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février 2014 - N° 263

CINÉMA


Nymphomaniac de Lars von Trier

Nymphomaniac est la folle et poétique histoire du parcours érotique d’une femme, de sa naissance jusqu’à l’âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s’est autodiagnostiquée nymphomane. (…) En attendant le Volume 2, difficile de dire si le film est misandre ou misanthrope, féministe ou misogyne, philosexuel ou sexophobe, hors morale (Joe) ou confit de morale (Seligman) : avec Lars, tout est toujours bifide, réversible, et il pousse le spectateur à considérer Joe aussi bien comme une amazone admirable qui vengerait des siècles de domination masculine que comme une “mauvaise personne” qui utilise les hommes comme des Kleenex. A suivre… C’est avec ces mots que Serge Kaganski (Les Inrocks) terminait sa critique du Volume 1. A l’heure où nous mettons sous presse, le Volume 2 n’est pas encore sorti. Mystère...

— Danemark - 2013 Volume 1 : Durée 1h58 Volume 2 : Durée : 2h03 Scénario : Lars von Trier Photographie : Manuel Alberto Claro Montage : Molly Malene Stensgaard avec : Charlotte Gainsbourg / Stellan Skarsgård / Stacy Martin / Shia Labeouf / Uma Thurman.

encore à l’affiche

encore à l’affiche

Volume 1 du 5 au 11 février Volume 2 du 12 au 18 février

Du 5 au 11 février

12 Years a slave de Steve mcQueen

Dans ce long film de souffrances humaines endurées au cœur des magnifiques décors naturels de la Louisiane, le cinéaste raconte l’histoire vraie de Solomon Northup, Américain noir, homme libre, musicien marié et père de famille, enlevé en 1841 dans le nord des États-Unis pour être vendu dans le sud et réduit en esclavage dans les plantations. (…) Une fois de plus, Steve McQueen montre qu’il a des choses à dire, et il les formule sans détour. Comme les précédents, son dernier film empoigne sans faire sem-

blant les questions profondes que le sujet appelle. En s’emparant – à rebours de la tradition narrative – de la figure d’un Américain libre réduit en esclavage par d’autres Américains, il offre un nouveau point de vue – qui n’a rien d’anecdotique – sur un des épisodes les plus douloureux de l’histoire du pays. « Je veux vivre, pas simplement survivre », dit Solomon, homme éduqué, sachant lire et écrire, à ceux dont il partage la condition. La différence entre l’esclave né libre et celui qui n’a connu que la captivité est considérable : le premier sait exactement quelle part d’humanité lui est niée. Arnaud Schwartz La Croix – 22 janvier 2014

— Etats-Unis - 2013 / Durée : 2h13 Scénario : John Ridley Photographie : Sean Bobbitt Musique : Hans Zimmer avec : Chiwetel Ejiofor / Michael Fassbender / Brad Pitt / Benedict Cumberbatch 9 nominations aux Oscars 2014 Meilleur film dramatique, Golden Globes 2014


création & résistance

UN FILM

un opéra

Mardi 11 février 20h30

Du 5 au 11 février

Les Jours heureux l’empereur de Gilles Perret

Entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ». Ce programme est encore au coeur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, à la liberté de la presse, etc. Ce film vise à retracer le parcours de ces lois, pour en réhabiliter l’origine qui a aujourd’hui sombré dans l’oubli. Raconter comment une utopie folle dans cette période sombre devint réalité à la Libération. Raconter comment ce programme est démantelé depuis. Questionner la réalité sociale d’aujourd’hui, et voir comment les valeurs universelles portées par ce programme pourraient irriguer le monde de demain.

France – 2013 / Durée : 1h37 Photographie : Jean-Christophe Hainaud Montage : Stéphane Perriot Musique : Laurie Derouf

Mercredi 5 février à l’issue de la séance de 20 heures.

Rencontre publique avec Gilles Perret

Cette rencontre a été possible grâce à une belle collaboration avec nos partenaires : la Ligue des Droits de l’homme, la Libre Pensée 79, l’association des Déportés et internés, résistants et patriotes des Deux-Sèvres et l’Université Populaire Niortaise.

d’atlantis ou la mort abdique

de viktor ullmann / ensemble ars nova Direction musicale : philippe Nahon mise en scène : louise moaty

