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Alexandre Rodtchenko Peinture, sculpture 23 novembre 1891, naissance d’Alexandre Mikhaïlovitch Rodtchenko à Saint Pétersbourg. Il est le fils d’un accessoiriste et décorateur de théâtre et d’une blanchisseuse. Durant ses études aux Beaux-arts de Kazan (de 1910 à 1914), il rencontre sa future femme, Varvara Stepanova. Elle fut non seulement son épouse mais aussi sa collaboratrice. Beaucoup de travaux (collages et photomontages) seront réalisés à quatre mains, au point qu’on ne puisse déterminer la part de chacun des deux époux dans certaines réalisations. Il fait aussi la connaissance de poètes futuristes, notamment Maïakovski, qui aura une grande influence sur lui toute sa vie. A l’époque, il est impossible de mener une carrière artistique sans s’établir à Moscou, Rodtchenko et Stepanova déménagent donc dans la capitale en 1915. Rodtchenko y réalise ses premières œuvres abstraites. Les recherches géométriques en sont l’aspect le plus marquant, qu’elles soient liées à l’influence de Malevitch et du suprématisme, ou déjà associées à un art « utile » et donc constructiviste. Pour ses dessins, Rodtchenko utilise le compas et la règle, réalisant ainsi des compositions faites de lignes et de cercles. On verra dans ses photographies l’importance que peuvent prendre les contrastes et les lignes. Rodtchenko est alors également sculpteur et réalise un grand nombre de mobiles suspendus.

Dessin au compas, 1915

Ovale dans un ovale, 1920 (Rodtchenko en arrière-plan)

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Collages et photomontages Suprématisme ? Constructivisme ? Productivisme ? D’abord fortement influencé par le suprématisme de Malevitch, Rodtchenko semble à travers ses œuvres picturales être à la recherche d’un art absolu (monochromes de couleurs primaires, Noir sur Noir…) Mais rapidement, cette tentation d’un art uniquement abstrait lui paraît vaine, et Rodtchenko devient alors un des chefs de file du constructivisme. Si ce courant se développe à partir des mêmes bases esthétiques que le suprématisme, soit une construction géométrique de l’espace, le constructivisme milite pour un art utilitaire. La frontière entre art et arts appliqués tend à disparaître. Cette volonté de créer des objets utiles à la société, qui est à rapprocher de la mise en place du régime soviétique et de son rejet de l’art bourgeois, culmine avec le productivisme : l’art n’a de raison d’être que pour son rôle pratique, il est une facette de la production industrielle. Compositions et sculptures sont considérées comme des travaux de recherche permettant ensuite de réaliser des œuvres utilitaires. Ce jusqu’au-boutisme poussera Rodtchenko à déclarer en 1921 dans le Manifeste productiviste : « A bas l’art, vive la technique ». A partir de 1921, il délaisse donc la sculpture et la peinture de chevalet (il réutilisera toutefois le pinceau à la fin de sa vie), pour se consacrer à l’illustration de revues ou de livres (avec les collages et photomontages), à l’affiche publicitaire et de cinéma, puis à la photographie.

Les premiers collages voient le jour en France avec les cubistes (Picasso, Braque en 1912 – 1913), mais ce sont surtout les dadaïstes qui semblent avoir influencé le plus les constructivistes russes. Les premiers collages de Rodtchenko datent de 1918-1919. Il connaissait certainement le mouvement Dada, car même si notre homme n’a que peu mis les pieds hors de Russie, Maïakovski de retour de ses voyages abreuvait les artistes russes de nouvelles du monde artistique européen. Pour Rodtchenko, le collage représente une véritable alternative à la peinture « bourgeoise ». Il en est l’un des initiateurs en Russie. Pour ses toutes premières compositions, il utilise des titres d’articles de journaux, qu’il superpose de manière parodique : les slogans publicitaires pour des pilules favorisant la digestion jouxtent des annonces d’expositions… Rapidement, Rodtchenko intègre des fragments photographiques à ses collages. N’étant à l’époque pas encore photographe, il passe de longues heures à collecter cartes postales et timbres poste, et à découper des images dans des revues, qu’il classe ensuite minutieusement.

