Page 1

photo du film Saudade

salle Jacques Tati

programme du 7 novembre au 4 décembre 2012

le théâtre scène nationale de Saint-Nazaire


calendrier semaine du 7 au 13 novembre

jeudi 8

vendredi 9

samedi 10

dimanche 11

Tex Avery Follies (VO)

18h30

-

-

-

Sideways (VO)

-

21h

-

To be or not to be (VO) L’esprit du vin

20h15

-

-

-

18h

-

19h30 + débat

-

semaine du 14 au 20 novembre

vendredi 16

samedi 17

dimanche 18

César doit mourir (VO)

16h et 20h

18h et 21h30

15h et 18h30

semaine du 21 au 27 novembre

mercredi 21

Damsels in distress (VO)

18h et 21h30

16h et 19h30

15h30 et 20h

16h30 et 20h15

vendredi 23

samedi 24

dimanche 25

Soirée Enfance et Famille : 20h30 Trois courts-métrages + débat

-

-

-

-

La vie sans principe (VO)

-

-

19h

-

20h

-

18h15

16h

-

-

15h

-

-

La perle (VO)

-

-

-

19h15

-

-

Saudade (VO) Bonjour (VO)

20h30 + débat

Memories look at me (VO)

-

-

-

O soma ao redor (VO)

-

-

-

John John (VO)

-

-

-

-

17h30

vendredi 30

samedi 1er

dimanche 2

Into Eternity (VO)

20h + débat

-

-

2/Duo (VO)

18h

19h15

17h et 20h45

16h

-

21h

semaine du 28 novembre au 4 décembre La pirogue

-

15h45, 17h30, 21h 15h15 et 19h

15h30

Festival des 3 continents

jeudi 22


L’esprit du vin Sideways - Le réveil mocisumdeunfitalmire comédie dramatique des terroirs do documentaire d’Olympe et Yvon Minvielle • France • 2011 • couleur • 1h30 Dans un monde où les déséquilibres « naturels » ne sont plus maîtrisés, tsunami, réchauffement climatique, vache folle, pandémie, folies de l’agrochimie, abus de pesticides, risques sanitaires…, les vignerons en biodynamie expriment par leur travail et leurs produits, une vision apaisée des temps présents, mais aussi des temps futurs, où à partir d’une question éminemment politique « Que veut dire se nourrir ? », l’humanité pourrait refonder l’idéal du vivre ensemble. Par leurs histoires, leurs pratiques et l’accumulation des savoirs d’expériences, les vignerons en biodynamie ouvrent cette voie. « Même si Mondovino, l’excellent film de Jonathan Nossiter, nous a beaucoup appris sur le monde du vin, il nous reste moult réalités à découvrir sur la question, et en particulier sur les vins issus des vignes cultivées en biodynamie. Ce sera chose faite avec le film d’Olympe et Yvon Minvielle, tous deux professionnels du vin, qui ont choisi de nous entraîner au cœur de leur passion, qu’ils partagent avec beaucoup d’autres, pour nous la faire découvrir ». La Gazette d’Utopia

film proposé dans le cadre du 30e anniversaire du Tastevin Débat à l’issue de la projection avec des vignerons présents dans le film. Un débat avec les vignerons vaut toujours le détour tant l’amour du métier et la passion sont grands chez ces hommes et ces femmes dès qu'ils commencent à parler du vin.

samedi 10 novembre

de Alexander Payne • USA • 2005 • couleur • 2h04 • VOSTF avec Paul Giamatti, Thomas Haden Church, Virginia Madsen… • Oscar du Meilleur scénario adapté Meilleure comédie et Meilleur scénario - Golden Globes 2005

Miles, un écrivain raté récemment divorcé, et son ami Jack, un acteur sur le point de se marier, décident de faire la route des vins dans la vallée de Santa Ynez, en Californie. Aussi différents que proches, ils n’ont en commun que les ambitions déçues et l’inquiétude face au temps qui passe. De dégustation en dégustation, Miles et Jack se noient dans l’amour du divin nectar et des femmes. Jack tombe sous le charme de Stéphanie, une séduisante serveuse, et met en péril son futur mariage. Miles, lui, entame une liaison avec Maya, sommelière. L’heure des remises en cause a sonné. Alors que la fin du voyage et le mariage approchent, Miles et Jack sont de moins en moins sûrs de vouloir rentrer. Se pose alors la seule vraie question qui vaille : quelle vie choisir ? « Un road-movie au charme fou, très drôle. (…) Boire, parler, et encore boire, avec des rencontres de passage. Depuis quand ca suffit à faire un très bon film américain, subtilement politique ? Depuis Alexander Payne, qui dose admirablement la comédie de moeurs, la satire et la romance ». Elisabeth Quin – Elle

