Page 1

mai 2014 - N° 266

CINÉMA


States of grace de Destin Cretton

Le cinéma américain a toujours été fasciné par l’enfance. A vrai dire, c’est probablement son grand sujet : ce qu’il reste de cet âge fondateur, comment il déclenche notre vie d’adulte. Grace a la vingtaine. Plus tout à fait une adolescente, pas vraiment encore une femme. Un entre-deux qui la rend sans doute meilleure dans son travail, superviseur dans un foyer pour enfants, la plupart du temps instables à cause d’une relation conflictuelle aux parents. L’arrivée de la gothique Jayden, gamine troublée mais très intelligente, va affecter le personnel de l’établissement. Et avant tout Grace qui trouve en elle un écho tout particulier avec sa propre histoire. (…) Alex Masson Version Originale – avril 2014

J’aimerais que le spectateur soit en immersion et en empathie. A l’heure où il est tellement simple d’être pessimiste, de niveler vers le bas ou de faire preuve de cynisme, j’aime l’idée de tirer les personnages vers le haut et de me dire que, peut-être, un spectateur éprouvera de la compassion. Je veux que le spectateur se fasse sa propre opinion, ressente ce que cela fait de vivre et de travailler dans cet environnement-là. Je pense aussi que le film a une dimension universelle. On a tous été un jour ou l’autre blessé par quelqu’un ou éprouvé cette culpabilité d’avoir pu blesser et de ne pas avoir réalisé la conséquence de son acte. Destin Cretton

Etats-Unis - 2013 / Durée : 1h36 Scénario : Destin Cretton Photographie : Brett Pawlek Montage : Nat Sanders Musique : Joel P. West avec : Brie Larson, John Gallagher Jr., Kaitlyn Dever, Rami Malek Meilleure actrice, Meilleur film, Locarno 2014

EXCLU sivité

encore a l’affiche

Du 23 avril au 6 mai

Du 30 avril au 13 mai

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson

The Grand Budapest Hotel retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, œuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au cœur de la vieille Europe en pleine mutation. — Imaginez que, au lieu de tomber dans le terrier du Etats-Unis - 2014 / Durée : 1h40 lapin, Alice ait dévalé une piste de bobsleigh ; qu’au lieu d’être née en Angleterre victorienne, elle ait vu Scénario : Wes Anderson le jour dans une dictature imaginaire d’Asie cenPhotographie : Robert Yeoman trale et fui dès qu’elle en était capable, à la veille de Montage : Barney Pilling la seconde guerre mondiale, pour une contrée non Musique : Alexandre Desplat moins imaginaire de la Mitteleuropa ; qu’au lieu de petite fille de bonne famille, elle ait été garçon d’hôavec : Ralph Fiennes, F. Murray tel. Imaginez que son histoire ait été mise en scène Abraham, Mathieu Amalric, par le miniaturiste esthète qu’est Wes Anderson, et Adrien Brody, Willem Dafoe que celui-ci, tout en restant exemplairement fidèle à son style d’orfèvre maniaque, ait pris prétexte de Compétition officielle, Berlin 2014. la grande Histoire dans laquelle il a choisi, une fois — n’est pas coutume, de fondre son récit, pour accélérer le tempo de la petite. Vous aurez alors une première idée de ce qu’est The Grand Budapest Hotel ...

Isabelle Regnier / Le Monde – 25 février 2014


cinéma & migration

— —

Ciné-g Ciné -goûotûter sam .21 der sam

Ciné-g

oûter

sam.21

.21 d éc.

déc.

éc h . à 14àh15 —30

à 14h3

Lundi 5 mai 18H

Lundi 5 mai 20H

Enfants valises

Rêves d’or

de Xavier de Lauzanne

de Diego Quemada-Diez

Originaires du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux États-Unis ... Lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité…

0

Mexique, Espagne – 2013 Durée : 1h48 avec : Brandon López, Rodolfo Domínguez, Karen Martínez

cinéma & migration : le dernier rendez-vous : 2 films, une rencontre publique

9 films (des documentaires, des fictions), 4 rencontres publiques et la fidélité de spectateurs fortement intéréssés par ce vaste thème : le travail effectué avec nos partenaires (le Festival Teciverdi et le Centre de Recherche Migrinter, qu’ils soient ici remerciés) a porté ses fruits. La fin du cycle approche. Cet ultime rendez-vous mensuel permettra de découvrir (ou de revoir) Rêves d’or, le superbe premier film de Diego Quemada-Diez (notre coup de coeur de l’année en la matière) et le documentaire de Xavier de Lauzanne, Enfants-Valises, suivi d’un débat avec Sarah Przybyl, doctorante à Migrinter, qui travaille actuellement sur la question des mineurs isolés. J. M.

