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mars 2014 - N° 264

CINÉMA


EXCLU sivité

encore à l’affiche

Du 26 février au 11 mars

week-ends

Du 5 au 11 mars

le sens de l’humour

d’Anne Villacèque

de Marilyne Canto

Le point de départ du film : deux couples, deux maisons voisines, et la campagne tout autour. Une image simple du bonheur tranquille. Christine, Jean, Sylvette et Ulrich ont été de grands amis, il y a longtemps, et sans doute l’essentiel de cette amitié est encore là, même si elle s’est aussi un peu diluée au fil du temps. Trente ans après, chacun des couples a terriblement besoin de l’autre pour se rassurer sur ce qu’il est.

Elise vit seule avec Léo, son fils de dix ans dont le père est mort. Elle entretient une liaison avec Paul. Leur relation est chaotique. Elise le repousse aussi violemment qu’elle se sent attirée par lui, et les deux amants alternent moments heureux et orageux. Malgré tout, Paul et Léo font connaissance et, les jours passant, s’apprécient de plus en plus...

Donc, quand, dès le début du film, l’un des deux couples se défait, l’autre s’interroge. Nous avons tous été confrontés à cette expérience : la séparation d’un couple ami. Tous les rôles sont redistribués. On obéissait à une mécanique plus ou moins bien rodée, on avait nos petites habitudes, les hommes ensemble, les femmes entre elles, bref, ça roulait, et brusquement le groupe explose. Nous ne sommes plus que des êtres désemparés, fragiles, soudain très seuls. Même quand ce n’est pas — nous qui nous séparons, nous nous séparons quand même un peu. Nous nous séparons en imagination. France – 2014 / Durée : 1h30 Nous commençons à nous dire : et nous, alors ? ComScénario : Anne Villacèque, ment ça se passerait si… Et, en retour, ceux qui se séSophie Fillières, Gilles Taurand parent attendent autre chose de nous, ils attendent plus, ils nous bousculent, nous obligent à nous expliPhotographie : Pierre Milon quer – et souvent à choisir notre camp. Montage : Nelly Quettier Le film parle de tout ça. Il parle de nos peurs, mais aussi de l’amour et du désamour. Il en parle sans avec : Karin Viard / Noémie Lvovsky / Jacques Gamblin / Ulrich emphase, sans jugement définitif, et avec drôlerie, Tukur j’espère. Anne Villacèque

Dans Le Sens de l’humour, Marilyne Canto joue Elise, une femme qui vit seule avec son fils, et le souvenir d’un homme trop vite disparu. Une place vide, immense et triste, qu’elle défend bec et ongles quand le bonheur fait mine de vouloir la reprendre. Un nouvel homme a pourtant su apprivoiser Elise. Le temps de belles étreintes. Mais, que ce Paul réclame une vie à deux, et le voilà renvoyé au diable. S’il s’accroche, c’est peut-être parce qu’il a le sens de l’humour, et de l’amour par la même occasion. Deux qualités qui sont rarement associées au cinéma. Où on ne voit pas non plus très souvent des femmes tantôt aimantes et tantôt pas aimables, comme Elise. Sur la palette des émotions, Marilyne Canto a trouvé des nuances nouvelles. Qu’on devine au moins en partie nourries d’autobiographie. Mais qui touchent bien au-delà de la confession. Frédéric Strauss Télérama – 14 août 2013

— France - 2013 / Durée : 1h28 Scénario : Marilyne Canto En collaboration avec Maud Ameline Photographie : Laurent Brunet Montage :  Yann Dedet, Thomas Marchand avec : Marilyne Canto / Antoine Chappey / Samson Dajczman / Jean-Marie Chappey Sélection officielle, Locarno 2013


EXCLU sivité

SORTIE NATIONALE

Du 12 au 25 mars

son épouse de Michel Spinosa Gracie, jeune Tamoule vivant près de Madras, est victime de troubles du comportement depuis le jour de ses noces : le souvenir de son amie Catherine, disparue dans des circonstances mal élucidées, semble hanter la jeune fille. Joseph, le veuf, époux inconsolé de Catherine, décide de se rendre en Inde pour rencontrer Gracie et, peut-être, au cours de ce voyage, réparer ses erreurs. Car Joseph a beaucoup à se faire pardonner… Je suis d’abord parti de l’histoire d’amour du couple, puis le thème central a pris corps en Inde, en travaillant sur la prise en charge des troubles mentaux là-bas. La notion de possession y est centrale. De retour en France, je me suis souvenu que des poètes comme Henri Michaux, et des psychanalystes, à com— mencer par Freud, ont travaillé ce thème : le France - 2013 / Durée : 1h47 deuil et la toxicomanie sont aussi des formes Scénario : Michel Spinosa, Agnès de Sacy de possession. La possession m’intéressait non Photographie : Rakesh Haridas pas comme un phénomène folklorique ou fanMontage :  Ewin Ryckaert tastique, mais davantage comme une métaMusique :  Sig phore, une métaphore du deuil : être endeuillé, c’est être en quelque sorte possédé par l’être avec  :  Yvan Attal / Janagi disparu, par l’être aimé. Charlotte Gainsbourg Michel Spinosa

