sont inclinés (de type shed) et un peu surélevés par rapport au substrat végétal, offrent un ombrage qui permet aux diverses espèces de plantes de mieux pousser. Une toiture végétale offre de nombreux bénéfices, que ce soit en termes de biodiversité, de meilleure isolation thermique et donc d’économies d’énergie ou encore de rétention des eaux de pluie. Elle amène surtout une baisse de température du toit qui permet une meilleure production d’énergie solaire. RM: En effet, pour SI-REN, la plus-value importante d’une combinaison des deux usages est la diminution de la température en toiture. Le silicium contenu dans les panneaux photovoltaïques aime la lumière mais pas la chaleur (contrairement au solaire thermique). Quelques degrés en moins en toiture, simplement en la végétalisant, permettent un rendement de quelques pourcents en plus par année. Il serait dommage de s’en priver. PA:

[ILL. 2]

[ILL. 2]  Les plantations offrent un

Concrètement, comment refuge à diverses espèces tout en diminuant la température du toit, ce faites-vous pour associer qui est bénéfique pour les panneaux panneaux solaires et végé- photovoltaïques. (Photo: Benoît talisation sur un même toit? Renevey, Ville de Lausanne) RM: On installe dès que l’on peut du solaire sur des toitures végétalisées. Prenons l’exemple des Halles Sud de Beaulieu [ILL. 1+2]. Les panneaux photovoltaïques ont été posés en 2013. Au début du chantier, il ne subsistait qu’une toiture faiblement végétalisée, résultat d’un substrat trop peu épais. On a commencé par creuser et retirer ce substrat pour installer les nouveaux supports des panneaux solaires. On a ensuite remis le substrat en place, ce qui a permis de lester la structure, tout en ajoutant à certains endroits des plots en bétons. Il y a quelques règles importantes à retenir pour la bonne association du solaire et du végétal [ILL. 5]: ––– Le substrat doit être d’au moins 10–12 cm tant pour assurer la végétalisation que pour lester les panneaux. ––– La hauteur, entre le substrat et le module solaire, doit être au minimum de 20 centimètres. ––– Il faut minimiser la hauteur du substrat à l’avant du panneau (au sud donc) en façonnant le substrat en forme de vaguelettes faisant 8 centimètres à l’avant du module et pouvant remonter à 12 centimètres à l’arrière. Cela permet d’éviter de créer de l’ombre à l’avant du panneau. ––– Les essences végétales doivent être choisies avec soin pour éviter les plantes qui montent trop haut. En respectant ces quelques règles [5], on obtient de très bons résultats. A Beaulieu, la toiture est devenue un vrai jardin, avec plein de couleurs différentes selon les saisons. On y trouve de tout, même des champignons. Quant à l’entretien, il est minime. L’électricien en charge de faire le contrôle des installations passe 2 à 3 fois par an et en profite pour couper les plantes qui dépassent au sud des panneaux. C:

[1]  SI-REN est une société anonyme détenue à 100 % par la Ville de Lausanne et dotée d’un capitalactions de 30 millions de francs. Elle a pour mission la production d’électricité à partir de sources renouvelables et travaille en étroite collaboration avec les services industriels lausannois. [2]  Préavis 2012/11 «Intentions municipales en matière de nature en Ville», 8 mars 2012 www.lausanne.ch/preavis?id_decision =5840 (consulté le 8 février 2017) [3] www.lausanne.ch/thematiques/ nature-parcs-et-domaines/politiqueecologique/toitures-vegetalisees/ politique-municipale.html

[4]  Rapport-préavis 2016/27 «Mise en œuvre et renforcement de la politique «Nature en ville» www.lausanne.ch/agendaactualites/actualites-municipales. html?iframe=LV&id_type=4&id_ decision=37580 [5]  Voir également le rapport d’analyse réalisé par Richard Mesple: «Toits végétalisés et installations solaires photovoltaïques», mars 2011, disponible en ligne: www.lausanne.ch/thematiques/ nature-parcs-et-domaines/politiqueecologique/toitures-vegetalisees/ vegetation-et-panneaux-solaires

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C: Que se passe-t-il si on ne suit pas les quelques règles que vous avez données? RM: En posant les panneaux directement au sol, la végétation poussera trop vite, cachera les panneaux et nécessitera un entretien beaucoup plus important. Cela ne sera ni intéressant pour la biodiversité, car il faudra souvent couper, ni pour la production solaire. C: A quoi d’autre faut-il faire attention pour assurer une bonne combinaison des usages? Comment traiter cette cinquième façade? RM: Le grand défi sur les toitures est de réussir à marier les éléments techniques en superstructure, les panneaux solaires et le substrat végétal en faisant collaborer tous les corps de métiers concernés dès le début du projet. Si les architectes attendent la fin du chantier pour nous demander où poser les panneaux, le résultat est souvent mauvais tant en termes d’intégration visuelle que de production énergétique. Le toit du collège des Pâquis à St-Sulpice reflète le manque de coordination avec l’entreprise générale. Les éléments techniques y étaient disséminés sans cohérence, sans anticipation d’intégration de panneaux solaires et de végétalisation. Nous avons finalement opté pour une couronne périphérique végétalisée et avons placé les panneaux solaires au centre de la toiture, du mieux que l’on a pu. PA: Suivant la taille de la toiture et des superstructures, il n’est malheureusement pas toujours possible d’ajouter à la fois la végétation et les panneaux solaires. Dans certains cas on se trouve dans la nécessité de privilégier l’une ou l’autre fonction. Au collège des Bergières [ILL. 3], les panneaux solaires sont orientés est-ouest et sont donc organisés de façon très serrée. RM: Oui, dans ce cas, nous cherchions à atteindre une puissance maximum pour un minimum de place. Si les panneaux sont orientés est-ouest, il n’y a plus de place pour la végétation, excepté sur la couronne. PA: Et alors la bande de végétalisation qui a été ajoutée sur la toiture devient anecdotique et ne parvient pas jouer le rôle de régulation de température en toiture; il y a toujours une pesée d’intérêt à faire. RM: Comme au CHUV, où l’on renonce au solaire sur certains bâtiments pour pouvoir répondre aux demandes des usagers des laboratoires qui ont besoin de la toiture pour y installer des éléments techniques CVC.

