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L'ACOR est une association inter-régionale implantée dans six régions de l'Ouest de la France – Bretagne, Centre, Haute-Normandie et Basse-Normandie, Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Elle regroupe des structures tournées vers la défense de l'art et essai et de la recherche dans le cinéma.

COMMUNIQUÉ Association des cinémas de l'ouest pour la recherche

N°04 Vendredi 2 mai 2014 p.1 > Du côté des adhérents p.2 > Soutiens GNCR p.3 > Soutien GNCR, Recommandation GNCR, soutien AFCAE Jeune public p.4 > Soutiens AFCAE actions promotion p.5. > Soutien AFCAE actions promotion | Soutiens AFCAE Répertoire p.6 > Soutiens AFCAE Répertoire (soutien partenariat)

Directeur de publication : Yannick Reix, président de l'ACOR • rédaction : Catherine Bailhache et Soizig Le Dévéhat • contact@lacor.info • www.lacor.info Avec le soutien du CNC et des DRAC des régions Centre, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes, Bretagne, Haute-Normandie, Basse-Normandie

DU CÔTÉ DES ADHÉRENTS Les Master-Class du Concorde à la Roche-sur-Yon Autour de 3 films, 3 propositions, 3 intervenants spécialistes dans différents domaines, 3 fois plus de plaisir... Plus d'infos sur le site du Concorde ici

23 avril 2014 à 20H00 | CINÉMA INDÉPENDANT AMÉRICAIN Master-Class animée par Christophe Beney, universitaire et journaliste, docteur en cinéma et co-fondateur d’Accreds.fr, média consacré aux festivals de cinéma. Également ancien rédacteur aux Cahiers du Cinéma, il a participé à des ouvrages collectifs autour de Star Wars, Guns Van Stant, Terrence Malick.

> Projection de COMPUTER CHESS de Andrew Bujalski (2014) 15 mai 2014 à 20H00 | 3D ET CINÉMA D’AUTEUR Master-Class animée par François Serre, Président de l'association « Prenez du relief » et directeur du festival Courant3D, le rendez vous du relief d'Angoulême et Responsable pédagogique de la FASTERI

> Projection de 3X3D de Jean-Luc Godard, Peter Greenaway, Edgar Pêra (2014) 27 mai 2014 à 20H00 | DIFFUSION DE FILMS ART ET ESSAI Master-Class animée par Catherine Bailhache, coordinatrice de l'ACOR > Projection de LES TROIS SOEURS DU YUNNAN de Wang Bing (2014) Les Trois soeurs du Yunnan sera programmé lors d'une première séance à 17H avant la master-class, d'autres suivront cette même semaine.

La Salamandre à Morlaix va bientôt intégrer SE/cW ! Le SE/cW (prononcé SIOU) est un regroupement de trois associations qui s'installeront dans la manufacture de tabacs à Morlaix afin d’y créer une plateforme culturelle. SE/cW, c'est S comme Salamandre, le cinéma, E, comme Entresort, le théâtre, et W comme Wart, les musiques actuelles. Ce projet est composé de 2 salles de cinéma (100 et 200 places), d'une salle de spectacle (1200 spectateurs debout), deux salles de répétition, et un espace convivial (comportant café, restaurant...) ouverts à tous et toute l’année. Le site industriel et patrimonial de la Manufacture des tabacs de Morlaix a perdu son activité initiale à la fin des années 90. Sa requalification, aujourd’hui menée par Morlaix communauté, est en plus d'un projet urbain, l’occasion de redéployer le site portuaire. Il offre également la possibilité d'écrire un nouveau volet d’aménagement économique du territoire dans lequel le SE/cW joue un rôle central. Comme en écho au passé industriel de l’ancienne Manufacture des tabacs de Morlaix, le SE/cW, futur lieu de vie culturelle, sera aussi un lieu de création et de diffusion. Productrice, la Manufacture le restera car le SE/cW tend à devenir une véritable fourmilière afin de lui apporter une vitalité nouvelle. Il sera également un instrument unique en Bretagne pour la création, interconnectant les disciplines du théâtre, des musiques actuelles, de la danse contemporaine et des arts visuels. Deux créateurs majeurs de la scène contemporaine, Bernardo Montet (danse) et Rodolphe Burger (musique) sont invités à rejoindre le projet et, en tant qu’artistes associés, à faire de cet endroit leur maison, leur atelier. Lieu à vivre, à travailler et à découvrir, le SE/cW se veut un endroit accessible que chacun pourra fréquenter et découvrir : aller au cinéma, boire un verre, assister à une représentation ou à un concert, se retrouver entre amis… C’est un lieu de rencontre et d’échange qui se dessine avec pour centre névralgique l’acte artistique. La demande de permis de construire sera déposée dans les semaines qui viennent. L’installation Blog du projet : http://surlapistedusew.blogspot.fr collective aura lieu sans doute fin 2016.