Du 12 au 18 mars

L’éclat du jour de Tizza Covi et Rainer Frimmel

Philipp, acteur de théâtre reconnu, se produit sur les plus prestigieuses scènes de Vienne et Hambourg. Son quotidien est rythmé par l’apprentissage des textes, les répétitions et les représentations. L’irruption dans sa vie de son oncle Walter, ancien artiste de cirque, va le pousser à ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure et réaliser que la vie n’est pas qu’un spectacle. (…) L’Eclat du jour met en scène, avec simplicité et douceur, le choc de deux êtres, l’un rescapé d’une enfance malheureuse dont on saisit les bribes au gré de telle conversation faussement anodine et enjouée, l’autre à la fois exalté et réfugié dans une forme de narcissisme petit-bourgeois, se protégeant des rugosités du réel par les masques de la scène. Le sort d’un de leurs voisins, un réfugié moldave qui ne parvient pas à faire revenir sa femme en Autriche, va convaincre — Walter de la nécessité d’une action inattendue, hauAutriche - 2012 / Durée : 1h31 tement morale et à l’issue incertaine. L’Eclat du jour confirme ainsi le talent singulier de Tizza Covi et Rainer Frimmel (La Pivellina), leur capacité à dépeindre un univers où le traumatisme et l’angoisse de l’abandon déterminent le sort de personnages dessinés avec une grande vérité, des personnages pas très éloignés des enfants abandonnés peuplant l’œuvre d’un Maurice Pialat, mais avec moins de désespoir, sans doute, que chez l’auteur de Passe ton bac d’abord. Jean-François Rauger Le Monde – 11 février 2014

Scénario : Tizza Covi, Rainer Frimmel, Xaver Bayer Photographie : Rainer Frimmel Montage : Tizza Covi, Emily Artmann

avec : Philipp Hochmair / Walter Saabel / Vitali Leonti Prix de la meilleure interprétation masculine, Locarno 2013


cinéma & migration

Du 12 au 25 mars

Lundi 24 mars 18h

La Cour de Babel

L’Escale

Ils viennent d’arriver en France. Ils sont Irlandais, Serbes, Brésiliens, Tunisiens, Chinois ou Sénégalais... Pendant un an, Julie Bertuccelli a filmé les échanges, les conflits et les joies de ce groupe de collégiens âgés de 11 à 15 ans, réunis dans une même classe d’accueil pour apprendre le français. Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie, remettent en cause beaucoup d’idées reçues sur la jeunesse et l’intégration et nous font espérer en l’avenir...

A Athènes, le modeste appartement d’Amir, un immigré iranien, est devenu un lieu de transit pour des migrants qui, comme lui, ont fait le choix de quitter leur pays. Mais la Grèce n’est qu’une escale, tous espèrent rejoindre d’autres pays occidentaux. Ils se retrouvent donc coincés là, chez Amir, dans l’attente de papiers, de contacts et du passeur à qui ils confieront peut-être leur destin...

de Julie Bertuccelli

Tous les élèves de cette classe sont des adolescents... Je trouvais intéressant que ce ne soit pas des tout-petits qui arrivent, pour lesquels ça peut être plus facile. Plus on est jeune, plus on s’adapte rapidement. Mais des adolescents qui viennent d’arriver, entre deux âges, entre deux mondes... Ils ont déjà vécu de longues années dans leurs pays respectifs et c’est un déracinement très fort à cet âge-là. En France, ils sont presque déjà des adultes parce qu’ils ont des responsabilités très lourdes sur les épaules. Ils sont parfois chargés de famille, car ils sont souvent les seuls à parler le français. Ils ne sont pas encore dans l’après-immigration ou le ras-le-bol. Ils ne sont pas enfermés dans une catégorie d’immigrants qui les stigmatiserait ou rejetterait. On sait que cette impasse ou cet avenir peuvent arriver, mais en même temps on sait que tout est encore possible. Ils sont pleins d’espoir. Je montre peut-être un sas protecteur et idéal, une utopie en action, mais je montre aussi un petit théâtre de notre monde où l’énergie de l’espoir peut faire des miracles tout comme la confiance et l’accueil prodigués à ces jeunes... Julie Bertuccelli

Lundi 24 mars à l’issue de la séance de 20 heures.

