Page 1

La Lettre aux amis de la batailleuse

Association C.L.A.J. de Franche-ComtĂŠ F e r m e d e l a B ata i l l e u s e Parution: avril 2015


2


EDITO

oh oh oh

Rien ne se perd, tout se transforme, Plus qu’un phénomène chimique, on dirait que le mes-

sage de l’irremplaçable bouille à lait de la salle d’accueil de la ferme réflète l’engagement du CLAJ à garder son fil rouge, son ambition pour l’éducation populaire et ses valeurs collectives malgré les mouvements importants dans l’équipe autogestionnaire. En deux ans, l’association a connu près d’une vingtaine de mouvements d’équipe. Il faut voir que la structure connaît une évolution permanente avec les regards neufs et de plus en plus avertis sur certaines pratiques paysannes et solidaires. Par ailleurs, la vocation éducative du CLAJ se trouve peut-être aussi dans sa qualité d’être une sorte de terrain de formation pour la plupart des copains qui finissent par s’envoler à construire d’autres belles choses. On en parle, on apprend des uns et des autres, et on oeuvre ensemble pour garder ce terrain d’initiatives et d’écoute ouvert. Dans ce bouillon de découverte de début d’année 2015, la lettre aux amis n’a pas pu trouver sa place de rédaction auprès de la plupart des personnes de l’équipe très prises. Ce sont plutôt les anciens et ceux qui nous regardent et nous soutiennent de plus loin qui la diversifient cette année . En fait on dirait bien que la lettre aux amis s’écrit par les amis pour cette fois! Merci pour vos petits mots!

Marion G.

3


SOMMAIRE L’ équipe 2015..................... p .4

L es

L e V oyage

Les colos de l’été en images.......... p.10 Kamishibaï, une découverte pour les animations au CLAJ.................... p.11

du bateau

CLAJ

Message d’un carnet de bord......... p.6 Penser le changement.................. p.7 Quinzaine de bilan 2014 .............. p.8 Assemblée générale 2015 ............ p.9

La

n tie mptable s a o Séb r / C

vie à la ferme

En images................................ p.12 Le passage d’une artiste, Anne-Sophie Girault p.13

G. nication / n o u i mm Mar de co e rgé Cha

temps forts de l ’ accueil

ère ang l u bo

e tine s u J atric m ani

mas o h T anger

rie

l bou

Chev

i Rémromager n Jea rier / F ine Chev l a ac Pasagère

s çoiateur n a m k ni r/a ric Fr t che a a V P er Vach

From

nt ntenance e r Lau é de mai rg

Cha

4


r

Le

réseau

REPAS

A ct U -

Q u ’ est - ce qu ’ on regarde ? Avec Tafta, on sera dans de beaux draps... p.16 Syrisa:une victoire dans la guerre contre le capitalisme.......................................p.18 Reclaim the fields! Le réseau de compagnonnage Fourche et champ libre.................p.20

Retour sur 2014, l’oeuvre du groupe action p.14 2014, place au nouveau compagnonnage p.14

L es

évènements

La fête de la Batailleuse.......................... p.15 Le chantier de l’ascension.................... p.15

L e courrier des anciens ........ p .22 AGENDA........................ p .26

L’ équipe 2015 S. on i r Ma atrice m

ani

ineu centre rr Pe naire d

u hie t du t e r Mationnaiccueil

ueil d’acc

tion ges

e aleidu h t Nationnairccueil ges d’a tre cen

5

ges d’a tre cen


J A L C u a e t a b u le voyage d M essage d ’ un carnet de bord

2014

aura était une année de compréhension, d’attention et de résolution. Au fur et à mesure du voyage, les capitaines du bateau CLAJ savent que leur vaisseau ne connaît pas vraiment de rythme de croisière. Si certains tiennent la barre depuis un paquet d’années, d’autres ont dû vite se dégourdir à savoir tenir le cap. Cette année encore, plusieurs matelots ont quitté le navire et d’autres sont montés à bord. Des mouvements très forts pour l’équipage parfois... de belles leçons aussi. Hop! on réajuste le gouvernail. Bienvenue aux nouveaux moussaillons, prenez vos commandes et guidez la coque. Pas une personne n’a de longue vue... mais on a tous nos regards! On se rencontre, on change de latitude, on peut aller vers d’autres horizons avec le pavillon de l’autogestion toujours hissé au mât. Pour ma part, il y 2 ans que j’ai pris place aux commandes collectives de ce sacré rafio, à l’époque comme une enfant qui apprend à faire du vélo... aujourd’hui je

crois que je pourrais fabriquer ma bécane avec toutes les clés qu’on s’est échangées. D’abord l’association, son histoire, ses valeurs et ses enjeux; les savoirs-faire, avec les outils de communication; la confiance avec la connaissance intensive des équipiers; et le coeur à voir la réussite du travail coopératif: être fière de nous, de soi, des autres devant le sourire des gamins. Et puis s’ancrer petit à petit dans le territoire comme la Batailleuse avec ses 35 hivers. On échange des trucs au village, dans le Doubs, sacrée Franche-comté! Allo la Suisse et les réseaux? On peut venir voir vos bateaux? Le nôtre est lourd, vieux et impressionant de rafistolage, mais si sa carlingue semble rouillée, la mécanique est

6

entretenue et le pilotage de plus en plus sophistiqué. Bricolé en petits bouts, et en plus trop grand...d’accord mais il faut de la place pour grandir à plusieurs! Et aussi un vaste pont pour regarder le paysage avec tous nos invités: les enfants, les familles, les groupes spéciaux, les curieux, les copains, les woofers, les stagiaires, les instits, les motivés de l’altern’atif, paysans, artistes, créateurs et voyageurs. Pour l’année avenir, j’espère que le bateau voguera encore vers la découverte d’initiatives, et la projection de nouveautés culturelles et associatives riches de belles rencontres. Marion Godiard