SOUTIENS GNCR STOP THE POUNDING HEART

de Roberto Minervini

États-Unis / Italie / Belgique • 2013 • 1H41 • avec Sara Carlson, Colby Trichell, Tim Carlson

Aramis Films • 25 juin 2014

Festival de Cannes 2013 – Sélection officielle, Séance spéciale Festival Terra di Cinéma - Tremblay-en-France 2014

Edition d'un document d'accompagnement GNCR Plus d'infos sur le site du distributeur ici Fille de fermiers très religieux, Sara et ses onze frères et soeurs suivent de rigoureux préceptes Bibliques. Comme ses soeurs, elle apprend à être une femme pieuse, soumises aux hommes tout en gardant une pureté émotionnelle et physique intacte jusqu'au mariage. Quand Sara rencontre Colby, un jeune cow-boy adepte de rodéo, elle se trouve confrontée à des doutes, remettant en cause le seul mode de vie qu'elle n'ait jamais connu.

L'Amérique profonde est un univers étrange. Dans les entrailles du Nouveau Continent se côtoient la religion et la foi, l'élevage et l'agriculture, la nature, l'alcool, les armes et les cowboys. Le documentariste Roberto Minervini, né en Italie mais installé à New York, nous montre de nouveau cet univers dans son troisième long métrage qui, après avoir été projeté à Cannes, est à présent en compétition au Lisbon and Estoril Film Festival. Ses films précédents, The Passage (2011) et Low Tide (2012), évoquaient déjà le monde rural texan et la vie de ses habitants de manière très intime. Dans Stop the Pounding Heart (...), son style contemplatif s'arrête encore plus sur les détails de la vie d'une de ces personnes, jusqu'à arriver à y capter une lumière qui se laisse rarement discerner. La caméra suit le jeune Sara, qui a grandi dans une famille d'éleveurs de chèvres très croyants. [...] Minervini se met à la hauteur du regard de Sara pour raconter comment elle découvre la vie, et comment elle se met à douter de l'existence qu'elle mène, de celle qu'elle voudrait mener et de ce en quoi elle croit, sans que cela ne l'éloigne pour autant de son abnégation quotidienne. Sara grandit devant nos yeux, sans fioritures ni filtres entre elle et le spectateur, dans un silence presque ininterrompu qui est à la fois lourd et léger, crotté et immaculé. Minervini dépeint le "coeur emballé" de Sara en ne la quittant jamais, et au moyen de dialogues aussi rares que puissants, comme les images (notamment celles qui montrent une femme enceinte sur un champ de tir, un accouchement, un pique-nique fantasmé dans la forêt, une croix qui brûle dans la nuit...). Stop the Pounding Heart est un documentaire intime, tranquille et sincère qui tente de saisir cette splendeur éthérée qu'avait par exemple trouvée Carlos Reygadas dans l'excellent Lumière silencieuse, cette splendeur que Sara ne cesse de chercher pendant tout le film. David González • Cineuropa.org ici

UNDER THE SKIN de Jonathan Glazer Grande-Bretagne • 2013 • 1H47 • avec Scarlett Johansson

Diaphana • 25 juin 2014

D’après le roman éponyme de Michel Faber

Edition d'un document d'accompagnement GNCR Plus d'infos sur le site du distributeur ici Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître.

