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apollo cinéma l’

maison de l’image programme mars 2013

du 27 février au 26 mars 2013

cinéma apollo • 4, rue Albert 1er • 36000 Châteauroux


Jusqu’au 5 mars

du 27 février au 5 mars

DJANGO UNCHAINED

LA FILLE DE NULLE PART

Quentin TARANTINO

Jean-Claude BRISSEAU

États-Unis, 2012, 2 h 44 v.o sous-titrée, avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio

Léopard d’or festival de Locarno 2012 France, 2012, 1 h 31, avec Jean-Claude Brisseau et Virginie Legeau

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Docteur King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle, morts ou vifs…

Michel, professeur de mathématiques à la retraite, vit seul depuis la mort de sa femme. Un jour, il recueille Dora, une jeune femme sans domicile fixe, qu’il trouve blessée sur le pas de sa porte et l’héberge le temps de son rétablissement. Sa présence ramène un peu de fraîcheur dans sa vie, mais peu à peu, l’appartement devient le théâtre de phénomènes mystérieux.

Western spaghetti dans le Sud esclavagiste. Un grand moment de cinéma !

Un vieil homme et des fantômes, une jeune femme et une morte : bouleversante épure sur l’amour fou.

Businessman de talent, à la fois amateur d’images violentes et de dialogues foisonnants, prêt à faire des films pétaradants, sans se confondre avec le tout-venant du cinéma d’action américain, Tarantino est une sorte de justicier de la cinéphilie : soucieux depuis toujours de rendre hommage aux réalisateurs méprisés par l’histoire officielle. Dans ce western spaghetti new-look, le kitsch parodique auquel on pouvait s’attendre passe après un réquisitoire à la gravité jamais feinte contre l’esclavage. Il y a une part profondément tragique dans le personnage de Django, sobrement campé par Jamie Foxx. Et puis, parce que l’appétit de Tarantino est insatiable, il y a finalement un Django superhéros, presque une sorte de Zorro fait pour le fun d’une grande fusillade. C’est aussi ça le triomphe de l’homme libéré de ses chaînes, dans ce film fleuve où le cinéma se déchaîne. Frédéric Strauss, Télérama, janvier 2013

Ce nouveau film de Jean-Claude Brisseau est particulièrement punk dans son mode de fabrication : deux personnages, tournage numérique dans l’appartement du cinéaste sans retouches de décor, avec lui-même et son assistante dans les rôles principaux. Cette fraîcheur de débutant est le premier effet du film, qui continue de transmettre une idée essentielle, d’autant plus forte ici qu’elle est portée par un cinéaste connu et chevronné : il reste possible de dégainer un film comme un écrivain un livre. L’autre effet touchant de La Fille de nulle part consiste à totalement déjouer les attentes éventuelles de spectateurs qui seraient attirés par la réputation de Brisseau, Barbe-Bleue qui croquerait les jeunes actrices innocentes, réalisateur qui ferait du cinéma pour le seul plaisir de filmer des actrices dénudées en quête d’orgasme. Le début de La Fille de nulle part pourrait laisser croire que ces spectateurs-là vont être comblés. Michel recueille Dora. Elle prend une douche, porte des tenues légères, se prend d’affection pour son « sauveur ». Parfaitement conscient de ce que cette situation peut éveiller comme attente chez le spectateur qui connaît ses films et/ou sa réputation médiatique, Brisseau s’amuse à esquiver et se déplace ailleurs. La Fille de nulle part sera le film le plus chaste de Brisseau, explorant la métaphysique d’une relation plutôt que sa part physique. Dora rappelle à Michel sa compagne défunte, à tel point qu’il croit voir en elle sa réincarnation. De ce vertige hitchcockien, Brisseau tire une séduisante et romanesque théorie : les amants séparés par la mort se retrouveraient périodiquement à travers une réincarnation rajeunie, formant ainsi une chaîne ininterrompue à travers le temps. Belle hypothèse de défi à l’inéluctable de la condition humaine. De même que Brisseau mêle le réalisme quotidien et les bouffées de paranormal, il concilie la simplicité et le conceptuel, le brut et le théorique, le cru et le cuit, la prose et la poésie. Le fantastique, c’est chez Brisseau le lieu de la croyance, l’esprit, la voix intérieure de chacun. La Fille de nulle part dit que le cinéma exigeant, la métaphysique, ce n’est pas réservé aux bourgeois, ça peut être pour le peuple et par le peuple. Serge Kaganski, Les Inrockuptibles, février 2013

