Page 1

REGARD SUR RIGNEY RIGNEY

Canton de Marchaux Arrondissement de Besançon Superficie : 958 ha dont 439 ha de forêt communale Population (2014) : 435 habitants Habitants : les Rigneysiens, les Rigneysiennes Cours d’eau : L’Ognon Ruisseaux : La Corcelle – La Chazelle

Origine du nom : De l’anthroponyme gallo romain Renius et du suffixe Acum qui signifie localité au bord de l’eau. Le territoire de la commune est composé du centre bourg et de plusieurs hameaux. Le centre-bourg Les maisons de Rigney s’alignent le long de deux rues parallèles, sur la pente douce exposée à l’ouest d’une croupe qui vient mourir dans la plaine alluviale de l’Ognon. L’Ognon constitue la limite départementale sur toute la partie nordouest de la commune sauf en deux endroits où le territoire communal déborde sur la rive droite de la rivière. Deux ruisseaux coulent sur le finage : au nord-est la Chazelle, au sud-ouest la Corcelle. L’altitude à la mairie est de 236 m, l’altitude la plus haute se trouve à l’extrémité sud du territoire dans le bois du Fays à 440 m. Les hameaux Les Alouettes, La Roche, La Gare, le Moulin Martin (La Forge). Voies de communication Nœud de communication important de la vallée de l’Ognon, Rigney est situé légèrement à l’écart du C.D.486 (BesançonGérardmer). Le C.D.14 (Recologne - Gerardmer) traverse l’agglomération du sud au nord et amène à BeaumotteAubertans en Haute-Saône. Le C.D.14 E ²qui constitue la deuxième artère du village conduit du C.D. 14 à Vandelans en Haute-Saône. La voie de chemin de fer Besançon-Vesoul mise en service en 1873, aujourd’hui désaffectée, traverse le territoire communal en écharpe du sud-ouest au nord-est. Il y avait une gare à Rigney. Rigney se trouve à 10 kms au nord-est de Marchaux et à 24 kms au nord-est de Besançon.

HISTOIRE DU VILLAGE Rigney est un des très rares sites franc-comtois à avoir donné une industrie attribuable, sans conteste, au Paléolithique supérieur. Des objets préhistoriques, mis à jour dans la modeste grotte de la Forge, montrent que l’occupation humaine y est présente à cette lointaine époque. De nombreux sites riches en vestiges de la période gallo-romaine parsèment le territoire communal dont l’un contigu au domaine de La Roche. Le roc sur lequel est bâti le château de La Roche aurait abrité une station militaire romaine comme le montrent des fouilles archéologiques entreprises au siècle dernier. De même que sur les terres de la ferme de la Roche ont été découverts les restes d’une vaste construction vraisemblablement une riche villa comme l’attestent des morceaux de poterie sigillée et un beau dauphin en bronze. Cette pièce pourvue d’une patte de fixation devait être une garniture de meuble ou de porte. L’histoire de l’agglomération de Rigney est liée à celle de la famille de La Roche. Le château de La Roche, qui domine le cours de l’Ognon, est le berceau de cette famille. Il fait partie de ces demeures vénérables qui ont marqué l’histoire du Comté de Bourgogne. Mais l’histoire retiendra avant tout un nom : celui d’Othon de La Roche, Sire de Ray, le plus illustre des membres qui participe, en 1204, à la prise de Constantinople, au cours de la Quatrième Croisade. Son nom est lié à l’histoire du « Saint Suaire ».


Dès le XIIème siècle, les Comtes de la Roche sur l’Ognon sont cités comme «Conseils » et témoins dans les actes de justice des comtes de Bourgogne. Les moines de Bellevaux seraient venus s’installer, en 1119, à l’appel des Pons de La Roche. En raison des nombreuses alliances de cette famille, l’enchevêtrement féodal est très important à Rigney. Les grands féodaux et les communautés religieuses y possèdent biens et droits. Le 14 février 1685 sont écrites au château de La Roche, les premières Reconnaissances de la Seigneurie. Ce document conséquent et d’une grande précision est un témoignage exceptionnel de la société rurale un siècle avant la Révolution. Le passionné d’histoire y retrouve avec satisfaction, à côté de quelques témoignages savoureux sur les coutumes de l’époque, un certain nombre de descriptions, l’évocation des droits et surtout des devoirs des habitants. Le signe patibulaire (ou gibet) dressé au long du vieux chemin tirant de Corcelles à la Tour de Scay donnait à réfléchir à tous ceux qui seraient tentés par les idées par trop libérales. La seigneurie de la Roche occupe encore approximativement la même place que lui avaient donnée ses lointains ancêtres fondateurs de l’abbaye de Bellevevaux près de six siècles auparavant. Si l’heure n’est pas encore venue d’aiguiser les couteaux, la réaction nobiliaire nécessitée par un besoin urgent de « remettre les pendules à l’heure » traduit un durcissement d’une situation qui n’a pourtant jamais paru parfaitement idyllique tout au moins vue par la lorgnette du tenancier du manant.

