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LeMensuel.com M AG A Z I N E I N D É P E N DA N T  N ° 9 0  O C TO B R E 2 012  4 , 4 0 €

ITAT NOTRE GUIDE HAB

HABITAT ÉCOLO 30 GESTESMA ISON POUR LA

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CE QUI SERA “IN” EN 2011

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OCTOBRE

2012

N°90

04 AGORA

08 RETOUR SUR SEPTEMBRE 10 LES INÉDITS VANNES Devenir le « jazz club de référence du grand ouest » MORBIHAN Ty Télé : Le Télégramme prendra-t-il la télécommande ? Coupe du monde de rugby : Vannes, le plan C L'OCDE enquête en Bretagne Un lieu permanent pour la photo à La Gacilly début 2013 Questembert : Albert lâche l'affaire 12 IMMOBILIER

C'EST LE MOMENT D'ACHETER

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24 POLITIQUE 24 REMOUS DANS LA PETITE MER 28 DE L'ÉLYSÉE À SOLFÉRINO

Le réseau des « hollandais bretons »

30 SOCIÉTÉ 30 SÉCURITÉ

Vos voisins (sur)veillent

32 JUDICIAIRE 33 ASSASSINAT À AURAY

Une seule version des faits

34 SANTÉ 34 DÉSERTIFICATION MÉDICALE

Le remède des chasseurs de médecins

36 ÉDUCATION

36 MARTIAL LIMOUZIN, ancien directeur de l’enseignement catholique du Morbihan

« Je n’ai jamais triché »

38 SOCIAL 38 LICENCIEMENTS CHEZ DOUX FRAIS

Délicate renaissance

40 ÉCONOMIE 40 PASCAL ET GWÉNOLA PICARD À LANOUÉE

28

Profession : éleveurs de vers

42 LES ÉCHOS DE L'ÉCO

44 CULTURE 44 LE PALMARÈS

La sélection des stars 50 CULTURAMA

SPORT

54 MICHEL GENSON, conseiller technique du Vannes Volley-ball

« Je suis à ma place »

56 VOILE RADIOCOMMANDÉE

« Skippers » aux manettes 57 LES ÉCHOS SPORT

58 RESPIRER EN MORBIHAN 62 CULINAIRE Bonnes tables par Olivier Marie Photo de couverture, crédit : Lionel Le Saux

S'ABONNER p.27

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NOUS CONTACTER 02 97 47 84 74 morbihan@lemensuel.com le mensuel/octobre 2012

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AGORA RÉACTION // une Du mensuel De sePtembRe

 NE "BAGATELLISONS" PAS L’HÉROÏSME !  A la vue de la Une du Mensuel du Golfe du Morbihan de septembre intitulée Associations. Ces héros de la vie locale, une fidèle lectrice a souhaité réagir. Je suis un peu choquée par le titre de votre numéro de septembre et l'article (ou les articles) qui s'y rapportent. En effet vous décrivez différentes personnes engagées dans la vie associative les qualifiant de héros. Tous ont une passion et s'y consacrent pleinement. C'est tout à fait respectable et honorable, cela n'en fait pas pour autant des héros. Comment définiriez-vous donc quelqu'un qui se jette à l'eau pour sauver un autre de la noyade, un pompier qui pénètre dans une maison en feu pour essayer de sauver des vies ? Il y a beaucoup d'autres exemples. Ne « bagatellisons » pas l'héroïsme qui suppose de la bravoure, du courage et de l'abnégation ! J'ajoute juste que je suis aussi engagée dans la vie associative sans me sentir héroïque et que la plupart des bénévoles disent recevoir au moins autant qu'il ne donnent ! Je continuerai néanmoins à lire votre revue avec plaisir ! Jacqueline Born

Vos photos

Notre intention avec ce titre, et ce dossier, n’était pas de choquer. Mais d’interpeller sur une réalité. Nous avons choisi de titrer sur des personnalités sans qui la vie de leur association –et certains pans même de la vie locale– n’existeraient pas. Un dévouement que nous souhaitions mettre en perspective avec un manque d’engagement de la part de certains nouveaux bénévoles, regretté par nombre d’associations. Le tout selon notre ton, avec humour, toujours un peu décalé il est vrai. Mais sommes-nous si loin de la définition de « héros » ? « 1. Personnage qui se distingue par ses actions (…) qui fait preuve d'un grand courage (…) qui tient le rôle principal dans une histoire », dit l’une des nombreuses définitions. Alors sans doute ne sauvent-ils pas des vies (quoique pour certains…) et n’éteignent pas des immeubles en flammes. Mais les personnes portraitées dans le magazine, et qui ne sont qu’un petit échantillon de ce que le Morbihan recèle en personnalités, jouent un rôle essentiel dans la vie locale sans n’avoir rien à y gagner. Vous écrivez que l’héroïsme suppose du courage et de l’abnégation. Y-a-t-il dans le dossier du mensuel une seule personne qui ne corresponde pas à ce critère ? La rédaction

Vous aussi, publiez vos photos sur

vosphotos.lemensuel.com

Curve, par Antoine Potier, 10 septembre 2012 Pour son premier anniversaire, le photoblog du Mensuel dévoile l’image d’un de nos lecteurs primée au concours « Rennes, ville en chantier », organisé par le festival L’Image publique, en partenariat avec Le Mensuel. L’auteur du cliché se nomme Antoine Potier. Il immortalise l’ancien centre des télécommunications de la Mabilais, un bâtiment immanquable à l’ouest de la ville, symbole de la rénovation urbaine de la capitale bretonne. Cette photographie nommée Curve met en avant les lignes puissantes du bâtiment en tripode dessiné par Louis Arretch en 1976. A noter que la photo gagnante, ainsi que les neuf autres lauréates, seront projetées le 12 octobre à partir de 21 h 30 sur les murs du Bistrot de la Cité à Rennes. Le photoblog du Mensuel accueille toutes les images. Lieu d’échanges et de débats, il est aussi ouvert à vos commentaires. Seules exigences : un peu d’imagination et d’ambition esthétique. Chaque mois, la rédaction sélectionne une photographie et la publie en rubrique Agora du magazine. Retrouvez toutes les infos sur vosphotos.lemensuel.com ou sur le site internet du magazine LeMensuel.com.

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le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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AGORA RÉACTIONS // PAluDieR Vs Conseil GÉnÉRAl

CHALLENGE DE VENTE

 JE NE VOIS PAS L'INTÉRÊT DE CETTE POLÉMIQUE 

Cet été, Le Mensuel organisait un challenge de ventes auprès de nos sympathiques diffuseurs de presse du Morbihan. Merci à tous d’avoir joué le jeu, mais comme le veut le règlement, il faut des gagnants. Que voici :

Olivier Chenelle, paludier du marais de Lasné à Saint-Armel est fâché avec le Département, propriétaire du site. Le conseil général l’a sommé d’assagir son comportement vis-à-vis du public qu’il reçoit. Une prise de position qui a généré un concert de réactions sur LeMensuel.com.

Les rendez-vous du mensuel LE VOC EN DIRECT SUR

Les cinq meilleurs vendeurs : 1. M. et Mme Ménager, Maison de la presse à Sarzeau 2. M. et Mme Louis, tabac-presse à Arradon 3. M. Renard, tabac-presse du Port à Vannes 4. M. et Mme Lefort, tabac-presse des Lices à Vannes 5. M. et Mme Le Goff, tabac-presse de Larmor-Baden

Depuis de nombreuses années, l'activité d'Olivier Chenelle est appréciée des visiteurs à qui je montre le site. Sa qualité de pédagogue (ne manquant ni d'humour, ni de poésie) est reconnue. Le titre n'est pas important, c'est le travail réalisé qui compte : il est réel et persévérant. Le conseil général a eu la bonne idée de réhabiliter le site avec les impôts du contribuable, de recruter M. Chenelle qui a su créer une animation et une production. C'était bien le but non ? Je ne vois pas l'intérêt de cette polémique. Jpo (Rennes)

Les dix meilleures progressions par rapport à l’année dernière 1. Mme Moy, tabac-presse Hoche à Vannes 2. Mme Billy, tabac-presse place Henri IV à Vannes 3. Mme Saillé, tabac-presse du Crouesty à Arzon 4. Mme Jehanno, presse à Auray 5. M. Desoblin, tabac-presse galerie Le Fourchène à Vannes 6. M. et Mme L’Hommeau, tabac-presse à Sarzeau 7. M. et Mme Lohéac, presse à La Trinité-sur-Mer 8. M. et Mme Petitrenaud, tabac-presse à Baden 9. M. et Mme Perrin, tabac-presse à Saint-Avé 10. M.et Mme Guillevic, tabac-presse à Carnac L’équipe du mensuel remercie aussi toute l’équipe du dépôt de presse de Vannes pour l’organisation de ce challenge.

Ce sentier excelle d'instructions et encourage au respect de l'environnement. Encore une démarche pédagogique et naturelle que l'on veut faire disparaître ! C'est aussi un lieu d'asile pour de nombreux oiseaux. D'autres enjeux semblent inavoués par nos élus. D'autre part, si Olivier Chenelle a paru un peu vif à certains, n'était-ce pas pour de bonnes raisons ? Par exemple, une classe débarquant à grands cris et troublant la quiétude des lieux ?

Suivez la saison du Vannes OC en National. En octobre, retrouvez le match du Voc à domicile, en direct de la Rabine. Samedi 20 octobre. 12e journée du championnat : Vannes OC/Colmar à 20 h SUR

RECETTE EXCLUSIVE DE CHEFS BRETONS Vous avez toujours rêvé qu’un grand chef du cru vous file sa dernière recette ? Le Mensuel et Goûts d’Ouest l’ont fait pour vous. Chaque mois, le chef breton présenté dans nos colonnes (p.62) en rubrique culinaire vous livre une recette maison sur LeMensuel.com. Ce mois-ci, c’est Pierre et Caroline Legrand, les patrons d'Aozeñ, qui s’y collent.

« Le vrai attelage évident en cette période de renouvellement politique en Morbihan, c'est bien Robo-Le Dirach pour Vannes ! Cela ne va pas plaire à tout le monde dans la cité des Vénètes… » Frelon, de Vannes, à propos de la présence des deux caciques locaux lors du discours de Jean-François Copé à Vannes, le 15 septembre

Hélène Coqueret (Séné)

« Lorsque la Ville laisse le privé acheter des terrains, Vannes projet citoyens estime que la municipalité favorise les promoteurs privés. Et maintenant que la Ville souhaite acquérir un bien public, ils protestent. Comprendra qui pourra ! »

Nous arpentons la saline depuis plusieurs années et savons tout ce qu'Olivier a réalisé pour créer ce sentier pédagogique ludique et intéressant. Les sternes seraient malheureuses de ne pas retrouver leur nichoir l'année prochaine et nous de ne plus pouvoir nous fournir en sel.

L’ours de Vannes, à propos de l’annonce du rachat de l’école de police par la municipalité

Chantal et Jean-Richard Doucet (Vannes)

Contacts rédaction Le Mensuel du Golfe du Morbihan, magazine indépendant, 30 rue Gougaud 56000 Vannes Tél. 02 97 47 84 74 - Fax 02 97 47 84 75 - morbihan@ lemensuel.com Directeur de la publication François Maumas Directeur de l’information Killian Tribouillard Chef de rédaction Donovan Potin Rédacteurs Killian Tribouillard, Élodie Bannier-Mouate, Donovan Potin, Alan Loquet Responsable RH & administration Cécile Saison Graphistes Coralie Choupeaux,

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Thomas Dubois Photographes Romain Joly, Lionel Le Saux , Michel Renac Dessinateurs Srï, Nono Relectrice Josette Faure Ont participé à cette édition Pauline Phouthonnesy, Olivier Marie, Damien Guerrier, Pierre-Alain Trochu, Charlotte Guevarec, Élise Tallec Imprimeur Imaye, Laval Diffusion Dépôt central de presse Contacts publicité François Maumas, Marie-Charlotte Cloerec, Matty Sène - Tél. 02 97 47 84 74 - communication@lemensuel.com Abonnements Marie

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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Léon - abonnements@lemensuel.com Dépôt légal à parution ISSN 1768-6822 Commission paritaire 1016 I 85567 Le Mensuel du Golfe du Morbihan est édité par Scrib, maison d’édition, SAS au capital social de 15036 €, 30 rue Gougaud 56000 Vannes - Siret 477 807 499 00033 - APE 5814Z. Magazine imprimé sur du papier issu de forêts gérées durablement. Toute reproduction, intégrale ou partielle, est strictement interdite sans autorisation de l’éditeur. © 2012 SCRIB SAS


Vos ConCessions Citroën Midi Auto 56 seront présentes lors du sAlon de l’AutoMobile du 05 Au 07 oCtobre et Vous ouVriront leurs portes du 12 Au 15 oCtobre Midi Auto 56 - route de nantes - 56860 vannes / séné - 02 97 54 22 74 Midi Auto 56 - Zone du Moustoir - 56950 auray / CraC’h - 02 97 24 01 71


j anv i e r - f év r i e r - m ar s - av r il - m ai - ju i n - ju ill e t - a o û t I MARDI 04/09 I MORBIHAN I

1 Plus d’enseignants pour 136 700 élèves Fin des vacances pour 136 700 élèves, scolarisés dans les 707 établissements, publics et privés, du département. La rentrée 2012 est considérée comme un bon cru. 35 stagiaires renforcent l’effectif des 2 150 enseignants du public. Douze d’entre eux ont été recrutés via un « financement d’urgence » du ministère de l’éducation. Ce plan permet aussi le recrutement de 17 auxiliaires de vie scolaire et 17 assistants de scolarisation supplémentaires chargés d’aider les 3 188 élèves en situation de handicap dans le Morbihan.

SEPTEMBRE - o c to b r e - n ove m b r e - d é ce m b r e I MARDI 18/09 I VANNES I

La Ville rachète l’ex-école de police Le conseil municipal vote pour le rachat de l’ancienne école de police. Les locaux sont laissés vacants depuis deux ans. Le site devrait accueillir, avant fin 2012, la maison des associations, initialement prévue en lieu et place de la fac de droit. Les 23 552 m2 de terrains et de bâtiments pourraient également abriter une crèche, la mission locale, des logements étudiants, les clubs sportifs, etc. Vannes devra rembourser les 5,6 millions d’euros avancés par Vannes agglo.

I MARDI 18/09 I MORBIHAN I I SAMEDI 08/09 I MORBIHAN I

Le braqueur de deux agences postales sous les verrous

La vivacité associative ne se dément pas en Morbihan. Le 8 septembre, une vingtaine de forums associatifs sont organisés partout dans le département. Un rendez-vous incontournable de la rentrée. Plus d’un millier d’associations y sont présentes pour exposer leurs activités et recruter de nouveaux adhérents. 360 d’entre elles tiennent un stand au forum de Vannes, 100 à Pontivy, 68 à Sarzeau… L’occasion de s’inscrire dans un club de sport, de loisirs créatifs, une action humanitaire. L’embarras du choix…

Un homme reconnaît, devant les gendarmes, avoir braqué les bureaux de Poste de Péaule le 17 août et de Rochefort-en-Terre le 25 août. L’auteur présumé des deux braquages se trouve incarcéré depuis le 8 septembre pour des faits similaires commis en Loire-Atlantique, sa région d’origine. Le jeune homme de 24 ans s’était introduit dans les deux agences postales armé et le visage masqué ou dissimulé par une casquette. Il s’était enfui avec un butin de quelques milliers d’euros.

Plus de 1 000 associations font leur forum

I DIMANCHE 09/09 I VANNES I

2 Plus de 6 000 coureurs au semi-marathon Ciel nuageux mais bonne course à l’horizon. Tel est le bilan de la journée pour les coureurs du semi-marathon Auray-Vannes, remporté par le Kenyan Geoffrey Kenesi. Le top départ a sonné en cité alrénne à 14 h. Les derniers athlètes franchissent la ligne d’arrivée, au stade de Kercado aux alentours de 18 h. Les 21,100 km de l’épreuve ont été parcourus par l’équivalent d’une ville imposante. Plus de 6 000 sportifs, hommes, femmes, valides, handicapés, avec sérieux ou avec humour, ont participé sous un ciel menaçant « mais pas trop », commentait-on en terrasse…

I DIMANCHE 23/09 I PLOEREN I

Gilbert Lorho est le nouveau maire

Les habitants choisissent le changement. La liste Ploeren autrement, habituée à siéger côté opposition, remporte les municipales. Gilbert Lorho s'empare du fauteuil de maire, avec 1 333 voix soit 57,36% des suffrages. Il avait été élu conseiller municipal sur la liste de Jean-Gilles Dano en 2008. Son adversaire, Eliane Bronnec, jusqu’alors adjointe à la culture, a, elle, rassemblé 42,64% des voix. Ces élections anticipées ont lieu suite au décès, en mai dernier, de l’édile de gauche Corentin Hily.

I MARDI 25/09 I BRETAGNE I I VENDREDI 14/09 I LORIENT I

Navimo Plastimo repris, 82 emplois détruits 58 emplois maintenus sur les 140 qu’employait Navimo Plastimo à Lorient. En redressement judiciaire depuis le 25 mai, le sort de l’ex-leader européen de l’équipement de plaisance est scellé par le tribunal de commerce. La juridiction lorientaise confie la reprise de Navimo à Alliance Marine, un groupe basé dans le Var. L’offre d’un opérateur chypriote a été repoussée. Celle tentée par quatre cadres de l’entreprise n’a pu aboutir. Navimo Plastimo devrait garder son nom. Elle employait 300 salariés dans le monde.

Procès Erika : les condamnations confirmées La France est compétente pour juger des responsabilités dans le naufrage de l’erika, qui a sombré en-dehors des eaux territoriales françaises en 1999. Voici les conclusions rendues par la cour de cassation. Ainsi, toutes les condamnations prononcées en 2010 sont maintenues. En particulier celle du groupe Total. Les collectivités locales, notamment le département du Morbihan, s’étaient portées parties civiles. Elles avaient obtenu 200,6 millions d'euros de dommages et intérêts. La marée noire provoquée par l’erika avait souillé près de 400 km de côte.

I DIMANCHE 30/09 I LA GACILLY I

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4 Le festival photo laboure la nature et le Brésil

Succès non démenti. Les 29e Journées européennes du patrimoine attirent à nouveau des milliers de visiteurs dans plus de 180 sites ouverts aux curieux en Morbihan, tout le week-end. Le thème de cette édition invitait à la découverte de l’héritage culturel et du patrimoine caché de la région. L’occasion unique de découvrir de nombreux édifices, fermés au public le reste de l’année. En France, plus de douze millions de personnes participent aux milliers de visites organisées pour l’événement.

La Gacilly clôt quatre mois de photos dédiés aux peuples et à la nature. La neuvième édition du festival se veut l’ambassadeur français du sommet Rio + 20, tenu en juin au Brésil. Deux décennies après la rencontre mondiale, les lusophones sont à l’honneur dans la commune morbihannaise. Symbole de l’événement : le cliché de Julio Bittencourt. L’artiste réalise un photomontage de la façade d’un immeuble de vingt-deux étages à São Paulo. L’édifice était devenu l’un des plus grands squats d’Amérique du Sud.

I DIMANCHE 16/09 I MORBIHAN I

Nouveau succès pour les Journées du patrimoine

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Lionel Le Saux

E.T.

Lionel Le Saux

1 D.P.

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LES INÉDITS

Coupe du monde de rugby : Vannes, le plan C

CULURE II VANNES II

Michel Renac

Devenir le « jazz club de référence du grand ouest »

La finale de la Coupe du monde de rugby des moins de 20 ans se jouera au stade de la Rabine. Sauf changement de dernière minute, Vannes accueillera bien les demi-finales et les finales (places 1 à 4) de ce tournoi, qui se déroulera du 1er au 24 juin dans l’ouest de la France. Un concours de circonstances a transformé la cité des Vénètes en capitale mondiale du rugby. Le dernier carré de la compétition internationale devait initialement se tenir à Nantes, au stade de la Beaujoire. Problème : le FC Nantes, concessionnaire de l’enceinte, a accueilli le concert de Johnny Hallyday le 7 juillet dernier. Cet événement a conduit le club à repousser la réfection de sa pelouse à l’été 2013, au moment même où Nantes devait accueillir la finale. Obligée de déménager, la Fédération française de rugby (FFR) a ensuite décidé de mettre le cap au Mans et son nouvel écrin, le MMArena. Patatras, deuxième annulation. L’Automobile club de l’ouest (ACO), organisateur des 24 Heures, a dû avancer d’une semaine la compétition. Contrainte de dégotter un nouveau point de chute, la FFR s’est donc tournée vers la Rabine, qui affichera la plus grande capacité d’accueil, devant Nantes et La Roche-sur-Yon, les deux autres villes hôtes. Pour l’occasion, l’enceinte vannetaise dépassera les 10 000 places assises, via l’installation de tribunes amovibles.

Lionel Le Saux

Les Bleuets face aux Anglais à Vannes en mars 2012.

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elphine Grimont envisage toujours d’installer sa péniche, le Piano-barge, dans le port de Vannes. Prévu au printemps 2013, l’amarrage du prochain bar-restaurant serait le moyen d’assurer la pérennité d’un espace entièrement dédié au jazz. Avec une jauge de 150 places au sous-sol, l’ambition est de « devenir le jazz club de référence du grand ouest », confie l’épouse du skipper arradonnais Damien Grimont. Scènes locale, nationale et internationale. Le trompettiste Alexandre Tassel serait chargé de la programmation. Une jam session –séance d’improvisation– prendrait ses quartiers chaque jeudi soir. Le but est d’occuper une place laissée vide par la Ville. Imaginé à l’Ephémère, fantasmé dans une des salles du futur casino, le jazz club de Vannes prend des airs d’arlésiennes à l’hôtel de ville. Contactée, la municipalité n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Un lieu permanent pour la photo à La Gacilly début 2013

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) lance une étude sur « la création d’emplois par les organisations et les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) et l’entrepreneuriat social ». Et cela dans le cadre de son programme Leed (local economic and employment development). L’OCDE a choisi deux régions dans chaque pays pour collecter ses données. En France, il s’agit de la Bretagne et de la Bourgogne. L’objectif de cette étude est, selon l’ESS Bretagne, « de comprendre les leviers et les mécanismes de création et de maintien d’emplois dans notre secteur. Mais aussi de partager à une échelle internationale le modèle social et économique porté par nos organisations ». L’OCDE souhaite promouvoir les politiques qui améliorent le bien-être économique et social partout dans le monde.

83,7%

Tel est le taux de substitution des médicaments classiques en génériques dans le Morbihan, relevé par la Caisse primaire départementale d’assurance maladie (CPAM) dans le cadre du dispositif « tiers payant contre générique », créé il y a trois mois (lire aussi lemensuel.com). L’économie pour le trou de la sécu représenterait 13 millions d’euros dans le Morbihan. Ce taux de substitution y est en progression constante. Il avoisinait les 75,5% le 30 avril dernier. L’objectif national de ce taux est fixé à 85%. Economie induite au niveau français : 1,4 milliards d’euros.

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Lionel Le Saux

L’OCDE enquête en Bretagne

La neuvième édition du Festival Photo La Gacilly est tout juste achevée que ses organisateurs pensent déjà à donner de nouvelles orientations à l’événement. En tête de liste, un projet de forums, cours, conférences et stages. « Rien n’est encore arrêté », prévient Auguste Coudray, le président de l’événement. L’idée est « d’aller plus loin et de faire de La Gacilly, le territoire de la photographie », poursuit-il. Joël Haliloua, ancien photoreporter et aujourd’hui agent, est également investi dans la réflexion. « Le but est de prendre du recul sur la profession, la technique, et l’histoire du métier, précise l’ex-directeur photo du magazine terre sauvage. Ce projet devra faire interagir amateurs et professionnels. » Selon Joël Haliloua, l’objectif est d’affiner le dessein durant le dernier trimestre 2012, « pour un lancement début 2013 ». Le lieu serait, lui, déjà trouvé. Il s’agirait de la Maison de la photo, propriété du groupe Yves Rocher, inaugurée au printemps dernier dans le centre de La Gacilly.


MÉDIA II MORBIHAN II

Questembert : Albert lâche l’affaire

Ty Télé : Le Télégramme prendra-t-il la télécommande ?