Tarifs Tarif plein : 6,80 euros ; Tarif réduit : 5,80 euros (abonnés Équinoxe-Scène Nationale, famille nombreuse, plus de 60 ans) et pour tous le mercredi et le lundi. Tarif réduit demandeurs d’emploi/RSA/Allocation Adultes Handicapés : 3,20 euros Moins de 18 ans/étudiants : 4,00 euros Films d’une durée de moins d’une heure : 3,20 euros pour tous Le mardi à 12 h 15, le dimanche à 20 h 15 : 3,50 euros la séance Scolaires, centres de loisirs : 2,50 euros (groupes à partir de 8 personnes) l’apollo accepte les Ciné-chèques.

Abonnement 10 euros pour un an. Une carte qui vous permet : de recevoir le programme mensuel à votre domicile ; d’acheter des tickets d’une valeur de 4,40 euros par chéquier de 5 (22 euros), valables un an, utilisables à toutes les séances ; de bénéficier du tarif réduit à Équinoxe-La Scène Nationale (sur présentation de votre carte d’abonné). Tél. programme : 02 54 60 18 75 Tél. administration : 02 54 60 18 34 – Fax : 02 54 60 18 16 Site internet : apollo-maisondelimage.org Photographie de couverture : Au bout du conte de Agnès Jaoui, Memento Films

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impression : Color 36

Renseignements

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du 27 février au 5 mars

Du 6 mars au 2 avril, en sortie nationale

ICI ET LÀ-BAS

AU BOUT DU CONTE

Antonio MÉNDEZ ESPARZA

Agnès JAOUI

Grand Prix Semaine de la Critique festival de Cannes 2012 Aquí y allá, Espagne/Etats-Unis, 2012, 1 h 50, v.o sous-titrée, avec Pedro De los Santos Juárez

France, 2012, 1 h 52, avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Agathe Bonitzer, Benjamin Biolay

Après avoir travaillé aux États-Unis, Pedro revient dans son petit village, au Mexique. Il y retrouve sa famille. Avec ses économies, il aspire enfin à mener une vie meilleure avec les siens, et même à réaliser son rêve : former un petit groupe de musique, les Copa Kings…

Une chronique lumineuse et sereine d’une modeste famille mexicaine, entre documentaire et fiction.

Il était une fois une jeune fille qui croyait au grand amour, aux signes et au destin ; une femme qui rêvait d’être comédienne et désespérait d’y arriver un jour ; un jeune homme qui croyait en son talent de compositeur mais ne croyait pas beaucoup en lui. Il était une fois une petite fille qui croyait en Dieu. Il était une fois un homme qui ne croyait en rien jusqu’au jour où une voyante lui donna la date de sa mort et que, à son corps défendant, il se mit à y croire…

L’originalité de ce premier long métrage réside dans le choix de filmer le retour au pays de Pedro, dont on ne sait s’il sera provisoire ou définitif. Cette incertitude est l’enjeu-même du film, nourri d’images documentaires enregistrées pendant des années par le cinéaste. Cette trame mélodramatique, Esparza a l’élégance de n’ajouter aucun pathos. L’art de l’ellipse et le sens du détail, un simple geste et les paroles des chansons lui suffisent à créer l’émotion, avec une dignité qui est à la hauteur de celle dont les pauvres gens accueillent le sort qui les accable. Jacques Mandelbaum, Le Monde, mai 2012

Du 20 au 26 mars

ELEFANTE BLANCO Pablo TRAPERO Sélection Un certain regard festivla de Cannes 2012 Argentine/France/Espagne, 2012, 1 h 45, v.o sous-titrée, avec Jérémie Renier, Ricardo Darín, Martina Gusmán

Julian et Nicolas, deux prêtres et amis de longue date, œuvrent pour aider la population du bidonville de La Vierge, dans la banlieue de Buenos Aires.

Pablo Trapero filme la déshérence avec une acuité documentaire, décortique avec équanimité et limpidité les processus divers qui aboutissent à la misère.