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En 1923, il réalise une série de huit photomontages pour accompagner le recueil de Maïakovski Pro Eto (De ceci). C’est la première fois que Rodtchenko se refuse à n’utiliser que des images glanées ça et là. Il illustre les poèmes en représentant dans ses collages les principaux intéressés, Maïakovski et Lili Brik, dédicataire du recueil et amante du poète. Rodtchenko fait donc appel à un photographe (Abraham Sterenberg), qui réalise des portraits du couple. Rodtchenko peut ensuite utiliser comme il le souhaite ces images qu’il a commandées (il se munie d’un agrandisseur).

Dans chacun des 8 collages, on retrouve Lili Brik et Maïakovski. Le but de Rodtchenko est de faire naitre des métaphores visuelles faisant écho aux poèmes de son ami. On retrouve dans ces photomontages des caractéristiques récurrentes des collages de cette époque : représentation de foules, esthétique de l’objet industriel, fascination pour les constructions modernes (automobiles, gratte-ciels…), et l’utilisation d’effets propres à la technique du collage : bouleversements des échelles de grandeur, superpositions…

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En 1924, Rodtchenko commence à pratiquer lui-même la photographie, il lui est ainsi plus commode de remanier des images qui sont ses propres tirages. Les photomontages de Rodtchenko ne se limitent pas à l’illustration de livres. Il fait toutes les unes de la revue LEF (Front gauche des arts, une revue avant-gardiste pilotée par Maïakovski, à laquelle collaborent de nombreux artistes constructivistes), mais réalise aussi des affiches publicitaires, de propagande, et de cinéma. La publicité pour les éditions d’Etat de Leningrad est sans doute son affiche la plus connue. Lili Brik (la sœur d’Elsa Triolet) encore une fois sert de modèle, mais c’est Rodtchenko qui réalise désormais les photographies. Cette affiche est un bon exemple du caractère touche-à-tout de Rodtchenko : elle intègre photographie, typographie et graphisme. Ce dernier est réduit à l’essentiel : cercle, triangles, rectangles. La typographie est simple et dynamique, les couleurs choisies participent également du caractère percutant de l’affiche. Lili Brik, semblant crier à gorge déployée le mot « Knigi ! » (« Livres ! »), est coiffée pour l’occasion d’un fichu de prolétaire (ses ongles longs ont d’ailleurs été rognés au moment du découpage, probablement peu adaptés au personnage de travailleuse qu’elle doit incarner…).

Knigi, 1925

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Le photomontage Il existe deux manières de faire des photomontages : - par collage, c’est la méthode qu’utilise Rodtchenko dans un premier temps. - en utilisant des négatifs qu’on superpose, pour obtenir une seule image au tirage. Cette technique nait dans les années 20, elle permet des jeux de transparence. A partir de 1927, Rodtchenko n’utilise plus que cette méthode de photomontage.

Rodtchenko et le cinéma Rodtchenko a réalisé les affiches de plusieurs films (Le Cuirassé Potemkine d’Einsenstein, Kino-Glaz de Dziga Vertov), mais c’est toute sa démarche qui peut être rapprochée d’un certain cinéma de son époque. Le parallèle est frappant entre les photographies de Rodtchenko et L’Homme à la caméra de Vartov : même choix de plans insolites, de cadrages inhabituels, même exaltation de l’exploit architectural et des formes industrielles, même volonté de représenter la ville du vingtième siècle et la vie sous tous ses aspects… Les photomontages ne sont pas privilégiés par hasard pour la création d’affiches de films, « ils permettent de juxtaposer dans l’espace les moments que le cinéma juxtapose dans le temps ». Rodtchenko lui-même aime à expliquer ses travaux par le biais du cinéma. Il compare ainsi la surimpression de clichés au fondu enchaîné. Affiche de la série de films Kino Glaz, 1924

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photographie, dont il va être l’un des principaux chefs de file, appartiennent à une même culture visuelle. Il décrit d’ailleurs ses premières photographies ainsi : « 1923-1924. Le photomontage m’a poussé à faire de la photographie. Mes premières photos ont été un retour à l’abstraction. Des photos presque "sans objets". Ce sont les problèmes de composition qui étaient pour moi au premier plan. »