L’

le

auteur Francis Blanche avait avancé que « face au monde qui bouge, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement ». Il avait là saisi toute la problématique à laquelle est confrontée notre situation actuelle: le monde dans lequel on vit est en perpétuelle mutation. Et ceci est vrai sur de longues échelles temporelles pour le monde entendu comme le système Terre, où se succèdent depuis sa création variations climatiques, succession d’espèces ou bien encore évolutions génétiques et des écosystèmes. Mais ceci se vérifie également à une échelle plus courte et plus anthropocentrée, lorsque l’on entend le mot « monde » comme le contexte contemporain à l’homme: évolution des modes de transports, modification des habitudes alimentaires, nouveau rapport au temps, etc... Ainsi, l’évolution est le propre de la Terre et de l’Homme. Et si ce dernier influence certains changements naturels, il ne peut néanmoins pas les contrôler. En revanche, l’homme peut maîtriser son mode de fonctionnement. Et quel est-il? le modèle d’une société de consommation, individualiste, dans un système

changement économique fondé sur la croissance systématique, est en phase d’expansion. Or, il implique des menaces pour l’environnement, mais aussi pour l’homme, et ce d’autant plus que ce modèle s’étendra spatialement et temporellement. Si le mode de (dys)fonctionnement occidental actuel est source de catastrophes, l’homme a tendance à se voiler la face en tentant de limiter ou de réparer a posteriori les effets néfastes de ses inventions. On en vient donc à la métaphore de changer le pansement. L’engagement historique des CLAJ et celui de la Batailleuse s’inscrit dans ce courant là, en proposant des séjours pour tous, et notamment pour les lésés du système : enfants des quartiers, handicapés, personnes en situation précaire. S’il semble aujourd’hui indispensable d’offrir une soupape à ce système oppressant, s’attaquer aux conséquences peut néanmoins paraître être une goutte d’eau dans la mer. Il semble plus judicieux – et plus ambitieux – de se pencher sur les causes des bouleversements environnementaux et sociaux. Et c’est dans ce contexte de nécessaire réflexion sur un modèle alternatif que nous, batailleurs-ses, cherchons à trou-

Francis Blanche, auteur, acteur et humoriste

Penser

ver notre propre voie pour proposer, à notre échelle, un autre fonctionnement pour un autre monde : abandon du système hiérarchique, engagement dans une agriculture paysanne, accueil d’acteurs plutôt que de consommateurs, convivialité, partage, projet pédagogique tourné vers l’épanouissement des personnes accueillies, etc… L’association se trouve donc engagée sur les deux tableaux, changeant le pansement tout en pensant le changement. Ce vaste et ambitieux projet demande donc une énergie énorme et comme l’a très bien écrit Romain Gary, « les chemins qui mènent à la liberté et la dignité humaine passent par des abîmes et ne sauraient donc d’un seul coup mener aux sommets ». Alors avec vous, amis de la structure, on sait ce qu’il nous reste à faire : BATAILLONS ! Jean Rémi Collot

7


Quinzaine

2014

de bilan

«la Quinzaine de bilan», c’est 15 jours pour l’équipe du CLAJ pour faire le point sur l’année avec nos bilans personnels dans le collectif, bilans de chacun des secteurs et le dessin de nouvelles perspectives pour l’association.

.

E

n Novembre dernier, la Quinzaine de bilan 2014 était placée sous le signe de la bienveillance. Déjà sensibilisés en 2013 aux techniques de la CNV (Communication non-violente), aux méthodes et outils de prises de décisions que nous avez apporté Isabelle Follain (intervenante en CNV) et Nicolas Debray (notre agitateur de particules démocratiques), nous en avons renforcé notre pratique de l’autogestion. Avec, pour toutes les personnes présentes, l’expérience d’au moins une année de fonctionnement ensemble à la Batailleuse lors de cette session 2014, nous nous sommes trouvés très solidaires dans la manière d’appréhender et de dérouler le fil de ces 15 jours d’échanges. Nous les voulions constructifs. Le programme était riche: D’abord, trois jours d’exposés de bilans personnels et de secteurs. Dans un cadre confortable canapés/chocolats, nous avons pris le temps de nous exprimer, à tour de rôle, sur l’année écoulée en soulevant une anecdote positive, une anecdote négative de l’année, en expliquant comment nous nous sentions dans notre travail, dans le collectif, pourquoi nous sommes à la Batailleuse, ce qui nous fait rester ou ce qui nous ferait partir, et enfin quels sont nos projets pour l’avenir. Par ailleurs, guidé par Nicolas, nous avons mis en application nos méthodes d’échange et de prise de décision pour consolider et actualiser le réglement intérieur. Guidée par Isabelle, nous avons mis en application la «co-vision» (principe de décision unanime à force d’échanges dans un groupe) avec le choix urgent à ce moment du futur boulanger.

Beaucoup de discussions donc. Il était essentiel de les alléger par une petite «sortie scolaire»! Alors nous sommes partis en voyage à Morens, en Suisse, retrouver une petite classe que nous avions accueilli au CLAJ et leurs instituteurs: Bernard, Céline , Simone et Jean. Une belle journée lors de laquelle nous avons visité le village , retrouvé les enfants au fournil de Morens autour de la garniture de pizzas que nous avons dégustées avant de visiter leur impressionnante école. L’après-midi, nous sommes allés à Lausanne visiter le musée de l’art brut. Pour conclure, le bilan 2014 était très interessant dans la continuité des réflexions qui avaient été amorcé lors des précédentes quinzaines. Par exemple, beaucoup de questionnement soulevés en 2013, qui étaient le thème d’agoras prévues, se sont finalement résolus sans même que ces agoras aient lieu. Evidemment, il restent des interrogations tenaces sur la stabilité de la Ba-

tailleuse, comme les changements d’équipe récurrents qui peuvent fragiliser la structure. Mais l’équipe se rassure: ce phénomène donne aussi la qualité à la Batailleuse d’être un grand laboratoire d’expériences et de formations pour ses membres. Enfin il y a ces moments forts de solidarité: ceux détachés du rythme effreiné de nos secteurs respectifs comme les chantiers participatifs, le marché paysan et d’autres évènements conviviaux d’accueil de bénévoles, d’enfants et de curieux. Marion G.