Depuis Birth nous tenons Jonathan Glazer pour l’un des cinéastes les plus passionnants de sa génération. Passionnant, surdoué mais trop discret et guère productif, auteur de seulement trois films en treize ans, mais à l’ambition formelle et narrative croissante, Sexy Beast, le superbe Birth et enfin Under the Skin, sans doute ce que nous avons vu de plus génial à Toronto. Il s’agit d’une interprétation très personnelle d’un roman de Michel Faber paru en 2000. Un(e) extraterrestre prend l’apparence d’une jeune femme (...) et traverse l’Ecosse en voiture, rencontrant plusieurs hommes sur sa route. Ces rencontres - sexuelles – sont filmées d’abord de manière réaliste puis comme des allégories, les proies masculines nues disparaissant dans une mystérieuse matière noire, devant l’objet de leur désir au mutisme insondable. Jonathan Glazer est un créateur sans égal d’images, d’univers sonores et visuels d’une étrangeté et d’une beauté sidérantes. Under the Skin est un voyage hypnotique à travers les villes et les campagnes (...), une expérience sensorielle qui retranscrit le regard d’un extraterrestre sur notre monde. Les plans de Glazer sont sublimes, la bande son extraordinaire parvient à transformer des paysages quotidiens en espaces fantastiques. Le film aurait pu se réduire à une succession d’images glacées davantage à leur place dans une galerie d’art contemporain que sur un écran de cinéma, mais il n’en est rien. Le voyage qu’il nous propose est autant mental qu’émotionnel. Glazer se rattache à une histoire de la modernité cinématographique, qui passe par Antonioni et Kubrick, ce dernier étant sans doute la grande référence de Glazer. Barry Lyndon et Eyes Wide Shut étaient ouvertement cités dans Birth. Il y a sans doute plus de 2001 : l’odyssée de l’espace dans certains plans de Under the Skin – et en particulier le prologue cosmique – que dans le métrage entier de Gravity, où les prouesses techniques sont au service d’un scénario et de dialogues conventionnels. Au contraire Glazer explore des zones d’inconfort et de malaise qui ne sont pas seulement esthétisantes. Under the Skin est un grand film sur le thème de la rencontre et de l’altérité, pose un regard inédit sur la solitude, la monstruosité ordinaires au travers de portraits masculins saisissants, d’ambiances urbaines hyperréalistes captées par une caméra miniature inventée spécialement pour le film. Glazer est aussi le seul cinéaste depuis Woody Allen à vraiment regarder Scarlett Johansson, magnifique dans un rôle aux antipodes de tout ce qu’elle a pu faire auparavant. Quasiment muette, elle joue avec son regard et surtout son corps, enveloppe de peau renfermant un mystère organique et sexuel – venu des étoiles, mais qui rejoint aussi le continent noir du mystère féminin – qu’elle emportera avec elle. Olivier Père • Arte.tv ici


PALERME (Via Castellana Bandiera) d'Emma Dante Italie • 2013 • 1H30 • avec Emma Dante, Elena Cotta, Alba Rohrwacher

Jour2Fête • 2 juillet 2014

Edition d'un document d'accompagnement GNCR Dimanche après-midi. Le sirocco souffle sans pitié sur Palerme, lorsque Rosa et Clara, deux jeunes femmes, se rendent au mariage d’un ami. Perdues dans les rues de Palerme, elles se retrouvent dans une voie sans issue appelée Via Castellana Bandiera. Face à elles, une voiture arrive, conduite par Samira, transportant la famille Calafiore. Ni Rosa, ni Samira n’acceptent de faire marche arrière. Les deux voitures restent coincées.

[…] Son premier long métrage, Via Castellana Bandiera, dont elle est aussi une des interprètes principales, à côté de la star montante Alba Rohrwacher, est une très heureuse surprise. En hommage au Grand Embouteillage de Comencini, on pourrait le surnommer « le petit embouteillage », puisqu’il ne met aux prises que deux voitures, bloquées face à face dans une ruelle de Palerme. Mais si Via Castellana Bandiera évoque en effet le meilleur de la comédie italienne des années 60-70, il renvoie aussi à deux autres traditions, la tragédie antique et le western. C’est dire combien cette situation simple comme une parabole est riche de sens multiples, une des vertus du film étant de ne surtout pas choisir entre ceux-ci. Le face-à-face de deux femmes au volant de leur voiture (la Dante et la remarquable Elena Cotta en vieille albanaise au bout du malheur), qui finit par mobiliser tout un quartier pour des motivations aussi diverses que peu avouables, possède surtout une qualité qu’on désespérait de retrouver dans le cinéma italien fondé sur la représentation stylisée des comportements populaires. […] Michel Frodon • Projection Publique ici

RECOMMANDATION GNCR IL A PLU SUR LE GRAND PAYSAGE de Jean-Jacques Andrien

Belgique • 2013 • 1H40 | Shellac • 14 mai 2014

Plus d'infos sur le site de Shellac ici | revue de presse ici Au travers de la lutte des agriculteurs de l'est de la Belgique pour leur survie, "Il a plu sur le grand paysage" formule un poème cinématographique sur la Culture paysanne aujourd'hui menacée de disparition... Neuf agriculteurs nous disent ce qu'ils ont sur le cœur...