Hormis les habituels épisodes religieux, la période révolutionnaire s’écoule sans grand bruit. Rigney a connu, en plus de son agriculture agricole qui tenait la première place, une certaine activité industrielle, commerciale, et artisanale. C’est au Moulin Martin, sur la Corcelle, que va se localiser l’activité industrielle du village et se fixer les premiers ateliers. Les religieux de Bellevaux qui avaient reçu le moulin de Guy de La Roche en 1218, faisaient remonter au XVIème siècle, l’existence d’une usine en ce lieu. Le moulin est amodié à des meuniers jusqu’à ce qu’il tombe en ruines. En 1578, le moulin Martin est amodié à Philibert de Montmartin qui exploite les forges de Loulans, puis par la suite et entre autres à Luc Tardy. Le haut fourneau fait fonctionner les deux forges : Le Moulin Martin et Mièlot située plus en amont sur la Corcelle. Il est à noter que le dessin du fourneau qui en est donné dans une tibériade de 1647 est la plus ancienne vue d’un haut fourneau en Franche-Comté actuellement connue. Le plan accompagnant la tibériade représente la vallée du ruisseau de Corcelle, depuis ce village, jusqu’ à son embouchure dans l’Ognon à Rigney et les deux sites sidérurgiques. En 1756, la forge du Moulin Martin n’est plus qu’une taillanderie, un martinet et une « renardière » qui fèrent les deux tiers de l’année et qui fabriquent environ 80 milliers du fer en bandes et petit feu de bonne qualité avec de la fonte provenant de Loulans. L’usine semble avoir disparue dans la première moitié du XIXème siècle. (L’ancienne Forge du Moulin Martin est devenue une maison particulière ; la machinerie a disparu.) L’activité meunière se poursuit cependant avec deux moulins : l’un à La Roche composé de quatre paires de meules avec une huilerie et un ribe, l’autre au moulin Martin, avec quatre paires de meules avec ribe, huilerie et scierie. (Le moulin de La Roche existe toujours avec machinerie restaurée, celui de la Forge est devenu une maison particulière). En 1582, furent crées deux foires annuelles et un marché tous les jeudis de chaque semaines. Vu leur succès deux autres y furent ajoutées à la fin du XVIII siècle, destinées à la vente de toutes espèces de bétail. On y vendait également des objets de mercerie et de quincaillerie En 1811, le Comte de Scey installe à La Roche une sucrerie dans le cadre de la politique d’approvisionnement en sucre menée par la France pendant la période du blocus continental. Une très haute cheminée située dans la cour arrière du logement et apparaissant sur d’anciennes cartes postales présage d’une vaine tentative industrielle. En 1915, un atelier fabrique à Rigney des instruments aratoires. . En 1952, l’artisanat est représenté par deux charrons-serruriers, une couturière, un entrepreneur de travaux publics, un maréchal-ferrant, un menuisier et un ferblantier. L’agriculture tient encore une place prépondérante dans l’activité du village.


En 1688, on dénombre 13 chevaux, 71 bêtes à cornes, 34 porcs, 8 chèvres et 150 moutons Un siècle plus tard, la population animale a presque doublé. En 1847, la commune est composée de 332 ha de terres labourables, 89 ha de prés, 33 ha de vignes, 79 ha de pâtures et 355 ha de bois, la matrice cadastrale indiquant 1 601 parcelles partagées entre 166 propriétaires. Cette année là, on trouve la trace de la première fromagerie dépendant du domaine de la Roche. Elle a traité 3 900 litres de lait qui ont produit 380 kg de fromage (vingt ans plus tard, on fabrique 6 000 kg de fromage avec le lait de 40 vaches !). Toujours en 1847, le budget communal fait état de 3 100 F en recettes et 3 148 F en dépenses. En 1909, la répartition des cultures est sensiblement la même sauf pour la vigne qui est en chute libre et n’occupe plus que 1,5 ha. En 1986, il reste cinq exploitations agricoles ; plus que quatre en 2009. Aujourd’hui, à Rigney, il n’en reste que deux à vocation laitière et une à vocation céréalière et maraichère. En ce qui concerne les activités industrielle, commerciale et artisanale, elles sont toujours présentes même si certaines ont changé de branche ou sont moins bien représentées. S’y ajoute une activité libérale (cabinet médical et cabinet infirmier). Dès le lendemain de la première guerre mondiale, Rigney a joué le rôle de « village centre » pour les communes environnantes. Aujourd’hui Rigney a conservé ce rôle.