>La Cour de Babel, de Julie Bertuccelli a été présenté à sa sortie dans ce cycle Cinéma et Migration. Pour ceux qui n’auraient pas eu le plaisir de le voir, une séance de «rattrapage» est proposée le mercredi 14 mai à 20h.

>Le court-métrage Siranouch de Laurent Marbeuf, tourné à Niort, a été présenté le mois dernier à la soirée « Les Actualités cinématographiques ». Siranouch est née en Arménie, a longtemps vécu en Ukraine; elle et les membres de sa famille sont maintenant demandeurs d’asile.Ce court sera à nouveau proposé devant Enfants-valises et La Cour de Babel.

En France, l’école a pour obligation d’accueillir tous les mineurs de moins de 16 ans, français ou étrangers, en situation légale ou non. Pour de nombreux adolescents migrants, ballottés d’un continent à l’autre, elle incarne un espoir de stabilisation et d’intégration. Le réalisateur Xavier de Lauzanne a posé sa caméra sur les bancs de l’école où Aboubacar, Dalel, Hamza et Thierno font leurs premières armes... —

Apprendre le français, un métier, s’acclimater cultuFrance - 2013 / Durée : 1h26 rellement, se fabriquer un avenir en dépit du passé. Voilà ce qui attend les adolescents « primo-arrivants », Idée originale : réunis dans la classe de madame Legrand : ils arrivent Carole Gadet, Sandrine du Maghreb et d’Afrique noire, avec ou sans parents, Montin avec ou sans papiers. Ils s’appellent Aboubacar, Cholly Musique : Franck2Louise ou Hamza. Le documentariste Xavier de Lauzanne les a ­filmés en cours et en dehors, sur leurs lieux de stage respectifs (boulangerie, garage, chantier), pendant — leurs sorties scolaires (au théâtre). Par petites touches, en restant au plus près de ces ados aux personnalités en devenir, il montre aussi bien la difficulté de s’intégrer que la possibilité d’y arriver. Au détour d’une scène - la confrontation entre la mère d’une élève qui s’est fait voler son argent et la classe où se cache le voleur -, on sent que le destin de ces jeunes-là ne tient qu’à un fil. Un seul pas de côté peut les faire déraper pour la vie. D’où l’hommage du cinéaste aux enseignants qui les encadrent : sans leur acharnement, leur dévouement, peu d’espoir de vaincre les préjugés du monde professionnel et de combattre les déterminismes. (…) Mathilde Blottière Télérama – 11 septembre 2013


Une promesse de Patrice Leconte

Allemagne, 1912. Un jeune diplômé, d’origine modeste, intègre le service administratif d’une usine de sidérurgie. Le patron, un homme sévère et âgé, apprécie son travail et lui confie bientôt un poste de secrétaire particulier. Au fil des jours, le jeune homme s’éprend de son épouse, passionnément, sans oser révéler ses sentiments. Brusquement, le patron décide d’envoyer son protégé au Mexique, afin d’y superviser l’exploitation de mines de fer. L’annonce de ce départ provoque chez l’épouse une réaction désespérée ... Le désir amoureux La nouvelle de Stefan Zweig est une merveille de concision. L’adaptation que nous avons écrite, avec Jérôme Tonnerre, respecte cette volonté de s’en tenir à l’essentiel, pour que chaque scène vibre de quelque chose de secret, de non dit, et d’aveuglant. Il n’est question que de sensualité et de désir. Aimer sans savoir si l’on a une chance d’être aimé en retour. Rêver sans pouvoir exprimer son rêve. S’en tenir au secret. Mais vivre et se nourrir de regards, d’effleurements, de frôlements interdits. Filmer la peau, l’envie d’une caresse… Le roman de Zweig pose une question magnifique : est-ce que le désir amoureux résiste au temps ? Patrice Leconte

