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PRÉVISIONNEMENT Graines d'Images et le cinéma Le Rex ont le plaisir de vous inviter à la journée de prévisionnement

JEUDI 3 NOVEMBRE 2011 au cinéma Le Rex 2, rue de la Gare - 72600 Mamers tél : 02 43 97 59 39

9h30 – Accueil

10h00 – Tous au Larzac de Christian Rouaud Séances spéciales – Festival de Cannes 2011 Soutien AFCAE 12h – Déjeuner

13h30 – Corpo Celeste d'Alice Rohrwacher Quinzaine des Réalisateurs – Festival de Cannes 2011 Soutien GNCR

15h30 – Le Havre d'Aki Kaurismäki Sélection Officielle – Festival de Cannes 2011 Soutien AFCAE

17h10 – Discussion sur les films – Bilan Graines d'Images Junior 2011 et fin du prévisionnement

Merci de confirmer votre présence par téléphone ou retour de mail avant le 31/10/2011 à Graines d'Images

Graines d'Images – 28, avenue Jean Jaurès – 72000 Le Mans Tel : 02 43 78 25 01 – Email : graines.dimages@wanadoo.fr


TOUS AU LARZAC

CORPO CELESTE

de Christian Rouaud

d'Alice Rohrwacher

France – 2011 – 1h58 Sortie le 23 novembre 2011 – Ad Vitam Documentaire

Italie – 2010 – 1h40 Sortie le 21 décembre 2011 – Ad Vitam Avec Yle Vianello Anita Caprioli, Salvatore Cantalupo,...

Soutien AFCAE

Soutien GNCR

Marizette, Christiane, Pierre, Léon, José… sont quelques « Que veut dire Eli, Eli, lama sabachthani ? » demande uns des acteurs, drôles et émouvants, d’une incroyable lutte, celle des paysans du Larzac contre l’Etat, affrontement du faible contre le fort, qui les a unis dans un combat sans merci pour sauver leurs terres. Un combat déterminé et joyeux, mais parfois aussi éprouvant et périlleux. Tout commence en 1971, lorsque le gouvernement, par la voix de son ministre de la Défense Michel Debré, déclare que le camp militaire du Larzac doit s’étendre. Radicale, la colère se répand comme une trainée de poudre, les paysans se mobilisent et signent un serment : jamais ils ne cèderont leurs terres. Dans le face à face quotidien avec l’armée et les forces de l'ordre, ils déploieront des trésors d’imagination pour faire entendre leur voix. Bientôt des centaines de comités Larzac naitront dans toute la France... Dix ans de résistance, d'intelligence collective et de solidarité, qui les porteront vers la victoire. Usant de cette forme classique que les praticiens du genre délaissent aujourd'hui en privilégiant souvent le mode contemplatif au détriment de l'impact pédagogique, Christian Rouaud fait mouche encore une fois en se contentant de raconter une histoire à partir des faits, des archives, des témoignages qu'il a accumulés. C'est une magnifique (et historique) épopée socio-politique qu'il évoque, le récit d'une action collective digne d'un western, revécue par ses protagonistes. (...) "Je voudrais que l'on se nourrisse de cette histoire pour regarder notre monde", dit Christian Rouaud. "Ce qui caractérise les luttes de cette époque, ce n'est pas le dogmatisme gauchiste mais une incroyable liberté d'invention et de ton, une fierté, une insolence, une imagination sans bornes. Il s'agit modestement, à travers le récit d'une lutte longue et terrible, de laisser monter en nous la petite musique de connivence, de vibrer avec les acteurs, de craindre avec eux, de rire avec eux, de s'immiscer dans l'intimité d'un groupe qui invente. S'il y a une actualité du Larzac, c'est dans la force subversive dont cette histoire est porteuse". Jean-Luc Douin – Le Monde

Marta au vieux prêtre. « C’est un cri, c’est Jésus qui hurle, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Ce cri résonne en elle. Marta scrute sa ville natale en Calabre, où elle vient tout juste de rentrer avec sa mère et sa soeur, après avoir grandi en Suisse. Du haut de ses treize ans, elle se sent comme une étrangère dans cette Italie du sud dévastée. Elle a maintenant l’âge de faire sa confirmation et le catéchisme est le meilleur endroit pour tenter de s’intégrer. Mais loin de ses rêves « célestes », elle ne fait qu’y découvrir les petits arrangements de la communauté.

«Il y a un vrai regard de cinéaste dans Corpo Celeste. Celui d’Alice Rohrwacher, jeune réalisatrice qui a pris le parti d’intégrer, presque tels quels, des morceaux de réalité à son récit d’une adolescence ordinaire. Le procédé n’est pas révolutionnaire en soi, mais il fonctionne ici parfaitement. Sans doute en raison de son adéquation avec le sujet : la découverte, par une jeune fille qui est en train de quitter l’enfance, d’un univers nouveau, plein de codes et de rites inconnus, parfois drôles, parfois plus brutaux. Et la caméra devient le regard du personnage, à la fois innocent et critique. De ce point de vue, la légère ironie qui transparait au travers de la description de l’univers du catéchisme est d’une fraicheur bienvenue, et correspond exactement à l’état d’esprit d’une adolescente, par ailleurs peu bavarde. C’est donc l’image, la lumière, les mouvements de caméra et la manière de capter le réel, qui font tout le sens et l’intérêt de ce premier film très réussi. » Benjamin Untereiner – Les Fiches du Cinéma