LE CANTON DE RIGNEY Le canton, dont Rigney en a été le chef-lieu à la Révolution, était constitué de 19 communes ; les douze communes de l’ex Communauté de communes de la Bussière (CCLB) (dont Corcelle-lez-Rigney) plus Mieslot, Gesans, Champoux, Chaudefontaine, Moncey, Thurey et Valleroy. Les rapports mensuels de Chauvin, commissaire cantonal de Rigney au commissaire central nous informent sur la situation politique et religieuse et sur l’esprit public des années 1798-1799. Cet éphémère canton disparaît dès 1801. POPULATION DE RIGNEY Avec 29 feux, le dénombrement de 1614 avoisinait les 150 à 160 habitants. L’inventaire réalisé en 1654 après la terrible guerre de Dix Ans dite « des Suédois » indique seulement 8 ménages, soit une cinquantaine d’habitants avec le patronyme de Prudhon, Henriey, Simon, Talleret et Barbier, y compris deux ménages de manants venus habiter le pays depuis environ cinq ans, Antoine Pouchard de Champoux et Antoine Bony de Flandre. La situation s’améliore au cours des trois années suivantes puisque le recensement de février 1657 dénombre 10 ménages avec 55 personnes « y compris le sieur Curé, une servante et le maître d’escholle, parmi ledit nombre neuf manans ont de plus attestés par leurs avansserements qu’il y a un maître de forge estranger de nation qui tient la forge du moulin Martin bastie et construite sur le finage dudit Rigney la famille duquel est composé d’environ neufs ou dix personnes de diverses nations tous estrangers »…soit au total environ 65 personnes pour le village. Le pic de la population est atteint comme presque partout avant le milieu du XIXème siècle : 573 habitants en 1841. Mais la chute est rapide car 35 années plus tard, en 1876, le village en aura déjà perdu 150 : 17 décès an août et septembre 1854 à cause d’une épidémie de choléra. Le chemin de fer, mis en service après la guerre de 1870, accélère l’exode. En 1975, il n’en reste que 285 habitants. Aujourd’hui (en 2014) la commune compte 435 habitants.


PROMENADE DANS LES RUES DE RIGNEY ! « DVM SAEVIT CIRCVM ATRA LIVES CORPORA ET PECVARIA NOSTRA PROTEFIS O DOMINA A BHACCE DOMO AVERTE NOXIA – P 1719 MR » « Alors que la peste noire fait rage aux alentours, tu protèges nos corps et nos troupeaux O souveraine détourne le dommage de la maison de Bhacce. » (Il y a eu effectivement une épidémie de peste en 1719-1720 en provenance de Marseille. En deux mois, la ville perdra la moitié de ses 100 000 habitants et la peste tuera en Province pas moins de 220 000 personnes !...) En flânant dans les rues de Rigney vous découvrirez de superbes linteaux de portes : P 1719 MR – F 1753 P – 1808 NB – 1809 MN – 1841

.

Le plus ancien linteau date de 1623.

ANCIENNES GARES Année 1870 – construction pierre - Rue de la Gare. En 1862, la Compagnie Paris-Lyon-Marseille (P.L.M) obtenait l’autorisation de construire une voie ferrée reliant Besançon à Vesoul dont le tracé, approuvé par décret du 23 septembre 1865, passait par Rigney. Cette ligne a été mise en service le 11 juillet 1872 pour le trafic des voyageurs. Parmi les ouvrages nécessaires à l’exploitation, il y eut les gares voyageurs et marchandises. La gare de Rigney, située hors agglomération, est composée d’un bâtiment voyageurs et d’un vaste hangar, plus éloigné, pour les marchandises. La ligne est désaffectée dans les années 1960. La SNCF a abandonné cette desserte dans les années 1970, sans doute par défaut de rentabilité. Il s’en suivit alors une proposition de vente des terrains et bâtiments. C’est ainsi que le département du Doubs s’est rendu acquéreur de l’emprise de la voie ferrée de Rigney en vue de construire une voie supplémentaire pour alléger le trafic sur les routes départementales 14 et 486. La commune de Rigney, pour sa part, a acquis pour un montant de 165 000 francs (délibération du 12 février 1976) les deux gares, les terrains attenants d’une superficie totale de 7ha53a92ca et le pont métallique dont le tablier a été déposé en 1991. Aujourd’hui une partie du terrain a été utilisée pour la réalisation d’un lotissement. La gare Voyageurs est occupée par un cabinet médical au rez-de-chaussée et un logement communal à l’étage. La gare de marchandises, après avoir été louée à un transporteur, puis à une coopérative, sert d’atelier municipal. Différents projets d’aménagement de ce bâtiment (gymnase, école,…) n’ont jamais abouti. Un siècle après sa mise en service, la ligne Besançon – Vesoul est ouverte aux seuls randonneurs. Nous pouvons dire que le chemin de fer est devenu chemin vert.


LA VIE A RIGNEY AU TEMPS DU CHEMIN DE FER Le territoire de la commune de Rigney est strié en diagonale par le tracé de la voie désaffectée Besançon-Vesoul. Les trains ont disparu de notre horizon. Les jeunes du village n’ont pas connu l’époque où la commune vivait à l’heure du train. C’est le train qui assurait le courrier, c’est le train qui transportait les travailleurs, c’est la gare qui était le lieu de rendez-vous ou le but de la promenade du soir. Et puis, le 26 janvier 1950, il y a eu le terrible accident ferroviaire à la limite de Rigney et Moncey qui a coûté la vie à quatre jeunes filles du pays plongeant dans la consternation toute la région. CHATEAU DE LA ROCHE SUR L’OGNON – route de Germondans -HISTORIQUE DU MOYEN AGE A L’EPOQUE MODERNE-

Le château de La Roche fait partie de ces demeures vénérables qui ont marqué l’histoire du Comté de Bourgogne. Les bâtisses le composant (Logis, bâtiment de ferme, et Moulin) forment un ensemble représentatif de l’architecture comtoise.