Un marché d’avenir

Ce jour-là aura lieu une audience devant le tribunal de commerce de Lorient. La juridiction étudiera d’abord un plan de continuation présenté par Jean-Luc Nelle, actuel président de Ty Télé, et Demain TV, son actionnaire majoritaire*. Ce plan demande entre autres un moratoire pour régler les dettes de la télé sur huit à dix ans. Une possible reprise de Ty Télé par de nouveaux actionnaires sera également à l’ordre du jour. A l’heure où nous écrivons ces lignes, un seul dossier aurait été déposé : celui du Télégramme. Le groupe de presse n’est pas une bleusaille en matière de télé locale. Il se trouve déjà derrière Tébéo. La chaîne finistérienne, et son audience, connaissent le succès. La reprise de son homologue morbihannaise apparaît donc comme

Archives le mensuel

L

e Télégramme joue la montre. Depuis fin août, le groupe de presse finistérien s’intéresse de très près à la chaîne de télé morbihannaise, Ty Télé. Et pour cause : il pourrait en devenir le futur patron dès mi-octobre (lire Le Mensuel de septembre). Placée en redressement judiciaire le 28 octobre 2011, et sous contrôle d’un mandataire depuis mars dernier, Ty Télé traverse une situation délicate. Elle accumule plus de 450 000 € de dette, sur environ un million d’euros de budget annuel. Un mauvais chiffre que ne corroborent pas les bonnes audiences de la télé, regardée par plus de 200 000 Morbihannais par semaine. Sa mauvaise santé financière est le fruit de la combinaison de plusieurs explications. La chaîne a été sous-capitalisée et certains de ses actionnaires « n’auraient pas joué le jeu », précisait son actuelle directrice Anne Mulligan au Mensuel.com, en novembre 2011. Ty Télé a aussi rencontré des difficultés pour faire face à des coûts de diffusion élevés, liés à la création d’une plateforme régionale de diffusion des télés locales qui n’a jamais vu le jour. « On se retrouve avec une Rolls alors que l’on a besoin d’une Clio », estimait Anne Mulligan. Plan de continuation, rigueur budgétaire, soutiens sans faille des élus locaux (de gauche comme de droite), la jeune télé a résisté, repoussant sa liquidation mois après mois jusqu’à une dernière échéance : le 12 octobre.

logique à l’heure où les télés locales sont amenées à prendre une place centrale dans la vie locale, politique comme institutionnelle. Un marché d’avenir, aux contours économiques fragiles mais qui se joue aujourd’hui. « Sincèrement, nous n’avons pas encore pris notre décision. Nous ne savons toujours pas si nous demanderons à reprendre Ty Télé », relativisait avec une prudence de sioux Olivier Clech, toute fin septembre. Le directeur de Tébéo reconnaît sans détour « avoir travaillé sur ce dossier ». « Mais un certain nombre de conditions ne sont pas réunies pour trancher… Toutefois notre décision est imminente. » Est-il donc trop tôt pour évoquer le projet éditorial que Le Télégramme appliquerait à Ty Télé ? Sans doute… Même si le directeur de Tébéo laisse filtrer quelques grandes orientations. Pas question d’une grande fusion Ty TéléTébéo. Les deux chaînes fonctionneraient main dans la main, mais chacune selon leurs spécificités. « Chaque territoire est unique. Une recette qui fonctionne dans le Finistère n’aura peut-être pas le même effet dans le Morbihan », explique Olivier Clech, avant d’ajouter : « Tébéo ne marchant pas trop mal, il y a par contre certainement des idées intéressantes à y prendre pour Ty Télé. » La ligne éditoriale « tytélienne », axée « hyper proximité » -avec notamment des plateaux chez l’habitant- sera-t-elle conservée ? Difficile à dire fin septembre. Quant aux neuf salariés qui composent actuellement la télé morbihannaise, huit d’entre eux seraient conservés dans le cadre d’un projet de reprise estampillé Le Télégramme. Contre la totalité dans le plan de continuation.

Séisme médiatique au pays de Questembert. Albert Quéré est sur le point de raccrocher. Plus connu sous le nom du blog à Albert, l’ancien correspondant questembertois de ouestFrance tient depuis près de dix ans un journal en ligne sur l’actualité de la commune. Lancé à l’origine pour tenir informés ses enfants « exilés », le cercle d’initiés s’est rapidement élargi. Jusqu’à revendiquer aujourd’hui une fréquentation « de plus de 150 visiteurs uniques par jour ». Le but était de faire émerger « l’actualité » de la commune et de « faire vivre » le pays.

Droit à l’image Cause de l’arrêt programmé, le manque de communication des associations. « Elles ne jouent plus le jeu, regrette le principal intéressé. Les gens ne pensent plus à promouvoir leurs événements. Ça ne m’amuse plus. Ce blog va mourir à petit feu. » Autre difficulté, certains habitants n’ont pas hésité à faire valoir leur droit à l’image. Un parent a notamment refusé de voir la photo de ses enfants en ligne. « Il y a des rares fois où l’on m’a demandé de supprimer des images, admet Albert Quéré. Je l’ai toujours fait. » A l’entendre, ces quelques chahuts n’ont pourtant pas incité l’homme à tirer sa révérence. Parfois taxé de « proPaboeuf », le maire de Questembert, le blogueur nie en bloc. « Absolument pas, coupe Albert Quéré. J’ai des bonnes relations avec lui mais ça n’allait pas plus loin. » Ce même Paul Paboeuf reconnaît le caractère « pas toujours docile » du sexagénaire. Pour l’édile, la commune perd un « facteur de lien et de communication, une vraie plume ». Des messages de soutien commencent à affluer pour maintenir le blog en vie.

*Scrib, société éditrice du Mensuel du Golfe du Morbihan, possède 2% des actions de Ty Télé.

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Les acheteurs vont pouvoir fixer les prix.

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le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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IMMOBILIER

C’EST LE MOMENT D’ACHETER ! Photos Lionel Le Saux lionel.lesaux@lemensuel.com

Les stocks des agences immobilières et des cabinets notariaux débordent. De maisons anciennes surtout. Le nombre des transactions a largement chuté depuis le début de l’année sur le marché de l’immobilier morbihannais. A tel point que certains territoires enregistrent déjà une baisse de prix. Ce qui permet désormais aux acheteurs de les fixer… sous réserve qu’ils aient de quoi investir.

Sur le marché de l’immobilier en Morbihan, le changement, c’est maintenant. Les vendeurs n’ont plus les clés de la négociation en mains. Les acheteurs deviennent rois. A présent, ils peuvent fixer –en partie– les prix, dont l’envolée ne semble plus envisagée. Au contraire, puisqu’une baisse de ces derniers apparaît même sur les relevés effectués par le mensuel en vitrines des agences et sur les ventes actées par les notaires (voir tableaux pages suivantes). Les agences immobilières « rentrent » actuellement près d’une maison à commercialiser par jour. Dans le même temps, le volume des transactions continue de baisser. Conséquences : les stocks de biens apparaissent archipleins. « On n’a jamais eu autant de maisons à vendre, confirme Me Xavier Chabran, notaire à Vannes. Notre négociatrice compte dix à quinze visites de biens par semaine pour une éventuelle prise de man-

dat. » « Cela va forcément engendrer une chute des prix », assure de son côté un agent immobilier de Ploërmel. Le marché pourra, selon lui, redevenir fluide si les biens sont mis en vente au juste prix. Ce qui ne se traduira pas par un effondrement pour autant. « Les prix vont simplement se réajuster », explique Marie-Pierre Kerembellec, directrice de l’Agence départementale d’information sur le logement (Adil 56). Les appartements anciens viennent de retrouver leur « prix normal » à Vannes, complète Me Chabran. Problème : les vendeurs, notamment de maisons, ont du mal à répercuter cette évolution sur le prix de leur bien. Le marché évolue plus vite que les mentalités. Les montants des transactions ont atteint des sommets en 2006 et 2007. Une première chute a été enregistrée en 2009 avant une nouvelle poussée en 2011. « Cette année, les prix vont s’affaiblir », assure cet agent immobilier d’Arzon. Une maison mise en vente à 400 000 € en 2006 ne pourrait pas dépasser les 350 000 € aujourd’hui. Une autre, construite il y a cinq ans à Belz, ne peut pas plus espérer de plus-value.

Négociations ouvertes Difficile pour les mandataires de faire passer le message auprès des propriétaires. D’autant que les futurs acquéreurs n’hésitent plus « à négocier d’emblée 10% et à tenter les 20% quitte à échouer », note Me Chabran. Le temps joue en faveur des acheteurs. « Hormis sur le littoral, les vendeurs dont le bien ne trouve pas preneur depuis deux ans commencent à être pressés de faire affaire », assure Gwénaëlle François, agent immobilier à Belz et vice-présidente déléguée de la Fédération nationale des agences immobilières de Bretagne (Fnaim). Ils ont espéré, attendu, en vain. Ils prennent maintenant conscience du marché et se résignent à s’asseoir à la table

« A 150 000 €, les maisons trouvent encore acquéreurs. Pas à 200 000 € » Un professionnel de l'immobilier

le mensuel/octobre 2012

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IMMOBILIER / Les chiffres LES PRIX DU MARCHÉ 2012 ÉVOLUTION DES PRIX DE L'IMMOBILIER EN MORBIHAN Types de biens

Évolution sur 1 an

Évolution sur 5 ans

Évolution sur 10 ans

Appartements anciens

+ 5,8%

+ 6%

+ 94,4%

Appartements neufs

+ 2,4%

+ 16,1%

+ 83%

Maisons anciennes

+ 9,7%

+ 6,3%

+ 98%

Terrrains à bâtir

+ 7,8%

+ 20,9%

+ 111,9%

1 à 3 pièces

4 pièces

5 pièces

6 pièces et +

Ensemble

20,5% 111 918 € 94 000 € 66 m² 1 760 m² 1 à 3 pièces

19,1% 169 895 € 154 000 € 90 m² 1 233 m² 4 pièces

25,4% 207 610 € 185 000 € 106 m² 1 341 m² 5 pièces

34,9% 261 933 € 225 000 € 132 m² 1 818 m² 6 pièces et +

9,7% 198 905 € 174 065 € 104 m² 1 581 m² Ensemble

6,7% 193 967 € 191 250 € 73 m² 190 m²

30,3% 223 133 € 203 679 € 95 m² 272 m²

42,7% 271 644 € 244 000 € 98 m² 494 m²

20,2% 329 056 € 307 608 € 130 m² 821 m²

9,2% 263 302 € 229 000 € 101 m² 472 m²

TERRAINS À BÂTIR MORBIHAN ventes prix / m² moyen prix moyen prix médian surface de terrain

Source : Conseil régional des notaires de Bretagne

QUI ACHÈTE SUR LE LITTORAL? EN 2012

APPARTEMENTS ANCIENS MORBIHAN ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable APPARTEMENTS NEUFS MORBIHAN ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable

Bretagne / 61% Ile-de-France / 16% Reste France / 21% Étranger / 7%

50 à 59 ans / 26% 40 à 49 ans / 23% 70 ans et + / 6% - 30 ans / 5% 30 à 39 ans / 15% 60 à 69 ans / 24%

=

Source : Conseil régional des notaires de Bretagne

La côte morbihannaise n'enregistre aucune forme de désamour. Le golfe du Morbihan et la baie de Quiberon restent les secteurs privilégiés des Franciliens. Ils représentent 22% des acquéreurs tous types de biens confondus : 20% pour les appartements anciens, 27% pour les maisons anciennes et 14% pour les terrains, selon les notaires.

des négociations. Certaines agences immobilières affichent des signes avant-coureurs : des « prix en baisse » viennent déjà s’agrafer sur leurs annonces. Reste à trouver des acquéreurs. Ils manquent de budget et restent « effrayés » par les conséquences de la crise. Marie-Pierre Kerembellec confirme la faible fréquentation de l’Adil. « Nous constatons un ralentissement des demandes d’examen de financement. En 2012, nous n’atteindrons pas les 900 études faites en 2011. L’incertitude de l’emploi guide les achats. » Les budgets dits modestes souffrent le plus de la situation, selon les professionnels de l’immobilier. Les propriétés néo-bretonnes à rafraîchir comme les maisons de lotissement ne s’arrachent plus. « A 150 000 €, elles trouvent encore acquéreur, à 180 000 voire 200 000 €, c’est déjà plus compliqué, assure

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MAISONS ANCIENNES MORBIHAN ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain MAISONS NEUVES MORBIHAN ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain

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En lotissement

Ensemble

65,3% 69 € 73 872 € 60 000 € 1071 m²

34,7% 91 € 63 799 € 50 749 € 700 m²

7,8% 75 € 70 374 € 57 220 € 942 m²

Studios

2 pièces

3 pièces

14,0% 3 168 € 2 841 € 82 885 € 26 m² Studios

32,5% 33,3% 2 765 € 2 438 € 2 495 € 2 250 € 111 905 € 144 158 € 40 m² 59 m² 2 pièces 3 pièces

3,2% 47,6% 43,1% 3 932 € 3 083 € 2 938 € 3 773 € 2 975 € 2 763 € 121 113 € 129 743 € 181 961 € 31 m² 42 m² 62 m²

4 pièces

5 pièces et + Ensemble

13,6% 6,6% 5,8% 2 046 € 1 935 € 2 427 € 1 797 € 1 683 € 2 287 € 157 652 € 190 153 € 130 055 € 77 m² 98 m² 54 m² 4 pièces 5 pièces et + Ensemble 5,1% 3 183 € 2 885 € 254 743 € 80 m²

1,0%

2,4% 3 036 € 2 887 € 159 960 € 53 m²

Source : conseil régional des notaires de Bretagne, prix des actes enregistrés entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012 Le baromètre

=

Evolution entre les prix moyens de vente actés du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011 et ceux actés du 1er avril 2011 au 31 mars 2012.

ce professionnel. Certains sont mêmes prêts à oublier le rêve de la maison avec du terrain pour un appartement en rez-de-jardin proche de toutes commodités. » La suppression du prêt à taux zéro (PTZ+) pour l’achat d’un bien immobilier dans l’ancien y est pour quelque chose. Il équivalait à un apport personnel pour les primo-accédants. « Les conséquences ont été lourdes sur le marché, notamment au nord de la RN 165 », confirme Gwénaëlle François de la Fnaim. La ministre du logement Cécile Duflot a annoncé, le 18 septembre, réfléchir au retour du PTZ dans l’ancien. S’il venait à être rétabli, il pourrait revigorer le marché morbihannais en facilitant l’accession à la propriété aux revenus modestes. Les difficultés rencontrées par ces primoaccédants pour l’obtention d’un prêt bancaire avaient fini, début 2012, par en décourager plus

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

Hors lotissement

d’un. Marie-Pierre Kerembellec pondère. « Ce ne sont pas les taux d’intérêts, extrêmement bas actuellement (3,40% en 2012 contre 4,5% en 2011, nDlR) qui bloquent les ménages mais bien leur capacité à rembourser. » A l’inverse, les acheteurs fortunés continuent de maintenir des prix élevés sur le marché des résidences secondaires. Ce secteur a pourtant pris une gifle cette année. « De nombreuses ventes se sont faites cet hiver », détaille le Vannetais Xavier Chabran, représentant des notaires en Morbihan. « Le marché s’est depuis retendu. » L’apparition de la loi, en février, sur la plus-value immobilière a freiné plus d’un propriétaire à mettre en vente son bien (lire p.20). Ils préfèrent conserver plus longtemps leur villa de luxe, dans l’espoir de voir prochainement se dessiner de nouvelles règles en matière de fiscalité. E.B.M.


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IMMOBILIER / Pays de Vannes

VANNES

LA BAISSE DES PRIX RAPATRIE LES JEUNES

Le micromarché des appartements à colombages reste réservé aux acquéreurs aisés.

Les primo-accédants profitent de la baisse des prix dans l’ancien pour revenir vers le centre-ville de Vannes.

L

es professionnels de l’immobilier s’accordent tous sur un point, ça baisse à Vannes. Pas un effondrement, mais une correction « normale ». « On assiste à une rationalisation des prix, explique Charlotte Germain à Avis Immobilier. Les acquéreurs n’achètent plus tout et n’importe quoi à Vannes. » Même tendance observée par Philippe Masson, de 4% Immobilier : « On a des appartements T3 au prix des T2 il y a quatre ans. » Nous n'en serions qu’aux prémices. Si le prix diminue, les acquisitions ne sont pas pour autant légion. La faute à des propriétaires

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un tantinet gourmands. « Quand le marché est déprimé, la variable d’ajustement reste le prix, précise Antoine Bonnet, de l’agence éponyme. Les vendeurs mettent du temps à s’en rendre compte. Les délais des transactions se sont considérablement allongés. » Avec plus de biens en circulation et moins d’acquisitions, le tube de l’automne se nomme la négociation. Les acheteurs n’hésitent pas à être plus exigeants du fait d’un marché plus fourni en offres. Des rabais de 10% à 15% deviennent aujourd’hui la norme. « Ça négocie beaucoup, note Philippe Masson. On a vendu une maison dans Vannes-nord à 200 000 € au lieu des 230 000 € du prix de départ.

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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Ce n’était pas aussi prononcé auparavant. » Toujours selon Philippe Masson, les taux d’intérêts n’ont jamais été aussi bas. « Je ne vois pas comment ils ne réaugmenteraient pas. » Traduction : ça ne va pas durer. Moralité : c’est le moment d’acheter. Les primo-accédants -jeunes familles, couples sans enfant au salaire intermédiaire- l’ont bien compris. La demande pour les appartements et maisons de moins de 200 000 € s’est considérablement accrue depuis le premier semestre 2012 à Vannes. « Le marché est devenu très sélectif, poursuit le responsable vannetais de 4% Immobilier. Si un jeune se positionne sur un produit bien placé, il ne faut pas

« A Vannes aujourd’hui, le T3 est au prix du T2 il y a quatre ans » Philippe Masson, 4% Immobilier


MAISONS ANCIENNES PAYS DE VANNES ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain PLESCOP ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain PLOEREN ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain SAINTAVÉ ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain THEIX ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain VANNES ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain GAREHOPITALROUTE DE NANTESROUTE DE RENNES ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain GOLFE ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain

=

1 à 3 pièces

4 pièces

5 pièces

6 pièces et +

Ensemble

12,8% 140 752 € 126 500 € 75 m² 2 943 m²

20,0% 166 690 € 165 000 € 92 m² 1 211 m²

22,8% 204 381 € 192 950 € 111 m² 1 287 m²

44,4% 224 781 € 220 000 € 129 m² 1 497 m²

7,2% 197 352 € 185 000 € 110 m² 1 613 m²

17,2% 222 940 € 180 200 € 66 m² 11 755 m²

13,8%

34,5% 181 710 € 190 000 € 97 m² 773 m²

34,5% 226 060 € 230 800 € 127 m² 706 m²

19,0%

9,5%

14,3%

57,1% 215 804 € 137 656 € 127 m² 571 m²

222 780 € 216 500 € 116 m² 761 m²

56,7% 295 687 € 292 500 € 139 m² 946 m²

3,7% 253 505 € 248 000 € 117 m² 759 m²

56,0% 241 736 € 242 000 € 126 m² 1 299 m²

8,5% 219 452 € 230 000 € 112 m² 1 881 m²

3,3%

206 261 € 200 000 € 99 m² 2 502 m²

26,7% 199 875 € 182 500 € 95 m² 573 m²

13,3%

24,0% 167 333 € 167 500 € 92 m² 1 154 m²

16,0%

6,7% 205 167 € 235 000 € 66 m² 618 m²

20,2% 225 822 € 187 500 € 94 m² 402 m²

28,1% 233 212 € 210 000 € 113 m² 528 m²

44,9% 377 740 € 363 000 € 136 m² 703 m²

4,5% 289 588 € 260 000 € 116 m² 572 m²

5,6%

27,8% 167 000 € 145 000 € 103 m² 489 m²

33,3% 208 333 € 212 500 € 113 m² 521 m²

33,3% 292 244 € 295 000 € 132 m² 573 m²

17,0% 234 294 € 217 500 € 113 m² 588 m²

12,1%

24,2% 304 538 € 297 500 € 120 m² 440 m²

54,5% 384 416 € 395 000 € 127 m² 885 m²

11,9% 338 151 € 315 000 € 118 m² 690 m²

4,0%

9,1%

hésiter. C’est la période pour se lancer. » Comme le prix des appartements anciens baisse à Vannes, les primo-accédants ne rechignent pas à revenir en centre-ville. Ecoles, commerces, transports à proximité… Le Vannes « city town » réunit tous les critères espérés. Ce mouvement du retour des jeunes vers le centre a été influencé par plusieurs facteurs. En haut de la liste se trouve le budget carburant. Le niveau toujours plus élevé de l’or noir pousse à la réduction des trajets. Ça ne fait que commencer. Autre raison invoquée : l’augmentation du prix de l’énergie. Par définition, un appartement coûte moins cher à chauffer qu’une maison. « L’exil sur des communes comme Pluvigner ou Monterblanc s’estompe, analyse Antoine Bonnet. On assiste à un resserrement des prix entre le centre et la périphérie. » Au nord de Vannes, des maisons cinq pièces à rénover s’acquièrent aujourd’hui à moins de 200 000 €. Le processus pourrait s’accentuer. A.L.

Source : conseil régional des notaires de Bretagne, prix des actes enregistrés entre le er 1 avril 2011 et le 31 mars 2012 Le baromètre

=

Evolution entre les prix moyens de vente actés du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011 et ceux actés du 1er avril 2011 au 31 mars 2012.

LES PRIX DU MARCHÉ 2012 TERRAINS À BÂTIR PAYS DE VANNES ventes prix / m² moyen prix moyen prix médian surface de terrain VANNES ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain APPARTEMENTS ANCIENS VANNES ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable GAREHOPITALROUTE DE NANTESROUTE DE RENNES ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable CENTRE VILLE ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable GOLFE ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable QUARTIER DES CLINIQUES ROUTE D'AURAY ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable APPARTEMENTS NEUFS PAYS DE VANNES ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable

Hors lotissement

En lotissement

Ensemble

51,9% 87 € 72 876 € 65 000 € 841 m²

48,1% 97 € 60 949 € 52 600 € 627 m²

9,4% 91 € 67 143 € 60 000 € 738 m²

45,5% 152 € 163 250 € 157 500 € 1074 m²

54,5% 211 € 112 394 € 97 651 € 534 m²

-14,8% 174 € 135 510 € 101 819 € 779 m²

Studios

2 pièces

3 pièces

4 pièces

19,4% 2 261 € 2 207 € 59 497 € 26 m²

32,7% 2 164 € 2 243 € 92 006 € 43 m²

30,2% 2 325 € 2 286 € 135 824 € 58 m²

11,3% 2 426 € 2 301 € 196 837 € 81 m²

6,5% 2 198 € 2 161 € 210 450 € 96 m²

14,8%

44,4% 2 023 € 2 304 € 87 650 € 43 m²

29,6% 2 243 € 2 080 € 131 200 € 58 m²

3,7%

7,4%

26,3% 2 414 € 2 316 € 63 950 € 26 m²

21,3% 2 048 € 1 979 € 79 265 € 39 m²

32,5% 2 431 € 2 395 € 142 377 € 59 m²

16,3% 2 627 € 2 468 € 209 934 € 80 m²

3,8%

5,6% 2 422 € 2 250 € 125 698 € 52 m²

24,6% 2 194 € 2 105 € 58 557 € 27 m²

31,1% 27,9% 2 251 € 2 286 € 2 263 € 2 286 € 102 732 € 132 829 € 46 m² 58 m²

8,2% 2 512 € 2 566 € 207 000 € 82 m²

8,2% 2 025 € 1 881 € 202 800 € 100 m²

2,5% 2 253 € 2 217 € 117 006 € 52 m²

43,4% 2 216 € 2 301 € 93 978 € 42 m² 2 pièces

10,5% 6,6% 8,6% 2 157 € 2 231 € 2 225 € 1 996 € 2 063 € 2 232 € 177 163 € 203 020 € 117 491 € 82 m² 91 m² 53 m² 4 pièces 5 pièces et + Ensemble

=

5 pièces et + Ensemble 4,3% 2 275 € 2 249 € 118 851 € 52 m²

2 153 € 2 294 € 105 568 € 49 m²

= 10,5% 1 949 € 1 920 € 51 950 € 27 m² Studios

=

1,2%

28,9% 2 340 € 2 290 € 135 842 € 58 m² 3 pièces

57,3% 40,2% 2 899 € 2 674 € 2 935 € 2 704 € 124 491 € 160 387 € 43 m² 60 m²

1,2%

-

8,8% 2 782 € 2 796 € 139 936 € 50 m²

NOS RELEVÉS DE PRIX / septembre 2012 VANNES

SAINT-AVÉ

PLESCOP

APPARTEMENT ANCIEN T3 148 692 €

APPARTEMENT ANCIEN T3 132 000 €

APPARTEMENT ANCIEN T3 NC

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 334 000 €

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 298 900 €

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 281 500 €

CENTRE

Moyenne de prix affichés en vitrine par les agences immobilières pour ce type de bien rénové et en très bon état. Frais de négociation inclus.

le mensuel/octobre 2012

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IMMOBILIER / Pays d'Auray

CARNAC

LE PARADIS DE LA RÉSIDENCE SECONDAIRE

Le prix des appartements anciens sur Carnac, prisés par les résidents secondaires, tend à baisser.

Elle demeure la place to be de la baie de Quiberon. Le marché immobilier de Carnac continue de filer le grand amour avec les résidences secondaires.

L

e paradis de la résidence secondaire se nomme Carnac, en baie de Quiberon. Près de 75% du parc résidentiel de la commune sont concernés. Alors oui, les prix de l’immobilier affichent une stabilisation depuis un an, en particulier les appartements anciens (voir ci-contre). Cependant le marché reste soutenu. « En termes de résidences secondaires, Carnac demeure très demandée », constate-t-on à l’agence Avis. Les ventes apparaissent « un peu molles », selon Armor immobilier. Mais loin d’être touchées aussi durement par la crise que d’autres territoires. « Les prix des résidences secondaires sont revenus à un niveau qu’ils

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n’auraient jamais dû quitter », ajoute cet agent de Guy Hoquet. Ce dernier fait référence à l’envolée des prix que tout le littoral a connue entre 2004 et 2008. Problème : nombre de vendeurs n’ont pas encore accepté la fin de cet Eldorado. « Les convaincre de vendre selon des tarifs en adéquation avec le marché n’est pas toujours facile », déplore-t-on à Guy Hoquet. Selon cette agence, une baisse du prix affiché de 10% à 15% suffit pourtant à conclure une affaire rapidement. Sans avoir un bien dans son portefeuille qui prend la poussière… D’autant plus qu’acquéreur n’est plus synonyme de rêveur en 2012. Au courant des prix en vigueur, les acheteurs ne facilitent pas la tâche aux vendeurs. Ces particuliers ont un budget et enten-

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

dent s’y tenir. « En moyenne, ils comptent entre 300 000 et 400 000 € pour l’achat d’une maison et 200 000 € pour un appartement », précise l’agence Guy Hoquet. A ces montants-là, parfois forts éloignés des chiffres étalés derrière les vitrines (voir ci-contre), nombre de vendeurs préfèrent patienter –quand leurs moyens financiers le permettent– quitte à mettre leur bien « en jachère ». Selon le conseil régional des notaires, une tendance lourde se dessine en 2012. A défaut de vendre leur résidence secondaire bretonne au prix souhaité, des propriétaires se mettent à la louer en haute saison. A l’instar de ce qui se pratique dans le sud de la France. Combien d’entre eux choisissent cette solution ? Difficile à dire sans donnée officielle.