[ILL. 3]

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C: La Ville de Lausanne s’est-elle fixé des objectifs en matière d’utilisation efficiente des toitures? Où en est-on aujourd’hui? PA: Actuellement, 232 toitures (environ 212’000 m2) sont végétalisées à Lausanne, ce qui correspond à 4.8 % du total des bâtiments à toit plat ou à faible pente (4750 bâtiments) et à 12.5 % de la surface de toits potentiellement végétalisable (1’700’000 m2). Le potentiel est donc énorme. Après avoir analysé le suivi de deux toitures en 2015 et en 2016, nous obtenons déjà de très bons résultats. On voit que les toitures sont colonisées très vite par de nombreuses espèces dont les abeilles sauvages (34 espèces recensées à Beaulieu et 9 espèces de papillons de jour). Le substrat maigre des toitures ressemble à des prairies sur talus que l’on trouvait naturellement à Lausanne il y a un siècle et qui ont quasiment disparu aujourd’hui [ILL. 4]. Il permet de développer des variétés de fleurs et de plantes, devenant le refuge pour de nombreux biotopes qui disparaissent de nos espaces urbains. Certaines abeilles sauvages se reproduisant dans la terre et le sable, le substrat des toits devient un lieu favorable pour leur reproduction et leur offre également une source de nourriture. Les toitures végétalisées jouent également un rôle de relais pour les espèces volantes: déjà deux espèces d’oiseaux y ont niché et également une canne! RM: SI-REN s’est doté d’un outil de gestion des projets et des centrales, nous assurant une excellente traçabilité, jusqu’à la surveillance des familles de canards sur les toits. Notre objectif est de produire 30 GWh d’énergie photovoltaïque par an d’ici 2023, soit l’équivalent de l’énergie utilisée par 10’000 ménages (sur une base de 3000 kWh/an par ménage). Pour l’heure, nous produisons déjà 8 GWh et 5 autres sont dans le pipeline. Sur les 77 toits de plus de 500 m2 identifiés, 20 font l’objet de projets en ce moment. Nous en aurons réalisé une quarantaine d’ici trois ans. D’ici là, nous devrions avoir atteint 20 mégawatts de puissance installée (ou 20 GWh d’énergie). C: Lausanne est une ville en pente, contrairement à d’autres villes qui cherchent elles aussi à valoriser l’utilisation de leurs toitures. Faut-il être attentif au fait que l’on voit les toitures? Peut-on se permettre d’y ajouter encore d’autres fonctions? RM: Lausanne est non seulement en pente mais est bien orientée, ce qui fait encore plus de sens à la fois pour le solaire et le végétal. Concernant les aspects esthétiques et d’intégration, nous en discutons évidemment. Plus on incitera les architectes et ingénieurs à venir discuter de leur projet dès le début, meilleure sera l’intégration des éléments se trouvant en toiture, et plus efficace sera son utilisation. PA: Pour l’heure, la Ville promeut principalement, à travers les mesures dont nous avons discutées ici, l’utilisation des toitures non accessibles. Mais pourrait-on envisager de rendre les toits encore plus productifs en y installant des jardins accessibles, en lien avec le potentiel d’une agriculture urbaine? La réflexion ne fait que débuter …

[ILL. 3]  Les panneaux orientés est-ouest comme ici au Collège des Bergières sont trop serrés pour envisager une végétalisation de la toiture. (Source: SI-REN)


[ILL. 4]

[ILL. 4]  Une toiture végétalisée à la rue des Figuiers à Lausanne. (Photo: Benoît Renevey, Ville de Lausanne)

Devant les panneaux: – substrat de 8 cm d’épaisseur sur 50 cm de largeur – plantes qui ne dépassent pas 20 cm de haut

Distance entre les panneaux: au moins 80 cm

Dessous et à l’arrière des panneaux: – substrat de 10–12 cm – plantes de soleil et mi-ombre qui peuvent atteindre 50 cm

8 cm

50 cm Angle d’au minimum 20 ° 10–12 cm

[ILL. 5]

[ILL. 5]  Quelques règles simples permettent d’assurer une bonne combinaison entre solaire et végétal. (Source: Ambroise Héritier, Ville de Lausanne)

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Le toit, espace de protection de la nature – Un toit? Pas seulement pour les humains … THEMA

MARCEL S. JACQUAT Biologiste, ancien conservateur du Musée d’histoire naturelle de La Chaux-de-Fonds, engagé dans la protection des oiseaux et de la nature en général depuis près de 50 ans.

[ILL. 1]

[ILL. 1]  Grande colonie à l’Ancienne

Qu’il soit de tuiles ou d’éternit, traditionnel ou plat, le toit de nos maisons sert depuis toujours d’habitat à nombre d’espèces animales, parmi lesquelles les oiseaux, les chauves-souris et les insectes sont les plus nombreuses. Alors que chacun cherche à optimiser l’isolation du bâtiment dont il est responsable, ce qui est parfaitement justifié, il convient cependant de ne pas oublier que, durant des siècles, ce souci n’était que de faible importance alors que l’aération des toits était considérée comme souhaitable. Comme le dit un proverbe chinois: «celui qui ne veut rien faire trouve une excuse … mais celui qui veut faire quelque chose trouve un moyen». Dans chaque circonstance et dans le sens du respect de la loi, des solutions élégantes et peu coûteuses en regard des travaux entrepris peuvent être trouvées.

