Clutch Toulouse nov. 2015

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Electro-swing Rap Jazz rock Deep house

Caravan Palace

<I°_°I> (Wagram)

Il y a quelques temps de ça, on se demandait ce que devenait Caravan Palace. Comme s’il nous avait entendu, le groupe sort un nouvel album et se ramène en concert (au Bikini, le 12 novembre). Ce qui fait plaisir, convenons-en, même si on ne sait pas très bien comment prendre ce titre qui ne se prononce pas. Bref, Caravan Palace remet son titre en jeu : fer de lance de l’electro-swing, la formation vient chatouiller le hip-hop d’entrée de jeu, remporte la première manche avec l’explosif « Wonderland », sonne la révolte du dancefloor sur à peu près tous les plans, et plie la partie dans la joie. Jeu, set et match. | B.O.

Big K.R.I.T

It’s better this way (Mixtape)

Autant à l’aise au micro que derrière les machines, le jeune rappeur du Mississipi a beau être un directeur artistique dans l’âme, sa patte country rap tunes s’était un peu perdue dans les méandres d’un précédent album aux ambitions démesurées (Cadillactica). Pour ce projet de transition, Big K.R.I.T reprend son baluchon pour sillonner les rives de son identité première, glorifiant un mode de vie sudiste paradoxal, à la fois simple et flamboyant. Lignes de basse funky, beats conçus pour l’autoradio, wah-wah, samples soul-funk des 70’s, et un invité qui nous avait manqué... le fêlé Ludacris ! | P.M.

Cannibales & Vahinés

Songs for a free body (Mr. Morezon)

Troisième album de Cannibales & Vahinés, Songs for a free body prouve que, décidément, Toulouse aime expérimenter en matière de jazz (voir Clutch#34). Avec la voix de G.W. Sok, ancien frontman des géniaux The Ex, ce quatuor né en 2005 sous l’impulsion de Marc Démereau, Fabien Duscombs et Nicolas Lafourest fait tomber les barrières entre jazz, rock et poésie rageuse. Mais l’originalité du groupe ne tient pas qu’à un alliage de sonorités, aussi réussit soit-il. C’est avant tout un état d’esprit libertaire et colérique, un côté punk qui s’autoriserait - et revendiquerait - un droit à rêver. En tapant du poing sur la table. | B.O.

Fouk !

Kill Frenzy EP (Heist Recordings)

Si la deep house n’est pas votre came, goûtez tout de même ce dernier arrivage en provenance d’Amsterdam, labélisé par les Detroit Swindle. Influencé par la house de Chicago et Detroit, le duo Fouk ! (Daniël Leseman et Junktion) parvient à nous hypnotiser en seulement trois morceaux, s’appuyant sur des compositions jazzy - a priori - posées ne pouvant masquer très longtemps leur fonction principale : séduire les marathoniens du dancefloor. Mais en douceur. Délicat sur le papier, ce projet condense mine de rien un groove aussi efficace qu’imparable. Qui a dit que la musique électronique était froide ? | P.M. • 69