Transformons nos systèmes alimentaires. Le Monde en classe

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no 2 - Année scolaire 2020-2021

LE M

NDE

MAGAZINE D’ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ MONDIALE ET SOLIDAIRE – 6 À 12 ANS

Transformons nos systèmes alimentaires

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INFORMATIONS POUR LE CORPS ENSEIGNANT

INTRODUCTION

Transformons nos systèmes alimentaires « Monde en Classe » permet de développer des compétences aussi bien pour les cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté, l’histoiregéographie et le français, mais il peut aussi bien être utilisé dans le cours d’initiation scientifique et même d’initiation artistique.

Ce nouveau dossier pédagogique du « Monde en classe » propose de vous pencher sur la thématique de l’alimentation. Si un premier numéro sorti en 2016 proposait une entrée en matière en abordant le « paradoxe de la faim 1 » à travers la question de l’épuisement des sols, ce nouvel épisode met l’accent sur les liens entre notre alimentation et ses impacts sur l’environnement, la biodiversité et les droits humains. Questionner le trajet de nos aliments jusqu’à notre assiette, chercher et comprendre les impacts qui se cachent derrière ce parcours, s’inscrit pleinement dans les objectifs que l’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire se propose d’amener en milieu scolaire. S’agissant de s’informer sur le monde et ses interconnexions, être conscients de nos responsabilités locales et globales, acquérir des opinions autonomes et critiques, tout en s’orientant vers l’action – collective – et le changement : que puis-je faire à mon niveau ? Au niveau des référentiels des différentes matières, ceux-ci sont énoncés de façon détaillée dans les pages suivantes. Mais la notion de systèmes alimentaires est véritablement au carrefour de nombreuses matières : ainsi ce

Comment décortiquer avec vos élèves nos systèmes alimentaires et leurs impacts ? La pandémie du coronavirus a illustré le manque de résilience du système agroindustriel. Développé depuis la deuxième guerre mondiale et accentué dans les années 1970 à travers la mécanisation, le développement de gigantesques monocultures et l’usage massif d’intrants durant ce que l’on a appelé la « Révolution Verte », les paradoxes d’un tel modèle ainsi que ses conséquences dramatiques ne sont aujourd’hui que trop connues : alors qu’au niveau mondial on dispose de stocks moyens de réserve de nourriture records, la sous-alimentation augmente à cause de l’accès inégal à cette nourriture (dû notamment à l’augmentation des prix des denrées). Les projections réalisées dans un rapport publié en 2020 2 montrent que le monde n’est pas en voie d’atteindre l’objectif « Faim Zéro » d’ici 2030 mais qu’au contraire la situation risque de se détériorer, d’autant plus, à cause des conséquences socio-économiques de la pandémie de COVID-19 3. Accentué par la crise sanitaire, on estime que 132 millions de personnes souffrant de la faim pourraient s’ajouter aux 820 millions actuels. En outre, ce même rapport estime que 1,9 milliards de personnes dans le monde souffrent de surpoids et 650 millions d’obésité. Les carences alimentaires toucheraient 1,5 milliard de personnes. Finalement, on estime qu’une personne sur trois souffre de malnutrition. Celle-ci frappe particulièrement les enfants : 45 % des décès des enfants de moins de 5 ans en sont la conséquence 4. Mais si l’agriculture dite « conventionnelle », par la marchandisation et les chaînes d’approvisionnement à flux tendus qui la régissent, ne permet pas de résoudre la faim dans le monde, elle est également responsable d’une large part de la destruction environnementale

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INTRODUCTION

et des violations des droits de paysan·ne·s. Ce sont sur ces deux éléments que nous avons décidé d’axer ce numéro du Monde en classe. Aujourd’hui, l’agriculture représente entre 21 % à 37 % de nos émissions à effet de serre et environ ⅓ des terres agricoles sont dégradées et perdent en productivité 5. La pandémie a également rappelé que la destruction des forêts augmente les risques de transmission de virus de la faune sauvage aux humains, en détruisant les habitats naturels de ces animaux sauvages. Plusieurs activités de ce « Monde en Classe » mettront l’accent sur la déforestation, dont 40 % de celleci au niveau mondial est dû à l’agriculture. Cela même alors que les forêts abritent 80 % des espèces d’animaux, de plantes et d’insectes de la planète, que plus d’un milliard et demi de personnes dépendent d’elles pour assurer leur subsistance et que la biomasse constitue le 2e puit de carbone dans le monde. Nous avons d’ailleurs en Europe notre part de responsabilité : selon le Comité Économique et Social Européen, entre 1990 et 2008, la consommation des Européen·ne·s était ainsi responsable de 36 % de la déforestation liée au commerce mondial 6. À titre d’exemple, l’UE des 27 est le deuxième importateur mondial de soja, derrière la Chine. La consommation de cette denrée

s’est décuplée ces 50 dernières années, si bien que la superficie dédiée à la culture de soja représente aujourd’hui la surface de la France, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas réunis (soit 1 million de km carrés) 7 ! Au sein de cet espace, ce sont d’immenses étendues de forêts et de savanes qui furent converties en terres agricoles. La situation en Amazonie est particulièrement critique ; des zones entières de forêt sont brûlées pour faire place aux champs de soja et à l’élevage bovin. L’huile de palme est, quant à elle, l’huile végétale la plus utilisée dans le monde ; on la retrouve notamment dans des pâtes à tartiner chocolatées. Sa consommation a doublé ces dix dernières années. L’UE est le deuxième importateur et le troisième consommateur au niveau mondial (la Belgique, avec ses 40 kg par habitant par an, est le deuxième plus grand importateur européen). Or 85 % de l’huile de palme sont produits dans deux pays : l’Indonésie et la Malaisie. Aujourd’hui, la superficie totale de palmiers à huile plantée en Indonésie représente cinq fois la taille de la Belgique. Témoignant de l’immense déforestation que ces plantations ont entrainée, l’Indonésie est devenue l’un des émetteurs de gaz à effet de serre les plus importants au monde 8. Au niveau mondial, la déforestation est responsable de près de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, ce qui en fait un enjeu clé du changement climatique.

cc Scott & Emily – www.wegoslow.com

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INTRODUCTION

Dans le monde, un million d’espèces animales et végétales risquent de disparaître dans les années à venir, et ce pour toujours. Ces zones abritent une flore et une faune unique au monde et les forêts primaires comme l’Amazonie, surnommée le poumon vert du monde, ou la forêt congolaise sont essentielles dans la régulation du climat. On ne pourra pas limiter le réchauffement climatique sans préserver les forêts. Au niveau humain, le dumping social ronge le système économique mondial de l’intérieur. Du monde paysan à celui de la pêche, que ce soient les crevettes thaïlandaises, les oranges brésiliennes ou encore, dans d’autres secteurs, les vêtements confectionnés au Bangladesh ou les iPhones assemblés en Chine, le mécanisme est toujours le même : exploiter des travailleuses et travailleurs au nom de la compétitivité et dans une course effrénée vers le prix le plus bas, rendue d’autant plus aisée qu’elle s’opère dans l’opacité des chaînes de production mondialisée où les droits sociaux peuvent être violés à l’écart des regards des personnes qui consomment ces produits. Ce Monde en classe fait ainsi le lien entre notre modèle de production et de consommation d’une part et la destruction de l’environnement et la violation des droits humains d’autre part. Travail infantile, conditions de travail extrêmement précaires, pollution et accaparement des terres sont autant de conséquences d’une logique agroindustrielle de production alimentaire. Les séquences pédagogiques : Les séquences pédagogiques du niveau m et mm s’axent sur la compréhension d’un circuit alimentaire mondialisé et de ses impacts (sociaux et environnementaux). La séquence pédagogique de niveau mmm propose d’examiner la question de l’accès à la terre, facteur central d’une souveraineté alimentaire qui, encore aujourd’hui, est soumis à une inégalité extrême. Au Nord comme au Sud, l’accès à la terre pour l’agriculture familiale et « à taille humaine » est empêché par un système qui favorise les grandes exploitations industrielles. À l’échelle européenne,

© Ivan Bandura – Unsplash

3 % des exploitations contrôlent 52 % des surfaces agricoles, tandis que 75 % des exploitations ne possèdent que 11 % des terres. Depuis 1980, 70 % des fermes ont disparu en Belgique, soit une moyenne de 43 fermes par semaine 9 ! Au Brésil, premier consommateur de pesticides mondial et quatrième en engrais synthétiques, la concentration des terres est extrême : 45 % des terres agricoles sont détenues par 1 % des propriétaires terriens 10. Si la transformation de nos systèmes alimentaires fait son chemin dans les consciences, jusque dans la sphère politique, le virage tarde à réellement s’amorcer alors que sa nécessité se fait de plus en plus urgente. Depuis de nombreuses années, société civile, mouvements paysans, ONG et syndicats préconisent le concept de « souveraineté alimentaire » dans le but de changer de logique agricole. Cette notion, apparue lors du Sommet Mondial de la FAO en 1996 et développée par le mouvement international paysan, la Via Campesina, désigne « le droit des populations, de leurs pays ou unions, à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping vis-à-vis des pays tiers » 11. Pour les pays du sud, où les grandes entreprises transnationales tendent à promouvoir les exploitations d’agrobusiness dédiées à l’exportation, sur d’immenses superficies, très exigeantes en capital et en intrants (engrais, pesticides), cette alternative devrait garantir

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INTRODUCTION

© Autre Terre

le « droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite avec des méthodes durables » 12. Dans le même ordre d’idée, dès 2011, Olivier de Schutter alors rapporteur spécial aux Nations Unies pour le droit à l’alimentation montrait, dans son rapport, les bienfaits de l’agroécologie afin de réaliser le droit à l’alimentation contenu dans le Pacte International des droits économiques et sociaux, entré en vigueur en 1976 13. L’agroécologie se définirait comme pratique agricole cherchant à « améliorer les systèmes agricoles en imitant ou en augmentant les processus naturels, renforçant ainsi les interactions biologiques bénéfiques et les synergies entre les composantes de l’agrobiodiversité 14 ». Elle permettrait ainsi d’accroître la productivité au niveau local, d’améliorer l’apport nutritionnel des denrées, de réduire la pauvreté rurale tout en participant à la transition écologique en diminuant drastiquement l’impact négatif de l’agriculture sur l’environnement 15. Enfin, la crise du coronavirus a entraîné un intérêt croissant des belges pour les circuits courts, les fruits et légumes de saison et les produits bio. Les filières courtes permettent généralement

un meilleur contrôle de la qualité des aliments et un mode de consommation plus durable. Comment aborder la complexité des systèmes alimentaires avec vos élèves ? Comment retracer le chemin qu’un aliment parcourt avant d’arriver dans l’assiette ? Comment appréhender les notions de « chaînes d’approvisionnement » ou de « produits transformés » ? Comment comprendre l’impact environnemental de nos choix alimentaires ? Comment vivent les femmes et les hommes dans les pays du Sud ou les migrants saisonniers qui produisent les éléments clefs de notre alimentation ? Que pouvons-nous faire pour changer cela ? Quelles alternatives existent ? L’objectif de cette revue est de fournir des outils pédagogiques pour aborder avec vos élèves les impacts sociaux et environnementaux des aliments. Il s’agit néanmoins de ne pas culpabiliser les élèves en leur montrant une seule manière de consommer qui serait l’unique alternative. Nous savons que beaucoup de familles ont perdu des revenus en raison de la crise actuelle, que certaines vivent de colis alimentaires. Mais des aliments issus de filières courtes et durables peuvent se révéler meilleur marché que les produits agroindustriels. Il est important que la réflexion se fasse dans

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INTRODUCTION

la classe sur ce que nous voulons tous ensemble comme agriculture qui protège la terre et celles et ceux qui la travaillent. Il s’agit donc de privilégier dans les outils proposés une approche qui favorise l’autoréflexion de vos élèves. Des éléments ludiques qui, on l’espère, vous amèneront à faire « sentir » les dynamiques systémiques du monde d’aujourd’hui et faire naître différents questionnements sur nos façons de consommer ou l’importance de protéger l’environnement. Tout autant de petites graines à cultiver qui pourront amener les plus jeunes à participer à une transformation vers des systèmes alimentaires durables ! Le saviez-vous ? Un discours très souvent répété est que, sans l’aide de l’agrobusiness, sans intrants chimiques ou semences hybrides, les paysan·ne·s sont incapables de produire suffisamment de nourriture pour toute la planète. Or, c’est faux ! Le rapport « From uniformity to diversity » de l’IPES Food démontre que l’agroécologie est plus productive à l’hectare. Et selon l’agronome Marc Dufumier, l’agroécologie pourrait en réalité nourrir sans problème une planète de 9 milliards d’habitants ! © Entraide & Fraternité

1. Expression qui fait référence au fait que sept personnes sur dix souffrant de la faim travaillent la terre. 2. FAO, FIDA, UNICEF, PAM et OMS, « Résumé de l’état de santé de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2020. Transformer les systèmes alimentaires pour une alimentation saine et abordable ». Rome, FAO, 2020. 3. Sur les conséquences socio-économiques de la crise sanitaire, consulter notamment le récent rapport d’Oxfam International : « Le virus des inégalités », janvier 2021. Disponible sur : https:// www.oxfamsol.be/fr/les-inegalites-sont-aussi-mortelles-que-lecoronavirus 4. SOS FAIM, Îles de Paix, Autre Terre, FRM, « Le Baromètre 2020 des agricultures familiales : les systèmes alimentaires dans le rouge », 2020. Disponible sur : https://barometre-agricultures-familiales. org/2020 5. The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), « Climate Change and Land. An IPCC special report on climate change, desertification, land degradation, sustainable land management, food security, and greenhouse gas fluxes in terrestrial ecosystems », 2020. 6. Supporterre, « Forêts à vendre, forêt à défendre », Trimestriel n°13, septembre 2020, 15. 7. Sue Solton et Nigel Dudley, « Le boum du soja. L’essor du soja, impacts et solutions », WWF, 2013, 4. 8. CNCD-11.11.11, 11.11.11, FIAN Belgium, Oxfam-Wereldwinkels, Commission Justice et Paix, Africa Europe Faith and Justice Network (AEFJN), RBRN (Réseau Belge Ressources Naturelles), Dossier « Le mythe de l’huile de palme 100 % durable », janvier 2018. Disponible sur : www.cncd.be/huile-palme 9. Comme l’indique l’association Terre en vue sur son site : https:// terre-en-vue.be/presentation/article/constats 10. Voir le site de la coalition solidarité Brésil : https://lebresilresiste. org/acces-a-la-terre/ 11. Définition issue du site : http://viacampesina.org/fr/, dans : Agathe Décarsin, « La souveraineté alimentaire ou le droit des peuples à décider de leurs politiques agricoles », IdeAs, 2012, 3. 12. Agathe Decarsin, « La souverainete alimentaire ou le droit des peuples à decider de leurs politiques agricoles », IdeAs, 2012, 3 13. Pacte International relatif aux droits économiques sociaux et culturels, 1966, Article 2, Article 11. 14. Margot Vermeylen et Olivier De Schutter, « The share of agroecology in Belgian official development assistance: an opportunity missed » CRIDHO working paper, 2020/3, 7. 15. Olivier De Schutter, « Agro-écologie et le droit à l'alimentation », Rapport présenté à la 16e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Mars 2011. Disponible sur le site: http://www.srfood.org/

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SOMMAIRE PROF

ÉLÈVE

INFORMATIONS POUR LE CORPS ENSEIGNANT Introduction PAGES 1 À 5 Récapitulatif des compétences PAGES 7 À 14 Glossaire PAGE 15

Les niveaux m, mm, mmm sont des indications de la « difficulté » de la séquence pédagogique. Néanmoins, sentez-vous libre d’adapter les activités en fonction du niveau de vos classes et des sujets que vous souhaitez aborder !

SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES TOUS NIVEAUX S’INFORMER Photolangage PAGE 16 SE MOBILISER Soutenir l’Opération 11.11.11 PAGE 18 avec les Olympiades

FICHES ÉLÈVE TOUS NIVEAUX

SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES m S’INFORMER BD : « Leni et les animaux défendent la forêt » S’INFORMER Jeu : Matière première et produits transformés CRÉER Dessin : Décompose ton aliment préféré SE MOBILISER La balade d’éveil en forêt

FICHES ÉLÈVE m S’INFORMER BD : « Leni et les animaux défendent la forêt » FICHES 1 À 3 S’INFORMER Jeu : Matière première et produits transformés FICHE 4 CRÉER Dessin : Décompose ton aliment préféré FICHE 5

SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES mm S’INFORMER Récit illustré : « Le long chemin du chocolat » S’INFORMER Jeu : L’histoire d’un aliment S’INFORMER Commerce conventionnel et commerce équitable, quelles différences ? CRÉER C’est quoi l’agroforesterie ? SE MOBILISER Fabrique ta pâte à tartiner durable !