« Une baisse du prix de 10% à 15% suffit à conclure une affaire rapidement »

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Une agence immobilière de Carnac


LES PRIX DU MARCHÉ 2012 MAISONS ANCIENNES PAYS D'AURAY* ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain AURAY ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain CARNAC ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain QUIBERON ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain SAINTPIERREQUIBERON ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain LA TRINITÉSURMER ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain

=

TERRAINS À BÂTIR PAYS D'AURAY* ventes prix / m² moyen prix moyen prix médian surface de terrain

1 à 3 pièces

4 pièces

5 pièces

6 pièces et +

Ensemble

19,3% 145 866 € 135 000 € 71 m² 3 075 m²

18,8% 169 389 € 162 500 € 91 m² 853 m²

23,8% 222 578 € 195 000 € 108 m² 1 433 m²

38,1% 237 444 € 220 000 € 131 m² 1 548 m²

7,4% 201 812 € 185 000 € 106 m² 1 693 m²

10,5%

18,4% 223 571 € 190 000 € 98 m² 454 m²

31,6% 251 483 € 207 500 € 104 m² 578 m²

39,5% 239 486 € 235 000 € 130 m² 677 m²

7,4% 235 345 € 207 800 € 112 m² 564 m²

19,4% 194 577 € 171 000 € 59 m² 300 m²

16,4% 366 591 € 350 000 € 105 m² 453 m²

20,9% 423 059 € 437 500 € 107 m² 928 m²

43,3% 477 628 € 458 000 € 139 m² 954 m²

2,1% 388 177 € 369 100 € 111 m² 742 m²

17,9% 225 300 € 210 000 € 57 m² 303 m²

17,9% 304 222 € 307 260 € 77 m² 418 m²

33,9% 293 863 € 265 000 € 103 m² 391 m²

30,4% 452 197 € 390 000 € 142 m² 1 156 m²

15,4% 331 535 € 300 850 € 102 m² 612 m²

26,8% 180 466 € 181 000 € 49 m² 244 m²

24,4% 307 576 € 237 500 € 96 m² 696 m²

24,4% 293 806 € 287 500 € 92 m² 378 m²

24,4% 344 190 € 300 000 € 129 m² 721 m²

278 860 € 249 000 € 91 m² 508 m²

11,1%

18,5% 361 000 € 340 000 € 95 m² 340 m²

14,8%

55,6% 638 600 € 580 000 € 151 m² 1 319 m²

533 757 € 501 000 € 127 m² 1 121 m²

Hors lotissement

En lotissement

Ensemble

72,8% 73 € 76 451 € 66 000 € 1053 m²

27,2% 107 € 71 583 € 69 285 € 670 m²

25,0% 79 € 75 127 € 67 300 € 949 m²

Reste le ressenti des agents immobiliers. « Ils sont tout de même nombreux à Carnac », note cet agent qui voit des particuliers faire ce choix « deux à trois fois par mois ». En optant pour la location, ces propriétaires attendent des jours meilleurs. Des jours où les prix reprendront leur insolente ascension d’il y a moins de cinq ans. « C’est une mauvaise solution », vilipende-t-on à l’agence Avis. « Une telle période n’est pas près de revenir. Ni à court, ni à moyen terme. » Surtout que les acquéreurs, eux, n’attendront pas pour investir dans une résidence secondaire. La preuve ? Un bien vient à manquer dans le catalogue des agences : l’appartement. Si le petit studio de 20-25 m² n’a pas la cote et reste souvent sur les bras des vendeurs, les T2-T3-T4 partent comme des petits pains, selon les agences contactées. Et la baisse du niveau de vente de 1,4% constatée par le Conseil régional des notaires ? « Pas significative » pour les professionnels. « Le seul problème qu’on a avec les appartements, c’est qu’on en manque. »

APPARTEMENTS ANCIENS PAYS D'AURAY* ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable AURAY ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable CARNAC ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable QUIBERON ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable APPARTEMENTS NEUFS PAYS D'AURAY* ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable AURAY ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable CARNAC ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable

Studios

2 pièces

3 pièces

4 pièces

10,2% 2 280 € 2 126 € 57 376 € 25 m²

33,9% 2 274 € 2 286 € 85 267 € 38 m²

33,9% 2 233 € 2 357 € 157 794 € 71 m²

16,9% 2 142 € 1 962 € 165 624 € 77 m²

5,1%

6,7% 2 193 € 2 194 € 121 110 € 55 m²

9,6% 2 177 € 2 075 € 54 851 € 25 m²

30,8% 2 380 € 2 286 € 89 396 € 38 m²

34,6% 2 294 € 2 404 € 167 104 € 73 m²

19,2% 2 142 € 1 962 € 165 624 € 77 m²

5,8%

5,9% 2 229 € 2 208 € 127 680 € 57 m²

20,5% 39,7% 30,1% 5 374 € 4 545 € 4 806 € 5 000 € 4 797 € 4 856 € 128 979 € 163 164 € 269 741 € 24 m² 36 m² 56 m²

5,5%

4,1%

-1,4% 4 544 € 4 792 € 197 136 € 43 m²

32,3% 30,8% 30,8% 4 320 € 4 269 € 3 752 € 4 371 € 4 211 € 3 798 € 125 279 € 170 599 € 204 830 € 29 m² 40 m² 55 m² Studios 2 pièces 3 pièces

4,6%

1,5%

4 pièces

5 pièces et + Ensemble

2,4% 4 057 € 4 200 € 174 561 € 43 m² 5 pièces et + Ensemble

8,3%

33,3% 37,5% 3 148 € 2 732 € 3 508 € 2 803 € 125 927 € 180 575 € 40 m² 66 m²

16,7%

4,2%

3,0% 3 011 € 3 097 € 176 261 € 59 m²

8,7%

34,8% 34,8% 3 148 € 2 806 € 3 508 € 2 820 € 125 927 € 187 272 € 40 m² 67 m²

17,4%

4,3%

0,6% 3 053 € 3 192 € 178 403 € 58 m²

6,9%

31,0% 55,2% 3 677 € 3 394 € 3 543 € 3 434 € 156 172 € 206 248 € 42 m² 61 m²

3,4%

3,4% 3 557 € 3 473 € 193 828 € 54 m²

Source : conseil régional des notaires de Bretagne, prix des actes enregistrés entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012 - *Ces chiffres n'intègrent pas la baie de Quiberon. Le baromètre

=

Evolution entre les prix moyens de vente actés du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011 et ceux actés du 1er avril 2011 au 31 mars 2012.

NOS RELEVÉS DE PRIX / septembre 2012 AURAY

CARNAC

QUIBERON

APPARTEMENT ANCIEN T3 156 000 €

APPARTEMENT ANCIEN T3 234 000 €

APPARTEMENT ANCIEN T3 239 000 €

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 270 000 €

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 363 000 €

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 416 000 €

Moyenne de prix affichés en vitrine par les agences immobilières pour ce type de bien rénové et en très bon état. Frais de négociation inclus.

le mensuel/octobre 2012

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19


IMMOBILIER / Presqu'île de Rhuys

ARZON

UN MARCHÉ PARALYSÉ

Seules les maisons d’exception, avec une excellente situation, tirent leur épingle du jeu.

Business en berne à Arzon. Les prix des maisons anciennes de moyenne gamme ont baissé. Le budget des acheteurs aussi. Le marché tourne au ralenti. Seules les villas de luxe ne connaissent pas la crise.

L

es acheteurs ne se pressent pas aux portes des agences immobilières d’Arzon. Leurs murs sont pourtant couverts d’annonces. Un négociateur, présent depuis plus de quinze ans sur le port du Crouesty, confirme la baisse de fréquentation. Et surtout celle des transactions. « Nous enregistrons un ralentissement dans la vente de nos maisons anciennes depuis février », constate-t-il, morose. Les futurs propriétaires n’achètent plus à l’aveugle sur un coup de cœur comme ce fut le cas en 2011. « Ils deviennent

20

attentifs, complète Me Dupuy, notaire sur Rhuys depuis 1996. Face à des problèmes de trésorerie, les acquéreurs tentent de faire glisser les prix vers le bas. » Sur cette commune composée à plus de 80% de résidents secondaires, cela semble fonctionner sur certains biens de moyenne gamme. Les prix de l’immobilier sont pourtant repartis à la hausse sur le littoral morbihannais fin 2011. Arzon, elle, échappe à la règle. Elle reste très prisée des Franciliens, des Rennais et d’autres Nantais. Le prix de vente de ses maisons anciennes enregistre pourtant une baisse de près de 10% fin 2011 et début 2012. La réforme de la loi sur la plus-value immobilière n’y est pas étrangère. Nombreux sont les propriétaires de résidences secondaires à s’être séparés de leurs biens entre juillet 2011 et janvier 2012. Depuis février, la plus-value réa-

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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lisée sur le prix de vente d’un bien par rapport à son prix d’achat ne peut être exonérée d’impôt qu’après une durée de détention d’au moins trente ans, contre quinze ans jusqu’à présent. « De bonnes affaires ont été faites cet hiver », constate un agent immobilier. Depuis, le marché tourne au ralenti. Dans le secteur de l’immobilier de loisirs, les vendeurs, aisés, préfèrent prendre leur temps. Les acheteurs, aux budgets « de plus en plus modestes », aussi. Sébastien possède une maison de pêcheur mitoyenne de cinq pièces, d’une surface de 100 m2, près du moulin de Pen Castel. Son annonce postée sur un site Internet de vente entre particuliers est mise à prix à 350 000 €. Hors de question pour le vendeur de baisser son offre malgré les demandes. « Cela fait presque deux ans qu’elle est en vente, explique-t-il. Tant pis. Je

10% de baisse sur les prix des maisons anciennes


LES PRIX DU MARCHÉ 2012 MAISONS ANCIENNES LITTORAL EST ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain LE GOLFE * ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain ARZON ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain SAINTGILDASDERHUYS ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain SARZEAU ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain MAISONS NEUVES LE GOLFE * ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain

1 à 3 pièces

4 pièces

5 pièces

6 pièces et +

Ensemble

17,6% 139 009 € 147 500 € 61 m² 549 m²

29,4% 191 392 € 193 500 € 84 m² 752 m²

24,5% 233 455 € 212 000 € 103 m² 851 m²

28,4% 302 207 € 295 000 € 144 m² 1 264 m²

3,4% 222 531 € 205 000 € 102 m² 886 m²

19,9% 190 519 € 170 000 € 56 m² 588 m²

17,9% 271 323 € 238 500 € 86 m² 718 m²

24,2% 326 937 € 298 000 € 103 m² 816 m²

38,0% 433 014 € 373 000 € 138 m² 1 248 m²

6,2% 330 356 € 283 000 € 104 m² 931 m²

14,7% 295 100 € 200 000 € 45 m² 615 m²

20,6% 271 000 € 283 000 € 92 m² 451 m²

29,4% 357 300 € 347 500 € 103 m² 433 m²

35,3% 459 333 € 420 000 € 119 m² 669 m²

381 765 € 310 000 € 98 m² 562 m²

9,8% 194 000 € 190 000 € 58 m² 465 m²

9,8% 240 000 € 260 000 € 66 m² 850 m²

25,5% 292 923 € 280 000 € 106 m² 655 m²

54,9% 426 029 € 360 000 € 146 m² 873 m²

12,2% 348 015 € 282 500 € 120 m² 769 m²

16,4% 169 743 € 168 950 € 53 m² 305 m² 1 à 3 pièces

20,5% 215 394 € 220 000 € 75 m² 808 m² 4 pièces

28,7% 280 681 € 245 000 € 97 m² 902 m² 5 pièces

34,4% 382 575 € 351 750 € 127 m² 1 073 m² 6 pièces et +

2,9% 281 610 € 242 500 € 96 m² 859 m² Ensemble

8,0%

40,0% 257 931 € 197 000 € 90 m² 275 m²

36,0% 362 687 € 316 000 € 88 m² 410 m²

16,0%

6,5% 314 280 € 310 000 € 88 m² 323 m²

=

=

*Chiffres classés dans la catégorie golfe et baie de Quiberon

ne veux pas la laisser partir à bas prix. » Même son de cloche chez Valérie, propriétaire d’un appartement de trois-pièces près des remparts de Kerjouanno. « Nous ne sommes pas pressés de vendre. » Peu de mutations dans les biens de moyenne gamme, des acheteurs frileux, des mandats plein les agences. Cette morosité ambiante ne gagne pas le marché du luxe. Les produits haut de gamme ne connaissent pas la crise. « Les écarts se creusent entre très riches et très pauvres, note Marc Dupuy. La clientèle habituelle des biens d’exception reste prête à acheter une villa zéro défaut à 1,5 million d’euros sans négocier. » Les vitrines des agences immobilières regorgent d’annonces de maisons anciennes en vente entre 250 000 € à 400 000 €. Elles manquent « cruellement », au goût des professionnels, de produits exceptionnels. Ils permettraient de satisfaire une clientèle privilégiée. Et aux agences de se refaire une santé. E.B.M.

TERRAINS À BÂTIR LITTORAL EST ventes prix / m² moyen prix moyen prix médian surface de terrain LE GOLFE * ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain APPARTEMENTS ANCIENS LE GOLFE * ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable ARZON ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable SARZEAU ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable APPARTEMENTS NEUFS LE GOLFE * ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable SARZEAU ventes prix / m² moyen prix / m² médian prix moyen surface habitable

Hors lotissement

En lotissement

Ensemble

61,8% 98 € 77 535 € 70 000 € 791 m²

38,2% 197 € 115 501 € 116 880 € 587 m²

18,1% 129 € 92 052 € 96 143 € 713 m²

74,0% 165 € 121 679 € 116 000 € 739 m²

26,0% 165 € 126 824 € 120 000 € 768 m²

-3,4% 165 € 123 019 € 117 170 € 746 m²

Studios

3 pièces

4 pièces

20,8% 42,3% 29,0% 4 340 € 4 054 € 3 723 € 4 221 € 4 119 € 3 431 € 113 454 € 145 977 € 200 830 € 26 m² 36 m² 54 m²

5,5% 3 718 € 3 425 € 255 665 € 69 m²

2,3% 4 113 € 4 433 € 382 529 € 93 m²

1,0% 3 941 € 3 977 € 166 367 € 42 m²

16,1% 54,8% 22,6% 4 059 € 3 981 € 3 691 € 3 875 € 4 076 € 3 675 € 107 060 € 130 826 € 190 046 € 26 m² 33 m² 51 m²

3,2%

3,2%

0,5% 4 111 € 3 984 € 158 812 € 39 m²

12,8% 41,0% 43,6% 3 991 € 3 430 € 2 610 € 4 063 € 3 313 € 2 786 € 109 100 € 133 030 € 154 147 € 27 m² 39 m² 59 m² Studios 2 pièces 3 pièces

2,6%

-

4 pièces

6,1% 38,8% 49,0% 4 475 € 3 675 € 3 462 € 4 454 € 3 464 € 3 166 € 128 314 € 152 477 € 215 129 € 29 m² 41 m² 62 m²

5,1% 3 800 € 3 312 € 294 866 € 78 m²

1,0%

4,8%

-

=

-

2 pièces

42,9% 52,4% 3 205 € 2 774 € 3 250 € 2 783 € 131 056 € 176 022 € 41 m² 63 m²

5 pièces et + Ensemble

-5,8% 2 983 € 2 981 € 140 422 € 47 m² 5 pièces et + Ensemble -6,3% 3 609 € 3 369 € 192 189 € 53 m²

2 949 € 2 854 € 160 512 € 54 m²

Source : conseil régional des notaires de Bretagne, prix des actes enregistrés entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012 Le baromètre

=

Evolution entre les prix moyens de vente actés du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011 et ceux actés du 1er avril 2011 au 31 mars 2012.

NOS RELEVÉS DE PRIX / septembre 2012 SARZEAU

ARZON

MUZILLAC

APPARTEMENT ANCIEN T3 212 000 €

APPARTEMENT ANCIEN T3 212 000 €

APPARTEMENT ANCIEN T3 NC

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 492 000 €

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 442 200 €

MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 317 000 €

Moyenne de prix affichés en vitrine par les agences immobilières pour ce type de bien rénové et en très bon état. Frais de négociation inclus.

le mensuel/octobre 2012

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IMMOBILIER / Pays de Ploërmel

PLOËRMEL

PLUS D’ACHETEURS QUE DE VENDEURS LES PRIX DU MARCHÉ 2012 MAISONS ANCIENNES PAYS DE PLOËRMEL ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain PLOËRMEL ventes prix moyen prix médian surface habitable surface de terrain

1 à 3 pièces

4 pièces

5 pièces

6 pièces et +

Ensemble

24,7% 55 127 € 50 000 € 68 m² 2 252 m²

17,9% 86 442 € 80 000 € 90 m² 1 757 m²

24,7% 131 001 € 130 000 € 111 m² 1 934 m²

32,7% 145 719 € 148 000 € 131 m² 2 924 m²

6,1% 106 519 € 100 000 € 103 m² 2 330 m²

10,0%

25,0% 95 300 € 105 000 € 80 m² 568 m²

20,0%

45,0% 198 152 € 203 000 € 126 m² 973 m²

13,5% 150 105 € 148 613 € 102 m² 768 m²

=

TERRAINS À BÂTIR PAYS DE PLOËRMEL ventes prix / m² moyen prix moyen prix médian surface de terrain

Hors lotissement

En lotissement

Ensemble

76,9% 15 € 26 091 € 23 000 € 1687 m²

23,1% 23 € 21 834 € 17 418 € 960 m²

-23,9% 17 € 25 109 € 21 500 € 1520 m²

Source : conseil régional des notaires de Bretagne, prix des actes enregistrés entre le 1er avril 2011 et le 31 mars 2012 Le baromètre

=

Evolution entre les prix moyens de vente actés du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011 et ceux actés du 1er avril 2011 au 31 mars 2012. Le bien le plus recherché à Ploërmel : maison contemporaine de 2006, 115 m2, 500 m2 de terrain, 1 km du centre-ville maximum.

Les belles maisons anciennes gardent la cote à Ploërmel. Surtout auprès des familles. Les acheteurs se bousculent, pas les vendeurs. Les prix ne flanchent pas contrairement à ceux pratiqués en périphérie.

U

rgent. Jeune couple, deux enfants, cherche désespérément maison cinq pièces, sans travaux, en centre-ville de Ploërmel. Souhaite quitter location en appartement. Budget : 180 000 €. « Mission impossible », répond un agent immobilier. Le marché demeure très dynamique à Ploërmel. Les biens, comme espérés par cette famille, restent très prisés. « Je n’ai aucun mandat de ce type en portefeuille », regrette Alexandra Pouhaut, responsable de Jalisco immobilier depuis 1998. Les prix oscillent davantage entre 200 000 et 250 000 €. L’offre se trouve actuellement inférieure à la demande. Conséquence : les prix se maintiennent, voire augmentent légèrement.

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Moyenne de prix affichés en vitrine par les agences immobilières pour ce type de bien rénové et en très bon état. Frais de négociation inclus.

Deux professionnels de l’immobilier s’accordent sur une explication : les couples avec enfants souhaitent se rapprocher des cœurs de ville. Ils espèrent limiter, par économie, les trajets en voiture entre la maison et l’école, la maison et les clubs de sports, la maison et les cabinets médicaux. Etre proches des services et diminuer les frais d’essence sont leur credo. Mais pas que. Au-delà de ces critères de proximité, Ploërmel demeure surtout située sur un véritable nœud routier. Elle desserre aisément Vannes et Rennes grâce aux deux quatre-voies qui la traversent. « Un point de chute idéal pour les actifs excentrés. » Pour Alexandra Pouhaut, la situation de Ploërmel contribue au dynamisme de son marché immobilier. « Sans compter sur son développement qui a dopé les prix ces dernières années. » Il reste néanmoins difficile pour les primo-accédants d’y envisager un achat de

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NOS RELEVÉS DE PRIX septembre 2012 PLOËRMEL APPARTEMENT ANCIEN T3 107 000 € MAISON ANCIENNE 5 PIÈCES 228 600 €

maison d’au moins quatre pièces avec jardin, garage et double vitrage. Les agents immobiliers doivent encore orienter le choix de leurs clients plus largement vers le pays de Ploërmel, notamment dans les communes situées au nord de la ville. Un même bien se négocie 200 000 € sur le chef-lieu de canton contre 150 000 € 15 km plus loin en campagne. En périphérie, le marché est pourtant devenu mou. Les transactions, selon un négociateur, n’ont pas seulement diminué. Le montant des ventes a lui aussi chuté. « Les clients sont beaucoup plus exigeants, accumulent les visites et n’achètent plus à n’importe quel prix faute de budget. » Le nombre d’achats effectué par des primoaccédants a lui aussi baissé. La crise et le durcissement des conditions d’accès au crédit ont fini, disent les professionnels, par les décourager. E.B.M.

Un même bien va se négocier 200 000 € à Ploërmel contre 150 000 € dans les terres


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POLITIQUE

Remous dans la Petite Mer MUNICIPALES II PAYS DE VANNES

Du charivari à Ploeren, Sarzeau et Larmor-Baden

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Lionel Le Saux

Il y a eu du chambardement dans plusieurs conseils municipaux en septembre. Premier gros changement : le passage de Ploeren d’une municipalité de gauche à une nouvelle équipe, plutôt de sensibilité de droite, le 23. A la faveur d’élections anticipées (lire p.08), la liste de l’ex-conseiller d’opposition, Gilbert Lorho, est devenue majoritaire. « Les cartes ont été remises sur la table, note l’intéressé. C'était l'inconnu avant le scrutin. Les électeurs ont souhaité redonner un nouveau souffle. » Un nouveau souffle ? C’est aussi ce qu’a attendu durant de longues semaines Didier Goupil avant de claquer la porte de la mairie de Sarzeau. Le tonitruant agriculteur de Rhuys, conseiller d’opposition bien ancré à gauche, regrette « l’immobilisme de l’équipe dirigeante ». « Je n’ai pas de problème avec le maire, David Lappartient. Il est dynamique. Mais quand il n’est pas là, aucune décision n’est prise. Et ça ne m’intéresse pas de travailler comme ça. J’attends d’une vie municipale que tout le monde participe. » Toutefois, Didier Goupil n’exclue pas de jouer un rôle pour 2014. « Même si pour l’instant, c’est non. » Enfin, à Larmor-Baden, Anne-Marie Bellay a déclaré réfléchir à sa « place dans l’équipe municipale de Larmor-Baden », dixit la presse locale. Septembre a été le théâtre d’un clash entre le maire, Denis Bertholom, et sa première adjointe, à propos du Plan local d’urbanisme. L’affaire est allée loin : l’élue s’est vue retirer son droit de représentation de la commune et suspendre son indemnité. Moins de deux ans avant les municipales, ça promet…

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Lionel Le Saux

À DRoite, lA « ReConquÊte » PAsseRA PAR ARRADon

L

es trompettes de la reconquête. Depuis la bérézina des législatives, les responsables de la droite morbihannaise ne cessent de répéter qu’il faut désormais reconstruire. La venue de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, le 15 septembre dans la cité des Vénètes, a été l’occasion de le réaffirmer (lire lemensuel.com). Parmi les enjeux : les communes de la périphérie vannetaise aux municipales de 2014. En septembre, à Ploeren, la victoire de la liste de Gilbert Lohro, de sensibilité de droite, pour succéder à Corentin Hily, maire de gauche décédé en mai, s’est révélée de bon augure (lire ci-contre). Certes, cette victoire s’explique surtout par des considérations locales (profil idéal du candidat tête de liste dans un contexte de surendettement communal). Il n’en fallait pourtant pas moins pour réchauffer le cœur des caciques locaux. « On a picolé toute la nuit ! Bah oui, pour une fois qu’on gagne un truc », plaisantait un élu UMP au lendemain du scrutin. Selon les patrons de la droite locale, la reconstruction en 2014 devra aussi passer par Arradon. La reconquête de la « Riviera » est érigée « en priorité des priorités ». La commune est jugée « prenable ». Dirigée par un maire divers gauche, Dominique Mourier (en photo), Arradon vote régulièrement à droite aux échéances nationales. Ainsi, à la présidentielle, Nicolas Sarkozy y a obtenu 53,58% des voix. Un mois plus tard aux législatives, François Goulard y devançait d’une tête Hervé Pellois (50,06%). De quoi laisser quelques perspectives. Du coup, en coulisses, les manœuvres ont commencé. Et certains noms circulent avec insistance depuis déjà plusieurs semaines. Il y a d’abord celui de Jean-Philippe Périès. Cet élu de l’actuelle opposition arradonnaise, directeur financier à la Ville de Vannes, affiche un profil intéressant. Il s’est aussi fait connaître en s’engageant sur plusieurs dossiers importants de la commune (maisons du littoral, aire de gens du voyage, Moustoir…). Autre possibilité soutenue par les caciques locaux : Anne Le Dirach (en photo). L’actuelle numéro 2 de l’UMP 56, maire adjointe à Vannes, est pressentie pour piloter une liste. Elle ne souhaite pas communiquer là-dessus pour l’instant, mais ne dément rien. Selon nos informations, elle bénéficierait notamment de la bienveillance de David Robo, maire de Vannes, pour tenter le coup. Pour elle, les choses devraient se décanter début 2013. Enfin, le nom de Jean-Baptiste Goulard est avancé. Le fils du président du Département dispose désormais d’un pied-à-terre à Arradon. Il ne cacherait pas, en privé, son envie d’y aller. Le jeune homme, critiqué* durant la campagne de son paternel aux législatives, s’est récemment recasé au cabinet de celui-ci au conseil général, où il remplace une collaboratrice en congé maternité.