L’Escalier, 1930

Photographie C’est tout naturellement que Rodtchenko se dirige vers la photographie autour des années 1923 – 1924. C’est la part la plus importante du travail de cet artiste prolifique qui poursuivra cette voie jusqu’en 1956, date de sa mort. « La photographie était pour moi un aboutissement logique, en tant que peintre, graphiste et décorateur. » Il faut donc voir dans son passage à l’art photographique non pas une césure, mais bien une poursuite de ses expérimentations précédentes, pour ce qui est notamment du travail sur la composition, les contrastes et les lignes. Pour lui, la peinture d’avant-garde et la nouvelle

Comme nous l’avons vu précédemment, il a progressivement besoin, pour ses photomontages, de produire ses propres matériaux photographiques. S’il en vient à la photographie, c’est également parce que le mouvement du « proletkult » (culture prolétarienne) le préconise, au même titre que le photomontage, du fait de son faible coût, de son impact visuel fort et de sa simplicité d’utilisation. Du fait du lien direct entre la réalité visuelle et ce nouveau médium, la photographie est utilisée pour son « pouvoir d’influence que l’image dessinée ne peut jamais acquérir », selon un article anonyme publié dans la revue LEF. À ses débuts, outre des natures mortes purement géométriques, Rodtchenko réalise de nombreux portraits. Ceux qu’il tire en 1924, date officielle de son entrée en photographie selon les spécialistes de son œuvre, sont quasiment tous liés à la rédaction de LEF. Rodtchenko commence par le biais du portrait, à expérimenter, à travailler sur l’éclairage ou l’angle de vue et à faire des essais techniques, notamment de double exposition. Il a d’ailleurs pratiqué cette technique dans le portrait qu’il a réalisé du peintre Alexandre Chevtchenko. 6


Par la juxtaposition de deux images, on obtient un double portrait qui réunit une vue de profil, une vue de trois quarts et deux positions de mains. Ce portrait témoigne du désir d’authenticité de l’artiste. On voit, ici, qu’aucun décor factice n’est créé comme cela se faisait dans les ateliers classiques de photographie. Il ne recourt à un décor, à des poses artificielles et à des costumes que pour les photographies qui serviront pour ses photomontages. Rodtchenko, dans le même souci d’objectivité, ne faisait pas prendre la pose à ses modèles mais les photographiaient ou bien en action ou bien en pleine réflexion et alors, tournait autour d’eux jusqu’à ce qu’il prenne la photo sans les en avertir. Il écrit d’ailleurs, en 1928, dans un article intitulé « Contre le portrait composé, pour le cliché instantané » : « Ne mentez pas ! Photographiez et faites-vous photographier ! Fixez les gens non pas au moyen d’un seul portrait synthétique, mais avec une masse de clichés instantanés, faits à divers moments et dans différentes conditions. Écrivez la vérité. Estimez ce qui est authentique et ce qui est moderne. Et nous serons des hommes de vérité, et non pas des gens de fiction. »

Le peintre Alexandre Chevtchenko, double exposition, 1924

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Rodtchenko poursuit son travail par l’étude de l’espace et de la perspective. Après un voyage à Paris en 1925 pour l’organisation du pavillon soviétique de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels, il démarre une série tout à fait nouvelle : il photographie les rues de Moscou, les balcons et les murs des immeubles qui se dressent vers le ciel. S’il photographie désormais en extérieur, c’est qu’il a rapporté de Paris un petit appareil Kodak de poche. Il cherche, comme dans ses productions précédentes mais de façon beaucoup plus aboutie, à créer et intégrer une nouvelle façon de voir la réalité, de faire sortir le spectateur de ses expériences visuelles habituelles : « L’œil de la photo et du cinéma doivent créer leur propre angle de vues, sans imiter l’œil humain, mais au contraire en élargissant notre champ visuel ordinaire. » Il place, pour cela, les objets, les personnages, les bâtiments qu’il photographie dans une situation de perception inhabituelle. On voit dans « Échelle d’incendie » que ce n’est plus l’objet pris en photo qui est le sujet du cliché mais le regard lui-même, la perception de l’artiste comme du spectateur. Il s’agit, pour Rodtchenko, de s’ancrer dans un « art constructif qui n’embellit pas la vie, mais la construit ». Notre œil est habitué aujourd’hui aux angles de vue utilisés dans ces deux photographies, mais c’était, à l’époque, totalement novateur. Alors que, traditionnellement, ces photographies auraient été prises de face et auraient été un tableau tout à fait banal de la réalité, le regard est ici dirigé sur un plan vertical, du bas vers le haut. La technique de la contre-plongée, en provoquant un raccourcissement de la perspective, forge une