film proposé dans le cadre du 30e anniversaire du Tastevin

vendredi 9 et dimanche 11 novembre

Tex Avery Follies 12 courts métrages d’animation de Tex Avery • USA • 1943-1964 • couleur • 1h20 • tout public à partir de 10 ans Vision burlesque de la condition humaine poussant l’absurde jusqu’au délire, le non-sens jusqu’au surréalisme et le gag jusqu’au cauchemar, Tex Avery Follies est un programme de douze dessins animés inédits du plus caustique maître du genre. Du Bébé taxi au Lion flagada en passant par Le Petit Chaperon Rouge chauffé à blanc, les films de Tex Avery bouleversent le cadre normal de l’animation. « Tex Avery a été le Fantôme du dessin animé, une supposition hasardeuse, un point d’interrogation majuscule et le plus évasif des hommes célèbres. Pour ses contemporains très immédiats, il a vraiment été l’une des légendes les plus tenaces et les plus extraordinaires de l’animation moderne. Poussant l’absurde jusqu’au délire, le non-sens jusqu’au « merveilleux » surréaliste et le gag jusqu’au cauchemar, rejetant superbement tout prétexte rationnel pour assaillir l’écran et le spectateur, comme d’autant de gifles lumineuses, de mille inventions éclairs, élevant la bataille de tartes à la crème à un niveau cosmique, et finalement retournant le pouvoir corrosif du gag contre lui-même, cette œuvre fait fatalement apparaître les autres comme conformistes ou, au mieux, comme simples préludes à ces magnifiques orgies. (…) ». Robert Benayoun, Le mystère Tex Avery, Point-Virgule, Seuil 1988

séance publique dans le cadre de Collège au cinéma

jeudi 8 novembre


To be or not to be comédie d’Ernst Lubitsch • USA • 1942 • noir et blanc • 1h39 • VOSTF avec Carole Lombard, Jack Benny, Robert Stack, Félix Bressart, Sig Ruman… Varsovie, 1939. La troupe du Polski Theatr, menée par Joseph et Maria Tura, répète Gestapo, une création antinazie. Mais la censure ayant interdit la pièce, elle s’en tient à Hamlet. Or, chaque soir, au grand désarroi de Joseph, alors qu’il entame d’un air pénétré son grand monologue (« To be or not to be… »), un jeune spectateur des premiers rangs quitte ostensiblement son fauteuil. Le colonel Sobinski, un bel aviateur, profite en réalité du moment le plus propice pour aller rejoindre Maria dans la loge conjugale. Sur ces entrefaites, la Wehrmacht envahit la Pologne et Sobinski s’engage dans un escadron britannique de la R.A.F., qui le parachute dans le pays occupé pour traquer un espion nazi. De leur côté, les acteurs de la troupe oublient leurs différents pour se lancer, eux aussi, dans la résistance... « To be or not to be, chef-d’œuvre d’Ernst Lubitsch, sort en 1942 au moment où les États-Unis en sont au maximum de leur effort de guerre. Il s'agit bien, pour les personnages, de vie ou de mort – « être ou ne pas être » -, mais aussi d’être et de paraître : Lubitsch jubile à tromper le spectateur avec son théâtre dans le théâtre. Il ménage éclats de rire et suspense, mêle le vaudeville au film d’espionnage et de propagande antinazie, le tout généreusement nappé d’humour juif. Cinéma sur Arte

César doit mourir

Damsels in distress

docu/fiction de Paolo et Vittorio Taviani • Italie • 17 octobre 2012 • couleur et noir et blanc • 1h16 • VOSTF avec Cosimo Rega, Salvatore Striano, Giovanni Arcuri… • Ours d’Or / Festival de Berlin 2012

comédie de Whit Stillman • USA • octobre 2012 • couleur • 1h39 • VOSTF avec Greta Gerwig, Carrie MacLemore, Megalyn Echikunwoke…

