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LIGNE. PORTFOLIO D’ARCHITECTURE

CLAIRE LACAZE

.ARCHITECTE . diplômée d’état


C


LIGNE. Ligne. qualifie la sélection de projets réalisés dans le cadre de mes études d’architecture à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Valde-Seine et de mes expériences professionnelles. La ligne est représentative de ma sensibilité architecturale à la frontière entre l’architecture, l’art et le paysage. Elle ne réduit par le processus de conception à la forme mais l’étend à l’analyse du contexte. Paysages urbains ou naturels, ce recueil de travaux confronte l’architecture à sa relation aux territoires anthropisés.


CLAIRE ACAZE

.BIOGRAPHIE. Née à Arcachon le 07 février 1992, je choisis d’étudier l’architecture à Paris au sein de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Val-de-Seine. Ma formation marquée par la diversité des programmes, s’est faite au sein d’un atelier où le mélange des générations préparait au travail d’équipe. A l’issue de mes études, j’obtiens mon projet de fin d’études avec la mention très bien et décide de poursuivre l’apprentissage du métier d’architecte à travers de nouvelles expériences, créatives et professionelles. Je présente plusieurs concours d’architecture et remporte le 13 novembre 2015 le Prix coup de coeur de la Fondation Rougerie dans la catégorie «Architecture et la montée des océans». Au cours de la même année je réalise mon stage de formation pratique sur six mois afin d’acquérir les compétences nécessaires au métier d’architecte. née le 07 février 1992.

06.40.12.71.69 claire.lacaze2@orange.fr. 39 Rue Chanzy | 75011 Paris


Etats-Unis Chicago, New-York,Boston,Los Angeles, San Francisco, Denver. Canada Japon Tokyo, Nagoya, Kyoto, Sendai, Nara. Egypte Caire, Luxor, Edfu. Italie Florence,Rome, Naples, Bologne, Venise, Sienne, Pise. Espagne Valence, Barcelone, Grenade, Bilbao, Barqueira. Allemagne Berlin Portugal Porto,Lisbonne. Suisse Neuchâtel, Lausanne Maroc Casablanca, Marrakesh, Ouarzazat


Curriculum Vitae

.F O R M A T I O N . 2015 Master à l’ENSA Paris-Val-de-Seine | Obtention du Projet de fin d’études (PFE) avec les félicitations du jury et du Mémoire d’Etudes de Séminaire (MES)

2013

Licence à l’ENSA Paris-Val-de-Seine | Obtention du rapport de licence avec mention bien

2010

Baccalauréat Scientifique au Lycée Grand Air à Arcachon, et entrée à l’ENSA Paris-Val-de-Seine

.EXPERIENCES. 2016

Stage de formation pratique dans l’agence a+samueldelmas, à Paris | Assistante chef de projet pour les études

et le permis de construire de 57 logements à Massy et le projet de 52 logements au Vésinet en phase concours. Missions pour le projet de 180 logements à Aulnay-Sous-Bois en phase chantier. Maquettiste et graphiste pour la monographie et l’exposition ‘sensible’ [6mois]

2015

Prix Coup de Coeur du jury au concours international de la Fondation Jacques Rougerie dans la catégorie «L’architecture et la montée des océans» pour le projet Waterline : l’utilisation des espaces endigués» Participation au concours Robert Camelot de l’Académie d’Architecture dans la catégorie «Prix du meilleur diplôme»

2014 Workshop Européen, à L’ENSA Paris-Val-de-Seine.

Equipe João Luís Carrilho da Graça | «Comment terminer l’Avenue de France?»

Workshop Japonnais à Nagoya University Graduate School of Environnement Studies. Equipe Hisashi Komastu | «Développement d’un projet paysager au coeur d’une zone soumise aux risques majeurs»

2013 Stage de première pratique dans l’agence Jourda Architectes Paris, à Paris | Missions pour le projet de la Halle Pajol à Paris en phase chantier. Dessinatrice pour le projet de 79 logements sociaux à Saint-Laurent-du-Maroni en phase permis de construire [2mois]

2011

Stage ouvrier dans l’agence Flint architectes, à Bordeaux | Missions pour le projet de 51 logements à Bruges en phase chantier [1mois]

.PUBLICATIONS . 2015 Publication dans Bati-actu, «L'architecture de la

mer et de l'espace continue de faire rêver» | Architecture-conception [21/12/2015] Publication sur le site de l’Institut de France, «Cérémonie des remises des prix 2015» | Fondation Jacques Rougerie Génération espace mer [15/12/2015]

.C O M P E T E N C E S . Autocad +++++ Illustrator +++++ Photoshop +++++ Indesign +++ Sketchup ++++ Artlantis +++ Langues : Français (langue maternelle), Anglais (CERCL B1 et Espagnol (bases)


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2011


Sommaire

FONDATION

ORNITHOLOGIQUE

Un site sensible, au Teich / Projet de fin d’études Master 2 [10mois]

01

VALORISATION ARTISANALE

Un Musée du verre, à Sars-poterie / Du projet au détail architec

-tural

Master 1 [6mois]

18

RENOUVELLEMENT URBAIN

Un immeuble de logement, à Massy / De l’étude au permis de

construire

Master 2 [6mois]

30

PATRIMOINE DU FUTUR

L’usine Dubied, à Couvet / Europan 12 Master 1 [6mois]

40

HABITAT SOCIAL

Un immeuble de logement, dans Paris 10e / Initation au projet

architectural Licence 2 [1mois]

50


2015

Master 2 Octobre | Juillet

Fondation Ornithologique UN SITE SENSIBLE

Le projet de fin d’études est considéré comme l’aboutissement du parcours au sein de l’école d’architecture. Pour moi, architecte, si le diplôme annonce le début d’une vie professionnelle, il évoque également l’accomplissement d’un parcours personnel, et peut-être l’affirmation d’une pensée architecturale. C’est au travers de la thématique du «site sensible»1 que la volonté de m’extraire des sujets couramment étudiés lors de mon parcours, a fait naître en moi deux problématiques, le paysage et le réchauffement climatique. Malgré les nombreuses approches, une certaine constante réside dans la notion de paysage. Il définit «une vue d’ensemble»

établit par un sujet doté «d’une conscience libre et créative de sens»2. En d’autres termes, le paysage naît de la relation entre l’homme et la nature. Qu’elle soit imaginée ou vécue, cette relation s’établit toujours par contact visuel. L’importance du regard dans la notion de paysage, installe inéluctablement une part de subjectivité. Cela explique l’omniprésence du mot dans notre langage pour décrire aussi bien ce qui est naturel, que ce qui est urbain, politique ou social. Cette recherche sémantique m’a conforté dans l’idée que le «site sensible» s’incarne dans un paysage, qui naît par définition de la sensibilité de chacun.