PAGE 19 PAGE 21 PAGE 21 PAGE 21

PAGE 23 PAGE 23 PAGE 26 PAGE 28

PHOTOLANGAGE

FICHES ÉLÈVE mm S’INFORMER Récit illustré : « Le long chemin du chocolat » FICHES 1 À 3 S’INFORMER Jeu : L’histoire d’un aliment FICHES 5 À 24 S’INFORMER L'arbre collabore à ma plantation FICHES 25 À 26

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES mmm S’INFORMER Expérimenter l’inégalité : le jeu des triangles PAGE 30 S’INFORMER Atelier de mise en scène : Le jeu des chaises de l’inégalité de l’accès à la terre PAGE 31 PAGE 33 S’INFORMER Récits : 8 portraits CRÉER Atelier d’écriture : Écris ta propre déclaration des droits des paysan·ne·s PAGE 34 SE MOBILISER Visite une ferme pédagogique ! PAGE 34

FICHES ÉLÈVE mmm

S’INFORMER Récits : 8 portraits FICHES 1 À 10 CRÉER Atelier d’écriture : Écris ta propre déclaration des droits des paysan·ne·s FICHE 11

Coordination et rédaction : Maxime Ronveaux Illustrations : Jérémy Van Houtte – Graphisme : Élise Debouny et Louise Laurent Éditeur responsable : Arnaud Zacharie, Boulevard Léopold II, 184 D, 1080 Bruxelles

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NIVEAU m Compétences

Objectifs

Éducation à la philosophie et à la citoyenneté

1. Formuler un étonnement à propos de situations, de problèmes, et en dégager une question pouvant servir de base à une réflexion philosophique – Amorcer le questionnement sur base du photolangage. – Recourir à l’imagination pour élargir un questionnement, sur base de la BD. 2. Assurer la cohérence de sa pensée (Photolangage et Animation BD) – Reconstruire le concept de circuit alimentaire à travers les notions de matière première et produits transformés. – Construire un raisonnement logique entre les modes de consommation et ses impacts sociaux et environnementaux. 3. Se positionner et évaluer une prise de position – Réfléchir sur ses affects et ceux des autres : comment je ressens la disparition des forêts ? – Renforcer son estime de soi, ainsi que celle des autres : quelles sont les activités que je peux mettre en place pour protéger les forêts et ses habitants ? 4. Se décentrer par la discussion – Écouter l’autre pour le comprendre : échanger sur ce que représente la forêt pour soi, pour Leni, pour les animaux. 5. S’ouvrir à la pluralité des cultures et des convictions – Reconnaître le rôle et la pluralité des normes au travers du récit, apprivoiser la vision de l’autre et appréhender les conditions de vie de l’autre.

Français

1. Orienter sa lecture en fonction de la situation de communication 2. Élaborer des significations – Gérer la compréhension de la BD et en dégager les informations explicites. 3. Dégager l’organisation d’un texte – Sur base de la BD, identifier la structure dominante (narrative). 4. Élaborer des contenus – Rechercher et inventer des idées, des mots : sur base du photolangage et du vécu des enfants. 5. Orienter sa parole et son écoute en fonction de la situation de communication – En tenant compte des critères de l’intention poursuivie : Que vois-tu sur la photo ? Que peux-tu dire de cela ? Que comprends-tu de l’histoire ?

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NIVEAU m Compétences

Objectifs

Histoire et Géographie

1. Rechercher de l’information : à travers le récit de « Leni et les animaux défendent la forêt » 2. Agir et Réagir : – À propos de situations problématiques liées aux droits humains et à l’environnement : avoir un avis et l’exprimer. 3. Lire un paysage ou une image géographique : par le photolangage – Identifier au moins deux aspects concrets relatifs à des éléments du paysage, à l’aménagement par l’homme ou aux activités de ce dernier. – Identifier des aspects concrets du mode de vie d’enfants d’autres espaces : par l’histoire de Leni.

Éveil scientifique

1. Appréhender une réalité complexe et faire émerger une énigme à résoudre : – Formuler des questions à partir d’un phénomène : sur base de l’histoire de « Leni et les animaux défendent la forêt », se poser la question des liens entre l’alimentation et la perte des forêts. 2. Récolter des informations par la recherche documentaire : – Décoder un document audiovisuel, une photo ou un dessin. Sur base du photolangage et de la BD « Leni et les animaux défendent la forêt », repérer les impacts d’un système alimentaire. 3. Savoir-être : les êtres humains et l’environnement – S’ouvrir aux interactions entre les différents éléments de la nature via une activité d’éveil en forêt. Développer son goût de la nature afin d’avoir envie de la protéger.

Éducation artistique

1. Agir et exprimer, transférer et créer dans les domaines suivants : tactile, gestuel, corporel et plastique – Choisir ses outils pour réaliser son dessin. – Représenter des aliments et amener une narration par l’image, en racontant l’histoire d’un produit.

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NIVEAU mm Compétences

Objectifs

Éducation à la philosophie et à la citoyenneté

1. Formuler un étonnement à propos de situations, de problèmes, et en dégager une question pouvant servir de base à une réflexion philosophique – Amorcer le questionnement sur base du photolangage. – Recourir à l’imagination pour élargir un questionnement sur base du récit illustré. – Questionner la question, la décomposer en sous-questions et la relier à d’autres questions : sur base du jeu de « l’histoire d’un aliment », comprendre les étapes et les effets d’un circuit alimentaire. 2. Assurer la cohérence de sa pensée (Photolangage et récit illustré) – Reconstruire le concept de circuit alimentaire à travers les notions de matière première et produits transformés. – Construire un raisonnement logique entre les modes de consommation et ses impacts sociaux et environnementaux. Formuler et organiser ses idées de manière cohérente. 3. Prendre position de manière argumentée – Réfléchir sur ses affects et ceux des autres : comment je ressens la situation de Yao ? La disparition des forêts ? Des animaux ? – Questionner la réalité à partir d’alternatives : par exemple en découvrant l’aspect du circuit de l’argent entre le commerce plus conventionnel et le commerce équitable ou encore en découvrant certaines solutions qu’offre l’agroforesterie. – Formuler une prise de position notamment sur le plan éthique : réflexion sur les injustices liées à nos systèmes alimentaires et la nécessité de les transformer. 4. Développer son autonomie affective – Déterminer et évaluer ses besoins et ses désirs, identifier les besoins et désirs des autres. La réflexion générale du jeu de « l’histoire d’un aliment » amène à celle de nos propres habitudes de consommation. 5. S’ouvrir à la pluralité des cultures et des convictions – Reconnaître le rôle et la pluralité des normes au travers du récit, apprivoiser la vision de l’autre et appréhender les conditions de vie de l’autre. 6. Comprendre les principes de la démocratie – Expliquer l’importance d’avoir des règles qui garantissent des droits et des libertés : aux êtres humains comme à la faune et à la flore. – Expliquer l’égalité devant la loi : sur base du récit illustré « Le long chemin du chocolat » et l’atelier du « circuit de l’argent », comprendre que toutes et tous ne bénéficient pas des mêmes droits en pratique. 7. Se reconnaitre, soi et tous les autres, comme sujets de droits – S’opposer aux abus de droits et de pouvoirs, identifier et mobiliser des personnes qui peuvent aider. 8. Contribuer à la vie sociale et politique – Identifier des interdépendances au sein des sociétés et identifier l’impact de nos comportements en regard de ces interdépendances. – Esquisser des perspectives d’amélioration de la société, par exemple autour d’un projet.

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NIVEAU mm Compétences

Objectifs

Éveil scientifique

1. Appréhender une réalité complexe et faire émerger une énigme à résoudre : – Formuler des questions à partir d’un phénomène : sur base de l’histoire de « Le long chemin du chocolat » se poser la question du circuit parcouru par nos aliments et ses impacts potentiels. 2. Récolter des informations par la recherche documentaire : – Décoder un document audiovisuel, une photo ou un dessin. Sur base du photolangage et du récit illustré « Le long chemin du chocolat », repérer les étapes et impacts d’un système alimentaire. – Sur base des explications de Yao, comprendre différentes interactions d’un arbre avec son environnement. Réorganiser les informations données par le dessin. 3. Savoir-être : les êtres humains et l’environnement – Développer une réflexion sur l’utilisation des ressources et faire preuve d’esprit critique. – Développer une réflexion sur la gestion, conservation et protection des ressources. – Comprendre une série de relations entre différents éléments du vivant : chaîne alimentaire, prédation, parasitisme, compétition, coopération, caractéristiques d’un sol.

Éducation artistique

1. Organiser, transformer, créer… – Représenter des animaux, des paysages. – Simplifier, géométriser, changer les proportions.

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NIVEAU mm Compétences

Objectifs

Français

1. Orienter sa lecture en fonction de la situation de communication : récit illustré « Le long chemin du chocolat » – Saisir l’intention dominante de l’auteur/narrateur. 2. Élaborer des significations – Sur base du récit illustré, « Le long chemin du chocolat », percevoir le sens global afin de pouvoir restituer l’histoire, reformuler et utiliser les informations du texte. – Comprendre en émettant des hypothèses sur le sens d’un mot, en découvrant sa signification à partir du contexte : récit illustré. – Comprendre le sens d’un texte en s’appuyant sur la ponctuation, en les reliant à des éléments non verbaux (illustrations). Dégager des informations explicites et implicites. 3. Orienter sa parole et son écoute en fonction de la situation de communication – En tenant compte des critères de l’intention poursuivie : Que vois-tu sur la photo ? Que peux-tu dire de cela ? Que comprends-tu de l’histoire ?

Histoire et Géographie

1. Rechercher de l’information : via le récit illustré de « Le long chemin du chocolat » – Situer un pays ou un continent et différencier certaines zones climatiques. 2. Lire un paysage ou une image géographique : par le photolangage – Identifier au moins deux aspects concrets relatifs à des éléments du paysage, à l’aménagement par l’homme ou aux activités de ce dernier. 3. Construction de repères spatiaux, temporels et sociaux, sensibilisation à la responsabilité citoyenne – Identifier, caractériser les interactions entre l’humain et l’espace : déforestation, disparition de la biodiversité. 4. S’ouvrir au monde et développer son esprit critique – Identifier des aspects concrets du mode de vie d’enfants d’autres espaces. – À propos de situations problématiques liées aux droits humains et à l’environnement : avoir un avis et l’exprimer.

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NIVEAU mmm Compétences

Objectifs

Éducation à la philosophie et à la citoyenneté

1. Formuler un étonnement à propos de situations, de problèmes, et en dégager une question pouvant servir de base à une réflexion philosophique – Amorcer le questionnement sur base du photolangage. – Sur base du récit des paysan·ne·s, identifier les enjeux multiples sous-jacents à l’accès à la terre. – Comparer et confronter différentes alternatives. 2. Assurer la cohérence de sa pensée (activités liées à l’inégalité de l’accès à la terre) – Déterminer les caractéristiques nécessaires et suffisantes pour définir un concept. – Formuler et organiser ses idées de manière cohérente. – Identifier différentes positions possibles et leurs conséquences, évaluer la validité d’un jugement, d’un principe : via les portraits des paysan·ne·s qui racontent leur histoire. 3. Prendre position de manière argumentée – Réfléchir sur ses affects et ceux des autres : comment je ressens l’inégalité vécue par les paysan·ne·s ? – Renforcer son estime de soi, ainsi que celle des autres : quelles sont les activités que je peux mettre en place pour aider l’accès à la terre ? Les paysan·ne·s ? – Questionner la réalité à partir d’alternatives : par exemple en réfléchissant à la terre comme un « bien commun ». – Formuler une prise de position sur le plan éthique : réflexion sur les injustices liées à nos systèmes alimentaires et la nécessité de les transformer, via l’atelier d’écriture niveau mmm 4. S’ouvrir à la pluralité des cultures et des convictions – Reconnaître le rôle et la pluralité des normes au travers du récit, apprivoiser la vision de l’autre et appréhender les conditions de vie de l’autre. – Analyser une situation depuis une perspective différente de la sienne. 5. Comprendre les principes de la démocratie – Expliquer l’importance d’avoir des règles qui garantissent des droits et des libertés. – Expliquer l’égalité devant la loi : sur base des récits, comprendre que toutes et tous ne bénéficient pas des mêmes droits en pratique. – Appréhender la différence entre propriété privée et bien commun. – Distinguer légitimité et légalité. – Identifier l’influence du pouvoir économique : via les portraits de Blairo Maggi et de la grande chaîne de supermarchés. 6. Se reconnaitre, soi et tous les autres, comme sujets de droits – Se reconnaître comme citoyen, interroger la réciprocité et l’égalité de traitement. – S’opposer aux abus de droits et de pouvoirs, identifier des situations de transgression des droits fondamentaux et mobiliser des personnes qui peuvent aider.

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RÉCAPITULATIF DES COMPÉTENCES

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NIVEAU mmm Compétences

Objectifs

Éducation à la philosophie et à la citoyenneté Suite

7. Participer au processus démocratique – Décider collectivement après avoir confronté et articulé différents arguments : atelier d’écriture « déclaration des droits des paysans ». 8. Contribuer à la vie sociale et politique – Identifier des interdépendances au sein des sociétés – Identifier l’impact de ses comportements en regard de ces interdépendances. – Identifier les besoin et s’organiser pour réaliser un projet commun. – Proposer une utopie et des perspectives d’amélioration de la société

Français

1. Orienter sa lecture en fonction de la situation de communication : sur base du récit des paysan·ne·s – Saisir l’intention dominante de l’auteur·trice/narrateur·trice. 2. Élaborer des significations : sur base du récit des paysan·ne·s – Sur base des portraits de paysan·ne·s, percevoir le sens global afin de pouvoir restituer l’histoire, reformuler et utiliser les informations du texte. – Comprendre en émettant des hypothèses sur le sens d’un mot, découvrant sa signification à partir du contexte. Dégager des informations explicites et implicites. 3. Orienter son écrit en fonction de la situation de communication – En tenant compte des critères de l’intention poursuivie, du projet, du destinataire. 4. Élaborer des contenus – Réorganiser les éléments analysés dans un texte argumenté : l’atelier écriture mmm

Histoire et Géographie

1. Rechercher de l’information : – Situer un pays ou un continent. Différencier certaines zones climatiques. 2. Lire un paysage ou une image géographique : par le photolangage – Identifier au moins deux aspects concrets relatifs à des éléments du paysage, à l’aménagement par l’homme ou aux activités de ce dernier. – Identifier et caractériser différents milieux « naturels ». 3. Construction de repères spatiaux, temporels et sociaux, sensibilisation à la responsabilité citoyenne : – Identifier et comparer des aspects concrets du mode de vie des paysan·ne·s. – Caractériser l’organisation du travail et la vie en communauté, les différences sociales qui en découlent, les modes d’oppression ou d’exclusion et les luttes engagées pour les combattre. – Identifier, caractériser les interactions entre l’humain et la terre : déforestation, disparition de la biodiversité mais aussi des liens spirituels, culturels. 4. S’ouvrir au monde et développer son esprit critique – À propos de situations problématiques liées aux droits humains et à l’environnement : avoir un avis et l’exprimer.

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NIVEAU mmm Compétences Éveil scientifique:

1. Appréhender une réalité complexe et faire émerger une énigme à résoudre : – Formuler des questions à partir d’un phénomène : sur base des récits de paysan·ne·s, se demander : qu’est-ce qui explique l’inégalité de l’accès à la terre ? 2. Récolter des informations par la recherche documentaire : – Décoder un document audiovisuel, une photo ou un dessin. Sur base du photolangage et des récits de paysan·ne·s, repérer les impacts sociaux ou environnementaux d’un système inégalitaire d’accès à la terre. 3. Savoir-être : les êtres humains et l’environnement – Développer une réflexion sur l’utilisation des ressources et faire preuve d’esprit critique. – Comprendre les différences d’usage de la terre, entre agriculture familiale et conventionnelle. – Prendre une part active à l’élaboration et à la réalisation d’un projet pour promouvoir la protection de l’environnement et le sens des responsabilités des êtres humains vis-à-vis de celui-ci.

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GLOSSAIRE

Accaparement des terres Le terme « accaparement de terre » désigne le processus par lequel des investisseurs privés ou publics, étrangers ou nationaux, acquièrent de vastes étendues de terres (généralement entre 10 000 et 500 000 ha, voire plus) par le biais de contrats de location ou d’achat de concessions 15. Bien souvent, celui-ci se fait en bafouant les droits humains, sans consultation ni consentement des populations affectées, et sans prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux potentiels. Agroécologie L’agroécologie associe la science et les pratiques de l’agronomie à celles de l’écologie, tout en prenant en compte le contexte de chaque exploitation ou région. Ses méthodes basées sur des procédés naturels et durables sont développées à partir des connaissances locales et de l’expérimentation et ont pour but d›augmenter la production. Elle favorise un système de production circulaire en stimulant le recyclage de la biomasse. Ainsi, on optimise la décomposition organique et augmente la quantité d’éléments nutritifs à long terme. À l’inverse, l’agriculture industrielle moderne repose sur un système de production linéaire, dépendante d’intrants externes onéreux et non respectueux de l’environnement, tels que les engrais chimiques et les pesticides. Chaîne d’approvisionnement alimentaire La nourriture est produite, récoltée, lavée, stockée, transportée, transformée, conditionnée, vendue, consommée, perdue ou gaspillée, les déchets sont enfin évacués. Toutes ces étapes mais aussi tous les acteurs impliqués dans ces étapes correspondent aux chaînes d’approvisionnement alimentaire. Circuit court Le circuit court est un mode de commercialisation de produits agricoles et horticoles, bruts ou transformés, dans lequel au maximum un intermédiaire intervient entre le producteur et le consommateur. Il s’agit par exemple de circuit court lorsque le producteur vend ses produits directement depuis sa ferme, sur les marchés, à un restaurant, par le biais d’une coopérative ou d’une association avec d’autres producteurs.