Un opéra rescapé des camps nazis Composé et répété en 1943 par les détenus du camp de Terezin, à une soixantaine de kilomètres de Prague, l’opéra n’y a jamais été joué. Fruit de la censure des autorités du camp ou conséquence du départ funeste vers Auschwitz de son auteur, le compositeur et chef d’orchestre Viktor Ullmann, dont on perd la trace dés son entrée au camp d’extermination le 16 octobre 1944. (…) L’art comme résistance «Ce qui m’intéressait, c’est la force de l’Art comme moyen de survie : c’était le moyen pour ces déportés de se sentir humains et de résister. Parfois ils se transmettaient un poème à l’oreille comme le plus précieux des trésors», s’émeut Louise Moaty, 35 ans. L’opéra de chambre, composé avec les moyens du bord, utilise des instruments hétéroclites comme le banjo et le saxophone. Il raconte l’histoire de l’empereur Overall, dont la folie tyrannique invente une guerre totale de tous contre tous. La Mort, qualifiée de «mort jardinière», refuse de se laisser régenter et décide de cesser de faire mourir les hommes jusqu’à ce qu’elle emmène l’empereur. «C’est un appel à réintégrer la mort dans la vie, à se réapproprier la mort, pour ces hommes à qui on volait jusqu’à leur propre fin», rappelle Louise Moaty. L’Express – 21 janvier 2014 Tarifs de 10€ à 36€ Durée : 1h


The Lunchbox

de Ritesh Batra Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu’une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère. Serait-ce dans les petits plats indiens que l’on fait les meilleures comédies sentimentales ? La recette séduit, aussi subtile qu’habilement épicée. (…) Hollywood a du souci à se faire : avec cette comédie sentimentale, Ritesh Batra prouve que l’on peut réussir une délicieuse romance épistolaire à partir d’une simple boîte en fer. Accidentelle bouteille à la mer devenue boîte à lettres mobile, la gamelle éclaire le passé et les attentes de deux coeurs so— litaires, et ses allers et retours - un ballet à travers Inde, France, Allemagne – 2013 Bombay - créent un vrai suspense. C’est évidemment Durée : 1h42 un état des lieux de son pays que le cinéaste desScénario : Ritesh Batra sine par petites touches : une Inde « émergente » où Photographie : Michael Simmonds s’asseoir dans le bus tient du miracle et où certains, Musique : Max Richter trop tendres pour la modernité, se réfugient dans avec : Irrfan Khan / Nimrat Kaur la nostalgie et écoutent les chansons de vieux films Nawazuddin Siddiqui bollywoodiens, par exemple. Mais une Inde en pleine Semaine de la Critique,Festival évolution, aussi. A l’image de l’héroïne, qui ose, en déde Cannes 2013 finitive, refuser les traditions et décide de prendre son Sélections officielles, Festival envol pour enfin vivre sa vie. Guillemette Odicino Télérama – 11 décembre 2013

de Toronto 2013, Londres 2013, Amsterdam 2013

encore a l’affiche

EXCLU sivité

Du 5 au 11 février

Du 5 au 11 février

lulu femme nue de Sólveig Anspach

La seule fois où Lulu tient la promesse de son titre, elle sort d’une baignade automnale sur une plage de Vendée. Toute nue, donc. Et plus que gironde. Ce qui n’est pas une surprise, puisque c’est Karine Viard, Vénus beauté naissant des eaux, qui s’est glissée dans le corps de Lulu. Cette baignade est comme le sésame de Lulu femme nue. Se laver, se décrasser, mais faire de ce nettoyage un désir. Telle est la vie de Lulu, quadragénaire encalminée dans quelques rôles dont elle n’assure pas la mise en scène : femme de son mari, mère de ses trois enfants, etc. (…) Hors pair. Solveig Anspach filme l’hymne à la joie d’une liberté pas à pas retrouvée. Mais plutôt Debussy que Wagner dans sa musique délicate. C’est un sentiment océanique qui domine, où les flux des petits plaisirs (s’oindre les mains de crème dans le cabinet de toilette de l’hôtel) ou le tsunami d’un nouvel amour (avec Charles, c’est-àdire Bouli Lanners, on la comprend et on l’envie), bagarrent avec le reflux des rappels à l’ordre (social) et à la raison (des familles).

Lulu, plutôt à marée haute que basse, n’est pas une niaise pour autant. Mère en fugue, épouse démissionnaire, mais prête à des solidarités éclair avec des inconnus de fortune, dont une vieille Marthe, anarcho-senior incarnée par une Claude Gensac hors pair. Ces temps-ci, le cinéma français est plein de ces personnages qui se retrouvent après s’être perdus de vue : Elle s’en va d’Emmanuelle Bercot, Suzanne de Katell Quillévéré et aujourd’hui Lulu. Ça n’est pas la pire des nouvelles que ces trois films soient réalisés par des femmes avec des femmes.

