Clutch Toulouse avril 2015

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Chanson rock Pop-rock Folk Electro

Papillon Paravel

La langue de la bestiole (Sur la branche)

Y’a pas à dire. Le cynisme volontiers provoc’ de Papillon Paravel fait un bien fou. Alors que la triste chanson française ne parvient, trop souvent, qu’à enfoncer des portes ouvertes à l’heure des grandes écoutes, c’est sa liberté de ton qui fait toute la différence. Qu’il soit sérieux ou d’humeur rigolarde, cet ancien graphiste et photographe exilé de Toulouse n’est jamais meilleur que lorsqu’il se met en boule, sa voix slammant d’énervement. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il fasse n’importe quoi : acoustique et samples donnent une belle complexité à sa musique (le génial instru « Habemus Papam »). | B.O.

Helluvah

Long Distance Runners (Dead Bees Records)

Il y aurait plus d’une chronique à consacrer au seul « Derrida Guerilla », son refrain si évident et si diablement entêtant, ses riffs bruts fendant l’air sur une boite à rythme délicieusement rétro. Ce n’est que le premier morceau et, déjà, on se le repasse en boucle. De toute façon, quand un disque démarre sur un tel sommet, le reste ne peut relever que de la chute. Sauf qu’Helluvah relance les dés. Chaque titre existe indépendamment des autres, tout en se fondant dans un ensemble dont la voix si particulière de Camille Warme serait le ciment. Ce troisième album porte bien son nom. Il tient la distance, magistralement. | B.O.

Sufjan Stevens

Carrie & Lowell (Asthmatic Kitty / Differ-Ant)

La tranche d’americana du mois ne pouvait venir que de lui. L’ami Sufjan Stevens revient avec un album introspectif (Carrie et Lowell sont les prénoms de sa mère et de son beau-père). Ce retour dépouillé aux racines folk se présente d’abord dans toute sa douceur rêveuse, laissant à nouveau s’évader le souffle des grands espaces. Mais, à l’image du lyrisme inquiet d’ « All of me wants all of you » ou de la comptine soucieuse « Blue Pocket of Gold », l’ambiance à beau être apaisée, elle n’en reste pas moins faussement angélique. Derrière son calme apparent, le songwriter porte son regard vers l’horizon intense du crépuscule. | B.O.

IPHAZE

BURST (Bass fury records)

Amateurs de dubstep et drum’n bass, bonne nouvelle : IPhaze revient dans les bacs ! Toujours aussi intense et engagé, Burst reste dans la continuité de ses trois prédécesseurs, le duo toulousain n’ayant pas fini de régaler ses adeptes, à grands coups de machines, batterie et invités au flow survitaminé comme Mc Livid sur « Chaos disorder » ou « No way », toasté par Catalyst. Histoire de reprendre son souffle, cette nouvelle fournée réserve aussi son lot de pistes plus posées et en charmante compagnie, à l’image de « Burst fire » ou « Like an evidence ». Prudence, ça va vibrer dans les chaumières. | M.L. • 69