Elena Perez-Siera - A1-A2. Exposé au musée de l’art brut à Lausanne

8


Assemblée

2015

générale

L

’assemblée générale eu lieu fin Janvier cette année. Elle s’est précédée, la veille, d’un moment particulier pour les membres de l’équipe du CLAJ: une rencontre entre l’équipe active et Conseil d’Administration. Une rencontre qui visait à clarifier les liens entre nous pour l’association, le rôle du CA et son pouvoir d’intervention, les modalités pour l’équipe à lui faire appel, les actions à entretenir pour l’asso, au quotidien et/ou à distance. Un temps particulièrement important pour les personnes arrivées récemment à la Batailleuse. Guidé et organisé par Nicolas Debray, il a d’abord consisté à exposer l’historique de la définition du CA à la Batailleuse et de la mise en place de ses interventions (par exemple, les entretiens réguliers avec les personnes de l’équipe, les retrouvailles trimestrielles, les validations de décisions qui n’arrivent pas à se prendre seulement au sein de l’équipe active ou qui nécessitent des regards extérieurs avertis), ensuite chacun, à tour de rôle s’est exprimé sur ces thèmes, en évoquant sa vision des liens équipe/CA, ses expériences, ses doutes parfois des incompréhensions ou à l’inverse une meilleure compréhension. Enfin nous nous sommes partagés en différents groupes de discussion, répartis par thèmes: comme les modalités d’embauche et d’accueil d’un nouveau salarié, la gestion de conflits internes, etc... et ce temps de travail se finalisa par l’apport d’idées, de solutions. Le déroulement de l’assemblée Générale, le lendemain, était aussi cadré par Nicolas Debray. Cette année, quelques personnes du village nous ont rejoint la matinée pour écouter

les comptes rendus d’activités rédigés par secteurs. Après un bon repas autour de notre grande tablée, nous nous sommes remis en discussion. L’objectif étant de débattre sur des problèmes et questionnements soulevés: Au Souleret: Par exemple comment prévoir la mise au norme du centre pour l’accueil d’handicapés moteurs, ou attirer des groupes désireux d’espaces plus intimes que des chambres collectives,etc.. A l’animation: Par exemple, comment pourraiton amener plus de personnes à venir à la Batailleuse en saison creuse (automne et hiver en période scolaire)? Comment pourrait-on proposer des programmes d’animations (ponctuels ou à thème) adaptés aux baisses de financement des écoles et groupes, etc... A la ferme: Par exemple, comment pourraiton soulager la charge de travail et de précautions au secteur des vaches ou comment imagineraiton l’évolution du fournil pour plus le raccorder à la dimension pédagogique de l’association et pour remédier au problème récurrent du bois inadaptés pour la chauffe en hiver, etc.. Je cite ces exemples de mémoire, les points soulevés étaient nombreux... . Pour ce moment de réflexion, nous nous sommes répartis en «groupes de travail tournants». C’est à dire que trois espaces étaient aménagés pour débattre, du souleret, de la ferme, et de l’animation, avec trois personnes fixes attachées à ces secteurs à chaque espace; et le reste des participants gravitaient pour intervenir sur chaque espace de travail. Ce temps s’est clotûré par un compte rendu pour le souleret, l’animation et 9

la ferme de solutions imaginées à l’assemblée réunie. Enfin nous avons priorisé les applications à réfléchir en les notant individuellement sur un post-it. Ces petits documents seront des supports pour organiser les ordres du jour de nos futurs réunions et Conseil d’administration. Enfin nous avons procédé à l’éléction du Conseil d’Administration: le bureau reste inchangé: la présidente de l’association est toujours Annie Sautereau; secrétaire, Caroline Arnould et trésorier, Manu Vignon. Le CA compte 11 membres dont deux nouvelles personnes de l’équipe: François Desnos et moi même. Cette journée spéciale est toujours l’occasion de faire le point concret sur l’activité et la santé de l’association. Globalement, elle va bien aujourd’hui. Elle est aussi l’occasion de definir les perspectives d’avenir: exposer le prévisionnel pour anticiper les soucis voués à se poser, notamment financier (renouvellement des contrats salariés, prêt et projet d’aménagement et d’achat de matériel). Enfin, c’est surtout l’occasion de retrouver tous les Batailleurs/ ses et encore cette année, de partager les actions de l’asso avec des gens du village. Marion G.


l i e u c c 'a l e d s t r les temps fo des enfants

Les colos de l’été

en images

10


K

Une

a

m

découverte

i

s

pour

h les

i

b

a n i m at i o n s

L

ors de rencontres sur le thème de l’éducation à l’environnement organisées par la plateforme EEDD l’année dernière. Marion S., Justine et moi-même avons découvert un art du conte très ludique et artistique: le Kamishibaï. Kamishibaï signifie «théâtre de papier» en japonais. C’est un atelier de lecture qui utilise un butaï: un théâtre en bois mobile dans lequel se cadrent des dessins. Le conteur fait défiler les images une par une au rythme de l’histoire qu’il raconte. Ce genre narratif était populaire dans les années 50 au Japon. Les conteurs ambulants captivaient les enfants dans les rues avec des histoires et des friandises. Les dessins ci-contre sont les premières scènes qui illustreraient le conte de la petite graine d’épicéa, inventé lors des chantiers de l’ascension 2013. Cette histoire raconte l’épopée d’une petite graine à travers les paysages du HautDoubs, son aventure depuis le jour où elle est tombée entre les mains d’un savant fou! Marion Godiard

Graphisme : Marion Godiard

11

a du

ï C LA J


e m r e f a l e d e i La v

1,50 m de neige cet hiver

Django,notre nouveau bouc et les p’tites biquettes de cet hiver

On a plumé nos poulets tout cru à l’automne

La famille ne s’arrète pas de grandir

Merci pour les filets mignons 2014

12


Le

passage d’une artiste a la ferme

Anne

sophie girault

L’écurie des Vaches

Le magasin

La serre de la ferme

La traite des chèvres

La fromagerie

La vie des comestibles sous la serre

13


. .S .A .P .E r u a e s e Le R

Réseau

Retour sur 2014 L’ o e u v r e

du

Groupe Action

Le groupe action composé de huit compagnons a passé cinq semaines à élaborer un projet d’aménagement pour les abords de la ferme . Entre la repeinte de la façade de la ferme, la création d’une mosaïque sur le muret des cochons, l’arrangement des abords plantés, le réaménagement du parvis de la cabane à lapins et la révision de la signalétique principale d’accueil à la ferme, les compagnons ont usé

d ’ é c h a n g e s e t d e p r at i q u e s

A lt e r n a t i v e s

et

Solidaires

d’huile de coude. Ce projet était en amont réfléchi entre eux et conseillé par nous tout au long des cinq semaines de leur séjour à Rochejean. Marion G.

2015, Place au nouveau compagnonnage

P

our cette Promo, il y a cinq nouvelles structures qui entrent dans le compagnonnage alternatif et solidaire. Nous avons Garza Loca en Aveyron, la ferme de chalonne en Isère, Champs commun dans le Morbihan, la conquête du pain à paris, et le collectif de la Mijote en Savoie. Ambiance Bois, le Battement d’ailes, le GAEC de Champs Libres, le monde allant vers, la Frainaie, Court-circuit, le Bateleur, le Gaec Radis and Co et bien sur le CLAJ la Batailleuse sont toujours au rendez-vous. Nous avons donc quatorze structures participantes à ce compagnonnage. Le comité de pilotage s’est déjà réuni plusieurs fois pour organiser et sélectionner les compagnons 2015. Cette année il y a eu vingt deux personnes retenues.

