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Soyons sĂŠrieux! M.G.


GHIOTTI Esprit de Géométrie

texte JEAN-MICHEL FORAY


COMMISSAIRE DE L’EXPOSITION Jean - Michel Foray, Conservateur Général Honoraire des Musées de France

ORGANISATION ET COORDINATION Claudio Bottello, De Arte – Torino Yvette Bernizan, promotion et coordination de l’exposition en France Ville de Bayonne

LIEUX D’EXPOSITION Les œuvres monumentales sont exposées autour du site des anciennes casernes de la Nive : Mail Chaho Pelletier Parvis du Musée Basque Campus de la Nive Les bas-reliefs et les petites sculptures sont présentés à : La Poudrière

REMERCIEMENTS La Ville de Bayonne et le Musée Bonnat Le Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne L’Université de Pau et des Pays de l’Adour et La Faculture, service culturel Le Conseil Général des Pyrénées – Atlantiques L’ École d’Art et de la Communauté d’Agglomération de Bayonne – Anglet – Biarritz La Région du Piémont, la Province et la Ville de Torino l’Université, l’Académie des Beaux Arts de Torino Jean - René Etchegaray - Adjoint délégué à la Culture et au Patrimoine Vincent Ducourau, Directeur du Musée Bonnat Marie - Christine Rivière, Direction Culture et Patrimoine Un remerciement particulièr à tous ceux qui ont permis avec leur collaboration à la parfaite réussite de l’exposition

PHOTOGRAPHIE Alexandra Vaquero

TRADUCTIONS Evelyne Giumelli

IMPRESSION Litho Art New, Torino

EDITION

www.claudiobottello.com info@dearte.it www.massimoghiotti.it ghiotti@massimoghiotti.it Couverture : « Signum » 2007 (détail) fer et acier inox


Massimo GHIOTTI – « Esprit de Géométrie » La Ville de Bayonne, consciente de la richesse de son patrimoine, s’est attachée depuis de nombreuses années, à préserver l’identité d’une ville au sein de laquelle se conjuguent harmonieusement le passé et le présent. Son architecture militaire séculaire, sa cathédrale et son centre ancien sauvegardé et restauré, constituent un héritage historique et culturel solide et attractif, qu’il est aujourd’hui important de valoriser et de faire vivre autrement. L’installation des sculptures monumentales de Maximo GHIOTTI , aux pieds des fortifications Vauban , sur le site remarquable du Mail Chaho Pelletier où cohabitent la création architecturale des siècles passés avec celle d’aujourd’hui, répond à cette volonté de mise en valeur d’un ensemble patrimonial cher au cœur des Bayonnais , en multipliant les occasions de le rendre visible pour mieux le partager et le transmettre. Je tiens à remercier chaleureusement Maximo Ghiotti, d’avoir choisi notre ville pour présenter, pour la première fois en France, une exposition de son œuvre sculpté. Il nous a permis de renouer, sans la craindre, avec cette histoire complexe, parfois conflictuelle toujours féconde, de l’art contemporain et du patrimoine. La présence de l’art dans l’espace urbain est une expérience unique d’échange et de dialogue. Ce jardin de sculptures « à ciel ouvert », qui conduit le public de la Poudrière, lourde d’histoire et véritable écrin pour les œuvres témoins de notre temps, jusqu’au nouveau campus universitaire installé dans les anciennes casernes, révèle au public la pertinence de ces réhabilitations. La création architecturale y inscrit la marque de notre époque, tout en respectant l’environnement urbain et paysager existant. Cette installation éphémère propose une rencontre originale entre l’art géométrique des sculptures industrielles et le patrimoine des siècles passés. Entre rigueur classique et esprit baroque, elle accompagne remarquablement les mutations urbaines de notre Ville et réconcilie le citoyen avec l’art contemporain. Les images de ce magnifique catalogue réalisées à partir de photographies prises à Bayonne durant l’exposition rendent compte de cette réciprocité, de ce dialogue constructif engagé sur la ville et que je souhaite dorénavant poursuivre. Je voudrais remercier la Région et la Province du Piémont, la Ville de Torino, l’Université et l’Académie des Beaux Arts de Torino qui ont soutenu l’itinérance de cette exposition internationale, pour la remarquable opportunité qu’ils nous ont donnés. Mes remerciements s’adressent également à tous ceux qui ont permis depuis l’Italie la réalisation de ce projet et dont je tiens à saluer l’engagement et le professionnalisme, Yvette Bernizan, bayonnaise de naissance et médiatrice efficace, Claudio Botello, Directeur de « De Arte » et sa collaboratrice Barbara, sans oublier Vincent Ducourau , Conservateur en chef du musée Bonnat , qui a su nous convaincre de cette confrontation artistique audacieuse et réussie .

