Clutch Toulouse, juillet-août 2013 / Guide de festivals

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disques Fadah

Les Loges de la Folie (Cmf Records)

Voici le genre d’album ayant les épaules assez solides pour renforcer la place de Toulouse dans la cartographie du rap français. Dans un contexte où les projets de qualité passent trop souvent à la trappe, noyés au milieu de productions inégales, Les Loges de la Folie sort indéniablement du lot. Flow accrocheur, refrains efficaces, lyrics fouillés, soutien massif des beatmakers de l’équipe Kids of Crackling, empreinte stylistique du crew Omerta Muzik... Sans avoir la folie des grandeurs, Fadah (23 ans) a pris son temps et a fait le job. Enfin un vrai album n’ayant rien d’une compilation de morceaux. | P.M.

Old Mountain Station

OMS (We Are Unique Records)

Petits futés, les Old Mountain Station surfent en apparence sur une vague de nostalgie - on les classerait bien en folk sur la seule foi de leur nom. Mais sous le calme apparent, ce premier album (produit par Kid Loco) en dissimule un autre, bien plus malin. Car là où on croit entendre de la mélancolie, se cache une nonchalance un brin je-m’en-foutiste, rappelant l’âge d’or du skate. Là où le tempo est en sourdine, il y a toujours un effet (un instrument ou une voix) pour le faire éclater, comme un rire sous cape. Pas vraiment des sales gosses, mais indubitablement bien moins sages qu’ils pourraient le laisser penser sur une écoute trop distraite. | B.O.

Queens of the Stone Age

Like clockwork (Matador)

Il aura donc fallu attendre six ans pour voir un successeur à Era Vulgaris. Aussi hyperactif musicalement que ce bon vieux Mike Patton, Josh Homme revient à ses premiers amours. Si l’on ne retrouve que par intermittence le côté stoner du groupe, Like a clockwork brille par sa lourdeur, pour un album résolument torturé et méticuleusement soigné. Histoire de bien comprendre, le morceau « Kalopsia » résume assez bien la chose. Accompagné d’une pluie de guests comme Trent Reznor (NIN) ou Elton John pour ne citer qu’eux, le résultat est détonnant et ne cesse de se bonifier au fil des écoutes. | M.L.

Smokey Joe & The Kid

Nasty Tricks (Banzaï Lab)

À l’image de son label, le duo parisiano-bordelais excelle dans le mélange des genres, alliant les sonorités électroniques à des boucles instrumentales jazz, swing et blues. Plus hip-hop qu’électro-swing (le choix des batteries ne trompe pas), la réputation des deux producteurs n’est plus à faire en live. Nasty Tricks est un album propre (comptant la participation des Puppetmastaz), reflet d’une recette musicale à la mécanique bien huilée. Il n’empêche : s’installant confortablement dans l’esthétique ayant assuré sa renommée, le groupe saura-t-il se renouveler dans ses compositions futures ? | P.M. 70 •