- David du Meilleur Film David di Donatello 2012

Théâtre de la prison de Rebibbia. La représentation de Jules César de Shakespeare s’achève sous les applaudissements. Les lumières s’éteignent sur les acteurs redevenus des détenus. Ils sont escortés et enfermés dans leur cellule. « Un vrai-faux docu-fiction, aussi bref que superbe, d’une richesse, d’une puissance et d’une densité exceptionnelles ». Christian Berger – Les Fiches du Cinéma

« Le choc émotif. C’est un des grands films de l’année qui sort aujourd’hui, sommet d’intelligence qui redonne foi en l’humain. Incontournable ». Jean Roy – L’Humanité

« Le film propose (…) une magnifique étude de visages, de corps, d’accents et de manières de s’exprimer, et c’est à travers ce processus (…) que le matériau théâtral se transmute en matière de cinéma ».

Portrait d’un groupe d’étudiantes sophistiquées. Heather, Violet et Rose, sont obsédées par la mode, l’hygiène et la danse. Elles sont bien décidées à prodiguer leurs conseils à Lily, fraîchement arrivée à l’université... « Quinze ans d’absence pour une joie à l’égal de celle qui traverse son nouveau film : il faut absolument redécouvrir le cinéaste new-yorkais Whit Stillman dont la comédie est un avion voltigeur, insaisissable qui se fait écrin au talent d'acteurs qu'il valorise avec un amour contagieux ». Sophia Collet – Critikat.com « (…) le maître de la comédie spirituelle revient dans une forme étincelante ». Jacky Goldberg – Les Inrockuptibles

« Whit Stillman s’est lancé un défi de taille. Et il l’a relevé avec grâce, par une subtile alchimie entre le ton, solennel et distancié, et l’incarnation, très charnelle, qui doit autant à ses actrices (…) qu’à un emploi raffiné de la lumière, des couleurs, de la musique et de la danse ». Isabelle Regnier – Le Monde

Serge Kaganski – Les Inrockuptibles

séance publique dans le cadre de Lycéens au cinéma

jeudi 8 et dimanche 11 novembre

du vendredi 16 au dimanche 18 novembre

du vendredi 16 au dimanche 18 novembre


Festival des 3 continents

Trois courts-métrages traitant du passage à l’âge adulte dans le cadre de la semaine internationale des droits de l’enfant proposés en partenariat avec Enfance et Famille.

du 20 au 27 novembre à Nantes, La Turballe, Le Pouliguen et Saint-Nazaire

bébé. Malgré la présence de son amie Juliette, elle sombre peu à peu dans l’isolement, consciente de la violence tapie derrière son épuisement. Claire reprend contact avec sa mère, qu’elle n’a pas vue depuis des années.

Tête à tête Les paradis perdus court-métrage de Hélier Cisterne • France • 2008 • couleur • 30’ avec Julie Duclos, Philippe Duclos, Marie Matheron Mai 68, une nuit, Isabelle, jeune lycéenne rentre chez elle sous le choc. Ses parents, dépassés, décident de l’emmener à la campagne pour fuir les troubles parisiens. Le lendemain, Isabelle n’a qu’une idée en tête, rejoindre Paris. Elle ne sait pas encore qu’elle prend une tout autre direction.

court-métrage de Virginie Boda • France • 2011 • couleur • 18’ avec Marvin Benhaim, Grégory Boussaud, Geromine Gouleau, Vanessa David La semaine à bosser au garage, à s’occuper de ses frères et soeurs comme s’il était leur père, c’est le quotidien de Greg, dix sept ans. Alors quand arrive le dimanche, il s’offre une journée à la mer avec sa copine. Il fait beau, ils sont amoureux, la journée commence comme un rêve... Un film tourné à Saint-Nazaire et sur la Presqu’île.

L’enfant Do

court-métrage de Sonia Larue • France • 2010 • couleur • 22’47 avec Julie Henry, Sandrine Bodénès, Erika Vandelet… Claire, une jeune mère célibataire, vit avec désarroi le tête à tête avec son

Chaque année depuis 1979, à la fin du mois de novembre à Nantes, le Festival des 3 continents propose des films de fictions et documentaires, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Cette spécialisation géographique, pionnière en son temps, ne résume pas l’identité du Festival : elle est une des formes de ce qui l’anime et le distingue : la passion et la curiosité, le goût de la découverte et des rencontres, l’amour des films du Sud et la volonté de les servir.