Situé sur une haute falaise dominant une jolie boucle de l’Ognon, le château actuel fut construit sur d’anciens vestiges d’un premier château datant du Haut Moyen - Age. C’est Claude de Plaine, Conseiller du roi d’Espagne Philippe II et grand gruyer de Bourgogne qui fit reconstruire entièrement le château, en 1550, sur les conseils d’un architecte italien. La date de 1558 (date d’achèvement des travaux ?) est inscrite au frontispice de la porte principale. L’archéologue Jean-Claude Voisin le décrivait ainsi en 1989 : « C’est le bâtiment noble par excellence. Deux niveaux de baies à meneaux et une haute toiture lui confèrent une allure Renaissance… A l’intérieur, où les pièces sont plafonnées à la française, la galerie de desserte du rez-de-chaussée abrite en son extrémité droite une ancienne chapelle castrale dédiée à Saint-Etienne. Un escalier monumental conduit à la galerie de l’étage…. Une cheminée grandiose d’une grande qualité est ornée de motifs symbolisant la force et la grandeur : le lion, César, Vespasien entourant dans sa partie centrale les cartouches des bâtisseurs ».

Si l’on excepte la période préhistorique et le début de la période historique, l’histoire du château de la Roche est marquée par trois époques principales : Le Moyen – âge, le XVIème siècle et l’époque moderne. L E MOYEN-AGE Au Moyen-âge est érigé un château-fort. On y voit naître une famille féodale modeste à ses débuts mais qui finit par atteindre de hautes destinées. Au XIème siècle, les Sires de La Roche possèdent de vastes domaines sur les deux rives de l’Ognon. En 1119, Pons de La Roche est à l’origine de la fondation de l’Abbaye de Bellevaux dont il se constitue le protecteur-donateur et qui abritera les sépultures des Sires de La Roche ; Ils y sont représentés en armure de guerre, l’épée ou la lance à la main et brandissant l’écusson brodé sur leurs bannières : équipolé de cinq points d’Or et d’Azur. A cette époque, les Comtes de la Roche sont cités comme conseils et témoins dans les actes de justice des comtes de Bourgogne. Mais la renommée de la famille de La Roche vient surtout d’Othon de La Roche, Sire de Ray. A la fin du XIIème siècle, il épouse sa cousine, Isabelle de Ray, dernière héritière de la branche aînée des de Ray. Avec les plus grands seigneurs de Bourgogne, il participe à la Quatrième Croisade. En 1204, Othon prend part à la prise de Constantinople où il s’illustre. En récompense de sa bravoure et de ses exploits, il reçoit deux cadeaux étranges : une côte rocheuse surplombée d’une ruine où vivaient des bergers : Athènes, et ce que les auteurs désignent « la plus belle des reliques » : Le Saint Suaire. L’empereur de Constantinople lui donne des terres en Grèce. Il fait construire un château-fort sur l’Acropole d’Athènes et s’y s’installe. Othon revient finir ses jours en Franche-Comté, à l’Abbaye de Bellevaux, près du château de Ray-SurSaône où réside encore sa dernière descendante en Franche-Comté, Mlle Diane de Salverte, châtelaine de Ray. Il meurt à Ray en 1224 et sa femme en 1234.


Les fils d’Othon demeurent à la Roche et à Ray mais sa fille Berthe se marie avec Guillaume de Montferrat, roi de Thessalonique. Le fils de son frère Pons de La Roche prolongea la lignée des la Roche, en Grèce, pendant près de deux siècles (jusqu’en 1312), tandis qu’en Franche-Comté, la famille semble disparaître peu après, à la fin du XIVème siècle. Au XIVème siècle, Marguerite de Ray, la dernière du nom, transmit La Roche à son mari Aimé de Velle (1345-1375) puis par descendance aux Sires de Velle. Au XVème siècle, le domaine est transmis à la famille du Chancelier bourguignon, Thomas de Plaine (C’est à son petit-fils que l’on doit la construction du château actuel de La Roche). Mêlé longtemps aux guerres du Moyen-âge, le château avait cessé d’être une forteresse importante. XVIème SIECLE A cette époque le château est tenu par les de Plaine. C’est une époque fastueuse pour la Roche, qui dure jusqu’au début du 18 ème siècle ; Vers 1605, Marguerite de Hautoy, fille de Marie-Marguerite de Plaine (épouse de Abraham de Hautoy), unit sa destinée à Claude Antide de Grammont ; leur fils Claude François de Grammont relève le nom et les armes des De Plaine, et épouse Catherine de Berbis : C’est pour elle, après son veuvage, qu’ a été rédigé le terrier de 1685 qui donne dans le moindre détail la composition du domaine et la répartition des devoirs et charges réciproques qui existaient entre la châtelaine et ses sujets. Savoureux et archaïque, ce document expose un catalogue des droits féodaux en exercice à l’époque. Leur héritière Claude Catherine de Grammont deviendra Marguerite de Poitiers, et sera comtesse de la Roche sous le nom Grammont-Poitiers. A sa mort, sans postérité, le domaine revient à un collatéral, Pierre Marquis de Grammont-Villersexel. Le marquis de Grammont, lieutenant général des armées du Roy, chevalier d’honneur du parlement de Besançon, marquis de Villersexel, comte de la Roche sur l’Ognon et des dépendances ; seigneur de Rigney, Rignosot, Vandelans, La Barre, Germondans, Blarians, Moimay, Espresls, Autrey-le-Vay, Villers-La-Ville, et bien d’autres lieux, animera la seconde moitié du 18ème siècle, par ses nombreux démêlés avec ses mainmortables de plus en plus récalcitrants.