Rencontre publique avec Julie Bertuccelli en partenariat avec le festival teciverdi

France - 2013 / Durée : 1h29 Photographie : Julie Bertuccelli Montage : Josiane Zardoya Musique : Olivier Daviau

de Kaveh Bakhtiari

L’escale pourrait être le nom d’un rade sympathique où brasser entre amis l’avenir du futur. Mais ici, l’Escale est le titre d’un documentaire implacable et glaçant de Kaveh Bakhtiari qui a plan— té sa caméra dans le cœur Suisse, France - 2013 Durée : 1h40 d’une histoire de famille mutant sous nous yeux en Photographie : naufrage collectif. Kaveh Bakhtiari Gérard Lefort Musique : Luc Rambo Libération – 26/11/ 2013 Le jour où plus aucun migrant ne viendra frapper à la porte des pays riches, ce sera le signal pour nous autres nantis qu’est venu le temps de prendre à notre tour le chemin de l’exil. Kaveh Bakhtia

Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2013 Festival International du Film de la Rochelle 2013 Festival de Lussas, Etats Généraux du film documentaire 2013 —

en partenariat avec le festival teciverdi


Aimer boire et chanter de Alain Resnais Dans la campagne anglaise du Yorkshire, la vie de trois couples est bouleversée pendant quelques mois, du printemps à l’automne, par le comportement énigmatique de leur ami George Riley. Lorsque le médecin Colin apprend par mégarde à sa femme Kathryn que les jours de son patient George Riley sont sans doute comptés, il ignore que celui-ci a été le premier amour de Kathryn. Les deux époux, qui répètent une pièce de théâtre avec leur troupe amateur locale, persuadent George de se joindre à eux. Cela permet à George, entre autres, de jouer des scènes d’amour appuyées avec Tamara, la femme de son meilleur ami Jack, riche homme d’affaires et mari infidèle. Jack, éploré, tente de persuader Monica, l’épouse de George qui s’est séparée de lui pour vivre avec le fermier Simeon, de revenir auprès de son mari pour l’accompagner dans ses derniers mois. Au grand désarroi des hommes dont elles partagent la vie, George exerce une étrange séduction sur les trois femmes : Monica, Tamara et Kathryn. Voilà ce dont je rêverais : que le spectateur dans la salle se dise, oui, bon, c’est du théâtre filmé, et soudain change d’avis, oui, mais au théâtre, on ne pourrait pas faire ça… Et ça redevient du théâtre, et ça redevient du cinéma, et parfois de la bande-dessinée avec les interventions de Blutch. Je voulais tenter de faire ce que Raymond Queneau appelait dans Saint-Glinglin « la Brouchecoutaille », c’est-à-dire une sorte de ratatouille, abattre les cloisons entre le cinéma et le théâtre, et ainsi, se retrouver en pleine liberté. Je le dis pour tous mes films, c’est la forme qui m’intéresse, et s’il n’y a pas la forme, il n’y a pas l’émotion. Je garde le goût intact de faire se rencontrer des choses qui ne devraient pas se rencontrer, c’est ce que j’appelle l’attrait du danger, du précipice. Alain Resnais

France – 2013 / Durée : 1h48 Scénario : Laurent Herbiet, Alex Reval D’après Life of Riley d’Alan Ayckbourn Photographie : Dominique Bouilleret Montage : Hervé De Luze Musique : Mark Snow

avec : Sabine Azéma /

Hippolyte Girardot / Michel Vuillermoz / Sandrine Kiberlain / André Dussollier

Sélection Officielle, Berlin 2014

les courts-métrages

SORTIE NATIONALE

Du 26 mars au 15 avril

En avant-programme de Le Sens de l’humour Mer 5/03 : 20h, Dim 9/03 : 20h, Mer 11/03 : 18h

Bye Bye

D’ Edouard Deluc / Durée : 11mn

Cécile, la cinquantaine, frange et collants bleus, divorcée, se fait épilée par sa fille Leila. Cette dernière annonce à sa mère que son père a une nouvelle copine.

En avant-programme de La Cour de Babel Ven 14/03 : 20h30, Sam 15/03 : 16h, Dim 16/03 : 18h

Leur Jeunesse

De David Roux / Durée : 13mn Depuis quelques jours leur campement vit dans l’angoisse d’une expulsion imminente. Comme tous les matins, Gisela et son frère iront à l’école...