France, Belgique - 2013 Durée : 1h38 Scénario : Jérôme Tonnerre, Patrice Leconte D’après l’ouvrage de Stefan Zweig Le Voyage dans le passé, (Ed. Grasset et Fasquelle, 2008, pour la traduction française) Photographie : Eduardo Serra Montage : Joëlle Hache Musique : Gabriel Yared avec : Rebecca Hall, Alan Rickman, Richard Madden Sélection officielle, Mostra de Venise 2013

exclu sivité

exclu sivité

Du 7 au 20 mai

Du 7 au 20 mai

Night moves de Kelly Reichardt

Josh travaille dans une ferme biologique en Oregon. Au contact des activistes qu’il fréquente, ses convictions écologiques se radicalisent. Déterminé à agir, il s’associe à Dena, une jeune militante, et à Harmon, un homme au passé trouble. Ensemble, ils décident d’exécuter l’opération la plus spectaculaire de leur vie… (…) Night Moves relate l’histoire d’un trio d’activistes écologiques radicaux qui, pour frapper les consciences, entreprennent un attentat à la bombe contre un barrage, puis se dispersent, et se trouvent confrontés à l’abime de paranoïa et d’inconséquence ouvert par leur action. De la préparation patiente de l’opération au temps des remords s’instruit une sorte de thriller lymphatique, soucieux de l’élégance de ses temps morts comme des tensions minimales dont il se pique. (...) Doucement s’impose au regard puis à la mémoire qu’il y a là un beau film dilué, dont intempestivement nous parviendrait l’écho assourdi. Julien Gester Libération – 3 septembre 213

— Etats-Unis - 2013 / Durée : 1h47 Scénario : Jon Raymond, Kelly Reichardt Musique: Jeff Grace avec : Jesse Eisenberg, Dakota Fanning, Peter Sarsgaard Grand Prix du Festival de Deauville, 2013


Donner / Recevoir de Michèle et Bernard Dal Molin

Il n’est pas toujours facile de donner, il est toujours difficile de recevoir. Ce film propose les histoires de vie de 4 familles qui ont été confrontées aux questions du don d’organes ou de la greffe. C’est le cheminement de la pensée menant à la décision qui est au centre de chaque récit et non la dimension médicale. Avec humilité et beaucoup de générosité, les personnages nous dévoilent les souffrances, les sentiments, les bonheurs qui ont entouré ces moments exceptionnels. De formation scientifique, les réalisateurs Michèle et Bernard Dal Molin, ont consigné ces différents témoignages dans un film pudique où leur bienveillance et leur empathie accompagnent ceux qui ont accepté de raconter leur lutte pour la vie. (...) Sandrine Marquès Le Monde – 18 octobre 2013

France - 2013 / Durée : 1h15 Sur une idée de François Bayle Musique : Serge Vella

Rencontre publique

A l’issue de la séance, Claude Pierrard – ex-présentateur du journal de 13 heures avec Yves Mourousi, et animateur de l’émission Croque-vacances – lui-même greffé du foie, et Thierry Bourlaud, infirmier coordinateur à l’Hôpital de Niort, animeront le débat avec le public. tarif unique : 4,50 e / en collaboration avec france.adot 79

exclu sivité

exclu sivité

Lundi 12 mai 20h

Du 14 au 20 mai

My sweet pepper land de Hiner Saleem

Au carrefour de l’Iran, l’Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l’indépendance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l’institutrice du village, jeune femme aussi belle qu’insoumise… — (…) My Sweet Pepper Land est un western kurde qui, dans des paysages magnifiques, fait la part belle aux clins d’ oeil (à Sergio Leone, notamment) et aux beaux yeux de Golshifteh Farahani. En maîtresse d’école résistant à la pression d’une famille qui entend la marier au plus vite, la jeune actrice éblouit du début à la fin de ce film ouvertement féministe. Quant aux hommes, ils jouent aux durs et en sont d’autant plus drôles, comme s’ils savaient que jamais ils n’approcheront en férocité les chevaux qui, dans une scène impressionnante, se déchirent à belles dents, ou ces combattantes qui, au moment opportun, descendent des montagnes. A s’y percher, Hiner Saleem a pris un plaisir qui transparaît à l’écran. Pascal Mérigeau Le Nouvel Observateur – 10 avril 2014

Kurdistan, France, Allemagne 2013 / Durée : 1h35 Scénario : Hiner Saleem Photographie : Pascal Auffray Musique : Golshifteh Farahani avec : Golshifteh Farahani, Korkmaz Arslan, Suat Usta Sélection Un Certain Regard, Cannes 2013


