Clutch Toulouse fév. 2017

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Rap Pop noise Post punk Trip-pop

Von Alexander

MAYHEM1993 (Film noir)

Et si l’état du Wisconsin, zone de transit séparant Chicago de la capitale canadienne, était le secret le mieux gardé du rap américain actuel ? Parmi les nouveaux prodiges de la froide et ouvrière Milwaukee - comptant également IshDARR ou Wave Chapelle - c’est bien Von Alexander qui synthétise le mieux la fougue de cette intrigante « génération soundcloud ». Respectueuse des classiques (les allégeances à Nas ne manquent pas), elle revendique ses origines rurales, n’attend rien des médias, et s’aventure dans des ambiances aériennes en lorgnant vers des inspirations electronica (le titre « Glory »). Cliquez ! | P.M.

Trupa Trupa

Headache (Ici d’Ailleurs)

Poisseux et crépusculaire, Headache nous a cueilli par surprise. Une méthode de roublard, peut-être, mais qui a le mérite d’être assumée et de porter ses fruits avec une innocence naturelle. Qu’on pense à ce chanteur se brisant régulièrement les cordes vocales sans prévenir (quel toupet !). Ou à cette mixture sonore foudroyante, concassant les éléments pop - avec un certain penchant pour les ballades - sous un furieux empilement noise aux tentations mystiques. Séance de rattrapage oblige pour ce premier album sorti chez nous (en 2016) d’un quatuor Polonais qui compte déjà trois disques à son actif. | B.O.

Daisy Mortem

Better!Better!Better ! (We are vicious)

Blips inquiétants, voix caverneuse, basse profonde. Trompettes de l’apocalypse. Après une entame presque sirupeuse, « B!B!B ! » bifurque à mi-chemin pour révéler sa face sombre, quasi gothique. Un bon résumé du programme général de ce premier EP, qui démarre sur les chapeaux de roue : sur une mélodie obsessionnelle, « Everyone does it » se scinde entre new-wave pour dancefloor fluorescent et indus pour pogo violent. Il faudra attendre le final, « Make the Witch » pour laisser retomber un peu la pression. Avant ça, sourire aux lèvres, Daisy Mortem aura fondu pop, punk et electro dans un chaudron infernal. | B.O.

Polaroid3

Rivers (Bloody Mary)

Rivers n’est pas là pour donner un coup de fouet au thermomètre. Au contraire, la couverture enneigée de l’album joue carte sur table. Polaroïd3 apprécie les grands espaces hivernaux, dans lesquels peut s’épanouir en toute liberté une matière sonore puisant ses forces dans le trip-hop et la pop. Trio strasbourgeois formé au jazz et aux musiques improvisées, le groupe arpente des paysages touchant au lyrisme : au milieu de touches d’electronica, les cordes glissent sur le timbre diaphane de Christine Clément, dans des arrangements d’une précision qui n’efface jamais la dimension organique de chaque titre. Troublant. | B.O. • 71