Commerce équitable Selon l’ONG Oxfam Magasins du Monde, le commerce équitable « est une initiative qui vise à permettre à des producteurs et des travailleurs défavorisés des pays en développement de passer d’un état de vulnérabilité à un état de sécurité et d’autosuffisance économique, et plus globalement, à plus d’équité dans le commerce international » 16. Coopérative Une coopérative est une association de personnes réunies pour satisfaire leurs buts et besoins communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement. Donc, à la différence des multinationales où seuls les actionnaires les plus puissants prennent des décisions, les coopératives permettent à chaque personne de voter des décisions qui concernent l’association. Devoir de vigilance C’est ainsi que l’on nomme « un processus que les entreprises devraient mettre en œuvre pour identifier, prévenir, et atténuer les impacts négatifs réels et potentiels de leurs activités, de leur chaîne d’approvisionnement et de leurs relations d’affaires, mais aussi pour rendre des comptes de la manière dont ces impacts sont traités » 17. Système alimentaire Pour groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition, le système alimentaire « est constitué de l’ensemble des éléments (environnement, individus, apports, processus, infrastructures, institutions, etc.) et des activités liées à la production, à la transformation, à la distribution, à la préparation et à la consommation des denrées alimentaires, ainsi que du résultat de ces activités, notamment sur les plans socio-économique et environnemental » 18. 15. François Delvaux (Entraide et Fraternité), Stéphane Desgain (CNCD11.11.11), Manuel Eggen (FIAN Belgium), Claire Guffens (FIAN Belgium), Stéphane Parmentier (Oxfam-Solidarité), Virginie Pissoort (SOS Faim), « Ruées vers les terres ? Quelles complicités belges dans le nouveau Far West mondial ? », Points Sud, CNCD-11.11.11, juin 2013, 8. 16. Commerce équitable : Objectifs et Piliers Fondamentaux, Accord signé par Oxfam Magasins du Monde,Oxfam Wereldwinkels, , Fair Trade Organization, Max Havelaar et Miel Maya Honing, Belgique, 2008. 17. OCDE, Guide OCDE sur le devoir de diligence pour une conduite responsable des entreprises, 2018, 17. 18. HLPE, 2020.

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES

TOUS NIVEAUX S’INFORMER

Sonder les connaissances des élèves :

Photolangage

– Demander aux élèves de choisir une photo et d’expliquer pourquoi ils l’ont choisie, qu’est-ce qu’elle leur évoque ? Savent-ils l’expliquer ? Savent-ils d’où viennent certains aliments qu’on voit apparaître sur les photos ? Comment ces derniers sont-ils amenés jusque dans nos supermarchés ? Comment sont-ils transformés pour arriver dans nos assiettes ? Peuvent-ils citer certaines étapes du chemin parcouru ?

OBJECTIF : Introduire la notion de circuit alimentaire

et ses impacts sociaux et environnementaux.

DURÉE : 30-40 minutes MATÉRIEL : FICHES « PHOTOLANGAGE » : PHOTOS 1 À 12.

Sur base de photos proposées dans ce photolangage, les enfants sont invités à s’exprimer librement sur les images qu’ils voient. C’est la base des échanges qui permettront d’aborder le sujet. – À quoi penses-tu en voyant la photo ? Quels liens fais-tu avec les autres photos ? Invitez les enfants à partager leurs connaissances sur ce qu’ils voient dans les photos : la forêt, le paquebot qui transporte des aliments dans le monde entier, l’enfant qui travaille dans les plantations de cacao, le supermarché, le marché local… Sur base de ces interactions, inscrivez les mots qui ressortent des échanges et inscrivez-les au tableau. – Forêt, jungle – Supermarché – Agriculteurs·trices – Travail des enfants – Pollution – Disparition des animaux – Consommation – Déforestation Commencer à questionner la consommation des élèves à travers leurs habitudes : – Pourquoi les forêts disparaissent ? Estce que l’on protège la Terre ? Est-ce que ce que nous mangeons est bon pour la nature ou la détruit ?

Recomposer une partie de l’histoire des aliments : il est possible de déjà mettre certaines photos l’une après l’autre, pour introduire la notion de systèmes alimentaires. À l’issue de ces échanges, proposez aux enfants de définir les notions de « chaîne d’approvisionnement alimentaire », de « circuit alimentaire » ou de « systèmes alimentaires ». Ces premiers échanges représentent une première amorce.

Surnommée le poumon vert de la planète, la forêt amazonienne s’étend sur plus 7,5 millions de km2 et constitue un réservoir unique de biodiversité. Le bassin concentre également 20 % des réserves d’eau douce. Mais alors qu’elle aurait déjà perdu 20 % de sa superficie en cinquante ans, la pression du front agricole ne fait actuellement qu’augmenter. Plantation de soja en train d’être moissonnées. Au Brésil, l’agrobusiness détient des milliers d’hectares, utilise de nombreux intrants. Les plantations de soja sont l’une des principales causes de déforestation et d’accaparement de terres autochtones.

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cc Neil Palmer (CIAT)

© Shutterstock

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TOUS NIVEAUX L’intérieur d’un supermarché. On y trouve de tout en abondance. En réalité il s’agit de l’ultime étape de nos systèmes alimentaires : la distribution. Aujourd’hui les entreprises de grande distribution ont énormément de pouvoir.

cc Lysa Danger Gardner

Image d’un marché local où les paysan·ne·s vient vendre ses produits sans passer par des intermédiaires. Cette pratique qui revient de plus en plus aujourd’hui fait partie de ce que l’on appelle les circuits courts. Elle renforce l’autonomie et améliore le revenu des paysan·ne·s.

© Shutterstock

Déforestation. La « frontière agricole » telle qu’on l’appelle progresse chaque année en Amazonie. Rien qu’en 2019, la surface déboisée a quasiment doublée.

© Richard Withcombe – Shutterstock

Photo d’une culture pratiquant l’agroforesterie. L’agroforesterie est une pratique de culture agroécologique. Se basant sur l’alliance entre le champs et les arbres, cette technique permet de préserver les sols et rajouter de la diversité et de la complexité dans les cultures.

© Shutterstock

© Nadir Keklil – Shutterstock

Usine de jus d’orange. Production industrielle de jus d’orange. Comme pour d’autres produits transformés, quelques grandes multinationales se partagent le contrôle de toutes les étapes de production du jus d’orange. Ce monopole leur permet d’influencer le prix du marché poussant entre autre les petits producteurs à céder leurs terres.

© Shutterstock

© Rosenthal

Porte-conteneur : le transport de nos aliments à travers le monde, comme les autres étapes de production, a également un impact négatif sur l’environnement. Toutefois attention, car il se peut qu’une pomme fraîche venant de Nouvelle-Zélande ait un « coût carbone » qui nuise moins au climat qu’une pomme locale entreposée en chambre froide durant des mois ! Mouvement des sans terre. Des paysans sans terre occupent un terrain. Né en 1985, le Mouvement des Sans-Terres est une organisation militant pour une réforme agraire au Brésil. Le Brésil est l’un des pays les plus inégalitaire concernant l’accès à la terre : 1 % des propriétaires terriens détiennent 45 % des terres cultivables.

© Stock Studio Aerials – Shutterstock

© Joa Souza – Shutterstock

Un petit avion déverse des pesticides sur une plantation. Chaque année, plus de 4 millions de pesticides par an sont utilisés dans le monde. Cette utilisation massive est à l’origine de nombreux problèmes environnementaux et de santé.

© Gavin Baker – Shutterstock

Photo d’enfants qui prennent leur petit déjeuner. Dans le monde, 9,5 pots de nutella sont consommés chaque seconde. Gros consommateur d’huile de palme, ce produit phare d’une chaîne de production agro-industrielle mondialisée est un exemple type des impacts désastreux de nos systèmes alimentaires dominants aujourd’hui : chaque jour, la forêt primaire recule pour laisser place à des plantations d’huile de palme.

© Philippe Turpin – Belga Image

Photo d’un enfant qui travaille durement dans les plantations de cacao. Rien qu’au Ghana et en Côte d’Ivoire, on estime qu’ils sont 2,1 millions d’enfants à travailler dans ces champs de cacao.

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TOUS NIVEAUX SE MOBILISER

Participer aux

OBJECTIF : Participer à la solidarité internationale grâce à l’opération 11.11.11 et lancer vous dans un projet créatif et engagé ! DURÉE : deux étapes : 1. Tout au long de l’année 2021, sensibilisez vos classes à la solidarité internationale, via l’outil des revues « Le monde en classe » qui met en évidence les interconnexions entre les pays du nord et du sud sur quatre thématiques : les inégalités mondiales, l’alimentation, le climat et les migrations. 2. Entre mi-septembre et mi-décembre 2021 : participez aux Olympiades, une façon de se mobiliser pour répondre aux problématiques que vous aurez abordées durant l’année avec vos élèves. MATÉRIEL : Inscrivez-vous et rejoignez l’aventure Olympiades : https://www.cncd.be/-olympiades-

Les Olympiades 11.11.11 c’est : Former des citoyens et des citoyennes solidaires, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, pluraliste et ouverte aux autres cultures. Agir collectivement pour influencer les enjeux locaux comme globaux de notre société pour un monde juste et durable. Appréhender les enjeux des inégalités, du climat, de la souveraineté alimentaire et des migrations grâce aux revues « Le monde en classe », pour conscientiser les enfants à ces thématiques interconnectées entre les pays du nord et du sud. Réaliser un projet créatif, solidaire et engagé de leur choix à l’échelle de la classe ou de l’école À la clé : des prix pour les œuvres les plus créatives et/ou engagées ; des prix pour les meilleures ventes de chocolat. Les Olympiades 11.11.11 vous proposent de mettre en action votre classe sur l’une des thématiques abordées au sein des différents « monde en classe ». Le principe est de laisser au corps enseignant une grande liberté par rapport à la manière de s’approprier l’outil, tout en vous proposant animations et accompagnement dans les différentes étapes du concours. À l’issue du concours, envoyez-nous vos plus belles créations, engagées et solidaires, participez à l’Opération 11.11.11 et remportez avec votre classe les Olympiades 11.11.11 édition 2021 ! Toutes les infos et inscriptions : www.cncd.be/-olympiades-

© Shannon Rowies

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NIVEAU m S’INFORMER

BD « Leni et les animaux défendent la forêt » OBJECTIF : Aborder l’impact de l’alimentation sur la déforestation, la perte de biodiversité et les droits des personnes qui y vivent. DURÉE : 30 à 40 minutes MATÉRIEL : FICHES m 1 À 3

Possible d’appuyer l’histoire avec la vidéo suivante : Greenpeace : « RANG-TANG : LES RAVAGES DE L’HUILE DE PALME » : www.youtube.com/ watch?v=7lM0HLdDmXc

Réponses de la fiche : Le personnage principal s’appelle Leni. Leni vit dans la forêt indonésienne. L’Indonésie se trouve dans l’hémisphère sud, bien loin de la Belgique. La forêt est comme leur maison. C’est le lieu où ils vivent, trouvent tout ce dont ils ont besoin. On enlève les arbres car on a besoin d’espace pour faire pousser des palmiers à la place. On a besoin de beaucoup d’espace car on veut cultiver beaucoup de palmiers. Avec leurs fruits, on peut faire de l’huile qui se vend dans le monde entier. Pour essayer d’empêcher qu’on détruise la forêt, Leni, sa famille et les animaux de la forêt se mettent ensemble pour résister et défendre la forêt. L’huile que l’on achète vient parfois de loin. Pour produire cette huile, on détruit des forêts, alors que beaucoup de gens et d’animaux en ont besoin pour vivre. 3. Une fois en classe, vous pouvez animer la compréhension globale de la BD en essayant d’aller plus loin.

1. Proposez aux enfants de découvrir l’histoire de Leni et ses compagnons, famille et animaux vivant dans la grande forêt indonésienne. Ceux-ci sont chassés de la forêt à cause de la déforestation qui s’y opère. On y comprend que cette déforestation est liée aux plantations d’huile de palme qui sera vendue dans le monde entier. Cette activité vous permet d’aborder avec les enfants la notion de système alimentaire et les impacts environnementaux et sociaux que celui-ci peut avoir.

– Mettez-vous à la place de Leni ou de l’orang-outan : comment vous sentiriez-vous ? Donnez une émotion. Pourquoi ? Je me sentirais triste et en colère. Car c’est comme si on détruisait mon quartier, ma maison, sans me demander mon avis. – Comment sommes-nous reliés, en Belgique, à ce qui se passe en Indonésie ? Nous sommes concernés/reliés à ce qu’il se passe en Indonésie car nous achetons des produits qui sont fabriqués avec l’huile des palmiers.

2. À l’issue de la lecture, proposez aux enfants de répondre aux questions de la FICHE m 3. Et accompagnez les enfants dans la compréhension des causes et conséquences de la situation vécue par les personnages issus de la BD.

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NIVEAU m

– L’Indonésie perd beaucoup de forêts chaque année pour faire des plantations. Qu’est-ce qui pourrait être fait pour changer ? Et si on voulait protéger les animaux ? Il faut protéger les forêts. Si on protège les forêts, alors on protège aussi les animaux qui y vivent. Pour cela, on peut par exemple décider de ne plus acheter l’huile venant d’Indonésie et qui cause la destruction des forêts. Mais on peut aussi trouver des façons de produire de l’huile, sans détruire les forêts. – Est-ce que vous pensez que la Belgique a perdu beaucoup de ses forêts. Pourquoi ? Oui. La Belgique au cours de l’histoire a perdu beaucoup de ses forêts. Aujourd’hui, sur beaucoup d’espaces où se trouvaient les forêts, on retrouve souvent des champs qui servent à cultiver différents aliments (betteraves, pomme de terre, blé, etc.). – Est-ce que vous trouvez l’histoire juste ou injuste ? Pourquoi ? Ce qui arrive à Leni et sa famille, aux animaux, est injuste. On les chasse et on détruit leur maison juste pour faire de l’argent. Mais la vie de la forêt n’est-elle pas plus importante ?

– Quels problèmes ? Quelles conséquences ? Derrière le circuit des matières premières, se cache une série de grands problèmes : déforestation (il y a de moins en moins de forêts car on remplace les forêts par des cultures d’aliments), perte de biodiversité (les animaux qui vivent en forêts n’ont plus de maison), impact sur les populations qui vivent dans et de la forêt (l’exemple de Leni et sa famille qui vivaient en harmonie avec la forêt). Les forêts, outre le fait qu’elles contribuent à l’atténuation du changement climatique, abritent plus de 75 % de la biodiversité de la planète et protègent les sols, sont le principal moyen de subsistance pour des millions de personnes vivant en milieu rural. – L’agriculture est le premier moteur de déforestation au monde. Mais l’agriculture permet de nourrir la planète. Alors comment protéger l’une tout en sauvegardant l’autre ? Puisque l’agriculture et les forêts sont essentielles pour l’avenir de la planète, il est impératif de favoriser des interactions positives entre elles.

4. Sur base des réponses et des réflexions amenées par les enfants, vous pouvez conclure en mettant en évidence certains éléments principaux : – Une large part de nos aliments est composée par des produits différents qui viennent parfois de loin. Pourquoi ? Car tout ne pousse pas en Belgique, cela dépend de ce dont ont besoin certaines plantes pour pousser. Certaines « matières premières » comme les palmiers ne peuvent que pousser dans des pays où il fait très chaud et humide. Le climat joue un rôle essentiel. – Comment ces produits arrivent-ils jusque dans nos magasins ? Ils sont transportés par bateau ou par avion, ainsi que par camion. Ce qui a un impact sur la pollution de l’air et sur les émissions de CO₂. L’ensemble des étapes qui vont du champ jusqu’à l’assiette compose ce que l’on appelle un « système alimentaire ».