Gérard Lefort / Libération – 21 janvier 2014

France - 2013 / Durée : 1h27 Scénario : Sólveig Anspach, Jean-Luc Gaget Adapté de la bande-dessinée Lulu femme nue d’Étienne Davodeau Photographie : Isabelle Razavet Musique : Martin Wheeler avec : Karin Viard / Bouli Lanners / Claude Gensac / Pascal Demolon


Vol Spécial de Fernand Melgar

Après La Forteresse, qui décrivait les conditions d’accueil des demandeurs d’asile en Suisse, Fernand Melgar porte son regard vers la fin du parcours migratoire. Au centre de détention administrative de Frambois, des hommes sont emprisonnés dans l’attente d’un renvoi du territoire helvétique. Leur demande d’asile a échoué, ils sont sommés de repartir après, pour certains, avoir passé plusieurs années en Suisse, travaillé, payé des impôts, fondé une famille. Si leur incarcération peut durer jusqu’à 24 mois, l’annonce du renvoi intervient quant à elle sans crier gare, et sa mise à exécution est imminente. Dans ce huis clos carcéral, la tension monte au fil des jours. D’un côté des gardiens pétris de valeurs humanistes, de l’autre des hommes en bout de course, vaincus par la peur et le stress. Se nouent alors des rapports d’amitié et de haine, de respect et de révolte jusqu’à l’annonce de l’expulsion vécue comme un coup de poignard. Cette relation s’achève la plupart du temps dans la détresse et l’humiliation. Ceux qui refusent de partir seront menottés, ligotés et installés de force dans un avion. Dans cette situation extrême le désespoir a un nom : vol spécial.

En collaboration avec le Festival Teciverdi

Suisse – 2011 / Durée : 1h40 Photographie : Denis Jutzeler Montage : Karine Sudan Musique : Wandifa Njie Premier prix du Jury des Jeunes, Premier prix du Jury Œcuménique, Festival de Locarno 2011

cinéma & migration

cinéma & migration

Lundi 10 février 18h

Lundi 10 février 20h

The Immigrant de James Gray

1921. Ewa et sa soeur Magda quittent leur Pologne natale pour la terre promise, New York. Arrivées à Ellis Island, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine. Ewa, seule et désemparée, tombe dans les filets de Bruno, un souteneur sans scrupules. Pour sauver sa soeur, elle est prête à tous les sacrifices et se livre, résignée, à la prostitution. L’arrivée d’Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, lui redonne confiance et l’espoir de jours meilleurs. Mais c’est sans compter sur la jalousie de Bruno... Le visage d’une femme. Dans cette église où elle s’est réfugiée pour s’abandonner, enfin, au chagrin, James Gray filme Marion Cotillard comme une héroïne de tragédie, accueillant soudain en elle une grâce qu’elle n’espère plus. Comme une star du cinéma muet, aussi : on dirait Lillian Gish dans certains mélos de Griffith. La beauté à l’état pur... Durant le long temps que dure ce plan magnifique, on contemple cette femme en détresse, éclairée par la lumière des cierges et un choeur de voix qui semblent, un instant, l’apaiser... (…) — Avec l’aide de son chef opérateur, Darius Khondji, James Gray transforme New York en décor d’opéra Etats-Unis – 2013 / Durée : 1h57 ocre et sombre. Ellis Island, lieu d’espoir des immiScénario : James Gray, Richard grés, devient un château maléfique à la Dumas. Menello Toute cette noirceur est bousculée, niée, annihiPhotographie : Darius Khondji lée par celle dont James Gray fait son héroïne, au Musique : Chris Spelman sens le plus noble du terme. Son porte-parole. Et avec : Marion Cotillard / Joaquin une source d’espoir : celle qui, par sa douceur sans Phoenix / Jeremy Renner / limites, résiste à l’infamie. Une guerrière. Et une Dagmara Dominczyk lumière devant laquelle le Mal s’efface, interloqué. Pierre Murat Télérama – 27 novembre 2013

Sélection officielle, Festival de Cannes 2013


Tonnerre de Guillaume Brac

Un rockeur trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession…

SORTIE NATIONALE

EXCLU sivité

Du 12 au 18 février

Du 12 au 25 février

Ida

de Pawel Pawlikowski Pologne, 1962. Avant de prononcer ses voeux, une jeune orpheline élevée au couvent part enquêter sur ce qui est arrivé à sa famille sous l’occupation nazie. Elle est aidée de sa tante, une juge communiste, seul membre de sa famille encore en vie.