*Lire le mensuel de juillet-août.

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Remous dans la Petite Mer PARTI SOCIALISTE II VANNES

Actualité chargée pour Philippe Le Ray en septembre. L’unique parlementaire de droite dans le Morbihan a inauguré sa nouvelle permanence alréenne le 19, en présence d’élus de tous bords, dont le maire socialiste d’Auray. Le 14, il a lancé son association « Ensemble pour agir ». Avec celle-ci, Philippe Le Ray souhaite se constituer une « boîte à idées », en réunissant « les gens de bonne volonté », dotés d’une expertise afin de « le nourrir » de sujets qu’il proposera ensuite à l’Assemblée nationale. Le lancement d’Ensemble pour agir s’est déroulé à Kervignac devant 700 personnes. Une vraie démonstration de force. Ainsi, Le Ray a plus mobilisé que… Jean-François Copé, le lendemain à Vannes. En tournée pour sa campagne pour la présidence de l’UMP, le secrétaire général du parti s’est livré à une démonstration de courtisanerie envers le député morbihannais, présent lui aussi. Visiblement, Le Ray, qui est apparenté UMP mais refuse de prendre sa carte, se fait dérouler un tapis de roses. « C’est quelque chose de plaisant, c’est vrai. Mais ce n’est ni nouveau, ni important. » Le Ray ne dérogera pas à sa stratégie. Il restera apparenté durant un an, avant de dresser un bilan pour voir comment les choses se sont décantées. Philippe Le Ray est aussi régulièrement dragué par Jean-Louis Borloo, patron d’un groupe centriste au palais Bourbon.

UMP : ça sent l'enfume

lA DiVision en embusCADe

Archives le mensuel

Le Ray dragué à mort

L’

ambiance s’améliore-t-elle dans la section PS de Vannes (lire Le Mensuel de septembre) ? A priori, non. Interrogé fin septembre, l’actuel secrétaire de la section vannetaise admet que les dernières législatives continuent de laisser des traces. « On a vécu un épisode difficile. D’où la nécessité aujourd’hui de se retrouver derrière une même ligne, tous unis, en vue des futures échéances », explique Thierry Normand (en photo dans les bras d’Hervé Pellois au soir des législatives). Derrière cette réplique, le socialiste vannetais a deux choses en tête : la préparation des municipales et le renouvellement des instances nationales et locales du parti lors du congrès du PS fin octobre, début novembre. Thierry Normand remettra en jeu son mandat de patron du PS vannetais à cette occasion. Un scrutin « pas si facile que ça » -dixit des militants locaux- pour l’intéressé, proche de Nicolas Le Quintrec, le leader de la gauche vannetaise. Il souffle un vent de protestation chez les socialistes de Vannes, voire… un « besoin de changement », arguent certains anciens soutiens de Claude Jahier,

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Lionel Le Saux

« Comment avez-vous fait pour réunir autant de monde sans vous servir des bases de militants comme l’interdit la commission de contrôle de votre parti pour les élections internes ? » Posée à plusieurs responsables de l’UMP 56, lors de la venue de Copé le 15 septembre, la réponse a suscité quelques réponses embarrassées. Ronan Loas, le dynamique responsable des jeunes pop’, lui, ne s’est pas démonté : « Jean-François s’est greffé à notre événement de rentrée qui se déroule tous les ans. » le mensuel s’est donc penché sur différentes archives mais n’a pu trouver trace d’un « événement » semblable les années précédentes. A part peut-être, le 25 septembre 2011, jour des élections sénatoriales…

ex-candidate PS de Vannes à la députation. « Pas question de repartir derrière le duo Normand-Le Quintrec », lancent même les plus virulents. Allié de Thierry Normand, Nicolas Le Quintrec verrait d’un bon œil –selon ces militants– la réélection de son camarade… s’il devait postuler de nouveau comme tête d’une liste de gauche aux municipales. « Il faut éviter ça. D’autres candidats seront présentés face à Thierry Normand », continuent les mêmes critiques. Selon nos informations, un, voire deux noms, pourraient se dresser sur le chemin de l’actuel secrétaire de section. Parmi eux, Simon Uzenat. Le jeune militant ne cache pas ses ambitions. « Les choses sont en discussion », admet-il. « Mais ce qui doit être la priorité, c’est l’avenir et le rôle que sera amenée à jouer notre section. D’une façon ou d’une autre, je m’engagerai dans ces débats. » La date butoir des dépôts de candidature intervient les 20 et 21 octobre. Qu’en pense Thierry Normand ? Il relativise. « Toute autre expression peut être légitime. » Quant à lui, rien de dit qu’il se représentera à coup sûr. « Je suis en réflexion. »

« Nous avons perdu beaucoup par nos divisions et parfois par bêtise. L’union est plus facile à décréter qu’à réaliser. » DAVID ROBO maire vannetais, à propos des résultats aux dernières élections de l’UMP à Vannes, lors de la venue de Jean-François Copé, secrétaire général du parti, le 15 septembre.

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POLITIQUE

LE RÉSEAU DES  HOLL DE L’ÉLYSÉE À SOLFÉRINO

De l’Elysée au PS, en passant par les Chambres et les ministères, les Bretons proches du président de la République tissent leur toile avec discrétion. Petit panorama non exhaustif de leur dispositif, au cœur du nouveau pouvoir socialiste.

ÉLYSÉE

E

n 2007, Sarkozy disposait de sa « firme ». En 2012, Hollande a sa « PME ». Un entourage, composé de jeunes « pousses », d’élus ou de briscards, habitués des secrets de cabinets. Au sein de cette galaxie figurent nombre de « hollandais bretons », « pur jus » ou d’adoption. La plupart d’entre eux gravitent autour des ministres de la défense et de l’agriculture, JeanYves Le Drian et Stéphane Le Foll. C’est dans ces ministères que se réunissaient, en début d’été, les hollandais soucieux de reprendre en main les instances nationales d’un PS « contrôlé », selon eux, par les aubryistes (lire lemensuel.com). Sous leur impulsion, quelques-uns se sont positionnés au gré de la bataille sourde qui s’est livrée pour le contrôle de Solférino. C’est notamment le cas des parlementaires morbihannais Gwendal Rouillard et Odette Herviaux, ainsi que de la jeune députée Nathalie Appéré, en Ille-et-Vilaine. Ces trois-là devraient disposer d’une voix au conseil national du parti*, à l’issue du congrès. Ce réseau informel s’appuie sur des collaborateurs de confiance, pour certains « biberonnés » par ses soins. Inconnus du grand public, ils gardent un œil attentif sur la région, pèsent sur la direction du PS, voire se nichent à l’Elysée. Les Bretons semblent désormais incontournables chez les hollandais.

FRANÇOIS HOLLANDE Président de la République MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE BERNARD POIGNANT Cet ex-rocardien figure parmi les « amis bretons de 30 ans » de François Hollande. Pressenti pour le gouvernement, le maire de Quimper a finalement été nommé conseiller du président de la République. Une activité bénévole, insiste-t-il, qui lui permet d’avoir l’oreille du chef de l’Etat et un bureau à l’Elysée.

ISABELLE SIMA Ex-conseillère de Le Drian à la Région, Isabelle Sima est désormais chef de cabinet adjoint à l’Elysée. Elle était en charge de l’agenda de François Hollande durant la présidentielle. Corrézienne d’origine, son père, Bernard, était le mandataire financier des campagnes électorales de Hollande en Corrèze.

Killian Tribouillard killian.tribouillard@lemensuel.com Infographie Coralie Choupeaux

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Il serait le plus Armoricain des Sarthois. Le ministre de l’agriculture, dont les parents sont originaires des Monts d’Arrée, est à la fois proche des Bretons et de Hollande. Il préside l’association Répondre à gauche, fondée à Lorient en 2009. Le Foll s’avère aussi souvent invité en Bretagne. Dernières invitations en date, le 9 septembre lors de la rentrée du PS 56 et le 14 au Salon de l’élevage de Rennes.

RÉMI BRANCO Ex-attaché parlementaire du député Rouillard, ce jeune Toulousain diplômé de Sciences Po était conseiller éducation jeunesse de Hollande durant la présidentielle. Il a rejoint, en mai 2012, le ministère de l’agriculture, comme chef de cabinet adjoint de Stéphane Le Foll.

*Le conseil national du PS est composé de 204 membres votants auxquels s’ajoutent les 102 responsables des fédérations départementales (soit 306 voix). Tous les parlementaires en sont membres de droit mais ne disposent pas du droit de vote.

Retrouvez l’article Comment les socialistes bretons pèsent sur le congrès, dans notre dossier politique sur

STÉPHANE LE FOLL

Crédits photos : Appéré : R.Joly/Bastin : ministère de la défense/Bonnefoy : ministere de la défense/Branco : Xavier Remongin/Désir : Parti socialiste/Élysée : présidence de la république/Herviaux : photographes sénat/Hollande : L.LS/Le Drian : ministère de la défense/Le Foll : Pascal Xicluna/Le Maréchal : DR/Poignant : Jean-Jacques Verlet/Rouillard : Orphea-assemblée nationale/Sima : Elysée

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OLLANDAIS BRETONS  MINISTÈRE DE LA DÉFENSE YVAN LE MÉVEL JEANYVES LE DRIAN « Ami de 30 ans » d’Hollande, l’ex-président de Région est désormais son ministre de la défense. Avec Stéphane Le Foll, cet été, il a œuvré pour permettre aux hollandais de « reprendre en main » le parti. Certains de ses proches travaillent à l’Elysée, d’autres à l’Assemblée. Le Drian garde aussi un œil attentif sur la Bretagne où il demeure omniprésent.

JÉRÔME BASTIN

Directeur de cabinet de Philippe Massiot, le « remplaçant » de Le Drian à la Région, le Morbihannais Yvan Le Mével est le « trait d’union » entre les deux hommes. Malgré quelques tractations, l’intéressé, qui a la réputation d’être carré, n’a pas voulu voir sa trogne publiée. « Quand mes collaborateurs sont en photo dans le journal, je les engueule… Alors si c’est moi qui m’y retrouve… (rires) »

Ce Breton officiait comme n°2 des services du conseil régional. Jean-Yves Le Drian l’a emmené dans ses valises après sa nomination à l’hôtel de Brienne. Jérôme Bastin est désormais conseiller aux affaires régionales du ministre de la défense.

GROUPES PARLEMENTAIRES

PHILIPPEXAVIER BONNEFOY Proche de Mitterrand dans les années 80, Philippe-Xavier Bonnefoy est conseiller politique de Le Drian à l’hôtel de Brienne. Cet excellent connaisseur de la rue de Solférino est aussi secrétaire national du PS. Il a été chargé de négocier, pour le compte des hollandais, la désignation d’Harlem Désir à la succession de Martine Aubry.

ODETTE HERVIAUX

NATHALIE APPÉRÉ

Elu à Lorient dans l’ancienne circonscription de Le Drian, ce proche de Hollande est bruyamment monté au créneau pour « rappeler aux aubryistes que c’était son poulain » qui avait gagné la présidentielle. Patron du PS 56 depuis 2003, il a décidé de ne pas rempiler à la tête de la fédération. Nommé secrétaire national du PS en charge de l’énergie cet été, il compte bien le rester à l’issue du congrès.

Parmi les parlementaires bretons, ce serait elle qui connaît le mieux François Hollande, affirment ses proches. La sénatrice morbihannaise, ancienne conseillère régionale et ex-maire de la Croix-Hélléan, devrait disposer d’une voix au conseil national à l’issue du congrès*.

A Rennes, elle serait la plus prometteuse des « bébés » d’Edmond Hervé. Nathalie Appéré a été élue député en juin dans l’ancienne circonscription de l’ex-ministre, ancien édile de la capitale bretonne. Première adjointe de Daniel Delaveau, successeur d’Hervé en mairie, Appéré a démissionné de son mandat local en septembre. Soutien d’Hollande pendant la primaire, elle devrait aussi disposer d’une voix au conseil national du PS après le congrès.

MARIE LE MARÉCHAL R PA

ON ET BR S E S AI IR D TA AN EN L L M O LE H

Cette jeune Groisillone, fille d’une conseillère générale de la majorité de François Goulard au Département, est attachée parlementaire du député Rouillard à Paris. Elle dispose d’un important réseau politique dans la capitale qu’elle met au service de la « PME hollandaise ».

SOLFÉRINO

MINISTÈRE DE LA DÉFENSE

GWENDAL ROUILLARD

S

MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE

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HARLEM DÉSIR C’est le futur patron du PS, en qualité de « candidat désigné » par Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault pour porter la motion majoritaire. L’ancien président de SOS Racisme a bénéficié du soutien des hollandais, alliés avec les « poids lourds » du gouvernement (Valls, Peillon, Moscovici). Il a été préféré à Jean-Christophe Cambadélis, candidat soutenu par Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry.

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SOCIÉTÉ SÉCURITÉ EN MORBIHAN

VOS VOISINS SURVEILLENT

Un panneau avertit les visiteurs aux intentions malhonnêtes, à l’entrée du lotissement de Berric.

Des citoyens s’organisent dans des communes du Morbihan pour surveiller leur quartier. Leur cible ? Les comportements suspects. Le dispositif cartonne outre-Atlantique et se développe en France. Des maires convaincus avancent l’argument préventif. D’autres prudents craignent des dérives.

B

erric, sa salle de spectacle, son cabinet médical, ses parterres florissants. Berric, ses 1 680 habitants, ses écoles, ses lotissements. Berric la tranquille aimerait bien le rester. Pour « faire passer le message aux petits délinquants », André

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Fégeant, ancien militaire pilote d’hélicoptère, maire depuis bientôt 25 ans, a déployé dans la zone pavillonnaire du Clos Er Lann le dispositif voisins vigilants. Cette surveillance, plus politiquement appelée participation citoyenne, est calquée sur le concept neighbourhood watch. Un procédé importé directement des Etats-Unis et de Grande-Bretagne, censé « améliorer le sentiment de sécurité ». L’idée a tapé dans l’œil de Claude Guéant. Dans une circulaire du 22 juin 2011, l’alors ministre de l’intérieur sommait les préfets de trouver des habitants référents, prêts à « développer un comportement de nature à mettre en échec la délinquance ». « Surveillance » des logements temporairement inoccupés, « vigilance accrue » à l’égard des comportements suspects, « signalement » aux autorités des faits anormaux, de dégradations,

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d’incivilités, de comportements routiers dangereux. Claude Guéant espérait ainsi « rassurer la population, améliorer la réactivité des forces de sécurité et accroître l’efficacité de la prévention de la délinquance ». Cette délinquance semblait plutôt en baisse dans le Morbihan. En janvier, le préfet JeanFrançois Savy annonçait une diminution de 3,32% des atteintes aux biens, notamment des destructions et des dégradations. Mais aussi des atteintes volontaires à l'intégrité physique des personnes (-2%). Les cambriolages avaient également diminué dans les locaux industriels et commerciaux (-5,95%) mais augmenté dans les résidences principales (+16%) et secondaires (+1,59%). Un argument de taille pour faire adhérer les plus réticents au concept des voisins vigilants. Une élection présidentielle plus tard, quel est le bilan ? Le dispositif s’est peu déployé dans le


Photos Lionel Le Saux

Morbihan. Mais plusieurs communes, dont les taux de délinquance restent faibles, songent à emboîter le pas de Berric. Noyalo* et Arzal seraient de celles-là. Marzan aussi. Edouard Moïse attend dans les jours à venir une présentation, par les gendarmes, du concept aux élus. Avant d’organiser des réunions avec la population. Le maire recense régulièrement des dégradations et des cambriolages à Marzan. Il semble convaincu de l’intérêt d’une coopération entre citoyens, élus et gendarmes. « La sûreté et la tranquillité d’une commune, c’est l’affaire de tous. »

Délation ou solidarité de voisinage ? Dans le bourg de Larmor-Baden, cette prise de conscience collective s’est faite « tout naturellement ». Les habitants se sont organisés sans protocole. La série d’incendies criminels dont la commune a été victime cette année n’y est pas étrangère. « Ces événements marquants ont fait naître chez les Larmoriens une forme de solidarité », constate le maire Denis Bertholom. A Berric aussi. Depuis janvier 2011, Martine revêt le rôle de voisine vigilante dans son lotissement. Elle ne veut « surtout pas jouer au gendarme et au voleur ». Cette maman, qui travaille de nuit, a accepté d’être référente « pour alerter si besoin, pas pour agir ». Elle veille sur son quartier. Pas question pour autant de passer ses journées derrière les carreaux à jouer les espionnes. Ni de faire régulièrement des rondes. Ses voisins, dont certains ont vu leur voiture volée ou leur maison cambriolée, trouvent le quartier plus calme depuis l’installation d’un panneau à l’entrée du lotissement. Au-dessus d’un œil, on peut lire : « Voisins vigilants en liaison directe avec la gendarmerie nationale et la police municipale. » Nicole*, installée à deux pas de chez Martine, assure avoir vu le calme revenir. « On se connaît et on est tous solidaires. On a confiance en Martine. Beaucoup lui laissent leurs clés quand ils partent en vacances. » Cette solidarité laisse perplexes certains habitants. Luc** vit à Berric depuis plusieurs années. Il ne voit pas d’un bon œil l’arrivée de voisins vigilants. « Qui sont ces référents qui échangent avec la gendarmerie ? Des indics ? Quels pouvoirs ont-ils ? Comment leur

La cible des voisins vigilants : des comportements suspects

Le dispositif voisins vigilants doit permettre aux référents de faire remonter aux gendarmes des faits inhabituels.

faire confiance ? J’ai quand même l’impression qu’on nous flique. » Le commandant Loïc Kervoern, de la compagnie de gendarmerie de Vannes, temporise. Non, ces référents ne sont pas organisés en milice. Non, ce ne sont pas des espions ni des indics. Non, ils ne sont pas armés. « Ce sont des citoyens solidaires, prêts à faire remonter aux enquêteurs des faits inhabituels », rassure l’officier. La ville de Guer a signé, fin septembre, un protocole avec la gendarmerie et la préfecture. Le maire Jean-Luc Bléher a insisté pour que les élus et anciens élus, désignés référents dans les quartiers, paraphent une charte de conduite à tenir. « Elle est garante de la moralité et de la déontologie de leur attitude citoyenne. » A Brandérion aussi, le maire ne veut pas de cow-boys. Hubert de Lageneste a déjà « trié sur le volet » huit référents « prêts à s’investir pour la sécurité » de la commune. Des personnes « discrètes » qu’il « connaît bien ». Il refuse de voir la participation citoyenne « se transformer en délation ». C’est pourtant en ces termes que la Ligue des droits de l’homme a décrit, en mars, le dispositif. « Un système organisé de délation destiné à instrumentaliser le sentiment d’insécurité de nos contemporains. » Aucun élu contacté n’a rejoint cette analyse. Pour

certains, le sujet reste tout de même sensible. Prudents, ils dissimulent à demi-mots leurs craintes sur les dérives possibles du concept. Le maire de Muzillac s’interroge. Celui de Theix aussi : comment cadrer les choses ? « Je suis pour sensibiliser les habitants sur une forme de solidarité, admet Yves Questel. De là à mettre en place une structure ou à désigner des référents, je ne sais pas. » L’élu ne souhaite pas voir s’installer un « climat de suspicion » dans sa commune. Marcel Le Boterff non plus. Ce dernier n’est « pas particulièrement favorable » aux voisins vigilants. Il ne nie pas l’utilité d’une « veille comme cela se faisait dans les villages autrefois ». Le maire d’Elven reste néanmoins « effrayé par d’éventuelles dérives » et par une « possible confusion entre information et délation ». Lui continue d’inciter ses administrés à se retrouver au cours de repas, de fêtes de quartier, pour entretenir une « saine solidarité ». Elodie Bannier-Mouate elodie.bannier-mouate@lemensuel.com *Une réunion d’information à la population est prévue le 19 octobre, d’après la gendarmerie. **Prénom d'emprunt

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JUDICIAIRE

Par Elodie Bannier-Mouate elodie.bannier-mouate@lemensuel.com

LA PLANCHE DE SRI

FAITS DIVERS II MORBIHAN

sÉRie noiRe suR les Routes

Sdis 56

Un coffre-fort et trois fusils de chasse découverts à Vannes

JUSTICE

… et en correctionnelle Le tribunal correctionnel de Lorient condamne, le 12 septembre, à quinze mois de prison dont douze mois avec sursis un ancien coordinateur du Téléthon 2011 en Morbihan. Il a détourné 32 000 € des caisses de la manifestation (lire Le Mensuel de septembre). L’homme ne s’est pas déplacé devant les juges pour répondre de ces abus de confiance, falsification et usage de chèques. Il devra rembourser ses victimes.

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Le 14 septembre, un accident de la route a fait deux morts à Plouray.

L

a fin de l’été et la rentrée ont été meurtrières sur les routes du Morbihan. Chronologie de cette série d’accidents tragiques. • Un père de 68 ans et sa fille de 28 ans décèdent dans un accident à Ploemel, mardi 21 août. La faute, selon les gendarmes, à un refus de priorité. Le conducteur de la seconde voiture est blessé. • A Cléguérec, quatre jours plus tard, une Costarmoricaine de 23 ans perd le contrôle de sa voiture sur une chaussée glissante, selon les gendarmes. Sa voiture vient percuter celle d’un couple originaire d’Angers. La femme de 45 ans et son mari de 54 ans sont blessés. La jeune femme, elle, décède. • Dimanche 26 août, un motard de 22 ans est tué rue Driasker, dans le bourg de Plouhinec. Les enquêteurs découvrent qu’un homme de 88 ans aurait voulu effectuer un demi-tour sur la

départementale 781 pour se diriger vers Etel avant de percuter le jeune conducteur. • Une voiture quitte la route, mardi 4 septembre, avant de terminer sa course au fossé. L’accident se produit à Neuillac, sur la départementale 767. Le conducteur, un septuagénaire, meurt sur le coup. Le lendemain, à l’hôpital, son épouse, une Pontivyenne de 75 ans, succombe à ses blessures. • Vendredi 14 septembre, une voiture circule vers le bourg de Plouray. Le conducteur, âgé de 60 ans, est ivre (3,11 g/l). Sa voiture se déporte sur la voie de gauche. Et percute de face celle de trois jeunes filles qui se rendent à un cours de danse. L’une, âgée de 15 ans, est blessée mais s’extrait seule du véhicule. Les deux autres doivent être désincarcérées par les pompiers. La conductrice, une Glomeloise de 19 ans, décède à l’hôpital de Brest. La

passagère de 16 ans, grièvement blessée aux jambes, est soignée au centre hospitalier de Lorient. Cette série noire, survenue entre août et septembre, fait augmenter l’indice de gravité des accidents : 8,9 tués sur 100 accidents en 2012 contre 7,2 l’an passé. Le préfet du Morbihan monte aux créneaux fin septembre. Il demande aux gendarmes et aux policiers d’accentuer les contrôles*. Jean-François Savy les somme de réprimer « sévèrement les infractions au code de la route, notamment la conduite sous l’empire d’un état alcoolique ou sous stupéfiants, les excès de vitesse et les comportements routiers dangereux ». Entre le 1er et le 26 septembre, les gendarmes de Pontivy ont suspendu ou retiré vingt permis de conduire. *Une campagne d’information doit accompagner ces actions du 12 au 21 octobre.

RÉTRO

l’AFFAiRe Plisson RelAnCÉe

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Lourdes peines aux assises… La cour d’assises condamne, le 19 septembre, un ferrailleur de Ménéac à huit ans de prison pour violences volontaires avec arme ayant entraîné des mutilations et des invalidités permanentes sur deux jeunes couvreurs. Les faits s'étaient déroulés en juillet 2009, à Tréhorenteuc (lire Le Mensuel de septembre). L'homme, armé d'un fusil à pompe, avait tiré sur les deux jeunes, ivres, qui se trouvaient dans leur voiture. Ils avaient été grièvement blessés. L'auteur comparaissait pour tentative de meurtre. Il a plaidé l'accident. L'avocat général a retenu cette thèse. Les jurés aussi. Deux jours plus tard, la cour d’assises condamne un homme à vingt-deux ans de réclusion criminelle dont une période de sûreté de douze ans pour l’assassinat de sa femme. Il l'avait abattue le 3 mars 2010, devant chez elle, rue des Prêtres à Guidel. Armé de son fusil de chasse, le mari lui avait tiré une cartouche dans la nuque à bout portant.

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ctobre 2011. L’affaire de l’incendie de la galerie du photographe Philip Plisson est relancée. Les flammes avaient ravagé, dimanche 19 septembre 2010, les locaux de la société Pêcheur d’images zone de Man-Lenn à Crach. Les premiers rapports d’experts étayaient l’hypothèse de l’accident électrique. Après l’été 2011, des contre-expertises mènent les gendarmes sur la piste criminelle. L’affaire n’est plus classée. L’enquête est rouverte.