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Il a fallu la crise des énergies pour Poste, Le Locle, récemment rénovée: 68 nichoirs. (Photo: Marcel S. que l’homme se soucie véritablement Jacquat) de l’efficience de l’isolation de son habitat ou de ses bâtiments industriels. En quelques années, de gros progrès ont ainsi été accomplis, dans le sens d’une plus faible empreinte écologique, mais aussi d’une économie financière. Les effets inexorables du temps et de la météorologie Avec les années, l’usure se marque sur tous nos bâtiments. Au niveau de la toiture, une tuile cassée ou une faîtière déplacée conduisent à l’apparition d’une lacune qui sera bientôt mise à profit par des animaux nécessitant des cavités pour leur nidification ou leur protection.


Entre toiture et maçonnerie existent souvent des espaces qui peuvent être mis à profit par la faune. En bordure de toiture, c’est souvent au niveau de la planche de rive que se forment des espaces du fait de la durabilité limitée du matériau «bois» utilisé. Parfois, ce sont des joints en ciment qui se dégradent, notamment sur les vieux bâtiments en pierre de taille, voire sur ceux, bien plus récents, qui ont été bâtis avec des éléments préfabriqués. Les espaces qui se forment par déformation au cours des ans entre panneaux de béton peuvent constituer des ouvertures suffisantes pour nombre d’animaux. Les boulins, ces trous laissés dans un mur par un support d’échafaudage quand ce ne sont pas des ouvertures pratiquées spécialement dans un colombier pour donner passage aux pigeons, sont des lieux très appréciés. Avec une meilleure isolation: moins de fissures et de trous non contrôlés! Améliorer l’isolation implique l’utilisation de matériaux à bon coefficient sur une construction qui le permet, ce qui n’est pas toujours le cas en fonction des structures architecturales complexes et tarabiscotées (décors sculptés, créneaux, etc.) communes au tournant des années 1880–1920. De manière générale, cependant, on cherche à éliminer toutes les fissures, les fentes, les trous qui sont autant de sites favorables à la faune. La couverture des murs en pierre de taille ou en briques, qui présentent de nombreux interstices, allant même en augmentant avec l’âge des constructions, est une mesure néfaste au regard de la protection de la nature, même si elle est favorable globalement au niveau énergétique. Heureusement, d’élégantes solutions de remplacement ont été développées et feront plus loin l’objet de propositions idoines. Quelques espèces concernées Selon leur structure et leurs défauts, les toitures et façades, les murs anciens aussi, peuvent abriter un grand nombre d’espèces animales. Sur les poutraisons qui dépassent de la charpente, merle noir, rougequeue noir, faucon crécerelle peuvent bâtir leur nid. A la limite toiture-maçonnerie, ce sont les hirondelles de fenêtre qui viennent coller les matériaux dont elles feront leur nid, avec quelques inconvénients parfois au niveau de leurs fientes qui peuvent salir la façade. Une planchette de 30 à 40 cm de large, placée 60 cm en dessous des nids, afin que l’accès au nid reste bien dégagé, permet d’éviter ces salissures. Une quelconque fente, une fissure ou un espace entre des tuiles peuvent aussi profiter à des mésanges charbonnières, bleues ou noires. Sous les tuiles, ce sont essentiellement le martinet noir, le moineau domestique, plus rarement la bergeronnette grise et le grimpereau des jardins qui trouvent de quoi établir leur nid, qui n’est pérenne que pour le martinet noir. Ce dernier utilise en effet le même endroit durant de très nombreuses années, aussi longtemps qu’il n’est pas dérangé. Chaque printemps, il y revient sans se tromper, malgré les milliers de kilomètres parcourus lors de sa migration vers le sud de l’Afrique! L’effraie des clochers, la chouette hulotte, le choucas des tours et (malheureusement aussi!) le pigeon domestique peuvent profiter des plus grands trous qui naissent d’un entretien défaillant de la toiture ou des façades.

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[ILL. 2]  Tout en haut, nichoirs intégrés dans l’isolation. (Photo: Marcel S. Jacquat)

[ILL. 3]  Trois nichoirs bien intégrés au bâtiment. (Photo: Marcel S. Jacquat)

Outre les oiseaux, plusieurs espèces de chauves-souris, le loir, la fouine parmi les mammifères, les guêpes, guêpes maçonnes, abeilles sauvages parmi les insectes peuvent trouver de quoi se loger dans des toitures tant que leur isolation n’est pas parfaite. Il arrive fréquemment que les caissons de stores soient aussi utilisés. Comment favoriser harmonieusement une cohabitation de la faune sauvage avec l’humain? L’expérience montre que bien souvent les habitants d’une maison ignorent que leur bâtisse abrite des sites propices aux animaux. Il faut que le va-et-vient des parents nourriciers soit particulièrement fréquent, comme par exemple chez les rougequeues noirs ou les merles, pour que le phénomène soit observé. D’autre part, les gens du bâtiment ne sont pas toujours attentifs à la présence de nids (souvent peu visibles) dans les toitures ou les façades. Le manque d’informations à ce sujet, mais aussi la discrétion avec laquelle certaines espèces peuvent s’installer et nicher explique en partie cette méconnaissance. Cela peut conduire à des infractions à la Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages, art. 17, Délits, ou à l’Ordonnance sur la protection de la nature et du paysage, art. 20, Protection des espèces. Ces dispositions ont trait notamment à la destruction de nids ou de sites de nidification, événements fréquents lors de rénovations.

