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PREVISIONNEMENT

CINEPHARE

Jeudi 3 octobre Cinéma La Bobine à Quimperlé 8h30 :

Accueil

9h00 : Haewon et les hommes de Hong Sang-soo 10h45 : Les Chevalières de la table ronde de Maria Hélia 12h00 :

Repas

13h30 :

The Lunchbox de Ritesh Batra

15h30 :

Swandown de Andrew Kötting

17h00 :

Fin de la journée

En partenariat avec :

Association Cinéphare

5 boulevard Léopold Maissin 29480 Le Relecq Kerhuon Olivier Bitoun 02 98 47 51 68 / 06 75 05 89 51 reseau.cinephare@gmail.com http://www.cinephare.com

Cinéma La Bobine

18 rue Brémond d’Ars 29300 Quimperlé Tél : 02 98 96 04 57 email : cinema.bobine@wanadoo.fr

Cinépharebénéficiedel’aidedelarégionBretagnedanslecadredudispositifemploisassociatifsd’intérêtrégional


Haewon et les Hommes Un film de Hong Sang-soo Corée du Sud - 2013 - 1h30 Les Acacias- Sortie le 16 octobre 2013 Sélection officielle festival de Berlin 2013

Les Chevalières de la table ronde Un film de Maria Hélia

France- 2013 - 1h15 Paris Brest - Sortie le 23 octobre

Comme beaucoup de personnages chez Hong Sang-soo, Haewon aime écrire dans son journal intime, mais cette dernière a la fâcheuse manie de s’endormir à la même table. Ce qui va influer sur la structure du film, pourtant d’apparence l’un des plus limpides du réalisateur coréen. Si le metteur en scène avait déjà tâté de l’onirisme dans Night and Day et son final en particulier, la chose est nettement plus diffuse ici (…) Hong Sang-soo filme le rêve et le réel de manière indistincte, faisant du monde filtré à l’écran un univers on ne peut plus étrange. Mais cette fois, pas même de symboliques provocantes : pour conter une laborieuse rupture amoureuse entre deux êtres et deux âges (filmée telle qu’elle se ressent ou se projette), tout se retrouve baigné dans un sentiment continu de familiarité.

Gorilla girl, figure du féminisme radical américain parcourt le Finistère à la recherche d’une pie noir, rappelant la mémoire de Rosa Bonheur une des premières femmes peintres du 19ème siècle à être reconnue internationalement. Gorilla rencontre ses consoeurs, libre, elle vit sa vie avec humour.

Familiarité d’un quotidien d’abord, baigné dans une douce poésie... Il n’y a qu’ Hong Sang-soo aujourd’hui pour filmer ainsi avec ces perspectives profondes et élégantes des rues en travaux qui auraient tout pour être moches, des squares et campus un peu gris qui prennent tout de suite une dimension concentrique majeure. Il y a ce sentiment finalement que tout peut se créer dans n’importe quel détour de la même manière, que tout peut se radoter. Familiarité avec l’univers du cinéaste ensuite, qui s’autoréférence comme jamais (...) Pour la première fois peutêtre, le réalisateur semble dans la conscience qu’au-delà du processus créatif traquant la nouveauté qu’il revendique, il évolue lui même dans un monde de signes et dans une expression qui commencent à être puissamment caractéristiques. La répétition n’est plus depuis longtemps un simple exercice pour Hong, ici au sommet de son art. Mais c’est comme si on le sentait maintenant totalement maître de son style après se l’être finalement beaucoup cherché. Avec Haewon, Hong Sang-soo devient, cette fois, «vraiment» plus proche d’Ozu et de Rohmer : il a réinventé le monde par son langage singulier, et son art devient de plus en plus précis. S’il reste ouvert, il y a bien quelques clôtures de natures esthétiques qui se sont définitivement installées.

Les survivantes évoquent les disparues et l’évidence surgit : nous non plus bientôt on ne sera plus. Aujourd’hui, elles ont entre 60 et 85 ans, l’âge de partir disent-les plus anciennes, et avant de partir elles ont à dire... beaucoup : leur vie de femmes, de mères, d’épouses, de féministes. Les souvenirs font pétiller les pupilles, les opinions sont toujours bien trempées, pas de concession à vingt ou quatre-vingts ans mon corps m’appartient ! Pas de nostalgie, aujourd’hui comme hier, on peut toujours crier : «je ne suis pas un canapé ! Je ne suis pas convertible ! Je n’attends pas le prince charmant!» Aujourd’hui comme hier un homme sur deux est une femme. Et dans une prairie plantée d’herbe tendre une vache broute et Rosa Bonheur la contemple.

En 2006 les fondatrices du planning familial se retrouvent pour fêter la création de leur mouvement, elles s’exposent sur l’affiche qui commémore l’événement. En référence au Manifeste des 343 salopes, elles posent : 343 visages côte à côte, 343 femmes de tous âges, de toutes catégories sociales confondues, ouvrières, agricultrices, enseignantes, infirmières, femmes au foyer.