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En un film dense, sans halte, Trapero peint une fresque prompte, palpitante, qui aligne d’impressionnantes séquences de bruit, de fureur, d’action et de foule. Église et engagement social, corruption des sphères politiques, doutes et vacillements d’hommes exposés aux situations les plus extrêmes, Pablo Trapero signe un film tendu, à la tonalité presque documentaire, empli de mille questions et qui évite les pièges tendus par la pitié. Arnaud Schwartz, La Croix, mai 2012

Une variation sur le couple, tel qu’il est, tel qu’il devient… L’avant « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »! Jean-Pierre et moi travaillons toujours de la même façon : on prend un thème et on creuse… Nous avons voulu réfléchir à la croyance, à partir des contes. Nous nous sommes amusés à traiter toutes les formes de foi et de croyances : la rumeur, les superstitions, ce qui reste des contes de fées dans la tête des gens, malgré eux. Il semble qu’on ne puisse pas faire autrement que de croire en quelque chose. Nous voulions parler de sa nécessité ET de son absurdité. Et l’amour, au fond, c’est la crédulité la mieux partagée, c’est le conte de fées que chacun ou presque peut vivre au quotidien. Alors, nous avons imaginé des personnages qui avaient des référents empruntés au conte : c’est ainsi que nous avons écrit très vite l’histoire de Sandro et Laura avec l’idée que Cendrillon, cette fois-ci, était un homme… Et puis les personnages se sont multipliés. Les personnages du conte nous intéressaient lorsqu’ils nous paraissaient exister dans la vraie vie : le roi ultra-possessif peut être un père capitaine d’industrie dont les soubresauts du capitalisme ébranleront le règne ; la sorcière, c’est une femme qui refuse sa vieillesse, etc. Nous sommes des êtres parfaitement rationnels… mais le doute, la superstition se glisse partout. L’histoire de la voyante, Jean-Pierre l’a vécue ! Nos parents, nos sœurs, nos frères, nos voisins, tous nous ont servi à composer nos petites histoires, les leurs sont parfois de véritables petits films en elles-mêmes… Le monde d’aujourd’hui, où les inégalités se creusent, appelle le conte comme un mensonge apaisant. Les publicités à la télévision, les émissions et les journaux à sensation, ce sont des contes. On essaye de nous faire croire que la vie des riches est un conte de fées. Il y a aussi les jeux, le loto, ces émissions où l’on refait d’un coup de baguette magique le look ou l’appartement des gens, où l’on rend riche et célèbre un inconnu. Ces contes traduisent la peur des adultes et nous vivons une époque particulièrement anxiogène et culpabilisante… Mais il n’y a pas une façon unique de vivre ou de s’aimer, il y en a des milliers… Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, extraits du dossier de presse 5


du 6 au 19 mars

Jeudi 7 mars à 20 h 30, avec Les Fileurs d’écoute

LA POUSSIÈRE DU TEMPS

Lecture en cinéma-Ciné Lecture, une nouvelle expérience de cinéma.

Théo ANGELOPOULOS

Les Fileurs d'écoute, Bernard Mazzinghi et Cindy Rabouan, vous invitent sur les sentiers de la création en racontant le film par sa genèse sans en dévoiler l'intrigue. À la lecture de textes et à la projection d'images succèdera le film… Une séance en partenariat avec l’Association des Cinémas du Centre.

Sélection officielle festival de Berlin 2009 The Dust of Time, Grèce, 2008, 2 h 05, v.o sous-titrée, avec Willem Dafoe, Bruno Ganz, Michel Piccoli, Irène Jacob

L’histoire d’un amour à travers le grand royaume de l’Histoire, des années 50 jusqu’à nos jours. Un réalisateur américain d’origine grecque réalise un film sur le destin tragique de ses parents et leurs amours contrariés par l'Histoire au temps de la Guerre froide. Pour son film, son enquête le mène en Italie, en Allemagne, en Russie, au Canada et aux États-Unis. Véritable voyage à travers le monde du XXe siècle et travail de Mémoire sur l’Histoire, une élégie sur la destinée humaine et l’absolu de l’amour…

ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD Louis MALLE Prix Louis Delluc 1957 France, 1957, 1 h 30, d’après le roman de Noël Calef, avec Maurice Ronet, Jeanne Moreau

Julien Tavernier, ancien para, accomplit le crime parfait en supprimant le mari de sa maîtresse, marchand de canons. Mais, contraint de revenir sur les lieux, il est bloqué dans l’ascenseur par une panne de courant. Sa complice l’attend en vain au café, puis passe la nuit à chercher sa trace… Entre-temps, un jeune livreur lui fauche sa voiture pour épater sa petite amie, puis panique et tue deux touristes allemands…

Louis Malle fait son entrée dans le cinéma avec un exercice de style passé au rang de classique, où la trompette de Miles Davis annonce une nouvelle génération de réalisateurs. Pour son premier film d’auteur, Louis Malle sacrifie à l’adaptation d’un roman policier, mais réussit cependant une œuvre très personnelle. La déambulation nocturne de Florence dans un Paris qui brille de tous ses néons… L’attention quasi bressonienne portée aux objets… Le long solo de trompette de Miles Davis (improvisé et enregistré directement)… Autant d’éléments qui rendent cette œuvre envoûtante. Claude Bourriq-Mercier, Guide du film

Dernier film, émouvant et d’une légèreté de trait inaccoutumée, du cinéaste grec disparu l’an dernier. La Poussière du temps est un film éclaté dans l’espace et dans le temps. Il raconte, sur plusieurs décennies, à coups de flash-backs ou flash-forwards incessants, comme le flux et le reflux qui ramèneraient les souvenirs à la mémoire, l’histoire d’une femme, Eleni (Irène Jacob, la plupart du temps), tiraillée entre deux hommes, un Grec, Pyros (Michel Piccoli), et Jacob, un Juif russe (Bruno Ganz) qui migrera vers Israël, laissant Eleni rejoindre son mari Pyros aux États-Unis. Il met aussi en scène un metteur en scène américain, A (Willem Dafoe), le fils de Pyros et d’Eleni, venu à Rome tourner un film qui semble problématique. Ses parents et son « oncle » Jacob lui rendent visite, sa femme l’a quitté (il l’aime encore), sa fille a fugué, semble-t-il. On voyage dans tous les sens de la Russie de la fin du stalinisme à Berlin aujourd’hui, mais le passé ne passe pas, les blessures ne cicatrisent jamais (Jacob âgé, retrouvant Eleni vingt ans après leur liaison, ne peut s’empêcher de continuer à lui crier absurdement « Ne t’en va pas »), c’est très beau, Angelopoulos maîtrisant toujours aussi bien son cinéma, les mouvements de foule comme les scènes plus intimes, raccourcissant aussi, semble-t-il, ses fameux plans-séquences qu’on avait pu par le passé juger pesants. À 76 ans, il semblait opter pour plus de fluidité, de légèreté dans le trait, de liberté dans le récit aussi. Il y a dans La Poussière du temps, peut-être aussi grâce à ses acteurs, des plans qui rappellent le meilleur Ferrara, étrangement. Et puis des images, des plans, des scènes d’une puissance émotionnelle dont on a du mal à saisir la raison pour laquelle ils nous bouleversent autant. Avec le temps, la beauté repousse toujours à travers le bitume. C’est le dernier film, le dernier soupir, la dernière confession de Théo Angelopoulos : la poussière du temps recouvre le présent, pour le meilleur et pour le pire. Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles, février 2013 6

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Dimanche 24 mars à partir de 15 h 30, re(voir) Monica Vitti, égérie et actrice moderne Une carte blanche offerte à Jeanne Champagne, metteuse en scène du spectacle La Chambre, la nuit et le jour, donné à Équinoxe du 5 au 8 mars 2013. Rencontre-atelier à 15 h 30 (durée : 1 h, entrée libre): évocation de la contribution de Monica Vitti au jeu de l’acteur et de ses relations avec Michelangelo Antonioni à l’appui d’extraits de films. Séance à 17 h, suivie d'une discussion avec Jeanne Champagne. Ce rendez-vous s’inscrit dans le prolongement d’Effets scènes, manifestation qui met l’accent sur les événements pluridisciplinaires portés par les Scènes Nationales.

l’argent

de

poche

la programmation jeune public

Mercredi 27 février à 15 h, Séance contée par Annie Brault

Les Trois moines et autres histoires 3 films courts d’animation, Shanghaï, 1 h 30, à partir de 5 ans, tarif unique : 4 euros Au programme : L’Aigrette et l’huître de Hu Jinqing ; Les Têtards à la recherche de leur maman de Te Wei ; Les Trois moines de Ah Da.