Pour l’édition 2012, autour d’une compétition internationale présentant 10 films inédits en France ou en Europe, le Festival des 3 Continents invitera aussi ses spectateurs à s’aventurer sur les terres du cinéma de genre hongkongais avec 18 films de la Milkyway Image (Johnnie TO), à découvrir l’un des plus importants cinéastes japonais des années 80-90 à travers l'intégrale de l’œuvre de Shinji Somai. Un programme transversal mêlant les époques et les latitudes, fictions, documentaires et animations permettra aussi de voir comment on vit la ville de par le monde. Enfin à travers quelques films rares voire quasiment invisibles, le Festival rendra hommage à Serge Daney, immense figure de la critique, disparu il y a 20 ans et lié dès son origine au Festival.

Débat après la projection avec les réalisatrices Sonia Larue et Virgine Boda et des professionnels d’Enfance et famille.

Comme l’an passé, les salles Jacques Tati (St-Nazaire), Pax (Le Pouliguen) et Atlantic (La Turballe) s’associent au festival en accueillant un choix de films dans chacune des sélections.

mercredi 21 novembre

du vendredi 23 au dimanche 25 novembre


John John

Vivre la

La vie sans principe

ville

drame de Brillante Mendoza • Philippines • 2008 • couleur • 1h38 • VOSTF avec Kier Alonzo, Cherry Pie Picache, Eugene Domingo, Jiro Manio… Dans un quartier pauvre de Manille, Thelma est chargée par un service social local d’élever des enfants abandonnés avant leur adoption officielle. Aujourd’hui, John John, l’enfant élevé par Thelma depuis 3 ans, doit être remis à ses parents adoptifs américains. À mesure que la journée passe, chaque moment avec le petit garçon devient de plus en plus précieux. La caméra de Mendoza, proche des corps, forme des trajets incessants dans les rues de la capitale philippine, et capte une réalité sociale dans sa forme la plus brute, donnant en regard les inégalités et les interdépendances des classes, si proches géographiquement, et pourtant si éloignées dans le quotidien. « John John est une claque d’une grande douceur à l’impact néanmoins net et sans bavure (…) un beau méodrame politique ». Serge Kaganski – Les Inrockuptibles

« Le choix de la fiction tout autant que le parti pris réaliste permettent à Brillante Mendoza de cristalliser les éléments matériels et affectifs en jeu tout en laissant la part belle à l’indicible ».

Bonjour

ville Vivre la

comédie dramatique de Yasujir Ozu • Japon • 1959 • couleur • 1h34 • VOSTF avec Koji Shidara, Masahiko Shimazu, Chishû Ryû… Minoru et Isamu vivent avec leurs parents dans la banlieue de Tokyo. En rentrant de l’école, ils aiment s’arrêter chez un voisin qui a la télévision pour regarder des matchs de sumo. Leurs parents, mécontents, leur interdisent d’y retourner, mais comme les deux enfants s’obstinent à vouloir une télévision, ils leur demandent de se taire. Les enfants les prennent au mot et entament une grève de la parole.

Bonjour est l’un des films les plus drôles d’Ozu, grand cinéaste du Japon moderne. Citant directement les films de Jacques Tati (notamment par la musique et les décors symétriques), il dépose les motifs de la modernité avec une subtilité qui soustrait le film du discours engagé ou accusateur.

projection suivie d’un débat avec l’association Version Originale, vendredi 23 novembre à 20h30

Dominique Widemann – L’Humanité

pective Rétros y Image a Milkyw o fast «G ative » and cre

policier de Johnnie To • Hong Kong • juillet 2012 • couleur • 1h47 • VOSTF avec Lau Ching-wan, Terence Yin, Ritchie Ren, Denise Ho… Teresa, employée de banque ordinaire, incite ses clients à faire des investissements risqués pour remplir ses objectifs financiers. Panther, escroc à la petite semaine, plonge dans le monde de la spéculation boursière dans l’espoir de gagner facilement de l'argent pour payer la caution d’un de ses amis qui rencontre quelques soucis avec la justice. Enfin, l’inspecteur Cheung est un flic honnête. Jusque-là satisfait de son modeste train de vie, il a tout à coup un besoin d’argent criant lorsque sa femme verse un acompte pour acheter un appartement luxueux au-dessus de leurs moyens. Tout sépare ces trois personnages jusqu’à ce que leur rapport à l’argent – et un mystérieux sac contenant cinq millions de dollars volés – les poussent à prendre des décisions cruciales malgré leurs cas de conscience. Trois vies bouleversées par le monde turbulent de Hong Kong, en plein marasme économique et financier. « Si le sujet paraît grave, voire ambitieux, Johnnie To ne renonce pas à une certaine manière ludique de raconter des histoires. (…) On pourrait dire de son nouveau film que ce n'est plus seulement le cinéma qui est traité comme un terrain de jeux mais la société elle-même ». Jean-François Rauger – Le Monde

