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livres Otomo

Revue (Rockyrama)

Citer Nietzsche dans l’intro’ d’un papier sur Mario Kart ? Check, c’est bien le style de l’équipe Rockyrama. C’est elle que l’on retrouve derrière ce hors-série consacré à la culture nippone, au format plus petit, mais plus épais, et dont le travail graphique reste au diapason de l’identité pop de la revue. Clin d’œil à Katsuhiro Otomo, père d’Akira, cet Otomo brasse large des figures familières de l’archipel (Godzilla, Albator via un entretien surréaliste avec son créateur Leiji Matsumoto), exhume le jeu-vidéo injouable du génial Takeshi Kitano, ou retrace la vie et l’œuvre de Kinji Fukasaku (Battle royale). Parfait. | B.O.

Renégat

Mark E. Smith (Serpent à Plumes)

Mais pourquoi est-il si méchant ? Leader (et seul membre permanent) de la mythique formation post-punk The Fall, le tonitruant Mark Edward Smith n’a jamais fait l’unanimité dans le milieu rock indé. Si ses embrouilles à répétition avec ses musiciens (près de 50 renvois) et ses frasques alcooliques ont fait le bonheur de la presse spécialisée, sa science de l’humour vache reste inégalée. Faisant parler son cynisme, le parolier de Manchester règle ses comptes dans un champ de bataille vicelard, où tous les coups sont permis. Un vrai régal. « Si c’est moi et votre mamie aux bongos, c’est The Fall ». | P.M.

Alive, Tattoo portraits

J. Lachaussée (Eyrolles)

Les livres dédiés au tattoo ont beau pulluler dans les librairies, cette réédition d’ALIVE, Tattoo Portraits ne peut laisser indifférent. Passé par la mode et la publicité, Julien Lachaussée a collaboré avec plusieurs magazines spécialisés, comme Inked. Son accès privilégié à toutes sortes de milieux (des clubs de strip-tease aux bodybuilders, bikers et fans de rock) donne lieu à des clichés se focalisant davantage sur la personnalité des photographiés que sur leurs tatouages. Un véritable carnet de coups de cœur, quand le photographe freelance sort du cadre de la commande pour en donner sa propre version. | P.M.

Let’s talk about love

C. Wilson (Le Mot et le Reste)

Le critique rock Carl Wilson détestait le disco et la country étant jeune. Des genres qu’il a finalement appris à aimer par la suite. Alors pourquoi son aversion pour Céline Dion continue de persister ? Expérience sur les déterminants du goût, Let’s talk about love (« pourquoi les autres ont-ils si mauvais goût ») questionne l’élitisme propre à certaines critiques. Le Céline-bashing est-il vraiment justifié au vu de la popularité de la chanteuse ? En combattant sa propre condescendance, l’auteur retire ses œillères et décortique les ressorts de la culture de masse... plutôt que de la mépriser. | P.M. 38 •

Clutch Toulouse sept. 2016  

La griffe culturelle | numéro 44 | sept. 2016 | Magazine culturel gratuit Toulouse & Midi-Pyrénées

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