Jean Grenet Député Maire de Bayonne


La description est la manière la moins risquée pour aborder les sculptures de Ghiotti . Le simple énoncé des éléments qui les composent nous met dans une incertitude nécessaire pour aller au delà des apparences. Le sculpteur récupère des éléments de notre civilisation industrielle : ferrailles, éléments de machines, pièces détachées pour leur attribuer un autre rôle dans un spectacle urbain de plein air, à partager avec les arbres, la rue et, comme ici à Bayonne, avec les ponts de la Nive bordée de bâtiments de pierre ou à pans de bois. On y reconnaît tout : ressorts, amortisseurs, chaînes de traction, autant d’éléments utiles au fonctionnement mécanique qui sont détournés de leur statut fonctionnel pour devenir des sculptures, aptes à rivaliser avec les architectures urbaines et défier leur monumentalité . De marbre, l’entrée monumentale du temple est devenue poutrelles d’acier, tout aussi majestueuse que l’entablement de fer qui les couronne. On reconnaît de manière évidente l’origine des éléments et ce qui s’en dégage. Caractère suggestif d’un assemblage de godets tels des cuirasses ou boucliers qui s’affrontent et se protègent en même temps. C’est la cohorte guerrière romaine dans la position stratégique de la tortue, également figure contemporaine d’une mêlée de rugby. Caractère dramatique d’une pince de grue, d’une boule d’acier ; élasticité toute poétique d’amortisseurs détournés des grosses machines auxquelles ils devaient donner de la souplesse et transformés ici en dessin dentelé ; pièces de métal pesantes et dures, érigées en monument à Hercule, nécessitant pour leur installation la force musculaire combinée à celle des engins de levage. Paradoxalement, ces drôles de machines posées ici ne se racontent pas elles mêmes comme parangon de la société industrielle ou comme objets à regarder pour le plaisir. Nous les lisons dans la logique de leur installation, sur un piédestal d’herbe verte, au voisinage d’un chêne solitaire, en perspective de la ville avec la cathédrale en fond de décor, le long d’anciennes casernes d’inspiration néoclassique, au pied d’un mur pare boulet, au bord d’un carrefour urbain, dans la cour d’honneur de l’Université. Toutes les lectures sont possibles, tous les regards combinatoires. Ces mélanges permettent à chacun d’y voir autant de formes nouvelles qu’il y a de détails qui composent leur environnement. Sans oublier le ciel bien sûr ! La dialectique de cette confrontation conçue par un artiste cultivé est ainsi livrée aux yeux de tous. D’analogie en analogie, Ghiotti suit sa culture profondément italienne, citant par exemple MichelAnge qui a montré la puissance et les forces rebelles de ces hommes Esclaves. Ghiotti casse le marbre pour nous montrer tous les ressorts de leur force prête à exploser, délaissant la référence pour n’en garder que la tension. Ou bien encore, se référant à la science des grecs anciens à propos des forces et des pressions, duel entre action et poussée, Ghiotti évoque l’équilibre que chacun ressent comme le résultat d’une expérience de physique. Cette fois, l’horizontal et le vertical sont calés par d’impitoyables ressorts qui les empêchent de s’affronter. Il n’y a pas de désir chez Ghiotti à créer l’illusion de nouvelles machines aux formes étranges qui n’auraient pour fonction que d’être sans usage. Ces pièces lourdes ont une dimension cachée qui fait du bien au promeneur qui ne s’inquiète ni de leur violence contenue ni même de la subtilité implicite propre au bel objet. De ces assemblages naît une résonance poétique bien éloignée de l’identité des objets. Et quand le spectateur tente à retrouver l’évidence du détail, malgré lui il est entraîné ailleurs. Comme cette roue ici, cassée, tel un cerceau qui va brinqueballer jusqu’au fond de la rivière, qu’un enfant laisse aller dans l’espoir d’en trouver un plus beau. Vincent Ducourau - Directeur


Ville de Bayonne - 3 octobre 2008 vernissage

Vincent Ducourau, Directeur du Musée Bonnat - Yvette Bernizan - Massimo Ghiotti Jean-René Etchegaray, Adjoint à la Culture de la Ville de Bayonne - Jean-Michel Foray, Conservateur Général Honoraire des Musées de France - Claudio Bottello.


Massimo Ghiotti est l’un des plus grands représentants de l’art turinois, connu et apprécié désormais dans bon nombre d’autres pays et, comme tel, témoin important de notre territoire et des potentiels culturels qu’il sait exprimer. Ce catalogue rassemble les œuvres provenant de collections particulières et publiques exposées au Musée d’Art Contemporain Bonnat de Bayonne et illustre la particularité des sculptures de Ghiotti. Significatif est son titre « Esprit de géométrie » qui, tout en évoquant la solidité et la définition des œuvres de l’artiste, rappelle la structure de la ville, où se croisent les rues parallèles et perpendiculaires et sa traditionnelle vocation industrielle et mécanique étroitement liée à la créativité qui en a fait une capitale du design. L’artiste se fait donc le témoin et l’interprète original et unique du laboratoire culturel et social dans lequel il est plongé. De ce fait, c’est avec un très grand plaisir que la Regione Piemonte a accueilli l’initiative promue par la Mairie de Bayonne, qui offre à nouveau l’occasion d’échanges fructueux entre nos régions. Gianni Oliva Assesseur à la Culture de la Region Piemonte

