Clutch Toulouse - avr. 2018

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vant, j’étais sur une période plus romantique et poétique » raconte-t-il. Entendons par là, des images plus innocentes, peut-être plus inoffensives. Mais ça, donc, c’était avant. Né à Balma, parti à Paris suivre des études de graphisme, et installé dans un atelier partagé aux Carmes depuis deux ans, Brice Marchal met aujourd’hui son savoir-faire technique au service d’interrogations et de réflexions sur la société. « À la base, j’étais sur le trait, du crayonné proche de la bande dessinée indépendante. Mais, à l’heure actuelle,

je travaille quasi exclusivement à l’ordinateur » reprend-il. Une transposition numérique des méthodes de découpage et de sculpture, jouant sur différents contrastes. « Je fais des essais, je retravaille beaucoup, de manière assez instinctive. La composition des couleurs me prend le plus de temps, parce qu’il n’y a aucun trait sur les dessins, pas de contours. C’est une approche très usitée dans le milieu du graphisme ». Ce qui n’empêche pas que l’esthétique importe chez lui moins que l’efficacité et le sens. Plus qu’à des faits d’actualité, qui se chassent les uns les autres, les dessins de Brice Marchal touchent à des sujets de société. Politique, économie, ainsi que numérique et libertés. « Les intelligences artificielles, la convergence machine/humain, tout ça me parle. Peut-être parce que mon premier mémoire était sur le transhumanisme et l’écologie ! ». L’écart entre cette gamme chromatique pop (pour ne pas dire « fun ») et le choix de sujets plus sérieux procure à ses illustrations un humour proche de l’absurde et de la satire. « Je cherche à me rapprocher du dessin de presse. J’ai envie de questionner et provoquer des réactions pour ouvrir un débat » confirme-t-il. Ou comment inviter à discuter des goûts... et des couleurs ! | Baptiste Ostré