L’EPOQUE MODERNE A la révolution, le château est vendu comme bien national en 1793. Il est racheté par le comte de Scey qui, malgré le patronage de l’Etat, y établit, sans succès, une sucrerie pendant le blocus continental de 1811. Au début du 19ème siècle, la Roche change plusieurs fois de propriétaires. Abandonnée après la Révolution, la vieille demeure seigneuriale perd peu à peu de sa physionomie originale et pittoresque. En 1854, M. Faucompré, Chef d’escadron d’artillerie en retraite, acquiert le domaine dont il fera une magnifique exploitation agricole de 128 ha dont l’organisation et le rendement des cultures lui méritent dans tous les concours, les distinctions les plus flatteuses. L’intelligent emploi des amendements, des engrais et des instruments aratoires perfectionnés améliorent progressivement des terrains longtemps improductifs et d’où sortent de magnifiques récoltes. Sur sa lancée, il fonde, en 1869, une célèbre ferme-école dont la renommée dépasse nettement les limites de la Province et qui fonctionnera jusqu’au début du XXème siècle. De cette époque datent la plupart des dépendances du site. Ce centre d’enseignement réputé va fournir au département du Doubs, grâce à un enseignement théorique et pratique, des agriculteurs sérieux, au courant des perfectionnements du début du machinisme agricole. Puis le château et ses dépendances se trouvent ensuite réduits à la vocation de simple ferme et sombrent dans l’indifférence et l’abandon. Elle connaît entretemps plusieurs propriétaires dont René MAILLOT(1938) qui s’illustra dans la résistance pendant la dernière guerre avant de mourir en déportation. Il faut rappeler que ce site a subi bien des épreuves au cours des derniers siècles et connu de nombreux maîtres mais les derniers en date dont M. de FOUCAUD (1986) entreprennent de restaurer et sauvegarder les parties les plus nobles des bâtiments et surtout de réhabiliter ce lieu riche en histoire. Il est à noter que le château abrite une multitude de richesses architecturales et patrimoniales de l’époque romaine à l’après révolution. En 1979, Le château est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques pour quelques unes de ses magnifiques œuvres. Aujourd’hui, ce site chargé d’histoire est devenu la propriété privée de M. Christophe CLARET qui essaie de perpétuer sa restauration dans les règles de l’art, et au plus près de la vérité historique, à la grande satisfaction de la commune de Rigney.


LE CHATEAU EN 2013

1 mot sur le moulin puis : le moulin du château avec sa machinerie restaurée existe toujours à la Roche. 1885 ?

LA FERME ECOLE DE RIGNEY

Est-ce le succès rencontré dans l’exploitation de sa ferme, avec la prime d’honneur reçue en 1865, le souci réel des physiocrates de donner à l’économie agricole une véritable rentabilité économique qui ont poussé le propriétaire de la Roche à envisager la création d’une ferme – école à l’intérieur même de son exploitation ? Très certainement. Labourer profondément, c’est bien. Supprimer l’assolement triennal et assurer la rotation des cultures, c’est un plus. Enrichir les terres et les travailler au bon moment et avec le meilleur matériel, c’est encore mieux. Mais cela est une véritable science, qui s’apprend dans une école d’agriculture spécialisée, avec un modèle grandeur nature sous la main. Un arrêté du 16 avril 1869 crée pour la seconde fois une ferme-école à la Roche, après une tentative avortée en 1848. Le 30 avril suivant, Monsieur Faucompré, est nommé directeur de cette future ferme-école. Le 1 er octobre 1869, la ferme-école du Doubs compte 16 élèves. De nombreuses transformations ont été réalisées sur les bâtiments pour loger l’ensemble du personnel administratif et les élèves qui la fréquentent annuellement. L’année suivante, on dénombre déjà une trentaine d’élèves. De nombreux animaux de races estimées peuplent les étables et alimentent une fromagerie. L’apprentissage est très diversifié. Chaque élève passe à tour de rôle dans les différents services de la ferme : attelages, vacherie, porcherie, boulangerie, intérieur de ferme, machine à vapeur….puis en 1882 fromagerie « les élèves suivent un cours spécial d’industrie laitière », en 1883 pisciculture (présence de la rivière Ognon oblige) et en 1885 moulin qui devient une annexe de la ferme-école. Secondant le directeur nous trouvons un sous-directeur, un instructeur militaire, un aumônier, un comptable, un jardinier, un chef de pratique, un vétérinaire et à la fin du siècle un surveillant. De cette époque datent la plupart des dépendances que nous voyons aujourd’hui. La durée de vie de cette ferme-école a été de 31 années. Nous n’avons pas d’explication officielle relative à sa fermeture entérinée par une décision ministérielle du 2 juin 1900. Le seul motif évoqué a été transmis par la mémoire collective et il est évidemment à prendre avec précaution : plusieurs élèves se seraient noyés sous la Roche après une fermeture subite des vannes à l’usine de Beaumotte…. Même si la possibilité de ce drame est véritable, il convient plutôt de chercher ailleurs : non poursuite de cette aventure par les propriétaires, baisse des effectifs, mésentente entre le fermier Duchemin et le directeur Chapot, affaire financière obscure ?.....