La Ville de Torino et moi – même nous sommes vraiment heureux de pouvoir saluer l’exposition de ses œuvres, que le sculpteur turinois Massimo Ghiotti verra accueillie dans Votre Musée d’Art Contemporain et dans Votre nouvel Campus universitaire. Notre ville, qui a une longue tradition d’investissements dans l’Art Contemporain, a gagné à ce sujet un rôle de premier plan en Italie et en Europe. La Ville de Torino a donc décidé de soutenir l’exposition des sculptures majestueuses de son célèbre citoyen, dans la conviction que les échanges culturels sont une grande richesse pas encore assez exploitée en Europe. Massimo Ghiotti, en rentrant dans notre ville à la suite d’un cycle d’expositions accueillies dans les plus importants musées des capitales de l’Europe Orientale, portera à Bayonne le noyau principal de ses œuvres, récemment présentées lors d’une extraordinaire exposition dans la cour d’honneur du Rectorat de l’Université et dans la place Castello de notre ville. Cette exposition a eu un grand succès de publique et de critique dû, sans doute, à l’originalité et à l’unicité des œuvres de cet artiste, défini par le grand critique français Pierre Restany « un ascète mécanique ». Fiorenzo Alfieri Assesseur à la Culture de la Ville de Torino


Je suis très heureux que la ville de Bayonne, son nouveau Campus universitaire et son Musée d’Art Contemporain Bonnat accueillent l’exposition – enrichie de nouvelles œuvres – que le sculpteur turinois Massimo Ghiotti a présentée d’octobre 2007 à avril 2008 dans la cour du Rectorat de l’Università degli Studi de Torino. De renommée internationale, le sculpteur Massimo Ghiotti a donné naissance, à travers son œuvre, à la nouvelle destination de l’extraordinaire cour de Juvarra de notre rectorat qui, avec ses six cent cinq années d’histoire, a accueilli sa première exposition d’Art contemporain. L’exposition des suggestives œuvres monumentales de Ghiotti – au fort et prenant impact visuel et émotif – dans le cadre du splendide édifice historique de style baroque finissant, s’est avérée des plus fascinantes et a fait unanimement l’objet d’intérêt et de critiques favorables à la fois de la part du milieu académique et des nombreux spectateurs qui, profitant de l’ouverture ininterrompue de la cour, n’ont cessé d’affluer durant toute sa durée. Je suis heureux que cette exposition ait permis de faire largement connaître les œuvres d’un artiste également reconnu par de grands critiques tels le regretté Pierre Restany et Maurizio Calvesi et je suis fier que d’importantes productions de l’art italien puissent, de nos jours, être aussi appréciées à l’étranger dans un emplacement tout aussi prestigieux que l’emplacement turinois. Ezio Pelizzetti Recteur de l’Université de Torino

Présenter une exposition de Massimo Ghiotti permet à la Provincia de Torino, de faire connaître l’un des artistes les plus intéressants qui opèrent sur notre territoire. Dans ce cas spécifique, notre plaisir est d’autant plus grand que les travaux de Massimo Ghiotti ont été les premiers à animer – il y a quelques années, lors d’un projet concernant la sculpture, destiné à perdurer - les espaces historiques de Palazzo Cisterna, noble siège de la Provincia de Torino. Ses oeuvres, d’une puissante plasticité, explorent les limites entre l’architecture et le monument et transmettent à tous ceux qui les contemplent un message esthétique d’une grande poésie malgré les matériaux employés qui, tombés en désuétude, sont parfois soustraits à l’oubli. Or voilà que, sous la main de l’artiste qui façonne, modèle et assemble des éléments de composition apparemment indomptables, ils réapparaissent pour communiquer, à travers leur capacité d’expression où, presque par enchantement, prévaut l’harmonie constructive, qui libère la lourde puissance de la matière pour lui conférer légèreté de lumières, de symétries, de vides, et parfois même de couleurs. Une poétique des plus personnelles et spécifiques, celle de Ghiotti, qui sait nous impliquer dans un dialogue intensément émotionnel avec l’ensemble sculptural dans son rapport intime avec le cadre dans lequel il s’insère. Un rapport espace-sculpture particulier, à propos duquel l’artiste a su développer une recherche esthétique qui le situe – pour son originalité – au sommet du panorama international, dans une dimension qui rappelle à la fois les canons classiques et le caractère transgressif de l’expérimentation. Valter Giuliano Assesseur à la Culture Provincia de Torino