Projet de fin d’Etudes

Sites naturels devenus artificiels certains espaces du littoral interrogent la notion de paysage. Pris entre la terre et la mer, les territoires endigués par l’homme, ont permis la création d’un environnement favorable au développement de la faune et de la flore. La sensibilité de ces sites réside dans leur caractère ambivalent. Nés d’une construction humaine donnant naissance à un paysage naturel. Et si la question pouvait s’inverser ? Si le paysage naturel pouvait devenir l’outil d’une construction architecturale ? Dans ce cas, quel dialogue peuvent entretenir le paysage et l’architecture ? Et, quels sont les enjeux liés aux espaces endigués ? 01 02


03 04


XVII

Protéger La 1ère digue construite servait à protéger des inondations et des tempêtes les terres agricoles de la ville du Teich.

XIX

1762

Cultiver

Pêcher

La 2ème digue est réalisée sous l’impulsion du domaine qui y voyait l’occasion d’étendre ses terres. Cette digue est née par poldérisation.

La 3ème digue est celle qui encercle le site aujourd’hui et permettait à l’époque d’établir des réservoirs à poissons sur le plan d’unités hydrauliques indépendantes.

L’HISTOIRE d’un PAYSAGE FACONNE PAR l’HOMME nouvelle digue

sens de la culture (tabac, pommes de terres)

digue intérieure

pré-salé

réservoirs à poissons

Adapter Face aux pressions climatiques exercées sur l’espace endigué de la Réserve Ornithologique, le projet se propose d’établir la transition entre le paysage présent et celui qui est amené à disparaître dans une trentaine d’années.

domaine de ruat


2015

Master 2 Octobre | Juillet

Partout dans le monde, la création d’espaces endigués (sous forme de polders, de marais salants ou de bassins à poissons) a permis de répondre à plusieurs objectifs : assainir des terres humides concernées par le paludisme, accroître la production agricole, étendre l’espace disponible, mieux se défendre contre la mer. Aujourd’hui, le réchauffement climatique et ses conséquences sur le niveau de l’eau remettent en cause ces espaces conquis sur la mer. Comment l’architecture peut-elle répondre à la disparition éventuelle des sites ? Devra-t-elle être adaptable, modulable, éphémère ? Le projet se propose d’interroger ces espaces singuliers du littoral en prenant pour objet d’étude la Réserve Ornithologique du Teich, en Aquitaine. Se situant dans l’espace atypique du Delta de la Leyre, le paysage de la réserve résulte d’une subtile alchimie entre une nature évolutive et le travail de l’homme qui l’a façonnée au cours de l’histoire. Ici, l’évolution du site est intrinsèquement liée à celle du delta évoluant au gré des mouvements de l’eau. Face aux pressions climatiques la Réserve Ornithologique est aujourd’hui amenée à disparaître entraînant avec elle le dépeuplement des espèces protégées et la destruction d’une économie locale.

A l’issue des différents constats, le paysage apparaît comme un outil de conception en se nourrissant de son histoire, de ses composantes et de ses temporalités. Pour cela, le projet de Fondation Ornithologique s’implante le long de la première digue construite, à l’entrée de la réserve. Cette digue qui forme la limite Sud du territoire est une ligne distincte dans le paysage. Sa construction est associée à celle d’un canal qui a permis aux habitants de protéger leurs cultures des intempéries. Les études effectuées à partir des scénarios de submersions marines3 montrent que la digue demeurera et ce malgré l’inondation complète du site. En s’implantant le long de la première digue construite le projet effectuera une transition entre le paysage passé, présent et futur. Cette disposition inscrit la Fondation Ornithologique dans la continuité historique du site, et permettra de rappeler et d’initier le visiteur à l’histoire de la réserve. Elle laisse également l’architecture se développer dans l’ombre des pins maritimes, le long du corridor végétal que forme le canal des marais. Par la hauteur et la densité de sa végétation, cet arrière-plan crée la limite physique et visuelle du site. Une configuration qui fait écho à la définition du paysage,

Projet de fin d’Etudes

inscrivant l’architecture dans une «vue d’ensemble». La volonté d’emprunter au paysage les lignes qui le forment revient à appliquer un processus d’insertion paysagère. Le projet esquisse ainsi une nouvelle ligne dans le paysage qui a pour point de repère le futur niveau de l’eau, situé à 3,66m par rapport au sol. Le projet a pour ambition de mettre en oeuvre des supports pédagogiques et scientifiques au service de la biodiversité et plus particulièrement de l’ornithologie. Pour s’inscrire dans les problématiques actuelles et futures, le projet installe un programme mixte visant à conserver la préservation des espèces en cas d’évolution du milieu naturel. La Fondation Ornithologique dédiée à la découverte et aux sciences de l’ornithologie de 3100m2 se développera le long du ponton en plusieurs pavillons. Ces bâtiments permettront d’accueillir les visiteurs, classes vertes et chercheurs au sein d’espaces pédagogiques (centre d’archives, salles d’expositions et hébergement) et d’espaces de recherche (laboratoires de recherche ornithologique et océanographique, ateliers pédagogiques, classes de travaux pratiques). Enfin, les services généraux assureront l’intendance et l’administration de la réserve.