L’AVVENTURA

Avant la projection, rendez-vous avec les histoires d’Annie Brault…

Michelangelo ANTONIONI

Jusqu’au 2 mars

Sélection officielle festival de Cannes 1960 Italie, 1960, 2 h 20, v.o sous-titrée, avec Monica Vitti, Gabriele Ferzetti, Léa Massari

Rose et Violette

Des jeunes gens oisifs et fortunés font une croisière en Méditerranée sur un yacht. Lors d’une escale sur l’île volcanique de Lisca Bianca, Anna, une jeune héritière désabusée, disparaît mystérieusement…

Un voyage labyrinthique au cœur des passions humaines porté par le visage de Monica Vitti. Mon film n’est ni une dénonciation, ni un sermon. C’est une histoire racontée par images et je souhaite que l’on puisse y voir non pas la naissance d’un sentiment trompeur mais le mode par lequel on peut se tromper dans ses sentiments. Car nous nous servons d’une morale vieillie, de mythes périmés. Et cela en pleine conscience. Pourquoi respectons-nous une telle morale ? La conclusion à laquelle mes personnages parviennent n’est pas l’anarchie morale. Ils parviennent tout au plus à une sorte de pitié réciproque. Cela aussi, c’est vieux… Mais que nous reste-t-il sans cela ? Par exemple, que croyez-vous qu’il soit cet érotisme qui a envahi la littérature et le spectacle ? C’est un symptôme, le plus facile à saisir peut-être, de la maladie dont souffrent les sentiments. Nous ne serions pas érotiques, c’est-à-dire malades d’Éros, si Éros était en bonne santé. Et en disant en bonne santé, je veux dire juste, adéquat à la mesure et à la condition de l’homme. Il y a donc un malaise. Et comme il lui arrive toujours quand il y a un malaise, l’homme réagit. Mais il réagit mal et il en est malheureux. Dans L’Avventura, la catastrophe est une impulsion érotique de ce genre : bon marché, inutile, malheureuse. Chaque journée on vit L’Avventura, que ce soit une aventure sentimentale, morale ou idéologique. Michelangelo Antonioni, « Pourquoi j’ai fait L’avventura »

3 films courts d’animation, 48 minutes, à partir de 6 ans, tarif unique : 3,20 euros Au programme : La Chose perdue de Andrew Ruhemann et Shaun Tan ; Aleksandr film collectif ; Rose et Violet de Luc Otter et Claude Grosh.

Ce programme aux graphismes surprenants, allie fantaisie et malice…

Jusqu’au 1er mars

Little Bird Boudewijn KOOLE Kawboy, Pays-Bas, 2012, 1 h 21, prise de vue réelle, version française, à partir de 5 ans Jojo, dix ans, est souvent livré à lui-même. Entre une mère absente et un père qui perd pied, il trouve secrètement un peu de réconfort auprès d’un choucas tombé du nid…

Little Bird dépeint avec sensibilité et justesse le monde vu par un enfant.

Jusqu’au 10 mars, en sortie nationale

Pinocchio Enzo D’ALÒ Le Avventure di Pinocchio, Italie/Luxembourg/Belgique/France, 2012, 1 h 21, animation, librement adapté du livre de Carlo Collodi, version française, à partir de 6 ans

Voici le célèbre Pinocchio mis en scène par le réalisateur de La Flèche bleue et La Mouette et le chat, deux grands succès du cinéma pour les enfants… Ciné-goûter bio : mercredi 6 mars à 15 h

du 13 au 24 mars

L’Ogre de la taïga 4 films courts d’animation, Russie, 52 minutes, à partir de 4 ans, tarif unique : 3,20 euros Au programme : Le Chat et la renarde de Konstantin Bronzik ; Les Trois chasseurs de Sergeï Merinov ; La Petite Khavnovshka de Inga Korjnera ; Gare aux loups ! de Natalia Berezovaya.