Antonio Saitta Président de la Provincia de Torino


GHIOTTI Esprit de Géométrie Jan-Michel Foray

Au début du 20ème siècle, en 1910, au moment où la sculpture figurative commence à être rejetée, le sculpteur Antoine Bourdelle réalise ce qui est sans doute son chef-d’œuvre : une évocation d’un tireur à l’arc, Héraclès tue les oiseaux du lac Stymphale. A l’évidence, ce qui intéresse Bourdelle, c’est moins la figure même du tireur à l’arc, peu répandue d’ailleurs dans la statuaire du 19ème siècle, que la tension de l’arc et des muscles, l’équilibre entre deux efforts contraires : le bras tendant l’arc et le pied s’appuyant sur un rocher. L’énergie contenue, la force maîtrisée deviennent ainsi le sujet de la sculpture, son véritable propos. « Laissant bien loin tous les élans passés, je fis arriver sur la forme, au-delà du sang, de l’os, du cartilage et des muscles humains, la structure ambiante des forces » écrit-il à propos de son œuvre. Que cette œuvre fasse référence à l’Antique et à la sculpture grecque primitive, par son titre comme par le modelé du visage du tireur, n’a au fond qu’une importance secondaire au regard de son propos : elle est le moyen sans doute pour Bourdelle de placer sa sculpture hors de son temps présent, hors de ce double mouvement que connaissait son époque entre fidélité à Rodin et abstraction. C’est une sculpture qui se place dans un temps suspendu, dans le moment d’équilibre qui précède la libération explosive de forces contenues. C’est précisément ce moment que Massimo Ghiotti aime retrouver dans la sculpture du passé et qu’il met en place dans sa propre sculpture. Le moment où les volumes et les matériaux dévoilent leurs potentialités dynamiques et leur capacité à capter le mouvement tout en rendant sensible sa possible libération. Les tensions à l’œuvre dans la statuaire classique, Massimo Ghiotti les a transposées dans sa sculpture ; il en a fait une réduction géométrique, une abstraction : le sabre au clair, le galop du cheval, l élan d’un corps en avant Antoine Bourdelle deviennent chez lui ellipses, torsions, “Héraclès tue les oiseaux du lac Stymphale” compressions.


De la sculpture classique il a en quelque sorte retenu non l’histoire qu’elle raconte, l’allégorie dont elle est porteuse, mais le tracé des mouvements, leur épure : courbes, cercles, angles vifs. Mais ce tracé obéît à des lois physiques : de ces lois Massimo Ghiotti, là encore, ne retient que des principes, que l’esprit. Sa sculpture est ainsi construite sur la mise en espace et en œuvre de forces contraires : la résistance, la poussée, la compression Mais Ghiotti se trouve confronté à une époque dans laquelle la sculpture rencontre un problème majeur, celui de son insertion dans l’espace public. La statuaire du dix-neuvième siècle, avec ses contenus descriptifs, narratifs ou allégoriques trouvait naturellement sa place dans les villes ou au fronton des palais. Avec la sculpture abstraite on assiste au contraire à un reflux de la présence de l’art dans les villes et dans l’architecture. Cette présence, si naturelle dans les siècles passés –quelle ville n’a jamais honoré ses grands hommes par quelque monument ?- ne va plus de soi. Les causes de ce reflux sont multiples, mais l’une d’entre elles au moins est déterminante : c’est l’art qui s’est retiré de lui-même de la sphère publique, c’est l’art qui a renoncé à parler au plus grand nombre et qui s’est délimité un pré carré dont il ne sort guère. Face à ce retrait la question qu’a pu se poser Massimo Ghiotti est sans doute celleci : comment avec le langage d’aujourd’hui réaliser une sculpture qui s’insère dans l’espace urbain aussi harmonieusement et naturellement que la sculpture du passé s’y insérait ? Ce n’est doc pas en rupture avec le passé que Massimo Ghiotti construit ses sculptures, mais par filiation, continuité avec celui-ci. Comme Bourdelle cherchait au-delà des muscles et des formes humaines la structure des forces, Ghiotti cherche ces mêmes forces dans les objets que lui offre le monde moderne, mais aussi au-delà d’eux. Ainsi, dans telle sculpture construite à partir de lames d’amortisseurs de wagons de chemin de fer, c’est moins l’objet lui-même qui l’intéresse, et le renvoi qu’il suppose au monde industriel, que ce qu’il peut contenir d’énergie. L’amortisseur est le signe visuel de la tension.et de l’effort. Ainsi, de même qu’un écrivain puise dans le langage comme dans un vaste réservoir de formes, Ghiotti puise dans le monde industriel les signes, les symboles et les éléments d’une statuaire moderne. Tout au long du dix-neuvième siècle les sculpteurs –et surtout les critiques- tinrent la statuaire grecque antique comme un modèle idéal : les grecs avaient crée les types immortels de la sagesse et de l’amour, de la force et de la majesté, de la grâce et de l’élégance.. Et évidemment, le siècle suivant, après que ce modèle idéal eut été fortement contesté, n’eut de cesse de démembrer la sculpture, d’en dénoncer l’aspect illusionniste, de la déconstruire en somme. De Boccioni qui le premier ouvre une sculpture pour en montrer l’intérieur jusqu’à l’art minimal américain des années soixantedix, c’est une progression continue qui conduit, à la pointe extrême de l’abstraction, à une sculpture à peine présente se confondant parfois avec le décor. Cela est dit rapidement, à grands traits, et ne décrit qu’un mouvement général, un mainstream moderniste, et l’on n’oubliera pas que quelques grands artistes ont résité à ce courant. Il n’empêche : la sculpture – et plus précisément la sculpture abstraite – est à reconstruire. Massimo Ghiotti dans ce effort de reconstruction revient aux origines, et d’une certaine façon à l’idéal grec : l’équilibre entre l’esprit et la forme. Sa sculpture se construit à partir de formes géométriques simples et fondamentales, le cercle et le carré,, le rectangle et le triangle, la droite et la courbe. Elle joue sur le plein et le délié, la pesanteur et la légèreté ; elle réunit ensemble le dessin et le volume ; elle synthétise le mouvement par des effets de compression et d’extension.