[…] Des paysans, il en faudra toujours, semble répondre JeanJacques Andrien, dont le documentaire a l'énergie du désespoir. Ni larmoyant, ni univoque, le récit démarre dans la résignation et s'achève dans la colère. Un film alarme donc, branché sur courant alternatif : les séquences alternent paysage superbe et témoignage poignant. A la lenteur des plans et leur silence répondent le flot de paroles, l'agitation de la grève. Parce que ceux du pays de Herve ont le cuir épais, le réalisateur capture l'espoir subsistant. Mais alors, pourquoi diable sort-on de ce film si bouleversé ? Parce qu'on ne peut s'empêcher de voir déçu ce sursaut d'optimisme. Nicolas Canderatz • Télérama ici Il a plu sur le grand paysage nous montre l'agriculture comme métaphore de la mondialisation. Le film offre au spectateur le soin de s'interroger sur différents aspects de la stratégie néo-libérale de la « mondialisation » et d'en décoder les enjeux. Par sa pertinence, le film passe de la singularité à l'universel. Il faut aussi parler de la beauté de l'image. Le film est superbe, et offre un costume en soie d'un monde que l'on n’a pas envie de voir disparaître. Cinergie.be • Jean-Michel Vlaeminckx ici

SOUTIEN AFCAE JEUNE PUBLIC L’ILE DE GIOVANNI de Mizuho Nishikubo Japon • 2014 • 1H42 • animation • dès 9/10 ans

Eurozoom • 28 mai 2014

Document édité par Eurozoom 1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte de l’arrivée des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s’organise entre la reconstruction et la peur de l’invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l’armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l’île que tout oppose. L’espoir renaît à travers l’innocence de deux enfants, Tanya et Junpei ...

Adapté d'une histoire vraie, L'île de Giovanni raconte l'histoire des habitants de la petite île de Shikotan (dans l'archipel de Sakhaline) annexée en 1945 par l'Union soviétique. A travers le point de vue de deux petits garçons japonais habitant l'île, le film retrace l'histoire de la cohabitation entre les familles russes et japonaises jusqu'en 1947 et les événements qui suivirent. Prochains soutiens AFCAE Jeune public : LE CARNAVAL DE LA PETITE TAUPE de Zdeneck Miler (les Films du Préau • septembre 2014) | LES FANTASTIQUES LIVRES VOLANTS DE MORRIS LESSMORE (Cinémas Public films • 24 septembre 2014) | COUCOU, NOUS VOILÀ ! De Jessica Lauren (Folimage • 24 septembre 2014)


SOUTIENS AFCAE ACTIONS / PROMOTION DANS LA COUR de Pierre Salvadori France • 2014 • 1H37 • avec Catherine Deneuve, Gustave Kerven Wild Bunch • 23 avril 2014

Edition d'un document d'accompagnement AFCAE Plus d'infos sur le site du distributeur ici | facebook ici Antoine est musicien. A quarante ans, il décide brusquement de mettre fin à sa carrière. Après quelques jours d'errance, il se fait embaucher comme gardien d'immeuble. Jeune retraitée, Mathilde découvre une inquiétante fissure sur le mur de son salon. Peu à peu, son angoisse grandit pour se transformer en panique... Tout doucement, Antoine se prend d'amitié pour cette femme qu'il craint de voir sombrer vers la folie.