Des contes slaves qui font la part belle à la ruse et à l’intelligence.…

du 20 au 31 mars

Monstres… Pas si monstrueux 5 films courts d’animation, 41 minutes, à partir de 4 ans, tarif unique : 3,20 euros Au programme : Citrouille et vieilles dentelles de Konstantin Juliette Loubière ; Cul de bouteille ; Monstre sacré de Jean-Claude Rozec ; Duo de volaille, sauce chasseur de Pascale Hecquet ; Bye Bye Bunny film collectif.

Un tour d’horizon des plus terribles créatures de la planète… Enfin… Pas trop ! 8

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Séances le film débute à l’horaire indiqué

Séances

Mer. Jeu. Ven. Sam. Dim. Lun. Mar. 27 28 1er 2 3 4 5

du 27 février au 5 mars Django Unchained (2 h 44, page 2)

20 h 45 16 h 45 et 20 h 45

La Fille de nulle part (1 h 31, page 3) 20 h 45 18 h 30

Ici et là-bas (1 h 50, page 4)

18 h 30 20 h 45

17 h

18 h

20 h 15

14 h

Au bout du conte (1 h 52, page 5)

12 h 15 et 20 h 45

20 h 45 18 h 30

14 h

15 h

Séance contée (1 h 30, page 9)

15 h 30

16 h

Little Bird (1 h 21, page 9)

14 h

18 h

Pinocchio (1 h 21, page 9)

11 h

Rose et Violette (48 minutes, page 9)

20 h 45

Syngué Sabour (1 h 42,

18 h 30 20 h 45

4e

de couv.)

17 h

18 h 30 12 h 15 et et 20 h 45 18 h 30

17 h

L’Ogre de la taïga (52 minutes, page 9) 15 h

20 h 15 15 h

14 h

20 h 30

15 h

Dimanche 17, lundi 18 et mardi 19 mars, c’est le printemps du cinéma… Toutes les séances sont au tarif unique de 3,50 euros !

15 h

du 20 au 26 mars

Mer. Jeu. Ven. Sam. Dim. Lun. Mar. 20 21 22 23 24 25 26

Mer. Jeu. Ven. Sam. Dim. Lun. Mar. 6 7 8 9 10 11 12

Au bout du conte (1 h 52, page 5)

18 h 30 18 h 30

14 h 20 h 45 20 h 15 20 h 45 18 h 30 et 20 h 45

18 h 30 18 h 30 14 h 20 h 45 17 h 18 h 30 12 h 15 et et et et et 20 h 45 20 h 45 20 h 15 20 h 45 18 h 30

Elefante Blanco (1 h 45, page 4)

20 h 45

18 h 30

du 6 au 12 mars en sortie nationale

14 h 20 h 45 et 18 h 30

La Poussière du temps (2 h 05, p. 6)

Mercredi 27 février à 15 h : séance contée Les Trois moines et autres histoires, avec Annie Brault.

Au bout du conte (1 h 52, page 5)

18 h 30 et 20 h 45

Mardi 19 mars à 20 h 30 : en 1re partie, lecture d’extraits littéraires en écho à Syngué Sabour, pierre de patience par Anne Trémolières.

15 h 30

14 h

Mer. Jeu. Ven. Sam. Dim. Lun. Mar. 13 14 15 16 17 18 19

du 13 au 19 mars

La Poussière du temps (2 h 05, p. 6)

18 h 30

Ascenseur pour l’échafaud (1h 30, p. 7) Pinocchio (1 h 21, page 9)

14 h

17 h

20 h 45

20 h 30 15 h

le film est à l’affiche jusqu’au 2 avril…

Syngué Sabour (1 h 42, 4e de couv.)

20 h 45

14 h 12 h 15 et 18 h 30 17 h

L’Avventura (2 h 20, page 8) 15 h

15 h

Mercredi 6 mars à 15 h : ciné-goûter bio Pinocchio. Jeudi 7 mars à 20 h 30 : Ascenseur pour l’échafaud , Lecture en cinéma-Ciné Lecture par Les Fileurs d’écoute.