Ce n’est donc pas un hsardsi les titres des sculptures, très souvent en latin, font référence à l’Antiquité et à la mythologie qui sont aux sources de l’art occidental. L’une de ces sculptures, titrée Origo ( origine, en latin), semble être ainsi une représentation allégorique de l’origine ou de la création : la sphère d’acier brillant suspendue entre quatre formes identiques disposées autour d’elle renvoie immédiatement à l’idée de germination, de développement et d’extension. Le caractère conceptuel des sculptures est présent dans une œuvre comme celle titrée Signum (le signe), qui tient à la fois de la lettre et du pictogramme. Sculpture sans vrai volume, plutôt en deux dimensions et faite pour être vue frontalement (à la différence d’Origo qui demande que l’on tourne autour d’elle). C’est un signe élémentaire – deux rectangles inégaux, côte à côte, traversés par un triangle en forme de flèche- qui synthétise le mouvement, la traversée, l’élan qui bouleverse les lignes... Mais ce caractère conceptuel des œuvres de Massimo Ghiotti apparaît plus nettement encore dans les sculptures de petites dimensions, qui sont parfois des maquettes de grands monuments urbains, proches de l’architecture. Ce sont des sculptures sérielles composées à partir de la forme élémentaire du carré et se développant selon des progressions arithmétiques. Les œuvres crées ainsi, parce qu’elles sont liées aux nombres et à l’univers des mathématiques, ont une sorte de pureté et de clarté conceptuelle (par réduction de ce qu’elles sont à l’essentiel) qui, là encre, renvoie à l’idéal d’ordre , d’harmonie et d’équilibre de la sculpture classique. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les sculptures de Massimo Ghiotti s’insèrent parfaitement dans des ensembles architecturaux anciens (et l’on pense notamment aux œuvres de l’artiste présentées dans la ville de Torino). A Bayonne, les sculptures de Massimo Ghiotti ont été montrées dans des espaces proches des imposantes fortifications de Vauban. Ces fortifications constituaient un arrière-plan aux œuvres tout à la fois neutre (quoi de plus impersonnel qu’un immense mur de pierre ?) et totalement chargé de sens (et notamment par les connotations historiques et architecturales liées à ces ouvrages défensifs). Le rapport de la sculpture à l’architecture s’établissait alors de façon claire : à l’architecture le poids, la masse, le volume –et la fonctionnalité ; à la sculpture, le mouvement, le dessin, l’invention –et la non-fonctionnalité. Le rapport de l’une à l’autre est un rapport dialectique qui suppose à la fois un langage commun et une capacité commune à absorber le langage de l’autre ; la présence de la sculpture de Massimo Ghiotti devant l’architecture de Vauban constituait une sorte d’épreuve de vérité. L’une ne contredisait pas l’autre : les colonnes de Triade dialectique revoyaient très exactement à la fonction primitive des colonnes dans l’architecture grecque : non pas soutenir le temple (c’était le rôle des murs), mais le rendre visible. C’est un idéal classique qui sous-tend la sculpture de Massimo Ghiotti et qui en fait la force sereine. La modernité est là, dans l’emploi de matériaux et d’objets industriels, dans le refus du modelé comme de la transformation de ces objets, dans le refus de leur faire figurer autre chose que ce qu’ils sont, dans l’acceptation des vertus propres aux aciers usinés. <mais le classicisme de la démarche et de la visée de l’artiste confèrent un caractère intemporel à ses œuvres qui reprennet dans le langage et les formes d’aujourd’hui des modèles de toujours. Il est rare d’assister, de nos jours, à une exposition d’un tel niveau et d’une telle importance, dont il faut attribuer le mérite à la ville de Bayonne et au Musée Bonnat qui l’ont organisée. A travers son œuvre, Massimo Ghiotti illustre parfaitement le fait que la sculpture monumentale peut aujourd’hui s’approprier de nouveau les espaces publics tout en perpétuant une présence et un dialogue avec les siècles précédents. Jean-Michel Foray, Paris, septembre 2008


SPECULUM 2008 fer et acier inox cm 430 x 420 x 130


“Les œuvres récentes de Massimo Ghiotti expriment avec autant de puissance que de précision une vision ascétique de la métallurgie, une ascèse sous pression ». (…) « Chaque sculpture atteint ainsi sa juste posture au terme de sa mise en forme quand elle a atteint son point exact de tension et d’équilibre. Mise en forme et mise au point : tels sont les critères techniques d’élaboration de l’œuvre, perçue par nous comme le produit d’une exercice physique et spirituel ». (…) « Au sein du vaste panorama contemporain de l’aventure de l’objet et de son recyclage esthétique, la démarche de Ghiotti occupe une place à part. Il n’aime pas la ferraille informe à la manière de Tinguely, il ne crée pas des machines inutiles sous leur apparence fonctionnelle comme Pascali ou Panamarenko, il ne fétichise pas l’objet industriel comme Ettore Colla, pas plus qu’il ne l’accumule, le découpe, le compresse ou le « piège » à la façon d’un Arman, d’un César ou d’un Spoerri. Il ne le détourne pas non plus de son sens comme Lavier ». (…) « Dans ses assemblages, Ghiotti respecte la nature intrinsèque de l’élément métallique de base qu’il porte à la culminance de son auto - expressivité fonctionnelle. Efficacité et précision sont les caractéristiques de cette ascèse mécanicienne ». (…) « À la base de cette vision dynamique de l’univers post – industriel, il y a certes une découverte, une illumination, celle de la vertu auto expressive de la machine dans les plus évidentes de ses rouages. Mais cette volonté de recyclage esthétique s’accompagne du plus grand respect pour l’intégrité structurelle et fonctionnelle de l’objet trouvé ou choisi. C’est dans le pur respect de cette intégrité qu’opère la métamorphose du langage qui en fait est plutôt une métaphore dynamisée ». (…) « L’humanisme post – industriel dont témoigne le sculpteur est la marque de sa bonne santé morale et de son optimisme vitaliste. Je me suis attaché à la démarche de Ghiotti parce qu’elle constitue aussi l’enjeu d’une course de l’intelligence contre le temps ». PIERRE RESTANY Extrait de la monographie de: « Massimo Ghiotti, un ascète mécanicien » Ed. Allemandi, Torino, 1996