Il ne restera bientôt de cette époque que de rares photographies, des couvercles circulaires de boites de fromage «camembert extra » fabriqués à Paris et des cartes postales portant la mention « ancienne ferme-école de la Roche » PHOTO ANCIENNE FERME ECOLE, CHATEAU ET MOULIN DE LA ROCHE – 1904


LES ETANGS Les Etangs occupent les anciennes ballastières du village. A cet endroit, la commune disposait de terrains communaux exploités en pâturages ou en jardins familiaux par les habitants de Rigney. Le sol de ces terrains était constitué d’une couche de terre végétale de cinquante centimètres à un mètre et le sous-sol de bancs de sable et graviers de quatre mètres à quatre mètres cinquante d’épaisseur. La commune encouragea l’exploitation de sablières au bord ou même dans le lit de l’Ognon. Considérant que l’extraction de sable procurerait des ressources intéressantes à la commune, et donnerait, par la suite, naissance à des étangs dont le rapport par la vente de cartes de pêche serait bien supérieur à celui produit par la vente d’herbe, la commune de Rigney céda à la Sté Carmille et Fils le droit d’extraction de sable et graviers, à ciel ouvert, dans ses terrains communaux « Au Vernois » ainsi que le droit de dragage du lit de la rivière, sur la moitié de sa largeur, dans la partie bordant ces derniers. D’autres propriétaires suivirent l’exemple et cédèrent également rives ou terrains. L’affaire débuta en décembre 1951 et prit aussitôt de l’envergure. A proximité du pont, s’installa « La Sablière ». L’exploitation de la sablière dura une vingtaine d’années. Elle cessa en 1971, laissant derrière elle, deux magnifiques étangs dans un site de 7 hectares, aujourd’hui paradis des pêcheurs et des promeneurs.

PHOTO DES ETANGS AVEC CANARDS ET CYGNE

GROTTE PREHISTORIQUE DE LA FORGE


A une centaine de mètres du Hameau de la Forge (Moulin Martin) et à une cinquantaine de mètres de la Corcelle s’ouvre une modeste petite grotte creusée dans une falaise. De cette grotte ont été extraits un remarquable outillage et matériel osseux qui permet une attribution de ce site au magdalénien moyen (14 à 15 Mille ans avant notre ère) et des morceaux de poterie ainsi que quelques rares outils en silex attribuables au Néolithique (5 mille ans avant notre ère). Parmi les fragments de sagaie et les esquilles d’os utilisées ont été mises à jour des pièces remarquables : -Une grande spatule ornée de deux têtes de cervidés et d’une tête d’équidé sur une face et d’une tête d’ophidien sur l’autre -Un bâton percé, en bois de renne, dont l’une des extrémités peut-être interprétée soit comme une tête de vipère soit comme un symbole phallique -Un crâne entier de rhinocéros à narines cloisonnées. Ce trophée de chasse est rarissime dans les gisements ; il devait servir de siège. Ce crâne a été vendu au Laboratoire de Géologie Historique de la Faculté des Sciences à Besançon. Il est aujourd’hui exposé au Muséum d’Histoire Naturelle. Un important et original matériel archéologique a été récupéré dans les déblais des anciennes fouilles. Il a été inventorié et répertorié. Ce matériel concerne une culture rare en Franche-Comté : le Magdalénien supérieur de type Arlay. Hélas, Rigney fait partie de la longue liste des sites préhistoriques massacrés dont la perte est irréparable pour la connaissance de ces périodes lointaines.

EGLISE SAINTS PIERRE ET PAUL EPOQUE XVIIIème siècle (EGLISE ACTUELLE) Ancien bien de fabrique - Propriété indivise des communes de Blarians, Corcelle-Mieslot, Germondans, Rigney et Rignosot. L’église actuelle date de 1756 pour la nef (plans du Maître architecte Claude PIERROT datant de 1751) et de 1785 pour le chœur (plans de l’architecte Lazare RENAUD datant de 1776). L’embase du pilier de droite du chœur porte l’inscription suivante : « Cette pierre a été posée par M.J.B. POUEY prieur de la RD Abbaye de Bellevaux et bénite par M. CUENOT curé de Rigney, le 7 avril 1786 ». Il y avait, sans doute, un sanctuaire très ancien au Moyen - Âge puisqu’en 1248, Ponce de Cicon donne à l’Abbaye de Bellevaux ses droits sur l’Eglise de Rigney. Elle était placée sous le titre de Saint Paul Apôtre. Nous n’avons pas d’informations précises sur l’architecture de cette église médiévale datant probablement d’avant le XII siècle. La paroisse de Rigney fait partie du doyenné de Roulans-Marchaux et de l’Unité Pastorale de Marchaux-Rigney dont le St Patron est St Augustin. L’Eglise Saint Paul Apôtre de Rigney est placée sous le vocable des Saints Pierre et Paul après son entière reconstruction (ne furent conservés, que les murs de flanc, la sacristie et la chapelle de gauche). Quelques travaux supplémentaires (réfection des voûtes, du chœur et achat de retables pour les autels latéraux) sont reconnus nécessaires à la perfection de l’ouvrage. Le chœur, vestige de l’ancienne église, fut entièrement démoli et rebâti. ARCHITECTURE EXTERIEURE