D’une vie à l’autre de Georg Maas

Europe 1990, le mur de Berlin est tombé. Katrine a grandi en Allemagne de l’Est, et vit en Norvège depuis 20 ans. Elle est le fruit d’une relation entre une norvégienne et un soldat allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale. A sa naissance, elle a été placée dans un orphelinat réservé aux enfants aryens. Elle parvient à s’échapper de la RDA des années plus tard pour rejoindre sa mère. Mais, quand un avocat lui demande de témoigner dans un procès contre l’Etat norvégien au nom de ces «enfants de la honte», curieusement, elle refuse. — Progressivement de lourds secrets refont sur- Allemagne, Norvège - 2013 face, dévoilant le rôle de la STASI, les services Durée : 1h37 secrets de la RDA, dans le destin de ces enfants... À l’instar d’autres grands succès récents du cinéma allemand (La Chute, La Vie des Autres, Hannah Arendt), ce film revisite avec acuité l’histoire tourmentée de notre grand voisin dont il relate les soubresauts sur plus d’un demi-siècle… A travers le personnage fictif de Katrin Evenson, le film retrace une histoire aussi incroyablement romanesque que tragiquement véridique : comment le régime communiste est-allemand s’est servi des victimes de l’eugénisme nazi, les enfants du « Lebensborn », pour une opération d’espionnage à grande échelle des pays occidentaux…

Scénario : Georg Maas, Christoph tolle, Ståle Stein Berg, Judith Kaufmann Photographie : Judith Kaufmann Montage : Hansjorg Weissbrich Musique : Christoph M. Kaiser, Julian Maas avec : Juliane Köhler, Liv Ullmann, Sven Nordin Prix du Public, Festival du film d’Histoire, Pessac Prix du Public, Meilleure Actrice, Festival de St Jean de Luz Oscar 2014

sortie nationale

exclu sivité

Du 21 mai au 3 juin

Du 21 mai au 10 juin

Deux jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Sandra, aidée par son mari, n’a qu’un week-end pour aller voir ses collègues et les convaincre de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse garder son travail. Palme d’Or en 1999 (Rosetta) et en 2005 (L’Enfant), prix du Scénario en 2008 (Le Silence de Lorna), Grand Prix du Jury en 2011 (Le Gamin au vélo) : entre le Festival de Cannes et les frères Dardenne, une relation privilégiée qui semble ne jamais finir... Faisons le pari - au moment où nous mettons sous presse, on ne sait rien de leur nouveau film, si ce n’est qu’il risque fort d’être une fois encore sélectionné que Deux jours une nuit sera un grand rendez-vous de cinéma. J.M.

France-Belgique - 2014 Durée : 1h30 Photographie : Alain Marcoen Son : Jean-Pierre Duret Montage : Marie-Hélène Dozo avec Marion Cotillard, Fabrizio Rongione, Olivier Gourmet


Les trois sœurs de Yunnan de Wang Bing

Trois jeunes soeurs vivent dans les montagnes de la Province du Yunnan, une région rurale et isolée, loin du développement des villes. Alors que leur père est parti en ville pour chercher du travail, Yingying,10 ans, s’occupe seule de ses soeurs Zhenzhen, 6 ans, et Fenfen, 4 ans. La caméra de Wang Bing observe et accompagne durant plusieurs mois leur vie quotidienne. — (…) Un hameau, quelques masures de terre dressées France, Hong-Kong - 2012 face à l’immensité, sur ces hauteurs arides où Durée : 2h28 l’oxygène est rare. Sur le chemin défoncé et boueux Photographie : Huang Wenhai, croisent d’énormes truies, quelques poules, un chien Li Peifeng, Wang Bing famélique. On vit ici dans les nuages : une perpétuelle Montage : Adam Kerby, Louise brume sale noie ce sommet désolé. Abandonnées par Prince leur mère, et leur père travaillant à la ville, les petites sont livrées à elles-mêmes (...) Montgolfière d’Or et Prix du Public, Festival des 3 Ce dénuement absolu, c’est l’autre réalité de la Chine, Continents 2012 loin de la croissance folle et des cités tentaculaires. (...) Prix Orizzonti, Les images du cinéaste Wang Bing sont magnifiques, Mostra de Venise 2012 elles dessinent de véritables tableaux avec leurs — éclairages à la Rembrandt. Elles serrent aussi le coeur : tant de gravité, de tristesse dans les yeux de ces enfants qui, avec un naturel confondant, crèvent littéralement l’écran. (…) Richard Cannavo / TéléObs – 27 janvier 2014