UNE SEULE VERSION DES FAITS Bertrand est accusé d’avoir assassiné Anne d’un coup de couteau à Auray. L’auteur présumé assure avoir agi à la demande de son amie. Elle aurait voulu qu’il l’aide à mourir. Les proches de la victime n’y croient pas. Ils espèrent voir les zones d’ombre levées au procès.

A

nne* a-t-elle demandé à Bertrand* de l’aider à mourir ? Ou Bertrand a-t-il tué Anne intentionnellement avant de maquiller le meurtre ? Onze témoins et cinq experts tenteront d’éclairer les jurés les 19, 20 et 21 novembre. Trois jours au cours desquels la cour d’assises du Morbihan examinera cette affaire d’assassinat. Le témoin principal se trouvera dans le box des accusés. Ce témoin, c’est Bertrand. Il a rencontré Anne en 2009, dans les couloirs de l’établissement public de santé mentale (EPSM) de Saint-Avé. Tous deux y étaient suivis pour dépression. Une relation amicale s’est installée entre la femme de 47 ans, divorcée et maman de deux enfants, et l’Alréen de 54 ans. Tout a basculé samedi 10 avril 2010. Bertrand pénètre vers 18 h dans la brigade de gendarmerie d’Auray. Il annonce qu’il vient d’aider son amie à mourir. Les enquêteurs traversent la ville jusqu’à la rue de la Paix. Ils pénètrent dans la maison et découvrent le corps sans vie d’une femme, allongé sur le canapé. Au pied du sofa, un couteau. Sur le sol, un crucifix. Celui d’Anne.

Zones d’ombre Bertrand se retrouve en garde à vue. Il détaille sa version du drame aux enquêteurs. Anne l’aurait appelé dans l’après-midi, le priant de la rejoindre dans sa maison. Quand son ami est arrivé, elle lui aurait demandé de l’aider à mourir. Anne était très croyante. Selon les déclarations de Bertrand, elle aurait voulu qu’il la tue « pour pouvoir aller au ciel ». Son amie aurait placé elle-même le couteau sur sa poitrine. Ses empreintes y ont-elles été retrouvées ? A qui appartenait cette arme blanche ? A-t-elle été apportée par Bertrand ? le mensuel n’a pu obtenir de réponses. « Une chose est sûre, la fille de mes clients est décédée des conséquences des coups de couteau », assure l’avocate Louise Aubret-Lebas. Anne a reçu un premier coup à la poitrine, un

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es

ASSASSINAT À AURAY

Les faits se sont produits rue de la Paix, à Auray.

second à l’oreille. Bertrand aurait ensuite posé un oreiller sur le visage de son amie puis une main sur sa bouche et son nez jusqu’à ce qu’elle s’éteigne. « Il a reconnu l’avoir étouffée », rappelle Me Aubret-Lebas. Les experts estiment que le coup porté à la poitrine se trouve à l’origine de son décès. Ils n’auraient pas relevé

ELLE LUI AURAIT DEMANDÉ DE L’AIDER À MOURIR d’autres traces de violences sur le corps d’Anne. Ses parents, très affectés par la disparition de leur fille, doutent de la version** de Bertrand. Ils ne peuvent retenir ses explications. « Leur fille avait des projets de vie et se portait beaucoup mieux », détaille leur avocate. D’autres proches attestent, eux, de tendances suicidaires. La famille de la victime ne croit pas à la thèse du suicide assisté. « Si elle voulait partir, pourquoi

n’a-t-elle pas fait usage de ses médicaments ? » La violence et les circonstances obscures de la mort d’Anne laissent ses proches perplexes. Une question les taraude : si Anne a réellement demandé à Bertrand de l’aider à partir, pourquoi n’a-t-il pas dissuadé son amie ? Au cours de ses auditions, l’intéressé a répété qu’elle lui aurait demandé plusieurs fois, avant le drame, de l’aider à mourir. Cette fois-là, il aurait accepté. « Si ces faits sont avérés, ce Monsieur aurait dû refuser ou essayer de l’en empêcher », regrette Me Aubret-Lebas. En France, il reste interdit d’aider quelqu’un à mourir. Si Bertrand et son conseil parviennent à convaincre les jurés qu’il s’agissait d’un « suicide assisté », la peine qu’il encourt pourrait être allégée. L’auteur présumé du meurtre risque la réclusion criminelle à perpétuité. Elodie Bannier-Mouate elodie.bannier-mouate@lemensuel.com Prénom d’emprunt Sabrina Predour, l’avocate de Bertrand, n’a pas souhaité s’exprimer. *

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SANTÉ

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La quasi-totalité des médecins roumains installés en Morbihan a été recruté par des agences spécialisées.

DÉSERTIFICATION MÉDICALE

LE REMÈDE

DES CHASSEURS DE MÉDECINS Face à la pénurie, certains élus n’hésitent pas à se payer des chasseurs de tête pour dégoter des médecins généralistes. Moyennant plusieurs milliers d’euros, ces agences recrutent le plus souvent des praticiens étrangers. Le remède est cependant loin d’être la recette miracle.

C

ertains élus ne jurent plus que par elles. Pour faire face à la pénurie de médecins, des municipalités morbihannaises se sont rapprochées de sociétés privées. Leur mission : recruter des généralistes. En échange de plusieurs milliers d’euros, les chasseurs de têtes traversent l’Europe pour installer des praticiens étrangers

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dans l’Hexagone. A chaque offre d’une collectivité, les cabinets proposent leurs services. De 5 000 € pour un généraliste à 60 000 € pour un spécialiste. A l’instar d’une dizaine de communes morbihannaises, Christian Perron n’a pas hésité à se tourner vers les cabinets de placement. « Pour attirer quelqu’un en zone rurale, c’est la

seule solution », explique l’édile de Guémené-sur-Scorff. Il aurait préféré éviter de « sortir 10 000 € », mais explique ne pas « avoir eu le choix ». Le scénario est toujours le même pour les municipalités. Impossible de trouver un remplaçant au médecin historique du cru. Des dizaines de courriers sont envoyés aux facs de médecine. Les


S

proposer la responsabilité de l’Ephad local –Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Le gîte communal a aussi été réquisitionné pour loger sa famille à ses débuts. « On a chouchouté notre hôte, reconnaît David Le Solliec. Il y a toujours un risque qu’un généraliste décroche sa plaque au bout d’un mois. Ce n’est pas notre cas. Mihaëla Colda construit actuellement une maison à Gourin. »

Des méthodes contestées

réseaux des généralistes sont également sollicités. En vain. Même argument chez l’ensemble des élus morbihannais concernés par la désertification médicale : tous ont l’impression d’être abandonnés par l’Etat. André Pajolec partage ce sentiment. Le maire d’Arzal s’est tourné vers une agence parisienne en début d’année. « Aucune règle n’impose aux généralistes de s’installer en campagne, fulmine-t-il. Des mesures contraignantes devraient obliger les nouveaux praticiens à venir chez nous. » A Gourin, les cabinets de placement, on en redemande. La municipalité s’est rapprochée de Medicis consult en 2010. L’entreprise chasseuse de têtes a déniché un médecin d’origine roumaine. Deux de ses compatriotes, un praticien généraliste et un dentiste, devraient bientôt suivre le même chemin. « On est pleinement convaincus de l’efficacité de cette agence », s’enthousiasme David Le Solliec, premier magistrat de la commune. En concurrence avec des villes du sud de la France, le maire de Gourin a sorti le grand jeu pour convaincre Mihaëla Colda. La doctoresse s’est vu

Annonce parue en mars 2012 dans un journal roumain pour recruter un médecin dans le nord du Morbihan.

A La Trinité-Porhoët, l’issue a été moins heureuse. En mal de médecin depuis février, la municipalité s’est tournée vers une agence lorraine. 5 000 € pour rien. Sans compter les 15 000 € investis dans le cabinet médical et l’appartement attenant. « On regrette d’être allés vers eux », reconnaît le maire Alain Buot. Selon les termes du contrat, un généraliste devait poser son stéthoscope dans les six mois. De belles promesses et point de nouvelles. Le maire espère récupérer une partie de

LE TARIF DEMANDÉ OSCILLE ENTRE 5 000 € ET 60 000 € SELON LES CABINETS la somme versée. Fin septembre, la commune a dégoté elle-même une praticienne roumaine, par l’intermédiaire d’une annonce postée sur le Net. Du côté de l’Agence régionale de santé (ARS), on s’oppose au recours à des cabinets de recrutement. Premier grief avancé : le manque de concertation. « Il faut préparer le terrain en amont, précise Marine Chauvet, directrice adjointe au département de l’offre ambulatoire à l’ARS Bretagne. S’il n’y a pas intégration, ça peut être la guerre entre médecins libéraux de la région. » Second reproche fait à ces sociétés privées, leur capacité à le mensuel/octobre 2012

cibler juste. « Si la principale motivation est l’argent, il est clair que le praticien ne restera pas, analyse Marine Chauvet. Sans compter le coût que cela représente pour les contribuables. » Désertification médicale oblige, on assiste depuis le milieu des années 2000 au développement pandémique de ces agences. Le départ à la retraite des médecins babyboomers ne sera pas compensé par l’arrivée de jeunes généralistes en zone rurale. Dans son réquisitoire, l’ARS n’oublie pas de souligner que la France ne manque pas de médecins. Pourtant, les néo-docteurs ne souhaitent pas s’installer en zone rurale pour plusieurs raisons. Charge de travail et horaires démentiels en tête. L’ARS inscrit ses pas dans ceux de l’Ordre des médecins. Pour ces derniers, aucune agence n’est compétente pour juger de la qualité d’une candidature. Face à ces critiques, les sociétés de recrutement brandissent l’argument des diplômes de médecine. Ils font l’objet d’une reconnaissance mutuelle entre pays européens depuis une directive de 1993. Sophie Leroy, de l’agence Arime (Association pour la recherche et l’installation de médecins européens) basée dans Les Vosges, reconnaît que le « feeling » occupe également une part importante dans le recrutement. Certains médecins recrutés n’échappent pourtant pas aux abus. En guise de remerciement, quelques agences ont la mauvaise habitude de prendre un pourcentage sur leur chiffre d’affaires. 10%, 20%, jusqu’à 30% dans certains cas. La contrepartie « nécessaire » pour un déménagement en France. Reste la méthode Guiscriff. Après avoir contacté plusieurs chasseurs de têtes, la commune morbihannaise a déposé une annonce sur le site Leboncoin.fr. Sans succès pour le moment.

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Alan Loquet alan.loquet@lemensuel.com

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ÉDUCATION MARTIAL LIMOUZIN Ancien directeur de l’enseignement catholique du Morbihan

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 JE N’AI JAMAIS TRICHÉ 

Martial Limouzin a officiellement pris sa retraite le 1er octobre.

Martial Limouzin aura marqué d’une pierre blanche l’enseignement catholique breton. L’homme, croyant et pacifique, a conduit 5 000 personnels du privé à manifester à Rennes fin 2011. En montant lui-même au front, pour dire non aux suppressions de postes, le fils de paysans s’est révélé battant.

M. LIMOUZIN 8 juin 1950. Naissance à SaintHilaire de Loulay (85) 1970. Premier poste d’instituteur à Bazoges-en-Paillers (85) 1972-1987. Professeur de collège en Vendée 1987. Directeur du collège Villerboy-Mareuil à Montaigu (85) 1993. Directeur du collège JeanYole aux Herbiers (85) 2005. Directeur de l’enseignement catholique du Morbihan (DDEC 56) 2008. Président du comité académique de l’enseignement catholique de Bretagne (CAEC) 1er octobre 2012. Retraite

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Le Mensuel : Fait inhabituel, 5 000 enseignants et personnels du privé ont manifesté dans les rues de Rennes le 5 novembre 2011. Ils réclamaient une diminution des retraits de postes pour la rentrée 2012. Cette démonstration de force, vous n’y étiez pas étranger… Martial Limouzin : Je n’ai fait que donner l’impulsion, pour nous permettre de continuer d’avancer. L’institution se trouvait en danger. Si nous ne faisions rien en Bretagne, nous allions voir fondre nos moyens. Vis-à-vis des familles, des enfants et du personnel, l’enseignement catholique aurait perdu toute crédibilité. Il fallait dire halte-là. Même le maillage de la formation des maîtres en Bretagne était en péril. Vous avez même autorisé, vous garant des décisions prises par l’enseignement catholique national, que des banderoles soient placardées durant le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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de longs mois aux grilles de vos établissements pour dire « Stop ! ». Des actions même rarement menées par les syndicats du privé… Nous n’étions pas dupes de la difficulté que nous aurions à faire plier les décisionnaires. L’important était de montrer qu’on était capables de se réunir, de se déployer. Et on a limité le nombre

« Je suis un battant, c’est sûr »

de personnel par établissement sur la manifestation de Rennes ! On aurait pu être beaucoup plus. Nous voulions faire voir que nous pouvions aller plus loin si nous n’étions pas écoutés. Pendant des mois, nous avons fait part de notre crainte. En vain. Nous devions marquer le coup. Ça a payé.

On a redonné le moral aux personnels. Si nous n’avions pas bougé, cette dernière rentrée aurait été catastrophique. En septembre, nous avons fait baisser la facture que nous devions payer. Sur les 120 suppressions de postes prévues, nous en avons finalement eu 70. En lançant ces actions, vous avez finalement résisté, voire désobéi, à l’institution que vous représentiez. Etesvous un brin rebelle ? Non, je ne le suis pas. Au cours de ma carrière, j’ai toujours été moi-même. Je n’ai jamais triché. Si j’étais adhérent à un parti politique, je souhaiterais avoir la parole libre. Dans le respect des convictions de chacun, je donnerai toujours mon avis et je finirai par suivre la décision finale. A un an de la retraite, ces banderoles, ces alertes, cette manifestation, étaient-ce votre baroud d’honneur ? Pas du tout ! Je suis un battant, c’est sûr. Au football, je ne rentrais pas sur le terrain pour perdre. J’ai une devise : toujours donner le meilleur de soi-même. Je suis plutôt quelqu’un de pacifique, à l’écoute. Je cherche des solutions aux problèmes et je suis patient. « Une main de fer dans un gant de velours », voilà comment mes collègues me décrivent. Sur l’essentiel, je ne lâche pas. Quand on attaque les fondements de l’enseignement catholique, je suis capable d’aller jusqu’au bout de mon combat, de sortir les armes, les banderoles. J’étais convaincu que nous devions organiser cette manifestation pour sauver nos établissements. A l’aube de votre retraite (entretien réalisé en septembre, NDLR), quel avenir se dessine pour l’enseignement catholique dans le Morbihan ? Je pars serein. Ce département conserve, comme l’Ille-et-Vilaine, une démographie dynamique. L’enseignement catholique me semble en plutôt bon état. Les familles restent fortement ancrées dans l’histoire chrétienne du Morbihan. Elles doivent néanmoins conserver le choix de l’enseignement public ou de notre proposition alternative. C’est ce qui fait, comme pour la Vendée ma région d’origine, la richesse de ce département. Propos recueillis par Elodie Bannier-Mouate elodie.bannier-mouate@lemensuel.com


Rendez-vous pour la répétition de la “Cœurégraphie” le dimanche 7 octobre à 10h30, sur le parking, à côté du Parc Chorus, à Vannes

vidéo disponible sur notre site web

www.lavannetaise.com - 02 97 68 14 35

Rendez-vous pour la course le dimanche 14 octobre

Organisation : La Vannetaise, les bénéfices seront versés à Faire Face Ensemble (association d’aide aux personnes confrontées à l’épreuve du cancer) et à la recherche.

Vannes - Esplanade du Port 10 h 15 échauffement collectif 10 h 30 départ course, 6 km 10 h 35 départ marche, 5 km 11 h 30 stretching 12 h 00 remise des récompenses


SOCIAL LICENCIEMENTS CHEZ DOUX FRAIS

DÉLICATE RENAISSANCE 487 Morbihannais vont venir gonfler les chiffres de Pôle emploi dès octobre. Ces ex-Doux frais quitteront les sites de Sérent, Pleucadeuc et La Vraie-Croix. Le virage semble difficile à négocier. Une reconversion forcée déjà vécue par les ex-salariés de Locminé.

Depuis plus de 25 ans, Reporters sans frontières se bat pour que les hommes et les femmes qui ne jouissent ni des biens matériels ni de la paix puissent au moins s’accrocher à une réalité plus grande qu’eux. C’est le sens du combat pour la liberté de la presse et de l’information. Ces êtres humains ont besoin de photos et d’être pris en photos pour renforcer leurs moyens et leur sentiment d’exister. Le photographe américain Steve McCurry, membre de la prestigieuse agence Magnum Photos, offre aujourd’hui à Reporters sans frontières 100 clichés sur l’Afghanistan pour défendre le droit pour eux, pour nous, d’être informés. Au nom des “oubliés”, au nôtre, nous tenons à le remercier.

CERTAINS SE DISENT PRÊTS À REMPILER CHEZ DOUX

La CFDT a permis à une centaine de salariés de Doux de se retrouver à Pleucadeuc. Certains ne sont plus retournés à l’usine depuis trois semaines.

Doux frais dans le Morbihan (lire lemensuel.com). Objectif : guider les licenciés vers un retour à l’emploi via des projets individuels de reconversion, des formations, etc. Les entreprises locales de l’agroalimentaire seront notamment incitées à recruter des ex-Doux.

Le choc du licenciement

lettres leur permettant d’être prioritaires si leurs anciennes usines venaient à rembaucher. A Sérent (166 salariés), un reclassement au sein de la Celvia à Saint-Jean-Brévelay va être proposé à 50 des 106 licenciés. Cinq autres seront invités à rejoindre l’usine Procanar à Lauzach. « Rien ne dit que les ouvriers vont accepter l’offre, avance cependant Jean-Marc Thépaut, patron de la CFDT du Morbihan. Ces reclassements se feront sûrement au détriment des CDD. » Comment recaser 487 personnes (359 selon le préfet) en période de crise ? La préfecture, le conseil général et la Région ont mis sur pied un dispositif d’accompagnement des salariés

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U

ne centaine de salariés quittent, mines graves et épaules basses, la salle multifonctions de Pleucadeuc. Tous sont employés sur un des trois sites morbihannais de Doux frais. Pour combien de temps encore ? Les ouvriers l’ignorent. Seuls les 109 administratifs de La Vraie-Croix sont fixés. A Sérent et Pleucadeuc, les lettres de licenciement ne sont toujours pas arrivées (mercredi 26 septembre, nDlR). La crainte de devoir pointer à Pôle emploi dans quelques jours grandit. Cette matinée d’information, organisée par la CFDT, doit rassurer ses adhérents. La tâche est rude. Les inquiétudes subsistent. « J’ai bossé vingt ans dans l’agro, lâche Jeannine, debout au milieu de ses collègues. Si je suis virée, qu’est-ce que je vais devenir ? » La suite s’annonce difficile. Certains se disent prêts à rempiler chez Doux à Pleucadeuc -racheté par Galina- si de nouveaux postes étaient créés. Ils se sont arrachés la vingtaine de courriers types, distribués par la CFDT. Des exemples de

Problème : beaucoup ne veulent plus entendre parler ni de Doux, ni de l’agroalimentaire. Dégoutés. « On en a marre ! », tempête Jeannine. « Marre d’être humiliés, marre de ne pas être considérés, marre de ces Smic versés pour vingt ans de boîte. » Comme elle, nombreux sont ceux qui opteront pour une reconversion. Leur parcours s’annonce pourtant sinueux. Certains n’écartent pas une possible « dépression ». Le choc sera violent. Adieu rythme de travail et vie sociale. « On va se retrouver chez nous du jour au lendemain », note Daniel. Les ouvriers devront se motiver pour construire leur projet professionnel et s’engager dans un parcours de formation. Sylvie fait partie des ex-salariés Doux de Locminé, restés sur le carreau en novembre 2008. Malgré la fermeture de l’usine, elle retrouve très souvent

une quinzaine d’anciens collègues devenus amis. « On a été jetés comme des chiens », regrette-t-elle aujourd’hui. Avec recul, ces trentenaires et quadragénaires estiment que « cette fermeture a été salutaire » pour eux. Tous tentent de rebondir. EAN13 SylvieGRa0.9 T=15 ALBUM suivi une formation dans le transport. Elle a testé puis changé de voie. Sur ses quinze amis, trois ont retrouvé un CDI, dont une dans l’agro à Bignan. Les autres enchaînent les missions intérim et les CDD dans la restauration ou les services à la personne. Imprimé en France Edith* aussi. L’ex-ouvrière de production s’occupe de personnes âgées dans la région de Pontivy. Un an de chômage et quelques essais non concluants à la chaîne l’ont convaincue de quitter l’agro. Et de tirer un trait sur Doux. D’autres aimeraient y arriver. Notamment les plus âgés. Plus de 200 salariés du site locminois avaient plus de 50 ans et de 25 à 40 ans de boîte à la fermeture. Michel est de ceux-là. Lui, hanté par l’expérience Doux, n’a pas retrouvé de travail. Et continue de pointer à Pôle emploi. Elodie Bannier-Mouate elodie.bannier-mouate@lemensuel.com *Prénom d’emprunt

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ÉCONOMIE PASCAL ET GWÉNOLA PICARD À LANOUÉE

PROFESSION : ÉLEVEURS DE VERS

Photos Camille Guillevic

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Elle travaille dans le milieu hospitalier, lui dans l’aviculture. En créant un élevage de vers de terre à Lanouée, Gwénola et Pascal Picard parient sur une étonnante reconversion. Ils attendent de leurs 800 000 minuscules ouvriers une production annuelle de 400 t de lombricompost. Un minimum pour espérer vivre de cette activité.

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Sous la nurserie, Pascal et Gwénola retournent la terre en surface, à la recherche des lombrics. Ces vers de fumiers sont hermaphrodites. Le lombricompost, prêt à la vente, est stocké dans une grange du XVIIe siècle que le couple a retapé à l’identique. Elle sera prochainement transformée en boutique. Ce lombricomposteur peut accueillir les déchets de la famille qui seront dévorés par les vers et transformés en terreau. Gwénola assure n’avoir, dans son utilisation quotidienne, remarqué que de très faibles tentatives d’évasion de vers de terre.

ne pluie orageuse s’abat sur une ferme de Lanouée, au village de la Ville-es-Bottes. Les gouttes frappent violemment les toiles blanches d’une serre longue de 40 m. Pas de quoi perturber les 800 000 drôles de bêtes qu’elle abrite. Derrière les portes en fer, point de clapiers ni de poulailler. Seulement de longues bâches noires posées sur d’imposants tas de terre. Les animaux ne sont pas en cage. Ils se cachent dans le sol. Un coup de fourche suffit pour en voir grouiller des centaines. Dans cette étrange nurserie sont élevés… des vers de terre. Pas seulement pour servir d’appâts pour la pêche en rivière. Plutôt pour en faire des ouvriers. Sept jours sur sept, 24 heures sur 24, ils travaillent sans relâche pour fabriquer du lombri-compost, un terreau sans odeur prisé des connaisseurs. Leur patron ? Un couple de quadragénaires originaires du pays de Josselin. Gwénola, épidémiologiste de formation employée à l’hôpital local, et Pascal Picard, éleveur de dindes depuis vingtdeux ans. La crise de la quarantaine a impulsé au duo l’envie d’un changement de cap. Le contexte économique agricole morose a poussé Monsieur, qui exploite les terres de ses parents, à diversifier son activité. Un article sur une ferme lombricole bretonne et quelques rencontres avec des éleveurs, notamment à Marseille, ont fini par le décider. En 2010, Pascal décide de s’offrir de « nouveaux débouchés financiers » pour combler les faibles revenus apportés par la filière avicole. Le couple apprivoise, depuis, cette étrange de culture.

Il chouchoute sa main d’œuvre. Et en parle presque avec tendresse. « Nous leur avons installé une nurserie en mars 2011, se souvient Pascal. Elle leur assure une température entre 15 et 25°C. » Cette chaleur rendrait leurs ouvriers plus efficaces au travail. Les vers se développeraient aussi beaucoup mieux quand ils ont chaud. Pour preuve : la population de lombrics vivant sous la serre a été multipliée par dix en un an. Gwénola attrape une motte de terre à pleine main. Quelques lombrics rouges, roses et translucides, adultes et plus jeunes, pointent leur tête hors de la masse brunâtre. Chacun peut donner

CES 800 000 VERS DE TERRE PRODUISENT UN TERREAU : LE LOMBRICOMPOST naissance jusqu’à 250 descendants par an. De véritables bêtes de reproduction. « Attention, prévient l’éleveuse. Ils savent réguler leur population en fonction de la nourriture dont ils disposent. »

Un objectif : grossir Ces 800 000 vers de terre se révèlent être de très gros mangeurs. Pas de quoi gréver le budget de Pascal et Gwénola. Ces bestioles, qui vivent à la surface du sol, adorent les matières organiques en décomposition. Ils avalent du fumier de cheval, de vache et de dinde. Les lombrics n’ont pas de dents mais ne font pas les difficiles. Ils raffolent d’avocat –ils dévorent même le noyau– de peau de melon, de tomates pourries, de carton, de journal et de marc de café. « Les vers ingurgitent quotidiennement leur poids en nourriture », éclaire Gwénola. Soit moins d’un gramme par jour. Les déjections de cette main d’œuvre bon marché produisent le lombri compost. « La nourriture passe dans le tube digestif du lombric et se charge en phytohormones favorables à la croissance le mensuel/octobre 2012

des plantes », éclaire Pascal. Ce lombricompost serait, selon le couple, dix fois plus puissant que le compost classique, plus communément appelé le terreau. Un argument de vente infaillible espèrent-ils. Problème : pour que leur affaire soit rentable, les éleveurs de vers de terre doivent se muer en commerciaux pour écouler leur production. « Le château de Josselin utilise notre lombri compost pour les roses de la Duchesse, la mairie de Lanouée pour ses fleurs et la pelouse de son stade de foot. » Pas suffisant. La revente de leur production, aux particuliers, pépiniéristes, maraîchers, collectivités, reste un des obstacles majeurs au développement de leur activité. « Nous en avons déjà récolté 10 t en mars que nous avons mises en vente », détaille Gwénola. Elle et son mari visent plutôt les 400 t annuelles. Pour y parvenir, un seul moyen : faire grossir l’exploitation. Le couple imagine créer un lombri compostage à grande échelle, hors la serre. Son financement freine leurs ardeurs. A leur mise de départ de 10 000 € se sont déjà ajoutés 25 000 € investis dans l’achat d’un tracteur. Ils doivent à présent trouver 60 000 € pour lancer le lombri compostage en extérieur. Le duo reste confiant. Il conserve d’autres cartes en main. Pour sensibiliser les particuliers et les collectivités à leur activité, Gwénola et Pascal comptent sur leur lombri composteur. Un bac à étage, fait de plastique recyclé, vendu avec ses 250 g de lombrics soit quelques 500 vers de terre. Les acheteurs peuvent l’installer « dans leur cuisine ou leur buanderie ». Et reproduire l’exploitation des éleveurs de lombrics à l’échelle familiale, du tri des déchets jusqu’à l’obtention du terreau. Gwénola et Pascal espèrent surfer sur la vague écolo, impulsée par les Grenelles de l’environnement. Conscient de s’être lancé dans une aventure atypique, le couple se donne quelques mois pour pérenniser son activité. En attendant, il laisse passer l’orage.