dimanche 25 novembre (Festival des 3 continents)

vendredi 23 novembre (Festival des 3 continents)

vendredi 23 novembre (Festival des 3 continents)


La perle

age à Homm aney D Serge

mélodrame de Emilio Fernandez • Mexique • 1947 • 1h27 • noir et blanc • VOSTF avec Pedro Armendariz, Maria Elena Marqués, Fernando Wagner… • Prix de la meilleure photographie

à la Mostra de Venise 1947

Dans un petit et humble village de pêcheurs, Quino et son épouse Juana vivent dans la peur de voir mourir leur jeune fils piqué par un scorpion. Le médecin du village ne leur prêtant pas l'assistance nécessaire, l'enfant est sauvé par une guérisseuse. Soudain, Quino trouve au fond de la mer une énorme perle qui attisera toutes les convoitises. D’après La Perle de John Steinbeck. « Le Mexique a été tellement absent de nos écrans que même le nom de celui qui l'a longtemps incarné a failli être complètement effacé de la mémoire des cinéphiles. Il est grand temps de redécouvrir Emilio Fernández (19041986), dit « El Indio », de lui rendre justice dans l’évaluation de la seule chose qui compte vraiment : son œuvre. La mémoire n’existe que si on l’entretient et aucune opinion, quelle qu’elle soit, ne

garde un minimum de pertinence si on ne peut pas la confronter aux films eux-mêmes. « El Indio » Fernández reste une personnalité fascinante et déroutante.

Fernández met en scène avant tout les grandes passions, le conflit des sentiments, les oppositions éternelles (nature et civilisation, terre et humanité, vie et mort).

Dans ce qui est resté longtemps la seule étude approfondie en langue française, Raymond Borde avait cerné parfaitement quelques contradictions du personnage. Ses reproches essentiels tiennent à l’empreinte du mélodrame et du folklore et à la naïveté idéologique de « El Indio » Fernández. Aucun de ces reproches n’est déplacé : ce qui a pu changer c’est notre perception de leur importance, la valeur que nous leur accordons. Le mélodrame n’est heureusement plus connoté de manière aussi négative qu’il l’était naguère. Après la critique radicale des codes et du récit, nous sommes plus ouverts vers les conventions narratives classiques. Le mélo, en particulier, fait l’objet d’une revalorisation, dans le contexte plus général d’une réappropriation des genres. À partir de là, les deux reproches suivants, parfaitement justifiés lorsqu’il s’agissait de contester la prétendue dimension sociale, réaliste, voire même révolutionnaire des films d’Emilio Fernández, ont une portée secondaire. En effet, le mélodrame est la substance même de son cinéma (et la quintessence du cinéma mexicain). Autant reprocher à John Ford de tourner des westerns. Emilio

Il n’empêche qu’au mieux de sa forme, Emilio Fernández a été capable de mettre en scène quelques uns des films mexicains les plus originaux et expressifs, aussi bien sur le plan plastique que dramaturgique. Il avait dans les veines du sang kikapú, seule communauté indigène autorisée encore aujourd’hui à franchir librement la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Son cinéma oscille de même sans cesse entre Hollywood et la recherche d’une authenticité nationale. Formé presque sur le tas, il est un de ceux qui « nationalisent » pour ainsi dire les genres et les recettes éprouvés par le cinéma américain ». Paulo Antonio Paranaguá – Positif n° 10, 1954

samedi 24 novembre (Festival des 3 continents)


O som ao redor

tition Compétionale interna

drame de Kleber Mendonça Filho - Brésil - 2012 - couleur - 2h11 VOSTF avec Irma Brown, Sebastiao Fomiga, Gustavo Janhn • Prix de la Critique Internationale au Festival de Rotterdam 2012