Pour aller plus loin pour le corps enseignant : Si vous souhaitez en savoir plus sur la situation dont parle cette séquence, visionnez, entre autre, l’émouvant documentaire « Green » de Patrick Rouxel ! www.youtube.com/watch?v=-WNgoqBGw4Y

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NIVEAU m S’INFORMER

CRÉER

Matières premières et produits transformés

Décompose ton aliment préféré

OBJECTIF : Comprendre le lien entre les matières

premières et les aliments transformés DURÉE : 20 minutes MATÉRIEL : FICHE m 4

Après avoir lu la BD de « Leni et les animaux défendent la forêt » et avoir abordé les raisons de la déforestation, proposez aux enfants cet exercice afin de mieux saisir le lien entre matières premières et les aliments transformés que nous consommons. 1. Image d’un petit déjeuner où l’on retrouve certains produits de consommation tout-àfait banaux. Les élèves doivent les repérer et préciser avec quelle «matière première » ils sont conçus. Ces produits de base sont en vrac sur le côté. Certains produits peuvent être reliés à plusieurs aliments.

OBJECTIF : Appliquer la compréhension des notions

de matière première et produits transformés à sa propre consommation, à travers un exercice créatif. DURÉE : 20 à 30 minutes. Ce dessin peut aussi être fait à la maison. MATÉRIEL : Feuilles de papier, crayons de couleurs, marqueurs, peinture.

Demandez aux élèves de dessiner leur aliment transformé préféré. Avec quelles matières premières pensent-ils qu’il a été produit ? Demandez ensuite aux élèves de dessiner un maximum des « matières premières » avec lesquelles leur aliment a été produit. Les plus imaginatif·ve·s peuvent même essayer de raconter, par le dessin, l’histoire de leur aliment préféré, du champ ou de l’arbre jusqu’à leur estomac !

SE MOBILISER

Une balade d’éveil en forêt : « Imaginer son arbre » OBJECTIF : Créer du lien avec les arbres. Semer

le goût de protéger la forêt.

DURÉE : Pour une balade en forêt, prévoir au moins

2 heures.

Réponses : – Blé Céréales – Maïs Pop-corn – Cacao Plaquette de chocolat + pâte à tartiner – Lait Brique de lait – Betteraves Pot de sucre – Orange Jus d’orange – Huile de palme Pâte à tartiner 2. Il est possible que certaines matières premières proviennent de Belgique. Proposez aux enfants de colorier les matières premières qui selon eux, pourraient avoir poussées en Belgique.

MATÉRIEL : Du sucre de canne à faire goûter à vos élèves éventuellement, de quoi bander les yeux, loupe grossissante, rouleau de papier WC

Après avoir réfléchi à l’importance des forêts et avoir compris le lien que l’on peut faire entre leur disparition et l’agriculture, vous pouvez proposer à votre classe une balade dans la forêt, le bois ou le parc le plus proche de votre école. Proposez par exemple aux enfants de choisir un arbre et le décrire. Invitez les jeunes à choisir un arbre et à l’étudier de près pour lui inventer un univers grâce à leurs cinq sens. Vous pouvez les guider comme ceci :

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NIVEAU m

© Annie Spratt – Unsplash

Pour le toucher : passer ses mains sur son arbre les yeux bandés, prendre les mesures de son arbre avec ses bras et son corps, sentir avec ses doigts la texture de son écorce, repérer tactilement des signes distinctifs (mousse au pied, petits défauts…). Pour la vue : observer des détails à la « lorgnette » à travers le trou du rouleau papier WC ou à la loupe grossissante. Regarder les dessins de l’écorce, les insectes parcourant le tronc de l’arbre, les racines qui s’enfoncent dans le sol, observer la forme de ses branches, dessiner l’empreinte de son écorce en frottant un pastel sur une feuille déposée sur son écorce. Pour l’odorat : humer l’odeur de la résine, des feuilles de l’arbre. L’ouïe : s’arrêter, se taire et écouter le vent dans les feuillages, l’arbre qui craque. Découvrir l’environnement sonore autour de cet arbre. Écouter les bruits humains, non humains et les situer par rapport à l’arbre en utilisant les points cardinaux et les notions de « lointain » et de « proche ». Pour le goût : fais goûter aux jeunes du sucre de canne. Vous pouvez leur préciser que le sucre est fabriqué par toutes les plantes, dans les feuilles lors d’un processus appelé photosynthèse. C’est à partir de l’eau qui vient du sol, du gaz carbonique qui vient de l’air et de l’énergie apportée par le soleil que les

plantes réorganisent les molécules d’hydrogène, de carbone et d’oxygène pour en faire un sucre, leur nourriture quotidienne. Les plantes championnes dans la production du sucre réutilisable par l’homme sont la canne à sucre et la betterave sucrière… Une fois que chaque jeune s’est approprié un arbre, il lui invente une histoire pour le faire découvrir à un·e copain·ine : il·elle lui donne un nom, explique pourquoi il est là, grand ou petit, qui sont ses voisins, comment il est perçu par les autres, pourquoi il a une cicatrice, s’il y a des dangers auxquels il est confronté… Pour aller plus loin pour le corps enseignant : pour sensibiliser les jeunes à la nature et particulièrement à la protection des forêts, de nombreux outils existent. Un excellent recueil d’animation peut par exemple être trouvé sur le site d’« Empreinte asbl » www.empreintes.be/ wood-kit/ Ce fichier d‘activités vous aidera à vivre des activités avec les jeunes.

L’esSENSiel pour animer en forêt et

en rivière, réalisé par l’asbl Empreintes avec la complicité des cinq fédérations de mouvements de jeunesse wallonnes, du DNF, de la SRFB, de PEFC et sous la coordination du Service public de Wallonie (Département du Développement - Directon de la CREA).

Animation tirée du recueil « wood-kit » réalisé par l’asbl « Empreinte » que nous vous encourageons à découvrir !

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NIVEAU mm S’INFORMER

S’INFORMER

Récit « Le long chemin du chocolat »

Jeu « l’histoire d’un aliment »

OBJECTIF : Aborder le circuit du cacao et ses impacts

sociaux et environnementaux à travers le récit de Yao. DURÉE : 30 minutes MATÉRIEL : FICHES mm 1 À 3

1. Proposez aux enfants de découvrir le récit de Yao, un garçon de huit ans qui travaille dans une plantation de cacao. De nombreux enfants travaillent dans les plantations de cacao, très souvent pour aider leurs familles à subvenir à leurs besoins. Cet état de fait est la conséquence de la pauvreté rurale. L’histoire vous propose de découvrir le parcours du cacao jusqu’à se retrouver sous forme de chocolat. Cette activité vous aidera à aborder la notion de systèmes alimentaires avec vos élèves et l’impact de notre consommation sur l’environnement et les populations.

OBJECTIF : Partir du récit illustré pour comprendre les étapes d’un circuit alimentaire et les impacts environnementaux et sociaux qu’il génère. Le mettre en application pour d’autres aliments et comparer avec le parcours d’un aliment local. DURÉE : 50 minutes MATÉRIEL : FICHES mm 5 À 24 Éventuellement un tableau aimanté. Vous pouvez aussi prévoir de grandes affiches pour qu’à la fin de l’animation les élèves puissent coller les images dans l’ordre sur les feuilles. Celles-ci pourront être affichées dans la classe par la suite.

1. Proposer aux enfants de se mettre en cercle. Vous déposez alors par terre la fiche aliment « tablette de chocolat ». Il est à priori plus facile de commencer par cette denrée, car les élèves ont pris connaissance du récit. Montrez aux enfants les images des autres fiches « étapes » et proposezleur de remettre dans l’ordre les étapes du chemin parcouru par le cacao, de la plantation en Côte d’Ivoire jusqu’à nos supermarchés. À chaque tentative par un·e élève, faites lire la carte à voix haute.

2. À l’issue de la lecture, proposez aux enfants de se répartir en groupes : – Qu’avez-vous compris avec l’histoire de Yao ? Diviser en 4 groupes. Chaque groupe répondra aux mêmes questions : Quel est le trajet du cacao ? Quelles sont les conséquences pour les forêts ? Quelles sont les problèmes pour les producteurs de cacao ? Quelles sont les choses qui à votre avis pourraient être faites pour changer cela ? 3. Mise en commun : rassemblez les idées de chacun des groupes et proposez-leur de réaliser le jeu de « l’histoire d’un aliment »

2. Une fois que vous avez, ensemble, rétabli la chronologie des étapes du cacao dans le bon ordre, vous avez retracé le circuit alimentaire du chocolat. Vous pouvez maintenant présenter les cartes « impacts » et demander aux enfants de dire où est-ce qu’ils se situent. Nous avons conçu deux types d’impacts : des impacts sociaux et des impacts environnementaux. Sur une deuxième ligne, vous placez à l’aide des enfants les dégâts environnementaux ou sociaux au-dessus de la ligne du circuit alimentaire. Vous pouvez ensuite passer à un autre aliment. Attention, conservez bien les cartes dans le bon ordre, placées au tableau, par terre ou sur une table.

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NIVEAU mm Réponse : plantation de Plan 1 (trajet) : graine cacaoyers Yao enfant d’agriculteur diffusion de pesticides récolte transport (bateau) fermentation et séchage usine de transformation chocolatiers usine d’emballage transport (camion) supermarché disparition Plan 2 (impacts) : déforestation d’animaux travail des enfants pollution des eaux problèmes de santé et des sols pollution des transports pollution des déchets 3. Ensuite, vous pouvez réaliser la même opération avec un autre aliment issu du commerce mondial : la banane.

Posez aussi les questions pour guider la réflexion de la classe. – D’où vient l’aliment selon eux ? Comment pousse-t-il ? De quoi a-t-on besoin pour avoir cet ingrédient ? Comment est-il transporté ? Réponse : Plan 1 (trajet) : graine de banane plantation de bananiers travailleur de l’usine del Monte diffusion de pesticides (avions) récolte usine de nettoyage, emballage, étiquetage transport (bateau) transport (camion) supermarché Plan 2 (impacts) : déforestation disparition d’animaux problèmes de santé exploitation des travailleurs·euses pollution des eaux et des sols pollution des transports pollution des déchets

4. Une fois que vous avez complété le circuit alimentaire de la banane avec ses différents impacts, réaliser la même opération pour le fromage de chèvre biologique. Les enfants n’ont pas eu d’explications plus précises sur le trajet de la banane. Laissez-les réfléchir au trajet de la banane, après avoir lu la carte de présentation du fruit à voix haute. À nouveau, à chaque tentative par un·e élève, faites lire la carte à voix haute pour que tout le monde l’entende.

Réponse : Plan 1 (trajet) : chèvres traite des chèvres caillage, égouttage, moulage affinage transport marché local Plan 2 (impacts) : pollution des transports (bien moindre)

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NIVEAU mm 5. Demandez ensuite aux enfants d’estimer la distance parcourue par chaque produit. – Combien de pays ont-ils traversés ? Par quels lieux sont-ils passés ? Ont-ils dû traverser un océan ? Pour évaluer la distance vous pouvez par exemple, à l’aide d’un fil et d’un planisphère, faire remarquer la différence de longueur entre les trajets cacao et/ou banane et le fromage de chèvre. Si vous souhaitiez calculer, référez-vous à d'autre valeurs. Par exemple 1 km = 30 éléphants OU la distance entre la Belgique et l’Espagne est d'environ 1 000 km. Costa Rica : Environ 9 500 km de la Belgique. Le Costa Rica est le troisième pays qui produit le plus de bananes au monde. La banane est le produit qui rapporte le plus d’argent au pays, après le tourisme. Mais c’est aussi l’un des pays qui utilise le plus de pesticides.

– De quoi se rend-on compte ? Beaucoup de nos aliments sont produits très loin ou viennent d’autres pays. Malgré le fait qu’un poulet vienne de Belgique, s’il a été nourri avec du soja, il est associé à des dégâts environnementaux. Nos aliments quotidiens ne sont pas « juste de la viande » ou « juste une banane ». D’autres éléments sont à prendre en compte. – Pourquoi ne pense-t-on pas à ce qu’il y a derrière nos aliments ? Bien souvent, on ne pense pas aux conditions des travailleurs agricoles qui souffrent d’exploitation avant de manger notre banane, ni aux enfants travaillant dans les plantations de cacaoyers, avant de croquer dans notre barre chocolatée. En partie car beaucoup de gens ignorent les conditions dans lesquelles elles sont produites. On peut alors avoir une réflexion sur le rôle de la publicité dans cette désinformation, qui nous présente toujours que le « beau » côté des choses et qui nous « cache » ses côtés sombres.

Côte D’Ivoire : Environs 7 500 km de la Belgique. La Côte d’Ivoire se situe en Afrique de l’Ouest. Près des ¾ de la production mondiale de cacao provient de cette région, dont plus de la moitié en Côte d’Ivoire. – Aller au Costa Rica, ou en Côte D’Ivoire, cela veut dire faire combien de fois le trajet Belgique – Espagne ? Belgique : L’avantage des aliments produits en Belgique est que ceux-ci ne réalisent pas un grand trajet pour venir jusqu’à nous. Le transport pollue donc beaucoup moins. Si en plus on achète nos produits dans les marchés locaux plutôt que dans les grandes surfaces, on achète directement aux agriculteurs·trices. Pas besoin d’intermédiaires. 6. Débriefing : Placez les cartes des trois circuits des trois différents produits de façon visuelle pour toutes et tous. – Quelles différences constate-ton ? Lesquels se ressemblent ? Lequel se démarque ? Pourquoi ? Discutez avec vos élèves ce qu’ils retirent de cette animation. Plusieurs pistes de discussion sont possibles, en voici quelques exemples :

© pxhere.com

– Pourquoi ne faut-il pas confondre « complexe » et « qui vient de loin » ? Complexe ne veut pas dire que cela vient de loin. Le chocolat est un procédé de fabrication complexe qui a eu besoin de matières premières venant de loin. Mais le fromage de chèvre aussi est un produit complexe car il a demandé des étapes et un processus de fabrication très précis. Pourtant la matière première principale, le lait, est donné par les chèvres en Belgique ! La banane quant à elle, une fois récoltée, ne fait l’objet d’aucune transformation ; pourtant, elle vient de loin.

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NIVEAU mm – Quels sont les « impacts » qui vous ont le plus marqué ? Les « dégâts » pour la nature ? Les problèmes pour les paysans ? Lesquels vous paraissent les plus injustes ? – Quelles alternatives ? Avec vos mots, qu’est-ce que l’agriculture biologique ? Estce que s’alimenter avec des aliments locaux est une bonne solution ? Pourquoi ? Est-ce que quelqu’un connaît ce qu’est le commerce équitable ? D’autres pistes de questionnements pour aller plus loin : discutez le fait que des produits en Belgique font parfois moins partie de notre alimentation que d’autres qui viennent de loin. – Par quoi remplaceriez-vous les bananes qui viennent de très loin par exemple ? Lorsqu’une pandémie mondiale comme le coronavirus empêche les transports de marchandises, que pensez-vous qu’il puisse arriver ? 7. Pour terminer l’animation, proposez aux élèves de se diviser en trois groupes pour coller les cartes dans le bon ordre, sur une grande affiche de papier. Collez les cartes « impacts » au-dessus et indiquez la distance au-dessous. Vous pouvez alors décorer un mur de la classe avec ces trois affiches. Remarque : Pour mieux contextualiser les choses, l’enseignant peut aussi décider d’amener luimême des aliments afin de proposer aux élèves de regarder les emballages et réfléchir au parcours de ces autres produits. Cette animation fut inspirée par le jeu de la ficelle (créé par Daniel Cauchy et réalisé par Quinoa, Rencontre des Continents et Solidarité socialiste) dans sa version adaptée aux plus petits, réalisé par Sara Installé, d’Uguette asbl. Jeu disponible sur : www.quinoa.be/jeminforme-3/outils-pedagogiques/jeu-de-la-ficelle/

S’INFORMER

Commerce équitable et commerce conventionnel OBJECTIF : Comprendre la différence d’impacts pour les paysan·ne·s entre le commerce équitable et le commerce conventionnel DURÉE : 50 minutes MATÉRIEL : FICHES mm 1 À 3 Le récit « Le long chemin du chocolat », 20 billets de Monopoly, deux emballages : d’un chocolat issu du commerce conventionnel et d’un chocolat issu du commerce équitable.