Alors que les films précédents de Brac se référaient de manière assez évidente aux réalisations de Rohmer et de Rozier, ce premier long semble davantage s’éloigner de ces modèles pour trouver une voie plus personnelle, à mi-chemin entre le film d’auteur à la française et des références aux films de genre, notamment par l’introduction d’éléments tirés du polar. Outre des qualités d’écriture indéniables, Tonnerre bénéficie surtout de la contribution d’acteurs exceptionnels au premier rang desquels l’excellent Vincent Macaigne. Plus intériorisé que dans ses précédentes créations, l’acteur se love dans la psychologie torturée d’un homme qui n’a pas fait le deuil d’un passé chahu— té avec son père et qui cherche à se perdre dans une sentimentalité exacerbée avec une jeune fille indécise France – 2013 / Durée : 1h40 (convaincante Solène Rigot). On retrouve également Scénario : Guillaume Brac, avec bonheur Bernard Menez. Il incarne ici à la fois la Hélène Ruault vieillesse, mais aussi une certaine sagesse qui vise à Photographie : Tom Harari prendre ce qu’il y a de mieux dans la vie, au lieu de se Montage :Damien Maestraggi morfondre dans un passé n’apportant que souffrance Musique : Rover et remords. Il est donc à la fois l’élément comique du avec : Vincent Macaigne / Solène film (ses récitations des vers de Musset à son chien, Rigot / Bernard Ménez friand de poésie, sont à se tordre de rire), tout en étant aussi la voix de la sérénité qui fait tant défaut au perSélection officielle, Festival de Locarno 2013 sonnage principal. (…)

L’image est belle comme une photo. Celle d’une petite nonne aux yeux noirs, consolant sa tante dont on vient d’apprendre la blessure intime. Bien d’autres instantanés restent en mémoire après la projection d’Ida, tant les plans sont beaux, ouatés par un noir et blanc dont on admire les mille nuances. Ida n’est pas seulement une réussite esthétique : le film de Pawel Pawlikowski, qui a tendance à rafler des prix dans tous les festivals où il est présenté, réussit à faire d’un sujet âpre un histoire simple et émouvante, dans un monde qui paraît à la fois très loin et très proche.

Virgile Dumez avoir-alire.com – janvier 2014

Jennifer Lesieur Metronews.fr – 20 décembre 2013

Ce monde, c’est la Pologne communiste des années 60. Ida, une jeune nonne orpheline, s’apprête à prononcer ses vœux. Alors qu’elle se croyait sans famille, elle rencontre une tante qui lui apprend que ses parents étaient juifs. Cette tante, juge à la retraite qui boit, fume et sort pour noyer son malheur, l’emmène dans son village natal pour chercher ce qui est arrivé à sa famille pendant la guerre. Avec trois fois rien – des plans muets, un morceau de Coltrane, une simple phrase -, une tendresse pudique rapproche Ida et Wanda. Alors que la triste vérité sort littéralement de terre, la jeune fille découvre pour la première fois la vie hors du couvent. (…)

— Pologne – 2013 / Durée : 1h19 Scénario : Pawel Pawlikowski, Rebecca Lenkiewicz Photographie : Lukasz Zal, Ryszard Lenczewski Montage : Jaroslaw Kaminski avec : Agata Kulesza / Agata Trzebuchowska / Dawid Ogrodnik Prix Fipresci, Festival de Toronto 2013 Grand Prix aux Festivals de Londres 2013 et Varsovie 2013


Only Lovers left alive de Jim Jarmusch

Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite soeur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. — (…) Jarmusch est parti d’une idée géniale : Adam et Eve ont survécu en devenant des vampires qui vivent parmi les humains (la nuit seulement, bien sûr) depuis deux mille ans. Ils ont tout connu, le Moyen Âge, la peste, les révolutions, et le film nous les présente aujourd’hui, à l’heure de la mondialisation néo-libérale. Ce couple de succubes a les traits magnifiques de la minérale et pâle Tilda Swinton et la silhouette romantique noire de Tom Hiddleston, entre rocker shelleyien et dandy fin de siècle. Pour survivre, ils ont besoin de leur dose quotidienne de sang, groupe O négatif, qu’ils ingèrent dans de jolis verres à liqueur façon porto millésimé.