En ce qui concerne le CLAJ La Batailleuse, nous avons Marie notre compagnonne immergée dans notre équipe pendant cinq semaines. Deux groupes actions de deux semaines et demi se succederons pour réaliser leurs chantiers coopératifs. Ce chantier concerne le poulailler : installer une clôture fixe adaptée aux enfants, agrandir pour accueillir plus de poules et surtout avoir un atelier ludique et pedagogique. Au bout de ces dix semaines les deux regroupements, où les compagnons se positionnerons pour la suite de leur parcours. C’est à ce moment que nous saurons si la Batailleuse accueille un nouveau groupe action ou une immersion. Par ailleurs, une nouvelle équipe s’est formée pour représenter le CLAJ . Cette équipe est constituée de Perrine, Manu Vignon et 14

moi même Pancho. A trois, nous pouvons nous organiser pour aller aux rencontres du Réseau, participer au compagnonnage et bien accueillir nos compagnons. Le compagnonnage enrichi énormément les structures et les compagnons. Cette formation fournit tous les outils de base que tout individu devrait posséder au début de sa vie professionnelle : savoir échanger, travailler en équipe, construire de ses mains, se connaître au contact des autres, se constituer un réseau de structures au cœur de la pratique. Le réseau R.E.P.A.S a de multiples facettes. Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur www.reseaurepas.free.fr François Desnos


4 1 0 2 s t n e m e n Les eve La fête de la batailleuse Le soleil était au rendez vous encore cette semaine du 31 Juillet 2014. Et voilà que le traditionnel «marché paysan» est devenu plus clairement la Fête de la Batailleuse. Avec notre joyeuse petite équipe de bénévoles bien motivés, nous avons mis 3 jours à transformer la ferme en place de rencontre des producteurs bio locaux pour le marché paysan qui s’organisait l’après midi. Les producteurs, habitués pour la plupart maintenant, étaient au rendez-vous (maraîcher de Clerval et des Fourgs, la tisanerie, mielerie, etc...). Unis cette

année avec des artisans et militants (une potière, rédacteurs de l’utopik,etc...). La journée, rythmée par des visites de la ferme, les animations pour les enfants, des airs de musique vagabonds et des tours de calèche, s’est avancée vers une soirée très festive. Le comptoir de la buvette et de la restauration était abondamment peuplés la nuit tombante, avec des visiteurs, touristes, villageois, copains et familles venus appréciés les concerts de la nuit. Encore un franc succès! Marion G.

Le dimanche a la ferme

Un challenge de l’évènementiel pour nous car 2 jours après la Fête de la Batailleuse, nous remettons ça pour le Dimanche à la Ferme. Une journée tout aussi festive et conviviale, cette fois à l’initiative de la chambre d’agriculture. Le Dimanche 3 août a réuni là encore plusieurs producteurs locaux à Rochejean mais aussi dans d’autres fermes qui ouvraient leurs portes. Nous avons profité de l’installation d’abris et de toutes les préparations de la fête pour organiser cet évènement important pour l’ouverture au public du monde agricol. Au programme: marché paysan, animations pour les enfants, visites de la ferme et fondue géante pour terminer cette belle journée. Marion G.

Le chantier de l’ascension L

es chantiers de l’ascension 2014 ont été un temps fort pour l’équipe. Ces quatre jours ont regroupé environ 60 personnes! Bénévoles curieux de connaître l’association, habitués, les copains, d’anciens compagnons du réseau repas, familles, voyageurs de passage et le groupe action du réseau REPAS en compagnonnage à ce même moment. Des personnes venues de diverses horizons, cotoyant plus ou moins le milieu associatif ou le milieu de l’éducation et de l’environnement nous ont rejoint pour pour plusieurs chantiers prévus. Au programme il y avait : - A la ferme: la réfaction de la barrière des chèvres, le rangement et le nettoyage de la salle d’animation, la construction d’une terrasse pour la cabane d’été des colonies de vacances, l’enduit terre-paille de la cabane des lapins, la réparation et protection des fenêtres de la ferme

mait la Batailleuse. En équipes solidaires sur les chantiers rythmés par les chansonnettes spontanées et les blagues, nous nous souviendrons longtemps de ces moments; notre excursion en haut du Mont d’or, la fondue gigantesquement conviviale, la paëlla d’Alex, la soirée du bal folk... et surtout toutes ces rencontres qui restent encore avec nous. Marion G. et la rénovation du four. Au souleret: le débroussaillage des abords du centre, libre expression des artistes pour égayer les portes des chambres. Et puis la couture pour réparer les tabliers de cuisine, un temps de réflexion pour programmer des évènements particuliers à la Batailleuse. Le soleil était avec nous et a bien motivé les troupes pour ce grand programme accompli avec brio. Une très belle énergie ani15


ACtu Qu’est-ce

qu’on regarde?

Avec Tafta, on sera dans de beaux draps

Cela fait 2 ans que des

dans leur désir d’aller investir en négociations secrètes ont dé- face. Par exemple en Amémarré entre l’Europe et les USA pour créer un espace de libre rique le « buy american act  » échange , un Grand Marché oblige les collectivités à réserver Transatlantique (GMT), qu’on une partie des marchés publics appelle aussi Tafta ( Transatlan- aux entreprises locales . Ca fait enrager les Bouygues , Eiffage tic Agreement of Free Trade). Officiellement l’idée c’est et autres qui voudraient bien de relancer nos économies occi- mordre dans ce gâteau. Ils ont dentales vieillissantes en créant aussi un contrôle plus poussé un grand flux d’échanges entre que nous sur les activités spécules 2 blocs ;et qui dit échange dit latives des banques . Aux yeux emplois . Mais là, méfiance : l’Alena, des banquiers européens c’est un traité du même genre entre une entrave inacceptable à l’inMexique , Canada et USA , n’a vestissement. Inversement les pas créé d’emplois aux Etats américains ne connaissent notre Unis, il en aurait au contraire principe de précaution. Les insupprimé au moins 700 000 . Il dustriels de la chimie ou du méa ruiné l’agriculture mexicaine, dicament sont tenus à moins de donc question emploi c’est tests , ils n’ont pas le système raté. Même la commission eu- REACH sur le dos qui oblige les ropéenne ne croit pas trop dans industriels de la chimie à déclale futures créations d’emplois , rer leurs composants. Ils n’ont puisque une de ses études re- pas adhéré comme l’Europe aux commande de provisionner le conventions de l’OIT qui oblifond social européen en vue du gent, au moins sur le papier , les TAFTA pour indemniser les ar- patrons à respecter des formes envers les travailleurs (convenmées de chômeurs à venir . tions collectives , procédures de Quel est alors l’esprit de ce licenciements) . futur traité de libre échange ? C’est de supprimer les barrières tarifaires, c’est à dire les droits de douane qui restent encore en matière agricole , et surtout d’abaisser les barrières non tarifaires . Barrières non tarifaires, qu’est ce à dire ? Ce sont les lois, règlements que chaque continent a édifié tant bien que mal pour préserver à sa manière les droits sociaux , l’environnement , la santé, la vie démocratique des habitants et qui gênent les multinationales de l’autre continent 16