En avant-programme de Arrête ou je continue Mer 19/03 : 20h, Sam 22/03 : 20h, Dim 23/03 : 16h

Tout le monde dit je t’aime De Cécile Ducrocq / Durée : 6mn

Marion quatorze ans, vient de recevoir un mot d’amour de son copain. Elle demande l’avis de sa meilleure amie ...

En avant-programme de Twenty feet from Stardom Ven 28/03 : 17h, Dim 30/03 : 18h30, Lun 31/03 : 20h

7H57 AM-PM

De Simon Lelouch / Durée : 11mn

Renaud Capuçon participe à ce film en interprétant sur la ligne 6 du métro parisien La mélodie de Gluck sur un Guarmerius de 1737. Deux jours plus tard, sa prestation au théâtre des Champs-Elysées affichait complet.


Arrête ou je continue de Sophie Fillières

EXCLU sivité

EXCLU sivité

Du 19 au 31 mars

Du 26 mars au 1er avril

Twenty feet from Stardom de Morgan Neville

Pomme et Pierre. Ils sont ensemble depuis longtemps. Est-ce encore de l’amour ou sont-ils pris dans cette combine qu’est devenu leur couple, dans ce numéro qui se joue presque malgré eux ? Il la dénigre. Elle le rabaisse. Ce n’est pas tant qu’ils ne peuvent plus se supporter - encore que – c’est qu’ils n’en peuvent plus d’être deux, et ces deux là. « Arrête ou je continue » l’un comme l’autre pourrait le dire. Et pourtant…

On ignore souvent leurs noms, mais on connaît tous leurs voix, derrière Sinatra, les Stones, Ike & Tina Turner, Springsteen, Joe Cocker, George Harrison, enluminant Gimme Shelter ou My Sweet Lord.

Si l’humour est bien la politesse du désespoir, alors Arrête ou je continue est particulièrement cordiale. Badin et ludique, le nouveau film de Sophie Fillières éclot dans un bouquet de situations facétieuses et de répliques teintées d’absurde, alors qu’il y est uniquement question de la fin — d’une histoire d’amour. (…) Avec une subtilité relativement rare dans la comédie France – 2014 / Durée : 1h42 française, les vannes ou les gags écrits par Sophie FilScénario : Sophie Fillières lières sont un peu plus que les simples voyants d’un Photographie : tableau de bord annonçant l’imminence d’une Emmanuelle Collinot faillite : les sarcasmes se révèlent être les paradoxales Montage : Valérie Loiseleux Musique : Christophe manifestations d’une palpitation sentimentale – de cette tendresse qui continue, malgré tout, de faire avec : Emmanuelle Devos / Mathieu Amalric / Anne Brochet battre les cœurs de Pomme et de Pierre.

Le documentaire de Morgan Neville remet ces femmes superbes en pleine lumière et livre une réflexion sur la condition de choriste, comparable à celle de ces seconds rôles du cinéma dont le visage nous est familier, mais dont le nom nous échappe. Certaines, telle la splendide — Lisa Fischer, sont épanouies par leur carrière en reEtats-Unis - 2013 / Durée : 1h29 trait : leur timidité, leur fragilité, leur personnalité ne les destinaient pas aux feux irradiants de l’hypercéléMontage : Jason Zeldes, Kevin brité. Collaborer au travail de stars, partager la scène Klauber Photographie : Nicola B. Marsh, avec les Stones lors de leurs tournées mondiales, il Graham Willoughby y a pire comme métier et comme destin. D’autres (Darlene Love, Claudia Lennear, Tata Vega…) ont esSélections officielles, Sundance sayé de s’arracher de la chorale et de franchir les six et Deauville mètres – avec des fortunes diverses. (...) —

Pierre-Edouard Peillon Le Nouvel Observateur

Sélection officielle, Berlin 2014

Présentes sur des disques vendus par millions mais anonymes, plantées à l’arrière des scènes face à des dizaines de milliers de spectateurs-auditeurs extatiques qui ne les regardent pas, “à six mètres de la célébrité”, comme le résume le titre. Six mètres, mais un gouffre entre la gloire et l’ombre, les millions sur le compte en banque et les rémunérations irrégulières, le statut d’immortel et celui d’intermittent du show.