05 06


10m


07 08


Hébergement

210m2

RECHERCHE ET FORMATION

VIE SOCIALE, CULTURELLE

Administration

315M2

Ateliers pédagogiques 245m2

SERVICES GENERAUX

Amphithéâtre, Bibliothèque

310m2

P R O G R A M M E | Mixte à la fois culturel et scientifique

Projet de fin d’Etudes

09 10


C O U P E C C ’ | Vue sur l’amphithéâtre et son insertion, légèrement en retrait par rapport au ponton

C O U P E B B ’ | Vue sur la première section du projet, comprenant l’hébergement des classes vertes

C O U P E A A ’ | Vue sur les espaces d’expositions créés au sein du belvédère

Projet de fin d’Etudes

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menuiseries extérieures avec encadrement en bois, lasure incolore, ouverture par rotation, remplissage vitrage faible émissivité - implantées au nu intérieur de la façade isolation en cellulose de ouate, épaisseur 900mm - sur bac acier en plateau bardage ajouré en lames de pins maritime rétifié 20x40mm, espacement 1.0cm charpente acier thermolaquée, bac acier collaborant sur solives acier profil I charpente poteau rond Ø30cm assemblage par soudure au plancher panneau ajouré en particules de bois hautement compressées (HPL), 70% cellulose et 30% résine phénolique accroche par cadre métallique tasseau métallique thermolaqué 40x60cm fixation par vis acier inoxydable toiture : tasseau en pin maritime rétifié 20x40mm formant une résille en sur-toiture, toiture en zinc revêtement de sous-face par bardage non-ajouré


2015

Master 2 Octobre | Juillet

«Cet oiseau en papier peint, et tout oiseau soi-disant voyant, s’avère, et ce, même sans égard à son décor, moins ostensible que si il était monochrome, [quand il est] découpé en entités séparées. Lorsqu’il se niche dans la zone de sa découpure, il disparaît !»4 L’art du camouflage est protéiforme mais a pour unique but l’invisibilité d’un sujet par rapport à son environnement. Au sein de la Réserve Ornithologique voir sans être vu, ou se cacher pour mieux observer fait partie d’un processus fonctionnel. L’étude de l’histoire et des théories liées au camouflage a ainsi permis de nourrir les thématiques intrinsèques au projet, à savoir l’ornithologie et le paysage. Quelles leçons retenir des théories du camouflage ? De la même manière existe-t-il une corrélation possible entre l’ornithologie et l’architecture ? Le camouflage est né au XIXe siècle à l’aune où les théories des naturalistes et biologistes étudiaient l’adaptation des espèces animales à leur environnement. A travers ses réalisations le naturaliste et taxidermiste Abott Thayer est à l’origine d’une forme visuelle et cognitive, un art, une science et un savoir-faire, fondés sur la mise en scène de l’effacement de soi.

Dès 1916, les théories du camouflage qui avaient vu le jour avec les sciences servirent aux stratégies militaires.«Comme le rapporta le Scientific American au printemps 1918, les couvertures de camouflage portaient «les mêmes couleurs que la végétation alentour et l’on en recouvrait les troupes en partance pour le front». Les fantassins étaient désormais équipés d’une peau textile. Au gré d’un processus quasi-surnaturel de réplication du paysage, on greffa la matière sur les postes d’observation, les usines d’armement, les parapets de tranchées et les batteries d’artillerie. On avait reproduit la nature avec du papier»5 Lors d’une conférence Abott Thayer précisa les deux principes du camouflage qu’il réunit sous le titre «The Law Which Underlies Protectives Colorations». Pour démontrer la théorie de l’invisibilité instantanée, il avait mis en place deux phénomènes distincts, «l’ornementation disruptive», ou la disparition du contour et «l’ombre inversée oblitérante», la coloration protectrice. Dans le premier phénomène, les dessins mouchetés proches de l’environnement de l’animal, brisent les contours de sa silhouette, le rendant invisible. Dans le second, la compression visuelle d’un objet tridimensionnel créée l’illusion d’un aplat monochrome qui

Projet de fin d’Etudes

s’imprègne de la coloration du paysage. Inspiré des théories dans l’art du camouflage, le projet arbore une peau à motif répétitif et monochrome. Elle recouvre les façades nord des pavillons dédiés à la pédagogie et à la recherche et se matérialise par des panneaux ajourés de 300x100x10mm. Le motif reprend les principes du «filet de pêche garni», utilisé pendant la Première Guerre Mondiale par les soldats des forces Alliées. La matière en particules de pins maritimes compressés et résine, donne au projet la couleur des forêts environnantes. En effet, le pin maritime de la forêt des Landes est utilisé sous différentes formes dans la région. Ses usines, proches de la Réserve Ornithologique permettront d’abaisser l’énergie grise du bâtiment en approvisionnant le chantier rapidement. La fonctionnalité de la peau, outre ces qualités esthétiques, permet aux bâtiments accueillant les hébergements, les laboratoires, et les classes de disposer d’une circulation privée. La Fondation Ornithologique propose à la disparition éventuelle de la réserve une réponse éphémère. Une architecture qui effectue la transition pédagogique, culturelle et environnementale d’un territoire endigué inondable.

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2014

Master 1 Janvier | Juillet

Valorisation artisanale UN MUSEE DU VERRE

Riche d’un sous-sol argileux et siliceux à l’origine de son passé potier, Sars-Poteries devient à la fin XIXe siècle un centre spécialisé dans le verre creux. Au fur et à mesure, cette caractéristique pousse l’artisanat local à devenir une activité industrielle régionale. En effet, de 1802, date de création de la première verrerie, aux ateliers de fabrication employant 800 ouvriers en 1869, Sars-Poteries développe une activité aux proportions industrielles. Si les verreries se réunissent au sein de deux ateliers, la production, elle, se diversifie en fabriquant vaisselles de table, gobeleterie, flaconnage, et vitres. En 1937, les verreries qui avaient fait la renommée de la commune pendant un

siècle ferment à la suite de crises successives. Quelques années plus tard, Louis Mériaux, curé de Sars-Poteries, réalise une exposition de bousillés6, objets en verre qu’il a découvert chez les habitants. Le succès de cette exposition l’incite à créer un musée dans l’ancienne demeure du propriétaire des verreries, le Château Imbert. En 1982, le Symposium International du Verre et le Colloque Verre & Architecture en 1984 donnent un nouvel élan à la commune qui apparaît sur la scène internationale pour sa collection de verre contemporain. Au fil des années, le musée se dégrade, et n’offre plus les conditions nécessaires à l’exposition du verre.

