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livres Mademoiselle Kat

Mlle Kat (Centre de l’Affiche)

Après l’exposition qu’il lui a consacré l’hiver dernier (voir Clutch#14), le Centre de l’Affiche publie un catalogue rétrospectif des créations de Mademoiselle Kat. Si elle retrace son dernier projet (Picture this), entre couloirs du métro et murs du Centre, cette édition (trop) courte retrace aussi le parcours de l’artiste toulousaine, des débuts dans les années 90 à l’évolution actuelle. Richement illustré par des croquis, affiches et photos d’archives, complété par une sympathique planche de stickers, le livre dépasse sa condition collector grâce à un brillant texte d’analyse signé Manuel Pomar, directeur du Lieu-Commun. | B.O.

Chasse à l’épaulard

Williams Exbrayat (Story Lab)

Williams Exbrayat n’a pas perdu de temps. Quelques mois à peine après la sortie de Chiennes Fidèles (chez le même éditeur en ligne), le toulousain dégoupille la suite des aventures de son détective, Maddog. Le mot « privé » est ici à prendre au pied de la lettre, le bonhomme se retrouvant à enquêter sur la disparition du mari de son ex-femme. En passant de cinquante à cent pages, l’auteur n’a rien perdu du ton acerbe et de la verve de son personnage. Toujours dans un style filant à toute allure, il empile cynisme grande gueule et vacharderies bien senties avec un sens de la formule qui fait mouche. | B.O.

Sauf quand on les aime

Frédérique Martin (Belfond)

La toulousaine Frédérique Martin signe un nouveau roman complètement bouleversant sur la génération Y. Si l’action se déroule en grande partie à Toulouse, on est très loin de l’image de carte postale de la Ville rose. Ils ont beau être jeunes, Claire, Juliette, Kader et Tisha n’ont pas eu la vie facile. Galère en amour, au boulot, avec leurs darons... Ensemble, avec leur voisin Monsieur Bréhel, ils s’entraident, résistent. Jusqu’à ce que la violence du monde ne vienne tout bousculer. Réaliste, à la fois brutal et tendre, le roman plonge dans les entrailles de ces jeunes adultes qui peinent à trouver leur place. On gage que Frédérique Martin, elle, aura trouvé la sienne. | M. J-P.

Terminus Allemagne

Ursula Krechel (Ed. Montparnasse)

Un homme sort d’un train et rejoint sa femme. Mais les retrouvailles ne sont pas évidentes, les gestes maladroits. À l’été 1948, Richard Kornitzer retrouve une épouse (et des enfants) qu’il n’a pas revu depuis plus de dix ans. Basé sur une histoire vraie (et auréolé du Prix du livre allemand 2012), Terminus Allemagne ausculte la reconstruction des liens amoureux et familiaux dans une Allemagne elle aussi en ruine, portant le poids de ses méfaits et à la culpabilité fiévreuse. Douloureuse, l’histoire évite le pathos grace à la distance qu’autorise l’écriture sèche, presque clinique, d’Ursula Krecher. | B.O.

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Clutch Toulouse sept. 2014