Graines d'Images – 28, avenue Jean Jaurès – 72000 Le Mans Tel : 02 43 78 25 01 – Email : graines.dimages@wanadoo.fr


LE HAVRE d'Aki Kaurismäki Finlande/France – 2011 – 1h38 Sortie le 21 décembre 2011 – Pyramide Distribution Avec André Wilms, Kati Outinen, Jean-Pierre Darroussin,... Soutien AFCAE

Marcel Marx, ex-écrivain et bohème renommé, s’est exilé volontairement dans la ville portuaire du Havre où son métier honorable mais non rémunérateur de cireur de chaussures lui donne le sentiment d’être plus proche du peuple en le servant. Il a fait le deuil de son ambition littéraire et mène une vie satisfaisante dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty, quand le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d’Afrique noire. Quand au même moment, Arletty tombe gravement malade et doit s’aliter, Marcel doit à nouveau combattre le mur froid de l’indifférence humaine avec pour seules armes, son optimisme inné et la solidarité têtue des habitants de son quartier. Il affronte la mécanique aveugle d’un Etat de droit occidental, représenté par l’étau de la police qui se resserre de plus en plus sur le jeune garçon refugié. Il est temps pour Marcel de cirer ses chaussures et de montrer les dents. (...) Le Havre, ne devrait pas aider à percer le cas Aki Kaurismäki, passablement en train de devenir à chaque film plus énigmatique encore. Certes, la caresse matinale que le film a administrée avec un naturel absolument prodigieux a été reçue - à raison - comme une jouvence par des hordes de critiques qui commençaient, à miparcours, à vraiment ressembler à une armée de pommes au four bien gonflées sous les paupières. Mais que l’on retrouvait soudain tout reliftés après une heure quarantetrois minutes de miracles ligne claire du cinéaste finlandais : «Que Le Havre est beau, que Le Havre est bon.» Mais une fois encore, il va être difficile de faire tenir tout le cinéma de Kaurismäki sous la seule étiquette de la bonté humaniste. Il est connu qu’on ne fait du bon cinéma avec des bons sentiments, et Kaurismäki est un très beau cinéaste, justement parce qu’il est bien plus retors qu’il n’y paraît.

Correspondant finlandais. A ce titre, Le Havre embellit le problème. Ça ne saute évidemment pas aux yeux (et/ou au paf) si on se limite à ce que le film raconte, qui semble un peu gros : en l’occurrence l’histoire d’un ancien écrivain bohème devenu cireur de chaussures, échoué in fine au Havre chez une femme bonne. Laquelle tombe malade à peu près en même temps que l’homme tente de sauver des fourches de l’administration française un jeune migrant clandestin black qui cherche par tous les moyens à rejoindre Londres. Raconté comme ça, on se croirait dans un film de Robert Guédiguian (notamment la présence de Jean-Pierre Darroussin). Sauf que la structure narrative de ce Havre est celle d’un conte de fée comme le cinéma osait encore en produire du temps de Chaplin. Et qu’Aki Kaurismäki filme à la façon de Yasujirô Ozu (plans absolus et palette de couleurs magnifique). Ou de Jacques Tati (pour l’humour un peu sec). Ou de Jim Jarmusch, dont il a toujours été (depuis Ombres au paradis en 1986) le correspondant finlandais. En 2006, le précédent Aki Kaurismäki, les Lumières du faubourg, un peu trop vite rangé partout sous la bannière du «rien de neuf sous le soleil de minuit», résonnait d’une anxiété métallique, qui passait toute entière dans les couleurs du film - des bleues sombres, des rouges intenses d’une froideur à vous foutre les chocottes. Les mêmes couleurs qui baignent Le Havre et repeignent la ville du même sentiment intranquille. L’expérience de la cruauté du monde est seule à même d’enseigner l’humanisme. Les miracles ne sont délivrés qu’à ceux qui ont été résistants, endurants, face à l’adversaire. Toutes ces choses que nous avons apprises chez Chaplin, on les retrouve rejouées par ce Marcel Marx, qu’incarne avec une intelligence détachée le grand André Wilms (vieil habitué des plateaux kaurismäkiens). Poésie fanée.Le Havre est un nouveau film inquiet, qui fait entrer dans son champ des archives récentes des JT français avec des vrais morceaux de la jungle de Calais dedans. Mais pourtant, on n’en retient (jusqu’à la gêne) que l’extrême douceur. Comme le dit le cinéaste lui-même dans le dossier de presse : «Le sort réservé aux extracommunautaires qui tentent d’entrer dans l’Union européenne est souvent indigne ; je n’ai pas de réponse à ce problème, mais il m’a paru important d’aborder ce sujet dans un film qui, à tous égards, est irréaliste.» (...) Dans ce marché aux puces de l’inquiétude humaine, la baguette magique Kaurismäki invente des communautés d’hommes que l’on voudrait aimer parce qu’ils sont beaux et complexes (le personnage de flic joué par Jean-Pierre Darroussin, qui préfère l’amour de ses congénères à la fierté des chiffres du ministère), quand seuls les cons finis sont univoques. Le Havre continue sans doute de dessiner le portrait même d’Aki Kaurismäki, l’homme qui à la fois agace à force de caresser les bons sentiments de gauche dans le sens du poil et le cinéaste chien fou qui vous lèche le visage tout en vous mordant les fesses. Tout en inquiétude tranquille. Philippe Azoury – Libération

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