Dans une région fragilisée et face à la dégradation du patrimoine verrier, le Conseil Général du Nord décide en 2009 la création d’un nouveau musée à l’effigie des collections anciennes et contemporaines de Sars-Poteries. Comment le nouveau musée peut-il faire la synthèse des périodes historiques du verre à Sars-Poteries ? Comment valoriser le patrimoine issu de la production locale pour qu’elle puisse offrir un rayonnement et une notoriété au Musée du verre ? Finalement, de quelle manière l’architecture peut-elle développer sur un territoire rural la valorisation artisanale nécessaire au développement du département Avesnois?

DU PROJET AU DETAIL ARCHITECTURAL

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19 20


UN VILLAGE MARQUE PAR L’HISTOIRE DES VERRIERS champs de type pâturage

bâtiment liés à l’activité du verre

espace arboré

limites du site


2015

Master 2 Octobre | Juillet

«Voir et voir à travers» est l’ambiguïté soulevée par les oeuvres en verre. Créateur d’illusions visuelles par ses caractéristiques optiques, le verre est une matière artistique qui peut être à la fois l’oeuvre et le support de l’oeuvre. Le Musée du Verre prend appui sur cette notion de transparence, en faisant de l’arrière-plan (ici, le mur) un élément fondamental. Eléments fonctionnels et artistiques du projet, les murs épais s’ancrent dans le sol pour contenir les salles d’expositions et créer le parcours du visiteur. Intégrer l’architecture au paysage revient à appliquer les mêmes principes formels. Ici, l’architecture épouse la pente naturelle du terrain sous la forme de lignes distinctes et discrètes dans le paysage. Les murs comme des éléments de land-art sont associés aux lignes de bocage qui composent le paysage du département Avesnois et bordent la parcelle. Entre le coeur historique et la route départementale le projet développe deux typologies, le mur et la boîte, comme un rappel entre un système linéaire et concentrique. De cette manière, le Musée du Verre de 3400m2 peut accueillir le programme en respectant les contraintes spatiales des salles d’expositions et fonctionnelles des espaces d’accueil.

Depuis la route départementale, le parcours du visiteur débute avec une initiation à la monumentalité de la matière. Une grande boîte en verre fait de l’architecture le support du savoir-faire de Sars-Poteries. Les espaces d’accueil (vestiaires, billetterie, restauration) et de documentation sont organisés de sorte à débuter la visite par une fenêtre ouverte sur le paysage. Le parcours du visiteur se poursuit à travers des rampes situées dans les murs épais. A la fois support de la circulation et de l’exposition, les murs introduisent l’histoire de l’artisanat verrier et s’ouvrent à chaque extrémité sur le paysage pour rappeler la relation qui lie le territoire à la production du verre. Entre les murs, les salles d’exposition permanente et temporaire enterrées préservent le travail scénographique. Le jardin des sculptures se dessine dans leur prolongation, et permet aux oeuvres de s’exprimer à la lumière naturelle dans un espace naturel et sécurisé. Le visiteur termine son parcours en empruntant une circulation directe du mur à la boîte en verre.

signal donné par la boite est fait de métal et de verre transformé. Plus philosophiquement, ce qui est en verre n’en contient pas, et ce qui est en pierre en contient.

Le projet utilise des matériaux qui soulignent ses principes. Les murs qui découpent le paysage utilisent un matériau naturel, la pierre bleue, présente massivement dans la région du Nord, tandis que le

Dans un paysage de bocages, le Musée du verre prend appui sur la notion de transparence des oeuvres en verre pour devenir le reflet de l’identité de la commune de Sars-Poterie.

L’architecture crée la scénographie, en utilisant les murs épais comme support des oeuvres situées à l’intérieur des salles d’exposition. Un travail de percement permet aux visiteurs d’apprécier les bousillés depuis les rampes de circulation. En offrant des points de vue variés, la scénographie permet de porter un regard unique sur le travail du verre. Les séquences respectent le cahier des charges donné par la commune de Sars-Poteries et visent à retracer l’histoire du verre à travers l’oeuvre artisanale et contemporaine. Le mobilier est disposé de sorte à décomposer les périodes historiques. Des éléments monolithiques en corian reçoivent les oeuvres à hauteur du visiteur. Entre le jardin des sculptures et les salles d’expositions un jeu de lignes fait écho à l’architecture du Musée du Verre.

DU PROJET AU DETAIL ARCHITECTURAL

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10m


F A C A D E L O N G I T U D I N A L E | Vue sur les toitures végétalisées et les murs épais qui forment le parcours du visiteurs

C O U P E L O N G I T U D I N A L E | Vue sur les espaces d’expositions, le jardins des sculptures et la séquence d’entrée

C O U P E T R A N S V E R S A L E | Vue sur la salle d’exposition permanente, le jardin des sculptures et aperçu de la circulation

DU PROJET AU DETAIL ARCHITECTURAL

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DU PROJET AU DETAIL ARCHITECTURAL

revêtement en quarzite à plan naturel clivé gris/vert faux-plafond mono-acoustique en laine de roche sans ossature et fixations visibles lumière d’accentuation par projecteur encastré blanc, LED 12W haute performance,couleur blanc chaud à blanc neutre vitrine d’exposition avec accroche sur poutre poutre alvéolée 600mm toiture végétalisée 15cm d’épaisseur de type prairie naturelle (graminés et de plantes vivaces), drain meuble, étanchéïté bicouche, isolant et pare-vapeur lumière indirecte par projecteur sur rail blanc LED 124W haute performance, près de la couleur de la lumière naturelle