L’un des ressorts de la comédie, c’est l’opposition de caractères que Pierre Salvadori maîtrise comme personne en France. Son nouveau film débute selon un schéma connu : il est dépressif (comme José Garcia dans Après vous...), elle est fantasque (comme Audrey Tautou dans Hors de prix ou Marie Trintignant dans ...Comme elle respire). La frontalité de leur rencontre donne évidemment naissance à ce comique de situation si typique du cinéaste, porté par des acteurs qui sous-jouent le malaise et débitent leurs dialogues avec une tonalité assez neutre mais néanmoins mélodique. Pour le coup, la « musique » de Deneuve – qui part du ventre – se marie idéalement avec celle de Kervern – qui vient du nez. Dans la cour exploite parfaitement ce duo contre-nature avant que les éléments dramatiques, annoncés par l’addiction à la drogue d’Antoine et par les délires kafkaïens de Mathilde (qui perd pied suite à une fissure dans son mur), donnent une autre amplitude à cette « comédie des contraires ». Tout en maintenant un semblant de burlesque à travers des personnages secondaires archétypaux (le voisin râleur, l’autre branleur, le squatter mystique, l’activiste de quartier...), Salvadori se plaît à filmer des scènes complexes où l’apparente légèreté est sans cesse contredite par le mal-être, réel, des deux personnages principaux. En résulte l’impression troublante de se noyer le sourire aux lèvres. Christophe Narbonne • Première ici

LES DRÔLES DE POISSONS CHATS de Claudia Sainte-Luce

Mexique / France • 2013 • 1H29 • avec Ximena Ayala, Lisa Owen, Sonia Franco, Wendy Guilen

Pyramide • 28 mai 2014

Locarno 2013 : Grand prix de la jeunesse | Toronto 2013 : Prix de la presse internationale

Edition d'un documents d'accompagnement AFCAE Plus d'infos sur le site du distributeur ici Claudia a 22 ans et vit seule dans une grande ville du Mexique. Une nuit, elle atterrit aux urgences pour une crise d’appendicite. Elle se lie d’amitié avec Martha, qui occupe le lit voisin. Martha a 46 ans, 4 enfants, et une inépuisable joie de vivre. A sa sortie de l’hôpital, Martha invite Claudia à habiter chez elle. D’abord désorientée par l'organisation chaotique de la maisonnée, Claudia trouve progressivement sa place dans la tribu. Et tandis que la santé de Martha s’affaiblit, le lien de Claudia avec chaque membre de la famille se renforce jour après jour.

Comment as-tu travaillé avec tes actrices ? J’ai travaillé avec Lisa [Owen] et Ximena [Ayala] durant trois mois. Avec les enfants, comme ils vivent à Guadalajara qui se trouve en province à sept heures de route de Mexico, nous nous sommes vus par intermittence. En revanche, nous nous sommes réunis tous ensemble pour travailler durant une semaine dans la même maison une semaine avant le tournage. Nous avons ainsi, dans une sorte de « rallye », défini les situations des différents personnages afin de définir leur caractère. Nous avons mis en place divers exercices qui permettent de créer les liens familiaux à l’écran. Durant cette période, chacun n’a eu qu’à se concentrer sur ce lieu et cette famille. Comment as-tu créé cette maison qui est à l’écran un personnage en soi, un foyer dont la portée symbolique est proche d’une mère ? Je me rappelle en avoir beaucoup parlé avec Barbara Enriquez, la chef décoratrice. Je souhaitais que cette maison soit chargée de souvenirs tout en présentant des pièces très bien agencées, à l’instar de la construction mémorielle où les souvenirs des éléments du passé sont souvent plus beaux que la réalité. Des nappes ou des tasses de café peuvent ainsi être bien plus lumineux en souvenir que par euxmêmes. Cela a conduit à donner une identité unique à cette maison bien qu’elle soit assez simple. Une maison qui a changé une vie peut traduire le changement de vie même. […] Peux-tu parler du concept de « famille en perpétuel mouvement », capable d’intégrer un nouveau membre, qui t’est propre dans ton film ? Je pense que la famille est ce qui fait ce que nous sommes en plus de pouvoir en disposer. Je pouvais construire mon personnage principal à travers plusieurs éléments autobiographiques mais j’ai également ajouté des éléments purement fictionnels au récit pour faciliter l’approche du spectateur. Je pense que chacun peut s’identifier avec chaque personnage ou quelques-uns en particulier parce que nous sommes passés à un moment par ce qu’ils vivent. En effet, nous avons tous en commun la famille et la mort. Extrait d'un entretien réalisé par Cédric Lépine à l’occasion du Festival Viva Mexico 2013 à Paris • Médiapart ici