Cette activité vous permet d’approfondir la notion de système alimentaire en faisant la différence entre le commerce équitable et le commerce plus conventionnel. L’idée est de comprendre le trajet que réalise le cacao jusqu’à se retrouver sous forme de chocolat que nous consommons et d’ensuite mieux se rendre compte du trajet que fait l’argent du·de la consommateur·trice dans l’autre sens. Elle permet d’introduire la notion de commerce équitable, qui se veut une alternative au commerce conventionnel garantissant un prix juste aux paysan·ne·s, leur permettant de vivre dignement de leur production. Quelques précisions néanmoins : Le commerce équitable se base sur une série de piliers comme le prix juste, mais également le travail décent, des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, etc. Cette activité qui aborde uniquement le « trajet de l’argent » est donc réductrice en soi et n’aborde pas les autres dimensions que revêt le commerce équitable. Elle permet néanmoins de mettre l’accent sur l’injustice sociale qui se cache dans nos systèmes alimentaires. Le commerce équitable est un levier de changement vers des relations de commerce international plus justes. Celui-ci, ne serait-ce que de par son internationalisation, continue d’avoir des impacts que l’on peut critiquer entre autres dans le cadre de son empreinte écologique. Il est donc important de ne pas confondre

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NIVEAU mm le« commerce équitable » avec la notion de « circuitcourt » qui garantit une forme d’alimentation locale, recréant un lien direct entre producteurs·trices et consommateurs·trices. Pour permettre aux élèves de bien saisir les deux notions, vous pouvez notamment utiliser le jeu des cartes (NIVEAU mm) pour montrer la différence entre les deux Déroulement : 1. Commencez par proposer aux élèves de lire le récit « Yao et le cacao ». 2. Divisez la classe en 6 groupes, chacun représentant une personne impliquée dans la chaîne de production du chocolat : Circuit n°1 : CONSOMMATEUR·TRICE SUPERMARCHÉS CHOCOLATIERS ENTREPRISE DE TRANSFORMATION TRANSPORTS CACAOCULTEURS·TRICES 3. Afin de rappeler le circuit parcouru par la fève de cacao jusqu’au chocolat et s’assurer que l’ensemble de la classe a bien compris le circuit du cacao, demandez à chacun des groupes de préciser où le personnage se situe sur la chaîne de production : Cacaoculteurs Transporteurs Transformateurs Chocolatiers Supermarchés Consommateurs·trices. 4. Ensuite, l’enseignant·e remet un budget de 20 billets symboliques au groupe ayant l’identité « Consommateur·trice ». Ce groupe-là va acheter une tablette de chocolat issu du commerce conventionnel : Le groupe « Consommateurs·trices » donne les 20 billets au groupe « Supermarchés ». Le groupe « Supermarchés » garde 8 billets et transmet les 12 billets restants au groupe « Chocolatiers » Le groupe « Chocolatiers » garde 6 billets et transmet les 6 billets restant au groupe « Transformateurs ». Le groupe « Transformateurs » garde 3 billets et donne les 3 derniers au groupe « Transporteurs ».

Le groupe « Transporteurs » garde deux billets et donne le dernier billet au groupe « Cacaoculteurs ». 5. Que constate-ton ? Est-ce que les élèves trouvent cette distribution juste ? Quel est le sentiment du groupe « Cacaoculteurs » ? 6. Proposer aux élèves de voir comment cela pourrait fonctionner en commerce équitable : cette fois la classe se divise en 3 groupes : le groupe « Consommateurs·trices » ne change pas. Les élèves des groupes « Supermarchés », « Chocolatiers » et « Transformateurs » forment le groupe « Coopérative belge ». Le groupe « Cacaoculteurs » prennent l’identité « Coopérative ivoirienne ». Demandez à chaque groupe de lire sa fiche d’identité. Ensuite demandez à nouveau aux groupes de se placer dans l’ordre. Circuit n°2 : CONSOMMATEUR-TRICE COOPERATIVE DE BELGIQUE COOPERATIVE DE CÔTE D’IVOIRE 7. Les billets : le groupe « Consommateurs·trices » remet les 20 billets au groupe « Coopérative belge ». Il en prend 10 et laisse les dix autres à la « Coopérative Ivoirienne ». 8. Qu’est-ce qui a changé ? Le groupe « Coopérative de Côte d’Ivoire » se sent-il mieux ? Trouve-t-il cela plus juste ? Qu’est ce qui a changé dans le trajet du cacao ? Qu’ont-ils compris ? 9. Entamer une discussion finale avec la classe dans son ensemble sur toutes les différences qu’ils observent du commerce équitable. Proposez des pistes de réflexions comme par exemple : Qu’est-ce que les producteurs·trices de cacao

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES

NIVEAU mm CRÉER

qui se sont réunis ensemble vont pouvoir faire en plus avec cet argent ? Comment définiriez-vous le terme « coopérative » ? Comment définiriezvous le terme « équitable » ? Pourquoi est-ce que se mettre ensemble permet parfois d’être plus fort ? Avez-vous un exemple que vous auriez vécu personnellement ? Comment différencier les produits qui viennent d’un commerce équitable des autres ?

C’est quoi l’agroforesterie ? OBJECTIF : Introduire la notion d’agroforesterie qui permet de produire des aliments tout en protégeant l’environnement. DURÉE : 50 minutes. Le dessin peut être fait à la maison. MATÉRIEL : FICHE mm 25 ET 26, crayons de couleurs, pastels, marqueurs, peinture, feuilles de papier, carton…

Réponses : Les productrices de cacao vont par exemple pouvoir acheter des nouveaux cahiers pour que leurs enfants puissent aller à l’école, etc. Une COOPÉRATIVE est un groupe de personnes qui se mettent ensemble pour former une organisation. Ils travaillent ensemble, ainsi ils sont plus forts et peuvent s’aider les uns les autres. ÉQUITABLE signifie que tout le monde a droit une part de la même taille. Si tu coupes un gâteau en parts équitables, c’est qu’il y a la même part pour toutes les personnes qui veulent du gâteau. Se mettre ensemble permet d’être plus forts car on collabore et on rassemble nos forces. Par exemple si on veut nettoyer l’école et qu’on le fait chacun sans se concerter, sans s’organiser, cela sera beaucoup plus long et difficile que si on se met ensemble pour le faire. Les produits du commerce équitable ont un logo sur l’emballage : montrer la différence entre deux types de chocolat et leurs emballages.

© Shutterstock

Cet exercice a pour but d’introduire certains principes d’agroforesterie, mais surtout de montrer qu’agriculture et protection de l’environnement – ici la forêt – ne sont pas antagonistes, au contraire ! La nature – ici l’arbre – peut en réalité être une alliée de l’agriculteur·trice et de sa plantation. C’est ce que les paysan·ne·s appellent les « services écosystémiques ». C’est sur ce principe que se base notamment l’agroécologie, dont l’agroforesterie est l’une des multiples dimensions. Voilà ce que signifie ramener de la complexité plutôt que de l’uniformité dans les cultures !

Cette activité est une adaptation du jeu de rôle « Armando, un apiculteur mexicain », réalisé par les équipes pédagogiques des ONG Miel Maya Honing et Oxfam Magasin du Monde .

Déroulement : 1. Faites observer la photo d’agroforesterie du photolangage à votre classe. 2. Demander aux enfants d’énumérer : ce qu’ils voient de vivants sur la photo (arbres, herbes, plantations, sol, ciel…) ce qu’ils ne voient pas… mais qui est probablement caché : dans les arbres, herbes, (oiseaux, insectes…), l’air (abeilles, oiseaux, gouttelettes d’eau, vent, soleil…) et le sol (racines, eau, vers de terre)

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES

NIVEAU mm 3. Puis pour chaque élément : discuter de un, deux ou trois rôles (positif ou négatif), par exemple : arbres : ombre, protection du vent, retient le sol >< érosion, retient l’eau, consomme CO₂, rejette O₂, feuilles qui tombent : compost soleil : chaleur mais sécheresse abeilles, oiseaux ; vent : pollinisation ; les oiseaux mangent les insectes et vers de terre… insectes : nettoyeurs mais peuvent aussi être dévastateurs et vers de terre : aération et enrichissement du sol 4. Pour finir, faites lire les explications d’agroforesterie données par Yao dans les FICHES mm 25 ET 26. 5. Demander aux élèves de réaliser, en groupe ou individuellement, une création (dessin, bricolage…) représentant tous les éléments qu’ils auront retenu sur le fonctionnement de l’agroforesterie.

SE MOBILISER

Fabrique ta pâte à tartiner durable ! OBJECTIF : Mettre en application les réflexions faites en classe sur le commerce équitable. DURÉE : 50 minutes MATÉRIEL : Proposer à vos élèves de ramener un pot en verre (environ 330 ml) récupéré chez eux.

Afin de mettre en application les réflexions que vous avez eues avec votre classe, vous pouvez proposer à votre classe de réaliser ensemble le « Biotella maison ». À réaliser avec des ingrédients qui n’ont pas eu pour effet de détruire les forêts ou d’exploiter les travailleurs ! La recette suivante est tirée du livre de recettes « Cuisine Vivante. Recettes gourmandes, saines et rapides » d’Audrey Elsen. Avec 4 euros par élève, vous pouvez aller acheter du cacao équitable et les quelques ingrédients supplémentaires nécessaires. Regarder avec les enfants les étiquettes et montrez-leur le logo « commerce équitable ».

© Vivi Pham

Ingrédients pour 1 pot par élève : – ½ demi tasse de purée de noisettes – ½ tasse de purée d’amandes complètes – ¾ tasse de cacao cru – ½ tasse de lait végétal – ⅓ tasse de sucre glace de canne (sucre de canne passé au blender). – 1cc d’extrait de vanille ou les grains de bâtons de vanille – 1 pincée de sel Réalisation du Biotella : ­– Mélanger tous les ingrédients ensemble. Se conserve dans un bocal hermétiquement fermé, à l’abri de la lumière et de préférence au frais. Source : Audrey Elsen, Cuisine Vivante, recettes gourmandes, saines et rapides, 2018. Son site : https://cuisinevivante.com/cuisine_ recettes/biotella-maison/

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NIVEAU mmm S’INFORMER

Expérimenter l’inégalité : le jeu des triangles OBJECTIF : Expérimenter une situation d’inégalité, qui permettra de faire le lien avec l’inégalité d’accès à la terre dans le monde ensuite. DURÉE : 20 minutes MATÉRIEL : pour 20 enfants : équipe n° 1 : 7 enfants : 7 paires de ciseaux en bon état, 7 lattes graduées, 20 feuilles de papier (papier de brouillon) – équipe n° 2 : 7 enfants : 3 paires de ciseaux, dont au moins une défectueuse, une latte graduée et 20 feuilles de papier (papier de brouillon) – équipe n° 3 : 6 enfants : une paire de ciseaux défectueuse, un couteau qui ne coupe pas, un bout de bois ou quelque chose qui pourrait servir de latte, 4 ou 5 feuilles déjà utilisées (déchirées, sales…).

Il s’agira de débuter une réflexion sur l’accès à la terre pour les paysans et paysannes. Le jeu des triangles est un jeu simple qui permet d’expérimenter l’inégalité.

À la fin des 5 minutes, demander aux enfants d’arrêter leur production. Invitez les à s’asseoir en cercle mettre pour faire un débriefing commun, mais en restant avec leur groupe. Inviter chaque groupe à exprimer son ressenti par rapport à l’activité vécue. Repartir de réactions des enfants durant le jeu pour amener la thématique des inégalités : – Est-ce normal que tout le monde n’ait pas droit au même matériel ? Pourquoi certains en ont-ils plus ? Il-y-a-t-il eu des échanges entre les groupes ou bien chacun est-il resté à sa table sans se préoccuper des autres ? Faites-le parallèle avec la réalité. À quoi pensentils comme exemple d’inégalités ? Le jeu du triangle est un « classique » de l’ECMS quand il s’agit de se représenter une situation d’inégalité. Il s’agit ici d’une adaptation contenue dans le livret pédagogique de la mallette équitable, réalisée par Miel Maya Honing et Oxfam Magasins du Monde.

Déroulement : Placer le matériel de chaque équipe dans trois zones distinctes de la classe. Vous pouvez pousser l’exercice en permettant à l’équipe n° 1 de disposer de trois tables jointes, l’équipe n° 2 de deux tables jointes et l’équipe n° 3 d’une seule table pour réaliser l’exercice. Diviser la classe en trois groupes et inviter chaque groupe à se diriger vers l’une des zones. Sans autre forme de consigne, annoncez : – En cinq minutes seulement, réalisez, à l’aide du matériel dont vous disposez sur les tables, un maximum de triangles isocèles dont la base est de 4 cm. Annoncez que vous ne répondrez à aucune question durant les 5 minutes. Lancez le chronomètre. Observez les réactions des uns et des autres, si besoin en prenant des notes. Si l’on s’adresse à vous, restez silencieux·se. Transformons nos systèmes alimentaires - Le Monde en Classe no 2 - Année scolaire 2020-2021

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES

NIVEAU mmm S’INFORMER

Le jeu des chaises de l’inégalité de l’accès à la terre OBJECTIF : Aborder la question de l’inégalité de

l’accès à la terre

DURÉE : 20 à 30 minutes MATÉRIEL : Une salle de classe dans laquelle

on a mis les tables de côté. Si le climat le permet, il est plus parlant de réaliser l’exercice dans la cour. Vous aurez alors besoin de craies.

Dans la poursuite de cette réflexion sur l’inégalité via le jeu des triangles, l’animation suivante permet d’expérimenter plus spécifiquement l’inégalité de l’accès à la terre, tout en faisant le lien avec le jeu des triangles réalisé précédemment. Dans la dernière phase de cette séquence, nous vous proposerons une série de portraits d’agriculteurs et agricultrices du nord comme du sud, qui mettront en exergue de façon concrète les difficultés de l’accès à la terre et ses enjeux. L’objectif de cet exercice est de mettre en scène certains chiffres de l’inégalité de l’accès à la terre. Déroulement dans la cour : Délimitez à la craie un grand rectangle. Avec une craie d’une autre couleur vous pouvez tracer une zone en vous basant sur le tableau ci-après : Par exemple : pour 25 élèves, vous souhaitez représenter la répartition mondiale de terre : – Divisez votre rectangle en (grosso modo) une zone de 75 % et une zone de 25 % : ces deux zones représentent les surfaces de terres agricoles mondiales. – Dans la zone qui représentent les ¾ des terres disponibles, placez deux élèves. Dans la zone qui représentent le quart des terres disponibles, placez 23 élèves. Les élèves représentent la population mondiale d’agriculteurs·trices, entre d’un côté les petits paysans et de l’autre les grands propriétaires terriens.

– Vous pouvez alors demander à chaque élève de dessiner à la craie sa parcelle. Les deux élèves (représentant les grands propriétaires terriens) se partagent une zone gigantesque tandis que les 23 autres (représentant les petits paysans) doivent se serrer pour chacun avoir un petit bout de terre. Déroulement en classe : Sur base des chiffres ci-dessous et en fonction du nombre d’élèves il vous est possible de reproduire la répartition, mondialement ou par continent, en fonction du nombre de fermes, de grandes exploitations et du nombre de terres disponibles. Les élèves représentent les fermes existantes sur un territoire donné. Une distinction est faite entre d’un côté, les fermes de petite taille, et de l’autre, les grands propriétaires terriens. Les chaises représentent la quantité de terre qui revient à chaque groupe.

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Pour 20 élèves Fermes « familiales » (nombre d’élèves) Petites fermes en % de l’ensemble des exploitations Terres (nombre de chaises) Superficie de terres agricoles détenues par des petits producteurs en % du total de terres agricoles disponibles Grandes exploitations (nombre d’élèves) Grandes exploitations en % de l’ensemble des exploitations. Terres appartenant aux grandes exploitations (nombre de chaises) Superficie de terres agricoles détenues par les grandes exploitations en % du total de terres agricoles disponibles.

Europe

Amérique du Nord

Amérique latine & Caraïbes

Afrique

Pour 25 élèves Fermes « familiales » (nombre d’élèves) Petites fermes en % de l’ensemble des exploitations Terres (nombre de chaises) Superficie de terres agricoles détenues par des petits producteurs en % du total de terres agricoles disponibles Grandes exploitations (nombre d’élèves) Grandes exploitations en % de l’ensemble des exploitations. Terres appartenant aux grandes exploitations (nombre de chaises) Superficie de terres agricoles détenues par les grandes exploitations en % du total de terres agricoles disponibles.