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2016

Master 2 Avril | Juin

Renouvellement Urbain UN IMMEUBLE DE LOGEMENT

L’intérêt que je porte aux questions liées à l’habitat provient des différents projets conçus durant mon cycle de licence. Les programmes de logement m’ont incitée à travailler à différentes échelles, en considérant à la fois l’insertion urbaine, et la cellule habitable. Travailler sur le logement me permettait d’apprécier davantage le travail du détail, et d’appréhender les contraintes techniques, normatives et spatiales. Ces thématiques m’ont poussée à faire de mon stage une mise en pratique des questions que je m’étais posées jusqu’à lors. Comment adapter le processus de conception aux prescriptions architecturales et programmatiques imposées par le promoteur et l’aménageur ?

Entre contraintes économiques et parti architectural comment les études d’un projet de logement sont-elles conduites ? Le projet de 57 logements à Massy se situe dans un quartier marqué par le renouvellement urbain. Il achève un programme de plusieurs années orienté vers la construction de logements au sein de la ZAC Vilmorin 3. Les études reprennent l’esquisse proposée par l’agence a+samueldelams un an auparavant et s’appuie sur les notions développées en amont. «Les projets contenus entre les avenues Aron et Allende et la plateforme ferroviaire ont donné lieu à une réflexion tendant à identifier un argument commun, un thème propre à les inscrire

dans une cohérence. Ce thème central consiste à prendre en compte, à conforter et reconstituer dans la mesure du possible, le paysage global».7 Le parti architectural met en scène deux bâtiments s’élevant sur cinq étages et s’écartant pour laisser place à un jardin. Les bâtiments encadrent le pourtour du parc en respectant une logique constructive vis à vis des immeubles mitoyens sans pour autant reproduire les dispositions voisines. L’objectif est de créer une continuité végétale tout en conservant un équilibre avec les constructions en hémicycle autour du parc. La morphologie des deux bâtiments résulte à la fois des lignes directrices du site et d’un travail sur leur volumétrie.

DE L’Etude AU PERMIS DE CONSTRUIRE

29 30


0331 0432


ENTRE LE PARC ET LE ROND-POINT:UNE PERCEE VISUELLE limites des bâtiments

ZAC Massy Vilmorin 3

végétation

hall des rez-de-chaussée

Inclinaison Les entrées qui traversent les bâtiments et le jardin selon un axe nord-sud aménagent la création d’un second cheminement pour les habitants. Ces failles structurent la façade à rez-de-chaussée et créent une transparence à travers l’îlot

percée visuelle


2015

Master 2 Octobre | Juillet

Les façades se plient afin d’implanter l’architecture dans la continuité des constructions récentes et s’ouvrent pour offrir une large vue sur le parc. La volumétrie qui en résulte met en avant deux monolithes posés sur des socles créés à partir de la topographie naturelle et artificielle du terrain. Le programme de 57 logements est réparti équitablement dans le bâtiment A (29 logements) et le bâtiment B (28 logements). A l’intérieur de chaque bâtiment les typologies de logement sont organisées pour favoriser leur évolution. Le parti architectural met en pratique les principes théoriques de l’agence en multipliant les espaces extérieurs. «A l’image d’un monolithe creusé, les espaces extérieurs prennent la forme de loggias en creux pour les étages et de patios pour certains logements en attique. Les logements situés au rez-de-chaussée et donnant sur le coeur d’îlot se prolongent à l’extérieur par des terrasses aménagées sur des parties de socles en débord du bâtiment»8 Les premières intentions font apparaître une façade minérale matérialisée par un «béton pierre» avec différents aspects de finition et de surfaçage.Le but de ce contraste dans la matière est de faire lire l’échelle domestique du projet. Le béton est lisse pour les socles et les nez de planchers et rugueux dans les hauteurs

d’étages. Pour le projet de 57 logements en phase d’étude j’ai eu pour misssions d’effectuer les façades et la coupe principale du projet, la création de l’aménagement paysager puis la reprise des plans structures et plans d’appartements en vue du permis de construire. Mon travail pour l’agence a+samueldelmas débute avec le dessin de la façade principale avec pour indications le croquis et les détails réalisés par l’équipe d’architectes. Ce que l’on considère comme la façade principale est la façade sud du bâtiment B laquelle par son alignement avec la rue permettra de répondre aux futures interrogations de l’aménageur et de l’urbaniste lors des réunions. Au vu des délais, mon dessin doit répondre aux exigences d’un permis de construire et faire apparaître les limites de propriétés, la distance entre les bâtiments, les hauteurs, et l’altimétrie. Je propose plusieurs variantes de la façade principale en modifiant la position des fenêtres, décalées d’un étage à l’autre et décide de m’imposer des contraintes : l’emplacement des fenêtres doit respecter le principe de transparence à l’entrée des logements, et par étage les espaces de plein doivent être au minimum de 90cm. Quelques jours après les premières esquisses de la façade principale, je

démarre les 8 façades restantes à partir des mêmes principes. Ma mission se poursuit avec la création et le dessin d’exécution de l’aménagement paysager. La consigne qui m’est donnée consiste à respecter la continuité végétale entre le parc, le jardin central et le rond-point. Pour cela, je décide d’abord de raccorder les espaces verts par la topographie, en abaissant le niveau du jardin pour qu’il corresponde à celui du parc, puis homogénéise les essences plantées. Mon travail se poursuit avec l’adaptation des plans intérieurs de logement aux remarques du bureau d’études fluides, notamment les emplacements et dimensions des gaines. Je dois prêter attention au cahier des charges de la maîtrise d’ouvrage qui impose qu’aucune pièces humides ne doit conserver la tuyauterie apparente. Cette contrainte technique s’accompagne des remarques du promoteur en matière d’organisation des espaces. Le projet de 57 logements à Massy a été déterminant dans ma formation à la pratique du métier d’architecte. Il m’a permis d’observer l’évolution d’un projet de la phase d’étude au permis de construire, de comprendre la position de l’architecte face aux consignes des clients, et d’apprendre à exécuter un dessin conforme aux règles du métier.

