Clutch Toulouse - avr. 2018

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spectacle vivant

Jerk, a serial killer

jerk

© Mathilde Darel

[Théâtre] Théâtre Garonne | du 11 au 14 avr. | 20h, 20h30 theatregaronne.com

Gisèle Vienne, plasticienne, chorégraphe et metteuse en scène revient à Toulouse avec une de ses pièces les plus commentées, Jerk, la confession d’un jeune tueur en série. Une œuvre atroce, et nécessaire. | Propos recueillis par Valérie Lassus

Comment choisissez-vous votre moyen d’expression ? Je n’ai pas l’impression de passer d’un médium à l’autre, pour moi ils ne sont pas dissociables. Spectacle vivant et cinéma sont par nature pluridisciplinaires. Jonathan Capdevielle pour interpréter Jerk, c’était une évidence pour vous ? J’ai créé Jerk en 2008, Jonathan était dans toutes mes pièces depuis 1999. Je voulais faire un solo avec lui et ce texte me semblait très juste pour lui. De plus, la pièce est assez extrême dans son genre et nécessite une grande confiance réciproque, c’est le cas entre nous. Cependant, il n’était pas possible de montrer de vraies images horribles. Tout est dans la suggestion, grâce au jeu et aux poupées.

Nous avons une relation perturbée aux sujets tabous

Pourquoi est-il important de montrer l’horreur ? Même si l’idée vient d’un fait divers, cette nouvelle de Denis Cooper n’a rien de documentaire. Ce que dit le personnage est pure fiction. Ce qui m’intéresse, c’est la nécessité de l’humain de faire face à ses peurs, à l’abomination. C’est d’essayer de comprendre notre rapport à cette horreur, qui comporte une forme de fascination. Il me semble que nous avons une relation perturbée aux sujets tabous, alors que le recours cathartique à l’art pour chasser l’épouvante existe depuis les peintures rupestres ! 42 •