Asie-Pacifique

NIVEAU mmm

Mondial

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES

23 22 20 19 22 23 93,9 % 89,6 % 80,1 % 76,8 % 88,5 % 92,3 % 9 4 5 7 4 6 34,7 % 14,7 % 19,3 % 26,1 % 17,4 % 24,7 %

2 3 5 6 3 2 6,1 % 10,4 % 19,9 % 23,2 % 11,5 % 7,7 % 16 21 20 18 21 19 65,3 %

83,3 %

20,7 %

73,9 %

82,6 %

75,3 %

19 18 16 15 18 18 93,9 % 89,6 % 80,1 % 76,8 % 88,5 % 92,3 % 7 3 4 5 3 5 34,7 % 14,7 % 19,3 % 26,1 % 17,4 % 24,7 %

1 2 4 5 2 2 6,1 % 10,4 % 19,9 % 23,2 % 11,5 % 7,7 % 13 17 16 15 17 15 65,3 %

83,3 %

20,7 %

73,9 %

82,6 %

75,3 %

Ce tableau est une adaptation de chiffres analysés par l’ONG GRAIN. Les documents sont disponibles ici : www.grain.org/fr/article/4960-affamesde-terres-les-petits-producteurs-nourrissent-le-monde-avec-moins-d-un-quart-de-l-ensemble-des-terres-agricoles

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES

NIVEAU mmm Débriefing : À la suite du jeu, rassemblez les enfants en cercle pour une mise en commun. – Qu’ont-ils compris ? Qu’est-ce que cela vous évoque qu’un si grand nombre de petits paysans se partagent si peu de terres ? – Pourquoi selon vous, très peu de grandes fermes ont-elles autant de terres pour elles ? Trouvez-vous cela juste ? Expliquez que l’idée était de constater via ce petit jeu qu’il existe une très grande inégalité d’accès à la terre dans le monde : entre les grandes exploitations qui disposent de centaines d’hectares de terres, et les petites fermes familiales, disposant d’un ou deux hectares (un hectare est grand comme environ 2 terrains de foot côte à côte). Annoncez la suite : – À travers le récit d’une série de personnes qui vivent de l’agriculture, nous allons essayer de comprendre ce qui crée cette inégalité mais aussi l’importance de ce rapport à la terre dans la production de nos aliments. Le jeu des chaises fut à l’origine créé par l’organisation ITECO. Il s’agit ici d’une adaptation où les chaises n’ont pas la même fonction. Son usage habituel est à découvrir ici : www.iteco.be/revue-antipodes/sejouer-des-inegalites-cinq-exercices-dont-le-jeu-des-chaises-actualise/ article/jeu-des-chaises-actualise

S’INFORMER

Récits : 8 portraits OBJECTIF : Aborder la question de l’accès à la terre du point de vue de la situation de différent·e·s paysan·ne·s DURÉE : 50 minutes MATÉRIEL : FICHES mmm 1 À 11

L’accès à la terre est une question centrale de la notion de souveraineté alimentaire. Cet accès à la terre permet aux paysan·ne·s d’avoir un accès aux ressources de leur travail, mais également de pouvoir sécuriser un accès durable et une gestion autonome de celle-ci. Surtout, plus qu’un gagne-

pain, la terre est le fondement de l’identité et la culture de nombreuses personnes. Elle est donc nécessaire à la réalisation des droits des populations rurales. L’inégalité de répartition de celle-ci explique pourquoi des millions de petits agriculteurs·trices souffrent de la faim, sont souvent relégué·e·s à des sols arides, difficilement irrigables, quand ils ne sont pas purement et simplement expulsés de leur terre. Le lien entre cette concentration des terres et le mode de consommation des pays du nord, encouragé par le commerce international, est évident. La surface de 16 fois la Belgique est nécessaire pour cultiver tous les produits agricoles importés par l’Europe ! Principalement, l’Union Européenne importe des quantités gigantesques de soja pour nourrir son bétail ainsi que des huiles végétales (notamment pour les agrocarburants). 1. Afin de démarrer cette activité, divisez la classe en petits groupes, afin que chacun prenne connaissance d’un ou deux personnages, au choix. Luiza, militante du MST Aissatou, maraîchère de la forêt au Sénégal Blairo Maggi, le « roi du soja » Vincent Delobel, agriculteur belge Quentin Ledoux, jeune agriculteur Lucie, agricultrice Hugues, agriculteur à La Blanche Ferme et porte-parole du syndicat la FUGEA Une grande chaîne de supermarché 2. Après avoir pris connaissance du ou de leurs personnages, chaque groupe est appelé à le·s présenter devant la classe, avec leurs mots. Conseillez aux élèves de prêter une attention particulière à une série d’éléments : – Quel type de rapport à la terre a le personnage ? En a-t-il beaucoup ? Lui appartient-elle ? Quels sont les problèmes que rencontre le personnage pour accéder à la terre ? Comment chacun des personnages réussit ou pas à accéder à la terre ? À quelle·s image·s du photolangage pourrait-on relier votre personnage ?

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SÉQUENCES PÉDAGOGIQUES

NIVEAU mmm 3. Discussion de classe : proposez aux groupes de rester ensemble et de réfléchir quelques instants aux questions des FICHES mmm 9 ET 10 et posez quelques-une de ces questions à l’ensemble de la classe : – Quelles sont les différences que vous observez entre les profils ?

SE MOBILISER

Visiter une ferme pedagogique dans votre province

– Des personnages ont une approche totalement différente de l’accès à la terre par rapport aux autres. Quels sont-ils ? Comment voient-ils la terre et quel usage en font-ils ? – Quelles sont les deux grandes conceptions de la terre qui s’opposent à travers tous ces récits ? Relier ces deux grandes conceptions aux différentes façons de faire de l’agriculture.

CRÉER

Atelier d’écriture : « Écris ta propre déclaration des droits des paysan·ne·s » OBJECTIF : Engager une réflexion et une mobilisation en faveur des droits des paysan·ne·s DURÉE : 50 minutes MATÉRIEL : FICHE mmm 11, grande affiche (pour la mise en commun), marqueurs.

À l’issue l'activité précédente, qu’est-ce que cela leur évoque ? Quel est leur ressenti par rapport à cette façon de voir les choses ? Proposez, toujours par groupe, de réfléchir au droit à la terre et d’écrire leur propre déclaration des droits des paysan·ne·s. Réalisez une mise en commun des idées de chacun des groupes. Regroupez-les et proposez aux élèves de réécrire au propre sur une affiche A3 la déclaration de la classe pour le droit des paysan·ne·s. Bien sûr, il est recommandé d’ensuite l’afficher sur un mur de la classe.

© Arnaud Ghys pour le CNCD-11.11.11

Par exemple, Vincent Delobel (voir le portrait FICHE mmm 4) organise des visites de sa ferme « la chèvrerie de la Croix de la Grise » et fait découvrir aux enfants ses activités d’éleveur. Allez rencontrer Vincent et posez-lui toutes les questions que vous souhaitez ! Bien sûr, vous n’aurez pas toutes et tous l’occasion d’aller jusque chez Vincent. Pas de panique, il en existe des dizaines ! Pour en trouver une dans votre province, vous pouvez notamment aller visiter le site : www.accueilchampetre.be/fr/fermepedagogique

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ÉLÈVE

Leni et les animaux défendent la forêt

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FICHE 1

Leni a sept ans et vit dans l’une des grandes forêts d’Indonésie.

Elle et sa famille vivent en harmonie avec la forêt où ils trouvent tout ce dont ils ont besoin pour vivre.

La maison de Leni est entourée de grands arbres chargés de fruits. Ses voisins, les orangs-outans les adorent !

Mais un jour, de grandes machines de fer arrivèrent et commencèrent à arracher les arbres. Leni apprit qu’on appelait ça des bulldozers.

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ALIMENTATION


ÉLÈVE

Leni, sa famille mais aussi tous les animaux de la forêt durent fuir.

Pourquoi détruisent-ils notre belle forêt ? Pour y mettre des plantations de palmiers, avec lesquels on fait de l’huile.

Mais... On ne va pas se laisser faire !

Shampoings, pizzas surgelées, pâtes à tartiner, on retrouve cette huile dans beaucoup d’ingrédients !

Ce jour-là, Leni, sa famille et tous les animaux de la forêt décidèrent de résister pour défendre la forêt qui est leur maison depuis toujours !

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FICHE 2

ALIMENTATION


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S’INFORMER

FICHE 3

Leni et les animaux défendent la forêt Après avoir lu la BD, réponds aux questions suivantes

Comment s’appelle le personnage principal ? D’où vient-elle ? Pourrais-tu retrouver son pays sur une carte ? Qu’est-ce que représente la forêt pour Leni et sa famille ainsi que les animaux qui y vivent ?

Pourquoi Leni, sa famille et les animaux doivent-ils tous fuir la forêt ? Qu’explique l’orang-outan à Leni ? Pourquoi est-ce qu’on détruit la forêt ?

Que font- ils ensuite pour essayer d’empêcher que l’on détruise la forêt ?

Que retiens-tu de l’histoire ?

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FICHE 4

S’INFORMER

Matière première et produits transformés Relie chaque aliment « matière première » à l’aliment « produit transformé » qui lui correspond.

Colorie les matières premières et produits transformés qui pourraient venir de Belgique. Transformons nos systèmes alimentaires - Le Monde en Classe no2 - Année scolaire 2020-2021

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CRÉER

FICHE 5

Décompose ton aliment préféré Quel est ton aliment préféré ? Dessine-le puis dessine les matières premières qui le composent. D’où viennent-elles ? Tu peux aussi essayer de raconter le chemin parcouru par ce produit jusqu’à ton assiette.

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Le long chemin du chocolat

FICHE 1

*

J

e m’appelle Yao, j’ai 13 ans et j’habite en Côte d’Ivoire. Mon pays est un des plus gros producteurs de cacao : vous voyez, ces petites fèves avec lesquelles on fabrique le chocolat ? Ces fèves de cacao viennent d’un arbre, qui s’appelle le cacaoyer. Il pousse en Côte d’Ivoire car le climat y est très chaud et humide.

Ceux qui cueillent les fèves de cacao sont très mal payés. À 9 ans j’ai été forcé d’accompagner mon père à la plantation pour l’aider à gagner suffisamment d’argent. Travailler dans les plantations est très dur. Il faut couper les fèves avec de grandes machettes et porter des sacs très lourds. Je me blesse souvent. En plus les arbres sont constamment aspergés de pesticides et c’est très mauvais pour la santé ! *Basé sur le « circuit du cacao » décrit par l’ONG Oxfam Magasins du Monde.

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FICHE 2

Quand les cabosses sont mûres, on les ouvre pour récupérer les fèves. Elles sont envoyées à l’entrepôt où on les fait fermenter puis sécher. Elles sont ensuite stockées et envoyées vers l’Europe !

Là-bas, pour faire le chocolat on écrase les fèves, on en fait une pâte et les chocolatiers élaborent ensuite des chocolats de différents goûts, qui sont emballés et envoyés dans les supermarchés.

Les magasins et les chocolatiers se font beaucoup d’argent avec la vente du chocolat. Mais peu d’argent revient jusqu’à nous les cacaoculteurs, c’est-à-dire moi et ma famille. Je ne trouve pas ça juste car sans nous, ce ne serait pas possible de fabriquer du chocolat ! Transformons nos systèmes alimentaires - Le Monde en Classe no2 - Année scolaire 2020-2021

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FICHE 3

Comme tout le monde raffole du chocolat, il faut faire pousser de plus en plus de cacao. À cause de cela, on remplace la forêt par des plantations de cacaoyers. Dans mon pays, 1/3 de la forêt a disparu à cause des plantations ! Et avec la destruction de la forêt, les éléphants perdent leur maison. Cette année, mon père et d’autres agriculteurs du village ont décidé que cela devait changer ! Pour arrêter de détruire la forêt ils ont créé un système d’agroforesterie qui n’utilise plus de pesticides et collabore avec les arbres pour faire pousser les cacaoyers. Ils se sont rassemblés pour créer une coopérative et ont fait un accord de commerce équitable avec une association européenne : désormais, les personnes qui achètent nos fèves de cacao pour fabriquer du chocolat nous garantissent un prix juste.

Depuis, ma famille gagne assez pour vivre. J’ai pu arrêter de travailler et retourner à l’école !

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FICHE 5


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mm FICHE 6

CARTE ALIMENT

Chocolat

CARTE ALIMENT

Banane

Je suis la banane, le fruit tropical le plus consommé au monde ! Un·e citoyen·ne belge en mange en moyenne 9 kg par an !

On me cultive sur de très grands terrains où l’on utilise beaucoup de pesticides et d’engrais chimiques.

On me trouve dans tous les supermarchés du monde, mais je viens du Costa Rica. J’ai donc fait un long voyage pour arriver jusqu’à vous.

En plus, beaucoup de paysans qui me cultivent sont très pauvres et souvent, ils sont obligés de faire travailler leurs enfants pour survivre !

Les paysans qui me cultivent travaillent très dur et deviennent malades à cause de tous les produits toxiques dont on m’asperge!

Je suis une tablette de chocolat. On me trouve dans tous les supermarchés du monde et pour me fabriquer, les fèves de cacao ont dû faire un long trajet depuis l’Afrique ou l’Amérique Latine. Pour fabriquer le cacao, on doit remplacer beaucoup de forêts par des plantations d’arbres à cacao.

Je suis généralement emballée dans du papier, de l’aluminium et du plastique.

Mais les grandes sociétés qui me commercialisent se font beaucoup d’argent car je suis très belle et pas chère du tout, si bien qu’on me surnomme aujourd’hui la « banane dollar » !

CARTE ALIMENT

Fromage

Je suis un fromage de chèvre, et beaucoup de monde raffole de moi ! Je viens d’une petite ferme de Wallonie, en Belgique.

L’agriculteur.trice qui m’a fabriqué prend bien soin de ses chèvres qui produisent le lait nécessaire.

D’ailleurs, me fabriquer est tout un art : après avoir trait les chèvres, il faut faire cailler le lait, l’égoutter et le mouler dans la forme que l’on veut. Je suis ensuite affiné dans une cave jusqu’à ce que j’obtienne le meilleur goût possible !

Quand j’ai assez mûri, l’agriculteur. trice part me vendre au petit marché, pas loin de sa ferme. Beaucoup de gens veulent m’acheter car, en plus d’être délicieux, je suis bio, ce qui veut dire que je ne contiens pas de colorants ou de pesticides !


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FICHE 7


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FICHE 8

CARTE ÉTAPE

Plantation de cacaoyers

Les cabosses poussent directement sur le tronc de l’arbre. Ce sont les cacaoculteurs qui prennent soin des arbres de la plantation : tailler les arbres de la bonne manière, apporter du compost pour que le sol soit assez riche et que l’arbre soit en bonne santé, c’est tout un savoir-faire !

CARTE ÉTAPE

Diffusion de pesticides

Je suis un pesticide. Je suis fabriqué avec des produits chimiques très toxiques pour l’environnement et les humains. On m’utilise beaucoup dans toutes les plantations pour protéger les plantes des insectes et des maladies. Il n’y a que les plantations d’agriculture biologique qui ne font pas appel à moi. Mais le problème, c’est que je pollue aussi l’eau et les sols. En plus, les agriculteurs qui travaillent dans les plantations tombent aussi malade à cause de moi.

CARTE ÉTAPE

Graine de cacao

La petite graine de cacaoyer met environ cinq ans à devenir un arbre adulte qui produira beaucoup de cabosses de cacao. Cette graine est très ancienne. Les Aztèques en faisaient une boisson qu’ils appelaient « Xocoatl ». Ils considéraient le cacao comme une « nourriture des dieux ».

CARTE ÉTAPE

Yao, enfant d’agriculteur

Je suis Yao. Ma famille et moi travaillons dans une plantation de cacao en Côte d’Ivoire. Je n’ai que neuf ans mais je suis obligé de les aider sinon on ne gagnerait pas assez d’argent. Nous sommes très pauvres malgré le fait que les gens adorent le chocolat. C’est parce que les supermarchés et les entreprises qui transforment le cacao en chocolat gardent quasiment tout pour eux !


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FICHE 9


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FICHE 10

CARTE ÉTAPE

Fermentation et Séchage

Une fois récupérées, les fèves de cacao doivent fermenter pendant plusieurs jours. Cela permet de développer leurs arômes ! Toutes les fèves sont ensuite séchées au soleil pendant une à deux semaines.

CARTE ÉTAPE

Usine de transformation

C’est là qu’on transforme le cacao en chocolat ! La recette est toujours la même : Il faut chauffer et malaxer les fèves de cacao jusqu’à obtenir une pâte : cette pâte est mélangée avec du beurre de cacao et du sucre (plus du lait pour faire du chocolat au lait). C’est alors que cela devient enfin du chocolat.

CARTE ÉTAPE

Récolte

On peut récolter les fèves de cacao deux fois par an. Pour cela il faut d’abord utiliser la machette pour couper les cabosses des arbres à cacao (les cacaoyers). Un cacaoyer produit environ 80 cabosses par an. Ensuite on prend les graines qui sont dans les cabosses. Ce sont ces graines que l’on appelle les fèves de cacao et qui sont la base de tous les chocolats ! Chaque cabosse contient entre 20 à 60 graines.

CARTE ÉTAPE

Transport - Bateau cargo

Une fois que toutes les fèves de cacao sont sèches, il faut les transporter vers les usines où elles seront transformées en chocolat ! On remplit de grands sacs de toile et par camion puis par bateau, elles commencent leur grand voyage jusqu’en Europe !


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FICHE 11


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FICHE 12

CARTE ÉTAPE

Usine d’emballage

Le chocolat qui atterrit dans nos supermarchés est très souvent emballé dans du papier, de l’aluminium et/ou du plastique. Il doit donc passer par l’usine d’emballage qui l’envoie ensuite au supermarché.

CARTE ÉTAPE

Chocolatiers

En utilisant ce premier chocolat, les chocolatiers, eux, créent le chocolat final, en rajoutant parfois des noisettes, parfois des fruits secs. Tous ont une recette différente !

Le problème, c’est que ces déchets sont souvent jetés n’importe où ensuite !

CARTE ÉTAPE

Supermarchés

Je suis le supermarché ! Je vends de tout : fruits, légumes, viandes, céréales et chocolat. Je propose de tout et au prix le moins cher ! Croyez ma publicité sur parole car je n’aime pas trop qu’on mette le nez dans mes affaires. Si mes produits ne sont pas chers c’est parce que j’oblige ceux qui me les apportent à me les vendre à des prix très bas.