BLACK COAL de DIAO Yinan Chine • 2013 • 1H46 • avec Fan Liao et Lun-Mei Kwai Memento • 11 juin 2014 | Berlinade 2013 : Ours d'or

Edition d'un document d'accompagnement AFCAE Plus d'infos sur le site du distributeur ici En 1999, un employé d’une carrière minière est retrouvé assassiné et son corps dispersé aux quatre coins de la Mandchourie. L’inspecteur Zhang mène l’enquête, mais doit rapidement abandonner l’affaire après avoir été blessé lors de l’interpellation des principaux suspects. Cinq ans plus tard, deux nouveaux meurtres sont commis dans la région, tous deux liés à l’épouse de la première victime. Devenu agent de sécurité, Zhang décide de reprendre du service. Son enquête l’amène à se rapprocher dangereusement de la mystérieuse jeune femme.

[...] Plus fort encore, le Black Coal, Thin Ice du Chinois Diao Yinan. Je n’avais rien vu de lui mais il avait bonne réputation, parfaitement justifiée à la vue de ce nouveau film. Un polar à la sauce mandarine qui raconte la violence terrible de la société chinoise actuelle et qui n’est pas sans évoquer A Touch of Sin, le dernier Jia Zhang-ke. Un flic défroqué enquête sur deux affaires de meurtres à cinq ans de distance : chaque fois, on a découvert les morceaux de cadavres des victimes éparpillés façon puzzle. L’enquête amène notre héros vers une jeune femme sexy dont il tombe évidemment amoureux. Les figures du privé solitaire et de la femme fatale sont ici totalement refondues et revigorées au contact d’une Chine hivernale, grisâtre, écrabouillée entre la déréliction du communisme et les ravages du libéralisme. Tout cela est certes sombre, glauque, pousse-suicide, sauf que la mise en scène de Yinan est d’une puissance et d’une netteté de tous les instants. A chaque plan, quelque chose palpite, on est saisi, sans un instant de relâchement. Sujet déprimant mais film galvanisant, mon Ours d’or perso […] Serge Kaganski • les Inrocks ici Prochain soutien AFCAE Actions/promotion : A LA RECHERCHE DE VIVIAN MAIER de John Maloof et Charlie Siskel (Océan films • 2 juillet 2014)

SOUTIEN AFCAE PATRIMOINE LA VIEILLE DAME INDIGNE de René Allio

France • 1964 • 1H34 • avec Sylvie, Jean Bouise, Victor Lanoux, Malka Ribovska Shellac • 9 juillet 2014 | D'après la nouvelle de Bertolt Brecht

Edition d'un document d'accompagnement AFCAE Revue de presse du film sur le site de la Cinémathèque française ici À la mort de son mari, Mme Berthe décide de vivre pour elle-même malgré l'offre intéressée de deux de ses enfants qui désirent l'héberger. Sa nouvelle façon de vivre, choquante pour tous, surtout pour sa famille, lui permet de découvrir l'amitié libre et le vaste monde.

« René Allio a réalisé un film qui apporte incontestablement un ton nouveau dans le cinéma français. La Vieille dame indigne est un film réussi, sympathique, très public, mais c’est plus encore. Un regard neuf sur un monde particulier : celui des cœurs simples (…). René Allio a transposé cette aventure dans un quartier populaire de Marseille, l’Estaque. La ville et surtout le quartier donnent au film une certaine respiration. Ce n’est plus là ce Marseille des films pittoresques dont Pagnol et ses imitateurs furent longtemps responsables. Ici tout paraît vrai, juste, humain. » Samuel Lachize • L’Humanité (1965)

SOUTIENS PARTENARIAT AFCAE PATRIMOINE L’ENCLOS d’Armand Gatti

France • 1960 • 1H45 • avec Jea Négroni, Hans Christian Blech et le voix de Jean Vilar Clavis films • septembre 2014 | Festival de Cannes 1961 : Prix de la critique

Plus d'infos sur le site du distributeur ici | site sur Armand Gatti ici Un camp de concentration nazi. Face à face d’un détenu politique allemand et d’un juif français. Le pervers commandant nazi promet la vie sauve à celui qui tuera l’autre à l’issue d’une nuit en commun dans un enclos de fils barbelés.