ORIGO 2006 fer et acier inox cm 301 x 180 x 180


...“De toute importance est l’image qu’il a fait naître de la transposition du monde mécanique dans le règne de la pure spéculation artistique. En vérité, nous assistons, dans ce théâtre des mécanismes, aux drames et aux fantaisies du métal ou plutôt aux projections devenues évidentes d’un secret qui lui appartient, séduisant imaginaire d’actions et de vie, de contrastes et d’attractions, ayant pour paramètres la tension, l’équilibre, la force, la mesure, la géométrie, l’impulsion, la pression. Une idéalité inhumaine mais tendue préside à leur mise en scène. C’est tout ce que la sculpture des dernières décennies a proposé de plus inédit et original et aussi de plus captivant, une sculpture en mesure d’imposer la vigueur de ses propres volumes sans renoncer à la rigueur ni même à la succincte élégance des profils L’extraordinaire éclectisme de Ghiotti met précisément à nu l’élan poétique qui alimente son inspiration. Bien que déjà très connu, l’œuvre sculptural de Massimo Ghiotti n’a peut-être pas encore atteint la notoriété que son véritable niveau mériterait. Ce qui confirme l’opinion que j’ai déjà eue l’occasion d’exprimer, à maintes reprises, à savoir que la sculpture s’avère le véritable bastion de l’art d’aujourd’hui, le gardien vital et énergique de ses particularités et de ses fonctions, en regard de la diaspora et des « virtualismes » de la peinture”.

MAURIZIO CALVESI Tiré de “Ghiotti: La Géométrie et la poésie épique du métal”, Roma 2007.

SIGNUM 2007 fer et acier inox cm 420 x 340 x 40


...”Massimo Ghiotti a décidé qu’il devait inventer son propre monde, en renonçant aux solutions les plus faciles… Aller vers cette direction signifiait devoir résoudre un problème difficile, mais Ghiotti l’a affronté avec méthode, patience, persévérance et surtout intelligence. Il a tout de suite compris qu’il devait faire coïncider entre eux la matière et la forme, la brutalité et l’essentiel de la matière y compris son ingénuité, avec la plus grande connaissance de la forme. Dans les œuvres de Ghiotti la matière envahit la forme et la forme l’accueille avec la grande sagesse d’un superbe dragon… Tout ce travail a été immense, mais a ses raisons et sa logique… Ghiotti partant de cet immense et hétérogène matériau a construit avant tout une œuvre poétique, mais surtout, a accompli des opérations que les artistes et les littéraires ont toujours privilégié : la reconstruction mentale de la forme”.

JANUS Extrait de: Massimo Ghiotti « Métaux rêveurs », Exposition Rocca Malatestiana et Centre historique de Cesena, 2003.

TRIADE DIALETTICA 2006 fer et acier cm 403 x 139 x 40


« […] Il faut préciser que la structure portante est tout aussi importante, dans l’économie d’ensemble de la sculpture, que les éléments intérieurs, dans ce sens que c’est précisément à travers l’interaction dialectique entre toutes les composantes que se créent les conditions de mise en scène de l’énergie expressive, qui engendre la tension esthétique voulue par l’artiste. […] La qualité de ces travaux est due au fait qu’ils se présentent au spectateur comme des présences tout à fait autonomes, enfermées sur elles-mêmes, animées – sur le plan esthétique – d’une logique intérieure de fonctionnement fondamentalement autoréférentielle, ce qui détermine la nature particulière de leur caractère monumental silencieux, puissant et frontal. L’artiste privilégie la présentation frontale (n’excluant pas toutefois d’autres points de vue latéraux) car elle permet de mettre emphatiquement en évidence et de façon optimale la vision symétrique des parties et du centre comme point culminant de la composition. […] Ces œuvres font incontestablement preuve d’une forte caractérisation classique, (caractère monumental, symétrie, centralité, tension statique, autonomie plastique achevée) et donc, à bien des égards, d’une âme antique, ou plutôt atemporelle, même si elles se présentent en même temps, en raison des matériaux utilisés, comme des présences organiquement enracinées dans la contemporanéité ». FRANCESCO POLI tiré de Massimo Ghiotti : “Tensione e simmetria”, Paris 2000.