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Quelques possibilités de remplacement de sites de nidification Au vu de la protection légale absolue dont jouissent oiseaux et chauves-souris, il est indispensable de prendre les mesures nécessaires à leur sauvegarde, en pensant aussi que certaines espèces sont tellement inféodées aux constructions humaines qu’on ne les trouve pratiquement plus dans des structures naturelles. C’est particulièrement vrai pour le martinet noir, le martinet à ventre blanc et le moineau domestique. De ce fait, toute démolition, réfection de façade, remplacement de toiture peuvent avoir des incidences fâcheuses sur les populations nicheuses, alors que des mesures simples peuvent favoriser une cohabitation harmonieuse entre l’homme et la faune! Il y a de plus un réel plaisir à voir virevolter des oiseaux ou des chauves-souris autour de son habitat et à observer leur comportement, voire à écouter leurs cris ou chants. Voici quelques suggestions susceptibles de contribuer à la protection de la nature: 1. Tuiles d’aération L’installation de tuiles d’aération, en ayant soin d’en enlever le grillage en terre ou métallique qui ferait obstacle, est une solution élégante pour ménager l’accès à la sous-toiture pour les martinets noirs. 2. Trou d’accès (ovale de 3 cm de haut, 6 à 7 cm de large pour les martinets noirs) dans la planche de rive, pour autant qu’un lambris sous-jacent permette aux oiseaux d’y nicher. 3. Nichoirs intégrés à l’isolation périphérique (type Schwegler 1 A, réf. 00 729/2), en béton de bois. Se prêtent parfaitement à l’intégration dans une isolation de 15 cm minimum. 4. Nichoirs extérieurs, en bois ou béton de fibres végétales, fixés sous le lambris ou contre la façade, peints en accord avec celle-ci ou laissés bruts. En fonction des quelques espèces nicheuses en cavité que l’on veut favoriser, la construction est différente. La largeur de l’avant-toit implique une adaptation des nichoirs pour les martinets, qui seront en longueur lorsque la place est suffisante ou en largeur dans le cas contraire. 5. Pour les hirondelles de fenêtre existent des nichoirs artificiels en béton de sciure, bien acceptés par ces jolis oiseaux. Cette solution est particulièrement recommandée lorsqu’une maison abritant une colonie d’hirondelles doit être démolie et

qu’il faut remplacer des nids naturels. Cela peut se faire sur un autre bâtiment proche ou sur la nouvelle construction, avec le risque d’un abandon momentané du site durant les travaux. 6. Dans le cas de travaux durables (notamment entre mai et août), il convient de placer assez tôt des nichoirs temporaires sur les échafaudages lorsqu’une colonie de martinets a été détruite dans la toiture démontée. L’expérience prouve l’efficacité de cette mesure. Les ornithologues et autres naturalistes expérimentés vous aideront volontiers dans vos démarches (cf. contacts). À Zurich, chaque réfection, rénovation, construction, démolition doit faire l’objet d’une analyse par une personne spécialement affectée à cet examen dont dépend l’autorisation des travaux. Les populations de martinets y sont ainsi protégées, voire encouragées par la multiplication des mesures prises en leur faveur. Un exemple à suivre!

CONTACTS

Martinets: marcel.jacquat@bluewin.ch Chauves-souris: chauvessouris.mhng@ville-ge.ch Insectes: les services d’hygiène des différentes localités RÉFÉRENCES

Scholl Iris: Sites de nidification pour les Martinets noirs et à ventre blanc – Informations pratiques relatives aux constructions – Ed. VerOek, 8610 Uster & Protection des Martinets-COMONE, 2300 La Chaux-de-Fonds, 2e éd. revue et corrigée, 2016 – 36 p., 50 ill. Genton Bernard et Marcel S. Jacquat: Martinet noir entre ciel et pierre – Editions de la Girafe, mhnc, La Chaux-deFonds, 2e éd., 2016 – 192 p., 147 ill. – ISBN 2-88423076-9. mhnc@ne.ch Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland e. V.: Wärmesanierung und Artenschutz an Gebäuden, Bund Region Hannover, 2011, 16 p. ill. Protection des oiseaux et de la nature – Catalogue Schwegler No 72 – Cette entreprise fabrique et fournit de nombreux types de nichoirs et d’aides à la faune sauvage. Représentation en Suisse: Küpfer & Gäumann, Murtenstrasse 326, 3027 Bern/Bethlehem, info@kuepfer-gaeumann.ch

ZUSAMMENFASSUNG Das Dach, Ort des Naturschutzes – Ein Dach? Nicht nur für Menschen … Ein chinesisches Sprichwort sagt: «Wer nichts tun will, findet eine Ausrede … aber wer etwas tun will, findet einen Weg.» Dasselbe gilt im vorliegenden Fall der Dächer als Orte des Naturschutzes. Ungeachtet der Umstände und im Sinne der zu beachtenden Gesetze können immer elegante und punkto Arbeitsaufwand kostengünstige Lösungen gefunden werden. Vor allem, wenn man die bereits montierten Gerüste benutzen kann, sind keine grossen technischen Mittel notwendig. Bei Neubauten können Ingenieure, Architekten und Handwerker gegenüber der Natur eine positive Vorgehensweise anstreben und durch einfache Massnahmen im Dach, im Unterdach oder an der Fassade den Nestbau fördern oder auch das Überwintern von zahlreichen interessanten Tierarten, die Aufmerksamkeit verdienen.

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Es ist schön, das Beispiel der Stadt Zürich anführen zu können, wo jede Sanierung und Renovierung, jeder Neubau und Abbruch Gegenstand einer Analyse durch eine speziell dafür bestimmte Person ist, und wo die Baubewilligung auch von dieser Untersuchung abhängig ist. So ist die Population der Mauersegler in dieser Stadt geschützt, ja sie wird sogar gefördert, dank vermehrter unterstützender Massnahmen. Solche Untermieter bei sich zu haben, heisst, zu ihrem Schutz beizutragen. Sie auch noch beobachten zu können, ist faszinierend und beglückend. Ornithologen und andere Naturforscher werden Ihnen bei Ihrem Unterfangen gerne behilflich sein.