nouvelle perception de la réalité. Le travail sur la composition, sur les lignes, et notamment sur les diagonales, concourt également à cet effet et rejoint ses recherches en peinture. On peut également penser à l’une de ses photos les plus connues, en ce qui concerne le travail sur les lignes et sur les diagonales, « L’Escalier » (1930).

Échelle d’incendie, 1925

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Ce sont donc ces caractéristiques (angles de vue abrupts, verticalité de la perspective, raccourci, diagonales fortes, etc.) qui vont traverser l’œuvre du photographe pendant plusieurs années. À la fin des années 1920, Rodtchenko transpose de plus en plus le principe du raccourci vertical, qu’il n’appliquait quasiment qu’à l’espace urbain, à la photographie humaine, au portrait, à la silhouette. Selon lui, « les points de vue les plus intéressants pour l’époque actuelle sont ceux "de bas en haut" et "de haut en bas" ». Ces techniques issues de ses premières expérimentations vont ensuite servir les reportages qu’il va réaliser dans les années 1930. Au tournant des années 1929-1930, son œuvre commence à prendre une dimension sociale. Il intègre le groupe d’artistes Octobre qui déclarait que les arts contemporains devaient être « au service des travailleurs » dans deux domaines : celui de « la propagande idéologique » et celui de « la production » et de « l’organisation immédiate de la vie collective ». Il s’agissait alors, pour eux, de photographier de nouveaux sujets sociaux, comme les grandes manifestations festives, le sport, l’Armée rouge, les jeunes pionniers, les kolkhozes ou les nouvelles usines. Rodtchenko réalise alors des reportages pour le compte de nombreux journaux de l’époque. Il parvient à préserver son indépendance et son style, ce dont témoigne la série de portraits qu’il fait dans un camp de pionniers des environs de Moscou en 1930. On y retrouve les angles de vue atypiques et extrêmes du photographe. Pour les photographier et obtenir le raccourci recherché, il se coucha aux pieds des enfants.

Pionnière, 1930

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De manière générale, l’œuvre de Rodtchenko ne fut pas bien reçue par la critique russe, car elle était, bien que figurative, minimaliste, alors que l’on prônait à l’époque une photographie prolétarienne pure, dans laquelle la vision de l’artiste ne devait pas transparaître. La voie de gauche de la photographie prolétarienne fut, dans son ensemble, attaquée comme étant dangereuse, erronée, bourgeoise et formaliste. On les considérait comme incapables de parvenir à une compréhension réelle des classes. En 1928, Rodtchenko fut accusé par la revue Sovietskoïe d’être un « plagiaire de photographes bourgeois » occidentaux dont les œuvres était considérées comme néfastes, parce que dépourvues d’idéologie et de contenu. En 1931, il fut exclus du groupe Octobre, jusqu’ici acquis à sa cause, mais qui lui reprocha, ralliant sa voix à celle des critiques, d’être formaliste et de ne pas vouloir se restructurer. De nombreux journaux lui avaient déjà fermé leurs portes mais il n’arrête pas le reportage pour autant. En 1933, il accepte une mission que lui propose l’éditeur Izogiz sur le chantier du canal entre la mer Blanche et la Baltique. Ce voyage constituera une étape dans la vie artistique de Rodtchenko. Il photographie le camp de travaux forcés « simplement, sans se soucier du formalisme ». Si cette série comprend des cadres formels, des vues en plongée et des jeux de perspectives, la technique et le souci de la composition sont beaucoup moins prégnants que dans ses productions précédentes. Pionnier à la trompette, 1930