INCLUSA 1997 fer et acier cm 292 x 306 x 116


« […] C’est à l’ordre que me font penser les œuvres de Ghiotti […] Selon Baudrillard, la « finalisation de la production » n’existe plus, les illusions d’utilité et de progrès ont disparu ; mais les alignements de fer de Ghiotti se dressent comme les ruines des colonnades archaïques. L’autoréflexion de la théorie de machines et de mécanismes exprimée en métal […] De même qu’une colonne évoque toute la morphologie de la culture antique, de même les objets de Ghiotti nous offrent toute une vision complète de la civilisation mécanisée. […] Différemment de tous ceux qui sont en train d’aliéner ou, au contraire, de mythifier l’objet de production industrielle, Ghiotti a pris très vite conscience des changements de statut et d’essence de ce dernier. Il a saisi le moment de la vérité. […] Ses œuvres sont positionnées de sorte que le spectateur éprouve un besoin physique de distance, de pause. Elles se suffisent à elles-mêmes par principe : les souvenirs de leur utilisateur, « user » dans notre langage actuel – ne les dérangent probablement pas […] elles sont plongées en elles-mêmes […] il est évident que, tout en conservant toutes les caractéristiques d’un produit industriel à flux continu, elles ont été traitées dans la forge de Démiurge, jusqu’à la perfection. En se soumettant, bien sûr, à des lois différentes, à savoir celles de l’art. […] Ghiotti nous met dans la condition d’être incapables de rompre « l’autosomnambulisme » de groupe […] il établit une distance entre l’objet et le spectateur. Ce dernier ne peut pas « employer le langage habituel» ; il se rend compte que quelque chose d’important, de fondamental, est en train de se passer en dehors de lui et sans lui. Nous excluant de la communication, Ghiotti parvient à nous donner l’impression que cette conversation, qui nous est inaccessible, est la dernière. Précisément ce « renvoi de la mort » - comme le définirait Baudrillard – devient dans ce cas, fondamentalement important. Ghiotti positionne ses objets en tant que derniers à la limite, au-delà de laquelle s’étend la réalité virtuelle : interactivité obligatoire, participation, activisme. Au-delà, on est bien loin de contemplation, de promesses silencieuses et de monologues intérieurs ». ALEKSANDR BOROVSKIJ Directeur Nouvelles Tendances du Musée d’Ètat Russe de Saint-Pétersbourg, tiré de: “L’ordre de Ghiotti”, 1999


LE RUOTE DI FETONTE 2007 fer et acier inox cm 280 x 264 x 99


« […] Après la première expérience « michélangelesque » de l’expressivité intérieure de la puissante agrégation, où l’on compactait le tumulte « informel » de la matière, - contribution de jeunesse très personnelle à la ville de Turin de Cherchi et de Mastroianni - le riche expérimentalisme conceptuel et matiériste de Ghiotti a affronté, au cours des années Quatre-vingt, ce caractère essentiel primaire, dont le caractère classique architectonique de formes pures était toutefois infirmé dialectiquement de l’intérieur par l’apparition renouvelée du magma vital de la matière avec une sorte de symbologie du double visage de la vie et de la réalité, le conscient et l’inconscient, le logique et l’émotionnel, le classique et le baroque, impliquant une vaste gamme de matières et de symbioses entre matières, allant de la noblesse traditionnelle de la pierre aux métaux et aux papiers. […] La logique tensorielle, la force titanique réprimée de ces monuments à caractère mécaniste exposés comme tels, sans complexes, sans ambiguïté d’ « understatement », appartiennent à l’ordre classique. Leurs rigoureux échafaudages symétriques de poutrelles, enserrant les géométries de pistons et de chaînes, de grands ressorts et de ressorts à lame ramènent la « fenêtre spatiale » de Brunelleschi et d’Alberti dans l’imaginaire machiniste de notre époque ou plutôt de l’époque - déjà située dans un contexte historique – appartenant à un passé, où se pressent derrière nous la douleur et la lutte d’une confrontation sans ambiguïté entre capitalisme et prolétariat. Les spirales de grands ressorts, les vis sans fin serrées par des boulons titanesques, chaque élément de la nouvelle métamorphose conservé et exalté dans sa forme et sa fonction, mais en suspens dans l’attente indéterminée d’une action virtuelle, rappellent les dessins de Léonard « mécanicien ». MARCO ROSCI tiré de “Umanità e virtualità delle macchine di Ghiotti”, Milano 2000.