Jennifer Lesieur Metronews.fr – 20 décembre 2013


A peine ombre de Nazim Djemai

Ce film montre l’institution particulière qu’est la clinique psychiatrique de La Borde, berceau de la psychothérapie institutionnelle, fondée par le Docteur Oury en 1953. La Borde et ses entours, les écuries, le poulailler, le jardin potager, la serre, sont rythmés par le défilement des saisons. Cependant cette apparente douceur qui semble apaiser les corps et les esprits se dérobe devant les hautes solitudes de la maladie. La démarche de Nazim Djemaï apparaît finalement assez clairement : nous montrer les êtres et les lieux qui font la clinique de La Borde en collant, autant qu’il est possible de le faire, à l’esprit de la démarche thérapeutique qui fait sa caractéristique : ne pas établir de frontière autoritaire entre le normal et l’anormal. Le film est déroutant, mais parfaitement pensé. Au bout du compte, il nous faut dépasser notre premier désir de compréhension et s’attacher à voir les corps et à entendre les paroles dans ce qu’ils peuvent nous faire sentir de souffrance ou de désarroi.

France – 2012 / Durée : 1h26 Photographie : Nazim Djemaï Montage : Geneviève Carles et Nazim Djemaï Sélection Officielle, Fid Marseille 2012

Joël Gourgues Bibliothèque municipale de Nanterre

Rencontre publique à l’issue de la séance Nos partenaires, - Unafam, l’Udaf des Deux-Sèvres et Au fil de la mosaïque, ont invité Jean Fallisse psychologue clinicien / docteur en criminologie pour animer le débat. Entrée libre

séance unique

séance unique

Le vendredi 28 mars / 18h

Le vendredi 28 mars / 20h30

Les Actualités

Cinématographiques

Produite par Les Yeux d’IZO, les A ctualités cinématographiques est une série de quatre courts-métrages documentaires réalisés et diffusés en région Poitou-charentes. L’actualité n°3 a été réalisée à Niort, elle est présentée en avant-première, en présence du réalisateur et de l’équipe des Actualités cinématographiques.

Siranouch de Laurent Marboeuf. 10 mn Depuis trois ans Siranouch et sa famille vivent à Niort. Ils sont demandeurs d’asile.

En complément de son court-métrage, Laurent Marboeuf a choisi de présenter deux films, l’un réalisé en 1964 et l’autre en 2012. Ouvriers noirs de Paris de Jacques Krier. 1964. 25mn

Le film pose la question de la représentation de ce statut : Quelle place j’accorde à ce moment dans mon parcours ? Qu’est ce que je dis et ne dis pas de cette situation ? Et comment ne pas être considérée comme une victime, mais comme une personne qui construit sa vie, ailleurs, ici.

Une enquête sur une génération d’ouvriers venant d’Afrique, où l’on découvre la misère de leur cadre de vie. L’occasion d’une des premières « caméra cachée » de la télévision d’investigation.

La projection est suivie d’un échange avec le réalisateur

Noctambules de wIlham Maad. 2012. 41 mn

http://actualitescinematographiques.org

Tous les soirs après le dernier métro, des ombres surgissent des parkings environnants et se retrouvent devant la préfecture de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. Il s’agit d’étrangers dont le titre de séjour arrive à expiration et qui doivent impérativement le renouveler.

Tarif unique : 4E


festival impulsions s ai s o n

Séance unique dimanche 9 mars 15h30

Bambi

de Sébastien Lifshitz

Dès sa plus tendre enfance à Alger, Marie-Pierre ne veut s’habiller qu’en robe et refuse obstinément son prénom de naissance : Jean-Pierre. A 17 ans, sa vie bascule lorsqu’elle découvre la revue d’un cabaret de travestis en tournée : le Carrousel de Paris. En quelques années, elle devient Bambi, figure mythique des cabarets parisiens des années 50-60.

En recueillant le témoignage d’une des premières transsexuelles françaises, Sébastien Lifshitz poursuit le travail entamé avec Les Invisibles et trace le destin d’une personnalité hors du commun. (…) La réalisation alterne scènes de la vie moderne (notamment ce retour saisissant sur les lieux de son enfance en Algérie) et de nombreuses archives montrant les travestis des années 50 et 60. Marie-Pierre/ Bambi est une femme remarquable et intelligente, qui sait exprimer avec pudeur et pourtant sans inhibition les sentiments ambivalents d’un être humain qui se sent différent, parfois à son grand dam, affolé par des pulsions qui le dépassent, le choquent presque, le surprennent toujours. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus intéressant et de troublant dans le film de Lifshitz : ce qu’il dit de la sexualité des gens, de tous les gens, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. (…)

Samedi 8 mars 20h30

MAL(E)

Ecriture et mise en scène : Antoine Raimondi, héloïse desfarges

M

al(e) est un spectacle sur l’éducation masculine, sur les valeurs à accepter, les épreuves à traverser pour devenir un homme, un vrai.