DE L’Etude AU PERMIS DE CONSTRUIRE

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10m DE L’Etude AU PERMIS DE CONSTRUIRE

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béton teinte ocre clair, texture rougueuse bouchardé ou équivalent béton teinte ocre clair lisse ensemble menuisier, menuiseries extérieures avec encadrement en bois (mélèze), lasure incolore ouvrant à la française - implantées au nu extérieur de la façade, protection solaire de type volets pliants extérieurs manuels en bois (mélèze), lasure incolore garde-corps devant fenêtre en verre clair, bord supérieur libre garde-corps devant loggia en verre dépoli acide, bord supérieur libre façade loggias en bardage bois (mélèze), lasure incolore serrurerie de type clôture barreaudée en acier peint, teinte ocre clair similaire au béton en façade

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01

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F A C A D E A S U D | Vue sur le traitement de façade et l’aménagement paysager de l’espace central


07

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2014

Master 1 Septembre | Janvier

Patrimoine du futur L’USINE DUBIED

«Longer les 600 mètres des anciens bâtiments Dubied, qui bordent l’Areuse à Couvet, ne se réalise pas aujourd’hui sans un arrière-goût d’amertume. Amertume, parce que cette question lancinante demeure : était-ce évitable ?» Ancien poumon économique du Val-de-Travers, en Suisse, le site de l’usine Dubied s’est construit avec le développement de l’entreprise : du premier bâtiment employant des artisans jusqu’au complexe industriel, producteur en masse de machines à tricoter. A l’échelle cantonale, la ville de Couvet fait partie du réseau de villages du Val-de-Travers qui au cours du XIXe siècle ont vu leur activité industrielle croître. Cette expansion économique a fait

de la vallée un axe de communication important orienté sur l’innovation technologique, l’horlogerie, et le textile. A l’échelle communale, l’usine Dubied a véritablement rythmé le développement de l’ensemble du village pendant plus d’un siècle, avant de cesser son activité en 1988. Par son identité forte, l’usine demeure aujourd’hui le symbole de Couvet, cette dernière ayant pour ambition la reprise de son patrimoine industriel ainsi que l’aménagement qualitatif de son territoire. Dans un contexte sociétal pris entre l’héritage du passé et les ambitions du futur, le site de l’usine Dubied pose de nombreuses interrogations. Le patrimoine est réputé être tourné vers le

EUROPAN 12

passé, mais peut-on faire l’hypothèse qu’il doit être tourné vers le futur ? «La ville adaptable» peut-elle faire du patrimoine industriel un lieu où ces capacités d’adaptation au changement, ses potentialités d’évolution et ses chances de résister à une crise brutale s’écrivent ? Finalement, la présence de l’usine est-elle un obstacle ou un outil au développement de la ville ? Le projet s’effectue dans les conditions du concours, organisé un an auparavant par Europan 12. D’un point de vue personnel, cela m’a permis d’apprendre et de conforter mes compétences dans cet exercice 39 40


CANTON

NEUCHATEL Population : 176 241 hab Superficie : 80 293 ha Densité : 219 hab./km2

140 km BALE VILLE

COUVET 750 TRAVERS

27.1 km

730

NEUCHATEL

LE SUCRE

AREUSE

27.5 km

BUTTES

PONTALIER

775

FLEURIER

740

.

UNE HISTOIRE LIEE A l’INDUSTRIE HORLOGERE chemin de fer

rivières

route nationale

villes industrialisées au XIXe

villes ré-industralisées à la fin du XXe

villes industrielles au XXIe

140 km BALE VILLE

FLEURIER 740 TRAVERS

27.1 km

730

NEUCHATEL

LE SUCRE

AREUSE

27.5 km

PONTALIER

BUTTES

775

FLEURIER

740

COUVET 750

.

Manufactures : Cartier Bâtiment administratif et industriels 2012 5600m2


2015

Master 2 Octobre | Juillet

Le site industriel Dubied s’est construit de manière diachronique, selon les besoins du secteur industriel. La relative neutralité des bâtiments engage la renaissance du site dans une nouvelle fonction, en relation avec l’histoire du lieu. Pour répondre aux enjeux, le projet propose de faire de l’usine un morceau de ville. Un système urbain met en scène deux places de part et d’autre du site reliées entre elles par un espace public le long de l’Areuse. A l’échelle urbaine, l’objectif du projet est d’utiliser la rivière comme élément fédérateur des différents pôles d’activités de la ville de Couvet. Cet espace naturel devient l’espace de référence pour la construction du nouveau projet. L’Areuse, considéré comme le lien historique des villages du Val-de-Travers est comme un pont entre les ambitions futures et le patrimoine. Sur le site, un espace public végétal reliant les deux gares, se dilate ou s’affine pour réagir aux contraintes existantes ou marquer des lieux d’exception. Des sujets sont plantés pour créer une promenade de part et d’autre de l’Areuse, régulièrement connectée par des passerelles. Les deux places sont connectées au réseau de transport existant, par la construction de deux nouvelles gares à

l’emplacement du chemin de fer, et d’un système de voirie. Chaque espace public est pensé comme un lieu de transition et de rencontre. La première place, à l’extrémité sud de l’usine permet d’effectuer la transition entre le coeur historique de Couvet et le nouveau projet. La deuxième, située au nord, permet de relier le projet au futur pôle de développement appelé «La Léchère». Si l’on avait à se demander pourquoi le site de Couvet fut choisi pour le nouveau pôle développement, on en viendrait aux mêmes conclusions qu’au siècle précédent. Un site transfrontalier, de grande ampleur, possédant une population qualifiée. En accord avec ces critères, le terrain de la Léchère, sur lequel s’implante l’usine Cartier, répond à un objectif d’accroissement de capacités de recherche et de développement. Cette ré-industrialisation, et a fortiori, ce regain d'intérêt pour la région, démontrent l'importance de l’enjeu du site. Faire de l’usine un morceau de ville revient à créer des voies et des îlots capables de répondre aux futurs besoins. Le programme mixte composé autant d’équipements que de logements fait appel à la réhabilitation et à la construction neuve. Ainsi, sur le socle végétal, les bâtiments représentatifs des périodes historiques de