«Arealentwicklung Theodor-RealKaserne», Dübendorf – Umnutzung zu Wohnen, Erholen und Zwischenhalten FORUM

LISA MÜHLEBACH BSc FHO in Raumplanung. Kost + Partner AG, Ingenieure und Planer, Sursee LU Projektleiterin Raumentwicklung.

[ABB. 1]

[ABB. 1]  Perimeter mit

Die Bachelorarbeit «Arealentwicklung Theodor-RealKaserne» befasst sich mit der Umstrukturierung und Neu­ nutzung des Kasernenareals in Dübendorf. Das erarbeitete Konzept entwickelt das Areal unter Erhalt der bestehenden Grünanlage zu einer dichten Siedlung mit preisgünstiger und energieschonender Wohnnutzung mit Gewerbeanteil. Als besondere weitere Nutzung wird auf einem Teilbereich des Areals ein Durchgangsplatz für Fahrende erstellt. Die Arbeit wurde 2016 mit dem FSU-Preis ausgezeichnet.

Orthophoto. (Alle Abbildungen: Kaserne als Ausgangslage Bachelorarbeit) Der Waffenplatz Dübendorf ist mit seinem ältesten noch existierenden Flugplatz des Landes die Wiege der Schweizer Luftwaffe. Die Theodor-Real-Kaserne wird zurzeit als Schule für die Führungsunterstützung der Luftwaffe genutzt. Grundeigentümerin des Kasernenareals ist armasuisse Immobilien. Angrenzend an die Kaserne liegen Wohngebiete mit tiefer bis mittlerer baulicher und sozialer Dichte. [ABB. 1]

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Für die Arbeit wurde die Annahme getroffen, dass das Areal der Theodor-Real-Kaserne in der Stadt Dübendorf zukünftig aufgrund des revidierten Sachplanes Militär und der Umnutzung des Flugplatzes nicht mehr für militärische Zwecke benötigt und für eine zivile Nachnutzung frei wird. Es entsteht ein rund 5 ha grosses Entwicklungsgebiet an zentraler Lage mitten im Siedlungsgebiet. Die Umgebung des Kasernenareals wird in Zukunft durch Planungen, wie der Umnutzung des Flugplatzareals zu einem Innovationspark und der Verlängerung der Glattalbahn, einer starken Veränderung unterworfen. Konzeptziele ––– Der in der Stadt Dübendorf bestehende Bedarf für bestimmte Nutzungen wird auf dem Areal der Theodor-RealKaserne abgedeckt. ––– Das umgenutzte Areal der Theodor-Real-Kaserne gliedert sich gut in die bestehende und sich weiterentwickelnde Umgebung ein. ––– Die verschiedenen auf das Areal wirkenden Interessen der Akteure werden bestmöglich berücksichtigt und die Akteure werden miteinbezogen. ––– Die Arealentwicklung der Theodor-Real-Kaserne übernimmt eine Vorbildfunktion für zukünftige Planungen. Wohnen, Erholen und Zwischenhalten als Nutzungen Das Nutzungskonzept umfasst eine Bewertungsmatrix und die zweckmässige örtliche Zuordnung der am besten bewerteten Nutzungen auf dem Areal. Folgende Nutzungen werden dem Areal zugewiesen: ––– Wohnen: Auf dem grössten Teil des Areals wird Wohnnutzung angeordnet. Der Bedarf nach Wohnungen – insbesondere preisgünstigen – besteht. Im Sinn eines haushälterischen Umgangs mit dem Boden und einer baulichen Innenentwicklung wird eine mittlere bis hohe Dichte umgesetzt. Zu beachten gilt dabei, dass für die Gebäude auf dem Kasernenareal aufgrund des Flugverkehrs eine Höhenbeschränkung gilt. Angeordnet wird die neue Wohnsiedlung auf der nordwestlichen Arealhälfte. ––– Gewerbe: In den Erdgeschossen der Wohnbauten entlang der Rotbuch- und der Dietlikonstrasse und entlang der weiteren durch die Öffentlichkeit genutzten Bereiche wird vorwiegend publikumsorientiertes, das Quartier belebendes Gewerbe angeordnet. Neben Büros und Dienstleistungen sollen auch Nahversorgungs- und Gastronomieangebote vertreten sein. ––– Park: Für die neuen Bewohner des Areals sowie für die Anwohner der umliegenden Quartiere besteht ein Grünflächenbedarf, insbesondere nach multifunktionalen und gut erreichbaren Freiflächen. Im südlichen Arealteil befindet sich eine grosszügige Grünanlage. Die Wiesenfläche, die Grossbäume und bei Bedarf auch der Sportparcours können erhalten werden, wodurch ein Teil der Geschichte des Areals weitergeführt wird. ––– Platz für Fahrende / Allmend: Der dringende Bedarf für einen zusätzlichen Durchgangsplatz in der Region Glattal ergibt sich aufgrund des kantonalen Richtplans (siehe Exkurs Fahrende). Die Einrichtungen für den Durchgangsplatz für Fahrende sollen im südlichen Bereich des Areals konzentriert werden, allenfalls mit der bestehenden Militärbaracke. Der Durchgangsplatz ist rund 2000 m2 gross, bietet Platz für zehn bis zwanzig Stellplätze und ist ausschliesslich Schweizer Fahrenden vorbehalten. Da der Platz nicht durchgängig durch Fahrende belegt wird, kann er auch als Allmend für diverse Veranstaltungen, als Abstellfläche oder auch als Parkplatzfläche bei Grossanlässen genutzt werden.