Alors faisons sauter ces vieilles législations malcommodes , ou en tous cas «harmonisons les» , au plus petit dénominateur commun, pour que le business tourne à plein régime. A ce point là vous avez bien compris qui a dicté le mandat du représentant de la commission européenne comme de celui des Etats Unis. Ce sont les grandes multinationales qui aspirent à avoir les coudées franches dans le continent d’en face , et dans leur propre continent , pendant qu’on y est . Vous me direz qu’ avec l’Europe et avec notre propre patronat on est déjà en pleine régression sociale et démocratique, alors un peu plus , un peu moins... Mais avec TAFTA ça sera beaucoup plus. Exemples : Encore moins de démocratie locale . Une mairie ne pourra pas prescrire que les cantines scolaires ou municipales utilisent des produits locaux . Ce serait une «  entrave non nécessaire » à l’investissement . La loi Lang qui fixe un prix plancher des livres pour protéger les petites librairies , à la casserole, comme les velléités du gouvernement de prescrire une part de produits français dans les cantines Au travail, la concurrence


qui oppose déjà les législations sociales et les salaires des différents pays européens s’aggravera quand entreront en scène les états américains qui ont adopté le « droit au travail  », une législation qui casse les syndicats, les retraites et les salaires . Sans compter qu’une multinationale qui voudra s’installer dans un pays pourra remettre en cause les conventions collectives , sous prétexte qu’elles sont un obstacle à ses investissements L’hôpital de Mouthe, une maison de retraite publique , bénéficie d’une dotation de l’agence régionale de santé . Les sociétés privées qui gèrent des maisons de retraite pourront réclamer l’égalité de traitement , et comme l’ARS ne pourra pas subventionner tout le monde , c’est le principe même de la santé publique qui disparaitra . Une partie des OGM, des pesticides, des produits cosmétiques interdits en Europe et consommés aux Etats Unis finiront par arriver chez nous, et pourquoi pas le veau aux hormones . A l’usage de ceux qui vivent à la campagne : l’agriculture américaine, c’est 180 ha .

par travailleur, contre 13 ha. par travailleur en Europe . Même si en France certains s’imaginent résister (et encore : il y aura du dégât dans les secteurs de la volaille et de la viande) , sur l’ensemble de l’Europe ce sera une énorme casse économique et sociale . Les multinationales ont déjà le poids du capital et du chantage à l’emploi pour écraser les états ; le TAFTA leur donnera un outil supplémentaire : les tribunaux d’arbitrage. Ils leur permettront de poursuivre des états qui auraient l’audace d’imposer une législation contre la pollution , ou d’imposer par la loi une hausse du salaire minimum, ou d’ augmenter les places dans les hôpitaux ou les crèches publiques, autant d’obstacles à l’investissement . Ces tribunaux d’arbitrage ne feront pas pas partie du système législatif national ou européen, composés d’experts ils seront l’émanation des multinationales . Enfin rassurez vous . TAFTA devra sortir du bois pour être ratifié par le parlement européen , et, on l’espère, par les parlements nationaux . Ca sera 17

le moment de descendre dans la rue . Gaffe à TAFTA . UN TRAITE PEUT EN CACHER UN AUTRE . Pendant que nous nous mobilisons contre TAFTA , un autre traité de libre échange , CETA, entre l’Europe et le Canada, attend le moment de passer dans la foulée. Et encore plus fort : à Genève , dans les salons de l’ambassade d’Australie se mijote le TISA , un traité qui porte en germe la privatisation des services publics au profit du privé, et ceci à l’échelle de 48 pays, incluant l’Europe et les Etats Unis . Bonne année 2015, on n’a pas fini de descendre dans la rue . Mais me direz vous, tu parles bien , Manu, mais pourquoi pas un mot sur les accords APE , les accords de partenariat économique entre l’Afrique et l’Europe, et qui sont dénoncés par des ONG comme des accords inégaux, au point que plusieurs pays africains refusent encore de les siner ? Ma foi, c’est une bonne question , j’en parlera dans un prochain article. Emmanuel Vignon

Le collectif stoptafta s’organise localement > www.collectifstoptafta.org


Syrisa: une victoire dans la guerre contre le capitalisme ? L

a révolution est-elle enfin arrivée en Grèce ? Les peuples d’Europe asservis par le capitalisme vont ils enfin suivre cette voie visionnaire et porter au pouvoir par les urnes « l’extrême gauche » ? Ces questions, il me semble qu’elles sont dans beaucoup d’esprits en ce moment, que je les entends de toute part. En tant qu’amie de la Batailleuse ayant traîné mes basques chez les Hellènes et qui continue de suivre de près ce qui se passe en Grèce, je me propose d’apporter ma petite pierre à tous ces questionnements. Oui, je suis contente que le parti Syriza ait remporté de bons scores aux dernières élections législatives, oui, ça fait plaisir, et je ne vais pas le nier. Zoé Mavroudi, réalisatrice de documentaires engagés a écrit le soir des élections un article intitulé « Today, we hope  » («  Aujourd’hui, nous espérons  »), et je la suis dans cet espoir. La clique des capitalistes et des sociaux démocrates s’est pris une bonne claque dans les dents, c’est si rare qu’on ne va pas bouder notre plaisir, réjouissons nous! Tsipras et ses équipes ont promis beaucoup de choses, en bons politiques, ils ont su faire rêver. A peine arrivés au pouvoir, il ont annoncé toute une série de mesure phares très symboliques, qui ne peuvent que faire du bien au pays. Pour être plus précise, car c’est bien là que réside l’enjeu de l’analyse de la situation en Grèce, ils ont annoncé des mesures, et ont interrompu certaines politiques en cours. Ils n’ont pas encore eu le temps bien sûr de construire autre chose à la place, et nous