Longue de 25 ml large de 15 ml, l’église est bâtie en calcaire bicolore du Jura. Elle dresse sa silhouette massive audessus de la plaine alluviale de l’Ognon et se mire dans les étangs qui occupent les anciennes ballastières du village. L’édifice, couvert de petites tuiles plates comporte trois nefs dont la nef centrale se termine par une abside hémicirculaire derrière le chœur et s’accole à un clocher porche qui, comme la majorité des églises franc - comtoises est traditionnellement coiffé à l’impériale d’un toit en bulbe. Les tuiles vernissées tracent sur le bulbe du clocher un damier noir et jaune sur les 4 pans, aux quatre horizons, (une croix noire à centre jaune alternant avec une croix jaune à centre noir. Au dessus de l’appareil, le coq pointe son nez aux quatre vents. La façade du clocher est très simple avec un portail en plein cintre surmonté d’un oculus. Le deuxième niveau du clocher est aveugle, tandis que le dernier étage est percé d’une fenêtre. Sur la façade du clocher, côté village, domine une horloge. Cette horloge est constituée d’un cadran de fonte de 150 cm de diamètre, muni d’une aiguille unique, dorée en forme de flèche. Elle porte en relief, les chiffres romains des heures avec les indications Morel (le nom de l’horloger). Elle présente un mécanisme assez intéressant datant de 1834. L’église abrite de belles œuvres (mobilier ou objets de culte) dont quelques unes sont classées ou inscrites aux monuments historiques.

Le clocher porche d’aujourd’hui

le maitre-autel

L’abside

Vue oblique de la Nef

Le cimetière, l’église, et un des deux étangs

l’autel

ARCHITECTURE INTERIEURE A l’entrée, sous le porche, nous accueillent deux bénitiers, en pierre, un à gauche, un à droite avec la statue de StAntoine. La grande porte d’entrée franchie, nous découvrons l’intérieur de l’église qui dégage une atmosphère de paix. Accroché au dessus de la porte d’entrée, face au maître - autel, un grand tableau illustre la translation des deux Saints Apôtres, patrons de la paroisse (huile sur toile – XIXème siècle, classé) Les voûtes de la grande nef sont soutenues par quatre piliers en belle pierre bicolore. Sur un des piliers de droite, vers le chœur, un crucifix en bois sculpté datant du 18ème siècle (classé).

La nef, partie gauche,


A gauche de l’entrée, une statue, en marbre, datée de la fin du XVème siècle et représentant un évêque, peut-être Saint – Claude, est certainement l’œuvre la plus remarquable de l’église (classé). A côté, un baptistère d’une assez jolie venue. Vers la porte d’entrée latérale de la nef, se trouve l’orgue liturgique. La nef de gauche, côté Evangile, conduit à un autel dédié à la Sainte Vierge. Cet autel est surmonté d’un tableau représentant la Nativité de la Vierge Marie Vers l’entrée du chœur, se dresse une statue de la Vierge à l’enfant. La nef, partie droite, A droite de l’entrée, se dresse une statue de St-François Xavier. A côté, le confessionnal. Vers la porte d’entrée latérale de la nef, se trouve un bénitier. La nef de droite, côté Epître, conduit à un autel dédié à St-Pierre et Saint Paul. Cet autel est surmonté d’un tableau représentant les Saints Apôtres Pierre et Paul. Vers l’entrée du chœur, face au peuple, se dresse la chair, autrefois lieu de la parole est utilisée comme ambon. L’abatvoix de cette chaire est surmonté d’une croix. Le dosseret ainsi que les panneaux de l’escalier menant à la cuve sont ornés de volutes. Un boudin souligne le bas de la cuve et de la rampe. Elle représente les quatre évangélistes parmi lesquels on voit en façade Luc (emblème le bœuf) et Marc (emblème le lion). Le chœur, Le lieu du sanctuaire occupant le fond de l’abside est éclairé par trois vitraux assombrissant le chœur qui datent du 19ème siècle. Ils représentent : Au nord, la Sainte-Vierge, au sud, St-Joseph, et à l’est, une Sainte-Communion. L’autel en bois peint en trompe l’œil. Du côté gauche, au dessus de la porte de la chaufferie, contre le mur, une statue de Notre-Dame de Lourdes. Du côté droit, au dessus de la porte de la Sacristie, contre le mur, une statue de St-Joseph. A côté de l’autel, vers la porte de la chaufferie un christ en croix sur pied. Le Maître- autel, peint en faux marbre vert jaspé, est surmonté de trois gradins accédant au tabernacle en bois doré, flanqué de sis chandeliers classés aux monuments historiques. Au sommet du tabernacle, un christ en bois doré. Cet ensemble est devenu crédence pour la Réserve Eucharistique. Un calice datant du 18ème siècle et une patène datant du 19ème siècle sont également classés. La grille de communion et sa symétrie, en fer forgé, sont adossées au mur de part et d’autre du maître-autel. Dans l’ensemble Un Chemin de Croix de style Saint Sulpice couvre les murs latéraux de la nef et date probablement de 1907. Les 14 stations, en haut-relief, sont en plâtre. S’y mêlent, à droite, la statue du Sacré-Cœur et à gauche, la statue de Ste Thérèse de l’enfant Jésus. Les fenêtres de l’église sont munies de verre antique jaune entourant une croix bleue. Au centre de la nef, devant le chœur, se trouve une pierre tombale, en pierre, abritant le tombeau d’Henri Pierre Cart, Chapelain de la Roche qui mourut le 17 août 1754 et Claude Cart, curé de Rigney, qui mourut le 16 septembre 1756. Ils étaient frères et bienfaiteurs de cette église. Une deuxième pierre tombale, en bronze, où repose le corps de Simon Chapuis décédé en avril 1830, dans la maison de son oncle, le Curé de Rigney L’éclairage électrique de l’église, repris selon les normes de sécurité et les principes d’éclairage liturgique, ne parvient pas à faire oublier la disparition des anciens lustres en cristal de bohême qui apportaient une lumière festive essentielle à la liturgie. (1956. L’église est sonorisée (1973) La chaufferie (Ex Chapelle à gauche contigüe au chœur, sous le vocable de Saint-Charles Borromée) L’église est chauffée au moyen d’un chauffage à air pulsé, et d’un chauffage mobile d’appoint.