[…] Sautant d'une scène à l'autre avec un mélange curieux d'urgence et de distance, mêlant l'irrationnel et l'hyperréalisme, il parvient à exprimer l'essence de la barbarie concentrationnaire : l'horreur génératrice d'horreur, l'humiliation génératrice de bourreaux. Il désosse la subtilité abyssale de la hiérarchie dans les camps, et dévoile une société secrète, régie par les conflits de pouvoir à tous les échelons, du plus faible des détenus jusqu'à Himmler. Petites dominations, emprises mesquines : la peur de l'autre est vraiment le moteur de tout, dans cet univers que Gatti refuse de montrer d'un seul bloc [...] A l'image de ce saisissant plan d'ouverture, où des pierres arrachées à la roche dégringolent à grand fracas dans la carrière de Mauthausen, Armand Gatti sort les êtres de l'anonymat pour leur redonner le droit à l'individualité, aussi faible et humaine soit-elle . A moins que les pierres roulant à terre ne figurent les sacrifiés, inutilement arrachés à la vie ? Poète et résistant dans l'âme, Gatti n'impose aucune interprétation. Il plonge le spectateur dans un état de sidération et d'angoisse, d'errance et de révolte . D'une richesse infinie, ce film méconnu prouve qu'il existe une troisième voie, entre la reconstitution circonstanciée à la Polanski et le refus total de la représentation à la Lanzmann. Armand Gatti l'a défrichée en toute discrétion, en toute intégrité. En livrant son combat de toujours : tendre un miroir à ses contemporains. Marine Landrot • Télérama ici


PARTIE DE CAMPAGNE de Jean Renoir

France • 1936 • 52' • avec Sylvia Bataille, Jane Marken, André Gabriello, Georges Darnoux, Jacques Brunius, Paul Temps, Gabrielle Fontan, Jean Renoir Solaris • 28 mai 2014 (version numérique restaurée)

Document édité par le distributeur | Plus d'infos ici Sur DVD classik ici Par une torride journée d’été, la famille Dufour quitte Paris pour Bezons-sur-Seine. Monsieur Dufour accompagné de sa femme, sa belle mère, sa fille et son commis (et futur gendre) s’arrête dans une charmante auberge en bord de Seine. Tandis que le déjeuner sur l’herbe est dressé, deux canotiers viennent à leur rencontre. La chaleur et le vin aidant, il est décidé que Madame Dufour et sa fille, Henriette, iraient faire une promenade en Yole sur les eaux du fleuve en compagnie des deux jeunes hommes. Lorsque les bateaux quittent la rive, le ciel se charge de gris et annonce l’orage à venir …

« L’une des plus belles images de l’oeuvre de Renoir et de tout le cinéma est cet instant dans Une Partie de campagne où Sylvia Bataille va céder aux baisers de Georges Darnoux. Commencée sur un ton ironique, comique, presque chargé, I’idylle, pour se poursuivre, devrait tourner au grivois, nous nous apprêtons à en rire et brusquement le rire se brise, le monde chavire avec le regard de Sylvia Bataille, I’amour jaillit comme un cri ; le sourire ne s’est pas effacé de nos lèvres que les larmes nous sont aux yeux.» (André Bazin, Cahiers du cinéma n°8) Cette scène résume bien la structure et le climat du film : la comédie sans cesse s’y dissout dans l’émotion : émotion devant la nature, émotion des sens, émotion sentimentale, il est vain de considérer le film comme un court métrage ou comme un film «pictural» (encore que trois tableaux au moins d’Auguste Renoir s’y reconstituent devant nos yeux : «La Grenouillère», «La Balançoire», «Le déjeuner des canotiers»), vain aussi de dire qu’il n’est pas terminé. Les problèmes qu’il a posés à divers stades, les hésitations devant son métrage définitif, le long temps écoulé entre son tournage et sa sortie, la perte du premier montage de Renoir dérobé par les Allemands, I’absence de l’auteur lors du second montage, le plan d’extérieur non tourné remplacé par un carton, le non tournage total des scènes en studio (la boutique), tout cela finalement ne joue aucun rôle. Sans que son réalisateur ni son producteur le sachent sur le moment Une partie de campagne était terminé le jour de l’involontaire dernier tour de manivelle. Il n’y manque pas un mètre. C’est un dialogue amoureux entre Jean Renoir et la nature, conversation tantôt badine, tantôt sérieuse et à laquelle Maupassant n’assiste qu’en spectateur. La nature rend bien à Jean Renoir l’amour qu’il lui porte (…) Jacques Doniol Valcroze • Cahiers du cinéma n°78 , 1957 En complément : ESSAIS D'ACTEURS Le petit atelier de Jean Renoir