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––– Zwischennutzung: Die Zwischennutzung beginnt dann, wenn das Militär das Areal nicht mehr benötigt. Sie endet spätestens vor Baubeginn. So kann der Leerstand innerhalb der Siedlung während der langen Planungsphase vermieden werden. Überdies lassen sich durch die Vermietung Einnahmen generieren. Für die Zwischennutzung können die Gebäude bestehen bleiben oder auch bereits abgerissen werden. In beiden Fällen sind Zwischennutzungen wie Gewerbe-, Kultur- und Freizeitnutzungen möglich. [ABB. 2] Städtebauliche Konzeption der neuen Siedlung Das städtebauliche Richtkonzept besteht aus einer Bebauung mit kubusartigen, vier- bis sechsgeschossigen Punktbauten. Als Referenz dient das Hunzikerareal der Genossenschaft «mehr als wohnen» in Seebach in Zürich. Im Konzept gibt es drei zueinander gehörige Gebäudegruppen, innerhalb welcher jeweils zwei bis fünf Gebäude zueinander geschoben sind. Sie bilden schmale Gassen sowie in der Mitte einen Platz. Zwischen den Bauten innerhalb einer Gebäudegruppe gibt es eine Höhen­abstufung. Die nördlichen Gebäude weisen jeweils sechs Geschosse und die südlichen fünf bzw. vier Geschosse auf. Die Siedlung ist baulich dicht, trotzdem aber durchlässig und gut in die bestehende Struktur integrierbar. Mit einer Ausnützungsziffer von 1.5 und einer Überbauungsziffer von 0.3 wird eine hohe Ausnützung des Bodens erreicht. Als Ausgleich dazu bleibt ein bedeutender Anteil des Areals unbebaut und wird als Freiraum genutzt. Die bauliche Dichte der neuen Siedlung liegt über der Dichte in der Umgebung. Es wird jedoch angenommen, dass in Zukunft auch die Umgebung einem erhöhten Verdichtungsdruck ausgesetzt sein wird. Total bietet die Siedlung Kapazität für rund 900 Einwohner und 100 Beschäftigte. Die bauliche Verdichtung geht mit einer sozialen Verdichtung einher. Die Gebäude bieten einen breiten Wohnungsmix für die Bedürfnisse von unterschiedlichen Bewohnertypen. Die Haupterschliessung für den motorisierten Individualverkehr erfolgt über die bestehenden Strassen Dietlikon- und Rotbuchstrasse. Zusätzlich dazu wird eine neue Quartier­ strasse durch die Siedlung geführt. Das gesamte Areal wird von einem feinmaschigen Netz aus Fuss- und Velowegen überspannt. Der Freiraum besteht aus einem Mosaik aus unterschiedlichen Plätzen, Gassen und Grünräumen. Im nordöstlichen Bereich des Areals sind die Freiräume städtisch geprägt, im südwestlichen Bereich eher privat. Dazwischen liegen mehrere Nuancen. Der Park mit den grossen, alten Bäumen bildet das Herzstück des Freiraums. Die Siedlung zeichnet sich durch einen niedrigen und sauberen Energieverbrauch aus. Angestrebt sind 2000 Watt (J/s) Energiebedarf pro Bewohner sowie die Erfüllung der Anforderungen des Minergie-P-Eco-Standards. [ABB. 3] Raumplanerische Implementierung des Konzepts Die rechtliche Verankerung der Inhalte der Konzepte erfolgt in erster Linie mit einem öffentlichen Gestaltungsplan. Im Gestaltungsplan werden die Baubereiche, jeweils mit Vorschriften zu Anzahl Gebäuden, Gebäudehöhen, Geschossflächen etc. ausgeschieden. Innerhalb der Baubereiche sind zudem Gassen und Plätze vorgeschrieben. Pro Baubereich werden die Verteilung und die Art der Wohn- und Gewerbenutzungen bestimmt; dazu gehört auch der Anteil der preisgünstigen Wohnungen. Mit Mantellinien werden diejenigen Ränder der Baubereiche, an die grösstenteils direkt anzubauen ist, festgelegt. Damit werden die wichtigen raumbildenden Fassadenfluchten entlang der Strassen und Aussenräume definiert. Der Durchgangsplatz


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13 12

[ABB. 2]

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[ABB. 2]  Nutzungskonzept 2D, grobe, flächige Anordnung.

[ABB. 3]  Situationsplan des städte­baulichen Richtkonzepts.

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6

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Verbindliche Festlegungen

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7472

Perimeter (§2 GPV) Bebauung Baubereich (§5-7, 10, 20, 22 GPV) Mantellinie (§6 GPV) Baubereich unterirdisch (§16 GPV) Erschliessung Quartierstrasse (§15, 21 GPV) Wendeplatz (§15 GPV) Befahrbarer Bereich (§15 GPV) Fuss- und Veloverkehrsverbindung, übergeordnet (§18, 21 GPV) Fussverkehrsverbindung, untergeordnet (§18, 21 GPV)

[ABB. 3]

[ABB. 4]  Gestaltungsplan.

[ABB. 4]

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[ABB. 5]  Ablaufdiagramm Gesamtprozess.

für Schweizer Fahrende ist im Plan und in den Vorschriften enthalten. Weitere Vorschriften behandeln die Freiräume, die Erschliessung und die Ökologie. [ABB. 4] Damit der Gestaltungsplan umgesetzt werden kann, ist zuvor eine Teilrevision der Nutzungsplanung notwendig. Das Areal ist zurzeit in einer Zone für öffentliche Bauten. Für die Zone für Fahrende wird in der Bauordnung ein neuer Artikel formuliert. Darin werden die Nutzung, die zulässigen Bauten und Anlagen sowie die Aufgabe der Gemeinde geregelt. Kanton und Gemeinde erlassen eine Betriebsvereinbarung und eine Platzordnung für den Durchgangsplatz. Damit werden der Betrieb und die Finanzierung geregelt. Die Platzordnung gilt für die Nutzer des Durchgangsplatzes, also die Fahrenden. Besondere Sorgfalt erfordert die Norm zur ausschliesslichen Nutzung des Durchgangsplatzes für in der Schweiz registrierte Fahrende. Weiter sind die Mitwirkung, die Regelung der Zwischennutzung, die Umparzellierung sowie die Anpassung des kantonalen, regionalen und kommunalen Richtplans zu ordnen. Das auf vier Jahre angesetzte Verfahren des Gesamtprozesses ist komplex, da jeweils mehrere Verfahrensschritte gleichzeitig ablaufen, zwischen ihnen Abhängigkeiten bestehen und zahlreiche Akteure beteiligt sind. Wenn indessen unvorhergesehen Probleme auftauchen, kann sich der Prozess auch verlängern. [ABB. 5]