leur en laisserons le temps, mais ne nous précipitons pas en clamant qu’ils construisent déjà une nouvelle Grèce. Ils arrêtent celle qui était en marche depuis quelques années. Un vent de renouveau et de changement souffle donc : le camarade Tsipras n’a pas fait baptisé ses enfants et n’a pas prêté serment sur la bible, une femme est à la tête du Parlement, l’opération de persécution systématique des migrants nommée « Zeus l’hospitalier » est en suspend, les grandes privatisations également. Et maintenant, on fait quoi ? La contrainte intérieure Syriza, il est toujours bon de le rappeler, n’a pas obtenu la majorité des siège au Parlement, et a dû faire alliance pour gouverner. En d’autres termes, leur présence à la tête du pays dépend de comment ils sauront négocier avec d’autres partis, et de combien de compromis ils seront capables de faire. En tant que parti anti-système, Syriza ne gouvernera pas avec les sociaux démocrates traditionnels

www.globalresearch.ca

18

de gauche et de droite (le PASOK et Nouvelle Démocratie). En tant que parti de gauche radicale, ils ne s’allieront pas non plus avec l’Aube Dorée, et le parti communiste Grec, le fameux KKE (prononcer « koukoué) n’a jamais bouger d’un iota de sa position depuis la seconde guerre mondiale  : aucune alliance, avec personne, jamais. Il reste donc la droite souverainiste, version pro ou anti Europe (To Potami ou les Grecs indépendants). Bien coincés par ces quelques sièges manquants, Syriza a donc lié son destin aux Grecs Indépendants, parti souverainiste dont les leaders sont connus pour ne pas trop aimer ni les juifs, ni les homosexuels, ni les personnes non blanches. Pour donner dans l’approximation, le pays est dirigé par Mélenchon et Philippe de Villiers. Et maintenant on fait quoi ?! Syriza a donné en contrepartie de cette alliance le très stratégique ministère de la défense aux Grecs indépendants, et par la même le pouvoir de faire vaciller leur gouvernement. S’ils sont en désaccord, et comment pourraient-ils ne pas l’être, le gou-


vernement pour rester en place doit trouver une autre alliance, mais avec qui ? Comme je le disais plus haut, c’est presque impossible à l’heure actuelle. Cela voudrait donc dire de nouvelles élections, et donc une instabilité politique. A qui profitera-t-elle ? La pression européenne Syriza va donc devoir manœuvrer de manière prudente et fine pour faire perdurer ses alliances au niveau national, et faire des concessions. Au niveau de l’Europe, il risque d’en être de même. Tsipras n’est pas dans une position de force pour négocier la dette de la Grèce et le futur du pays. La Grèce est un petit pays de 12 millions d’habitants avec une économie en berne et une réputation internationale sérieusement écornée. Face au reste de l’UE et du monde capitaliste, elle risque de peser bien peu. La menace d’exclure la Grèce de la zone Euro et de l’UE est très présente, et les institutions européennes risquent de ne pas laisser le pays étendre ses revendications à son aise. L’exemple le plus claire en a été la BCE qui, quelques jours après les élections, bloquait l’accès aux liquidités des banques grecques. Et je crains que ce ne soit qu’un début. Il me semble aujourd’hui que Syriza est donc pieds et poings liés, que sa marge de manœuvre est presque inexistante. Si elle s’agite trop fort, elle risque de tomber, et à qui cela profitera-t-il ? Beaucoup d’Européens ont les yeux rivés sur ce qu’il se passera en Grèce. S’ils gagnent, s’ils font annuler la dette et remettent le pays sur de nouveaux rails, qu’est ce qui empêchera d’autres pays de les suivre ? S’ils échouent en revanche, en

devant par exemple réorganiser des élections, la propagande contre la gauche sera terrible : ils ne savent pas gouverner, plongent le pays et l’économie dans l’instabilité, ce sont des néophytes qui ne connaissent rien au système, il ne faut plus leur faire confiance. Combien alors les partis montant comme Podemos en Espagne payeront cet échec, combien, en tant que peuples d’Europe, payerons nous, et pendant combien de temps  ? Combien la Grèce devra-t-elle encore payer pour l’échec d’un parti dans lequel elle aura tant cru ? L’enjeu est grand, très grand. Laissons le temps à Syriza de mettre en place ces réformes, de montrer de quoi elle est ca19

pable. Mais soyons attentifs et prudents, car le chemin à parcourir dans la lutte contre le capitalisme reste bien long, et dangereux. Mathilde


Reclaim The Fields ! le réseau de compagnonnage Fourche & Champ Libre R

eclaim the Fields regroupe des personnes et des collectifs qui veulent retrouver le contrôle de la production alimentaire et revendiquer l’accès à la terre pour tous.tes, via des modes de production coopératifs, collectifs, autonomes, répondant à nos besoins et à petite échelle. Le mouvement est né en 2007 et s’est construit autour des valeurs défendues par la Via Campesina. Cependant il s’est rapidement enrichi de l’influence des mouvements urbains et anti-autoritaristes pour mettre en œuvre son propre fonctionnement, basé sur l’horizontalité, le refus de la hiérarchie et une attention aux systèmes de domination. Reclaim The Fields aime se définir comme une «  constellation  », un agencement d’«  étoiles  » (personnes, collectifs, luttes) dont la brillance peut varier avec le temps, plutôt que comme un réseau structuré. L’idée est aussi de mettre en valeur la grande diversité de nos pratiques (de l’occupation de terres au potager urbain, de la ferme collective à la manif anti-OGM…).

rencontres est édité tous les ans (à lire sur le site internet). Une assemblée européenne a lieu une fois par an en hiver (la dernière à eu lieu en janvier au Royaume-Uni). La base est composée par des groupes locaux plus ou moins actifs (en France, Belgique, Espagne, Allemagne, Autriche, au Royaume-Uni…) qui se donnent leurs propres objectifs et s’organisent de façon indépendante. Au niveau francophone, il y a des rencontres régulières, une liste mail pour s’échanger des infos, la mise en