Le spectacle est construit comme une expérience de laboratoire, un jeu télévisé ou un conte populaire dans lequel trois individus sont soumis à l’autorité d’un seul qui leur inculque les valeurs nécessaires à la survie dans la jungle sociale qui les attend. Petit à petit, ce dernier les pousse à se choisir un chef, jusqu’à ce que, constitué de manière pyramidale, le groupe se mette à traquer la moindre marque de faiblesse. Cet apprentissage de la vie, véritable parcours du combattant, prend la forme d’une succession de tableaux où les corps font sans cesse écho aux mots, où la danse et le cirque se mêlent pour interroger les stéréotypes masculins, la violence des conditionnements et dénoncer avec humour la vacuité des valeurs «viriles» et l’hégémonie du mythe du mâle dominant.

Samedi 8 mars 21h Lundi 10 mars 19h

Le Respect

s’étendra devant nous comme un tapis de velours sur lequel nous marcherons pieds nus sans nous blesser Texte de Grisélidis Réal Mise en scène : nicolas kerszenbaum Compagnie Franchement, Tu

P

rostituée, artiste, révolutionnaire, Grisélidis Réal est un merveilleux OVNI littéraire. D’un zénith (le temps où les clients se bousculaient) à un crépuscule (l’époque de la maladie, du corps qui cède), Le Respect... offre à la voix de Grisélidis Réal une chambre d’écho, où résonne toujours son chant, rugueux, drôle, intelligent, tissé de douceur et de colère – infiniment humain.

Jean-Baptiste Morain Les Inrockuptibles – 18 juin 2013

Tarifs de 11€ à 24€

Tarifs de 8€ à 24€

a l’issue de la séance, une rencontre publique

Durée : 1h10

Durée : 1h05

sera animée par l’association Impulsions Femmes .

en partenariat avec le festival impulsions

en partenariat avec le festival impulsions


SPECTACLEs

Mercredi 12 mars 20h30 Jeudi 13 mars 19h

s ai s o n

Britannicus

de Racine mise en scène : Jean-Louis Martinelli

B

ritannicus est la représentation d’un acte, non d’un effet. L’accent est mis sur un faire véritable : Néron se fait, Britannicus est une naissance. Sans doute c’est la naissance d’un monstre; mais ce monstre va vivre et c’est peut-être pour vivre qu’il se fait monstre. (...) Roland Barthes Extrait de : Sur Racine aux éditions du Seuil, 1963.

« ...Libérer le spectateur de ses passions via la pitié et la crainte, c’est aussi l’objectif de la tragédie. D’une clarté lumineuse dans un décor rond comme un cirque, l’élégant et acéré Britannicus que propose Jean-Louis Martinelli dessillera ainsi bien des regards sur les perversions des relations mère-fils, maître-élève, pouvoir et sexe... Ainsi la « véritable » tragédie doit être entendue « derrière  » les alexandrins, la poésie racinienne devenant juste l’écrin de la férocité. Mise à néant du langage, mais dans le langage le plus parfait qui soit : Jean-Louis Martinelli guide ses comédiens dans une espèce de vide où ils dansent sur le pire. Dans ce jeu extrême et souterrain, doux et furieux, ils sont tous magnifiques. »

Samedi 15 mars 20h30

Quand m’embrasseras-tu ?

d’après Mahmoud Darwich / cie Brozzoni mise en scène : Claude Brozzoni

L

e choix du poète palestinien Darwich n’est pas fait pour prendre une position politique sur un conflit qui hante les jours et les nuits de la planète, mais parce que la maladie de la Palestine est le symbole d’un mal universel. Elle est violente car elle vient de peurs ancestrales. Seule manière de la combattre, c’est d’exprimer les sentiments enfermés en nous, ceux que nous cachons par pudeur, par honte, ou même par éducation. L’émotion, le plaisir, la joie, l’amour, la fraternité, la beauté. Comment ? Par le chant, la musique, la parole, la voix, la lumière. C’est une sorte de concert, mélangeant musique d’inspiration orientale, rock, électro. Un spectacle d’émotions, de sentiments. Un cabaret du plaisir où l’on chante la beauté du monde, l’amour des autres et l’amour des hommes entre les hommes. Un chemin de vie qui s’oppose au cynisme ambiant, au morbide et au désespoir.