La vie dans une rue de la classe moyenne dans le sud de Recife prend une tournure inattendue après l’arrivée d’une milice qui offre la tranquilité d’esprit de la sécurité privée. La présence de ces hommes apporte la tranquilité pour certains, et pour d’autres des tensions, dans une communauté qui semble craindre beaucoup. Pendant ce temps, Bia, mariée et mère de deux enfants, a besoin de trouver un moyen de régler le jappement constant du chien de son voisin. Une chronique brésilienne, une réflexion sur l’histoire, la violence et le bruit. Ici, tout est tenu dans les limites d’un quartier moderne où vit la moyenne bourgeoisie de Recife. Mais dans les relations entre les personnages, ce sont des rapports de classe et d’autorité qui perdurent, dont on se dit à l’évidence qu’ils sont un prolongement dans l’espace contemporain d’un ordre de la propriété telle qu’il s’exerçait et s’exerce encore sur la terre au Brésil.

dimanche 25 novembre (Festival des 3 continents)

Memories look at me

tition Compétionale interna

docu/fiction de Song Fang • Chine • 2012 • couleur • 1h27 • VOSTF avec Song Fang, Song Di-jin, Song Yuan, Ye Yu-zhu… • prix du Meilleur Premier Film Festival du Film de Locarno 2012

Premier film de Fang Song, ce documentaire où la réalisatrice endosse le rôle principal se déplie autour de l'espace intime et familial de l’appartement de ses parents à qui elle rend visite à Nankin. Avec autant de modestie que de précision, il fixe le temps qui file, regardant au présent dans son passé et celui de ses parents et aussi, déjà, vers un futur dont ils seront absents. « Fang Song remporte très logiquement le Léopard du meilleur premier film. Sauf que l’on aurait souhaité davantage tant Memories Look at Me dégage une maturité et une qualité cinématographiques surpassant la concurrence. Il s’agit là encore d’un film se situant à la rencontre de la fiction et du documentaire. Dans son propre rôle, la réalisatrice saisit des fragments de son retour à Nanjing, sa ville natale. Dès le premier plan, alors qu’elle se trouve dans le bus, son regard

prend en charge le récit dans une forme de dédoublement, devant – régulièrement de dos – et derrière la caméra. (…) Le film se situe au moment où le vieillissement inéluctable des parents fait qu’il va falloir s’occuper de ceux qui l’ont fait auparavant – lors d’un dialogue savoureux, Fang Song se souvient lorsqu’elle a trouvé sa mère « vieille » pour la première fois. Avec une douce lumière diaphane pour écrin, la mise en scène dégage une impression de souveraineté jamais démentie : fixité, durée, sens du cadre – les embrasures des portes et fenêtres reviennent souvent. Dans cette chronique familiale sondant les relations générationnelles avec une mélancolie subtile, on pense au grand Yasujiro Ozu, comme si ce dernier avait relevé sa caméra du tatami pour la jucher sur un pied, à mi-hauteur. Au-delà de cet héritage évident, Memories Look at Me représente plus qu’une promesse, il s’agit simplement de la découverte d’une grande cinéaste». AH – Festival de Locarno

Attention : billetterie spécifique Festival des 3 Continents. La carte 4 entrées ne pourra être acceptée. Coupon 1 entrée: 6 € (1) / 5 € (2) Carnet 5 entrées: 25 € (1) / 22 € (2) Catalogue : 5 € – Affiche : 2 € (1) tarif plein (2) tarif réduit (bénéficiaires habituels) valable au Tati, Pax, et Atlantic à toutes les séances

samedi 24 novembre (Festival des 3 continents)


2/Duo

Saudade comédie dramatique de Katsuya Tomita • Japon • 31 octobre 2012 • couleur • 2h47 • VOSTF avec Tsuyoshi Takano, Paweena Deejai, Ai Ozaki… • Montgolfière d’Or – Festival des 3 Continents 2011