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Elodie Bannier-Mouate elodie.bannier-mouate@lemensuel.com

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LES ÉCHOS DE L'ÉCO

489 000

COMMERCES BRETONS

boutiques en sommeil

La Pointe du Grouin arrive en tête des sites naturels les plus fréquentés de Bretagne avec 489 000 visiteurs d’avril à août, d’après le prébilan du comité régional du tourisme dévoilé en septembre. La fréquentation y a baissé de 6% par rapport à l’année dernière. Cette partie de la côte cancalaise attire toutefois plus que le Cap Fréhel (287 300), le Bois d’Amour à l’île aux Moines (59 400) ou le Trou de l’enfer à Groix (37 900).

NOMBRE ET DENSITÉ D'ÉTABLISSEMENTS COMMERCIAUX

6 932 + 1,2% 78

1,2

C’est, en millions d’euros, la somme débloquée par le conseil général du Morbihan pour soutenir sa filière avicole. La collectivité compte –il est vrai– 861 exploitations dont la plupart sont jugées vieillissantes. Le Département pourra financer jusqu’à 10% du montant des travaux d’agrandissement ou de rénovation. 60 000 m2 d’élevage pourraient être concernés d’après la collectivité. Une aide bienvenue après le séisme lié à la liquidation judiciaire de Doux. (lire p.38)

LA BRETAGNE COMPTE 25 648 COMMERCES SOIT EN MOYENNE 81 COMMERCES POUR 10 000 HABITANTS

Jean-Paul Roche évite le naufrage de Plastimo

NextEnergies monte en pression. La nouvelle filiale du groupe malouin Roullier, spécialisée dans l’installation de chaudières biomasse pour l’industrie, a annoncé le D.R. 5 septembre l’acquisition de Weiss. Son concurrent savoyard est davantage tourné vers la fabrication. Le groupe affiche son ambition de devenir le leader français du marché. Jorge Boucas avait créé NextEnergies en 2006. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires avoisine 10 millions d’euros. Par Xavier Thierry xavier.thierry@lemensuel.com

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5 031 Nombre d'établissements par département + 2,5% Evolution sur les 5 dernières années 86 Densité d'établissements pour 10 000 habitants

ÉTABLISSEMENTS COMMERCIAUX PAR ACTIVITÉ EN BRETAGNE Nombre d'établissements

Le patron de NextEnergies a de l’appétit

7 270 -0,3% 74

6 415 + 0,8% 90

WHO'S WHO

Le tribunal de commerce de Lorient a tranché le 14 septembre. Le patron d’Alliance marine, une entreprise de nautisme basée dans le Var, reprend Navimo Plastimo. Le D.R. fabricant d’équipements pour la plaisance basé à Lorient était en redressement judiciaire depuis le 25 mai. Jean-Paul Roche évite le naufrage, mais pas la casse. Au total, 58 des 140 emplois sont maintenus dans la ville aux cinq ports. Les filiales étrangères du groupe sont abandonnées.

5 031 + 2,5% 86

Evolution du nombre sur 1 an

Taux d'évolution sur 1 an

Taux d'évolution annuel moyen sur 5 ans

Généralistes

1 773

- 17

- 0,9 %

1,2 %

Alimentaire

4 685

- 13

- 0,3 %

0,1 %

- 0,1 %

0,8 %

+ 0,8 %

2,5 %

+ 1,7 %

2,3 %

- 1,6 %

0,5 %

Equipement de la maison Equipement de la personne

3 539 4 322

Hygiène-santé

5 389

Culture, loisirs et service

5 940

U

-3 + 36 + 90 - 97

ne première en dix ans. Le parc commercial breton a stagné en 2011, d’après un rapport de la Chambre de commerce et d’industrie de Région. Il a même légèrement diminué, puisqu’on recense quatre magasins en moins au cours de l’année. En 2010, une hausse de 400 unités avait été enregistrée. Comment expliquer ces chiffres ? « La crise », un fléau qui revient en leitmotiv. Elle frappe notamment les petits indépendants. C’est la clientèle de Martine Bouchard, responsable de Ouest négociations, agence qui gère un parc immobilier commercial en Bretagne. « Dès 2008, on a nettement senti ses effets », affirme-t-elle. Le nombre de fermetures a, par exemple, fortement augmenté (795) en Ille-et-Vilaine, sans que ces disparitions soient compensées par les quelques 271 reprises ou 476 créations. D’autres observateurs évoquent une bulle apparue ces dix dernières années. C’est le cas de Pierre Villebrun. Le directeur d’Urbicom travaille depuis Paris sur des dossiers d’implantation commerciale dans toute la France : « Des projets ont poussé partout. A un moment, on retrouve toujours les magasins comme Zara, Darty, qui n’ont plus d’espace pour se développer. » La loi n’a rien fait pour calmer les ardeurs des promoteurs. Depuis 2008, les commissions départementales d’aménagement commercial statuent sur l’autorisation d’ouverture des commerces de plus de 1 000 m2. Leurs membres débattent surtout de l’aspect architectural des projets et ne jugent plus la pertinence d’ouvrir un commerce dans telle zone de chalandise. Résultat : 90% des 117 dossiers d’autorisations en Bretagne ont reçu un feu vert en 2011. L’impact des drive sur les supermarchés ou du e-commerce sur les magasins plus « traditionnels » reste difficile pour le moment à mesurer. Mais de l’avis de tous, il explique aussi ces chiffres.

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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Source : Observatoire régional du commrece en Bretagne, données 2012

CHIFFRES


Q

uels sont les dix morceaux les plus originaux de l’année 2012 ? Telle est la mission que s’est donnée la toute première édition du Palmarès Le Mensuel. De nombreux groupes ont postulé. Vingt-deux artistes ont été présélectionnés par les partenaires de ce concours atypique : le mensuel du Golfe, L’Echonova, Noz’n roll et Le Bruit qui court. Les maquettes et autres démos ont ensuite été soumises au vote du public, sur Internet (lire ci-contre). Mais également à un jury national qui a réalisé son propre classement. Autour de la play-list ? Que du beau monde. Ont été enrôlés Mass Hysteria, groupe phare de la scène metal (lire p.49), Kem, programmateur des Eurockéennes, le chanteur Da Silva et la figure montante de l’electro Chapelier fou. Tous on joué le jeu et établi leur top 10. Nous avons ensuite additionné les points décernés aux morceaux selon les classements attribués par les jurés. Premier constat : leurs choix sont très hétérogènes. Aucun artiste ne se détache clairement. Tout s’est joué dans un mouchoir de poche, en tête comme en bas de classement. Seconde tendance : la scène morbihannaise apparaît majoritairement rock, folk… ou du moins en apparence. « L’electro n’est pas représentée. C’est dommage », note Pierre Pauly, directeur de L’Echonova. A entendre pour l’année prochaine ? « Dès 2013, la prochaine édition du Palmarès donnera certainement une vision plus précise de ce que représente la création dans la région. » En attendant ce second opus, vous pourrez découvrir les gagnants 2012 « en vrai », sur scène. Deux événements sont d’ores et déjà prévus. Un concert au Bruit qui court les 3 et 4 novembre, pour le Palmarès des internautes, et pour clore l’opération en beauté, une grande soirée le 19 janvier, à L’Echonova, sous la houlette de l’association Noz’n roll. Renseignements sur les concerts du Palmarès sur le site dédié de l’événement : http://palmares56.lemensuel.com

Ecoutez, ou réécoutez, toutes ces chansons en ligne, sur le site du Palmarès Le Mensuel.

À L'ÉCOUTE SUR PALMARES56.LEMENSUEL.COM

Le vote des internautes (lire LeMensuel.com) 1. Zilou, avec Les Sirènes (3 233 voix) 2. Rémi Pommereuil, avec The Wild coast (2 467 voix) 3. Drunken butterfly, avec Nexus 4. Daffodils, avec Bouge ton c… 5. Lah ssa, avec L’Immortel 6. Dirty søx in the kitchen, avec Love & hate 7. Topaz, avec La Vie est belle 8. Hitchin’ a ride, avec Summertime 9. Darez, avec Hors du temps 10. Live Wire, avec I’m going away

-L’Appât du gain, par A Cyano -N’ouian ket ken, par Brein -Bouge ton c…, par Daffodils -Hors du temps, par Darez -Love & hate, par Dirty søx in the kitchen -Nexus, par The Drunken Butterfly -Clever soul, par Geoffrey -Summertime, par Hitchin’ a ride -L’Immortel, par Lah Ssa -Tous pères, par Les Enfants de Morphée -I’m going away, par Live wire -The Omniscient man, par Mokana -The Wild coast, par Rémi Pommereuil -Kid on the floor, par Send you black kisses Lucifer -Shadows, par The Melistones -La Vie est belle, par Topaz -Les Sirènes, par Zilou

Avec

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LE JURY : CHAPELIER FOU

 C’EST MAL ENREGISTRÉ MAIS ÇA ME PLAÎT 

D.R.

Dans son classement perso, c’est The Melistones qui emporte la palme. « C'est mal enregistré, l'accent est moyen, la prise de voix loin d'être parfaite, mais ça me plaît. Un joli côté Randy Newman, brut de décoffrage. L'humour en moins », juge Chapelier fou. L’artiste a également apprécié Send you black kisses Lucifer. « Un morceau qui commence diablement bien. Beau boulot de production, un vrai son. Des solos de gratte qui en font un peu trop et un peu superflus. » Toujours critique, mais prenant sa tâche de juré à cœur, il revient aussi sur Hitchin’ a ride, avec summertime : « C'est un vrai tube. Mais un peu trop sucré à mon goût. »

GEOFFREY J’OFFRE « C’est la plus belle chose qui pouvait m’arriver ! Il y avait des pointures pourtant dans la sélection… et ils ont choisi le gars tout seul avec sa guitare ! » Dépaysement assuré avec le morceau vainqueur du Palmarès Le Mensuel. Clever soul reste résolument tourné vers la folk, mariant le « chant sacré avec le human beat box ». Son auteur, Geoffrey, 35 ans, avait cette chanson en tête depuis près de seize ans. Batteur à l’origine, l’artiste s’est mis à la gratte du jour au lendemain. « J’ai transposé ce que je savais à la batterie sur une guitare. Tout mon jeu vient des rythmiques, à la main droite. » Passé par plusieurs groupes, en mai dernier, Geoffrey sortait son premier disque autoproduit en solo. 800 exemplaires que ce Questembertois continue aujourd’hui de diffuser. Avec une idée en tête : devenir professionnel. « J’espère que les portes vont s’ouvrir avec Le Palmarès. » Le guitariste continue de démarcher pour trouver des dates, des concerts. « Je débute et, tout seul, ce n’est pas facile. »

Maxence_Gross

#1

DRUNKEN BUTTERFLY

Mathieu Ezan

L’actualité est chargée pour les Drunken Butterfly. Un CD pour la fin d’année, deux clips en instance de réalisation –dont l’un devrait être tourné dès octobre sous la houlette de Nicolas Jalu–, ce groupe elvinois compte marquer l’actualité musicale morbihannaise d’une pierre blanche, fin 2012 comme début 2013. Bien connus de la scène locale, les quatre musiciens des Drunken délivrent un rock alternatif qui a bien évolué au fil du temps. « D’abord indie, notre musique quitte peu à peu le mélodique pour un peu plus de son machine », explique Anthony Dieumegard, chanteur du groupe. En quasi six années d’existence, cette formation n’a jamais perdu de vue ses ambitions : Tourner, tourner et encore tourner. « Décrocher un contrat avec un label, bien sûr, on y pense. Mais c’est surtout après des dates que l’on court. » Le morceau récompensé, nexus, est à la base un mélange entre deux titres. « Chacun possédait des choses intéressantes qu’on a conservées pour aboutir à une nouvelle compo. »

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#2


LE JURY : MASS HYSTERIA

 AU FEELING… 

Pas de méthode mathématique ou d’algorithme secret pour Mass Hysteria… Comment ont-ils choisi leur palmarès ? « Au feeling… », lâchent-ils en guise de seul commentaire. Précis, concis et clair, comme dirait l’autre.

THE MÉLISTONES The Mélistones, c’est avant tout un duo piano-voix. Le style ? « De la chanson douce et calme dans un registre pop-folk », explique Mikael Ricros, musicien. La formation a été créée voilà un an entre Vannes et La Trinité-Surzur. Une dizaine de compositions sont toujours en cours de composition. shadows, le morceau proposé au Palmarès, est l’un d’eux. Aucun album n’est prévu pour l’instant. « On en a envie mais on n’a pas fait de planning, précise Mikael. On attend d’avoir sept à huit chansons pour se lancer. »

#4

Lionel Le Saux

D.R.

#3

Depuis l’annonce de sa création, il y a déjà plus d’un an, Send you black kisses Lucifer fait causer dans le pays vannetais. Les membres de ce groupe ne sont pas des inconnus de la scène locale. Formé notamment par deux ex-Reggiori, le compositeur de Palm et un ancien de Kill the sexplayer, SYBKL –pour les intimes et ceux parviennent à prononcer ce sigle– ne sonne comme rien de connu dans le Morbihan. Leur titre Kid on the floor présenté au Palmarès en est l’un des explicites représentants. Ce mélange de rock, d’ambiance lugubre et de western, dépote.

SEND YOU BLACK KISSES LUCIFER

D.R.

En solo ou en groupe, le projet de Rémi Pommereuil s’avère tout récent. Ses premiers morceaux datent de mars dernier. Pourtant ce jeune Alréen de 29 ans n’a pas attendu pour présenter ses travaux sur scène. En mai, il jouait en solo aux Nuits soniques d’Auray. A la rentrée, il ouvrait, en formation groupe, la nouvelle saison du centre Athéna. Sa patte ? Un mélange de rock, folk teinté d’electro. Aucun CD n’est encore prévu. « Je m’attèle d’abord à développer mon répertoire et à créer un réseau autour de mon projet pour le développer. »

#6 A CYANO

#5 RÉMI POMMEREUIL

C’est le premier choix du chanteur Da Silva, juré du Palmarès. Adepte de l’esprit Do it yourself, A Cyano est un trio qui commence à pas mal tourner. Le groupe mélange « subtilement atmosphère mélancolique et rythmes plus soutenus ». Le tout porté par un chant en français. Une denrée rare en ce moment. Electrique, la formule A Cyano se décline également en version acoustique pour les petits lieux et autres cafés concerts. Un album a déjà vu le jour : Dans le Secret des cercles. le mensuel/octobre 2012

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L’ECHONOVA

 ON A UN ÉCHANTILLON DE LA CRÉATION  Cela m’a permis de découvrir des projets comme Rémi Pommereuil. » Il faisait partie du jury de préselection des groupes. Pour Pierre Pauly, directeur de L’Echonova, le Palmarès est un échantillon de la création musicale en sudMorbihan. « D’année en année, ce concours pourra nous offrir une vraie cartographie des groupes locaux. » Avec un petit regret : « Pas mal de groupes dont on suit le travail –et qui ne manquent pas d’intérêt– n’ont pas participé. »

#7

Trois filles sont à la tête de Hitchin’ a ride. Julie s’occupe des paroles, Alison de la guitare et enfin Johanne a en charge la basse et le chant. Textes avec toujours une pointe français nourrissent leurs morceaux qui oscillent entre pop et folk. Le groupe a déjà goûté aux joies de la scène, notamment à Vannes. On a ainsi pu le découvrir à la Fête de la musique, en juin dernier. Hitchin’ a ride occupe également la toile avec de nombreuses vidéos, dont une captation de summertime, le morceau présenté au Palmarès.

DAREZ

Seul représentant du hip hop dans la sélection du jury national, Darez n’est plus une bleusaille « dans le milieu ». Arguant un rap conscient, il est le digne représentant de son collectif Musiquality. « Je me fais plaisir avant tout. Passer pro, c’est un peu utopique », lance ce Vannetais les pieds bien sur terre et des projets plein les poches. Pour son titre Hors du temps, Darez a voulu mélanger son synthétique et instrumental. Il a notamment travaillé avec Les Enfants de Morphée. Au final ? Un morceau de rap plutôt jazzy.

Rock français puissant. Telle est la définition que donne le groupe Lah Ssa de sa musique. En d’autres termes, ne vous attendez à des morceaux atmosphériques de plus de dix minutes. Cette formation de quatre musiciens, née en 2009 en pays questembertois, joue l’efficacité. Dévoreur de scène, Lah Ssa compte également envahir les platines fin 2012. Le groupe revient de Belgique où il enregistrait son tout premier album. Son nom : Il suffit d’être.

D.R.

#8

Lionel Le Saux

D.R.

HITCHIN’ A RIDE

#10 DAFFODILS

#9 LAH SSA

D.R.

« J’étais au chômage, explique Denis Blaise. Et ma femme me disait souvent de me bouger un peu… Du coup, j’en ai fait une chanson ! » Telle est l’origine du morceau Bouge ton c…, signé Daffodils. Estampillé rock français pur jus, ce groupe tourne dans la région depuis plus de six ans. Ces quatre musiciens jouent avant tout pour le plaisir. Daffodils demeure une passion qu’ils n’entendent pas laisser s’éteindre. Après de longues vacances de près de deux mois, le groupe devrait reprendre la route dans les prochaines semaines.

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MASS HYSTERIA

FEELING GOOD

Les Mass Hysteria ne se sont pas juste intéressés au Morbihan pour le Palmarès Le Mensuel. Le groupe phare de la scène metal s’est donné trois jours début septembre à L’Echonova pour mettre au point sa nouvelle tournée.

«A

u feeling et rien d’autres… » La méthode employée pour désigner les dix meilleurs morceaux du Palmarès Le Mensuel donne bien le ton. Pas de longs théorèmes ou de leçons dans le clan Mass Hysteria. Le plus grand groupe de metal de France affiche une sérénité et une décontraction étonnante aussi bien à la scène qu’en coulisses. Début septembre, Mouss et sa bande ont usé trois jours durant des planches de L’Echonova. Objectif : mettre au point leur nouveau set en vue de leur nouvelle tournée, liée à leur dernier album l’Armée des ombres. Lumière, son, jeu de scène… tout est passé au crible. Histoire d’offrir du neuf et d’envoyer du lourd. Ambiance

Lumière, son, jeu de scène… tout est passé au crible sombre et grand rideau de projection forment la pierre angulaire du show des Mass. Sur la scène, un technicien s’agite autour dudit rideau. La large bande de tissu de plus 10 m lui donne du fil à retordre. Elle doit d’adapter à tout type de salles. « Sinon on ne ferait que des show-case et pas du Bercy ! » L’homme se relève en riant, le regard tourné vers ses équipiers. Surprise : il n’est pas technicien pour un sou… mais chanteur ! Il s’agit de Mouss, le leader du groupe.

Gros son Brun, barbu, cheveux mi-longs, jeans délavé et t-shirt estampillé Jack Daniels, l’artiste troque le rideau pour le micro. « Quelle est la solution ? Quelle est la réaction ? Quelle est la bonne ? », chante-t-il. Au loin, dans un nuage de fumée artificielle mélangée à des relents de cigarettes, deux régisseurs sont aux manettes, calés derrière leurs consoles. « Essaie un chase ! » A deux pas, Biquet –de son surnom– veille au grain. Cheveux courts et bras tatoués pour une lourde charge sur les épaules : gérer les Mass. Il ne laisse rien passer. Biquet monte sur scène. Tous les musiciens le rejoignent. « Voilà comment ça va se passer. C’est

Photos D.P.

Mass Hysteria a pris trois jours à L’Echonova pour mettre en place son tout nouveau jeu de scène.

le dernier jour de résidence ici. Vous jouez encore deux heures avant la restitution. On répond ensuite aux interviews et on s’y remet. » Restitution ? Pour finir leur séjour à L’Echonova, les Mass Hysteria vont offrir à une centaine d’invités un aperçu de leurs futurs concerts. « Pas concert… une res-ti-tu-tion ! », se moque Mouss. Les musiciens n’ont pas goûté à la scène depuis près d’un an. Pourtant, chacun sait exactement où se situe sa place. La lumière s’allume. Le gros son caractéristique du guitariste Yann déferle. A une dizaine de mètres, Biquet reste concentré, les bras croisés. Un second titre enchaîne. Puis un troisième… Face à un public imaginaire, Mass Hysteria ne fait pourtant pas semblant. « Mets plus de sample dans les

retours », demande le bassiste. Le régisseur relance : « C’est bien. Mais vous jouez beaucoup dos au public. » Ce sera rectifié. Entre deux chansons, les pauses s’avèrent parfois longues en raison de multiples réglages. Un temps de repos que Mouss comble en se lançant dans une imitation improbable de Claude François. « Ça s’en va et ça revient ! » Danse et chant compris. L’heure sonne. La répétition est terminée. Aux portes de l’Echonova, attendent des fans du groupe. Tous sont venus assister à cette avantpremière qu’est la restitution. Les Mass auront à peine le temps de terminer leur « calage » avant de reprendre la route. « Pour les finitions, on verra sur place ! »

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::::: C U LT U R AMA ::::::::::::::::::::::::::::::::::::  TRANSMETTRE MA PASSION 

LES ARTISTES MORBIHANNAIS FONT LEUR RENTRÉE Palm, Drunken Butterfly, Darez… Près d’une dizaine d’artistes locaux sortent un CD ou EP dans les trois prochains mois.

> Auray, au cinéma latin. les 5, 6, 7 octobre à Auray. Plus de renseignements sur festivallatin.com

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MUSIQUE > VANNES Après la rentrée littéraire en septembre, les « zikos » vannetais inventent la rentrée chez le disquaire en octobre. D’ici à janvier 2013, près d’une dizaine d’artistes locaux sortiront un album, EP ou pistes sur le net. Le mouvement a été initié par les Dead Sailors fin août et la sortie de leur premier EP quatre titres. Les « marins échoués » ne débarquent pas. Le groupe compte notamment un membre de feu The Furs. Les Dead Sailors distilleront leur emo rock progressif pour la première fois sur scène à L’Echonova en novembre. Les Drunken Butterfly sortent eux un EP cinq Le groupe folk Palm sort un vinyle en novembre. titres en octobre. « Enfin, sourit Vincent Guihot, batteur et textes du groupe. Prévu de longue date, on l’a autoproduit. » Plus « efficace » et « électro », le groupe garde ses influences pour leur nouvel opus. Radiohead et Ghinzu en tête. Les quatre membres des Drunken préparent également le tournage de deux clips avec l’ancien Monsieur vidéo de Disiz la Peste. Helene Poirier

CINÉMA > AURAY Le premier festival de cinéma latin fait son apparition en Morbihan. Un concept déjà rôdé, importé en octobre à Auray par l’Argentine Carmen Perez Del Viso. Le Mensuel : Pourquoi avoir choisi Auray pour installer cette première édition du festival du cinéma latin en Bretagne ? Carmen Perez Del Viso : C’est le charme des rencontres de la vie. J’ai connu Auray il y a quelques années par l’intermédiaire d’un ami. J’ai alors pu apprécier son très bon cinéma Art et essai, les Arcades. Les échanges avec Yun et Sylvain Lecointre, les propriétaires, ont été déterminants. Il s’agira lors de cet événement de mettre en avant une vingtaine de productions. Il y aura des fictions, courts-métrages, documentaires et films d’animations. L’Argentine, le Chili, le Venezuela, le Mexique, le Brésil, la Colombie et l’Espagne seront représentés. Il est compliqué pour le non cinéphile de citer un réalisateur sudaméricain. Comment expliquez-vous cette difficulté qu’ont les bobines à traverser l’Atlantique ? L’argent est le nerf de la guerre. On peut noter une évolution. L’émergence des festivals en Europe a permis l’accès à ces films. La plupart d’entre eux sont d’ailleurs distribués par des Français. C’est le cas par exemple pour l’eléphant blanc de Pablo Trapero. Son film a été sélectionné au dernier festival de Cannes. Il sera également diffusé à Auray lors du festival. D’où vous vient cette passion pour le cinéma ? J’ai quitté l’Argentine à la fin de la dictature, il y a près de 25 ans. J’ai officié en tant que metteuse en scène au Teatro Colon à Buenos Aires. A mon arrivée en France, je me suis spécialisée dans le cinéma argentin. J’ai notamment monté ce festival entre 2004 et 2011 à Paris et en Normandie. Aujourd’hui, je compte transmettre ma passion à Auray. Propos recueillis par A.L.