Depuis 2007 la constellation s’est retrouvée lors de camps et d’assemblées européennes, et a soutenu plusieurs luttes contre des grands projets d’aménagement (contre l’aéroport de Notres-Dames-deslandes, la ligne TGV Lyon-Turin, les mines d’or de Rosia Montana en Roumanie, etc…). Des rencontres ont eu lieu au niveau local et international pour discuter des thématiques qui nous animent, et mettre en place un soutien concret aux initiatives collectives (installation, occupations, jardins collectifs…) en ville et à la campagne. Aujourd’hui, Reclaim The Fields continue à mettre en lien de nombreuses initiatives au niveau européen et un bulletin contenant des articles de fond, des nouvelles des étoiles et les compte-rendus des

20

place d’un réseau de formation agricole (voir plus bas). Du 26 février au 1er mars aura lieu près de Toulouse une rencontre thématique sur l’installation et la transmission des fermes. Fourche et Champ Libre est une initiative de Reclaim The Fields au niveau francophone. C’est réseau de fermes qui accueille toute personne désireuse d’apprendre l’agriculture, de partager l’histoire de ces lieux et leurs pratiques politiques. Il


s’appuie sur la rencontre entre des personnes souhaitant concrètement être accompagnées (ou souhaitant un complément de formation) dans l’apprentissage de pratiques agricoles et des individus/collectifs déjà installés en agriculture. L’idée est née de ce constat : le modèle de formation agricole institutionnel n’est pas adapté pour satisfaire l’exigence de nombreuses installations. Le réseau de compagnonnage veut participer à la réappropriation des savoirs et pratiques nécessaires à l’installation de nouveaux paysan∙n∙e∙s. Il se veut être un outil de réflexion, d’échanges et d’actions autour des questions d’accès à la terre, des pratiques agricoles, des modes d’organisation de la production, de l’utilisation et l’échange de semences libres, de la possibilité de se constituer en fermes collectives. S’investir dans ce réseau, c’est donner une place aux initiatives d’installations hors normes en agriculture (ce qui comprend bien sûr les projets vivriers). C’est aussi soutenir la création d’un outil d’émancipation collective et de nouvelles fermes de résistances. Fourche est champ libre se distingue du wwoofing par ses objectifs (une réelle formation agricole plutôt que du tourisme rural) et son fonctionnement  : premier contact avec les personnes impliquées dans le réseau pour définir des besoins d’apprentissage et voir quelle lieu pourrait y répondre. Si la rencontre est fructueuse, la forme et la durée du compagnonnage est à définir entre les habitant∙e∙s d’un lieu et le∙la compagnon∙ne en fonction des attentes de chacun∙e. Plus d’infos : www.reclaimthefields. org/fourcheetchamplibre Contact  : fourcheetchamplibre@reclaimthefields.org Vivien

21


s n e i c n a s e d r e i Le courr L a B ata i l l e u s e V

a un goût d’oasis...

« oilà 3 ans que j’ai mis quelques 700km entre le Doubs et moi en emportant les 2 ans d’expériences de Batailleuse. Aujourd’hui ces 2 ans d’encyclopédie remonte petit à petit, et même si les années ont lissées les imperfections il n’en reste que pour moi la Batailleuse a réellement été un outil qui aujourd’hui me guide dans mon projet.

lait garder une litière propre et affourrager les longs mois d’hiver. Peut être que vous perdez en confort, que votre dos envie le Grand Ouest qui monte sur son tracteur pour pailler, nourrir, curer mais qui touche une vache c’est à dire à un contact spontané et affectif qui reste trop rare ici car les occasions ont disparu avec cette rationalisation et ce « confort ».

J’ai besoin de cet outil, de cette référence car le fait d’être aussi loin du Doubs, de ces montagnes et de son climat modifie vraiment un tas de bricoles qui d’un point de vue d’un futur paysan éleveur m’emmerde à un certain point.

Alors oui j’envie le Doubs et la Batailleuse, j’envie les personnes qui peuvent maintenir un troupeau de petite taille et ainsi peuvent se permettre de connaître individuellement chaque animal.

Par exemple le fait de ne pas être structuré comme la Franche Comté avec son AOP, son cahier des charges garantissant un maintien d’une agriculture à taille humaine. Et oui je défends l’AOP même avec ses défauts ces envies d’expansions, elle a le mérite d’avoir été créée et de persévérer. Car si l’on compare avec le Grand Ouest, notre bassin laitier est prêt à nourrir les chinois et les africains avec des limites de productions parfois structurelles, parfois environnementales mais trop rarement éthiques… Autre exemple clé à mes yeux, vous les montagnards n’avez pas tous eu l’idée folle que s’étaient aux vaches de se déplacer pour rationaliser le travail, qu’on gagnerait du temps et un certain confort avec une salle de traite froide et humide NON ! Vous prenez le temps de passer entre chaque vache, vous gardez le contact pour recueillir le

C’est pour ça que la Batailleuse a un goût d’Oasis, car j’ai envie de retrouver ces sensations, ce bien être que je pouvais avoir dans cette étable et que je ne retrouve pas encore ici. Je ne suis pas encore installé, mon projet n’est pas encore écrit mais la Batailleuse restera mon encyclopédie! P.S : Dans cette encyclopédie, il y a bien entendu un chapitre consacré au collectif tout aussi important que je garde précieusement et que je sortirais au moment venu ! » Bon cet exercice déroge peut être un peu du style « qu’est -ce que tu deviens » mais comme à chaque fois que je passe le karcher dans la salle de traite (ou réalise toute autre tâche que je ne veux pas tolérer toute une «  carrière  ») je pense à la Batailleuse et voulais vous l’exprimer. Sinon dans la partie nouvelles: le 22

projet de la Rousselière avance, j’y participe mais en tant que petite main et n’y suis pas encore associé. Pour l’instant c’est mon frère et son fournil qui avancent avec cette semaine la pose de la voûte du four… C’est chouette en plusieurs points, d’une c’est chouette de rénover une ancienne étable, on touche à tout de la charpente, de la maçonnerie, de la menuiserie et on aime ça et en plus ça donne un truc chouette ! Voyez plutôt : https://www.facebook.com/lefo urnildelarousseliere?fref=ts Pour les premières miches faudra attendre les hirondelles et le printemps. Ludovic Orin