Prochainement Retours vers le futur : du 3 au 9 avril Prochaine séance Libres courts… jeudi 28 mars à 20 h 30 en partenariat avec Ciclic.

20 h 45 17 h

L’Ogre de la taïga (52 minutes, page 9) 14 h

15 h

14 h

Monstres… Pas si monstrueux !

14 h

15 h

15 h 15

(41 minutes, page 9)

Dimanche 24 mars à partir de 15 h 30 : re(voir) Monica Vitti, égérie et actrice moderne, par Jeanne Champagne, un atelier-rencontre suivi de la projection de L’Avventura à 17 h. N’oubliez pas… Le dimanche à 20 h 15, le mardi à 12 h 15 : 3,50 euros la séance.

Les films du mois d’avril Promised Land de Gus Van Sant avec Matt Damon, Rosemarie DeWitt. Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont avec Juliette Binoche, Jean-Luc Vincent. Le Temps de l’aventure de Jérôme Bonnell avec Emmanuelle Devos, Gabriel Byrne.

l’apollo est géré par l’association AGEC Équinoxe.

l’apollo est subventionné par la Ville de Châteauroux et reçoit les aides du CNC, de la DRAC Centre, de la région Centre et du département de l’Indre.

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l’apollo est soutenu par

Retrouvez la sélection musicale de radio Balistiq en attendant votre film en salle.

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On aimerait partager avec vous… du 13 au 26 mars

SYNGUÉ SABOUR, PIERRE DE PATIENCE Atiq RAHIMI Syngue Sabour, France/Allemagne/Afghanistan, 2012, 1 h 42, v.o sous-titrée, adapté du roman de Atiq Rahimi, Prix Goncourt 2008 (Éditions POL), avec Golshifteh Farahani

Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l'autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante… Mardi 19 mars à 20 h 30, en 1re partie de programme, lecture d’extraits littéraires en écho au film par Anne Trémolières, comédienne. Une soirée en partenariat avec la Libraire Arcanes qui proposera une sélection d’ouvrages à l’occasion de cette soirée.

L’hymne à la liberté et à l'amour d'Atiq Rahimi, avec Golshifteh Farahani, une tragédienne gaie comme un pinson. Star dans son pays, la comédienne iranienne, contrainte à l’exil, se réinvente en France. D’abord il y a les couleurs. Safran poudré, bleu passé, jaune délavé. Ce sont les couleurs des différentes burqas qu’elle porte et dont elle relève ou rabaisse inlassablement la partie grillagée, comme on lève une voilette, selon qu’elle rentre chez elle ou qu’elle sorte. Ensuite il y a les bruits, celui des bombes, des chars et des mouches qui tournent autour du corps inanimé d’un homme, allongé par terre sur un vieux matelas défoncé, avec une vague perfusion dans le bras. Enfin il y a la femme, celle de l’homme inanimé, qui s’agite pour survivre dans cette désolation. Elle va chercher de l’eau, de la nourriture, des médicaments, fait sa prière, dit à ses deux petites filles d’aller jouer dans le jardin sec et délabré. Elle est lasse mais animée par la rage du désespoir et la volupté d’avoir récupéré ce dont on l’avait jusqu’alors privé : la parole. Elle ne cesse pas de parler, à Dieu, dans le vide, à son mari, à elle-même, au rythme d’une kalachnikov enraillée. C’est elle l’héroïne du dernier film d’Atiq Rahimi, tiré de son livre Syngué Sabour, pierre de patience, long monologue magistral tenu de bout en bout par l’éblouissante Golshifteh Farahani, 30 ans, dont la moitié passée devant les caméras. « Je me suis battue pour obtenir le rôle. Si je ne l’avais pas eu, je l’aurais déclamé dans la rue », dit-elle en prenant son air têtu. « Cette femme jusqu’alors totalement soumise et qui s’affranchit de tout par le verbe me bouleverse. Son mari gisant devient sa pierre de patience, cette pierre légendaire à qui on livre tous ses secrets jusqu’à ce qu’elle éclate. À la fin du film, elle n’a plus besoin de personne, elle trace son chemin, se libère de son corps et de son destin tout tracé. Elle devient libre. Je veux croire que cette femme… c’est moi. » Isabelle Girard, Madame Figaro, février 2013


27/02 26/03 2013