UN ALBUM FIN 2012 POUR DAREZ Après avoir écoulé « plus de cent copies du dernier album sorti en 2011 », dixit le leader Thomas André, Palm revient en novembre. C’est sur vinyle que les cinq titres s’écouteront. Le tout en autoproduction. Le groupe s’élargit et passe de quatre à six membres. Calexico reste la référence pour le folk de Palm. « Pour conserver un effet de surprise, il faut rester discret sur le projet. » En rappeur aguerri, Darez cultive le mystère pour la sortie de son troisième album. En plein mixage, le Vannetais envisage la sortie de son dix-titres « pour fin 2012 ». L’été des festivals avec le tremplin des Vieilles Charrues et celui de la Fête du bruit a bouleversé les plans des Purple Mountain. « D’ici février on enregistrera un quatre ou cinq titres, précise Dorian Sims, le chanteur. » Prévu initialement pour la rentrée 2012, les deux membres du groupe comptent diminuer le nombre de concerts et « se concentrer sur la composition musicale et l’identité des Purple ». Hiver 2013, c’est également la date choisie par Send you black kisses lucifer. Ce nouveau projet expérimental… expérimente. Présents avec Kid on the floor dans le Palmarès le mensuel (lire p.XX), ils espèrent sortir un EP en février. A.L.

DERNIER RAPPEL POUR L’ENFANT ET LES SORTILÈGES SPECTACLE > SÉNÉ La troupe de La Clé de phare remet le couvert avec l’enfant et les sortilèges pour une représentation supplémentaire de cette œuvre classique de Ravel, le 22 octobre. 13 jeunes en situation de handicap, accompagnés de chanteurs lyriques venus de Paris remontent sur scène après le franc succès qu’ils ont connu en mai dernier. Comme l’explique une responsable, Hélène Liévois, il

est rare que des œuvres classiques soient mises en scène. Pourtant les jeunes sont très réceptifs à la musique. « Ils entrent en résonance avec elle », précise-t-elle. Une vingtaine de répétitions auront permis à chacun d’apprendre son rôle. Des séances qui peuvent durer de deux heures à une journée complète. « On leur demande beaucoup. Mais on leur donne aussi énormément », explique la metteuse

en scène. « Ils en ressortent plus autonomes et conscients de leurs capacités. » De plus en plus de personnes souhaitent y participer. Pour la première fois cette année, ils ont même dû en refuser. E.T. > L’Enfant et les sortilèges, lundi 22 octobre à 18 h, à l’espace Grain de sel de séné. A partir de 7 ans. spectacle gratuit, sur réservation uniquement au 02 97 76 56 75.

« Levez les mains, on dirait La Cage aux folles ! » Le rappeur Topaz, lors du tournage en public de son clip dans un bar à Vannes

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: CORINNE DUVAL Chorégraphe

 UNE CRÉATION AÉRIENNE… 

Lionel Le Saux

A 32 ans, Corinne Duval est une chorégraphe très active. Face à la demande croissante dans le département, l’artiste bretonne enchaîne les projets. Sa dernière œuvre, Montgolfière, sera sur la scène du Théâtre Anne-de-Bretagne le 8 janvier.

Pour la chorégraphe Corinne Duval, « ramollir n’est pas ralentir. »

Le Mensuel : Comment décririez-vous Montgolfière, présentée au Théâtre Anne de Bretagne (Tab) le 8 janvier ? Corinne Duval : C’est difficile à expliquer. Il y a plein de couches de lecture du mot montgolfière. On y trouve l’idée de déplacement, de voyage. C’est très aérien, avec un côté cotonneux. Le concept est aussi d’aborder un espace tridimensionnel. Nous sommes cinq artistes dont un éclairagiste. J’interviens sur scène et à côté. C’est le dernier volet de votre cycle d’étude sur la « danse molle ». Qu’est-ce donc ? Le premier projet remonte à 2009. en liberté dans la forêt invitait le public à projeter son désir de danse sur des artistes immobiles, de susciter l’imaginaire. Le concept, c’est ramollir pour ouvrir à d’autres possibilités de mouvement, à travers la représentation mentale. Le cycle a accouché de quatre formes : sieste foraine, Rocking, Hors de danger et montgolfière. A-t-il été difficile de monter ce projet ? Pour montgolfière, je suis soutenue par plusieurs

partenaires. La ville de Séné, les centres culturels Grain de sel et L’Hermine, le Tab et l’Association pour le développement des arts vivants dans le Morbihan. Tout s’est mis en place assez facilement. Quand on avait des doutes sur l’ouverture du centre culturel de Séné, le Tab a proposé d’accueillir la représentation. Finalement, Grain de sel va m’accueillir en résidence du 10 au 30 novembre. Le dernier jour, à 19 h, une sortie de fabrique sera gratuitement ouverte au public. Une représentation de montgolfière proche de la version finale. Vous êtes née à Saint-Nazaire et habitez Rennes mais tout semble tourner autour de Séné. Après une année à Vannes, j’ai habité Séné de 2004 à 2007. Mes enfants y sont nés. C’est aussi là qu’est basée Dreamcatchers, une compagnie de danse créée en 2011, dont je suis la directrice. Je ressens une demande sur le territoire, avec une très bonne réception des projets. Les professionnels sont attentifs. C’est sûrement démagogique de dire ça, mais je pense qu’il y a une vraie prise de risque.

Avez-vous d’autres projets dans le secteur ? Suite à des représentations, plusieurs retours de personnes m’ont incité à monter des ateliers. On va donc proposer aux gens un temps de pratique sur neuf rendez-vous mensuels répartis sur Séné, Sarzeau et Vannes. D’octobre à décembre, les ateliers tourneront autour de montgolfière. Les trois mois suivants, le thème sera « Travailler à la manière de… », pour jouer à imiter des grands chorégraphes. Au printemps, on travaillera en extérieur autour des paysages habités. Par ailleurs, je fais une ouverture à la Voilerie le 20 septembre. Je songe également à un projet de film dont le thème serait « La danse qui existe déjà », dans notre quotidien. Propos recueillis par Pierre-Alain Trochu morbihan@lemensuel.com > montgolfière, mardi 8 janvier 2013 au Théâtre Anne-deBretagne à Vannes. Tarif plein : 22 €. Renseignements : 02 97 01 62 00 ou www.mairie-vannes.fr > Retrouvez les projets de Corinne Duval sur Internet : www.ciedreamcatchers.net

« Il y a une demande en Morbihan » le mensuel/octobre 2012

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::::: C U LT U R AMA ::::::::::::::::::::::::::::::::::::

CD > MORBIHAN le groupe de reggae morbihannais, san Jyla, sort son nouvel album Reason of man le 5 octobre à l’Asphodèle de questembert. nino, guitariste et choriste du groupe, nous en dit un peu plus. Le Mensuel : En plus du nouvel album, vous accueillez aussi un nouveau membre dans le groupe ? Nino : Yoann, au clavier, a décidé de partir et de passer à autre chose. C’est vrai que c’est un investissement important et il a estimé que c’était le moment pour lui de faire d’autres choses. Jean-Charles, autrement appelé « Juan Carlos », claviériste du groupe nantais Nomad spirit, est venu le remplacer. Du coup il a amené sa touche au groupe. Et nous a permis d’évoluer aussi. Des nouveautés pour ce nouvel album ? C’est le premier CD entièrement enregistré en studio. Pour les deux autres opus, on écrivait des morceaux indépendants les uns des autres et on les réunissait sur un album. Cette fois-ci, on a pensé l’album dans son intégralité avec ses douze morceaux. Des coopérations avec d’autres artistes ? On a collaboré avec Florian de More bass please. On aurait aimé travailler avec d’autres groupes. Mais ça a été un peu compliqué. Notre notoriété ne nous permet pas de travailler avec tout le monde et on a visé haut avec des délais trop courts. On a aussi eu quelques déconvenues, notamment lorsqu’on a contacté un festival reconnu de reggae pour voir s’il pouvait nous aider et qu’il nous a clairement fait comprendre qu’il monnayait leurs contacts. E.T.

BARS’N BREIZH FAIT ESCALE À VANNES

Après Bars’n Rennes, Morlaix, Saint-Brieuc et Saint-Malo, le festival Bars’n Breizh fait escale cette année dans deux nouvelles villes. Bars’n Lorient a lieu le 19 octobre et Bars’n Vannes le 20. Le but du festival est de promouvoir des groupes émergents à travers des bars locaux. A Vannes, ils sont cinq à jouer le jeu, parmi eux, Le Bruit qui court. Pour Benoît Michaud, son gérant, et président du collectif Culture Bar-Bar en Morbihan, cela répond à « une réelle demande de groupes morbihannais, mais aussi de toute la France, qui cherchent des scènes » pour se faire connaître et partager de bons moments avec un public et une ambiance différents de ceux des salles de concerts. Il sera alors possible lors de Bars’n Vannes d’en découvrir ou redécouvrir certains comme Cristel Vars ou Talkin Dumbs. A travers ces cinq bars et leurs différents concerts, c’est aussi l’occasion d’une balade à travers la ville au rythme des accords de musique et des tintements de verres.  DES MANIFESTATIONS ENCORE TROP PEU NOMBREUSES  Après Bars’n Vannes, le 20 octobre, c’est le BarBar festival qui prendra place fin novembre dans les troquets de la cité des Vénètes. Là encore, des concerts sont prévus dans les quatre coins de la ville puisque huit bars y participent. « Deux ou trois manifestations de ce genre dans l’année, c’est encore trop peu, il en faudrait une tous les mois », explique Benoît Michaud. Pour lui -qui organise un concert toutes les semaines- la communication autour de ce genre d’événement est une aubaine.

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SAN JYLA :  ON A PENSÉ L’ALBUM DANS SON INTÉGRALITÉ 

Elle permet aussi à d’autres bars dans le Morbihan de se lancer. Coté clientèle, les cafés culturels proposant des concerts sont aussi très prisés des jeunes comme des moins jeunes. A long terme, c’est la diffusion d’une nouvelle façon d’envisager le bar et de voir au-delà du débit de boisson. Véhiculer une véritable « culture bistrot » à travers les « cafés cultures » qui proposent des concerts mais aussi des projections de films, du théâtre… E.T. > Bars’n Vannes, samedi 20 octobre. Bars participants : Le Bruit qui court, Le Buveur de Lune, Le Chat qui grogne, Le Saint-Nicolas et Les Valseuses. Renseignements sur www.barsinbreizh.com.

LES IMAGINAIRES DE BROCÉLIANDE, UN FESTIVAL BIEN RÉEL FESTIVAL > PLOËRMEL Les Imaginaires de Brocéliande, festival du fantastique, souhaitent révéler au grand public l’univers méconnu de Brocéliande. L’occasion pour petits et grands de se plonger dans cette forêt, connue pour être le théâtre des légendes arthuriennes. De nombreuses manifestations auront lieu à travers tout Ploërmel communauté. Elles commenceront le 31 octobre, veille

de la Toussaint, nuit de Samhain, moment important dans la culture celtique, propice aux événements magiques. Au Roc Saint-André, ce sera l’occasion de brasser la bière du Samhain. L’incontournable Pascal Lamour, électro shaman donnera un concert le 1er novembre et interprètera le Chant de la mandragore en compagnie notamment de Gilles Servat. Les festivités prendront fin, le

4 octobre, avec la présence d’auteurs et d’illustrateurs lors des deux jours du Salon du livre fantastique. De nombreuses activités sont aussi au programme comme des balades contées en forêt de Brocéliande ou des projections de films. E.T.

> Les Imaginaires de Brocéliande, Ploërmel Communauté. Du 31 octobre au 4 novembre. Balades contées, concert et projections payantes, renseignements sur http://imaginairesdeb.canalblog.com.

« Je décroche et il me dit : "Allô, c’est DJ Zebra." Ouaw ! » Miguel Beaumont, disquaire à l’Espace culturel Leclerc de Vannes

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LYSE EST MORT, VIVE KILLROY !

5 BONNES RAISONS D' Y ALLER

LE FESTIVAL LA DENT CREUSE

Mathieu Ezan

MUSIQUE > VANNES « Lyse n’est plus d’actualité. » La sentence est signée CharlesAlexandre Sims, ancien membre du groupe de rock vannetais. L’un des premiers à avoir été parrainé par L’Echonova. « En sept ans, on est allé au bout. Je ne renie pas le groupe. Mais il faut passer à autre chose. » Lyse comprenait les trois frères Sims et Ronald Doucet, le batteur. Ce dernier a créé les Purple Mountain (lire p. 50) avec Dorian Sims. La page est en passe d’être tournée chez Charles-Alexandre. Le musicien a lancé, avec son autre frère, Killroy. Ils se sont entourés d’un batteur lorientais de 21 ans. « On s’est posé la question de continuer la musique », se souvient le bassiste. Depuis janvier, les trois membres de Killroy créent, composent, répètent. Avec Queen of Stone Age ou Triggerfinger dans les écouteurs. « Ça reste du rock, mais encore plus épuré. C’est chanté en anglais. Le tout avec un son massif et des voix aériennes », précise Charles-Alexandre Sims. Si Killroy a mis quelques fois les pieds dans la salle de musiques actuelles lorientaise (MAPL) et à L’Echonova à Saint-Avé, le gros des répétitions s’effectue chez le batteur à proximité de Lorient. La sortie d’un EP est en projet. Aucune date n’a encore été fixée. A.L.

ÉCHos

LES ARTISANS: LES THÉÂTRE FILMEURS COMPAGNIES EN TROUPE OCCUPENT L’ESPACE crème du théâtre amateur «LaPorter un regard différent sur la manière débarque au Palais arts d’ occuper l’espace », dixit lesdes Artisans de Vannes. Cororganisé filmeurs. En octobre, l’association projette cette documentaires année par l’association quatre sur la thématique Arts en scène, le festival à Saintde « l’habitant ». Expropriations Effervescences existeautoroute depuis Denis, construction d’une 2003.le désert Itinérant ce rendez-vous dans tchadien, critiques de se constitue de à l’habitat. Le toutd’extraits à la salle du Cairn spectacles, d’ateliers, Larmor-Baden.

L’APPEL DE L’ECHONOVA AUX AMATEURS Après l’accompagnement et ledeparrainage groupes, temps dedes pratiques… L’Echonova metprogresser en place une 3e De quoi faire étape pour letoutes soutienlesdes musiciens ensemble troupes amateurs. Ce dispositif participantes, venuesestdeconsacré tout exclusivement le Morbihan. aux Cet néophytes événement, de 25 ans. 3 groupes quimoins a lieudevendredi 4 et samedi seront sélectionnés par un jury. Les 5 novembre, est ouvert à tout candidats ont jusqu’au 15 octobre curieux. Renseignements sur pour postuler. www.artsenscenes.fr

LE ALAN FESTIVAL SIMON DE PLUVIGNER CHANTE JEANMICHEL CARADEC MAL ENGAGÉ Ames sensibles, venir !du Alan Simon La dernière édition festival chante Jean-Michel parolier de Pluvigner a étéCaradec, un échec. poète800 disparu il y a 30 Avec entrées surans. lesEn2 faisant 000 vibrer la corde humaine, Alan Simon espérées, l’événement a connu exhume avectrou justesse un sérieux d’air.Ile,« Ma LesBretagne quandsont elle pleut, Mai 68… gens moinsPorstsall, sensibles à finistérien entame sa tournée laL’artiste culture bretonne », tente à Locoal-Mendon, samedi 15 octobre. d’expliquer Michel Le Henanff, de Renseignements sur 15 Août. l’association Comité http://hoari.wordpress.com Le président prend également sa

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Le festival La Dent creuse revient samedi 20 octobre pour sa 10e édition. Rock et reggae au menu avec Le Peuple de l’Herbe, Hollie Cook ou encore les Trois Fromages. Les organisateurs donnent cinq bonnes raisons de se déplacer à Guéhenno.

Un festival bien implanté. 10e édition… ambiance brillante !

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Une soirée en salle. Pas d'attente sous la pluie.

Le Dent creuse ne plombe pas ton budget ! 14 € en réservation

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La Dent creuse te soigne : restauration, parking, camping, etc.

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Une programmation bien mâchée ! Quatre groupes de qualité à découvrir ou à retrouver.

> La Dent creuse, samedi 20 octobre à Guéhenno. Renseignements sur www.ladentcreuse.org

TRAFIC D’INFLUENCE part de responsabilité. « On a vécu AUTOUR DEpoursuit LA PHOTO sur nos acquis, Michel Le La galerie associative Henanff . Ce n’est plus imaginable lorientaise Le Lieu cela. ouvre» de continuer comme rencontres Les 19 Avec unemanque à gagner d’environ du du pays de 10photographiques 000 €, l’édition 2013 festival Lorient, 22 octobre. ne se fera samedi probablement pas. « Cet Pendant deux neuf événement existemois, depuis plus de d’artistes investissent 70regards ans. Une réunion est prévue sept d’expo. en fin espaces d’année ou début Réunis 2013. autour de laalors photographie, On décidera de l’avenir du ils affichent leurs influences festival. »

VANNES AGGLO EN TROIS soufflées parSElePLIE cinéma, la Lalittérature, communauté d’agglomération la peinture… deDes Vannes lancera prochainement nouveautés pour cette son trimestriel. L’offre culturelle édition : une conférence à devrait trouver sa place l'UBS, yune émission deselon radio Pierre Le Bodo, en public, uneprésident journéede de Vannes Agglo : « Notre proposition stage de ouverte à tous, enainsi matière de culture manque qu'une programmation encore de visibilité. Si elle n’a Off avec trois expositions pas vocation à écraser celles des supplémentaires. communes, notre offsur re mérite Renseignements d’être encore mieux connue. » www.galerielelieu.com

S’informer à tout instant sur www.LeMensuel.com

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SPORT

MICHEL GENSON Conseiller technique du Vannes volley-ball

 JE SUIS À MA PLACE  Après un détour par l’entraînement de l’équipe féminine de volley-ball de Nantes. Michel Genson, qui était il y a quatre ans le coach de l’équipe masculine, revient à Vannes. Cette fois-ci en tant que conseiller technique de l’équipe féminine.

Le Mensuel : Vous sortez d’une rupture douloureuse avec le Nantes VF. Que s’est-il passé ? Michel Genson : Ils m’ont écarté pour les mêmes raisons qui les ont poussés à me faire venir. Ils voulaient que je dynamise le club, que je le médiatise et le professionnalise. Tous les objectifs ont été atteints. Ils estimaient tout savoir maintenant et voulaient mettre l’enfant du club, Sylvain Quinquis, à la place de premier entraîneur. Mais les résultats n’avaient rien à voir. Si on avait fait 5e, j’aurais quand même été écarté. Visiblement je gênais. Pourquoi être revenu à Vannes ? Lors du dernier match de la saison à Cannes, un sympathisant du club de Vannes est venu me féliciter. Il m’a expliqué la situation à Vannes et quand je lui ai dis qu’à la fin de la saison j’étais viré du club de Nantes, il a proposé de m’aider. J’ai eu d’autres propositions, mais rien de concret. J’ai choisi de revenir à Vannes entraîner les filles à la condition de ne pas être entraîneur. J’ai un statut de conseiller technique. C’est une place que j’apprécie où je peux mettre à profit mon expérience du volley-ball. Que ce soit sur des questions d’entraînement, de communication… Qu’est-ce-qui a changé depuis votre départ il y a quatre années ? A l’époque où j’étais à Vannes, avec l’équipe masculine, les gens étaient flamboyants. Ils voulaient aller trop vite, trop tôt. Maintenant ce sont des personnes d’ambition mais qui savent être mesurées. Ils prennent leur temps. C’est un grand changement de mentalité du club avec une structuration très forte à tous les

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niveaux. C’est ce que je leur ai expliqué d’ailleurs. S’ils veulent monter en Pro, il faut tout monter en même temps, que ce soit le niveau de jeu, les effectifs, l’infrastructure. Pourquoi avoir choisi Thibaut Gosselin pour le poste d’entraîneur ? Il fallait quelqu’un de jeune, d’ambitieux qui s’investisse dans le club. Une personne moderne qui maîtrise aussi tout le côté technologique. Sa place de statisticien de l’équipe de France était un avantage. Ça aurait été mieux

« On a pour

objectif de monter en Pro A en deux ans

»

s’il avait une expérience d’entraîneur en N1. Mais il compense par beaucoup de volonté. Il y a aussi le fait que je le connaissais. Je savais de quoi il était capable. C’était un vrai atout pour moi et pour l’équipe. Est-ce-que vous cogérez l’entraînement avec Thibaut Gosselin pour compenser son manque d’expérience ? Je m’investis dans l’entraînement. Je porte parfois le survêt’. Je fais profiter de mon expérience. Mais je ne suis plus entraîneur. C’est une volonté de ma part. Je ne serai pas assis sur le banc lors des matchs sauf cas extrême ou problème grave. Mais

Thibaut est bien entouré avec ses assistants (samuel Frey et sveltana ivanova, nDlR). Il n’y a aucun danger. Je ne ferai pas non plus partie de tous les déplacements à l’extérieur. Quel rôle avez-vous tenu dans le recrutement des joueuses ? J’ai eu un rôle de premier plan. J’ai fait jouer mon réseau, mes connaissances et j’ai eu le droit de refuser celles que je ne trouvais pas intéressantes. Une sorte de droit de veto. Pour le reste, elles sont venues à nous. Elles n’ont pas hésité en raison de la bonne politique du club dont je suis un symbole. Gros coup de filet avec la libéro péruvienne Vanessa Palacios. Comment avez-vous fait ? C’est le hasard qui nous l’a amenée. Elle est première libéro en Espagne et elle cherchait à rejoindre le club de Nantes qui a choisi de ne pas l’intégrer à son effectif. Elle allait se tourner vers Quimper quand quelqu’un lui a soufflé qu’il y avait une vraie équipe à Vannes. Vu son niveau, on a concédé quelques privilèges. Notamment qu’elle habite à Nantes et qu’elle ne fasse pas tous ses entraînements à Vannes. Elle s’entraînera à Nantes le mardi, avec des hommes et le mercredi aussi elle y restera pour la musculation. Habitant moi-même sur Nantes, je l’encadrerai lors de ces moments. La cohésion n’est-elle pas difficile avec autant de joueuses étrangères ? L’idéal aurait été moitié-moitié. Mais Vannes n’est pas encore connue et c’est difficile d’attirer des joueuses françaises. Mais si nous avons de bons résultats et que nous terminons à une bonne position, cette bonne réputation nous rendra les choses


Michel Genson a entraîné Nantes avant de s’occuper de l’équipe féminine vannetaise.

Lionel Le Saux

plus faciles. Pour le moment, la mayonnaise a pris rapidement entre les filles. On a fait un stage remarquable à Riantec. Est-ce-que l’une d’entre elles se dégage du lot ? Pour le moment aucune n’occupe une place de « star ». On ne sait pas encore qui sort du lot. Et pour l’instant, c’est une bonne chose. On verra par la suite si les choses évoluent. Ce que je leur dis parfois, c’est que si elles restent unies, il ne peut rien leur arriver sauf d’être vaincues par plus fort. Mais, en tout cas, pas par plus faible.

Quelles sont les ambitions du club ? On a pour objectif de monter en Pro A en deux ans. Bien sûr si c’est possible de monter dans l’année, on le fera. Et si ça doit prendre trois ans, on les prendra. Pour cette année, on veut surtout faire une meilleure place que l’année dernière. Etre dans les cinq premiers du classement. Ce sont cinq gros clubs qui sont devant nous avec de plus gros budgets. Nous partons avec un petit handicap. La pente est un peu plus rude dès le début. Mais j’ai la conviction que nous

avons les moyens de finir en tête. Est-ce-que Vannes sera votre dernier club ? Je ne sais pas, sûrement que non. J’aime les challenges. Je suis bon dans les débuts d’aventure et j’aime ça. Après, beaucoup trop de gens viennent ronger les os. Je n’aime pas ça. Je reste rarement longtemps dans un club. Quatre ans au volley, c’est déjà long. Il faut veiller à ne pas signer le contrat de trop. Propos recueillis par Elise Tallec morbihan@lemensuel.com

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SPORT VOILE RADIOCOMMANDÉE

 SKIPPERS 

AUX MANETTES La voile radiocommandée a de nombreux adeptes dans le département. Ce dynamisme dans la région a conduit Ploërmel à accueillir les premiers championnats du monde de la discipline depuis 2006. Découverte d’une discipline technologique et tactique où la compétition est reine.

L

e lac au Duc de Ploërmel accueillera un championnat du monde de voile en octobre 2012. Mais sur les embarcations, il n’y aura personne à bord. Les « skippers » seront à terre et piloteront leurs voiliers radiocommandés. Entre neuf et dix nations, soit 86 bateaux, se retrouveront sur le plan d’eau ploërmelais. La dernière édition du Mondial de voile radiocommandée, a été disputée en 2006 à Fleetwood, à côté de Glasgow. Si la commune morbihannaise est l’heureuse élue, ce n’est pas un hasard. Le Morbihan est la région française dans laquelle l’activité est la plus développée. Une vingtaine de passionnés s’entraînent sur l’étang au Duc de Vannes. Dix d’entre eux régatent en compétition et cinq figurent parmi les dix meilleurs français. Paul Blonce est de ceuxlà. L’homme, qui travaille dans la plaisance, est classé deuxième de la discipline.