CARTE ÉTAPE

Transport - camion

Une fois le chocolat emballé, les camions les emmènent dans les supermarchés ou ils remplissent des rayons entiers !


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FICHE 13


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FICHE 14

CARTE ÉTAPE

Plantation de bananiers

Les plantations de bananes s’étendent sur des kilomètres. Pour faire ces grandes plantations, il faut peu à peu grignoter de plus en plus de forêts. Ces plantations se trouvent au sud du Costa Rica, un endroit où il fait très chaud, jusqu’à 40° la journée ! Tous les matins, un avion passe au-dessus de la plantation pour diffuser des pesticides, pour protéger les bananes des insectes et des maladies.

CARTE ÉTAPE

Travailleur de l’usine Del Monte

Je m’appelle Ernesto et je travaille dans les plantations de bananes au Costa Rica. Je travaille du lundi au samedi, de 05h du matin à 17h. C’est dur, surtout que nous sommes payés au nombre de régimes de bananes que nous récoltons. Alors nous devons travailler vite et longtemps. Malgré cela, je gagne moins de 250€ par mois. En plus, avec les pesticides que les avions diffusent sur les plantations pendant que nous récoltons, j’ai souvent la peau qui s’irrite. C’est vraiment un travail difficile !

CARTE ÉTAPE

Graine de banane

Le bananier a besoin de beaucoup d’eau et de soleil pour pousser, il lui faut donc un climat chaud et humide ! Il faut attendre entre six et sept mois avant qu’un bananier soit assez grand pour commencer à produire des fruits.

CARTE ÉTAPE

Diffusion de pesticides

Je suis un pesticide. Je suis fabriqué avec des produits chimiques très toxiques pour l’environnement et les humains. On m’utilise beaucoup dans toutes les plantations pour protéger les plantes des maladies. Il n’y a que les plantations d’agriculture biologique qui ne font pas appel à moi. Mais le problème, c’est que je pollue aussi l’eau et les sols. En plus, les agriculteurs qui travaillent dans les plantations tombent aussi malade à cause de moi.


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FICHE 15


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FICHE 16

CARTE ÉTAPE

Usine de nettoyage, emballage, étiquetage

A côté des plantations, se trouvent les usines qui vont laver les bananes récoltées, puis les emballer dans des caisses en cartons et déposer une étiquette sur l’emballage et les envoyer par camion au port le plus proche.

CARTE ÉTAPE

Transport - Camion

Une fois que les bananes arrivent au port, les camions les emmènent dans les supermarchés ou elles sont vendues par milliers !

CARTE ÉTAPE

Récolte

Les récoltes se font tout au long de l’année. Un régime de banane contient entre 60 à 80 fruits. Dans le monde, 3 tonnes (1 tonne = le poids de 2 voitures) de bananes sont récoltées chaque seconde !

CARTE ÉTAPE

Transport - Bateau cargo

Le bateau cargo contient des dizaines de produits. Ils les transportent dans le monde entier. Les caisses de bananes, les sacs de cacao et beaucoup d’autres fruits, légumes ou céréales sont rangés dans de grands containers jusqu’au port d’arrivée.


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FICHE 17


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FICHE 18

CARTE ÉTAPE

Chèvres

Je suis une chèvre et avec soixante copines, je vis dans une ferme en Belgique. J’aime ma ferme : tous les jours, on nous emmène de l’étable jusqu’aux champs pour que l’on puisse brouter et se balader toute la journée. L’herbe est bonne car les agriculteurs·trices ont planté pleins de fleurs différentes rien que pour nous. En plus, ils n’utilisent pas de produits chimiques dans ses champs.

CARTE ÉTAPE

Caillage, égouttage, moulage, Une fois le lait des chèvres recueilli, on peut commencer à fabriquer son fromage. Le fromager connaît toutes ses recettes par cœur. D’abord il faut le chauffer, le cailler puis le mouler. Ensuite il faut le laisser reposer durant environ 24 h.

CARTE ÉTAPE

Supermarché

Je suis le supermarché ! Je vends de tout : fruits, légumes, viandes, céréales et chocolat. Je propose de tout et au prix le moins cher ! Croyez ma publicité sur parole car je n’aime pas trop qu’on mette le nez dans mes affaires. Si mes produits ne sont pas chers c’est parce que j’oblige ceux qui me les apportent à me les vendre à des prix très bas !

CARTE ÉTAPE

Traite des chèvres

Tous les matins, l’agricultrice se lève tôt pour traire ses chèvres. Cela fait beaucoup de litres de lait tous les jours !


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FICHE 19


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FICHE 20

CARTE ÉTAPE

Transport

Une fois que le fromage est prêt, Vincent les emmène dans son petit camion, au marché près de sa ferme. Là-bas, les habitants le connaissent bien et raffolent de ses produits !

CARTE IMPACTS ÉCOLOGIQUES

Déforestation

Les forêts recouvrent 30% des terres dans le monde. Mais la destruction des forêts tropicales se poursuit chaque année. L’agriculture est responsable de presque la moitié de la déforestation. Les conséquences pour la planète sont très graves.

CARTE ÉTAPE

Affinage

Une fois que ces premières étapes sont terminées, il faut laisser le fromage reposer durant un certain temps : plus on veut qu’il soit fort en goût, plus il faut le laisser reposer !

CARTE ÉTAPE

Marché local

Le marché est bien connu dans les environs : tous les week-ends, les agriculteur·trice·s du coin viennent vendre leurs produits de saisons : des légumes, des salades, tout est frais et vient directement de la ferme !


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FICHE 21


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FICHE 22

CARTE IMPACTS ÉCOLOGIQUES

Pollution des eaux et des sols

Les produits chimiques qui sont utilisés dans les plantations sont censés protéger les cultures des insectes et des maladies. Mais ils polluent les sols et les rivières. Ces produits sont très toxiques et tuent les petits poissons et les insectes.

CARTE IMPACTS ÉCOLOGIQUES

Disparition d’animaux

Beaucoup d’animaux vivent dans la forêt. Plus des ¾ d’animaux vivent près ou dans les forêts. Du coup, la déforestation détruit la maison de beaucoup d’espèces !

CARTE IMPACTS ÉCOLOGIQUES

CARTE IMPACTS ÉCOLOGIQUES

Pollution des déchets

Pollution des transports

Beaucoup de ce que l’on mange est emballé dans du papier, de l’aluminium et/ou du pastique. Une fois mangé, on jette ces déchets à la poubelle. Une partie peut être recyclée, mais c’est loin d’être le cas de tous les emballages. Beaucoup de déchets terminent leur vie en étant brûlés, ce qui les transforme en gaz. Tous ces gaz sont mauvais pour l’environnement et la santé.

Les aliments ont toujours voyagé pour être vendus loin de là où ils sont produits. Aujourd’hui, céréales, fruits, légumes viande et lait parcourent les continents et les océans avant d’être mangés. Comme on mange beaucoup d’aliments qui viennent de loin, cela pollue beaucoup !


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FICHE 23


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FICHE 24

CARTE IMPACTS SOCIAUX

Problèmes de santé des travailleur·euse·s

Beaucoup de paysan·ne·s travaillent dans les champs de blé, les plantations de cacao ou de bananes, alors même qu’on les arrose avec des pesticides ! Ces produits sont très dangereux pour la santé, et beaucoup de ces paysan·ne·s sont alors empoisonnés par les produits. Ils n’ont même pas droit à un équipement de protection.

CARTE IMPACTS SOCIAUX

Travail des enfants

Beaucoup d’enfants travaillent comme Yao dans les plantations de cacao. Ils sont souvent obligés de travailler pour aider leur famille à vivre au lieu d’aller à l’école.

CARTE IMPACTS SOCIAUX

Exploitation des travailleur·euse·s

Beaucoup de paysan·ne·s dans le monde sont exploités dans les grandes fermes et les grandes plantations. Cela veut dire qu’ils travaillent très durs et gagnent très peu d’argent. Alors que les supermarchés et les entreprises gagnent beaucoup d’argent, eux gagnent à peine de quoi nourrir leurs familles. S’ils s’arrêtent pour protester, ils se font souvent renvoyer et n’ont plus de salaire.


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FICHE 25

S’INFORMER

L’arbre collabore avec ma plantation « Les amis ! Je vais vous expliquer la solution que nous avons trouvée pour que notre plantation de cacao arrête de détruire les forêts ! C’est une technique qui s’appelle l’agroforesterie (agro = agriculture et foresterie = s’occuper d’une forêt). L’idée est simple : les arbres de la forêt et les cacaoyers peuvent s’entraider. Nous n’avons donc plus besoin d’enlever les arbres ! Je vous explique quelques éléments :

Les cacaoyers qui ne reçoivent pas les rayons du soleil sont moins attaqués par les insectes. Les cacaoyers sont en fait des arbres qui aiment l’ombre ! Comme les cacaoyers mesurent 3 à 4 mètres de hauteur (environ 2 fois la taille de la porte de la classe), on plante une ligne d’arbres fruitiers (10 à 15 mètres, un bâtiment de 2 étages, comme l’école) puis encore une ligne d’arbres forestiers (20 mètres) autour.

Au lieu d’utiliser des engrais pour fertiliser les sols, planter des arbres autour de sa plantation est encore plus pratique. Les feuilles et les branches qui tombent par terre sont digérées progressivement – avec l’aide des vers de terre. C’est ce que l’on appelle la matière organique. Peu à peu elle se transforme en terre à nouveau, qui est pleine de minéraux. Les cacaoyers pousseront donc encore mieux, et de manière naturelle.

Comme vous le savez, les arbres ont besoin, comme nous, de nourriture. Ils arrivent à utiliser une partie de l’air comme source d’énergie mais ils ont aussi besoin de la terre. Dans la terre il y a beaucoup de minéraux. Les minéraux, c’est un peu comme les vitamines : c’est nécessaire pour que l’arbre grandisse et soit en bonne santé. Les être humains aussi ont besoin de minéraux, voilà pourquoi nous buvons de l’eau minérale ! Avant nous donnions de l’engrais au sol pour qu’il soit bien riche et que les arbres poussent bien. On fertilisait les sols. Mais ce n’est pas toujours très naturel.

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FICHE 26

S’INFORMER

L’arbre collabore avec ma plantation (suite) Les arbres plantés autour des cacaoyers permettent aussi de réduire l’érosion grâce aux racines. L’érosion c’est lorsqu’il y a de la pluie, l’eau emmène la terre avec elle. Mais, comme je vous le disais, les arbres ont besoin de la terre car il y a leurs minéraux dedans. Si toute la terre part, l’arbre lui, contrairement aux êtres humains, ne peut pas se déplacer pour aller chercher ses minéraux ailleurs. Les racines lui permettent donc de maintenir la terre dont il a besoin, près de lui. En même temps, elles aident l’eau à plus facilement entrer dans le sol pour nourrir et abreuver la terre. Et plus il y a d’arbres, plus il y a de racines, et donc les arbres gardent près d’eux le sol plein de minéraux dont ils ont besoin. Tous les arbres mangent du carbone et boivent l’eau du sol et ça c’est génial aussi pour la plantation de cacao. Le carbone que retiennent les arbres permet d’empêcher la pourriture des cabosses de cacao ! Enfin, non seulement les arbres que l’on plante peuvent aider nos arbres à cacao, mais ils nous apportent plein d’autres choses en attendant que le cacao soit là. C’est pour cela qu’on plante tout autour des arbres qui donneront d’autres fruits, mais aussi des arbres dont les feuilles permettent d’avoir des médicaments naturels ou encore des arbres qui nous serviront à avoir du bois pour nous chauffer ! »

CRÉER

L’agroforesterie est une façon de faire collaborer les arbres et les cultures. Sur base des explications données par Yao, représente ta propre plantation de cacao en agroforesterie ! Tu peux décider de dessiner ou faire un bricolage, l’objectif est d’essayer de représenter tous les avantages que d’autres arbres peuvent amener aux cacaoyers.

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FICHE 1

Luiza, militante du Mouvement des sans terres au Brésil

« Je m’appelle Luiza. Moi et ma famille sommes membres du “Mouvement des sans-terre”. Nous sommes un mouvement de paysans et paysannes qui lutte pour une réforme agraire au Brésil. La réforme agraire signifie qu’on répartit les terres entre tous les paysan·ne·s de façon juste. Avant, nous avions une petite ferme et nous produisions des oranges. Mais le prix de l’orange a tellement baissé que nous ne gagnions plus assez d’argent pour nourrir notre famille. Nous avons été obligés de vendre notre terrain et d’aller travailler en ville. Des milliers de familles se sont retrouvées dans la même situation et ont dû quitter la campagne pour aller vivre en ville. Toutes ces terres sont rachetées par de riches propriétaires qui ont déjà beaucoup de terres. En plus, ces grands propriétaires utilisent beaucoup d’engrais, de pesticides et détruisent la nature. Ils ne servent même pas à nourrir les Brésiliens car la majeure partie part en Europe ou en Chine. C’est pour cela que nous avons rejoint le “Mouvement des sans terre” car nous voulons lutter pour que toutes et tous, nous puissions avoir accès à la terre et développer une agriculture familiale et durable, respectueuse de l’environnement.

Depuis plusieurs semaines nous avons commencé une occupation de terres. Nous et des dizaines d’autres familles, nous sommes installés sur cette terre en friche (c’est-à-dire qu’elle n’est pas utilisée) pour y vivre. Nous y avons déjà planté du maïs, du manioc, des arbres fruitiers et bien d’autres choses encore ! Demain mon frère ira pour la première fois vendre quelques légumes à la ville d’à côté. Tous nos produits seront vendus dans les marchés locaux. Moi, je m’occupe aussi de l’école que nous avons construite. Toutes celles et ceux qui le veulent peuvent ainsi venir apprendre à lire et à écrire. Malheureusement cette terre n’est pas à nous, elle appartient au grand propriétaire Blairo Maggi, et il se peut que du jour au lendemain, la police vienne pour essayer de nous déloger, mais nous allons tout faire pour que cette terre inutilisée soit cultivée par plusieurs familles ! »

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FICHE 2

Aissatou, maraîchère de la forêt au Sénégal

« Je m’appelle Aissatou et je vis à Kamb, un petit village au Sénégal. Ici, l’accès à la terre a toujours été très injuste entre les famille de paysans pauvres et les grandes entreprises qui prennent les terres par l’argent et la corruption. Mais les femmes ont encore plus de difficulté à devenir propriétaire de terres que les hommes. Il y a quelques années, des terres furent mises à disposition de notre village. Mais comme toujours dans ces cas-là, on réserva les plus belles terres aux hommes du village : celles avec des sols fertiles, des beaux arbres. Nous, les femmes du village n’avons eu droit qu’aux terres proches du village (car nous devions aussi nous occuper des enfants et des anciens), qui étaient d’immenses dépotoirs d’ordures. Mais nous avons décidé que la terre serait mise en commun entre toutes et que l’on travaillerait en groupe. Aujourd’hui, notre solidarité a payé car nous avons réussi à transformer ces terrains en de beaux jardins de fruits et de légumes, grâce aux techniques d’agroforesterie que nous avons développées. La forêt et ses arbres sont des alliés très importants pour nos cultures : les cacaoyers sont des arbres qui aiment l’ombre. Avoir comme voisins des arbres plus grands qu’eux leur permet donc d’être tout le temps à l’ombre. Les feuilles et les branches de tous ces arbres, lorsqu’elles tombent par terre vont former la matière organique qui grâce à l’aide des vers de terre va se transformer peu à peu en une terre très riche en minéraux pour les arbres

de cacao ! Ces minéraux sont comme des vitamines pour les arbres. Et en plus, pendant la saison des pluies nous avions souvent beaucoup de glissement de terrain à cause de l’érosion. Maintenant que nous avons tous ces arbres, toutes leurs racines maintiennent la terre. Depuis quelques temps, nos jardins sont bien plus beaux que ceux des hommes ! C’est pour ça qu’il est absurde de détruire la forêt. L’agriculture et les forêts peuvent collaborer et s’entraider. Nous, les femmes, entretenons une relation spéciale avec la forêt. Peut-être parce que, comme la forêt, nous ne sommes pas toujours respectées. En tous cas les femmes du village de Kamb et la forêt de Mbao se sont unies et ensemble nous continuerons ! »

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FICHE 3

Blairo Maggi, le « roi du soja »

Mon nom est Blairo Maggi, je suis Brésilien et dans mon pays on me surnomme « le roi du soja ». Je descends d’une famille d’immigrants italiens qui ont fait fortune dans l’agriculture. Avant moi, mon père cultivait déjà du soja et le vendait partout dans le monde. Moi, j’ai hérité de l’entreprise familiale et je l’ai fait grandir en achetant des milliers d’hectares de terres. Pour cela il a fallu déforester des milliers de kilomètres carré de forêts qu’on a ensuite remplacés par de gigantesques champs de soja. On appelle cela des « monocultures » : bien que ce soit mauvais pour les sols, l’utilisation de pesticides et les grands tracteurs ont permis à ma production d’augmenter très vite ! Et tant pis pour les indiens Guarani Kaiowa qui ont dû être expulsés de leurs terres ancestrales. Grâce à moi, le soja est très important pour l’économie brésilienne et le Mato-grosso est l’une des régions qui produit le plus de tout le pays.

