Clutch Toulouse - avr. 2018

Page 7

Cœur, Le Common Diamond, Alone With Everybody, Kid Wise et bien d’autres. Pour Chris, claviériste au sein du groupe Ruby Cube, l’expérience des Dodoz a montré au vivier pop rock toulousain qu’une portée nationale était possible : « cela a inspiré beaucoup de monde, au même titre que Kid Wise. Ce rapport de proximité est très concret, car ils étaient au collège et dans les mêmes lycées que nous ! Aujourd’hui on continue de se voir, même si beaucoup de musiciens jouent dans des projets différents ou sont montés à Paris ». Si les formations citées plus haut n’ont pas toutes connu la même réussite, la plupart ont effectivement dû quitter la ville rose au moment d’envisager une carrière musicale. Selon Pierre Rougean, toute velléité de succès passe encore par une signature auprès des grands labels parisiens : « aujourd’hui, avec Internet et les home studios, on pourrait considérer que ce n’est pas un passage obligé. Mais connaît-on un groupe sans label qui vend des disques et fait de grandes tournées ? Une fois passé un certain stade de développement, il devient difficile de se passer de l’industrie musicale ». Tant espérée et convoitée, la fameuse signature est souvent perçue comme le Saint Graal par les jeunes groupes. Mais que deviennent-ils une fois passé le cap du premier album ? La longévité des projets reste encore à questionner : les Dodoz (devenus

Las Aves) se sont séparés en 2014, tout comme les Kid Wise, ayant brutalement stoppé leur carrière en début d’année suite à la sortie du second opus Les Vivants. « C’est assez flagrant » constate Pierre Rougean. « Depuis trois ans, on assiste à la fin d’un cycle ». Malgré le succès du duo Cat on Trees (voir encadré p.9), l’âge d’or de la scène toulousaine parait en partie révolu. Si beaucoup l’expliquent par un changement de mode - où le hip-hop aurait supplanté le rock chez les jeunes

•7