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activités proposées par l’association, du jeu de construction au jeu de rôle en passant par les jeux de société ou les jeux animés. La précision peut paraître insignifiante. Elle est pourtant au cœur de l’action de ces militants qui entendent faire évoluer le regard de la société sur les activités ludiques, trop souvent uniquement associées à l’enfance et à la pédagogie. « Le jeu est pédagogique en soi, ce n’est même pas la peine de le préciser. Il y a cette idée très ancrée que le jeu n’est pas pour les adultes mais l’éducation ne s’arrête pas à l’enfance ! Tout au long de la vie, on ne cesse d’apprendre », souligne Céline Guébert. Pour cette ludothécaire de formation, le jeu n’est d’ailleurs pas un objet social, mais un objet culturel. Et ce n’est pas un hasard si le nom de

© Julie Leblanc

Il y a cette idée très ancrée que le jeu n’est pas pour les adultes mais l’éducation ne s’arrête pas à l’enfance ! l’association fait référence à l’Oulipo, ce groupe d’écrivains qui pratiquait la littérature sous-contrainte. « La contrainte favorise la création », poursuit Céline. « Avec le jeu c’est pareil, plus les règles sont précises, plus il y a de liberté à l’intérieur ». Afin de prêcher la bonne parole au public le plus large, l’association propose aussi ses services aux entreprises et aux institutions. Elle a déjà joué avec le Muséum de Toulouse et élabore en ce moment un scénario pour Tisséo en vue de l’inauguration de la ligne Envol. Bref, tout le monde peut jouer, d’accord, mais qu’est-ce qu’on gagne ? Uniquement du plaisir martèle Céline et c’est déjà beaucoup : « le jeu est futile par essence. C’est une bulle non-productive de plus en plus indispensable ». •9

Clutch Toulouse nov. 2014  
Clutch Toulouse nov. 2014  

La griffe culturelle | numéro 24 | nov. 2014 | gratuit.

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