exclu sivité

exclu sivité

Du 21 au 27 mai

Lundi 2 juin 20h

Se Battre

de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana

Aujourd’hui, pour plus de 13 millions de Français, la vie se joue chaque mois à 50 euros près. Derrière ces statistiques, se livrent au quotidien des combats singuliers menés par des hommes et des femmes qui ont la rage de s’en sortir et les mots pour le dire. À leurs côtés, des bénévoles se donnent sans compter pour faire exister un monde plus solidaire. Jean-Pierre Duret et Andrea Santana ont filmé a Givors, une ville ouvrière dans la banlieue lyonnaise frappée de plein fouet par la désindustrialisation. Ce qui frappe à travers cette série de petits portraits de femmes ou hommes seuls se ravitaillant aux Restos du Cœur ou au Secours Catholique, cherchant le réconfort auprès d’animaux domestiques ou errant sans but au milieu des «actifs», ce sont les traces visibles d’une fatigue extrême. Tous, et c’est vrai aussi des bénévoles dévoués qui leur viennent en aide, portent les stigmates de la crise de longue durée, dans cette lutte au quotidien pour la survie face à l’horizon bouché. (…) Didier Péron / Libération - 5 mars 2014

(…) Jean-Pierre Duret, l’ingénieur du son des plus grands, de Pialat aux Dardenne, et sa compagne Andrea maintiennent en permanence la bonne distance. Ils donnent à voir et à entendre, ils n’expliquent rien et on comprend tout, on voudrait que le film dure encore des heures et en même temps qu’il s’arrête, pas faute de combattants, non, mais faute de ces malheurs-là à combattre. Pascal Mérigeau / Le Nouvel Observateur – 6 mars 2014

France - 2013 / Durée : 1h30 Photographie : Jean-Pierre Duret, Andrea Santana Montage : Catherine Rascon Musique : Bruno Courtin.

Rencontre publique avec Jean-Pierre Duret à l’issue de la séance


La Pie voleuse

Trois adaptations des opéras de Rossini par Emanuele Luzzati et Giulio Gianini

C

— es trois films, que l’on Italie – 1964/1973 a parfois réunis sous Durée : 36mn le titre générique de « Rossini pour les enfants », à partir de 4 ans comptent parmi les oeuvres — majeures du cinéma d’animation. Saluée par deux nominations aux Oscars et de nombreux prix internationaux, cette oeuvre à quatre mains a associé, pendant près de quarante ans, les talents singuliers et complémentaires d’Emanuele Luzzati et de Guilio Gianini. Xavier Kawa-Topor

L’italienne à Alger

Lindoro et sa fiancée Isabella, naviguant depuis Venise, font naufrage sur les côtes d’Alger. Ils sont faits prisonniers par le pacha Moustafa...

Polichinelle

Dans une petite maison au pied du Vésuve vit un drôle de coquin. Menteur et paresseux, Polichinelle poursuivi par sa femme et par les gendarmes, se réfugie sur le toit et se met alors à rêver de triomphe et de gloire...

La pie voleuse

Lindoro et sa fiancée Isabella, naviguant depuis Venise, font naufrage sur les côtes d’Alger. Ils sont faits prisonniers par le pacha Moustafa en quête d’une nouvelle épouse...

Du 21 mai au 3 juin

Capelito et ses amis de Rodolfo Pastor

Un programme de 8 courts-métrages d’animation en pâte à modeler Capelito revient entouré de tous ses amis dans huit nouvelles histoires inédites et pleines de surprises. Retrouvez notre cher champignon, toujours aussi astucieux et plein d’humour !

Q

uand on lui apEspagne – 2006/2009 puie sur le nez, Durée : 40mn le chapeau de Capelito se transforme, à partir de 2 ans vous vous souvenez ? Au — détour de ce nouveau programme délirant, on découvre l’existence d’une madame Capelina à laquelle Capelito rend souvent visite. Capelito en bolet invisible, Capelito et les extra-terrestres (la soucoupe a la même forme que le chapeau du champignon et inversement), Capelito qui avale des potions pour grandir ou rétrécir (comme Alice au pays des merveilles)…L’imagination de Rodolfo Pastor est sans limites.