La

clajite

« Docteur, paraît qu’vous êtes docteur, parce que malade, paraît que j’suis malade !! » Je crois bien que j’ai attrapé… la clajite  ! C’est pire que la maladie d’amour, c’est la maladie du CLAJ ! Ça fait 5 ans, docteur, impossible de m’en défaire ! J’ai tout essayé pourtant ! Quitter l’équipe, les commissions, le C.A, déménager, faire partie d’autres collectifs  ! m’en remettre aux incantations, tisanes, hypnotiseurs, garagistes (bin quoi), marabouts, bouts de ficelle… mais ça n’guérit pas, la vérité est bien là : ça me gratte le claj ! et je sais bien qu’il faut pas gratter, que c’est comme les boutons de moustique, c’est plus fort que moi ! un peu comme si on voulait transformer une histoire d’amour passionnelle en quelques nouvelles et un café de temps en temps… on peut essayer, mais c’est peine perdue, un regard, un sourire, et voilà qu’on chavire ! Et pis ronger mon frein dans mon coin, ça va bien 5 minutes, mais déjà, c’est fort mauvais pour les dents, mon dentiste me l’a dit, quant à mon neurologue… Z’auriez pas des pilules anti-claj docteur ? Parce que j’ai beau faire tous ces efforts, ça revient toujours ! des idées, des envies, des trucs qui m’énervent, des trucs que j’ai envie de dire mais qu’y faut pas, des trucs que j’ai fait mais que j’aurais pas dû, des trucs que j’ai voulu faire et que j’ai pas pu… bref ; je ne m’en sors pas ! Mais je vous préviens tout de suite, si c’est pour me dire  : dans ce cas, fallait pas partir… la réponse est rapide : on ne choisit pas toujours, mon bon docteur ! des fois, ça s’impose !

Et pour ce qui est de revenir dans l’équipe, nenni ma foi, ce serait beaucoup trop facile, nooon, ce que je souhaite est bien plus … j’allais dire compliqué, mais je préfère « subtil  », ça donne du prestige ! et le prestige c’est bon pour l’estime, c’est mon psy qui l’a dit ! bref, ce que je voudrais c’est… faire avancer la choucroute mais sans toucher aux saucisses !  (alors ça, c’est du subtil !) (ça plaira à mon charcutier hallal !) Bon, le plus simple serait peutêtre avec un vrai exemple : mon sujet favori, le «  pourquoi  » de cette aventure commune, le «  vers quoi  », et le «  comment », et surtout, la transmission de tout cela, «  l’histoire  ». Ce que je voudrais, c’est ça, une petite porte d’entrée, sans le pétrin du C.A. et de l’équipe, pour reprendre toute cette pâte malaxée, reposée, réchauffée, retravaillée ces dernières années et essayer de faire cuire le tout à 250 degrés pour qu’il en sorte une miche à l’image du CLAJ  : avec le bon goût du labeur et de la salle de réunion après quelques heures de fermentation, l’acidité des réflexions, la croûte aux couleurs hétéroclites et sûrement quelques poils de la barbàBen. Mais elle pourra peutêtre servir de base, d’aperçu un peu formel pour les futur-e-s batailleurs-batailleuses et les ami-e-s de la lettrauxami-e-s  : un condensé d’écrits, de regards sur un lieu, une équipe, un fonctionnement, un peu comme une photo de famille qui raconte mille histoires, laborieuses, tristes ou joyeuses, abouties ou en cours… Alors, z’ en dîtes quoi docteur ? encore une utopie  ? mais c’est moins grave que la clajite, non ? Hé au fait, docteur… guérir le claj par le claj… ça fait mal ? … ou ça fait boum ? Malika Nouassa

23

extrait de «la même foule» de Eric Demelis


CLAJ F erme de la B atailleuse 16 rue de la Fontaine - 25 370 Rochejean mail :

25

tel : fax :

03 81 49 91 84 03 81 49 94 85

claj-batailleuse@wanadoo.fr


n

AGENDA Dimanche 3 Mai

Concours

de belote

Le CLAJ de la Batailleuse organise son tournoi de Belote pour le début du printemps. Rendez-vous au Souleret à 14h pour le début des inscriptions. Des doublettes pourront être formées sur place . Toutes les doublettes seront primées! 12€/doublette - inscription par téléphone : 03 81 49 91 84

Chantier

Du Jeudi 14 au Dimanche 17 Mai

de l’ascension

Nous vous attendons à Rochejean pour un grand week-end de solidarité: pour les traditionnels chantiers de l’ascension! Au programme, cette année, encore un savant mélange de chantiers participatifs et de bonne humeur. Le programme des chantiers est à venir; mais les soirées conviviales, autour d’un bon repas fermier ou sur le rythme d’ airs entraînants, sont toujours prévues! Pour en savoir plus contactez nous par téléphone.

Le s c o l os 2 0 1 5 ! ! D u 12 au 25 J uillet

Tout

Pour

autour de la ferme

les

9-12 a n s

Installés en campement sur l’aire de camping équipée de la Batailleuse, les enfants vivront le quotidien de la ferme; au rythme des activités des paysans et des animaux. Ils participeront aux soins des animaux ( vaches, chèvres, cochons, lapins et poules), à la traite des chèvres et des vaches et profiteront de pleins d’activités de plein air : de grands jeux concoctés par nos animateurs, balades et baignades au programme!

Les

vacances des apprentis fermiers

Pour

les

6-10 a n s

Nous réservons à vos enfants un joyeux et éminent programme d’animation pour ce début d’été. Hébergés au Souleret, la maison d’accueil de l’association, vos enfants partageront ensemble des temps dédiés au jeu et à l’expression, à la découverte de la ferme. Ils apprendront à s’occuper des animaux de la ferme, leur donner à manger, les traire, mais ils pourront aussi réaliser du pain, du fromage, ou du beurre. Ils profiteront aussi de nombreuses activités de plein air et de veillées animées.

L’ a v e n t u r e

Pour

des alpages

les

12-15 a n s

C’est une expédition qui s’organise. Les jeunes, partants pour ce camp itinérant, parcoureront notre paysage de moyenne montagne en petites randonnées et activités de pleine nature. D’alpage en alpage, ils iront à la rencontre des bergers et découvriront ensemble les richesses naturelles du Massif du Jura. Pendant 15 jours, les jeunes seront pleinement acteurs de leur séjour en s’organisant collectivement pour son bon déroulement et pour le choix de ses activités.

L es

inscriptions aux colonies de vacances de la

maintenant

. N’ hésitez

pas à nous contacter au

B atailleuse s ’ organisent plus vite .

P lus d ’ infos sur le site internet : www . claj - batailleuse . fr >>> P our soutenir l ’ asso et être au jus de nos actions , n ’ hésitez 26

dès

pas à demander votre carte d ’ adhésion

:-)


Lettre aux amis 2015 mail  

La gazette annuelle de l'association vous donne des nouvelles du CLAJ , des projets, des évènements mais aussi des thèmes d'actualité.

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you