Kôfu, dans la préfecture de Yamanashi. Seiji travaille sur des chantiers. Il sympathise avec Hosaka tout juste revenu de Thaïlande. Ensemble, ils passent leurs soirées dans les bars en compagnie de jeunes Thaïlandaises. Sur un chantier, ils rencontrent Takeru, membre du collectif hip-hop de la ville, Army Village. Touché par la crise économique, ce dernier chante son mal-être et sa rage contre la société. Lors d’une battle de rap, Takeru et son collectif affrontent un groupe de Brésiliens aux origines japonaises. Commence alors une « bataille des mots » sur fond identitaire. « Saudade ne se raconte pas. Long, multiple, infiniment fragmenté, accueillant plus qu’une galerie de personnages – une véritable population –, le film déborde de tous les côtés (…) Katsuya Tomita plante sa caméra dans l’angle mort de la société japonaise : ce prolétariat cosmopolite qui perturbe les repères de l’identité nationale et dont Saudade épouse la forme tentaculaire. (…) Parce qu’on ne saurait trouver moins

privilégié, moins éloigné de ses personnages que le cinéaste-travailleur Katsuya Tomita, 39 ans, salarié en semaine pour tourner ses films le week-end, Saudade n’a rien du drame social glauque auquel on pouvait s’attendre. Ouvrier du bâtiment, Tomita a utilisé ses chantiers comme décors. Kofu, il connaît : c’est sa ville natale. Les acteurs qui peuplent son film, il les a, pour la plupart, recrutés sur place. C’est dire s’il partage quelque chose de la condition de ses personnages. (…) Il s’appuie assez miraculeusement sur une forme de légèreté et une matière quotidienne : le goût des conversations, le charme des plaisanteries, l’ivresse des sorties nocturnes, bref un impérieux besoin de parler, une sorte de chaleur humaine à laquelle le récit se réchauffe constamment. À la pauvreté des moyens mis en œuvre, répond un rigoureux sens du découpage, un montage sec et une générosité de récit sans pareille. Tourner seulement le week-end, ce n’est pas anodin. Il faut abandonner un temps les personnages pour mieux les retrouver plus tard, accepter qu’une grosse tranche de vie – une semaine – s’écoule entre chaque prise. D’où, dans Saudade, cette impression qu’on suit moins les protagonistes qu’on ne prend des nouvelles d’eux, qu’on tombe sur eux à des moments de leur existence, comme on croise quelqu’un par hasard dans la rue. Le film est ainsi traversé d’un souffle biographique qui se cale sur le pouls de l’existence et évite l’effet « entonnoir » de la plupart des drames sociaux ». Mathieu Macheret – SoFilm

du jeudi 22 au dimanche 25 novembre

drame de Nobuhiro Suwa • Japon • 31 octobre 2012 • couleur • 1h30 • VOSTF avec Eri Yu, Makiko Watanabe, Kenjiro Oktani, Miyuki Yamamoto… • Prix NETPAC Festival International

du Film Rotterdam 1997 - Prix Tigres et dragons, mention spéciale FIF Vancouver 1997 Yu, vendeuse dans une petite boutique, habite avec Kei, un acteur fauché qui vit à ses crochets. Un jour, Kei propose à Yu de l'épouser. Cette demande inattendue perturbe l'équilibre du couple… Le premier long-métrage inédit en France de Nobuhiro Suwa.

« Le titre 2/Duo désigne bien sûr « deux personnes ». Mais mon intention était plutôt de signifier avec ce chiffre 2, les diverses oppositions, les duplicités qui existent dans ce film entre documentaire et fiction, abstrait et figuratif, homme et femme… Parce que je pense que le cinéma est toujours dans l’entre-deux de choses incompatibles. Dans mes films, je cherche à montrer ce qui se trouve dans cet entre-deux. Il n’y a pas de scénariste crédité au générique. Par contre, il y a un seul crédit qui rassemble casting et dialogues. Cela tient au fait que les acteurs sont les auteurs de l’intégralité des dialogues. Chaque prise a été jouée comme une expérience unique. L’équipe technique s’est très bien adaptée à la spontanéité du tournage. Plutôt qu’un film basé sur l’improvisation des acteurs, je dirais que c’est le tournage lui-même qui était une forme d’improvisation unique. Toutefois, je n’avais pas prévu de tourner le film sans scénario ». Nobuhiro Suwa

du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre


La pirogue drame de Moussa Toure • France/Sénégal • 17 octobre 2012 • couleur • 1h27 avec Souleymane Seye Ndiaye, Laïty Fall, Malamine … Un village de pêcheurs dans la grande banlieue de Dakar, d’où partent de nombreuses pirogues. Au terme d’une traversée souvent meurtrière, elles vont rejoindre les îles Canaries en territoire espagnol. Baye Laye est capitaine d’une pirogue de pêche, il connaît la mer. Il ne veut pas partir, mais il n’a pas le choix. Il devra conduire 30 hommes en Espagne. Ils ne se comprennent pas tous, certains n’ont jamais vu la mer et personne ne sait ce qui l’attend. « Un film passionnant, tendu, captivant. Un sans-faute ». Éric Libiot – L’Express « C’est un cri d'humanité que nous jette à la face le réalisateur sénégalais Moussa Touré ». Jean Roy – L’Humanité