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À partir du milieu des années 30, Rodtchenko, tout en poursuivant la recherche de l’authenticité, se tourne vers un nouveau terrain d’expérimentation, le mouvement. Il devient ainsi l’un des premiers photographes à s’intéresser au sport pour rendre compte de la perfection des corps. On comprend peu à peu que le photographe que l’on critiquait autrefois ne voit plus de la même façon et se préoccupe désormais davantage de faire se mêler dans ses travaux dynamisme, authenticité et contenu thématique du cliché. Lors de la première Exposition panfédérale de la photographie en 1937, son travail est salué. Mais il n’est pas pour autant satisfait, sa préoccupation est ailleurs :

Sans titre, 1933

« L’exposition est ouverte. Pour l’instant, cela ne donne aucun résultat. J’y ai travaillé pendant un an et demi. *…+ La presse est élogieuse, mais en termes très généraux… C’est toujours pareil, la photographie n’est pas considérée comme un art. *…+ L’important, c’est que je ne suis pas content du résultat. Il aurait tout fallu faire autrement et mieux. Ça manque d’inspiration. D’invention. De nouveauté. Il faudrait plus expérimenter, se fixer de grandes tâches ambitieuses, faire des projets audacieux. *…+ De nouvelles générations arrivent ! Ils auront plus d’énergie et seront plus intéressants. J’ai maintenant quarante-six ans… » De fait, il ne poursuit guère ses expérimentations par la suite.

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Après avoir essentiellement réalisé des photographies de cirque à la fin des années 1930, sa famille est évacuée dans l’Oural en 1939. De retour à Moscou, il s’essaie à la photographie en couleurs mais sa santé est déjà fragile et il ne peut pas rester longtemps dans son laboratoire. Son parcours artistique est déjà depuis longtemps achevé. Rodtchenko ne s’est jamais arrêté de penser son art. À chaque fois qu’il expérimentait avec succès un nouveau procédé, il poursuivait ses recherches pour n’avoir jamais à se répéter. En cherchant sans cesse à poser un regard nouveau sur la réalité et finalement à faire reconnaître la photographie en tant qu’art, il ouvrit de nombreuses voies à la photographie contemporaine. En 1964, l’historien de l’art Lubomir Linhart dit à son sujet : « La situation présente de la photographie et notamment celle du reportage, tout comme son émancipation par rapport à l’ascendant thématique et pictural de la peinture, aurait été impensable sans l’immense influence qu’exercèrent les photographes soviétiques des années vingt et trente et en particulier Rodtchenko. Par son approche originale, audacieuse et novatrice, il a coupé tous les ponts avec les anciens procédés de la photographie. » L’influence des constructivistes russes, et en particulier de Rodtchenko, est d’ailleurs encore aujourd’hui particulièrement sensible dans la photographie, les affiches et le design.

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Étude des fonds de la Bibliothèque universitaire de Lettres de Bordeaux et de la Bibliothèque Mériadeck (Bordeaux)

Fonds de la Bibliothèque universitaire de Lettres (Bordeaux) Beaux livres LAVRENTIEV, Alexandre. Alexandre Rodtchenko : photographies 1924 – 1954. Paris : Gründ, 1995. LAVRENTIEV, Alexandre. Rodtchenko et le groupe Octobre. Paris : Hazan, 2006. Éditions de poche LEMOINE, Serge. Alexandre Rodtchenko : [photographies]. Paris : Centre national de la photographie, 1986 (Photo poche ; 23). Périodiques LA TOUR, Dominique de. Rodtchenko. Paris : Société Française de Promotion Artistique, 2007 (Connaissance des Arts. Hors-série ; 329). Catalogues d’exposition A. Rodcenko (Toulouse, Galerie municipale du Château d’eau, 1 au 31 décembre 1977). Alexandre Rodtchenko (Biot, Musée national Fernand Léger, 6 septembre – 6 novembre 2000). Paris : ADAGP, 2000. Rodtchenko, photographe : la révolution dans l’œil (Paris, Musée d’art moderne de la Ville de Paris 20 juin – 16 septembre 2007). Marseille : Parenthèses, Paris : Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 2007 13