Histoire de naviguer par tous les temps à une vitesse qui peut aller jusqu’à trois ou quatre nœuds. « En moyenne, un bateau honnête, apte à la compétition, coûte entre 1 500 et 3 000 €. 5 000 € pour le très haut de gamme », évalue celui qui aime la voile sous toutes ses formes. Il existe deux classes en multicoques et sept en monocoques. Deux d’entre elles sont particulièrement actives : les « un mètre » et la classe Malbrehead dans laquelle Paul concourt. Ce sont des monocoques de 1,28 m avec un mât imposant de 2,40 m et une dérive de soixante centimètres.

« Un jeu d’échecs » Côté course, « c’est un jeu de placement, un vrai jeu d’échecs », résume-t-il. Ancien navigateur, Paul affirme que ces bolides

Une belle technologie Aux manettes de son voilier miniature, il gère le gouvernail et l’écoute, le cordage qui oriente la voile pour les novices. Ces bateaux, « qui n’ont rien à voir avec du modélisme », sont des produits « très pointus ». Ils sont fabriqués tout en carbone, passés au four, et disposent d’une panoplie de six mâts pour chaque compétition.

Environ 65 concurrents s’affronteront sur le plan d’eau du Lac au Duc à Ploërmel.

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Photos Lionel Le Saux


Paul Blonce, un passionné

B

ilan famélique pour les athlètes morbihannais aux Jeux. Un sportif natif du département sur huit a décroché une médaille à Londres 2012. Après le zéro pointé en valide, tous les regards étaient tournés vers les paralympiques, présents du 29 août au 9 septembre dans la capitale anglaise. La pongiste Audrey Le Morvan a été éliminée rapidement. Le « voileux » carnacois Eric Flageul a échoué au pied du podium avec son équipage en sonar. L’Avéen Ludovic Lemoine sauve l’honneur. Le fleurettiste ramène, lui, l’argent. VOILE // JEUX OLYMPIQUES

L

Mickaël Rinquin morbihan@lemensuel.com

FRANCK CAMMAS À RIO EN 2016 ?

e skipper Franck Cammas pourrait délaisser un temps Groupama pour se consacrer à la préparation des Jeux olympiques 2016 à Rio. Le vainqueur de la dernière Volvo ocean race devrait intégrer l’équipe de France. Une ambition liée au retour du catamaran, nacra 17, pour les prochains Jeux. En pleine réduction budgétaire, Groupama renégocie actuellement le contrat de son skipper. Une participation à la prochaine Volvo ocean race, en 2015, serait dans la balance. En attendant, Cammas drive l’équipe italienne Luna Rossa, en vue de la prochaine Coupe de l’America.

Bataille navale Il arrive que les bateaux se frottent pendant les courses car le pilotage est complexe. Et les conditions donnent parfois du fil à retordre à ceux qui détiennent les manettes : « Selon les dispositions, il arrive qu’on ne voit plus le bateau. Il y a parfois des chocs. » Même si cela est rare, Paul Blonce avoue « avoir vu un bateau couler après un choc ». Il faut dire que le combat est parfois âpre. La pratique est amateur. Mais les compétiteurs défendent chèrement la coque de leurs embarcations : « Je me souviens d’une épreuve en Angleterre où les participants couraient le long de la berge. Certains tombaient mais continuaient à piloter avec de l’eau jusqu’à la taille. » En France, il y a une « zone de pilotage ». Cela est plus calme même si les commissaires en prennent autant pour leur grade. « Nous ne sommes pas toujours très tendres avec eux. A la fin des compétitions, le jury n’en peut plus », sourit Paul Blonce. Mais qu’on se rassure. « Une fois la course terminée, tous les participants se retrouvent. Le but, c’est d’être entre copains. »

UNE BRELOQUE POUR LES MORBIHANNAIS

©Thierry_Quehen

« fonctionnent exactement comme un voilier grandeur nature. C’est pour cela qu’il y a les mêmes règles de course ». Pourtant tout ce qu’il a appris sur l’eau ne sert à rien. « On repart de zéro. Je pensais arriver et battre tout le monde et j’ai terminé dernier de mes deux premières épreuves », confie le passionné. Les régates durent entre dix et quinze minutes et chaque manche voit s’affronter « un maximum de vingt bateaux ». Techniquement, pour éviter que les multiples fréquences n’interfèrent entre elles. Visuellement, pour pouvoir repérer facilement son bateau parmi la flotte. Pour les premières régates, le plateau est divisé en plusieurs poules où les « skippers » sont tirés au sort. A l’issue des premières régates, de nouvelles poules « de niveau » sont créées en fonction des places obtenues. Chaque régate donne ensuite lieu à un classement avec un système permanent de montées et de descentes. Il n’y a pas d’éliminé. Le cumul de points à l’issue de la période de régates donne le classement final.

ÉCHOS SPORT

«Les bateaux fonctionnent exactement comme un voilier grandeur nature. »

LONDRES 2012 // PARALYMPIQUES

FOOTBALL // LIGUE 1

Le championnat du monde de voile radiocommandée Classe Marblehead se tiendra du 14 au 21 octobre à Ploërmel. La précédente édition s’était déroulée en 2006 à Fleetwood en Angleterre. La prochaine aura lieu en 2014, à Gouda en Hollande. Français, Anglais, Italiens, Américains, Belges ou encore Danois. Près de soixante concurrents s’affronteront sur le lac au Duc. Loïc Bothorel et Paul-Hervé Blonce, sociétaires du Club nautique ploërmelais, défendront les couleurs du Morbihan.

E

DE LANESTER AU PARC DES PRINCES

ntré en jeu à cinq reprises lors des cinq premières journées de Ligue 1, Gaëtan Courtet s’installe tranquillement dans le groupe rémois. Après avoir fait ses classes à Lanester, le n°9 intègre la réserve des Merlus sans vraiment s’imposer. Il s’exile alors au Stade de Reims en Ligue 2, en décembre 2010. Un cancer le stoppe dans sa progression à l’été 2011. Après deux phases de trois semaines de chimio, il réintègre le groupe rémois à la rentrée pour une montée en fin de saison dernière. A 23 ans, Courtet signe son premier but dans l’élite face au champion montpelliérain. Samedi 20 octobre, il compte remettre ça face au PSG de Zlatan Ibrahimovic. FOOTBALL RUGBY // TOURNOI // VANNES SANIX

LE LYCÉE LESAGE AU PAYS DU SOLEIL LEVANT

«O

n représentera la France ! » C’est avec fierté que Catherine Chardon, coach de la section rugby du lycée Lesage de Vannes, l’annonce. Sa structure a été sélectionnée pour participer au tournoi Sanix, prévu au Japon. Anglais, Néo-zélandais, Australiens, Sud-Africains… Le gratin du rugby junior à XV se donne rendez-vous pendant les vacances de Pâques. L’organisation prend en charge les frais sur place. « J’ai demandé à mes élèves de démarcher des sponsors en Morbihan, détaille Catherine Chardon. Ils pourront financer leur billet d’avion. » le mensuel/octobre 2012

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::::: RESPIRER EN MORBIHAN :::::::::::::::::::::: L'INSTANT POLA PAR DAMIEN GUERRIER

LE SPOT

GILLES

Archives le mensuel

LE PASSAGE DE SAINTARMEL

nt social à Vannes

R

ecoin du Golfe parfois oublié des touristes, le passage de Saint-Armel est pourtant un endroit idéal pour une balade à pied. Lieu autrefois fréquenté puisqu’il permettait à marée base de rejoindre Séné, il n’en est pas moins intéressant à visiter. L’occasion d’admirer les petites îles de Quistinic, de Corn Bihan ou Tascon et de pique-niquer aux bords des salants.

Damien Guerrier

Gilles, 39 ans, assista

U

C. Wachthausen

n message dans une bouteille lancée à la mer sans aucune garantie que celui-ci arrive à destination et auprès de la personne concernée. C’est ainsi que commence l’histoire de la famille de Gilles, par un heureux hasard. A l’heure où Internet n’existait pas, « ma grand-mère maternelle avait diffusé une annonce dans la presse pour retrouver une de ses meilleures amies qu’elle avait connue en Algérie ». Nous sommes en 1963, quand dans un climat de terreur et avec la volonté de vouloir échapper à la mort, ceux qui allaient devenir les parents et grands parents de Gilles se voient dans l’obligation de quitter l’Algérie. Réparties aux 4 coins de la France, « des personnes se sont retrouvées sans rien, une main devant, une main derrière ». Une voisine est tombée par hasard sur la fameuse annonce. « Mon père a alors pris sa Dauphine avec sa mère. » Quatre heures plus tard les deux familles se retrouvaient de nouveau.

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LA PREFECTURE DE VANNES, UN PATRIMOINE CACHÉ

Lionel Le Saux

Armé de son vieux pola, Damien Guerrier sillonne le Morbihan à la rencontre de ses habitants. Des gens « de tous les jours » à qui il vole un instant de vie. Des petits moments qui, comme dans la vie de tout un chacun, peuvent bouleverser un quotidien. Telle la madeleine de Proust. A retrouver aussi sur www.instantpola.blogspot.com

HISTOIRE DE PATRIMOINE

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our bon nombre de personnes, l’évocation de la préfecture rappelle souvent l’attente pour une carte grise ou un renouvellement de carte de séjour. Pourtant la préfecture de Vannes est bien plus que ça. Inaugurée le 23 août 1865, ce bâtiment de style Louis XIII est un élément caché du patrimoine vannetais, ouvert au public uniquement lors des Journées du patrimoine. On raconte qu’il était aussi destiné à servir de résidence d’été à Louis-Napoléon, prince impérial et fils de Napoléon III. Il est surplombé, en son parc, d’un chêne qui pourrait avoir plus de 250 ans.


Lionel Le Saux

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U MAÎTRE SALTIMBANQUES PROFIL D'ICI II JEANLUC HARY

A Vannes, Jean-Luc Hary est une figure du collège Saint-Exupéry. Depuis 15 ans, le prof de sport y enseigne les arts du spectacle à ses élèves. Passionné de théâtre et de cirque, il extrait de ces disciplines toute une pédagogie et exploite leur potentiel social.

n haut-de-forme en plastique fendu. Un blazer bleu marine qui bouloche. « J’ai pris quelques accessoires pour les photos. » Jean-Luc Hary a le sens de la mise en scène. A 58 ans, ce professeur de sport est en charge des ateliers artistiques au collège SaintExupéry, à Vannes. « J’ai eu une génération de gamins », clame-t-il du haut de ses quinze années dans l’établissement de Menimur. Peu d’entre eux ont dû défier son autorité naturelle, assise par un regard bleu et une voix rauque. « Quand ils me voient sur scène, ça les étonne : "Quoi ? C’est notre prof ?" », retranscrit l’enseignant, mimique de stupéfaction à l’appui. Il est vrai que son physique de légionnaire, épaules carrées et crâne rasé, ne trahit rien de sa passion. Pourtant, c’est un saltimbanque. Un vrai, dans le sens noble du terme. En plus d’être agrégé d’éduction physique et sportive, Jean-Luc a une certification en théâtre. A son arrivée en Bretagne, il y a 25 ans, le Picard devient comédien amateur et s’essaie à la mise en scène. L’artiste joue loin des classes avec la troupe du Théâtre de l’échange : « C’est important de vivre une passion par soi-même pour mieux la transmettre. » En 1999, une rencontre avec le Cirque de la colline l’amène à dédoubler son atelier spectacle. Sport, théâtre et cirque, le professeur Hary relie tout par la pédagogie. Gestion du corps, citoyenneté, confiance en soi : « Sur scène, sur une piste, dans un gymnase… C’est ce que j’enseigne. »

Un rôle social Jean-Luc jette son cigare et lance un pas énergique vers un étrange bâtiment scolaire : un chapiteau. Sur le chemin, il explique : « Ma démarche est d’offrir les vraies conditions pour ressentir des émotions authentiques. » Ses élèves sont choyés : encadrement par des professionnels, invitations à des représentations… Le spectacle de fin d’année, grandeur nature, est une récompense pour les collégiens engagés jusqu’au bout. « C’est leur spectacle. » Le maître est attentif à ses disciples et s’enorgueillit d’avoir suscité des vocations. « Une de mes élèves vient de passer son Bac avec une épreuve de tissu en option "art du cirque", se réjouit-il. Elle va rejoindre une école internationale aux Pays-Bas. Ce sera ma deuxième élève à devenir professionnel du cirque. » Pour chaque projet, Jean-Luc mentionne tous ceux qui le soutiennent ou participent, jusqu’aux agents d’intendance. Toutes ses initiatives jouent un vrai rôle social qui dépasse la dimension éducative et s’étend au-delà de l’enceinte scolaire. Les retraités du quartier peuvent ainsi profiter des représentations des collégiens. Pour son prochain projet, l’administrateur d’Arts en scène monte avec son association un spectacle intitulé tribulations alcooliques afin d’ouvrir le débat sur la dépendance. Pierre-Alain Trochu morbihan@lemensuel.com le mensuel/octobre 2012

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::::: RESPIRER EN MORBIHAN :::::::::::::::::::::: LES BONS PLANS VERTS

DES MORBIHANNAIS DANS LE MONDE

PROTÉGER LES ENFANTS DE LA MENDICITÉ

3E FÊTE DE L’ÉNERGIE de conseils sur les économies possibles, les aides financières, l’isolation, le chauffage, les énergies renouvelables.

Aller à la rencontre des citoyens, leur donner envie d’agir individuellement pour réduire leur consommation d’énergie. Les conseillers des quatre points Info énergie du Morbihan (Pays de Vannes, de Lorient, de Ploërmel et de Pontivy) vont s’y atteler, du 18 au 21 octobre. La 3e Fête de l’énergie devrait permettre aux habitants de faire le plein

Lionel Le Saux

> Plus de renseignements sur le site www.bretagne-energie.fr. Pour toute demande de conseils, contactez le 0 805 203 205 (n° indigo).

LORIENT, MEILLEUR POINT DE COLLECTE 1 163 kg de lampes et de néons usagés ont été collectés par la déchèterie municipale de Lorient nord en 2011. L’exploit vaut au site d’être élu meilleur point de collecte par Récylum, un éco-organisme à but non lucratif, chargé de collecter et de recycler les lampes usagées. « L’effort des habitants du pays de Lorient et l’investissement de la

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ertains enfants, appelés Talibés au Sénégal, sont envoyés par leurs parents dans une école coranique ou daara pour recevoir une éducation religieuse. Bon nombre de maîtres coraniques au Sénégal perpétuent la tradition d’enseigner le Coran à leurs élèves. D'autres sont tombés dans une pratique similaire à une exploitation économique. En contrepartie d'assurer a priori le couvert et le logis aux enfants, ces

déchèterie municipale a contribué à l’élection de ce point de collecte exemplaire », indique son service communication. Selon Récylum, avec 515 lampes collectées et recyclées pour 1 000 habitants en 2011, les Bretons se trouvent au-dessus de la moyenne nationale (387 lampes pour 1 000 habitants en 2011). Les Morbihannais ont adopté, selon l’éco-organisme, ce nouveau geste de tri. A l’image des Français : au total, Récylum a collecté, l’an passé, 4 040 t de lampes soit environ 30 millions de lampes.

enfants. Pour cela, il faut qu’elles soient appliquées. Les solutions peuvent aussi être la création de daaras modernes liant les deux éducations. Ou bien la diminution du coût de scolarité, voire l’augmentation du nombre de classes. La problématique des enfants talibés devrait être prioritaire pour l’Etat. Les moyens manquent, tout reste à faire, et la mendicité forcée des enfants est une grave violation de leurs droits. Inexorablement dans l'attente, une

D.R.

> Vous souhaitez recycler vos lampes et néons usagés ? Renseignez-vous sur www.malampe.org.

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Le triste sort des enfants talibés, contraints à mendier dans les rues.

Les maisons en bois ouvrent leurs portes en octobre.

ECOCONSTRUCTION : DES CHANTIERS À VISITER Quoi de mieux qu’une de visite de chantier pour finir de convaincre les plus réticents à l’éco-construction. La Capeb Bretagne (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) lance une quatrième édition des « journées portes ouvertes éco-construction », les 6 et 7 octobre en Morbihan. L’organisme demeure persuadé que « la pédagogie par l’exemple » est un excellent moyen de diffuser les grands principes de cet habitat écolo. Ce sont les artisans eux-mêmes, ceux qui ont porté ou suivi la construction, qui accueilleront sur place les particuliers, curieux ou porteurs d’un projet. Ces artisans ont tous signé la charte éco-construction

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de la Capeb Bretagne. Les constructions ouvertes au public respectent ainsi quelques grands principes : qualité de l’air, réduction des besoins en énergie et en eau, utilisation des ressources et savoir-faire locaux, implantation du bâtiment en cohérence avec son environnement, emploi de matériaux écolos… Sur les chantiers ou maisons en cours de finition, les visiteurs pourront échanger avec les artisans autour, entre autres, des ossatures bois, de la laine de bois, de l’enduit chaux-chanvre, de poêle de masse, d’installation solaire thermique, de bardage. Et pourquoi pas, décider de se lancer. E.B.M. > Liste des artisans, programme et horaires des visites sur le site www.eco-construction-bretagne

le mensuel mensuel/octobre /octobre 2012

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derniers forcent la mendicité infantile et s'enrichissent sur leur dos. 50 000 Talibés seraient soumis à cette sorte d'esclavage dans des daaras au Sénégal, selon Human Rights Watch. Plus de la moitié proviendraient des pays limitrophes tels que la Guinée, le Mali ou la Gambie. A des centaines de kilomètres de leur famille qui ne se doute de rien, malgré leur triste sort d'accéder à une instruction complète, nombreux sont les enfants victimes d'abus et de maltraitance, souvent condamnés à vivre dans des conditions de surpeuplement et d’insalubrité. La pauvreté en est une cause. Elle s'additionne au coût inabordable de l'enseignement public et au souhait des parents de voir leurs enfants apprendre le Coran. Le gouvernement sénégalais a promulgué la majorité des lois nécessaires pour lutter contre ce phénomène et espère protéger ces

partie des Sénégalais partagent un peu de leurs repas avec ces enfants. Des associations telles que Collectes & partages tentent d'apporter aux enfants le minimum vital, les soins médicaux nécessaires jusqu'aux produits d'hygiène. Nous acheminons aussi vers le Sénégal du matériel médical (couveuses, blocs opératoires, etc.). L'association Afrique école avenir au Sénégal le partage entre plusieurs hôpitaux. Ces derniers proposent en échange des soins médicaux gratuit pour les enfants. Les bénévoles organisent aussi sur place des repas vitaminés pendant lesquels les enfants sont déparasités et soignés. Si vous souhaitez devenir bénévoles en France ou au Sénégal, faire un don pour soutenir nos actions, rejoignez-nous ! » Moulaye, bénévole et représentant de l'association au Sénégal > Site web : collectes-partages.org > Email : contact@collectes-partages.org

RETROUVEZ CHAQUE MOIS DES NOUVELLES DE COLLECTES ET PARTAGES L’association Collectes & partages apporte aide et assistance aux enfants en détresse en France et au Sénégal. Elle a installé son siège à Pluneret il y a trois ans. Santé, alimentation et scolarité sont au cœur des préoccupations de ses bénévoles.


::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: L'ASSO DU MOIS II FAIRE FACE ENSEMBLE

une CouRse PouR RebonDiR

Une course de femmes pour les femmes. La Vannetaise revient pour une 6e édition dimanche 14 octobre. 2 500 participantes s’élanceront du port de Vannes. Elles se rassemblent autour d’une cause commune : la lutte contre le cancer du sein.

« Dépasser la maladie » Elisabeth, médecin, fait partie des 2 500 inscrites. Elle ne porte pas seulement le dossard de coureuse. Elle a aussi en charge la surveillance. « Si les joggeuses sont en difficulté, j’interviens. Présenter un certificat médical ne supprime pas les risques.

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a cité des Vénètes accueille depuis six ans une course particulière, La Vannetaise. Ce parcours de 6 km réunit des femmes autour d’une même cause : la lutte contre le cancer du sein. La première édition avait réuni, en 2006, 800 participantes. L’événement suscite désormais l’engouement. Cette année, 2 000 femmes se sont inscrites en l’espace de deux heures. Des profils différents se dessinent. Des sportives confirmées, des victimes de la maladie, des proches de malades et même des professionnels de santé. La Vannetaise sait fédérer. Edith, 48 ans, va y participer pour la quatrième fois, avec treize collègues de la Caisse d’Epargne. Chaque édition apporte son lot d’émotions. « C’est un grand moment d’humilité, témoigne Edith. Finir le parcours est une victoire pour celles qui ne sont pas habituées à courir. » Cette année s’annonce particulière pour la coureuse. « Une de nos collègues est atteinte du cancer du sein. Nous n’avons pas osé lui dire qu’en octobre, nous allons courir pour elle. »

Six ans que des femmes se rassemblent à Vannes autour de la lutte contre le cancer du sein.

Le stress et l’émotion peuvent causer des problèmes cardiaques. » Preuve de son engagement, cette habituée n’a pas hésité à annuler ses vacances il y a deux ans. « Je ne voulais pas rater la course. » Un événement de l’édition 2010 l’a particulièrement marquée. « Les participantes se sont rassemblées pour former un cœur géant sur l’esplanade du port. De nombreuses femmes ont pleuré. J’ai versé quelques larmes. » Pour Florence, 47 ans, la lutte contre le cancer du sein reste un combat personnel.

Elle-même et sa mère ont été frappées par la maladie. « J’ai participé à cinq éditions. Sur certaines, j’ai couru alors que j’étais malade. C’était difficile physiquement. Cela m’a permis de me dépasser malgré la maladie. » Le rassemblement demeure pour les malades une vraie source de réconfort. « Un moyen de rompre l’isolement et de rebondir dans la vie. » Charlotte Glémarec morbihan@lemensuel.com > La Vannetaise. Dimanche 14 octobre, esplanade du port de Vannes

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Vous cherchiez du « locavore » de qualité à Rennes ? Direction Aozeñ. Le restaurant ouvert par Pierre et Caroline Legrand en septembre dans le quartier de l’Arsenal propose une cuisine essentiellement faite à partir de produits locaux. Exigence et qualité sont au rendez-vous.

Pierre Legrand a officié quatre ans dans les cuisines du prestigieux restaurant Lecoq-Gadby avant d’ouvrir sont propre établissement.

Aozeñ, 12 rue de l’Arsenal, Rennes. Tél. 02 99 65 64 21. Formules le midi à 19 et 23 €, le soir à 35 et 41 €. Découvrez notre rubrique culinaire sur nos sites internet en partenariat avec Goûts d'ouest.

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AOZEÑ ATTITUDE

ourquoi Aozeñ aujourd'hui, en coup de cœur culinaire du mensuel, si vite après son ouverture début septembre dans le centre-ville de Rennes ? Généralement mieux vaut laisser du temps aux chefs qui s'installent, afin qu'ils se calent, s'approprient leur maison, leur clientèle… Mais il faut aussi parfois profiter de la fraîcheur des sentiments. Pierre et Caroline Legrand viennent de s'installer dans leur première affaire. Ils sont heureux et c'est un plaisir de partager leur joie –quelque peu retenue et polie, nous sommes en Bretagne quand même et les Legrand ne sont pas des méridionaux !– d'être enfin chez eux. Non pas que Pierre Legrand ait été malheureux d'œuvrer près de quatre ans durant dans les cuisines de Lecoq-Gadby en prenant la suite de Marc Tizon, loin de là. Mais avec son nouvel opus gastronomique, joliment baptisé Aozeñ, c'est une aventure passionnante à vivre qui commence. L’histoire a débuté, on aurait été étonné du contraire, sous le sceau de la qualité. Couverts limités à trente, carte resserrée, producteurs sélectionnés, Pierre Legrand reste fidèle à son éthique, le « manger sain et utile » pour l'homme et la planète. Du bio donc, mais pas que. « Le bio est évidemment sous jacent mais je donne la priorité aux bons produits locaux. » On ne peut que se réjouir d'un tel programme locavore dans cette maison adhérente slow food, surtout lorsque l'on égrène la liste des producteurs : Bertin, Bocel, Bordier, Bouvier, Cozic, Foucher et sa cave Pinard pour les vins bien choisis… Il n'y a pas si longtemps, un risotto crémeux champignon parmesan relevé de copeaux de chorizo précédait un cabillaud cuisiné aux légumes, citron et gingembre avant de finir sur des figues rôties, le tout assorti d’une glace au miel de châtaignier ! Pierre Legrand travaille une carte resserrée donc, avec une ardoise le midi et un menu unique et surprise le vendredi et samedi soir. Les autres soirées de la semaine, c'est cours de cuisine. Rien que du plaisir avec en prime le sourire de Caroline Legrand qui revient, après une parenthèse maternelle, à son métier de la salle qu'elle avait laissé chez Hélène Darroze et au Plaza Athénée, excusez du peu. Nous sommes donc entre de très belles mains dans cet Aozeñ épuré et décliné en deux ambiances, côté cuisine –où vous pourrez observer le chef au travail et échanger avec lui, il ne demande que ça– ou côté salon, plus cosy. Au fait, ça veut dire quoi, Aozeñ ? C’est un mix bretonnant entre aozañ qui signifie « préparer » et aozenn « les ingrédients ». Tout est dit, bon appétit !

Actualités gourmandes, reportages en cuisine, dans les champs ou sur mer, recettes de chefs bretons, critiques... Créé et animé par Olivier Marie, Goûts d'Ouest s'affirme comme le site internet indépendant de référence sur la cuisine en Bretagne. www.goutsdouest.fr

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