EUROPAN 12

l’usine sont conservés, rénovés et réhabilités. Les quelques bâtiments maintenus ayant une valeur patrimoniale, sont utilisés pour différencier les espaces et créer des points d’intérêts. Au sud, la tour et les barres de l’EDCO sont conservées en l’état et rénovés pour accueillir un hôtel et un centre d’archives de 5796m2. La halle et sa cheminée appelée «halle aux vélos» sont utilisés pour la création d’un équipement public (type halle de marché) de 5525m2. Le CNIP (Centre Nationale d’Insertion Professionnel) récemment réhabilité dans les anciens ateliers de tissages est conservé à l’identique. Le projet propose également de nouvelles constructions, au rythme régulier et répétitif. Cette uniformité exprime la volonté de rendre visibles les particularités.Dispersées tout au long du site, les nouvelles constructions gardent la structure des bâtiments existants. Le gabarit proposé favorise la mixité d’activités (entrepreneuriat, artisanat, et habitat). Il peut accueillir un bâtiment de deux étages pour les logements, d’un étage pour des ateliers de fabrication, ou un rez-de-chaussée de grande hauteur pour l’industrie. Un morceau de ville qui recompose le patrimoine pour l’inscrire dans le futur rend à la ville sa capacité d’adaptation.

41 42


FUTUR POLE

CENTRE VILLE

43 44


10m


01 02

03 04 05 06 07 08

réhabilitation de la tour et des barres EDCO en hôtel et salle d’archives, 5795m2 construction de logements avec garage en duplex à partir de la structure existante, 9945m2 rénovation de la halle de marché et sa cheminée, 5525m2 rénovation des halles à voitures en parking semi-couvert, 1495m2 CNIP, Centre National d’Insertion Professionnelle, 7505m2 réhabilitation des ateliers et granges en ateliers de fabrication locale, 4650m2 construction de logements collectifs, 6525m2 construction de la nouvelle gare de train et commerces attenants, 3095m2

07 06

08

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01

10m

EUROPAN 12

45 46


C O U P E T R A N S V E R S A L E | Vue sur la troisième séquence du projet, promenade plantée, place et halle de marché campagne

berge

areuse

berge

C O U P E T R A N S V E R S A L E | Vue sur la deuxième séquence du projet, réhabilitation des halles en logement et atelier campagne

berge

areuse

berge

6.5

6.5

7.0

paterres publics

7.1

paterres publics

place public

5.0

2.0

trottoir


33.2

5.5

halle de marchĂŠ

logement

5.5

parterres publics

8.8

4.2

8.8

jardin privatif

parterre public

jardin privatif

5.6

2.1

voie

train

campagne

7.0

logement

parterres publics

5.6

2.1

voie

train

campagne

47 48


2013

Licence 2 Avril | Juin

Habitat social UN IMMEUBLE DE LOGEMENT

A l’angle du quai de Valmy et de la rue piétonne Jean Poulmarch, dans le 10e arrondissement parisien, se trouve une parcelle étroite. Située à la pointe de l’îlot, la parcelle est un vide urbain atypique dans le paysage du canal Saint-Martin. Cet espace inocupé présente pourtant un emplacement important, au carrefour de trois rues avec une vue dégagée sur la promenade du canal. A la croisée des rues, l’architecture des bâtiments se succèdent sans cohérence typologique. Les immeubles haussmanniens côtoient les faubouriens et les écoles publiques modernistes dialoguent avec les équipements contemporains. Le contexte socio-économique du quartier installe un point commun

entre les différents bâtiments, un socle commercial souvent marqué par la prédominance du verre et du bois. De plus, la parcelle triangulaire est située dans un îlot dense composé d’immeubles de quatre à cinq étages. Aujourd’hui l’habitat social est une question émergente au sein de la discipline architecturale. «On peut faire aujourd'hui le constat que les typologies du logement n'ont pratiquement pas évolué depuis les années 1980 [...] le logement contemporain est devenu un monotype, alors même que les structures familiales se sont diversifiées, que les fonctions domestiques se sont multipliées et que les modes de vie ont considérablement évolué»09.

A l’issue de ces différents constats, il est proposé de réinvestir la question du logement collectif en tenant compte de la diversité des usages contemporains. Un programme de 15 logements sociaux est proposé par l’équipe pédagogique, qui y voit l’occasion de travailler les questions de l’habitat au sein d’une géométrie contraignante. Comment s’inscrire dans la continuité urbaine et historique en proposant une architecture contemporaine ? Comment intégrer les contraintes géométriques liées à l’habitation en angle ? Finalement, quelle forme pour le logement ?

INITIATION AU PROJET ARCHITECTURAL

49 50


51 52


Volumétrie

Enroulement

Couronnement

UNE ARCHITECTURE QUI UTILISE LA GEOMETRIE DE LA PARCELLE sens du mouvement

volumétire affectée par le mouvement

Une peau tramée sur l’ancien parcellaire Le projet utilise l’ancien découpage parcellaire (75,76,77) comme une référence. A chaque étage, les typologies (T2,T3,T4) sont disposées trois par trois sur les traces des anciennes parcelles.