« Se tenant au plus près des visages, instillant de magnifiques images qui donnent encore plus de force au tragique du propos, Moussa Touré apporte un éclairage très authentique sur ce grand drame silencieux de notre époque ». Arnaud Schwartz – la Croix

du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre

Festival Longue vue Act now

court-métrage de Nick Balthazar • 2009 • 4’ Réalisé en amont du sommet de Copenhague tenu fin 2009, ce clip militant explique les causes des changements climatiques et invite chacun à l’action.

Into Eternity documentaire de Michael Madsen (II) • Italie/Danemark/Suède/Finlande • mai 2011 • couleur • 1h15 • film primé dans de nombreux festivals Le chantier d’un sanctuaire conçu pour durer cent mille ans. Creusée dans le nord de la Finlande, à Onkalo, cette gigantesque grotte abritera des déchets nucléaires. S’adressant aux générations futures, ce documentaire en forme de film de science-fiction montre ces travaux gigantesques – cinq kilomètres de galeries plongeant 500 mètres sous terre – et pose la problématique de

l'élimination des déchets radioactifs sous l’angle de la temporalité. Impliquant une responsabilité millénaire, celle-ci nous oblige à adopter une autre échelle de durée. « Plus proche de 2001 : l’Odyssée de l’espace que d'un reportage sur la tragédie de Fukushima, Into Eternity pose la question du nucléaire à long terme. Et le documentaire donne le vertige ». Julien Welter – L’express « Depuis le 11 mars et l’engloutissement éphémère des réacteurs de Fukushima, cet essai intelligent et spirituel a pris un caractère d’urgence ». Le Monde

film et court-métrage présentés dans le cadre du Festival Longue vue « Les énergies pour un monde durable » organisé par La carène-Saint-Nazaire Agglomération. Soirée de clôture suivie d’un débat sur le thème « Quels sont les impacts de notre consommation énergétique » animé par Denis Cheissoux, animateur de l’émission Co2 mon amour sur France Inter et Frédéric Denhez, journaliste conférencier. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Le programme détaillé du festival (du 19 au 30 novembre) sur www.agglo-carene.fr

vendredi 30 novembre


à voir en décembre • Week-end Alfred Hitchcock avec VO Vertigo Fenêtre sur cour Jeune et innocent • Tabou de Miguel Gomes • Arrêt d’autobus de Joshua Logan • Cinéma de Noël Jean de la Lune de Stephan Schesch d’après Tomi Ungerer Le petit Gruffalo de Uwe Heidschötter, Johannes Weiland •••

informations pratiques cinéma La programmation cinéma de la scène nationale c’est :

salle Jacques Tati, 33, bd Victor Hugo à Saint-Nazaire

sai, te, rt et Es ssée A et Découver la c e ll e a h s c r e e h in c trimo ée Re labellis labellisée Pa

la salle Jacques Tati est désormais équipée pour la projection numérique mais conserve son projecteur 35 mm pour la diffusion de certains films.

Nouveau numéro de téléphone et répondeur programme :

02 40 53 69 63

www.letheatre-saintnazaire.fr

tarifs • plein 6 € • réduit* 5 € • carte 6 entrées 24 € • cinémômes** 3,50 €

*abonné le théâtre, jeune de - 25 ans, demandeur d’emploi, adhérent CCP, La Couronnée, Version Originale, adhérent des cinémas Pax au Pouliguen et Atlantic à La Turballe, bénéficiaire de la Charte Culture et Solidarité **par enfant et par accompagnateur

attention, la séance commence par le film ! l’accueil cinéma est ouvert 1/2 heure avant les séances


téléphone 02 40 53 69 63 – www.letheatre-saintnazaire.fr

conception graphique Julien Cochin – www.juliencochin.fr

les projections ont lieu salle Jacques Tati 33, bd Victor Hugo – 44 603 Saint-Nazaire

Saint-Nazaire • Jacques Tati  

du 7 novembre au 4 décembre 2012