Mercredi 19 mars 20h30

De Flamencas

Direction et chorégraphie : Marco Flores

P

uissant à la fois dans les racines du flamenco et dans ses influences plus modernes, De Flamencas propose une interprétation très actuelle de cet art et plus simplement de la vie : brusque, sensible, douce, chaotique, énergique, voire électrique. Les danseuses (Guadalupe Torres, Carmen Coy, Lidón Patiño), aux caractères bien différents en sont le parfait reflet. Les voix de la grande Fabiola Pérez et de Mercedes Cortés, là aussi aux sonorités distinctes, soutiennent les apparitions fougueuses et énergiques mais aussi retenues du danseur. Tout en légèreté et en élégance, Marco Flores vient leur répondre sans jamais s’imposer. Il démontre, ô combien, comment, plutôt que de s’opposer, les univers féminin et masculin se dédient à la grâce du flamenco. (…)

(...)

Agathe Beaudouin Midi Libre, 20 janvier 2013

Fabienne Pascaud Télérama n°3275, 17 octobre 2012 Tarifs de 18€ à 36€

Tarifs de 14€ à 30€

Durée : 2h10

Durée : 1h25

Tarifs de 18€ à 36€


SPECTACLEs

Vendredi 21 mars 20h30

Dernières nouvelles de Frau Major NOUVELLES SCéNES Une fiction musicale inspirée de la vie et de l’œuvre d’Alain Bashung

D

ernières nouvelles de Frau Major nous raconte en texte, en musique et en image la rencontre de l’héroïne, Frau Major, avec le chanteur célèbre, son métier d’artiste, son succès tardif, ses maux, ses paroliers, les grands moments de sa carrière, les petits riens du quotidien… Sur scène, des images du photographe Pierre Terrasson, trois personnages, des chanteurs exceptionnels accompagnés en live par le dernier groupe d’Alain Bashung. Au Moulin du Roc, Kent, Chloé Mons, Daan et Joseph D’Anvers feront vivre une partie du répertoire du chanteur disparu il y a déjà 5 ans.

Mercredi 26 mars 20h30 Jeudi 27 mars 19h

Martyr

de Marius von Mayenburg Mise en scène : Matthieu Roy

U

ne pièce d’une actualité troublante sur la montée des extrêmismes. Une plongée vertigineuse dans les problématiques de l’adolescence, de l’éducation et du fanatisme religieux. L’histoire de Benjamin, un adolescent pris d’une crise mystique qui va bouleverser par ses idées extrémistes sa mère, ses camarades et son lycée tout entier. Seule Erika Roth - professeur de biologie - va tenter de le provoquer sur son propre terrain : celui de sa lecture de la bible et de son interprétation des enseignements de Dieu. Cette lutte idéologique, philosophique et morale vient perturber l’ordinaire quotidien de l’école : les filles peuvent-elles aller en bikini au cours de natation ? Les cours d’éducation sexuelle ont-ils leur place dans l’enceinte d’un établissement scolaire ? Quelle est la légitimité de l’enseignement de la théorie de l’évolution dans les cours de sciences naturelles par rapport à celle du « créationnisme » ?(...) Matthieu Roy

s ai s o n www.nouvelles-scenes.com Tarifs de 14€ à 30€ Durée : 1h45

Tarifs de 14€ à 30€ Durée : 1h15


SPECTACLEs

Samedi 29 mars 20h30

Caratini Jazz Ensemble de Louis Armstrong à la biguine 13 musiciens

S

ous le titre De Louis Armstrong à la biguine le concert que nous proposent ici Patrice Caratini et Alain Jean-Marie nous renvoie à la créolité. Le contrebassiste et le pianiste mettent en regard, l’un par sa lecture de l’œuvre du créateur du jazz, l’autre par sa « réflection » sur la musique de ses racines, deux langages nés de l’histoire Euro-Afro-Américaine. Portés par les rutilances d’orchestre du Caratini Jazz Ensemble,un moment de musique à saisir pour se laisser simplement porter au fil du discours de deux artistes qui ont su s’approprier un passé multiple et le rendre fécond..

Mercredi 2 avril 20h30

Soirée Forsythe CCN Ballet de lorraine Direction : Petter Jacobsson

O

n dit de William Forsythe qu’il est l’enfant terrible et prodige de la danse contemporaine... La particularité de son oeuvre est qu’elle intègre toutes les ruptures de l’histoire de la danse afin d’amener celle-ci ailleurs. Le chorégraphe a ainsi décomposé le ballet jusqu’à ce que surgisse une danse radicale, élégante et d’une géométrie unique, pouvant rallier les publics classique et contemporain. Avec cette soirée Forsythe, c’est une immersion complète au coeur de la danse qui est proposée : il en décortique le vocabulaire pour mettre à jour une mécanique totalement abstraite, qui s’articule autour de la rapidité d’exécution, du déséquilibre des corps, de la rupture des mouvements et des trajectoires. La réputation du chorégraphe qui repose entre autres sur sa capacité à réinventer le langage du ballet en repoussant les limites bien au-delà du style néoclassique trouve ici tout son sens. Ainsi comme dirait William Forsythe, “Bienvenue à ce que vous croyez voir”, phrase emblématique de son oeuvre.

ss ai ai ss o on n

Tarifs de 14€ à 30€ Durée : 1h30

Tarifs de 18€ à 36€

vendredi 4 avril 19h

Comment mémé est montée au ciel et autres rêveries... de et par titus accompagné par Gérard Baraton

U

n spectacle théâtral qui louche vers le conte pour les enfants (à partir de 6 ans) et les grandes personnes qui rêvent encore.