Socle


2013

Licence 2 Avril | Juin

Le projet de 15 logements sociaux s’inscrit dans une dynamique tant au niveau du quai de Valmy que de la rue Jean Poulmarch. L’enroulement et le coulissement sont des phénomènes architecturaux que le projet développe pour faire de la géométrie de la parcelle une contrainte créative. L’immeuble creusé à la pointe crée une peau qui s’enroule le long de l’angle. Le volume qui s’en dégage permet de couronner le bâtiment au sixième étage. Pour correspondre aux typologies voisines, l’architecture se munit d’un socle qui assoit et rythme sa volumétrie. A la manière des immeubles avoisinants, le socle réunit les espaces de commerces et les parties communes de l’immeuble. Ces dispositions architecturales permettent au projet de proposer une réponse différente de celle attendue par la position en proue de la parcelle. L’habitation sociale se dépossède de la monumentalité de sa position pour s’insérer dans l’îlot en connectant les bâtiments voisins avec une seule façade. L’habitat social et les contraintes spatiales qui l’accompagnent, nécessitent de repenser l’organisation des typologies de logements. Pour cela, le projet utilise l’ancien décou-

page parcellaire (75,76,77) comme une référence. A chaque étage, les typologies (T2,T3,T4) sont disposées trois par trois sur les traces des anciennes parcelles. De cette manière, le projet offre aux futurs habitants des appartements traversants. Les éléments techniques sont regroupés sur une bande au centre de la parcelle, et les espaces de vie sont tournés vers le canal Saint-Martin. La difficulté inhérente à la géométrie de la parcelle est la recherche de perpendiculaires à l’intérieur des logements. Pour cela, la bande technique est perpendiculaire au mur pignon, les murs porteurs à la bande technique, et les cloisons intérieures aux façades. Ce jeu de parallélismes permet d’agrandir ou de rétrécir les pièces en fonction de leur usage. Chaque cellule vitale est pensée selon un principe, les logements tous traversant se prolongent par des loggias orientées au sud. Disposition qui permet à chaque habitant de profiter de la loggia comme une pièce supplémentaire (sauf au dernier étage).

générale : une façade vitrée au rez-dechaussée, des fenêtres de tailles variées aux étages courants, et des parties entièrement vitrées au nord pour le dernier étage. Le socle dispose d’un traitement particulier puisqu’une série de poteaux en colonnade permet de raccrocher le bâtiment au sol et de renforcer la sensation d’enroulement. La matière varie en fonction des intentions de projet. La façade nord qui s’enroule est porteuse, en béton lisse tandis que la façade sud est rapportée, en bardage bois. Trois types de fenêtres complètent ce travail de façade : des huisseries de type baie vitrée de 1,50 m, des huisseries de type ouvrant à la française de 0.50 m et 1.20 m. Ainsi, l’habitat social s’inscrit dans les besoins contemporains en prenant comme point de départ la géométrie de la parcelle et son histoire. La disposition logement est adaptée à chaque typologie en offrant plus qu’une nouvelle configuration, une forme innovante.

Le projet qui se développe sur cinq étages est divisé en trois parties, le socle, le corps de bâtiment et le couronnement. Le traitement de la façade vient conforter l’idée

INITIATION AU PROJET ARCHITECTURAL

53 54


55 56


10m


F A C A D E E S T | Vue sur la façade des logements situés à l’intérieur de la peau

F A C A D E O U E S T | Vue sur la façade des logements ouverts sur l’extérieur par des balcons filants

INITIATION AU PROJET ARCHITECTURAL

57 58


Notes

.B I B L I O G R A P H I E. 01 La thématique du site sensible est donnée aux

étudiants comme fil conducteur de leur projet de fin d’études. Il est définit par l’équipe pédagogique comme «un site qui va de l’infiniment sauvage à l’extrêmement brutal» | Sujet de projet long et projet de fin d’études [Jean-François Laurent]

02 Larousse | 2005 | Le petit Larousse illustré,100e Edition Larousse | p.1018 et p.797. 03 L’étude réalisée à partir des informations de l’organisme Barcasub, permet de prévoir l’évolution de l’eau en fonction des aléas et du réchauffement climatique. A partir de ces études, j’ai modélisé une série d’essais en fonction de deux niveaux : vingt-cinq centimètres et quarante-quatre centimètres. Dans les deux cas l’inondation est importante sur l’intégralité de la Réserve mais ne s’étend pas au-delà de la première digue construite. | Rapport de projet de fin d’études : Paysage, art &oiseaux, Quelle architecture pour la Réserve Ornithologique du Teich [Claire Lacaze] 04 Abott Thayer | 1896 | «The Law Wich Underlies Protective Coloration» p124-129 dans Hanna Rose Shell, | 2013| Ni vu Ni connu, Edition ZS | p.48. 05 Citation de «Seeing but not Seen», Scientific American, 18 mai 1918, p.451.Hanna Rose Shell, 2013, Ni vu ni connu, Edition Z/S, p.12.

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06 Les bousillés sont des pièces issues du passé

industriel de la ville de Sars-Poterie au XIXe siècle et réalisées par les ouvriers-verriers durant leurs temps de pause. Du sucrier usuel à la lampe à pétrole monumentale en passant par les encriers-revanches, le bousillage constitue un témoigne de l’art populaire de la commune.

07 Samuel Delmas et Marcus Himmel, 2016, notice architecturale provisoire p.1

08 Samuel Delmas et Marcus Himmel, 2016, notice architecturale provisoire p.2 09 Bruno Tonfoni, 2013, Quelle forme pour le logement ?, Réinventer le logement social, Sujet des groupes 2,4,5, Edition 1.1 : 25-02-2013, p.1


«L'architecture est l'art le plus universel elle protège le passé comme un sanctuaire et de façon plus globale, est plus accessible qu'aucune autre forme de culture. Elle révèle le goût et les aspirations d'une époque à quiconque parcourt les rues d'une ville. Pour voir de la peinture, il faut aller dans les galeries, pour connaître la littérature, il faut aller dans les livres. Les édifices, eux, sont constamment offerts au regard de chacun. La démocratie est un fait urbain, l'architecture son expression artistique». Robert Byron


C


2016 / portfolio

CLAIRE LACAZE

+(33)6.40.12.71.69 claire.lacaze2@orange.fr 39 Rue de Chanzy - 75011 Paris

Portfolio  
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