GRANDE TENSIONE 1995 fer et acier inox cm 290 x 285 x 140


BINATA 1997 fer et acier cm 338 x 102 x 147


GRANDE SIGILLO 1996 fer et acier inox cm 140 x 292 x 179


TÉTRADE 2006 fer cm 314 x 117 x 117


KOUROS METALLURGICO (Narciso) 2006 acier spécial cm 214 x 54,5 x 24,5


PARISIENNE 1999 fer cm 169 x 347 x 97


TESTUDO 2004 fer et acier cm 150 x 300 x 56


La Poudrière “Sculture modulari urbane” et bas reliefs


BIOGRAPHIE Massimo Ghiotti est né à Torino où il vit et travaille. Études artistiques à l’Académie Albertina des Beaux Arts de Torino, diplômes en peinture et en sculpture. Il a einseigné sculpture au Lycée artistique et peinture à l’Académie des Beaux - Arts . Ses premières expositions datent de 1972. Il expose depuis en Italie et en Europe dans des galeries publiques et institutions publiques et privées. Le critique d’art français Pierre Restany (1930 – 2003) définit le travail de Ghiotti, dans la monographie publiée dans “Archives de la Sculpture” (Editions Allemandi), comme celui d’un « ascète mécanicien, témoin d’un humanisme post – industriel ». Maurizio Calvesi a écrit que la sculpture de Massimo Ghiotti “est ce que de plus inédit et original a été proposé dans les dernières décennies”. Depuis les années 2000, Ghiotti est invité à un cycle d’expositions personnelles dans les principaux musées des capitales de l’Europe de l’Est. La dernière exposition s’est tenue au musée d’État de Saint – Pétersbourg dans la Forteresse Pierre et Paul. Les œuvres de Ghiotti figurent dans les collections permanentes de musées et de fondations internationales. Musée d’Art Moderne de Moscou, Palais de Marbre – Musée Russe de Saint Pétersbourg, Collection Ludwig de Cologne, Open Air Museum Europos Parkas de Vilnius, Parc Communal de Lugano, Musée Ciurlonios de Kaunas, Musée d ’Art Moderne et Contemporain de Bolzano, Musée d’Art Moderne et Contemporain de Minsk, Collection de la Province de Torino, Musée Stauros d’Art Sacré Contemporain de Teramo, Foreign Art Museum de Riga, Pinacothèque Régionale de la Vallée d’Aoste, Musée Régionale de Vitebsk, Ambassade d’Italie au Belarus, Fondation Peano de Cuneo, Université de Torino, Fondation Calvesi à Rome, Parc de la Sculpture de Gubbio, Ville de Torino, ...


ŒUVRES MONUMENTALES

SCULPTURES ET BAS – RELIEFS

1. SIGNUM 2007 fer et acier inox cm 420 x 340 x 40

1. SCULTURA MODULARE URBANA OM7 2007 acier inox cm 20,5 x 36 x 20,5

2. KOUROS METALLURGICO (Narcisse) 2006 acier spécial cm 214 x 54,5 x 24,5

2. SCULTURA MODULARE URBANA VN11 2008 acier cm 45 x 15 x 18

3. GRANDE TENSIONE 1995 fer et acier inox cm 290 x 285 x 140

3. SCULTURA MODULARE URBANA OM3 2007 acier inox cm 19,5 x 27 x 21

4. ORIGO 2006 fer et acier inox cm 301 x 180 x 180

4. SCULTURA MODULARE URBANA V3002 2007 acier cm 74 x 31,3 x 19,5

5. TRIADE DIALETTICA 2006 fer et acier cm 403 x 139 x 40

5. SCULTURA MODULARE URBANA OG001 2008 acier cm 46 x 46 x 31

6. LE RUOTE DI FETONTE 2007 fer et acier inox cm 280 x 264 x 99

6. SCULTURA MODULARE URBANA V020 2007 acier cm 34 x 24,5 x 18

7. TETRADE 2006 fer cm 314 x 117 x 117

7. SCULTURA MODULARE URBANA V06 2007 acier peint cm 31,5 x 15,5 x 18

8. GRANDE SIGILLO 1996 fer et acier inox cm 140 x 292 x 179

8. SCULTURA MODULARE URBANA VN12 2008 acier cm 48 x 18 x 18

9. PARISIENNE 1999 fer cm 169 x 347 x 97

9. SCULTURA MODULARE URBANA VF1 2007 acier cm 43,5 x 21 x 18

10. TESTUDO 2004 fer et acier cm 150 x 300 x 56

10. SCULTURA MODULARE URBANA VN13 2008 acier cm 39 x 21 x 18

11. BINATA 1997 fer et acier cm 338 x 102 x 147

11. SCULTURA MODULARE URBANA IN01 2007 acier inox cm 36 x 28,5 x 15,5

12. INCLUSA 1997 fer et acier cm 292 x 306 x 116

12. SCULTURA MODULARE URBANA BR02 2006 bronze cm 15,5 x 12,5 x 20,5

13. SPECULUM 2008 fer et acier inox cm 430 x 420 x 130

13. SCULTURA MODULARE URBANA VN14 2008 acier cm 39 x 18 x 15 14. SCULTURA MODULARE URBANA IM3 2007 acier inox cm 26,7 x 24,6 x 14 15. SCULTURA MODULARE URBANA OM4 2007 acier inox cm 18 x 31 x 17 16. SCULTURA MODULARE URBANA VN15 2008 acier cm 36 x 12 x 15 17. SCULTURA MODULARE URBANA OM5 2007 acier inox cm 19 x 33,5 x 17 18. SCULTURA MODULARE URBANA BR01 2006 bronze cm 28,5 x 18,5 x 29,5 19. HOMMAGE À BAYONNE 2008 bas relief en acier inox cm 200 x 400


Ghiotti a Bayonne  

Catalogue exposition

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