Guillaume Bryon, culturopoing

Film soutenu par le GNCR

Avec le soutien de la Région Bretagne


The Lunchbox

Swandown

Un film de Ritesh Batra

Un film de Andrew Kötting

Inde - 2013 - 1h44 Happiness - Sortie le 11 décembre 2013 Semaine de la critique Cannes 2013

Angleterre - 2011 - 1h34 E.D. Distribution - Sortie en novembre 2013 Cannes 2013, Sélection ACID

Chaque matin, Ila cuisine, elle se met en quatre, en dix, pour préparer des plats variés et savoureux. Et chaque midi, elle confie ses travaux d’artiste à un livreur chargé de distribuer des plateaux repas par dizaines à diverses entreprises. Chaque soir, elle attend de son mari des compliments qui ne viennent jamais. Forcément : par une erreur a priori difficile à imaginer dans ce système hyperorganisé, le mari reçoit une nourriture fade qui l’exaspère. Du choux bouilli ou farci en permanence, à la longue, on s’en lasse... Mais alors, qui profite des merveilles d’Ila ? Un vieux monsieur sec et ronchon, au bord de la retraite qui, conscient de la méprise, laisse, un jour, un mot dans le panier repas. Ila lui répond. Un flirt épistolaire s’instaure...

Dans son travail filmique et plastique, Andrew Kötting n’a de cesse d’explorer des infinies potentialités de l’image en mouvement, sa puissance poétique. Avec Swandown, il fait le récit d’une performance effectuée en 2011 en compagnie de l’écrivain Iain Sinclair et dont l’objectif était de parcourir les 160 miles séparant Hastings de Hackney à bord d’un pédalo en forme de cygne. Alors que l’Angleterre est prise dans l’ébullition de la préparation des Jeux Olympiques, ce voyage est comme un pied de nez : contre les élans nationalistes et le culte de la performance physique qui vont agiter la capitale, un éloge du ralenti, une déambulation dans les recoins fluviaux de l’Angleterre. Il s’agit donc, pour le duo d’artistes, non simplement d’aller d’un point A à un point B, mais de partir à la rencontre de tout l’espace qui les sépare.

Un scrongneugneu qui s’humanise, une épouse délaissée qui se met à rêver : on a beaucoup vu ça au cinéma. Seulement, devant l’inventivité de ce jeune cinéaste indien, tous les clichés s’effacent. Ritesh Batra a vu pas mal de films bo- et ho-llywoodiens, c’est évident, et il se sert de l’exotisme de Bombay pour nous séduire. Pourquoi pas, après tout ? Puisqu’il utilise la beauté des lieux pour créer une tension diffuse et le charme de ses personnages pour créer l’émotion. Ils sont tous attachants, à commencer par l’assistant pot-de-colle du vieux ronchon qui se révèle, peu à peu, plus ambigu que prévu et blessé par la vie. Issus de milieux sociaux et de religions différents, elle lui et l’autre sont unis, en fait, par une même solitude et l’indifférence que le monde extérieur semble manifester à leur égard. Tout est sur le fil de la mélancolie, mais une mélancolie euphorisante. Des « feel good movies » comme The Lunchbox on en redemande. Pierre Murat, Télérama

L’auteur de London Orbital résume bien le projet dans les premières minutes du film : il s’agira de devenir une « radio de chair », de capter les sons, les images de ce qu’ils traverseront mais aussi et surtout, les échos de la culture et de l’histoire britannique imprégnant chaque lieu. Conformément à cet objectif, la bande-son prend la forme d’un collage de voix : celles d’Iain et d’Andrew se laissant aller aux méditations badines que leur inspire le voyage, avec beaucoup d’autodérision. Et d’autres, connues – une intervention de Werner Herzog racontant le tournage de Fitzcarraldo – ou inconnues. Ces voix, filtrées comme par des émetteurs radio, donnent forme à la réceptivité que le duo tente de mettre en œuvre : la bande-son se balade de fréquence en fréquence, comme à l’affût de tout ce que les lieux peuvent émettre, tandis que les sons de l’eau et de l’air viennent compléter ce tableau auditif. (…) Kötting et Sinclair s’intéressent également à l’ici et maintenant. Le choix de leur véhicule est artistique, mais aussi pratique : il est un moyen d’attirer l’attention des riverains. Au cours du film, la rencontre avec les lieux prend donc régulièrement la forme d’une interaction avec des pêcheurs ou autres promeneurs.(...). À ces rencontres fortuites viennent s’ajouter des rendez-vous planifiés. Le pédalo reçoit ainsi la visite d’Alan Moore, entre autres personnalités moins célèbres dans nos contrées. Pour excentrique qu’il soit, Swandown parvient rapidement à nous faire entrer dans son rythme. Le film lui-même est, en quelque sorte, performatif : en épousant l’itinéraire des navigateurs, nous en ressentons la durée et sommes amenés à percevoir, nous aussi, les sourdes vibrations d’une société à travers ses lieux. Olivia Cooper Hadjian, Critikat

Film soutenu par l’ACID

Cinéphare | 3 octobre 2013 à Quimperlé (29)  

prévisionnement régional relayé par l'Association des cinémas de l'ouest pour la recherche

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