Vertragliche Vereinbarungen zu Eigentumsverhältnissen und Finanzierung Die Eigentumsverhältnisse und die Finanzierung werden mit einem städtebaulichen Vertrag und einem Kaufrechtsvertrag zwischen der Gemeinde und der Grundeigentümerin armasuisse Immobilien geregelt. Der städtebauliche Vertrag ist ein öffentlich-rechtlicher Vertrag, der zusätzlich zum Gestaltungsplan besondere Vereinbarungen enthält. armasuisse Immobilien soll dabei die Erschliessung des Grundstücks und die Erstellung des Parks auf eigene Kosten übernehmen. Die Fläche für die Wohnsiedlung wird von der armasuisse Immobilien zu einem Teil an einen genossenschaftlichen Bauträger im Baurecht abgegeben und zu einem anderen Teil an einen privaten Immobilieninvestor verkauft.

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Der Kaufrechtsvertrag ist als privatrechtlich, öffentlich beurkundeter Vertrag angelegt. Er stellt sicher, dass die Stadt die Fläche der Quartierstrasse, des Parks und des Durchgangsplatzes zu bestimmten Konditionen erwerben kann, auch wenn es andere Kaufinteressenten gibt. Die Übernahme dieser Flächen durch die Stadt ist sinnvoll, da sie der Erfüllung einer öffentlichen Aufgabe dienen und die Stadt dadurch für den Unterhalt zuständig wird. Es wird von einem Grundstückspreis für die Fläche des Durchgangsplatzes für Fahrende und der Allmend von 250 CHF / m2 ausgegangen. Die Flächen der Quartierstrasse und des Parks sollen unentgeltlich abgegeben werden. Damit entfällt die Mehrwertabschöpfung, da die Verträge dem Ausgleich der Planungsvorteile durch die markante Aufzonung der Fläche für die Wohnsiedlung gleichkommen. Die Voraussetzung für die Gültigkeit des städtebaulichen Vertrags und des Kaufrechtsvertrages ist der rechtskräftige Gestaltungsplan Kasernenareal. Akzeptanz der Fahrenden mitten im Siedlungsgebiet Der Durchgangsplatz für Fahrende dürfte wohl, wie Erfahrungen aus anderen Landesteilen zeigen, auf Kritik und Ablehnung stossen. Plätze für Fahrende sind oftmals nicht erwünscht und werden an den Rand von Siedlungen ins Industriegebiet gedrängt. Ob es gelingt, die Vorurteile durch Informationsveranstaltungen und Workshops zu beseitigen, ist schwer vorauszusehen. Die Organisationen der Schweizer Fahrenden sind in diese Prozesse einzubeziehen, um ein gegen­seitiges Kennenlernen und erste Annäherungen zu gewährleisten. Bedürfnisse und Wünsche der Anwohner können direkt kommuniziert und aufgenommen werden, beispielsweise in der Platzordnung. Dass ein Zusammenleben der Fahrenden und der sesshaften Bevölkerung möglich ist, soll in Dübendorf gezeigt werden. Exkurs zum Thema Fahrende Als Fahrende werden Personen mehrerer Kulturen verstanden, die keine sesshafte Lebensform haben. In der Schweiz bezeichnen sich die Fahrenden meist als Jenische. Die Geschichte der Schweizer Fahrenden ist geprägt durch die Aktion «Kinder der Landstrasse» Mitte des letzten Jahrhunderts. Sie wird als kultureller Genozid bezeichnet, da die von staatlichen Institutionen getragenen Massnahmen die Auflösung der kulturellen Minderheit zum Ziel hatten.


Seit dem Jahr 1998 sind die Jenischen in der Schweiz durch die Ratifikation des Rahmenübereinkommens zum Schutz nationaler Minderheiten des Europarates als nationale Minderheit anerkannt. Durch dieses Abkommen werden unter anderem auch die identitätsstiftenden Lebensweisen der Minderheiten geschützt. Gestützt auf das Abkommen ergeben sich jedoch keine direkt einklagbare Rechte. Rechtlich stützen sich die Schweizer Fahrenden auf das Diskriminierungsverbot der Bundesverfassung (Art. 8 BV) und auf ein Bundesgerichts­ urteil aus dem Jahr 2003 (BGE 129 II 321ff.). Dieses Bundesgerichtsurteil hält fest, dass die Nutzungsplanung Zonen und geeignete Flächen für Schweizer Fahrende vorsehen muss. Der Richtplan des Kantons Zürich enthält seit der Gesamtfestsetzung im März 2014 das Kapitel «Stand- und Durchgangsplätze für Fahrende». Das Thema fand in der Kantonsratsdebatte eine breite politische Unterstützung. Im kantonalen Richtplan wird für die Region Glattal ein Durchgangsplatz für Fahrende verlangt. Durch die Region führt eine der Hauptrouten der Fahrenden, zurzeit gibt es jedoch noch keinen Durchgangsplatz. In der wärmeren Jahreszeit reisen die Fahrenden und halten während maximal einem Monat auf solchen verschiedenen Durchgangsplätzen.