Allemagne, Grande-Bretagne, France, Chyptre – 2013 Durée : 2h03 Scenario : Jim Jarmusch Photographie : Yorick Le Saux Montage : Affonso Goncalves Musique : Jozef Van Wissem

SORTIE NATIONALE

SORTIE NATIONALE

Du 19 février au 4 mars

Du 26 février au 11 mars

Week-ends d’Anne Villacèque

Un rien suffit parfois à gâcher un week-end à la campagne. Un simple malentendu sur un parking de supermarché, un mauvais réflexe, et voilà que tout se détraque. Rien ne va plus pour Christine. Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises... Karin : Une comédienne comme Karin, c’est une immense réserve d’énergie et de conviction pour un film. C’est surtout, au-delà du talent, une vérité humaine de ce qu’on a imaginé et qui paraissait inouï, extravagant, peut-être même invraisemblable, mais qui prend corps tout à coup, là, devant vos yeux. Elle a donc rendu le film possible. Noémie : Il faut beaucoup de douceur et de patience pour l’approcher, l’entrevoir vraiment, on n’est jamais certain d’avoir réussi à le faire. Mais elle a ce charme-là. Un charme très puissant, allié à une intelligence aigüe du cinéma.

avec : Tom Hiddleston / Tilda Swinton / Mia Wasikowska

Ulrich  : Peu à peu, il a pris de l’ampleur, naturellement, sans forcer, sans jamais chercher à s’imposer.

Sélection officielle, Festival de Cannes 2013

Jacques  : D’une certaine manière, si je me projette dans le film, je suis évidemment amoureuse de ce personnage. Donc, j’ai demandé ça à Jacques : faire en sorte qu’on puisse être amoureuse de lui. Je lui ai demandé sans lui demander, mais il a parfaitement compris ma demande inexprimée.

Only Lovers Left Alive est un beau film lent, un voluptueux breuvage romantique infusé d’humour et de fétichisme rock’n’rollien. Grand film ? Non, mais peut-être mieux que ça : film élégamment griffé Jarmusch, belle morsure contagieuse. Serge Kaganski Les Inrockuptibles – 25 mai 2013

Anne Villacèque

France – 2014 / Durée : 1h30 Scénario : Anne Villacèque, Sophie Fillières, Gilles Taurand Photographie : Pierre Milon Montage : Nelly Quettier avec : Karin Viard / Noémie Lvovsky / Jacques Gamblin / Ulrich Tukur


Goltzius et la compagnie du Pélican de Peter Greenaway

Danemark. 16e siècle. Hendrik Goltzius est un célèbre peintre et graveur d’oeuvres érotiques. Il aimerait ouvrir une imprimerie pour éditer des livres illustrés. Il sollicite alors le Margrave (Marquis) d’Alsace et lui promet un livre extraordinaire avec des images et des histoires de l’Ancien Testament regroupant les contes érotiques de Loth et ses filles, David et Bethsabée, Samson et Dalila, Saint Jean-Baptiste et Salomé. Pour le séduire davantage, il lui offre alors de mettre en scène ces histoires érotiques pour sa cour. Entretien avec Peter Greenaway (extrait)

De Meurtre dans un jardin anglais à Goltzius et la Compagnie du Pélican, les artistes peintres hantent vos films, pourquoi ? J’ai toujours été fasciné par les peintres et les créateurs d’images. Je peignais avant de mettre en scène des films et aujourd’hui encore je peins, mais j’ai toujours été frustré par la peinture car elle ne comporte pas de bande son. En — réalisant des films, je voulais faire des peintures musiPays-bas, Royaume-Uni, France, cales, ce qui serait une de mes définitions du cinéma. Croatie – 2012 / Durée : 1h56 Malheureusement, le cinéma est devenu un art essenScénario : Peter Greenaway tiellement textuel. Il est impossible de trouver un film Montage : Elmer Leupen Musique : Marco Robino qui aurait pour point de départ autre chose que du texte. Que vous vous appeliez Almodóvar, Eisenstein ou avec : F. Murray Abraham / Ramsey Nasr / Kate Moran / Godard, c’est la même chose. C’est tragique pour un méPippo Delbono dium dont la matière première est l’image.