Aujourd’hui, je suis même devenu le plus gros producteur de soja du monde et l’un des hommes les plus riches de mon pays ! Mon soja est vendu partout. Une grande partie sert à nourrir le bétail élevé en Asie et en Europe, qui sert ensuite à la production de viande consommée par des millions de gens. Je suis quelqu’un de très important au Brésil, j’ai même été pendant tout un temps ministre de l’agriculture. J’ai pu alors faire passer des lois qui permettent d’augmenter la déforestation et d’utiliser de plus en plus d’engrais et de pesticides. Aujourd’hui j’ai beaucoup de problèmes avec les communautés indigènes et tous ces paysans qui se font appeler les « paysans sans-terre » ! Tous ces petits agriculteurs pauvres veulent me voler mes terres. Mais ne comptez pas sur moi pour partager : quand vous êtes roi, vous devez défendre votre couronne !

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FICHE 4

L’histoire de Vincent Delobel, agriculteur belge

Mon nom est Vincent, j’ai 29 ans et j’habite dans la province du Hainaut en Belgique où j’ai une chèvrerie. Avant, la terre appartenait à mes parents. Pendant longtemps ils ont eu des vaches dont ils vendaient le lait. Pour pouvoir vivre de la vente de lait, ils devaient toujours produire plus. Mais les vaches elles, pour pouvoir faire beaucoup de lait, devaient avoir une alimentation très abondante et riche ! Beaucoup de soja et de maïs, beaucoup de vitamines de synthèse et beaucoup d’antibiotiques. Alors les vaches ont commencé à tomber malades…et l’argent que mes parents gagnaient en vendant le lait, ils devaient le dépenser dans des frais de vétérinaires ! De plus, les herbicides qu’on utilisait pour nos champs commençaient à ne plus être efficaces et abîmaient les sols. Un jour, mon père est tombé malade après avoir respiré de trop près un herbicide – un produit que l’on utilisait pour tuer les mauvaises herbes. Alors il y eu un déclic : mes parents décidèrent de changer de pratique agricole et de passer à l’agriculture biologique. Ils furent parmi les premiers à faire ce changement en Belgique. J’ai de la chance car les terres de ma ferme appartiennent à ma famille depuis longtemps. Aujourd’hui je fais du fromage avec le lait de mes 70 chèvres que je trais matin et soir. Mes terres servent à nourrir les chèvres que j’emmène pâturer tous les jours. Je cultive toute la nourriture dont mes chèvres ont

besoin : herbe, foin, mélanges de céréales et légumineuses, tout est produit dans la ferme. Tous mes fromages sont ensuite vendus en « circuit court » : cela veut dire qu’il n’y a pas d’intermédiaires (ou maximum un) : je vends directement aux personnes qui mangeront mon fromage. Parfois il arrive que je vende mes fromages grâce aux petites épiceries de mes amis et même directement à des restaurants. Tous les samedis, je vais aussi sur le marché de Tournai pour vendre mes produits. Même si tout ça me demande beaucoup de travail, j’adore mon métier. L’agriculture n’est pas une simple activité économique mais est liée à la vie et à la survie sur Terre. C’est pour ça qu’en 2018, avec d’autres agriculteurs et agricultrices du monde entier, nous avons rédigé la Déclaration des droits des paysannes et des paysans. Pour que nos droits soient reconnus et respectés !

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FICHE 5

Quentin Ledoux, jeune agriculteur J’ai toujours été très attiré par le monde du vivant. J’ai toujours lu plein de revues sur la science et les animaux. Quand j’étais enfant, j’habitais en ville mais j’allais très souvent passer du temps à la ferme la plus proche. Pourtant je n’ai pas grandi dans une ferme et dans ma famille, il n’y a pas d’agriculteurs. Adulte, après quelques années passées à travailler dans un bureau, j’en ai eu marre et je me suis souvenu de mon rêve d’enfant qui était de devenir agriculteur. La première chose à faire pour devenir agriculteur, c’est de trouver de la terre. Mais acheter une terre, ce n’est pas facile. Lorsqu’on n’est pas agriculteur, on a deux possibilités : soit on trouve des terres qui sont chères, trop chères, soit on en trouve qui restent accessibles mais sont déjà occupées et louées par d’autres agriculteurs. Ce que je voulais c’était de devenir agriculteur et cultiver la terre, pas simplement devenir propriétaire d’un terrain. Donc quand on a un budget de départ très important, c’est possible. Mais moi, je n’avais pas assez d’argent. Face à ce problème j’ai alors entendu parler de l’association « Terre en vue ». « Terre en vue » aide les personnes qui veulent devenir agriculteurs ou agricultrices à avoir accès à une terre, tout en évitant que des petites fermes ne disparaissent. Près de chez moi, il y avait une ferme que l’association « Terre en Vue » essayait de sauver : des agriculteur·trice·s louaient les terres à une vieille dame qui est décédée. Les héritiers de cette dame souhaitaient vendre au plus offrant.

C’est là qu’avec « Terre en Vue » et d’autres groupes de citoyens, nous avons essayé de sauver la ferme. « Terre en vue » propose aux citoyens d’acheter un « bon » pour devenir coopérateur·trice. Heureusement après une année de récolte et de mobilisation, on a réussi à lever les fonds pour racheter ces 20 hectares. C’était magnifique car, grâce à la participation de milliers de coopérateur·trice·s, on a pu sauver la ferme ! Avec l’argent, on a pu racheter la ferme et les agriculteur·trice·s ont pu continuer à vivre de leurs cultures. Quant à moi j’ai eu de la chance car ils ont décidé que je pourrais utiliser une petite partie de la terre rachetée pour commencer mon projet. Depuis, j’ai enfin pu devenir agriculteur comme j’en rêvais ! J’ai aujourd’hui pu trouver un peu plus de terres et j’ai enfin ma ferme qui s’appelle la « Ferme Coin-Coin » car en plus de planter des fruits (framboises, pommes, poires, prunes) je suis devenu le seul producteur de canards bio de toute la Wallonie. Je dis que c’est ma ferme, mais on peut voir cette terre comme appartenant au bien commun. Car en fait, c’est une propriété citoyenne globale qui me l’a confiée, et en échange, je leur restitue des aliments locaux !

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FICHE 6

Lucie, agricultrice

Je m’appelle Lucie, je suis belge et j’ai toujours rêvé de devenir agricultrice. J’ai étudié l’agronomie et après j’ai appris à faire du fromage. Pour commencer, j’achetais mon lait de chèvre à une autre fermière et ensuite je le transformais en fromage. Ça c’était au tout début. Ce qu’il me manquait, c’était d’avoir ma propre ferme ! C’est alors que moi et mon compagnon avons cherché un terrain agricole à acheter, pour construire notre propre ferme. Ce fut très compliqué de trouver du terrain libre d’occupation, pas trop cher… Surtout trouver un terrain libre fut difficile. Par chance en 2013, nous avons réussi à trouver une ferme à occuper en attendant de trouver un terrain. Nous avons pu louer pour pas cher du tout, et nous y sommes installés. On en a profité pour acheter une vingtaine de chèvres, avec lesquelles nous avons commencé à faire du fromage.

Aujourd’hui nous avons enfin notre ferme à nous ! Nous avons dû payer très cher pour acheter le terrain. On a pu bâtir une maison, une fromagerie et même un petit magasin. Mais tout ça c’est aussi grâce à notre famille qui nous a prêté de l’argent, sans cela rien n’aurait été possible ! Quand on démarre avec rien, aucune terre à soi ou à sa famille, ce n’est pas facile d’arriver à construire sa propre ferme. C’est plus facile quand vous avez des parents qui sont déjà propriétaires d’une ferme, alors là, on reçoit le terrain. Notre ferme s’appelle « La chèvrerie du Choux ». On a pu passer en bio à partir de cette année car les chèvres peuvent sortir paître. Toute leur alimentation est fournie grâce au terrain. Aujourd’hui nous avons 60 chèvres : c’est beaucoup de travail, 7 jours sur 7, toute l’année, mais on adore ! Souvent on va vendre les week-ends sur les marchés. Depuis le confinement, on vend aussi sur internet.

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FICHE 7

Hugues, agriculteur à La Blanche Ferme et porte-parole du syndicat la FUGEA J’ai très tôt rêvé de devenir agriculteur. Mes parents n’étaient pas paysans mais déjà petit je partais très souvent à vélo aider à la ferme la plus proche. Jeune adulte, j’ai trouvé une exploitation qui n’avait pas de repreneur et je me suis lancé. J’ai fait ça pendant 25 ans. On faisait des fraises, des pommes de terre, de la viande, des tomates, des légumes et autres produits des terroirs. Je me suis rendu compte que j’aimais vraiment bien échanger et transmettre sur les bonnes pratiques que j’avais mises en place. Donc quand j’ai eu l’occasion de travailler à la ferme expérimentale de Louvain La Neuve, je n’ai pas hésité. Là-bas, on étudie les bonnes pratiques d’agriculture : l’agriculture biologique, la conservation des sols, l’autonomie fourragère (le fait de nourrir ses animaux juste avec les produits de sa propre ferme), l’élevage en agroécologie... Par exemple, une agriculture qui protège les sols c’est une façon de faire de l’agriculture qui essaie d’utiliser au maximum ce que la nature peut nous offrir. Le but est de ne pas utiliser des engrais chimiques, des pesticides, et tout ce que l’on achète à l’extérieur que l’on appelle les « intrants ». La nature est capable de faire plein de choses pour nous aider à cultiver : par exemple pour lutter contre les pucerons, les mauvaises herbes, les champignons… On peut aussi produire soit même les aliments pour son bétail. Il faut donc collaborer avec la nature plutôt que de la combattre.

C’est ce que l’on appelle les techniques agroécologiques. Mais c’est aussi à cette époque que je me suis rendu compte que trop peu d’agriculteur·trice·s étaient encouragés à utiliser ces techniques, bonne pour la planète mais aussi pour les paysan·ne·s. C’est alors que j’ai commencé à m’engager dans un syndicat, pour défendre les droits des paysan·ne·s. C’est une organisation dont le rôle est de défendre la « ferme familiale » : c’est une ferme de petite taille où les familles qui y travaillent sont autonomes (elles sont entièrement libres de choisir la façon dont elles souhaitent travailler). Notre syndicat va plus loin que ça : par exemple, on s’oppose à la filière agroindustrielle de pommes de terres. Elle fait beaucoup de tort aux agriculteurs du Pérou car elle remplace des produits qui pourraient être produits sur place. Mais pour réussir il faudrait que tous les citoyens et citoyennes soutiennent les droits des paysan·ne·s !

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FICHE 8

Grande chaîne de supermarchés

Avec tous nos supermarchés, notre marque est un géant de la grande distribution. Grâce à tous ces magasins, nous gagnons chaque année énormément d’argent ! Récemment nous avons eu une idée géniale : nous avons décidé d’investir dans des terres et de créer nos propres fermes. On a pour objectif d’acheter 5 000 hectares de terres et de faire exploiter ces terres par des agriculteurs qui nous livreront ensuite les fruits et légumes de notre choix. Pas de problèmes pour en acheter beaucoup, avec notre chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros par an ! Et si certaines terres ne produisent pas tout de suite, ce n’est pas grave. En fait la terre c’est un super business : elle prend toujours de la valeur ! C’est donc idéal pour spéculer. Vous vous demandez ce que c’est la spéculation ? Eh bien c’est simple : tous les supermarchés que nous avons rapportent beaucoup d’argent. Avec cet argent économisé on peut acheter des terrains : cela veut dire qu’on investit de l’argent dans l’achat de terres. Comme le prix de la terre devient toujours plus grand, il nous suffit d’attendre trois, cinq, ou dix ans et on pourra ensuite revendre pour deux, trois fois plus cher notre terrain. De quoi faire un beau bénéfice, génial non ?

Bon, il paraît que cela fait beaucoup de mal aux petits agriculteurs car eux achètent de la terre non pas pour faire de la spéculation mais pour y vivre et y travailler. En plus vu qu’on peut acheter la terre très chère, cela augmente les prix des autres terrains. Un·e agriculteur·trice n’a pas l’argent pour payer la terre au prix où elle est aujourd’hui. C’est la base du problème de l’accès à la terre aujourd’hui en fait. Bon peut-être, mais cela en fait plus pour nous, n’est-ce pas ? Plusieurs syndicats nous attaquent car ils disent qu’on va asservir les agriculteurs ! Ils disent que les agriculteurs vont perdre leur indépendance, qu’on va détruire l’agriculture familiale. Bah ! Et alors, s’ils ont du travail ? Nous, on va décider de ce qu’ils devront semer, leur donner des objectifs de production qu’ils devront remplir, mais ils seront payés pour ça !

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FICHE 9

S’INFORMER

Récits Après avoir lu les récits, réponds aux questions suivantes Pourquoi avoir accès à la terre est important ? Quels sont les personnages qui se ressemblent et ceux qui s’opposent ? Quelles différences et points communs observez-vous ?

Les personnages ont des rapports différents à la terre tandis que d’autres la considère de façon similaire. Lesquels ? Pourquoi ?

Repérer les différentes pratiques d’agricultures. Trouvez-vous que certaines sont meilleures que d’autres ? Pourquoi ?

Quelles sont les choses que vous trouvez injustes ? Pourquoi ?

Que veut dire « la mise en commun de la terre » ? Qu’est-ce que cela permet ? A quoi cela s’oppose-t-il ? Expliquez en vous référant aux différents personnages.

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FICHE 10

S’INFORMER

Récits Pour chaque carte-portrait vous pouvez réfléchir à ce que le personnage cherche et ce dont il a besoin pour y avoir droit.

Dans quel·s but·s souhaite·nt-t-il·elle·s avoir accès à une terre ?

Quels sont les principaux obstacles à l’accès à la terre que vous avez compris ?

Qu’est-ce qui peut aider un·e agriculteur·trice à avoir accès à la terre pour faire son métier ?

Pourquoi les femmes ont-elles encore moins accès à la terre que les hommes ?

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CRÉER

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FICHE 11

Écris ta déclaration des droits des paysan·ne·s Comme certains des personnages dont vous avez lu les histoires, vous aussi pouvez lutter et prendre la défense des paysans et paysannes du monde entier ! Imaginez la déclaration des droits des paysan·ne·s.

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Le CNCD-11.11.11 regroupe près de nonante organisations actives dans le domaine de la solidarité internationale, parmi lesquelles des ONG et des syndicats. Il a pour mission la sensibilisation, le plaidoyer politique et la récolte de fonds (Opération 11.11.11). Abonnement gratuit www.cncd.be/le monde en classe

Le Monde en Classe, kesako ? Le Monde en Classe est un outil semestriel d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire. Il permet d’aborder, avec les élèves de l’enseignement primaire, des grands enjeux mondiaux tels que les inégalités, l’agriculture et l’alimentation, les migrations et les changements climatiques. Dans chaque dossier, nous partons de la réalité de communautés du Sud que nous connaissons via nos ONG membres. Leur situation est en général difficile, mais nous l’abordons à travers des fictions qui mettent en scène des enfants d’environ 6-12 ans. Ces fictions comportent une part de rêve et de fantaisie. Nous imaginons ainsi des histoires correspondant aux trois niveaux de complexité qu’offre Le Monde en Classe et qui couvrent les besoins de l’enseignement primaire. Ces niveaux sont symbolisés par des étoiles m. Ces histoires sont le point de départ de séquences pédagogiques. Chaque dossier en propose ainsi l’exploitation, et ce, sur des modes différents : s’informer, créer, se mobiliser. Les élèves plus âgés seront amenés à réfléchir aux problèmes concrets des communautés du Sud illustrés dans le récit, et à quelle solution leur donner. Ils découvriront aussi les réponses réelles apportées par les associations locales du Sud avec lesquelles travaillent nos ONG membres. Et comme ce genre de situation n’est bien souvent qu’un exemple parmi des milliers d’autres,

on amène les élèves à prendre conscience de la dimension souvent planétaire du problème qu’ils découvrent. Ce faisant, ils se dotent d’acquis nécessaires à exercer leur rôle de « citoyens mondiaux et solidaires ». Un dossier du Monde en Classe se compose de fiches « PROF » et de fiches « ÉLÈVE ». Les premières offrent à l’enseignant des informations et des propositions de séquences pédagogiques à faire en utilisant les fiches ÉLÈVE. Les fiches ÉLÈVE sont à photocopier et distribuer aux élèves. Elles comportent les histoires à lire et des supports graphiques pour les activités de type s’informer, créer et se mobiliser, ainsi que les informations de type « changer le monde ».