Titus, accompagné par Gérard Baraton à l’accordéon raconte avec humour et poésie, des histoires originales, qui confrontent des enfants au monde fascinant et angoissant du rêve. Ce voyage au coeur de la nuit mêle situations quotidiennes et fantastiques et illustre la frontière trouble et incertaine entre rêve et réalité. > Rencontres avec Titus & Chiara Arsego (illustratrice de l’album)

> Le mercredi 2 avril - à la Médiathèque de Niort (15h/17h) > Le samedi 5 avril - à la Librairie des Halles (11h/12h30)

> Exposition des dessins originaux à la Médiathèque et à la Librairie des Halles Ce spectacle vous est proposé à l’occasion de sa 400ème représentation et la sortie du livre « Comment mémé est montée au ciel » (Editions Marmaille & Compagnie).

Tarifs : 10€ adultes / 8€ adultes adhérents LMDR / 6€ enfants


mars 2014

— N° 264 —

du 5 au 11 mars

mer. 5

jeu. 6

ven. 7

16h . 18h

20h30

19h

*

18h30

21h

mer. 12

jeu. 13

la Cour de babel

18h

16h

19h15 . 20h30

son épouse

20h

18h

16h45 . 21h

20h

18h45

du 19 au 25 février

mer. 19

jeu. 20

ven. 21

la Cour de babel

14h15

16h15

20h

18h

18h

18h

week-ends le sens de l’humour bambi

du 12 au 18 février

20h

arrete ou je continue

du 26 février au 4 mars Aimer boire et chanter

ven. 14

*

*

**

dim. 16

*

18h

LUN. 17

MAR. 18

18h30

16h

16h . 20h

16h . 18h . 20h

20h

18h

18h30

16h30 . 20h30

18h

sam. 22

dim. 23

LUN. 24

MAR. 25

*

* . 20h30

16h

16h30 . 18h

20h

*

14h15 . 20h

*

16h

14h . 20h

**

20h

16h . 20h30

18h

18h

jeu. 27

ven. 28

sam. 29

dim. 30

LUN. 31

16h15 . 20h

16h . 18h

16h . 21h

14h30 . 20h15

16h . 18h

14h . 18h

18h15

arrete ou je continue

14h15

Les Actualités Cinémato...

*

17h 20h

19h 18h

18h15

* . 20h30

18h30

16h30 . 20h

20h

MAR. 1er

*

16h

** **

20h30

* séance précédée d’un court-métrage / ** Projection suivie d’une rencontre publique

Mensuel cinéma du Moulin du Roc, Scène Nationale de Niort. 9 boulevard Main CS 18555 - 79025 Niort Cedex / Tel : 05 49 77 32 30 www.moulinduroc.asso.fr / contact@moulinduroc.asso.fr Rédaction et choix des textes : Jacques Morel, Marc Lanel / Directeur de la publication : Paul-Jacques Hulot.

16h30

16h

18h30

mer. 26

Twenty feet from Stardom

MAR. 11

16h . 20h

16h . 18h . 20h

sam. 15

*

a peine ombre

cinéma

lun. 10

18h30 . 20h30 20h45

16h . 20h

l’escale

dim. 9

15h30

l’éclat du jour

son épouse

sam. 8

Conception graphique : BANG / Réalisation : S. Bourdin / Imprimé sur les presses de Raynaud Imprimeurs sur papier Magno satin, en 6000 ex.

Les salles de cinéma du Moulin du Roc sont classées Art et Essai avec les labels «Recherche et Découverte» et «Jeune Public». Le Moulin du Roc est adhérent de l’ACOR, de l’AFCAE, de l’ACID, de l’ADRC, de l’Agence du Court-Métrage et de l’AFCA. I.S.S.N.1161 - 7799 . Licences spectacles n°1-1061165/ n°2-1061166/ n°3-1061167

05.03 au 01.04 2014  
05.03 au 01.04 2014  

Niort • Moulin du Roc

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