SORTIE NATIONALE

EXCLU sivité

Du 19 au 25 février

Du 26 février au 4 mars

Abus de faiblesse de Catherine Breillat

Victime d’une hémorragie cérébrale, Maud, cinéaste, se réveille un matin dans un corps à moitié mort qui la laisse hémiplégique, face à une solitude inéluctable. Alitée mais déterminée à poursuivre son projet de film, elle découvre Vilko, arnaqueur de célébrités, en regardant un talk-show télévisé. Son arrogance crève l’écran avec superbe : Maud le veut pour son prochain film. Ils se rencontrent. Il ne la quitte plus. Elle aussi, il l’escroque et lui emprunte des sommes astronomiques. Il lui prend tout mais lui donne une gaieté et une sorte de chaleur familiale. « Abus de faiblesse n’a rien d’un exutoire pour moi, contrairement à ce que certains ont pu croire. Je n’ai pas besoin de ça. Pour moi, je le répète, c’est un film comme les autres. D’ailleurs, sur le plateau, je disais toujours «Elle» et «Lui» pour parler des deux personnages principaux. Jamais «Moi». Ça c’est complètement tabou. Je n’aurais pas pu le supporter. Maud, c’est évidemment moi. Mais dans tous mes films, il y a de moi. » « Cela faisait longtemps que j’avais envie de travailler avec Isabelle Huppert. Je trouve qu’au-delà de son immense talent, elle a ce double aspect intellectuel et enfantin qui correspondait parfaitement au personnage de Maud. » «  Pour tous ceux qui me connaissent, Abus de faiblesse est violent. Mais moi, je m’en prends moins dans la figure qu’eux. Parce que je fais un film. Parce que je raconte Maud et pas moi. » Catherine Breillat

France, Belgique, Luxembourg – 2013 / Durée : 1h44 Scénario : Catherine Breillat Montage : Pascale Chavance Musique : Didier Lockwood avec : Isabelle Huppert / Kool Shen / Laurence Ursino / Christophe Sermet


sam.22 fev.

En avant-programme de The lunchbox Mer 5/02 : 20h30, Ven 7/02 : 18h30, Sam 8/02 : 20h30

La Carte

DE Stéfan Le Lay / Durée : 7mn40

Un jeune homme qui vit dans une carte postale en couleur tombe amoureux d’une jeune femme qui vit dans une carte postale en noir et blanc. Il est prêt à tout pour la rejoindre et rester avec elle.

En avant-programme de Tonnerre Jeu 13/02 : 20h15, Sam 15/02 : 18h, Mar 18/02 : 20h

La Quarantième marche DE Nicolas Saada / Durée : 6mn

Un fugitif se retrouve malgré lui invité surprise d’une réunion politique. Acculé, traqué, il s’improvise leader charismatique d’un soir.

En avant-programme de Les amis animaux Sam 22/02 : 15h, Dim 23/02 : 16h30, Mar 25/02 : 15h45

Le Moineau qui ne sait pas siffler DE Siri Melchior / Durée : 5mn

Au pays des couleurs, tout le monde sait siffler. Tout le monde, sauf un petit moineau, incapable de produire le moindre son.

En avant-programme de Week-ends Mer 26/02 : 20h30, Sam 1/03 : 20h30, Dim 2/03 : 18h

Ya Basta

DE Sébastien Rost et Gustave Kervern / Durée : 11 mn

Un centre d’éducation spécialisé va fermer ses portes. Des handicapés mentaux aidés par leurs éducateurs, vont alors prendre leur destin en main !

le jeune public

les courts métrages

Ciné goûte r

Du 19 février au 4 mars

Du 12 au 25 février

Le Piano Les amis animaux magique Programme de trois courts-métrages d’animation de Eva Lindström

Un trait naïf, une nature luxuriante, des histoires parfois espiègles ou fantastiques... des films pour les tout-petits par une grande illustratrice scandinave. une journée chez les oiseaux Deux jeunes oiseaux, munis de leur filet à papillons, partent à la chasse aux insectes. Ils s’éloignent de la maison et se perdent dans les bois. La nuit tombe, ils ont un peu peur... Je fugue Un agneau s’ennuie dans sa prairie et franchit la clôture pour fuguer. Hébergé chez Monsieur Martre, il se demande si quelqu’un va finir par s’inquiéter de son absence. Mon ami Louis Louis le hibou se lie d’amitié avec une jeune femme avant de rencontrer Jérôme, un autre hibou pas très recommandable.

Suède – 2013 Durée : 36mn à partir de 3 ans

Programme de trois courts-metrages où les univers melodieux de Chopin et Beethoven s’animent pour les enfants.

Les Demons de Ludwig de Gabriel Jacquel Un homme monte sur scène, s’assied sur son tabouret face au piano, et s’apprête à jouer. C’est Beethoven. Les deux compères Recto et Verso viennent très vite prendre possession du clavier et perturber la prestation du grand maestro.… Pl.ink ! d’Anne Kristin Berge Un peintre d’art abstrait ressent le besoin de se détendre. Son jeune enfant l’aide en l’entraînant, comme dans une montagne russe, à l’intérieur de ses propres tableaux. Le Piano magique de Martin Clapp Alors qu’elle souhaite rejoindre son père, Anna découvre un piano brisé qui se transforme, comme par enchantement, en un engin volant. Accompagnée de son cousin, elle grimpe sur le piano magique qui les emmène en voyage aux quatre coins de l’Europe.