Parismômes.fr

les courts- métrages

jeune public

Du 7 au 20 mai

En avant-programme de The Grand Budapest Hotel Mer. 7, sam. 10, mar. 13 mai Durée : 8mn15

French Roast DE Fabrice O.Jouber Au moment de régler l’addition dans une chic brasserie Parisienne, un homme d’affaires guindé se rend compte avec horreur qu’il a oublié son portefeuille...

En avant-programme de My Sweet Pepper Land Sam. 17, dim. 18, mar. 20 mai Durée : 5 mn52

The Maker DE Christopher Kezelos Une étrange créature lutte contre le temps pour achever la plus importante et la plus belle création de sa vie.

En avant-programme de Une vie à l’autre Mer. 21, ven. 23, dim. 25 mai Durée : 10mn

Schengen DE Annarita Zambrano Dans un Paris militairement divisé en deux comme dans l’ancien Berlin Est-Ouest, Inès Raymond reçoit, rive droite, des hommes et des femmes qui demandent un visa pour la rive gauche.

En avant-programme de Les Drôles de poissons-chats Mer. 28, sam. 31 mai, dim. 1er juin Durée : 10mn36

Jeudi 15h

DE Léa Drucker

Le jour où Olga décide de mettre sa carrière de comédienne entre parenthèses pour faire un enfant, son agent lui propose un rendez-vous avec le metteur en scène qui lui a donné envie de faire ce métier.


Les drôles de poissons-chats de Claudia Sainte-Luce

Claudia a 22 ans et vit seule dans une grande ville du Mexique. Une nuit, elle atterrit aux urgences pour une crise d’appendicite. Elle se lie d’amitié avec Martha, qui occupe le lit voisin. Martha a 46 ans, 4 enfants, et une inépuisable joie de vivre. A sa sortie de l’hôpital, Martha invite Claudia à habiter chez elle. D’abord désorientée par l’organisation chaotique de la maisonnée, Claudia trouve progressivement sa place dans la tribu. Et tandis que la santé de Martha s’affaiblit, le lien de Claudia avec chaque membre de la famille se renforce jour après jour. Les Drôles de poissons-chats se situe entre drame et comédie. Comédie parce que les personnages se rient de leurs infortunes. Drame parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix. Nous sommes seuls dans la vie. Mais la rencontre entre deux personnes qui partagent les mêmes sentiments peut rendre cette vie plus légère.

Claudia Sainte-Luce

Grand prix de la jeunesse, Festival de Locarno 2013 Prix de la presse internationale, Festival de Toronto 2013 Prix d’interprétation féminine pour l’ensemble des comédiennes, Festival de Biarritz 2013

Mexique – 2013 / Durée : 1h29 Photographie : Agnès Godard

Mardi 6 mai, 20h30

SPECTACLEs

SORTIE NATIONALE

Du 28 mai au 10 juin

Extime Compagnie Adaptation, écriture, mise en scène : Jean-Pierre Baro

Woyzeck, ancien soldat, fabricant de perruques et coiffeur sans emploi poignarde son amante Christiane Woost, une veuve âgée de 46 ans. Il sera condamné à mort. Georg Büchner est parti d’un fait divers, une réalité historique, un personnage réel, pour construire sa fiction. Je désire partir de cette fiction pour aller vers le réel, ou du moins ce que je nomme le réel et qui n’est en fin de compte que la perception subjective de l’histoire de mon père. Travailler sur la porosité entre fiction et réel m’inspire et me passionne. Cette « porosité » sera au cœur de la direction d’acteurs et de la mise en scène. Jean-Pierre Baro

Jean-Pierre Baro réussit un Woyzeck époustouflant. L’ensemble, servi par des comédiens à l’unisson, est un kaléidoscope éclatant d’émotions en correspondance. Emmanuelle Bouchez / Télérama

avec Ximena Ayala, Lisa Owen, Sonia Franco

Woyzeck [ JE N’ARRIVE PAS A PLEURER ]

sais o n

On est pris par les images qui jaillissent sur le plateau, les déplacements dansés des acteurs, et le rythme soutenu qui laisse entendre les deux narrations à la perfection. Le monologue de la mère, porté par une Cécile Coustillac époustouflante, fait écho à brûle pourpoint aux fulgurances de Woyzeck, lui conférant une modernité plus que salutaire. Marie José Sirach / L’Humanité Tarifs de 14€ à 30€ Durée : 1h50