Fonds de la Bibliothèque municipale Mériadeck (Bordeaux) Beaux livres LAVRENTIEV, Alexandre. Alexandre Rodtchenko : photographies 1924 – 1954. Paris : Gründ, 1995. LAVRENTIEV, Alexandre. Rodtchenko et le groupe Octobre. Paris : Hazan, 2006. Éditions de poche LEMOINE, Serge. Alexandre Rodtchenko : [photographies]. Paris : Centre national de la photographie, 1986 (Photo poche ; 23). Études et écrits de l’artiste KARGINOV, German. Rodtchenko. Paris : Chêne, 1977. RODTCHENKO, Alexandre. Ecrits complets sur l’art, l’architecture et la révolution. Paris : P. Sers, 1988. Livres jeunesse RODTCHENKO, Alexandre, TRETIAKOV, Serge. Animaux à mimer. Nantes : Memo, 2010. Catalogues d’exposition Alexandre Rodtchenko (Biot, Musée national Fernand Léger 6 septembre – 6 novembre 2000). Paris : ADAGP, 2000. Rodtchenko, photographe : la révolution dans l’œil (Paris, Musée d’art moderne de la Ville de Paris 20 juin – 16 septembre 2007). Marseille : Parenthèses, Paris : Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 2007. 14


Tableau comparatif

Bibliothèque universitaire de Lettres (Bordeaux)

Bibliothèque municipale Mériadeck (Bordeaux)

Accessibilité

Seuls quatre documents sur les huit présents dans les Six des sept documents sont en accès libre. Un seul d’entre eux n’est pas empruntable (un livre collections sont en accès libre. Parmi les quatre documents en magasins, un livre fait grand format sur les photographies de l’artiste). partie du fonds « non communicable » (le livre poche du Centre national de la photographie), un autre a été perdu (le livre jeunesse, ouvrage pourtant récent). Les six autres documents sont empruntables.

Ancienneté

L’ensemble des supports ont été acquis entre 2005 et 2010. Il s’agit d’un fonds relativement récent, sans pour autant qu’il ne soit constitué que de nouveautés. Les bibliothécaires ont fait des acquisitions rétrospectives pour constituer ce fonds, tout en sachant que de nombreux ouvrages sur l’œuvre de Rodtchenko sont aujourd’hui épuisés et que la production éditoriale sur l’artiste n’est pas foisonnante (seulement neuf ouvrages référencés dans la base de données Électre)

Il ne nous a pas été possible de nous procurer les dates d’acquisition des différents documents. Néanmoins, nous pouvons déduire des dates de publications (de 1977 à 2010) et de l’état des livres sur Électre (épuisés, manquants…) que certains ouvrages n’ont pu être acquis récemment et que d’autres ont, au contraire, fait l’objet d’acquisitions courantes récentes. Il s’agit donc a priori d’un fonds ancien qui est relativement mis à jour, si l’on tient compte de la production éditoriale.

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Pertinence

En ce qui concerne les sujets traités dans les documents : - Cinq portent exclusivement sur les photographies et photomontages de l’artiste. Une d’entre elles traite de ses relations avec le Groupe Octobre. - Deux traitent de l’ensemble de son œuvre, incluant ainsi la période durant laquelle il se consacra à la peinture et à la sculpture. Ce fonds comprend un certain nombre d’ouvrages illustrés qui comportent des analyses plutôt générales et permettent d’avoir une vue d’ensemble de l’œuvre de Rodtchenko. Il s’agit de documents accessibles à tous les publics. On trouve d’ailleurs un ouvrage de qualité, plutôt synthétique, absent des collections de Mériadeck (le hors-série de la revue Connaissance des Arts). Nous nous poserons néanmoins la question de l’absence d’études critiques et de textes écrits par l’artiste au sein d’une bibliothèque universitaire. Néanmoins, précisons, encore une fois, que ce fonds a été constitué récemment et qu’il n’est pas aisé de se procurer des ouvrages critiques sur son œuvre. Ses écrits ne sont d’ailleurs plus publiés. Une critique est à émettre en ce qui concerne la redondance de certains documents entre eux, écrits par le même auteur, Alexandre Lavrentiev.