La Sacristie (Ex Chapelle à droite du chœur, dédiée à St-Nicolas)


C’est un lieu où l’on range les ornements d’église et différents objets de culte et où les prêtres vont revêtir leurs habits sacerdotaux. La Sacristie abrite aussi de nombreux et divers éléments liturgiques. 1er étage On accède au 1er étage du clocher par un escalier de pierre grimpant en colimaçon dans une tourelle accolée au côté droit du porche. L’accès des étages supérieurs, celui de l’horloge puis celui des cloches est possible grâce à un escalier de bois. La sonnerie des cloches est électrifiée (1958) Un beffroi, en chêne, soutient les deux cloches dont les angélus martèlent les heures joyeuses ou douloureuses de la communauté. La grosse cloche, qui date de 1866, a été fondue par François Joseph Bournez, fondeur à Morteau. Elle a un diamètre de 140 cm et pèse 1450 kg. Elle sone en do dièse. Œuvre de belle coulée, elle porte un aigle impérial sur le flanc et deux bandeaux de feuillage, au dessus des inscriptions de baptême. La petite cloche, munie d’un marteau actionné par l’horloge, indique les heures. Elle date de 1844. Elle a été fondue par Gillot et Bourgeois de Bleurville (Vosges). D’un diamètre de 120 cm, elle pèse 850 kg et sonne le mi. Elle présente un décor soigné : une Vierge à l’Enfant sur tête d’ange, un crucifix, le tout surmonté de deux bandeaux faits de faisceaux de vignes et de blé et d’une panoplie d’objets liturgiques. La marque des fondeurs : un bel ange assis sur u ne roue et jouant de la trompette avec une banderole au nom des fondeurs. Le grenier abrite les leviers qui servaient à abaisser les lustres disparus pour nettoyage et au dessus du chœur, une machinerie, en bois, était utilisée pour draper les parois d’une tenture pendant les enterrements de première classe. Les communes co- paroissiales veillent à la sauvegarde et à l’entretien de ce patrimoine culturel et spirituel. Le cimetière intercommunal, primitivement situé devant le côté de l’église, côté village, a été transféré au- dessus du village, à la suite d’une épidémie de choléra et de travaux d’élargissement de la route. CHAPELLE SAINTE GENEVIEVE Année 1623 – Construction en pierre – Rue de la Forge La chapelle, petit mais élégant oratoire dédié à Sainte-Geneviève, est située sur la colline dominant la Corcelle. Elle n’est accessible que par un sentier escarpé situé à gauche de la rue de la Forge. Elle a été fondée et baptisée par Luc Monnot en 1623 qui a retenu pour lui et les siens le patronage de cet édicule. Dans une tibériade de 1647, on peut lire dans la légende « Chapelle bâtie par Luc Movnot et Thaves » Il semblerait que les sieurs Luc Moynot (alias Monnot) et Simon Thaves (alias Tardy) aient uni leurs efforts pour bâtir la chapelle. Simon Tardy, Seigneur de Riancourt en Bassigny, exploitait à l’époque les forges du Moulin Martin. Pendant la période de 1913/1914 beaucoup d’offices et de processions y furent célébrés dans les cas d’intempéries, épidémies, maladies, guerres, sous la protection de Sainte-Geneviève car, paraît-il, elle protégeait le secteur. Aujourd’hui la chapelle n’est plus fréquentée, mais la commune en assure la sauvegarde et l’entretient comme un élément du patrimoine religieux.

Histoire  

Brève histoire de Rigney dans le Doubs

Advertisement