SPECTACLEs

Mardi 13 mai 19h

Jeudi 15 mai 20h30

Compagnie Tartine Reverdy

CONCERTO POUR TUBA ET EUPHONIUM

c’est très bien !

composition Eric Bourdet

auteur-compositeur, direction artistique, voix, accordéon, clavier: Tartine Reverdy voix, contrebasse, basse, trompette : Anne List voix, percussions, guitares : Joro Raharinjanahary

D

ans la vie, il y a des trucs bien et des trucs moches. Moi j’aime bien chanter les trucs bien. Si je dis “vive les trucs moches” ça fait moche, alors je vais dire “vive les trucs bien”, y’en a plein ! Des choses moches, il y en a beaucoup aussi... Mais avec beaucoup de chance et en y faisant un peu attention, y’en aura moins, peut-être un peu moins des choses moches, et donc plus de trucs bien. Alors j’aurais encore plus de trucs à chanter et çà… C’est très bien !

tuba : François Thuillier euphonium : Anthony Caillet l’ovni (Orchestre a vent de niort)

C

ette pièce, concertiste et virtuose pour les deux solistes, est avant tout un jeu en trio où l’orchestre qui n’est pas réduit à un rôle d’accompagnateur, vient surligner, construire et développer le jeu du tuba et de l’euphonium (…) Ecrit à la demande de François Thuillier, ce concerto sera à n’en pas douter, boosté et énergisé par le jeu exceptionnel de ces deux grands artistes complices, pour offrir au public un réel spectacle pour les oreilles comme pour les yeux. En lever de rideau : le travail réalisé - avec la complicité de François Thuillier - par les classes de cuivre du Conservatoire.

sais o n

Tarifs de 6€ a 10€ Durée : 1h

Tarifs de 14€ à 30€ a voir en famille dès 4 ans

En partenariat avec le Conservatoire Auguste-Tolbecque de Niort


SPECTACLEs

Mardi 20 mai 20h30

le bénéfice du doute Conception, chorégraphie et costumes : Christian Rizzo

U

n envoûtement, quelle rareté ! Une hypnose qui ne dit surtout pas son nom mais agit doucement, impérieusement. Dès les premières images du nouveau spectacle, très beau, très grave aussi, du chorégraphe Christian Rizzo Le Bénéfice du doute, pour sept danseurs et sept mannequins pendus en l’air, le charme opère. Et, avec lui, c’est le mystère d’un geste artistique particulier et pleinement juste qui saisit. (…)L’impact profond de Christian Rizzo réside dans son talent pour créer des atmosphères. Danseurs, mannequins, tout se combine sans hiérarchie et se laisse contempler comme un paysage. Jusqu’à la descente lente, depuis le haut des cintres, des barres de projecteurs, qui devient un pur moment de plaisir visuel et rythmique. Jusqu’aux changements permanents d’intensité des lumières signées Caty Olive - sidérant jaune citron -, qui captivent. Enveloppé par la musique électro de Robin Rimbaud alias Scanner, aussi caressante qu’éruptive dans ses multiples textures, le spectateur se transforme bientôt en éponge sensorielle. (…)

Rosita Boisseau Le Monde – 2 février 2012

Mardi 27 mai 20h30

Schönberg Debussy Ensemble Chrysalide Arnold Schönberg Pierrot lunaire, 3 fois sept poèmes d’Albert Giraud pour une voix parlée, piano, flûte (et piccolo), clarinette (et clarinette basse), violon, alto et violoncelle. Ensemble Chrysalide / Direction : Baptiste Boiron Claude Debussy Mélodies sur des poèmes de Verlaine pour voix et piano Angèle Chemin : soprano, Melaine Dalibert : piano Sonate pour violoncelle – piano, Benjamin Boiron : violoncelle, Melaine Dalibert : piano Pièces opus 11 (extraits) Erik Satie Choses vues à droite et à gauche (sans lunettes) Instrumentation et direction : Christophe Fulminet / Ensemble Chrysalide Tarifs de 14€ à 30€ Durée : 1h15 En partenariat avec la Médiathèque d’agglomération Pierre-Moinot et le Conservatoire Auguste-Tolbecque.