En ce qui concerne les sujets traités dans les documents : - Cinq portent exclusivement sur les photographies et photomontages de l’artiste. Une d’entre elles traite de ses relations avec le Groupe Octobre. Une autre, bien qu’introuvable, reproduit des plaques photographiques de l’artiste sous la forme d’un livre pour enfants. - Trois traitent de l’ensemble de son œuvre, incluant ainsi la période durant laquelle il se consacra à la peinture et à la sculpture. De même, les collections de la bibliothèque municipale de Bordeaux permettent de se faire une vue d’ensemble du parcours artistique de Rodtchenko. Elles incluent des documents s’adressant à divers publics : des livres illustrés tous publics aux ouvrages destinés à un public motivé. Ces derniers (études critiques et écrits de Rodtchenko) permettent d’approfondir la recherche et la réflexion sur les différentes étapes de la création artistique de l’artiste. Le fait que soit "présent", parmi les collections, un ouvrage pour la jeunesse élargit les publics concernés par le fonds sur Rodtchenko. On pourra appliquer la même critique, concernant le manque de pertinence du choix de certains ouvrages, redondants.

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Synthèse Si nous avons choisi d’étudier les fonds sur Alexandre Rodtchenko de ces deux bibliothèques, c’est qu’il nous semblait important d’avoir accès aux documents pour, d’une part, pouvoir les lire et, d’autre part, pouvoir en étudier les conditions d’accès. Il nous paraissait également intéressant de mettre en regard les politiques d’acquisition d’une bibliothèque municipale et d’une bibliothèque universitaire. Nous nous attendions à ce qu’en fonction de leurs publics, elles ne fassent pas les mêmes choix, mais il en a finalement résulté que leurs fonds étaient largement comparables (huit ouvrages à la médiathèque, sept à la bibliothèque universitaire) et que les documents étaient essentiellement les mêmes (cinq documents en commun). Par ailleurs, nous nous attendions à ce que la B.U. propose davantage d’études universitaires et la B.M. plus de supports tous publics, ce qui n’est en fait pas le cas. Mais, comme nous l’avons vu précédemment, cela s’explique par le manque d’ancienneté du fonds de la B.U. et par l’état actuel de la production éditoriale sur l’œuvre de Rodtchenko. Le fonds de la B.M., plus complet car plus ancien, semble plus pertinent, du fait qu’il s’adresse à un public varié. Notre comparaison des différents supports reste toute relative, du fait de la quasi-similarité des deux fonds. Ce qui fait la différence, c’est l’accessibilité des documents. Si quasiment tous sont en accès libre et réunis sur une même étagère à la B.U., ils sont, à Mériadeck dispersés et plus difficiles à obtenir, et ceci pour plusieurs raisons :  Un des ouvrages est, selon le catalogue en ligne, « non communicable » et le bibliothécaire avec lequel nous nous sommes entretenues n'a pu nous donner les raisons de son indisponibilité. Un autre, bien qu’indiqué comme étant consultable sur le catalogue, est resté, après bien des recherches des bibliothécaires dans les services internes, introuvable.  Enfin, beaucoup sont en accès indirect et les délais sont parfois longs (un document est en communication différée), ce qui peut décourager le lecteur. Le choix de placer de nombreux documents en réserve implique que le lecteur connaisse déjà Rodtchenko et sache spécifiquement de quel ouvrage il a besoin. S'il peut se justifier par un manque d'espace dans les locaux, il ne favorise pas la découverte de l'artiste par les lecteurs, au gré de leurs fluctuations dans les rayons.

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Table des matières

Alexandre Rodtchenko .................................................................................................................................................................................. 1 Peinture, sculpture ................................................................................................................................................................................................... 1 Collages et photomontages...................................................................................................................................................................................... 2 Photographie ............................................................................................................................................................................................................ 6

Étude des fonds de la Bibliothèque universitaire de Lettres de Bordeaux et de la Bibliothèque Mériadeck (Bordeaux) ..................................13 Fonds de la Bibliothèque universitaire de Lettres (Bordeaux) ................................................................................................................................ 13 Fonds de la Bibliothèque municipale Mériadeck (Bordeaux) ................................................................................................................................. 14 Tableau comparatif ................................................................................................................................................................................................ 15 Synthèse ................................................................................................................................................................................................................. 17

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Rodtchenko  

Alexandre Rodtchenko Peinture, sculpture Dessin au compas, 1915 Ovale dans un ovale, 1920 (Rodtchenko en arrière-plan) 1 Les premiers collag...

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