Durée : 47mn à partir de 6 ans


SPECTACLEs

Samedi 8 février 19h

cinéma

Le Tour des Babils

Spectacle musical pour petites et grandes oreilles (tout public à partir de 6 ans) Direction musicale Geoffroy Jourdain Mise en scène Nicolas Vial Avec douze chanteurs des Cris de Paris

A

Jeudi 13 février 20h30

Vendredi 14 février 19h

Um Kulthum, Tu es ma vie !

Texte et mise en scène Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre

E

Théâtre irruptionnel

Avec le soutien exceptionnel de La Fondation Orange, du FCM, de l’Adami, de la Sacem, de Musique Nouvelle en Liberté et de l’Onda.

nfant, ma mère écoutait en boucle les disques de la chanteuse égyptienne Um Kulthum et je détestais ça ! Plus tard, j’apprenais que ma mère âgée de dix-neuf ans s’était fiancée avec un cousin lointain pour la seule raison qu’il avait en sa possession deux places pour le concert que donnait Um Kulthum à Tunis cet été là. Séparée du cousin par la foule qui tentait de forcer l’entrée du stade, ma mère n’a jamais pu assister au récital de son idole. Dix ans après, à Paris, mon père (qui n’est pas le cousin lointain) réussit à lui obtenir des billets pour l’unique concert événement que donna Um Kulthum à l’Olympia. Une semaine avant le concert, la soeur de ma mère débarque de Tunisie enceinte de son deuxième enfant. Le jour du concert à 16h50, la soeur de ma mère perd les eaux. Suite à une commande du Théâtre de l’Est Parisien en 2000 sur le thème « Femmes et Pouvoir », j’ai écrit une courte pièce intitulée Un mouchoir blanc dans la main. Le texte retrace le périple d’une jeune fille dans les années soixante qui se rend à un concert d’Um Kulthum. Huit ans plus tard, grâce à une Villa Médicis Hors les murs au Caire, je pars sur les traces de la diva égyptienne pendant trois mois et j’en reviens avec un autre texte Tu es ma vie qui dresse un portrait en creux du mythe à travers les regards d’égyptiens d’aujourd’hui. Le spectacle est la rencontre de ces deux textes.

Tarifs de 6€ à 10€

Tarifs de 14€ à 30€

vec Le tour des babils, Les Cris de Paris s’appuient sur leur virtuosité vocale pour faire découvrir aux grands et aux petits un monde pas si différent du nôtre mais où la parole a été remplacée par la musique, les cris, les hop, les gloups, les zou.. et autres hein, bof, boum et patatatras. La musique ? Des créations vocales de David Colosio complétées par des pièces composées par Giacinto Scelsi, Clément Janequin, Georges Aperghis, Kurt Schwitters, Hans Schanderl, William J. Schinstine… Un univers sonore singulier où les musiques se mêlent et font écho aux tics de langages et aux onomatopées;

Durée : 1h

Durée : 1h30


SPECTACLEs

Mardi 18 février 20h30

Tragédie

Chorégraphie : Olivier Dubois Un poème chorégraphique pour 18 danseurs

F

aire l’expérience d’une humanité aveuglante, éblouissante...assourdissante. Ne plus distinguer les corps pour qu’affleurent de ces masses en mouvement, des élans archaïques. Avec Tragédie, Olivier Dubois, nous propulse dans une « sensation du monde » plus qu’une pièce chorégraphique. Le simple fait d’être homme ne fait pas Humanité, voilà la tragédie de notre existence. Car ce n’est que d’entre les corps, d’entre les pressions telluriques nées du pas de chacun et de par nos engagements conscients et volontaires que surgira cette humanité. Surexposés dans leur nudité, pour mieux incarner cette évidente variation anatomique, neuf femmes et neuf hommes proposent un état de corps originel, une sollicitation de leur genre humain débarrassé des troubles historiques, sociologiques, psychologiques... et permettre in fine un chœur tel un chant/corps glorieux. Ces femmes et ces hommes se fondent, disparaissent ; le frottement de leurs engagements crée le fracas. Une faille s’ouvre et laisse entrevoir dans ce tumulte tellurique, la précieuse transcendance d’une communauté humaine. Renan Benyamina

Jeudi 20 février 20h30

Vendredi 21 février 19h

Le Lait et le miel

texte et mise en scène : Nicolas Kerszenbaum avec la complicité de Jeanne Favret-Saada La Compagnie Franchement, Tu