sais o n

Tarifs de 14€ à 30€ Durée : 1h15

En lien avec le concert, une conférence par Christophe Fulminet Musiques de France et d’Allemagne à l’aube de la Grande Guerre samedi 24 mai / 17h00 / entrée libre / salle Philippe-Avron


mai 2014

— N° 266 —

du 30 avril au 6 mai States of grace The Grand Budapest Hotel

ven. 2

sam. 3

dim. 4

lun. 5

MAR. 6

16h . 18h

mer. 30

jeu. 1

17h . 21h

16h . 20h

16h . 18h . 20h

16h

16h . 20h

20h

15h . 19h

18h . 20h30

16h30 . 18h30 . 20h30 20h ** et *

Enfants valises

du 7 au 13 mai

mer. 7

jeu. 8

ven. 9

sam. 10

dim. 11

LUN. 12

MAR. 13

16h . 17h30 . 20h15*

16h . 20h30

17h . 21h30

18h30*

16h30 . 20h

18h . 20h30

20h*

Une promesse

15h30 . 18h

18h . 20h

17h30 . 19h30

18h . 20h

16h . 18h

16h30 . 18h30

16h

Night moves

19h45

18h30

19h . 21h

16h30 . 20h30

18h30 . 20h30

16h

18h

The Grand Budapest Hotel

20h **

Donner / Recevoir la pie voleuse

14h30

16h . 17h

du 14 au 20 mai

mer. 14

jeu. 15

ven. 16

sam. 17

dim. 18

LUN. 19

Une promesse

16h30

16h

18h30 . 20h30

20h30

16h30 . 18h

16h

18h

Night moves

18h30

20h

17h . 21h

18h30

20h

20h

16h

18h . 20h30

18h

19h

16h30 . 18h . 20h*

18h30* . 20h30

18h

20h*

16h . 17h

16h . 17h LUN. 26

MAR. 27

My sweet pepper land la pie voleuse

16h . 17h

16h . 17h

La Cour de Babel

20h*

du 21 au 27 mai

mer. 21

jeu. 22

ven. 23

sam. 24

16h30 . 18h30 . 20h30

20h

17h . 19h . 21h

16h . 18h . 20h

16h . 18h*

18h

18h30 . 20h30*

20h30

Les trois sœurs de Yunnan

20h

15h

15h45

Capelito et ses amis

15h

Deux jours, une nuit D’une vie à l’autre

dim. 25

16h30 . 18h30 . 20h30 16h30 . 18h30 . 20h30

MAR. 20

20h30

16h . 20h45*

18h

18h

20h

17h45

15h

du 28 mai au 3 juin

mer. 28

jeu. 29

ven. 30

sam. 31

dim. 1er

LUN. 2

MAR. 3

Deux jours, une nuit

18h30 . 20h30

16h . 18h . 20h

19h

16h30 . 18h30 . 20h30

15h30 . 17h30 . 19h30

18h

16h

20h30

17h . 21h

18h

18h

18h30

18h30 . 20h30

16h . 20h*

16h*. 20h

16h

20h

15h

15h

Moins de 14 ans : 4 F

Moins de 26 ans : 4,50 F

D’une vie à l’autre Les drôles de poissons chats

18h . 20h*

15h

Capelito et ses amis

tarifs cinéma

18h

20h**

se battre

cinéma

18h 18h

Rêves d’or

Plein tarif : 6,50 F

Carte AMDR : 5 F

Carte JMDR : 4,50 F

Lundi tarif réduit : 5F

Forfait ciné 10 : 45F

* Séance précédée d’un court-métrage ** Projection suivie d’une rencontre publique Mensuel cinéma du Moulin du Roc, Scène Nationale de Niort. 9 boulevard Main CS 18555 - 79025 Niort Cedex / Tel : 05 49 77 32 30 www.moulinduroc.asso.fr / contact@moulinduroc.asso.fr Rédaction et choix des textes : Jacques Morel, Marc Lanel / Directeur de la publication : Paul-Jacques Hulot.

Conception graphique : BANG / Réalisation : S. Bourdin / Imprimé sur les presses de Raynaud Imprimeurs sur papier Magno satin, en 6000 ex.

Les salles de cinéma du Moulin du Roc sont classées Art et Essai avec les labels «Recherche et Découverte» et «Jeune Public». Le Moulin du Roc est adhérent de l’ACOR, de l’AFCAE, de l’ACID, de l’ADRC, de l’Agence du Court-Métrage et de l’AFCA. I.S.S.N.1161 - 7799 . Licences spectacles n°1-1061165/ n°2-1061166/ n°3-1061167

30.04 au 03.06 2014  

Niort • Moulin du Roc