Der Kanton Zürich hat gemäss Richtplan ein Konzept Fahrende zu erarbeiten. Es befindet sich zurzeit in der Erarbeitung und liegt als Entwurf vor. Gemäss Faktenblatt zum Konzept Fahrende Kanton Zürich gelten folgende Anforderungen an einen Durchgangsplatz: ––– Grösse: ca. 1500 m2, für ca. 10–15 Plätze ––– Öffnungszeiten: zwingend in der Sommersaison, gegebenenfalls auch im Winter ––– Einrichtungen: Strom-, Wasser- und Abwasseranschlüsse, Container-WCs, Abfallmulde

WÜRDIGUNG DER JURY

Die Arbeit schafft den anspruchsvollen Balanceakt zwischen den verschiedenen Interessen von Bund, armasuisse, Kanton, Gemeinde und Quartierbevölkerung. Eindrücklich wird gezeigt, dass diese attraktive und zentrale Lage nicht nur Platz für Wertschöpfung bieten kann, sondern für Erholung und Aufenthalt – und dass dies zu einer Bereicherung für alle führt. Die gezeigte umfassende Sichtweise, die von grosser (Raum-) Verantwortung zeugt, verdient den Preis des FSU.

KONTAKT

lisa.muehlebach@kost-partner.ch

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Informations de la FSU/ Nachrichten FSU / Informazioni della FSU INFO

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Chance Raumplanung

Assemblée générale: Vendredi 5 mai 2017 Biel/Bienne

Werkstattgespräch «Multilokale Lebens­ weise  – Chance oder Risiko für die Raumplanung?» Kurzvorträge, Besichtigung, Diskussion, Apéro

Mitgliederversammlung 2017: Freitag, 5. Mai 2017 Biel/Bienne

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Freitag, 19. Mai 2017, 13:30 bis 17:00 Uhr Bern-Brünnen Weitere Informationen: www.f-s-u.ch Anmeldung bis 30. April 2017 per E-Mail an: heidi.haag@vlp-aspan.ch

Annonce anticipée / Vorankündigung  Conférence centrale 2017: Vendredi 17 novembre 2017, KKL Lucerne

MANIFESTAZIONE

Attività proposta da GEA Associazione dei geografi (www.gea-ticino.ch) Visita alle cave di Arzo (Monte San Giorgio, Ticino), Sabato 29 aprile 2017 Programma: ––– 16:00 Ritrovo presso la stazione FFS di Mendrisio (possibilità di trasporto comune per Arzo). ––– 16:15 «Leggere il territorio», intervento di Gianni Biondillo, architetto, scrittore e docente all’Accademia di architettura di Mendrisio (AAM) ––– 17:00 Il progetto «Arzo – Il risveglio delle Cave», presentazione e visita con Enrico Sassi, architetto, titolare di uno studio di architettura e coordinatore del Laboratorio Ticino presso l’AAM. ––– 18:30 Aperitivo ––– 19:30 Cena presso il Grotto Grassi a Tremona (iscrizione per la cena entro il 21 aprile 2017 a: info@gea-ticino.ch).

Bureaux membres / Büromitglieder: raumplan wirz gmbh, Basel Départs / Austritte Membres ordinaires / Ordentliche Mitglieder: Zurschmiede Jonas, Bern

DÉLAI RÉDACTIONNEL FSU INFO / REDAKTIONSSCHLUSS FSU INFO VERANSTALTUNG

Chance Raumplanung Zentralkonferenz 2017: Freitag, 17. November 2017 im KKL Luzern

Etudiant(e)s /Studierende: Kirkorian Karine, Les Acacias Genève Meier Nicola Luca, Köniz Rügge Lena, St. Niklausen

Exkursion mit Werkstattgesprächen «Reusstal und Leventina nach Eröffnung des Gotthard-Basistunnels: Wie weiter in der Raumplanung?» Raumentwicklung im Norden und Süden des Gotthards Donnerstag und Freitag, 24./ 25. August 2017 Altdorf – Reusstal – Gotthard-Pass –  Leventina – Bellinzona Weitere Informationen: www.f-s-u.ch

Merci de nous envoyer vos communications par e-mail ou par courrier et de nous les annoncer à l’avance. /Bitte senden Sie uns Ihre Beiträge per Mail bzw. per Post. Für eine frühzeitige Voranmeldung Ihres Beitrages sind wir dankbar. No Délai rédactionnel Envoi COLLAGE Nr. Redaktionsschluss Versand COLLAGE  3/ 17 28.04.2017 22.06.2017 4/17 23.06.2017 17.08.2017 5/ 17 24.08.2017 19.10.2017

CONTACT / KONTAKT / CONTATTO

MEMBRES/MITGLIEDER

Changements/Mutationen  01.01.2017  – 28.02.2017 Adhésions/Eintritte Membres ordinaires /Ordentliche Mitglieder: Chatelain Jean, Courtételle De Rivaz Xavier, Genève Eberle Orlando, Bern Eggen Vincent, Sierre Hosennen Tamar, Brig-Glis Lauper Lukas, Münchenstein Maag Trond, Zürich Sciuchetti Dario, Zürich Wermeille Céline, Delémont

Fédération suisse des urbanistes Fachverband Schweizer RaumplanerInnen Federazione svizzera degli urbanisti Federaziun svizra d’urbanists Geschäftsstelle, Alexanderstrasse 38, Postfach 216, 7001 Chur Tel 044 283 40 40, Fax 044 283 40 41 info@f-s-u.ch, www.f-s-u.ch

Membres alliés / Verbundene Mitglieder: Köchli Lukas, Dübendorf Muff Rahel, Bern Schumacher Lino, Rapperswil

COLLAGE 2/17

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Collage 2/17 Le toit dans tous ses états/ Rund um das DAch  

«Le toit dans tous ses états» – Sous un toit, nous sommes à l’abri. En tant qu’élément d’architecture, il remplit une fonction à la fois sim...

Collage 2/17 Le toit dans tous ses états/ Rund um das DAch  

«Le toit dans tous ses états» – Sous un toit, nous sommes à l’abri. En tant qu’élément d’architecture, il remplit une fonction à la fois sim...

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