Clutch Toulouse juin 2014

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Chanson rock

Electro pop

Hip-hop noise

Electro

disques Cotton Claw

Dusted (Cascade Records)

Comté, cancoillotte... au rang des indéfectibles valeurs sûres franccomtoises, il faudra désormais compter avec Cotton Claw. Composée de quatre producteurs (Lilea Narrative, YoggyOne, Zo et Zerolex), la formation concocte un salé sucré de compos clairement orientées house music, agrémentées d’un soupçon de hip-hop. Taillé pour le dancefloor, le projet souffle intelligemment le chaud et le froid, maintenant une tension constante entre la rigueur glacée des sons analogiques et la moiteur des échappées groovy, à l’image des fabuleux titres « Naked » et « Suzanna ». Goûtez, vous verrez. | P.M.

Moodie Black

Nausea (Jarring Effects)

Référence à Sartre, le titre de ce premier album intrigue autant qu’il laisse craindre le pompiérisme. Le crew US choisit très vite son camp : K.O. général dès une intro démente. Les textures sont sombres, l’atmosphère est poisseuse et l’album, un trip crépusculaire. Il y a dans sa fusion downtempo une énergie vitale, puisée aux tréfonds d’une colère atone et d’une révolte souterraine. Le Mc Chris Martinez cisèle des textes chargés de sous-entendus politiques et sociaux (« Mass ») tandis que les sons industriels soulèvent les tripes. Organique et cérébrale, l’étourdissante réussite d’un hip-hop nouveau genre, post-noise et existentialiste. | B.O.

Blue Box

Afterglow (La boite bleue)

Selon les traductions, le mot afterglow peut tout à la fois désigner la couleur rosée du ciel au crépuscule ou l’état d’euphorie procuré par certaines drogues. On ne sait pas trop s’il faut choisir entre les deux à l’écoute du nouvel EP du groupe francilien. Les mélodies electro-pop, de loin en loin orientées 80’s, procurent effectivement un sentiment de légèreté diaphane. Parés pour le dancefloor (en témoigne la montée efficace de « Loop »), ces cinq morceaux n’en sont pas moins travaillés avec une finesse et un lyrisme romantique. Mais pas de superflu : Blue Box sait où il veut nous emmener et on l’accompagne volontiers. | B.O.

Kebous

Puzzle (L’Autre Distribution)

Le cœur-mappemonde qui orne la couverture de ce quatrième album masque un autoportrait. Celui de Laurent Bousquet, qui délaisse les festifs Hurlements d’Léo pour la facette plus intériorisée de Kebous, son projet solo. Bien entouré - notamment par la violoniste Bertille Fraisse, dont la voix vient parfois accompagner la sienne dans un parfait jeu de rebond vocal -, Puzzle dessine un tableau éclectique, maintenu par l’alchimie des textes. Car si le rock est indispensable à la recette (terrible basse de « L’homme libre »), c’est la chanson qui reste l’ingrédient principal d’un album à la sincérité manifeste. | B.O.

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