C

’est l’histoire d’une jeune femme qui, pour découvrir qui elle est, s’installe dans un kibboutz du Neguev. C’est aussi l’histoire d’un pays, Israël, une histoire pleine d’idéaux, de violences et de contradictions. C’est l’histoire d’une rencontre entre cette jeune femme, ce pays et quelques fantômes. C’est une histoire d’amour et de colère qui trébuche sans cesse. Inspiré par les trois mois que Nicolas Kerszenbaum a passés dans des kibboutzim au printemps 2011, et par la correspondance qu’il y a entretenue avec l’ethnologue Jeanne Favret-Saada, Le lait et le miel est une fiction documentaire qui parle d’Israël, d’utopies et d’identités - mais qui, surtout, parle des choix qui nous forgent, et nous font tels que nous sommes.

Festival d’Avignon 2012

Tarifs de 14€ à 30€ Durée : 1h30

Tarifs de 11€ à 20€ Durée : 1h30


février 2014

— N° 263 —

du 5 au 11 février les jours heureux the lunchbox 12 years a slave nymphomaniac (1)

mer. 5

jeu. 6

** 15h30 / 20h30* 14h / 20h

20h

ven. 7

sam. 8

dim. 9

14h30

14h45

16h15

*

18h30

16h30 / 19h

21h

18h

21h15

16h30

18h30

19h30 17h15

20h 18h

the immigrant

20h

lulu femme nue

du 12 au 18 février nymphomaniac ( 2)

14h / 16h

15h45

20h30

18h45

18h

mer. 12

jeu. 13

ven. 14

sam. 15

dim. 16

LUN. 17

20h

18h

17h

20h

19h30

18h

tonnerre

16h30

ida

18h30

les amis animaux

20h15

*

16h30

19h15 21h

15h / 15h45

du 19 au 25 février

mer. 19

only lovers left alive

15h30 / 18h / 20h15

*

21h15

17h30 / 20h

16h30 / 18h

18h30 / 20h30

16h / 18h

15h / 1 5h45

16h30 / 17h15

MAR. 18

*

20h 20h15

18h

jeu. 20

ven. 21

sam. 22

dim. 23

LUN. 24

MAR. 25

16h

17h / 21h

15h45 / 18h / 20h15

16h / 18h15 / 20h30

15h45 / 18h / 20h

18h / 20h15

17h30

20h15

20h15

18h30

16h / 19h45

17h15 / 18h45

18h30

16h30 / 20h45

20h

goltzius

MAR. 11

15h45/ 20h30

vol spécial

18h15

ida

19h15

les amis animaux

*

*

15h

16h30

*

15h45

le piano magique

14h30

14h45

15h30

14h45

14h45

du 26 février au 4 mars

mer. 26

jeu. 27

ven. 28

sam. 1er mars

dim. 2

LUN. 3

MAR. 4

14h45

15h

16h

15h

14h45

14h45

le piano magique only lovers left alive abus de faiblesse

cinéma

*

20h30

17h30

lun. 10

week-ends

15h45 / 18h / 20h15

18h

18h45 / 21h

18h

15h30 / 18h15 / 20h30

15h45 / 18h / 20h30

15h45 / 18h15 / 20h30

18h30

16h / 20h15

18h30 / 20h30

20h

16h / 20h

20h15

18h

18h30 / 20h30

17h

16h / 18h30

16h / 20h

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20h30

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16h / 18h15 / 20h30

Gilles Perret * séance précédée d’un court-métrage / ** rencontre publique avec Conception graphique : BANG / Réalisation : S. Bourdin / Imprimé sur les

Mensuel cinéma du Moulin du Roc, Scène Nationale de Niort. 9 boulevard Main CS 18555 - 79025 Niort Cedex / Tel : 05 49 77 32 30 www.moulinduroc.asso.fr / contact@moulinduroc.asso.fr Rédaction et choix des textes : Jacques Morel, Marc Lanel / Directeur de la publication : Paul-Jacques Hulot.

presses de Raynaud Imprimeurs sur papier Magno satin, en 6000 ex.

*

18h

Les salles de cinéma du Moulin du Roc sont classées Art et Essai avec les labels «Recherche et Découverte» et «Jeune Public». Le Moulin du Roc est adhérent de l’ACOR, de l’AFCAE, de l’ACID, de l’ADRC, de l’Agence du Court-Métrage et de l’AFCA. I.S.S.N.1161 - 7799 . Licences spectacles n°1-1061165/ n°2-1061166/ n°3-1061167


05.02 au 04.03 2014