Passionnant montage réalisé par Claudine Kaufmann pour la Cinémathèque française, ce document réunit les bouts d'essais des principaux comédiens. Organisés en deux temps – en studio, à Billancourt, puis à la campagne, sur les lieux même du tournage –, ces Essais d'acteurs offrent des images particulièrement émouvantes, où l'on comprend comment Renoir a cherché à jouer avec la lumière sur le visage des comédiens, ou comment il a construit, de proche en proche, la scène du baiser final entre Sylvia Bataille et Georges Darnoux. Considéré comme un maître de la direction d'acteurs, Jean Renoir laisse ici entrevoir sa méthode, presque naturaliste avant l'heure, pour capter l'instant de vérité dans le regard de ses interprètes. L'absence de son permet davantage encore de s'attarder sur les mimiques gracieuses de l'actrice principale ou les expressions amusantes du père. (...)

LE PRÊTEUR SUR GAGES de Sidney Lumet

Etats-Unis • 1964 • 1H56 • avec Rod Steiger, Geraldine Fitzgerald, Brock Peters, Jaime Sanchez

Swashbuckler Films • 9 juillet 2014

Document d'accompagnement à commander aurpès du distributeur Plus d'infos sur le site du distributeur ici Sol Nazeman a vu disparaître sa femme et son fils dans les camps de la mort. Rescapé de la Shoah, il a quitté l'Allemagne et vit aujourd'hui à Harlem où il exerce le métier de prêteur sur gages. C'est un homme froid, sans émotion, que ce soit dans ses affaires qu'il mène avec un détachement glacial ou dans ses relations aux autres. Sol est en fait accablé par les souvenirs des camps, par la culpabilité du survivant. Son cœur détruit a besoin d'un électrochoc pour recommencer à battre. Celui-ci va venir de son jeune commis qui essaye maladroitement, ne sachant rien de son passé, de le sortir de sa carapace...

C'est avec ce film que Sidney Lumet s'aventure pour la première fois dans le domaine de l'expérimentation formelle en travaillant sur l'irruption de violents et impromptus flashbacks qui viennent scander le parcours de Sol Nazeman. S'il est l'un des premiers à utiliser cet effet de montage - qu'il réutilisera régulièrement par la suite et notamment de façon magistrale dans The Offence - dans un film américain, ce n'est pas par affèterie mais bien parce que ce procédé est une réponse au questionnement moral inhérent à ce projet. Lumet refuse en effet d'utiliser des images d'archives pour figurer l'Holocauste, conscient de l'ambiguïté qu'il y aurait à mêler ainsi fiction et documentaire. (...) Il évite ainsi le piège de la représentation des camps, de la fictionnalisation, l'abomination concentrationnaire étant écartée du cœur d'un récit qui se concentre uniquement sur la façon dont le survivant voit sa vie entière conditionnée par l'horreur de ce qu'il a vécu. [...] Ce n'est pas la seule expérimentation formelle d'un film très riche qui s'impose comme l'une des œuvres charnières de la carrière de Lumet. Ce dernier travaille ainsi sur les courtes focales, filmant ses personnages de manière déformée ou selon des perspectives torturées, renforçant ainsi l'aspect cauchemardesque et halluciné du film. Lumet aime à répéter que, pour lui, l'essentiel de la mise en scène passe par les focales : c'est leur choix qui définit le film, le point de vue, le style et le discours d'un film. Autre nouveauté, il tourne de nombreuses séquences dans les rues de New York à l'aide d'une caméra portative et en son direct, imprimant à son film un sentiment d'urgence et de réalité que l'on retrouvera dans nombre de ses œuvres ultérieures. Lumet filme New York comme personne : il sait capter les différentes ambiances de la ville, sait trouver le tempo propre à chaque quartier ou communauté, sait jouer de la variété des architectures que lui offre cette cité cosmopolite. […] Olivier Bitoun • Ciné Classik ici


2014 | communiqué N°04